Vous êtes sur la page 1sur 12

CHAPITRE 1

PRINCIPES ET NOTIONS DE BASE

1.1 BUT DE LA RDM

C’est quoi le but de la RDM ?


Le but de la résistance des matériaux (RDM) est d’utiliser, pour la pièce étudiée, une quantité
minimale de matériaux, mais tout en satisfaisant à certaines exigences parmi lesquelles :

LA RESISTANCE : la pièce doit résister aux charges externes qui lui sont appliquées

1.2 HYPOTHESES DE BASE

Quelles sont les hypothèses de base ?


Les hypothèses de base permettent de réduire la complexité des développements
mathématiques tout en conservant une certaine généralité.

Ces hypothèses de base sont les suivantes :


a) Le matériau est élastique, c'est-à-dire reprend instantanément sa forme initiale dès
que les sollicitations cessent (déformations réversibles). Nous y reviendrons à la
section 1.7
b) Le matériau est continue, c'est-à-dire ne comporte ni fissures ni cavités
c) Le matériau est homogène, c'est-à-dire possède les mêmes propriétés en tout point. La
plupart des matériaux d'ingénierie satisfont à ce critère (à l'échelle macroscopique)
d) Le matériau est isotrope, c'est-à-dire possède, en un point donné, les mêmes
propriétés dans toutes les directions. La plupart des matériaux et des plastiques sont
isotropes à l'échelle macroscopique
e) Aucune force interne n'agit dans le matériau avant l'application des charges externes
(état initial). Les forces internes, dites "résiduelles", sont souvent présentes dans les
matériaux, elles résultent en général du processus de fabrication (soudage, pliage,
etc.).

1
CHAPITRE 1 PRINCIPES ET NOTIONS DE BASE

1.3 RESOLUTION D’UN PROBLEME DE RDM

1.3.1 – Comment résoudre un problème de RDM ?


On résout un problème de résistance des matériaux en suivant les trois étapes fondamentales
suivantes :
1- l'étude des forces et des conditions d'équilibre
2- l'étude des déplacements et de la compatibilité géométrique
3- l'application des relations forces-déformations

1.3.2 – C’est quoi les conditions d'équilibre ?

F= 0 et M=0 (1.1)

Ces équations s'appliquent aussi bien aux forces et aux moments externes qu'aux forces et
aux moments internes (voir sections 1.4 et 1.5)

1.3.3 – C’est quoi la compatibilité géométrique ?


La figure 1.1 illustre la notion de compatibilité géométrique.
Un barreau flexible est soutenu à l'une de ces extrémités par
un câble, également flexible. L’application de la force
externe provoque un déplacement b de l’extrémité du
barreau mais également un allongement c du câble. Pour
que la structure conserve sa continuité et son intégralité, la
relation suivante doit être vérifiée :

b= c (1.2)
Figure 1.1 Notions de
compatibilité géométrique

1.3.4 – C’est quoi les relations forces – déformations ?


Lorsqu’on applique des forces sur une pièce, elle se déforme. Il existe donc des relations qui
relient ces forces aux déformations qu’elles provoquent. Ces relations seront traitées en détail
en cours de théorie d’élasticité. On étudiera cependant à la fin de ce chapitre un cas
particulier.

2
CHAPITRE 1 PRINCIPES ET NOTIONS DE BASE

1.4 FORCES EXTERNES ET INTERNES

1.4.1 – C’est quoi les forces externes ?


Ce sont des forces externes au corps étudié. On distingue les forces externes de surface et les
forces externes de volume.

a) forces de surface : Elles agissent à la surface du corps (figure 1.2)

Figure 1.2 Forces de surface

b) forces de volume : Elles sont réparties en tout point du


volume du corps (forces de gravité, centrifuges,
électromagnétiques, …), (figure 1.3).

1.4.2 – C’est quoi les forces internes ?


L’étude des matériaux révèle qu’il existe des forces d’attraction et de répulsion
intermoléculaires, forces qui sont en équilibre et qui maintiennent un certain espacement entre
les molécules. Sous l’action de sollicitations externes, cet équilibre est modifié ; ce qui
entraine la déformation du matériau. Dans ce nouvel état d’équilibre, les nouveaux
espacements sont maintenus grâce à des efforts internes, appelés forces internes.

Ces forces internes provoquent donc un éloignement entre les molécules (traction) ou un
rapprochement (compression). Le matériau doit donc être suffisamment résistant pour
maintenir la cohésion entre les molécules. C’est là l’essence même de l’étude de la RDM.

3
CHAPITRE 1 PRINCIPES ET NOTIONS DE BASE

1.5 CONTRAINTES
1.5.1 – C’est quoi une contrainte ?

Considérons un corps quelconque sollicité par un système de forces externes Fi (i = 1, 2, 3,


…., n) et déterminons l’état des forces internes en un point quelconque I (figure 1.4).
Choisissons au départ un système d’axes de référence (x, y, z)

Figure 1.4 corps quelconque sollicité par un système de forces externes Fi (i = 1, 2, 3, …., n)

Pour déterminer les forces internes en I, sectionnons le corps suivant un premier plan normal
à l’axe des x, par exemple, et passant par le point I (figure 1.5a). Dans cette section, des forces
internes agissent en tout point et varient en intensité et en direction d’un point à un autre.

Figure 1.5 a) Le plan m est normal à l’axe des x et passe par le point I .
La section est soumise à des forces internes variant en intensité et en
direction d’un point à l’autre. b) Au point I , une force d’intensité
moyenne F agit sur l’élément de surface Ax

Divisons la section en un grand nombre de petites surfaces et examinons,


 en particulier, la
zone qui entoure le point I (figure 1.5b). Une force interne F agit sur un élément de

4
CHAPITRE 1 PRINCIPES ET NOTIONS DE BASE

surface, Ax y. z . Cette force a une direction et une intensité qui dépendent de l’état
d’équilibre global qui existe entre les forces internes à la section et les forces externes agissant
sur la partie gauche du corps.

Décomposons le vecteur F selon le système d’axes de référence ; nous obtenons : Fx ,
Fy , Fz (figure 1.6).

Figure 1.6 La force F est décomposée

L’intensité moyenne de chacune de ces composantes, par unité de surface, est donc :

Fx Fy Fz
, , (1.3)
Ax Ax Ax

Si Ax tend vers zéro, ces trois rapports tendent vers des limites qu’on définit comme étant
les composantes de contraintes qui agissent sur la surface normale à l’axe des x, au point I. Le
Fx
comportement physique relié au premier rapport ( ) est différent de celui relié aux
Ax
deux autres puisque, dans ce cas, la force interne agit dans la direction normale à la face
Fx
considérée. On appelle ce premier rapport : contrainte normale . Dans les deux autres
Ax
Fy Fz
cas ( et ), la force agit parallèlement à la face, et on appelle contrainte de
Ax Ax
cisaillement chacune de ces deux autres composantes. Ces deux contraintes sont illustrées à
la figure 1.7.

5
CHAPITRE 1 PRINCIPES ET NOTIONS DE BASE

Figure 1.7 Les composantes de contraintes agissent en I sur la face


dont la normale est l’axe des x . Les mêmes composantes de contraintes
agissent au point I sur la partie droite du corps sectionné (voir
convention des signes)

On définit la contrainte normale par la relation suivante :

lim Fx
xx = x = ( ) (1.4)
Ax 0 Ax

De même, la contrainte de cisaillement est définie par les relations suivantes :

lim Fy
xy = ( ) (1.5a)
Ax 0 Ax

lim Fz
xz = ( ) (1.5b)
Ax 0 Ax

1.5.2 – C’est quoi la signification des indices ?

On a besoin de deux indices pour identifier la contrainte de cisaillement : le premier indice


indique la normale à la face, le second donne la direction de la force interne. En ce qui
concerne la contrainte normale, puisque les deux indices sont nécessairement identiques, on
n’en utilise en général qu’un seul.
6
CHAPITRE 1 PRINCIPES ET NOTIONS DE BASE

1.5.3 – C’est quoi l’unité de la contrainte ?

Les contraintes sont exprimées en unité de force (N) par unité de surface (m²). Dans le
Système International d’unité (SI), l’unité de contrainte est le Pascal (1Pa = 1N/m²) ou le
Méga Pascal (1Mpa =106 Pa). On utilise également le bar (1 bar = 105 Pa) ou encore le
N/mm² (1 N/mm² = 1 Mpa)

1Pa = 1N/m²
1Mpa = 106 Pa
1 bar = 105 Pa
1 N/mm² = 106 Pa = 1 Mpa

1.5.4 – C’est quoi le signe d’une contrainte ?


Nous adoptons la convention de signes suivante :
Une face est positive lorsque sa normale externe est dirigée dans le sens positif d’un
axe (Figure 1.8a)

Figure 1.8a Signe des faces

Une contrainte est positive lorsqu’elle agit soit dans le sens positif d’un axe, sur une
face positive, soit dans le sens négatif d’un axe, sur une face négative. Même
raisonnement pour une contrainte négative. La Figure 1.8b présente les signes des
contraintes normales et des contraintes de cisaillement.

Figure 1.8b Signe des contraintes

7
CHAPITRE 1 PRINCIPES ET NOTIONS DE BASE

1.5.5 – C’est quoi un état de contrainte en un point ?

En reprenant le même processus qu’en 1.5.1, mais en sectionnant le corps au point I selon un
plan normal à l’axe des y ou à l’axe des z, nous obtenons les composantes de contraintes
suivantes :

Sur la face normale à l’axe des y : y, yx , yz


Sur la face normale à l’axe des z : z, zx , zy

Enfin, nous pouvons isoler complètement le point I et identifier son état de contrainte, en
définissant six plans, de façon à isoler un parallélépipède infinitésimal de dimensions x ,
y , z (figure 1.9). Lorsque ces dimensions tendent vers zéro, la valeur des composantes
primées tendent vers celle de leurs contreparties non primées.

Figure 1.9 Etat de contrainte au point I

En étudiant l’équilibre des moments, nous obtenons des relations importantes qui régissent les
contraintes de cisaillement :

xy = yx ; yz = zy ; zx = xz (1.6)

En résumé, l’état de contrainte en un point est défini par six composantes (trois
composantes normales et trois composantes de cisaillement) :

x , y , z , xy , yz , zx

8
CHAPITRE 1 PRINCIPES ET NOTIONS DE BASE

1.6 DEFORMATIONS
1.6.1 – C’est quoi une déformation ?
Sous l’action d’un chargement externe ou d’une variation de température, les dimensions d’un
corps varient ; il en résulte une déformation. Nous pouvons distinguer deux types de
déformations. La première concerne la variation de longueur : c’est la déformation normale.
La seconde a trait à la variation d’angle : c’est la déformation de cisaillement.

Déformations normales :

La figure 1.10 représente une surface infinitésimale autour du point I, de côtés x et y.


Après déformation, les dimensions des côtés deviennent x + x et y + y , mais sans
changement d’angle.

Figure 1.10 Déformations normales

Les déformations normales dans le plan (x,y) sont :

lim x
x= (1.7a)
x 0 x

lim y
y= (1.7b)
y 0 y

Par un raisonnement analogue, on définit z par :

lim z
z= (1.7c)
z 0 z

9
CHAPITRE 1 PRINCIPES ET NOTIONS DE BASE

Déformations de cisaillement :

La figure 1.11 représente toujours la même surface infinitésimale autour du point I, mais cette
fois-ci la déformation concerne une variation de l’angle entre les côtés mais sans changement
de leurs longueurs.

Figure 1.11 Déformations de cisaillement

Les déformations de cisaillement dans le plan (x,y) sont :

lim
xy = x 0 tan( ) (1.8a)
2
y 0

De même on définit les déformations dans les plans (y,z) et (z,x) respectivement par :

lim
yz = y 0 tan( ) (1.8b)
2
z 0

lim
zx = z 0 tan( ) (1.8c)
2
x 0

On démontre que :

xy = yx ; yz = zy ; zx = xz (1.9)

10
CHAPITRE 1 PRINCIPES ET NOTIONS DE BASE

En résumé, l’état de déformation en un point est défini par six composantes (trois
composantes normales et trois composantes de cisaillement) :

x , y , z , xy , yz , zx

1.6.2 – C’est quoi l’unité de la déformation ?


lim x
Puisque la déformation normale est un rapport de longueur ( x = ) et la
x 0 x
lim
déformation de cisaillement est une tangente d’un angle [ xy = x 0 tan( ) ], il en
2
y 0
résulte que la déformation est sans unité

1.6.3 – C’est quoi le signe d’une déformation ?

Nous adoptons la convention de signes suivante pour les déformations :

Une déformation normale est positive lorsqu’il y a allongement

Une déformation de cisaillement est positive lorsqu’il ya une diminution de l’angle


droit, sous-tendu par des côtés dirigés selon le sens positif d’axes de référence

1.7 RELATIONS CONSTITUTIVES


Ce sont des relations entre les forces et les déformations qui en résultent, ou encore entre les
contraintes et les déformations. Ces relations font intervenir les propriétés mécaniques du
matériau tel que la rigidité par exemple. On distingue les comportements élastique, plastique
et visqueux. Cependant, en RDM on ne considère que le comportement élastique.

1.7.1 – C’est quoi un comportement élastique ?

Un matériau a un comportement élastique lorsque, après avoir subi une déformation sous
l’action de sollicitations, reprend instantanément sa forme initiale dès que celles-ci cessent
(comme lorsque vous jouez avec un élastique). La plupart des matériaux d’ingénierie
possèdent un comportement élastique, du moins jusqu’à une certaine limite de déformation.
Au-delà de cette limite, le matériau devient plastique (acier).

11
CHAPITRE 1 PRINCIPES ET NOTIONS DE BASE

1.7.2 – C’est quoi les relations entre la contrainte et la déformation ?

Dans le domaine élastique, ces relations (appelées relations de Hooke) sont :

1
= (1.10a)
E

1
= (1.10b)
G

E et G sont des propriétés du matériau. E est appelé module d’élasticité (ou module de
Young) et G, module de rigidité (ou module d’élasticité en cisaillement)

12

Vous aimerez peut-être aussi