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Réf.

: C248 V3

Fondations profondes
Date de publication :
10 décembre 2019

Cet article est issu de : Construction et travaux publics | Mécanique des sols et
géotechnique

par Roger FRANK, Fahd CUIRA,


Sébastien BURLON

Mots-clés Résumé Cet article expose les méthodes géotechniques de dimensionnement des
normes | géotechnique | fondations profondes, notamment celles introduites dans la pratique française par
fondations | tassements
l’approche aux états limites formalisée par l’Eurocode 7 sur le « Calcul géotechnique » et
la norme française d’application pour les fondations profondes NF P 94-262. Cette norme
a notamment modifié les règles de calcul de la capacité portante des fondations
profondes, par rapport aux textes réglementaires précédents (Fascicule 62-Titre V du
CCTG et DTU 13.2).
Après la description des divers types de fondations profondes et des rappels concernant
les calculs aux états limites, cet article aborde les méthodes pressiométrique et
pénétrométrique de calcul de la capacité portante et du comportement des pieux sous […]

Keywords Abstract This paper presents the geotechnical methods for designing deep foundations,
standards | geotechnical in particular those introduced in the French practice by the limit state approach advocated
engineering | foundations |
settlements by Eurocode 7 on « Geotechnical design » and the French application standard for deep
foundations NF P 94-262. This standard has modified, in particular, the rules for
assessing the bearing capacity of deep foundations, in comparison with the former codes
of practice (Fascicule 62-Titre V of CCTG and DTU 13.2). After describing the various
types of deep foundations and summarizing the limit state load combinations, this paper
deals with the pressuremeter and penetrometer methods for assessing the bearing
capacity and for modelling the behaviour of piles under transverse loadings. […]

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Fondations profondes

par Roger FRANK


Professeur honoraire
École nationale des ponts et chaussées
Fahd CUIRA
Directeur scientifique
Terrasol (Groupe Setec)
et Sébastien BURLON
Directeur d’études
Terrasol (Groupe Setec)
Cet article est une mise à jour de la précédente édition publiée en 1995.

1. Classification des fondations profondes.......................................... C 248v2 - 2


2. Actions pour le calcul aux états limites ........................................... — 7
3. Pieu isolé sous charge axiale............................................................... — 11
4. Pieu isolé sous charge transversale................................................... — 22
5. Comportement des groupes de pieux ............................................... — 33
6. Justifications d’une fondation profonde.......................................... — 38
7. Conclusion................................................................................................. — 43
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8. Glossaire .................................................................................................... — 43
9. Annexe 1 : prise en compte de l’effet d’accrochage
pour le calcul du frottement négatif unitaire limite ..................... — 44
10. Annexe 2 : formulaire pour le calcul des pieux
sous charge transversale ...................................................................... — 46
Pour en savoir plus ......................................................................................... Doc. C 248v2

I l existe deux grands modes de transmission des charges des constructions


aux couches de sol sous-jacentes : par fondation superficielle et par fondation
profonde. Le mot « fondation » est pris dans cet article au sens de l’élément de
la construction (en béton armé ou acier, le plus généralement). Il peut, dans cer-
taines conditions, signifier les couches de sol elles-mêmes (sur lesquelles ou au
travers desquelles on entend précisément « fonder » la construction).
Les fondations superficielles sont, par définition, les fondations qui reposent sur le
sol ou qui n’y sont que faiblement encastrées. Ce sont les semelles, radiers, etc. [1].
Lorsque les sols près de la surface n’ont pas les propriétés mécaniques suffi-
santes pour supporter les charges par l’intermédiaire de fondations
superficielles, ou que sa résistance est trop faible, ou bien que les tassements
prévus sont préjudiciables à la construction, on fait appel à des fondations pro-
fondes ou semi-profondes. Les fondations profondes (fondations sur pieux,
essentiellement) sont celles qui permettent de reporter les charges dues à la
construction qu’elles supportent sur des couches situées depuis la surface
jusqu’à une profondeur variant de quelques mètres à plusieurs dizaines de
mètres. Dans le calcul de la capacité portante des pieux, il y a donc lieu de

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FONDATIONS PROFONDES ___________________________________________________________________________________________________________

considérer, en plus de la résistance du sol sous la base, la résistance du sol sur


les parois latérales, c’est-à-dire le frottement « axial » le long du fût des pieux.
Les barrettes sont des parois moulées porteuses qui, bien que de forme dif-
férente et faisant appel à une technique particulière, ont un mode d’exécution
et un comportement généralement comparable à ceux des pieux forés.
Entre les deux extrêmes, fondations superficielles et fondations profondes,
on distingue les fondations semi-profondes dont la base se trouve relative-
ment près de la surface, mais pour lesquelles le frottement axial ne peut être
négligé : il s’agit des puits et pieux courts ou des barrettes de faible profon-
deur et de la plupart des caissons. Il n’y a pas de méthode de calcul propre à
cette catégorie de fondations qui ne constitue que des cas particuliers ; il
faudra adapter, suivant les cas, les méthodes retenues pour les fondations
superficielles ou pour les fondations profondes. On sera notamment guidé par
le mode d’exécution ou de mise en œuvre, proche de celui d’une fondation
superficielle ou de celui d’une fondation profonde.
Cet article expose les méthodes les plus courantes de calcul des fondations
profondes, dont celles qui sont préconisées par la norme française d’applica-
tion de l’Eurocode 7 (AFNOR, 2012). Pour certains compléments, concernant
notamment les modèles numériques et les aspects d’interaction sol-structure,
on pourra se reporter à la référence [1].

1. Classification Traditionnellement, on classe les fondations profondes soit sui-


vant :
des fondations profondes – la nature du matériau constitutif : bois, métal, béton ;
– le mode de mise en œuvre dans le sol :
Les fondations profondes regroupent les pieux, barrettes, puits •  pieux forés et autres fondations exécutés en place par béton-
et micropieux. Leur élancement D/B (rapport entre leur fiche D et nage dans un forage, à l’abri ou non d’un tube métallique
leur diamètre ou largeur B) est, en général, supérieur à 5. pour ce qui concerne certains pieux,
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Figure 1 – Pieu foré à la boue (Crédit. Solétanche-Bachy)

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•  pieux battus, façonnés à l’avance et mis en place, le plus d’une boue de forage. Le forage est rempli de béton de grande
souvent, par battage. ouvrabilité sous la boue, en utilisant une colonne de bétonnage
Pour l’évaluation de la capacité portante, notamment, il est plus (figure 1). Comme pour les pieux forés simples, on peut effectuer
important de considérer le type de sollicitation imposée au sol par un rainurage de la paroi avant bétonnage.
la mise en place de la fondation. C’est ainsi que l’on distingue : Les formes de section des différents types de barrettes exé-
– les pieux et autres fondations profondes dont l’exécution se cutées dans ces conditions sont données sur la figure 2.
fait après extraction du sol du forage et qui, de ce fait, ne pro-
voquent pas de refoulement du sol ; ■ Pieu foré tubé
– les pieux dont la mise en place provoque un refoulement du
sol ; Mis en œuvre à partir d’un forage exécuté dans le sol par des
– certains pieux particuliers dont le comportement est intermé- moyens mécaniques tels que tarière, benne, etc., sous protection
diaire. d’un tube ou virole dont la base est toujours située au-dessous du
fond de forage. Le tube peut être enfoncé jusqu’à la profondeur
finale par vibration, ou foncé avec louvoiement au fur et à mesure
1.1 Fondations profondes ne refoulant de l’avancement du forage. Le forage est rempli partiellement ou
totalement de béton (figure 3). Soit le tube est extrait (virole récu-
pas le sol à la mise en place pérée) sans que le pied du tube puisse se trouver à moins de 1 m
Cette catégorie de pieux comprend les pieux forés et barrettes, sous le niveau du béton, sauf au niveau de la cote d’arase, soit le
les pieux à la tarière creuse (voir la norme NF EN 1536, AFNOR tube est laissé en place (virole perdue).
2015b), ainsi que les micropieux forés (voir la norme NF EN 14199,
AFNOR 2015d).
■ Pieu foré simple (et barrette exécutée dans les mêmes condi-
tions)
Mis en œuvre à partir d’un forage exécuté dans le sol par des
moyens mécaniques tels que tarière, benne, etc. Ce procédé, qui
n’utilise pas le soutènement de parois, ne s’applique que dans les
sols suffisamment cohérents et situés au-dessus des nappes
phréatiques. On peut effectuer un rainurage de la paroi avant
bétonnage.
■ Pieu foré à la boue et barrette
Mis en œuvre à partir d’un forage exécuté dans le sol par des
moyens mécaniques tels que tarière, benne, etc., sous protection Figure 2 – Différents types de barrettes
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Figure 3 – Pieu foré tubé (Crédit. Études et Travaux de Fondation)

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■ Puits moyen d’un tube plongeur. Le tubage est récupéré en l’obturant en


Fondations de grand diamètre creusées à sec. Les parois du tête et en le mettant sous pression au-dessus du mortier. Ces micro-
forage sont soutenues par un blindage. pieux ne sont pas utilisés pour les ouvrages de génie civil

■ Pieu tarière creuse à simple rotation ou à double rotation • Type II


Pour la simple rotation, la mise en œuvre se fait avec une C’est un pieu foré, de diamètre inférieur à 300 mm. Le forage
tarière continue à axe creux, d’une longueur totale au moins égale est équipé d’une armature et rempli d’un coulis ou de mortier de
à la profondeur des pieux à exécuter, vissée dans le sol sans scellement par gravité ou sous une très faible pression au moyen
extraction notable de terrain. La tarière est extraite du sol sans d’un tube plongeur. Lorsque la nature du sol le permet, le forage
dévisser pendant que, simultanément, du béton est injecté dans peut être remplacé par le lançage, le battage ou le fonçage
l’axe creux de la tarière, prenant la place du sol extrait. Pour la
• Type III
double rotation, on ajoute un tube intérieur qui tourne en sens
inverse de la tarière creuse. Le béton est injecté à travers l’âme de C’est un pieu foré, de diamètre inférieur à 300 mm. Le forage est
la tarière creuse. Selon la nature du sol, le tube fore en avant de la équipé d’armatures et d’un système d’injection qui est un tube à
tarière ou, au contraire, la tarière peut forer avant le tube. manchettes mis en place dans un coulis de gaine. Si l’armature est
Certaines tarières sont équipées d’un tube de bétonnage téles- un tube métallique, ce tube peut être équipé de manchettes et tenir
copique rétracté pendant la perforation et plongeant dans le béton lieu de système d’injection. L’injection est faite en tête à une pres-
pendant l’opération de bétonnage (figure 4). sion supérieure ou égale à la pression limite du sol. Elle est glo-
bale et unitaire (IGU). Lorsque la nature du sol le permet, le forage
Par ailleurs, on distingue la mise en œuvre sans enregistrement
peut être remplacé par le lançage, le battage ou le fonçage ;
spécifique des paramètres de forage et de bétonnage, et la mise en
œuvre avec enregistrement spécifique des paramètres de forage et • Type IV
de bétonnage (profondeur, pression du béton, quantité de béton).
C’est un pieu foré de diamètre inférieur à 300 mm. Le forage est
■ Micropieux équipé d’armatures et d’un système d’injection qui est un tube à
La technique des micropieux est utilisée pour les problèmes les manchettes mis en place dans un coulis de gaine. Si l’armature
plus variés. En fait, on distingue quatre types de micropieux. est un tube métallique, ce tube peut être équipé de manchettes et
tenir lieu de système d’injection. On procède à l’injection à l’obtu-
• Type I rateur simple ou double d’un coulis ou mortier de scellement à
C’est un pieu foré tubé, de diamètre inférieur à 300 mm. Le forage une pression d’injection supérieure ou égale à la pression limite
est équipé ou non d’armatures et rempli d’un mortier de ciment au du sol. L’injection est répétitive et sélective (IRS). Lorsque la
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1,50 m

1 2 3 4 5 6

Figure 4 – Pieu « Starsol » de Solétanche-Bachy

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nature du sol le permet, le forage peut être remplacé par le lan-


çage, le battage ou le fonçage.
• Pieu de gros diamètre, injecté, sous haute pression
Ce type de pieu, par opposition aux micropieux de type III et IV,
regroupe les pieux injectés de forts diamètres, supérieurs à 300 mm.
Le forage est équipé d’armatures et d’un système d’injection consti-
tué par un ou plusieurs tubes à manchettes. Lorsque l’armature est
un tube métallique, ce tube peut faire office de tube à manchettes.
Dans certains cas, le tube métallique peut être équipé d’une succes-
sion de clapets spéciaux indépendants ou de rampes spéciales qui
permettent l’injection. L’armature peut être également constituée
par des profilés (H ou caissons de palplanches). Le scellement au
terrain est effectué par injection sous haute pression d’un coulis ou
d’un mortier d’une manière globale et unitaire ou répétitive et sélec-
tive à partir d’un obturateur simple ou double.

Figure 5 – Profilés métalliques


1.2 Pieux refoulant le sol à la mise
en place
Les principaux types de pieux entrant dans ce groupe sont tous les – en forme de H (éventuellement équipé des tubes à manchettes
pieux battus ainsi que les pieux vissés (voir la norme NF EN 12699, pour injection) ;
AFNOR 2015c). – en forme d’anneau (tube) ;
– de formes quelconques, obtenues par soudage de palplanches,
■ Pieu battu préfabriqué par exemple (palpieux).
Ces pieux, préfabriqués en béton armé ou précontraint, sont Ils ne sont classés dans les pieux refoulant le sol que si leur
fichés dans le sol par battage, vibrofonçage ou vérinage. base est obturée. Sinon, ils font partie des pieux particuliers.
■ Pieu en métal foncé fermé ou ouvert ■ Pieu battu moulé
Ces pieux sont constitués de profilés métalliques fichés dans le Un tube, muni à sa base d’une pointe métallique ou en béton
sol par battage, vibrofonçage ou vérinage. Ils peuvent être armé, ou d’une plaque métallique raidie ou d’un bouchon de béton,
enrobés par un béton, mortier ou coulis, grâce à l’utilisation d’un est enfoncé par battage sur un casque placé en tête du tube ou par
sabot débordant en pointe (enrobage du métal du fût du pieu de battage sur le bouchon de béton. Le tube est ensuite rempli totale-
4 cm au minimum). ment de béton d’ouvrabilité moyenne, avant son extraction
Leurs sections sont (figure 5) : (figure 6). Le cas échéant, ces pieux peuvent être armés.
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Figure 6 – Pieu battu moulé (Crédit. Études et Travaux de Fondation)

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Figure 7 – Pieu « Atlas » de Franki Fondation

■ Pieu vissé moulé 1.3 Pieux particuliers


Ce procédé consiste à faire pénétrer dans le sol, par rotation et
Il s’agit des pieux métalliques (H, tubes, palpieux) décrits au
fonçage, un outil hélicoïdal creux fixé à la base d’un tube ; le tube
paragraphe 1.2 (figure 5), mais qui sont battus, vibrofoncés ou
sert au coulage du béton (figure 7).
vérinés sans obturation de leur base. Leur section réelle en pointe
Certains procédés abandonnent l’outil en fin de forage, mais la est faible par rapport à l’encombrement extérieur du pieu. Pour le
plupart sont basés sur des outils récupérés, dont l’obturation en calcul de la force portante, ils font l’objet de recommandations
phase de vissage est réalisée par une pointe perdue ou un obtura- particulières (voir § 3.4 et 3.5).
teur amovible.
Grâce à la diversité des types d’hélices qui peuvent être utili- 1.4 Identification des pieux par classe
sés, plusieurs techniques de pieux vissés moulés se sont déve-
loppées. L’intérêt du procédé est de refouler presque la totalité et catégorie
du sol. En France, une identification des techniques de pieu par classes
et par catégories est proposée notamment pour l’utilisation des
■ Pieu vissé tubé
méthodes pressiométrique et pénétrométrique pour la prévision
Il s’agit d’un pieu vissé constitué d’un tube, d’un outil et d’une de la capacité portante (AFNOR, 2012). Ces classes et ces catégo-
pointe perdus. ries de pieux sont données dans le tableau 1.

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service spécifiées pour une structure ou un élément structural ne


Tableau 1 – Classes et catégories de pieux sont plus satisfaites » ; ces états comprennent :
(AFNOR, 2012) – « les déformations qui affectent l’aspect, le confort des utilisa-
teurs ou la fonction de la structure (y compris le fonctionnement
Classes Catégories Techniques de mise en œuvre
des machines ou des services) ou qui endommagent des finitions
1 Foré simple (pieux et barrettes) ou des éléments non structuraux ;
– les vibrations qui nuisent au confort des personnes ou qui
2 Foré boue (pieux et barrettes) limitent l’efficacité fonctionnelle de la structure ;
– les dommages susceptibles de nuire à l’aspect, à la durabilité,
3 Foré tubé (virole perdue) ou à la fonction de la structure ».
1
Les états limites ultimes sont ceux « associés à un effondrement
4 Foré tubé (virole récupérée)
ou à d’autres formes similaires de défaillance structurale » ainsi
5 Foré simple ou boue avec rainurage que, conventionnellement, certains états qui les précèdent ; ils
ou puits « concernent la sécurité des personnes et/ou la sécurité de la
structure » ; ces états comprennent :
6 Foré tarière creuse simple rotation, – « la perte d’équilibre de tout ou partie de la structure, considé-
2
ou double rotation rée comme un corps rigide ;
– une défaillance due à une déformation excessive, à la transfor-
7 Vissé moulé mation en mécanisme de tout ou partie de la structure, à une rup-
3 ture, à une perte de stabilité de la structure ou de toute partie de la
8 Vissé tubé structure, y compris ses appuis et fondations ;
– une défaillance provoquée par la fatigue ou d’autres effets
9 Battu béton préfabriqué
dépendant du temps ».
ou précontraint
En ce qui concerne les calculs de portance (calculs en termes de
10 Battu enrobé (béton – mortier – coulis) forces), l’approche aux « états limites » consiste à s’assurer que :
4
11 Battu moulé

12 Battu acier fermé avec Fd charge de calcul appliquée à la fondation, tenant


compte d’éventuels coefficients pondérateurs
5 13 Battu acier ouvert des charges (généralement supérieurs à 1), qui
sont des coefficients partiels sur les actions (voir
14 Profilé H battu ci-après),
6 Rd capacité portante de calcul (ou résistance de
15 Profilé H battu injecté calcul) correspondante, tenant compte de
coefficients de sécurité partiels sur la résistance
7 16 Palplanches battues
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du sol (§ 6.2).
17 Micropieu type I On se contente de donner ici quelques principes généraux sans
1 bis entrer dans le détail des calculs aux états limites. Les situations, les
18 Micropieu type II différents types d’actions et leurs valeurs à prendre en compte dans
les calculs sont définis dans les textes normatifs ou réglementaires.
19 Pieu ou micropieu injecté mode IGU Ils varient notamment suivant le type d’ouvrage considéré.
(type III)
8 Pour les fondations profondes des ouvrages de génie civil et
20 Pieu ou micropieu injecté mode IRS des bâtiments (AFNOR, 2012), on distingue communément les
(type IV) actions suivantes :
– les actions permanentes générales (§ 2.1.1) ;
– les actions permanentes dues aux poussées transversales
(§2.1.2) et au frottement négatif (§ 2.1.3) ;

2. Actions pour le calcul – les actions variables (§ 2.1.4) ;


– les actions accidentelles (§ 2.1.5) et les actions sismiques.
aux états limites Les actions sismiques n’interviennent que dans les combinai-
sons sismiques et ne sont pas traitées ici (voir la référence [1]
pour plus de détails).
2.1 Définition des actions
2.1.1 Actions permanentes G
On distingue les états limites de service (ELS) et les états
limites ultimes (ELU). En ce qui concerne la portance des fonda- Ce sont des actions permanentes de toute nature. Leurs valeurs
tions, on retiendra que, pour chacun de ces états limites, on doit, caractéristiques sont notées G.
d’une part, former des combinaisons d’actions afin de déterminer
la charge sur la fondation Fd et, d’autre part, déterminer la résis- Citons, par exemple :
tance du sol Rd qui est, elle-même, fonction de l’état limite consi- – le poids propre de la fondation ;
déré (cf. § 6.2). On doit aussi, si la structure portée le nécessite, – le poids propre de l’appui (pile, culée, semelle de liaison, etc.) ;
déterminer les déplacements (ou leur ordre de grandeur) sous dif- – la fraction du poids propre du bâtiment ou de l’ouvrage considéré
férentes combinaisons d’actions (§ 6.4). et de ses équipements reprise par la fondation ;
Selon l’Eurocode : « Bases de calcul des structures » (EN 1990, – les efforts dus au retrait, fluage, etc. ;
AFNOR, 2003), les états limites de service sont « les états correspon- – les efforts dus au poids et aux poussées du sol ;
dant à des conditions au-delà desquelles les exigences d’aptitude au – la pression due à l’eau s’exerçant sur un mur de soutènement.

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FONDATIONS PROFONDES ___________________________________________________________________________________________________________

2.1.3 Frottement négatif Gsn


Cette action est à considérer dans les cas de fondations pro-
fondes soumises à un déplacement axial de terrains (tassement
vertical dans la plupart des cas). On peut citer l’exemple d’un
ouvrage d’art ou d’un bâtiment fondé sur pieux à côté duquel des
terrains sont surchargés sous l’effet d’un remblaiement, d’un
rabattement de nappe ou d’une autre construction fondée superfi-
ciellement. Le phénomène de frottement négatif se produit, d’une
manière générale, lorsque le tassement du sol est supérieur au
tassement du pieu qui le traverse. La résultante du frottement
négatif est donc fonction à la fois du tassement du sol et de la
charge supportée par le pieu en tête.

La figure 9 donne l’exemple d’une culée remblayée fondée sur


pieux, pour lesquels le tassement progressif, par consolidation de
la couche compressible, provoque sur le pieu un frottement dirigé
vers le bas, le déplacement relatif sol-pieu étant dirigé dans ce
sens. Ce frottement négatif agit, non seulement sur les pieux, mais
également sur la semelle de liaison et, comme le remblai tasse
plus que la culée, il y a aussi du frottement négatif du remblai sur
Figure 8 – Poussées transversales sur les pieux d’une culée le mur de front.
remblayée
Notons que, dans ce cas, la poussée sur le mur est inclinée vers
le bas et que sa composante tangentielle tient lieu de frottement
Notons qu’à l’état limite ultime, sous certaines combinaisons, il négatif.
y a lieu de séparer (cf. § 2.2) :
À noter que, dans les cas similaires à celui de la figure 9 (frotte-
– les actions G défavorables de valeurs caractéristiques Gmax ;
ment négatif créé par la présence d’une couche compressible), le
– les actions G favorables de valeurs caractéristiques Gmin. frottement négatif croît en fonction du tassement et donc du
temps. Par ailleurs, sur la hauteur de la couche compressible, la
Les actions dues à l’eau sont, essentiellement, dans le cas des valeur limite, augmentant avec la pression effective horizontale
fondations profondes, les pressions hydrostatiques et les pres- agissant normalement à la surface du pieu, croît au fur et à
sions interstitielles, en présence d’un écoulement ou non. Les mesure de l’avancement de la consolidation. Il est donc maximal
actions dues à l’eau dans les sols sont considérées comme des à long terme.
actions permanentes. Le caractère variable de ces actions est pris
en compte en définissant différents niveaux qui sont associés à La résultante des frottements négatifs, dans les combinaisons
des combinaisons spécifiques (voir [1]). aux états limites ultimes et états limites de service (§ 2.2), ne
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s’ajoute pas, en principe, aux actions variables de courte durée.


En effet, on peut admettre que, lors d’une application d’une action
2.1.2 Poussées transversales Gsp de courte durée, le tassement du pieu provoque une diminution
du déplacement relatif sol-pieu (donc une diminution du frotte-
Ces actions sont à considérer dans les cas de fondations pro- ment négatif mobilisé), en partie haute tout du moins, et peut
fondes soumises à des déplacements transversaux du terrain. même l’inverser. Par ailleurs, la résultante maximale de frotte-
Ces cas couvrent des situations assez diverses comme un ment négatif se situe en profondeur, alors que ces actions
ouvrage d’art fondé sur pieux dans un glissement de terrain, agissent en tête.
une culée d’ouvrage d’art fondée sur pieux et remblayée, un Lorsque l’on fait un calcul « en forces » (et non « en déplace-
bâtiment fondé sur pieux à côté duquel des terrains sont rem- ment »), les actions variables de courte durée ne sont prises en
blayés, etc. compte que si elles sont supérieures à la charge de frottement
négatif. Sinon, c’est cette dernière qui est retenue (§ 2.2). Cela se
Exemple
La figure 8 illustre le phénomène dans le cas d’une culée d’ouvrage
d’art fondée sur pieux et remblayée. Les pieux traversent une couche
de sol mou compressible et cette couche est chargée de façon dissy-
métrique (par le remblai en l’occurrence). Le sol mou a tendance à se
déplacer vers l’aval, et cela d’autant plus que le coefficient de sécurité
vis-à-vis d’un grand glissement (suivant la courbe (C), par exemple)
est plus faible. Ces déplacements entraînent des efforts sur les pieux,
qui peuvent être importants.
La méthode de calcul proposée au § 4.2 prend en compte la rigidité
relative sol-pieu, ainsi que le déplacement g(z) que subirait le sol mou
sous charge dissymétrique en l’absence de pieu. Dans le cas d’une
pile d’ouvrage d’art fondée sur pieux dans un glissement de terrain, le
déplacement g(z) représente le mouvement du glissement de terrain
en l’absence des pieux.
Pour l’application de la théorie des états limites de service et ultime
(ELS et ELU), il faut noter que c’est g(z) qui est considéré comme
action (et non les poussées). Néanmoins, dans ce cas, les coefficients
partiels ne sont pas appliqués au déplacement lui-même mais aux
effets des actions qu’il induit dans le pieu. Figure 9 – Frottement négatif sur les pieux d’une culée remblayée

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____________________________________________________________________________________________________________ FONDATIONS PROFONDES

« tourner » les actions variables entre base et accompagnement


pour déterminer la combinaison la plus défavorable.
FG + FQq-p Lorsque Q est considérée comme action de base, on distingue
+ FQ’ les valeurs représentatives suivantes :
FG + FQq-p FQ’
– Q1, prise en compte dans les combinaisons fondamentales
Effort axial F (ELU) et dans les combinaisons caractéristiques (ELS irréversibles) ;
– ψ1Q1 prise en compte dans les situations accidentelles (ELU) et
dans les combinaisons fréquentes (ELS réversibles) ; il est à noter
que les combinaisons fréquentes ne sont pas vérifiées en pratique
pour le calcul des fondations ;
– ψ2Q1 prise en compte dans les situations accidentelles (ELU).
Lorsque Q est considérée comme action d’accompagnement, on
FG + FQq-p + Gsn distingue les valeurs représentatives suivantes :
– ψ0Qi prise en compte dans les combinaisons fondamentales
(ELU) et les combinaisons caractéristiques (ELS irréversibles) ;
Sol
– ψ2Qi prise en compte dans les situations accidentelles et sis-
compressible
miques (ELU), dans les combinaisons fréquentes et quasi-
permanentes (ELS réversibles).
Les combinaisons d’actions (§ 2.2) indiquent les valeurs repré-
Sol sentatives pertinentes dans chaque cas. Lorsqu’une action
résistant variable est favorable pour un état limite donné, elle est prise à sa
valeur minimale, qui est en général la valeur nulle.

z Les valeurs de ψ0, ψ1 et ψ2 sont inférieures ou égales à 1. Elles


sont données dans l’Eurocode : « Bases de calcul des structures »
(NF EN 1990, AFNOR, 2003) ; elles tiennent compte de la simulta-
néité d’occurrence de ces actions.
Figure 10 – Cumul du frottement négatif et des actions variables
(AFNOR, 2012) 2.1.5 Actions accidentelles A
Pour les ouvrages de génie civil, l’action accidentelle peut être
traduit par la condition suivante (valable dans le cas où l’effort un choc de bateau, un choc de véhicule sur un appui, une action
normal est défavorable), illustrée par la figure 10 : hydrodynamique, etc. ; pour les bâtiments, un vent extrême, une
explosion, un choc, un feu, etc.

avec Fv effort total axial sur le pieu à prendre en compte Les actions accidentelles sont considérées avec une valeur
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(avant application de tout facteur), représentative unique qui est une valeur nominale, générale-
FG effort axial dû aux charges permanentes, ment donnée dans les textes réglementaires.
FQq-p effort axial dû aux charges variables quasi-
permanentes,
Gsn effort axial de frottement négatif,
2.2 Combinaisons d’actions
effort axial dû aux autres charges variables (non Les fondations des ouvrages de génie civil et des bâtiments
quasi-permanentes). doivent être justifiées pour diverses combinaisons et actions de
calcul, conformément à l’Eurocode « Bases du calcul des structures »
La valeur de calcul Fd de l’effort axial à utiliser pour les vérifica-
(EN 1990, AFNOR, 2003) et à l’Eurocode 7 « Calcul géotechnique »
tions aux ELU et ELS tient compte des facteurs partiels sur les
(EN 1997-1, AFNOR, 2005a). Ainsi, la norme française d’application
charges permanentes G et les charges variables Q, ainsi que des de l’Eurocode 7 pour les fondations profondes (NF P 94-262, AFNOR,
facteurs ψ0, ψ1 et ψ2 sur les charges variables. Les valeurs de ces 2012) définit les combinaisons suivantes.
facteurs dépendent de la combinaison d’actions à vérifier (voir
§ 2.2.1 pour les ELU, § 2.2.2 pour les ELS). Dans les combinaisons d’actions qui suivent, le symbole « + »
signifie « combiné à ».
On donne au paragraphe 3.7.2 la méthode d’évaluation du frot-
tement négatif simplifiée, en termes de forces. Dans la référence
[1], est détaillée une méthode dite « en déplacement », tenant 2.2.1 États limites ultimes (ELU)
compte des tassements respectifs du sol et du pieu.
Pour les fondations profondes, on distingue communément :
– l’ELU de mobilisation du sol (capacité portante ou résistance
2.1.4 Actions variables Q en traction) ;
Il s’agit essentiellement : – l’ELU de stabilité d’ensemble ;
– l’ELU de résistance des matériaux constitutifs de la fondation ;
– des charges d’exploitation : surcharges routières, freinage,
stockage temporaire, etc. ; – lorsque les déplacements peuvent nuire au bon comportement
– des charges dues aux effets climatiques : vent, neige, etc. ; de la structure portée, l’état limite de déplacement.
– des effets des actions hydrodynamiques engendrées par la
houle, par exemple. 2.2.1.1 Combinaisons fondamentales
Ces actions variables Q interviennent dans toutes les combinai- Les combinaisons fondamentales couvrent les situations de calcul
sons d’actions (§ 2.2), soit comme action variable de base Q1, soit durables ou transitoires. Elles correspondent à une probabilité
comme action variable d’accompagnement Qi (i > 1). On fait d’occurrence très faible, de l’ordre de 10–4 ou moins sur une année.

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FONDATIONS PROFONDES ___________________________________________________________________________________________________________

Pour les fondations profondes, on considère les effets des


actions de calcul Ed suivantes : Tableau 2 – Correspondance entre les combinaisons
d’actions et différentes natures d’états limites
de service

Combinaisons
Utilisations selon l’EN 1990
d’actions

Caractéristique États limites irréversibles


(rare)
avec Gmax,
Gmin, Gsp,
Fréquente États limites réversibles
Gsn valeurs caractéristiques des actions
permanentes,
Quasi- Effets à long terme et aspect de la structure
Q1 et Qi valeurs caractéristiques des actions variables, permanente
γsp = 1,35 lorsque les poussées transversales sont
défavorables,
= 0,675 lorsque les poussées transversales sont
favorables, Selon l’Eurocode : « Bases de calcul des structures » (EN 1990,
AFNOR, 2003), ces combinaisons d’actions correspondent à diffé-
γsn = 1,35 lorsque le frottement négatif est défavorable, rentes natures d’états limites de service pour la structure portée
= 1,125 lorsque le frottement négatif est favorable, par les fondations. Le tableau 2 indique cette correspondance.
γQ,1 et γQ,i Dans la pratique quotidienne, le calcul des tassements d’une
= 1,5 le plus généralement pour les actions variables fondation profonde est envisagé pour les combinaisons quasi-per-
défavorables (réduite à 1,35 pour les charges manentes. Les charges sont supposées constantes dans le temps
routières sur les ponts), et l’évaluation des tassements de la fondation consiste à estimer
= 0 pour les actions variables favorables (autrement des tassements instantanés, des tassements de consolidation et
dit, elles ne sont pas prises en compte), des tassements de fluage (certaines méthodes de calcul fournis-
sant directement une valeur rendant compte de la totalité de ces
ψ0i = 0,7 pour la plupart des charges d’exploitation des tassements). Pour la combinaison caractéristique, le calcul des
bâtiments. tassements est nettement plus difficile puisque les charges varient
Dans ces combinaisons d’actions et celles qui suivent, le sym- dans le temps ce qui nécessite des méthodes appropriées permet-
bole [Gsn] indique que le cumul du frottement négatif Gsn avec les tant de gérer ces cycles de charge et décharge [2].
actions variables Q suit les règles énoncées au § 2.1.3.
2.2.2.1 Combinaisons quasi-permanentes
2.2.1.2 Combinaisons pour les situations accidentelles
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Les combinaisons pour les situations accidentelles corres- Les actions dues aux combinaisons quasi-permanentes corres-
pondent à des événements très exceptionnels, dont la probabilité pondent aux actions réellement subies par la structure pendant la
d’occurrence est extrêmement faible sur la durée d’utilisation de majeure partie de sa durée de vie. Elles sont pertinentes pour étu-
l’ouvrage. dier les déplacements à long terme de la fondation.
Pour les fondations profondes, les effets des actions de calcul
Pour les fondations profondes, les effets des actions de calcul
Ed sont :
Ed suivantes sont à envisager :

avec, le plus souvent, dans le cas des ouvrages d’art, pour les
charges de trafic et les forces dues au vent, ψ2iQi = 0.
avec, le plus souvent, dans le cas des ouvrages d’art, pour les
charges de trafic et les forces dues au vent, ψ2iQi = 0.
2.2.2.2 Combinaisons caractéristiques
2.2.2 États limites de service (ELS)
Les actions dues aux combinaisons caractéristiques (aussi
On envisage essentiellement pour les fondations profondes : appelées « rares ») correspondent aux actions que les ouvrages
auront à subir, seulement quelques fois, au cours de leur durée de
– l’ELS de mobilisation du sol (limitation des déplacements par
vie.
calcul de portance) ;
– l’ELS du matériau constitutif de la fondation (durabilité de la Pour les fondations profondes, les effets des actions de calcul
fondation) ; Ed à considérer sont données par :
– lorsque la structure portée l’exige, l’état limite de déplacement.
Ces états limites de service doivent être vérifiés pour différentes
combinaisons d’actions :
– les combinaisons quasi-permanentes ;
– les combinaisons fréquentes (ne sont pas vérifiées en pratique
pour le calcul des fondations) ; ψ0i = 0,7 pour la plupart des charges d’exploitation des bâti-
– les combinaisons caractéristiques. ments.

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3. Pieu isolé sous charge Au moment de la rupture, la résistance en compression Rc est la


somme des réactions limites du terrain suivantes :
axiale –  la résistance unitaire du sol sous la pointe qb, conduisant à la
résistance de pointe :

On développe ici principalement les méthodes de détermination


de la capacité portante des pieux basées sur les résultats d’essais
avec Ab l’aire de la pointe ;
statiques de chargement ou sur les résultats d’essais in situ pres-
siométriques Ménard et pénétrométriques statiques. – la résistance due au frottement du sol sur le fût du pieu ; si qs,i
est le frottement axial unitaire limite dans la couche i, la résistance
Ces méthodes sont issues des résultats de nombreux essais de totale par frottement axial est :
chargement statique de pieux en vraie grandeur réalisés par les
laboratoires des Ponts et Chaussées depuis les années 1960 ([3],
[4]). Elles forment les bases des règles contenues dans la norme
NF P 94-262 (AFNOR, 2012). avec As,i, l’aire du fût du pieu dans la couche i.
Les essais pressiométriques Ménard sont conduits selon la La résistance en compression (capacité portante) Rc est :
norme européenne NF EN ISO 22476-4 (AFNOR, 2015a), et les
essais pénétrométriques statiques selon les normes NF EN ISO
22476-12 (AFNOR, 2010) pour l’essai au cône à pointe mécanique
et NF EN ISO 22476-1 (AFNOR, 2013) pour l’essai au cône élec- La résistance en traction Rt est :
trique.
Pour les méthodes de détermination à partir des résultats
si l’on considère que le frottement axial en traction est égal au
d’essais dynamiques de sol ou à partir du battage des pieux, se
frottement axial en compression, comme c’est le cas dans la pra-
reporter à la référence [1].
tique française.
Tout ce qui est dit dans ce paragraphe concerne aussi bien les
pieux inclinés que les pieux verticaux, à condition de considérer
les charges axiales. 3.1.2 Charge limite de fluage
La courbe représentant la charge appliquée au pieu en fonction
de l’enfoncement présente une partie sensiblement linéaire se
3.1 Définitions limitant à une charge Rc,cr appelée charge limite de fluage
(figure 11). Pour les charges supérieures à Rc,cr l’enfoncement du
pieu ne se stabilise plus dans le temps, à charge constante.
3.1.1 Résistance en compression et en traction
Les nombreux essais de chargement de pieux en vraie grandeur
Considérons un pieu dont la base est située à la profondeur D ont permis d’établir des corrélations entre la charge limite de
(figure 11). Ce pieu, dont on néglige le poids, est chargé axiale- fluage et les résistances de pointe Rb et par frottement axial Rs.
ment en tête par une charge F. Ces corrélations sont différentes suivant le mode de mise en place
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Si l’on accroît progressivement F à partir de 0, le pieu s’enfonce du pieu dans le sol. On peut retenir :
en tête, de st, et la courbe représentant F en fonction de st a – pour les pieux travaillant en compression refoulant le sol :
l’allure indiquée sur la figure 11. Il atteint sa capacité portante Rc
qui correspond à la rupture du sol. À partir de cette charge,
l’enfoncement ne se stabilise plus sous la charge et la vitesse – pour les pieux travaillant en compression ne refoulant pas le sol :
d’enfoncement est relativement grande. Conventionnellement, Rc
est la charge correspondant à st = B/10 (avec B diamètre du pieu)
ou à une vitesse d’enfoncement de 1 à 5 mm/min.
– pour les pieux travaillant en traction :

Les méthodes de dimensionnement données aux para-


Rc graphes 3.3, 3.4 et 3.5 visent à déterminer la capacité portante Rc
et la résis tance en traction Rt. La charge limite de fluage Rc,cr ou
0 Rc,cr Rc F Rt,cr en est déduite par ces formules empiriques, sauf dans le cas
de l’essai de chargement statique, où elle est évaluée à partir des
résultats de l’essai.

3.1.3 Encastrement équivalent. Pression limite


et résistance de cône équivalentes
D qs
3.1.3.1 Hauteur d’encastrement équivalente De
Elle est définie à partir des résultats des essais de sols en
place : pressiomètre ou pénétromètre. Si l’on considère la courbe
représentant, en fonction de la profondeur z (figure 12) :
St – soit, dans le cas du pressiomètre, la pression limite nette :

qb
avec la pression limite mesurée, et
p0 contrainte totale horizontale au même niveau
Figure 11 – Courbe de chargement axial d’un pieu dans le sol avant essai.

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FONDATIONS PROFONDES ___________________________________________________________________________________________________________

Figure 12 – Définition de la hauteur d’encastrement équivalente

– soit, dans le cas du pénétromètre statique, la résistance de


cône qcc écrêtée (voir § 3.1.3.3).
La hauteur d’encastrement équivalente De < D est définie par : Figure 13 – Définition de la pression limite équivalente
– cas du pressiomètre : au pressiomètre

– cas du pénétromètre statique :

et qce étant respectivement la pression limite nette équiva-


lente et la résistance de cône équivalente définies aux para-
graphes 3.1.3.2 et 3.1.3.3.
Les règles définies dans la norme NF P 94-262 s’appliquent, stricto
sensu, aux fondations dont le rapport De/B est supérieur à 5,0.

3.1.3.2 Pression limite nette équivalente


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au pressiomètre Ménard (M)PMT


La pression limite nette équivalente au pressiomètre est une
pression moyenne autour de la base de la fondation profonde
dans le cas d’une formation porteuse sensiblement homogène.
Elle est déterminée de la manière suivante (figure 13) :

Figure 14 – Définition de la résistance de cône équivalente


avec au pénétromètre
la pression limite nette,
– a = B/2 si B > 1 m, a = 0,5 m si B < 1 m,
– b = min {a, h} où h est la hauteur de l’élément de fondation a = B/2 si B > 1 m, a = 0,5 m si B < 1 m,
dans la couche porteuse. b = min {a, h} où h est la hauteur de l’élément de fondation dans
la couche porteuse.
3.1.3.3 Résistance en pointe équivalente qce
au pénétromètre statique (CPT)
3.1.4 Catégories conventionnelles des sols
La résistance de cône équivalente qce est une résistance
moyenne autour de la base de la fondation profonde dans le cas Pour le calcul de la portance à partir du pressiomètre Ménard et
d’une formation porteuse sensiblement homogène. Elle est déter- du pénétromètre statique, on distingue les catégories de sols sui-
minée de la manière suivante (figure 14) : vantes (tableau 3) :
– argiles ;
– limons ;
– sables ;
– graves ;
avec qcc la résistance de pointe qc écrêtée à 1,3 qcm, la – craies ;
résistance moyenne qcm étant elle-même définie – marnes et calcaires marneux ;
par : – roches altérées ou fragmentées.
En ce qui concerne les argiles, limons, sables et graves, des cri-
tères de classification ont été établis. On pourra se reporter aux
références [5] et [C 208].

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Tableau 3 – Définition des catégories conventionnelles de sols pour les méthodes


pressiométriques et pénétrométriques (AFNOR, 2012)

Catégories de sol Ic (MPa) qc (MPa) (N1,60) cu (kPa)

Très mous à mous 0,0 – 0,50 < 0,4 < 1,0 < 75

Fermes 0,50 – 0,75 0,4 à 1,2 1,0 à 2,5 75 à 150


Argiles et limons
Raides 0,75 – 1,00 1,2 à 2 2,5 à 4,0 150 à 300

Très raides > 1,00 ≥ 2 ≥ 4,0 ≥ 300

Sols intermédiaires
À placer dans la catégorie
(sable limoneux, sable argileux,
la plus proche
argile sableuse)

Très lâches < 0,2 < 1,5 3

Lâches 0,2 à 0,5 1,5 à 4 < 3 à 8

Sables et graves Moyennement denses 0,5 à 1 4 à 10 8 à 25

Denses 1à2 10 à 20 25 à 42

Très denses > 2 > 20 42 à 58

Molles < 0,7 < 5

Craies Altérées 0,7 à 3 5 à 15

Saines ≥ 3 ≥ 15

Tendres < 1 < 5

Marnes et calcaires marneux Raides 1à4 5 à 15

Très raides > 4 > 15


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Altérées 2,5 à 4
Roches
Fragmentées > 4

La craie est une formation sédimentaire, blanc-jaunâtre, poreuse complexe n’entrant pas dans les catégories ci-avant, on essaiera,
et légère, constituée à 90 % de carbonate de calcium (tableau 4). Elle au vu des essais d’identification, de les placer entre deux des caté-
présente différents aspects allant de la pâte à la roche et peut com- gories précédentes et l’on procédera par interpolation des para-
porter un pourcentage plus ou moins important de silex. mètres de calcul.
La marne comporte de 30 à 70 % de CaCO3, les marno-calcaires L’appellation roches altérées ou fragmentées peut recouvrir des
(ou calcaires marneux) de 70 à 90 %. matériaux fort divers, à dominante carbonatée, schisteuse, grani-
Les argiles et les limons comprennent moins de 30 % de CaCO3. tique, etc., à consistance plus ou moins meuble suivant le degré
d’altération. On pourra, d’un point de vue pratique, réserver cette
Pour les nombreuses formations intermédiaires (sable limoneux, appellation aux matériaux à caractère rocheux dominant, pour les-
sable argileux, argile sableuse) ainsi que pour les sols à structure quels il y a refus au pénétromètre statique et dont les modules
pressiométriques sont supérieurs à 50 MPa. Pour les roches alté-
rées plus meubles, on essaiera de les rattacher aux autres
classes : argiles, marnes, sables, etc.
Tableau 4 – Teneur en CaCO3 pour différents sols Pour le dimensionnement des fondations à partir du pressio-
(AFNOR, 2012) mètre Ménard ou du pénétromètre statique, la norme NF P 94-262
(AFNOR, 2012) définit les catégories conventionnelles de sols don-
Teneurs en CaCO3 Classes de sol
nées par le tableau 3, en fonction de la pression limite
0 – 10 % Argile ou limon mesurée par le pressiomètre Ménard ou de la résistance de pointe
qc mesurée par le pénétromètre statique ainsi qu’en fonction de
10 – 30 % Argile marneuse ou limon marneux l’indice de consistance Ic et de la cohésion non drainée cu pour les
sols fins et en fonction du nombre de coups au SPT N1,60 pour les
30 – 70 % Marne sables et graves.
En ce qui concerne les roches altérées, en plus des indications
70 – 90 % Calcaire marneux
données ci-après concernant leur portance à partir du pressiomètre
90 – 100 % Calcaire (ou craie) Ménard, il y a lieu d’appliquer pleinement toutes les règles propres
à la mécanique des roches pour la justification des fondations.

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FONDATIONS PROFONDES ___________________________________________________________________________________________________________

3.2 Théories classiques rigides-plastiques On ne développe pas plus ici ces théories classiques. On trouve
dans tous les ouvrages de base de mécanique des sols et des fon-
Les théories classiques du calcul de la capacité portante d’un pieu dations de plus amples informations sur les théories classiques de
reposent sur l’hypothèse du comportement rigide-plastique du sol, capacité portante des pieux.
supposé partout en état de rupture dans une certaine zone autour
du pieu. Ces théories sont très peu utilisées en France, notamment à
cause du développement de méthodes directes basées sur les résul- 3.3 Prévision de la capacité portante
tats d’essais de reconnaissance en place (pressiomètre, pénétro- et de la charge limite de fluage
mètre, principalement) et les résultats d’essais de pieux en vraie
grandeur, méthodes jugées opérationnelles et plus fiables. à partir d’un essai de chargement
Dans les théories rigides-plastiques, les efforts résistants uni-
statique
taires (résistance unitaire de pointe qb, frottement axial limite qs)
ne dépendent que des caractéristiques de rupture du sol mesu- 3.3.1 Principe. Appareillage
rées en laboratoire (cohésion c et angle de frottement φ).
Ainsi, dans les sols frottants , pour un massif L’essai de chargement statique a pour but de déterminer direc-
homogène de poids volumique déjaugé  : tement sur un pieu d’essai la courbe charge-enfoncement du pieu,
d’en déduire la capacité portante Rc et la charge limite de fluage
Rc,cr et, par suite, les charges admissibles sur le pieu. On n’a
recours à un essai de cette importance que lorsque les méthodes
avec si D est la longueur du pieu, décrites dans les paragraphes 3.4 et 3.5 ne conduisent pas à des
Nc et Nq les facteurs de capacité portante de cohésion et résultats suffisamment fiables et que l’on peut extrapoler les
de profondeur, fonctions de uniquement. résultats à un nombre suffisant de pieux sur le même site.
et : Le principe de la méthode, la description de l’appareillage à uti-
liser, la préparation et l’exécution de l’essai sont décrits en détail
dans les normes pour les pieux en compression axiale et pour les
pieux en traction (AFNOR, 2007 et AFNOR, 1999 respectivement).
avec
K le rapport entre la contrainte normale au pieu et L’appareillage nécessaire à la réalisation d’un tel essai comprend
la contrainte parallèle à l’axe à la profondeur z habituellement (figure 16) :
(assimilée à la contrainte verticale qz), – un dispositif de réaction : massif-poids constitué de cuves rem-
δ l’angle de frottement entre le sol et le pieu plies de gravillons ou le plus souvent poutres de réaction avec
(fraction prise souvent égale à 2/3 de l’angle de ancrages (pieux voisins pouvant être sollicités à l’arrachement ou
frottement interne du sol). tirants précontraints) ;
– un dispositif de chargement : vérin hydraulique transmettant
Suivant les auteurs et suivant les schémas de rupture adoptés l’effort au pieu par l’intermédiaire d’une rotule et d’une plaque de
(figure 15), les coefficients Nc et Nq peuvent varier dans le rapport répartition ;
de 1 à 10, et même davantage. – un dispositif de mesures :
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Pour les sols purement cohérents (φu = 0 et c = cu) :


•  mesure des charges : manomètres branchés sur le circuit
d’alimentation du vérin ou, ce qui est préférable, peson élec-
trique intercalé entre le vérin et le pieu, ou le plus souvent le
avec Nc souvent pris égal à 9, et : dispositif de réaction,

avec α < 1 suivant la nature du sol, du pieu et de sa mise en


œuvre.

Figure 15 – Exemples de schémas de rupture selon les théories Figure 16 – Dispositif de chargement et de mesure pour essai
classiques de pieu (schéma de principe)

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____________________________________________________________________________________________________________ FONDATIONS PROFONDES

Charge [kN]

0 1 000 2 000 3 000 4 000 5 000 6 000


0
(a)
8

16
Tassement [mm]
24

32

40
Chargement 1
48
Chargement 2
56 B/10
Rc;cr Rc

Rc;cr
40 8

35 5 000 kN 7
Vitesse de fluage [mm/h]

30 6
Tassement [mm]

25 5
4 500 kN
20 4

15 4 000 kN 3

10 Rc;cr 2
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5 1

0 (b) 0 (c)
1 10 100 0 1 000 2 000 3 000 4 000 5 000 6 000
Minutes Charge [kN]

Charge [m]
0 1 000 2 000 3 000 4 000 5 000 6 000 300
0
1
2 niveau A - z = 15,81 m
Frottement axial unitaire [kPa]

250
3 niveau B - z = 14,81 m
4
5 200 niveau C - z = 13,06 m
Profondeur [m]

6
7 niveau D - z = 10,56 m
8 150 niveau E - z = 8,31 m
9
10 niveau F - z = 6,31 m
11 100
12 niveau G - z = 4,31 m
13
niveau H - z = 2,31 m
14 50
15 niveau I - z = 0,81 m
16 (d) (e)
17 0
0 8 16 24 32 40 48 56
Déplacement [mm]

Figure 17 – Exemple de courbes types tracées lors d’un essai de chargement statique de pieu

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FONDATIONS PROFONDES ___________________________________________________________________________________________________________

•  mesure des déplacements en tête : niveaux à lunette, compa- charge limite de fluage. Cette limitation peut être faite directement
rateurs, en considérant la charge limite de fluage ou indirectement en
•  mesure des efforts à différents niveaux du fût : on instru- appliquant des coefficients partiels suffisamment grands.
mente alors le pieu à différentes profondeurs d’extenso- Pour certains ouvrages exceptionnels, il est possible de réaliser
mètres amovibles, de jauges collées, de cordes vibrantes ou des chargements cycliques en compression ou en traction. Si la
de fibres optiques (voir, par exemple, [6]). charge appliquée au pieu est, soit en compression, soit en traction
Il est reconnu que le délai après la réalisation du pieu a une on parle d’essai cyclique non alterné en compression ou en trac-
influence non négligeable sur la détermination de la capacité por- tion. Si la charge appliquée est en compression et en traction suc-
tante : celle-ci augmente avec le temps, notamment dans le cas cessivement, alors on parle de d’essai cyclique alterné. Ces essais
des pieux battus. Pour les pieux forés, l’effet de la mise en place permettent d’évaluer le déplacement du pieu en fonction de cycles
semble moins important. Il est de toute manière nécessaire de chargement et l’éventuelle diminution de la capacité portante
d’attendre la prise du béton ce qui impose un délai d’au moins du pieu avec les cycles [2].
trois semaines après la réalisation du pieu. Il est à noter que pour Dans le cas d’un pieu instrumenté au moyen d’extensomètres
les essais de pieux qui ont servi à établir les règles de prévision amovibles, de jauges collées, de cordes vibrantes ou de fibres
données aux paragraphes 3.4 et 3.5, un délai de repos de plu- optiques, l’exploitation des mesures fournit la répartition des
sieurs semaines a toujours été respecté. efforts le long du pieu (figure 17d) et, à partir des efforts et des
déformations à un niveau donné, on peut tracer les courbes de
mobilisation de frottement axial correspondant aux différents
3.3.2 Programme de chargement horizons traversés (figure 17e).
Les essais sont menés en appliquant au moins 8 paliers de
chargement qui sont maintenus sur une certaine durée.
3.4 Calcul de la capacité portante
La première étape est d’évaluer la capacité portante du pieu à
tester par la méthode pressiométrique ou pénétrométrique (§ 3.4
à partir de l’essai au pressiomètre
et § 3.5). Une marge de 50 % doit être ajoutée de manière à pré- Ménard (M)PMT
voir une charge d’essai suffisante.
On détaille ci-après la méthode de calcul préconisée par la norme
Différents types d’essais (essai préalable, essai de conformité, NF P 94-262 (AFNOR, 2012). Pour les formations indurées, la méthode
essai de contrôle, etc.) existent selon que l’objectif est de détermi- suppose que l’on ait effectivement atteint la pression limite pl.
ner la capacité portante du pieu testé ou de vérifier que celui-ci
est apte à pouvoir supporter une certaine charge.
3.4.1 Calcul de la résistance de pointe Rb
Le programme de chargement peut être constitué :
Elle est déterminée par la relation :
– d’un seul chargement jusqu’à la charge limite avant décharge-
ment final ;
– d’un cycle intermédiaire de chargement et de déchargement,
puis d’un chargement jusqu’à la charge limite avant déchargement avec la pression limite nette équivalente définie au
final. paragraphe 3.1.3.2,
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La durée des paliers de chargement est en général égale à une Ab l’aire de la pointe du pieu et
heure mais peut être réduite en début d’essai quand le déplace- kp le facteur de portance déterminé au moyen de la
ment en tête de pieu est rapidement stabilisé sous le chargement relation suivante :
appliqué.

3.3.3 Exploitation des résultats


Dans le cas où l’essai est mené jusqu’à la rupture du sol ou sa
capacité portante conventionnelle, différents types de résultats
peuvent être obtenus et analysés :
– la courbe reliant le déplacement en tête st (cumulé, obtenu à la
fin de chaque palier) à la charge en tête F (figure 17a). Cette
courbe fournit la capacité portante du pieu pour un tassement en
tête de l’ordre de B/10. La fin de la partie pseudo-linéaire corres-
pond à la charge limite de fluage ;
– la courbe reliant l’enfoncement en tête au temps pour chaque
palier de chargement (figure 17b) : ces courbes permettent de
déduire une vitesse de tassement moyenne sur une certaine période
(entre la 30e et la 60e minute, entre la 5e et la 60e minute, etc.).
– la courbe reliant les vitesses moyennes d’enfoncement à la
charge appliquée (figure 17c). Cette courbe est linéaire au début
de l’essai puis subit une forte inflexion pour une charge appliquée
prise comme la charge limite de fluage. Cette courbe permet ainsi
de déterminer la charge à ne pas dépasser pour ne pas induire une
augmentation des déplacements avec le temps.
Il est important de noter que la charge limite de fluage est la
charge en dessous de laquelle le comportement du pieu est sensi-
blement réversible et n’évolue pas dans le temps. Il est intéres- A = + P =
sant de noter ce lien : la réversibilité des déplacements traduit en
général leur très faible évolution dans le temps sous charge
constante. C’est pour cette raison que la plupart des normes de Figure 18 – Aire et périmètre à considérer pour les profilés
calcul limitent la charge appliquée sur un pieu à 90 % de sa métalliques foncés (pieux de classes 5, 6 et 7)

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____________________________________________________________________________________________________________ FONDATIONS PROFONDES

Les valeurs maximales du facteur de pointe kpmax sont présen- 3.5 Calcul de la capacité portante
tées dans le tableau 5. Elles dépendent des classes et catégories
de pieu (tableau 1 du § 1.4) ainsi que des catégories convention-
à partir de l’essai de pénétration
nelles de sols (tableaux 3 et 4 du § 3.1.4). statique (CPT)
Pour les profilés métalliques foncés (pieux de classes 5, 6 et 7), On détaille ci-après la méthode de calcul préconisée par la
l’aire de la pointe du pieu Ab est déterminée selon les indications norme NF P 94-262 (AFNOR, 2012). Pour les catégories de terrain
de la figure 18. De plus, si ces profilés sont mis en place par pour lesquelles le refus de pénétration est atteint, la méthode
vibrofonçage (plutôt que par battage), il y a lieu de faire un abat- conduit à l’évidence à une estimation par défaut de la capacité
tement de 50 % sur le facteur kpmax. portante.

3.4.2 Calcul de la résistance par frottement Rs 3.5.1 Calcul de la résistance de pointe Rb


Elle est déterminée par la relation : La résistance de pointe est donnée par la formule :

avec qce résistance de cône équivalente définie au


§ 3.1.3.3,
Dans cette expression, P désigne le périmètre du pieu et qs(z) le
frottement axial unitaire limite à la cote z. Ab aire de la pointe du pieu, et
La hauteur h est celle où s’exerce effectivement le frottement kc facteur de portance déterminé au moyen de la
axial. C’est la hauteur de pieu dans le sol, diminuée : relation suivante :
– de la hauteur où le pieu comporte un double chemisage ;
– de la hauteur où s’exerce le frottement négatif éventuel (§ 3.7).
Le frottement axial qs est déterminé par la relation suivante :
Les valeurs minimales du facteur de pointe kcmin sont :
– pour les argiles et limons kcmin = 0,30 ;
– pour les sols intermédiaires kcmin = 0,20 ;
Les paramètres a, b, c et αpieu-sol sont présentés dans les
– pour les sables et graves kcmin = 0,10 ;
tableaux 6 et 7. Le paramètre αpieu-sol dépend à la fois du type de
sol et du type de pieu tandis que la fonction fsol, définie par les – pour la craie, les marnes et les roches altérées et fragmentées
paramètres a, b et c, ne dépend que du type de sol. La fonction kcmin = 0,15.
fsol est également représentée sur la figure 19. Les valeurs maximales du facteur de pointe kcmax sont présen-
tées dans le tableau 9. Elles dépendent des classes et catégories
Le tableau 8 présente les valeurs maximales de frottement axial
de pieu (tableau 1 du § 1.4) ainsi que des catégories convention-
unitaire qsmax. Ces valeurs sont communes aux méthodes pres-
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nelles de sols, qui sont identiques à celles proposées pour les fon-
siométrique et pénétrométrique.
dations superficielles (tableaux 3 et 4 du § 3.1.4).
Pour les profilés métalliques foncés (pieux de classes 5, 6 et 7),
Pour les profilés métalliques foncés (pieux de classes 5, 6 et 7),
le périmètre du pieu P est déterminé selon les indications de la
l’aire de la pointe du pieu Ab est déterminée selon les indications
figure 18.
de la figure 18. De plus, si ces profilés sont mis en place par
Ci-dessous : Valeur des paramètres a, b et c pour la méthode vibrofonçage (plutôt que par battage), il y a lieu de faire un abat-
pressiométrique ( et fsol en MPa) tement de 50 % sur le facteur kcmax.

Tableau 5 – Valeur du facteur de portance pressiométrique kpmax pour un encastrement relatif Def/B ≥ 5

Terrain Argiles Sols


Marnes et calcaires Roches altérées
% CaCO3 < 30 % intermédiaires Craies
marneux et fragmentées
Classes de pieu Limons Sols intermédiaires Sables Graves

1 1,15 1,10 1,45 1,45 1,45

2 1,30 1,65 1,60 1,60 2,00

3 1,55 3,20 2,35 2,10 2,10

4 1,35 3,10 2,30 2,30 2,30

5 1,00 1,90 1,40 1,40 1,20

6 1,20 3,10 1,70 2,20 1,50

7 1,00 1,00 1,00 1,00 1,20

8 1,15 1,10 1,45 1,45 1,45

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FONDATIONS PROFONDES ___________________________________________________________________________________________________________

160
Argiles-Limons
Sables
140
Craies
Marnes
120
Rocher

100
fsol (kPa)

80

60

40

20

0
0 1 2 3 4 5 6 7
pI* (MPa)

Figure 19 – Courbes fsol pour la méthode pressiométrique

Tableau 6 – Valeur des paramètres a, b et c pour la méthode pressiométrique (pl* et fsol en MPa)

Argiles
Sols intermédiaires Marnes et calcaires Roches altérées
Type de sol % CaCO3 < 30 % Craies
Sable Grave marneux ou fragmentées
Limons Sols intermédiaires
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a 0,003 0,010 0,007 0,008 0,010

b 0,04 0,06 0,07 0,08 0,08

c 3,5 1,2 1,3 3,0 3,0

3.5.2 Calcul de la résistance par frottement Rs Le tableau 8 présente les valeurs maximales du frottement axial
unitaire qsmax. Ces valeurs sont communes aux méthodes pres-
Elle est déterminée par la relation : siométrique et pénétrométrique.
Pour les profilés métalliques foncés (pieux de classes 5, 6 et 7),
le périmètre du pieu P est déterminé selon les indications de la
figure 18.

Dans cette expression, P désigne le périmètre du pieu et qs(z) le


frottement axial unitaire limite à la cote z. 3.6 Tassement d’un pieu isolé
La hauteur h est celle où s’exerce effectivement le frottement
axial. C’est la hauteur de pieu dans le sol, diminuée : Le tassement d’un pieu isolé sous les charges usuelles (combi-
naisons quasi-permanentes, ou même caractéristiques) est en
– de la hauteur où le pieu comporte un double chemisage ; général faible et ne constitue pas un paramètre de calcul
– de la hauteur où s’exerce le frottement négatif éventuel (§ 3.7). déterminant pour la plupart des structures de génie civil. Dans
Le frottement axial qs est déterminé par la relation suivante : certains cas de groupes de pieux, il peut être, en revanche, impé-
ratif d’estimer le tassement, ce qui suppose, bien souvent, que
l’on soit déjà en mesure d’estimer correctement le tassement d’un
pieu isolé. Dans le cas des fondations mixtes semelle-pieux ou
des massifs renforcés par inclusions rigides, les méthodes de
Les paramètres a, b, c et αpieu-sol sont présentés dans les
calculs en déplacement nécessitent également la prévision du tas-
tableaux 10 et 11. Le paramètre αpieu-sol dépend à la fois du type
sement des pieux de la fondation.
de sol et du type de pieu tandis que la fonction fsol définie par les
paramètres a, b et c ne dépend que du type de sol. La fonction fsol L’interprétation des résultats de l’ensemble des essais de char-
est également représentée sur la figure  20. gement en vraie grandeur effectués par les laboratoires des Ponts

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____________________________________________________________________________________________________________ FONDATIONS PROFONDES

et Chaussées montre que le tassement en tête des pieux n’excède Lorsque les pieux comportent une partie libre importante (pieux
que très rarement le centimètre sous charge de service et ce, pour colonnes, double chemisage), il y a lieu de corriger ces valeurs en
une gamme de pieux dont la longueur de fiche varie de 6 à 45 m ajoutant le raccourcissement propre des pieux sur leur hauteur
et dont le diamètre B est compris entre 0,30 et 1,50 m [7]. Ces libre.
résultats permettent de proposer les règles simples suivantes
Le tassement en tête d’un pieu isolé peut être calculé de
pour estimer, dans les cas courants, le tassement sous la charge
manière plus précise si l’on connaît les lois de mobilisation du
de référence 0,7 Rc,cr (ou Rt,cr) où Rc,cr ou Rt,cr sont les charges
frottement τ(s) en fonction du déplacement vertical s de chaque
limites de fluage données au paragraphe 3.1.2 :
section du pieu, ainsi que la loi de mobilisation de la contrainte en
– pour les pieux forés : sref = 0,006 B (avec des valeurs extrêmes pointe q(sb) en fonction du déplacement vertical sb de celle-ci
de 0,003 et 0,010 B) ; (méthode « des fonctions de transfert de charge t-z »). Une
méthode de détermination de ces lois à partir du module pressio-
– pour les pieux battus : sref = 0,009 B (avec des valeurs métrique EM, des valeurs de frottement axial limite qs et de la
extrêmes de 0,008 et 0,012 B). résistance unitaire en pointe qb, calculées dans les conditions

Tableau 7 – Valeur du paramètre αpieu-sol pour la méthode pressiométrique

Argiles
Catégories Sols intermédiaires Marnes et calcaires Roches altérées
% CaCO3 < 30 % Craies
de pieux Sables Graves Marneux ou fragmentées
Limons Sols intermédiaires

1 1,1 1 1,8 1,5 1,6

2 1,25 1,4 1,8 1,5 1,6

3 0,7 0,6 0,5 0,9 ___

4 1,25 1,4 1,7 1,4 ___

5 1,3 ___ ___ ___ ___

6 1,5 1,8 2,1 1,6 1,6

7 1,9 2,1 1,7 1,7 ___


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8 0,6 0,6 1 0,7 ___

9 1,1 1,4 1 0,9 ___

10 2 2,1 1,9 1,6 ___

11 1,2 1,4 2,1 1 ___

12 0,8 1,2 0,4 0,9 ___

13 1,2 0,7 0,5 1 1,0

14 1,1 1 0,4 1 0,9

15 2,7 2,9 2,4 2,4 2,4

16 0,9 0,8 0,4 1,2 1,2

17 ___ ___ ___ ___ ___

18 ___ ___ ___ ___ ___

19 2,7 2,9 2,4 2,4 2,4

20 3,4 3,8 3,1 3,1 3,1

Pour les pieux de catégorie 13, 14, 15 et 16 mis en œuvre par vibrofonçage au lieu de battage, il y a lieu de faire un abattement de 30 %
sur les valeurs de qs.
Pour les pieux de longueur supérieure à 25 m, le frottement axial unitaire qs est divisé par deux pour les zones du pieu situées à plus de
25 m de la pointe.
Pour les micropieux et les pieux de catégorie 17 et 18, il convient de considérer les valeurs de frottement axial unitaire des techniques de
pieux les plus proches sur le plan de la technologie.

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FONDATIONS PROFONDES ___________________________________________________________________________________________________________

définies aux paragraphes 3.3, 3.4 et 3.5, est proposée sur la 3.7 Évaluation du frottement négatif
figure 21 (lois non linéaires dites de « Frank et Zhao » [8]).
Ce phénomène est décrit au § 2.1.3. Il est à prendre en compte
Les résultats d’essais de chargement indiquent pour les para- dans le cas d’un pieu isolé ou en groupe soumis à un tassement ver-
mètres kt et kq pour un pieu circulaire de diamètre B : tical de terrains (sous l’effet d’un remblaiement, d’un rabattement
de nappe ou d’une construction voisine fondée superficiellement).
– pieux forés et battus dans des sols fins et roches tendres :

3.7.1 Frottement négatif unitaire limite qsn


Dans les zones de frottement négatif (tassement du sol supé-
– pieux forés et battus dans des sols granulaires : rieur au tassement du pieu), la valeur limite unitaire qsn du frotte-
ment négatif peut être différente du frottement axial limite positif
qs défini aux paragraphes 3.4.2 et 3.5.2 pour le calcul de portance.
La norme NF P 94-262 (AFNOR, 2012) reprend la relation empirique
habituelle permettant d’estimer la valeur qsn à partir de la contrainte
Mentionnons également que des travaux plus récents confir-
verticale effective (dans le sol) au contact avec le pieu :
ment ces valeurs sur une centaine d’essais de pieux tout en cher-
chant à mieux prendre en compte les non-linéarités [9].

En l’état actuel de nos connaissances, cette méthode semble où Ktanδ est un coefficient empirique dépendant du type de sol et
fournir des résultats satisfaisants pour des charges appliquées du mode de mise en œuvre. Ses valeurs sont indiquées dans le
n’excédant pas la charge limite de fluage Rc,cr ou Rt,cr (§ 3.1.2). tableau 12 [10].

Tableau 8 – Valeurs maximales du frottement axial unitaire limite qsmax pour les méthodes
pressiométrique et pénétrométrique
qsmax en kPa
Catégories
de pieux Argiles % Sols Sables Marnes et calcaires Roches altérées
Craies
CaCO3 < 30 % Limons intermédiaires Graves marneux ou fragmentées

1 90 90 90 200 170 200

2 90 90 90 200 170 200

3 50 50 50 50 90 ___
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4 90 90 90 170 170 ___

5 90 90 ___ ___ ___ ___

6 90 90 170 200 200 200

7 130 130 200 170 170 ___

8 50 50 90 90 90 ___

9 130 130 130 90 90 ___

10 170 170 260 200 200 ___

11 90 90 130 260 200 ___

12 90 90 90 50 90 ___

13 90 90 50 50 90 90

14 90 90 130 50 90 90

15 200 200 380 320 320 320

16 90 90 50 50 90 90

17 ___ ___ ___ ___ ___ ___

18 ___ ___ ___ ___ ___ ___

19 200 200 380 320 320 320

20 200 200 440 440 440 500

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____________________________________________________________________________________________________________ FONDATIONS PROFONDES

Un moyen utilisé pour réduire le frottement négatif consiste à toute la couche compressible et les couches la surmontant
enduire les pieux de bitume, du moins dans les sols fins. Dans ce (figure 22) :
cas, le produit Ktanδ est pris égal à 0,05 au maximum.
La contrainte verticale au contact du pieu résulte de méca-
nismes d’interaction complexes sol/pieu et est, en toute rigueur,
inférieure ou égale à la contrainte verticale qui serait obtenue
en l’absence des pieux, tenant compte de l’effet des surcharges
éventuelles selon la relation : avec P périmètre du pieu,

D épaisseur du sol compressible, et

H épaisseur des remblais sus-jacents.


avec contrainte verticale effective au repos (avant
travaux), et Dans l’exemple de la figure 22, où la nappe est au toit de la
couche compressible, en négligeant l’effet d’accrochage, on
Δσ'(z) contrainte provoquant le tassement du sol. obtient pour une surcharge infinie γrH :
En première approche, il est admis de prendre .
En toute rigueur, à cause du phénomène d’accrochage
du sol sur le pieu. Pour plus de détails concernant l’effet d’accro-
chage, on se reportera à l’annexe 1 du présent article établie
d’après les travaux de Combarieu [11].
3.7.3 Approche en déplacement

3.7.2 Approche simplifiée pour l’estimation Une évaluation rationnelle du frottement négatif peut être
du frottement négatif maximal menée à l’aide d’un modèle « en déplacement » dérivé de celui
décrit au § 3.6 pour la prévision du tassement d’un pieu. Ce
À défaut d’une approche plus élaborée, dite « en déplace- modèle est décrit en détail dans la référence [1]. Sa mise en
ment », tenant compte des effets d’interaction sol/pieu (voir œuvre permet d’obtenir directement le frottement négatif « mobi-
§ 3.7.3), on estime une borne supérieure du frottement négatif lisé » (et non mobilisable) ainsi que la hauteur sur laquelle se
comme la résultante du frottement négatif unitaire limite qsn dans développe effectivement ce frottement négatif.

Tableau 9 – Valeur du facteur de portance pénétrométrique kcmax pour un encastrement relatif Def/B ≥ 5

Terrain Argiles
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Sols Sables Marnes et calcaires Roches altérées


% CaCO3 < 30 % Craies
intermédiaires Graves Marneux ou fragmentées
Classes de pieu Limons

1 0,40 0,30 0,20 0,30 0,30 0,30

2 0,45 0,30 0,25 0,30 0,30 0,30

3 0,50 0,50 0,50 0,40 0,35 0,35

4 0,45 0,40 0,40 0,40 0,40 0,40

5 0,35 0,30 0,25 0,15 0,15 0,15

6 0,40 0,40 0,40 0,35 0,20 0,20

7 0,35 0,25 0,15 0,15 0,15 0,15

8 0,45 0,30 0,20 0,30 0,30 0,25

Tableau 10 – Valeur des paramètres a, b et c pour la méthode pénétrométrique (qc et fsol en MPa)
Argiles
Sols Sables Marnes et calcaires Roches altérées
Types de sol % CaCO3 < 30 % Craies
intermédiaires Graves Marneux ou fragmentées
Limons

a 0,0018 0,0015 0,0012 0,0015 0,0015 0,0015

b 0,10 0,10 0,10 0,10 0,10 0,10

c 0,40 0,25 0,15 0,25 0,25 0,25

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4. Pieu isolé sous charge duc-d’Albe ; on applique ensuite un coefficient de sécurité (2 ou 3)


pour avoir la charge applicable en tête.
transversale La pression ultime pu est calculée à partir des caractéristiques
de cisaillement c et φ du sol.
Les développements ci-après concernent le cas d’un pieu verti-
cal. On peut admettre qu’ils restent valables pour un pieu incliné Bien que ces méthodes ne correspondent pas au comporte-
dont la charge a une composante normale à son axe non nulle ment réel d’un pieu sous charge transversale et ne permettent
(inclinaison inférieure à 20o). Le cas particulier des barrettes est pas, par ailleurs, de déterminer les déplacements sous une
examiné au paragraphe 4.3.5. charge en tête donnée, on peut néanmoins avoir besoin d’y
faire appel pour définir une charge limite plus ou moins conven-
tionnelle.
4.1 Théorie classique rigide-plastique Il est à noter que, contrairement aux pieux sous charges axiales,
le sol ne peut être à l’état ultime sur toute la hauteur du pieu
Le calcul classique des pieux sous sollicitations transversales (figure 23).
suppose que le sol est entièrement à l’état de rupture dans les
zones de butée et de contre-butée. On peut ainsi calculer une La méthode qui est proposée dans les paragraphes qui suivent
charge limite en tête T0 = Hu correspondant à des diagrammes de est un calcul en déplacement basé sur la théorie du module de
pression ultime tels que celui représenté sur la figure 23 pour un réaction de Winkler.

Tableau 11 – Valeurs du paramètre αpieu-sol pour la méthode pénétrométrique


Types de sols
Catégories Argiles
de pieux Sols Sables Marnes et calcaires Roches altérées
% CaCO3 < 30 % Craies
intermédiaires Graves marneux ou fragmentées
Limons
1 0,55 0,65 0,70 0,80 1,40 1,50
2 0,65 0,80 1,00 0,80 1,40 1,50
3 0,35 0,40 0,40 0,25 0,85 ___
4 0,65 0,80 1,00 0,75 1,30 ___
5 0,70 0,85 ___ ___ ___ ___
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6 0,75 0,90 1,25 0,95 1,50 1,50


7 0,95 1,15 1,45 0,75 1,60 ___
8 0,30 0,35 0,40 0,45 0,65 ___
9 0,55 0,65 1,00 0,45 0,85 ___
10 1,00 1,20 1,45 0,85 1,50 ___
11 0,60 0,70 1,00 0,95 0,95 ___
12 0,40 0,50 0,85 0,20 0,85 ___
13 0,60 0,70 0,50 0,25 0,95 0,95
14 0,55 0,65 0,70 0,20 0,95 0,85
15 1,35 1,60 2,00 1,10 2,25 2,25
16 0,45 0,55 0,55 0,20 1,25 1,15
17 ___ ___ ___ ___ ___ ___
18 ___ ___ ___ ___ ___ ___
19 1,35 1,60 2,00 1,10 2,25 2,25
20 1,70 2,05 2,65 1,40 2,90 2,90
Pour les pieux de catégories 13, 14, 15 et 16 mis en œuvre par vibrofonçage, au lieu de battage, il y a lieu de faire un abattement de 30 %
sur les valeurs de qs.
Pour les pieux de longueur supérieure à 25 m, le frottement axial unitaire qs est divisé par 2 pour les zones du pieu situées à plus de 25 m
de la pointe.
Pour les micropieux et les pieux de catégories 17 et 18, il convient de considérer les valeurs de frottement axial unitaire des techniques de
pieux les plus proches sur le plan de la technologie.

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200

Argiles-Limons
175
Sols intermédiaires et autres types de sol

150 Sables et Graves

125
fsol (kPa)

100

75

50

25

0
0 5 10 15 20
qc (MPa)

Figure 20 – Courbes fsol pour la méthode pénétrométrique

τ q
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qb
qs
kq/5
kt/5

qs/2 qb/2

kt kq
S Sb
0 0

Figure 21 – Lois t-z non linéaires « Frank et Zhao »

Tableau 12 – Valeurs du coefficient Ktanδ

Pieux forés tubés Pieux forés Pieux battus

Tourbes Sols organiques 0,10 0,15 0,20

Arbiles et limons Mous 0,10 0,15 0,20

Fermes et durs 0,15 0,20 0,30

Sables et graves Très lâches 0,35

Lâches 0,45

Compacts 1,00

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M0
T0
γr H R
N Butée
(P > 0)
fn

z
Contre
γ’ σ’v S1
D -butée
(P < 0)
σ’h
2R

S2

Figure 24 – Pieu mobilisant la réaction transversale du sol


Qb

Figure 22 – Schéma simplifié pour l’estimation du frottement


négatif maximal
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Figure 25 – Courbe de réaction P(y)


Figure 23 – Effort horizontal ultime en tête d’un pieu (cas d’un duc-
d’Albe). Calcul à la rupture

Le module de réaction Es (ou le coefficient de réaction ks) n’est


4.2 Méthode des modules de réaction constant que si l’on fait l’hypothèse d’une réaction du sol linéaire.
Pour les grands déplacements, on atteint une réaction limite appe-
(courbes p -y) lée réaction ultime Pu du sol.

4.2.1 Principe. Définitions 4.2.2 Prise en compte des poussées transversales


Lorsqu’un pieu vertical est sollicité par un effort horizontal T0 et/
Ce cas général est illustré par la figure 26. Le pieu isolé soumis
ou un moment M0 en tête, sa stabilité est assurée que par la
d’une part à des poussées transversales le long de son fût et
mobilisation des efforts de réaction transversale du sol sur le fût
d’autre part à des sollicitations (T0, M0) en tête (en z = 0). Les
du pieu (figure 24).
poussées transversales proviennent du déplacement horizontal du
En un point donné, la réaction du sol P est fonction du déplace- sol mou sous le remblai (§ 2.1.2). En l’absence de pieu, le déplace-
ment y (P est la force répartie sur le pieu ou réaction linéique – en ment du sol, fonction de la cote z, est noté g(z). La fonction g(z)
kN/m ou MN/m – à distinguer de la pression de réaction p – en kPa est appelée « déplacement libre du sol ». Le déplacement du pieu
ou MPa – définie conventionnellement par p = P/B, B étant la lar- y(z) doit s’établir de manière à ce que :
geur frontale ou le diamètre du pieu).
– les pressions de réaction du sol (lorsque y > g) ;
La courbe P(y) est appelée courbe de réaction du sol (figure 25). – les pressions d’entraînement (lorsque y < g) ;
On définit le module de réaction Es (en kPa ou MPa) par la pente : – les efforts en tête M0, T0 ;
– et les efforts en pointe Mp, Tp
s’équilibrent.
Le coefficient de réaction classique ks est donné par ks = p/y, en Par extension de la théorie du module de réaction appliquée
kPa/m ou MPa/m, et l’on a : aux pieux sollicités transversalement en tête, et traversant une
couche de sol dont les déplacements libres sont nuls (§ 4.2.1), on
admet que les efforts sur un pieu soumis à des poussées

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Figure 26 – Déplacement libre du sol g(z) et déplacement y(z) du


pieu
Figure 27 – Pieu mobilisant la réaction transversale du sol :
conventions de signes
transversales du sol sont, à une cote z donnée, fonction de la dif-
férence : Δy = y(z) – g(z) entre le déplacement d’équilibre y et le
déplacement libre du sol g(z) [12]. – lorsqu’il y a lieu, de la fonction g(z) donnant le déplacement
La réaction du sol devient ainsi : libre du sol à tout niveau ; lorsque g(z) = 0, on est dans le cas le
plus usuel du pieu sollicité horizontalement en tête sans poussées
transversales du sol ;

Sur la courbe de la figure 25, il y a lieu, dans ce cas, de rempla- – des conditions aux limites en tête et en pointe du pieu.
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cer y par Δy. Chacun de ces points est examiné en détail dans les para-
Cette approche est également utilisée pour le calcul des efforts graphes 4.3, 4.4 et 4.5.
d’origine cinématique sur les pieux en zone sismique (voir [20]).

4.2.4 Méthode générale de résolution


4.2.3 Équation d’équilibre
Si M est le moment fléchissant du pieu à la cote z, T l’effort 4.2.4.1 Cas du sol homogène, linéaire et sans poussées
tranchant, P la réaction du sol, Ep le module d’Young du pieu et Ip transversales
le moment d’inertie du pieu par rapport à son axe de rotation, les
équations de la flexion des poutres minces (théorie d’Euler- La courbe de réaction est une droite de pente constante Es et
Bernoulli) permettent d’écrire (avec les conventions de signes de indépendante de z. L’équation d’équilibre transversal devient :
la figure 27) :

Il s’agit d’une équation différentielle homogène du 4e ordre


La combinaison de ces trois relations avec celle caractérisant la
sans second membre dont la solution générale yg s’écrit sous la
loi de mobilisation de la réaction du sol conduit à l’équation géné-
forme :
rale suivante :

avec :
avec ai (i=1 à 4) constantes d’intégration déterminées à partir des
Dans le cas général, on a une courbe de réaction qui varie avec conditions aux limites (2 conditions en tête et
le niveau z. Le module du sol Es est donc fonction du niveau z et 2 conditions en pointe) ;
du déplacement y ou de la différence de déplacement Δy : Es (z, y
ou Δy). l0 longueur de transfert (ou « longueur élastique »)
donnée par :
La résolution de l’équation différentielle régissant l’équilibre
transversal du pieu nécessite la connaissance :
– de la fonction Es (z, y ou Δy), c’est-à-dire de la courbe de réac-
tion (P, y ou Δy) à tout niveau z ;

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Notons que pour un pieu de section circulaire pleine de dia-


mètre B :

Pour un pieu de section rectangulaire de largeur frontale B et de


longueur L (direction y) :

La longueur de transfert est une mesure de la rigidité relative


du pieu par rapport au sol. On peut démontrer qu’un pieu apparaît
comme infiniment rigide (ou « court ») par rapport au sol quand
sa longueur de transfert est supérieure à sa longueur (l0 ≥ D). Un
pieu peut être considéré comme souple (ou « long ») par rapport
au sol quand sa longueur de transfert est inférieure à 30 à 50 % de
l’épaisseur du sol (D ≥ 3 l0, voire D ≥ 2 l0). Pour un pieu de section
circulaire, l0 varie entre 2B et 3B. Figure 28 – Courbe de réaction quelconque. Méthode de calcul
itérative
À partir de la solution yg(z), on peut obtenir à tout niveau, en
plus de la flèche (déplacement transversal), la rotation, le moment
fléchissant, l’effort tranchant et la pression du sol. Les solutions
analytiques dans le cas du sol homogène et linéaire, et pour un Ainsi à chaque itération et dans chaque couche (ou élément),
pieu souple ou rigide, sont données en annexe 2 de cet article. l’équilibre du pieu est régi par l’équation suivante :

4.2.4.2 Cas du sol homogène, linéaire et avec poussées


transversales
Les valeurs de et sont ajustées itérativement dans chaque
Pour un pieu fiché dans un sol homogène (Es constant) et sou- couche (ou élément) jusqu’à convergence.
mis à des poussées transversales (g(z) ≠ 0), l’équation d’équilibre
transversal du pieu devient :
4.3 Choix de la courbe de réaction

Il s’agit d’une équation différentielle de 4e ordre avec second


4.3.1 Courbes de réaction type
membre dont la solution s’écrit sous la forme :
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La courbe de réaction est donnée sous la forme d’une fonction


linéaire par morceaux dont les paramètres sont obtenus à partir [10] :
– du module Es ;
où – d’un palier de fluage Pf ;
– d’un palier ultime Pu.
– yp(z) une solution particulière de la présente équation d’équi-
libre ; On distingue quatre situations selon le type de sollicitation :
– yg(z) la solution générale de l’équation différentielle sans – cas où les sollicitations permanentes en tête dominent : on
second membre (§ 4.2.4.1) recommande d’utiliser la courbe de la figure 29a :
Si le déplacement libre du sol g(z) peut être approximé par un •  pente Es = Kf,
polynôme du 3e degré, alors yp(z) = g(z) est une solution particu- •  P limité au palier de fluage Pf ;
lière de l’équation d’équilibre et sa solution peut ainsi s’écrire :
– cas où les sollicitations dues aux poussées transversales du sol
dominent : la réaction du sol est de caractère « actif » et la sécurité
est mieux assurée avec la possibilité d’atteindre le palier de rup-
ture Pu (figure 29b). Les pentes sont alors :
4.2.4.3 Cas du sol non homogène et d’une loi de réaction
quelconque •  Es = Kf jusqu’au palier de fluage,
•  Kf/2 entre les paliers de fluage Pf et ultime Pu,
Dans le cas général d’un pieu fiché dans des couches de sol de
comportement non-linéaire quelconque, l’équation d’équilibre •  Pente nulle au-delà ;
transversal du pieu peut être résolue par la méthode des éléments – cas où les sollicitations de courte durée en tête dominent
finis (voir, par exemple, la référence [13]) ou des matrices-trans- (efforts de freinage, par exemple) : on recommande d’utiliser la
ferts permettant d’utiliser la solution analytique dans chaque courbe de la figure 29c :
couche homogène du système sol-pieu (voir, par exemple, réfé-
•  on double le module, soit Es = 2Kf,
rence [14]).
•  P est limité au palier de fluage Pf ;
Dans tous les cas, la prise en compte de la non-linéarité de la
réaction du sol requiert la mise en œuvre d’un processus itératif – cas où les sollicitations accidentelles très brèves en tête
où, à chaque itération i, la courbe de réaction est linéarisée sous dominent : on prend une courbe à trois pentes comme le montre la
la forme suivante (méthode de rigidité tangente, figure 28) [14] : figure 29d :
•  pente Es = 2Kf jusqu’au palier de fluage,
•  pente Kf entre les paliers de fluage Pf et ultime Pu,
où désigne le module tangent au point yi (ou Δyi). •  pente nulle au-delà ;

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4.3.2 Cas de l’essai pressiométrique Ménard


Les paliers de fluage et ultime sont directement liés aux pres-
sions de fluage nettes et aux pressions limites nettes mesu-
P P rées par l’essai pressiométrique :
Pf Pf

Kf 2Kf Le module Kf est calculé à partir du module pressiométrique EM


et du coefficient rhéologique α (tableau 13 d’après [15]) par les
0 y ou Δy 0 y ou Δy relations :

a sollicitations permanentes c sollicitations de courte durée


en tête dominantes en tête dominantes
où B0 est un diamètre de référence pris égal à 0,60 m.
Cette relation est issue de la formule de tassement pressiomé-
P P trique pour les fondations filantes (voir [1]).
Pu Pu

Kf/2 Kf
Pf
4.3.3 Cas de l’essai CPT
Pf
2Kf La norme NF P 94-262 (AFNOR, 2012) propose les corrélations
Kf suivantes pour définir la courbe de réaction à partir de la résis-
tance de cône qc mesurée à l’essai CPT :
0 Δy 0 y ou Δy

b poussées latérales d sollicitations accidentelles


du sol dominantes très brèves en tête
dominantes Les valeurs de β, β1 et β2 sont fournies dans le tableau 14.

4.3.4 Paramètres de cisaillement du sol

Figure 29 – Courbes de réaction d’un pieu isolé sous charges Les études théoriques de pieux sous charges transversales par
transversales la méthode des éléments finis, en milieu élastique linéaire
isotrope et homogène, montrent qu’à toutes fins pratiques on
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Tableau 13 – Coefficient rhéologique α

Tourbes Argiles Limons Sables Sables et graviers Roches


Types Types
α EM/pl α EM/pl α EM/pl α EM/pl α α

Surconsolidé > 16 1 > 14 2/3 > 12 1/2 > 10 1/3 Très peu 2/3
ou très serré fracturé

Normalement 1 9 à 16 2/3 8 à 14 1/2 7 à 12 1/3 6 à 10 1/4 Normal 1/2


consolidé
ou normalement serré

Sous-consolidé altéré 7à9 1/2 5à8 1/2 5à7 1/3 Très 1/3
et remanié ou lâche fracturé

Très 2/3
altéré

Tableau 14 – Valeurs des coefficients β, β1 et β2 (NF P 94-262)

Types de sol Sols argileux Sols intermédiaires Sols sableux Craies et Marnes

β 12 7,5 4,5 4,5

β1 5 10 13 13

β2 3,5 6 8 8

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FONDATIONS PROFONDES ___________________________________________________________________________________________________________

front. tang.
P, P, P L L
front. tang.
P =P, + P

B B

tang. front.
P P
P .B B/2 Ls B/2 B/2 Ls B/2
l

front.
P Figure 31 – Longueur et largeur de barrette à prendre en compte
P .B A’
f
Es
front. front. La courbe de réaction de la barrette est alors [16] :
Es P
1 tang.
1 P
tang. A
P
max La courbe de réaction étant établie, le calcul des efforts et des
tang. tang. déplacements sur une barrette sollicitée par des charges transver-
Es P
sales se fait par la méthode donnée pour les pieux.
1
Pour la courbe de réaction frontale Pfront., on prend les mêmes
0 y ou Δy règles que pour les pieux circulaires ou carrés (§ 4.3.1). La largeur
frontale B du pieu est remplacée par la largeur frontale B de la
section pleine de la barrette (figure 31 [10]).
Figure 30 – Courbes de réaction pour une barrette Pour la courbe de réaction tangentielle Ptang. : on prend une
fonction linéaire par morceaux de la forme de la figure 30. Pour
des valeurs de L/B comprises entre 1/5 et 5, la pente est
peut retenir la relation suivante entre le module de réaction Es et approximativement égale au module de réaction pris pour
le module de cisaillement G [14] : la réaction frontale. La réaction ultime est calculée à partir
du frottement axial unitaire qs au niveau considéré sur les deux
faces de longueur L-B :

On peut noter que l’identification de la courbe d’expansion au


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pressiomètre autoforeur PAF à la courbe de réaction revient à


La valeur de qs au niveau considéré est prise égale à celle des
écrire que :
pieux forés à la boue (§ 3.4.2 et § 3.5.2).

4.3.6 Modifications pour la proximité d’un talus


où Gp est le module de cisaillement tangent initial G0 ou sécant ou près de la surface
(Gp2, Gp5, etc.) déterminé sur la courbe d’expansion au même
niveau de déformation. Le module tangent initial G0 est mesuré On définit une profondeur critique zc au-delà de laquelle la
au pressiomètre autoforeur pour une déformation courbe de réaction reste constante dans un sol homogène, l’effet
de la surface ne se faisant plus sentir. Les résultats expérimentaux
disponibles montrent que cette profondeur critique peut être prise
égale à :
La construction des courbes de réaction (figure 29) peut alors
être obtenue en appliquant : – zc = 2 B pour les sols cohérents,
– zc = 4 B pour les sols frottants (B étant le diamètre du pieu).
– pour les charges de longue durée Es = Kf = 2G0 ;
– pour les charges de courte durée Es = 2Kf = 4G0 Les courbes de réaction des figures 29 sont modifiées [10] :
– d’une part, pour tenir compte de la proximité d’un talus : les
Dans les sols cohérents à court terme, le palier ultime Pu de la valeurs des paliers (valeurs limites des réactions frontale et
figure 29 peut être défini à partir de la cohésion non drainée cu : tangentielle) sont réduites lorsque la section de la fondation consi-
dérée est à une distance du talus inférieure à 5 B (les modules de
réaction sont inchangés) ;
– d’autre part, pour tenir compte de la proximité de la surface du
4.3.5 Cas particulier des barrettes sol : lorsque la profondeur z de la section est inférieure à la profon-
deur critique zc, les courbes de réaction obtenues précédemment –
On considère le cas d’une barrette de section monolithique rec-  après avoir éventuellement tenu compte de la proximité du talus –
tangulaire de largeur frontale B et de longueur L > B. La courbe de sont modifiées par une affinité :
réaction globale (P, Δy) est décomposée, à un niveau donné, en • d’axe Δy,
deux courbes (figure 30) :
• de direction P,
– une courbe de réaction frontale (avant et arrière) : (Pfront., y ou
Δy) ; • de rapport 0,5 (1 + z/zc).
– une courbe de réaction tangentielle (faces de la barrette paral- Ces modifications ne sont pas prises en compte pour une fon-
lèles au déplacement) : (Ptang., y ou Δy). dation soumise à des poussées transversales.

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4.4 Estimation du déplacement libre –  : paramètre géométrique caractérisant à la fois la


du sol g (z)
position du pieu par rapport à la crête du remblai et la pente du
talus. On se limitera au cas où . Pour le pieu situé entre
4.4.1 Définitions
l’axe du remblai et la crête du talus , on fera une interpo-
Dans le cadre du modèle exposé au § 4.2.2, le déplacement lation linéaire sur les efforts et les déplacements entre le pieu à
libre du sol g(z) correspond par convention au déplacement l’aplomb de la crête et le pieu dans l’axe pour lequel
transversal du sol qui serait obtenu au droit du pieu, en l’absence efforts et déplacements sont nuls ;
de celui-ci.
Ce déplacement peut être estimé par les solutions en élasticité –  : paramètre adimensionnel caractérisant la résis-
dans le cas où le comportement du terrain peut être considéré
comme élastique ([17] et [18]). Il peut également être estimé en tance non drainée du sol par rapport au niveau de charge exercée
ayant recours à des modèles numériques 2D ou 3D sans prise en par le remblai (qu’il ne faut pas confondre avec le coefficient de
compte des pieux, avec des lois de comportement aptes à rendre sécurité F au grand glissement issu d’une analyse par la méthode
compte du comportement non-drainé ou drainé des terrains en des tranches, par exemple).
place et des effets de plasticité éventuels (notamment pour des
problèmes de remblai sur sol compressible où les niveaux de
sécurité sont faibles en comparaison de ceux requis pour une fon- 4.4.2 Choix de la déformée adimensionnelle G (Z)
dation superficielle).
Les observations faites sur un grand nombre de cas réels ont
Une méthode empirique est proposée pour évaluer la fonction
permis de mettre en évidence que la déformée adimensionnelle
g(z) à court et à long terme pour des fondations situées à proxi-
G(Z) en pied de remblai est invariable en fonction du temps et
mité du pied d’un remblai sur sols mous [10]. Elle résulte de
qu’elle correspond généralement à l’une des deux courbes de la
nombreuses mesures de déplacements effectuées en France
figure 33.
dans les années 1970-1980, sur une quinzaine de sites différents
[12]. En l’absence de mesures sur le site étudié, donc en particulier
Dans le cadre de cette méthode, le déplacement libre du sol est au niveau de l’étude préliminaire, il est nécessaire de faire un
défini comme le produit de deux termes : choix sur la forme de G(Z). On choisit, en général, quelle que soit
la position du pieu par rapport au pied du remblai, en l’état actuel
des connaissances, l’une des deux courbes de la figure 33 [10].

avec (figure 32) [12] : Au contraire, si les remblais sont construits à l’avance et si le


dimensionnement des pieux peut être effectué après l’édification
D épaisseur de la couche compressible ; des remblais, on utilise les résultats de mesures en place pour
gmax déplacement horizontal maximal du sol dont la déterminer la forme de G(Z).
valeur dépend, d’une part de la position relative
du pieu par rapport au remblai et, d’autre part du On utilise la courbe I dans le cas général et la courbe II lorsqu’il
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planning prévu pour les travaux (§ 4.4.3 et existe en surface une couche moins déformable (couche surcons-
§ 4.4.4) ; olidée, par exemple) sur une hauteur d’au moins 0,3 D.

G(Z) déformée adimensionnelle supposée Les équations de ces deux déformées types sont les suivantes :
indépendante du temps et de la position du pieu
– courbe I : G = 1,83 Z3 – 4,69 Z2 + 2,13 Z + 0,73 ;
(§ 4.4.2).
– courbe II : G = –2,0 Z3 + 1,5 Z + 0,5.
La méthode proposée fait appel aux paramètres suivants :
– : cohésion non drainée moyenne sur la hauteur de la couche
compressible, mesurée au scissomètre de chantier ou, à défaut,
déterminée à partir de corrélations avec d’autres essais place, ou
bien mesurée en laboratoire ;

Figure 32 – Définition des paramètres utilisés pour la prévision Figure 33 – Déplacement libre du sol : déformées adimensionnelles
de la déformation libre du sol par la méthode empirique G(Z) types

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FONDATIONS PROFONDES ___________________________________________________________________________________________________________

4.4.3 Détermination de gmax. Pieux réalisés valables que dans l’hypothèse d’une construction rapide du rem-
avant l’édification du remblai blai par rapport à la vitesse de consolidation du sol.
Le déplacement horizontal maximal différé est relié au
Bien qu’il soit conseillé d’édifier le remblai avant la réalisation tassement dans l’axe du remblai s(t) par la relation :
des pieux et de l’ouvrage, des impératifs de chantier peuvent
nécessiter quelquefois la construction des pieux en premier. Dans
ce cas, le déplacement horizontal maximal du sol à l’instant t com-
prend deux termes : qui s’écrit en particulier pour t → ∞ :

avec gmax,0 déplacement horizontal maximal en fin de avec Δs(t) tassement différé du remblai à l’instant t,
construction,
s(t) tassement total à l’instant t dans l’axe du remblai
Δgmax(t) variation du déplacement horizontal maximal et, s’il s’agit de l’extrémité du remblai, à une
entre la fin de la construction du remblai (t = 0) et distance de cette extrémité au moins égale à la
l’instant t. demi-largeur du remblai,
La valeur du déplacement horizontal maximal en fin de s(∞)
construction gmax,0 peut être estimée au moyen de l’abaque de la tassement
figure 34 [10]. Pour les valeurs de m et f données, on détermine : total pour
t → ∞, correspondant à la stabilisation des tassements
et des déformations horizontales,
Cet abaque a été établi à partir de nombreuses observations sur s(0) tassement total à la fin de la construction du
des chantiers. Les courbes paramétrées par les valeurs de m sont remblai,
des enveloppes correspondant aux déplacements maximaux Γ coefficient empirique fonction de la position
observés. Les valeurs de gmax,0 déterminées au moyen de cet aba- relative du pieu par rapport au remblai.
que sont donc, généralement, des valeurs par excès. L’abaque n’a
de sens que pour f compris entre 1,4 et 4,0, et pour un coefficient La valeur de Γ a été déterminée à partir de mesures sur sites.
de sécurité au grand glissement F ≥ 1,2 à 1,3. Les résultats ne sont Ces mesures montrent qu’elle dépend :
– de la pente du talus tanβ ;
– de la position du pieu par rapport au pied du talus (ou m).
Pour les pentes des talus comprises entre 2H/1V et 3H/2V, on
peut retenir la valeur suivante :
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En crête de talus, il semblerait que la valeur de Γ soit supé-


rieure, de l’ordre de 0,25 (et décroisse ensuite jusqu’à 0 dans l’axe
du remblai).
En pied de talus, pour les pentes inférieures à 2H/1V, la valeur
de Γ diminue. Elle diminue également lorsque l’on s’éloigne du
pied de talus vers l’extérieur. Par exemple pour un talus de pente
3H/2V, on a mesuré des valeurs de Γ de l’ordre de 0,05 ; 0,035 et
0,02 pour respectivement égal à 0,36 (m = 3,8), 0,24 (m = 5,6)
et 0,20 (m = 6,7).
Pour le calcul prévisionnel, on voit donc que Δs(t) correspond au
tassement différé après la fin de la construction du remblai. Si
celle-ci est rapide et permet de négliger la consolidation pouvant
se développer pendant la phase de construction, on a :

avec sc(t) tassement de consolidation,


sα(t) tassement de fluage.
Les termes sc et sα sont calculés par les méthodes habituelles
de calcul des tassements des sols mous sous remblais comme la
méthode dite « oedométrique » (voir, par exemple, [1]).
La différence entre Δs(t) calculé (unidimensionnel) et Δs(t) réel
(mesuré) est d’autant plus grande que le remblai est peu large vis-
à-vis de l’épaisseur de sol compressible. En se basant sur certains
résultats expérimentaux, on pourra majorer la valeur de Δs(t) cal-
culée, de (L étant la largeur du remblai à mi-hauteur) :
– 20 % pour D/L > 0,60 ;
Figure 34 – Abaque de détermination du déplacement horizontal – 10 % pour D/L = 0,40 ;
maximal en fonction de m et f – 0 pour D/L = 0,25.

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4.4.4 Détermination de gmax. Pieux réalisés Les conditions possibles sont celles indiquées ci-après. Les
après l’édification du remblai valeurs, ou les relations imposées, dépendant des liaisons entre
les pieux et la structure qui les surmonte :
Si les pieux sont réalisés au temps t après la fin de la construc- – liaisons rigides à un chevêtre : quatre combinaisons possibles :
tion du remblai, le déplacement horizontal maximal différé à •  T(0) = T0 M(0) = M0,
prendre en compte dans le calcul des efforts horizontaux entre
l’instant t et lorsque t tend vers l’infini est égal à : •  T(0) = T0 ,
•  y(0) = y0 M(0) = M0,
•  y(0) = y0  ;
La détermination de ces deux termes peut être faite de deux – cas particulier d’un pieu articulé en tête : deux combinaisons
façons : possibles :
– au moyen du calcul prévisionnel : les indications du § 4.4.3 •  T(0) = T0 M(0) = 0,
s’appliquent et permettent d’estimer Δgmax(∞) et Δgmax(t) respecti-
vement en fonction du tassement différé total Δs(∞) et du tasse- •  y(0) = y0 M(0) = 0 ;
ment différé à l’instant t, Δs(t) ; – cas particulier d’un pieu encastré dans un chevêtre en transla-
– au moyen de mesures en place : outre la détermination de G(Z) tion :
(cf. § 4.4.2), les mesures en place permettent de préciser : •  T(0) = T0 ,
•  la valeur de Γ = Δgmax(t)/Δs(t) dont la constance a été bien •  y(0) = y0  ;
établie expérimentalement ;
– cas particulier d’un pieu encastré dans un chevêtre en rotation :
•  la valeur du tassement final Δs(∞) et par conséquent le tasse-
ment résiduel à l’instant t. •  y(0) = 0 M(0) = M0,
•  y(0) = 0  ;
L’analyse des mesures de tassement et de dissipation des sur-
pressions interstitielles pendant un certain laps de temps permet, – liaisons élastiques entre la tête du pieu et la structure :
en général, d’obtenir des estimations satisfaisantes du tassement •  condition de type A : ,
final. La méthode d’estimation du tassement final d’Asaoka peut
être recommandée dans tous les cas de consolidation unidimen- •  condition de type B : .
sionnelle ou radiale de massifs de sol homogène. Le principe de On peut utiliser :
cette méthode est rappelé sur le graphique de la figure 35. – les conditions de type A et B ;
On reporte sur un graphique le tassement sj en fonction du tas- – la condition de type A avec ou M(0) = M0 ;
sement sj–1 correspondant respectivement aux temps tj et tj–1 tels – la condition de type B avec y(0) = y0 ou T(0) = T0.
que tj – tj–1 = Δt = Cte. Si le comportement observé obéit à la théo-
rie de consolidation, alors ces points expérimentaux devraient en
toute rigueur s’aligner le long d’une droite dont la pente est fonc-
4.5.2 Conditions en pointe
tion du coefficient de consolidation verticale cv (ou radiale cr) et Pour les pieux souples (ou longs), c’est-à-dire les pieux pour
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dont l’intersection avec la bissectrice sj = sj–1 donne le tassement lesquels la longueur du pieu est supérieure ou égale à trois fois la
final. longueur de transfert l0 (§ 4.2.4.1), les conditions en pointe
affectent peu le comportement du pieu lorsqu’il n’existe que des
chargements en tête. Dans le cas où l’on a des poussées transver-
4.5 Conditions aux limites sales du sol (déplacements libres g(z)) jusqu’au voisinage de la
pointe, il est, en revanche, indispensable de prendre en compte
les conditions en pointe. Pour les pieux rigides (longueur du pieu
4.5.1 Conditions en tête inférieure à l0), les conditions en pointe influencent, de toutes
façons, toute la longueur du pieu, et ceci quelles que soient les
En tête du pieu (z = 0), on impose à deux des quatre paramètres conditions de chargement.
y(0), , T(0) et M(0) (respectivement déplacement, rotation,
effort tranchant et moment fléchissant en tête) des valeurs Les conditions en pointe peuvent être imposées de façon « idéa-
connues y0, , T0 et M0 ou des relations (linéaires ou affines) lisée » selon l’une des trois conditions suivantes :
entre ces paramètres. – pieu libre en pointe T(D) = Tb = 0 et M(D) = Mb = 0 ;
– pieu parfaitement encastré en pointe y(D) = yb = 0 et
 ;
– pieu articulé en pointe y(D) = yb = 0 et M(D) = Mb = 0.
Il peut également être intéressant de tenir compte des lois de
mobilisation des efforts en pointe Tb et Mb, en fonction des diffé-
rences de déplacement et de rotation (y-g) et en pointe. Ces
lois font intervenir l’effort tranchant Tmax et le moment fléchissant
Mmax mobilisables en pointe (figure 36) [12]. Les valeurs de Tmax
et Mmax peuvent être estimées de la façon suivante :
– Tmax = cuAb pour un sol cohérent de cohésion non drainée cu ;
– pour un sol frottant d’angle  ;
– Mmax = 2(qb – Fb/Ab)Ib/B.
avec B diamètre du pieu,
Ab aire de la pointe du pieu,
Ib moment d’inertie de la section droite de la pointe,
Figure 35 – Détermination du tassement final par la méthode
Fb charge axiale (verticale) agissant sur la pointe,
d’Asaoka qb résistance unitaire en pointe (§ 3.4.1 et § 3.5.1).

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Tb

Tmax

– 0,01 B
2 Fb
0 0,01 B y–g
2

–Tmax

Tmax = cuAb

ou Tmax = Fbtanφ’

Mb

Mmax

0,001
– 0,001 0 y’–g’ b

– Mmax
(σv,)moy = Fb/Ab
σv
(σv,)max = qb

Figure 36 – Mobilisation des efforts de pointe en fonction du déplacement

On peut aussi, par simplification, ajouter au pieu une longueur


fictive prise égale à B dans le cas de poussées transversales dans
la couche et égale à 0,3B dans le cas d’efforts en tête, et imposer
à la pointe fictive des efforts nuls (Tb = Mb = 0).
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Dans tous les cas, il est recommandé de modéliser le pieu sur toute
sa longueur, y compris dans un substratum éventuel et d’appliquer
une méthode de calcul analogue à celle décrite au paragraphe 4.2.4.3
en prenant en compte les conditions aux limites décrites ci-dessus.

4.6 Essai sous chargement transversal


Afin de déterminer certains paramètres utiles pour optimiser
les fondations profondes d’un projet du point de vue des charges
transversales (déplacement horizontal en tête et moment maxi-
mal dans le pieu, notamment) et si l’ampleur du projet le justifie,
un ou plusieurs essais de chargement transversal peuvent être
réalisés.
Le principe d’un essai de chargement de pieu sous chargement
transversal est toutefois plus compliqué que celui d’un essai de
chargement sous charge axiale (AFNOR, 1993). Différents types de
résultats peuvent être obtenus :
– la courbe reliant la charge appliquée (et éventuellement le
moment si le pieu présente une longueur libre au-dessus du ter-
rain) et le déplacement horizontal en tête de pieu ;
– la distribution des moments avec la profondeur et le niveau de
chargement ;
les courbes p-y expérimentales en fonction de la profondeur :
elles traduisent la mobilisation de la réaction du terrain au cours
de l’essai.
Les différents capteurs permettant d’accéder à ces résultats sont
présentés sur la figure 37. Les extensomètres permettent de mesu-
rer les déformations de compression et de traction respectivement
sur les fibres comprimées et tendues du pieu, puis d’en déduire la
distribution du moment fléchissant en fonction de la profondeur. Figure 37 – Schéma de principe de réalisation d’un essai de pieu
soumis à chargement transversal
La double intégration des moments permet d’accéder

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au déplacement horizontal du pieu avec la profondeur. La double 5.1 Comportement axial


dérivation des moments permet d’accéder aux réactions linéiques
mobilisées (P = –dT/dz = –d2M/dz2).
Il est ainsi possible de construire les courbes p-y expérimen- 5.1.1 Capacité portante d’un groupe de pieux
tales. La double dérivation exige un nombre très important de La capacité portante d’un groupe de pieux est en général diffé-
mesures (au moins une vingtaine de mesures sur la longueur d’un
rente de la somme des capacités portantes de chaque pieu consti-
pieu). Le calcul des déplacements horizontaux en fonction de la
profondeur est aussi possible en intégrant les rotations du pieu tuant ce groupe.
mesurées au moyen d’un inclinomètre placé dans l’axe du pieu. En France, la vérification de la portance d’un groupe de pieux
Le programme de chargement doit comprendre suffisamment est demandée quand l’entraxe entre chaque pieu est inférieur à
de paliers (en général 8) et il convient de ne pas dépasser la limite 3 diamètres (pour les tassements, la vérification est à mener
élastique du matériau constituant le pieu. Pour certains projets, les jusqu’à des entraxes de 8 diamètres). Deux approches sont alors
essais peuvent être réalisés avec des chargements cycliques. utilisées pour la justification de la portance d’un groupe de pieux.
La première approche est liée au comportement individuel de
chaque pieu au sein du groupe. Seule la résistance par frottement
Rs des pieux est réduite. Un coefficient d’efficacité Ce quantifie
5. Comportement cette réduction pour un entraxe inférieur à 3 diamètres (AFNOR,
2012) :
des groupes de pieux
Le pieu qui fait partie d’un groupe a un comportement différent
de celui du pieu isolé examiné dans les paragraphes précédents. avec B diamètre d’un pieu,
Les modifications dont il y a lieu de tenir compte concernent :
S entraxe,
– la force portante, sous sollicitations axiales ;
m et n nombre de lignes et de colonnes du groupe.
– le tassement ;
– le frottement négatif ; La résistance du groupe de pieux est alors :
– le comportement transversal et les poussées transversales du
sol.
Deux causes différentes sont à l’origine de ces effets de avec N = n × m nombre de pieux dans le groupe.
groupe : La seconde approche consiste à assimiler le fonctionnement du
– la mise en place d’un ensemble de pieux crée un remaniement groupe de pieux à celui d’une fondation massive fictive incluant
du sol qui est différent de celui qui est produit par la mise en place l’ensemble des pieux et le sol qu’ils enserrent. Le périmètre P de
d’un pieu isolé, dont le comportement sert de référence. La réac- la fondation fictive est égal à celui du groupe. Sa longueur L est
tion du sol, sous et autour du pieu, est modifiée. Ainsi, lors de la égale à la longueur des pieux (figure 38).
mise en place de pieux battus dans des sables lâches, au cours du La résistance en pointe Rb est prise comme la somme des résis-
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battage, la densité du sol augmente ainsi que ses propriétés méca- tances de pointe des pieux isolés. En ce qui concerne la résistance
niques et il n’est pas rare de ne pas pouvoir mettre en place les par frottement Rs sur cette fondation fictive, les résultats de deux
derniers pieux d’un groupe ; calculs sont à comparer :
– la charge appliquée sur un pieu a une influence, en termes – ceux issus d’un calcul utilisant les méthodes pressiométrique
d’efforts et de déplacements, sur le comportement des pieux ou pénétrométrique (§ 3.4.2 et § 3.5.2) sur le périmètre P et la lon-
voisins. Cette influence provient de l’interaction entre les différents gueur L ;
pieux : à chaque pieu correspond un volume de terrain plus ou – ceux utilisant les propriétés de résistance au cisaillement du
moins important qui équilibre les efforts appliqués sur ce pieu. Au sol, avec les mêmes dimensions.
sein d’un groupe, ces volumes interagissent. La raideur apparente
de chaque pieu est alors différente et la raideur globale du groupe
est inférieure à la somme des raideurs de chaque pieu isolé. Cette
constatation fait que l’évaluation du tassement d’un groupe de pieu
est plus importante que celle d’un pieu isolé. Les effets de groupe Rc
ont beaucoup plus d’importance sur l’évaluation des tassements
que sur l’évaluation de la portance. Chaque pieu d’un groupe, selon
sa position, n’est pas soumis au même chargement. Ces interac- P
tions peuvent être chiffrées par des méthodes numériques telles que
la méthode des éléments finis ou hybrides (voir, par exemple, [1]).
Toutefois, l’application courante de telles méthodes se heurte à b
un certain nombre de difficultés :
D
– les lois de comportement du sol sont souvent mal connues ; Rs a
– l’aspect tridimensionnel du problème est difficile à prendre en
compte ;
– l’état initial du sol après mise en place des pieux est difficile,
voire impossible, à appréhender.
On propose, aux paragraphes 5.1 et 5.2, des méthodes théo-
riques ou empiriques respectivement pour les chargements
Rb
axiaux et transversaux.
Dans les paragraphes 5.3 et 5.4, on traite la répartition des
efforts axiaux et transversaux sur un groupe de pieux (à partir Figure 38 – Fondation massive fictive équivalente à un groupe
d’hypothèses simplificatrices, puis de lois de réaction). de pieux

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5.1.2 Résistance à la traction d’un groupe


de pieux
La résistance à la traction d’un groupe de pieux intervient
notamment pour le dimensionnement de radier de nombreuses
structures enterrées soumises à des pressions d’eau : parking sou-
terrain, bassin d’orage, station de métro, etc.
La norme NF P 94-262 propose une vérification qui combine
rupture individuelle et rupture du massif d’ancrage (voir [1]).

5.1.3 Tassement d’un groupe de pieux.


Méthode élastique
Le sol est supposé avoir un comportement élastique et la
semelle de liaison ne charge pas le sol. Pour un groupe de deux
pieux identiques, chargés identiquement et reliés par une semelle
rigide, le tassement sgroupe du groupe s’exprime par :

où s0 désigne le tassement du pieu isolé (pouvant être calculé pré-


alablement selon les formalismes décrits en § 3.6).
α est un facteur d’influence qui dépend [19] :
– de la position de la base des pieux (en distinguant le cas de
pieux flottants dans un sol homogène d’épaisseur h, de celui de
pieux ancrés dans un substratum) ;
– de la rigidité relative pieu-sol : K = Ep/E, Ep et E étant respecti-
vement les modules d’élasticité des pieux de section supposée
pleine et du sol ;
– du rapport B/S entre le diamètre et l’entraxe des pieux ;
– de la longueur du pieu D (rapports D/B et h/D) ;
– du coefficient de Poisson ν du sol.
Des abaques ont été établis pour la détermination de α [19]. La
figure 39 [19] donne un exemple d’abaque αF dans le cas de pieux
flottants dans une couche homogène semi-infinie (h = ∞) et un
exemple d’abaque αE dans le cas de pieux reposant sur un subs-
tratum rigide.
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Les cas suivants ont été également traités :


– épaisseur h finie ;
Figure 39 – Coefficients d’influence αF et αE
– pieu à base élargie ;
– module d’élasticité du sol variant linéairement avec la profon-
deur ;
– glissement à l’interface sol-pieu ; – les pieux sont soumis à la même charge en tête F0. Le tassement
– couche porteuse (substratum) compressible. du pieu isolé est noté s0. Les effets de groupe influencent alors la dis-
tribution des tassements d’un pieu à l’autre. Le tassement du pieu
Si les deux pieux, 1 et 2, sont différents, alors le tassement du « k » dépend alors de son emplacement et s’exprime selon la relation :
pieu 1, par exemple, s’exprime par :

où s1,0 et s2,0 désignent les tassements des pieux 1 et 2 en


l’absence de toute interaction (calcul de pieu isolé). α12 représente
le coefficient d’influence du pieu 2 sur le pieu 1 (à calculer avec la – les pieux sont reliés en tête par un chevêtre rigide ayant un
longueur et le diamètre du pieu 2). tassement uniforme sg et supportant une charge totale Fg. Les
effets de groupe influencent alors la distribution des charges d’un
Dans le cas d’un groupe quelconque de N pieux, on admet que
pieu à l’autre. La charge reprise par le pieu « k » dépend alors de
l’on peut superposer les différents facteurs d’interaction. Ainsi le
son emplacement et s’obtient par la résolution d’un système de
tassement du pieu k s’exprime par :
(N + 1) équations (dans lequel les inconnues sont Fj=1,N et sg) :

où K0 désigne la raideur axiale en tête du pieu isolé [20]


où sj,0 désigne le tassement du pieu j en l’absence d’effet de
groupe (calcul du pieu isolé). Le facteur αkj représente le coeffi-
cient d’influence du pieu j sur le pieu k (à calculer avec la lon- 5.1.4 Tassement d’un groupe de pieux.
gueur et le diamètre du pieu j) et αkk = 1. Méthode empirique de Terzaghi
Considérons le cas particulier de N pieux identiques. On illustre Terzaghi a proposé la méthode suivante pour prévoir le tasse-
l’utilisation pratique de l’approche décrite précédemment dans les ment d’un groupe de pieux flottants, dans l’argile [21]. On consi-
deux cas suivants : dère une semelle fictive située aux 2/3 de la longueur des pieux et

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Plusieurs méthodes sont proposées : des méthodes empiriques


et la méthode théorique de Poulos et Davis [19], basée sur l’hypo-
thèse de comportement élastique du sol.
F

5.2.1 Méthodes empiriques


Davisson a proposé une réduction de 75 % sur le module de
réaction Es (Es,g = 0,25 Es) pour un entraxe de 3 diamètres dans le
sens des efforts horizontaux, et une réduction nulle pour un
entraxe de 8 diamètres, avec interpolation linéaire pour les
2D
3 entraxes intermédiaires [22]. Ces propositions seraient valables
F + Gsn dès que l’entraxe dans la direction perpendiculaire aux efforts
D horizontaux serait supérieur à 2,5 diamètres. Elles peuvent
F A paraître pessimistes. On ne les cumule alors pas avec les réduc-
tions dues à la proximité d’un talus ou près de la surface (§ 4.3.6).
La norme NF P 94-262 (AFNOR, 2012) admet que les courbes de
réaction d’une fondation isolée (§ 4.3) s’appliquent pour les
2 groupes dont l’entraxe S est supérieur à 3 diamètres (pour les
pieux circulaires). Si l’une ou l’autre de ces conditions n’est pas
1 remplie (ou les deux), des règles de réduction sont appliquées.

S
5.2.2 Méthode théorique (élastique)
A argile
Le sol entre les pieux est supposé avoir un comportement élas-
F position de la semelle fictive
tique linéaire [19].
S substratum
Pour un groupe de deux pieux identiques, et identiquement
chargés (figure 41), le déplacement horizontal yg et la rotation
de la tête du pieu sont donnés à partir du déplacement y0 et de la
Figure 40 – Calcul du tassement d’un groupe de pieux flottants rotation du pieu isolé par :
par la méthode de Terzaghi

qui supporte la charge F appliquée à la semelle de liaison aug-


mentée éventuellement, en fonction du cas de charge envisagé,
du frottement négatif Gsn sur les pieux (figure 40). avec αy et facteurs d’interaction.
On distingue cinq facteurs d’interaction :
On calcule le tassement de cette semelle en prenant une répar-
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tition des contraintes en profondeur à 1 pour 2. – pour le déplacement y :


•  αyH : facteur d’interaction pour le déplacement d’un pieu
Le calcul du tassement se fait selon les méthodes propres aux
libre en tête dû à la charge horizontale H,
fondations superficielles (voir [1]).
•  αyM : facteur d’interaction pour le déplacement d’un pieu
Dans le cas des sables, les tassements sont en général faibles et libre en tête dû au moment M,
rapides, et ne posent guère de problème. Toutefois, dans le cas de
pieux flottants dans un sable lâche, on pourra appliquer cette •  αyE : facteur d’interaction pour le déplacement dans le cas du
approche avec la méthode élastique. pieu encastré  ;

Par ailleurs, si l’on craint un tassement sous la pointe de pieux


encastrés dans un sol plus résistant, on peut étudier le tassement
du sol sous la pointe en plaçant la semelle fictive au niveau de la
pointe.

5.1.5 Groupe de pieux soumis aux effets


d’un frottement négatif
Les effets d’accrochage éventuels, plus notables dans le cas
d’un groupe de pieux, peuvent être pris en compte dans l’estima-
tion du frottement négatif unitaire limite qsn selon les dispositions
de l’annexe 1 [11].
La résultante de qsn, comptabilisée sur toute la hauteur de la
couche compressible et des couches qui la surmontent, constitue
la valeur maximale du frottement négatif sur le groupe de pieux.

5.2 Comportement transversal


On ne dispose guère d’études systématiques et précises sur les
modifications de la réaction transversale du sol sur le pieu d’un Figure 41 – Groupe de deux pieux identiques, identiquement
groupe par rapport au pieu isolé. sollicités transversalement

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Figure 42 – Abaques pour la détermination de α

– pour la rotation (pieu soumis à des efforts en tête) : avec Ep module d’Young du pieu ;
•   : facteur d’interaction pour la rotation due à la charge Ip moment d’inertie du pieu ;
horizontale H,
E module d’Young du sol.
•   : facteur d’interaction pour la rotation due au moment M.
L’influence du coefficient de Poisson ν du sol est faible.
Les effets de charge horizontale H et du moment M sont addi-
tifs. On note que . Dans le cas où l’on a un sol de module croissant linéairement
avec la profondeur :
Les facteurs d’interaction α dépendent :
– de l’entraxe des pieux (rapport S/B) ;
– de la longueur des pieux (rapport D/B) ; on prend pour KR :
– de l’angle β entre la direction de la ligne des pieux et la direc-
tion des charges ;
– de la rigidité relative pieu/sol exprimée par :

Des exemples d’abaques pour la détermination des facteurs


d’interaction α sont donnés sur la figure 42.

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Dans le cas d’un groupe quelconque de N pieux, on peut Le système de charges appliquées à la semelle comprend en un
admettre que l’on peut superposer les différents facteurs d’inte- point quelconque O :
raction. Les cas suivants peuvent être résolus : – une composante verticale Qv, généralement prépondérante,
– groupe libre en tête à déplacement uniforme ; sauf dans certains ouvrages particuliers (ducs-d’Albe, par exemple) ;
– groupe libre en tête à charge H et/ou moment M égal(e) sur – deux composantes horizontales Qhx et Qhy ;
chaque pieu ; – deux moments Mx et My ;
– groupe encastré en tête, à déplacement uniforme. – éventuellement, un moment de torsion Mz.
Pour un groupe de N pieux chargés transversalement en tête, le En négligeant les interactions entre les pieux et le terrain, il est
déplacement transversal en tête du pieu k s’exprime par : possible d’évaluer de manière simplifiée les efforts s’appliquant
en tête de chaque pieu.
Les charges transversales (effort tranchant, moment) sont uni-
formément réparties sur les pieux. Chaque pieu est étudié comme
un pieu isolé avec les indications données aux paragraphes 4.3 et
4.4 quant à la modification de la réaction transversale et la prise
où yj,0 désigne le déplacement du pieu j en l’absence d’effet de en compte des poussées transversales.
groupe (calcul de pieu isolé – § 4). Le facteur αkj représente le Les charges verticales et les charges transversales appliquées
coefficient d’influence du pieu j sur le pieu k (à calculer avec la au chevêtre sont transmises aux pieux du groupe sous forme de
longueur et le diamètre du pieu j) et αkk = 1. charges axiales calculées avec les hypothèses suivantes :
– la semelle de couronnement est infiniment rigide ;
5.2.3 Poussées transversales du sol sur un groupe – les têtes des pieux sont articulées sur la semelle ;
de pieux – les pieux sont des poteaux élastiques ;
– les pointes des pieux reposent sur un sol indéformable et y
Dans la méthode décrite pour le pieu isolé (§ 4), on a introduit la sont liées par des articulations fixes.
notion de déplacement libre du sol g(z), qui, dans le cas d’un
groupe, doit être entendu comme le déplacement du sol en
l’absence du pieu considéré. L’influence des pieux voisins se fait 5.3.2 Cas d’une fondation isostatique
donc sentir à la fois sur g(z) à prendre en compte et sur le module à deux dimensions
de réaction.
C’est le cas où les efforts résultants sont dans le plan vertical
En l’état actuel de nos connaissances, on s’en tient aux règles passant par l’axe principal d’inertie du groupe de pieux et où,
conservatrices suivantes : dans chaque file, les pieux sont identiques et inclinés de la même
– la déformée libre du sol g(z) est identique pour tous les pieux. façon. Il suffit donc de déterminer les efforts pour l’ensemble de
Elle est calculée comme s’ils étaient isolés ; chaque file.
– la réaction du sol est réduite suivant les règles du § 5.2.1 Une telle fondation isostatique comporte :
– soit deux files de pieux verticaux, si la résultante est verticale
(figure 44a) ;
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5.3 Répartition des efforts sur les pieux – soit trois files de pieux, dont une inclinée, si la résultante est
d’un groupe. Cas simplifiés inclinée (figure 44b).
Les seules équations de la statique permettent de déterminer
5.3.1 Hypothèses simplificatrices les efforts dans les différentes files, la direction axiale de ces
efforts étant connue.
Considérons un groupe de pieux, verticaux et inclinés, reliés par
une semelle rigide (indéformable) figure 43. 5.3.3 Cas d’une fondation hyperstatique
Dans le cas général d’un groupe quelconque de pieux, la charge
dans un pieu est calculée à partir de sa déformation (résultant du
déplacement de la semelle) et de son module. On écrit ensuite

Figure 43 – Groupe de pieux Figure 44 – Fondations isostatiques à deux dimensions

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que la somme des charges appliquées aux différents pieux est 5.4.3 Conditions aux limites en tête
égale à la charge appliquée à la semelle. et en pointe des pieux
La solution est relativement simple dans le cas où les pieux
On peut choisir entre les conditions suivantes :
sont tous verticaux (Qh = 0) et identiques. Si xi et yi sont les coor-
données d’un pieu, et si l’on a N pieux, la charge verticale suppor- – conditions en tête :
tée par ce pieu est donnée par : •  pieu encastré dans le chevêtre : déplacement et rotation du
pieu égaux à ceux du chevêtre,
•  pieu articulé dans le chevêtre : moment nul, déplacement du
pieu égal au déplacement du chevêtre,
•  liaison élastique en rotation : moment proportionnel à la dif-
férence des rotations entre le pieu et le chevêtre, déplace-
ment du pieu égal au déplacement du chevêtre ;
5.4 Répartition des efforts sur les pieux – conditions en pointe :
d’un groupe. Utilisation de lois •  encastrement : déplacement et rotation nuls,
de réaction •  pieu libre : efforts nuls,
•  articulation : moment et déplacement nuls,
5.4.1 Principes •  courbes de réaction liant les composantes des efforts et les
Il est possible d’utiliser des lois de réaction de type t-z et p-y pour composantes correspondantes des déplacements. Ces
la détermination des efforts (six composantes : un effort normal, courbes relient :
deux efforts tranchants, deux moments fléchissants et un moment ■ l’effort tranchant au déplacement transversal, le moment à la
de torsion) et des déplacements (six composantes : trois transla- rotation de la pointe ; de telles courbes sont données sur la
tions et trois rotations) des pieux d’un groupe (voir les programmes figure 36 ;
de calcul de type GOUPIL-GOUPEG [23] ou GROUPIE+ [24]).
Les principales hypothèses de telles approches sont les sui- ■ la réaction axiale en pointe au déplacement axial de la pointe
vantes : (figure 21).
– les pieux sont liés par un chevêtre indéformable en un point
duquel on applique les six composantes des efforts ;
– découplage entre chaque type de sollicitation : flexion, com-
pression, torsion ; les lois de réaction du sol pour ces différents 6. Justifications
types de sollicitations sont données ci-après ;
– les effets de groupe (interaction pieu-sol-pieu) sont introduits
d’une fondation profonde
par pondération de ces lois de réaction du sol ;
– un certain nombre de conditions de liaison pieu-chevêtre, en
tête, sont possibles ; on peut de même imposer différentes condi- 6.1 États limites à considérer
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tions en pointe ; elles sont explicitées ci-après.


Les justifications du dimensionnement d’une fondation pro-
fonde sont menées selon l’Eurocode 7 (AFNOR, 2005a et 2007a) et
5.4.2 Lois de réaction du sol sa norme d’application nationale NF P 94-262 (AFNOR, 2012).
La réaction transversale est définie selon l’équation suivante : Les états limites à considérer concernent :
– le sol ;
– les matériaux constitutifs de la fondation ;
– le cas échéant, des déplacements dont le dépassement pour-
avec P réaction transversale linéique (par unité de rait nuire au bon comportement de la structure portée.
longueur),
Pour la vérification des états limites ultimes (ELU), les sollicita-
y(z) déplacement horizontal du pieu, tions appliquées sont calculées pour les combinaisons d’actions
g(z) déplacement horizontal libre du sol, données au paragraphe 2.2.1 et pour la vérification des états
limites de services (ELS), elles sont calculées pour les combinai-
f1 loi de réaction du type de celles données sur la sons données au paragraphe 2.2.2.
figure 29.
En ce qui concerne les états limites de mobilisation du sol, il est
Cette loi peut être appliquée, éventuellement, suivant Ox et Oy. à noter que les niveaux de sécurité imposés concernent unique-
La réaction axiale est définie selon l’équation suivante : ment les charges axiales appliquées à la fondation et l’ELU de sta-
bilité d’ensemble.
En ce qui concerne les efforts transversaux, la sécurité vis-à-vis
du sol est assurée par le choix des courbes de réaction menant au
avec Q réaction axiale linéique (frottement), calcul des déplacements et des efforts dans la fondation profonde
s(z) déplacement vertical du pieu, (moments fléchissants, etc.).
w(z) déplacement vertical libre du sol (tassement).
La fonction f2 est une fonction du type de celle donnée sur la 6.2 États limites concernant le sol
figure 21.
Cette loi permet de tenir compte à la fois, suivant les cas de
charges considérés, du frottement axial (positif) et du frottement 6.2.1 ELU et ELS de portance et de traction
négatif. d’une fondation profonde isolée
Réaction du sol à la torsion du pieu : elle est généralement La vérification des états limites ultimes (ELU) dans le sol est
négligée. menée à partir de la résistance en compression (portance) et en

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Tableau 15 – Valeurs du facteur partiel de sécurité γ pour la vérification des ELU


selon la norme NF P 94-262 (AFNOR, 2012)
1re ligne ELU : combinaisons fondamentales et situations sismiques

2e ligne ELU : situations accidentelles

Compression Traction

(M)PMT CPT (M)PMT CPT

Pieux non ancrés dans la craie de classes 1 à 7 1,39 1,43 1,77 1,83

hors pieux de catégories 10 et 15 1,27 1,30 1,62 1,67

Pieux ancrés dans la craie de classes 1 à 7 1,69 1,75 2,15 2,21

hors pieux de catégories 10 et 15 1,54 1,60 1,96 2,02

Pieux de catégories 10, 15, 17, 18, 19 et 20 1,69 1,75 2,15 2,21

dans les sables, les sols intermédiaires et les roches 1,54 1,60 1,96 2,02

Pieux de catégories 10, 15, 17, 18, 19 et 20 2,42 2,42 2,53 2,53

dans l’argile, les craies et les marnes 2,20 2,20 2,31 2,31

traction. Pour les états limites de service (ELS), elle est menée à par- Les valeurs pour le facteur partiel γ sont données dans le
tir de la charge limite de fluage en compression et en traction tableau 15 pour les combinaisons fondamentales et les situations
(§ 3.1.2). sismiques (premières lignes des cases du tableau 15) et pour les
situations accidentelles (deuxièmes lignes des cases du tableau 15).
Pour les états limites ultimes (ELU), on doit donc vérifier que :
Les valeurs de γ proviennent de la multiplication de 3 termes :

= Rd1 Rd2 t
avec Fd valeur de calcul de la charge axiale de
compression, respectivement de traction, sur la avec γRd1 facteur de modèle : γRd1 = 1,15 pour la méthode (M)PMT
fondation profonde, correspondant à la et γRd1 = 1,18 pour la méthode CPT dans le cas des pieux sollicités
combinaison d’actions ELU étudiée (voir § 2.2.1) ; en compression non ancrés dans la craie de classe 1 à 7 hors
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pieux de catégorie 10 et 15 (cf. tableau 15) ; pour les autres pieux


Rd la valeur de calcul de la résistance en compression ce facteur varie de 1,40 à 2,00,
(capacité portante) ou en traction, du sol.
γRd2 = 1,10 ; γRd2 tient compte forfaitairement du nombre de
La norme française NF P 94-262 (AFNOR, 2012) propose plu- profils d’essais et de leur implantation, en lieu et place de tout fac-
sieurs méthodes pour calculer la résistance Rd en compression teur de corrélation ξ,
(portance) ou en traction :
γt facteur partiel sur la résistance ; selon les recommandations
– à partir des résultats d’essais de chargement statique avec uti- de l’Eurocode 7 (AFNOR, 2005a) γt = 1,10 pour la résistance en
lisation de facteurs de corrélation ξ dépendant du nombre d’essais compression (portance) et γt = 1,15 pour la résistance en traction.
de chargement et de leur localisation ;
Pour les états limites de service (ELS), on doit vérifier que :
– à partir des résultats d’essais de sols : procédure dite du « pieu
modèle », soit avec utilisation de facteurs de corrélation ξ dépendant
du nombre de profils d’essais de sol et de leur localisation, soit avec
utilisation d’une méthode probabiliste issue de l’EN 1990 (AFNOR, avec Fd valeur de calcul de la charge axiale de
2003) prenant en compte le nombre de profils d’essais de sol ; compression, respectivement de traction, sur la
– à partir des résultats d’essais de sols : procédure dite du fondation profonde, correspondant à la
« modèle de terrain » avec utilisation de valeurs représentatives combinaison d’actions ELS étudiée (voir § 2.2.2) ;
des propriétés des terrains (pl ou qc, etc.). Rcr,d valeur de calcul de la charge limite de fluage en
On ne détaille ci-dessous que la méthode dite « modèle de ter- compression, respectivement en traction, du sol.
rain » correspondant à la méthode classique qui reste très large- Les valeurs de la charge limite de fluage en compression ou en trac-
ment utilisée en France : tion sont obtenues à partir des valeurs de Rb et Rs selon les indications
données au paragraphe 3.1.2. Les valeurs de calcul sont alors :

– pour la charge limite de fluage en compression ;

– pour la charge limite de fluage en traction.

où Rc et Rt sont calculés à partir des valeurs représentatives de pl où γ est le facteur partiel de sécurité à appliquer sur la charge
dans le cas de la méthode au pressiomètre Ménard (M)PMT ou limite de fluage pour la vérification des états limites de service
des valeurs représentatives de qc, dans le cas de la méthode au (ELS). Les valeurs pour le facteur partiel γ sont données dans le
pénétromètre statique CPT (voir § 3) et γ est le facteur partiel de tableau 16 pour les combinaisons quasi-permanentes (premières
sécurité tant sur la résistance de pointe que sur la résistance par lignes des cellules du tableau 16) et pour les combinaisons carac-
frottement axial. téristiques (deuxièmes lignes des cellules du tableau 16).

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Tableau 16 – Valeurs du facteur partiel de sécurité γ pour la vérification des ELS


selon la norme NF P 94-262 (AFNOR, 2012)
1re ligne ELS : combinaisons quasi-permanentes
2e ligne ELS : combinaisons caractéristiques
Compression Traction
(M)PMT CPT (M)PMT CPT
Pieux non ancrés dans la craie de classes 1 à 7 1,39 1,43 2,31* 2,39*
hors pieux de catégories 10 et 15 1,14 1,17 1,69 1,75
Pieux ancrés dans la craie de classes 1 à 7 1,69 1,75 2,81* 2,89*
hors pieux de catégories 10 et 15 1,39 1,44 2,06 2,12
Pieux de catégories 10, 15, 17, 18, 19 et 20 1,69 1,75 2,81* 2,89*
dans les sables, les sols intermédiaires et les roches 1,39 1,44 2,06 2,12
Pieux de catégories 10, 15, 17, 18, 19 et 20 2,42 2,42 3,30* 3,30*
dans l’argile, les craies et les marnes 1,98 1,98 2,42 2,42
* pour les pieux en traction sous combinaisons ELS quasi-permanentes, et en l’absence d’essais de chargement, γ = 4,7.
De plus, pour les fondations de ponts, il n’est pas admis d’avoir des éléments en traction sous combinaisons quasi-permanentes

Ces valeurs de γ proviennent de la multiplication de 3 termes : – on vérifie la fondation massive fictive équivalente au groupe
de fondations profondes (figure 38) en lui appliquant, pour chaque
combinaison d’actions ELU, les règles indiquées au para-
γRd1 et γRd2 sont les mêmes que ceux qui sont appliqués pour la graphe 6.2.1 pour la fondation profonde isolée.
vérification des états limites ultimes (ELU) (voir ci-dessus), Il est important de noter que, pour les groupes de pieux, aucune
γcr est le facteur partiel sur la charge limite de fluage. vérification de portance sous combinaisons de charge ELS n’est
demandée. Cependant, une estimation du tassement demeure
Lorsque les actions de frottement négatif Gsn sont à considérer
nécessaire.
(§ 2.1.3), elles interviennent tant dans les combinaisons ELU
(§ 2.2.1) que dans les combinaisons ELS (§ 2.2.2).
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Lorsque le frottement négatif est estimé par l’approche en 6.2.3 Comportement transversal aux ELU
déplacement (voir [1]), il y a alors lieu de faire deux calculs pour et aux ELS
les charges provenant de la structure portée :
Le comportement d’une fondation profonde sous efforts trans-
– un calcul avec les charges quasi-permanentes ; versaux doit être vérifié pour toutes les combinaisons ELU et ELS.
– un calcul avec les charges caractéristiques. Les calculs sont des calculs en déplacement avec l’utilisation de
Le frottement négatif déduit du calcul avec les charges quasi- courbes de réaction (P, y) ou (P, Δy). Pour un pieu isolé, les indica-
permanentes (Gsn,q-p) est alors à utiliser dans les combinaisons tions du paragraphe 4 s’appliquent. Pour un groupe de pieux, on
quasi-permanentes (ELS), les situations accidentelles (ELU) et les utilisera les modèles présentés dans les paragraphes 5.2, 5.3 et 5.4.
situations sismiques (ELU). Les résultats du calcul sont :
Le frottement négatif déduit du calcul avec les charges caracté- – le déplacement de la fondation profonde, notamment en tête ;
ristiques (Gsn,carac) est alors à utiliser dans les combinaisons celui-ci doit alors être confronté au déplacement admissible de la
caractéristiques (ELS) et les combinaisons fondamentales (ELU). structure portée (voir [1]) ;
– les efforts tranchants et moments fléchissants le long du pieu.
On doit vérifier qu’ils sont admissibles du point de vue du maté-
6.2.2 ELU de portance d’un groupe de fondations riau du pieu (béton armé, acier, etc.) pour les différentes combinai-
profondes sons ELU et ELS (voir § 6.3, ainsi que l’Eurocode 2 pour le béton
armé et l’Eurocode 3 pour l’acier).
On retient la valeur la plus défavorable obtenue en appliquant
les deux approches suivantes : Lorsque les actions de poussée transversale Gsp sont à considé-
rer (§ 2.1.2), elles interviennent tant dans les combinaisons ELU
– on vérifie que, pour chaque combinaison d’actions aux états (§ 2.2.1) que dans les combinaisons ELS (§ 2.2.2). Il y a alors lieu
limites ultimes (ELU), pour un groupe de N pieux : de faire deux calculs avec les courbes de réaction (P, Δy = y – g)
pour les charges provenant de la structure portée :
– un calcul avec les charges quasi-permanentes ;
– un calcul avec les charges caractéristiques.
avec Fcg;d valeur de calcul de la charge de compression Dans les combinaisons ELU et ELS, on retiendra comme valeur
axiale sur le groupe de fondations profondes, de Gsp la différence entre les sollicitations issues de ces deux
obtenues sous combinaisons ELU, calculs et celles issues des mêmes calculs menés sans g(z).
Ce coefficient d’efficacité du groupe de fondations Les sollicitations additionnelles issues du calcul avec les
profondes (§ 5.1.1) qui a uniquement un effet sur charges quasi-permanentes (Gsp,q-p) sont alors à utiliser dans les
le terme de frottement axial selon la norme NF P combinaisons quasi-permanentes (ELS), les situations acciden-
94-262 (γ est donné dans le tableau 15). telles (ELU) et les situations sismiques (ELU). Les sollicitations

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____________________________________________________________________________________________________________ FONDATIONS PROFONDES

additionnelles issues du calcul avec les charges caractéristiques stabilité d’ensemble relèvent d’une catégorie spécifique. La justifi-
(Gsp,carac) sont alors à utiliser dans les combinaisons caractéris- cation de la fondation requiert alors, en plus de ce qui a été décrit
tiques (ELS) et les combinaisons fondamentales (ELU). dans les paragraphes précédents, le recours à des modèles de
calcul adaptés, similaires à ceux préconisés pour les ouvrages sur
sol renforcé par inclusions rigides [25].
6.2.4 État limite ultime de stabilité d’ensemble
Cet état limite de stabilité d’ensemble au grand glissement cor-
respond à la formation d’une surface de rupture (C) dans le sol, se 6.3 États limites concernant
traduisant par la perte d’équilibre de la masse de sol et de la par- les matériaux constitutifs
tie de la structure situées au-dessus de cette surface de rupture de la fondation
(figure 8).
La stabilité au grand glissement de la masse de sol en remblai On rappelle ici les principales règles admises et adaptations aux
ou en déblai, ou de la pente naturelle doit être assurée dans la fondations profondes figurant dans la norme NF P 94-262
configuration initiale (avant construction de la fondation), pendant (AFNOR, 2012), sans détailler les justifications qui relèvent essen-
les phases de construction et dans la configuration finale (en pre- tiellement des calculs de béton armé et d’acier (voir respective-
nant en compte les charges apportées par la fondation). Il est ment l’Eurocode 2 et l’Eurocode 3).
communément admis que la stabilité initiale peut ne pas être jus-
tifiée par un calcul.
6.3.1 Béton, coulis ou mortier des fondations
Pour le calcul, on applique les méthodes habituelles d’étude de profondes réalisées en place
la stabilité des pentes en rupture circulaire (voir [C 254]).
La vérification aux ELU prend la forme suivante : Les calculs justificatifs sont conduits à partir d’une résistance
conventionnelle en compression du béton, notée , par applica-
tion de la formule suivante (NF P 94-262, AFNOR, 2012) :

avec γRd facteur partiel de modèle,


Tdst,d valeur de calcul de l’effet déstabilisant des
avec fck résistance caractéristique en compression à
actions qui agissent sur le massif limité par la
28 jours, selon la norme NF EN 1992-1-1 (AFNOR,
surface de glissement étudiée,
2005b),
Rst,d valeur de calcul de la résistance stabilisatrice
fck(t) résistance caractéristique à la compression au
mobilisée le long de la surface de glissement
temps t (t < 28 jours). En première approximation,
correspondante.
on peut prendre : fck(t) = 0,685 fck log(t + 1), avec t
Deux approches de calcul sont possibles : en jours,
– l’approche par un facteur sur la résistance totale. Pour les Cmax valeur maximale autorisée (tableau 17),
situations de calcul durables et transitoires (combinaisons fonda-
k1 coefficient qui tient compte du mode de mise en
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mentales), l’effet des actions déstabilisatrices est multiplié par un


facteur γE = 1,35 pour obtenir la valeur de calcul Tdst,d et la résis- place dans le sol, selon le procédé d’exécution
tance stabilisatrice est divisée par γR = 1,10 pour obtenir la valeur adopté (tableau 17) ; ce coefficient peut être
de calcul Rst,d. Selon que l’ouvrage est sensible ou non au déplace- diminué de 0,1 dans certaines conditions,
ment, le facteur partiel γRd est pris égal à 1,0 ou à 0,9 ; k2 coefficient qui tient compte des difficultés de
– l’approche par facteurs sur les paramètres de la résistance au bétonnage liées à la géométrie de la fondation
cisaillement du sol (dits « à la source ») ; dans ce cas on introduit (diamètre et élancement). La valeur de k2 est
les facteurs diviseurs suivants pour obtenir la valeur de Rst,d : égale à 1,00 dans tous les cas, sauf dans les cas
•  , suivants :
– k2 = 1,05 si le rapport de la plus petite dimension B à la lon-
• et étant l’angle de frottement interne et la cohésion pour
gueur D est inférieur à 1/20 ;
les calculs en conditions drainées,
– k2 = 1,30 – B/2 si la plus petite dimension B est inférieure à
•  γcu = 1,40 sur la cohésion non drainée cu pour les calculs en 0,60 m (B en mètres) ;
conditions non drainées. – k2 = 1,35 – B/2 si B/D < 20 et B < 0,60 m (B en mètres).
Pour les vérifications aux ELU dans les situations durables et Ci-dessous :  Coefficients applicables pour la détermination de la
transitoires, selon que l’ouvrage est sensible ou non au déplace- résistance conventionnelle du béton, coulis ou mortier des fon-
ment, le facteur partiel γRd est pris égal à 1,2 ou 1,1 est appliqué à dations profondes réalisées en place selon la norme NF P 94-262
la résistance stabilisatrice totale obtenue en conditions drainées (AFNOR, 2012)
ou en conditions non drainées. Pour les vérifications aux ELU
dans les situations accidentelles et sismiques, le facteur partiel γRd La résistance caractéristique à la traction du béton, mortier ou
est égal à 1,0. Dans cette approche, la valeur de calcul de Tdst,d est coulis à considérer pour les fondations profondes est définie par
la valeur caractéristique (aucun facteur n’est appliqué à l’effet dés- la norme NF EN 1992-1-1 (AFNOR, 2005b).
tabilisant des actions). Le module d’élasticité Eb du béton, mortier ou coulis à considérer
L’attention doit être attirée sur les situations où la fondation pour les fondations profondes est défini par la norme NF EN 1992-1-1
profonde interagit avec le mécanisme de rupture (ou de déforma- (AFNOR, 2005b, Tableau 3.1).
tion) associé à la stabilité d’ensemble. Dans ce cas, il y a lieu de Le module différé (à long terme) Ediff est pris, pour les fonda-
vérifier la fondation vis-à-vis des sollicitations additionnelles tions profondes, égal à :
induites par le mécanisme d’instabilité d’ensemble (frottement
négatif et poussées transversales) conformément aux indications
des paragraphes 6.2.1 et 6.2.3. Pour les calculs sous combinaisons aux états limites ultimes
À noter qu’au sens de la norme NF P 94 262 (AFNOR, 2012), les (ELU), la valeur de calcul de la résistance conventionnelle à la
ouvrages pour lesquels la fondation profonde contribue à la compression du béton, coulis ou mortier des fondations

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FONDATIONS PROFONDES ___________________________________________________________________________________________________________

Tableau 17 –  Coefficients applicables pour la détermination de la résistance conventionnelle fck* du béton,


coulis ou mortier des fondations profondes réalisées en place selon la norme NF P 94-262 (AFNOR, 2012)

Classes Cmax (MPa) k1

1 Pieux forés et barrettes 35* 1,3

2 Pieux tarière creuse avec enregistrement des paramètres (Notes 1, 3 et 4) 30* 1,35

3 Pieux vissés moulés (Notes 2) 35* 1,3

4 Pieux battus moulés 35* 1,3

* pour les ponts Cmax est limité à 25 MPa

profondes réalisées en place, notée fcd est obtenue par application 6.3.2 Béton, coulis ou mortier des fondations
de la formule suivante : profondes préfabriquées
Les dispositions de la norme NF EN 1992-1-1 (AFNOR, 2005b)
s’appliquent.
L’intégrité de la fondation requiert des conditions de manuten-
tion et de mise en place et doit être contrôlée par les méthodes
avec αcc = 1,0 sur la hauteur armée de la fondation et αcc = 0,8
décrites dans les normes correspondantes.
sur la hauteur non armée (à noter que les
fondations profondes pour les ponts doivent être
armées sur toute leur hauteur), 6.3.3 Aciers pour pieux en béton armé
k3 = 1,0 dans les cas courants ; il peut être pris à k3 = 1,2 On applique aux aciers de béton armé ou de précontrainte la
lorsque des contrôles renforcés d’intégrité et de norme NF EN 1992-1-1 (AFNOR, 2005b), moyennant quelques dis-
continuité des fûts sont menés (voir la norme NF positions décrites dans la norme NF EN 94-262 (AFNOR, 2012).
P 94-262 et son tableau 6.4.1.2 pour les
bâtiments, ou son tableau Q.1.1 pour les ponts),
6.3.4 Aciers pour les autres pieux
γc = 1,5 pour les combinaisons fondamentales
(situations durables et transitoires), On distingue :
– les aciers pour les « éléments porteurs » tels que définis dans
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γc = 1,2 pour les situations accidentelles, la norme NF EN 14199 pour les micropieux (AFNOR, 2015d) ;
– les aciers utilisés dans les profils (creux ou H) listés dans la
γc = 1,3 pour les situations sismiques. norme NF EN 12699 pour les pieux avec refoulement du sol
Pour les combinaisons caractéristiques aux états limites de ser- (AFNOR, 2015c) ;
vice (ELS), on vérifie que les contraintes de compression dans le – les aciers de construction tels que définis dans les normes NF
béton sur la surface la plus sollicitée remplissent les conditions EN 1993-1-1 (2005c) et NF EN 1993-5 pour les pieux et palplanches
suivantes : (AFNOR, 2007b).
Le tableau 18 donne les valeurs recommandées pour estimer la
– valeur moyenne :  ; perte d’épaisseur due à la corrosion selon l’Eurocode 3-5 (AFNOR,
– valeur maximale : . 2007b).

Tableau 18 – Valeurs recommandées pour perte d’épaisseur [mm] due à la corrosion dans le cas des pieux
et palplanches dans le sol, avec ou sans nappe phréatique (AFNOR, 2007b)

Durée d’utilisation de projet 5 ans 25 ans 50 ans 75 ans 100 ans

Sols naturels intacts (sable, limon, argile, 0,00 0,30 0,60 0,90 1,20
schiste, etc.)

Sols naturels pollués et sites industriels 0,15 0,75 1,50 2,25 3,00

Sols naturels agressifs (marais, marécages, 0,20 1,00 1,75 2,50 3,25
tourbe, etc.)

Remblais non compactés et non agressifs 0,18 0,70 1,20 1,70 2,20
(argile, schiste, sable, limon, etc.)

Remblais non compactés et agressifs 0,50 2,00 3,25 4,50 5,75


(cendres, scories, etc.)

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____________________________________________________________________________________________________________ FONDATIONS PROFONDES

Les taux de corrosion dans les remblais compactés sont infé- À terre (« onshore ») le premier problème à résoudre est sou-
rieurs à ceux observés dans les remblais non compactés. Dans les vent celui de la capacité portante (verticale ou axiale) et c’est alors
remblais compactés, il convient de diviser par deux les chiffres du lui qui gouverne la conception générale du projet de fondation
tableau. profonde (nombre de pieux, longueur et diamètre, type, etc.). Le
long des côtes ou en mer (« offshore »), les efforts horizontaux
Les valeurs données pour 5 ans et 25 ans sont basées sur des
(transversaux), tels ceux dus à la houle, dus à des sollicitations
mesures, tandis que les autres valeurs sont extrapolées.
diverses, sont souvent dominants.
Dans de nombreux cas, il faut donc, en plus de la reprise des
6.3.5 États limites ultimes de stabilité de forme efforts verticaux, vérifier le comportement de la fondation sous
sollicitations horizontales.
Il s’agit notamment de vérifier le risque de flambement des
pieux. La justification d’un pieu vis-à-vis du risque de flambement Une particularité des fondations profondes est qu’elles peuvent
n’est à envisager que dans des cas particuliers tels que : également être soumises à des actions dues au déplacement du
sol. Ce déplacement génère des efforts « parasites », tels le frotte-
– fondations sur pieux présentant une grande hauteur libre, cette ment négatif, voire des efforts de poussée transversale.
situation pouvant découler de la conception même de la fondation
ou être liée à un affouillement ; L’ensemble de ces problèmes fait que l’on a souvent recours à
– fondations sur pieux de faible inertie (par exemple, micro- des méthodes ou des calculs en déplacement (méthode « des
pieux) traversant des hauteurs importantes de terrains de faibles fonctions de transfert de charge t-z », méthodes des modules de
caractéristiques mécaniques. réaction p-y et, également, autres méthodes numériques telle la
méthode des éléments finis).
Les risques de flambement des pieux sont, en général, extrême-
Pour la justification complète d’un ouvrage, les méthodes
ment limités.
d’interaction sol-structure se sont largement développées ces der-
Dans certains cas, il y a lieu d’examiner les effets du second nières années. En tenant compte des influences réciproques en
ordre, à savoir les moments additionnels créés sous charges termes de rigidités, elles permettent un dimensionnement global
axiales lorsque la courbure des pieux n’est pas nulle (par exemple plus rationnel tant des fondations que des structures portées. Les
sous l’effet de sollicitations transversales). méthodes d’interaction sol-structure sont précisément basées sur
l’utilisation des courbes de transfert t-z ou p-y développées dans
cet article, ou sur l’utilisation de la théorie des milieux continus
6.4 États limites de déplacement (telle la méthode des éléments finis en élasticité avec non linéari-
tés éventuelles).
Les déplacements de la fondation ne doivent pas nuire au bon Enfin, il faut savoir prendre en compte, dans certaines configu-
comportement de la structure portée. Il y a donc lieu d’estimer, rations de pieux, les effets de groupe. Face à la nécessité de
dans certains cas, les déplacements des fondations sur pieux sous concevoir des systèmes de fondations de plus en plus complexes,
combinaisons d’actions tant vis-à-vis des ELU que vis-à-vis des ELS. il s’agit là d’un aspect en plein essor faisant pleinement appel aux
Il est à noter que les sécurités sur la portance du sol (§ 6.2.1) méthodes d’interaction sol-structure évoquées ci-dessus.
garantissent le plus souvent que les tassements sont acceptables.
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En ce qui concerne le comportement des pieux sous efforts


transversaux, on décrit dans la section 4 la méthode p-y aux
modules (ou courbes) de réaction qui fournit les déplacements
8. Glossaire
horizontaux. Les calculs de tassement (déplacements verticaux)
des fondations sur pieux sous charges axiales sont menés, quant Essai au pénétromètre statique ; cone penetration test (CPT)
à eux, suivant la méthode t-z des courbes de transfert de charge Essai in situ consistant à foncer une pointe conique dans le sol
(§ 3.6). Ces méthodes sont d’un usage courant et sont relative- à vitesse constante (environ 2 cm/s) en mesurant l’effort appliqué.
ment fiables pour les combinaisons permanentes (ELS), tout du Cet effort peut être relié entre autres à la capacité portante du sol.
moins. En revanche, il faut noter que l’expérience des calculs de L’effort de frottement axial peut également être mesuré par l’inter-
déplacements des fondations à des niveaux de chargements plus médiaire d’un manchon à l’arrière du cône. Cette donnée complé-
élevés ou avec des parts de charges variables prépondérantes est mentaire permet d’obtenir des renseignements sur le type de sol
limitée. et sur son potentiel de liquéfaction au séisme. Cet outil est utilisé
La détermination des déplacements des fondations profondes très largement dans le monde.
est nécessaire pour l’évaluation des raideurs d’interaction sol- Essai au pressiomètre Ménard ; Ménard pressuremeter test
structure qui permettent une estimation plus précise des efforts (PMT)
tant dans les fondations que dans la structure portée (voir [1]).
L’essai pressiométrique est un essai in situ consistant à mettre
Un certain nombre de données sur les déplacements admissibles en pression dans un forage une sonde cylindrique qui se dilate et
des structures (qu’elles soient sur fondations superficielles ou sur comprime les parois du forage jusqu’à de grandes déformations.
fondations profondes) sont regroupées dans la référence [1]. Dans le cas de l’essai au pressiomètre Ménard, la sonde est le
plus souvent descendue dans un avant-trou (préforage). Il est très
utilisé´ en France, mais peu dans le monde. L’étude des pressions
et des volumes injectés permet d’obtenir un module du sol (pou-
7. Conclusion vant être relié à d’autres modules de type élastique), une pression
de fluage et une pression limite du sol. Ces paramètres per-
mettent d’aborder les problèmes de portance, de tassements et de
Le recours aux fondations profondes est devenu très fréquent, déplacements horizontaux des fondations.
qu’il s’agisse de bâtiments ou d’ouvrages de génie civil, tels les
ponts, les réservoirs, etc. Les charges à reprendre sont de plus en Fondations profondes ne refoulant pas le sol à la mise en
plus lourdes et, également, on accepte de construire sur des ter- place :
rains médiocres ce qui aurait été rédhibitoire dans le passé. Les – pieu foré à la boue et barrette ;
fondations superficielles ne permettent alors pas de répondre aux – pieu foré tubé ;
exigences en termes de portance et/ou de tassements. – puits ;

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FONDATIONS PROFONDES ___________________________________________________________________________________________________________

– pieu tarière creuse à simple rotation ou à double rotation ;


– micropieux (type I, II, III et IV).
Voir paragraphe 1.1
Fondations profondes refoulant le sol à la mise en place :
– pieu battu préfabriqué ;
– pieu en métal foncé fermé ou ouvert ;
– pieu battu moulé ;
– pieu vissé moulé ;
– pieu vissé tubé
(voir paragraphe 1.2).
Pieux particuliers (voir paragraphe 1.3)
Frottement négatif (voir paragraphe 2.1.3)
Le frottement négatif est une action qui agit sur un pieu lorsque le
tassement du sol est supérieur au tassement du pieu qui le traverse.
La résultante du frottement négatif est donc fonction à la fois du tas-
sement du sol et de la charge supportée par le pieu en tête.
Interaction-sol-structure
Concept traduisant la prise en compte des effets réciproques de
la structure sur les fondations et inversement.
Poussées transversales (voir paragraphe 2.1.2)
Les poussées transversales sont des actions qui agissent sur un
pieu lorsqu’il est soumis le long de son fût à des déplacements trans-
versaux du terrain, dus par exemple à une culée d’ouvrage d’art rem-
blayée, un bâtiment à côté duquel des terrains sont remblayés, etc.

9. Annexe 1 : prise
en compte de l’effet Figure 45 – Calcul du frottement négatif pour un pieu isolé
dans un sol homogène chargé par un remblai
d’accrochage pour
le calcul du frottement Dans le cas simple d’un sol homogène de poids volumique
déjaugé situé sous un remblai apportant une surcharge
négatif unitaire limite
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(figure 45) [11] :

L’objet de cette annexe est de détailler une méthode de prise en


compte de l’effet d’accrochage pour le calcul la contrainte verti- L’expression de à prendre en compte pour le calcul du
cale effective à considérer pour l’estimation du frottement frottement négatif devient :
unitaire qsn(z) (§ 3.7.1).

9.1 Pieu isolé


L’expression générale de la contrainte verticale effective à Dans le cas général où λ ≠ 0 (ou m ≠ 0), est inférieur à
l’interface sol-pieu est de la forme suivante dans les intervalles où et atteint la valeur à une certaine profondeur. À défaut
est constant [11] : d’un calcul en déplacement (voir [1]), cette profondeur h1 peut
être considérée comme le point neutre, point au-dessous duquel il
n’y a plus de frottement négatif.
Dans un but de simplification, il est possible d’estimer une
borne supérieure du frottement négatif en supposant qu’il n’y a
pas d’effet d’accrochage (soit λ = 0 ou m = 0), conduisant à
avec où λ, coefficient d’accrochage, prend les (§ 3.7.1) :
valeurs suivantes :

C’est cette borne supérieure qui est appliquée au para-


graphe 3.7.2.

contrainte verticale effective à l’emplacement du pieu,


9.2 Groupe illimité de pieux
régnant en l’absence de celui-ci ;
En présence de plusieurs pieux, le phénomène d’accrochage est
amplifié, et ce, d’autant plus que les pieux sont proches : c’est l’effet
de groupe. La somme des efforts de frottement négatif sur un
groupe de pieux est, en d’autres termes, inférieure à la somme de
ces mêmes efforts calculés comme si chaque pieu était isolé (§ 9.1).

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____________________________________________________________________________________________________________ FONDATIONS PROFONDES

Figure 46 – Abaque pour la détermination du frottement négatif d’un groupe illimité de pieux

Dans le cas d’un groupe illimité de pieux de rayon R, régulière- Cas d’une seule file de pieux :
ment espacés d’un entraxe S dans une direction et dans l’autre, – pieux extérieurs :
le calcul du frottement négatif sur un pieu est le même que pour
le pieu isolé en remplaçant m (λ) par m (λ, b) [11] :

– pieux intérieurs :
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Cas de plusieurs files de pieux :


– pieux d’angle :

Pour , m(λ,∞) = m(λ) : c’est le cas du pieu isolé.


– pieux extérieurs :
Les valeurs de sont données par l’abaque de la
figure 46.

Dans le cas où l’effet d’accrochage est négligé : – pieux intérieurs :

9.3 Groupe limité de pieux


Les paragraphes précédents permettent de calculer la contrainte
verticale effective au contact du pieu et par conséquent les frotte-
ments négatifs unitaires limites, pour un pieu isolé qsn,1(z) et pour
un groupe illimité de pieux qsn,∞(z).

Dans le cas d’un groupe limité de pieux (figure 47), les expres-


sions empiriques suivantes permettent de calculer le frottement
négatif unitaire limite qsn(z) pouvant s’exercer sur le pieu selon
son emplacement au sein du groupe [11]. Figure 47 – Groupes limités de pieux

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FONDATIONS PROFONDES ___________________________________________________________________________________________________________

10. Annexe 2 : formulaire Le moment est maximal pour :

pour le calcul des pieux


sous charge transversale ■ Pieu encastré dans un chevêtre et soumis à une
charge T0 en tête :
10.1 Conventions de signes.
Solution générale
M(0) est le moment maximal.
Les conventions de signes sont rappelées sur la figure 27.
Le sol, homogène et linéaire, est caractérisé par un module de
réaction Es. Le pieu, de module d’Young Ep, de moment d’inertie 10.2.2 Formulaire pour un pieu souple
Ip, a, dans ce sol, une longueur de transfert : avec poussées transversales (g (z) ≠ 0)
■ Pieu sous chargement (T0, M0) en tête :

Les éventuels efforts en tête (z = 0) sont notés T0 et M0.


L’éventuel déplacement libre du sol est donné par la fonction : ■ Pieu parfaitement encastré en tête :

On se place dans le cas d’une couche de sol homogène, ce qui


signifie, entre autres, que la longueur du pieu dans le substratum, M(0) est le moment maximal.
le cas échéant, est considérée comme infiniment petite au niveau
■ Pieu encastré dans un chevêtre et soumis à une
du calcul, le substratum n’intervenant que pour les conditions aux
charge T0 en tête :
limites, en pointe, qu’il impose.
La solution générale y(z) de l’équation d’équilibre transversal
est présentée au § 4.2.4.2. Elle s’exprime ainsi :
■ Pieu parfaitement encastré en pointe :
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10.3 Pieu rigide (ou court)


10.2 Pieu souple (ou long) Lorsque l0 ≥ D, on peut obtenir une bonne approximation des
efforts et des déplacements en écrivant la loi de réaction sous la
Un pieu est considéré souple (ou long) si sa longueur est supé-
forme :
rieure ou égale à 3l0.
Lorsqu’un tel pieu est seulement sollicité en tête, sans poussées
transversales du sol, les conditions en pointe d’interviennent donc
pas, et les termes en exponentielle positive sont négligeables, ce qui revient, pour la réaction du sol, à négliger les déformations
quelles que soient ces conditions. On est alors ramené à un sys- propres du pieu (figure 48).
tème de deux équations à deux inconnues : les conditions en tête
permettent de déterminer les deux constantes a3 et a4.
En revanche, toujours pour un pieu long, lorsque g(z) ≠ 0, on
doit étudier séparément :
– le comportement en tête : les conditions en pointe n’inter-
viennent pas ; les termes en exponentielle positive sont négli-
geables et les conditions en tête permettent de calculer a3 et a4,
donc les efforts et déplacements au voisinage de la tête ;
– le comportement en pointe : les conditions en tête n’inter-
viennent pas ; les termes en exponentielle négative sont négli-
geables et les conditions en pointe permettent de calculer a1 et a2,
donc les efforts et les déplacements au voisinage de la pointe.

10.2.1 Formulaire pour un pieu souple


sans poussées transversales (g (z) = 0)
■ Pieu sous chargement (T0, M0) en tête :

Figure 48 – Réactions et déplacements pour un pieu rigide

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Les équations de la statique donnent les expressions de y, , M … et parfaitement encastré en pointe


et T en fonction de z. Ces expressions dépendent de quatre
constantes. Avec deux conditions aux limites en tête et deux en
pointe, le problème peut être résolu.

■ Pieu parfaitement encastré en tête :


10.3.1 Formulaire pour un pieu court
sans poussées transversales (g (z) = 0)
■ Pieu sous chargement (T0, M0) en tête dans tous les cas, y(z) est identiquement nul.
…et libre en pointe T(D) = M(D) = 0

… et libre en pointe T(D) = M(D) = 0

… et articulé en pointe y(D) = M(D) = 0

Le moment maximal Mmax est :

… et parfaitement encastré en pointe

…. et articulé en pointe y(D) = M(D) = 0

■ Pieu encastré et soumis à une charge T0 en tête


■ Pieu encastré en tête , soumis à une charge T0 en tête,
et libre en pointe T(D) = 0 et M(D) = 0 :
…et libre en pointe T(D) = M(D) = 0

10.3.2 Formulaire pour un pieu court


avec poussées transversales (g (z) ≠ 0)
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■ Pieu sous chargement (T0, M0) en tête : … et articulé en pointe y(D) = M(D) = 0


Alors y(z) est identiquement nul et :

… et libre en pointe T(D) = M(D) = 0

… et parfaitement encastré en pointe

… et articulé en pointe y(D) = M(D) = 0

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P
O
U
Fondations profondes R

E
par Roger FRANK
Professeur honoraire
N
École nationale des ponts et chaussées
Fahd CUIRA

et
Directeur scientifique Terrasol (Groupe Setec)
Sébastien BURLON
S
Directeur d’études Terrasol (Groupe Setec)
A
V
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