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Watchman Nee

Christ notre vie

ISBN 32-88152-070-7

Le Fleuve de Vie

Traduit de l’allemand Titre original:

«Christus imser Leben» Copyright VERLAG DER STROM GmbH

Deuxième édition 2008 Copyright de l'édition française 1985 Editions Le Fleuve de Vie Chemin des
Brandards 56 2000 Neuchâtel - Suisse

1. Notre relation avec Christ

«Christ, notre vie» (Col. 3:4, Darby)

«Pour moi vivre, c’est Christ» (Phil. 1:21, Darby) «J’ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n’est plus
moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi» (Gai. 2:20)

Sur quoi se fonde la relation que nous entretenons avec Christ? - Bon nombre de gens pensent que le
Seigneur nous a donné un exemple parfait, qu’il nous a laissé des traces dans lesquelles nous devons
marcher en nous efforçant de devenir semblables à Lui à tout point de vue. Dans tout ce qu’il a fait, Il
aurait montré l’exemple. Puisque je suis un croyant, un enfant de Dieu, je dois L’imiter et agir comme
II a agi sur cette terre. C’est ainsi que tant d’hommes veulent imiter le Seigneur.

Si nous imitons le Seigneur, nous échouerons

Il est vrai que la Bible nous a commandé d’être semblables au Seigneur, mais ce commandement ne
signifie pas que nous devions simplement

L’imiter. Avant de pouvoir être vraiment semblables à Lui, nous devons d’abord avoir quelque chose
en nous. Pris tout seul, ce commandement, selon lequel il nous faut être semblables à Lui, est sans
valeur. Pourtant, beaucoup de gens se croient capables d’imiter le Seigneur. Il en résulte qu’ils
échouent constamment. Ils considèrent le Seigneur comme un modèle de calligraphie auquel ils
devraient se conformer, mais ils ne sont nullement conscients de leur incompétence. Ils pensent
pouvoir y parvenir d’une manière ou d’une autre, mais ils ne se rendent absolument pas compte que
tous leurs efforts sont voués à l'échec! La force charnelle, naturelle, de l’homme n’est de loin pas
qualifiée. Ainsi, nous devons reconnaître que nous ne pouvons imiter le Seigneur, en aucune
manière.
Même notre espérance en la force du Seigneur ne nous conduit pas à la victoire

Plusieurs insistent pourtant sur le fait que les Ecritures nous disent: «Je puis tout par celui (Christ) qui
me fortifie» (Phil. 4:13). Ils reconnaissent franchement leurs manques en disant: «Je n’ai moi-même
aucune force, mais je prie le Seigneur qu’il me la donne et me fortifie. Il y a tant d’exigences à
remplir, tant de commandements des Ecritures à observer, et en tout je dois suivre

l’exemple du Seigneur, mais je manque de force; que dois-je donc faire? Je vais demander au
Sei¬gneur de me fortifier, car s’il m’accorde Sa force, je serai alors capable d’accomplir Ses
nombreuses exigences.» C’est ainsi que beaucoup de gens s’attendent quotidiennement au Seigneur,
pensant qu’il va les fortifier afin qu’ils puissent accomplir tous Ses commandements.

Il n’est pas faux d’insister sur le fait que le Seigneur nous donne Sa force, mais nous avons encore
besoin de quelque chose d’autre. Si ce quelque chose nous manque, nous ne recevrons pas de force,
même si nous espérons tant que le Seigneur nous l’accorde. Nous pouvons chaque jour venir au
Seigneur pour Lui demander de la force, mais II ne nous exaucera pas toujours (parfois II le fera, mais
bien souvent II ne le fera pas). Il est tout à fait juste de dire que nous sommes capables de tout si le
Seigneur nous en donne la force; mais d’autre part, nous nous sentons vite incapables de venir à
bout de la moindre chose s’il refuse de nous donner cette force. C’est la raison pour laquelle nous
échouons toujours. Certes, nous devons demander de la force; toutefois, si nous considérons cela
comme un commandement indépendant, pris hors de son contexte et comme la seule méthode
valable, nous devrons nous rendre à l’évidence que rien ne s’ensuit; même si nous recevons cette
force, nous avons encore besoin d’un approvisionnement d’une autre sorte; le Seigneur doit encore
nous donner quelque chose d’autre. C’est alors seulement que nous serons capables de tout faire. Si
tu demandes seulement de la force, tu constateras que bien souvent tu ne la reçois pas, et tu ne
pourras donc rien entreprendre.

Il est important que chaque nouveau converti voie très clairement ces deux choses: il ne sert à rien
d’imiter le Seigneur, pas plus que d’être uniquement dépendant de Sa force. Le problème n’est pas
de recevoir la force du Seigneur pour faire une certaine chose, mais le fait ici est que (je n’aimerais
pas tomber dans l’autre extrême) si nous ne faisons que recevoir de la force, nous serons d’une part
incapables de faire quoi que ce soit et ne pourrons d’autre part pas exprimer Sa vie. Nous pouvons
en témoigner, nous les frères qui avons une expérience de plusieurs années: tous ceux qui essaient
d’imiter le Seigneur échouent à coup sûr! Il n’en va pas autrement de ceux qui demandent chaque
jour au Seigneur de leur accorder de la force: le jour où le Seigneur ne répond pas à leur prière,
l’échec est imminent.

La relation la plus importante entre nous et le Seigneur: «Christ, notre vie»

D’après les Ecritures, prendre Christ en tant que notre vie est la relation la plus importante qui doit
s’établir entre nous et le Seigneur. Lorsque Christ est notre vie, nous pouvons alors être sem¬blables
à Lui et Lui demander de la force.

Si nous ne comprenons pas ce que signifie «Christ, notre vie», nous n’aurons aucune possibilité de
devenir semblables à Lui et le moyen de Lui demander de la force sera également annulé. C’est
pourquoi, il est important de découvrir tout d’abord quel est ce secret: «Christ, notre vie»; il faut
bien sûr s’y tenir fermement. Cet ordre des choses est déterminant.

Mais si nous ne savons pas ce que «Christ, notre vie» veut dire ni ce que signifie «pour moi vivre,
c'est Christ», nous ne pourrons jamais expérimenter la vie de Jésus, telle qu’il la menait sur terre.
Nous ne verrons pas non plus comment suivre le Seigneur pour vaincre par Lui et avancer avec Lui.
Colossiens 3:4: «Christ, notre vie» et Philippiens 1:21: «Car pour moi vivre, c’est Christ», montrent
aussi bien le moyen de suivre le Seigneur que celui qui nous assure la victoire. Ce chemin est simple:
«Christ est notre vie».

2. Le secret de la vie chrétienne

Beaucoup de chrétiens ont mal compris les deux versets susmentionnés. Colossiens 3:4 est encore
assez clair. Les problèmes se posent quand il s’agit de comprendre Philippiens 1:21 et Galates 2:20.
Lorsque Paul dit dans l’Epître aux Philippiens: «Carpour moi vivre, c’est Christ» (grec), il exprime un
fait. Mais aujourd’hui, les enfants de Dieu sont sous l’influence d’un grand malentendu: ils
considèrent ce qui est déjà un fait comme un but à atteindre en fonction duquel ils dirigent leur vie
pour pouvoir dire un jour, «pour moi vivre, c’est Christ.» C’est là leur ligne de conduite et leur but,
qui requièrent tous leurs efforts et toute leur espérance.

Sans Christ, il n'y a pas de vie

Paul a proclamé: «Pour moi vivre, c’est Christ». Toutefois, nous devons voir clairement qu’il ne s’agit
pas d’un but atteint après de longues années remplies d’épreuves et de leçons prescrites par le

Seigneur. Paul a voulu dire que s’il vivait, c’était simplement Christ qui vivait et qu’il ne pouvait vivre
sans Lui. C’était là sa réalité, non son but; c’était le mystère de sa vie et non son espérance. Pour lui
vivre, c’était simplement Christ. Il vivait; pourtant ce n’était plus lui qui vivait, mais Christ en lui.

Un malentendu fréquent concernant Galates 2:20

Galates 2:20 est l’un des versets les plus fréquemment cités. Il nous faut exhorter tous les nouveaux
convertis à apprendre ce verset par coeur, pour qu’il soit gravé en eux. Mais nous devons ensuite les
rendre attentifs au fait que ce verset est encore plus souvent mal compris que Philippiens 1:21. En
effet, un nombre incroyable de chrétiens s’est fixé ce verset comme but et standard à atteindre. Ils
prient le Seigneur et Le supplient de les aider pour qu’ils puissent finalement dire: «Ce n’est plus moi
qui vis, c’est Christ qui vit en moi.»

J’aimerais maintenant vous poser une question: Galates 2:20 est-il pour nous une espérance, un but
que nous devons atteindre et une exigence à laquelle nous devons satisfaire? Ce «j’aiété crucifié avec
Christ; et sije vis, ce n'estplus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi...», beaucoup d’hommes le
prennent comme un but et espèrent l’atteindre un jour.

Ils n’ont pas réalisé que cette parole montrait le chemin de Dieu qui conduit à la victoire et qu’il était
question ici d’un chemin et non d’un but. Ce n’est pas moi qui dois faire quelque chose pour vivre ou
pour être vivant, mais c’est simplement Christ qui doit vivre en moi. Pour beaucoup de chrétiens,
Galates 2:20 est une espérance. Chaque fois qu’ils lisent ce verset, un nouvel espoir les envahit. Aussi
ai-je entendu beaucoup d’hommes prier, et si je me souviens bien, quelques-uns jeûnaient même
dans l’espoir d’être un jour crucifiés avec Christ et qu’en ce jour-là, ce ne soit plus eux- mêmes qui
vivent, mais Christ en eux. C’est ainsi que, pour la plupart des chrétiens, Galates 2:20 est devenu un
but sur lequel ils fondent toute leur espérance. Mais d’après mon expérience, et j’ai été forcé de le
constater, personne n’a encore atteint ce but, car en fait, un tel but ne peut exister.

Si malgré tout, tu considères cela comme un but et t’efforces de l’atteindre, tu n’y arriveras pas. Ton
désir d’être crucifié avec Christ, afin que ce ne soit plus toi qui vives, mais Lui en toi, ne t’amènera
qu’à te poser des questions et à douter. Tu ne sauras ni en quelle année ni en quel mois tu y
parviendras, ni combien de temps tu devras encore vivre dans cette attente. Pourquoi donc?
Simplement parce que ton espérance est fondée sur quelque chose d’impossible puisque cela s’est
déjà passé! Ainsi Galates 2:20 n’est pas un but qu’on doit atteindre ni une exigence à laquelle on ne
peut de toute façon pas satisfaire, même si on y mettait toute sa force. Galates 2:20 est un secret de
la vie.

Le chemin de la victoire: échanger ma vie contre celle de Christ

Qu'est-ce donc que ce «secret de la vie»? Il s’agit simplement du chemin qui mène à la victoire. Ce
n’est pas un but, mais un fait, un chemin. Nous n’avons pas le droit de prendre un fait pour un but. Le
Seigneur nous montre ici le miracle de Sa grâce, le chemin vers la victoire, la solution pour nous qui
sommes tous déchus; Il montre le chemin pour que tous les impurs puissent être purifiés et tous les
profanes sanctifiés, pour que tous ceux qui sont terrestres puissent devenir célestes et ceux qui sont
charnels, spirituels. Il ne s’agit pas d’un but, mais d’un chemin; et quel est ce chemin? C’est un
échange, l’échange de ta vie contre celle de Christ. Il est mort pour toi, et c’est de la même manière
qu’il vit maintenant à ta place. Lorsque vous voyez le Seigneur à la croix, vous voyez qu’il porte vos
péchés à votre place, qu’il est mort pour vous afin que vous échappiez à la mort, que vos péchés
soient pardonnés et que vous n’ayez pas à passer en jugement.

Il vit à ma place

Ce que Paul nous dit ici a la signification suivante: Christ vit en moi et en conséquence, ce n’est plus
mon moi qui a besoin de vivre. C’est si simple: parce qu’il vit en moi, ce n’est plus moi qui dois vivre.
De même qu’il est mort à la croix à ma place, Il vit aussi aujourd’hui en moi, à ma place. C’est le
secret de la victoire, le chemin pour vaincre; tel était le secret de Paul. Il n’a pas dit: «J’es¬père que
ce n’est plus moi qui vis» ni: «J’espère que je laisse Christ vivre en moi», mais: «... ce n’est plus moi
qui vis, c’est Christ qui vit en moi...» C’est la raison pour laquelle je souhaite que les nouveaux
convertis aient à coeur de prier vraiment beaucoup pour que le Seigneur leur donne la lumière et
qu’ils voient que Christ peut réellement vivre en nous, les hommes, et que par conséquent, nous
n’avons plus besoin de vivre par nous-mêmes. Lorsque j’entendis pour la première fois que je ne
devais plus mourir, ce fut pour moi un merveilleux Evangile. Mais je vous déclare ceci (et vous devrez
plus tard le dire aux nouveaux convertis): ne plus devoir vivre par soi- même, voilà bien un glorieux
Evangile.

Aux yeux de plusieurs, il faut fournir un grand effort pour vivre en chrétien

De nombreux nouveaux convertis se débattent dans plusieurs problèmes. Quand on leur enseigne
qu’ils doivent être un témoignage et mener une bonne vie chrétienne, qu’ils ne doivent pas aimer le
monde, qu’il leur faut résister aux tentations, souffrir et porter la croix, qu’ils doivent chercher quelle
est la volonté de Dieu et apprendre à Lui obéir etc., ils sont automatiquement confrontés à une vie
des plus astreignantes. De nombreux croyants considèrent en fait que mener une vie chrétienne est
quelque chose de très pénible et de terriblement fatigant. Ils pensent devoir se démener chaque
jour, beaucoup endurer et être appliqués; arrive le moment où ils tombent et déshonorent le
Seigneur même à plusieurs occasions, alors qu’ils devraient donner un bon témoi¬gnage! Je vous le
dis, beaucoup se sont fatigués d’une telle vie chrétienne, et c’est normal, puis¬qu’ils ont acquis la
ferme conviction qu’être chrétien était un réel fardeau.

Beaucoup de chrétiens veulent sincèrement s’écarter du péché, mais il leur manque la force
nécessaire; il en résulte qu’ils n’ont aucune paix intérieure; ou alors, ils veulent se montrer patients
et n’y parviennent absolument pas, mais s’emportent toujours et ont ainsi mauvaise conscience; ou
bien, ils n’ont pas assez de force pour aimer, et ils sont dans le trouble le plus grand à cause de leur
haine. Oh, quelle tache pénible que d’être chrétien! On ressemble à quelqu’un qui, muni d’un sac à
dos très lourd, voudrait escalader une montagne sans jamais y parvenir, comme dans le supplice de
Sisyphe. Plusieurs d’entre nous confessent en soupirant: «Quand j’étais encore incroyant, je portais
lourdement le fardeau de mes péchés, mais après être devenu croyant, j’ai porté presque encore
plus lourdement le fardeau de ma sanctification.»

Seul Christ peut être chrétien - pas moi

S’il était pesant d’être chrétien, ce serait alors insensé de vouloir enseigner aux gens à le devenir.
L’homme en est absolument incapable. Mais parce que la Parole du Seigneur dit que ce n’est plus
nous qui vivons, mais bien plutôt Christ en nous, il s'ensuit que ce n’est pas non plus nous qui devons
être chrétiens. Voilà le secret de la vie chrétienne. Ce n’est pas moi, mais Christ qui est en moi qui
peut être chrétien. Si c’est toi qui devais être chrétien, le fait d’avoir de la patience et de l’amour, de
montrer de la douceur et de l’humilité, de supporter des souffrances et la croix, ne serait qu’une
tache excessivement pénible, une cause d’amertume; mais si Christ Lui-même doit être chrétien - et
II habite en toi dans ce but - alors, je te le dis, la patience et l’amour, oui même les souffrances et
porter la croix ne seront qu’un sujet de joie.

Si Dieu dit que nous ne devons plus vivre par nous-mêmes, il s'agit alors là d'un

grand Evangile

Si nous annonçons cette vérité aux chrétiens qui s’évertuent à être de bons chrétiens et qui sont
d’une part totalement épuisés et d’autre part complètement prisonniers de leurs efforts, ce message
sera un véritable Evangile pour eux, je vous l’assure. Personne n’a plus besoin de vivre par lui- même.
Vous pouvez être libérés maintenant de cette pénible vie. Dans votre marche chrétienne, vous n’avez
dorénavant plus besoin de gaspiller toute votre énergie et de vous évertuer à être chrétiens. Etre
chrétien n’est plus un fardeau.

Vous ne pourrez jamais répéter cela assez souvent à ces chrétiens; vous devez leur dire: la première
fois, vous avez entendu l’Évangile vous annonçant que vous n’aviez plus besoin de mourir et vous
louiez Dieu à ce sujet. Cependant aujourd’hui, alors que vous vivez en tant que chrétiens, vous êtes
fatigués, même épuisés. Et pourtant, Dieu nous dit que nous n’avons plus besoin de nous efforcer ni
de gaspiller nos forces à vivre par nous-mêmes. En fait, il est difficile de mourir; mais nous devons
voir qu’il n’est pas moins ardu de vivre devant la face de Dieu. Nous les hommes, n’avons en fait
aucune idée de ce que sont la sainteté de Dieu, l’amour, le Saint-Esprit et la croix. Si nous étions
forcés à vivre devant la face de Dieu, nous n’y arriverions jamais. Plus nous essayons, plus nous
sommes amenés à soupirer désespérément, parce que nous sentons toujours plus combien c’est
difficile. Mais voici ce que dit l’Évangile: nous n’avons plus besoin de vivre par nous-mêmes. C’est
vraiment une bonne nouvelle!

Qui le fait: Christ ou moi?

Le fait de ne plus devoir vivre par soi-même est tout autant l’Évangile que le fait de ne plus devoir
mourir. Demander à une personne qu’elle s’efforce et se batte pour être un chrétien, c’est trop
exiger d’elle; et même si elle tentait d’y parvenir, elle ne réussirait jamais. Certains s’échauffent
toujours très vite, d’autres manquent de patience, et d’autres encore sont orgueilleux. C’est
extrême¬ment fatigant pour une personne orgueilleuse de s’appliquer à être humble, devant la face
de Dieu, jour après jour. Finalement, elle est exténuée, rien que par ses efforts d’humilité. On trouve
l’exem¬ple d’une telle personne dans Romains 7:18, 24: «J’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire
le bien... Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort? ...» Nous essayons chaque
jour de faire le bien, et chaque jour, nous essuyons un échec, si bien qu’à la fin nous sommes
désemparés. Un jour cependant, tu entends dire que tout cela n’a jamais été l’intention du Seigneur
et qu’en plus, Il ne veut en aucune façon que tu fasses le bien; Il ne veut même pas de ton désir de
faire le bien. C’est vraiment un Evangile! La seule chose qu’il désire, c’est vivre en toi. Il ne se
préoccupe jamais de savoir si l’on fait du bien, mais toujours et uniquement de savoir qui le fait.
L’homme n’est pas capable de remplir les exigences de Dieu. Lorsque c’est nous-mêmes qui voulons
vivre devant Dieu, nous ne faisons que souffrir. L’homme est incapable de se conformer aux
exigences de Dieu. Il peut seulement dire: «Je savais que tu es un homme dur; qui moissonnes où tu
n’as pas semé, et qui amasses où tu n'as pas vanné» (Mat. 25:24).

Qu’est-ce alors qu’être chrétien? Cela ne signifie pas qu’un homme pécheur et charnel arrive au ciel
uniquement pour accomplir un service d’esclave. Fort heureusement, nous devons le dire, un
homme charnel n’arrivera de toute façon jamais au ciel. Et si cela se produisait quand même, il s’en
sauverait bien vite, ne supportant pas d’y rester; comment pourrait-il faire face aux exigences de
Dieu quand sa disposition intérieure ne s’accorde en aucune manière avec celle de Dieu? Ses vues, sa
manière de penser, tout son être sont diamétralement opposés à Dieu... que peut donc faire
l’homme dans cette situation, sinon décamper? Si quelqu’un d’entre nous devait maintenant se
pré¬senter devant Dieu par ses propres forces, il devrait certainement fuir le plus rapidement
possible, simplement parce qu’il ne peut satisfaire à l’exigence de Dieu.

Dieu n’a jamais désiré que nous nous tenions nous-mêmes devant Lui. Il nous faut donc voir
clairement que le chemin de Dieu et même le secret de la vie spirituelle ne consistent pas à imiter
Jésus jour après jour ni à se mettre à genoux pour Lui demander de nous accorder la force d’agir
comme Christ. Le Seigneur ne nous administre pas la force à petites doses pour qu’à la fin, nous Lui
ressemblions. Non, bien au contraire! La solution, c’est que: «... ce n’est plus moi qui vis, mais Christ
qui vit en moi...» Voilà en fait la phrase importante sur laquelle nous nous basons: plus moi, mais
Christ en moi. Voyez-vous la différence? Il ne s'agit ni d'imiter Sa vie, ni d’avoir besoin de force pour
Le vivre. Ce n’est pas toi que Dieu fait vivre devant Lui; ce n’est pas non plus toi qui dois oser te
présenter devant Sa face, mais c’est Christ en toi.

Ce n'est pas moi qui vis, mais Christ

Tu dois être amené au point où tu reconnais ce fait: ce n’est pas moi, mais Christ. C’est la seule chose
qui doit déterminer la vie d’un croyant. Avez-vous vu cela? Avant, c’était moi qui vivais et non pas
Christ. Mais maintenant - Alléluia! - ce n’est plus moi qui vis, mais Christ en moi; quel¬qu’un d’autre
vit à ma place. Si quelqu’un aujourd’hui ne peut confesser: «Ce n’est plus moi qui vis, mais Christ qui
vit en moi», alors il ne sait au fond pas non plus ce que signifie être chrétien; il ne sait ni ce qu’est la
vie de Christ, ni ce qu’est la vie d’un chrétien. Il espère uniquement arriver un jour au point où il
pourra dire: «... Ce n’est plus moi qui vis, mais Christ qui vit en moi ...» (Gai.

2:20).

Envisager la vie chrétienne comme une vie d’efforts ne rejoint pas du tout la pensée de Paul. L’apôtre
voulait au contraire montrer quels étaient son chemin, sa méthode et son secret. Il ne s’agissait plus
de lui, mais de Christ en lui.

3. J'ai été crucifié avec Christ

Au point où nous en sommes arrivés, nous devons forcément nous poser la question suivante:
comment ai-je été moi-même éliminé de la course? Cette question a une portée fondamentale.
Comment suis-je parvenu à la réalité que ce n’est plus moi... et qu’est-il alors advenu de moi? La
réponse se trouve dans la première partie du verset: «j’ai été crucifié avec Christ...». Sans la croix, je
n’aurais pas été éliminé. Je serais toujours resté moi-même. Et si mon moi n’entre plus en ligne de
compte, ce n’est que sur la base du fait que j’ai déjà été crucifié avec Christ.

Afin que cette réalité: «j’ai été crucifié avec Christ...» puisse aussi devenir notre expérience, nous
devons être au clair sur deux aspects de cette crucifixion. Si nous manquons de considérer l’un ou
l’autre de ces aspects, nous ne pourrons pas arriver à cette expérience. Je ne peuxpas moi-même
m’éliminer, mais parce que j’ai été crucifié avec Christ, c’est tout à fait possible. Pour expérimenter
cela de manière subjective, il faut que j’aie ces deux aspects en permanence devant les yeux:

Avoir été crucifié avec Christ est l'œuvre de Dieu

Le Seigneur doit m’ouvrir les yeux sur le fait suivant: lorsque Christ a été crucifié, j’étais présent; j’ai
donc déjà été crucifié avec Lui. Il s’agit là de l’oeuvre du Seigneur. Il ne faut pas espérer être crucifié
avec Lui, car c’est déjà fait. Mais, comment ai-je pu être crucifié avec Lui s’il a été crucifié il y a près
de 2000 ans? Nous devons voir que Dieu nous avait déjà placés en Christ quand Jésus fut crucifié et
que, par conséquent, le fait que nous soyons crucifiés avec Lui est exclusivement Son œuvre. Quand
Christ fut crucifié, je fus crucifié avec Lui, et quand II mourut, je mourus avec Lui. Il y a près de 2000
ans, Jésus a porté «dans Son corps» vos péchés à la croix. Vous croyez que Jésus est mort pour vous
et qu’il a porté vos péchés, mais ne dites pas que cela s’est passé seulement lorsque vous avez cru en
Lui. Non, cela est arrivé il y a déjà 1900 ans. La croix ne signifie pas seulement la fin pour nos péchés,
mais aussi la fin pour notre

moi, notre nature humaine. Romains 6:6 ne dit pas que nous serons crucifiés avec Lui un jour, mais
que «... notre vieil homme a été crucifié avec lui...». Je ne dois donc pas espérer être un jour crucifié
avec Lui, car cela a déjà été accompli, et même une fois pour toutes.

«Le voile du temple se déchira en deux» - et avec lui les deux chérubins qui y étaient

brodés

Imaginons que nous ayons un morceau de papier devant nous sur lequel il serait écrit «cente¬naire»;
au moment où je déchirerais ce papier, je déchirerais forcément aussi le mot qui y serait inscrit. La
Bible nous dit que des chérubins étaient brodés sur le voile du temple, de la même façon que le mot
«centenaire» serait écrit sur mon papier. Le jour où Jésus mourut, Dieu déchira ce voile en deux,
«...depuis le haut jusqu’en bas» (Mat. 27:51); par conséquent, les deux chérubins furent aussi
déchirés.

Lorsque le Seigneur mourut à la croix, toute l'ancienne création y trouva elle aussi

sa fin

L’Epître aux Hébreux nous montre que ce voile représentait la chair de Christ (Héb. 10:20). D’autre
part, la Bible nous montre que les chérubins représentent toute la création: leurs quatre visages -
d’homme, de lion, de taureau et d’aigle - représentent toute la création. Quand Jésus fut crucifié et
Son corps brisé, toute la création fut amenée à sa fin, parce que Dieu avait enfermé celle-ci dans Sa
chair. Lorsque le Seigneur mourut, la création trouva elle aussi sa fin; elle fut aussi éliminée. Pendant
tant d’années, tu as essayé de te montrer aimable et d’être un bon chrétien - tout cela, en vain! Mais
maintenant tu vois que Dieu, en Christ, en a terminé avec toi; lorsque Jésus est mort à la croix, toute
la création est morte avec Lui, toi y compris.

Celui qui croit regarde la croix


En ce qui concerne les faits que nous venons de considérer, il te faut simplement croire; tes yeux
doivent s’ouvrir sur le fait que tes péchés ont été portés dans Son corps, à la croix, et non pas
seulement tes péchés, mais aussi toi-même, toute ta personne. Le fait que tes péchés ont été enlevés
et que tu as déjà été crucifié avec Christ n’est absolument pas ton oeuvre, mais l’oeuvre de Christ
exclusivement. Tu n’as plus le droit de regarder à toi-même, parce que ton péché n’est plus en toi,
mais à la croix; et toi-même, tu n’existes plus non plus; tout ton être a été amené à sa fin. Beaucoup
de personnes essuient échec sur échec, uniquement parce qu’elles regardent continuellement à
elles-mêmes. En revanche, ceux qui ont la foi ont toujours leurs regards fixés sur la croix. Il est capital
que nous voyions que l’homme a déjà été crucifié. C’est l’oeuvre même du Seigneur. Je le répète
encore: tes yeux doivent s’ouvrir pour que tu voies l’oeuvre que Christ a déjà accomplie. Dieu nous a
transférés en Christ et, lorsqu’il mourut, nous sommes morts avec Lui. Ceci est donc le premier des
deux aspects que nous devons absolument voir et de manière tout à fait claire.

Exerce ta volonté à te placer du côté de Dieu

Comment cela se fait-il que mon moi soit toujours en vie, bien que j’aie déjà été crucifié avec Christ?
La réponse c’est que d’une part, il te faut simplement croire, mais que d’autre part, tu dois exercer ta
volonté pour te placer du côté de Dieu. Mais tu espères peut-être encore améliorer ton moi et
produire quelque chose de bon; tu devrais alors revenir à la vie, bien que tu sois déjàmort depuis
longtemps. L’espoir rallume toujours la volonté de vivre qu’a le moi et dérange, pour ainsi dire, le
repos de sa mort. Nombreux sont ceux qui s’imposent de hautes exigences. Mais il nous faut voir que
Dieu a déjà crucifié notre moi avec Christ et l’a déjà mis à mort. Mais au fond, que veut dire «être
mort»? Nous sommes «morts» lorsque nous avons atteint les dernières limites de la faiblesse, car
toute faiblesse aboutit finalement à la mort. La mort est sa fin, sa destination. La faiblesse et la
maladie sont des symptômes et des signes de mort. Si nous nous décidons constamment à faire le
bien et qu’en plus nous espérons toujours qu’un jour nous serons crucifiés avec Christ, nous
n’obtiendrons jamais que le contraire du résultat escompté.

Attache-toi à l'œuvre que le Seigneur a accomplie

Dans quel but le chapitre 7 de Romains a-t-il été écrit? Romains 7 s’oppose à Romains 6 où il nous est
dit au verset 6: «Sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui...». Le chapitre 7 de Romains
nous parle d’un homme qui s’acharne encore à faire le bien. Le Seigneur l’a déjà crucifié et pourtant,
il essaie encore de faire le bien. La conséquence d’une telle tentative, c’est que d’une part il n’est pas
vraiment crucifié, et que d’autre part il n’est pas capable d’accomplir le bien qu’il s’est proposé de
faire. C’est pour cette raison qu’il nous faut vraiment voir ces deux aspects: d’une part, Dieu nous a
crucifiés une fois pour toutes avec Christ; d’autre part, il n’en tient qu’à nous, à présent, de nous
appuyer sur ce fait de manière ferme et inébranlable. Le premier aspect était la part de Dieu, le
second, c’est la nôtre. Maintenant, nous devons simplement dire au Seigneur. «Seigneur, je suis tout
à fait incapable et je sais aussi que je ne peux accomplir la moindre chose. Je ne peux faire le bien, et
je ne veux dorénavant absolument plus chercher à le faire. Je suis mauvais et je renonce maintenant
à vouloir encore me per-fectionner d’une manière ou d’une autre.» Voilà, et cela suffît! Mais, bien
qu’elles sachent trop bien qu’elles ne peuvent se débrouiller seules, de nombreuses personnes
tentent toujours d’y arriver par elles-mêmes. Supposons qu’il se trouve parmi nous une personne des
plus impatientes. Que doit-elle faire contre son impa-tience? Elle va naturellement essayer de se
contrôler et mobiliser toute sa volonté pour faire preuve de patience. Elle priera beaucoup dans ce
but; où qu’elle soit, où qu’elle aille, elle n’aura que cela en tête: je dois me montrer patiente. Mais je
vous le dis, plus elle essaiera d’être patiente, plus cela lui sera difficile. Toi qui es impatient, le
Seigneur t’a depuis longtemps crucifié, et il ne te reste plus qu’à dire: «Seigneur, je suis impatient... à
quoi bon essayer encore d’être patient?» Quelle libération!
Le Seigneur dit: «Crucifié!» Et toi, réponds: «Amen!»

Le Seigneur t’a déjà crucifié... tu n’as plus qu’à dire «Amen» à ce fait! Si maintenant, tu essaies
malgré tout de t’améliorer, ce sera toujours en vain car le Seigneur a déjà arrêté Son verdict à ton
sujet: « Ne fais plus rien!» C’est pour cette raison qu’il t’a crucifié. Mais secrètement, tu te dis
encore. «Je vais essayer au moins encore une fois de me montrer patient.» Le Seigneur a crucifié ton
vieil homme depuis longtemps, et pourtant tu veux mettre tout en oeuvre pour faire de ce vieil
homme un bon chrétien. Tu te trompes: tu as choisi le mauvais pour en faire un chrétien. Quelle
grave erreur! Excusez-moi de donner des exemples aussi naïfs, mais je dois le dire: tu n’es pas plus
apte à devenir chrétien qu’un chat ou un chien. Si tu parvenais à rendre chrétien un chat ou un chien,
ce serait alors possible pour toi aussi. Nous avons été chassés si loin de Dieu et sommes tombés si
bas que nous sommes tout à fait disqualifiés, tout comme ces animaux. Je suis conscient que cette
comparaison a quelque chose d’offensant mais il n’y a, en principe, aucune réelle différence:
l’homme n’est pas plus à même d’être chrétien que ne l’est un animal. Dieu a dit: Il n’y a plus rien à
faire avec toi; Il n’avait plus qu’une solution: celle de te crucifier. Cependant, tu penses toujours que
ton cas n’est pas si désespéré. Et pourtant, il l’est véritablement; c’est ainsi que le Seigneur te voit et
c’est pourquoi tu devais mourir. Malgré tout, tu persistes à faire de ton mieux, à réparer tes torts, et
tu te démènes, tu luttes et tu pries beaucoup pour y parvenir. Maintenant, quand le Seigneur te dit:
« Je ne peux plus rien faire de toi et c’est pour cela que je t’ai crucifié», tu n’as plus qu’à répondre:
«Amen!» C’est tout! Que nous montre Romains 7? Il nous montre un homme qui est déjà mort et qui
cependant ne veut pas s’en ac¬commoder. Le Seigneur a déjà crucifié mon vieil homme, mais il m’est
très difficile d’accepter ce fait; aussi, je veux toujours faire le bien par moi- même. J’essaie de cette
manière, tente ceci et cela, trouvant toujours un nouvel élan; mais en fin de compte, je dois
reconnaître que mon cas est sans espoir. Je m’incline devant le Seigneur et Lui confesse: «Oui,
Seigneur, Tu as agi à mon égard comme il le fallait! La crucifixion était la seule solution, car il n’y avait
vraiment plus rien d’autre à espérer de moi.»

Le chemin du salut: accepter le jugement de Dieu

Avez-vous vu maintenant ce que signifie le salut? C’est simplement accepter le jugement de Dieu sur
nous. Quand par exemple, un juge condamne à mort un meurtrier, il serait difficile d’imaginer que ce
dernier accepte le jugement de bon coeur. En effet, la plupart des condamnés ne parviennent
absolument pas à partager l’avis de leurs juges. Il est vrai qu’on aurait de la peine à trouver
quelqu’un qui se considérerait comme étant assez mauvais pour mériter la peine de mort. Or, la croix
est en fait le verdict de Dieu à notre sujet: dans Son verdict, Dieu nous dit à peu près ceci: «Par
rapport à moi et à mes exigences, il n’y avait plus rien à faire avec vous. Si j’avais pu entreprendre
quoi que ce soit avec vous, je ne vous aurais certainement pas crucifiés. Mais parce qu'à tous égards,
vous êtes devenus inutilisables pour moi, je devais vous écarter du chemin et vous crucifier.» Si Dieu
nous voit ainsi et que nous en venons aussi à nous voir de cette manière, tout est pour le mieux. Le
Seigneur doit nous amener au point où nous acceptons Son jugement.

Pour arriver à expérimenter le fait d’être crucifié avec Christ, il est indispensable de considérer les
deux aspects mentionnés. Le premier est que j’ai été crucifié et que je suis mort avec Christ; il s’agit
de l’œuvre de Dieu. Le second est que je dois maintenant professer ce fait et dire Amen. Si nous
voulons encore essayer d’être patients par exemple, nous ne faisons qu’entraver le Seigneur. Son
œuvre déjà accomplie ne trouvera pas son application en nous et, par conséquent, ne pourra porter
de fruit. Ce n’est que quand nous nous inclinons devant Lui pour Lui dire: «Seigneur, Tu déclares que
je devais être crucifié; je le reconnais, oui, c’est vrai, je devais être
crucifié. Tu déclares que je suis inutile; c’est vrai, c’est bien le cas. Tu déclares que je ne puis être ni
humble ni patient; c’est vrai, je le reconnais, et dorénavant, je ne veux même plus essayer de l’être.»
Soyez toujours conscients que toutes vos décisions, comme celles d’être humbles ou patients par
exemple ne font qu’entraver le Seigneur dans Son œuvre. Nous-mêmes et toutes nos bonnes
résolutions, ne sommes bons qu’à être crucifiés à la croix.

. Une vie de victoire

Aujourd’hui, j’aimerais ne dire que ceci: «Seigneur, j’ai déjà été crucifié, et si je vis maintenant, ce
n’est plus moi qui vis, mais Toi; je ne suis moi-même bon à rien; Tu dois tout faire.» C’est ainsi qu’on
obtient la victoire. Ici, Paul ne nous montre pas un but à atteindre, mais sa manière de vivre. La vie
d’un chrétien est simple: ce n’est plus moi qui vis; je laisse Christ vivre en moi. Je vous le dis, nous
chrétiens avons durant des années fait beaucoup d’erreurs; nous avons péché et fait preuve de
toutes sortes de faiblesses; nous nous sommes montrés orgueilleux et perdons encore patience. Or,
aujourd’hui, j’apporte cela au Seigneur, Lui confesse que je suis inutile et que je ne vais donc plus
essayer d’y changer quelque chose; aussi je Lui dis tout simplement: «Seigneur, maintenant, c’est à
Toi de jouer! C’est Toi qui dois tout faire.» «... Ce n’est plus moi qui vis, mais Christ qui vit en moi...»
Ce verset nous montre donc l’attitude à avoir et veut dire qu’ayant vécu suffisamment longtemps à
notre idée et par nous-mêmes sans obtenir de résultat satisfaisant, nous disons au Seigneur:
«Maintenant, Seigneur, c’est Toi qui dois agir; je suis mutile; dorénavant, vis à ma place.» C’est aussi
simple que cela, et pourtant, il s’agit là de la vie qui surmonte tous les obstacles, de la vie qui nous
assure la victoire. Tu n’as plus besoin de vivre par toi-même et de fournir des efforts; dis-Lui dans la
foi et dans la simplicité: «Dès maintenant, je n’essaie plus rien. Viens, Seigneur, vis en moi et révèle-
Toi.» Ne pense pas qu’il s’agisse d’une leçon difficile ou particulièrement profonde. Selon le cours
normal des choses, ce devrait être ce qu’un nouveau converti apprend dès le premier jour de sa vie
chrétienne ou en tout cas très rapidement: «... ce n'est plus moi qui vis, mais Christ qui vit en moi...»
Chacun d’eux devrait voir clairement ce point et en arriver à tenir ferme dans cette position et sur
cette base; c’est précisément là que se trouve le problème pour tant de chrétiens: ils nourrissent
encore quelque espoir pour eux-mêmes et persistent à mal utiliser leur volonté,

désirant encore faire le bien par eux-mêmes et ne cessant de s’y évertuer. Or, que signifie avoir
perdu tout espoir? Cela veut dire qu’on n’a essuyé que des échecs dans toute entreprise, qu’on a
finalement perdu confiance en soi-même et qu’on est déconcerté. En fait, le Seigneur a depuis
longtemps renoncé à nourrir un quelconque espoir à ton sujet; sinon, Il ne t’aurait pas ôté du chemin
en te crucifiant! Malgré cela, tu as toujours tenté de t’en sortir par toi-même et cherches
constamment une nouvelle méthode.

Plus tu tombes, plus tu es prompt à te remettre sur pied et plus tu pèches, plus tu te décides à ne
plus pécher; bref, tu nourris encore un espoir. Un jour pourtant, Dieu te fera miséricorde et tu te
verras comme Dieu te voyait déjà depuis longtemps, c’est-à-dire incapable et inutilisable à tout point
de vue; que faire donc? Il n’y a plus qu’une solution: mourir et être mis hors du jeu. Le jour où tu
auras vu cela, il te sera si facile de prononcer ces mots devant le Seigneur: «J’ai été crucifié avec
Christ; ce n’est plus moi qui vis aujourd’hui, et je n’en ai même plus envie.»

Prends Christ comme ta vie

D’un côté, nous avons vu que nous avons déjà été crucifiés avec Christ; de l’autre, du côté positif, il
nous faut maintenant prendre Christ comme notre vie. Lorsqu’à ce propos, tu vas vers le Seigneur, tu
n’as qu’à Lui dire simplement: «Seigneur, je Te prends comme ma vie, et je Te reconnais comme
étant ma vie; pour moi vivre, c’est Christ.» Dorénavant, présente-toi chaque jour devant Dieu par la
foi et confesse-Lui: «Seigneur, c’est Ton affaire, pas la mienne.»
Apprends à repousser les actions propres au vieil homme

Le but de chaque tentation n’est pas en premier lieu de nous faire pécher, mais c’est plutôt de
permettre à notre vieil homme d’entrer en action. Chaque tentation incite avant tout le vieil homme
à se mesurer et à s’élever contre elle; une fois qu’il tente de réagir, il est alors prêt à pécher. Ainsi,
quand survient une tentation, nous devons aussitôt lier toute réaction du vieil homme en disant au
Seigneur: «Seigneur, c’est Ton affaire, pas la mienne. J’ai cette confiance que c’est Toi qui vis à ma
place.» C’est ce que nous devons apprendre à croire: «Seigneur, Tu vis en moi, ce n’est plus moi qui
vis.» Chaque jour, il te faut croire à nouveau. Avoue-Lui toujours nouvellement: «Seigneur, je suis
inutile, j’accepte Ta croix; maintenant, veuille me garder de toute réaction propre à mon vieil
homme! Seigneur, réagis Toi-même en cette situation! Sois le Maître, sois le Seigneur! Tu vis,
Seigneur!» Si tu Lui fais confiance, si tu crois en Lui et que tu t’en remets complètement à Lui, tu
pourras témoigner nouvellement chaque jour que ce n’est plus toi qui vis, mais Lui en toi.

Crois que le Fils de Dieu vit en toi

La deuxième partie de Galates 2:20 n’est pas moins importante que la première: «Si je vis
maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu ...» Que veut dire: «Christ vit en moi»?
Simplement que dès à présent, je vis par la foi au Fils de Dieu. Nous devons chaque jour tenir ferme
dans la foi que le Fils de Dieu vit en nous: «Seigneur, je crois que Tu vis à ma place, que Tu es ma vie
et que Tu vis en moi.» C’est seulement par cette foi que tu vis. Si maintenant quelque chose t’arrive,
ne cède pas au désir de maîtriser la situation par toi-même. Romains7 nous enseigne une leçon
fondamentale. Tant que nous n’aurons pas appris cette leçon, nous resterons inutilisables pour le
Seigneur. La leçon, c’est que nous ne devons plus vouloir faire quelque chose par nous-mêmes et que
nous devons rejeter toute intervention de notre volonté, parce que cela ne conduit à rien et ne fait
qu’entraver le Seigneur. «J’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien» (Rom. 7:18). Telle est
ma conclusion; je me tourne vers le Seigneur pour Lui dire: «Seigneur, je ne ferai plus rien; à Toi
d’agir!»

Par la foi, et non par les œuvres

Au lieu de vouloir entreprendre quoi que ce soit par nous-mêmes, apprenons une chose, soit à
regarder au Seigneur en Lui faisant confiance! Notre salut se fonde sur la foi et non sur nos actions.
Ce principe vaut également pour notre vie: de même que nous sommes sauvés par la foi seulement,
nous vivons de même uniquement par la foi. Confessons dans la foi: «Seigneur, pas moi, mais Toi.»
Ainsi, comme je n’ai rien fait lors de mon salut, mais que Lui seul est intervenu, de même en est-il de
ma vie. C’est pour cela qu’il est dit: «ce n ’estplus moi qui vis, mais Christ qui vit en moi.»

L'action qui provient de la vie naturelle entrave la vie du Seigneur

Si tu admets de la bouche ce qui précède, mais que tu persistes à vouloir accomplir quelque chose
par toi-même, je ne puis te déclarer qu’une chose: tes paroles n’étaient que de vains mots.

Lorsque tu cesses réellement de vouloir entreprendre quelque chose tout seul, ce que tu as admis
peut agir efficacement. Pourquoi tant de gens

échouent-ils continuellement? Non parce qu’ils n’auraient pas fait tout ce qu’ils auraient dû, mais
parce qu’ils agissent encore beaucoup par eux- mêmes. Nous devons voir très clairement que nous
nous barrons l’accès à la grâce de Dieu, à Son pardon et à Son salut quand nous cherchons à
L’atteindre par nos nombreuses oeuvres; en outre, nous empêchons aussi la vie de Dieu qui est en
nous de s’exprimer à travers nous. C’est un principe établi.
La croix ne peut être efficace pour celui qui s’appuie encore sur les œuvres.

Si nous nous entêtons à vouloir faire le bien par nous-mêmes, nous ne sommes jamais sauvés; mais
dès que nous ne nous confions plus en nous-mêmes et que nous regardons au Seigneur, nous
sommes spontanément sauvés. Si nous ne laissons pas la croix œuvrer en nous et s’exprimer par
nous, mais que nous faisons tout par nous-mêmes, notre confession est vaine. Nous devons
apprendre à condamner notre moi: «Je suis un homme qui agit par lui-même, mais dorénavant, je ne
vais plus m’efforcer de vivre par moi-même; je renonce, simplement, j’abandonne, à tout point de
vue.» Sur cette base, je peux alors regarder au Seigneur et Lui confesser: «Seigneur, je crois que Tu
vis en moi et que Tu es mon humilité; j e crois qu’ en tout Tu vis à ma place, que Tu es ma victoire,
que Tu révèles ta vie en moi.» Si nous Lui confessons tout cela, Il sera et II fera chacune de ces choses
pour nous; mais si nous n’agissons pas conformément à ce que nous croyons, Il ne peut ni être ni
faire quoi que ce soit pour nous.

Obéis à la réaction de la vie en toi!

Nous devons constamment obéir à la vie du Seigneur et à ses réactions en nous. Dès le jour de sa
nouvelle naissance, chaque chrétien devrait apprendre à laisser le Seigneur vivre en lui afin qu’il
devienne sa vie. Il devrait immédiatement entrer dans cette réalité et l’expérimenter, tout en
craignant de vivre encore par lui-même. Nous devons vraiment voir Romains 7. Ce chapitre parle des
activités d’un homme qui est déjà mort. Bien que mort, il

cherche encore à réaliser quelque chose et empêche ainsi Dieu d’agir. Aussi, nous devons apprendre
à vivre devant la face de Dieu en laissant notre moi dans son état de mort (il s’agit donc de rejeter
toutes ses activités) et en obéissant à la vie du Seigneur et à ses réactions en nous. Je vous le dis,
sitôt que nous agirons ainsi, il nous sera facile de croire; nous découvrirons alors combien tout est
simple et réaliserons que tous les problèmes ont déjà été résolus. Notre vie chrétienne pourra se
tenir fermement sur cette base.

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