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LE CHRÉTIEN À GENOUX

Auteur inconnu

mfo@he.rold-schrifte.nmission.de.
ISBN 978-3-88936-389-3
Couverture et composition : Benjamin Schmidt, Leun
Impression : CPI Books Imprimé en Allemagne

LE CHRÉTIEN A GENOUX
Dans leur détresse, ils crièrent à l’Éternel, et il les délivra de
leurs angoisses. Il les fit sortir des ténèbres et de l’ombre de la
mort, il rompit leurs liens. Qu’ils louent l’Éternel pour sa bonté
et pour ses merveilles en faveur des fils de l'homme !
Psaume 107:13-15
TABLE DES MATIÈRES
Préface par l’auteur La grand besoin
de Dieu Promesses presque incroyable «
Demandez, et l’on vous donnera »
La demande des signes Qu'est-ce que la
prière ?
Comment vais-je prier ?
Devons-nous nous tourmenter ?
Dieu exauce-t-Il toujours nos prières ?
Exaucements de Prière
Comment Dieu exauce-t-il les prières ?
Obstacles à la prière
Qui peut se permettre de prier ?
PRÉFACE PAR LAUTEUR
Un voyageur visita, en Chine, lors d’un grand jour de fête, un
temple païen. Il y avait là de nombreux adorateurs de l’idole qui
était placée dans une niche. Le visiteur remarqua que beaucoup de
dévots avaient apporté de petits morceaux de papier sur lesquels
des prières étaient écrites ou imprimées. Ils les enveloppaient dans
de petites boules de glaise ferme et les jetaient sur l’idole. Le
voyageur se renseigna pour connaître la raison de cet étrange
procédé et apprit que, si les petites boules de terre glaise restaient
collées à l’idole, les prières seraient certainement exaucées et que, si
elles retombaient, les prières étaient rejetées par le dieu.
Il est possible que cette singulière manière de contrôler si une
prière sera exaucée ou non nous fasse sourire. Cependant, n’est-ce
pas un fait que la plupart des croyants qui font des prières au Dieu
vivant savent très peu de choses au sujet de la véritable prière qui
peut être exaucée ? La prière est pourtant la clef qui ouvre les
portes du trésor de Dieu !
Il n’est pas exagéré de dire que chaque croissance réelle dans la
vie spirituelle, chaque victoire sur les tentations, la confiance et la
paix face aux difficultés et dangers, la tranquillité de l’esprit dans
des périodes de grande déceptions ou de pertes, toute communion
avec Dieu qui demeure, dépendent de la pratique de la prière
secrète.
Ce livre a été écrit à la suite de sollicitations et après une longue
hésitation. Il est sorti grâce à de nombreuses prières. Puisse celui
qui a dit « qu’il fallait toujours prier et ne se relâcher pas » nous
enseigner à prier !
LE GRAND BESOIN DE DIEU
« Dieu s’étonne. » C’est une pensée très surprenante Toute la
hardiesse de cette pensée devrait réellement retenir l’attention de
tous les hommes, femmes et jeunes qui sont chrétiens. Un Dieu
qui s’étonne ! Nous devons donc à plus forte raison être touchés
en apprenant la cause de « l’étonnement » de Dieu ! Tout d’abord,
7
elle peut nous donner l’impression qu’elle a peu d’importance.
Cependant, si nous acceptons de méditer sur la question, nous
découvrirons qu’elle est une extrême importance pour toute
personne qui croit en Jésus-Christ. Il n’y a rien qui soit si plein de
signification — si vital — pour notre bien-être spirituel.
Dieu « s’étonne de ce qu’ ’il ni ait pas un homme » — « de ce que
personne n'intercède» (Esaïe 59 : 16). Toutefois, c’était il y a très
longtemps, avant la venue du Seigneur Jésus-Christ «plein de grâce et
de vérité» — avant la descente du Saint- Esprit plein de grâce et de
puissance, « qui nous aide dans notre faiblesse », « qui intercède pour nous
», et est en nous (cf. Romains 8:26). Oui, c’était avant les
promesses vraiment surprenantes de notre Sauveur en ce qui
concerne la prière ; avant que les hommes ne sachent beaucoup de
choses sur la prière ; au temps où les sacrifices poulies propres
fautes paraissaient plus grands que l’humble intercession pour
d’autres pécheurs.
Oh, combien l’étonnement de Dieu doit être grand de nos
jours ! En effet, combien ils sont rares ceux parmi nous qui savent
ce qu’est réellement la prière efficace !
Chacun de nous serait certainement prêt à reconnaître qu’il compte
sur la prière. Cependant, combien y en a- t-il parmi nous qui
croient vraiment à la puissance de la prière ? Alors, avant d’aller
plus loin, je te demande instamment de ne pas lire à la hâte ce qui
est écrit dans ces chapitres. Tout dépend en effet de la prière.
Pourquoi de nombreux chrétiens sont-ils si souvent vaincus ?
Parce qu’ils prient si peu.
Pourquoi y a-t-il beaucoup d’ouvriers dans le royaume de Dieu
qui sont découragés et abattus ? Parce qu’ils prient si peu.
Pourquoi tant de croyants sont-ils obligés de constater que
bien peu de personnes sont amenées « des ténèbres à la lumière » par
leur ministère ? Parce qu’ils prient si peu.
Pourquoi notre communauté ne brûle pas tout simplement
pour Christ ? Parce que nous faisons si peu de véritables prières.
Le Seigneur Jésus est de nos jours aussi puissant que jamais. Le
Seigneur Jésus est aujourd’hui aussi préoccupé du Salut des
hommes que jadis. Son bras n’est pas devenu trop court pour
pouvoir sauver, mais II ne peut le tendre avant que nous ne priions
davantage et plus sérieusement. Nous pouvons être sûrs que la
raison de tous nos échecs est notre manque de prière secrète.
Si Dieu « s’est étonné » au temps d’Esaïe, nous n’avons pas lieu
alors d’être surpris en constatant qu’il « s’est étonné » à l’époque à
laquelle II vécut sous forme humaine. Il s’est étonné de
l’incrédulité de certains — une incrédulité qui, manifestement,
l’empêcha d’accomplir un acte de puissance dans leurs villes (cf.
Marc 6 : 6).
Nous devons cependant prendre en considération que ceux qui
se rendirent coupables de cette incrédulité ne trouvaient pas de
beauté à Jésus qui ait pu les attirer ou les inciter croire en Lui.
Combien grand doit alors être aujourd’hui Son « étonnement >>
en voyant parmi nous, qui prétendons l’aimer et l’adorer, si peu
d’hommes et de femmes vraiment «se réveiller pour s’attacher à Lui»
(Esaïe 64: 6). Y a-t-il effectivement quelque chose de plus étonnant
qu’un chrétien qui ne plie pour ainsi dire pas ? Nous vivons 9 à une
époque riche en événements et en calamités. Des nombreux signes
nous incitent à croire qu’il s’agit «des derniers temps » pendant
lesquels, comme II l’a promis, Dieu répandra Son Esprit
— l’Esprit de la prière — sur toute chair (cf. Joël 2 : 28).
Pourtant, la grande majorité de ceux qui se disent chrétiens sait à
peine ce que le mot « prière » signifie en réalité.
Non seulement certaines de notre communauté n’a pas de
réunions de prière, mais aussi elle adopte une attitude de refus en
ce qui concerne ce genre d’assemblées et les tournent même en
dérision ! Etant donné qu’elle reconnaît l’importance de l’adoration
et de la prière, l’Eglise anglicane attend de ses ministres qu’ils lisent
chaque jour les prières, matin et soir, dans l’église. Toutefois,
quand ceci est pratiqué, n’est-ce pas souvent dans des églises vides
? Les prières ne sont-elles pas fréquemment dites d’une manière
monotone excluant la véritable adoration? De même, la «Common
payer» (« prière générale ») doit nécessairement être plutôt vague et
sans objet précis.
Qu’en est-il de la communauté dans lesquelles la réunion de
prière hebdomadaire s’est maintenue suivant la vieille habitude ?
C. H. Spurgeon avait la joie de pouvoir dire qu’il présidait tous
les mardis soir une réunion de prière à laquelle ne se rendaient en
général « pas moins de mille à mille deux cents participants ». Mes
frères, avons- nous cessé de croire à la prière ? Si même nous
continuons à fréquenter régulièrement les réunions de prière
hebdomadaires, n’est-ce pas un fait que la majorité des membres
de la communauté n’y participe jamais? Oui, le plus grand nombre
d’entre eux ne pense même pas à y participer ! Pourquoi en est-il
ainsi ? A qui la faute ?
«Seulement une réunion de prière» — combien de fois avons-
nous entendu cette remarque ! Combien parmi ceux qui lisent ces
mots éprouvent-ils vraiment de la joie en participant à une réunion
de prière ? Est-ce qu’une joie ou juste un devoir? Ne me tenez pas
ligueur de poser tant de questions et de montrer ce qui paraît être
une faiblesse dangereuse et une lamentable insuffisance dans notre
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communauté. Il ne s’agit pas de critiquer et encore moins de
condamner. N’importe qui peut le faire. Notre plus vif désir est
d’inciter les chrétiens à s’approcher de Dieu comme jamais
auparavant. Nous désirons encourager, stimuler et relever. Jamais
nous ne nous trouvons à un niveau aussi élevé qu’aux moments où
nous sommes à genoux.
Critiquer ? Qui ose critiquer quelqu’un d’autre ? Quand nous
jetons un regard sur notre passé et que nous souvenons du manque
de prière dans notre propre vie, toute critique disparaît de nos
lèvres. Cependant, nous croyons que le temps est venu où l’appel
du clairon est nécessaire à chacun en particulier et a la
communauté — l’appel à la prière.
A vrai dire, oserons-nous réellement faire face au problème de
la prière ? Il semble que ce soit une question insensée; la prière
n’est-elle pas une partie et un élément de toutes les religions ? En
dépit de cela, nous permettons de demander à nos lecteurs
d’aborder cette question avec loyauté et franchise. Est-ce que je
crois vraiment que la prière est une force ? La prière est-elle la plus
grande force sur terre ou non ? Est-il vrai que la prière « fait
mouvoir la main qui remue le monde » ?
Les instructions de Dieu sur la prière me concernent- elles
véritablement ? Les promesses de Dieu relatives à la prière sont-
elles toujours valables ?
Nous avons tous murmuré : « Oui-oui-oui » en lisant ces
questions. Personne n’ose répondre par «Non» à aucune d’elles, et
pourtant !
Avez-vous déjà eu conscience du fait que notre Seigneur n’a
jamais donné un commandement inutile ou n’impliquant aucun
engagement ? Croyons-nous réellement que notre Seigneur n’ait
jamais fait de promesse qu’il ne pouvait ou voulait pas tenir ?
Les trois grands commandements de notre Sauveur, pour notre
manière d’agir définitive, furent prescrits en ces termes

Priez !
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Faites ceci !
Allez !

Lui obéissons-nous ? Combien de fois le commandement


«Faites ceci» est-il réitéré aujourd’hui par nos prédicateurs ! On
pourrait presque croire que c’est le seul commandement de notre
Seigneur! Par contre, il est bien rare que l’on nous rappelle Son
invitation à « prier » et à « aller ». Or, si nous ne suivons pas
l’instruction « Priez », non seulement « Faites ceci », mais aussi «
Allez ! » auront peu d’utilité ou même ne serviront à lien. On peut
en effet constater que tous nos manques de succès, tous les échecs
dans la vie spirituelle et dans le travail pour le Seigneur sont dus à
une prière défectueuse ou insuffisante. Tant que nous ne prions pas
correctement, nous ne pouvons ni vivre comme il le faut, ni bien
servir. Ceci peut, à première vue, donner l’impression d’être une
grossière exagération, mais plus nous réfléchissons à la lumière de
l’Ecriture sainte, plus nous sommes convaincus de la vérité de cette
constatation. Par conséquent, si nous voulons recommencer à tenir
compte de ce que la Bible dite sur ce mystérieux et merveilleux
thème, nous devons nous efforcer de lire quelques promesses de
notre Seigneur comme si nous ne les avions jamais entendues
auparavant. Quel en sera le résultat ?
Il y a une vingtaine d’années, j’étudiais dans une faculté de
théologie. Un matin, de bonne heure, un camarade d’études
— aujourd’hui l’un des principaux missionnaires d’Angleterre
- se précipita dans ma chambre, tenant dans ses mains une Bible
ouverte. Bien que se préparant à exercer des fonctions de
prédicateur, il n’était encore, à cette époque, qu’un jeune converti.
Il était allé à l’université « sans s’occuper de ce genre de choses ».
Etant très sociable, intelligent et sportif, il venait de se faire une
place dans le milieu élégant de son université, quand le Seigneur
mit Sa main sur lui. Il accepta Jésus-Christ comme son Sauveur
personnel et devint un fervent disciple de son Maître. La Bible était
relativement un nouveau livre pour lui, de sorte qu’il y faisait
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toujours des « découvertes ». Le jour mémorable où il fit irruption
dans ma quiétude, il s’écria avec enthousiasme, tout son visage
illuminé par une joie mêlée de surprise : « Crois-tu cela ? Est-ce
bien vrai ? »
« Que dois-je croire ? » demandai-je en jetant avec un peu
d’étonnement un regard sur la Bible ouverte. « Qu’en est-il de... ?»
et il se mit à lire avec ardeur Matthieu 21: 21 + 22 : « (Je vous le dis en
vérité, si vous avez la foi et ne doute pas ... tout ce que vous demanderez par la
prière, en croyant, vous le recevrez > Crois- tu cela ? Est-ce vrai ? »
« Oui », répondis-je, assez surpris par son agitation, «
naturellement, c’est vrai; évidemment, je le crois ! » Cependant,
toutes sortes de pensées me traversaient l’esprit.
« C’est une magnifique promesse », dit-il, « elle me parait
n’avoir aucune limite ! Pourquoi ne prions-nous pas davantage ? »
Puis il s’en alla en me laissant tout pensif.
Je n’avais jamais considéré ces versets tout à fait de cette
manière. Après avoir fermé la porte derrière ce jeune et ardent
disciple du Seigneur, j’eus une vision de mon Sauveur, de Son
amour et de Sa puissance, comme je n’en avais jamais eu
auparavant. Une vie de prière, oui, et une puissance « illimitée » se
montrèrent à moi. Je réalisai que cette puissance ne dépendait que
de deux choses — de la foi et de la prière. Pendant un moment, je
fus ébranlé. Je tombai à genoux et alors que je m’inclinais devant le
Seigneur, quelles ne Rirent pas les idées qui surgirent dans mon
esprit — quelle espérance et quelle aspiration fervente inondèrent
mon âme ! Dieu me parla d’une manière inaccoutumée. C’était un
grand appel à la prière, mais, à ma honte, il faut dire que je n’ai pas
prêté attention à cet appel.
En quoi n’ai-je pas fait ce que Dieu attendait de moi? Dès lors,
je priais, certes, un peu plus qu’auparavant, mais il ne semblait pas
se passer grand-chose. Pourquoi ? Etait-ce parce que je n’avais pas
réalisé quel haut niveau de vie intérieure le Sauveur attendait de
ceux qui voulaient être exaucés dans leurs prières ? Etait-ce parce
que j’avais omis de mener une vie selon la norme de « l’amour
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parfait » qui est si bien décrite au treizième chapitre de la première
épître aux Corinthiens ?
En effet, prier ne signifie pas seulement mettre en pratique de
bonnes résolutions de « prier ». Comme David, il faut que nous
écriions : « 0 Dieu ! Crée en moi un cœur pur...» (Psaume 51 : 12), avant
de pouvoir prier convenablement. Les paroles inspirées de l’Apôtre
de l’Amour doivent, de nos jours, être observées tout autant
qu’elles peuvent l’avoir jamais été: «Bien- aimés, si notre cœur ne nous
condamne pas, nous avons de l’assurance devant Dieu. Quoi que ce soit que
nous demandions, nous le recevrons de lui... » (1 Jean 3 : 21 + 22).
« C’est vrai — et je le crois. » Oui, c’est en effet une promesse
illimitée et pourtant, nous en avons si peu conscience ; nous
attendons si peu de Christ ! Or, notre Seigneur « s’étonne » de
notre incrédulité. Si seulement nous pouvions lire les Evangiles
pour la première fois, comme ils nous paraîtraient alors être un
livre étonnant ! N’est-ce pas nous qui devrions nous « étonner » et
être « dépassés » ? Aujourd’hui, je te transmets cet appel. En
tiendras-tu compte? En profiteras-tu ou tombera-t-il dans l’oreille
d’un sourd, ne t’incitant pas à plier ?
Amis chrétiens, réveillons-nous ! Le diable nous met un
bandeau sur les yeux. Il s’applique à nous empêcher de nous
occuper de la question de la prière. Ces lignes sont écrites à la suite
d’une demande spéciale. Toutefois, de nombreux mois se sont
écoulés depuis que l’on m’a adressé cette requête. Pendant un
certain temps, chaque tentative de commencer à écrire a échoué et
même maintenant, une étrange répugnance à se mettre à l’œuvre se
fait sentir en moi. Une force mystérieuse quelconque semble
retenir ma main. Réalisons- nous que le diable ne craint rien autant
que la prière ? Sa grande préoccupation est de nous empêcher de
prier. Il à plaisir à nous voir plongés dans le travail jusqu’au cou,
pourvu que nous ne priions pas. Il ne redoute pas notre zèle quand
nous étudions la Bible très sérieusement, à condition que nous
priions peu. Quelqu’un a dit sagement : « Satan rit de nos efforts, il
se moque de notre sagesse, mais il tremble quand nous prions. »
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Tout cela nous est familier, mais prions-nous vraiment ? Si ce n’est
pas le cas, l’échec se collera à nos talons, quels que soient les signes
de réussite apparente qu’il puisse y avoir.
N’oublions jamais ceci : la plus grande chose que nous
puissions faire pour Dieu et les hommes est de prier. Nous
pouvons en effet obtenir beaucoup plus par la prière que par le
travail. La prière est toute-puissante; elle a le pouvoir de réaliser
tout ce que Dieu peut faire. Quand nous prions, Dieu agit.
L’infructuosité dans le ministère est la conséquence de la prière —
de la prière de l’ouvrier ou de ceux qui élèvent des mains saintes
pour lui. Nous savons tous comment prier, mais pourtant il se peut
que beaucoup d’entre nous aient besoin de demander, comme l’ont
fait jadis les disciples : «Seigneur, enseigne-nous à prier... »

15
Quand
PROMESSES PR UE INCROYABLE un jour
nous serons avec Christ dans la gloire et jetterons un
regard en arrière sur l’histoire achevée de notre vie, le trait
caractéristique le plus étonnant de cette vie passée aura été son
manque de prière.
Nous serons saisis d’étonnement en constatant que nous
avons, en réalité, passé si peu de temps à faire des prières
d’intercession. Ce sera notre tour de « nous étonner ».
Au cours du dernier entretien que le Seigneur Jésus eut avec
Ses disciples, juste avant la plus merveilleuse de toutes les prières,
le Maître éleva à plusieurs reprises Son sceptre d’or royal et dit en
quelque sorte : « Quelle demande avez-vous ? Elle vous sera
accordée, même si cela doit aller jusqu’à mon Royaume tout entier

Croyons-nous cela ? Nous le devons si nous prenons la Bible
au sérieux. Ne devrions-nous pas, une fois, lire très tranquillement
et en méditant l’une des promesses de notre Seigneur qui sont tant
de fois réitérées ? Si nous ne les avions jamais lues auparavant,
nous ouvririons des yeux remplis d’étonnement, car ces promesses
sont à peine croyables. Sortant des lèvres de un homme ordinaire,
elles ne seraient absolument pas dignes de foi, mais c’est le
Seigneur du ciel et de la terre qui parle. Il parle au moment le plus
solennel de Sa vie, à la veille de Sa passion et de Sa mort. Il s’agit
d’un message d’adieux. Maintenant, écoutez !
«En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les
œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père ;
et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai—» (Jean 14: 12 +
13). Or, peut-il y avoir des mots qui soient plus simples et plus
clairs que ceux-là ? Une promesse peut-elle être plus grande ou
plus belle ? Y a-t-il quelqu’un qui ait quelque

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Part ou à une certaine époque offert davantage ?
A quel point les disciples ont dû être émus ! Ils en croyaient
certainement à peine leurs oreilles. Cependant, cette promesse est
tout aussi valable pour toi et pour moi. Afin qu’aucun doute ne
puisse naître de leur côté ou du nôtre, le Seigneur réitéra cette
promesse quelques instants plus tard. Oui, et le Saint-Esprit
poussa Jean à répéter encore une fois ces paroles par écrit. «Si vous
demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous
voudrez et cela vous sera accordé. Si vous porte beaucoup de fruit, c’est ainsi
que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples » (Jean 15 : 7 +
8).
Ces paroles sont d’une si grande importance et ont tant de
signification que le Sauveur du monde ne se contente même pas
d’une triple déclaration. Il exhorte Ses disciples à obéir à Son
commandement de « demander ». En fait, Il leur fait observer
qu’un signe permettant de reconnaître qu’ils sont « Ses amis » est
celui de l’obéissance absolue à Ses commandements (cf. verset 14).
Puis II répète encore une fois Ses désirs : «Ce n’est pas vous qui
m’avez choisi; mais moi je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous
alliez et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure; alors, ce que vous
demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera» (Jean 15:16).
On pourrait penser que notre Seigneur a maintenant dit assez
clairement qu’il désirait voir prier Ses disciples, qu’il avait besoin
de leurs prières, et que sans la prière, ils ne pouvaient rien faire.
Cependant, à notre très grande surprise, Il revient encore sur le
même sujet en disant à peu près les mêmes mots. «En ce jour-là, vous
ne m’interrogerez plus sur rien. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous
demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. Jusqu’à ’présent vous
n’avez r>Len demandé en mon nom. Demandez et vous recevrez afin que votre
joie soit parfaite » (Jean 16 : 23 + 24).
Avant cela, jamais notre Seigneur n’avait insisté de cette façon
sur une promesse ou un commandement — jamais ! Cette
promesse réellement merveilleuse nous est faite six fois. Six fois,
notre Seigneur nous commande presque d’une seule traite de
17
demander ce que nous désirons. C’est la plus grande
— la plus merveilleuse — promesse qui, de tout temps, ait été
faite à l’homme. Pourtant, la plupart des hommes — des chrétiens
— l’ignorent pratiquement. N’en est-il pas ainsi ?
L’extrême grandeur de cette promesse semble nous subjuguer.
Cependant, nous savons qu’il « peut faire, par la puissance qui agit en
nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons »
(Ephésiens 3 : 20).
Toutefois, la dernière exhortation que notre divin Maître
donne avant d’être saisi, lié et flagellé, avant que Ses gracieuses
lèvres, sur la croix, aient été réduites au silence, est celle-ci : « Vous
demanderez en en mon nom…car le Père lui -même vous aime » (Jean 16 : 26
+ 27). Nous passons souvent beaucoup de temps à méditer sur les
sept paroles de Jésus sur la croix, et c’est certainement bien de le
faire, mais avons-nous jamais réfléchi pendant une heure sur cette
exhortation à prier, que notre Sauveur a faite sept fois ?
Aujourd’hui, Il est assis sur le trône de Sa Majesté, dans les
lieux célestes, tenant devant nous le sceptre de Sa puissance.
Allons-nous le toucher et Lui demander ce que nous désirons ? Il
nous presse de prendre possession de Ses trésors. Il désire nous
accorder «selon la richesse de Sa gloire » « d’être puissamment fortifiés par
Son Esprit dans l’homme intérieur.». Il nous enseigne que notre force
et notre infructuosité dépendent de nos prières. Il nous rappelle
que précisément notre joie dépend de la prière exaucée (cf. Jean 16
: 24). Cependant, nous permettons au diable de nous amener à
négliger la prière. Il veut nous faire croire que nous pouvons
accomplir davantage de choses par

18
Nos propres efforts que par la prière — plus par nos rapports
avec les hommes que par l’intercession auprès de Dieu.
Cela dépasse notre compréhension que l’on accorde si peu
d’attention à la septuple invitation, aux instructions et à la
promesse de notre Seigneur ! Comment osons-nous travailler pour
Christ sans passer beaucoup de temps à genoux ? Tout récemment,
un « ouvrier » chrétien plein de zèle — un moniteur d’Ecole du
Dimanche prenant régulièrement part à la sainte Cène - m’a écrit :
« Dans toute ma vie, je n’ai jamais reçu de réponse à mes prières. »
Pourquoi donc ? Dieu est-il un menteur ? N’est-Il pas digne de
confiance ? Ses promesses ne sont-elles plus valables ? Ne pense-t-
Il pas ce qu’il dit ? En lisant ces lignes, beaucoup doivent se dire la
même chose que ce collaborateur chrétien. Edward Payson1 a
raison ; c’est biblique quand il dit: « Si nous voulons faire beaucoup
pour Dieu, il faut que nous Lui demandions beaucoup : nous
devons être des hommes de prière. » Si nos prières restent sans
réponse — étant entendues mais pas nécessairement exaucées —,
c’est entièrement notre faute et non celle de Dieu. Pour Dieu, c’est
une joie d’exaucer nos prières et II a donné Sa parole qu’il
répondrait.
Chers collaborateurs dans les vignes du Seigneur, il est bien
évident que notre Maître désire que nous demandions et que nous
demandions beaucoup. Il nous dit que nous le glorifions en faisant
cela. Rien n’est hors de portée de la prière si cela n’est pas hors de
la volonté de Dieu, et nous ne voulons pas aller au-delà de Sa
volonté.
Nous n’osons pas dire que les paroles de notre Seigneur ne
sont pas vraies. D’une manière ou d’une autre, certains chrétiens
ont vraiment confiance en Lui. Qu’est-ce qui nous empêche de
faire grand cas de la prière ? Doutons-nous de Son amour ? Jamais
! Il est mort à notre place et a donné Sa vie pour nous. Doutons-
nous de l’amour du Père ? Non. «Le Père lui-même vous aime», dit
Jésus en exhortant Ses disciples à prier.

Doutons-nous de Son pouvoir ? Pas un instant. N’a- t-Il pas


dit : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre .... Et voici, je
suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28 : 18-
20) ? Doutons-nous de
Sa sagesse ? N’avons-nous pas confiance dans le choix qu’il fait
pour nous ? A aucun moment. Pourtant, si peu de Ses imitateurs
considèrent que la prière en vaut vraiment la peine !
Naturellement, nous le nions, mais nos actes parlent plus fort que
nos paroles. Craignons-nous de mettre Dieu à l’épreuve ? Il nous a
autorisés à le faire. «Apporte^ à la maison du trésor toutes les dîmes...
Mettez-moi de la sorte à l’épreuve, dit l’Éternel des armées, et vous verrez si je
n’ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si je ne répands pas sur vous la
bénédiction en abondance» (Malachie 3 :10). Toutes les fois que Dieu
fait une promesse, disons hardiment comme Paul : « J’ai confiance en
Dieu » (Actes 27 : 25) et croyons qu’il tient Sa parole.
Allons-nous, à partir d’aujourd’hui, commencer à devenir des
hommes et des femmes de prière, si nous ne l’avons pas été
jusqu’à présent ? Ne remettons pas cela à une période plus
propice. Dieu désire que je prie. Jésus désire également ma prière;
Il en a besoin. Tant de choses — tout, en fait, dépend de la prière.
Comment pouvons-nous nous permettre de tarder à prier ? Puisse
chacun d’entre nous, à genoux, se poser cette question : « Si
personne sur terre ne prie pour le Salut des pécheurs avec plus de
ferveur et de régularité que moi, combien alors seront convertis
par la prière ? »
Passons-nous dix minutes par jour en prière ? Nous lui
accordons assez d’importance ?
Dix minutes par jour, à genoux, en prière, quand celui qui prie
peut obtenir le royaume des deux !
Dix minutes ? La partie de notre temps que nous passons à
nous attacher à Dieu paraît très insuffisante (Esaïe 64 : 6) !
D’autre part, est-ce vraiment prier, quand nous « disons » nos
prières ou répétons chaque jour seulement quelques phrases qui
n’ont pratiquement plus de signification, pendant que nos pensées
vagabondent ici et là ?
20
Si Dieu répondait aux paroles que nous avons répétées ce
matin, à genoux, nous le remarquerions ? Reconnaîtrions- nous la
réponse ? Nous souvenons-nous même de ce que nous avons
demandé ? Il répond ! Il nous a donné Sa parole. Il répond à
chaque prière faite réellement avec foi.
Dans un prochain chapitre, nous verrons ce que la Bible a à
dire sur ce point. Examinons tout d’abord dans quelle mesure
nous passons notre temps en prière.
« Combien de fois priez-vous ? », demanda-t-on à une
croyante. «Trois fois par jour et puis toute la journée », fut la
prompte réponse. Cependant, combien font de même ? La prière
est-elle pour moi un devoir ou un privilège — un plaisir, une vraie
joie — une nécessité ?
Laissons-nous donner une nouvelle vision de Christ dans Sa
gloire et une nouvelle appréciation de toute la « richesse de sa gloire »,
qu’il met à notre disposition, et de toute l’étendue du pouvoir qui
Lui a été donné. Ensuite, voyons le monde et tous ses besoins
avec de nouveaux yeux ! Le monde a-t-il jamais eu autant de
difficultés qu’aujourd’hui ? Voyez-vous, l’étonnant, ce n’est pas
que nous priions si peu, mais que nous puissions nous relever,
après nous être agenouillés, tout en ayant conscience de nos
propres besoins, de ceux de nos familles et de ceux qui nous sont
chers, des difficultés de nos pasteurs et
Eglises, des besoins de nos villes, de notre pays, du monde païen
et musulman !
Il est possible de pourvoir à tous ces besoins par la richesse de
Dieu en Jésus-Christ. Paul n’avait aucun doute à ce sujet et nous
n’en avons pas non plus. Oui : «Mou- Dieu pourvoira à tous vos besoins
selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ » (Philippiens 4: 19).
Toutefois, il nous faut prier pour avoir part à Ses richesses, car le
même Seigneur est riche pour ceux qui l’invoquent (cf. Romains
10:12).
L’importance de la prière est si grande que Dieu a pris soin de
prévenir toutes les excuses ou objections que nous pourrions faire
21
valoir. Les hommes prennent la défense de leur faiblesse et de leur
manque d’énergie, ou déclarent qu’ils ne savent pas comment
prier. Dieu a vu cette incapacité longtemps à l’avance. N’était-ce
pas Lui qui avait inspiré à Paul de dire : «De même aussi l’Esprit nous
aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de
demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs
inexprimables ; et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de
l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints »
(Romains 8 :26 + 27).
Oui, chaque précaution nécessaire est prise pour nous, mais
seul le Saint-Esprit peut nous « inspirer » de nous « attacher à Dieu
». Si nous cédons aux inspirations de l’Esprit, nous suivrons
certainement l’exemple des apôtres de jadis qui «s’adonnaient à la
prière» et «continuaient à s’appliquer à la prière » (Actes 6:4).
Nous pouvons être absolument certains de ceci : l’influence
d’un homme dans le monde ne peut être mesurée à son éloquence
et à son orthodoxie, pas plus qu’à son énergie, mais à ses prières.
Oui, nous pouvons aller plus loin et soutenir qu’aucun homme
ne peut vivre équitablement s’il ne prie pas comme il convient.
Nous pouvons travailler pour Dieu du matin au soir ; nous
pouvons passer beaucoup de temps à étudier la Bible ; nous
pouvons être très sérieux et croyants et « acceptables » dans nos
prédications et notre comportement individuel, mais aucune de ces
choses ne peut être vraiment efficace, à moins que nous ne prions
beaucoup. Autrement, nous serons seulement pleins de bonnes
œuvres, alors qu’il nous faut «porter des fruits en toutes sortes de bonnes
œuvres » (Colossiens 1 : 10). Celui qui a peu de rapports avec Dieu
dans la prière Le sert également dans une faible mesure. Prier
beaucoup en secret signifie beaucoup de force en public. Pourtant,
n’est-il pas de fait qu’alors que nous procédons à une organisation
presque parfaite, nous abandonnons presque la lutte dans la prière
?
On se demande pourquoi le Réveil ne se produit pas. Il n’y a
qu’une chose qui puisse le retarder, et c’est le manque de prière.
22
Tous les Réveils ont été le fruit de la prière. Certains aspirent
parfois à entendre la voix d’un archange, mais à quoi cela pourrait-
il servir si même la voix de Christ ne nous amène pas à prier ? Il
semble presque inconvenant d’implorer alors que notre Sauveur a
fait de telles promesses « illimitées ». Cependant, nous sentons qu’il
est nécessaire de faire quelque chose, et nous croyons que le Saint-
Esprit inspire les hommes à se rappeler et à rappeler à d’autres les
paroles et la puissance de Christ. Nos propres paroles ne peuvent
convaincre personne de la valeur, de la nécessité et de la toute-
puissance de la prière.
Ces propos parviennent aux lecteurs en étant accompagnés de
prières, pour que Dieu, par le Saint-Esprit, convainque Lui-même
les hommes et les femmes du péché consistant à ne pas prier, et les
pousse à se mettre à genoux afin d’invoquer Dieu jour et nuit avec
foi, dans une fervente et triomphante intercession ! Le Seigneur
Jésus, maintenant dans Sa gloire, nous exhorte à tomber à genoux
et à prendre possession des richesses de Sa grâce.
Personne ne peut se permettre de prescrire à un autre combien
de temps il doit passer en prière, ainsi que nous ne pouvons
suggérer pas que les hommes fassent le vœu de plier tant d’heures
ou tant de minutes par jour. Naturellement, le commandement que
la Bible nous transmet est de prier «sans cesse». C’est évidemment la
bonne « attitude de prière » et celle que l’on doit avoir dans la vie.
Nous parlons ici d’actes de prière bien déterminés. Avons-
nous jamais remarqué le temps que nous consacrons à la prière ?
Nous croyons que la plupart de nos lecteurs seraient surpris et
confus, s’ils contrôlaient leur temps.
Il y a quelques années, cette question de la prière se posa pour
moi. Je sentis que, dans mon cas, le temps minimum à passer par
jour en prière devait être d’une heure au moins. Je pris tous les
jours soigneusement des notes sur ma vie de prière. Quelque
temps plus tard, je rencontrai un frère dont Dieu pouvait se servir
très fréquemment.
Lui ayant demandé à quoi il attribuait principalement cet état
23
de choses, celui-ci me répondit tranquillement : «A dire vrai, je ne
pourrais pas poursuivre ma tâche sans les deux heures par jour de
prière personnelle. »
Ensuite, un missionnaire d’outre-mer rempli de l’Esprit croisa
mon chemin. Il me fit très humblement le récit des choses
merveilleuses que Dieu faisait par son ministère (de tout cela, il se
dégageait que toute la gloire et tout l’honneur étaient rendus à Dieu
seul). « Bien souvent, je trouve nécessaire de passer quatre heures
par jour en prière », dit le missionnaire.
Nous nous souvenons que le plus grand de tous les
missionnaires passait parfois des nuits entières en prière. Pourquoi?
Notre Seigneur ne priait pas simplement pour nous donner
l’exemple. Il ne faisait jamais quelque chose uniquement pour que
cela serve d’exemple. Il priait parce qu’il en avait besoin. Pour Lui,
l'homme parfait, la prière était une nécessité. A combien plus forte
raison est-elle alors une nécessité pour toi et pour moi ?
« Quatre heures par jour en prière ! » s’écria un homme qui
mettait toute sa vie au service de Dieu en travaillant comme
médecin dans la Mission. « Quatre heures ? Donnez-moi dix
minutes et j’en ai assez ! » C’était une confession honnête et
courageuse, bien que triste. Pourtant, qu’en serait-il si d’autres
étaient prêts à parler aussi franchement ?
Or, ce n’est pas par hasard que ces hommes ont croisé mon
chemin. Dieu m’a parlé par leur intermédiaire. En fait, c’était
également un « appel à la prière » du « Dieu de patience » qui est aussi
le « Dieu de consolation » (Romains 15:5). Après que leur paisible
message eut pénétré mon âme, un livre me tomba entre les mains
«par hasard»
— comme disent les gens. Il racontait brièvement et
simplement histoire de John Hyde — « Praying Hyde » (le Hyde
priant), comme on avait coutume de l’appeler. De la même
manière que Dieu envoya Jean-Baptiste pour préparer le chemin de
notre Seigneur lors de sa première venue, Il envoya, à notre
époque, John Hyde pour préparer son retour. « Le Hyde priant »
24
— quel nom ! En lisant l’histoire de cette merveilleuse vie de
prière, on se demande malgré soi : «Ai- je jamais prié ? » J’ai aperçu
que d’autres se posaient la même question. Une dame connue pour
sa fidèle intercession m’écrivit : « Après avoir posé ce livre, j’en suis
venue à penser que je n’avais jamais vraiment prié de ma vie ! »

25
Cependant, nous devons laisser ce sujet. Allons-nous nous
agenouiller devant Dieu et permettre à Son Saint- Esprit de nous
sonder complètement ? Sommes-nous sincères ? Désirons-nous
réellement faire la volonté de Dieu ? S’il en est ainsi, cela ne va-t-il
pas nous amener à passer davantage de temps à genoux devant
Dieu ? Ne fais pas le vœu de prier «tant d’heures par jour». Prends
la résolution de prier beaucoup ; toutefois, pour avoir de la valeur,
les prières doivent être faites spontanément et non sous la
contrainte ! Nous devons, d’autre part, garder présent à l’esprit que
les simples résolutions de prendre davantage de temps pour prier
et de surmonter les obstacles nous en empêchant ne s’avéreront
pas efficaces à la longue, à moins qu’il n’y ait un abandon sincère et
absolu au Seigneur Jésus-Christ. Si nous n’avons jamais fait ce pas,
nous devons le faire maintenant, car nous voulons devenir des
hommes et des femmes de prière.
Je suis sûr d’une chose : Dieu désire que je prie et que tu pries.
La question est seulement : consentons- nous à prier ?
« O Sauveur plein de grâce, répands sur nous Ton Saint- Esprit
en abondance, pour que nous devenions réellement des chrétiens
qui s’agenouillent ! »

26
« DEMANDEZ, ET ON VOUS DONNERA »
Dieu désire que je prie et que je prie beaucoup, car tout le fruit du
travail spirituel dépend de la prière.
Un prédicateur qui prie peu voit peut-être quelques résultats
couronner ses efforts, mais s’il en est ainsi, c’est parce que
quelqu’un, quelque part, prie pour lui. Le « fruit » provient alors de
celui qui prie et non du prédicateur. Certains de nos prédicateurs
seront bien surpris, le jour où le Seigneur « rendra à chacun selon
ses œuvres ». « Seigneur, voici mes convertis ! C’est moi qui ai
dirigé la mission au cours de laquelle tant de brebis ont été
amenées dans la bergerie ! » Ah oui !
— j’ai prêché, exhorté et persuadé, mais me suis-je aussi
occupé de la prière ?
Chaque converti est le résultat de l’exhortation du Saint-
Esprit, en réponse à la prière de quelques croyants.
O Dieu, fais que nous n’ayons pas de surprises semblables ! O
Seigneur, enseigne-nous à prier !
Nous venons d’avoir une vision d’un Dieu demandant
instamment à Ses enfants de prier. Comment est-ce que je réagis à
cet appel ? Puis-je dire comme Paul : « Je n’ai point résisté à la vision
céleste ?» Nous répétons encore une fois : Le plus grand regret que
nous puissions avoir au ciel sera d’avoir passé si peu de temps dans
la véritable intercession quand nous étions sur la terre.
Pense à la portée de la prière ! «Demande-moi et je te donnerai les
nations pour héritage, et les extrémités de la terre pour possession » (Psaume
2:8). Cependant, beaucoup de gens, lorsqu’ils prient, n’essayent
même pas de prier pour les petits détails de leur propre vie à Dieu,
et neuf chrétiens sur dix ne pensent jamais à prier pour les païens !
Il est consternant de voir la mauvaise volonté dont font

27
preuve beaucoup de chrétiens en ce qui concerne la prière. Cela
vient peut-être de ce qu’ils n’ont jamais fait l’expérience ou même
entendu parler de réponses à la prière qui soient convaincantes.
Dans ce chapitre, nous nous apprêtons à faire « l’impossible ».
Nous éprouvons en effet le vif désir de faire réaliser profondément
à chaque lecteur, en son âme et conscience, la puissance de la
prière. Nous nous permettons de qualifier cela « d’impossible », car
si les hommes n’ont pas confiance dans les promesses et les
commandements de notre Seigneur et ne leur obéissent pas,
comment pourrions-nous espérer convaincre par de simples
exhortations humaines ?
Cependant, vous souvenez-vous que notre Seigneur, en parlant
à Ses disciples, leur demanda de croire qu’il était dans le Père et le
Père en Lui ? Puis II ajouta : « Croyiez du moins à cause de ces œuvres »
(Jean 14 :11). C’était comme s’il avait dit : « Si ma personne, ma vie
sanctifiée et mes merveilleuses pensées ne vous incitent pas à croire
en moi, considérez alors mes œuvres : elles sont certainement
suffisantes pour éveiller la foi ? Croyez en moi à cause de ce que je
fais ! » Puis il continua en leur promettant que, s’ils croyaient, ils
feraient encore de plus grandes œuvres que celles-ci. C’est après ce
discours qu’il fit la première des six merveilleuses promesses
relatives à la prière. Cette inférence veut certainement dire que ces «
plus grandes œuvres » ne peuvent être faites que si elles sont le fruit
de la prière.
Le disciple doit-il par conséquent suivre la méthode du Maître ?
Chers collaborateurs, si toutefois nous ne pouvons pas concevoir
les merveilleuses promesses de notre Seigneur en ce qui concerne la
prière et n’y croyons pas, ne devrions- nous pas alors au moins
croire « à cause de ces œuvres » ? C’est-à-dire à cause de ces « plus
grandes œuvres » faites par quelques hommes et femmes encore
aujourd’hui — ou plutôt que le Seigneur Jésus accomplit grâce à
leur coopération fondée sur de nombreuses prières ?
Que recherchons-nous ? Quel est le but réel de notre vie ? Ce
que nous désirons le plus est certainement de porter du fruit en
28
abondance dans notre travail pour le Maître. Nous ne recherchons
pas les belles situations, le prestige ou le pouvoir, mais désirons
ardemment être des serviteurs qui portent du fruit. Pour cela, nous
devons beaucoup prier. Dieu peut faire davantage par nos prières
que par notre prédication. A. J. Gordon a dit un jour : « Tu peux
faire davantage que prier quand tu as prié, mais tu ne peux jamais
faire plus que plier avant d’avoir prié. » Si seulement nous croyions
cela !
Une femme, en Inde, était profondément découragée à cause
de l’échec rencontré dans sa vie et dans son travail. C’était une
missionnaire qui se consacrait entièrement à son ministère, mais
celui-ci ne conduisait pourtant à aucune conversion.
Le Saint-Esprit paraissait lui dire: « Prie davantage ! »
Toutefois, elle résista pendant un certain temps à Son exhortation.
«A la fin», dit-elle, «je me suis décidée à consacrer une grande partie
de mon temps à la prière. Je le fis avec crainte et en tremblant,
m’attendant, en effet, à ce que mes collègues se plaignent en disant
que je me soustrayais au travail. Au bout de quelques semaines, je
commençais à voir des hommes et des femmes accepter Christ
comme leur Sauveur. En outre, tout le district connut bientôt un
Réveil et même le ministère des autres missionnaires fut béni
comme jamais auparavant. Dieu fit en six mois davantage que ce
qu’il Lui avait été possible de réaliser en six ans et, ajoute-t-elle,
personne ne m’accusa d’avoir manqué à mon devoir. » Une autre
missionnaire, en Inde également, perçut le même appel à la prière.
Elle commença à accorder beaucoup plus de temps à la prière.
Aucune résistance ne lui fut opposée de l’extérieur, mais elle vint
de l’intérieur. Toutefois, elle persista et en l’espace de deux ans, le
nombre des convertis baptisés sextuplé !
Dieu a promis qu’il «répandrait Son Esprit sur toute chair » (Joël 2 :
28). Dans quelle mesure cet « esprit de prière » est-il en nous ? Il
est certain que nous devons l’avoir à tout prix. Cependant, comme
nous ne consentons pas à consacrer suffisamment de temps à la
prière, Dieu est contraint de retenir Son Esprit, et nous faisons
29
partie du nombre de ceux qui résistent à l’Esprit et,
éventuellement, « l’éteignent ». Notre Seigneur n’a-t-Il pas promis
le Saint-Esprit à ceux qui Le Lui demandent ? (cf. Luc 11 : 13).
Est-ce que ce ne sont pas justement les convertis sortant du
paganisme qui rendent honteux certains d’entre nous ? Quand
j’étais en Inde, il y a quelques années, j’eus la grande joie
d’apprendre un peu à connaître l’œuvre de Pandita Ramabai. Elle
avait un pensionnat de 1.500 jeunes filles indiennes. Un jour,
certaines de ces jeunes filles vinrent avec leur Bible et demandèrent
à une missionnaire ce que signifiait Luc 12 : 49 : « Je suis venu
jeter un feu sur la terre, et qu’ ’ai-je à désirer, s’il est déjà allumé ? » La
missionnaire essaya de les contenter en leur donnant une réponse
évasive ; elle-même n’était pas tout à fait sûre de la signification de
ces paroles. Comme elles n’étaient pas satisfaites, elles décidèrent
de prier pour ce feu. Or, pendant qu’elles priaient — et parce
qu’elles priaient —, ce feu du ciel descendit et pénétra en leur âme.
Une véritable Pentecôte d’en Haut leur fut accordée. Il n’est pas
étonnant qu’elles aient continué à prier !
Un groupe formé par certaines de ces jeunes filles, sur
lesquelles Dieu avait répandu « l’esprit de prière », vint dans une
maison de la Mission où je passais quelques semaines. « Est-ce que
nous pouvons rester ici, dans votre ville, et prier pour votre travail
? » demandèrent- elles. Le missionnaire n’accueillit pas cette
proposition avec grand enthousiasme. Il était d’avis qu’elles
devaient rester dans leur école et ne pas « vagabonder » à travers le
pays. Cependant, elles ne demandaient qu’une salle ou une grange
où elles pourraient prier, et nous appréciions tous les prières qui
sont faites à notre intention. Leur demande fut donc satisfaite et le
brave homme se mit à réfléchir pendant qu’il était en train de
prendre son repas du soir. Au cours de la soirée, un pasteur
indigène s’approcha, complètement effondré. Pendant que les
larmes coulaient le long de ses joues, il expliqua que le Saint- Esprit
l’avait convaincu de son péché, et qu’il s’était senti obligé de venir
pour confesser ouvertement ses fautes. Bientôt, un chrétien l’un
30
après l’autre le suivit, tous profondément convaincus de leurs
péchés.
Ce fut une remarquable période de bénédiction. Des
récidivistes furent « rétablis », des croyants sanctifiés, et des païens
ajoutés au troupeau — et tout cela parce que quelques jeunes filles
avaient prié.
Dieu ne fait acception de personne. Si quelqu’un accepte de se
soumettre à Ses conditions, Lui, pour Sa part, accomplira
certainement Ses promesses. Notre cœur ne brûle-t-il pas au
dedans de nous quand nous entendons parler de la merveilleuse
puissance de Dieu ? Or, cette puissance est nôtre si nous prions
dans ce sens. Je sais qu’il y a des « conditions », mais toi et moi
pouvons toutes les remplir par Jésus-Christ. Ceux d’entre nous qui
ne peuvent toutefois avoir le privilège de servir Dieu en Inde ou
dans une autre Mission d’outre-mer, ont quand même la possibilité
de contribuer à nous apporter une bénédiction semblable. Lorsque
le Réveil, au pays de Galles, eut atteint son point culminant, un
missionnaire gallois écrivit chez lui, demandant que l’on prie pour
que l’Inde soit touchée de la même manière. C’est ainsi que les
mineurs se rassemblèrent chaque jour, une demi-heure avant
l’aube, à l’entrée de la mine de charbon, afin de prier pour leurs
camarades d’outre-mer. En l’espace de quelques semaines, le
réjouissant message fut envoyé au pays : « La bénédiction est
venue. »
N’est-ce pas merveilleux de savoir que nous pouvons, par nos
prières, attirer des fleuves de bénédiction sur l’Inde, l’Afrique ou la
Chine, aussi facilement que nous pouvons recevoir les quelques
gouttes dont nous avons besoin pour notre propre petit coin de
terre ?
Certains d’entre nous se souviendront des choses magnifiques
que Dieu a faites pour la Corée, il y a quelques années, seulement à
la suite de prières. Quelques missionnaires avaient décidé de se
réunir chaque jour, dans l’après-midi, pour prier. A la fin du mois,
un frère proposa de renoncer aux réunions de prière, étant donné
31
« Qu’il ne s’était rien passé ». « Que chacun prie de son côté, à
la maison, comme cela nous convient», dit-il. Les autres,
néanmoins, protestèrent en disant qu’il fallait plutôt passer chaque
jour davantage de temps en prière. Ils continuèrent donc les
réunions de prière pendant quatre mois. Puis la bénédiction fut
soudain répandue. Ici et là, des cultes furent interrompus par des
pleurs et des confessions de péché. Finalement, un puissant Réveil
se produisit.
Dans une certaine localité, pendant le culte du dimanche soir, le
président de la communauté se leva et confessa avoir dérobé cent
dollars en gérant le legs d’une veuve. Immédiatement, toute
l’assemblée fut saisie par la conviction du péché. Le culte ne prit fin
qu’à 2 heures, le lundi matin. Quand la communauté fut purifiée,
beaucoup de pécheurs connurent la paix avec Dieu et trouvèrent le
salut.
De nombreuses personnes s’attroupèrent dans les églises, par
curiosité, d’autres vinrent pour se moquer, mais elles furent saisies
de crainte et restèrent pour prier. Parmi les « curieux » se trouvait le
chef d’une bande de brigands. Il fut convaincu de son péché, puis
converti. Après quoi, il se rendit directement auprès des autorités
compétentes et se livra lui- même à la police. « Vous n’avez pas
d’accusateur », dit le fonctionnaire étonné, «vous vous accusez
vous-même ! Nous n’avons pas de loi en Corée en correspondant à
votre cas. » Il le renvoya donc.
L’un des missionnaires déclara : « Cela a valu la peine de passer
quelques mois en prière, car Dieu, en donnant Son Saint-Esprit, a
accompli en une demi-journée davantage que ce qu’auraient pu
faire tous les missionnaires en six mois. » En moins de deux mois,
plus de 2.000 païens se convertirent. Le zèle de ces convertis devint
proverbial. Certains d’entre eux donnèrent tout ce qu’ils avaient
pour construire une église, et ils pleurèrent parce qu’ils ne pouvaient
pas donner plus. Il est inutile de dire qu’ils avaient réalisé la
puissance de la prière. Ces convertis furent eux-mêmes baptisés
avec « l’esprit de prière ». Dans une église, on annonça que chaque
matin, à 4h 30, aurait lieu une réunion de prière. Dès le premier
jour, se présentèrent, bien avant l’heure fixée, 400 personnes qui
avaient hâte de prier ! Dans les jours qui suivirent, leur nombre
s’éleva rapidement à 600. A Séoul, le nombre des participants à la
réunion de prière hebdomadaire fut de 1.100 en moyenne.
Des païens vinrent pour voir ce qui se passait. Ils
s’exclamèrent, remplis d’étonnement : «Le Dieu vivant est au
milieu de vous ! » Ces pauvres païens virent ce que beaucoup de
chrétiens ne voient jamais. Christ n’a- t-Il pas dit : « Car là où deux
ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18 :
20) ? Ce qui est possible en Corée peut se réaliser aussi chez nous.
Dieu ne fait pas acception de nations. Il désire nous bénir et
répandra Son Esprit sur nous.
Si, dans ce soi-disant pays chrétien, nous croyions vraiment à la
prière, c’est-à-dire aux magnifiques promesses de notre Seigneur,
manquerions-nous alors aux réunions de prière ? Si nous avions
seulement un peu d’intérêt véritable pour l’état de perdition de
milliers de gens dans notre pays et de dizaine de milliers dans des
pays païens, pourrions- nous retenir nos prières ? Nous n’y
pensons certainement pas, sinon nous prierions davantage. «
Demandez, et l’on vous donnera », dit le
Dieu tout-puissant qui aime tous les hommes, et nous tenons à
peine compte de Ses paroles !
En vérité, les convertis sortant du paganisme nous rendent
honteux. Au cours de mes voyages, je me rendis à Rawal- Pindi,
dans le nord-ouest de l’Inde. Que pensez-vous qu’il s’y soit passé ?
Quelques jeunes filles de Pandita Ramabai y arrivèrent pour
camper. Peu de temps auparavant, Pandita Ramabai avait dit à ses
jeunes filles : « S’il y a une bénédiction quelconque en Inde, nous
voulons la recevoir. Demandons donc à Dieu de nous dire ce que
nous devons faire pour obtenir cette bénédiction ! »
En lisant sa Bible, son attention fut retenue par ce verset : «
Attendez ce que le Père a promis — vous recevrez^ une puissance, le Saint-
Esprit survenant sur vous >> (Actes 1: 4-8). «Attendre! Pourquoi
33
n’avons-nous jamais fait cela?» s’écria-t-elle. «Nous avons prié,
mais sans attendre de plus grande bénédiction aujourd’hui qu’hier !
» Ah, comme elles prièrent ! L’une des réunions de prière dura six
heures. Quelle merveilleuse bénédiction Dieu n’accorda-t-Il pas en
réponse à leurs prières !
Pendant que ces jeunes filles étaient à Rawal Pindi, une
missionnaire eut la surprise, en regardant à l’extérieur de sa tente,
vers minuit, de voir encore de la lumière dans l’une des tentes des
jeunes filles, bien que cela ait été tout à fait contre le règlement.
Elle y alla pour faire une remontrance, mais trouva la plus jeune de
ces dix filles — une enfant de quinze ans — en train de prier dans
un coin de la tente, tenant d’une main une petite bougie de suif, et
de l’autre, une liste avec les noms pour l’intercession. Elle avait
cinq cents noms sur sa liste — cinq cents parmi les mille cinq cents
jeunes filles de l’école de
Pandita Ramabai. D’heure en heure, elle fit mention de ces noms
devant Dieu, Ce n’est pas étonnant que la bénédiction de Dieu se
soit répandue partout où ces jeunes filles allaient et sur ceux pour
lesquels elles priaient !
Le pasteur Ding Li Mei avait mille cent étudiants sur sa liste.
Plusieurs centaines d’entre eux ont été gagnés à Christ, grâce à ses
prières. Ses convertis avaient une telle conviction qu’un grand
nombre d’entre eux se décidèrent pour le ministère pastoral.
Il serait facile d’ajouter encore d’autres histoires surprenantes
et enthousiasmantes en ce qui concerne la bénédiction grâce à la
prière, mais ce n’est pas nécessaire. Je sais que Dieu veut que je
prie. Je sais aussi qu’il veut t’entendre prier.
« Toute bénédiction qui existe en France, est à notre portée. »
Non, plus que cela, nous pouvons obtenir toute bénédiction en
Christ. « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a
bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en
Christ » (Ephésiens 1 : 3). «L’entrepôt» de Dieu est plein de
bénédictions, et seule la prière peut y donner accès. La prière est la
clef, et la foi permet non seulement de tourner celle-ci, mais
34
d’ouvrir la porte et de vraiment prendre en possession la
bénédiction. Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront
Dieu. Or, Le voir signifie prier comme il faut.
Ecoute ! Nous sommes de nouveau arrivés — toi et moi
— à un croisement de chemins. Toutes les défaillances que nous
avons eues dans le passé, toute notre ancienne infructuosité
peuvent maintenant être surmontées une fois pour toutes si
seulement nous acceptons de donner à la prière la place qui lui
convient. Fais cela dès aujourd’hui. N’attends pas de circonstances
plus favorables.
Tout ce qui mérite d’être possédé dépend de la décision que
nous prenons. Dieu est véritablement un Dieu merveilleux ! L’une
des choses les plus merveilleuses, en ce qui Le concerne, est qu’il
met toutes Ses possessions à la disposition de celui qui prie avec
foi. La prière confiante, montant d’un cœur entièrement purifié,
n’est jamais vaine. Dieu nous a donné Sa parole. Beaucoup plus
étonnant est cependant le fait que les croyants ne croient pas en la
parole de Dieu ou bien négligent de la mettre à l’épreuve.
Quand Christ est « tout à la fois » — quand II est Sauveur,
Seigneur et Roi de tout notre être —, c’est alors en réalité LUI qui
dit nos prières. Nous pouvons à ce moment-là dire, suivant un
verset quelque peu modifié, qu’il vit à jamais et intercède en nous.
Oh, si le Seigneur Jésus pouvait «s’étonner» non de notre
incroyance, mais de notre foi ! Si notre Seigneur pouvait «
s’étonner» de nouveau et dire à notre sujet: «En vérité .. .Je n’ai pas
trouvé une si grande foi, pas même en Israël» (Matthieu 8 :10), alors la «
paralysie » pourrait être transformée en puissance.
Notre Seigneur n’est-Il pas venu «allumer un feu» en nous ?
Est-ce que nous « brûlons déjà » ? Ne pourrait-il pas se servir de
nous tout comme II s’est servi des enfants de Khedgaon, Inde ?
Dieu ne fait pas acception de personne. Si nous pouvons dire
humblement et en toute sincérité : « Christ est ma vie» (Philippiens 1
: 21), ne manifestera-t-Il pas Sa grande puissance en nous ?
Certains d’entre nous ont peut-être lu quelque chose au sujet
35
du « Praying Hyde » (Hyde priant). C’est vrai, ses prières
d’intercession changeaient les choses. Des gens nous ont raconté
qu’ils frissonnaient quand John Hyde priait. Ils étaient émus au
plus profond d’eux-mêmes, quand seulement il invoquait le nom
de « Jésus !—Jésus !—Jésus ! », et un torrent de puissance et
d’amour se répandait sur eux.
Toutefois, ce n’était pas John Hyde qui en était la cause, mais le
Saint-Esprit de Dieu qu’un homme consacré, rempli de cet esprit,
faisait descendre sur tous ceux qui se trouvaient autour de lui. Ne
pourrions-nous pas tous devenir des « Hyde priant » ? Dis-tu : «
Non ! Il avait un don particulier pour la prière » ? Très bien, mais
comment l’a-t-il donc obtenu ? Il était, à son époque, un chrétien
tout à fait ordinaire — comme chacun de nous. As-tu déjà constaté
qu’humainement parlant il devait sa vie de prière à l’intercession de
l’ami de son père ? Retiens bien ce point. Il est de la plus grande
importance et peut influencer profondément ta vie.
Peut-être me permettra-t-on de raconter l’histoire entièrement,
car tant de choses en dépendent ! Citerons-nous John Hyde lui-
même ? Il se trouvait à bord d’un bateau qui faisait voile en
direction de l’Inde où il désirait se rendre en tant que missionnaire.
Il disait :
«Mon père avait un ami dont le vœu le plus cher était de servir
outre-mer comme missionnaire, mais cela ne lui a pas été
permis. Cet ami m’écrivit une lettre que je reçus directement
sur le bateau, quelques heures après que nous eûmes quitté le
port de New York. Elle n’était pas très longue, mais son
contenu était le suivant : <Je ne cesserai pas de prier pour toi,
cher John, jusqu’à ce que tu sois rempli du
Saint-Esprit.) Après avoir lu la lettre, je la froissai, rempli de
dépit, et la jetai sur le pont. L’ami croyait-il donc que je n’avais
pas reçu le Saint-Esprit, ou que je pensais aller en Inde sans cet
équipement ? J’étais irrité. Pourtant, peu à peu, un meilleur
jugement prit le dessus. Je ramassai la lettre et la lus encore une
36
fois. J’avais peut-être quand même besoin de quelque chose
que je n’avais pas encore reçu ? J’allais et venais sur le pont,
une lutte faisant rage en moi. Je me sentais mal à l’aise, aimant
l’auteur de la lettre et connaissant la vie sainte qu’il menait. Au
fond de mon cœur, j’avais la conviction qu’il avait raison et que
je n’étais pas apte à être missionnaire ... Cela continua ainsi
pendant deux ou trois jours, jusqu’à ce que je me sentais tout à
fait misérable ... A la fin, en proie à une sorte de désespoir, je
demandai au Seigneur de me remplir du Saint-Esprit ; dès le
moment où j’eus fait cela ... je commençai à me voir moi-
même et à me rendre compte combien mon ambition était
égoïste. »
Cependant, il ne reçut pas encore la bénédiction à laquelle il
aspirait. Il débarqua en Inde et se rendit, avec un autre
missionnaire, à un culte en plein air. « Le missionnaire parla »,
racontait John Hyde, « et on m’apprit qu’il parlait de Jésus- Christ
comme étant l’unique Sauveur pouvant délivrer du péché. Lorsqu’il
eut terminé son allocution, un homme à l’air respectable, qui parlait
un bon anglais, demanda au missionnaire s’il avait été lui-même
sauvé ainsi. La question me toucha au cœur, car si elle m’avait été
posée, j’aurais dû confesser que Christ ne m’avait pas
complètement sauvé. Je savais en effet qu’il y avait encore un
péché dans ma vie. Je réalisai quel déshonneur cela causerait au
nom de Jésus si je devais confesser que je prêchais un Christ qui ne
m’avait pas délivré du péché, alors que je proclamais à d’autres qu’il
était un sauveur parfait. Je retournai dans ma chambre et m’y
enfermai. Ensuite, je dis au Seigneur qu’il n’y avait pour moi que
deux possibilités : ou bien II devait me donner la victoire sur tous
mes péchés — particulièrement sur le péché qui m’assaillait si
facilement, ou bien je devais retourner en Amérique et y chercher
un autre travail. J’ajoutai que je ne me lèverais pas pour prêcher
l’Évangile tant que je ne pourrais pas témoigner de Sa puissance
dans ma propre vie. Je réalisai combien cela était raisonnable, et le
37
Seigneur me donna la certitude qu’il Lui était possible de me
délivrer de tous mes péchés, et qu’il était prêt à le faire. Il me
délivra en effet et, jusqu’à ce jour, je n’ai aucun doute là-dessus. »
Dès lors et, à vrai dire, seulement à partir de cette époque- là,
John Hyde devint le « Hyde priant ».
C’est seulement par un tel abandon total et le fait de prier avec
autant de détermination pour être délivré de la puissance du péché
dans notre vie que nous pouvons aussi, toi et moi, devenir des
hommes dont les prières sont exaucées. Le point que nous
désirons toutefois mettre en évidence est celui qui a déjà été
mentionné. Un homme, qui est presque un inconnu, pria pour
John Llyde, lequel, à cette époque, n’avait pas encore d’importance
dans le monde. Par sa prière, il attira une telle bénédiction sur
Hyde que ce dernier fut connu par la suite comme « le Hyde priant
».
As-tu, cher lecteur, encore récemment, dit en ton cœur que tu
ne pourrais jamais espérer devenir un «Hyde priant»?
Naturellement, nous ne pouvons pas tous accorder autant de
temps à la prière. Des raisons physiques ou autres peuvent nous
empêcher de faire continuellement de longues prières. Cependant,
nous pouvons tous avoir son esprit de prière, et ne pourrions-
nous pas tous faire pour d’autres ce que cet ami qui n’a pas été
nommé fit pour John Hyde ?
Ne pourrions-nous pas, par la prière, amener la bénédiction sur
d’autres hommes - peut-être sur notre pasteur ? Sur notre ami ? Sur
notre famille ?
Quelles fonctions ne pourrions-nous pas remplir si nous nous
donnions entièrement ! Toutefois, si nous voulons faire cela, nous
devons nous résoudre à un abandon total comme celui de John
Hyde. L’avons-nous fait? L’échec dans la prière est dû à l’iniquité
dans le cœur. Seuls « ceux qui ont le cœur pur» peuvent voir Dieu, «
ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur» (2 Timothée 2 : 22)
peuvent attendre, pleins de confiance, l’exaucement de leurs
prières.
38
Oh, quel Réveil se déclarerait, quelle bénédiction viendrait sur
nous, si seulement ceux qui lisent ces lignes demandaient à être
maintenant remplis du Saint-Esprit !
Comprends-tu pourquoi Dieu veut que nous priions ? Vois-tu
maintenant pourquoi toute chose qui mérite d’être obtenue dépend
de la prière ? Il y a plusieurs raisons à cela, mais il est une qui se
détache très distinctement et d’une façon vivante devant nous,
quand nous lisons ce chapitre. Cette raison, la voici : Lorsque nous
demandons et que Dieu ne donne pas, la faute vient toujours de
nous. Chaque prière qui n’a pas été exaucée est comme un clairon
qui sonne le réveil afin que nous examinions à fond notre cœur et
voyions ce qu’il y a de mauvais dedans ; car la promesse est sans
équivoque : «Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai» (Jean
14 : 14).
En vérité, celui qui prie ne met pas Dieu à l’épreuve, mais sa
propre vie spirituelle !
LA DEMANDE DES SIGNES
« Dieu exauce-t-Il vraiment les prières ? » C’est une question qui se
trouve souvent sur les lèvres des gens et encore plus fréquemment
au fond de leur cœur. « La prière a-t-elle réellement une utilité ? »
De toute façon, nous ne pouvons-nous empêcher de prier; même
les païens sauvages font appel à quelqu’un ou à une chose
quelconque afin de recevoir de l’aide à l’heure du danger, de
l’adversité ou de la détresse.
Toutefois, ceux parmi nous qui croient vraiment à la puissance
de la prière, sont rapidement confrontés avec une autre question : «
Est-il juste de mettre Dieu à l’épreuve ? » En outre, une autre
pensée surgit dans notre esprit : « Après tout, osons-nous mettre
Dieu à l’épreuve ? » Il n’existe guère de doute là-dessus, car l’échec
dans la vie de prière est souvent
— ou toujours ?
— dû à un échec dans la vie spirituelle. Combien de gens font
place dans leur cœur à l’incroyance en ce qui concerne la valeur et
39
l’efficacité de la prière ! Or, sans la foi, la prière est vaine.
Demander des signes ? Mettre Dieu à l’épreuve ? Dieu
voudrait-il que nous persuadions des hommes et des femmes
croyants d’agir ainsi? Quel test de notre propre foi en Dieu et de
notre sanctification cela représenterait ! La prière est la pierre de
touche de la véritable piété. Dieu exauce les prières, estime nos
prières et a besoin de nos prières. Or, si ces prières échouent, nous
ne devons blâmer que nous-mêmes. Nous ne voulons pas dire par
là que la prière efficace reçoit toujours exactement ce qui a été
demandé. Toutefois, la Bible nous enseigne qu’il nous est permis
de mettre Dieu à l’épreuve. L’exemple de Gédéon, dans l’Ancien
Testament, suffit à nous montrer que Dieu honore notre foi,
même quand elle est chancelante. Il nous permet de «L’éprouver»,
même après une promesse formelle de Sa part.
Gédéon dit à Dieu (Juges 6) : « Si tu veux délivrer Israël par ma
main, comme tu l’as dit, voici, je vais mettre une toison dans l’aire ; si la rosée
est sur la toison seule .. .Je connaîtrai que tu délivreras Israël par ma main,
connue tu me l’as dit. » Pourtant, bien qu’il y ait eu, le matin suivant,
une « coupe pleine d’eau» après avoir pressé la toison, cela ne suffit
pas à Gédéon ! Il osa mettre une seconde fois Dieu à l’épreuve et
Lui demander que la toison soit, la nuit suivante, sèche au lieu
d’être mouillée. «Et Dieu fit ainsi cette nuit-là » (Juges 6 : 40).
C’est tout ce qu’il y a de plus merveilleux : le Dieu tout-
puissant fait exactement ce que Lui demande un homme hésitant !
Nous retenons notre respiration et restons remplis d’étonnement,
sachant à peine ce qui nous étonne le plus — l’audace de l’homme
ou la condescendance de Dieu ! Naturellement, cette histoire
renferme davantage que ce que nous avons devant les yeux. Sans
aucun doute, Gédéon pensait que cette « toison » le représentait,
lui, Gédéon.
Si Dieu le remplissait vraiment de Son Esprit, la délivrance
serait alors assurée. Cependant, en tordant la toison, il commença à
se comparer à la laine imbibée d’eau : « Combien suis-je différent
de cette toison ! Dieu a promis la délivrance, mais je ne me sens
40
pas rempli du Saint-Esprit. Aucun effet de la très grande puissance
de Dieu ne semble m’avoir pénétré. Suis-je vraiment capable de
cette action héroïque ? » Non ! Mais ensuite : « Ce n’est pas moi,
mais Dieu. » « O Dieu, que la toison soit sèche ! — peux-Tu
encore faire cela ? Même si je ne sens aucune puissance
surhumaine, aucune plénitude de bénédiction spirituelle en moi,
même si je me sens aussi sec que cette toison, peux-Tu toujours
délivrer Israël par mon bras ? (Rien d’étonnant à ce qu’il ait
commencé sa prière par ces mots : «Que ta colère ne s’enflamme point
contre moi ! ») « Et Dieu fit ainsi cette nuit-là. Et la toison seule resta sèche,
et tout le terrain se couvrit de rosée » (verset 40).
Oui, cette histoire renferme bien plus qu’on ne peut voir au
premier regard. N’en est-il pas de même dans notre cas ? Le diable
nous assure si souvent que nos prières ne peuvent être exaucées à
cause de la « sécheresse » de nos âmes ! L’exaucement de nos
prières ne dépend toutefois pas de nos sentiments, mais de ce que
Celui qui fait la promesse est digne de notre confiance.
Naturellement, nous n’affirmons pas que la façon de procéder
employée par Gédéon soit pour nous ou pour quiconque la façon
normale d’agir. Il semble que cela révèle beaucoup d’hésitation à
croire à la parole de Dieu. En effet, cela donne grandement
l’impression que l’on doute de Dieu. Il est certain que nous
offensons Dieu en ne Lui faisant confiance qu’en partie.
Un moyen plus élevé, meilleur et plus sûr est de « demander
sans douter ». Néanmoins, c’est pour nous très réconfortant et
rassurant de savoir que Dieu permit à Gédéon de Le mettre à
l’épreuve. Ce n’est pas du tout l’unique cas de ce genre qui soit
mentionné dans la Bible. L’exemple le plus surprenant, pour ce qui
est de « mettre Dieu à l’épreuve », se produisit sur la mer de
Galilée. Pierre mit notre Seigneur à l’épreuve : «Est-ce toi— >>,
bien que notre Seigneur ait justement dit : « C’est moi. » «Si c’est toi,
ordonne que faille vers toi sur les eaux. » Et notre Seigneur dit: «Viens»,
et Pierre «marcha sur les eaux » (Matthieu 14: 28 + 29). Cependant,
cette « foi mettant à l’épreuve » quitta bientôt Pierre. Le «peu de foi»
41
(cf. verset 31) mène si souvent et si rapidement au « doute ».
Réfléchissons au fait que Christ ne lui a pas reproché d’être venu.
Notre Seigneur n’a pas dit : « Pourquoi es-tu donc venu ? », mais :
«Pourquoi as-tu douté ? »
Après tout, mettre Dieu à l’épreuve ne semble pas être la
meilleure méthode. Il nous a fait tant de promesses dépendant de
la prière faite avec foi et a si souvent donné la preuve de Sa
puissance et de Sa disposition à exaucer les prières que nous
devrions, en règle générale, beaucoup hésiter avant de Lui
demander des signes ainsi que des miracles !
Cependant, il est possible que quelqu’un pense : Le Seigneur, le
Dieu tout-puissant, ne nous a-t-Il pas Lui- même enjoints à Le
mettre à l’épreuve ? N’a-t-Il pas dit : « Apportez à la maison du trésor
toutes les dîmes ... mettez moi de la sorte à l’épreuve, dit l’Eternel des armées,
et vous verrez si je n’ouvre pas pour vous les écluses des deux, si je ne répands
pas sur vous la bénédiction en abondance » (Malachie 3 : 10) ?
Oui, c’est vrai, Dieu dit en effet : «Examinez-moi, mettez moi à
l’épreuve !» Or, en réalité, ce sont nous qui sommes soumis au test.
Si les écluses du ciel ne s’ouvrent pas quand nous prions et si la
bénédiction en abondance n’est pas répandue sur nous, ceci est dû
au seul fait que nous ne faisons pas partie de ceux qui apportent
toutes les dîmes. Quand nous nous donnons vraiment à Dieu -
quand nous avons apporté toutes les dîmes devant Lui, à la maison
du trésor, nous connaissons une telle bénédiction que nous
n’avons plus besoin de mettre Dieu à l’épreuve ! C’est un sujet sur
lequel nous aurons encore à parler lorsque nous aborderons la
question des prières non exaucées.
Entre-temps, nous voudrions que chaque chrétien se demande:
«Ai-je jamais sérieusement expérimenté la prière ? » Quand as-tu,
pour la dernière fois, fait une prière bien déterminée ? On prie
pour une « bénédiction » afin qu’elle soit répandue sur une
allocution, une assemblée ou une mission, et la bénédiction vient
sûrement, car d’autres personnes ont également intercédé auprès
de Dieu à ce sujet. Tu pries pour être soulagé de la douleur ou
42
pour être guéri d’une maladie ; cependant, il arrive fréquemment
que des gens vivant sans Dieu, pour lesquels personne ne semble
prier, recouvrent la santé et, parfois, apparemment d’une manière
miraculeuse. Nous pouvons avoir le sentiment que nous aurions pu
aller mieux si aucune prière n’avait été faite à notre intention. Il me
semble que de nombreuses personnes ne sont pas en mesure de
donner une réponse précise et décisive au sujet de la prière en se
basant sur leur propre expérience. La plupart des chrétiens ne
donnent pas à Dieu l’occasion de leur montrer quelle joie II
éprouve en accordant à Ses enfants ce qu’ils Lui demandent ; leurs
requêtes sont tellement vagues et faites sans résolution ! Si cela est
ainsi, ce n’est pas étonnant que la prière soit si souvent une simple
formalité — une répétition presque machinale de certaines phrases,
jour après jour, une affaire de quelques minutes, matin et soir.
Ensuite, il y a encore un autre point. As-tu jamais eu en priant,
au-dedans de toi, la confirmation que ta demande était accordée ?
Ceux qui connaissent la vie privée d’hommes et de femmes de
prière, sont souvent surpris de l’entière assurance quant à
l’exaucement de leurs prières, qui naît en leur cœur bien avant que
la grâce demandée ne soit en leur possession. Un combattant dans
le domaine de la prière dirait : « Une paix est venue dans mon âme.
J’ai eu l’entière assurance que ma demande serait accordée. » Il
pourrait déjà remercier pour la chose dont il a l’assurance que Dieu
lui accordera, et cette assurance s’avérerait bien fondée.
Notre Seigneur avait toujours cette assurance, et nous devrions
garder présent à l’esprit que, tout en étant Dieu, Il vécut Sa vie
terrestre tout à fait comme un homme, dépendant du Saint-Esprit
de Dieu.
Lorsque Jésus se tint devant le tombeau de Lazare, avant
d’avoir crié au mort de sortir, Il dit: «Père, je te rends grâces de ce que tu
m’as exaucé. Pour moi, je savais que tu m’exauces toujours » (Jean 11
:41,42). Pour quelle raison rendit-Il donc grâces ? « J’ai parlé à cause
de la foule qui m'entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Si
Christ vit en nos cœurs par la foi, si le Saint-Esprit nous inspire
43
dans nos demandes, et si nous prions «par le Saint-Esprit » (cf. Jude
20), ne devrons-nous pas alors avoir la certitude que le Père nous
entend ? Ceux qui nous entourent ne commencer ont-ils pas à
reconnaître que nous sommes, nous aussi, des envoyés de Dieu ?
Les hommes peuvent lutter avec Dieu pour une chose dont ils
savent que, selon certaines promesses de l’Écriture, elle est en
accord avec Sa volonté. Ils peuvent se permettre de prier pendant
des heures ou même des jours, jusqu’à ce que le Saint-Esprit leur
montre soudain - pas du tout d’une manière incertaine — que Dieu
leur a accordé ce qu’ils avaient demandé. Ils ont alors la conviction
qu’il n’est pas nécessaire de continuer à adresser des prières à Dieu
à ce sujet. C’est comme si Dieu avait dit en se servant de paroles
bien claires : « Ta prière est exaucée et je t’ai accordé ce que ton
cœur désirait. » Il ne s’agit pas là de l’expérience d’un seul homme :
la plupart des hommes et des femmes pour lesquels la prière est la
base de leur vie témoignent du même fait. Ce n’est pas une
expérience unique dans leur vie : cela se reproduit toujours.
Ensuite, la prière doit faire place à l’action. Dieu enseigna ceci
à Moïse : «Pourquoi ces cris ? Parle aux enfants d’Israël, et qu’ils marchent
» (Exode 14:15).
Nous ne serons pas surpris que le Dr. Jonathan Goforth, un
influent missionnaire en Chine, ait souvent eu l’assurance que ses
prières étaient exaucées. «Je savais que Dieu avait répondu. Je
recevais l’assurance définitive qu’il ouvrirait les portes. » Pourquoi
s’étonnerait-on de cela? Le Seigneur Jésus a bien dit: «Vous êtes mes
amis, si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs,
parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous ai appelés
mes amis » (Jean 15 :14 + 15). Pensez-vous qu’il y ait de quoi
s’étonner si le Seigneur nous fait connaître, à nous, Ses amis, une
partie de Ses desseins et de Ses buts ?
On est amené immédiatement à se demander si Dieu veut dire
ici que ceci est seulement l’expérience de quelques saints qu’il a
élus, ou s’il désire que tous les croyants pratiquent une foi
semblable et aient la même assurance que leurs prières sont
44
exaucées.
Nous savons que Dieu ne fait acception de personne, et c’est
pourquoi nous savons aussi que chaque vrai croyant peut avoir
part à Ses intentions et s’associer à Sa volonté. Nous sommes Ses
amis si nous faisons ce qu’il nous commande. Il nous demande
entre autres de prier. Notre Seigneur demanda à Ses disciples
d’avoir foi en Dieu (la traduction littérale est : «Ayez la foi de
D ieu » ), Ensuite, déclare-t-Il, vous pourrez dire à une montagne :
«Ote-toi de là, et jette-toi dans la mer » , et si vous croyez et ne doutez
pas, vous verrez la chose s’accomplir. Puis II leur fait cette
promesse: «Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez
reçu (Marc 11 : 24). Or, c’est exactement l’expérience dont nous
avons parlé. C’est justement cela que font les véritables hommes et
femmes de prière. Ce genre de choses dépasse naturellement
l’imagination des incroyants et rend perplexes ceux qui ne croient
qu’à moitié. Notre Seigneur désire toutefois que les hommes
sachent que nous sommes Ses disciples, envoyés comme Lui l’a été
(cf. Jean 17 :18 ; 20 : 21). Ils reconnaîtront cela si nous nous
aimons les uns les autres (cf. Jean 13 : 35).
Certains d’entre nous se souviendront immédiatement de la
merveilleuse vie de prière de Georg Müller. Un jour, en faisant la
traversée de Québec à Liverpool, il avait prié résolument, afin
qu’une chaise longue, pour laquelle il avait écrit à New York, arrive
à temps pour rejoindre le vapeur. Il était absolument sûr que Dieu
avait exaucé sa prière. Environ une demi-heure avant que le
transbordeur n’amène les passagers au bateau, les
commissionnaires l’informèrent qu’aucune chaise n’était arrivée et
que celle-ci ne pouvait pas être là pour le départ du paquebot. Or,
Mme Müller souffrait beaucoup du mal de mer et il était
extrêmement important qu’elle ait la chaise longue. Georg Müller
ne se laissa toutefois pas persuader d’en acheter une autre dans un
magasin à proximité. «Nous avons prié notre Père céleste
spécialement pour qu’il nous la procure, et nous croyons
fermement qu’il le fera », fat sa réponse. Après quoi, il monta à
45
bord, absolument certain que sa confiance n’était pas mal placée et
ne serait pas vaine. Juste avant le départ du transbordeur, une
camionnette arriva, et sur le dessus du chargement, se trouvait la
chaise longue de Georg Müller. Elle fut apportée à bord en toute
hâte et mise justement entre les mains de l’homme qui avait pressé
Georg Müller d’en acheter une autre. Lorsqu’il la remit à M.
Müller, celui-ci n’exprima aucune surprise ; il enleva tranquillement
son chapeau et remercia son Père céleste.
Pour cet homme de Dieu, un tel exaucement de la prière
n’avait rien de surprenant ; c’était tout naturel ! Ne croyons- nous
pas que Dieu avait permis que cette chaise soit retenue jusqu’à la
dernière minute, afin de servir de leçon aux amis de Georg Müller
— et à nous ? En effet, sans ce retard, nous n’aurions jamais
entendu palier de cet incident. Dieu fait tout ce qu’il peut pour
nous inciter à prier et à avoir confiance, et nous sommes
cependant si lents à nous comporter ainsi ! Oh, combien nous
perdons par le manque de foi et de prière ! Personne ne peut avoir
de réelle et profonde communion avec Dieu sans savoir plier d’une
manière liai permettant d’être exaucé.
Si quelqu’un a un doute sur le consentement de Dieu à se
laisser mettre à l’épreuve, qu’il lise le petit livre « Amy Carmichael
de Dohnavur ». Amy Carmichael y raconte comment elle a
toujours « éprouvé Dieu ». En lisant ce livre, on a l’impression que
ce n’est pas le hasard qui l’amena à agir ainsi. Assurément, la main
de Dieu était à l’œuvre ! Une fois, par exemple, il était nécessaire de
donner cent roupies afin d’empêcher qu’une enfant hindoue soit
vendue à une prêtresse. Avait-elle le droit de faire cela ? Elle
pouvait aider beaucoup de jeunes filles avec une telle somme —
devait-elle la dépenser pour une seule ?
Miss Carmichael se sentit amenée à prier pour que Dieu lui
fasse parvenir la somme de cent roupies — pas plus et pas moins
— si c’était selon Sa volonté que l’argent soit dépensé de cette
façon. L’argent vint — le montant exact — et l’expéditrice expliqua
qu’elle s’était assise dans l’intention d’établir un chèque pour une
46
certaine somme, mais qu’elle s’était sentie obligée d’en faire
exactement cent roupies.
Ceci se produisit il y a une quinzaine d’années et depuis ce
temps-là, cette missionnaire a toujours mis Dieu à l’épreuve. Il ne
l’a jamais laissée dans l’embarras. Elle disait ceci : « En l’espace de
quinze ans, jamais une facture n’est restée impayée. Quand nous
avions besoin d’aide, nous ne le disions jamais à quelqu’un ;
cependant, nous n’avons jamais manqué de quoi que ce soit. Un
jour, comme pour montrer ce qui est possible quand on le
demande, 25 livres sterling sont arrivées par mandat télégraphique.
Quelquefois, il est advenu qu’un homme inconnu émerge de la
foule bruyante d’une gare, nous glisse dans la main un don en
argent qui était indispensable, et disparaît dans la foule avant que le
donneur puisse être identifié. »
Est-ce surprenant ? Surprenant ! Que dit Jean quand il parle en
étant inspiré par l’Esprit de Dieu ? «Et nous avons auprès de lui cette
assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute.
Et si nous savons qu’il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous
savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée » (1 Jean
5 : 14 + 15). Avons-nous, toi et moi, cette assurance ? Sinon,
pourquoi pas ?
Qualifier cela de surprenant montre notre manque de foi. Pour
Dieu, il est tout naturel d’exaucer les prières : normal, pas
extraordinaire.
C’est un fait — et soyons ici tout à fait honnêtes et directs

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— que beaucoup d’entre nous ne croient pas Dieu. Nous devrions
également être loyaux à cet égard. Si nous aimons Dieu, nous
devrions prier parce qu’il veut que nous priions, et
II nous ordonne de le faire. Si nous croyons Dieu, nous prions
parce que nous ne pouvons faire autrement. Nous ne pouvons
plus nous passer de la prière. Amis chrétiens, vous croyez en Dieu
et vous croyez en LUI (cf. Jean 3 :16), mais avez-vous avancé
suffisamment dans la vie chrétienne, pour Le croire, c’est-à-dire :
croire ce qu’il dit, et tout ce qu’il dit ?
Cela ne parait-il pas être blasphématoire, de demander une
pareille chose à un chrétien ? Pourtant, comme il y a peu de
croyants qui croient réellement en Dieu ! Que Dieu nous pardonne
! Nous sommes-nous jamais alarmés de ce que nous mettions plus
facilement notre confiance en la parole de nos semblables qu’en la
parole de Dieu ? Cependant, lorsqu’un homme « croit Dieu »
véritablement, quels miracles de la grâce, Dieu ne peut-il pas
réaliser en lui et par lui ! Jamais il n’a existé quelqu’un qui soit
respecté et honoré par tant d’hommes et de langues, comme celui
dont le Nouveau Testament nous parle à trois reprises : « Il c r u t à
Dieu » (cf. Romains 4 : 3 ;
Galates 3 : 6 ; Jacques 2 : 23). Oui, «Abraham crut à Dieu, et cela lui
fut imputé à justice». Or, de nos jours, les chrétiens, juifs et
mahométans rivalisent les uns avec les autres pour honorer Son
nom. Nous implorons chaque croyant en Jésus-Christ de n’avoir
de repos jusqu’à ce qu’il puisse dire : « J’ai confiance en Dieu et j e
veux agir selon ma foi » (Actes 27 : 25).
Néanmoins, avant d’abandonner la question de la mise à
l’épreuve de Dieu, nous voulons attirer l’attention sur le fait que
Dieu nous amène parfois à. «Le mettre à l’épreuve ». Plus d’une fois,
Dieu a mis dans le cœur de Miss Carmichael de prier pour des
choses dont elle ne voyait pas à priori l’utilité.
Cependant, elle se sentait poussée par le Saint-Esprit à les
demander. Elles lui furent non seulement accordées, mais
s’avérèrent être un bienfait inestimable. Oui, Dieu sait de quelles
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choses nous avons besoin, que nous les désirions ou non, avant
que nous ne les demandions. Dieu n’a-t-Il pas dit : «je ne
t’abandonnerai point» (Hébreux 3 :15) ?
Bien souvent, Miss Carmichael fat tentée de faire savoir à
d’autres ce dont elle avait particulièrement besoin, mais toujours il
lui venait l’assurance intérieure, comme si c’était la voix de Dieu :
«Je le sais et cela suffit». Et, comment aurait-il pu en être
autrement ? Dieu était glorifié. Durant la difficile période de la
guerre, même les païens avaient coutume de dire : « Leur Dieu les
nourrit. » « N’est-ce pas connu dans tout le pays, demanda un
païen, que leur Dieu exauce les prières ? »
Oh, que Dieu fat donc glorifié par leur simple foi ! Pourquoi
ne mettons-nous pas, nous aussi, notre confiance en Dieu?
Pourquoi ne prenons-nous pas Dieu au mot ? Est-il advenu que
des croyants ou des incroyants disent en ce qui nous concerne : «
Nous savons, tes prières sont exaucées » ? Vous, missionnaires
dans le vaste monde, écoutez ! (Oh, que ces mots puissent
parvenir à chaque oreille et remuer tous les cœurs !) C’est le plus
grand désir de Dieu - de notre Sauveur Jésus-Christ qui nous aime
— que chacun d’entre nous puisse avoir la même foi forte que
celle de la missionnaire pleine de dévotion, dont nous venons de
parler.
Notre Père céleste ne veut pas qu’un seul de Ses enfants ait un
moment d’anxiété ou un besoin insatisfait. Peu importe l’étendue
de notre besoin et les nombreuses choses qui nous sont
nécessaires; si seulement nous Le « mettons à l’épreuve » de la
manière dont II nous le demande, nous n’aurons jamais assez de
place pour recevoir toute la bénédiction qu’il répandra (cf.
Malachie 3 : 10).
Combien de fois sommes-nous inquiets et accablés
inutilement, parce que, tout en « cherchant Dieu en prière », nous
ne nous fions pas à Sa parole ! Pourquoi trouvons-nous si difficile
de mettre notre confiance en Lui ? Nous a-t-Il jamais déçus ? N’a-
t-Il pas continuellement donné l’assurance qu’il était prêt à

49
accorder toutes les demandes que nous Lui ferions d’un cœur pur,
« en Son nom » ? « Demandez-moi » ; « Priez » ; « Eprouvez- vous
». La Bible est pleine de réponses à la prière, de magnifiques et
merveilleuses réponses ; et pourtant, notre foi nous abandonne et
nous déshonorons Dieu par notre manque de confiance en Lui !
11 faut toutefois que notre œil soit «pur» si notre foi doit être
simple et « tout notre corps éclairé » (Matthieu 6 : 22). Christ doit être
le seul Maître. Nous ne pouvons pas nous attendre à être délivrés
de l’anxiété alors que nous essayons de servir Dieu et Mammon
(cf. Matthieu
6 : 24 + 25). De nouveau, nous sommes ramenés à la vie
victorieuse ! Quand nous offrons vraiment nos corps « comme un
sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu » (Romains
12 : 1), quand nous livrons nos membres « comme esclaves à la justice,
pour arriver à la sainteté» (Romains 6 :19), Il se donne alors à nous et
nous remplit « de toute la plénitude de Dieu » (Ephésiens
: 19).
Gardons toujours présent à l’esprit que la véritable foi ne nous
amène pas seulement à croire qu’il peut exaucer les prières, mais
qu’il les exauce vraiment. Il se peut que nous soyons lents à la
prière, mais « le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la
promesse » (2 Pierre 3:9). N’est-ce pas une expression frappante ?
La mise à l’épreuve de Dieu probablement la plus
extraordinaire qui nous soit racontée par cette missionnaire de
Dohnavur est la suivante : La question se posa d’acheter une
maison de repos sur la colline avoisinante. Qu’était-il opportun de
faire ? Dieu seul pouvait décider. On pria beaucoup et, à la fin, il
fat demandé à Dieu que, si Sa volonté était de faire l’achat de la
maison, il arriva exactement la somme de 100 livres. Le montant
arriva immédiatement, mais on hésitait encore. Deux mois plus
tard, ils demandèrent à Dieu de donner le même signe de
consentement à l’achat. Le jour même, il arriva un autre chèque de
100 livres sterling. Pourtant même à ce moment-là, ils eurent à
peine le désir d’entreprendre quelque chose dans cette affaire. En
50
l’espace de quelques jours, il leur parvint toutefois encore un autre
montant de 100 livres qui était expressément destiné à l’achat
d’une telle maison.
Nos cœurs ne débordent-ils pas de joie quand nous nous
souvenons que Dieu est si bon ? La charité est toujours «pleine de
bonté» (1 Corinthiens 13 : 4) ; et Dieu est Amour. Penses-y lorsque
tu pries. Notre Seigneur est « plein de bonté ». Ceci devrait nous
aider dans nos intercessions. Il a tant de patience envers nous,
quand notre foi chancelle ! « Combien est précieuse ta bonté, â Dieu !»
(Psaume 36 : 8) ; «ta bonté vaut mieux que la vie» (Psaume 63:4).
Le danger, c’est qu’en lisant des textes relatifs à cette foi
simple, nous disions : « Que c’est merveilleux ! » en oubliant que
Dieu cherche en chacun d’entre nous une telle foi et une prière
semblable. Dieu n’a pas de favoris ! Il veut que je plie et que tu
pries. Il permet que des choses se produisent, pareilles à celles
décrites précédemment, et fait en sorte que nous en ayons
connaissance — non pour nous surprendre, mais pour nous
stimuler. On souhaite parfois que les chrétiens oublient toutes les
règles établies par l’homme, qui dressent une clôture autour de la
prière. Soyons simples, naturels ! Prenons Dieu au mot.
Souvenons-nous que « la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour
les hommes» ont été manifestés (cf. Tite 3:4). Parfois, Dieu introduit
les hommes dans la vie de prière. Quelquefois cependant, Dieu
doit nous pousser dans une vie telle que celle-là.
Quand certains d’entre nous jettent un regard rétrospectif sur
leur vie menée plus ou moins sans la prière, quel émerveillement,
et aussi quelle joie les saisissent à la pensée de l’amour et de la
«patience de Christ » (cf. 2 Thessaloniciens 3 : 5)
! Où serions-nous sans cela ? Nous Le quittons, mais — que Son
nom soit loué ! — Il ne nous a jamais laissés et ne le fera jamais
non plus. Nous doutons de Lui ; nous nous défions de Son
amour, de Sa providence et de Sa conduite ; nous faiblissons en
chemin et murmurons ; Lui, pourtant, est là tout le temps pour
nous bénir et répandre sur nous une bénédiction si grande qu’il

51
n’y a pas la place pour la recevoir.
La promesse de Christ reste valable : « Ce que vous demande^ m
mon nom, je le ferai, afin que mon Père soit glorifié dans le Fils» (Jean

14:13).
Croyons donc Dieu désormais !

. 5 -

QU'EST-CE QUE LA PRIÈRE ?


D. L. Moody s’adressa un jour à une assemblée d’enfants, au cours
d’une rencontre où ils étaient venus en masse, à Edimbourg. Afin
de retenir leur attention, il commença par une question : « Qu’est-
ce que la prière ? » En réalité, il voulait répondre lui-même à la
question et n’attendait aucune réponse. Il fut très étonné de voir se
lever une grande quantité de petites mains à travers tout le hall. Il
demanda alors à un garçon de répondre, et la réponse vint
immédiatement, claire et correcte : « Prier signifie faire nos
demandes à Dieu au nom de Jésus pour des choses qui sont
conformes à Sa Volonté, avec la confession de nos péchés et notre
reconnaissance pour Sa miséricorde. » Moody s’en réjouit et fit la
remarque : « Remercie Dieu, mon garçon, d’être né en Ecosse ! »
C’était toutefois il y a bien longtemps. Quel genre de réponse
recevrait-il aujourd’hui ? Combien d’enfants pourraient donner
une définition de la prière ? Réfléchissons un instant et
demandons-nous quelle réponse nous donnerions
personnellement.
Qu’entendons-nous par prière ? Je crois que la grande majorité
des chrétiens dirait: «Prier signifie demander quelque chose à Dieu.
» Pourtant, la prière est sûrement beaucoup plus que de « faire faire
nos courses à Dieu », comme quelqu’un l’a exprimé un jour. C’est
tout de même beaucoup plus que l’attitude du mendiant frappant à
la porte de l’homme riche. Le mot prière signifie en réalité «
adresser un souhait à », c’est- à-dire à
Dieu. Tout ce que la vraie prière recherche, c’est Dieu ; avec Lui,
52
nous obtenons en effet tout ce dont nous avons besoin. Prier, c’est
tout simplement laisser notre âme « se tourner vers Dieu ». David
décrit cela comme l’élévation de l’âme vivante vers le Dieu vivant.
«Eternel, f élève à Toi mon âme » (Psaume 25 : 1). Quelle merveilleuse
description de la prière est-ce là ! Quand nous désirons que notre
âme contemple le Seigneur, nous éprouvons en même temps le vif
désir de voir sur nous la splendeur de Sa sainteté. Lorsque nous
élevons nos âmes vers Dieu en priant, nous donnons ainsi à Dieu
la possibilité de faire en nous et avec nous ce qu’il veut. Par la
prière, nous nous mettons à la disposition de Dieu. Dieu est
toujours à nos côtés, mais nous ne sommes pas toujours « à Ses
côtés ». Là où les hommes prient, une occasion s’offre à Dieu.
« La prière », dit un vieux mystique juif, « est le moment

53
où le ciel et la terre s’embrassent. »
Il est donc certain que la prière ne consiste pas à persuader
Dieu de faire ce que nous voulons qu’il fasse. Il ne s’agit pas de
soumettre à notre volonté celle d’un Dieu peu disposé en notre
faveur. La prière ne change pas les desseins de Dieu, bien qu’elle
puisse entraîner la manifestation de Sa puissance. «Nous ne devons
pas nous représenter la prière comme un moyen de vaincre la
résistance de Dieu », dit l’archevêque Trench2, « mais comme un
élément nous permettant de concevoir son immense bonne
volonté. »
Dieu veut toujours notre plus grand bien. Même la prière faite
dans l’ignorance et l’aveuglement ne peut Le détourner de cette
intention — quoiqu’en priant avec persistance pour des choses
qui, en réalité, sont nuisibles, nous puissions réussir en cela (par
notre obstination), et en souffrir en conséquence. «Il leur accorda ce
qu’ils demandaient» ,
Dit le psalmiste, « puis II envoya le dépérissement dans leur corps»
(Psaume 106 :15). Ils s’attirèrent eux-mêmes ce «dépérissement». Ils
étaient «maudits avec le fardeau d’une prière exaucée ».
Dans l’esprit de certaines gens, la prière n’est là que pour les
cas de besoin ! Quand le danger les menace ou qu’ils sont atteints
d'une maladie, quand certaines choses font défaut ou que des
difficultés surgissent, alors ils prient. Ils sont semblables à cet
infidèle, en bas, dans la mine de charbon ; quand le toit commença
à s’effondrer, il se mit à prier. Un vieux chrétien, qui se tenait
tranquillement près de lui, fit cette remarque : « Ah, il n’y a rien de
tel que des morceaux de charbon pour amener un homme à prier !
»
Prier est cependant beaucoup plus que le seul fait de demander
quelque chose à Dieu — bien que ceci soit une

2 Richard Ch. Trench (1809-1866), théologien et archevêque de Dublin, auteur de


différents ouvrages théologiques et littéraires partie très précieuse de la prière —,
ne serait-ce que parce qu’elle nous rappelle notre extrême
54
dépendance vis-à-vis de Dieu. C’est aussi une communion avec
Dieu — l’occasion d’avoir des rapports avec Dieu — de parler
avec (et pas seulement à) Dieu. Nous apprenons à connaître les
gens en parlant avec eux. Or, en ce qui concerne Dieu, nous
parvenons à Le connaître de la même manière. Le plus grand
résultat de la prière n’est pas la délivrance du mal ou l’assurance
d’obtenir une chose que l’on désire, mais la connaissance de Dieu.
«Or, la vie éternelle, c’est qu’ils Te connaissent, Toi, le seul vrai Dieu» (Jean
17 : 3). Oui, la prière permet de découvrir Dieu davantage, et c’est
la plus grande découverte que l’âme puisse faire. Encore
aujourd’hui, les hommes s’écrient : « Oh, si je savais où le trouver; si je
pouvais arriver jusqu’à son trône ! » (Job 23 : 3).
Le chrétien qui s’agenouille LE « trouve » toujours et est
trouvé par LUI.
L’apparition céleste de notre Seigneur Jésus aveugla Saul de
Tarse lorsqu’il tomba à terre, mais Paul nous raconte plus tard
qu’en priant dans le temple, à Jérusalem, il était tombé en extase et
avait vu Jésus. «Et je vis le Seigneur... » (Actes 22:18). A cette
occasion, Christ le chargea de sa grande mission, celle d’aller vers
les gentils. La vision est toujours un signe précurseur de la
vocation et du risque. Il en fut ainsi en ce qui concerne Esaïe. ^ ...je
vis le Seigneur assis sur un trône très élevé, et les pans de sa robe remplissaient
le temple» (Esaïe 6 :1). Le prophète était manifestement dans le
sanctuaire, en train de prier, quand ceci se produisit. Cette vision
était également un prélude à un appel au service, « Va ... ». Il est
toutefois impossible d’avoir une vision de Dieu si nous ne prions
pas. Et là où il n’y a pas de vision, l’âme périt.
Une vision de Dieu ! Le frère Laurent3 a dit une fois : « La prière
n’est rien d’autre qu’un sens de la présence de Dieu »,

— et c’est justement cela, connaître la présence de Dieu.


Un ami d’Horace Bushnell* eut un jour l’occasion de voir cet
homme prier. Une merveilleuse sensation de la proximité de Dieu
l’envahit. Il dit : « Quand Horace Bushnell se cacha le visage dans
ses mains et pria, je n’osai avancer ma main dans l’obscurité, de
peur de toucher Dieu. » Le psalmiste de jadis était-il conscient
55 de
cela, lorsqu’il s’écria : «Oui, mon âme, confie- toi en Dieu !» (Psaume 62
: 6) ? Je crois que notre échec dans la prière est dû, en grande
partie, au fait que nous n’ayons pas réfléchi à la question : « Qu’est-
ce que la prière ? » Il est bon d’être conscient que nous sommes
toujours en présence de Dieu, mais il est encore mieux de Le
contempler dans l’adoration. Cependant, le mieux de toute est
encore de s’entretenir avec LUI comme avec un ami — et c’est
cela, la prière !
La véritable prière, à son stade le plus élevé et le meilleur,
révèle une âme assoiffée de Dieu et de Dieu seul. La véritable
prière sort des lèvres de ceux dont tout l’être est tendu seulement
vers les choses d’en Haut. Quel homme de prière fut Zinzendorf !
Pourquoi ? Il cherchait davantage le donateur que les dons. Il disait
: «J’ai une passion et c’est LUI, LUI seul. »
Même le mahométan semble avoir conçu cette pensée. Il dit
qu’il y a trois degrés dans la prière : le plus bas correspond à la
prière dite seulement avec les lèvres, le suivant, c’est quand, par un
effort résolu, nous réussissons à fixer nos pensées sur des choses
divines, le troisième degré, c’est quand l’âme éprouve de la
difficulté à se détourner de Dieu. Nous savons naturellement que
Dieu nous enjoint à « Lui demander ». Jusque-là, nous Lui
obéissons tous ; et nous pouvons effectivement rester assurés
qu’une telle prière non seulement est agréable à Dieu, mais couvre
aussi tous nos besoins. Il faudrait cependant qu’un enfant soit
bizarre pour rechercher la présence de son père seulement quand il
désire obtenir quelque chose de lui. N’aspirons-nous pas tous à
atteindre un plus haut niveau de la prière que celui où l’on ne fait
que demander ? Comment y parvenir ?
Il me semble que deux pas seulement sont nécessaires — ou
faut-il dire : deux pensées ? Nous devons avant tout avoir une
conception de Dieu et ensuite de la grâce de Dieu. Une telle
aspiration n’a sans doute rien de fantastique, bien que quelques-uns
soient susceptibles de demander quel rapport il y a entre la gloire
de Dieu et la prière. Ne devrions-nous pas cependant nous rappeler
56
qui est Celui auquel nous adressons des prières ?
Crois-tu qu’il y ait parmi nous quelqu’un qui passe
suffisamment de temps à méditer et à s’émerveiller de la gloire de
Dieu qui surpasse tout ? Crois-tu que l’un de nous ait saisi la pleine
signification du mot « grâce » ? Nos prières ne sont- elles pas
inefficaces et sans force — oui, quelquefois même dépourvues de
l’esprit de prière
— parce que nous nous présentons devant Dieu d’une
manière irréfléchie et sans nous être préparés, sans avoir
conscience de la majesté et de la gloire de Dieu, duquel nous nous
approchons, et sans considérer non plus l’immense richesse de Sa
gloire en Jésus, le Christ, à laquelle nous espérons pouvoir recourir
? Il faut que nous ayons une vision plus glorieuse de Dieu.
Puissions-nous prendre la décision, avant d’exposer l’objet de
notre requête à Dieu, de méditer d’abord sur la gloire et la grâce de
Dieu, — car II nous offre les deux ! Nous devons élever nos cœurs
vers Dieu. Approchons- nous de Dieu et adressons nos prières au
Roi des rois et Seigneur des seigneurs, « qui seul possède l’immortalité,
et qui habite une lumière inaccessible ...à qui appartiennent l’honneur et la
puissance éternelle » (1 Timothée 6 :16). Offrons-Lui donc notre
adoration et nos louanges pour Sa gloire immense. La consécration
ne suffit pas, il faut que nous l’adorions. «Saint, saint, saint est
l’Eternel des armées!» crient les séraphins, « toute la terre est pleine de sa gloire
! » (Esaïe 6:3). « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts », crie la «multitude
de l’armée céleste» (Luc 2 : 24). Pourtant, certains d’entre nous essayent
d’avoir une communion avec Dieu sans s’arrêter pour «ôter leurs souliers de
leurs pieds » (Exode 3:5).
Nous pouvons approcher Sa gloire avec hardiesse. Notre
Seigneur n’a-t-Il pas prié pour que Ses disciples voient Sa gloire ?
(cf. Jean 17 : 24). Pourquoi ? Et pourquoi « toute la terre est-elle pleine
de sa gloire » ? Le télescope révèle Sa gloire infinie, et le microscope
laisse deviner la grandeur de Sa gloire. Même l’œil nu peut voir Son
éminente gloire dans la nature, la clarté du soleil, la mer et le ciel.
Que signifie tout cela ? Ces choses ne sont qu’une révélation
57
partielle de la gloire de Dieu. Ce n’était pas le désir de s’épanouir
qui poussa notre Seigneur à prier ainsi : « Père, glorifie ton Fils... »,
«Glorifie-moi, ô Père » (Jean 17 : 1,5). Notre Seigneur veut que nous
reconnaissions Son infinie fiabilité et Sa puissance illimitée, de
manière à ce que nous puissions l’approcher avec une foi simple et
dans la confiance.
En annonçant la venue du Seigneur, le prophète déclara : «lui
gloire de l'Éternel sera révélée, et au même instant toute chair la verra »
(Esaïe 40 : 5). Nous ne pouvons prier convenablement qu’après
avoir eu un aperçu de Sa gloire. C’est la raison pour laquelle notre
Seigneur a dit : ce Voici donc comment vous devez prier. Notre Père qui est
aux deux (le royaume de la gloire), que ton nom soit sanctifié ! » (Matthieu
6:9). Rien ne peut davantage bannir la crainte et le doute que le fait
d’entrevoir Sa gloire. Ne serait-ce pas pour nous une aide, avant
que nous ne présentons notre

58
Requête à Dieu, de Lui offrir notre adoration avec des mots
employés par des saints du temps passé ? Il se peut que certaines
âmes pieuses n’aient pas besoin de cette aide. On raconte de saint
François d’Assise qu’il passait fréquemment une heure ou deux en
prière, au sommet du Mont Averne, et qu’en la circonstance, le
seul mot qui s’échappait de ses lèvres était «Dieu », répété à des
intervalles réguliers. Il commençait par l’adoration et en restait
souvent là !
La plupart d’entre nous ont cependant besoin d’un peu d’aide
pour pouvoir se faire une idée de la gloire du Dieu invisible, afin
d’être en mesure de Le louer et de L’adorer comme il convient. Le
vieux William Law4 disait : « Quand tu commences à prier,
emploies les expressions désignant les attributs de Dieu qui te
rendent le plus conscient de Sa grandeur et de Sa toute-puissance. »
Ce point est d’une importance tellement grande que nous nous
permettons de rappeler à nos lecteurs des mots qui les aideront.
Certains d’entre nous peuvent commencer chaque jour avec un
regard vers les cieux, tout en disant : « Gloire soit au Père et au Fils
et au Saint- Esprit. » La prière « 0 Dieu saint, Seigneur tout-
puissant. Sauveur saint et miséricordieux » suffit souvent à inspirer
à notre âme une crainte solennelle et un esprit de sainte adoration.
De même, le « Gloria in Excelcis » de la communion est très
exaltant : « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts et paix sur la
terre ... Nous Te louons, nous Te bénissons, nous T’adorons, nous
Te glorifions ; nous Te rendons grâce pour Ta grande gloire.
Seigneur Dieu, Roi céleste, Père tout-puissant. » Oui parmi nous
peut offrir une telle louange et rester impassible, insensible à la

68
présence même et à la merveilleuse majesté de Dieu ?
Il est bon de dire, oui, de s’écrier : « Mon âme magnifie le
Seigneur et mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur. »
Ceci nous élève dans les lieux célestes, comme ces paroles
l’expriment :
Saint, saint, saint, Seigneur Dieu tout-puissant,
Toutes Tes œuvres louent Ton grand nom,
Terre, ciel et mer s’unissent en Te glorifiant.
Pouvons-nous saisir l’esprit du psalmiste et chanter : «Mon âme,
bénis l'Eternel, et que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom !»
(Psaume 103 : 1) ? «Mon âme, bénis l’Eternel! Eternel mon Dieu, tu es
merveilleusement grand ; tu es revêtu de splendeur et de majesté » (Psaume
104: 1). Quand apprendrons-nous que « dans son palais tout s’écrie :
Gloire!» (Psaume 29 : 9) ? Rendons-Lui donc gloire, nous aussi !
Un tel culte rendu à Dieu, une telle adoration, une telle
louange et de pareilles actions de grâces nous donnent non
seulement l’esprit de prière, mais contribuent d’une mystérieuse
façon à ce que Dieu puisse nous apporter Son aide. Nous
souvenons-nous de ces merveilleuses paroles : ce Celui qui o f f r e
pour sacrifice la louange me glorifie ; et à celui qui règle sa voie, je lui ferai voir
le salut de Dieu » (Psaume 50 : 23) ?
La louange et les actions de grâces n’ouvrent pas seulement les
portes du ciel pour que nous puissions approcher Dieu, mais
«préparent un chemin pour Dieu » afin qu’il puisse nous bénir. Paul dit
: « Soyez toujours joyeux », avant de faire l’exhortation : «Prier sans
cesse». C’est pourquoi notre louange, aussi bien que notre prière,
devrait avoir lieu sans cesse.
Lors de la résurrection de Lazare, la prière du Seigneur a
comme première expression celle de la gratitude : «Père, je te rends
grâces de ce que tu m’as exaucé » (Jean 11 : 41). Il le dit pour que ceux
qui étaient autour de lui puissent l’entendre, et pour que nous
l’entendions également.
Tu te demandes peut-être pourquoi nous devons offrir à Dieu
des actions de grâces pour Sa grande gloire, quand nous nous
64
agenouillons pour prier, et aussi pourquoi nous devons passer du
temps à méditer sur Sa gloire et à la contempler. Pourtant, n’est-Il
pas le Roi de gloire ? Tout ce qu’il est et tout ce qu’il fait est gloire.
Sa sainteté est «glorieuse» (cf. Exode-15.:
111Son nom est glorieux (cf. Deutéronome 28 : 58). Son œuvre est
glorieuse (cf. Psaume 111 : 3). Sa puissance est glorieuse (c£
Colossiens 1:11). Sa voix est glorieuse (cf. Esaïe 30T3ÏÏ). —C’est de
lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans les siècles
des siècles» (Romains 11: 36V Or. c’est
Dieu qui nous dit de venir à Lui en priant. Ce Dieu est notre Dieu
et II a « des dons pour les distribuer aux hommes » (Psaume 68 : 19).
Dieu dit que tous ceux qui sont appelés de Son nom ont été créés
pour Sa gloire (cf. Esaïe 43 : 7). Son Eglise, doit être glorieuse —
sainte et irrépréhensible (cf. Ephésiens 5 : 27). As- tu jamais réalisé
pleinement que le Seigneur Jésus désirait partager avec nous la
gloire que nous voyons en Lui ? C’est le grand don qu’il nous fait, à
nous Ses rachetés. Crois-moi, plus nous avons part à la gloire de
Dieu, moins nous recherchons Ses dons. Pas seulement «lorsqu’il
viendra pour être, en ce jour-là, glorifié dans ses saints » (2 Thessaloniciens
1 :10), il y aura pour nous de la gloire, mais déjà ici et à présent-
aujourd’hui. Il désire que nous prenions part à Sa gloire. Notre
Seigneur Jésus ne l’a-t-Il pas dit Lui-même ? « Je leur ai donné la gloire
que tu m’as donnée », déclare-t-Il (Jean 17 : 22). Quel est le
commandement de Dieu ? «Lève-toi, sois illuminée Jérusalem), car ta
lumière est venue, et la gloire de l’Eternel se lève sur toi» (Esaïe 60 : 1-2).
Dieu désire que l’on dirait de nous ce que Pierre a dit un jour des
disciples de Jésus : «... l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous
» (1 Pierre 4:14). Ne devrait-on pas voir en cela l’exaucement de la
plupart de nos prières ? Pourrions- nous prier pour quelque chose
de mieux ? Comment pouvons-nous obtenir cette gloire ?
Comment serons- nous capables de la refléter ? Seulement en
bénéficiant du résultat de la prière quand nous prions que le Saint-
Esprit, prend ce qui est a Christ et nous l’annonce» (Jean 16:15).
Lorsque Moïse dit à Dieu : «Je te prie, laisse-moi voir ta gloire !», il
65
n’en vit qu’un peu seulement, mais put avoir part à cette gloire, et
la peau de son visage rayonnait (cf. Exode 33 :18 ; 34 : 29). De
même, quand nous contemplons, nous aussi, « la gloire de Dieu sur la
face de Christ» (2 Corinthiens 4: 6), nous n’avons pas seulement un
aperçu de cette gloire, mais en profitons nous- mêmes. Or, c’est
cela la prière et le plus grand résultat de la prière. Il n’y a pas non
plus d’autre moyen d’assurer cette gloire, afin que Dieu soit glorifié
en nous (cf. Esaïe 60: 21).
Il nous faut souvent méditer sur la gloire de Christ, la
contempler et, de cette manière, la refléter et la recevoir nous-
mêmes. C’est ce qui arriva aux premiers disciples de notre
Seigneur. Ils dirent avec émotion : «Nous avons contemplé sa gloire ! »
^eânT7T4JTTI3m7i^ t-il par la suite? Quelques pêcheurs simples,
ignorants et obscurs vécurent un certain temps en la compagnie de
Jésus et virent Sa gloire ; et voici qu’ils obtinrent eux- mêmes une
partie de cette gloire. C’est alors que d’autres s’étonnèrent et «les
reconnurent pour avoir été avec Jésus» (Actes 4 : 13) ; et si nous pouvons
nous aussi témoigner avec Jean : «Notre communion est avec le Père et
avec son Fils Jésus- Christ» (1 Jean 1 : 3), les gens diront la même
chose de nous : « Ils ont été avec Jésus ! »
Lorsqu’en priant, nous élevons nos âmes vers le Dieu vivant,
nous acquérons la beauté de la sainteté aussi sûrement que les
fleurs deviennent belles en profitant de la lumière du soleil. Notre
Seigneur Lui-même n’a-t- II pas été transfiguré en priant ? Notre
visage changera aussi et nous aurons notre Mont de la
Transfiguration, quand la prière aura sa juste place dans notre vie.
Les hommes verront sur notre visage « le signe extérieur et visible
d’une grâce spirituelle intérieure » Notre valeur, pour Dieu et les
hommes, est exactement en proportion de la mesure avec laquelle
nous révélons la gloire de Dieu aux autres.
Nous nous sommes tellement attardés sur la gloire de Celui
auquel nous adressons nos prières que nous n’avons pas besoin
maintenant de parler de Sa grâce.
Qu’est-ce que la prière ? C’est un signe de la vie spirituelle. Pas
66
plus que l’on ne peut s’attendre à de la vie dans un corps mort, on
ne peut s’attendre à de la vie spirituelle chez une personne qui ne
prie pas ! Notre vie spirituelle et notre fructuosité sont toujours en
proportion de la réalité de nos prières. Par conséquent, si dans
l’ensemble, nous nous sommes éloignés de notre «patrie» en
matière de prière, prenons aujourd’hui la résolution suivante : «Je
me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai: Père ... » (Luc 15 :18).
Lorsque j’eus atteint ce point précis, je posai ma plume, et sur la
page de la première feuille de papier que je recueillis, se trouvaient
ces mots : « La cause de notre échec est que nous voyons les
hommes plutôt que Dieu. L’Eglise catholique trembla lorsque
Luther vit Dieu. Le (grand Réveil) se déclara quand Jonathan
Edwards vit Dieu. L’Écossé s’effondra quand John Knox vit Dieu.
Le monde devint la paroisse d’un homme quand John Wesley vit
Dieu. Des multitudes furent sauvées quand Whitefield vit Dieu.
Des milliers d’orphelins purent être nourris quand Georg Müller
vit Dieu. Or, Il est <le même hier, aujourd’hui, et éternellement.) »
N’est-il pas temps que nous ayons une nouvelle révélation de
Dieu — une révélation de Dieu dans toute Sa gloire ? Oui peut
juger de ce qui se passerait si l’Église voyait Dieu ?

67
Cependant, ne comptons pas sur les autres : que chacun ait, avec
un visage non-voilé et un cœur pur, cette vision de la gloire du
Seigneur ! «Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu »
(Matthieu 5:8).
Parmi les missionnaires que j’ai eu la joie de rencontrer, aucun
ne m’a autant impressionné que le Dr. Wilbur Chapman5. Il
écrivit un jour à un ami :
« En ce qui concerne la prière, j’ai pris de grandes leçons.
Lors d’une campagne d’évangélisation en Angleterre, très
peu de gens venaient aux réunions.
Je reçus toutefois une note informant qu’un missionnaire
américain était en train de plier Dieu pour qu’il bénisse notre
travail. Il était connu en tant que <Hyde priant©. La situation
changea presque aussitôt. Le hall devint plein à craquer et dès ma
première invitation, cinquante personnes acceptèrent Christ
comme leur Sauveur. Lorsque nous étions sur le point de nous en
aller, je dis : <Mr. Hyde, je voudrais que vous priiez pour moi.> Il
vint dans ma chambre, tourna la clef dans la serrure de la porte, se
jeta à genoux, et pendant cinq minutes, aucune syllabe ne sortit de
ses lèvres. Je pouvais entendre mon cœur taper violemment et le
sien battre. Je sentais des larmes chaudes couler sur mon visage. Je
le savais : Dieu était présent. Puis il dit, pendant que les larmes
ruisselaient sur son visage : <0 Dieu ! > Après quoi, encore cinq
minutes au moins s’écoulèrent dans le silence ; et ensuite, quand il
sut qu’il parlait avec Dieu. .monta des profondeurs de son cœur
une imploration en faveur des hommes telle que je n’en avais
jamais entendu auparavant. Lorsque je me relevai de mon
agenouillement, je sus ce qu’était la véritable prière. Nous savons
que la prière est puissante, et nous le croyons plus que jamais. »

Le Dr. Chapman avait coutume de dire :


« Ce fut une période de prière avec John Hyde qui m’apprit ce
qu’est la véritable prière. Je lui dois plus qu’à aucune autre
personne, parce qu’il m’a montré ce qu’est une vie de prière et à
quoi ressemble une vraie vie sanctifiée ... Jésus-Christ devint un
nouvel exemple pour moi, et j’eus un aperçu de Sa vie de prière ;
de plus, j’éprouvai le profond désir — qui s’est maintenu jusqu’à
ce jour — d’être moi-même un homme de prière. »
Le Saint-Esprit de Dieu peut nous enseigner cela.

, 6 -

COMMENT VAIS-JE PRIER ?


Comment dois-je plier ? Y a-t-il pour un chrétien une question
plus importante ? Comment dois-je approcher le Roi de Gloire ?
Quand nous lisons les promesses de Christ relatives à la
prière, nous sommes enclins à penser qu’il met entre nos mains
une bien trop grande puissance — à moins que nous nous hâtions,
en effet, de conclure qu’il Lui est impossible d’agir comme II l’a
promis. Il dit : « Demandez <n’importe quoi>, <quoi que ce
soit>, <ce que vous voudrez), — et cela vous sera accordé. »
Cependant, Il ajoute alors une phrase déterminant cela d’une
manière encore plus précise. Il dit que nous devons demander en
Son nom. C’est la condition et la seule, bien qu’elle soit parfois,
comme nous le constaterons plus tard, formulée à l’aide de mots
différents.
Par conséquent, si nous demandons et ne recevons rien, cela
ne peut être dû qu’au fait que nous n’avons pas rempli cette
condition. Si nous sommes vraiment Ses disciples — si nous
sommes sincères —, nous nous donnerons la peine (une peine
infinie si cela est nécessaire) de découvrir ce que signifie
réellement « demander en Son nom » ; et nous ne serons pas
satisfaits tant que nous n’aurons pas rempli cette condition.
Relisons la promesse plusieurs fois, de manière à en être tout à fait
sûrs : «Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le
Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en mon nom, je
le ferai» (Jean 14 : 13-14).
C’était quelque chose de tout à fait nouveau, car notre Seigneur
dit : « Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom 69 », mais
maintenant, « demandez et vous recevrez afin que votre joie soit parfaite »
(Jean 16 : 24). Notre Seigneur répète cinq fois cette simple
condition : « en mon nom » (cf. Jean 14 : 13-14 ; 15 :16 ; 16 : 23-24 +
26). Manifestement, quelque chose de très important est impliqué
ici. C’est plus qu’une condition - c’est aussi une promesse et un
encouragement. En effet, quand notre Seigneur nous demande de
faire quelque chose, Il nous en donne également la capacité.
Qu’est-ce que cela signifie alors, de demander en Son nom ? Nous
devons savoir ceci à tout prix, car c’est le secret de toute la
puissance de la prière. Il est aussi possible de faire un mauvais
usage de ces mots. Notre Seigneur a dit : «'Plusieurs viendront sous
mon nom, disant : C’est moi qui suis le Christ. Et ils séduiront beaucoup de
gens » (Matthieu 24 : 5). Il aurait tout aussi bien pu dire : «
Beaucoup penseront qu’ils prient le Père en mon nom, alors qu’ils
se trompent eux-mêmes. »
Cela signifie-t-il qu’il faille seulement ajouter les mots « et tout
cela, nous le demandons au nom de Jésus- Christ » à la fin de
toutes nos prières ? Apparemment, beaucoup de gens croient cela.
Cependant, n’avons- nous jamais entendu — ou fait
personnellement — des prières pleines d’obstination et d’égoïsme,
même si elles se terminaient par les mots « au nom de Jésus, Amen
»?
Le seul fait d’ajouter les mots : «Nous demandons ces choses
au nom de notre Seigneur Jésus-Christ» ne suffit pas à Dieu pour
qu’il exauce les prières auxquelles Jacques se réfère dans son épître
(cf. Jacques 4 : 3). Une mauvaise prière ne peut en devenir une
bonne par le seul fait d’y ajouter une phrase mystique quelconque !
De même, ce n’est pas parce qu’on a omis d’ajouter quelques mots
de ce genre, qu’une bonne prière doit échouer. Non ! C’est plus
qu’une question de mots. Notre Seigneur fait davantage cas de la
foi et des actes que de quelques formules. Le but principal de la
prière est de glorifier Jésus-Christ. Il nous faut prier au nom de
Jésus, «afin que le Père soit glorifié dans le Fils» (Jean 14: 13). Ecoutez !
Nous n’avons pas à rechercher richesse ou santé, bien-être ou
70
succès, aisance ou confort, spiritualité ou fruit dans le ministère
simplement pour notre propre plaisir, notre avancement ou
popularité, mais uniquement pour l’amour de Jésus-Christ — pour
Sa gloire ! Faisons trois pas pour bien comprendre les mots : « en
mon nom ».

1. Premièrement, certaines choses ne seront faites que « pour


l’amour de Christ » — à cause de Sa mort expiatoire. Ceux qui
ne croient pas à Sa mort expiatoire ne peuvent pas prier « en Son
nom ». Ils se servent peut- être des mots, mais ces derniers
restent sans effet... car nous sommes justifiés «par son sang»
(Romains 5 : 9), et « nous avons la rédemption par son sang, la rémission
des péchés » (Ephésiens 1 : 7 ; Colossiens 1 : 14). A une époque où
l’unitarisme’, sous la couverture du modernisme, a gagné de
nombreux groupes, il est extrêmement important de se rappeler
la place et l’œuvre du sang de
Christ qui a été versé — autrement, une soi-disant prière deviendra
une illusion et un piège.
Nous voulons illustrer cette question par une expérience que
Moody a faite très tôt dans son ministère. La femme d’un juge
incroyant — homme possédant de grands dons intellectuels —
demanda à Moody de parler à son mari. Moody hésita toutefois à
entrer en discussion avec un homme comme celui-là, et il le lui dit
bien franchement. « Mais, ajouta-t-il, si jamais vous vous
convertissez, me le ferez-vous savoir ? » Le juge se mit à rire
cyniquement et répondit : « Oh oui, je vous le ferai savoir assez
rapidement, si jamais je me convertis ! » Moody alla son chemin en
se fiant à la prière. Le juge se convertit et ce, en moins d’un an. Il
tint sa promesse et raconta à Moody comment cela était arrivé. «
Une nuit, alors que ma femme était à une réunion de prière, je
commençai à me sentir très mal à l’aise, misérable. J’allai au lit
avant qu’elle ne rentre à la maison. Je ne pus dormir de la nuit ; je
me levai de bonne heure, dis à ma femme que je n’avais pas besoin
de petit déjeuner, et me rendis à mon bureau. Après avoir dit à mes
employés qu’ils pouvaient prendre un jour de congé, je m’enfermai 71
dans mon bureau privé. Je devins cependant de plus en plus
malheureux. Finalement, je tombai à genoux et demandai à Dieu
de me pardonner mes péchés. Je ne voulais toutefois pas dire
<pour l’amour de Jésus), car j’étais unitarien et ne croyais pas au
sacrifice expiatoire. En proie à une lutte intérieure, je continuai à
prier : <0 Dieu, pardonne-moi mes péchés ! >, Mais aucune
réponse ne vint. A la fin, complètement désespéré, je m’écriai: <0
Dieu, pour l’amour de Jésus, pardonne-moi mes péchés ! > Et je
trouvai la paix aussitôt. »
Ce juge n’avait pu avoir « accès » à la présence de Dieu,
tant qu’il ne l’avait pas cherché au nom de Jésus. Lorsqu’il vint
au nom de Jésus, il fut immédiatement exaucé et reçut le pardon.
Oui, prier « au nom » du Seigneur Jésus, c’est demander des
choses que le sang de Jésus a assurées — «acquises» pour nous.
Nous avons «au moyen du sang de Jésus une libre entrée dans le
sanctuaire» (Hébreux 10:19). Il n’y a pas d’accès par un autre
chemin. Cependant, ce n’est pas tout ce que les mots « en mon
nom » signifient.

2. L’exemple le plus connu illustrant le fait de venir « au nom » de


Christ est celui de retirer de l’argent d’une banque, au moyen
d’un chèque. Je ne peux retirer de mon compte en banque qu’un
montant ne dépassant pas mon dépôt dans cette banque. En
mon propre nom, je ne peux aller plus loin. A la Banque
d’Angleterre, je n’ai aucun avoir et ne peux, par conséquent, en
retirer quoi que ce soit. Cependant, supposons qu’un homme très
riche, ayant là-bas un grand avoir, me donne un chèque et me
dise de le remplir en inscrivant n’importe quel montant. Il est
mon ami. Que ferai- je ? Faut-il que je pourvoie seulement à mon
besoin du moment où que je retire autant d’argent que possible ?
Je ne ferai certainement rien qui puisse offenser mon ami ou me
faire baisser dans son estime.
Ainsi, certains comparent le ciel à une banque. Dieu est le
grand banquier, car « toute grâce excellente et tout don parfait descendent
d’en haut, du Père » (Jean
72
1: 17). Nous avons besoin d’un « chèque » pour pouvoir «
disposer» de cette inépuisable richesse. Dans la prière, le Seigneur
Jésus nous a donné un chèque en blanc. « Remplissez-le », dit-il, «
avec n’importe quel montant ; demandez <quoi que ce soit), <ce
que vous voulez), et vous le recevrez. Présentez votre chèque en
Mon nom, et votre demande sera accordés. » Permettez-moi
d’exprimer ceci avec les mots d’un évangéliste connu. «Lorsque je
vais à la banque du ciel — c’est-à- dire quand je m’approche de
Dieu en priant, voilà ce qui se passe : Je n’ai lien versé là-bas et n’y
ai donc pas de crédit ; et si je viens en mon propre nom, je ne
recevrai absolument rien. Cependant, Jésus-Christ a au ciel un
crédit illimité et II m’a accordé le privilège d’aller à la banque en
Son nom, avec mes chèques. Ainsi, lorsque je viens dans ces
conditions, mes prières sont honorées dans n’importe quelle
mesure. Plier au nom de Jésus signifie par conséquent ne pas prier
en raison de mon crédit mais de Son crédit. »
Tout cela est très réjouissant et dans un certain sens,
absolument vrai.
Si le chèque était tiré sur un compte du gouvernement ou sur
celui d’une liche corporation, on pourrait être tenté de prendre tout
ce que l’on peut. Cependant, souvenons-nous que nous venons à
un Père aimant, à qui nous devons tout, que nous aimons de tout
notre cœur, et auquel nous pouvons toujours venir. En touchant
nos chèques à la banque du ciel, nous mettons surtout Son
honneur et Sa gloire au premier plan. Si quelques-uns de nos
chèques seulement étaient encaissés, c’est-à-dire seulement
quelques-unes de nos prières exaucées, ceci n’amènerait que du
déshonneur à Son nom, ainsi que le discrédit et le dépit en ce qui
nous concerne. Il est vrai que les ressources de Dieu sont illimitées,
mais Son honneur peut être atteint.
L’expérience rend l’argumentation superflue ! N’avons- nous
pas tous souvent essayé cette méthode sans toutefois obtenir de
résultat ? Combien parmi nous oseraient prétendre qu’ils n’ont
jamais quitté la banque du ciel sans avoir reçu ce qu’ils avaient
73
demandé — bien qu’ils l’aient demandé au nom de Jésus ? Quelle
erreur commettons-nous ? Notre échec ne se- rait-il pas dû au fait
que nous n’essayons pas de savoir quelle est la volonté de Dieu à
notre égard ? Nous n’avons pas le droit d’outrepasser Sa volonté.
Puis-je me permettre ici de faire allusion à une expérience que
j’ai faite personnellement ? Je ne l’ai jamais racontée en public,
mais elle est probablement unique en son genre. Cela s’est passé il
y a plus de trente ans, et aujourd’hui, je comprends pourquoi. Cette
expérience illustre d’une excellente façon ce que nous cherchons
maintenant à apprendre sur la prière Un ami aisé et extrêmement
occupé voulait me donner une livre pour une certaine cause. Il
m’invita à passer à son bureau et fit rapidement un chèque pour la
somme en question. Il plia le chèque et me le remit en disant : «Je
ne l’ai pas barré ; voudrais-tu, s’il te plaît, l’encaisser à la banque ? »
Arrivé à la banque, je contrôlai superficiellement mon nom sur le
chèque, sans prendre le soin de vérifier le montant ; je le signai au
verso et le tendis à l’employé. « C’est une bien grosse somme pour
un paiement en espèces », dit celui-ci en m’examinant longuement.
« Oui », répliquai-je en liant, « une livre ! » « Non », dit l’employé, «
il est établi pour mille livres ! »
C’était donc cela: mon ami était sans aucun doute habitué à
établir de gros chèques ! C’est ainsi qu’il avait par habitude écrit
<mille> au lieu d’<une livre> Quelle était maintenant ma position
sur le plan de la loyauté ? Le chèque était vraiment établi en son
nom. Sa signature était correcte et la mienne également. Étais-je en
droit de demander les mille livres, à la condition qu’il y ait
suffisamment d’argent sur le compte ? Le chèque avait été — bien
qu’à la hâte — établi délibérément ; il m’avait été remis de bon gré.
Pourquoi ne pas accepter ce don ? Pourquoi pas ?
J’avais affaire à un ami — un ami généreux à qui je devais
beaucoup de bienfaits. Il m’avait fait part de son intention. Je
connaissais ses désirs et sa volonté. Il avait voulu me donner une
livre et pas plus. Je connaissais son intention et sa «volonté ». Je
rapportai donc immédiatement le chèque par trop généreux, et
74
reçus la livre en temps opportun, conformément à sa volonté. Si le
donneur m’avait remis un chèque en blanc, le résultat aurait été
exactement le même. Il aurait attendu de moi que j’inscrive une
livre, de sorte que mon honneur aurait été en jeu. N’est-il pas
nécessaire d’en tirer une leçon ? Dieu a Son dessein pour chacun de
nous. Cependant, tant que nous n’essayons pas de connaître Sa
volonté, nous demanderons probablement « mille livres », alors
qu’il sait qu’ « une livre » est préférable pour nous.
En priant, nous venons vers un Ami — un Père plein d’amour.
Nous Lui devons tout. Il nous dit de venir à Lui toutes les fois que
nous le désirons, pour tout ce dont nous avons besoin. Ses
ressources sont inépuisables. Il nous demande cependant de nous
rappeler que nous devons prier seulement pour des choses en
accord avec Sa volonté — seulement pour ce qui fait honneur à
Son nom. Jean dit : «Si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il
nous écoute » (1 Jean
5 : 14). Notre Ami nous donne ainsi un chèque en

75
blanc et nous autorise à y inscrire « quelque chose ». Il sait
toutefois que si nous l’aimons vraiment, nous n’inscrirons
— nous ne demanderons — jamais de choses qu’il ne veut pas
nous donner parce qu’elles nous sont nuisibles.
En ce qui concerne la plupart d’entre nous, la faute se trouve
peut-être dans le sens inverse. Dieu nous donne un chèque en
blanc et dit : « Demande cent francs », et nous en demandons
dix! Mon ami n’aurait-il pas été offensé si j’avais agi ainsi envers
lui ? Demandons-nous assez ? Osons- nous demander « selon la
richesse de sa gloire » ? Nous voulons toutefois encore nous
arrêter sur un point: Nous ne pouvons être sûrs de demander «
en son nom » avant d’avoir appris à discerner Sa volonté à notre
égard.

3. Cependant, même maintenant, nous n’avons pas encore donné


l’entière signification des mots « en mon nom». Nous savons
tout ce que cela signifie de demander «au nom» de quelqu’un
d’autre. Toutefois, nous nous gardons bien de permettre à une
personne en qui nous ne pouvons pas avoir confiance de se
servir de notre nom. Elle pourrait abuser de notre confiance et
discréditer notre nom. Guéhazi, le serviteur d’Elisée, se servit du
nom de celui-ci, d’une façon malhonnête, lorsqu’il courut
derrière Naaman. Au nom d’Elisée, il se procura des richesses,
mais s’attira aussi une malédiction en raison de la bassesse de son
comportement.
Un employé digne de confiance se sert souvent du nom de
son employeur. Il manipule de grosses sommes d’argent comme
si elles lui appartenaient.
Cependant, il ne peut faire cela qu’aussi longtemps qu’on le
croira digne d’une telle confiance. Cela va de soi qu’il emploie
cet argent pour son maître et non pour lui-même. Tout notre
argent appartient à notre Maître Jésus-Christ.
Nous pouvons aller vers Dieu, au nom de Jésus, et demander de
l’aide, si nous utilisons pour Sa gloire tout ce que nous recevons.
Lorsque je veux toucher un chèque qui a été établi à mon
intention, l’employé de banque est satisfait si la signature du client
est authentique et si je suis la personne autorisée à recevoir cet
argent. Il ne demande pas de références sur mon caractère. Il n’a
aucun droit de se renseigner pour savoir si je mérite de recevoir la
somme en question, ou si l’on me croit capable de bien l’employer.
Il n’en est pas ainsi en ce qui concerne la Banque du Ciel. Or, ceci
est un point de la plus grande importance. Ne nous hâtons pas de
parcourir ce qui doit être dit maintenant. Quand je vais à la Banque
du Ciel, au nom de Jésus, avec un chèque tiré sur les richesses iné-
puisables de Christ, Dieu s’attend alors à ce que je sois un cligne
bénéficiaire — pas « digne » dans le sens que je puisse mériter ou
exiger quelque chose du Dieu saint, mais « digne » dans le sens que
je ne recherche pas le don pour ma propre gloire ou mon intérêt
personnel, mais uniquement pour la gloire de Dieu. Autrement, je
prie et ne recevrai lien. « Vous demandez et vous ne recevez pas, parce que
vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions » (Jacques 4 : 3).
Le grand banquier céleste ne paiera pas de chèques si nos motifs
ne sont pas bons. N’est-ce pas la raison pour laquelle tant de
croyants prient en vain ? Le nom de Christ est la révélation de Sa
personne.
Prier « en Son nom » signifie prier en accord avec Sa manière
d’être, comme Son représentant qu’il a envoyé ; cela signifie prier
dans Son esprit et selon Sa volonté, avoir Son approbation à nos
demandes, chercher ce qu’il cherche, et solliciter Son aide pour
pouvoir faire ce que Lui-même aimerait qui soit fait. Nous ne
voulons cependant pas faire cela pour notre propre glorification,
mais seulement pour Sa gloire. Pour pouvoir prier « en Son nom »,
il faut que nos intérêts et buts soient les mêmes que les Siens.
Notre Moi, avec ses buts et désirs, doit être entièrement sous le
contrôle de l’Esprit de Dieu, de façon à ce que notre volonté soit
en parfait accord avec la volonté de Christ.
Nous devons adopter l’attitude de Saint Augustin lorsqu’il
s’écria : « 0 Seigneur, accorde-moi de faire Ta volonté comme si
c’était la mienne, de sorte que Tu puisses ; faire ma volonté
77
comme si c’était Ta volonté ! »
Enfant de Dieu, la prière « en Son nom » semble- t-elle donc, à
cause de cela, devenir quelque chose qui demande trop de notre
part? Ce n’est pas l’intention de notre Seigneur. Il ne se moque pas
de nous ! En parlant du Saint-Esprit, notre Seigneur employa ces
mots : «Le Consolateur... que mon Père enverra en mon nom» (Jean 14:
26). Notre Sauveur désire que nous soyons sous le contrôle du
Saint-Esprit de telle manière à serions agir au nom de Christ. « Car
tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu »
(Romains 8 :14). Or, seuls des enfants peuvent dire : «Notre Père» !
Notre Seigneur a dit de Saul de Tarse : « ... cet homme est un
instrument que j'ai choisi, pour porter mon nom devant les nations, devant les
rois, et devant les fils d’Israël » (Actes 9 :15).
Pas à eux, mais devant eux. Paul s’exprime ainsi : «Il plut à Dieu de
révéler en moi son Fils. » Nous ne pouvons pas plier au nom de Christ
tant que nous n’avons pas porté Son nom devant les hommes. Or,
ceci n’est possible que si nous « demeurons » en Lui et que Ses
paroles demeurent en nous. C’est ainsi que nous en venons à cette
constatation : A moins que le cœur ne soit droit, la prière est
mauvaise. Jésus dit : «Si vous demeurez en moi, et que nies paroles
demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez et cela vous sera accordé»
(Jean 15:7).
Ces trois promesses ont exactement la même signification
— elles expriment les mêmes pensées avec des mots différents.
Considérons-les de plus près :
« Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai » (Jean 14:
13+ 14).
« Demandez ce que vous voudrez (si vous demeurez en moi et que mes
paroles demeurent en vous), et cela vous sera accordé » (Jean 15:7).
«Si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute »
(1 Jean 5 : 14)
Nous pourrions résumer tout cela par les paroles de Jean :
«Quoi que ce soit que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous
gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable» (1
78
Jean 3 : 22). Quand nous faisons ce qu’il nous commande, Il fait ce
que nous demandons ! Écouté Dieu, et Dieu t’écoutera. Ainsi,
notre Seigneur nous donne «procuration» sur Son royaume, le
royaume des cieux, si seulement nous remplissons la condition qui
consiste à demeurer en Lui.

79
Quelle chose merveilleuse est-ce donc là ! Avec combien de
zèle et de sérieux ne devrions-nous pas chercher à connaître Son «
avis », Ses désirs et Sa volonté ! Ne serait-ce donc pas très
surprenant que quelqu’un parmi nous puisse, par son égoïsme,
manquer une telle richesse inépuisable ? Nous savons que la
volonté de Dieu est ce qu’il y a de meilleur pour nous. Nous
savons également que Dieu est animé du grand désir de nous bénir
et de faire de nous des sujets de bénédiction. Nous savons
pertinemment qu’en suivant nos propres inclinations, nous nous
causons des dommages et des blessures, ainsi qu’aux êtres que
nous aimons. Nous savons que le fait de nous détourner de Sa
volonté nous apporte le malheur. O enfant de Dieu, pourquoi ne
Lui faisons-nous pas pleinement confiance ? Ici, nous sommes
encore une fois confrontés avec la vie de sanctification. Cela nous
permet de voir très clairement que l’appel de notre Sauveur à la
prière est simplement un appel à la sanctification. « Soyez saints »,
car sans la sanctification, personne ne peut voir le Seigneur, et la
prière ne peut être efficace.
Quand nous confessons « n’avoir jamais reçu de réponse à nos
prières », nous ne condamnons pas Dieu ou Ses promesses, ou la
puissance de la prière, mais nous-mêmes. En ce qui concerne notre
vie spirituelle, il n’y a pas de plus grand test que la prière.
Quiconque essaye de prier, découvre très rapidement où il en est
selon le jugement de Dieu.
Tant que nous ne menons pas une « vie victorieuse », nous ne
pouvons pas prier « au nom » de Christ, et notre vie de prière est
obligatoirement faible, instable, et bien souvent infructueuse.
En effet, « en Son nom » doit être « selon Sa volonté ».
Pouvons-nous toutefois connaître Sa volonté ? Certainement ! Paul
ne dit pas seulement : envous les
sentiments qui étaient en Jésus-Christ » (Philippiens 2: 5) ; il déclare avec
hardiesse : « Nous avons la pensée de Christ » (1 Corinthiens 2: 16).
Nous devrions par conséquent être en mesure de discerner la
volonté de Dieu, mais comment ? Rappelons-nous « que l’Eternel
communique ses pensées secrètes à ceux qui le craignent» (Psaume 25 :14).
En premier lieu, nous ne pouvons pas nous attendre à ce que
Dieu nous révèle Sa volonté avant que nous ne nous préoccupions
de la connaître et ayons l’intention de la faire. Le discernement de
la volonté de Dieu et l’accomplissement de celle-ci doivent aller de
pair. Nous avons tendance à vouloir connaître la volonté de Dieu,
afin de pouvoir ensuite décider si nous acceptons de Lui obéir ou
non. Une telle attitude amène le désastre. «Si quelqu’un veut faire la
volonté de Dieu, il saura si mon enseignement vient de lui ... » (Jean 7 : 17).
La volonté de Dieu est révélée dans Sa parole, dans l’Écriture
sainte. Nous pouvons être sûrs que tout ce qu’il promet dans Sa
parole est selon Sa volonté. Par exemple, je peux avec confiance
demander la sagesse, car Sa parole dit: «Si quelqu’un ... manque de
sagesse, qu’il la demande à Dieu ... et elle lui sera donnée» (Jacques 1:5).
Nous ne pouvons pas être des hommes et des femmes dont les
prières sont exaucées, tant que nous n’étudions pas la parole de
Dieu pour y découvrir Sa volonté à notre égard. Cependant,
l’Esprit de Dieu est d’une grande aide en ce qui concerne la prière.
Lisons donc de nouveau les merveilleuses paroles de Paul : «De
même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce
que nous devons demander pour prier comme il convient. Mais l'Esprit lui-
même intercède par des soupirs inexprimables ; et celui qui sonde les cœurs
connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’ ’il
intercède en faveur des saints » (Romains 8 : 26 + 27). Quelles paroles
réconfortantes !
L’ignorance et la faiblesse dans la prière peuvent en effet être une
bénédiction si elles nous poussent vers le Saint-Esprit. Béni soit le
nom du Seigneur Jésus ! Nous n’avons pas d’excuse : nous devons
prier, et nous pouvons prier. Rappelons-nous que le Père céleste a
promis de donner le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent (cf.
Luc 11 :13) — et de « bonnes choses » également (cf. Matthieu
7:11).
Enfant de Dieu, tu as souvent prié. Sans aucun doute as- tu
bien des fois déploré ta faiblesse et ta tiédeur dans la prière, mais
81
as-tu vraiment prié « en Son nom » ?
C’est justement quand nous avons échoué et ne savons pas «ce
que nous devons demander» ou « prier comme il convient » que le Saint-
Esprit, selon la promesse, vient en tant qu’ « aide ».
Ne vaut-il pas la peine de se livrer entièrement et de tout son
cœur à Christ ? Le chrétien partagé n’est pas d’une grande utilité
— non seulement pour Dieu, mais aussi pour les hommes. Dieu
ne peut se servir de lui ; les hommes ne peuvent pas non plus
l’employer et le considèrent comme un hypocrite. Un péché que
nous admettons dans notre vie nous fait perdre immédiatement
notre aptitude au service et notre joie, tout en enlevant à la prière
sa puissance.
Bien-aimés, nous envisageons maintenant la grâce et la gloire
de notre Seigneur Jésus-Christ sous un nouvel aspect. Il accepte et
attend de partager avec nous non seulement Sa gloire, mais aussi
Sa grâce. Il veut faire de nous des canaux de bénédiction. Ne
devrions-nous pas adorer Dieu avec humilité et sincérité et nous
écrier avec ferveur et zèle : «Seigneur! Que ferai-je ?» (Actes 22:10), et
le faire ensuite dans la force de Sa puissance ?
Paul adressa un jour cette prière au ciel : « Que ferai- je ? »
Quelle réponse obtint-il alors ? Ecoutez ! Dans une exhortation
aux croyants en tous lieux, il fait savoir ce qu’elle signifia pour lui
et devrait signifier pour nous : « Bien-aimés, revêtez-vous . . . d e
miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience ; . . . mais par-dessus
toutes ces choses revêtez-vous de la charité .. .Et que la paix de Christ... règne
dans vos cœurs ... que la parole de Christ habite parmi vous abondamment...
en toute sagesse. .et quoi que vous fassiez en parole ou en œuvre, faites tout au
nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père
» (Colossiens 3 : 12-17).
C’est seulement quand nous faisons tout en Son nom qu’il fait
aussi tout ce que nous demandons en Son nom.
DEVONS-NOUS NOUS TOURMENTER ?
La prière ne peut être mesurée ni à sa durée, ni à son degré
82d’intensité. Des âmes sincères, qui lisent de la littérature sur des
hommes comme « Hyde priant », demanderont peut-être avec
anxiété : « Attend-on de moi que je prie pareillement ? »
Elles entendent parler d’autres croyants qui restent parfois
toute la journée, ou la nuit entière, à genoux devant Dieu, refusant
toute nourriture et méprisant le sommeil, pendant qu’ils prient et
prient et prient. Elles se posent naturellement cette question : «
Devons-nous faire la même chose ? Sommes-nous tous dans
l’obligation de suivre leur exemple ? » Rappelons-nous que ces
hommes de prière ne fixaient pas à l’avance le temps pendant
lequel ils voulaient prier. Leurs prières duraient si longtemps,
parce qu’ils ne pouvaient cesser de prier.
Certains pensent peut-être qu’avec ce qui figure aux chapitres
précédents, j’ai insinué qu’ils devraient suivre ces exemples.
Enfant de Dieu, ne laisse aucune de ces pensées — ou craintes ?
— te tourmenter. Sois simplement prêt à faire ce qu’il veut de toi
— ce qu’il t’amène à faire. Réfléchis et prie à ce sujet. Jésus nous
demande d’adresser des prières à notre
Père céleste qui nous aime. Ne chantons-nous pas quelquefois «
Oh, quel amour ! » ? Nous ne pouvons pas sonder cet amour.
La prière ne nous est pas donnée comme un fardeau à porter,
ou comme un devoir ennuyeux que nous devons remplir. Elle doit
au contraire être pour nous une joie et une force sans limite. Elle
nous est donnée afin que « nous trouvions grâce, pour être secourus au
moment opportun » (Hébreux 4:16). Or, chaque moment est un «
moment opportun » où nous avons besoin d’être secourus. « Priez
! » ressemble bien davantage à une invitation à suivre qu’à un ordre
auquel nous devons obéir. Est-ce une corvée, pour un enfant,
d’aller vers son père pour lui demander une faveur ? Ah, comme
un père aime son enfant et cherche à lui faire le plus grand bien !
Comme il met le petit à l’abri des soucis, de la souffrance et du
malheur ! Notre Père céleste nous aime infiniment plus que
n’importe quel père terrestre. Le Seigneur Jésus nous aime
infiniment plus que n’importe quel ami terrestre. Que Dieu me
pardonne si l’une de mes paroles sur ce thème aussi précieux 83 que
celui de la prière a blessé le cœur ou la conscience de ceux qui
aspirent à en savoir davantage sur la prière. « Votre Père céleste
s a i t . . . » , Dit notre Seigneur; et s’il le sait, nous pouvons alors
avoir pleinement confiance ; nous n’avons plus besoin d’avoir
crainte.
Il se peut qu’un maître d’école réprimande un élève en raison
d’un devoir qui manque, de ses retards, ou bien de ses fréquentes
absences ; mais le bon père, qui est à la maison, connaît mieux la
situation. Il est au courant des services que le petit garçon rend
avec beaucoup de dévouement dans le milieu familial où règnent la
maladie et la pauvreté. De même, notre Père dans les cieux, que
nous aimons et qui nous aime, sait tout à notre sujet. Il voit et sait
le peu de loisir que certains d’entre nous ont pour des moments de
prière prolongés.
A certains d’entre nous, Dieu procure peut-être du temps. Il
nous fait nous reposer (cf. Psaume 23 : 2), pour que nous
apprenions à tourner nos regards vers Lui. Même alors, la faiblesse
corporelle nous empêche peut-être souvent de prier longuement.
Cependant, je me demande si — tout aussi importantes et
raisonnables que puissent être nos excuses — nous accordons
assez de réflexion à la prière. Certains d’entre nous ont le devoir de
prier beaucoup. Il se peut que l’on prenne modèle sur nous en tant
que chefs spirituels; nous sommes peut-être responsables du bien-
être spirituel et de l’éducation d’autres personnes. Que Dieu nous
préserve de pécher contre le Seigneur en ne priant pas assez pour
ceux qui nous ont été confiés (cf. 1 Samuel 12 : 23). Oui, c’est
parfois tout simplement notre tâche — et même la tâche de notre
vie — de prier. D’autres ont des amis qui ne connaissent pas
encore Jésus comme leur Ami. Ils ne peuvent faire autrement que
de prier pour eux. Quand nous sommes responsables d’âmes, nous
ne demandons jamais : « Combien de temps dois- je prier ? »
Cependant, comme nous connaissons bien les difficultés qui
menacent la vie de prière de nombreux croyants ! Pendant que
j’écris, j’ai devant moi une petite pile de lettres. Elles sont, il est
84
vrai, pleines d’excuses, d’aimables protestations et de raisons
plausibles ; mais n’ont-elles été écrites que pour cela ? Non ! Non !
Loin de là ! Dans chacune d’elles, on perçoit un profond désir de
vouloir connaître la volonté de Dieu, et de savoir comment suivre
l’appel à la prière au milieu des innombrables exigences de la vie.
Ces lettres parlent de nombreuses personnes qui n’ont pas la
possibilité de s’isoler dans les moments de prière secrète, et de
celles qui doivent même partager leur chambre à coucher avec
d’autres; de mères, jeunes filles, et ménagères affairées qui savent à
peine comment venir à bout de leurs interminables lessive et
cuisine, raccommodage et nettoyage, courses et autres obligations;
de travailleurs fatigués qui sont trop las pour prier quand le travail
de la journée est achevé.
Enfant de Dieu, notre Père céleste sait tout cela. Il n’est pas
surveillant. Il est notre Père. Si tu n’as pas de temps pour la prière,
ou pas la possibilité de te retirer pour prier en secret, pourquoi ne
pas le Lui dire tout simplement ? — Tu découvriras à cette
occasion que tu pries.
Ne devrions-nous pas faire connaître la prodigieuse vie de
prière de Paul à tous ceux qui semblent n’avoir aucune possibilité
de s’isoler, qui n’ont même pas l’occasion de se réfugier dans une
église, pour y passer quelques instants dans le silence ? Avons-nous
jamais réalisé qu’il était en prison, quand il mit par écrit la plupart
de ces merveilleuses prières que nous possédons de lui ?
Imaginons-le ! Enchaîné jour et nuit à un soldat romain, il n’était
seul à aucun moment. Epaphras était là une partie du temps et il
eut un aperçu de la passion de son maître pour la prière. Il se peut
que Luc ait été là lui aussi. Quelles réunions de prière ! L’occasion
de prier en secret ne se présentait jamais. Non ! Mais combien
devons- nous à l’élévation de ces mains liées... Même si toi et moi
ne sommes jamais ou très rarement seuls, nos mains, au moins, ne
sont pas liées avec des chaînes ; nos cœurs ne sont pas enchaînés et
nos lèvres non plus.
Pouvons-nous trouver du temps pour la prière ? Je peux me
85
tromper, mais je crois qu’en ce qui concerne la plupart d’entre nous
— peut-être même chacun de nous
— ce n’est pas la volonté de Dieu que tant de temps soit
passé en prière, que nous nuisons à notre santé physique par une
insuffisance de nourriture ou de sommeil. Pour beaucoup, une
faiblesse physique est ce qui les empêche de rester longtemps dans
un esprit de prière intensive.
La position dans laquelle nous prions a peu d’importance ;
Dieu nous écoutera — que nous soyons à genoux, debout, assis, en
train de marcher ou de travailler.
Néanmoins, je sais très bien que beaucoup ont attesté le fait
que Dieu donne assez souvent une force spéciale à ceux qui
réduisent leurs heures de repos pour pouvoir prier davantage.
Pendant un certain temps, l’auteur a essayé de se lever très tôt le
matin — à savoir, tous les matins — pour prier et chercher la
communion avec Dieu. Quelque temps après, je constatai que cela
portait atteinte à l’intensité et au résultat de mon travail journalier,
et qu’il m’était difficile de rester éveillé en début de soirée !
Cependant, prions-nous autant que nous le voudrions? C’est pour
moi un regret permanent d’avoir laissé passer les jours de la
jeunesse et de la vigueur, sans avoir davantage mis à profit ces
heures de prière, tôt le matin.
Le commandement inspiré : « Priez sans cesse» (1 Thessaloniciens
5 :17) est suffisamment clair. Notre Seigneur a dit : ce que l’on devait
toujours prier et ne pas se relâcher» (Luc 18:1).
Ceci ne peut toutefois signifier que nous devions nous trouver
continuellement à genoux. J’ai la conviction que Dieu ne désire pas
nous voir négliger le travail que notre devoir exige, afin de prier.
Cependant, il est également certain que nous pourrions mieux
travailler et aussi davantage, si nous accordions un peu moins de
temps au travail et plus à la prière. Travaillons bien. Il faut que
nous ayons « du zèle, et non de la paresse » (Romains 12:11). Paul dit:
«Nous vous exhortons, frères, à progresser encore, et à . . . vous occupez de vos
propres affaires, et à travailler de vos mains... en sorte que vous vous conduisiez
86
honnêtement.e t que vous n’ayez besoin de personne » (1 Thessaloniciens 4:10-
12). «Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus » (2
Thessaloniciens 3 :10).
Cependant, n’y a-t-il pas toujours, dans le courant de la
journée, des occasions « d’élever des mains saintes » — ou au moins,
des cœurs saints — en adressant des prières à notre Père ?
Saisissons-nous l’occasion, chaque jour, quand nous ouvrons les
yeux, de louer et d’adorer notre Seigneur ? Pour les chrétiens,
chaque jour est un jour de Pâques. Nous pouvons plier pendant
que nous nous habillons. Sans aide- mémoire, nous l’oublierons
souvent. Colle un morceau de papier dans un coin de ton miroir,
portant ces mots : « Priez sans cesse. » Fais-en l’expérience.
Souvent, il est possible de prier entre les différentes tâches. Nous
pouvons prier pendant que nous travaillons. Le lavage et les
écritures, le raccommodage et les soucis, la cuisine et le nettoyage,
iront alors beaucoup mieux !
Est-ce que les jeunes enfants, tout comme les plus grands, ne
travaillent et ne jouent pas mieux quand l’un de leurs parents les
observe avec amour ? N’est-ce pas une aide pour nous de penser
que le Seigneur Jésus est toujours avec nous et nous observe ? Pas
seulement cela, Il nous aide aussi. Le seul fait d’avoir conscience
que Son regard est sur nous, nous donne l’assurance de Sa
puissance en nous. N’est-ce pas aussi notre avis que Paul pensait à
ce genre de prière constante et non à-des moments de prière fixes,
quand il disait : «Le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien ; mais
en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu, avec des actions de grâces »
(Philippiens
4 : 5 + 6) ? « En toutes choses » ne signifie-t-il pas que nous
devions, au fur et à mesure que les choses nous arrivent, de
moment à moment, en faire un sujet de prière et louer le Seigneur
qui est proche ? (Pourquoi devrions-nous limiter ce « proche » à
l’avènement de jésus ? )
Sir Thomas Browne, un médecin réputé, avait acquis cet esprit
de prière. Il fit le vœu de plier dans tous les lieux où le calme l’y
87
inviterait; dans chaque maison, sur chaque route ou chemin. Il ne
fallait pas qu’il y ait, dans toute la ville, une rue qui ne puisse
témoigner qu’il n’avait pas oublié Dieu et son Sauveur. Il ne fallait
pas non plus qu’il y ait une ville ou un village dans lesquels il soit
allé et qui ne puissent rendre le même témoignage. Il voulait saisir
l’occasion de prier à chaque fois qu’il apercevrait une église en
passant à cheval ; de prier journellement et pour chacun de ses
malades en particulier, de même que pour toutes les personnes
malades, quel que soit le médecin qui les soigne. En entrant dans la
maison d’un malade, il voulait dire : « La paix et la miséricorde de
Dieu soient dans cette maison. » Après chaque prédication, il
voulait se recueillir, afin de demander la bénédiction de Dieu et
prier pour le pasteur.
Cependant, il faut se demander si cette communion constante
avec notre Seigneur est possible si on n’observe pas des moments
de prière fixes — qu’ils soient courts ou longs ; et qu’en est-il de
ces moments de prière ? Nous avons dit précédemment que prier
était un acte aussi simple que celui d’un petit enfant demandant
quelque chose à son père. Une telle remarque n’aurait certes pas
besoin d’autres explications, si cela n’était rendu nécessaire par
l’existence du malin.
Il ne fait absolument aucun doute que le diable s’oppose à ce
que nous nous tournions vers Dieu en priant ; et il fait tout ce qu’il
peut pour empêcher la prière de la foi. Le moyen qu’il emploie en
général pour nous détourner de cela est de remplir notre esprit
avec la pensée de nos besoins, de sorte que nous ne soyons plus
occupés par la pensée de Dieu, notre Père, à qui nous adressons
nos prières. Le diable veut que nous pensions davantage au don
qu’au Donneur. A peine avons- nous dit : « 0 Dieu, bénis mon
frère », que déjà nous nous laissons absorber par la pensée du frère,
de ses affaires et de ses difficultés, de ses espoirs et de ses craintes
— et la prière s’arrête !
Que le diable nous rend difficile de nous concentrer sur Dieu !
C’est aussi la raison pour laquelle nous exhortons les gens à se faire
88
une idée de la gloire, de la puissance et de la présence de Dieu,
avant qu’ils ne Lui exposent l’objet de leur demande. Si le diable
n’existait pas, il n’y aurait pas non plus de difficulté. C’est en effet
le but principal du malin de rendre la prière impossible. Voilà
pourquoi nous trouvons si difficile de partager l’avis de ceux qui
déclarent condamner ce qu’ils appellent « de vaines répétitions » et
« beaucoup de paroles »
— pour parler dans les termes du sermon sur la montagne.
Un éminent pasteur londonien a dit un jour : « Dieu ne veut
pas que nous gaspillions Son temps et le nôtre avec de longues
prières. Nous devons être méthodiques dans nos rapports avec
Dieu, et Lui dire clairement et brièvement ce que nous voulons,
puis laisser l’affaire où elle en est. » Mais alors, notre ami voudrait-
il dire que la prière ne sert qu’à faire connaître nos besoins à Dieu ?
Si c’est tout ce qu’elle englobe, nous n’avons vraiment pas besoin
de la prière ! « Car votre Père céleste sait de quoi vous avez besoin, avant que
vous le lui demandiez » > notre Seigneur, en exhortant cependant Ses
disciples à prier.
Nous savons que Christ Lui-même a condamné certaines «
longues prières » (Matthieu 23 : 14), mais il s’agissait de longues
prières faites par «hypocrisie» et «pour l’apparence » (Luc 20 : 47). Chers
frères qui priez, croyez- moi, le Seigneur condamnerait
pareillement beaucoup de nos «longues prières» faites chaque
semaine dans nos réunions de prière — des prières qui tuent
l’esprit de prière et se terminent en donnant l’illusion que Dieu est
disposé à entendre ces « faibles soupirs » et « paroles indignes ».
Dieu ne condamne cependant pas les longues prières quand
elles sont sincères. N’oublions pas que notre Seigneur a passé des
nuits entières à prier — la Bible fait le récit de l’une de ces nuits —
mais nous ne connaissons pas la fréquence avec laquelle elles se
répétèrent (cf. Luc 6:12). Quelquefois, « vers le matin ... », Il se levait
et allait dans un lieu désert, pour prier (cf. Marc 1 : 35). Lui,
l’homme parfait, passait davantage de temps en prière que nous. Il
paraît indubitable qu’avec les saints de Dieu, à toutes les époques,
89
les nuits de prière en communion avec Dieu ont été suivies par des
jours de puissance devant les hommes.
Contrairement à ce que nous pourrions penser dans notre
ignorance, Jésus ne s’est pas libéré de la prière, bien qu’il ait dû
répondre aux pressants appels de son ministère et apporter Son
aide en d’innombrables occasions. Après l’une de ces journées très
chargées, au temps où Sa popularité avait atteint son apogée, alors
que tout le monde recherchait Son contact et Son conseil, Il tourna
le dos à tous et se retira sur une montagne, pour y prier (cf.
Matthieu 14:23). Il nous est fait le rapport suivant : «... les gens
venaient enfouie pour l’entendre et être guéris de leurs maladies. » Puis vient
la remarque : «Et lui, il se retirait dans les déserts, et priait» (Luc 5:15 +
16). Pourquoi ? Parce qu’il savait que la prière était beaucoup plus
efficace que le « service ».
Nous disons que nous avons trop de travail pour prier.
Pourtant, plus notre Seigneur était occupé, plus Il priait. Parfois, Il
n’avait pas assez de temps libre pour pouvoir manger (cf. Marc 3 :
20), et il Lui arrivait d’avoir à peine le temps de prendre le repos et
le sommeil nécessaires (cf. Marc
6 : 31). Cependant, Il prenait toujours le temps de prier. Si la prière
fréquente et parfois de longues heures de prière étaient nécessaires
à notre Seigneur, comment pourrions-nous alors en avoir moins
besoin ?
Je n’écris pas pour persuader les gens d’adopter mon opinion;
ce serait une piètre affaire. Pour nous, c’est la vérité qui importe.
Spurgeon a dit un jour :
« Cela ne nous sert à rien de <tâter le terrain> et de ne pas dire
clairement au Seigneur ce que nous désirons recevoir de Sa
main. Il n’est pas non plus opportun de faire de belles phrases :
demandons à Dieu, de la manière la plus simple et la plus
directe, ce que nous désirons. Je crois aux (prières d’affaires> ;
je veux dire par là des prières dans lesquelles nous présentons à
Dieu l’une des nombreuses promesses qu’il nous a faites dans
Sa parole, en nous attendant à ce qu’elle soit réalisée aussi
90
certainement que nous touchons de l’argent à la banque, pour
un chèque. Il ne nous viendrait, certes, jamais à l’esprit d’y aller,
de nous pencher avec nonchalance au- dessus du comptoir, et
de parler avec l’employé de banque de toutes sortes de choses,
sauf du motif réel de notre déplacement, et de nous en aller
ensuite sans l’argent dont nous avons besoin. Nous
présenterions bien au contraire à l’employé l’ordre selon lequel
une certaine somme doit être versée au porteur, et nous lui
dirions alors de quelle façon nous voulons toucher le montant.
Après avoir obtenu la somme, nous irions notre chemin pour
traiter d’autres affaires. C’est une illustration exacte de la
méthode suivant laquelle nous pouvons, avec certitude,
recevoir de l’aide de la Banque du Ciel. »
N’est-ce pas merveilleux ?
Mais... ? Soyons clairs et résolus dans nos prières. Avant tout,
mettons de côté l’éloquence — si nous avons tendance à cela !
Evitons tout « bavardage » inutile et venons dans la plénitude de la
foi, en nous attendant à recevoir.
Cependant, est-ce qu’un employé de banque me remettrait
l’argent au guichet, si j’avais à côté de moi un voyou vigoureux, de
mauvaise allure et bien armé, qu’il supposerait être un dangereux
criminel n’attendant que de s’emparer de l’argent avant que mes
faibles mains puissent le prendre ? On se l’imagine mal ! La Bible
nous enseigne que Satan peut empêcher nos prières d’une manière
ou d’une autre et en retarder l’exaucement. Pierre ne s’empresse-t-
il pas d’attirer l’attention des chrétiens sur certaines choses, afin
qu’elles ne puissent pas «faire obstacle à leurs prières » ? (1 Pierre 3:7).
Nos prières peuvent être empêchées ! «Le malin vient et enlève ce qui a
été semé dans son cœur» (Matthieu 13 :19).
La Bible nous donne un exemple — probablement un parmi
beaucoup d’autres — où le malin retint — retarda de trois
semaines — l’exaucement d’une prière ! Nous ne mentionnons
cela que pour montrer la nécessité de renouveler la prière et de
prier avec persistance.
91
Nous renvoyons à Daniel 10:12 + 13: «Daniel, ne crains point ;
car dès le premier jour où tu as eu à cœur de comprendre, et de f humilier
devant ton Dieu, tes paroles ont été entendues, et c’est à cause de tes paroles
que je viens. Le chef du royaume de Verse m’a résisté vingt et un jours ; mais
voici, Micaël, l’un des principaux chefs, est venu à mon secours... »
Nous ne devons pas fermer les yeux sur cette opposition
satanique faisant obstacle à nos prières. Si nous devions nous
contenter de demander à Dieu, une seule fois, quelque chose qui
nous a été promis, ou que nous jugeons nécessaire, ces chapitres
n’auraient jamais été écrits. Ne devrions-nous jamais renouveler
les demandes que nous faisons à Dieu ? Je sais, par exemple, que
Dieu ne veut pas la mort du pécheur. C’est pourquoi j’ai la
hardiesse de prier ainsi : « 0 Dieu, sauve mon ami !» Ne devrais-je
donc jamais prier de nouveau pour sa conversion ? Georg Müller
pria chaque jour — et souvent —, pendant soixante ans, pour la
conversion d’un ami. Quel éclaircissement la Bible donne-t-elle
donc sur les prières d’un genre « propre aux affaires » ?
Notre Seigneur nous a donné deux paraboles pour nous
enseigner la persistance et la persévérance dans la prière. L’homme
qui, à minuit, alla demander trois miches de pain à son ami, obtint
ce dont il avait besoin, «à cause de son insistance»
— ou «persistance», c’est- à-dire, de son « import unité », au sens
littéral du mot (cf. Luc 11 : 8). La veuve qui «importuna» le juge
inique « en venant sans cesse », finit par obtenir son droit. Notre
Seigneur ajoute : «Et Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui ment- à lui
jour et nuit, et tardera-t-il à leur égard ? » (Luc 18:7).
Combien notre Seigneur s’est réjoui à propos de la pauvre
femme cananéenne qui ne voulut pas accepter comme réponse les
refus et le fait d’être renvoyée ! A cause de l’insistance qu’elle mit à
demander toujours,
Il dit : «O femme, ta foi est grande ; qu’il te soit fait comme tu veux ! »
(Matthieu 15 : 28). Même notre Seigneur, dans son angoisse, à
Gethsémané, trouva nécessaire de redire plusieurs fois Sa prière :
«Il les quitta, et, s’éloignant, il pria pour la troisième fois, répétant les mêmes
92
paroles » (Mat 26 : 44). De même Paul, l’apôtre de la prière,
demanda plusieurs fois à Dieu de lui retirer l’écharde qu’il avait
dans la chair : « Trois fois j’ai prié le Seigneur de l’éloigner de moi» (2
Corinthiens 12 : 8).
Dieu ne peut pas toujours nous accorder immédiatement ce
que nous demandons. Parfois, nous ne sommes pas aptes à
recevoir le don. Quelquefois II dit «Non» pour nous donner
quelque chose de beaucoup mieux. Pensons aux jours que Pierre a
passés en prison. Si notre fils était emprisonné injustement,
s’attendant à devoir mourir d’un moment à l’autre, nous
contenterions-nous alors (ou pourrions-nous nous contenter)
d’adresser une seule fois une prière d’un genre « propre aux
affaires » en disant : « O Dieu, délivre mon enfant des mains de ces
hommes ! »? Ne nous mettrions-nous pas à prier abondamment et
avec ferveur ?
C’est précisément de cette façon que l’Église pria pour Pierre.
«L’Eglise faisait sans cesse des prières à Dieu pour lui» (Actes 12: 5). En
étudiant la Bible, nous pouvons constater qu’un traducteur dit
«sans cesse», alors que les autres traduisent par «ferveur ». Le Dr.
Torrey fait observer qu’aucune de ces traductions ne donne toute
la force de l’expression grecque. L’expression signifie littéralement
« avec intensité » ou « avec de grands efforts ». Il montre l’âme sous la
tension d’un désir profond et intense. On intercède intensément
pour Pierre. Le même mot est employé en ce qui concerne notre
Seigneur luttant à Gethsémané : «Etant en agonie, il priait plus
instamment, et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang, qui tombaient
à terre » (Luc 22 : 44).
C’était une sérieuse lutte, oui, l’agonie même, alors qu’il priait.
Qu’en est-il au sujet de nos prières ? Nous sentons- nous poussés à
lutter dans la prière ? Beaucoup de saints appelés par Dieu disent :
«Non !», craignant qu’une telle lutte ne révèle un grand manque de
foi. Cependant, la plupart des expériences que notre Seigneur a
faites seront faites par nous aussi. Nous sommes crucifiés avec
Christ et ressuscités avec Lui. Ceci ne suscite- t-il pas en nous le
93
désir de sauver des âmes ?
Revenons à nos expériences humaines. Pouvons- nous faire
autrement que de lutter dans la prière pour des enfants aimés qui
vivent dans le péché ? Je me demande si un être peut porter la
responsabilité pour des âmes — avoir de la passion pour des âmes
—, sans éprouver le besoin de prier instamment.
N’allons-nous pas alors, comme John Knox, nous écrier : « 0
Dieu, donne-moi l’Écosse — ou je meurs ! » ?
Ici, la Bible nous aide de nouveau. N’était-ce pas une sérieuse cure
d’âme et une lutte dans la prière, quand Moïse s’adressa à Dieu en
disant : «Ah ! Ce peuple a commis un grand péché. Ils se sont fait un dieu
d’or. Pardonne maintenant leur péché ! Sinon, efface- moi de ton livre que tu as
écrit» (Exode 32: 32).
N’était-ce pas une lutte dans la prière, lorsque Paul dit : « Je
voudrais — (prie pour...) — être moi-même anathème et séparé de Christ
pour mes frères... » (Romains 9 : 3) ?
Nous pouvons, en toute circonstance, être absolument sûrs
que notre Seigneur, qui pleura sur Jérusalem et «présenta avec de
grands cris et avec des larmes des prières et des supplications » (Hébreux 5 :
7), ne sera pas offensé s’il nous voit pleurer à propos d’égarés.
Non, ne se réjouira-t-Il pas plutôt en voyant notre tristesse à cause
du péché qui l’offense ? Le nombre insignifiant de conversions,
dans tant de ministères, n’est-il pas dû en réalité au manque de
lutte dans la prière ?
Oh, comme nos cœurs sont souvent froids ! Que nous nous
soucions peu de ceux qui sont perdus ! Oserons-nous critiquer les
hommes et les femmes qui éprouvent une vive inquiétude à l’égard
des pécheurs en train de se perdre ? Dieu défendrait-Il cela ? Non,
il existe une telle lutte dans la prière
— certainement pas parce que Dieu n’est pas disposé à nous
exaucer — mais à cause des «princes de ce monde de ténèbres »
(Ephésiens 6:12 ).
Le véritable mot, traduit ici par « lutte » dans la prière, signifie à
peu près « rivalité ». Le combat n’est pas à mener entre Dieu et
94
nous ; Il est Un avec nous dans nos efforts. Le combat est dirigé
contre le diable, bien qu’il soit un ennemi vaincu (cf. 1 Jean 3 : 8).
Il désire contrecarrer nos prières.
« Car nous n \ 'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre
les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres,
contre les esprits méchants dans les lieux célestes» (Ephésiens 6:12). Nous
sommes, nous aussi, dans ces «lieux célestes en Chris» (Ephésiens 1
:3), et c’est seulement en Christ que nous pouvons obtenir la
victoire. Notre lutte peut être un combat intérieur, de sorte que
nous ne nous laissions pas aller à suivre les suggestions de Satan et
gardions nos pensées fixées sur Christ, notre Sauveur. — Cela
signifie non seulement veiller, mais aussi prier (cf. Ephésiens 6:18);
«veiller pour prier».
Nous sommes réconfortés par le fait que «l’Esprit nous aide dans
notre faiblesse; car nous ne savons pas ce qu'il nous convient de demander pour
prier comme il faut » (Romains 8:26).
De quelle manière l’Esprit peut-il nous aider et nous enseigner,
si ce n’est par des exemples et des préceptes. Comment l’Esprit «
prie »-t-il ? «L’Esprit lui-même intercède par des «soupirs inexprimables »
(Romains 8 : 26). L’Esprit lutte-t-Il en priant, comme le fit jadis le
Fils, à Gethsémané ?
Si l’Esprit prie en nous, ne devrions-nous pas avoir part à Ses «
soupirs » dans la prière ? Et si notre lutte dans la prière affaiblit en
même temps notre corps, les anges ne viendront- ils pas alors nous
fortifier comme ils le firent pour notre Seigneur ? (cf. Luc 22 : 43).
Il se peut que — comme Néhémie
— nous pleurions, soyons dans la désolation, et que nous
jeûnions, quand nous nous présentons devant Dieu pour prier. «
Mais », demandera peut-être quelqu’un, « le souci provenant de
l’influence divine, en ce qui concerne le péché, et le fait de désirer
ardemment le Salut des autres ne vont-ils pas provoquer en nous
un dur combat qui n’est pas nécessaire, et causer du déshonneur à
Dieu ? »
Cela ne va-t-il pas révéler un manque de foi en les promesses
95
de Dieu ? Il se peut qu’il en soit ainsi. Cependant, il n’y a guère de
doute que Paul — tout au moins quelquefois
— considérait la prière comme un combat (cf. Romains 15 : 30).
Dans son épître aux chrétiens de Colosses, il écrit : « Je veux, en effet,
que vous sachiez combien est grand le combat que je soutiens pour vous .. .et
pour tous ceux qui n’ont pas vu mon visage en la chair, afin qu’ils aient le
cœur rempli de consolation » (Colossiens 2 :1 + 2). Il fait ici, sans aucun
doute, allusion à ses prières pour eux.
Dans un autre passage, Paul parle d’Epaphras comme étant
quelqu’un qui «ne cesse de combattre pour vous dans ses prières, afin que,
parfaits et pleinement persuadés, vous persistiez dans une entière soumission à
la volonté de Dieu » (Colossiens 4:12).
Le mot « combat » employé ici correspond à peu de chose près
à notre mot « agonie ». C’est le même mot qui est utilisé à l’égard
de notre Seigneur quand, priant Lui-même, Il est « en agonie »,
c’est-à-dire en lutte avec la mort (cf. Luc 22 : 44).
Paul dit encore : «Epaphras a une grande sollicitude pour vous »,
c’est-à-dire dans ses prières. Paul le vit prier en prison et fut
témoin du long combat au cours duquel il déploya ses infatigables
efforts en faveur des Colossiens. Comme le gardien auquel Paul
était enchaîné a dû être surpris — profondément impressionné
même —, en observant ces hommes alors qu’ils priaient ! Leurs
paroles, leurs larmes, leurs ardentes supplications, lorsqu’en pliant,
ils élevaient leurs mains liées, doivent avoir été pour lui une
révélation. Que penseraient-ils de nos prières ?
Paul parlait sans doute de sa propre habitude, quand il exhorta
les chrétiens d’Ephèse et d’ailleurs « à faire en tout temps par l’Esprit,
toutes sortes de prières et de supplications, en veillant avec une entière
persévérance, et à prier pour tous les saints, ainsi que pour l u i . . .
ambassadeur dans les chaînes » (Ephésiens 6 :18-20). C’est une image
de sa propre vie de prière, nous pouvons en être sûrs.
La prière rencontre des obstacles que l’on peut éliminer à force
de prier. C’est ce que nous voulons exprimer quand nous parions
d’aller jusqu’au bout de la prière. Nous devons lutter contre les
96
machinations de Satan. Il peut s’agir d’une fatigue ou d’une
douleur physique, de certaines pensées qui persistent à nous
accaparer, ou du doute, ou bien des assauts directs d’armées
spirituelles des ténèbres. Pour nous, comme pour Paul, la prière est
une sorte de combat ou de lutte, tout au moins quelquefois, ce qui
nous oblige à nous réveiller « pour nous attacher à Dieu ».
Aurions-nous tort en osant prétendre que très peu de gens luttent
en priant ? N’en est-il pas ainsi ? Ne doutons cependant jamais de
la puissance de notre Seigneur et de la richesse de Sa grâce.
L’auteur du livre intitulé « Le secret du chrétien pour une vie
heureuse »' raconta à un petit cercle d’amis, juste avant sa mort, un
incident qui s’était produit dans sa vie. Il me sera certainement
permis d’en faire le récit. Une amie qui lui rendait visite
occasionnellement, pour deux ou trois jours, mettait vraiment à
chaque fois son
* Hannah Whitatl Smith (1832-1911) humeur et sa patience à l’épreuve.
Chacune de ces visites demandait une sérieuse préparation à la
prière. Un jour, cette « chrétienne exigeante » décida même de
rester toute une semaine ! L’hôtesse pensa que, dans ces
circonstances, seule une nuit entière de prière pourrait la fortifier
pour cette grande épreuve. Nantie d’une petite assiette de biscuits,
elle se retira de bonne heure dans sa chambre à coucher, pour
passer la nuit à genoux devant Dieu. Elle voulait demander au
Seigneur de lui accorder la grâce de pouvoir rester douce et
aimable pendant toute la durée de la visite attendue. A peine
s’était-elle agenouillée près de son lit, que les paroles contenues
dans Philippiens 4 : 19 lui vinrent à l’esprit : «Dieu pourvoira à tous
vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus- Christ». Toutes ses
craintes se dissipèrent. Elle dit : «Lorsque j’eus pleinement
conscience de cela, je rendis grâce à Dieu et Le louai pour Sa
bonté. Ensuite, j’allai rapidement au lit et dormis toute la nuit. Le
lendemain matin, mon invitée arriva, et sa visite me fit vraiment
plaisir. »
Personne ne peut établir de règle rigide en ce qui concerne la
prière. Seul le Saint-Esprit de Dieu plein de grâce peut ici nous
diriger d’instant en instant. Rappelons-nous maintenant que la
prière est un vaste sujet. Comme l’a dit l’évêque Moule, la vraie
prière peut s’exprimer de la manière la plus diverse.
97
Nous pouvons simplement faire connaître nos besoins à Dieu
(cf. Philippiens 4: 6). Il ne faudrait pas croire que la prière doit
toujours être un conflit et une lutte. En effet, s’il en était ainsi,
beaucoup d’entre nous deviendraient des épaves spirituelles. Nous
aurions des dépressions nerveuses et serions menés de bonne heure
à la tombe.
Beaucoup sont déjà dans l’impossibilité purement physique de
rester longtemps dans la même position pour prier. Le Dr. Moule a
dit :
« La véritable et victorieuse prière est offerte continuellement
sans le moindre effort physique ni dérangement. C’est souvent
dans la plus grande tranquillité du corps et de l’âme qu’elle fait
son plus long chemin. La question a toutefois un autre aspect :
on ne doit jamais concevoir la prière comme une chose
pouvant se faire avec indolence et d’une manière superficielle,
tout aussi simple et confiante qu’elle puisse être. Elle signifie
un échange infiniment important entre Dieu et l’homme, et
c’est pourquoi elle doit très souvent...être considérée comme
un acte impliquant peine, persévérance et lutte, pour qu’elle
soit réellement une prière. »
A cet égard, personne ne peut prescrire quoi que ce soit à
autrui. Nous devons laisser à chacun sa conviction quant à la
manière qu’il juge convenable pour prier. Le Saint-Esprit nous
inspire et nous guide, de sorte que nous savons combien de temps
il nous faut prier. Soyons tous tellement remplis d’amour envers
Dieu, notre Sauveur, que la prière puisse être pour nous, en tout
temps et en tout lieu, aussi bien une joie qu’une grâce.
DIEU EXAUCE-T-IL TOUJOURS NOS PRIÈRES ?
Nous abordons maintenant l’une des plus importantes questions
que l’on puisse poser. Beaucoup dépend de la réponse que nous
pouvons lui donner. Ne craignons pas de répondre à cette question
avec franchise et honnêteté. Dieu exauce-t-Il toujours nos prières ?
Naturellement, nous admettons tous que Dieu exauce la prière —
quelquefois et quelques prières — mais l’exauce-t-il toujours ? Y a-
98
t-il une certitude quelconque en ce qui concerne la prière? Ma
profonde conviction est : Oui, Dieu exauce toujours la prière
sincère. Bien des soi-disant prières ne sont pas exaucées parce qu’il
ne les écoute pas. Lorsque Son peuple se rebella, Il dit : «Quand vous
multiplie\ les prières, je n’écoute pas » (Esaïe 1 : 15). Cependant, un
enfant de Dieu devrait compter sur l’exaucement de ses prières.
C’est dans l’intention de Dieu que chaque prière ait une réponse, et
pas une seule vraie prière ne peut manquer d’avoir sa conséquence
au ciel. Pourtant, la merveilleuse déclaration de Paul : « Tout est à
vous, et vous êtes à Christ» (1 Colossiens 3 : 23) paraît — comme il est
triste de le constater — complètement invraisemblable à la plupart
des chrétiens. Il n’en est toutefois pas ainsi ; tout est à nous, mais
beaucoup d’entre nous n’ont pas ce qu’ils devraient posséder. Les
propriétaires du Mont Morgan, à Queensland, travaillèrent
durement pendant de nombreuses années sur ses flancs arides. Ils
menaient une misérable existence, sans savoir que sous leurs pieds
se trouvait l’une des plus riches mines d’or que le monde ait jamais
connues. Il y avait là une immense richesse dépassant tout ce que
l’on pouvait imaginer, mais faute d’être découverte, elle ne profitait
à personne. Elle leur appartenait et ils ne la possédaient pourtant
pas. Le chrétien, par contre, connaît les richesses de Dieu dans la
gloire en Jésus-Christ, mais il ne semble pas savoir comment les
acquérir.
Notre Seigneur nous dit cependant qu’elles sont à la
disposition de celui qui les demande. Qu’Il nous donne donc à tous
un bon jugement en ce qui concerne les « choses de la prière » !
Tout en disant qu’aucune vraie prière ne reste sans réponse, nous
ne prétendons pas à ce que Dieu nous donne toujours précisément
ce que nous Lui avons demandé. Avons- nous déjà vu des parents
assez insensés pour traiter leurs enfants de la sorte ? Nous ne
donnerions certainement pas un tisonnier chauffé au rouge à notre
enfant même s’il crie pour l’avoir! Les gens riches font souvent très
attention à ne pas donner beaucoup d’argent de poche à leurs
enfants. 99
Si Dieu nous donnait tout ce que nous Lui demandons, pourquoi
ne voudrions-nous pas alors gouverner le monde à Sa place ? Or,
nous devons certainement tous avouer que nous n’en sommes pas
capables. En outre, il ne peut absolument pas y avoir deux
souverains.
La réponse de Dieu à nos prières peut aussi bien être «Oui» que
«Non». Elle peut également signifier «Attends ! » En effet, il est
possible que Dieu envisage pour nous une bénédiction dépassant
de beaucoup ce que nous imaginons, et qui concerne non
seulement notre vie mais encore celle d’autrui. La réponse de Dieu
est parfois « Non ». Ce n’est pas nécessairement la preuve qu’il
existe dans la vie de celui qui prie un péché manifeste ou
intentionnel — bien qu’il puisse très bien s’y trouver un péché
ignoré. Quelquefois, Il dit «Non» à Paul (cf. 2 Colossiens 12 : 8 +
9). Bien souvent, la raison du refus est notre ignorance et notre
égoïsme dans ce que nous demandons, «car nous ne savons pas ce qu’il
nous convient de demander dans nos prières» (Romains 8:26). C’était en
cela que résidait l’erreur commise par la mère des fils de Zébédée.
Elle vint, se prosterna devant le Seigneur et Lui fit une prière.
Cependant, Il s’empressa de lui répondre : « Vous ne savez-pas ce que
vous demande%» (Matthieu 20 : 22). Elie, un grand homme de prière,
obtint parfois un «Non» comme réponse ; mais quand il fut enlevé
vers la gloire, dans un chariot de feu, a-t-il encore regretté que Dieu
ait dit « Non » lorsqu’il s’écria un jour : « 0 Seigneur, prends ma vie » ?
La réponse de Dieu est parfois « Attends ». Ainsi, il est possible
que la réponse tarde parce que nous ne sommes pas encore aptes à
recevoir le don que nous demandons — comme Jacob en lutte, par
exemple. Nous souvenons-nous de la célèbre prière d’Augustin : «
0 Seigneur, rends-moi pur, mais pas maintenant»? Nos prières ne
sont-elles pas quelquefois semblables à celle- là ? Sommes-nous
vraiment toujours prêts à « boire la coupe » — à payer le prix de
l’exaucement de nos prières ? Parfois, Il retarde l’exaucement, afin
qu’il en résulte une gloire d’autant plus grande pour Lui-même.
Les délais de Dieu ne sont pas des refus. Nous ne comprenons
100
pas pourquoi, certaines fois, Il retarde l’exaucement, alors qu’à
d’autres moments, Il répond «avant que nous l’invoquions » (Esaïe 65 :
24).
Georg Millier, l’un des plus grands hommes de prière de tous
les temps, dut prier pendant une période de plus de soixante-
trois ans pour la conversion d’un ami ! Qui pourrait en
donner la raison ? « Le point essentiel est de ne jamais renoncer
avant que la réponse ne vienne », disait Müller. «Voici soixante-
trois ans et huit mois que je prie pour la conversion d’un homme. Il
n’est pas encore converti, mais le sera ! Comment pourrait-il en
être autrement ? Nous avons la ferme promesse de Dieu, et c’est
sur elle que je compte. » Ce délai était-il dû à un empêchement
permanent suscité par le diable ? Etait-ce la conséquence d’un
effort puissant et prolongé de la part de Satan pour ébranler ou
détruire la foi de Georg Millier ? En effet, à peine Georg Müller
était-il mort, son ami se convertit — avant même que l’enterrement
de Georg Müller n’ait eu lieu.
Oui, sa prière fut exaucée, bien que la réponse ait si longtemps
tardé à venir. Tant de prières de Georg Müller ont été accordées à
celui-ci que nous ne sommes pas surpris qu’il se soit un jour écrié :
« Oh, combien II est bon, aimable, compatissant et condescendant,
Celui avec Lequel nous avons affaire ! Je ne suis qu’un homme
pauvre, faible et pécheur, mais II a exaucé des milliers de fois mes
prières. »
Certains demanderont peut-être : « Comment puis-je constater
si la réponse de Dieu est <Non> ou (Attends) ? » Nous pouvons
être sûrs que Dieu ne nous laisse pas plier pendant soixante-trois
ans, pour nous répondre ensuite par un « Non » ! La prière de
Georg Müller, qu’il répéta si longtemps, était basée sur la
connaissance que Dieu « ne veut pas la mort du pécheur» ; «Il veut que
tous les hommes soient sauvés » (1 Timothée 2:4).
Pendant que j’écris, un facteur m’en apporte une illustration. Il
arrive une lettre de quelqu’un qui m’écrit très rarement et ne
connaissait même pas mon adresse —bien que mon nom soit
101
connu de tous les ouvriers du Royaume de Dieu en Angleterre.
Une personne de sa famille, qu’il aime, est atteinte d’une maladie.
Doit- il continuer de prier pour sa guérison ? La réponse de Dieu
est-elle «Non» ou signifie-t-elle : «Continue de prier-attends » ?
Mon ami écrit : « Dieu m’a donné des instructions précises en ce
qui concerne la personne que j’aime ... je me suis retiré dans le
calme, le renoncement et la soumission à Sa volonté. J’ai maintes
raisons de louer Dieu. » Quelques heures plus tard, le Seigneur
rappela à Lui cet être cher, dans la gloire.
De nouveau, nous demandons instamment à nos lecteurs de
rester attachés à cette vérité : La véritable prière ne reste jamais
sans réponse.
Si nous accordions davantage de pensées à nos prières, nous
prierions plus intelligemment. Cela ressemble à une vérité de La
Palisse. Nous disons néanmoins cela, parce que certains chrétiens
semblent mettre leur bon sens et leur raison de côté avant de prier.
Un peu de réflexion montrerait que Dieu ne peut exaucer certaines
prières. Pendant la guerre, chaque peuple priait pour obtenir la
victoire. Pourtant, il est bien évident que tous les peuples ne
pouvaient être victorieux. Il se peut que deux personnes habitant
ensemble prient, l’une pour la pluie, l’autre pour le beau temps.
Dieu ne peut donner les deux choses en même temps et au même
endroit !
Cependant, dans ces questions concernant la prière, la véracité
de Dieu est en jeu. Nous avons tous lu maintes fois les instructions
de notre Seigneur relatives à la prière et avons été presque
stupéfaits à propos de ces merveilleuses promesses, leur portée, la
plénitude de l’intention à laquelle elles sont liées, et l’étendue de ces
mots : « Quelque chose, quoi que ce soit ...» C’est certain ! Dieu est
«vrai» (cf. Romains 3 : 4). Il sera toujours « reconnu pour vrai ».
Ne crains pas de demander aussi à l’auteur si Dieu a exaucé
toutes ses prières. Il ne l’a pas fait. S’il avait dit « Oui » à certaines
d’entre elles, cela aurait apporté la malédiction au lieu de la
bénédiction. L’exaucement d’autres prières était malheureusement
102
impossible du point de vue spirituel — il ne méritait pas les dons
qu’il sollicitait. L’exaucement de certaines autres n’aurait fait que
nourrir la fierté spirituelle et le contentement de soi. Comme tout
cela paraît maintenant simple, à la plus grande lumière du Saint-
Esprit de Dieu !
Lorsque l’on jette un regard en arrière et compare ses prières
pleines d’ardeur et de sérieux avec le misérable service peu
méritoire et le manque de vraie vie spirituelle, on se rend compte
combien il était impossible à Dieu de nous accorder précisément
les choses qu’il désirait ardemment nous donner. Souvent, c’était
comme si on avait demandé à Dieu de verser l’océan de Son amour
dans un cœur pas plus grand qu’un dé à coudre. Pourtant, comme
Dieu désire nous bénir avec tous les biens spirituels ! Le Sauveur
s’écrie maintes et maintes fois : « Combien de fois ai-je voulu ...et vous ne
l’avez pas voulu!» (Matthieu 23 : 37). Ce qu’il y a d’affligeant dans
tout cela, c’est que nous priions souvent et ne recevions rien parce
que nous en sommes indignes, — et que nous nous plaignions
ensuite que Dieu n’exauce pas nos prières ! Le Seigneur Jésus
déclare que Dieu donne le Saint- Esprit - qui nous enseigne
comment prier comme il faut — avec autant d’empressement
qu’un père donne de bonnes choses à ses enfants. Cependant,
aucun don n’est une « bonne chose » si l’enfant n’est pas encore ca-
pable de s’en servir. Dieu ne nous donne jamais quelque chose
dont nous ne pouvons - ou ne voulons - faire usage pour Sa
glorification (Je ne veux pas parler ici des talents, car nous pouvons
en abuser ou les « enterrer », mais des dons spirituels.).
Avons-nous déjà vu un père donner à son petit garçon une
lame de rasoir lorsque celui-ci l’avait demandée, parce qu’il espérait
que l’enfant deviendrait un jour un homme et pourrait s’en servir ?
Un père ne dit-il jamais à son enfant : « Attends d’être plus grand
ou plus expérimenté, plus raisonnable ou plus fort?» Notre Père
céleste ne nous dira-t-U pas, de la même manière : « Attends ! »? A
cause de notre ignorance et de notre aveuglement, nous sommes
certainement quelquefois obligés de dire :
103
O Seigneur, dans Ton amour, refuse-nous
toute chose dont Tu sais que, dans notre
faiblesse, nous abuserions !
Sois aussi assuré que le Seigneur n’accorde pas dès aujourd’hui
le don qui est pour demain. Ce n’est pas qu’il mette de la mauvaise
volonté à donner. Dieu n’est pas non plus limité. Il n’est jamais
dans l’embarras. Ses ressources sont infinies, et l’on ne reconnaît
Ses voies que par la suite. C’est justement après avoir invité Ses
disciples à demander que notre Seigneur attira leur attention sur le
fait qu’ils ne devaient pas seulement tenir compte de Sa
providence, mais aussi de Ses ressources : «Regarde% les oiseaux du
ciel... et votre Père céleste les nourrit » (Matthieu 6 : 26). Comme cela
paraît simple ! Cependant, avons-nous jamais réfléchi au fait
qu’aucun millionnaire au monde n’était assez riche pour nourrir
tous « les oiseaux du ciel », même pour un jour ? Notre Père céleste
les nourrit chaque jour et n’en est pas plus pauvre pour autant ! Ne
prendra-1-Il pas, à plus forte raison, le soin de nous nourrir, de
nous vêtir et de pourvoir même à tous nos besoins ?
Ah, si nous comptions beaucoup plus sur la prière ! Ne savons-
nous pas « qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent » (Hébreux 11
: 6) ? L’ « huile » du Saint-Esprit ne cessera de couler tant qu’il y
aura des vases vides pour la recevoir (cf. 2 Rois 4:6). Lorsque
l’œuvre du Saint-Esprit cesse, cela dépend toujours de nous. Il y a
des chrétiens auxquels Dieu ne peut confier la plénitude du Saint-
Esprit, et des ouvriers à qui II ne peut accorder la joie d’obtenir
certains résultats spirituels dans leur travail. Autrement, ils
deviendraient orgueilleux et vaniteux. Non, nous ne pouvons pas
nous attendre à ce que Dieu accorde à chaque chrétien tout ce qu’il
Lui demande !
Comme nous l’avons vu dans un chapitre précédent, il faut
qu’il y ait de la pureté dans le cœur, le motif et les désirs, si nos
prières doivent être faites en Son nom. Dieu est plus grand que Ses
promesses et donne souvent au-delà de ce que nous demandons ou
méritons — mais II n’agit pas toujours ainsi. Donc, si une
demande particulière n’est pas accordée, nous pouvons avoir la
104
certitude que Dieu nous engage à examiner notre cœur. Il désire,
en effet, exaucer toute prière sincère faite en Son nom. Répétons
une fois de plus Ses paroles bénies —nous ne pouvons le faire
assez souvent : «Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin
que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandé quelque chose en mon
nom, je le ferai» (Jean 14 :13 + 14).
Rappelons-nous que Jésus ne pouvait pas faire une prière sans
qu’elle soit exaucée. Il était Dieu — connaissait les desseins de
Dieu —, Il avait la pensée du Saint- Esprit.
A-t-Il vraiment dit jadis : « Mon Père, s’il est possible, que ... »,
lorsqu’il était en agonie, à genoux dans le jardin de Getiisémané, et
présentait de grands cris et des larmes ? Oui, et II fut exaucé «à
cause de sa piété » (Hébreux 5 : 7). Ce n’est certainement pas l’agonie
mais la crainte respectueuse propre à Sa position de Fils qui amena
l’exaucement ! Nos prières ne doivent pas tellement leur
exaucement à l’instance que nous y mettons, mais à notre qualité
de fils.
Chers lecteurs, il nous est difficile de bien comprendre cette
sainte scène pleine de crainte respectueuse et d’émerveillement.
Mais ceci nous le savons : Notre Seigneur n’a jamais fait de
promesse qu’il ne puisse pas tenir ou n’eût pas l’intention
d’accomplir. Le Saint-Esprit intercède pour nous (cf. Romains 8 :
26), et Dieu ne peut Lui dire « Non ». Le Seigneur jésus prie pour
nous (cf. Hébreux 7 : 25), et Dieu ne peut Lui dire « Non ». Son
intercession a plus de valeur qu’un millier de nos prières — et
pourtant, Il nous demande Lui-même de prier !
« Mais, Paul ne dit pas : <Nous avons la pensée de Christ> ?
Cependant, il demanda trois fois au Seigneur d’éloigner de lui
l’<écharde> qu’il avait dans sa chair. Et Dieu lui dit clairement
qu’il ne le ferait pas. »
C’est une chose bien singulière également, que la seule prière
qui nous soit rapportée comme ayant été faite par Paul alors qu’il
désirait quelque chose pour ses propres besoins, ne lui ait pas été
accordée. La difficulté réside toutefois en ceci: Pourquoi Paul, qui
105
avait la « pensée » de Christ, a-t-il prié pour une chose étant
— comme il le reconnut bien tôt — contraire à la volonté de
Dieu ? Il y a sans doute de nombreux chrétiens entièrement
consacrés qui, en lisant ces mots, ont ressenti un trouble intérieur
parce que Dieu ne leur avait pas accordé

106
certaines choses pour lesquelles ils avaient prié.
Nous pouvons Saint-Esprit avoir, nous pouvons nous tromper
dans nos jugements et désirs. Il nous faut aussi penser au fait que
nous ne sommes pas remplis de l’Esprit de Dieu une fois pour
toutes. Le malin guette toujours l’occasion de mettre son esprit en
nous, de manière à pouvoir lutter contre Dieu à travers nous. A
chaque instant, nous pouvons devenir désobéissants ou incroyants
ou même être entraînés à penser ou à commettre des actes qui sont
contraires à l’esprit d’amour.
Nous en avons un exemple étonnant dans la vie de Pierre. A
un certain moment, sous l’influence contraignante du Saint- Esprit
de Dieu, il confesse : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant !» Le
Seigneur s’adresse alors à lui en ces termes élogieux : « Tu es
heureux, Simon, fils de Jonas, car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont
révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les deux. » Pourtant, peu de
temps après, le diable peut remplir Pierre de son esprit; notre
Seigneur se tourne alors vers lui en disant: «Arrière de moi, Satan »
(Matthieu 16 : 17,23). Pierre ne parlait pas au nom de Satan, mais
Satan « nous réclame ».
Paul fut tenté de penser qu’il pourrait faire un bien meilleur
travail pour son Maître bien-aimé, si seulement cette « écharde »
pouvait être enlevée. Cependant, Dieu savait que Paul serait un
meilleur instrument avec l’»écharde« que sans. N’est-ce pas pour
nous aussi une consolation de savoir que le cas échéant, nous
pouvons davantage contribuer à la glorification de Dieu en
supportant une chose considérée par nous comme une entrave ou
un poids que si cette chose indésirable était éloignée ? «Ma grâce te
suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse» (2 Corinthiens 12 :
9).
Ni Paul, ni Pierre ou Jean, n’étaient infaillibles, pas plus que le
Pape ni aucun autre homme. Nous pouvons faire — et ferons — à
Dieu, des prières peu judicieuses. La plus haute forme de la prière
n’est pas : « Tes voies, ô Dieu, pas les miennes », mais « Mes voies,
ô Dieu, sont les Tiennes ! » Nous ne devons pas prier : « 107 Que Ta
volonté change ! », mais « Que Ta volonté soit faite ! » Pouvons-
nous nous permettre, en conclusion, de transmettre le témoignage
de deux personnes ayant constaté que l’on pouvait mettre sa
confiance en Dieu ?
Sir H. M. Stanley, le grand explorateur de l’Afrique a écrit : «Je
n’aurai jamais l’audace de dire que la prière est inefficace. Quand
j’ai prié sérieusement, j’ai été exaucé. Quand j’ai demandé de la
clarté, pour pouvoir guider sagement mes compagnons à travers
tous les périls qui les menaçaient, un rayon de lumière a pénétré
nos esprits troublés, et un chemin vers le salut nous a été
clairement montré. On peut savoir quand une prière est exaucée,
car celui qui s’est agenouillé pour remettre sa cause à Dieu est
rempli, en se relevant, d’un contentement intérieur. J’ai
suffisamment de preuves que les prières sont exaucées. »
Mary Slessor', dont le récit des expériences qu’elle vécut en
Afrique occidentale a ému tous les lecteurs, et à qui l’on demanda
un jour ce qu’elle pensait de la prière, répondit :
«Ma vie n’est qu’un long rapport quotidien mentionnant
d’heure en heure l’exaucement de prières faites pour obtenir de
la force lors d’une déficience physique ou d’un surmenage
intellectuel ; d’actions de grâces pour avoir été
merveilleusement guidée, préservée d’erreurs et de dangers, de
même que pour avoir pu vaincre une hostilité envers l’Evangile
; pour la nourriture procurée à l’heure exacte où elle était
nécessaire ; oui, pour tout ce qui constitue ma vie et mon
humble ministère. De par les merveilleuses expériences que j’ai
faites, j’affirme avec une crainte respectueuse croire que Dieu
exauce les prières. Je sais que Dieu exauce les prières ! ».

108
9
. .

EXAUCEMENTS DE PRIÈRE
En partant d’un point de vue purement humain, on choisirait
certainement un titre plus marquant pour ce chapitre, comme par
exemple : Exaucements remarquables — Merveilleux exaucements
de prière — Exaucements étonnants. Cependant, nous devons
nous laisser instruire par Dieu, afin de comprendre que, pour Lui,
il est aussi naturel d’exaucer nos prières que, pour nous, de prier.
Combien II se réjouit d’entendre nos prières, et combien II aime
les exaucer !
Lorsque nous entendons parler d’une personne riche procurant
de la joie à des gens frappés par la pauvreté, ou effaçant le déficit
qui menaçait une Société des Missions, nous disons peut-être : «
Comme c’est agréable de pouvoir faire pareille chose ! » Et bien,
s’il est vrai que Dieu nous aime
— et nous savons que c’est vrai —, ne pensons-nous pas alors
que c’est pour Lui une très grande joie de nous donner ce que
nous demandons ? Je crois, par conséquent, que nous devrions
absolument faire le récit d’un ou deux exaucements de prière
parmi le grand nombre de ceux dont nous avons été témoins. Cela
nous donnera davantage de courage pour venir au Trône de la
Grâce. Dieu sauve des hommes pour lesquels nous prions.
Essayons donc !
En parlant de cette question avec un homme de prière, il y a
quelques jours, celui-ci me demanda soudain : « Connais- tu l’église
St. M... Dans le village L... ?» « Très bien, j’y suis déjà allé plusieurs
fois. »
« Laisse-moi donc te raconter ce qui s’est passé là-bas, pendant
que j’y étais. Nous avions tous les dimanches une réunion de prière
avant le service de 8 heures. Un dimanche, en nous relevant après
nous être agenouillés, un voisin a dit : (Monsieur le pasteur,
j’aimerais que vous priiez pour mon garçon. Il a vingt-deux ans à

109
présent, et n’est pas allé à l’église depuis des années.) Le pasteur
répondit : <Nous pourrions encore consacrer quelques minutes à
cela maintenant.) Ils s’agenouillèrent donc de nouveau et firent une
fervente prière d’intercession pour ce jeune homme. Bien qu’il
n’ait été au courant de rien, celui-ci vint à l’église le même soir.
Quelque chose dans la prédication le convainquit de son péché. Il
se rendit à la sacristie le cœur brisé et accepta Jésus-Christ comme
Sauveur. »
Le lundi matin, mon ami qui exerçait des activités dans la
paroisse, assistait à la réunion hebdomadaire du conseil presbytéral.
Il dit au pasteur : « Cette conversion, hier soir, nous engage à la
prière — c’est un appel de Dieu. Ne faut-il pas y répondre?» «Que
voulez-vous dire par là ? » demanda le pasteur. Mon ami s’expliqua
: «Je pense que nous pourrions sélectionner l’homme le plus
mauvais de la communauté et prier pour lui. » A l’unanimité, ils
convinrent que K... était le plus mauvais sujet qu’ils connaissaient.
Puis ils furent tous « d’un commun accord » dans la prière pour sa
conversion. A la fin de cette semaine-là, alors qu’ils participaient à
une réunion de prière de week-end dans la salle paroissiale, et que
le nom de l’homme en question était justement sur leurs lèvres, la
porte s’ouvrit brusquement et K... entra en titubant. Il était
passablement ivre. Jamais auparavant, il n’avait pénétré dans cette
salle de réunion.
Sans penser à enlever sa casquette, il s’affaissa sur une chaise près
de la porte d’entrée et enfouit son visage dans ses mains. La
réunion de prière tint soudain lieu de cure d’âme. Même comme il
était- en état d’ivresse -, il cherchait le Seigneur qui le cherchait. Il
n’a jamais récidivé. Aujourd’hui, il est dans ce pays l’un des
missionnaires de port les plus bénis.
Pourquoi ne plions-nous pas pour nos amis inconvertis ? Il est
possible qu’ils n’écoutent pas nos exhortations, mais ils ne peuvent
pas se soustraire quand nous prions pour eux. Que deux ou trois
s’unissent dans la prière pour demander le Salut de l’un des plus
corrompus, et ensuite, nous verrons ce que Dieu fait ! Adressez
110
votre prière à Dieu, puis ayez confiance en Lui. Dieu agit d’une
manière merveilleuse et secrète pour accomplir Ses miracles.
Dan Crawford nous a raconté récemment qu’en voulant un
jour retourner à son champ de mission après un congé, il avait dû
se hâter particulièrement. Cependant, un fleuve profond, qui devait
être traversé, était en crue, et il n’y avait pas de bateau disponible,
ou utilisable à cette fin. Lui-même et ceux qui l’accompagnaient
campèrent donc et ils se mirent à prier. Un incroyant aurait
certainement ri aux éclats. Comment Dieu pouvait-Il leur faire
franchir ce fleuve ! Pourtant, pendant qu’ils priaient, un arbre
gigantesque qui luttait déjà depuis des années avec le fleuve,
commença à vaciller et s’abattit avec fracas. Il tomba justement au-
dessus du fleuve. Crawford dit : « Les ingénieurs royaux du ciel ont
jeté un pont de bateau pour les serviteurs de Dieu sur le fleuve. »
Il est probable que beaucoup de jeunes personnes liront ces
récits sur des expériences vécues dans le domaine de la prière.
Rappelons-leur donc que Dieu exauce également les prières des
garçons et des filles (cf. Genèse 21 :17). A leur intention, nous
voudrions encore ajouter l’histoire suivante, en souhaitant
sincèrement que la prière devienne aussi leur héritage, leur véritable
vie, et qu’ils fassent chaque jour l’expérience de la prière exaucée.
Il y a quelque temps, un garçon chinois âgé de douze ans,
appelé Ma-Na-Si et pensionnaire à l’école de la Mission, rentra
chez lui pour les vacances. Il est le fils d’un pasteur indigène.
Alors qu’il était sur le seuil de la maison paternelle, il aperçut
un cavalier qui galopait vers lui. L’homme — un païen
— était dans un état de grande agitation. Il demanda avec
empressement 1’ « homme de Jésus », le pasteur. Le garçon lui dit
que son Père n'était pas à la maison. Le pauvre homme était très
affligé et il expliqua hâtivement le motif de sa visite. Il avait été
envoyé par un village païen situé à quelques milles de là, pour aller
chercher le « saint homme », afin qu’il chasse le démon de la belle-
fille d’un ami. Il raconta avec volubilité la triste histoire de cette
jeune femme qui, harcelée par le démon, se démenait et disait des
injures, s’arrachait les cheveux, se griffait le visage, déchirait ses
vêtements, brisait le mobilier et lançait violemment la vaisselle avec
la nourriture dedans. Il fit le récit de ses sacrilèges, son impiété
outrageante, son impudent blasphème, et expliqua que ces
déchaînements étaient suivis d’une apparition d’écume sur les
lèvres et d’un grand épuisement physique et mental. « Mais mon
père n’est pas à la maison ! » répéta le garçon. Enfin, l’homme
affolé parut comprendre. Il tomba subitement à genoux, tendit ses
mains en signe de désespoir, et s’écria : « Mais tu es aussi un
homme de Jésus; veux-tu venir ? »
Un enfant de douze ans ! Oui, mais même un garçon, s’il s’est
entièrement livré au Seigneur, ne s’effraye pas quand son Seigneur
veut se servir de lui. Un instant seulement, sous l’effet de la
surprise, l’enfant hésita, puis se mit entièrement à la disposition de
son Maître. Comme jadis le jeune Samuel, il était prêt à obéir à
Dieu en toute chose. Il reconnut, dans cette demande pressante, un
appel de Dieu. L’étranger païen sauta en selle, hissa rapidement le
jeune chrétien derrière lui sur son cheval, et ils partirent en
galopant.
Ma-Na-Si commença à réfléchir à la situation. Il avait accepté
de chasser un démon au nom de Jésus, mais était-il digne d’être
utilisé par Dieu de cette façon ? Son cœur était-il pur et sa foi assez
forte ? Pendant qu’ils continuaient à galoper, il sonda son cœur
pour savoir s’il devait confesser des péchés et s’en repentir.
Ensuite, il demanda à Dieu de le guider quant à ce qu’il devait dire
et la manière dont il lui fallait agir. Il s’efforça de se remémorer des
cas de possession démoniaque cités dans la Bible et comment ils
avaient été traités. Après cela, il s’en remit simplement et
humblement au Dieu de la grâce et de la miséricorde, demandant
Son aide pour la glorification du Seigneur Jésus. En arrivant dans la
maison, ils trouvèrent quelques membres de la famille en train de
maintenir de vive force la malheureuse femme sur le lit. On ne lui
avait pas dit qu’un messager était allé chercher le pasteur indigène.
Pourtant, dès qu’elle entendit les pas dans la cour, elle cria : «
112
Eloignez-vous tous vite de moi, pour que je puisse m’échapper. Je
dois fuir! Un (homme de Jésus> vient; je ne peux pas le supporter.
Son nom est Ma-Na-Si. »
Ma-Na-Si entra dans la pièce et après s’être incliné
cérémonieusement, il s’agenouilla et commença à prier. Ensuite, il
chanta un cantique à la gloire du Seigneur Jésus. Puis, au nom du
Seigneur ressuscité, glorifié et tout- puissant, il commanda au
démon de sortir de la femme. Elle se calma aussitôt, dans un état
de prostration dû à la faiblesse. A partir de ce jour-là, elle fut
complètement saine. Elle s’étonna lorsqu’on lui dit qu’elle avait
prononcé le nom du garçon chrétien, car elle ne l’avait jamais
entendu ni lu auparavant. En effet, tous dans son village étaient
païens. Ce jour fut une véritable « aube » pour ces gens : dès lors, la
parole du Seigneur se répandit parmi eux et fut glorifiée.
Chers lecteurs, j’ignore quel effet ce petit récit a fait sur vous.
Moi, il m’émeut au plus profond de mon être. Il me semble que la
plupart d’entre nous connaissent si peu la puissance de Dieu — si
peu Son immense et irrésistible amour. Ah, quel amour est le Sien !
A chaque fois que nous prions, cet amour se révèle d’une manière
particulière. Si nous aimions vraiment notre Maître, ne
rechercherions-nous pas beaucoup plus souvent la communion
avec Lui dans la prière ? Chers frères et sœurs en Christ, est-ce
parce que nous prions si peu que nous critiquons tant ?
Rappelons-nous que, comme notre Seigneur, nous ne sommes
pas envoyés dans le monde pour condamner et juger, mais «pour
que le monde soit sauvé par lui» (Jean 3 :17).
Une critique inconsidérée peut-elle rapprocher quelqu’un de
Christ ? Celui qui fait la critique ou trouve les fautes chez les autres
sera-t-il lui-même, grâce à cela, davantage en mesure de devenir
plus semblable au Maître ? Abandonnons donc cette forme d’esprit
nous poussant à critiquer, réprimander, trouver des imperfections,
dénigrer les autres ou leur travail ! Paul ne nous dirait-il pas à tous :
«Et c’est là ce que vous étiez quelques-uns de vous. Mais vous avez ^ ^av^! }>
(1 Corinthiens 6 :11) ?
Voyez-vous où nous voulons en venir? Tous les mauvais
penchants et défauts que nous découvrons chez les autres sont dus
au diable. C’est la présence du malin en nos cœurs qui est cause de
ces paroles et actes que nous sommes si prompts à condamner et à
exagérer. La possession démoniaque, par exemple, n’est pas
inconnue ici non plus, mais elle se manifeste peut-être sous une
autre forme. Même nos amis et relations, aussi gentils et aimables
qu’ils puissent être, sont souvent enchaînés et liés par quelque
péché d’habitude — que Satan tenait liés depuis tant d’années (cf.

114
Luc 13:16). Il est possible que nous leur parlions en vain, que nos
avertissements ne servent à rien. La politesse et l’indulgence, ainsi
que nos propres faiblesses et manquements, peuvent nous
empêcher de les traiter comme l’a fait Ma-Na-Si et de chasser les
mauvais esprits. L’avons- nous toutefois déjà essayé par la prière
— la prière toujours liée à la charité qui ne «s’irrite » point (cf. 1
Corinthiens 13 : 5) ?
Dieu exauce les jeunes et les vieux à condition de trouver un
cœur pur, une vie sainte et une foi simple. Dieu exauce les prières.
Cependant, nous ne sommes
- en mettant les choses au mieux - que de faibles serviteurs pleins
de défauts. Même en étant sincères, nous « demanderons »
quelquefois mal. Mais Dieu est fidèle dans Ses promesses ; Il nous
gardera de tout mal et pourvoira à tous nos besoins.
« Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de
l’assurance devant Dieu. Quoi que ce soit que nous demandions, nous le
recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous
faisons ce qui lui est agréable » (1 Jean 3 : 21).
COMMENT DIEU EXAUCE-T-IL LES PRIÈRES ?
Bien comprendre Dieu et toutes Ses actions est pour l’homme une
impossibilité absolue. « 0profondeur de la richesse, de la sagesse et de la
science de Dieu l Que ses jugements sont insondables, et ses voies
incompréhensibles ! » (Romains 11 :33). C’est vrai, mais nous n’avons
pas besoin de créer des difficultés là où il n’y en a pas. Si Dieu est
tout-puissant et connaît toutes choses, la prière ne devrait pas
présenter de difficulté, bien qu’il y ait parfois des situations qui
rendent perplexes. Nous ne pouvons pas découvrir les méthodes
de Dieu, mais nous savons quelque
chose sur Sa manière d’exaucer les prières.
Tout d’abord, rappelons-nous combien nous savons peu,
même en ce qui concerne les choses les plus élémentaires. Edison,
dont le savoir était pourtant très vaste, écrivit en août 1921 :
« Nous connaissons à peine le millionième d’un pour cent de
tout ce qui existe. Nous ne savons pas ce qu’est l’eau. Nous ne
115
savons pas ce qu’est la lumière. Nous ne savons pas ce qu’est la
pesanteur. Nous ne savons pas ce qu’est l’électricité. Nous ne
savons pas ce qu’est la chaleur. Nous ne savons rien du
magnétisme. Nous avons une quantité d’hypothèses, mais c’est
tout ! »
Cependant, le fait d’ignorer toutes ces choses ne nous prive pas
de nous en servir. Nous ne savons pas grand-chose sur la prière,
mais cela ne devrait nullement nous empêcher de prier. Nous
savons ce que notre Seigneur nous a enseigné sur la prière. Nous
savons qu’il nous a envoyé le Saint-Esprit qui nous enseignera
toutes choses (cf. Jean 14:26). Comment Dieu exauce-t-Il donc les
prières ? Parfois de la manière suivante :
Il révèle Sa pensée à ceux qui prient. Son Saint-Esprit met de
nouvelles pensées dans l’esprit des hommes et des femmes de
prière. Nous savons fort bien que le diable et ses anges
s’empressent de mettre de mauvaises pensées dans nos cœurs.
Alors, comment Dieu et Ses saints anges ne pourraient-ils pas nous
donner de bonnes pensées ? Même des êtres pauvres, faibles et
pécheurs peuvent remplir le cœur des autres avec de bonnes
pensées. C’est ce que nous essayons aussi de faire en écrivant!
Nous sommes toujours émus en pensant combien c’est une chose
merveilleuse que quelques signes noirs de forme particulière, sur
du papier blanc, puissent élever et inspirer, déprimer et accabler,
ou même convaincre du péché ! Pour un sauvage sans instruction,
c’est encore plus que cela. Souvent, nous pouvons, en effet, lire les
pensées et les désirs des gens d’après l’expression de leur visage ou
le brillant de leurs yeux. Même la transmission de pensée d’homme
à homme est aujourd’hui une chose qui n’a rien d’extraordinaire.
Donc, Dieu peut très bien nous transmettre Ses pensées de
diverses manières.
Un remarquable exemple de cela fat donné l’année dernière par
un orateur à Northfield. Il avait rencontré, deux ou trois ans
auparavant, un vieux capitaine de baleinier qui lui raconta cette
histoire :
116
« Il y a bien des années, je naviguais dans les mers désolées, au
large du cap Horn, chassant la baleine. Un jour, nous luttions
contre un vent violent en nous dirigeant droit vers le sud. Nous
avions louvoyé toute la matinée sans vraiment avancer. Vers
onze heures, alors que je me tenais au gouvernail, l’idée m’est
soudain venue à l’esprit : (Pourquoi ne pas filer avec le vent
plutôt que d’aller contre ? > En réponse à cette idée subite, j’ai
changé le cap du bateau et fait voile vers le nord au lieu d’aller
vers le sud. Une heure plus tard, à midi, l’homme de veille a
crié du haut du mât : <Canots devant ! > L’instant d’après,
nous avons rejoint quatre canots de sauvetage dans lesquels se
trouvaient quatorze marins, seuls survivants de l’équipage d’un
bateau qui avait brûlé entièrement dix jours avant. Ces hommes
avaient été, depuis lors, poussés par le vent dans leurs canots,
complètement désespérés, et priant Dieu de les secourir. Or,
nous sommes arrivés juste à temps pour les sauver. Ils
n’auraient pas survécu un jour de plus. »
Puis le vieux baleinier ajouta :
«Je ne sais si vous croyez en Dieu ou non — en tout cas, je suis
chrétien. J’ai commencé chaque jour de ma vie en demandant
au Seigneur de se servir de moi pour aider les autres. J’ai la
conviction que Dieu, ce jour-là, m’a mis dans l’esprit de
changer le cap de mon bateau. Cette idée a permis de sauver
quatorze vies humaines. »
Dieu a beaucoup de choses à nous dire. Il désire nous mettre
bien des pensées dans l’esprit. Cependant, nous sommes souvent
tellement occupés à travailler pour Lui que nous ne sommes pas
prêts à écouter Sa parole. La prière donne à Dieu l’occasion de
nous parier et de nous révéler Sa volonté. Puisse notre attitude être
souvent celle-ci : « Parle, Seigneur, Ton serviteur écoute ! »
Dieu exauce d’autres prières en mettant de nouvelles pensées
dans le cœur de ceux pour lesquels nous prions. Lors d’une série
de conférences ayant pour thème La Vie Victorieuse, l’auteur
demanda un jour à ceux qui étaient présents de régler leurs
querelles s’ils aspiraient réellement à une vie sainte. Une dame alla
117
tout droit à la maison et, après avoir prié très sérieusement, écrivit
une lettre à sa sœur. A cause d’un différend, elle avait cessé toute
relation avec celle- ci depuis vingt ans. Sa sœur habitait à trente
milles de là. Or, dès le lendemain matin, l’auteur du message en
question reçut justement une lettre de cette sœur, dans laquelle elle
lui demandait pardon et cherchait à se réconcilier. Les deux lettres
s’étaient croisées. Pendant qu’une sœur priait pour l’autre, Dieu
avait parié à l’autre sœur, lui mettant dans le cœur le désir de
réconciliation.
On demandera probablement pourquoi Dieu n’a pas fait naître
ce désir plus tôt. Peut-être avait-il prévu que la lettre de cette sœur
qui vivait au loin serait inutile tant que l’autre n’aurait pas eu, elle
aussi, le désir de pardonner ?
Le fait est qu’en priant pour d’autres, cela ouvre, d’une manière
ou d’une autre, la voie à Dieu, afin qu’il influence ceux pour qui
nous prions.
Il y a peu de temps, à la fin d’une réunion de prière
hebdomadaire, une femme craignant à Dieu demanda aux
participants de prier avec elle pour son mari. Ce- lui-ci ne voulait
en aucun cas pénétrer dans un lieu de culte. Le président de la
réunion suggéra alors de prier immédiatement. Ils se mirent donc à
prier avec ferveur. Or cet homme était très prévenant envers sa
femme et venait fréquemment la chercher. C’est ce qu’il fit ce soir-
là et il arriva devant le hall alors que la réunion de prière durait
encore. Dieu lui mit dans l’esprit d’ouvrir la porte et d’attendre à
l’intérieur — ce qu’il n’avait fait auparavant. Pendant qu’il était
assis sur une chaise près de la porte, la tête appuyée sur sa main, il
entendit les ferventes prières. En retournant à la maison, il
demanda à sa femme : « Dis-moi, qui était cet homme pour lequel
vous avez prié ce soir ? »
« Oh, répliqua-celle-ci, c’est le mari de l’une de nos
collaboratrices. »
«Je suis bien certain qu’il sera sauvé, dit-il; Dieu exauce
sûrement de telles prières ! » Un peu plus tard dans la soirée, il
118
demanda de nouveau : « Qui était donc l’homme pour lequel vous
avez prié ? »
Elle répondit de la même façon que précédemment. Une fois
au lit, il ne put dormir. Il était soudain profondément convaincu du
péché. Il réveilla sa femme et lui demanda de prier pour lui.
Comme ceci nous montre clairement que Dieu agit quand nous
prions ! Dieu aurait également pu pousser cet homme à se rendre à
la réunion de prière n’importe quelle autre semaine, mais s’il avait
fait cela, il est douteux que quelque chose de bien en serait ressorti.
Toutefois, lorsque ces prières sincères Lui furent adressées, Dieu
vit qu’elles auraient une grande influence sur ce pauvre homme.
C’est justement quand nous prions que Dieu peut nous aider
dans notre travail et renforcer nos résolutions. Nous pouvons, en
effet, bien souvent réaliser nous-mêmes le but de nos prières.
Pendant un hiver très rigoureux, un riche fermier priait pour que
Dieu sauve ses voisins. Quand le moment de recueillement familial
Rit achevé, son petit garçon dit : « Père, je ne crois pas que j’aurais
ennuyé Dieu à cause de cela. »
« Pourquoi pas ? » demanda le père.
« Parce qu'il te serait assez facile de t’occuper d’eux pour qu’ils
ne meurent pas ! »
Il n’y a pas le moindre doute que si nous prions pour d’autres
personnes, nous essayerons aussi de les aider.
Un jeune converti demanda à son pasteur de lui confier des
activités.
« As-tu un camarade ? »
« Oui », répliqua le garçon.
« Est-il chrétien ? »
« Non, il est aussi insouciant que je l’ai été. »
«Alors, va et demande-lui d’accepter Christ comme son
Sauveur ! »
« Oh non ! » dit le garçon, « je ne le pourrai jamais. Je veux bien
tout faire, mais pas cela ! »
« Bon », dit le pasteur, « alors, promets-moi deux choses : que
119
tu ne lui parleras pas de son âme et que tu prieras deux fois par
jour pour sa conversion. »
« Tiens, oui ; ça, je le ferai avec plaisir ! » répondit le garçon.
Quinze jours ne s’étaient pas encore écoulés qu’il retourna en
toute hâte voir son pasteur. « Est-ce que vous ne voudriez pas me
libérer de ma promesse ? Je dois parler avec mon camarade ! »
S’écria-t-il.
Lorsqu’il avait commencé à prier, Dieu avait pu lui donner la
force de rendre témoignage. La communion avec Dieu est une
condition essentielle pour pouvoir avoir une réelle communion
spirituelle avec nos semblables. J’ai la conviction que beaucoup de
personnes parlent si peu avec d’autres de leur état spirituel parce
qu’elles prient si peu pour celles-ci.
L’auteur n’oubliera jamais comment sa confiance dans la prière
s’affermit. Alors âgé de treize ans, il avait instamment demandé à
Dieu de lui permettre, un certain jour, d’obtenir vingt nouvelles
souscriptions à un journal des Missions. Or, vingt nouveaux noms
exactement purent être inscrits avant la tombée de la nuit. Le fait
d’avoir la certitude que Dieu exaucerait sa demande l’avait poussé à
se mettre à l’œuvre avec ardeur et lui avait donné un courage
inhabituel pour aborder les gens.
Un pasteur, en Angleterre, suggéra aux membres de sa
communauté de prier chacun pour un homme ou une femme
parmi les pires et d’aller ensuite les trouver pour leur parler de
Jésus. En arrivant chez lui, le pasteur se mit à prier, puis se dit en
lui-même : «Je ne dois pas laisser cela à mes paroissiens seulement ;
il faut que je le fasse aussi. Je ne connais pas du tout les mauvaises
gens. Il va falloir que je sorte pour prendre des renseignements. » Il
s’approcha alors d’un homme à l’air rude rencontré au coin d’une
rue et lui demanda : « Etes-vous l’homme le plus mauvais dans ce
quartier ? »
« Non, ce n’est pas moi. »
« Me direz-vous peut-être où je peux le trouver ? »
« Pourquoi pas ? Vous pouvez le trouver au numéro 7, au bout
120
de la rue. »
Il frappa à la porte portant le numéro 7 et entra. «Je cherche le
plus mauvais homme de ma paroisse. On m’a dit que cela pouvait
être vous ! »
« Qui vous a dit cela ? Amenez-le ici et je lui montre rai
qui est l’homme le plus mauvais. »
«Alors, qui est donc le plus mauvais que vous connaissiez ? »
« Tout le monde le connaît, il habite la dernière maison, là-bas
dans la cour. C’est le plus mauvais. »
Le pasteur alla dans la cour et frappa à la porte.
Une voix maussade cria : « Entrez !» Un homme et une femme
se trouvaient à l’intérieur.
« Veuillez, s’il vous plaît, m’excuser : je suis le pasteur de l’église
située dans ce secteur. Je cherche l’homme le plus mauvais de mon
district, car j’ai quelque chose à lui dire. Etes- vous cet homme-là ?
»
L’homme se tourna alors vers sa femme et lui dit : « Ma petite
femme, répète-lui ce que je t’ai dit il y a cinq minutes. » « Non, dis-
lui toi-même ! »
« Qu’avez-vous donc dit ? » s’enquit le visiteur.
« Eh bien, je viens de boire pendant douze semaines. J’ai eu le
delirium tremens et mis en gage tout ce qui pouvait être porté au
clou dans la maison. Il y a quelques minutes, j’ai donc dit à ma
femme : (Femme, maintenant, il faut que cela cesse ; sinon, j’en
finis avec moi- même — je me jette à l’eau ! > Ensuite, vous avez
frappé à la porte ! Oui Monsieur, je suis l’homme le plus mauvais ;
que vouliez-vous me dire ? »
«Je suis ici pour vous dire que Jésus-Christ est un merveilleux
Sauveur et qu’il peut faire de l’homme le plus mauvais l’un des
meilleurs. Il l’a fait pour moi et le fera pour vous aussi. »
« Croyez-vous qu’il puisse faire cela de moi également ? »
«J’en suis certain. Mettez-vous à genoux et demandez-Lui de le
faire ! »
Non seulement ce pauvre buveur fut délivré de ses péchés,
121
mais il est aujourd’hui un chrétien rayonnant qui conduit d’autres
buveurs au Seigneur Jésus-Christ.
Personne n’a certainement du mal à croire que Dieu peut, en
réponse à nos prières, guérir des malades, envoyer la pluie ou le
beau temps, dissiper le brouillard et détourner le malheur.
Nous avons affaire à un Dieu qui connaît toutes choses. Il peut
mettre dans l’esprit d’un médecin de prescrire un certain
médicament, un régime ou une méthode de traitement. Tout l’art
du médecin vient de Dieu. « II connaît notre corps », — car II l’a créé.
Il le connaît bien mieux que le plus compétent des médecins et des
chirurgiens. L’ayant créé, Il peut lui redonner sa vigueur. Nous
croyons que Dieu désire nous voir recourir à l’aide médicale.
Cependant, nous croyons également que Dieu, dans Sa
merveilleuse sagesse, peut guérir sans la coopération humaine, et
c’est aussi ce qu’il fait parfois. Laissons à Dieu la liberté d’agir
comme il Lui plaît. Nous sommes très enclins à vouloir
contraindre Dieu à employer les moyens que nous jugeons bons.
Le but de Dieu est cependant de glorifier Son nom en exauçant
nos prières. Parfois, Dieu voit que nos désirs sont bons, mais nous
ne demandons pas ce qui convient. Paul pensait qu’il pourrait
glorifier Dieu davantage si l’écharde dans sa chair était enlevée. Or,
Dieu savait qu’il serait un homme meilleur et servirait mieux avec
l’écharde que sans. Ainsi, Dieu dit trois fois « Non » aux prières de
Paul et lui en expliqua ensuite la raison.
Il en fut de même avec sainte Monique, qui pria pendant tant
d’années pour la conversion de son fils Augustin qui vivait dans la
débauche. Quand il décida de quitter son pays et de traverser la
mer, pour se rendre à Rome, elle pria Dieu ardemment,
passionnément même, de le laisser à ses côtés et sous son
influence. Elle descendit à la plage, dans une petite chapelle, pour y
passer la nuit en prière, à proximité de l’endroit où le bateau était à
l’ancre. Pourtant, quand le matin vint, elle vit que le bateau avait
fait voile pendant qu’elle priait. Sa requête fat refusée, mais son
véritable souhait accordé. En effet, c’est à Rome qu’Augustin
122
rencontra saint Ambroise, qui le conduisit à Christ. Quel réconfort
d’avoir la certitude que Dieu sait ce qui est le mieux pour nous !
Nous ne devrions jamais trouver déraisonnable que Dieu fasse
dépendre certaines choses de nos prières. Certaines gens disent : si
Dieu nous aimait vraiment, Il nous donnerait ce qui est le mieux
pour nous, que nous Lui demandions ou non.
Le Dr. Fosdick a mis, un jour, magnifiquement en évidence que
Dieu avait laissé à l’homme beaucoup de choses à faire pour lui-
même. Dieu promet semailles et moisson. Cependant, il faut que
l’homme cultive la terre ; il doit semer, labourer et moissonner, afin
de permettre à Dieu de faire Sa part. Dieu pourvoit à nos besoins
en ce qui concerne le boire et le manger. Il y a des choses que Dieu
ne peut — ou ne veut
— pas faire sans notre aide. Dieu ne peut faire certaines choses si
nous n’y pensons pas. Il ne sonne jamais de la trompette au
firmament, pour proclamer Sa vérité. Ses lois naturelles ont
toujours existé. Cependant, nous devons penser et expérimenter,
puis penser de nouveau, si nous voulons faire usage de ces lois
pour notre bien et la gloire de Dieu.
Dieu ne veut pas certaines choses si nous ne travaillons pas. Il
tient du marbre à notre disposition dans les montagnes, mais n’a
jamais construit de cathédrale. Il remplit les montagnes de minerai
de fer, mais n’a jamais fait d’aiguille ou de locomotive. Il nous laisse
le soin de faire cela. Nous devons travailler.
Alors, si Dieu a fait dépendre certaines choses de notre pensée
et de notre travail, pourquoi n’en ferait-Il pas dépendre beaucoup
de notre prière ? C’est ce qu’il a fait. «.Demande^ et l’on vous donnera»
(Matthieu 7:7). Il y a des choses que Dieu ne donne pas sans que
nous les demandions. La prière est l’un des trois moyens par
lesquels nous pouvons collaborer avec Dieu, et la prière est le plus
grand des trois.
Ceux qui ont de la puissance sont sans exception des hommes
qui prient. Dieu ne donne la plénitude de Son Saint- Esprit qu’aux
hommes de prière. C’est avant tout par l’action de l’Esprit que
123
l’exaucement de nos prières se réalise. L’Esprit de Christ habite en
chaque croyant, car «si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui
appartient pas » (Romains 8:9). Cependant, pour que la prière d’un
homme puisse avoir une influence prépondérante, celui- ci doit être
rempli de l’Esprit de Dieu.
Une missionnaire a écrit récemment que l’on avait coutume de
dire du «Hyde priant» qu’il n’avait jamais parlé à un inconverti sans
que celui-ci ne soit pas, à 1a fin, profondément converti. Toutefois,
s’il ne parvenait pas la première fois à rapprocher un cœur de Dieu,
il se retirait dans sa chambre et luttait avec Dieu jusqu’à ce qu’il lui
soit montré quelle chose dans son cœur faisait obstacle à ce que
Dieu se serve de lui. Oui, quand nous sommes remplis du Saint-
Esprit, nous ne pouvons faire autrement que d’influencer d’autres
personnes, pour qu’elles aussi se tournent vers Dieu. Cependant,
pour avoir de la puissance sur les hommes, il faut que cette
puissance vienne de Dieu.
La question la plus importante pour nous n’est toutefois pas :
« Comment Dieu exauce-t-Il les prières ? » Il s’agit bien davantage
de savoir ceci : « Est-ce que je prie vraiment ? » Quelle
merveilleuse puissance Dieu met-Il à notre disposition ! Pouvons-
nous penser un seul instant qu’une chose qui déplaît à Dieu vaille
la peine de s’y attarder? Mettons toute notre confiance en Christ,
et nous saurons alors par expérience qu’il ne nous déçoit jamais.
Donnons à Dieu l’occasion de mettre Sa pensée en nous, et
nous ne douterons plus jamais de la puissance de la prière.

- 11 -

OBSTACLES A LA PRIÈRE
Combien d’obstacles ne doivent-ils pas être surmontés quand
nous voulons approcher du Trône de la Grâce ? !
Oui, ils sont effectivement nombreux. Le diable ne veut pas
que nous priions, et il essaye de nous en empêcher par tous les
moyens.
124
Il sait que nous pouvons accomplir davantage de choses par la
prière que par notre travail. Il préfère nous laisser faire toutes
sortes de choses plutôt que de nous voir prier. Cependant, nous
n’avons pas besoin de craindre les forces du mal ni de nous battre
avec elles, si notre regard n’est dirigé que vers le Seigneur. Les
saints anges sont plus forts que les anges déchus, et nous pouvons
en toute confiance laisser aux armées célestes le soin de nous
protéger. Nous croyons que nous devons aux forces du mal nos
pensées vagabondes qui, si souvent, font échouer nos prières. A
peine sommes-nous à genoux, qu’on nous rappelle quelque chose
qui aurait dû être fait ou dont nous devons d’abord nous occuper.
Ces pensées viennent de l’extérieur et sont, la plupart du
temps, des suggestions faites par des esprits diaboliques. Le seul
remède contre les pensées vagabondes est de fixer notre esprit sur
le Seigneur. La prière va de pair avec un enfant de Dieu — et avec
celui qui veut vivre comme un enfant de Dieu doit vivre.
La grande question est : Est-ce que j'héberge en mon cœur des
ennemis de ma vie de prière ? Y a-t-il en moi des traîtres ? Dieu ne
peut nous faire bénéficier de Ses meilleurs dons spirituels tant que
nous n’avons pas rempli les conditions relatives à la confiance et à
l’obéissance, ainsi qu’au ministère. Ne prions-nous pas souvent
pour des bénédictions que nous ne sommes pas aptes à recevoir ?
Osons-nous être honnêtes avec nous-mêmes quand nous sommes
seuls en présence de Dieu ? Osons-nous dire sincèrement : «
Sonde-moi, ô Dieu ... et vois ... »? Y a-t-il en nous quelque chose
qui retient la bénédiction de Dieu pour nous et par nous ? Nous
discutons le « problème de la prière », mais nous- mêmes sommes
le problème qui devrait être discuté et disséqué ! La prière est une
chose simple et bonne en elle-même. Pour ceux qui se confient en
Christ de tout leur cœur, la prière ne crée aucun problème.
Nous n’allons pas maintenant citer les textes bibliques servant
ordinairement à montrer ce qui fait obstacle à la prière. Nous
désirons seulement que chacun ait un aperçu de son propre cœur.
Aucun péché n’est trop petit pour faire obstacle à la prière,125
si nous
n’acceptons pas d’y renoncer. En Afrique occidentale, les
musulmans ont un dicton : « S’il n’y a pas de pureté, il n’y a pas
non plus de prière ; et où il n’y a pas de prière, il n’y a pas non plus
d’eau du ciel à boire. »
Cette vérité est enseignée si clairement dans l'Écriture sainte
qu’il serait vraiment très surprenant que quelqu’un essaye de
conserver à la fois le péché et la prière. Même David reconnut jadis
: «Si j’avais conçu l'iniquité dans mon cœur, le Seigneur ne m’aurait pas
exaucé» (Psaume 66: 18).
Esaïe dit: «Mais ce sont vos crimes qui mettent une séparation entre vous
et votre Dieu ; ce sont vos péchés qui vous cachent sa face » (Esaïe 59 : 2).
Nous devons naturellement reconnaître que ce qui fait obstacle à la
prière, c’est le péché en nous et non un manque de bonne volonté
de la part de Jésus à nous exaucer. La plupart du temps, c’est un
soi-disant petit péché qui gâche et détruit notre vie de prière. Cela
peut être :
1. Le doute. Le manque de foi est peut-être le principal obstacle à
notre prière. Notre Seigneur dit que le Saint- Esprit convaincra le
monde du péché, — « le péché, parce qu’ils ne croient pas en moi» (Jean
16:9). Nous ne sommes certes pas « du monde », mais n’y a-t-il
pas pourtant dans la pratique une grande incrédulité en nous ?
Jacques, en écrivant à des croyants, fait la mention suivante : «...
mais qu’il demande avec foi, sans douter; car celui qui doute ... qu’un tel
homme ne s’imagine pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur» (Jacques
1: 6-8). Certains n’ont pas, faute de demander. D’autres « n’ont
pas», parce qu’ils ne croient pas. Cela peut paraître un peu
surprenant que nous ayons tant parlé de l’adoration et de l’action
de grâces, avant d’en venir à la « demande ». Cependant, si nous
avons un aperçu de cette glorieuse majesté de notre Seigneur,
ainsi que des miracles de Sa grâce et de Son amour, notre
incrédulité et nos doutes ne vont-ils pas alors se dissiper comme
la brume au lever du soleil ? N’était-ce pas la raison pour laquelle
Abraham « ne faiblit pas », «ne douta pas, par incrédulités » mais
126
donna à
Dieu la gloire due à Son nom en «ayant la pleine conviction que ce que
Dieu promet, Il peut aussi l’accomplie » (Romains 4: 20- 21) ?
Lorsqu’on connaît autant que nous le prodigieux amour de Dieu,
n’est-il pas surprenant que nous puissions encore douter ?
2. Ensuite, le « Moi » peut être la racine de tout péché. Nous avons
tendance, même en ce qui concerne nos « bonnes œuvres », à
être si égoïstes ! Comme nous hésitons à renoncer à quelque
chose dont notre « Moi » est avide ! Et pourtant nous savons
qu’une main pleine ne peut prendre les dons de Christ. N’est-ce
pas pour cela que notre Sauveur, dans la prière qu’il enseigna en
premier, nous associa à tous les autres ? «Notre» est le premier
mot, « Notre Père ... », « donne-nous . . . » , « délivre-nous ... ».
L’orgueil fait obstacle à la prière, car prier est une chose très
humiliante. Que l’orgueil doit être haïssable aux yeux de Dieu !
Dieu nous donne cependant toutes choses « avec abondance
pour que nous en jouissions. » «Qu’as-tu que tu n’aies reçu'?»
demande Paul (1 Corinthiens 4: 7). Ne devons- nous pas à tout
prix éviter que l’orgueil, ainsi que sa haïssable et vilaine sœur, la
jalousie, ne ruinent notre vie de prière ? Dieu ne peut faire pour
nous beaucoup de grandes choses qui nous réjouiraient, si elles
nous « tournent la tête ». Comme nous pouvons être insensés !
Parfois, si nous insistons, Dieu nous donne quand même ce que
nous demandons, mais cela peut nous coûter notre
sanctification. «Il leur accorda ce qu’ils demandaient; puis il envoya le
dépérissement dans leur corps» (Psaume 106 :15). Que Dieu nous en
préserve
— qu’il nous protège contre nous-mêmes !
Et puis, encore une fois: Le Moi se manifeste par-
ticulièrement dans la critique exercée sur les autres. Que cette
pensée se grave profondément dans notre mémoire: plus un
homme devient semblable à Christ, moins il juge les autres. Ceux
qui critiquent toujours les autres se sont éloignés de Christ. Ils
peuvent encore Lui appartenir, mais ont perdu Son127esprit
d’amour.
Cher lecteur, si tu as une nature critique, sers- t’en pour toi-
même et jamais pour ton prochain. Tu auras un champ d’action
assez grand et toujours de quoi faire ! Crois-tu qu’il s’agisse là d’une
remarque trop dure ? Trahit-elle peut-être la tendance à commettre
nous-mêmes le péché — et c’en est un qu’elle condamne ? Cela
pourrait être le cas s’il s’agissait d’une attaque personnelle contre
quelqu’un, mais l’intention est de transpercer l’armure
apparemment invulnérable. Celui qui aura essayé, ne serait-ce que
pendant un mois, d’empêcher sa langue de nuire à la réputation
d’autrui, ou de la lui faire perdre, ne désirera plus jamais calomnier
d’autres personnes.
«La charité est patiente, elle est pleine de bonté » (1 Corinthiens 13 :
4). Le sommes-nous ? Nous ne sommes pas devenus meilleurs
parce que nous avons réussi à rendre d’autres personnes plus noires
que nous ; mais
— chose qui malheureusement ne se produit qu’assez
rarement — nous augmentons notre joie spirituelle et notre vivant
témoignage de Jésus-Christ en refusant de colporter des
informations discréditantes sur autrui, ou en nous gardant de
«juger» le travail et la vie d’autres personnes. Au début, cela peut
nous être un peu difficile, mais nous procurera bientôt une joie
insoupçonnée, et nous en serons récompensés par l’amour de notre
entourage.
C’est ainsi que nous pouvons parfois éprouver de la difficulté à
garder le silence à l’égard des hérésies «modernes». Ne nous est-il
pas dit de « combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour
toutes » (Jude 3) ? Parfois, nous devons parler — mais le faisons-
nous toujours dans un esprit de charité ? « Laissons plutôt vivre
l’erreur que l’amour mourir. » Même dans nos prières, nous devons
strictement éviter de découvrir des fautes chez les autres. Lisons
donc l'histoire de John Hyde dans laquelle il pria poulie « frère
froid » ! Croyez- moi, l’esprit critique détruit la sanctification de
notre vie plus facilement que n’importe quoi d’autre, parce qu’il
128
constitue un péché particulièrement « respectable », dont nous
sommes si facilement victimes. Nous avons à peine besoin
d’ajouter que, lorsqu’un croyant est rempli de l’esprit de Christ -
qui est la charité —, il ne fera jamais part aux autres du
comportement non-chrétien qu’il peut avoir discerné chez ses amis.
«Il a été très grossier envers moi », « il est trop prétentieux », « je ne
peux pas le supporter » et remarques du même genre sont
désobligeantes, inutiles et souvent fausses.
Notre Seigneur subit l’opposition des pécheurs vis-à-vis de
Lui, mais ne se plaignit jamais et ne le fit pas savoir à d’autres.
Pourquoi le ferions-nous ? Il faut que notre «Moi» soit détrôné si
Christ doit avoir la souveraineté. Il ne doit pas y avoir d’idole dans
notre cœur. Rappelons-nous ce que Dieu a dit de certains chefs
religieux : « Ces gens-là portent leurs idoles dans leur cœur... ; me laisserai-je
consulter par eux ? »
(Ezéchiel 14: 3).
Quand notre seul but est la gloire de Dieu, alors Dieu peut
exaucer nos prières. Christ Lui-même, plutôt que Ses dons, devrait
être ce que nous recherchons. « Fais de l'Éternel tes délices, et il te
donnera ce que ton cœur désire » (Psaume 37 : 4).
«Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de
l’assurance devant Dieu. Quoi que ce soit que nous demandions, nous le
recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous
faisons ce qui lui est agréable » (1 Jean 3 : 21 + 22).
Aujourd’hui, comme dans les premiers temps de la
chrétienté, il est vrai que des hommes demandent et ne reçoivent
rien, parce qu’ils demandent mal, dans le but de satisfaire leurs
passions — c’est-à-dire de vivre leur «Moi» (cf. Jacques 4 : 3).
3. La dureté de cœur peut être l’un des plus grands obstacles à la
prière. L’esprit de charité est une condition à laquelle est liée la
prière du croyant. Il est impossible d’avoir une relation
convenable avec Dieu, si celle que l’on a avec ses semblables ne
l’est pas. L’esprit de prière est essentiellement un esprit de
charité.
129
Osons-nous haïr ou mépriser des personnes que Dieu aime ?
Et si nous le faisons, pouvons-nous alors avoir vraiment l’esprit
de Christ ? Il faut que nous regardions en face ces faits
fondamentaux de notre foi si nos prières doivent être plus
qu’une simple formalité. Notre Seigneur ne dit pas seulement :
«Aimez vos ennemis » — le faisons-nous ? —, mais également : «
prie^ pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous
soyez fils de votre Père qui est dans les deux » (Matthieu 5 : 44 + 45).
Nous nous permettons de supposer qu’un grand nombre de
soi-disant chrétiens n’ont jamais réfléchi là- dessus. Quand on
entend tant d’ouvriers du royaume de Dieu — même parmi les
plus remarquables — parler d’autres personnes, on pourrait
supposer charitablement qu’ils n’ont jamais entendu le
commandement de notre Seigneur !
Notre vie de tous les jours est la meilleure indication sur notre
puissance dans la prière. Dieu réagit à nos prières non pas d’après
l’esprit et le ton que nous « exhibons » en priant publiquement ou
dans le privé, mais d’après l’esprit qui domine notre vie
quotidienne.
Les gens « échauffés », c’est-à-dire violents, ne peuvent faire
que des prières froides. Si nous n’écoutons pas le commandement
de notre Seigneur et ne nous aimons pas les uns les autres, nos
prières sont presque sans valeur. Si nous persistons à ne pas nous
réconcilier, notre prière est presque une perte de temps. On a
même rapporté récemment que l’éminent doyen d’une cathédrale
aurait dit qu’il y avait des gens auxquels on ne pouvait pas
pardonner! Si telle est son opinion, il doit alors employer une
forme abrégée du Notre Père ! Christ nous enseigne à prier :
«Pardonne- nous . . . comme nous pardonnons. » Et II va encore plus
loin. Il déclare : « Si vous ne pardonne% pas aux hommes, votre Père ne
vous pardonnera pas non plus vos offenses » (Matthieu 6 :15). Nous
espérons que ce qui a été rapporté sur ce vénérable doyen n’est pas
exact. Puissions- nous toujours montrer l’esprit de Christ et ne pas
mettre en jeu le pardon dont nous avons tant besoin! Combien de
130
nos lecteurs, n’ayant pas la moindre intention de pardonner à leurs
ennemis et même pas à leurs amis qui les ont blessés, peuvent
malgré cela avoir dit aujourd’hui la prière du Seigneur ?
Certains chrétiens n’ont jamais donné de véritable chance à la
prière dans leur vie. Cela n’est pas dû à un manque de franchise
consciente, mais à un manque de réflexion. Ceux d’entre nous qui
prêchent et enseignent en sont responsables. Nous avons davantage
tendance à enseigner des doctrines plutôt que des actes. La plupart
des gens veulent faire ce qui est bien, mais ils accordent plus
d’attention aux grandes choses qu’aux petites négligences dans la
pratique de la charité.
Notre Seigneur va même jusqu’à nous dire de ne pas présenter
notre offrande à Dieu si nous nous souvenons que notre frère a
«quelque chose contre nous» (Matthieu 5 : 23). S’il ne veut pas accepter
notre offrande, est-il plausible qu’il accepte nos prières ? C’est
seulement quand Job cessa de se quereller avec ses ennemis (la
Bible les appelle ses «a mi s ») que le Seigneur «rétablit Job dans son
premier état » et lui accorda le double de tout ce qu'il avait possédé
(Job 42 : 10).
Combien nous sommes lents et peu disposés à reconnaître que
notre vie fait souvent obstacle à nos prières ! Quelle mauvaise
volonté nous montrons à agir dans un esprit de charité ! Oui, il se
peut que nous ayons le désir de «gagner» des âmes. Notre Seigneur
nous en montre le moyen. Ne dis pas partout ce que ton prochain
fait de mal. Parle-lui en tête- à-tête... «Et tu auras gagné ton frère »
(Matthieu 18 : 15). Au lieu de cela, la plupart d’entre nous ont
plutôt causé du tort à leurs frères.
Même notre vie de famille peut faire obstacle à nos prières.
Observons ce que Pierre dit quant à la manière dont nous devons
vivre à la maison, « afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières» (1
Pierre 3 : 1-10). Nous désirons encourager nos lecteurs à demander
à Dieu d’examiner leur cœur et de leur montrer s’il ne s’y trouve
pas de «racine d’amertume» envers quelqu’un. Nous voulons tous
faire ce qui est agréable à Dieu. Notre vie spirituelle y gagnerait
131
énormément si nous pouvions prendre la résolution d’essayer de
ne pas prier tant que nous n’avons pas fait tout ce qui était en
notre pouvoir pour créer la paix et l’harmonie entre nous et ceux
avec lesquels nous nous sommes querellés. Avant d’avoir fait cela
dans la mesure où nous le pouvons, nos prières ne sont que de
vaines paroles. De mauvais sentiments envers d’autres personnes
empêchent Dieu de nous aider comme II le voudrait.
Une vie reflétant l’amour est la condition essentielle pour une
véritable prière. Dieu nous appelle aujourd’hui à nouveau, pour
que nous devenions des hommes et des femmes prêts à recevoir
Ses bénédictions surabondantes. Beaucoup d’entre nous doivent
décider s’ils veulent choisir un esprit d’amertume et d’impitoyable
ou la miséricorde et la clémence de notre Seigneur Jésus-Christ.
N’est-il pas surprenant que quelqu’un puisse hésiter quand il s’agit
d’un tel choix ? L’amertume, plus que toute autre chose, nuit en
effet à celui qui la ressent sans tendre au changement.
«Lorsque vous êtes debout faisant votre prière, si vous avez quelque chose
contre quelqu ’un, pardonne% afin que votre Père qui est dans les deux vous
pardonne aussi vos offenses » (Marc 11 : 25). C’est ce que dit notre
Maître. Ne devons-nous pas alors soit pardonner, soit cesser de
prier ? A quoi cela servirait-il qu’un homme forme le projet de
passer tout son temps à plier, alors que la dureté de son cœur fait
obstacle à la véritable prière ? Combien le diable rit-il de nous parce
que nous ne reconnaissons pas cette vérité ! La parole de Dieu
nous dit que l’éloquence, le savoir, la foi, la libéralité et même le
martyr ne nous servent à rien, — notons-le bien —, si notre cœur
n’est pas rempli d’amour (cf. 1 Corinthien 13). « Que Dieu nous
donne l’amour ! »
4. En refusant de faire notre part, nous pouvons empêcher Dieu
d’exaucer nos prières. L’amour fait naître la compassion et le zèle
à la vue du péché et de la souffrance, aussi bien dans son propre
pays que dans les pays lointains. C’est ainsi que Paul fut « ému »
et « outré » jusqu’au fond de l’âme, à la vue de la ville pleine
d’idoles (cf. Actes 17 :16). Nous ne pouvons pas prier
132
sincèrement : « Que Ton règne vienne » si nous ne faisons pas
tout ce que nous pouvons pour hâter la venue de ce royaume, —
par nos dons, nos prières et notre ministère.
Notre prière pour la conversion des incroyants ne peut pas être
sincère si nous n’avons pas le désir de rendre
témoignage ou d’écrire une lettre en rapport, ou bien d’essayer
d’amener les incroyants sous l’influence de l'Evangile. Un jour,
Moody, voulant commencer une campagne d'Évangélisation,
participa à une réunion de prière dans laquelle on demanda à
Dieu de bénir ce travail. Plusieurs hommes riches étaient
présents. L’un deux commença à plier Dieu d’accorder les fonds
nécessaires, afin que les frais encourus puissent être couverts.
Moody l’interrompit immédiatement. «Nous n’avons pas besoin
d’importuner Dieu avec cela », dit-il tranquillement, « car nous
pouvons exaucer cette prière nous-mêmes. »
5. Si nous ne voulons prier qu’en secret, cela peut également faire
obstacle à l’exaucement de nos prières. La fréquence avec
laquelle notre Seigneur attire l’attention sur la nécessité de prier
en commun — d’être « Un » dans la prière — est pourtant
frappante. «Quand vous priez dites : Notre Père... » ; «si deux d’entre
vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur
sera accordée. ..car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis
au milieu d’eux» (Matthieu 18:19 + 20).
Nous avons la certitude que la faiblesse dans la vie spirituelle
de nombreuses communautés provient de l’inefficacité de la
réunion de prière ou de ce qu’il n’y en ait pas. Les cultes du
matin ou du soir, même s’ils sont solennels et célébrés sans la
disgracieuse hâte qui leur est parfois associée, ne peuvent
remplacer des réunions de prière moins formelles, durant
lesquelles chacun peut participer à la prière. Ne pouvons-nous
pas faire de la réunion de prière hebdomadaire quelque chose de
vivant qui procure une force vivifiante ?
6. La louange à Dieu est aussi importante que la prière ! Il nous faut
entrer dans Ses portes avec des louanges et dans Ses parvis avec
des cantiques ; « célébrons-le, bénissons son nom »
133
(Psaume 100 : 4).
A une certaine époque de sa vie, «Hyde priant» se sentit poussé
à demander à Dieu de lui accorder chaque jour quatre âmes par
son ministère. Quand certains jours ce nombre n’était pas atteint, il
avait un tel poids sur son cœur qu’il en ressentait une véritable
douleur et ne pouvait ni manger ni dormir. Il priait alors le
Seigneur de lui montrer quel était l’obstacle en lui. Il reconnaissait
invariablement que c’était le manque de LOUANGE. Il disait que,
lorsqu’il avait commencé à louer Dieu sincèrement, même des
âmes qui cherchaient étaient venues à lui. Nous ne voulons pas par
là insinuer qu’il nous faille aussi limiter Dieu à des chiffres bien
déterminés ou des façons de procéder. Cependant, il faudrait que
nous aussi criions : « Réjouissez- vous ! Louez Dieu avec corps,
âme et esprit. »
Ce n’est pas par hasard que nous sommes si souvent enjoints à
nous « réjouir dans le Seigneur ». Dieu ne veut pas d’enfants
malheureux, et aucun de Ses enfants n’a de raison de s’affliger.
Paul, l’homme le plus persécuté, était quelqu’un qui chantait. Des
cantiques de louanges sortaient de ses lèvres quand il était en
prison et hors de prison. Il louait son Sauveur jour et nuit. Même
l’ordre de ses exhortations est significatif : « Soyez toujours joyeux,
priez sans cesse, rende*grâces en toutes choses ; car c'est à votre égard la volonté
de Dieu en Jésus-Christ » (1 Thessaloniciens 5 :16 -18).
C’est la volonté de Dieu ; pensons-y. Ce n’est pas facultatif.
Soyez joyeux !
Prier !
Rendez grâces !
C’est l’ordre selon la volonté de Dieu — pour toi et pour
moi. Rien ne plaît davantage à Dieu que notre louange et rien ne
peut apporter autant de bénédiction à celui qui prie que le fait de
rendre grâces à Dieu ! «Fais de l'Eternel tes délices, et il te donnera ce que
ton cœur désire » (Psaume 37:4).
Un missionnaire, qui avait reçu de très mauvaises nouvelles de
chez lui, était fort abattu. La prière n’aidait pas à dissiper
134
l’obscurité de son âme. Il alla voir un autre missionnaire ; sans
aucun doute voulait-il trouver du réconfort. Là-bas, il vit sur le mur
une carte portant ces mots : « Essaye l’action de grâces ! » Il le fit,
et en un instant, toutes les ombres disparurent et ne revinrent
jamais.
Louons-nous suffisamment, pour que nos prières puissent être
exaucées ? Si nous mettons vraiment notre confiance en Lui, nous
le louerons en tout temps. Quelqu’un qui, un jour, entendit Luther
prier, dit :
« Dieu de miséricorde ! Quel esprit et quelle foi y a-t-il dans ses
paroles...Il prie Dieu avec autant de révérence que s’il était en
Sa divine présence, et cependant avec une espérance et une
confiance aussi fermes que s’il s’adressait à un père ou à un ami.
»
Pour cet homme de Dieu, aucun « obstacle à la prière » ne
semblait exister. Après tout ce qui a été dit, nous constatons que
chaque chose peut être résumée en une phrase : Tous les obstacles
à la prière sont dus à notre ignorance de l’enseignement de la
parole de Dieu en ce qui concerne une vie de sanctification — que
Dieu a prévue pour tous Ses enfants —, ou au manque de
disposition à nous consacrer entièrement à Lui.
Si nous pouvons vraiment dire à notre Père céleste : «Tout ce
que je suis et possède T’appartient», Il peut alors nous dire : « Tout
ce qui est mien est tien. »

135
12
QUI PEUT SE PERMETTRE DE PRIER ?
Il y a seulement deux siècles, six étudiants furent renvoyés de
l’université d’Oxford seulement parce qu’ils s’étaient réunis dans
leurs chambres pour la prière libre ! A ce propos, George
Whitefield écrivit au recteur de l’université :
« Etant donné que certains ont été renvoyés à cause de la
prière libre, il est à espérer que quelques autres étudiants du
genre opposé le soient aussi, à cause de leur mauvaise
habitude de jurer. »
De nos jours, Dieu merci, personne dans notre pays n’est
empêché de prier par son prochain.
Qui peut se permettre de prier ? Est-ce le privilège
— le droit — de tous les hommes ? Ce n’est pas tout le
monde qui peut prétendre à approcher le roi d’un royaume
terrestre. Le privilège de pouvoir être admis immédiatement
auprès du souverain n’est réservé qu’à certaines personnes et à
certains groupes. En Angleterre par exemple, le premier
ministre a ce privilège. L’ancienne Corporation de la Ville de
Londres a également le privilège de pouvoir toujours adresser
ses pétitions directement. L’ambassadeur d’une puissance
étrangère peut faire la même chose. Il n’a qu’à se présenter au
portail du palais royal, et aucune puissance ne peut s’interposer
entre lui et le monarque. Il peut se rendre immédiatement
auprès du roi et lui présenter sa requête. Cependant, aucun
d’eux n’est reçu aussi facilement et avec autant d’affection que
le fils du roi. Ici, il s’agit toutefois du Roi des rois — notre Dieu
et Père à tous. Qui peut aller
vers Lui ? Qui peut exercer ce privilège — oui, ce pouvoir — vis-à-
vis de Dieu ? On dit, et il y a beaucoup de vérité dans cette
constatation, que même chez ceux qui doutent et dans la
génération la plus sceptique, la prière est à l’état latent.

136
A-t-elle le droit de « sortir » à tout moment ? Dans certaines
religions, elle doit attendre. Parmi tous les milliers de gens qui, en
Inde, vivent sous l’esclavage de l’hindouisme, seuls les brahmanes
ont le droit de prier ! Un millionnaire appartenant à une autre caste
est obligé de demander à un brahmane — même si ce dernier est
un simple écolier — de dire ses prières à sa place.
Un mahométan ne peut prier à moins d’avoir appris quelques
phrases en arabe. Son «dieu» écoute seulement les prières qui lui
sont adressées dans cette langue, et il croit que c’est la langue
sacrée. Dieu soit loué, il n’y a aucune barrière de caste ou de langue
entre Dieu et nous. Chacun peut-il par conséquent plier ?
Oui, répondras-tu peut-être. Toutefois, ce n’est pas ce que la
Bible dit. Seul un enfant de Dieu peut vraiment plier. Seul un fils
peut chercher la présence du Père. Il est merveilleusement vrai que
chacun peut l’invoquer pour demander aide, pardon et miséricorde.
Néanmoins, ceci peut à peine être appelé une prière. La prière est
bien davantage. Prier, c’est « demeurer sons l’abri du Très-Haut et reposer
à l’ombre du Tout-Puissant » (Psaume 91:1). C’est aussi faire connaître
à Dieu nos besoins et nos désirs, tendre les mains de la foi, pour
recevoir Ses dons. La prière est la conséquence de l’action du Saint-
Esprit qui vit en nous ; c’est une communion avec Dieu. Or, il ne
peut guère y avoir de communion entre un roi et un rebelle. Quelle
communion y a-t-il entre la lumière et les ténèbres (cf. 2
Corinthiens 6 : 1 4 ) ? Seuls, nous n’aurions aucun droit à la prière.
Nous n’avons accès auprès de Dieu que par Jésus-Christ (cf.
Ephésiens 2 : 18 ; 3 :12).
La prière est beaucoup plus que le cri d’un homme qui se noie
- d’un homme en train de sombrer dans le tourbillon du péché : «
Seigneur, sauve-moi ! Je suis perdu ! Je ne peux rien faire ! Délivre-
moi! Sauve-moi ! » N’importe qui peut réagir ainsi. C’est une prière
qui ne manque jamais d’être entendue ; si elle est sincère, la
réponse ne tarde jamais. Car « aucun homme ne peut être un
proscrit de Dieu, à moins qu’il ne le veuille lui-même » .Toutefois,
ce n’est pas une prière au sens biblique. Même les lions qui
137
rugissent après leur proie cherchent une nourriture venant de Dieu
; or, ce n’est pas une prière pour autant !
Nous savons que notre Seigneur a dit: « Ca r quiconque demande
reçoit » (Matthieu 7 : 8), mais à qui a-t-Il dit cela ? Il parlait à Ses
disciples (cf. Matthieu 5:1 +2). Oui, la prière est une communion
avec Dieu : le « foyer » de l’âme, comme quelqu’un la décrit. Or je
doute fort qu’une communion avec Dieu soit possible sans que le
Saint-Esprit habite en nos cœurs et que nous ayons reçu le Fils, et
ainsi le pouvoir de devenir « enfants de Dieu » (cf. Jean 1 : 12).
La prière est le privilège d’un enfant. Seuls les enfants de Dieu
peuvent attendre du Père céleste les choses qu’il a préparées pour
ceux qui L’aiment. Notre Seigneur nous a enseigné que, dans nos
prières, nous pouvions appeler Dieu « notre Père ». Il n’y a
certainement que les enfants qui peuvent faire usage de ce nom ?
Paul dit : «Parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans vos cœurs l’Esprit de
son Fils, lequel crie : Abba ! P è r e ! » (Galates 4 : 6). C’était justement
la pensée de Dieu lorsqu'il dit aux « consolateurs » de Job: «Job, mon
serviteur, pliera pour vous, et c’est par égard pour lui seul que j’accepterai... »
(Job 42 : 8). Il semble qu’ils n’auraient pas été acceptés en pliant
personnellement.
Toutefois, dès que quelqu’un devient un enfant de Dieu, il doit
entrer à l’école de la prière. « Car il pr i e. . . » Dit le Seigneur de
quelqu’un qui venait de se convertir (cf. Actes 9 : 1 1 + 12). Ceux
qui sont convertis ne sont pas seulement « autorisés » à prier, ils
doivent prier — chacun pour soi et, naturellement, aussi pour
d’autres. Cependant, tant que nous ne pouvons pas vraiment
appeler Dieu « Père », nous ne pouvons pas non plus demander
d’être traités comme des enfants — comme des « fils », « comme
des héritiers et cohéritiers de Christ ». Avant cela, nous n’avons
aucun droit. Sommes-nous d’avis que c’est dur ? Non, c’est tout à
fait naturel ! Un enfant n’a- t-il pas de privilèges ?
Cependant, qu’il n’y ait pas de malentendu ! Ceci ne dresse
aucune barrière entre Dieu et les hommes. Personne n’est exclu du
royaume des cieux à cause de cela. N’importe qui, n’importe où,
138
peut s’écrier : « O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un
pécheur ! » N’importe quelle personne se trouvant en dehors du
troupeau de Christ, en dehors de la famille de Dieu — tout aussi
mauvaise qu’elle soit ou tout aussi bonne qu’elle croie être
— peut devenir un enfant de Dieu à l’instant, en lisant ces
paroles. Un regard à Christ, dans la foi, suffit : «Regarde et vis ! »
Dieu ne dit même pas «Vois !» — Il dit seulement « Regarde ! »
Tourne tes regards vers Dieu !
Comment les chrétiens de la Galatie devinrent-ils « fils de
Dieu » ? Par la foi en Christ. « Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi
en Jésus-Christ » (Galates 3 : 26). Christ est prêt à faire de tout
homme un fils de Dieu dès le moment où il se tourne vers Lui
dans une vraie repentance et la foi. Cependant, nous n’avons
aucun droit, même pas en ce qui concerne la providence de Dieu,
tant que nous ne sommes pas Ses enfants. Nous ne pouvons pas
dire avec confiance et certitude : « Je ne manquerai de rien », à moins
de pouvoir dire avec confiance et certitude : «L'Eternel est mon
berger. »
Un enfant, toutefois, a droit à l’aide, l’amour, la protection et
l’assistance de son père. Or, un enfant ne peut entrer dans une
famille qu’en y étant né. Nous devenons des enfants de Dieu en «
naissant de nouveau », en étant «n é s d’en h au t » (Jean 3 : 3-5), c’est-à-
dire en croyant au Seigneur Jésus-Christ (cf. Jean 3 : 16).
Nous avons dit tout cela à titre d’avertissement et,
éventuellement, afin d’expliquer pourquoi de nombreuses
personnes considèrent la prière comme étant tout à fait vaine.
Cependant, nous ne voudrions pas manquer d’ajouter que Dieu,
bien souvent, entend et exauce même la prière de gens qui n’ont
pas le juste droit de prier, — qui ne sont pas Ses enfants — et,
peut- être même, nient Son existence ! L'Evangile cite le cas d’un
assez grand nombre d’incroyants qui venaient à Jésus en Le priant
de les guérir, et le Seigneur n’en renvoyait jamais un seul sans la
bénédiction demandée
— jamais !
139
C’est ainsi que Dieu exauce souvent la prière d’incroyants pour
des bienfaits temporels. Un cas bien connu de l’auteur pourrait
peut-être servir à illustrer cela. Mon ami m’a raconté qu’il avait été
aidé pendant de nombreuses années. Bien qu’incroyant, il avait
chanté dans une chorale pendant quarante ans, étant donné qu’il
aimait la musique. Un jour, son père devint gravement malade.
C’est alors que l’incroyant se jeta à genoux et s’écria : « 0 Dieu, si
Tu existes, montre-moi Ta puissance et délivre mon père de ses
douleurs ! » Dieu entendit le pitoyable appel de cet homme et mit
fin aux douleurs immédiatement. Cet « aidée » loua Dieu et
s’empressa d’aller voir un pasteur, afin de trouver le chemin du
Salut. Aujourd’hui il est profondément chrétien et sacrifie tout son
temps au service de Son Sauveur qu’il a trouvé récemment. Oui,
Dieu est plus grand que Ses promesses et bien davantage disposé à
exaucer que nous ne le sommes à prier.
La « prière » la plus remarquable sortant des lèvres d’un
incroyant est peut-être celle dont nous avons connaissance grâce à
un récit de Caroline Frey, l’auteur du livre « Christ, notre exemple
». Bien qu’ayant beauté, richesse, prestige et amis, elle ne trouvait
pas la satisfaction. Dans sa grande misère, elle se mit à chercher
Dieu. Pourtant, quand elle commença à s’adresser à Lui, ce fut
plutôt avec une expression de haine et de rébellion ouverte contre
Lui. Ecoutons la — ce n’est pas la prière d’un « enfant » :
« 0 Dieu, si Tu existes, — je ne T’aime pas ; je ne Te recherche
pas ; je ne crois pas que le bonheur puisse se trouver en Toi...
Mais je suis si misérable ! Donne- moi ce que je ne cherche pas.
Donne-moi ce que je ne désire pas. Si Tu le peux, rends-moi
heureuse. Je suis aussi malheureuse qu’on puisse l’être. Je suis
lasse de ce monde ; s’il y a quelque chose de mieux, donne-le-
moi. »
Quelle prière ! Pourtant, Dieu l’entendit et l’exauça. Il pardonna
à cette âme égarée, la rendit complètement heureuse et fructueuse
dans son ministère auprès de LUI.
Ne devrions-nous pas, à cause de cela, modifier un peu notre
140
question et demander : « Qui a le droit de prier?» Seulement les
enfants de Dieu dans lesquels habite le Saint- Esprit. Toutefois,
nous devons, là encore, nous rappeler que personne ne peut aller
vers son Père céleste sans honte et en étant pleinement confiant,
s’il ne vit pas comme un enfant de Dieu doit vivre. Nous ne
pouvons pas nous attendre à ce qu’un père gaspille ses faveurs en
les accordant à des enfants égarés. Seul un enfant croyant et
sanctifié peut prier par l’esprit et avec intelligence (cf. 1
Corinthiens 14:15).
Quand nous sommes enfants de Dieu, rien, à part le péché, ne
peut faire obstacle à nos prières. Nous, Ses enfants, avons le droit
de nous approcher de Dieu à n’importe quel moment et en tout
lieu, et II comprend chaque forme de prière. Nous avons peut-être
un merveilleux don d’élocution nous permettant, comme Paul, de
déverser un torrent d’actions de grâces, de prières et de louanges ;
il se peut également que nous ayons, comme Jean, une tranquille et
profonde communion avec Dieu, semblable à celle d’un bien-aimé.
Un brillant érudit tel que John Wesley et un humble cordonnier
comme William Carey sont pareillement les bienvenus au Trône de
la Grâce. L’influence à la cour céleste ne dépend ni de la naissance
ni de l’éclat, pas plus que des actes héroïques, mais seulement de
l’humilité, ainsi que de notre entière dépendance de notre Seigneur.
Moody attribuait ses étonnants résultats aux prières d’une
simple femme malade et presque inconnue. En vérité, les ferventes
prières venant de tranquilles chambres de malades pourraient
amener un Réveil dans tout un pays. Oh, que tout ceux «qui sont
réduits au silence » parlent à haute voix !
Ne commettons pas l’erreur de supposer que certaines gens
n’ont pas le « don de la prière » ? Un brillant étudiant de
l’université de Cambridge m’a demandé si la prière n’était pas un
don et, à savoir, un don que peu de personne auraient ? Partant du
principe que tout le monde n’est pas doué pour la musique, il
supposait que l’on ne pouvait pas non plus s’attendre à ce que
chacun puisse prier. Néanmoins, ce qu’il y avait de particulier en la
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personne de Georg Müller n’était pas qu’il avait le « don de la
prière », mais qu’il priait. Ceux qui « n’ont pas la parole facile »
peuvent — comme Dieu le déclara à Aaron — soutenir, par leur
intercession secrète, ceux qui parlent. Il faut que nous ayons une
grande foi si nous voulons avoir devant Dieu une grande puissance
de prière — bien que Dieu soit plein de miséricorde et aille
souvent au-delà de notre foi.
Henry Martyn6 était un homme de prière ; pourtant sa foi
n’était pas égale à ses prières. Il déclara un jour qu’il « s’attendait
plutôt à ce que quelqu’un ressuscite des morts, que de voir un
brahmane se convertir. » Jacques ne dit-il pas : «Qu’un tel homme ne
s’imagine pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur» (Jacques 1 : 7) ? Ce
fut le cas d’Henry Martyn. Il mourut sans être témoin qu’un
brahmane accepte Christ comme Sauveur. Il avait coutume de se
retirer jour après jour dans une pagode isolée pour prier.
Cependant, il ne croyait pas à la conversion des brahmanes.
Quelque temps après sa mort, des brahmanes et des mahométans
alors devenus des frères en Christ et venant de toutes les parties de
l’Inde, de la Birmanie et de Ceylan, s’agenouillèrent dans la même
pagode. D’autres avaient prié avec plus de foi qu’Henry Martyn.
Qui peut se permettre de prier ? Nous le pouvons, mais le
faisons-nous ? Le Seigneur peut-Il nous regarder avec plus de
plaisir et de joie qu’au temps où II prononça les paroles : «Jusqu’à ’à
présent, vous n’avez rien demandé en mon nom. D e m an d ez et vous recevrez
afin que votre joie soit parfaite » (Jean 16:24)? Si notre Seigneur était
dépendant de la prière, afin de pouvoir accomplir Son œuvre avec
puissance, à combien plus forte raison le sommes-nous ! Il priait
parfois « avec de grands cris et des larmes » (cf. Hébreux 5:7). Et
nous ? Avons-nous jamais versé une larme en priant ? Laissons
donc, nous aussi, monter vers Dieu cette prière : «Fais-nous revivre, et
nous invoquerons ton nom » (Psaume 80 :19).

6 Missionnaire en Inde (1781-1812)


L’exhortation de l’apôtre Paul à Timoté peut être valable pour
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nous tous : «Ranime le don de Dieu, qui est en toi... » (2 Timothée 1 : 6
).
Le Saint-Esprit est le grand « A i d e » de la prière. Par nous-
mêmes, nous sommes incapables de traduire nos besoins réels en
prière. Le Saint-Esprit le fait pour nous. Nous ne pouvons pas
demander comme nous le devrions. Toutefois, le Saint-Esprit s’en
charge à notre place. Il est possible que ceux qui ne reçoivent pas
Son aide demandent mal. Le Saint-Esprit peut préserver de cela.
Aucune main faible ou tremblante n’ose mettre une immense force
en mouvement. Pouvons-nous — osons-nous — faire mouvoir la
Main qui remue l’univers ? Non ! A moins que le Saint- Esprit n’ait
la souveraineté sur nous.
Oui, nous avons besoin de l’aide divine pour la prière
— et nous l’avons ! Combien la Trinité prend plaisir à la
prière ! Dieu le Père écoute, le Saint-Esprit nous guide et le Fils
prie et intercède Lui-même pour nous. Ainsi, la réponse vient d’en
Haut !
Croyez-moi, la prière est notre plus grand privilège, notre
responsabilité la plus lourde et la plus grande puissance que Dieu
ait remise entre nos mains. La prière, la véritable prière, est l’acte le
plus noble, le plus grand et le plus prodigieux qu’un homme puisse
accomplir.
Comme l’a dit Coleridge7, la prière est la plus grande énergie
dont la nature humaine soit capable. Prier de tout son cœur et de
toute sa force, c’est l’exploit le plus haut et le plus grand dans le
combat de la foi que le chrétien livre sur terre.
« SEIGNEUR, ENSEIGNE-NOUS À PRIER ! »

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