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Note synthétique sur les mesures fiscales contenues dans le projet de loi de

finances pour l’année budgétaire 2020

Madame, Monsieur,

Nous avons le plaisir de vous présenter, ci-après, une note succincte sur les principales
dispositions fiscales contenues dans le projet de loi de finances pour l’année budgétaire 2020.

Le présent projet de la loi de finances s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des
recommandations issues des 3èmes assises nationales sur la fiscalité, tenues à Sekhirate le 3 et 4
mai 2019, ayant pour objectif principal d’impulser une nouvelle dynamique au processus de
réformes du système fiscal marocain afin de répondre à deux impératifs :

 accompagner les évolutions sociales et économiques du Maroc ;


 remplir les engagements de mise en adéquation dudit système avec les normes et
standards internationaux.

Nous restons à votre disposition pour vous communiquer toute information complémentaire et
vous prions de croire, Madame, Monsieur, en l’expression de notre haute considération.

EL MAGURI & ASSOCIES

Dr. Issam EL MAGUIRI


Expert-Comptable DPLE

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SOMMAIRE

1. Mesures spécifiques à l’impôt sur les sociétés (I.S).............................................. 3


2. Mesures spécifiques à l’impôt sur le revenu (I.R) ............................................... 7
3. Mesures spécifiques à la taxe sur la valeur ajoutée (T.V.A) ................................ 7
4. Mesures spécifiques aux droits d’enregistrement et aux droits de timbre ........ 11
5. Mesure spécifique à la taxe sur les contrats d’assurances ................................. 12
6. Mesures communes à l’IS et à l’IR .................................................................... 12
7. Mesures communes à tous les impôts et taxes ................................................... 13
8. Régularisation volontaire de la situation fiscale du contribuable ...................... 17

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1. Mesures spécifiques à l’impôt sur les sociétés (I.S)

1.1. Convergence progressive des taux d’IS appliqués aux sociétés industrielles, au titre de
leur chiffre d’affaires local et à l’export, vers un taux unifié

Actuellement, les sociétés industrielles sont soumises à l’IS au taux marginal de 31%. Ce taux
est plafonné à 17,50% pour leur chiffre d’affaires à l’export.

Dans le cadre de la mise en œuvre des orientations stratégiques visant la baisse progressive de la
pression fiscale sur lesdites sociétés et la convergence à terme vers un taux unifié applicable au
chiffre d’affaires local et à l’export et afin de promouvoir l’investissement productif et de
dynamiser la création d’emplois, il est proposé, dans une première étape de la réforme fiscale,
d’introduire les deux mesures suivantes :

a) la réduction du taux marginal de l’IS de 31% à 28% pour les sociétés industrielles, au
titre de leur chiffre d’affaires local, à l’exclusion de celles dont le bénéfice net est égal ou
supérieur à cent million (100 000 000) de dirhams ;

b) le relèvement du taux de 17,50% précité à 20%, au titre du chiffre d’affaires à l’export.

Ainsi, le barème progressif de l’IS serait réaménagé comme suit :

Montant du bénéfice net fiscal Taux


Inférieur ou égal à 300 000 10%
de 300 001 à 1 000 000 20% au lieu de 17,5%
Supérieur à 1 000 000 31%

L’activité industrielle s’entend de toute activité qui consiste à fabriquer ou à transformer


directement des biens meubles corporels moyennant des installations techniques, matériel et
outillage, dont le rôle est prépondérant.

Ces mesures vont permettre, par ailleurs, de renforcer la compétitivité des sociétés industrielles
marocaines qui subissent une forte concurrence dans un contexte international marqué par la
tendance à la baisse des taux de l'IS, notamment dans les pays de l’OCDE et la région MENA.

Ces propositions s’inscrivent également dans le cadre des actions prises pour aligner les règles
fiscales marocaines aux normes internationales, notamment les standards de l’OCDE et les règles
du code de conduite de l’Union Européenne, conformément aux engagements pris par le Maroc.

Date d’effet : Cette disposition serait applicable aux exercices ouverts à compter du 01 janvier
2020 pour les entreprises exportatrices qui réaliseront leur première opération d’exportation à
compter de cette date.

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1.2. Convergence des taux réduits de l’IS applicables à certains secteurs d’activité vers un
taux d’imposition unifié

Afin d’harmoniser le dispositif législatif marocain avec les normes internationales, suite à
l’adhésion du Maroc au cadre inclusif mis en place par l’OCDE pour lutter contre l’érosion de
la base d’imposition et le transfert des bénéfices (BEPS) et la convergence à terme, vers un
taux unifié de l’IS qui s’applique de manière uniforme à l’ensemble du chiffre d’affaires quel
que soit la destination du produit (local ou à l’export), il est proposé d’introduire les mesures
suivantes :

a) le relèvement du taux intermédiaire du barème d’IS de 17,50% à 20% ;


b) le relèvement pour certaines activités du taux du barème plafonné, de 17,50% à 20%.

Date d’effet : Cette disposition est applicable au titre des exercices ouverts à compter du 1er
janvier 2020.

1.3. Réforme du régime fiscal préférentiel applicable aux sociétés ayant le statut CFC par
l’application d’un taux unifié de 15% et la suppression du régime spécifique
applicable aux sièges régionaux ou internationaux et aux bureaux de représentation
des sociétés non-résidentes ayant le statut CFC

Actuellement les sociétés de service ayant le statut « Casablanca Finance City » (CFC)
bénéficient en matière d’IS, d’un taux spécifique de 8,75%, au titre de leur chiffre d’affaires à
l’export, sachant que leur chiffre d’affaires local est soumis au barème normal d’IS.

Or, selon les standards de l’OCDE et les règles du code de conduite de l’UE, l’application d’un
taux réduit au bénéfice correspondant au chiffre d’affaires à l’export est considérée comme une
pratique fiscale dommageable qui n’est plus tolérée au sens des nouvelles règles internationales
en matière de bonne gouvernance et de transparence fiscales.

Il est à signaler, à ce titre, que le Maroc est devenu, depuis avril 2019, membre du cadre
inclusif mis en place par l’OCDE pour lutter contre l’érosion de la base d’imposition et le
transfert des bénéfices (BEPS) et a pris des engagements pour mettre en conformité ses régimes
fiscaux avec les normes internationales précitées.

La mesure proposée vise à faire bénéficier les sociétés de service ayant le statut CFC de
l’application d’un taux unifié de 15%, au titre de leur chiffre d’affaires local et à l’export, et
ce, afin d’assurer la conformité du régime fiscal de CFC avec lesdites normes internationales.

Il est également proposé, à ce titre, d’abroger le régime fiscal spécifique appliqué aux sièges
régionaux ou internationaux et aux bureaux de représentation des sociétés non résidentes ayant
le statut CFC, afin de les soumettre aux règles de droit commun.

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Date d’effet : Cette disposition serait applicable aux entreprises ayant obtenu le statut
« Casablanca Finance City » à compter du 1er janvier 2020

1.4. Institution d’une obligation de déclaration de la répartition mondiale des bénéfices


des groupes de sociétés multinationales, dite « déclaration pays par pays »

Dans le cadre de l’adaptation du dispositif législatif marocain aux normes internationales,


mises en place par l’OCDE en application des conventions signées par le Maroc avec cette
organisation, il est proposé de transposer dans le droit interne, la règle fiscale internationale qui
oblige les groupes de sociétés multinationales à déposer une déclaration de répartition, pays par
pays des bénéfices réalisés par eux, dite « déclaration pays par pays ».

Cette déclaration concerne les groupes multinationaux marocains qui réalisent des opérations à
l’international et dont le chiffre d’affaires consolidé est égal ou supérieur à huit milliards, cent
vingt-deux millions et cinq cent mille (8 122 500 000) dirhams.

La déclaration précitée doit être déposée auprès de l’administration fiscale, dans les douze mois
suivant la clôture de l’exercice comptable, par procédé électronique selon un modèle établi par
l’administration qui doit comporter la répartition, pays par pays, des bénéfices réalisés par le
groupe ainsi que les données fiscales et comptables et les informations sur l’identité, le lieu de
l’exercice et la nature des activités relatives à ce groupe.

A ce titre, il est proposé d’ajouter l’article 154-Ter au niveau du CGI comme suit :

« I-Toute entreprise soumise à l’impôt sur les sociétés au Maroc et remplissant les conditions
du deuxième alinéa ci-après, est tenue de déposer auprès de l’administration fiscale, dans les
douze (12) mois suivant la clôture de l’exercice comptable, par procédé électronique selon un
modèle établi par l’administration, une déclaration dite « déclaration pays par pays »,
comportant la répartition pays par pays des données fiscales et comptables et des informations
sur l’identité, le lieu de l’exercice et la nature des activités relatives au groupe d’entreprises
multinationales auquel elle appartient.

Cette obligation s’applique à ladite entreprise lorsqu’elle :

a) détient directement ou indirectement, une participation dans une ou plusieurs entreprises


ou établissements situés hors du Maroc, qui la rend tenue d’établir des états financiers
consolidés, conformément aux normes comptables applicables ou qui serait tenue de le
faire si ses participations étaient admises à la côte de la bourse des valeurs au Maroc ;

b) réalise un chiffre d’affaires annuel hors taxes consolidé supérieur ou égal à huit milliards
cent vingt-deux millions et cinq cent mille (8 122 500 000) dirhams, au titre de l’exercice
qui précède celui concerné par la déclaration ;

c) et n’est détenue directement ou indirectement, conformément au a) ci-dessus, par aucune


autre entreprise située au Maroc ou hors du Maroc.

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II-Est également tenue de déposer la déclaration pays par pays visée au paragraphe I ci-
dessus, dans le délai et selon le modèle et le procédé susvisés, toute entreprise soumise à
l’impôt sur les sociétés au Maroc qui remplit l’une des conditions ci-après :

- est détenue directement ou indirectement par une entreprise située dans un Etat qui n’exige
pas le dépôt de la déclaration pays par pays et qui serait tenue au dépôt de cette déclaration si
elle était située au Maroc ;

- est détenue directement ou indirectement par une entreprise située dans un Etat avec lequel le
Maroc n’a pas conclu un accord comportant des dispositions relatives à l’échange de
renseignements à des fins fiscales ;

-ou a été désignée à cette fin par le groupe d’entreprises multinationales auquel elle appartient
et en a informé l’administration fiscale.

III-Est également tenue de déposer la déclaration prévue par le présent article, dans le délai et
selon le modèle et le procédé susvisés, toute entreprise soumise à l’impôt sur les sociétés au
Maroc, détenue directement ou indirectement par une entreprise située dans un Etat ayant
conclu avec le Maroc un accord permettant l’échange de renseignements à des fins fiscales, et
dans lequel est tenue de déposer une déclaration pays par pays en vertu de la législation en
vigueur audit Etat ou qui serait tenue de déposer cette déclaration si elle était située au Maroc,
lorsqu’elle est informée par l’administration fiscale, dans les formes prévues à l’article 219 ci
–dessous, de la défaillance dudit Etat en matière d’échange due à la suspension de l’échange
automatique ou à la négligence de façon persistante de la transmission automatique au Maroc
des déclarations pays par pays en sa possession.

IV- Lorsque deux ou plusieurs entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés au Maroc,
appartenant au même groupe d’entreprises multinationales, sont soumises à l’obligation de
déclaration pays par pays prévue aux paragraphes II ou III du présent article, l’une d’entre
elles est désignée par le groupe pour déposer la déclaration pays par pays dans le délai et
selon le modèle et le procédé susvisés, auprès de l’administration fiscale, sous réserve de
l’informer préalablement ».

Date d’effet : Cette mesure serait applicable au titre des exercices ouverts à compter du 01
janvier 2021.

1.5. Amélioration du régime fiscal applicable aux sociétés sportives

Afin d’accompagner la modernisation du secteur du sport et dans le cadre de la restructuration


des associations et clubs sportifs et la constitution de sociétés sportives conformément aux
dispositions de la loi n° 30-09 relative à l’éducation physique et aux sports, il est proposé
d’introduire les mesures suivantes :

c) l’exonération totale de l’IS pendant les cinq premiers exercices d’exploitation et


l’application du taux du barème plafonné à 20% au-delà de cette période ;

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d) la neutralité fiscale de l’opération d’apport par une association sportive d’une partie ou de
la totalité de ses actifs et passifs à une société sportive, lorsque les éléments apportés sont
inscrits dans le bilan de la société sportive concernée à leur valeur figurant au dernier
bilan de clôture de l’association.

Date d’effet : Cette mesure s'applique aux actes d’apport établis à compter du 1er janvier
2020.

2. Mesures spécifiques à l’impôt sur le revenu (I.R)

2.1 Application uniforme de la limite de déduction de 50% au titre des primes ou


cotisations se rapportant aux contrats d’assurance retraite souscrits avant et après le
1er janvier 2015

Les dispositions de la LF pour l’année 2015 ont limité le taux de la déduction des primes ou
cotisations se rapportant aux contrats d’assurance retraite à 50% du salaire net imposable du
contribuable, avec comme date d’effet pour son application fixée au 1er janvier 2015.

Afin d’harmoniser le traitement fiscal applicable aux contribuables ayant conclu les contrats
précités avant le 1er janvier 2015 et qui continuent à bénéficier de la déduction totale desdites
cotisations ou primes de leurs salaires et ceux dont la limite est fixée à 50% à compter du 1er
janvier 2015, il est proposé d’appliquer la limite de déduction de 50% à tous les contrats précités
quel que soit la date de leur conclusion.

2.2 Relèvement du taux de l’abattement applicable au titre du salaire brut versé au


sportif professionnel de 40% à 50%

Actuellement, pour la détermination du revenu net soumis à l’impôt sur le revenu au titre des
salaires versés aux sportifs professionnels, il est appliqué un abattement forfaitaire de 40% sur le
montant brut imposable desdits salaires.

Afin de permettre auxdits sportifs de financer leur repositionnement professionnel, étant donné la
durée limitée de leur carrière de sportif (âge de retraite 35 ans en moyenne), et de faire face aux
risques physiques potentiels liés à l’exercice de leur fonction, il est proposé de relever le taux de
l’abattement susvisé à 50%.

3. Mesures spécifiques à la taxe sur la valeur ajoutée (T.V.A)

3.1 Relèvement du taux de 7% à 10% applicable à la voiture économique

Dans le cadre de la réduction des distorsions générées par la multiplicité des taux de la TVA
(7%, 10%, 14% et 20%) créant une situation de crédits structurels dite « butoir » et impactant
négativement la trésorerie des entreprises, il est proposé de relever le taux de TVA applicable à
la voiture de tourisme dite « voiture économique » de 7% à 10% ainsi qu’à tous les produits et
matières entrant dans sa fabrication et aux prestations de montage sous-jacentes.

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3.2 Application du taux de 20% au matériel agricole susceptible d’un usage mixte

En vertu des dispositions des articles 92-I-5°, 99- 2°, 121-2° et 123-15° du CGI, le législateur a
dressé une liste exhaustive des produits et matériels bénéficiant de l’exonération de la TVA ou
du taux réduit de 10%, à l’intérieur et à l’importation, sous réserve qu’ils soient destinés à usage
exclusivement agricole.

Or, il a été constaté qu’une partie de ce matériel est utilisé à des fins autres qu’agricoles
notamment des activités domestiques et de service public ou dans les secteurs d’activité du
B.T.P., de l’industrie….

Ainsi, la proposition visant l’application à l’intérieur et à l’importation, du taux normal de la


TVA sur ce matériel, permettra d’éviter ces situations d’évasion fiscale d’une part, et d’autre part
s’inscrit dans le cadre des efforts entrepris pour rationaliser les incitations fiscales par la
prévalence des aides budgétaires directs.

Aussi, est-il proposé de soumettre au taux de TVA de 20% le matériel agricole cité ci-après :

 les abris-serres et les éléments entrant dans leur fabrication ;


 les moteurs à combustion interne stationnaire, les pompes à axe vertical et les
motopompes dites pompes immergées ou pompes submersibles ;
 le scarificateur ;
 le matériel de micro- irrigation par goutte à goutte ou par aspersion ;
 les tarières.

3.3 Suppression de l’exonération des dattes conditionnées produites au Maroc

Actuellement, les dattes conditionnées produites au Maroc sont exonérées de la TVA sans droit à
déduction, alors que les dattes importées sont soumises à la TVA à l’importation.

Néanmoins, certains accords tarifaires et de libre échange conclus par le Maroc contiennent une
clause de traitement national qui engage le Maroc à appliquer aux produits importés, dans le
cadre de ces accords, le même traitement que celui appliqué aux produits similaires élaborés
localement.

Ainsi, les dattes conditionnées importées dans le cadre de ces accords (notamment les accords
avec la Tunisie, l’Egypte, la Jordanie et les Emirats Arabes Unis) sont actuellement importés en
exonération de la TVA dès lors que celles conditionnées produites au Maroc sont exonérées à
l’intérieur.

A cet effet, il est proposé de supprimer l’exonération des dattes conditionnées produites au
Maroc et de les soumettre au régime de droit commun de la T.V.A au taux de 20%.

Par ailleurs, il y a lieu de préciser que les dattes produites et vendues en vrac au Maroc sont
situées en dehors du champ d’application de la TVA à l’instar des autres produits agricoles.

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3.4 Suppression de l’exonération de la TVA à l’importation des viandes et des poissons
destinés aux établissements de restauration

Les viandes et les poissons destinés aux établissements de restauration et dont les
caractéristiques sont définies par la nomenclature des tarifs douaniers, sont actuellement
exonérés de la TVA à l’importation. Il s’agit ainsi des :

 viandes hachées présentées sous forme de galettes de 45 à 150 grammes en sachets en


polyéthylène, d’une teneur en matière grasse de 17,5 % à 21 % ;

 préparations de viande de poulet présentées sous forme de galettes ou portions, panées,


précuites et congelées, d’un poids n’excédant pas 100 grammes et emballées dans un
sachet en matière plastique ;

 préparations à base de filet de poisson sous forme d’un pavé rectangulaire de 70


grammes.

Or, lesdites préparations sont soumises à la TVA à l’intérieur dans les conditions de droit
commun, dès lors qu’elles sont obtenues à l’aide de moyens industriels ou font l’objet d’une
présentation commerciale.

Afin d’harmoniser le régime de la TVA applicable à l’intérieur avec celui à l’importation, il est
proposé de soumettre les produits susmentionnés au taux normal de la TVA à l’importation.

3.5 Suppression des taux spécifiques de la TVA

Actuellement, les livraisons et les ventes autrement qu'à consommer sur place, portant sur les
vins et les boissons alcoolisées, sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée au tarif de cent (100)
dirhams par hectolitre.

De même, les livraisons et les ventes de tous ouvrages ou articles, autres que les outils, composés
en tout ou en partie d'or, de platine ou d'argent sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée fixée
à cinq (5) dirhams par gramme d'or et de platine et à 0,10 dirham par gramme d'argent.

Dans le cadre du PLF 2020, il est proposé de supprimer ces tarifs spécifiques du CGI, dans la
mesure où ils constituent une taxe à la consommation gérée par l’administration de la douane
(ADII) et ils font double emploi avec l’application des taux ad valorem prévus dans les
conditions de droit commun.

3.6 Exonération de la TVA à l’intérieur et à l’importation des vaccins

Actuellement, les opérations de vente réalisées à l’intérieur ou d’importation portant sur les
médicaments, notamment les vaccins, sont soumises à la TVA au taux réduit de 7%.

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Dans le cadre du développement du secteur sanitaire au Maroc, et afin de garantir l’accès aux
vaccins à l’ensemble de la population, il est proposé d’exonérer de la TVA, à l’intérieur et à
l’importation, les vaccins destinés à la médecine humaine ainsi que ceux utilisés pour la
médecine vétérinaire.

3.7 Clarification du taux de TVA applicable à l’huile de palme

Les huiles fluides alimentaires sont soumises au taux réduit de la TVA de 10%, tandis que les
graisses végétales sont soumises au taux normal de la TVA de 20%.

Toutefois, l’huile de palme est une graisse végétale qui se présente à l’état solide à température
ambiante mais qui est fluidifiée par des procédés thermiques pour les besoins du transport.

Aussi et afin de clarifier le régime applicable en matière de TVA à l’huile de palme, il est
proposé de préciser son exclusion du bénéfice du taux réduit de 10%, à l’intérieur et à
l’importation et son assujettissement au taux de droit commun.

3.8 Harmonisation du traitement fiscal des produits de la finance participative avec celui
des produits bancaires conventionnels

Dans le cadre de l'accompagnement du lancement des nouveaux produits de la finance


participative et afin d'assurer l’alignement de leur traitement fiscal sur celui des produits
bancaires conventionnels, il est proposé d’introduire les mesures suivantes :

 étendre l’exonération de la TVA avec droit à déduction aux biens d’investissement acquis
par voie de contrats « Mourabaha » ;

 soumettre à la TVA au taux de 10%, les opérations réalisées dans le cadre des contrats
«SALAM» et «ISTISNA’A» à l’instar des autres opérations de financement ;

 clarifier la base d’imposition de ces opérations en précisant que le taux de 10%


s’applique sur le montant de la marge réalisée par la banque participative ;

 permettre le transfert du droit à déduction de la TVA grevant les acquisitions effectuées


dans le cadre de contrats «SALAM» et «ISTISNA’A» aux acquéreurs effectifs assujettis
à la TVA et l’exclusion corrélative des banques participatives de ce droit.

3.9 Application du taux réduit de 10% aux opérations de vente de billets d'entrée aux
musées, cinéma et théâtre

Actuellement, les opérations de vente portant sur les billets d'entrée aux musées, cinémas et
théâtres sont soumises à la T.V.A. au taux normal de 20%.

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Dans le cadre de l’encouragement du secteur culturel, il est proposé d’appliquer le taux réduit de
10% sur les services précités.

3.10 Exonération de la TVA à l’importation des pompes à eau fonctionnant à l’énergie


solaire ou à toute autre énergie renouvelable utilisées dans le secteur agricole

Dans le but d’encourager le recours à l’utilisation des énergies renouvelables dans le secteur
agricole, la loi de finances 2019 a exonéré de la TVA à l’intérieur, les pompes à eau fonctionnant
à l’énergie solaire ou à toute autre énergie renouvelable utilisées dans le secteur agricole.

Afin d’harmoniser le traitement fiscal applicable auxdites pompes à l’intérieur et à l’importation,


il est proposé d’exonérer les pompes à eau fonctionnant à l’énergie solaire ou à toute autre
énergie renouvelable utilisées dans le secteur agricole de la TVA à l’importation.

4. Mesures spécifiques aux droits d’enregistrement et aux droits de timbre

4.1 Exonération des actes d’acquisition des terrains destinés à la réalisation de logements
sociaux, dans le cadre d’un contrat « Mourabaha »

Afin d’harmoniser le traitement fiscal des produits de la finance participative et des produits de
la finance conventionnelle, il est proposé d’étendre l’exonération en matière des droits
d’enregistrement aux acquisitions des terrains nécessaires à la construction des logements
sociaux par les promoteurs immobiliers dans le cadre des contrats « Mourabaha ».

4.2 Exonération des actes de transfert des éléments d’actifs et de passifs des associations
sportives aux sociétés sportives

Afin d’accompagner la restructuration des associations et clubs sportifs et la constitution de


société sportives conformément aux dispositions de la loi n° 30-09 relative à l’éducation
physique et aux sports et en vue de neutraliser l’impact fiscal de ces opérations, il est proposé
d’exonérer des droits d’enregistrement, les actes par lesquels lesdites associations transfèrent, à
titre gratuit et en pleine propriété, une partie ou la totalité de leurs actifs ou passifs, aux sociétés
sportive précitées.

4.3 Réaménagement du champ d’application du droit de timbre de 0.25%

En vue de prendre en considération les difficultés que rencontrent les marchands dans la
perception du droit de timbre de 0.25% sur les ventes en espèce de certains produits à faible
marge bénéficiaire et dont les prix sont réglementés, il est proposé d’étendre l’exonération ou
l’exclusion du champ d’application dudit droit aux opérations effectuées en espèces portant sur
les produits suivants:

a) les ventes de gaz comprimé, liquéfié ou dissous, réalisées par les marchands desdits
produits ;

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b) les débitants de tabac.

5. Mesure spécifique à la taxe sur les contrats d’assurances

Dans le cadre de l’harmonisation du traitement fiscal des produits de la finance participative


avec celui réservé aux produits de la finance conventionnelle, il est proposé de préciser que les
opérations d’assurances contre les risques de financement par les banques participatives sont
également soumises à la taxe sur les contrats d’assurances au taux de 14% au même titre que les
opérations d’assurances contre les risques du crédit liés aux produits de la finance
conventionnelle.

6. Mesures communes à l’IS et à l’IR

6.1 Révision des taux de la cotisation minimale

Dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations des dernières assises nationales de la
fiscalité visant la baisse progressive de la cotisation minimale (CM), il est proposé, dans une
première phase, d’introduire les modifications suivantes :

 la réduction du taux actuel de la CM de 0,75% à 0,50% ;

 l’application du taux de 0,75% de la CM aux entreprises en situation de déficit chronique,


lorsqu’au-delà de la période d’exonération prévue à l’article 144-I-C du CGI, le résultat
courant hors amortissement déclaré par l’entreprise est demeuré négatif au titre de deux
exercices consécutifs.

Cette mesure vise les objectifs suivants :

 l’atténuation de la pression fiscale sur les entreprises dont les déclarations sont sincères ;

 l’exclusion des entreprises qui réalisent des investissements importants et dont le déficit
résulte de l’amortissement pratiqué sur ces investissements ;

 l’amélioration de la conformité volontaire des entreprises qui déclarent des déficits


chroniques et l’augmentation de leur contribution fiscale.

6.2 Convergence des taux prévus par le régime fiscal préférentiel applicable aux zones
franches d’exportation (ZFE) vers un taux unifié de 15%

Actuellement les entreprises exerçant leurs activités dans les ZFE bénéficient, de l'exonération
totale durant les cinq (5) premiers exercices consécutifs à compter de la date du début de leur
exploitation et de l’application d’un taux spécifique de 8,75% en matière d’IS et d’un abattement
de 80% en matière d’IR pour leurs ventes à l’export pour les vingt (20) exercices consécutifs
suivants ladite exonération.

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Or, selon les standards de l’OCDE et les règles du code de conduite de l’UE, l’application d’un
taux réduit sur le bénéfice correspondant au CA à l’export constitue une pratique fiscale
dommageable qui n’est plus tolérée au sens des nouvelles règles fiscales internationales.

Afin d’assurer la conformité du régime fiscal des ZFE avec les normes internationales précitées,
la mesure proposée vise à appliquer aux entreprises opérant dans lesdites zones, au-delà de la
période d’exonération quinquennale, un taux spécifique uniforme de 15% en matière d’IS et
de 20% en matière d’IR au lieu de l’application d’un taux spécifique de 8,75% en matière
d’IS et d’un abattement de 80% en matière d’IR pendant 20 exercices et ce, sans distinction
entre leur CA local et à l’export.

L’expression « zones franches d'exportation » sera également remplacée dans le CGI et les textes
pris pour son application par «zones d’accélération industrielle ».

6.3 Suppression de l’exonération quinquennale liée au chiffre d’affaires à l’export

En vue d’aligner les règles fiscales nationales sur les normes internationales et la convergence à
terme vers un traitement fiscal unifié sans différenciation entre le chiffre d’affaires local et à
l’export, il est proposé de supprimer l’exonération quinquennale liée au chiffre d’affaires à
l’exportation et son maintien, à titre transitoire, pour les entreprises n’ayant pas encore épuisé le
bénéfice dudit avantage à la date d’entrée en vigueur de la LF 2020.

7. Mesures communes à tous les impôts et taxes

7.1 Adaptation du cadre législatif régissant l’échange de renseignements à des fins fiscales
aux normes internationales

Suite à la ratification par le Maroc de la Convention concernant l'assistance administrative


mutuelle en matière fiscale (MAC) en date du 17 avril 2019 et à la signature de l’accord
multilatéral entre autorités compétentes pour l’échange automatique de renseignements sur les
comptes financiers (CRS, MCAA) le 25 juin 2019, il est proposé d’adapter le cadre législatif
marocain en vigueur relatif à l’échange de renseignements à des fins fiscales avec les normes
internationales.

La mesure proposée vise à :

a) modifier et à compléter les dispositions de l’article 214 du CGI en vue de permettre


l’échange des renseignements avec les administrations fiscales étrangères et afin de
permettre la conformité de notre système fiscal aux normes précitées, notamment celle de
l’OCDE dite « norme commune de déclaration » qui est le standard international en
matière d’échange automatique d’informations sur les comptes financiers ;

b) prévoir des sanctions pour infraction aux dispositions relatives au droit de


communication et à l’obligation de conservation des documents y afférents.

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Ainsi, il est proposé de modifier et compléter les dispositions de l’article 214 du CGI comme
suit : « …………………………………………………………………………………………………………

V- A- Les institutions financières, y compris les établissements de crédit et organismes assimilés,


les entreprises d’assurances et de réassurance, doivent identifier les informations relatives aux
résidences fiscales de tous les titulaires de comptes financiers et, le cas échéant, de leurs
bénéficiaires effectifs.

Elles communiquent à l’administration fiscale au moyen d’une déclaration selon un modèle


établi par elle, conformément à la législation relative à la protection des personnes physiques à
l’égard du traitement des données à caractère personnel, toutes les informations requises pour
l'application des conventions ou accords conclus par le Maroc permettant un échange
automatique d'informations à des fins fiscales, et s’il y a lieu l’absence d’informations.

Le bénéficiaire effectif est la ou les personnes physiques qui, en dernier lieu, détiennent ou
contrôlent le client, et/ou la personne physique pour le compte de laquelle une opération est
effectuée. Sont également comprises, les personnes qui exercent en dernier lieu un contrôle
effectif sur une personne morale ou une construction juridique.

Cette déclaration contient notamment les informations relatives à l’identification des titulaires
de comptes financiers et, le cas échéant, celles de leurs bénéficiaires effectifs, ainsi que les
informations financières afférentes à ces comptes, y compris les revenus de capitaux mobiliers,
les soldes des comptes, la valeur de rachat des contrats d’assurance vie et de capitalisation, ou
placements de même nature, et le produit des cessions ou rachats d’actifs financiers.

Les institutions financières sont, en outre, tenues de conserver les registres des actions engagées
pour satisfaire aux obligations mentionnées au présent paragraphe ainsi que les pièces
justificatives, auto-certifications et autres éléments probants utilisés à cette fin jusqu’à la fin de
la dixième année qui suit celle de la communication de la déclaration mentionnée au deuxième
alinéa du présent paragraphe.

B- Les personnes qui ouvrent des comptes financiers auprès des institutions financières visées au
premier alinéa du A du présent paragraphe sont tenues de remettre une auto-certification
permettant d’établir leurs résidences fiscales et, le cas échéant, une auto-certification permettant
d’établir les résidences fiscales de leurs bénéficiaires effectifs.

C- Toute personne qui conclut un arrangement ou engage une pratique dont le but est d’éviter
l’une des obligations prévues au A et B du présent paragraphe est passible de l’amende fixée au
paragraphe III de l’article 185 ci-dessus, sans préjudice de régularisation de la situation, le cas
échéant.

Les modalités d’application des dispositions du présent paragraphe, notamment celles relatives
aux institutions financières, comptes financiers, identification des résidences fiscales,
bénéficiaires effectifs, à la déclaration et aux modes de communication des informations sont
fixées par voie réglementaire ».

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7.2 Exclusion des contribuables soumis au régime du bénéfice forfaitaire ou celui de
l’auto-entrepreneur du champ d’application des dispositions de l’article 145 du CGI
relatives aux obligations comptables

Dans le cadre du renforcement de la sécurité juridique du contribuable en application des


recommandations des troisièmes assises nationales sur la fiscalité, il est proposé de clarifier les
dispositions de l’article 145 du CGI, pour préciser que les obligations comptables prévues par
les dispositions de cet article ne s’appliquent pas aux contribuables soumis à l’impôt sur le
revenu selon le régime du bénéfice forfaitaire ou celui de l’auto- entrepreneur.

7.3 Institution d’un cadre légal au débat oral et contradictoire entre l’administration et le
contribuable vérifié

Dans le cadre du renforcement des garanties accordées aux contribuables, il est proposé
d'instituer un cadre légal pour l’engagement d’un débat oral et contradictoire entre
l’administration fiscale et le contribuable.

Cette mesure prévoit la tenue d’une réunion avec le contribuable, après la clôture de la
vérification et avant la notification des redressements, en vue de lui présenter les rectifications
que le vérificateur envisage d’apporter à sa déclaration fiscale.

Cette nouvelle mesure permettra à l’administration et au contribuable de confronter leurs


positions, dans le cadre d’un débat oral contradictoire afin de préserver au regard des éléments
de fait et de droit examinés lors du contrôle, le caractère objectif et réaliste des redressements à
retenir.

7.4 Elargissement du champ d’application des demandes de consultation fiscale préalable

Actuellement, les dispositions de l'article 234 quater du CGI limitent le domaine d'application de
la demande de consultation fiscale préalable aux trois situations suivantes :

 les montages juridiques et financiers portant sur les projets d’investissement à réaliser ;

 les opérations de restructuration des entreprises et des groupes de sociétés situés au


Maroc ;

 les opérations à réaliser entre entreprises situées au Maroc et ayant des liens de
dépendance directs ou indirects.

En vue d’offrir davantage de sécurité juridique aux investisseurs et une stabilisation accrue de la
doctrine fiscale, il est proposé d’étendre le domaine d'application de la demande de consultation
fiscale préalable aux opérations susceptibles de constituer un abus de droit telles que prévues par
les dispositions de l’article 213-V du CGI.

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7.5 Alignement du traitement fiscal des nouveaux produits d’assurances Takaful sur celui
appliqué aux produits d’assurances classiques

Dans le cadre de l’accompagnement du lancement des nouveaux produits d’assurances et de


réassurance Takaful et afin de consacrer la neutralité fiscale de ces produits, il est proposé
d’harmoniser leur traitement fiscal avec celui réservé aux produits de l’assurance classique en ce
qui concerne l’IS, l’IR, la TVA, les droits d’enregistrement et de timbre ainsi que la taxe sur les
contrats d’assurance.

7.6 Institution d’une déclaration rectificative spontanée, en matière d’IS, d’IR et en


matière de TVA

Dans le cadre de l’amélioration de la relation de confiance avec les contribuables et leur


accompagnement dans la régularisation spontanée de leur situation fiscale, il est proposé de leur
accorder, à titre transitoire, la possibilité de régulariser leur situation fiscale, en souscrivant une
déclaration rectificative au titre des exercices 2016, 2017 et 2018.
Les contribuables qui souscrivent la déclaration précitée et s’acquittent spontanément du
complément d’impôt, bénéficient de l’annulation d’office des majorations, amendes et pénalités
prévues par le code général des impôts.

Bénéficient en outre, de la dispense du contrôle fiscal prévu à l’article 210 du CGI, au titre des
exercices couverts par cette déclaration :

1. Les contribuables dont le chiffre d’affaires est égal ou supérieur à vingt million
(20 000 000) de dirhams qui procèdent à la souscription de cette déclaration,
accompagnée d’une note explicative établie par un expert-comptable ;

2. Les contribuables dont le chiffre d’affaires est inférieur à vingt million (20 000 000) de
dirhams qui procèdent à la souscription de cette déclaration accompagnée d’une note
explicative au sujet des rectifications apportées à leurs comptabilités, établie par un
comptable agréé ;

3. Les contribuables peuvent également procéder à la souscription de cette déclaration,


après un avis consultatif de l’administration.

7.7 Régularisation spontanée de la situation fiscale des contribuables n’ayant pas effectué
leur déclaration annuelle de revenu global au titre des revenus fonciers

En vue d’inciter les contribuables n’ayant pas effectué leurs déclarations de revenu global au
titre des revenus fonciers, acquis au titre des années antérieures non prescrites, à se conformer
volontairement à leurs obligations fiscales, il est proposé de permettre à ces contribuables de
déposer une déclaration de régularisation spontanée et de verser, avant le 1er juillet, une
contribution libératoire égale à 10% du montant brut des revenus fonciers acquis au titre
de l’année 2018.

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Ces contribuables bénéficieront en conséquence de la dispense du paiement de l’impôt sur le
revenu au titre des revenus fonciers et de l’annulation d’office des majorations, amendes et
pénalités prévues par le code général des impôts, au titre des années antérieures non prescrites.

8. Régularisation volontaire de la situation fiscale du contribuable

8.1 Champ d’application

Il est proposé d’instituer une contribution au titre des avoirs liquides détenus, en monnaie
fiduciaire sous forme de billets de banque, par les personnes physiques visées au paragraphe 8.2
ci-dessous et qui sont en situation irrégulière vis-à-vis des obligations fiscales prévues par le
code général des impôts.

Les personnes concernées peuvent régulariser spontanément leur situation fiscale dans les
conditions prévues au 8.2 ci-après, sous réserve de s’acquitter de ladite contribution au taux
prévu au 8.3 ci-dessous.

Le paiement de cette contribution libère la personne physique concernée du paiement de l’impôt


sur le revenu ainsi que des amendes, pénalités et majorations y afférentes au titre des infractions
aux obligations prévues par le code général des impôts.

En outre, les dépenses visées à l’article 29 du code général des impôts engagées à concurrence
du montant des avoirs liquides déclarés, ne seront pas prises en considération au titre des
exercices ouverts à partir du 1er janvier 2020, pour l’évaluation du revenu global, dans le cadre
de l’examen de l’ensemble de la situation fiscale des contribuables visé à l’article 216 du code
précité.

Cette contribution concerne les personnes physiques ayant leur domicile fiscal au Maroc et
détenant des avoirs liquides provenant de profits ou de revenus se rapportant à l’exercice d’une
activité professionnelle ou agricole n’ayant pas été déclarés, avant le 1er janvier 2020, en matière
d’impôt sur le revenu conformément au code général des impôts.

8.2 Obligations et conditions

Pour le bénéfice de la contribution, les personnes concernées déposent les avoirs liquides
susvisés, auprès d’un établissement de crédit ayant le statut de banque régi par les dispositions de
la loi n° 103-12 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés, promulguée par le
dahir n° 1-14-193 du 1er rabii I 1436 (24 décembre 2014).

Ces dépôts font l’objet d’une déclaration rédigée sur ou d'après un imprimé-modèle établi par
l'administration contre récépissé délivré par la banque concernée, comportant :

 Les éléments d’identification de la partie versante ;


 Le montant des avoirs liquides détenus, en monnaie fiduciaire sous forme de billets de
banque.

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Les établissements de crédit ayant le statut de banque régis par la loi n° 103 -12 précitée sont
tenus de :

a) prélever et verser la contribution au taux prévu au III ci-après au receveur de


l’administration fiscale, dans le mois qui suit celui au cours duquel le dépôt des avoirs
liquides a eu lieu.

Chaque versement est effectué par un bordereau-avis de versement établi sur ou d’après
un imprimé modèle, daté et signé par la partie versante, comportant :

-Le numéro de la déclaration précitée ;


-Le montant des avoirs liquides détenus, en monnaie fiduciaire sous forme de billets de
banque déposé par le contribuable ;
-Le montant de la contribution versé.

b) envoyer une copie des bordereaux-avis susvisés à la direction générale des impôts, dans
le mois qui suit celui du versement de la contribution.

8.3 Taux de la contribution

Le taux de la contribution est fixé à 5% du montant des avoirs liquides susvisés déposés dans des
comptes ouverts auprès d’établissements de crédit ayant le statut de banque établis au Maroc.

8.4 Sanctions

Les établissements de crédit ayant le statut de banque qui ne versent pas dans le délai fixé au II-2
ci-dessus le montant de la contribution encourent, en plus du paiement du principal de la
contribution, l’application des sanctions en matière de recouvrement prévues par le code général
des impôts.

8.5 Durée d’application de la contribution

Les personnes concernées disposent d’une période allant du 1er janvier au


30 juin 2020, pour souscrire la déclaration susvisée et payer la contribution au titre des avoirs
liquides en question.

Les consultants du Cabinet EL MAGUIRI & ASSOCIES restent à votre disposition pour toute
information que souhaiteriez obtenir.

EL MAGURI & ASSOCIES

Dr. Issam EL MAGUIRI


Expert-Comptable DPLE

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