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Dans le cadre des opérations import et export, les transactions commerciales nécessitent l'utilisation

de techniques de paiement et d'instruments de paiement. On distingue l'encaissement simple de


l'encaissement documentaire. Dans le premier cas, le paiement se fait contre marchandise à
l'expédition ou après l'expédition par l'acheteur. Il s'agit de l'open account. Dans le second cas, le
paiement à vue ou à échéance se fait contre des documents préalablement définis qui transitent par
les banquiers. Ces derniers peuvent donner un engagement irrévocable de paiement comme dans le
crédit documentaire.

LA VARIÉTÉ DES INSTRUMENTS DE PAIEMENT

Si les modalités de paiement des importations et des exportations sont très variables, elles induisent
obligatoirement un paiement par l'utilisation d'un support. À l'international, on distingue le paiement
par chèque, par virement bancaire (SWIFT), par effet de commerce. Dans ce dernier cas, on distingue
le billet à ordre - promissory note - émis par l'acheteur à l'ordre du vendeur de la lettre de change -
bill of exchange - émis par le vendeur et accepté par l'acheteur. Dans les deux cas, l'effet peut être
avalisé par une banque qui s'engage à payer en cas de défaillance du débiteur.

LE CHÈQUE

Le chèque est un ordre écrit et inconditionnel de paiement à vue, en faveur d'un bénéficiaire.
Actuellement, en France, ce moyen de paiement peut être utilisé tant à l'importation qu'à
l'exportation, libellé en euros ou en devises étrangères. Peu coûteux et très répandu dans le monde,
le chèque se caractérise par de nombreux inconvénients.

Avantages Inconvénients Facilité


sur les chèques d'utilisation
Émission à l'initiative de l'acheteur Temps de montant Commissions
élevé. faibles

d'encaissement parfois très long Frais d'encaissement variables


selon le circuit bancaire Coût élevé pour les chèques de faibles
montants Risque de change si le chèque est établi en devises
Opposition sur le chèque possible dans certains pays tels
qu'EU, Allemagne. Risque de non-paiement si chèque impayé
Recours juridique parfois long et difficile.

LE VIREMENT SWIFT

C'est l'instrument de règlement le plus utilisé. Le débiteur (l'acheteur importateur) donne l'ordre à
son banquier de payer son créancier (l'exportateur) par virement. Il s'agit d'un moyen peu coûteux,
très rapide grâce au télex ou au système SWIFT (Society for Worldwide lnterbank Financial
Telecommunications), sûr et rendant l'impayé impossible si le virement est effectué avant toute
expédition. Dans le cas contraire, le virement SWIFT ne constitue pas une garantie de paiement pour
le vendeur. Le bénéficiaire du virement disposera toujours d'un acquit SWIFT qui prouve la
réalisation du transfert. Les conditions de vente de l'exportateur pourraient indiquer : payable par
virement SWIFT à 30 jours date de facture ou date de document de transport. Le virement sans le
recours à une assurance-crédit ou une garantie bancaire ne garantit pas le paiement à échéance.

Avantages Inconvénients Très rapide et sûr sur le plan


technique Peu onéreux Pas de risque
Émission à l'initiative de l'acheteur Temps d'impayé si le virement est fait avant
plus ou moins long selon le circuit bancaire expédition
utilisé Risque de change si le virement est
libellé en devises

LA LETTRE DE CHANGE

Il s'agit d'un écrit par lequel l'exportateur (le tireur) donne l'ordre à son client étranger (le tiré) de
payer un certain montant (le nominal) à vue ou à échéance. Un certain nombre de mentions doivent
obligatoirement apparaître la dénomination de lettre de change, le mandat de payer une somme
déterminée, le nom du tiré, l'échéance, le lieu de paiement, la date et le lieu de création de l'effet, le
nom du bénéficiaire et la signature du tireur. Par ce moyen de paiement, le vendeur accorde à son
client un délai de paiement plus ou moins long. Cependant, ce mode de paiement n'est pas toujours
répandu. En exigeant de son client l'aval bancaire 3 sur la lettre de change, il est possible d'écarter le
risque d'impayé.

Avantages Inconvénients L'effet est émis à l'initiative


du vendeur (le
La lettre de change ne supprime créancier) Il matérialise une
pas les créance qui

risques d'impayé, de perte et de peut, dans certains cas, être


vol Elle est mobilisée

soumise à l'initiative de (escomptée) auprès d'une


l'acheteur Temps banque Il

plus ou moins long selon le détermine précisément la date


circuit bancaire d'échéance

utilisé Risque de change pendant Cadre juridique fort : la


le délai convention de

technique d'encaissement si le
Genève 1930
montant est

libellé en devises

LE BILLET À ORDRE

L'acheteur est à l'initiative de l'émission du billet à ordre (le souscripteur) en faveur de son
fournisseur (le bénéficiaire). Le billet à ordre est soumis au même formalisme que la lettre de
change. L'aval de la banque de l'acheteur apporte plus de sécurité au bénéficiaire. Cependant, la
banque qui donne son aval peut être tentée d'exiger du souscripteur (ou du tiré pour la lettre de
change) le versement d'une provision ou l'apport d'une garantie financière, ce qui est contraignant
pour ce dernier. Lorsque le paiement à une échéance fixée se fait par un des instruments de
paiement ci-dessus décrits, on parle d'encaissement simple ou d'open account. Cette technique
apporte peu de sécurité au vendeur (sauf traite avalisée). La protection du vendeur pourrait passer
par la souscription d'un contrat d'assurance-crédit, d'affacturage ou l'obtention d'un cautionnement
bancaire ou d'une garantie à première demande de paiement. L'alternative est l'utilisation des
techniques documentaires.

LES TECHNIQUES DE PAIEMENT À L'INTERNATIONAL

Il existe deux familles de techniques de paiement :

· l'encaissement simple : marchandises contre paiement

· l'encaissement documentaire : documents représentatifs de la marchandise contre paiement. Les


documents transitent par les banques qui les contrôlent uniquement dans le cas du crédit
documentaire.

L'encaissement simple est à réserver avec des clients réguliers présentant une bonne solvabilité dans
des pays à faible risque politique. Pour se sécuriser, l'exportateur peut recourir en parallèle à
l'assurance-crédit et l'affacturage international.

Dès que l'exportateur identifie un risque réel de non-paiement sur l'acheteur ou sur le pays de
l'acheteur (risque pays). Les techniques documentaires prennent le pas sur les techniques
d'encaissement simple. Trois techniques documentaires sont envisageables :

o la remise documentaire ;

o le crédit documentaire ;

o la lettre de crédit stand-by.

A REMISE DOCUMENTAIRE

? Définition

La remise documentaire est une procédure de recouvrement dans laquelle une banque a reçu
mandat d'un exportateur (le vendeur) d'encaisser une somme due par un acheteur contre remise des
documents. Le vendeur fait généralement établir les documents de transport à l'ordre de la banque
de l'acheteur ou une banque dans le pays de l'acheteur. Celles-ci doivent remettre les documents
commerciaux et de transport à l'acheteur, contre paiement ou acceptation d'effets de commerce. La
remise documentaire est soumise à des règles et usances uniformes.

Les intervenants

Cette technique fait intervenir généralement quatre parties

Les
Rôle
intervenants

Donneur le vendeur exportateur qui donne mandat à sa banque


d'ordre

Banque la banque du vendeur à qui l'opération a été confiée par le vendeur


remettante
Banque C'est la banque à l'étranger chargée de l'encaissement, il peut s'agir de la banque
présentatrice correspondante de la banque remettante. Cette banque effectue la présentation
des documents à l'acheteur et reçoit son règlement. On distingue deux types de
remise documentaire : D/P et D/A

Bénéficiaire Destinataire des documents qui devra s'acquitter du montant du contrat pour
lever les documents

SCHÉMA DE FONCTIONNEMENT DE LA REMISE DOCUMENTAIRE

Mode de réalisation de la remise documentaire

La remise D/P signifie documents contre paiement (la banque présentatrice ne remet les documents
que contre le paiement de la somme due). La remise D/A signifie documents contre acceptation.
Dans ce cas, la banque présentatrice ne donne les documents à l'acheteur que contre l'acceptation
par ce dernier d'une ou plusieurs traites payables à une échéance ultérieure. L'exportateur aura pu
exiger un aval bancaire sur les traites afin d'éviter le risque d'insolvabilité de l'acheteur.

? Les motifs de non-paiement et de non-levée des documents

· Les conditions de délivrance des documents ne sont pas conformes aux stipulations du contrat
commercial.

· Le montant facturé est supérieur à celui de la commande.

· La marchandise n'est pas conforme à la commande ou elle a été expédiée tardivement ou avant la
date prévue ou n'est pas encore arrivée à destination.

· Les documents sont parvenus à l'acheteur étranger, après l'arrivée de la marchandise, lui
occasionnant ainsi des frais de stationnement qu'il ne veut pas supporter.

· L'acheteur souhaite inspecter la marchandise avant de donner son accord éventuel au paiement.

· Il manque des documents indispensables au dédouanement (certificat phytosanitaire...).

· La licence d'importation n'a pas été encore obtenue.

· Le jeu de connaissements est incomplet.


? Avantages et inconvénients de la remise documentaire.

Avantages Inconvénients

L'acheteur ne peut pas retirer la Si le client ne se manifeste pas, la

marchandise en douane sans avoir marchandise est immobilisée, il faudra la

préalablement réglé à sa banque le vendre sur place à bas prix ou la rapatrier

montant de la facture due au fournisseur et donc payer à nouveau des frais de

étranger. La procédure est plus souple que transport. L'acheteur peut invoquer de

le crédit documentaire, moins formaliste, moins nombreux motifs pour ne pas payer. Cette
rigoureuse sur le plan des documents pratique favorise la renégociation à la

et des dates. Le coût bancaire est minime. baisse des prix par l'acheteur (risque de
marchandage).

LE CRÉDIT DOCUMENTAIRE

? Définition

Le crédit documentaire est la convention par laquelle un donneur d'ordre ( acheteur) prie sa banque
de mettre à la disposition d'une personne qu'elle nomme ( fournisseur), par l'intermédiaire d'une
banque, une somme d'un montant déterminé dont l'exportateur ( fournisseur) pourra bénéficier s'il
apporte la preuve qu'il a bien procédé à l'expédition de la marchandise ( remise d'un titre de
transport, ex : connaissement) et qu'il a satisfait à un certain nombre de conditions ( remise de divers
autres documents tels que certificat d'origine, d'assurance). Cette opération est matérialisée par une
lettre rédigée par la banque émettrice (celle de l'acheteur) qui énumère toutes les particularités du
crédit documentaire (montant, validité, conditions diverses, etc...) et qui est transmise à
l'exportateur par l'intermédiaire, le plus souvent, d'une banque notificatrice établie dans le pays de
l'exportateur. Afin de garantir une utilisation correcte et uniforme du crédit documentaire, la
Chambre de commerce internationale a créé les Règles et Usances uniformes (RUU).

?Les types de crédits documentaires

Les crédits documentaires offrent la possibilité d'utiliser différentes combinaisons :

- le crédit documentaire irrévocable : il ne peut être annulé ou amendé sans l'accord du bénéficiaire
et il présente pour ce vendeur bénéficiaire l'avantage conséquent qu'il est assorti de l'engagement
irrévocable de la banque émettrice de payer (si bien entendu les documents présentés sont
conformes aux stipulations du crédit documentaire). Mais il ne le protège pas du risque de non
paiement dû au risque pays (événement catastrophique, politique ou économique) qui empêcherait
la banque émettrice de respecter son engagement.

- le crédit documentaire irrévocable et confirmé : il offre une double garantie à l'exportateur, celle
de la banque émettrice et celle d'une banque de son propre pays ou d'une grande banque
internationale (la banque confirmante), qui ajoute sa confirmation, son engagement irrévocable de
payer. Soit le donneur d'ordre, quand il demande l'ouverture du crédit documentaire, demande
également sa confirmation à la banque notificatrice qui devient dans ce cas, si elle accepte, la
banque confirmante. Soit le vendeur, s'il le juge nécessaire, demande la confirmation du crédit à une
banque de son choix (généralement sa propre banque) et paie les frais de confirmation. De ce fait,
tous lesrisques d'impayé sont couverts et l'exportateur bénéficie d'une garantie totale, sous réserve
qu'il remplisse ses obligations.

A noter que le crédit documentaire révocable, qui pouvait être amendé ou annulé par la banque
émettrice à tout moment et sans que le bénéficiaire en soit averti au préalable, a été supprimé dans
les RUU 600.

? Modes de réalisation

- réalisable par paiement à vue : c'est le paiement cash contre les documents conformes par la «
banque désignée » dans le crédoc : dans certains cas, c'est la banque émettrice (bien que cela peut
s'avérer dangereux pour le vendeur en cas d'éloignement de la banque) ou cela peut être toute autre
banque désignée ; le plus souvent, c'est la banque notificatrice surtout si elle est confirmante. Si le
crédit n'est pas confirmé, la banque notificatrice n'est pas tenue de régler tant que la banque
émettrice ne l'a pas elle-même payée.

- réalisable par paiement différé : la « banque désignée » paie le vendeur à la date ou aux dates
d'échéance prévues dans le crédit documentaire, par exemple à 90 jours de la date de
connaissement ou 60 jours de la date de facture...

- réalisable par acceptation : il s'agit d'un paiement différé avec émission et acceptation d'une traite
tirée par le vendeur soit sur la banque émettrice soit sur la banque confirmante soit, le cas échéant,
sur toute autre banque. S'il le souhaite, le vendeur peut demander l'escompte de cette traite
acceptée par exemple auprès de sa propre banque.

- réalisable par négociation : ce mode de réalisation permet le paiement d'avance par la banque
négociatrice des documents. La banque émettrice, à réception des documents, paiera la banque
négociatrice.

Déroulement du crédit documentaire

) CONTRAT COMMERCIAL : l'acheteur et le vendeur se mettent d'accord sur le contrat de


vente/achat d'une marchandise ou d'une prestation de service.

2) DEMANDE D'OUVERTURE DE CREDIT DOCUMENTAIRE : l'acheteur donne ses instructions


d'ouverture à sa banque « la banque émettrice », par courrier ou télécopie, le plus souvent : il lui
indique qu'il est prêt à payer, par son intermédiaire, telle somme contre la fourniture de telle
marchandise moyennant la présentation de tels documents, telle date comme date d'expédition des
marchandises au plus tard, validité du crédit documentaire expirant à telle date.

3) OUVERTURE DE CREDIT DOCUMENTAIRE : la banque émettrice ouvre le crédit documentaire par


l'intermédiaire de sa banque correspondante dans le pays du vendeur « la banque notificatrice ».
L'acheteur demande d'ouvrir un crédit documentaire irrévocable et confirmé, la banque notificatrice
ajoute sa confirmation et devient la banque confirmante.

4) NOTIFICATION DU CREDIT DOCUMENTAIRE : la banque notificatrice et confirmante notifie au


vendeur bénéficiaire l'ouverture du crédit documentaire.

5) EXPEDITION DES MARCHANDISES : en prenant soin de respecter la date limite d'expédition fixée
dans le crédit, le vendeur expédie les marchandises selon le mode de transport et l'incoterm prévu
dans l'offre. Le transporteur lui remet le titre de transport (connaissement dans notre exemple) en
contrepartie de la prise en charge des marchandises.

6) REMISE DES DOCUMENTS : le bénéficiaire remet ce document de transport et tous les autres
documents requis par le crédit documentaire aux guichets de la banque notificatrice et confirmante
(en faisant attention à respecter la date limite de validité du crédit documentaire). Si tous les
documents sont conformes, les dates respectées, la banque confirmante paie les documents à vue.

7) ENVOI DES DOCUMENTS : la banque notificatrice et confirmante transmet les documents à la


banque émettrice qui la rembourse selon les modalités prévues au crédit documentaire.

8) REMISE DES DOCUMENTS : la banque émettrice remet les documents à son client, l'acheteur et le
débite dans ses comptes. L'acheteur peut ensuite aller chercher les marchandises : elles lui seront en
effet remises contre présentation du connaissement original notamment qui lui a été donné par la
banque émettrice avec les autres documents (ceux-ci permettant de prendre possession de la
marchandise et de la dédouaner).

? Forces et faiblesses du crédit documentaire

Avantages Inconvénients

Corps de règles
Formalisme dans la vérification des
universelles RUU 600 de la

CCI Garanties et moyens


documents (plus de 75 % des remises de
de paiement

Contrôle de la conformité
documents en banque présentent des
apparente des

prestations documentaires
irrégularités fussentelles minimes) Durée
Seule la fraude

permet l'opposabilité au trop longue dans la circulation des documents originaux pour les
paiement expéditions en aérien ou les trajets maritimes courts

Coût assez élevé surtout pour les crédits de faible montant Mauvaise
couverture du risque d'interruption de marché (risque de fabrication)