Vous êtes sur la page 1sur 66

« Lorsque j’étais jeune chrétien, je

me demandais : Pourquoi prier Dieu,


puisqu’il sait tout à l’avance ?
Puis, un peu plus tard, je me suis
interrogé : Pourquoi prier Dieu quand je
ne reçois presque jamais de réponse ?
Finalement, comme les disciples
de Jésus l’ont fait, j’ai dit : Seigneur,
enseigne-moi à prier !
Emmanuel Bozzi est Peu à peu, le Seigneur a répondu en
pasteur dans une mettant devant mon âme les grandes
église à Paris et en-
seignant dans un ins-
motivations de la prière ».
titut biblique. Athée – Emmanuel Bozzi
à l’adolescence face
aux hypocrisies de la
religion, il se conver-
tit à 19 ans. Il décou- Voulez-vous…
vre dans son église les • Apprendre à prier ?
joies de la commu-
nion et l’intensité de
• Redécouvrir combien la prière
l’intercession. Il com- est essentielle ?
mence à écrire une • Examiner ce que la Bible dit
méditation par jour
pendant qu’il étudie de ce vaste sujet ?

Emmanuel Bozzi
le sujet de la prière • Réaliser que toute victoire
dans la Bible. Ce livre
propose une sélection
se gagne d’abord à genoux ?
de ces textes.
Avec ces 52 méditations, vivez une
année jalonnée d’encouragements…
Emmanuel Bozzi

à prier !
Ce livre convient à une lecture
individuelle ou en groupe, pour les
ISBN 978-2-910246-22-8 chrétiens nouvellement convertis
ou confirmés.
Les méditations peuvent servir
9 782910 246228 d’introduction aux réunions de prière
9,00 € durant une année.
52 méditations pour prier
Emmanuel Bozzi
52 méditations pour prier • Emmanuel Bozzi

© 2006 BLF Éditions • www.blfeditions.com


Rue de Maubeuge • 59164 Marpent • France

Couverture et mise en page : BLF Éditions


Impression n° XXXXX • Sepec • Rue de Prony • 01960 Péronnas • France

Les citations bibliques sont tirées de la bible Louis Segond Nouvelle


Édition de Genève (NEG) © 1975 Société Biblique de Genève.

ISBN 978-2-910246-22-8

Dépôt légal 1er trimestre 2016


Index Dewey (CDD) : 248.3
Mots-clés : Prière – Méditation.
5

Table des matières

Préface..................................................................................... 7
Comment utiliser ces méditations ?.......................................... 8
Citation d’Adolphe Monod.................................................... 11

1 La première prière..................................................... 13
Pourquoi prier ?
2 La grande question..................................................... 17
3 Les plus grandes motivations.................................... 19
4 L’arme suprême......................................................... 21
5 La prière qui prévaut.................................................. 23
6 Le fardeau dans la prière........................................... 25
7 La prière, notre ministère........................................... 27
8 Ne négligez pas de prier............................................ 31
9 Ce que seule la prière peut faire................................ 32
10 Une déclaration d’amour........................................... 37
Comment prier ?
11 Contre la routine........................................................ 41
12 Ne cherchez pas à convaincre Dieu .......................... 43
13 Le cœur purifié.......................................................... 45
14 La plénitude de la foi................................................. 47
15 La sincérité................................................................ 49
16 Par l’Esprit................................................................. 51
17 Comptez les bienfaits de Dieu................................... 53
18 L’unité dans la prière................................................. 55
19 La louange triomphante............................................. 59
20 La foi bien placée...................................................... 61
21 Seigneur, enseigne-nous à prier ................................ 63
22 Au nom de Jésus-Christ............................................. 67
23 Le repos dans la lutte................................................. 69
6 52 méditations pour prier

24 Le cri.......................................................................... 71
25 La prière et le jeûne................................................... 73
26 Vous ne demandez pas............................................... 75
27 Monologue ou dialogue ?........................................... 77
28 Priez Christ ressuscité................................................ 79
29 L’humiliation............................................................. 81
30 L’intense combat........................................................ 83
31 Cherchez la face de Dieu .......................................... 85
32 Le cœur brisé............................................................. 87
33 Priez sans cesse.......................................................... 89
34 Jusqu’au bout............................................................. 91
35 L’intercession............................................................. 95
Pour quoi prier ?
36 À prières précises, réponses précises......................... 99
37 Priez pour tous les hommes..................................... 101
38 Priez pour tous les saints......................................... 103
39 Priez pour les serviteurs de Dieu............................. 105
40 Priez pour ceux qui sont élevés en dignité.............. 107
41 Priez pour ceux qui vous persécutent...................... 109
42 Priez le Maître de la moisson.................................. 111
43 L’adoration............................................................... 113
Saisir les richesses
44 La richesse de notre Père céleste ............................ 117
45 Le trône de la grâce................................................. 121
46 Saisir les promesses................................................. 123
47 Une libre entrée....................................................... 127
L’exaucement
48 Ce qui empêche l’exaucement................................. 131
49 Une source dans le désert ....................................... 133
50 Vraie foi et fausse foi............................................... 135
51 L’exaucement, fruit d’une communion profonde.... 137
52 Tu m’exauces toujours !........................................... 139

Table des citations bibliques................................................ 141


7

Préface

Dans nos prières, il y a souvent une bonne volonté ini-


tiale mais qui est rapidement négligée puis délaissée. Je suis
convaincu que si tous les « couloirs invisibles » de la terre au
ciel se trouvaient encombrés par nos prières, nombre de nos
situations prendraient une autre tournure. Accueillons donc
favorablement l’exhortation d’Emmanuel Bozzi à nous rendre
au trône de la grâce.
Son recueil de méditations se révèle d’un usage clair et
pratique. Le commentaire a le double mérite d’être à la fois so-
bre et vif. L’analyse révèle un fil profond de pensées construc-
tives. Chaque méditation, telle une brique ajoutée, complète et
fortifie l’ensemble.
Ce qui confère tout son sérieux à l’ouvrage, c’est ce ré-
flexe continu de l’auteur de puiser directement à la source de
l’eau vive : la Parole de Dieu. L’abondance des citations bibli-
ques – près de 400 – n’alourdit en rien le style. Au contraire,
celles-ci sont autant de rappels des preuves irréfutables de la
puissance de la prière.
Lisez ces méditations, partagez-les, appliquez-les ! Et…
priez de tout votre cœur sans vous lasser.
Jean Rougelot – Paris
9

Comment
utiliser ces méditations ?
Elles peuvent être utilisées seul ou en groupe :
• Seul
Prenez le temps de méditer sur ce que vous venez de lire,
et faites-en l’objectif de votre journée ou de votre semaine. La
méditation Jusqu’au bout, par exemple, peut vous amener à ré-
pandre votre cœur devant Dieu comme jamais vous ne l’aviez
fait auparavant. Elle pourra vous conduire à demander à Dieu la
grâce de prier pour un sujet jusqu’à l’exaucement.
Cherchez dans votre Bible les versets cités, afin de les
connaître dans leur contexte. Apprenez par cœur les promesses
de Dieu afin qu’elles vous servent au moment opportun.
• En groupe
En famille, ces méditations vous permettront de réfléchir
ensemble sur le sujet et de mettre immédiatement en pratique
la Parole de Dieu.
À l’église, lors des réunions de prière, elles pourront
préparer les cœurs et susciter la foi grâce aux promesses de la
Bible. Il n’y a rien de mieux que de prier en se fondant sur les
promesses de Dieu !

Remarques :
• Dans les versets bibliques cités, l’italique est toujours de
l’auteur.
• La Table des citations bibliques en fin d’ouvrage vous
permettra de retrouver la méditation qui utilise tel ou tel verset
de la Bible sur la prière. Elle vous permettra aussi d’étudier le
sujet de la prière dans un livre de la Bible en particulier.
11

Citation d’Adolphe Monod

Mes chers amis en Christ, parmi les sujets sur lesquels


portent les regrets du chrétien qui se croit près de sa fin, il n’en
est sans aucun doute aucun où il voulût réformer davantage s’il
revenait à la vie, que la prière.
Qu’est la prière, dans la pratique et dans la réalité, pour la
plupart des chrétiens croyants et qui prient ? Quelques moments
consacrés au recueillement le matin, quelques moments le soir,
plus ou moins longs, plus ou moins courts, quelquefois très
courts, et puis le cœur s’élevant à Dieu dans des circonstances
extraordinaires qui font sentir un besoin spécial de s’approcher
de lui, – c’est à ces maigres proportions que se réduisent les ha-
bitudes de beaucoup de chrétiens, ou d’hommes qui s’appellent
de ce nom.
Aussi, combien les fruits de la prière, tant promis dans
l’Écriture, sont-ils peu connus du plus grand nombre !
Soyons sincères et reconnaissons qu’entre les promes-
ses que l’Écriture fait à la prière et les fruits que nous en re-
cueillons, il y a une distance si grande que plus d’une fois notre
faible foi en a été troublée et que nous nous sommes dit : Est-ce
là tout ?
Non, ce n’est pas tout ce qui avait été promis ; mais c’est
que nous n’avons pas fait tout ce qui avait été commandé. Ah !
mes amis, la prière telle que je viens de la dépeindre d’après
nature est bien différente de la prière telle que l’Écriture la pré-
sente et à laquelle elle fait toutes les promesses !
Adolphe Monod, Les Adieux, (1856),
extraits des p. 149 et 150.
13

1
La première prière
Le publicain, n’osant même pas lever les yeux au
ciel, se frappait la poitrine en disant : Ô Dieu ! Sois
apaisé envers moi qui suis un pécheur !
Luc  18 : 13

Voici un homme peu religieux qui commence vraiment à


prier (les publicains étaient des Juifs qui récoltaient les impôts pour
le compte des Romains et prenaient un pourcentage sur le dos de
leurs compatriotes). Il ne prie pas pour sa santé ou pour son affaire,
mais il s’adresse directement à Dieu pour implorer son pardon.
Bien souvent, nous crions vers Dieu quand nous sommes
dans une détresse totale, lorsque plus rien ne peut nous sauver.
Imaginons les prières des passagers d’un avion qui va s’écra-
ser au sol, ou d’un bateau en train de couler ; des hommes qui
voient leur fortune disparaître en un jour, ou leurs rêves s’éva-
nouir à jamais ; d’autres qui sont frappés par une maladie sou-
daine et violente qui les emporte vers la mort. Mais même si le
plus sceptique des athées peut ainsi prier Dieu dans la détresse,
il n’a pas encore commencé à prier vraiment.
Pour commencer à prier, il faut réaliser notre véritable con-
dition devant le Créateur : nous sommes bien loin de lui et nous
ne valons pas mieux que ce publicain, car nous avons tous offensé
Dieu d’une façon ou d’une autre : « Car tous ont péché et sont privés
de la gloire de Dieu » (Rom. 3 : 23). Et tant que la question de nos
péchés n’est pas réglée avec Dieu, nos prières resteront vaines.
Trop de gens prennent Dieu pour un bon génie qui se doit
d’exaucer leur moindre vœu mais ne jamais leur faire un seul
14 52 méditations pour prier

reproche sur la façon dont ils conduisent leur vie. Dieu n’est
pas un bon génie, il est le Créateur de l’univers, le Dieu par-
faitement juste et saint. Pour être entendu du Créateur, il faut
régler notre immense dette envers lui, une dette creusée par nos
offenses envers lui et envers sa loi parfaite.
Mais comment régler une dette pareille ? Il n’y a rien au
monde que nous puissions faire pour nous racheter. L’homme
le plus honnête et respectueux des lois commet un jour ou
l’autre une faute qui le condamne aux yeux de Dieu. Et toute
sa bonne moralité ne peut racheter sa faute. Si vous respectez
toute votre vie la limitation de vitesse mais qu’une seule fois
vous la dépassez et créez un accident, la justice ne tiendra pas
compte de votre obéissance des années précédentes. Elle vous
punira pour la faute commise. De même, la justice parfaite de
Dieu retient les offenses et exige une condamnation.
Le publicain décrit par Luc sait comment faire. Il a com-
pris qu’il ne pourrait jamais arriver à être juste par lui-même ni
à payer sa dette envers Dieu. Il implore donc son Créateur avec
ces mots : « Sois apaisé envers moi qui suis un pécheur ! » Il
reconnaît ses péchés et fait appel à la grâce de Dieu.
Normalement, la justice de Dieu devrait priver ce pu-
blicain de toute grâce. Mais la venue de Jésus a tout changé.
Jésus-Christ est venu payer notre dette afin que nos péchés
ne soient plus retenus contre nous : « Car Dieu était en Christ,
réconciliant le monde avec lui-même, en n’imputant point aux
hommes leurs offenses » (2  Cor. 5 : 19).
En faisant cette première prière, le publicain a été par-
donné de tous ses péchés et il est devenu un enfant de Dieu :
« Mais à tous ceux qui ont reçu [Jésus], à ceux qui croient en
son nom, [il] a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu »
(Jean 1 : 12). Cette nouvelle naissance spirituelle lui a ouvert
la porte de toutes les autres prières. Les enfants de Dieu sont
certains d’être entendus par leur Père, ils sont aimés et écoutés.
Ils peuvent se lancer à la découverte de la prière !
Pourquoi prier ?
17

La grande question
Loin de moi aussi de pécher contre
l’Éternel, de cesser de prier pour vous !
1  Samuel  12 : 23

Comme moi, vous avez sans doute remarqué que les exau-
cements concernant les choses matérielles sont plus faciles à
obtenir que ceux concernant les individus. On se dit alors que
l’être humain est libre de refuser d’obéir à Dieu, tandis que les
objets n’ont pas de volonté et donc pas de résistance non plus.
Cela est juste, mais incomplet, et pourrait amener le plus
fervent intercesseur à cesser de prier pour son prochain ! Pour-
quoi ? Parce qu’il se dira : « À quoi bon prier pour une âme
puisque c’est elle qui décidera de sa vie ; Dieu ne la forcera
pas. Mes prières sont donc vaines ». N’est-ce pas tragique d’en
arriver là ?
Nous devons, face à une telle question, nous en tenir à la
Parole de Dieu.
Il est vrai que notre Dieu laisse le choix à sa créature. Notre
Sauveur ne forcera pas le cœur d’une personne pour qui nous
intercédons, puisque cela serait contraire au principe même du
salut, qui doit se recevoir volontairement et consciemment par
la foi. Par contre, il peut amener la personne dans des pensées
ou des circonstances telles que le cours de sa vie en sera pro-
fondément influencé, même jusqu’à la conversion.
18 52 méditations pour prier

La Parole nous ordonne de prier pour les autres : « J’exhorte


donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications,
des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes »
(1 Tim. 2 : 1). Si Dieu le veut ainsi, c’est que nos prières auront
un effet. En demandant le salut des âmes au Dieu « qui veut que
tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance
de la vérité » (1 Tim. 2 : 4), nous ne nous trompons pas.
Ensuite, il faut admettre que le libre arbitre de l’homme
est beaucoup plus restreint qu’il n’y paraît. Souvent, les âmes
restent fermées à l’Évangile, non par libre volonté, mais aveu-
glées et contraintes par Satan, le prince de ce monde : « Si notre
Évangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent ;
pour les incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l’intelli-
gence, afin qu’ils ne voient pas briller la splendeur de l’Évan-
gile de la gloire de Christ » (2 Cor. 4 : 3-4).
Notre intercession sert alors à délivrer les âmes de l’em-
prise du diable, comme David délivrait ses brebis de la gueule
du lion : « Je t’ai choisi […] afin que tu leur ouvres les yeux,
pour qu’ils passent des ténèbres à la lumière et de la puissance
de Satan à Dieu » (Actes 26 : 17-18). L’incrédulité, la rébellion,
les préjugés accumulés, les mensonges entendus, l’éducation
reçue, une fausse religion, etc., peuvent « emprisonner » une
âme et la retenir loin de Christ et de la Parole de Dieu. Oh,
combien vitales sont nos prières dans ce cas !
Non, chrétien, ton intercession pour les autres n’est pas
vaine. Elle est seulement plus difficile que pour les choses ma-
térielles, car les âmes sont l’objet de l’affreuse convoitise de
Satan et du plus grand combat de l’univers. Persévères-y avec
foi !
19

Les plus grandes


motivations
Non pas à nous, Éternel, non pas à nous,
mais à ton nom donne gloire, à cause de
ta bonté, à cause de ta fidélité !
Psaumes  115 : 1

Lorsque j’étais un nouveau chrétien, je me demandais :


« Pourquoi prier Dieu puisqu’il sait tout à l’avance ? » Puis, un
peu plus tard : « Pourquoi prier Dieu quand je ne reçois pres-
que jamais de réponse ? » Finalement, comme les disciples de
Christ l’ont fait, j’ai dit : « Seigneur, enseigne-moi à prier ! »
Petit à petit, le Seigneur a répondu en mettant devant mon âme
les grandes motivations de la prière.
La gloire de Dieu est la première chose qui doit nous moti-
ver. C’est pourtant la dernière à laquelle on pense ! « Il est temps
que l’Éternel agisse : ils transgressent ta loi » (Ps. 119 : 126).
Quand nous voyons les ennemis de Dieu triompher, le monde
se moquer de Christ et les chrétiens suivre la même décadence,
notre cri du cœur devrait être : « Jusqu’à quand, ô Dieu ! l’op-
presseur outragera-t-il, l’ennemi méprisera-t-il sans cesse ton
nom ? » (Ps. 74 : 10). L’enfant de Dieu ne supporte pas de voir
le nom de son Sauveur terni et foulé aux pieds. Alors, il prie
pour que Dieu vienne lui-même défendre son nom et sa gloire :
« Lève-toi, ô Dieu ! défends ta cause ! Souviens-toi des outrages
que te fait chaque jour l’insensé ! » (Ps. 74 : 22).
20 52 méditations pour prier

La survie du chrétien est la deuxième grande motivation


de la prière. Sans prière, il n’y a pas de vie chrétienne, pas de
fruits, pas de victoires ! Les promesses de Dieu dans la Bible
restent vaines si on ne les réclame par la prière : « […] vous ne
possédez pas, parce que vous ne demandez pas » (Jac. 4 : 2). Si
l’on ne demande jamais rien au Seigneur, on n’obtiendra rien !
Mais pire encore, si l’on ne demeure pas en Christ par la con-
fession à Dieu, l’adoration, les remerciements et les requêtes,
on est à la merci de tous les pièges du diable et des menson-
ges de notre propre cœur. « Priez sans cesse » dit le Seigneur
(1  Thes. 5 : 17).
L’urgence des besoins est la troisième motivation pour
prier. Jésus fait de ceux qui croient en lui des sacrificateurs
(des intercesseurs) pour Dieu son Père (Apoc. 1 : 6). Voilà donc
notre nouveau métier ! Intercéder pour les autres, pour ceux
qui périssent sans Christ, afin qu’ils viennent à lui, et pour nos
frères et sœurs en Christ. Nos prières comptent ! Et l’absence
d’intercession a des conséquences désastreuses… Imaginez
des pompiers que l’on appelle au secours et qui répondent : « Il
faudra que vous patientiez jusqu’à demain. Aujourd’hui, nous
avons d’autres activités… » Il en est de même pour la prière :
les âmes n’attendent pas ! Elles sont en danger perpétuel à cau-
se du diable qui rôde comme un lion rugissant. Elles ont besoin
de notre intercession maintenant !
Que vous fassiez de belles phrases ou non importe peu.
Que vous jeûniez ou priiez jour et nuit est égal : priez ! et priez
encore, car à chaque minute qui passe, une âme s’en va vers
sa destinée éternelle, où nos prières ne peuvent l’accompagner
(Héb. 9 : 27).
21

L’arme suprême
Prenez toutes les armes de Dieu. […]
Faites en tout temps par l’Esprit toutes
sortes de prières et de supplications.
Éphésiens  6 : 13, 18

Puisque le combat spirituel a lieu dans les lieux célestes


(Éph. 6 : 12), l’arme la plus efficace que nous possédions est la
prière. C’est le seul moyen que Dieu nous ait donné pour re-
tenir et vaincre les armées du diable et pour apporter la Bonne
Nouvelle à une âme après l’autre pour la seule gloire de notre
Roi. Prêcher, discuter, exhorter et témoigner constituent l’étape
suivante, c’est-à-dire la concrétisation de la victoire.
Toute victoire se gagne d’abord dans la prière !
Comment Moïse trouva-t-il la patience, la sagesse, l’amour
et la puissance de conduire un peuple au cou raide pendant qua-
rante ans dans le désert ? Par la prière !
D’où Josué tenait-il son courage, sa foi, sa ténacité et son
invincibilité lors de la conquête du pays promis ? Encore par
la prière ! C’est d’ailleurs le manque de prière et l’excès de
confiance en soi qui ont occasionné la défaite d’Aï (Josué 7).
Qu’est-ce qui permit à Néhémie de reconstruire la muraille de
Jérusalem en cinquante-deux jours sans jamais faiblir devant
une opposition permanente ? Toujours la prière !
Notre Seigneur lui-même, lorsqu’il était sur la terre, priait
très fréquemment : avant d’agir, pendant et après. Sa commu-
22 52 méditations pour prier

nion avec le Père dans la prière lui a permis de résister aux


tentations du diable (Luc 4), de chasser des démons, de guérir
et ressusciter des hommes et de répondre avec sagesse aux
pharisiens.
Mais surtout, sa plus grande victoire, la plus importante
pour l’histoire de l’humanité, est sa mort sur la croix pour nous
tous. S’il n’avait pas prié à Gethsémané, aurait-il trouvé la
force d’affronter les coups, les moqueries et le supplice de la
croix ? Aurait-il pu supporter l’angoisse d’être séparé du Père
en portant nos péchés, s’il n’avait pas auparavant répandu son
âme dans le jardin de Gethsémané (en français « pressoir à
huile ») ? Aurait-il eu cette sérénité, cette dignité au travers des
procès humiliants jusqu’à la mort dans de grandes souffrances ?
Nous en doutons.
Et si notre Seigneur lui-même a eu besoin pendant les jours
de sa chair de présenter « avec de grands cris et avec larmes des
prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la
mort » (Héb. 5 : 7), combien plus devons-nous, nous qui som-
mes faibles et pécheurs, prier ainsi si nous voulons obtenir des
victoires spirituelles.
Prions, mes amis, pour que la prédication de la Parole soit
appuyée par la puissance du Saint-Esprit, et pour que nos en-
nemis spirituels soient empêchés d’agir. Prions comme David
qui, face à Achitophel, un ennemi à l’intelligence redoutable,
demanda : « Ô Éternel, réduis à néant les conseils d’Achito-
phel ! » (2  Sam. 15 : 31).
23

La prière qui prévaut


La muraille fut achevée le vingt-cinquième jour
du mois d’Elul, en cinquante-deux jours.
Néhémie  6 : 15

Néhémie était un Juif en captivité à la cour du roi de Perse


au v  siècle avant Jésus-Christ. Il servait le vin au roi et vivait
e

sans doute une vie assez confortable, bien qu’il fût esclave.
Mais Néhémie était un homme de Dieu et il n’était pas du tout
satisfait. Par la prière, il changea le cours de l’histoire de son
peuple et entra dans une aventure extraordinaire qui l’amena
à rebâtir les murailles de Jérusalem et à redonner la foi et la
dignité à son peuple. Ce n’est pas par son intelligence, par le
mensonge ou par l’argent qu’il a réussi l’impossible : non, c’est
par la foi et la prière. Nous ferions bien d’imiter cet homme et
d’utiliser la prière en toutes circonstances.
Néhémie avait une immense compassion pour ses frères
découragés et pour sa ville détruite (Néh. 1 : 1-4). Dédaignant
le confort de la cour du roi, il s’identifia pleinement à la dé-
solation de son peuple. Il ne se posa pas en propre juste, mais
confessa son péché et reconnut la justice de Dieu dans la si-
tuation présente (Néh. 1 : 5-7). Puis il plaida en s’appuyant sur
les promesses de Dieu (Néh. 1 : 8-9). Trois mois plus tard, la
porte s’ouvrit pour lui (Néh. 2 : 1) par la providence de Dieu. Il
sut attendre, ne pas s’appuyer sur sa sagesse, ne pas agir avec
impétuosité et utiliser la prière qui prévaut.
24 52 méditations pour prier

Comment un homme seul, loin de sa ville dévastée et dé-


sertée, et coupé de son peuple désespéré, a-t-il pu convaincre
un roi ennemi, obtenir un laissez-passer et de l’argent, rassem-
bler des centaines d’hommes et de femmes pour reconstruire
les murailles, repousser les attaques incessantes des ennemis
alentour, déjouer tous les pièges, unir ses hommes divisés, et
tout cela en cinquante-deux jours seulement ? Par la prière qui
prévaut !
C’est ce que fit David Brainerd (1718-1747), ce jeune
missionnaire atteint de tuberculose, quand il affronta seul l’in-
différence des Indiens de la rivière Susquehanna en Amérique
du Nord. Voici quelques entrées de son journal :
Jour du Seigneur, 25 avril 1743 : « Ce matin,
j’ai passé deux heures à mon devoir secret
et je fus rendu capable d’agoniser pour les
âmes immortelles plus qu’à l’accoutumée.
Bien qu’il fût très tôt et que le soleil ne fût pas
complètement levé, mon corps était couvert de
sueur ».
Jeudi 3 novembre : « J’ai passé cette journée
dans le jeûne en secret et dans la prière, du
matin jusqu’à la nuit ».
Devant des obstacles insurmontables (son inexpérience de
jeune homme, la tuberculose qui le rongeait, l’opposition des
Indiens, le fait qu’il était un des premiers missionnaires parmi
les Indiens), Brainerd a vu la puissante main de Dieu le délivrer
de la mort miraculeusement et transformer ses amis indiens en
saints.
Il est facile de faire un parallèle avec notre pays et notre
église. Souvenons-nous de Néhémie et de Brainerd, quittons
notre sphère de confort, confessons nos péchés et réclamons les
promesses de notre Dieu !
25

Le fardeau
dans la prière
Souviens-toi que je porte en mon sein
tous les peuples nombreux !
Psaumes  89 : 51

Les chrétiens qui ont reçu de puissants exaucements à


leurs prières sont ceux qui portaient un fardeau. La situation
pesait sur leur cœur et ils étaient pressés de demander au
Seigneur la délivrance. C’est « l’amour de Christ [qui] nous
presse » (2 Cor. 5 : 14). On ne peut pas intercéder efficacement
avec un cœur détaché et sans se sentir concerné par la situation
autour de nous.
Prenons Néhémie, par exemple. Confortablement installé
à la cour du roi de Perse, il pleura, pria et jeûna longuement
quand il apprit que ses frères juifs et sa ville de Jérusalem
étaient dans la désolation. Et Dieu l’exauça puissamment, puis-
que le roi lui permit de rebâtir les murailles de Jérusalem en
cinquante-deux jours !
Avons-nous un véritable fardeau pour la condition spi-
rituelle de ceux qui nous entourent ? Dieu souffre de voir ses
créatures si loin de lui, esclaves du péché et en route vers
l’enfer. Dieu souffre aussi de voir les chrétiens vivre dans la
désobéissance et s’écarter de la foi révélée dans la Parole. Et il
veut nous communiquer cet amour ardent pour notre prochain,
jusqu’à souffrir pour lui : « Ce qui manque aux souffrances de
26 52 méditations pour prier

Christ, je l’achève en ma chair pour son corps qui est l’Égli-


se » (Col. 1 : 24). Paul s’attristait que personne ne partageât
ses sentiments pour prendre sincèrement à cœur la situation
(Phil. 2 : 20). C’était encore pire au temps du prophète Mala-
chie : « Si vous n’écoutez pas, si vous ne prenez pas à cœur de
donner gloire à mon nom, dit l’Éternel des armées, j’enverrai
parmi vous la malédiction » (Mal. 2 : 2).
Avez-vous cette froideur de cœur, ce détachement qui
vient de l’égoïsme ? Confessez-le au Seigneur, et donnez-vous
tout entier dans la prière, pour le salut des âmes captives, pour
l’avancement des frères et pour la gloire de Dieu !
La prière doit être un engagement de notre être et de notre
vie entière, et non une énumération de belles pensées que nous
ne vivons pas !
Soyons comme le souverain sacrificateur qui portait les
douze tribus d’Israël sur son cœur, représentées par douze pier-
res précieuses enchâssées sur son pectoral (Exode 28 : 15-21).
Soyons comme Paul qui souffrait « les douleurs de l’enfante-
ment, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous » (Gal. 4 : 19) et
qui se sentait débiteur envers tous les hommes, qu’ils fussent
juifs, païens, sages ou ignorants ! (Rom. 1 : 14).
Soyons comme Jérémie lorsqu’il disait : « Tu m’as per-
suadé, Éternel, et je me suis laissé persuader ; tu m’as saisi, tu
m’as vaincu. […] Si je dis : Je ne ferai plus mention de lui, je
ne parlerai plus en son nom, il y a dans mon cœur comme un
feu dévorant qui est renfermé dans mes os. Je m’efforce de le
contenir, mais je ne le puis » (Jér. 20 : 7-9).
27

La prière, notre ministère
À celui qui nous aime […] et qui a fait de nous un
royaume, des sacrificateurs pour Dieu son Père.
Apocalypse  1 : 5, 6

Jésus-Christ, en nous sauvant, a aussi fait de nous « des


sacrificateurs pour Dieu son Père ». Cette affirmation est claire :
nous sommes tous des sacrificateurs, c’est-à-dire des ministres
chargés d’intercéder.
Intercéder n’est pas une option de la vie chrétienne : c’est
un devoir.
Ce n’est pas non plus une occupation de loisirs à prati-
quer en dilettante : c’est un vrai ministère, qui demande des
efforts soutenus et un sens aigu de notre responsabilité envers
le prochain. Tout le monde n’est pas appelé à devenir pasteur
ou évangéliste, mais tous les enfants de Dieu sont appelés à
intercéder devant Dieu pour les autres.
Nous avons, en effet, un privilège unique : « Nous avons,
au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire »
(Héb. 10 : 19). Avant le sacrifice et la résurrection de Christ,
seul le souverain sacrificateur en Israël pouvait, une fois par an
(Héb. 9 : 7), entrer dans la présence de Dieu, le lieu très saint. Et
nous, nous pouvons y entrer par la foi quand nous le voulons,
aussi souvent qu’il est nécessaire, grâce au sang de Jésus ! Et
nous n’en profiterions pas plus ? Car entrer dans la présence
même de Dieu, c’est être sûr qu’il nous écoute ; « et si nous
28 52 méditations pour prier

savons qu’il nous écoute, nous savons que nous possédons la


chose que nous lui avons demandée » (1 Jean 5 : 15).
Si personne ne se donne la peine d’intercéder en faveur du
pays, il sera détruit irrémédiablement. Ceux qui sont en route
vers la perdition ont besoin d’intercesseurs qui plaident en leur
faveur afin qu’ils ouvrent les yeux sur leur terrible condition
et qu’ils se tournent vers Jésus-Christ, le seul Sauveur. Mais
combien parmi nous s’en soucient ? « Je cherche parmi eux un
homme qui élève un mur, qui se tienne à la brèche devant moi
en faveur du pays, afin que je ne le détruise pas ; mais je n’en
trouve point » (Éz. 22 : 30).
Si nous étions conscients de ce ministère et moins négli-
gents dans ce ministère, nos églises et nos pays n’en seraient
pas là. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire : « Celui
qui se relâche dans son travail est frère de celui qui détruit »
(Prov. 18 : 9). « Veillez à cela (prier) avec une entière persévé-
rance, et priez pour tous les saints » (Éph. 6 : 18).
Allons ! Au travail ! Car nous sommes appelés à être les
sauveteurs spirituels du monde. Si nous ne prions pas, qui le
fera ? Oui, mais par où commencer ?
D’abord, il faut considérer la prière comme une priorité.
Dans le livre des Actes, nous voyons les apôtres déléguer les
tâches administratives à d’autres pour s’appliquer « à la prière
et au ministère de la parole » (Actes 6 : 4). Au lieu de dire :
« Aujourd’hui, je prierai si j’en ai le temps », nous devrions
plutôt nous exprimer ainsi : « Je prendrai aujourd’hui du temps
pour prier quoi qu’il arrive ». La prière et l’intercession doivent
rester prioritaires dans notre vie. Susanna Wesley (1669-1742)
la mère des fameux John et Charles Wesley, a élevé dix-sept
enfants ; si quelqu’un avait une excuse pour ne pas prier, c’était
bien elle ! Elle prenait pourtant une heure chaque jour pour
prier pour eux. Ses deux fils amenèrent un grand réveil spirituel
qui transforma l’Angleterre tandis que la France sombrait dans
le carnage de la Révolution.
La prière, notre ministère 29

Ensuite, il faut être exercé à la prière. Cela ne signifie pas


faire de belles phrases, vous l’aurez compris, mais avoir de-
mandé à Dieu : « Seigneur, enseigne-nous à prier ! » (Luc  11 : 1) ;
c’est avoir passé des heures dans la présence sainte de Dieu
comme Moïse qui est resté plusieurs fois quarante jours avec le
Seigneur (Exode 34 : 29) ; c’est avoir appris à prier « par l’Es-
prit » (Éph. 6 : 18) ; c’est avoir acquis la persévérance pour saisir
les promesses de Dieu (Héb. 6 : 12) ; c’est être rompu au com-
bat de la prière comme Épaphras (Col. 4 : 12) ; c’est avoir la foi
entière d’Abraham qui avait « la pleine conviction que ce qu’il
(Dieu) promet, il peut aussi l’accomplir » (Rom. 4 : 21). Tout
cela ne vient pas en quelques minutes, ni même en quelques
jours, mais le Saint-Esprit veut nous l’enseigner à tous.
Il faut aussi fortifier sa foi en réalisant qu’il n’existe pas de
grands hommes de Dieu mais seulement des hommes du grand
Dieu ! Nos prières peuvent recevoir autant d’exaucements
que celles d’Élie, « un homme de la même nature que nous »
(Jac. 5 : 17), si nous nous confions en Dieu de tout cœur.
Enfin, il faut être désormais attentif aux besoins des autres
afin d’intercéder efficacement pour eux. Cela commence par
les frères et sœurs en Christ : « Si quelqu’un voit son frère
commettre un péché qui ne mène point à la mort, qu’il prie, et
Dieu donnera la vie à ce frère » (1 Jean 5 : 16). Si l’un d’eux est
éprouvé, découragé, cherche la volonté de Dieu ou a un besoin
matériel, notre ministère devra être utilisé.
Les âmes perdues ont également besoin de notre interces-
sion afin qu’elles voient « briller la splendeur de l’Évangile de
la gloire de Christ » (2 Cor. 4 : 4). Pensons aux sacrificateurs
qui étaient continuellement à la disposition de leurs frères afin
de brûler leurs holocaustes et d’entretenir l’autel des parfums
(image de la prière des saints – Apoc. 5 : 8). Nous aussi, met-
tons-nous au service de notre prochain pour intercéder pour lui
d’une manière appliquée et persévérante !
31

Ne négligez pas de prier


Celui qui se relâche dans son travail
est frère de celui qui détruit.
Proverbes  18 : 9

Quelqu’un a dit que la prière doit être « la respiration du


chrétien ». Pour combien de chrétiens est-ce vrai ? Pour un pe-
tit nombre, en vérité. Pour la plupart d’entre nous, la prière
est plutôt un masque à oxygène ! Nous ne l’utilisons, en effet,
qu’en dernier recours, dans la détresse totale, quand nos forces
humaines sont au bout de leurs limites ! Ne ressentez-vous pas
dans votre conscience d’enfant de Dieu que vous avez négligé
de prier ?
À plusieurs reprises, le Saint-Esprit vous a demandé d’ar-
rêter votre activité un instant et de prier pour quelque sujet
précis ; et vous ne l’avez pas fait. Vous avez dit, plus ou moins
consciemment : « Non, je ne peux pas arrêter cette activité
maintenant… et puis je n’ai pas envie de prier maintenant. Je
prierai tout à l’heure ».
Vous avez peut-être négligé de prier parce que vous n’étiez
pas en communion avec Dieu à ce moment-là. Un péché, des
mauvaises pensées, une activité coupable, une désobéissance
vous ont coupé l’envie même de venir à Dieu. Au fond de vous-
même, vous dites : « Bah ! qui saura que j’ai négligé de prier ?
Qu’est-ce que ma prière aurait changé, de toute façon ? » Et
là, vous vous trompez lourdement. Car, lorsque le Saint-Esprit
nous pousse à prier, c’est que l’exaucement est imminent et peut
32 52 méditations pour prier

dépendre justement de notre prière ! Cette nuit d’avril 1912, une


femme fut poussée irrésistiblement à intercéder pour son mari
naviguant sur le Titanic. En proie à l’angoisse, elle ne trouva la
paix qu’à cinq heures du matin. À cette même heure, son mari
coulait avec le Titanic mais parvenait à remonter à la surface de
l’eau glaciale puis à rejoindre un canot qui le sauva de la mort.
Personne – hormis le Seigneur – ne vous a entendu repous-
ser sans ménagement la requête du Saint-Esprit, car la prière est
un ministère secret ; personne ne viendra non plus vérifier si
vous avez prié selon ce que le Saint-Esprit vous demandait.
J’aimerais alors vous donner deux raisons de ne pas négli-
ger de prier :
Premièrement, Dieu nous demandera des comptes. Nous
ne sommes pas tous appelés à prêcher ou à enseigner mais
prier est un appel pour tous les croyants. Si nous ne sommes
pas fidèles en cela, serons-nous fidèles en quelque chose ?
Qu’aurons-nous à dire au Seigneur sur notre négligence, alors
que de nos prières, en partie, dépend l’avancement du royaume
de Dieu ?
Deuxièmement, sans prière, pas de progrès. Quelles vic-
toires, quels progrès peut-on espérer dans le domaine spirituel
sans une vie de prière ? Nos projets pourront-ils réussir ? « Re-
commande à l’Éternel tes œuvres, et tes projets réussiront »
(Prov. 16 : 3). Sans prière, nous serons vaincus par les tenta-
tions, découragés par les épreuves, aveuglés par le diable. Nous
deviendrons stériles, froids et paresseux. La vie de prière est le
soutien de notre vie. Si nous négligeons de prier, nous resterons
seuls face aux circonstances, désemparés et vaincus d’avance.
« Car ce n’est ni par la puissance ni par la force, mais c’est par
mon Esprit, dit l’Éternel des armées » (Zach. 4 : 6).
33

Ce que seule
la prière peut faire…
Je vous le dis en vérité, si quelqu’un dit à cette
montagne : Ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, et
s’il ne doute point en son cœur, mais croit que ce
qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir.
Marc  11 : 23

La prière est un moyen précieux que Dieu nous a donné


mais que nous méprisons trop souvent. La prédication et la
lecture de la Parole sont puissantes, mais il y a des choses que
seule la prière peut obtenir.
Toucher le cœur de quelqu’un à distance : si nous avons
de la famille éloignée géographiquement qui ne connaît pas
le Seigneur, nos prières en sa faveur prépareront les cœurs et
amèneront auprès d’elle le témoignage d’un chrétien. Si nous
avons une connaissance qui est réfractaire à la Parole et ne veut
rien entendre, nos prières pourront toucher son cœur, amener
une conviction de péché et des circonstances dans lesquelles la
personne sera plus attentive à ce que Dieu dit : « Ayez au milieu
des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils vous
calomnient […] ils remarquent vos bonnes œuvres, et glorifient
Dieu, au jour où il les visitera » (1 Pi. 2 : 12). Derrière le salut
de chaque âme, il y a les prières ferventes d’un ou de plusieurs
chrétiens.
34 52 méditations pour prier

Peu après avoir cru de tout mon cœur au Seigneur Jésus, je


me mis à intercéder pour le salut de mes parents. Pendant près
de deux ans, leur âme a pesé sur mon cœur jusqu’au jour où,
pendant une prière plus intense qu’à l’habitude, une paix divine
envahit mon âme comme si l’Esprit de Dieu me disait : « C’est
accordé ». N’osant pas interpréter cette soudaine conviction, je
continuai à prier. Quelques jours après, ma mère venait assister
pour la première fois à une réunion évangélique, et ce même
jour elle répondit à l’appel de Dieu à se repentir et recevoir le
Seigneur Jésus.
Et quel chrétien n’a jamais ressenti à distance l’effet des
prières de son église ? Quel pasteur ou évangéliste ou mission-
naire n’a jamais été secouru par Dieu, assisté dans la prédica-
tion de l’Évangile ou consolé grâce aux prières de ses frères ?
Unir des cœurs désunis : la prière sincère a le don de
réchauffer les cœurs, de redonner un amour les uns pour les
autres. Un couple en danger de rupture, qui ne se parle presque
plus et s’irrite pour un rien, retrouvera son premier amour dans
la prière ensemble. Le pasteur américain Robert Newton et son
épouse priaient ensemble l’un pour l’autre chaque jour. Après
cinquante ans de mariage, M. Newton déclara qu’il n’y avait
jamais eu entre eux une mauvaise parole, ni même un mauvais
regard !
Un court moment de prière ensemble accomplit plus que
des heures de palabres : des chrétiens « en froid », en proie à
l’amertume ou à l’inimitié, trouveront la force de pardonner
dans la prière commune. Une église désunie, ayant perdu son
zèle, son esprit de sacrifice ou sa libéralité, retrouvera ces
vertus si elle s’humilie, prie et cherche la face de son Dieu
(2  Chr. 7 : 14).
Transformer un être : « Nous tous qui, le visage découvert,
contemplons […] la gloire du Seigneur, nous sommes transfor-
més en la même image » (2 Cor. 3 : 18). Plus on s’approche de
Christ dans la prière, et plus le Saint-Esprit nous rend sembla-
bles à l’image de Christ. Comme deux conjoints « déteignent »
Ce que seule la prière peut faire… 35

l’un sur l’autre, Jésus-Christ veut imprimer son divin caractère


dans notre être : là où il n’y a que péché, laideur et ténèbres, il
veut y placer sa pureté, sa beauté et sa lumière.
Ouvre le ciel, réponds à la prière que nous
t’offrons !
Imprime enfin ton divin caractère sur tous nos
fronts !
(Sur les ailes de la foi,
extrait du cantique n° 183)
37

10

Une déclaration d’amour


Des paroles pleines de charme bouillonnent dans
mon cœur. Je dis : Mon œuvre est pour le roi !
Que ma langue soit comme la plume d’un habile
écrivain ! Tu es le plus beau des fils de l’homme, la
grâce est répandue sur tes lèvres.
Psaumes  45 : 2-3

Les idoles sont redoutées, mais l’Éternel est aimé. Cela


fait toute la différence. Dieu est aimable au plus haut point, tant
par ses perfections que par sa miséricorde envers nous. « Nous
l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier » (1 Jean 4 : 19).
La prière est le moment idéal pour déclarer notre amour
au Seigneur. Dans l’intimité avec lui, nous pouvons lui ouvrir
notre cœur, et par l’amour qui est répandu par le Saint-Esprit
– autrement, le cœur humain n’aime pas Dieu – lui dire : « Je
t’aime ». Bien sûr, il ne suffit pas de le dire ; encore faut-il le
manifester par notre obéissance. « Si vous m’aimez, gardez
mes commandements » (Jean 14 : 15). Mais à l’inverse, il ne
suffit pas d’avoir des actes ; le Seigneur aimerait aussi enten-
dre cette déclaration de notre bouche, comme il l’a demandé à
Pierre : « Pierre, m’aimes-tu ? » (Jean  21 : 15). Remplacez donc
« Pierre » par votre prénom : « m’aimes-tu ? »
Dans un couple, par exemple, cela n’est pas tout de rester
fidèle l’un à l’autre et de se soutenir. Il est bon, aussi, de se dé-
clarer verbalement son amour, comme deux jeunes amoureux.
38 52 méditations pour prier

Si vous ne pouvez plus lui dire : « Je t’aime », c’est que vous
n’êtes plus aussi amoureux. C’est un mauvais signe…
De même, avec le Seigneur, on peut perdre son premier
amour : « Je connais tes œuvres, ton travail et ta persévérance.
[…] Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu as abandonné ton
premier amour » (Apoc. 2 : 2, 4).
Le fait de déclarer au Seigneur notre amour pour lui rani-
mera notre flamme et notre zèle. Pour dire « Je t’aime », il faut
des raisons. Quelles raisons ai-je d’aimer le Seigneur ? Elles
sont nombreuses : « J’aime l’Éternel, car il entend ma voix, mes
supplications ; car il a penché son oreille vers moi » (Ps. 116 : 1).
Mais c’est surtout son sacrifice sur la croix et le salut parfait
qu’il nous a offert qui doivent faire jaillir de notre cœur régé-
néré des déclarations d’amour.
N’oublions pas que nous étions des impies, ennemis
de Dieu, en rien aimables, dignes d’être condamnés, et que
l’amour gratuit de Dieu l’a poussé à se sacrifier pour nous tous.
Et nous resterions froids devant cet amour, et nous ne succom-
berions pas sous les charmes de notre bien-aimé Sauveur ?
Le Cantique des Cantiques fait aussi partie de la Parole de
Dieu, et nous ferions bien de le relire de temps en temps, avant
que notre cœur ingrat ne s’endurcisse. Répétons, avec la Sula-
mithe : « C’est avec raison que l’on t’aime. […] Que tu es beau,
mon bien-aimé, que tu es aimable ! […] Mon bien-aimé […] se
distingue entre dix mille. […] Je suis à mon bien-aimé, et mon
bien-aimé est à moi » (Cant. 1 : 4, 16 ; 5 : 10 ; 6 : 3).
Comment prier ?
41

11

Contre la routine
Veillez et priez,
afin que vous ne tombiez pas dans la tentation.
Matthieu  26 : 41

Dans la jungle spirituelle, le chrétien est confronté à des


prédateurs de toutes sortes. Certains sont féroces comme des
tigres et nous attaquent de front ; ils nous obligent à rester cons-
tamment en éveil. Mais d’autres, plus subtils, sont rampants
comme le serpent et quasiment invisibles. Ils usent notre vigi-
lance et attendent le moment opportun pour attaquer. Comme
les lionnes qui rôdent nonchalamment autour du troupeau de
gazelles, et attendent qu’il se soit habitué à leur présence pour
attaquer aussi soudainement que l’éclair, les ennemis du chré-
tien sapent sa vigilance et l’endorment petit à petit. Ce fut la
tactique du diable qui, après avoir tenté en vain le Fils de Dieu
par les promesses les plus alléchantes, « s’éloigna de lui jusqu’à
un moment favorable » (Luc 4 : 13).
L’allié principal du diable est la routine. Elle peut « tuer »
une réunion de prière (et toute autre activité spirituelle). Les
mêmes personnes, au même endroit, de la même manière, sur
les mêmes sujets… Voilà pourquoi le Seigneur a pris soin de
mettre ensemble à plusieurs reprises dans la Bible « veillez » et
« priez » (Éph. 6 : 18 ; Col. 4 : 2).
Comment lutter contre la routine dans nos prières ?
42 52 méditations pour prier

Pas en remplaçant la réunion de prière par autre chose !


Ce qui rend la prière routinière, c’est le peu de place laissé au
Saint-Esprit. Car prier, c’est parler avec le Seigneur, et non à
soi-même. Peut-on imaginer une conversation avec notre Père
qui soit routinière ? Même si nous restions simplement en si-
lence devant le Dieu vivant à goûter sa paix, sa sagesse, son
amour et sa justice, nous ne nous lasserions jamais, même si
c’était pour l’éternité !
Mais lorsque nos prières ne sont que la manifestation de ce
qui nous passe par la tête, ou bien une liste toute faite de prières
qu’on répète sans cœur et sous la forme d’un long monologue,
la présence de Dieu et la direction du Saint-Esprit sont délais-
sées… La réunion perd alors tout son sens, sa vie et sa ferveur.
Le remède serait donc de passer un temps préliminaire à
entrer dans la présence du Seigneur, à chercher sa face, à l’ado-
rer, la lecture de la Parole de Dieu étant le meilleur moyen pour
ce faire. De prier brièvement si l’on est en groupe et de présen-
ter au Seigneur les sujets qui pèsent le plus sur notre cœur.
D’autres suggestions sont possibles, bien sûr. Mais ce qui
m’a aidé le plus dans ce domaine, c’est de me rappeler chaque
fois que je prie, que je suis en train de m’adresser au Créateur
de l’univers par son Fils Jésus-Christ, mort pour moi, et que,
chose incroyable, le Créateur m’écoute et veut m’exaucer !
43

12

Ne cherchez pas
à convaincre Dieu
Non, la main de l’Éternel n’est pas trop courte pour
sauver, ni son oreille trop dure pour entendre.
Ésaïe  59 : 1

Il y a parfois des façons de penser erronées que nous gar-


dons de notre ancienne religion. L’une d’elles, c’est que nous
cherchons à convaincre Dieu de nous exaucer. Nous disons :
« Aie pitié de nous ! Écoute nos supplications ! Ah, si tu vou-
lais répondre ! » C’est bien méconnaître Dieu et ses promesses
que de prier ainsi. Comment pourrions-nous convaincre Dieu,
nous, des pécheurs qui ne faisons pas toute sa volonté ? Est-ce à
force de paroles qu’il se laissera persuader ? Est-ce à force d’ar-
guments que nous pensons gagner Dieu à notre cause ? Jésus
n’a-t-il pas dit : « En priant, ne multipliez pas de vaines paroles,
comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils se-
ront exaucés » (Matt. 6 : 7).
Dans la Parole, nous voyons que ce n’est pas à nous de
convaincre Dieu mais plutôt Dieu qui veut nous convaincre de
l’invoquer ! « Invoque-moi au jour de la détresse ; je te déli-
vrerai et tu me glorifieras » (Ps. 50 : 15). Dans l’Ancien comme
dans le Nouveau Testament, notre Père multiplie les appels et
les promesses pour nous encourager à le prier. Sa faveur nous
est acquise pour toujours si nous avons Jésus-Christ dans notre
cœur. Car par Jésus-Christ toutes les promesses de Dieu sont
44 52 méditations pour prier

oui et amen ! (2 Cor. 1 : 20). Dieu nous aime éternellement et in-


tensément, il aime les âmes perdues plus que nous, et il connaît
les solutions mieux que nous !
Non, ce n’est pas Dieu qu’il faut convaincre, c’est Satan
qu’il faut vaincre. Car, qu’est-ce qui empêche l’exaucement à
nos prières ?
Premièrement, nos propres péchés (Ésaïe 59 : 2), mais ils
sont effacés par le sang de Christ (1 Jean 1 : 9).
Deuxièmement, les esprits méchants dans les lieux célestes
qui résistent à la volonté de Dieu (Dan. 10 : 13). Pourquoi Dieu
les laisse-t-il nous résister ? Pour se glorifier sur ses ennemis
et pour éprouver notre foi. Souvent, comme ce fut le cas pour
Daniel, la réponse à notre prière part immédiatement, mais
nous devons attendre patiemment son arrivée sans nous relâ-
cher. C’est pourquoi le Seigneur dit : « Car vous avez besoin de
persévérance, afin qu’après avoir accompli la volonté de Dieu,
vous obteniez ce qui vous est promis » (Héb. 10 : 36).
Alors, ne doutons plus. Notre Père nous invite à le prier car
il a pour nous en réserve des trésors spirituels et une puissance
infinie ! Sa grâce est inépuisable, sa miséricorde infinie, et il ne
saurait rien refuser de ce qui est demandé dans sa volonté, au
nom du Seigneur Jésus-Christ.
Au lieu de nous battre contre Dieu ou de nous débattre
avec nous-mêmes, entrons donc dans le vrai combat et met-
tons en pièces nos ennemis spirituels pour la gloire de Dieu !
(Ps. 118 : 10).
45

13

Le cœur purifié
Approchons-nous donc […]
les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience.
Hébreux  10 : 22

Combien de fois avons-nous exprimé publiquement des


doutes sur les capacités de Dieu, au lieu de nous rappeler que
« la main de l’Éternel n’est pas trop courte pour sauver, ni son
oreille trop dure pour entendre », mais que ce sont nos péchés
qui l’empêchent de nous écouter (Ésaïe  59 : 1-2) ?
Si notre cœur n’est pas pur, il ne nous est pas permis de
comparaître devant la sainteté de Dieu : « Qui pourra monter à
la montagne de l’Éternel ? Qui s’élèvera jusqu’à son lieu saint ?
Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur » (Ps. 24 : 3-4).
« Si j’avais conçu l’iniquité dans mon cœur, le Seigneur ne
m’aurait pas exaucé » (Ps. 66 : 18). Dieu n’a rien à faire avec
le péché et il ne veut pas exaucer nos désirs charnels ou nos
motifs impurs.
Pour nous, très souvent, le péché n’est pas aussi grave ni
aussi sale qu’il ne l’est pour Dieu. Nous gardons des péchés
« mignons » qui ont leur place réservée dans notre vie ; ils nous
plaisent bien et ne semblent pas trop affecter notre vie chré-
tienne. « Tant qu’on ne me voit pas », se dit-on. Mais pensons
maintenant à ce que Dieu éprouve lorsqu’il nous voit pécher
– car il voit tout – et s’aperçoit que ces péchés ont plus d’im-
portance que lui dans notre vie. Pensons à la laideur du péché,
à son origine diabolique, à sa pratique avilissante et asservis-
46 52 méditations pour prier

sante, à ses conséquences terrifiantes ! Ne comprenons-nous


pas que les yeux de Dieu « sont trop purs pour voir le mal » et
qu’il ne peut regarder l’iniquité (Hab. 1 : 13) ?
Trouvons-nous bon de pratiquer encore ce qui a conduit
notre Sauveur jusqu’à la croix où il souffrit notre condamna-
tion ? « Lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le
bois, afin que, morts aux péchés nous vivions pour la justice »
(1 Pi. 2 : 24-25). Non, décidément, un cœur impur ne peut être
en communion avec le Dieu saint.
Mais il n’y a pas que le péché qui nous prive de la face
de Dieu : il y a aussi le sentiment de culpabilité. Quand j’ai la
conscience lourde, je n’ai aucune assurance devant Dieu pour
recevoir l’exaucement à mes prières. Heureusement, Dieu
dans sa miséricorde a pourvu pour que mon cœur reste pur à
ses yeux : même « si notre cœur nous condamne, Dieu est plus
grand que notre cœur » (1 Jean 3 : 20). « Si nous confessons nos
péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et nous
purifier de toute iniquité » (1 Jean 1 : 9).
Il est temps que nous regardions nos péchés avec moins de
légèreté et que nous rejetions les motifs impurs dans nos priè-
res. Mais il faut aussi que ceux qui vivent dans un sentiment
de culpabilité permanent acceptent de Christ le cadeau d’une
conscience purifiée par son sang précieux !
47

14

La plénitude de la foi
Approchons-nous […] dans la plénitude de la foi.
Hébreux  10 : 22

Avant de prier, demandons à Dieu la plénitude de la foi :


« Or, sans la foi, il est impossible de lui être agréable ; car il faut
que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il
est le rémunérateur de ceux qui le cherchent » (Héb. 11 : 6).
La foi « voit » Dieu, non pas tel que nous nous l’imaginons
parfois – lointain, faible, complaisant, aveugle, sourd et infirme
– mais tel qu’il se présente dans sa Parole : proche, attentif,
tout-puissant, saint, juste et désireux de nous exaucer. Notre
Dieu est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. Il va répon-
dre quand nous le prierons !
La foi voit les choses comme Dieu les voit. Elle voit le
péché plus grave, plus sale. Elle voit la perdition des âmes plus
réelle, plus déchirante. Elle voit l’impossible devenir possible,
car « tout est possible à celui qui croit » (Marc 9 : 23) et « ce qui
est impossible aux hommes est possible à Dieu » (Luc 18 : 27).
La foi voit l’homme tout petit et Dieu très grand ; elle voit nos
soucis minuscules en comparaison des desseins éternels de
Dieu. Elle voit « le poids éternel de gloire » que produisent
« nos légères afflictions du moment présent » (2 Cor. 4 : 17-18).
Elle voit la patience de Dieu pour qui « un jour est comme
mille ans », et qui « use de patience envers vous, ne voulant pas
qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repen-
tance » (2  Pi. 3 : 8-9).
48 52 méditations pour prier

La foi plonge aussi ses regards dans l’héritage que Dieu


nous réserve dans les cieux (1 Pi. 1 : 4). Elle voit « les choses
qui ne sont point comme si elles étaient ; espérant contre toute
espérance », elle croit. Elle ne doute pas, « par incrédulité, au
sujet de la promesse de Dieu » mais elle nous fortifie et donne
gloire à Dieu, apportant « la pleine conviction que ce qu’il pro-
met il peut aussi l’accomplir » (Rom. 4 : 17-21).
Oui, la foi est une démonstration, une conviction des
choses qu’on ne voit pas ! (voir Héb. 11 : 1). Prier avec foi si-
gnifie être certain de l’exaucement. Approchons-nous donc du
Seigneur avec cette foi, car « tout ce que vous demanderez en
priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accom-
plir » a dit le Seigneur Jésus (Marc 11 : 24). Ne nous arrêtons
pas à l’adversité, aux calculs humains ou à nos limites, mais
fixons les yeux sur Christ, « assis à la droite de la majesté divi-
ne » (Héb. 1 : 3) et « qui suscite la foi et la mène à la perfection »
(Héb. 12 : 2).
Georges Müller (1805-1898), cet homme de Dieu anglais
dont les prières ont obtenu des exaucements remarquables (voir
sa biographie L’Audace de la Foi), raconte qu’il avait pris un
bateau pour se rendre à un rendez-vous important. Mais le
brouillard empêcha soudain toute navigation. G. Müller re-
joignit alors le capitaine dans sa cabine et lui proposa de prier
Dieu pour qu’il retire ce brouillard. Après avoir prié, il dit au
capitaine :
– Voilà, nous pouvons repartir.
– Mais le brouillard ? demanda le capitaine.
– Il doit avoir disparu, par la grâce de Dieu.
Ils sortirent et louèrent Dieu pour le ciel dégagé miracu-
leusement.
Souvenons-nous de la promesse : « Celui qui croit en lui ne
sera point confus » (Rom. 9 : 33).
49

15

La sincérité
Approchons-nous donc avec un cœur sincère.
Hébreux  10 : 22

Si nous prions sans sincérité, mieux vaut nous arrêter pour


confesser notre hypocrisie, nous humilier devant Dieu et expri-
mer clairement et simplement ce que nous avons dans le cœur.
Pourquoi faire semblant ? Pourquoi perdre son temps à prier
pour ce qui, au fond, ne nous intéresse pas, et irriter Dieu par
notre hypocrisie ? Il n’y a rien de pire que les acteurs qui jouent
au chrétien spirituel !
« Vous m’honorez de la bouche et des lèvres, mais votre
cœur est éloigné de moi, dit l’Éternel. La crainte que vous
avez de moi n’est qu’un précepte de tradition humaine » (selon
Ésaïe 29 : 13). « Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les
hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et au
coin des rues, pour être vus des hommes » (Matt. 6 : 5).
Les vrais intercesseurs, ceux qui prennent vraiment à cœur
la situation spirituelle de ceux qui les entourent deviennent ra-
res. Néhémie était un de ceux-là : quand il apprit la ruine de
Jérusalem, il pleura longuement et intercéda pour sa ville de
tout cœur, au point même de risquer d’être exécuté par le roi de
Perse en paraissant triste devant lui.
La reine juive Esther risqua aussi sa vie devant le danger
qui menaçait son peuple : « Je jeûnerai de même avec mes ser-
vantes, puis j’entrerai chez le roi, malgré la loi ; et si je dois pé-
50 52 méditations pour prier

rir, je périrai » (Esther 4 : 16). Combien parmi nous intercèdent


sincèrement comme eux ? « L’Éternel voit, d’un regard indigné,
qu’il n’y a plus de droiture. Il voit qu’il n’y a pas un homme, il
s’étonne de ce que personne n’intercède » (Ésaïe 59 : 15-16).
Que ce ne soit pas le cas chez nous ! Si nous cherchons à
paraître devant les hommes, au moins utilisons la prière pour
retrouver un cœur sincère devant Dieu ! On ne peut pas tromper
Dieu : « Tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous
devons rendre compte » (Héb. 4 : 13). Ne soyons pas de « ceux
qui tirent gloire de ce qui est dans les apparences » (2 Cor. 5 : 12)
car « l’Éternel ne considère pas ce que l’homme considère » ; il
ne regarde pas « à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde
au cœur » (1  Sam. 16 : 7).
Qu’est-ce qu’être sincère ? C’est venir à Dieu tel que
l’on est. C’est prendre à cœur les intérêts et la gloire de Jésus-
Christ, et non notre gloire. C’est aussi reconnaître notre besoin
de Dieu, notre petitesse, notre faiblesse, notre incapacité sans
Dieu. C’est s’adresser directement à Dieu, comme si l’on était
seul devant lui, sans vouloir impressionner ceux qui nous en-
tourent par des prières spectaculaires. C’est prier par le Saint-
Esprit, selon les fardeaux qu’il dépose sur notre cœur, et non
prier ce qu’on pense que les autres aimeraient entendre.
La sincérité dans la prière demande une constante vigi-
lance, car « le cœur (de l’homme) est tortueux par-dessus tout »
(Jér. 17 : 9) ; mais elle devient plus aisée au fur et à mesure qu’on
la pratique. La sincérité libère nos prières ! Car « l’Éternel est
près de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent
avec sincérité » (Ps. 145 : 18).
51

16

Par l’Esprit
Faites en tout temps par l’Esprit
toutes sortes de prières et de supplications.
Éphésiens  6 : 18

Il n’existe aucune activité chrétienne que nous puissions


accomplir par nos propres forces ; nous avons constamment be-
soin du concours du Saint-Esprit : « Ce qui est né de la chair est
chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit » (Jean 3 : 6). La prière
ne fait pas exception. Et pourtant, combien d’entre nous pour-
raient dire ce que signifie concrètement « prier par l’Esprit » ?
Jésus-Christ, assis à la droite de Dieu, ne nous a pas laissés
orphelins. Il intercède continuellement pour nous, et il nous a
aussi donné son Saint-Esprit, le paraclet, le Consolateur qui se
tient à nos côtés, comme le suggère son nom en grec. C’est l’Es-
prit qui « nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas
ce qu’il convient de demander dans nos prières » (Rom. 8 : 26).
La première chose que nous ayons à faire, c’est de lui
demander qu’il nous assiste dans nos prières, afin que tout ce
que nous demandons à Dieu soit dans sa volonté. Dieu veut
que nous priions autre chose que « bénis un tel » ou « enlève
son épreuve », parce que nous sommes déjà « bénis de toute
bénédiction spirituelle […] en Christ » (Éph. 1 : 3) et parce que
« l’épreuve […] produit la patience » et « il faut que la patience
accomplisse parfaitement son œuvre » (Jac. 1 : 3-4).
La prière mécanique, répétitive ou simple expression de
ce qui nous passe par la tête, n’est pas la prière par l’Esprit. Le
52 52 méditations pour prier

Seigneur Jésus nous demande de ne pas babiller ou bégayer


quand nous prions (Matt. 6 : 7).
Comment prier par l’Esprit ? En utilisant la glossolalie,
cette suite de syllabes sans queue ni tête qui sort de la bouche
de certains chrétiens ? Celui qui laisse ses lèvres prononcer des
sons incompréhensibles ne prie pas plus par l’Esprit que le petit
enfant qui met un harmonica à sa bouche ne joue du Mozart !
Dieu demande en effet que l’on prie par l’Esprit mais avec des
mots compréhensibles : « Je prierai par l’Esprit, mais je prierai
aussi avec l’intelligence. […] Autrement, si tu rends grâces par
l’Esprit, comment celui qui est dans les rangs des simples audi-
teurs répondra-t-il Amen ! à ton action de grâces, puisqu’il ne
sait pas ce que tu dis ? » (1 Cor. 14 : 15-16).
Prier par l’Esprit signifie plutôt « prier spirituellement »,
poussé et éclairé par le Saint-Esprit. L’Esprit de Dieu veut
communiquer à notre intelligence les sujets de prière et nous
rappeler les promesses inaltérables de la Bible en rapport avec
notre sujet : « Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs
inexprimables ; et celui qui sonde les cœurs connaît la pensée
de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur
des saints » (Rom. 8 : 26b-27). Le Saint-Esprit, toujours en ac-
cord avec la Parole de Dieu, sait ce qu’il faut demander à Dieu
pour nos frères et sœurs, et nous révèle « les choses que Dieu
nous a données par sa grâce » (1 Cor. 2 : 12).
Dans l’original grec, nous lisons en fait « priez dans l’Es-
prit » (Éph. 6 : 18 et Jude 20). Cela signifie plus que d’être « ins-
piré » le temps d’une prière, mais implique une vie en constante
communion avec le Saint-Esprit, soumise à lui : « […] celui qui
s’attache au Seigneur est avec lui un seul esprit » (1 Cor. 6 : 17) ;
« soyez, au contraire, [continuellement] remplis de l’Esprit »
(Éph. 5 : 18).
C’est ainsi que nous participerons pleinement à l’œuvre
du Saint-Esprit, étant ouvriers avec lui dans notre intercession
pour les hommes.
53

17

Comptez
les bienfaits de Dieu
Et soyez reconnaissants.
Colossiens  3 : 15

Dans la parole de Dieu, prière et remerciements à Dieu


(actions de grâces) vont presque toujours de pair. Cela fait par-
tie de notre communion avec le Seigneur : nous demandons,
Dieu exauce, nous le remercions. Mais combien cette attitude
est rare chez nous ! Quelquefois, nous adressons nos doléances
à Dieu comme à un service contentieux ou à une administra-
tion : ni bonjour ni merci. Notre Père mérite autre chose…
Luc raconte la guérison de dix lépreux dans un village. Un
seul « revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix. Il tomba
sur sa face aux pieds de Jésus et lui rendit grâces. C’était un Sa-
maritain. Jésus, prenant la parole, dit : Les dix n’ont-ils pas été
guéris ? Et les neuf autres, où sont-ils ? » (voir Luc 17 : 11-19).
Le Tout-Puissant a eu la bonté de nous gracier, nous qui
méritions tous sa juste condamnation pour nos péchés. Il a pour-
vu lui-même au sacrifice en livrant son Fils unique et en versant
son sang précieux pour nous (1 Pi. 1 : 19) ; et nous serions assez
ingrats pour croire que tout nous est dû ? C’est encore par grâce
qu’il consent à répondre à nos requêtes émises au « trône de la
grâce » (Héb. 4 : 16). Notre amour pour le Seigneur devrait écla-
ter en louanges pour la grâce que Dieu nous fait ! « Abondez en
actions de grâces » a dit le Seigneur (Col. 2 : 7).
54 52 méditations pour prier

Comment te dire merci, pour tout ce que tu as


fait pour moi,
Ces choses imméritées où tu prouves ton
amour pour moi ?
Les voix des milliers d’anges ne sauraient
exprimer ma joie !
Ce que je suis, ou espère être un jour :
Seigneur, c’est grâce à toi !
(Traduction du chant My Tribute
d’Andrae Crouch)
Chaque fois que nous prions, nous devrions premièrement
remercier Dieu pour son salut parfait, pour son sacrifice et
pour tous ses bienfaits envers nous ! Remercions Dieu pour les
réponses à nos prières précédentes, et nommons-les, comptant
les exaucements à la gloire de Dieu, comme l’exprime si bien
ce cantique :
Compte les bienfaits de Dieu, mets-les tous
devant tes yeux ;
Tu verras, en adorant, combien le nombre en
est grand !
(Sur les ailes de la foi, extrait du cantique n° 45)
Prier sans remercier est ingrat et décourageant. On ne
voit pas si on avance ou non, si l’on obtient des victoires ou
pas. C’est pourquoi le Seigneur nous dit : « Persévérez dans la
prière, veillez-y avec actions de grâces » (Col. 4 : 2). Compter
les bienfaits de Dieu encourage la foi et pousse à demander plus
encore ! C’est aussi un témoignage qui montre que la main de
l’Éternel est à l’œuvre et que notre Dieu est vivant : « Jamais on
n’a appris ni entendu dire […] qu’un autre dieu que toi fasse de
telles choses pour ceux qui se confient en lui ! » (Ésaïe 64 : 3).
Allons même plus loin encore, en remerciant par avance
notre Dieu pour nos prières qui vont être exaucées !
55

18

L’unité dans la prière


Je vous dis encore que, si deux d’entre vous
s’accordent sur la terre pour demander une
chose quelconque, elle leur sera accordée
par mon Père qui est dans les cieux.
Matthieu  18 : 19

L’unité dans la prière est sans doute la condition la plus


difficile à réaliser, mais c’est aussi, lorsqu’on l’atteint, une
grande source d’exaucement et une satisfaction profonde pour
le Seigneur. La réponse de Dieu à une prière unie est des plus
rapides et des plus puissantes.
De nos jours, certains membres de religions différentes
se réunissent pour prier pour des sujets communs : la paix, les
malheureux dans le monde, etc. Miracle d’unité ! s’exclame-
t-on. Mais cette unité est factice, car ils ne prient pas tous le
même Dieu, pas tous au nom de Jésus-Christ, pas tous avec le
Saint-Esprit, et ne croient pas tous les mêmes choses dans un
grand nombre de domaines ! Ils mettent l’unité avant la vérité,
et souvent, sans la vérité.
La vraie unité, selon Dieu, est « l’unité de la foi et de
la connaissance du Fils de Dieu » (Éph. 4 : 13), car « il y a un
seul Seigneur, une seule foi » (Éph. 4 : 5). Cette unité n’existe
qu’entre ceux qui sont nés de nouveau, fidèles et soumis à la
Parole de Dieu. Et même avec ces conditions réunies, l’unité
reste difficile à obtenir et à garder ! C’est pourquoi il est écrit :
« […] vous efforçant de conserver l’unité de l’Esprit par le lien
56 52 méditations pour prier

de la paix » (Éph. 4 : 3). Chacun possède, en effet, sa personna-


lité, sa façon de voir, ses buts, ses aspirations et ses problèmes
personnels. Cela explique aussi la parole de Christ : « Si deux
d’entre vous s’accordent » (Matt. 18 : 19).
Doit-on alors renoncer à tout cela pour atteindre l’unité ?
Non, car cela donnerait des prières stéréotypées et dénuées de
l’Esprit. Mais le Seigneur peut unir nos personnalités dans la
prière si nous suivons ces conditions préliminaires :
– Tous ceux qui prient doivent avoir les yeux fixés sur
le Seigneur, cherchant sa gloire et sa volonté seules :
« Ayant les regards sur Jésus, qui suscite la foi et la
mène à la perfection » (Héb. 12 : 2).
– Tous ceux qui prient doivent s’accorder avant sur les
sujets principaux, en cherchant ce qu’enseigne et pro-
met la Parole de Dieu à ce propos.
– Tous ceux qui prient recherchent « l’édification du
corps de Christ » (Éph. 4 : 12).
Quand un orchestre va exécuter un morceau devant le
public, il suit ces trois étapes : les musiciens regardent tous le
chef d’orchestre (regarder à Jésus-Christ) ; les instruments s’ac-
cordent sur le premier violon (s’accorder avant de prier) ; les
musiciens suivent tous la partition (suivre la Parole de Dieu) en
recherchant la meilleure interprétation pour satisfaire le public
(édifier l’Église).
Lors du réveil sous Esdras et Néhémie, le peuple s’est
assemblé « comme un seul homme » pour entendre et obéir à
la Parole de Dieu (Néh. 8 : 1). Nous aussi, unissons-nous pour
que notre grand Dieu vienne réveiller nos cœurs et sauver des
âmes en grand nombre avant son retour ! Prions comme les pre-
miers disciples à Jérusalem après la résurrection de Jésus qui
« Tous d’un commun accord persévéraient dans la prière »
(Actes  1 : 14).
Aux temps bibliques, la machine de guerre la plus impor-
tante dans une armée était le bélier. Soutenu par des dizaines
L’unité dans la prière 57

d’hommes forts, ce tronc immense renforcé à l’une de ses


extrémités par une tête de bélier en bronze, servait à défoncer
les énormes portes qui barraient l’accès aux villes fortifiées.
Quelle image pour nous de la puissance de l’unité dans la
prière ! En frappant, frappant toujours au même endroit par
le nom glorieux du Seigneur Jésus-Christ, notre bélier qui,
avec son propre sang, nous a obtenu une rédemption éternelle
(Héb. 9 : 12), nous verrons les forteresses tomber. Prions jus-
qu’à ce que Dieu brise les portes d’airain et rompe les verrous
de fer (Ps. 107 : 16). « Franchissez, franchissez les portes ! Pré-
parez un chemin pour le peuple ! Frayez, frayez la route, ôtez
les pierres ! » (Ésaïe  62 : 10).
Voilà un des buts de la prière : abattre les obstacles à
l’Évangile, faire reculer l’erreur, la séduction et le mensonge et
faire triompher la vérité ! Car Dieu veut que nous renversions
les forteresses, « les raisonnements et toute hauteur qui s’élève
contre la connaissance de Dieu », et que nous amenions « toute
pensée captive à l’obéissance de Christ » (2 Cor. 10 : 4-5).
Si les soldats s’étaient mis à frapper la muraille chacun de
son côté avec un petit morceau de bois, ils n’auraient jamais
pris une seule ville ! « Je vous le dis encore, si deux d’entre
vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelcon-
que, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux.
Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au
milieu d’eux » (Matt. 18 : 19-20). N’est-ce pas là un puissant
encouragement à se réunir et à s’accorder dans la prière ? Si
nous réalisions l’impact et la puissance de chrétiens réunis pour
demander les mêmes choses dans la volonté de Dieu, nous ac-
courrions aux réunions de prière !
Charles Spurgeon (1834-1892), fameux pasteur et évan-
géliste de Londres, déclara un jour : « La condition d’une église
se détermine par l’assistance aux réunions de prières. Si Dieu
est près d’une église, celle-ci prie. Si Dieu n’est pas là, cela se
verra à la négligence de la prière ».
58 52 méditations pour prier

Le pasteur Jim Cymbala du Tabernacle de Brooklyn


(quartier de New York) raconte dans son livre Un nouveau
souffle que sa première affectation fut dans une église mou-
rante et désertée. Ce jeune pasteur, peu formé et peu sûr de lui,
ne vit qu’une chose à faire : au lieu de continuer à prêcher des
sermons peu efficaces à un auditoire démotivé, il fut poussé
par Dieu à démarrer une réunion de prière. Celle-ci se tint tous
les mardis et devint la réunion principale et favorite de cette
église ! Cette réunion provoqua le réveil et la repentance des
membres de l’église. Ceux-ci gagnèrent leurs proches à Christ
et tous, remplis de l’amour de Christ, propagèrent l’Évangile
dans ces quartiers si mal famés. Le rayonnement de cette église
fut extraordinaire, tout cela grâce à une réunion de prière diri-
gée par Dieu…
Ne prions pas seulement pour nos petits besoins person-
nels ou pour la santé de telle ou telle personne (sans pour autant
les négliger). Profitons de la puissance de l’unité pour que Dieu
nous ouvre la porte du ciel, comme il l’a fait pour Jacob quand
il lui montra dans un songe une échelle conduisant directement
au ciel (Gen. 28 : 17). Que le Seigneur nous ouvre « les éclu-
ses des cieux » d’où viendra « la bénédiction en abondance »
(Mal. 3 : 10) !
59

19

La louange triomphante
Misérable que je suis ! Qui me délivrera de ce corps
de mort ? Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-
Christ notre Seigneur !
Romains  7 : 24-25

Pourquoi t’abats-tu, mon âme, et gémis-tu au-


dedans de moi ? Espère en Dieu, car je le louerai
encore ; il est mon salut et mon Dieu.
Psaumes  42 : 12

Les plaintes et les gémissements dans nos prières expri-


ment plus notre incrédulité qu’une vraie confiance en Dieu.
Asaph, l’un des écrivains inspirés qui nous ont laissé les Psau-
mes, nous raconte son expérience à ce propos : « Je portais envie
aux insensés, […] C’est donc en vain que j’ai purifié mon cœur,
[…] Chaque jour je suis frappé, tous les matins mon châtiment
est là. […] Lorsque mon cœur s’aigrissait, […] j’étais stupide
et sans intelligence, […] Pour moi, m’approcher de Dieu, c’est
mon bien : Je place mon refuge dans le Seigneur, l’Éternel, afin
de raconter toutes tes œuvres » (Ps. 73).
La louange est un acte de foi et de volonté : malgré les
circonstances difficiles, l’échec apparent, l’impuissance totale,
je me confierai en Dieu qui va me délivrer et me donner la
victoire ! Que signifiait cet ordre de Dieu à Josué avant d’at-
taquer Jéricho : « Le septième jour, vous ferez sept fois le tour
de la ville ; et les sacrificateurs sonneront des trompettes » (Jo-
sué 6 : 4) ? Qu’il fallait crier victoire avant même d’attaquer !
60 52 méditations pour prier

Et que fit le roi Josaphat devant les armées en surnombre


de Moab et d’Ammon ? Il demanda aux chantres et aux lévites
de marcher devant les soldats israélites en chantant : « Louez
l’Éternel, car sa miséricorde dure à toujours ! Au moment où
l’on commençait les chants et les louanges, l’Éternel plaça une
embuscade contre les fils d’Ammon et de Moab […] qui étaient
venus contre Juda. Et ils furent battus » (2 Chr. 20 : 21-22).
Prenons exemple aussi sur le roi David qui criait à Dieu
dans chaque détresse : « Je m’écrie : Loué soit l’Éternel ! Et je
suis délivré de mes ennemis » (Ps. 18 : 4).
Satan nous pousse au découragement, à l’incrédulité, au
doute envers notre Dieu. Ne nous laissons pas prendre à sa ruse.
Car il ne craint qu’une chose, c’est qu’un enfant de Dieu reste
confiant dans la délivrance que son Père lui apportera : « Ré-
sistez au diable, et il fuira loin de vous » (Jac. 4 : 7). La louange
dans l’épreuve est un bouclier contre l’ennemi, et un moyen de
mettre notre foi en action. « Mais avec la tentation (ou l’épreu-
ve selon le grec), il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin
que vous puissiez la supporter » (1 Cor. 10 : 13).
La presse anglaise a rapporté l’histoire de ce sous-marin
de la première guerre mondiale qui, par suite d’une panne, était
coincé au fond de l’océan. Au bout de deux jours, en proie
à l’angoisse, les marins chantèrent le cantique « Reste avec
moi » :
Reste avec moi, c’est l’heure où le jour baisse.
L’ombre grandit, Seigneur attarde-toi !
Tous les appuis manquent à ma faiblesse,
Force du faible, ô Christ, reste avec moi !
(Sur les ailes de la foi, extrait du cantique n° 189)
Au comble de l’émotion, un marin s’évanouit et heurta
une manette commandant la remontée. Soudainement, le sous-
marin se mit à bouger et il remonta à la surface !
« Et moi, j’espérerai toujours, je te louerai de plus en
plus ! » (Ps. 71 : 14).
61

20

La foi bien placée


Je sais en qui j’ai cru, et je suis persuadé qu’il a la
puissance de garder mon dépôt jusqu’à ce jour-là.
2  Timothée  1 : 12

« Je sais en qui j’ai cru ». Il y a un principe très important


dans la Parole de Dieu qu’il ne faut pas négliger : la foi et la
prière ne sont que des moyens. Le plus important, c’est Dieu
lui-même, qui voit notre foi et répond à nos prières. Nous
mettons souvent notre foi en la prière plutôt qu’en Dieu. Nous
pensons que la longueur et le ton solennel de nos prières nous
assureront une réponse plus rapide…
Pourtant Jésus a dit : « En priant, ne multipliez pas de vai-
nes paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de
paroles ils seront exaucés » (Matt. 6 : 7). Ne vous est-il jamais
arrivé de prier longuement, avec un ton plaintif et avec con-
viction, en vous disant : « Là, Dieu va répondre parce que j’ai
mis le paquet », et de ne voir aucune réponse ? Cela peut finir
en découragement, au point que l’on arrête de prier et de croire
que Dieu puisse vraiment répondre aux prières.
Où est le problème ?
C’est que nous avons cru en notre foi et en nos prières
– en nous-mêmes – au lieu de nous confier en Dieu. Et forcé-
ment nous avons été déçus. Nous avons cru pouvoir mériter un
exaucement, être à la hauteur… Mais aucun homme ne mérite
d’être exaucé par le Seigneur, et aucun homme ne sera jamais à
62 52 méditations pour prier

la hauteur de Christ. C’est grâce à Jésus-Christ que Dieu nous


écoute et uniquement grâce à lui.
Josaphat, roi de Juda entre 872 et 850 av. J.-C. (voir
1 Rois 15 : 29) est pour nous un exemple à suivre. Attaqué
par une multitude beaucoup plus nombreuse que ses troupes,
il s’adresse au Seigneur en ces termes : « Nous sommes sans
force devant cette multitude nombreuse qui s’avance contre
nous, et nous ne savons que faire, mais nos yeux sont sur toi »
(2  Chr. 20 : 12).
Tous les héros de la foi cités en Hébreux chapitre 11 fu-
rent exaucés parce qu’ils étaient persuadés d’une chose : pas de
leur justice, pas de leur capacité, pas de leur grande foi, non,
d’une seule chose : Dieu « est le rémunérateur de ceux qui le
cherchent » (Héb. 11 : 6) et « quiconque croit en lui ne sera point
confus (déçu) » (Rom. 10 : 11). Dieu est « le Dieu qui ne ment
point » (Tite 1 : 2) ; et « si nous sommes infidèles, il demeure
fidèle, car il ne peut se renier lui-même » (2 Tim. 2 : 13).
Mon ami, confiez-vous de tout votre cœur en celui qui agit
infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons
(Éph. 3 : 20). Ne regardez pas à votre foi ni aux circonstances
ni à vos sentiments ni aux autres personnes, mais fixez « les
regards sur Jésus » (Héb. 12 : 2) et priez-le simplement. Ensuite,
attendez la réponse de Dieu en disant : « J’espère en l’Éternel,
mon âme espère, et j’attends sa promesse. Mon âme compte
sur le Seigneur, plus que les gardes ne comptent sur le matin ! »
(Ps. 130 : 5-6).
« Lorsque j’étais jeune chrétien, je
me demandais : Pourquoi prier Dieu,
puisqu’il sait tout à l’avance ?
Puis, un peu plus tard, je me suis
interrogé : Pourquoi prier Dieu quand je
ne reçois presque jamais de réponse ?
Finalement, comme les disciples
de Jésus l’ont fait, j’ai dit : Seigneur,
enseigne-moi à prier !
Emmanuel Bozzi est Peu à peu, le Seigneur a répondu en
pasteur dans une mettant devant mon âme les grandes
église à Paris et en-
seignant dans un ins-
motivations de la prière ».
titut biblique. Athée – Emmanuel Bozzi
à l’adolescence face
aux hypocrisies de la
religion, il se conver-
tit à 19 ans. Il décou- Voulez-vous…
vre dans son église les • Apprendre à prier ?
joies de la commu-
nion et l’intensité de
• Redécouvrir combien la prière
l’intercession. Il com- est essentielle ?
mence à écrire une • Examiner ce que la Bible dit
méditation par jour
pendant qu’il étudie de ce vaste sujet ?

Emmanuel Bozzi
le sujet de la prière • Réaliser que toute victoire
dans la Bible. Ce livre
propose une sélection
se gagne d’abord à genoux ?
de ces textes.
Avec ces 52 méditations, vivez une
année jalonnée d’encouragements…
Emmanuel Bozzi

à prier !
Ce livre convient à une lecture
individuelle ou en groupe, pour les
ISBN 978-2-910246-22-8 chrétiens nouvellement convertis
ou confirmés.
Les méditations peuvent servir
9 782910 246228 d’introduction aux réunions de prière
9,00 € durant une année.

Vous aimerez peut-être aussi