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CHAPITRE II Le calcul économique du producteur

Nous aborderons dans ce chapitre trois séquences structurées de façon


progressives.

Séquence 1. La théorie de la production


1.1. Objectifs
Après l’étude de cette séquence, vous devez être à mesure :
 De définir une fonction de production
 De cerner la productivité à court terme et à log terme
 De calculer l’optimum du producteur
 De déterminer le maximum de la production ou du profit
 D’expliquer la notion de changement d’échelle
 De tracer la courbe d’expansion
 De savoir ce que représente une fonction de production et de
répartition
 De cerner une fonction de production homogène et de COBB Douglas
 De calculer les élasticités.

1.2. Contenu

1.2.1. Définition de la fonction de production et ses


caractéristiques
La fonction de production est un instrument mathématique permettant
d’analyser la relation existante entre les facteurs de production (inputs),
et la production réalisée (output).
On peut illustrer la plupart de ces caractéristiques à travers la
fonction classique Q = f(K, L).
Elle a une manière générale de un caractère de prévisibilité : de
facteurs nécessaires pour réaliser une production déterminée. Chaque
fonction de production est donc valable pour une seule entreprise et pour
un moment donné.
Cette relation fait ressortir pour les inputs de la fonction de production les
caractères de visibilités puisque la fonction de production est continue et
dérivable par rapport à L ou K pour obtenir la production marginale de L
ou K.
Cette relation permet aussi de mettre en évidence les caractéristiques de
complémentarités ou de substituabilité, ce qui rend compte des
possibilités de combinaisons techniques dans l’entreprise.
La fonction de production néoclassique admet toujours, en effet la
substitution entre les facteurs de production, d’où sa forme suivante :
K K K
M
8 KM
6 M Y KN N
4 Ko O
2

L 2 4 6 8 L LM LN LO L
Fonction substituable Fonction complémentaire Fonction complémentaire non
stricte

L’augmentation de la productivité peut être obtenue dans le court


terme en faisant varier le facteur aisément variable le travail et en
maintenant constant le facteur capital : on parle dans ce cas de
rendement factoriels.
Si l’entreprise épuise cette voie et qu’elle cherche à augmenter la
productivité à long terme, il s’agit alors de rendement d’échelle.

1.2.2. La productivité à court terme


Considérons deux facteurs de production : un facteur fixe, le capital
entraînant un fixe et un facteur variable, le travail entraînant un coût fixe
et un facteur variable. Nous pouvons alors calculer trois sortes de
valeurs :
- La production totale (productivité totale)
- La production moyenne (productivité moyenne)
- La production marginale (productivité marginale)
- La productivité totale (PT) du facteur L est la quantité totale du bien X
obtenu en combinant une quantité fixe de K et une quantité variable
de L, d’où :
Q  productivité totale
PT = Q = f(KO, L) K O  lecapital est constant
L le travail
La productivité moyenne (PM) du facteur L est réalisée en divisant la
productivité totale par le nombre de travailleurs :
Q f (KO , l )
PM  
L L
La productivité marginale (PM) du facteur L est la variation de la
production totale obtenue lorsqu’on ajoute une unité supplémentaire de
main d’œuvre.
En supposant que les fonctions sont continues et dérivables, la
dérivée partielle de X par rapport à la seule L est :
X
Pm   f L' ( K O , L) .
L
1.2.3. La productivité à long terme
En courte période on admet généralement que l’on ait des facteurs de
production peut être fixe.
En longue période, les conditions du marché changent ; le producteur doit
s’adapter aux nouvelles conditions soit en modifiant soit la combinaison de
ces facteurs, en substituant le travail par le capital, ou l’inverse ; soit en
modifiant la taille de l’entreprise.
La modification de la taille de l’entreprise peut se faire sans modification
de la technologie en changeant simplement l’échelle de production par une
variation dans une même proportion des facteurs de production, ou avec
une modification technologique en modifiant le rapport capital/travail.
On peut donc étudier longue période en trois situations :
- L’équilibre du producteur par la recherche, pour une production
donnée de la meilleure combinaison des facteurs ;
- Le changement d’échelle sans modification technologique ;
- Le changement d’échelle avec modification technologique avec
substitution) ;
Les composantes de l’équilibre à long terme
Comme ce fut le cas pour le Consommateur confronté à des choix de
biens X et Y (courbe d’indifférence) et à une contrainte (courbe du
budget) le Producteur va être confronté à des choix technologiques entre
K et L (courbe d’isoquant) et une contrainte (courbe d’isocoût).
L’équilibre du Producteur se situera au point de tangence entre l’isocoût et
l’isoquant le plus élevé possible.
Les choix technologiques : les isoquants
Un isoquant est une courbe exprimant les différentes combinaisons de
main d’œuvre (L) et de capital (K) qu’une entreprise peut concevoir pour
réaliser une même production.
Un déplacement vers la droite de l’isoquant indique une plus grande
quantité de production vice-versa.
La fonction de production comporte une infinité d’isoquants, une pour
chaque niveau de production.
K

Les isoquants ont les mêmes caractéristiques que les courbes


d’indifférence exprimant la rationalité du Producteur :
- Elles ont une pente négative (la zone A) puisque la diminution d’un
facteur (signe négatif) doit être nécessairement compensée par
l’augmentation de l’autre facteur (signe positif) pour garder la même
production.
- Elles sont convexes par rapport à l’origine des coordonnées. En
renonçant à un facteur de productivité marginale augmente, ce qui
nécessite des quantités de plus en plus croissantes de l’autre facteur
pour garder la même production.
- Elles ne se coupent jamais car cela signifie qu’une même combinaison
d’input, produirait deux quantités différentes d’output.
- Le taux marginal de substitution technique (TMST)
Le TMST de L à K (TMSTLK) désigne le montant de K qu’une entreprise est
prête à céder pour obtenir une unité supplémentaire de L tout en restant
sur le même isoquant.
dK
TMSTLK  
dL
Le TMSTLK diminue lorsqu’on descend le long d’un isoquant.
Ce taux est égal au rapport des productivités marginales des deux
facteurs. En effet, la fonction de production est la forme :
Q  f (K, L) . Sa dérivée totale serait :
Q Q
Q  f K' dK  f L' dL  dK  dL . D’où f K' dK  - f L' dL ou encore
K L
Q Q
dK  - dL
K L
Le TMST est le rapport entre ces deux variations.
Q
TMST  L  
dK
Q dL
K
dK
est la dérivée de la fonction K = f(L) et en même temps pente de la
dL
tangente en un point, ou sur arc d’un isoquant.
La contrainte budgétaire : la droite d’iso coût : une droite d’iso coût
représente l’ensemble des combinaisons possibles de L et K, compte tenu
de la dépense totale de l’entreprise (c) et des prix des facteurs de
production travail et capital (PL et PK)
L’équation du coût total est : C = PL.L + PK.K
Exprimons K dans cette fonction
PK.K = - PL.L + C
 PL C
K .L   aL  b
PK PK
La droite d’iso coût à donc une inclinaison exprimée par une pente =-1.
Cette pente exprime le rapport des prix des deux facteurs.
c
P c P P 1
Pente   K   . L   L    1
c PK c PK 1
PL
Cela signifie que chaque fois que le producteur renonce à une unité de K,
il peut la remplacer par une unité de L, tout en restant dans la limite de
son budget d’investissement.
K est de la forme y = ax + b+
Représentation graphique
Si PL= PK = 1 et le coût, C= 9 = PL.L + PK.K = 1L + 1K
Cela signifie que l’entrepreneur peut acheter au maximum :
9L et OK (point B) K
9K et OL (point A) 10
8

L
0 2 4 6 8 10
Calculons la pente ligne AB : exprimons K en fonction de L.
1K = 9 – 1L. K L  1.
'

La droite d’iso coût a donc une inclinaison exprimée par une pente = - 1
c
P c P
Pente  K   . L  1
c PK c
PL

1.2.4. L’optimum du producteur


A partir d’une dépense totale ou coût total le producteur cherchera à
maximiser sa production. Il atteint l’équilibre lorsque la droite de l’iso coût
touche en un point l’isoquant le plus élevé.
Le raisonnement est ainsi analogue à celui du Consommateur lorsque la
droite du budget est confrontée aux courbes d’indifférence.
Le point de tangence entre l’isoquant et l’iso coût exprime une égalité
entre la valeur absolue de la pente de l’iso coût.
La pente de l’isoquant est égale au rapport des productivités marginales
FL
des facteurs : (ou TMST) et la pente de l’iso coût se déduit de son
FK'
PL C
équation C  PL L  PK K d’où K - L .
PK PK
A l’équilibre, ou point de tangence d’un isoquant et d’un iso coût on a :
FL' PL
'
 .
FK PK

1.2.5. La maximisation de la production ou du profit


a) Maximisation de la production
Comme pour le consommateur qui cherche la meilleure satisfaction à
partir d’un revenu déterminé, il s’agit de maximiser par le Lagrangien la
production, à partir d’une dépense déterminée.
On suppose que les prix p1 et p2 des facteurs de production sont
indépendants de leurs quantités x1 et x2 et que le producteur peut
dépenser une somme fixe.
D = p1 x1 + p2 x2
L’entrepreneur doit résoudre le système suivant :
Maximiser la production Q = f(x1, x2) sous contrainte: D - p1 x1 - p2 x2 = 0
Il s’agit donc de trouver les dérivées du lagrangien
L x1 , x2 ,    f  x1 , x2    D  p1 x1  p2 x2 
Les conditions d’un extremum de 1er ordre pour l’existence d’un extremum
1)    
L'x1 x1 , x2 ,   f x1' x1 , x2  p1  0
2) L'x 2
 x , x ,    f  x , x   p  0
1 2
'
x2 1 2 2

3) L'x 2
 x , x ,    D  p x  p x  p
1 2 1 1 2 2 2
0
De 1) et 2) on peut tirer l’égalité suivante :
f x'  x1 , x2  p1
1

f x'  x1 , x2  p2
2

Cette égalité signifie que le rapport des productivités marginales ou TMST


est égal au rapport des prix des facteurs.
- Les conditions de second ordre
On forme une matrice hessienne composée des dérivées secondes par
rapport à x1 et x2 et 
L"x x 1 1
L"x x
1 2
L"x 
1

H  L"x x 2 1
L"x x
2 2
L"x 
2

L"x 1
L"x 2
L"
Si le déterminant est > 0 il y a un maximum
Si le déterminant est > 0 il y a un minimum
b) La maximisation du profit
L’entreprise s’intéresse le plus souvent à la maximisation du profit plutôt
que la production. Le profit de l’entreprise est l’excédent de ses recettes
sur son coût total.
=R–c
La recette du bien x est
R = p. q
p: prix de vente du bien x
q : quantité vendue de x
Le coût total est :
C’ = p1 x1 + p2 x2 + c

Coût variable coût fixe


p1 ; p2 = prix d’achat des facteurs x1 et x2
x1 ; x2 = quantités d’achat des facteurs x1 et x2
Le profit est donc fonction de x1 et x2. il doit être maximisé par rapport à
ces deux variables, alors que les prix p1 et p2 sont les données.
Pour résoudre ce système, deux conditions doivent être réunies :

1) Conditions de 1er ordre (extremum) :


Les dérivées partielles par rapport à x1 et x2 doivent être nulles :

 pf x'  x1 , x2   p1  0
x2 1


 pf x'  x1 , x2   p2  0
x2 2

Ces deux expressions correspondent à la pm en valeur des facteurs x1 et


x2.
Des deux équations on déduit :
pf x'  x1 , x2   p1
1

pf x'  x1 , x2   p2
2

Pour atteindre un maximum de profit il faut donc que chaque facteur soit
employé jusqu’au moment où sa production marginale en valeur égalise le
prix d’achat des facteurs.

2) Conditions de second ordre


a) Que les dérivées secondes soient négatives
 2
 pf x"  x1 , x2   0
x1 2 1

 2
 pf x"  x1 , x2   0
x2 2 2

La fonction de production présente donc un maximum


Dérivée partielle mixe

b) Ou bien que le déterminant de la matrice carrée soit positif


 2

x12 x1x2  2  2   2 
C’est à dire  0
x12 x22  x1x2 
.
 2  2
x1x2  2 x2

1.2.6. Le changement d’échelle (équilibre dynamique)


Si l’entreprise change sa capacité totale de production (son échelle de
production) alors que le prix de facteurs de production reste constant, l’iso
coût de l’entreprise se déplacera d’une manière parallèle, vers le haut si la
dépense totale augmente et vers le bas si la dépense totale baisse.
Représentons le changement d’échelle :

1.2.7. La courbe d’expansion


Imaginons un apport total de l’entreprise évoluant ainsi c1, c2, c3.ces trois
apports correspondent à trois points d’équilibre. La droite qui fera le joint
entre ces différents points d’équilibre détermine la courbe d’expansion de
l’entreprise.
S’il y a changement d’échelle de production sans changement
technologique, le sentier d’expansion est une droite, et s’il y a
changement technologique le sentier d’expansion aura une forme courbée.
La courbe d’expansion représente l’évolution dans le temps de la
productivité de l ‘entreprise compte tenu de l’évolution de ses
investissements et de ses apports en facteurs de production.
En remarque, la courbe d’expansion pour le producteur représente la
courbe de consommation revenue pour le consommateur.

D3

D2

D1

O L
1.2.8. Les fonctions de production et de répartition
Le théorème d’Euler
Les fonctions de productions homogènes satisfont à l’identité d’Euler, c’est
'
  '
 
à dire à l’équation suivante : Lf L L, K  Kf K L, K  Kf ( L, K ) .
K étant le degré d’homogénéité de la fonction
Reprenons l’exemple précédent
f (t L, t K) = L2 + 4 L K + 3 K2 (fonction de degré 2).
Nous avons
f L' L, K   2 L  4 K
f K L, K   4 L  6 K
Développons le terme de gauche de l’identité d’Euler.
L (2 L + 4 K) + K (4 L +6 K) =2 L2 + 4 K L+ 6 L+4 K L
= 2 (L2 + 4 K L + 3 K2
= 2f (L, K)
Ce résultat signifie qu’étant que la fonction est homogène de degré 2, la
somme des produits de chaque dérivée partielle par la variable
correspondante (L, K).
Cette identité nous intéresse surtout lorsque K = 1.
Nous avons donc l’égalité suivante :
Lf L' L, K   Kf K' L, K   f L, K 
La valeur de la production est égale à la somme des quantités utilisées de
chaque facteur, multipliée par leurs productivités marginales respectives.
Nous remplaçons f’L et f’k par les prix p L et p K ; ce qui nous donne :

Lp L  Kp K  f L, K . 
Economiquement cela signifie que le produit est partagé en deux parts :
l’une va au travail, L f’L (L, K) représentant le montant des salaires et
l’autre va au capital K f’K L, K) représentant le montant des intérêts versés
au capital.
Autrement dit, si l’entreprise achète facteur selon sa productivité
marginale physique, la rémunération totale des facteurs est égale à la
valeur de la production.
Cette propriété est connue sous le nom de règle d’épuisement du
produit : le produit est totalement épuisé par les rémunérations versées
aux propriétaires des facteurs : les travailleurs et les capitalistes.

1.2.9. Les fonctions de production homogènes


Elles sont particulièrement intéressantes pour l’analyse économique.
- Une fonction à deux variables indépendantes est homogène de degré K
si en multipliant chacune des variables indépendantes (L et K par
exemple) par un nombre entier positif t, la fonction est multipliée par t k.
Autrement dit, si dans une entreprise les facteurs de production sont
multipliés par t fois, la production sera multipliée par t k.
Ainsi p = f (L, K) est homogène de degré K si :
f (t L, t K) = t k f (L, K)
Exemple: considérons la fonction f (L, K) = L2 + 4 L K + 3 K2
Multiplions chacune des variables par t nombres positifs :
f (t L,t K) = (t L)2 + 4(t L) (t K) + 3(t K)2 = t2 L2 + 4 t2 L K + 3 t2 K2
= t2 (L2 + 4 L K + 3 K2)
D’où f (t L, t K) = L2 + 4 L K + 3 K2
La fonction f (t L, t K) = L2 + 4 L K + 3 K2 est donc une fonction
homogène de degré 2 (K = 2).
Economiquement cela signifie que si nous doublons pour cette fonction
chacune des facteurs de production L et K, lorsque t = 2, la production se
trouve multipliée par 4 c’est à dire par t k ou (2)2
La production augmente donc plus que proportionnellement que les
augmentations des facteurs : on se trouve donc dans une phase de
rendements d’échelle croissants.
D’une manière générale :
- Si K = 1, la production est multipliée par t 1 lorsque les facteurs sont
multipliés par t : les rendements sont constants.
- Si K > 1, la production est multipliée par t k > t ; les rendements sont
alors croissants.
- Si K < 1, la production est multipliée par t k < t lorsque les facteurs
sont multipliés par t. les rendements sont alors décroissants.
Les dérivées premières d’une fonction homogène de degré K sont des
fonctions homogènes de degré K – 1.

1.2.10. La fonction de production COBB DOUGLAS


Très utilisée dans l’analyse économique, cette fonction s’écrit ainsi :
Y  AK L1-
Y : production totale
K et L : capital et travail respectivement
A : coefficient représentant la dimension de l’économie considérée
 : nombre entier positif compris entre 0 et 1.
Cette fonction est homogène de degré 1 ; d’où, lorsque chaque facteur est
multiplié par un nombre entier positif t, toute la fonction se trouve
multipliée par t ;
AtK  tL 
 1
 At  K  t 1 L1
 tAK  L1
 tY
Comme toute fonction de degré 1 les rendements d’échelle sont
constants, ainsi que le rapport des productivités marginales.
Ainsi si tous les facteurs augmentent dans la même proportion, le produit
s’accroît dans cette proportion.
Les coefficients  et 1- représentent économiquement les élasticités
partielles de la production par rapport, respectivement, à K et L.
Ainsi :
- Si K augmente de 1%, la production augmente de % ;
- Si L augmente de 1%, la production augmente de (1-)% et
- Si L et K augmentent de 1%, la production augmentera de (+1-)%.
Le rendement d’échelle est constant.
- La fonction COBB DOUGLAS permet dans de nombreux pays de
mesurer d’une part l’évolution dans le temps de la productivité totale,
et d’autre part d’analyser l’évolution de la répartition du produit global
entre le revenu du travail et le revenu du capital.
- Des travaux plus récents ont permis l’élaboration d’un indice de
productivité totale à partir de cette fonction. Le raisonnement est le
suivant.

1.2.11. Les élasticités


Deux élasticités intéressent le Producteur : l’élasticité de sa production par
rapport à ses investissements en facteurs, et l’élasticité de substitution
technique.
- L’élasticité de la production par rapport aux facteurs
L’élasticité de la production par rapport aux facteurs exprime le degré de
variation de l’un des facteurs de production utilisés.
Sa formule s’écrira pour le facteur L :
Q K
eQ  . .
K K Q
Si nous raisonnons sur un temps O et t, on peut avoir le rapport des
produits :
Yt A t  K t  
 1
 Lt 
     .
Y0 A 0  K 0   L0  
La formule entre crochets peut être un indice synthétique des facteurs
utilisés au cours des deux périodes. Ceci nous permet de faire ressortir
l’indice général de productivité.
Yt
Y0 At

 K t   Lt  
 1
A0
    
 K 0   L 0  
- L’élasticité de substitution technique. Elle permet de mesurer le degré de
substitution d’un facteur par un autre lorsque les prix relatifs de ces
produits varient.
L’élasticité de substitution du facteur K au facteur L est égale à :
K L K  L
K K
 L  L
PL   TMSTLK 
PK  TMSTLK
PL 
PK 
Plus la valeur de cette élasticité est grande, plus la possibilité de
substitution est grande lorsque les prix relatifs varient.
Lorsque les deux facteurs de production sont complémentaires (une seule
combinaison technique), le rapport K/L est constant, sa dérivée est nulle
et donc l’élasticité est nulle.

K  C te 
 L 
K 0
 0  esubstLK  0 .
L K C te
L
Lorsque les deux facteurs sont parfaitement substituables, les possibilités
de substitution non illimitées :
TMSTLK  0
TMSTLK  C te   te  esubstLK   .
TMSTLK C
Par contre, l’élasticité de substitution pour la fonction COBB DOUGLAS est
toujours égale à 1, c’est-à-dire qu’une variation en pourcentage de la
structure des prix relatifs des facteurs, entraînant une variation du même
pourcentage dans la modification des deux facteurs.

1.3. Exercices d’autoévaluation


Exercice 1 :
Le tableau suivant exprime les différentes quantités de main d’œuvre
permettant la production d’un bien.

K Unité de travail Productivité totale


(L) Q=f (K0, L)
1 0 0
1 1 2
1 2 8
1 3 12
1 4 15
1 5 15
1 6 13

a) Calculer les différentes productivités moyennes et marginales.


b) Représenter à travers un graphique ces différentes productivités.
Exercice 2 :
Soit trois séries de combinaisons (trois isoquants) correspondant à trois
niveaux de production différents : Q=100, Q=130, Q=150.

Isoquant 1 Isoquant 2 Isoquant 3


L K L K L K
A 3 7 5 9 7 11
B 2 4 4 6 6 8
C 3 2 5 4 7 6
D 4 3 6 5 8 7

Représenter graphiquement ces trois séries de combinaison.


Exercice 3 :
Soit la fonction de production suivante et la contrainte du budget :
Q  LK

D  2L  K
Calculer la production maximum réalisée.
Exercice 4:
Soit la fonction de production et la fonction de coût suivantes :
Q  -a² - b²  5a  9b  2

C  7a  7b  1
Calculer le profit maximum réalisé par le producteur si le prix du bien
fabriqué X est PX=7 F.
Exercice 5:
Considérons les fonctions de production et d’iso coûts suivants :
Q  4L²K
0,5


C T  60L  20K  400
Calculer :
a) A partir du TMS, la combinaison optimale qui maximise la
production.
b) Le prix de revient unitaire.
c) Les productions obtenues lorsqu’on double les quantités des facteurs
L et K.
d) L’élasticité de la production par rapport au facteur K. Que signifie le
résultat obtenu ?
e) Le profit total réalisé par l’entreprise si le prix du marché du bien
produit est p=15.

Exercice 6:
Montrer comment, à partir d’une fonction de production Q=f(K,L), on peut
démontrer les caractères de divisibilité, de substituabilité et
d’homogénéité des facteurs de production.
Exercice 6:
Une enquête a montré que les étudiants de Conakry parcourent en
moyenne 30 Km par jour pour aller à leurs facultés, en utilisant trois
moyens de transport : le bus, le taxi et la moto. La hausse des pris de
l’essence a entraîné la modification suivante dans l’usage de ces moyens.

Avant l’augmentation Après l’augmentation


Prix du Km Prix du Km
Km/j Km/j
(en Franc) (en Franc)
Taxi 30 50 50 5
Bus 20 30 30 15
Moto 10 15 15 10

1°) Calculer les élasticités prix de ces trois moyens de transport.


2°) Commenter la distribution des transports entre ces trois moyens, le
classement de l’ordre de préférence dans l’usage de ces moyens après
l’augmentation.
En déduire le niveau de vie moyen de ces étudiants.
3°) Après cette augmentation on a remarqué une baisse des ventes de la
moto de 20%. Calculer l’élasticité croisée de la demande de la moto par
rapport au prix de l’essence.
Exercice 6:
Après avoir défini les notions de rendement, de rendements factoriels, de
rendements d’échelle et de rendements de substitution, montrer les
raisons pour le producteur du Passage des rendements factoriels aux
rendements d’échelle et ensuite aux rendements de substitution.

Séquence 2. Les coûts de production


2.1. Objectifs
Après avoir étudié cette séquence, vous devez être à mesure :
- De définir le coût de production
- D’effectuer le calcul du coût total
- De distinguer les coûts fixes totaux aux coûts variables totaux
- De déterminer les coûts unitaires
- De calculer les coûts moyens et marginaux.

2.2. Contenu

2.2.1. Définition du coût de production


Un coût désigne une dépense de l’entreprise nécessaire à la réalisation de
sa production. C’est une notion fondamentale car elle permet à
l’entreprise de fixer les prix de vente de ses produits afin de réaliser un
bénéfice.
2.2.2. Calcul du coût total
Le coût total désigne la somme du coût variable et le coût fixe.
CT=cV+cF

2.2.3. Définition des coûts fixes totaux


Les coûts fixes désignent les charges totales de l’entreprise pour tous les
facteurs fixes.

2.2.4. Définition des coûts variables totaux


Les coûts variables désignent les charges pour tous les facteurs variables.
- Le coût unitaire est le rapport entre le coût total et les quantités
produites.
- Le coût moyen (c M) est le rapport entre le coût total et les quantités
produites. Il est assimilable au coût unitaire.
- Le coût marginal (cm) est la variation du coût total résultant d’une
variation des quantités des facteurs de production.

cT cT
cM  ; cm 
Q Q
- le coût d’opportunité correspond à un manque à gagner lié à un
déplacement, à un investissement ou à un événement .Prenons
l’exemple d’une rupture de stock pour une entreprise, cette rupture ne
coûte rien à l’entreprise car elle ne l’oblige pas à réaliser de nouvelles
dépenses ; elle correspond en revanche à une perte de clientèle.
- CT = c VM + c F M

2.2.5. Détermination du coût moyen

2.2.6. Détermination du coût marginal


2.3. Exercices d’autoévaluation

Séquence 3. L’équilibre général et l’économie du bien-être

3.1. Objectifs
Après l’étude de cette séquence vous devez être à mesure :
- De savoir la signification de l’équilibre général
- De définir l’équilibre partiel
- D’expliquer l’économie du bien être.
3.2. Contenu

3.2.1. L’équilibre général


L’équilibre général suppose la réalisation simultanée de tous les équilibres
partiels sur l’ensemble des marchés.
L’équilibre partiel signifie la confrontation des offres et des demandes des
agents économiques sur un marché isolé.
En effet, l’analyse de l’équilibre général prend en considération les
relations entre marchés. Une hausse du prix du pétrole ne modifie pas
seulement les prix de transport, mais aussi, éventuellement, les salaires
de tous les travailleurs qui utilisent ces transports et donc les coûts de
production dans les secteurs qui utilisent ces travailleurs.
Léon Walras (1834-1910) a été le promoteur de cette méthode d’analyse.
En ce qui concerne la demande de biens, le comportement du
consommateur est basé sur l’utilité marginale pondérée par les prix.
Le consommateur est indifférent
Umx Umy

Px Py

3.2.2. L’économie du bien-être


L’économie du bien être est une méthode qui permet de savoir sous
quelles conditions devrait être un modèle d’équilibre général pour
résoudre à un bien être social, autrement dit, comment repartir d’une
manière optimale les facteurs de production entre les marchandises
produites, et comment repartir les marchandises (par une répartition des
revenus) entre les consommateurs.
En effet, une partie de la théorie des prix est attachée à la théorie
descriptive ou positive.
Une autre partie, normative, cherche à raisonner en termes d’efficacité et
de bien être économique. Le problème posé à travers cette démarche est
le suivant : devant plusieurs objectifs en matière d’affection des
ressources et des répartitions des revenus, comment choisir le meilleur ?
- L’économie du bien être repose sur deux postulats : le bien être obéit au
seul jugement de l’individu, le cadre du raisonnement reste donc très
individualiste ; de même, le bien être de la société est le résultat du bien
être de chacun des individus.
Cinq (5) critères sont proposés pour déterminer lequel des plusieurs
états est le meilleur : l’unanimité, la règle de pareto, la règle de la
majorité, la fonction de bien être de Bergson et la règle potentielle de
pareto.
- La règle de l’unanimité signifie que tous les membres de la société
estiment qu’un état est socialement supérieur à un autre état, il est
considéré comme meilleur.
- La règle de pareto dit l’état 1 est préférable à l’état 2 si personne ne
manifeste des préférences pour l’état et si au moins une personne
préfère l’état (1) à l’état (2). Cette règle est toutefois inapplicable
puisqu’il y a toujours des préférences contradictoires dans un groupe
social.
- La règle de majorité soumet la préférence au choix de celle-ci. Mais la
majorité peut être assurée avec un score de 50,1 contre 49,9 ; ce qui
a créé un rejet de cette règle chez de nombreux économistes.
- La fonction de bien être de Bergson accorde des poids aux préférences
individuelles. Ce critère étant très subjectif, n’a pas non plus été
adopté.
- Le dernier critère, qui a reçu l’adhésion la plus large, est la règle
potentielle de pareto. L’état (1) est meilleur à l’état (2) s’il est
potentiellement possible que l’état (1) puisse compenser au moins
tous les avantages obtenus dans l’état (2). La faiblesse de du
raisonnement réside toutefois dans la compensation qui est purement
potentielle et non forcément réelle, puisqu’elle n’exige pas un réel
transfert de revenu.
Ce critère d’optimalité au sens parétien a donné lieu à trois
considérations principales.
 La condition marginale de l’échange : elle suppose pour atteindre un
maximum au sens de Pareto d’égaliser, pour tous les individus qui
consomment chaque paire de biens, le taux marginal de substitution pour
ces deux biens.
 La condition marginale relative à la substitution des deux facteurs.
 La condition marginale relative à la substitution des produits : elle
suppose d’égaliser, pour tous les producteurs qui utilisent chaque paire de
facteur, le taux marginal de transformation dans la production avec le
taux marginal de substitution.
Le taux marginal de transformation de x en y TMS x y mesure la quantité
de y produite à laquelle il faut renoncer pour libérer suffisamment de L et
K de manière à produire une unité supplémentaire de X.
Dans la réalité, l’économie du bien être appliquée s’exerce souvent
sous l’appellation d’analyse coût – avantages.
Pour que ces conditions marginales d’optimalité parétienne soient réunies,
il faut que chaque consommateur, chaque entreprise, chaque branche et
chaque marché des facteurs soit en situation de concurrence pure et
parfaite. Dans ce cas le système des prix pourra pleinement jouer pour
permettre d’atteindre l’optimum paretien. Si des éléments externes
(pollution) la formation de monopoles ou d’oligopoles, l’existence de
barrières à l’entrée du marché, le coût de chaque activité enregistrée par
un individu sera différent de celui qui est supporté par la société toute
entière, ce qui nous éloignera d’une production optimale selon le critère
paretien.