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 Ecole nationale de Commerce et de Gestion El Jadida  

Cours de Fiscalité 
d’Entreprise II
Chapitre II : La taxe professionnelle 

Pr. Issam El FILALI 
Année Universitaire 2017‐2018
Plan

I. Décryptage de la taxe professionnelle


I.1 Champ d’application
I.2 Professions imposables
I.3 Personnes imposables
I.3.1 Les personnes physiques
I.3.2 Les personnes morales
I.4 Territorialité
I.5 Exemptions

II. Le classement dans les tableaux de la taxe professionnelle

II.1 La classe 1
II.2 La classe 2
II.3 La classe 3

III. Eléments constitutifs de la taxe professionnelle

III.1 Eléments à retenir pour le calcul de la TP


III.2 Détermination de la base imposable de la TP
III.2.1 Définition de la VL
III.2.2 Méthodes d’évaluation de la VL
III.2.3 Cas particuliers

IV. Taux et calcul de la taxe professionnelle

IV.1. LES TAUX PAR CLASSE


IV.2. CALCUL DE LA TP

V. Annualité de la taxe professionnelle et obligations déclaratives

V.1 Principe de l’annualité :


V.2 Dérogation au principe de l’annualité :
V.3 Création ou investissement en cours d’année
V.4 Désinvestissement ou cessation
V.5 Cas de chômage et de professions saisonnières
V.6 Lieu et période d’imposition

VI. Obligations des contribuables en matière de taxe professionnelle

VI.1. Déclaration d’inscription à la taxe professionnelle


VI.2. Déclaration des éléments imposables
VI.3. Affichage du numéro d’identification à la taxe professionnelle
VI.4. Déclaration de chômage d’établissement
VI.5. Déclaration de cession, cessation, transfert d’activité ou transformation
de la forme juridique
I. Décryptage de la taxe professionnelle
C’est un impôt direct qui s’applique sur la situation permanente que présente
l’exercice d’une profession en tenant compte de certaines incidences extérieurs tels
que :

-La nature des conditions d’exercice de la profession ;


-L’importance des éléments de la taxe professionnelle ;
-La valeur locative et les installations.

La TP apparaît comme un impôt forfaitaire ne tenant compte ni du chiffre d’affaires,


ni des bénéfices mais qui est lié à la capacité de production (machines, local…). Elle
est établie par voie de taxation administrative ne nécessitant aucune déclaration
préalable du contribuable, mais en s’appuyant sur un recensement effectué chaque
année par l’administration fiscale. Le tarif de cette taxe se base sur un tableau avec
dénomination et classement des professions dont l’évolution est régulièrement
modifiée.

I.1 Champ d’application

Le champ d’application de la TP est appréhendé à travers les professions et les


personnes imposables ainsi qu’à travers la délimitation du territoire fiscal en tenant
compte des exemptions.

I.2 Professions imposables

Toute profession est passible de la TP dès lors qu’elle n’est pas expressément
exonérée.

Il y’a exercice d’une profession dès que les trois conditions suivantes sont remplies:

1-Exercice de l’activité à titre effectif et habituel d’une profession : l’exercice


d’une activité à titre effectif suppose l’existence d’une clientèle et surtout que
la profession soit exercée à titre habituel abstraction faite des opérations
occasionnelles ou accidentelles. Cependant le caractère habituel est attribuer
à certaines professions telles que : lotisseur, entrepreneur de travaux publics.

Dans la pratique, l’exercice d’une activité devient effectif dès les premières
opérations d’approvisionnement pour le commerçant et l’industriel ou la
première prestation de service.

2-Exercice de l’activité pour son propre compte : le contribuable doit exercer


pour son propre compte et à ses risques et périls. Dans le cas d’un
établissement exploité par un gérant, le gérant salarié est exonéré. Cependant
e gérant libre, locataire d’un fonds de commerce est imposable.

3-Exercice de l’activité dans un but lucratif : la profession doit être exercée


dans un but lucratif. Cette condition ne signifie pas que le bénéfice est
nécessaire pour motiver l’imposition. Il suffit que l’affaire soit susceptible de
procurer des bénéfices.

I.3.Personnes imposables

Toute personne physique ou morale de nationalité marocaine ou étrangère qui exerce


au Maroc une activité professionnelle est assujettie à la TP.
I.3.1 Les personnes physiques :

La loi régissant la TP ne prévoit aucune exception en ce qui concerne la nationalité,


l’âge et la capacité juridique : homme et femme quel que soit leur régime matrimonial,
majeur ou mineur, les interdits et toutes autres personnes empêchées d’exercer par
elle-même dès l’instant où la profession est exercée en leur nom par ou par des
mandataires. La TP est un impôt personnel.

I.3.2 Les personnes morales

Sont appréhendées à ce titre les collectivités quelle que soit leur forme et leur nature
(privées ou publiques).

 Les collectivités privées :

Il est question ici des sociétés commerciales qu’il s’agisse de société de personnes
(SNC, SCS) ou de sociétés de capitaux (SA, SARL, SCA).La TP des sociétés de
personnes ou de capitaux est établie au nom de la raison sociale.

Sont également soumis à cette taxe, les fonds créés par voie législative ou par
convention ne jouissant pas de la personnalité morale et dont la gestion est confiée à
des organismes de droit public ou privé. L’imposition est établie au nom de leur
organisme gestionnaire.

 Les collectivités publiques :

Tous les offices et régies ayant l’autonomie financière et assurant la gestion de


certains services (établissements publics) tels que l’ONE, l’OCP, l’ONT, la régie des
tabacs sont soumis à la TP. Mais les établissements publics à caractère administratif
prépondérant ne sont pas imposables (CNSS, BRPM, etc.).

I.4 Territorialité

Est passible à la TP, toute personne physique ou morale de nationalité marocaine ou


étrangère qui exerce au Maroc une activité professionnelle. La personne imposable
doit disposer au Maroc d’une installation matérielle (locale) ou y exercer de façon
visible son activité à titre habituel. Les sociétés ayant leur siège à l’étranger ne sont
imposables qu’au moment où l’exercice habituel est matérialisé par l’existence d’un
établissement autonome ou succursale au Maroc.

I.5 Exemptions

Sont exemptés de la TP bien qu’ils exercent des professions inscrites dans ses tarifs:

1-Les professions de fonction publique. Toutefois elles deviennent imposables


dès que les intéressés les exercent à leur propre compte ;

2-Les exploitants agricoles mais uniquement pour la vente en dehors de toute


boutique ou magasin des récoltes et fruits provenant de leur exploitation, ainsi
que la vente de bétail qu’ils y élèvent. S’il y’a vente en boutique ou activité de
transformation (ex huilerie) ils deviennent imposables.

3-Les coopératives et leurs unions lorsque leur chiffre d’affaire est inférieur à
2 000 000 DH hors TVA

4-Les entreprises nouvellement créées pendant une durée de 5 années à partir


de la date de la première opération d’approvisionnement ou de prestation de
service.
5-Les nouveaux investissements pour une durée de 5 ans à partir de la date
d’acquisition (ex : terrains, matériel et outillage) et ce à l’exception des
établissements n’ayant pas leur siège au Maroc, les établissements de crédit,
Bank Al Maghrib, CDG, assurances, agences immobilières ;

6-Les investissements dépassant 50.000.000 DH en prenant en compte dans


la valeur locative la valeur des biens acquis en crédit-bail et sans compter les
éléments bénéficiant d’une exonération de 5 ans ;

7- Les promoteurs immobiliers pour l’ensemble de leurs activités destinés aux


logements sociaux dans le cadre de conventions avec l’Etat ;

8-Une réduction de 50 % du montant de la TP est accordée pour les redevables


ayant leur domicile fiscal ou leur siège dans l’ex-province de Tanger et qui y
exercent une activité principale ;

9-Les entreprises exerçant dans les zones franches d’exportation pendant les
15 premières années de leur activité.

10-Autres bénéficiaires :

‐ les établissements d’enseignement ou de formation professionnelle


pour les locaux affectés au logement et à l’instruction des élèves ;
‐ la Banque Africaine de Développement
‐ la Banque Islamique de Développement
‐ la Société financière Internationale
‐ l’agence Bayt mal al Qods acharif
‐ les O.P.C.V.M
‐ les F.P.C.T
‐ les O.P.C.R
‐ la société sala al jadida
‐ la société nationale d’aménagement collectif SONADAC pour ses
activités de logements sociaux
‐ l’agence pour l’aménagement de la vallée du bourereg
‐ l’agence pour la promotion et le développement économique et social
des préfectures et provinces du Nord
‐ l’agence pour la promotion et le développement économique et social
des préfectures et provinces du Sud
‐ l’agence pour la promotion et le développement économique et social
des préfectures et provinces de la région orientale
‐ la fondation Mohamed VI,
‐ la fondation Cheikh Zaid,
‐ la fondation Mohammed V
‐ l’université Al Akhawayn
‐ Bank al Maghrib pour les terrains, constructions matériel et outillage
servant à la fabrication des billets et des monnaies
‐ les banques et sociétés offshore (immeubles occupés par leur siège et
agence)
‐ les associations et organismes sans but lucratifs
‐ les contribuables pour la valeur des immobilisations utilisées comme
moyens de transport et de communication
‐ les personnes physiques ou morales titulaires d’un permis de
recherche de gisement d’hydrocarbure
II. Le classement dans les tableaux de la taxe professionnelle

Les activités professionnelles sont classées, d’après leur nature, dans l’une des trois
classes de la nomenclature des professions prévues à cet effet.

II.1.La classe 1

Dans cette classe (C1), la prise en compte d’un matériel ne joue pas un rôle essentiel.

La classe 1 est la plus coûteuse en termes de TP. Elle regroupe les activités
caractérisées par leur faculté à dégager une grande marge bénéficiaire. Il s’agit en
général des activités de commerce en gros et quelques activités de prestation de
service.

A tire d’exemple d’activités de la classe 1, on peut citer :

-les banques ;
-les marchands ou intermédiaire effectuant l’exportation et l’importation ;
-les laboratoires d’analyses médicales, chimiques ou industrielles ;
-les architectes occupant plus de trois dessinateurs, calculateurs, secrétaires
ou dactylographes ;
-les tenants d’un magasin pour la vente en gros d’articles ménagers ;
-les entrepreneurs d’assurance maritime ;
-les exploitants d’un établissement de crédit-bail (leasing);
-les marchand en gros de voitures automobiles ;
-les avocats occupant un confrère ou plus et une secrétaire (plus de trois
secrétaires) ;
-les bureaux d’études, d’enquêtes et de recherches.

II.2.La classe 2

La classe (C2) regroupe les marchands et les prestataires de services dont l’ampleur
est inférieure à celle de la classe 1.

On cite à titre d’exemple :

-les agences de voyage ;


-les loueurs d’agrément de transport de personnes ou de marchandises ;
-les tenants d’un magasin d’alimentation générale ;
-les médecins ;
-les architectes travaillant seul ou un à trois dessinateurs ;
-les marchands d’accessoires ou de pièces détachés pour voitures ;
-les marchands de voitures d’occasion ;
-les avocats employant, au plus, un ou deux dactylographes ou secrétaires.

II.3.La classe 3

La classe (C3) tient compte de l’outillage et d’autres moyens de production. Elle vise
essentiellement les industriels, les constructeurs et les confectionneurs. En parallèle,
cette classe regroupe des activités de commerce et de prestation de services de
minime importance.
On peut citer comme exemples d’activités faisant partie de la classe 3 :

- les fabricants d’accumulateurs électriques ;


- les fabricants des agglomérés, de ciment, briques et tuiles ;
- les monteurs d’avion ;
- les fabricants d’alcool ;
- les exploitants de fonderie d’aluminium ;
- les fabricants de pièces de prothèses dentaires ;
- les entrepreneurs de transport urbain par autobus ;
- les exploitants d’un établissement pour l’entretien des voitures ;
- les auteurs d’ouvrages ou d’articles littéraires, scientifiques et autres ;
- les marchands en détail d’aliments composés ;
- les adouls.

III. Eléments constitutifs de la taxe professionnelle

La TP est déterminée en fonction de la rentabilité virtuelle de la profession exercée et


en fonction des principaux signes extérieurs (indices).

La TP est établie sur la valeur locative normale et actuelle

III.1 Eléments à retenir pour le calcul de la TP

Les éléments d’actif immobilisé à prendre en considération pour le calcul de la TP


sont :
-les bâtiments et terrains : la TP est établie sur la valeur locative (VL) des
magasins, boutiques, usines, ateliers, lieu de dépôt et tous les locaux et
emplacements servant à l’exercice de la profession imposable ;
-les agencements et aménagements : les agencements se rapportent aux
bâtiments industriels et consistent en travaux et installations rendant un
bâtiment propre à l’utilisation ;
-le matériel mécanographique : les machines mécanographiques en général, ce
sont les ordinateurs et leurs accessoires ;
-les machines électroniques ;
-les appareils techniques : il s’agit par exemple des appareils de projection d’un
cinéma, du bloc opératoire d’un chirurgien, des appareils du radiologue, etc.
-outillages, force motrice naturelle et moyens de production des établissements
industriels : pour les établissements industriels, la TP porte sur :

 les dépenses des bâtiments, canalisation et voie ferré qui sont


considérées comme des moyens de production ;
 force motrice naturelle : c’est l’eau servant à la production d’énergie ;
 l’outillage : que ce soit outillage fixe ou mobile à l’exclusion des outils à
mains et du matériels roulant (matériel de transport).

N.B : l’outillage inutilisé est retenu dès lors qu’il est installé et qu’il est en état de
fonctionner.

III.2.Détermination de la base imposable de la TP

La base imposable de la TP consiste en la VL dont on traitera la définition et les


méthodes d’évaluation.
III.2.1 Définition de la VL

La VL imposable de la TP est la VL annuelle, brute, normale et actuelle des magasins,


boutiques, usines, ateliers, chantiers, lieux de dépôts, et de tous locaux,
emplacements et aménagements servant à l’exercice des activités professionnelles
imposables.

Le caractère normal et actuel de la VL signifie que le loyer doit être réel ou actuel.

III.2.2 Méthodes d’évaluation de la VL

On distingue trois méthodes d’évaluation de la VL :

-Evaluation par voie de baux et actes de location : cette méthode est utilisée
lorsque les baux et actes de location sont normaux. Pour la sous-location, c’est
le loyer payé au locataire principal par le sous-locataire qui est retenu par
l’administration si la sous location a été consenti à un taux normal.

-Evaluation par comparaison : dite aussi actualisation, est applicable aux


locaux occupés par leurs propriétaires ou bien dans le cas de loyer anormal,
ancien, non régulier, etc.

-Evaluation par appréciation directe : pour les usines, les établissements


industriels ou de prestation de services la TP est calculée sur la VL de ces
établissements pris dans leur ensemble et munis de tous leurs moyens
matériels de production y compris les biens loués ou acquis par voie de crédit-
bail.

Il est à noter que

 Pour les biens loués ou acquis par vois de crédit-bail, la VL est déterminée sur
la base du prix de revient desdits bien figurant au contrat initial de crédit-bail,
même après la levée d’option d’achat.

 En matière de TP, la VL des usines, des établissements industriels,


commerciaux et des prestataires de service est déterminée par application aux
prix de revient des terrains, constructions, agencements, matériels et
outillages d’un taux unique de 3%.

EXEMPLE :

Une entreprise industrielle classée à la classe 3 a acquis ce qui suit :

- Terrains : 600 000


- Constructions : 2 400 000
- Matériel fixe : 3 000 000
- Agencement et aménagement : 300 000
- Matériel mobile : 700 000

Total immobilisation : 7 000 000


La Valeur locative= 7000000X3%= 210 000 DH
III.2.3 Cas particuliers

On peut citer les cas suivants :

 Matériel et outillage loué : on calcule la valeur locative théorique et on la


compare avec le loyer puis on impose le terme le plus élevé ;
 Matériel loué dans le cadre de leasing : la location n’intervient pas le
matériel est considéré comme acquis c’est à dire qu’on considère la VL calculée
sur la base du prix de revient du matériel en question et ce même après la
levée de l’option d’achat (on ignore la valeur résiduelle) ;
 Etablissement hôteliers : pour les établissements hôteliers, la valeur locative
servant de base de calcul de la taxe professionnelle est déterminée par
application au prix de revient des constructions, matériel outillage,
agencement et aménagement des coefficients. Ce coefficient sont fixé comme
suit :

Tranche de prix de revient en DH coefficient


0 à 3 000 000 2%
3 000 001 à 6000 000 1.5%
6000 001 à 12 000 000 1.25%
Plus de 12 000 000 1%

Les terrains sont exclus de l’application de ces coefficients réduits leur valeur
locative est déterminée par application du coefficient normal de 3 %.

De même, il faut préciser que ces coefficients préférentiels ne sont pas cumulables
avec les autres réductions de la taxe professionnelle.

IV. Taux et calcul de la taxe professionnelle

Une fois la VL arrêtée, il reste à lui appliquer le taux correspondant au classement


dans le tableau de la TP de l’activité en question.

IV.1. Les taux par classe:

La TP est obtenue en appliquant à la VL les taux prévus à cet effet. Ces derniers se
présentent, en fonction des classes de la TP comme suit :

classes taux
Classe 3 (C3) 10 %
Classe 2 (C2) 20 %
Classe 1 (C1) 30 %

Pour chaque établissement, le montant de la TP à acquitter ne peut être inférieur aux


tarifs ci-après :

classes Communes Communes


Urbaine rurales
Classe 3 (C3) 300 DH 100 DH
Classe 2 (C2) 600 DH 200 DH
Classe 1 (C1) 1200 DH 400 DH

De même, les taxes dont le montant est inférieur à 100 DH ne sont pas émises.
IV.2. Calcul de la TP

La TP est égale au produit de la VL par les taux d’imposition. Plusieurs situations


peuvent être envisagées :

-Une seule profession exercée dans un local unique : il est dû une seule TP
conformément au classement de la profession par application du taux
approprié à la VL.
-Professions exercées dans un même local par plusieurs personnes : lorsque
plusieurs personnes exercent des professions dans un même local, la TP est
établie pour chaque contribuable au prorata de la VL correspondant à la partie
occupée dudit local.
-Plusieurs professions exercées par une même personne dans des locaux
différents : dans pareil cas, il est dû autant de TP que de professions.
-Plusieurs professions exercées dans un même local: le contribuable qui exerce
plusieurs activités professionnelles dans un même local est imposable d’après
la classe de l’activité principale.

Exemples :

Soit une entreprise de confection classée dans la classe C3 et possédant les


immobilisations suivantes :

Nature des éléments Prix de revient

Terrain 300 000


Bâtiment 600 000
Outillage neuf 400 000
Outillage d’occasion 100 000

Pour calculer la taxe professionnelle on calcule d’abord la valeur locative :

Nature des éléments Prix de revient Taux VL imposable

Terrain 300 000 3% 9000


Bâtiment 600 000 3% 18000
Outillage neuf 400 000 3% 12000
Outillage d’occasion 100 000 3% 3000
Total 42000

La VL totale n’est autre que la totalisation des VL partielles soit, 42000 DH. S’agissant
d’un établissement de fabrication de la classe C3, la taxe professionnelle est égale à

42000X10%=4200

V. Annualité de la taxe professionnelle et obligations déclaratives

Le principe de l’annualité de la TP veut que cet impôt prenne en considération la


situation au début de l’année. Des dérogations sont envisagées dans certains cas
particuliers.
V.1 Principe de l’annualité

La taxe professionnelle est établie et due pour l’année entière à raison de faits
existants au mois de janvier de chaque année.

L’imposition donc est subordonnée à :

-L’existence d’un contribuable au mois de janvier. La personne physique ou


morale soumise à la taxe professionnelle doit avoir au mois de janvier une
existence professionnelle indiscutable et opposable aux tiers.

-l’existence d’une profession imposable au mois de janvier. Mais il n’est pas


nécessaire que tous les actes professionnels soient exécutés en même temps.

Ainsi le commerçant qui a consacré le début de l’année à l’approvisionnement et n’a


réalisé ses premières ventes que dans le courant de la dite année est imposable.
L’imposition, suivant ce principe, est établie en raison des faits pour l’année entière
même si la profession n’est pas exercée pendant toute l’année.

V.2 Dérogation au principe de l’annualité

Dans le cas où le début d’activité a eu lieu en cours d’année (après janvier), la taxe
professionnelle n’est due qu’à compter du premier du mois au cours duquel l’exercice
d’activité a commencé.

V.3 Création ou investissement en cours d’année

Les contribuables qui entreprennent, après le mois de janvier, une activité


nouvellement créée deviennent passibles de la taxe professionnelle à partir du
premier janvier de l’année qui suit celle de l’expiration de l’exonération quinquennale.

De même, les extensions réalisées en cours d’exploitation, après le mois de janvier,


par l’acquisition de terrains, constructions de toute nature, additions de
constructions, matériels et outillage neufs sont imposables à partir du premier
janvier de l’année qui suit celle de l’expiration de l’exonération de ans.

Le matériel d’occasion acquis après le mois de janvier est imposable à compter du


premier janvier de l’année suivante.

V.4 Désinvestissement ou cessation

Les réductions des éléments imposables survenus après le mois de janvier ne sont
prises en considération qu’à partir du premier janvier de l’année suivante.

En cas de cessation en cours de l’année de l’exercice d’une profession, la taxe est due
pour l’année entière et aucun droit à réduction n’est accordé, à moins que la cessation
résulte de décès, la liquidation judiciaire, d’expropriation ou d’expulsion. Dans ce
cas, les droits sont dus pour la période antérieure et le mois courant.
V.5 Cas de chômage et de professions saisonnières

En cas de chômage partiel ou total d’une entreprise, pendant une durée d’une année
civile, le contribuable peut obtenir dégrèvement ou décharge de la taxe
professionnelle.

De même, les professions saisonnières sont imposables pour la totalité de l’année


quelle que soit la durée de la période de l’exercice de leur activité.

V.6 Lieu et période d’imposition :

La taxe professionnelle est établie au lieu de situation des locaux et installations


professionnelles imposables. Les personnes n’ayant pas de locaux ou d’installations
professionnelles sont tenues d’élire un domicile fiscal.

VI. Obligations des contribuables en matière de taxe professionnelle

Les contribuables assujettis à la taxe professionnelle sont tenus d’observer un certain


nombre d’obligations déclaratives. Il s’agit des obligations suivantes :

VI.1. Déclaration d’inscription à la taxe professionnelle

Toute personne soumise à la TP doit, dans un délai maximum de 30 jours suivant la


date du début d’activité, souscrire au service local des impôts, dans le ressort duquel
se trouve son siège social, son principal établissement ou son domicile fiscal, une
déclaration d’inscription à la TP.

Au vu de cette déclaration, un numéro d’identification est attribué au contribuable


requérant.

VI.2. Déclaration des éléments imposables

Les entreprises tenant une comptabilité, doivent produire une déclaration


récapitulative faisant ressortir, par établissement exploité, les terrains et
constructions, agencements, aménagement, matériels et outillage, indiquant la date
de leur acquisition, mise en service ou installation, le lieu d’affectation et leur prix de
revient au plus tard le 31 janvier de l’année suivant celle du début d’activité.

Ces entreprises sont également tenues de produire une déclaration indiquant toute
modification ayant pour effet d’accroître ou de réduire les éléments imposables au
plus tard le 31 janvier de l’année suivant celle de la réalisation de la modification.

Ces déclarations doivent être adressées ou remises contre récépissé au service local
des impôts du lieu de situation du siège social, du principal établissement ou du
domicile fiscal.

VI.3. Affichage du numéro d’identification à la taxe professionnelle

Les contribuables soumis à la TP doivent afficher le numéro d’identification à


l’intérieur de chacun des établissements dans lesquels ils exercent leurs activités.

L’affiche prévue à cet effet doit être placardée de manière à être apparente et
parfaitement lisible.
VI.4. Déclaration de chômage d’établissement

En cas de chômage partiel ou total, le contribuable doit produire, au plus tard le 31


janvier de l’année suivante, au service local des impôts dans le ressort duquel se
trouve son siège social, son principal établissement ou son domicile fiscal, une
déclaration indiquant son numéro d’identification à la TP, la situation de
l’établissement concerné, les motifs, les justificatifs et la description de la partie en
chômage.

Le chômage partiel s’entend du chômage de l’ensemble des biens d’un établissement


pouvant faire l’objet d’une exploitation séparée.

VI.5. Déclaration de cession, cessation, transfert d’activité ou transformation


de la forme juridique

En cas de cession, cessation, transfert d’activité ou transformation de la forme


juridique, les contribuables doivent, dans un délai de 45 jours, à compter de la date
de la réalisation de l’un de ces événements, souscrire une déclaration auprès du
service local des impôts du lieu de situation de leur siège social, leur principal
établissement ou leur domicile fiscal.

En cas de décès du contribuable, le délai de déclaration par les ayants droit est de 3
mois à compter de la date du décès.

Lorsque les ayants droit continuent l’exercice de l’activité du contribuable décédé, ils
doivent en faire mention dans la déclaration précitée afin que l’imposition soit établie
au nom de l’indivision.

Conclusion

La taxe professionnelle est un impôt direct qui frappe les personnes physiques ou
morales en vertu des activités professionnelles qu’ils exercent au Maroc. Sa
liquidation se base sur une estimation annuelle de l’administration fiscale qui
détermine la valeur locative sur laquelle est appliqué le taux réservé à chacune des
trois classes professionnelles. Toutefois, il reste à prendre en considération les
différentes exemptions accordées dans des cas particuliers.