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Histoire du droit administratif

Bibliographie
-
Bibliothèque administrative de la ville de Paris. Hôtel de ville
-
Centre de recherche d’histoire du droit au Panthéon.
-
G.Bigot : Introduction historique au droit admin depuis 1789. PUF
-
F.Burdeau : Histoire de l’administration ; Histoire du droit administrative au PUF
-
J.L.Mestre : Introduction historique au droit administratif français. PUF. A
ACHETER
-
Revue d’octobre 2003, revue DROIT, art de Bigot (droit privé/ droit Admin.) et de
B.Plessix (Nicolas Delamare et les fondements du Droit Administratif)

Introduction :

Section 1 : Définition

I- Définition contemporaine

2 Déf :
neutre : le droit admin serait l »’ensemble des règles juridiques applicables à l’admin ; def
controversée parce que suppose des règles de drt civil comme des règles de public ; or on
oppose les deux
les seules règles spécifiques applicables à l’admin et qui serait sanctionnées par le juge admin.
L’admin ds sont action n’est pas soumise au même droit que les particuliers. Drt original.

Trois critères : La spécificité du DA ; Le drt doit tjs être applicable à l’admin ; L’admin est un
ensemble de moyen et d’agents visant à satisfaire l’intérêt général. ; L’existence d’une
juridiction admin.

La JP et la doctrine ont tjs cherché une notion clé : La personne publique, la qualité de PP.
L’utilité publique, l’IG. Le service Publique.

II- Def historique

En DA il y a une controverse sur la déf. Bigot pense qu’il est impossible de définir le DA.
On ne peut pas retenir les critères de droit positif : La spécificité du drt et de la juridiction ne
se retrouvent pas avant le 19ème siècle. On ne parle pas de spécificité.
On la cerne à partir de la loi des 16/24 août 1790. On annonce la séparation entre l’ordre
judiciaire et l’ordre administrative.
L’an VIII : 1799, le CE est crée.Or le CE n’et organisé véritablement, autonome qu’en 1872.
Avant il était lié au politique.
Dans les années 1920 on parle d’âge d’or du Droit Administratif. Dans ces années, le CE a un
rôle créateur de Droit.

Donc pas de DA avant ces dates….si on prend les trois critères…


Les auteurs qui retiennent ces dates se fondent sur la JP comme source du DA. Seulement la
JP n’est pas la seule source du DA.
Le DA se construit selon un phénomène de sédimentation : Se construit au grès des sources.
Si on prend les critères contemporains il faut dire que DA et DP ne sont pas aussi opposés. Le
DA résonne à partir du DP. Le DA ne cesse de réagir au DP.

1
Le DA comme un corps de règles spécifiques qui régit l’Admin. ds ses rapports avec les
particuliers. La spécificité n’est donc pas un postulat, il ne faut donc pas forcément des règles
spécifiques…

Section II : Naissance du droit administratif

Si on se tient à la déf de DA ont ne peut pas en parler avant la période révolutionnaire. Sous le
directoire (8 Nivôse An 7 ; 28/12.1798) pour la première fois apparaît l’expression DA. C’est
un prof qui l’emploi : Thomas Métivier insère l’expression Droit Administratif dans son
programme d’enseignement et se justifie par la participation croissante des citoyens aux choix
des administrateurs qui sont élus.
Ce cours est abandonné et l’expression disparaît pour ne ressurgir que ds une loi du 12
Ventôse An 12 (13 Mars 1804). Cette loi crée les écoles de droit. Est instauré un cours de
« Droit Civil ds ses rapports avec l’Admin. Public ». On le qualifie de cours de DA.
Sous la restauration, les années 1824/1830, ce vocabulaire de Droit Administratif triomphe.

Il y a une controverse si on s’en tient aux dates :


-
Pour certains, dont Mestre, il y a du DA avant 1798. La révolution sanctionnerait alors
une évolution. Pour eux le DA apparaîtrait dès les 11ème 12ème siècle. Mais ce droit ne
serait pas clairement identifié. Le DA n’aurait eu de cesse d’évoluer pour commencer
à être théorisé au 17ème 18ème siècle pour finalement être identifié clairement en 1798
-
Pour d’autres, la date de 1798 est satisfaisante puisqu’on parle de DA. Le DA
prendrait son essor avec l’empire pour s’épanouir avec la Restauration. De plus, on ne
parle pas de DA avant la Troisième République tout simplement puisqu’en 1872, le
CE devient une juridiction Admin. Qui ressort de la Justice déléguée, donc
indépendante du Politique. Et le 8 Février 1873, l’arrêt BLANCO qui proclame la
spécificité du DA.
o
L’idéologie : Pas de DA avant le 18ème puisqu’un courrant du 19 ème illustre la
volonté de nier le Drt sous la Monarchie absolue. Le roi est un despote pour les
Républicains. On ne peut donc pas admettre que l’Admin. Royale est
réglementée.
o
Il n’y a pas de DA avant 1872 car le DA est prétorien : Le DA est
essentiellement Jurisprudentielle ; rôle créateur du juge.
o
Scientifique :
 On ne peut pas parler de DA parce qu’il n’y a pas d’Admin. constituée
pour la période médiévale et moderne.
 De plus il n’y aurait pas d’Admin. médiévale parce que l’Admin.
médiévale est liée au pouvoir de justice : Le roi est source de tte
justice ; il pourra donc mettre en œuvre une administration parce qu’il
est justicier.
 Il n’y a pas de reconnaissance ds l’ancien droit de spécificité du Droit
de l’administration

Or aucun de ces arguments n’est probant car on ne peut pas politiser la source du droit. Le
critère juridique ne peut être retenu car la JP n’est pas la seule source du Droit pour le DA
(d’autres sources : Législatives, réglementaire). Pour la communauté scientifique il y a une
reconnaissance de la spécificité du DA au moins au 18ème siècle.
On va donc voir l’individualisation des règles de DA des 11ème et 12ème siècle jusqu’en 1870.

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Section III : Objet du cours

4 chapitres
- Chapitre 1 : Organisation de l’administration et l’évolution du droit au travers de
cette organisation.
- Chapitre 2 : Action et moyen mis en œuvre par l’administration pour poursuivre son
but d’IG. Ce qui renverra au DA des biens : Le domaine, ensemble des biens qui
appartiennent aux Personnes Publiques (PP) ou mis à leur disposition
- Chapitre 3 : Expropriation pour cause d’utilité Publique.
- Chapitre 4 : Droit des travaux publics. Utilité Publique, SP et responsabilité publique.

Chapitre 1 : Jalons historiques et institutionnels pour une esquisse de la formation du


Droit administratif.

L’organisation de l’administration du 11ème au 19ème siècle


A partir de quand et comment aura-t-on une formation du Droit Administratif ?

Section I : Les premières manifestations d’un Droit Administratif médiéval.

Du 11ème au 15ème siècle.


Mais avant le 11ème siècle on peut déjà parler d’une organisation organisée avec les
Carolingiens et l’empire de Charlemagne. Les agents sont nommés par l’empereur. Ce qui lui
permet de savoir ce qui se passe sur son territoire. Fort de quoi, il peut alors légiférer par le
biais de CAPITULAIRE (CAPITULA)
Justice parfaitement constituée pour sanctionner la violation des règles de droit. Dès les
carolingiens ont estime qu’il vaut mieux prévenir les crimes et les délits plutôt que de les
réprimer.
Décadence du pouvoir pourtant. Perturbations politiques. Ces perturbations affectent l’analyse
juridique pour percevoir la réalité Admin. Outre ce problème, manque de source solide.

Du 11ème au 15ème, Trois autorités investies du Pouvoir Public.

Paragraphe 1 : Les Seigneurs

Période féodale. Cela signifie que le royaume des francs n’est plus gouverné par un roi tout
puissant. Il est gouverné par des milliers de seigneurs. Qu’ils soient laïques ou ecclésiastiques.
Les seigneurs ont usurpé le pouvoir et détourner les prérogatives de puissance publique. On
dit qu’ils ont le pouvoir de BAN (BANNUM).
Ce pouvoir fait référence à trois attributs :
-
Le seigneur peut ordonner
o
Donc il administre
-
Le seigneur peut contraindre les particuliers à s’exécuter
o
Donc il rend la Justice
-
Il peut enfin interdire

Confusion des pouvoirs dans les mains d’un seul homme.


L’administration :

3
Les seigneurs se sentent investis de l’ordre public dans leur seigneurie. Cet Ordre Public peut
signifier la sécurité autrement dit, le seigneur se sent investi de l’obligation de sécurité de ses
sujets.
Sous couvert de la sécurité, ils peuvent ordonner des travaux dans l’intérêt de la collectivité.
Ils doivent veiller à leu bien être et à leur subsistance. Connotation économique car il s’agit de
réglementer les échanges dans les marchés. Plus important, ils vont imposer des BANALITES
qui consistent à mettre à l’usage de toute la collectivité des biens d’exploitation économique.
Four collectif, Moulins collectifs…
Donc besoin d’une réglementation précise dans l’intérêt Général. Ces banalités doivent
fonctionner en continu.
Egalité de la réglementation devant l’usage de ces banalités.
J.Louis MESTRE dit que cela préfigure le Service Public

Le seigneur exploite son domaine. Lequel peut être constitué de forets et de cours d’eau. Il
peut concéder l’exploitation de ces terrains. Il peut concéder des péages. Cela apparaît comme
des contrats.

Dès les temps seigneuriaux on croise des expropriations seigneuriales. Soit pour agrandir le
château ou pour étendre le cour d’eau.

Mais, bien des actes seigneuriaux sont entachés de présomptions d’intérêt privé. Taxes pour
les banalités qui profitent au seul seigneur. De la même façon les travaux publics peuvent
juste être utilisé pour l’embellissement du domaine seigneurial…
Il n’y a pas de perception du caractère d’utilité publique.

De plus, les sujets n’ont pas le sentiment d’obéir à un lien objectif d’autorité tout simplement
parce que cet ordre se caractérise par la privatisation du pouvoir. Contractualisation et
privatisation du pouvoir donc obéissance, lien privé, lien d’homme à homme.

On ne peut pas nier la volonté des seigneurs d’occulter ce cadre seigneurial. Ils veulent
vraiment gérer leur seigneurie d’autant qu’ils ont hérité des prérogatives régaliennes. Ils vont
alors nommer des agents. Lesquels vont leur permettre de s’informer de ce qu’il se passe dans
la seigneurie.
Ils nomment des prévôts. Les agents seigneuriaux sont aussi constitué de Baillis, celui qui est
« BAILLER » pour une mission.

Il faut atténuer les reproches d’arbitraires : Les seigneurs connaissent des limites dans leur
prérogatives de Service Public.
-
La Coutume est LA grande limite. C’est l’usage consacré par le temps qui est reconnu
par tous et s’impose à tous.
-
Il existe une réglementation des prérogatives seigneuriales.
o
Des coutumes fixent la largeur des chemins et des cours d’eau : LE seigneur ne
peut donc pas exproprier sous la volonté d’augmenter la largeur des chemins et
cours d’eau lorsque ceux-ci sont dans la coutume.
o
Les expropriations sont autorisées « si et seulement si le seigneur erse une
indemnité »nous dit la coutume.
-
La coutume vient limiter et réglementer.

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Paragraphe 2 : L’administration Urbaine

Au 11ème siècle, climat de paix, pacification du royaume, échanges économiques. Les villes
désertées vont pouvoir se repeupler.
Les artisans et les commerçant vont quitter le cadre rural de la seigneurie pour fonder des
villes.
Ces villes veulent s’affranchir de la tutelle seigneuriale. Les Bourgeois, habitants des Bourg,
vont prêter un serment ensemble, CUMJURER, pour s’administrer. Cette Conjuration passe
soit par la violence soit par des tractations avec les seigneurs.
Ces bourgeois vont permettre l’élaboration de Charte qui sont des Chartes de Communes
(Dans le Nord de la France) ou de Consulat (Pour le Sud).
Ce son t des actes écrits qui déterminent les droits et obligations des administrateurs urbains.
-
Maire et échevins pour le Nord
-
Consul et Capitoul pour le Sud
Ils doivent prêter serment et bien administrer. Ils doivent toujours siéger en Conseil de ville.
Ils doivent débattre de toutes le affaires de la cité. Ils doivent être impartiaux. Au niveau des
droits ils sont rémunérés et ils ont le droit de porter un uniforme en reconnaissance de leur
charge public.
Ces droits et obligations vont être juridiquement sanctionnées. Notion de droit administratif
qui est la responsabilité des administrateurs.
Ils peuvent être sanctionnés ! De l’amende à l’exclusion des charges publiques (abattis de leur
maison ; puis bannis ; puis innégibilité pour eux et leurs descendants.

Continuité avec le pouvoir de BAN seigneurial. Etant entendu que les villes ont leur propre
domaine et leur propre BANALITES. Les villes peuvent également exproprier.
Mais plus important, au niveau urbain se développe la notion de police. C’est l’ancêtre de
l’Admin.

Origine Grecque, ce terme de Police a deux sens :

a) La Science de la Ville
o
« C’est le bon ordre, le gouvernement de la ville, le soutient de la vie du
peuple » (Aristote et Platon)
o
Jean Bouteiller, deuxième moitié du 14ème siècle dit que « la police permet de
maintenir les habitants d’une ville en paix ». Elle « permet de soutenir chacun
dans son devoir ».
o
Les administrateurs urbains doivent s’occuper de l’Ordre Public et de la
Sécurité. cela sous entend une Police des bonnes mœurs dans l’enceinte de leur
cité et doivent donc réglementer et éviter tous les facteurs de troubles.
o
Ils doivent surveiller les mendiants, les vagabonds, les jeux de hasard dans les
cités urbaines car ils dégénèrent toujours.
o
Prostitution, cabarets…
o
Ils doivent veiller à la police économique de la cité. Ils doivent veiller à
l’approvisionnement des marchés. Ce qui suppose de veiller à la quantité et à
la qualité des marchandises mises en vente.
o
Ils ont aussi la police sociale : Ils doivent surveiller et aider tous les déshérités.
Ils ont l’obligation de créer des hôpitaux, des orphelinats, des léproseries. Il y a
une Admin. pour chacune de ces institutions. Missions définies pour chacune
des institutions.

5
o
La Petite Voirie : Toutes les activités tendant à maintenir la salubrité public.
cela passe par le service de ramassage des ordures ménagères. Suppose aussi
une réglementation de l’usage de l’eau à l’intérieur de la ville (interdiction aux
teinturiers de rincer leurs étoffes dans les fontaines).
o
La grande voirie : Cette police suppose pour les maires et échevins de veiller à
la sécurité des voies publiques et à l’agencement de ces voies.
 Les Admin. doivent examiner l’état des bâtiments pour éviter qu’ils ne
se cassent pas la gueule (« menace pas ruine ») et ne propage pas les
incendies. Si c’est le cas alors permis de démolir.
 Ils doivent veiller à la largeur des rues dans l’enceinte de la cité.
 Ils doivent aussi veiller à ce que les bâtiments soient alignés pour éviter
les recoins qui masqueraient des coupes jarrets… On veut aussi aligner
pour des motifs de salubrité, pour que l’air puisse passer mais aussi
pour favoriser la police économique et les échanges.
 Et enfin pour délimiter ce qui pourrait relever du domaine public et ce
qui relèverait du domaine des particuliers. On peut détruire les
habitations ou exproprier…
 Droit de l’habitation…
-
La Police relève de l’ordre réglementaire. C’est du règlement avant tout. Puisqu’il y a
règlement il y a une gestion positive de l’intérêt public. cela signifie qu’on préfère
prévenir que de réprimer sans cesse.
-
La Police n’est pas dissociée de la Justice car il est impossible d’étiqueter un
règlement sans avoir les moyens de faire appliquer ni de sanctionner les contrevenants.
-
Pas de juridiction organisée : Relève soit de la justice seigneuriale, soit de la justice
urbaine.
o
En matière urbaine il y a des audiences fixées spécifiquement pour traiter des
affaires de la police.
-
Revendications des seigneurs au niveau de la police.En effet ils veulent se voir
reconnaître le droit de police. Ils veulent continuer à réglementer dans le cadre de leur
seigneurie.
o
Pour ce faire ils allèguent qu’ils sont de tous temps, SEIGNEURS
JUSTICIERS !
o
Dans ce cas, la police étant liée à la Justice alors ils sont aussi responsables de
la Police
-
Le Roi va également détourner ce pouvoir de police. Il veut réglementer tout l’ordre
public dans le royaume.

b) Le gouvernement

Le roi va exercer une tutelle sur les villes et va vouloir amoindrir toutes les prérogatives
seigneuriales.

Paragraphe III : Le Renouveau de l’administration Royale

Au XIème siècle, le roi est un seigneur comme un autre.


Au XIIème siècle, il veut transcender l’ordre féodal et se proclame SUZERAIN.

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Louis VII 1137-1180
Philippe Auguste 1180-1223

XIIIème et XIVème siècle, le roi est souverain. Il veut donc exercer toutes les prérogatives de
puissance publique. Il veut donc à lui seul édicter des règlements (législatif), la plénitude du
pouvoir judiciaire (justice), de l’Admin. du royaume (exécutif) et celle des impôts.

Il faut donc réorganiser son admin.


Il va recevoir l’aide de Juristes, pour fonder de la souveraineté ils vont s’inspirer des droits
savants pour forger un nouveau droit.

A- L’organisation de l’Admin. royale

L’Admin. est conçue de manière objective. Les sujets doivent se plier à des injonctions
fondées sur l’intérêt général. Ils doivent obéir, respecter l’autorité d’une puissance publique. Il
n’y a plus de lien privé » comme aux temps seigneuriaux.
Admin. organisée à partir de l’organisation seigneuriale. Car on ne supprime pas en France !
On superpose et on fait évoluer les institutions.

1- Le développement des l’Admin. centrale

Dès les XIIIème et XIVème siècle, le roi veut centraliser son gouvernement. Centralisation
pas effective.
Mais l’idée même de centralisation est présente dans les préoccupations de gouvernement.
L’organe type c’est le Conseil du Roi qui est une évolution de la CURIA REGIS.
-
Cette CURIA REGIS était composée de fidèle
-
Au 12ème, 14ème prédominent des légistes et des législateurs. Ce sont des conseillers du
roi. Ils vont soutenir l’exercice de toutes les prérogatives de Puissance Publique. Ils
vont permettre l’accroissement du pouvoir normatif, du pouvoir judiciaire ou
également de développer son pouvoir financier.

Les légistes vont induire la division du Conseil du Roi en différentes sections spécialisées et
vécues comme une véritable Admin. Ces sections varient selon les préoccupations du
gouvernement.

Des sections vont s’individualiser : Notamment la section Judiciaire.


-
LA CURIA IN PARLAMENTO :
o
Le parlement est d’abord itinérant jusqu’en 1250, 1290
o
Puis elle se sédentarise à Paris.
o
C’est une cour souveraine de justice qui va se diviser en plusieurs sections.
Judiciaire, pénale et Admin. car le parlement est une émanation de la CURIA
REGIS, un démembrement du Conseil du Roi. Les parlementaires veulent
toujours conseiller le roi en matière de justice comme d’administration.
o
Le Parlement est conçu à l’image du souverain. Il doit lui aussi connaître de la
plénitude des prérogatives de Puissance Publique.
-
Les parlements vont rendre des arrêts de règlement ; ces arrêts interviennent en cas de
silence de la loi ou en cas de lacune de la loi. Ces règlements ont une valeur
normative, étant entendu qu’ils ne sont valables que dans le ressort du parlement qui
les rend.

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-
Malgré cela ils peuvent réglementer en matière d’Admin. publique.
-
La Chambre des Comptes :
o
Emanation de la CURIA REGIS et s’occupe de l’aspect financier.
o
Organisée en 1320
o
Elle s’occupe autant de l’Admin. active que du contentieux financier. cela
suppose que la chambre des comptes contrôle l’activité de tous les
administrateurs qui manipulent des deniers publics
o
Elle contrôle tous les engagements domaniaux
o
Surveillent l’emploi des deniers affectés à des travaux publics.

Grâce aux trois institutions, le roi dispose de tout arsenal pour s’imposer aux seigneurs et aux
villes.

2- La qualité des agents.

Il faut renforcer l’Admin. locale.


Jusqu’au 13ème, le monarque s’appuie surtout sur les prévôts.
A partir du règne de saint Louis (1226-1270), le roi va nommer des agents permanents dans
différentes provinces du royaume :
Les baillis et les Sénéchaux. Baillis dans le Nord et Sénéchaux dans le sud.

Leurs attributions sont vastes :


-
Pouvoir réglementaire dérivé
o
Doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faire appliquer les ordres du
roi.
-
Pouvoir de Police
-
Pouvoir de tutelle sur les villes
o
Doivent contrôler toutes les activités des villes
-
Devoir d’information du pouvoir royal
-
Pouvoir de Justice
o
Connaissent en appel des décisions des prévôts et, toujours en appel, des
décisions des tribunaux seigneuriaux.
o
Ils interviennent dans l’Admin. seigneuriale.
-
Compétence sur le domaine
o
Conservation et respect du domaine du roi.
o
Ordonner des travaux publics sur ce domaine.
o
Prélèvement des revenus sur ce domaine. Donc pouvoir financier.

Ils doivent être compétents. C’est impératif car ce sont eux qui symbolisent le pouvoir royal.
C’est aussi dans l’intérêt Public qu’ils doivent être compétent et non plus dans leur intérêt
privé, comme dans les temps féodaux.
Mais il y a des abus : Le roi va réglementer le recrutement et le statut des agents royaux.

3- Le recrutement des agents Admin.

Au 13ème, 14ème, le roi veut des agents compétents formés spécialement pour son Admin.
Il ne s’entoure plus de fidèles, de seigneurs, de vassaux.

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La mise en place est difficile, laborieuse car dès 1247, saint Louis doit ordonner une enquête
dans le royaume de France. Il y a des plaintes à l’encontre des prévôts, des baillis et des
sénéchaux.
Ceux-ci exerceraient des pressions sur les justiciables. D’être corrompu, d’être incompétent,
tels sont les crimes qui leurs sont reprochés.
Du coup, le bon saint louis va nommer des enquêteurs royaux. Ceux ci vont sillonner tout le
royaume et consigner par écrit toutes les doléances qui pourraient leur être formulées.
Doléances SUR l’Admin. en générale, aussi loin que la mémoire puisse aller…
-
Grands intérêts car les enquêtes prouvent que le roi est à l’écoute des sujets qu’il
administre.
-
De plus, elles prouvent à la monarchie les limites de son action. En effet, le roi réalise
qu’il est indispensable de bien administrer pour éviter d’éventuelles émeutes.
-
Les enquêtes permettent de nommer à la suite des REFORMATEURS. Ils doivent, à
partir de tous les griefs, proposer des réformes pour améliorer l’administration du
royaume.
o
Cela signifie qu’on cherche à adopter une politique Admin. qui satisfassent la
monarchie et les sujets.
-
On obtient par ces enquêtes une redéfinition des obligations des Admin. royaux ainsi
que de nouvelles précisions concernant les sanctions applicables aux agents indélicats
de l’état
o
Les agents doivent se dévouer personnellement à leur tache Admin.
 Pas de délégation des charges car le roi seul veut nommer les agents
royaux.
o
Ils doivent aussi être exclusivement au service du roi. Lorsque l’on dit cela, on
veut dire qu’ils ne peuvent être engagés en tant que conseillers de seigneurs, ou
que conseillers juridiques par les villes.
o
Ils doivent bosser sans relâche à leur activité Admin. Apparaît alors
l’obligation de résidence des agents royaux. Ils doivent résider dans la
circonscription qu’ils administrent.
-
Le souverain ordonne un contrôle annuel des administrateurs royaux. Les agents du roi
doivent soumettre à la chambre des comptes le bilan de leur gestion.
-
Et tous les ans ils doivent présenter, devant le Conseil du Roi, les résultats de leur
Admin.
-
Ordonnance du 23 Mars 1303, sous Philippe le Bel, qui prévoie un contrôle au
moment de la sortie des charges publiques. Notamment, les baillis et les séné »chaux
doivent rester 40 jours dans le ressort de leur circonscription, après la sortie de leur
fonction. Durant ce délai, leurs successeurs sondent l’opinion publique pour
s’informer d’éventuels abus. Si le contrôle est nul alors c’est bon il peut se barrer,
déchargé de toutes fonctions.
-
Sinon en sanctions :
o
Amende
o
Emprisonnement
o
Exclusion à jamais de toute charge publique pour l’agent royal et/ou pour sa
descendance.

Il est donc indispensable de protéger les administrés contre les abus des administrateurs.

9
La procédure de recrutement développée au 14ème siècle est l’élection (latin ELIGERE qui
veut dire « choisir »).
Election qui provient du parlement et de la Chambre des comptes. La procédure se fait des
critères de seules compétences.
-
Des candidats sont pressentis pour un poste
-
Le parlement et/ou la chambre des comptes procèdent à des enquêtes.
o
Enquêtes sur la moralité, les bonnes mœurs, les compétences et les diplômes
-
Les différents membres des institutions sont convoqués en séance plénière. Chacun
doit s’exprimer et faire son rapport sur les enquêtes.
-
Ensuite on procède à la désignation du candidat.
-
Puis acte normatif royal.
-
Les personnes sont investies par une cérémonie dans leurs nouvelles fonctions.

Ceux sont, au 14ème siècle, des OFFICIERS. Ce terme d’OFFICE est connu des le 12 ème siècle.
Mais au 12ème, OFFICIUM signifie, fonction à remplir, donc terme très général.
Ce n’est qu’au 14ème siècle que le terme d’OFFICIER s’applique uniquement à l’Admin.
royal.

Il faut encore enraciner le service de l’état dans la société. Attraire des vocations, attirer dans
la société des hommes compétents pour servir l’état. Se dessine un véritable statu de l’officier
qui suppose des privilèges : Ceux-ci sont attachés à la fonction exercée
-
Exemption du service armé.
o
Pour que les agents soient toujours à la disposition de l’état
-
Exemption des impôts. Pour les charges importantes.
o
On estime qu’ils payent l’état de leur personne
-
L’anoblissement dans les charges les plus importantes.
o
Par le statu d’officier on peut être anoblis par le roi.
-
Privilèges judiciaires :
o
Quiconque insulterait ou assassinerait un agent royal serait passible de
sanctions aggravées.
 Porter atteinte à un agent royal c’est porter atteinte au roi…
o
Se dégage la règle de l’irresponsabilité des agents de l’état dans l’exercice de
leurs fonctions.
 Les officiers peuvent être mis hors procès. cela signifie que si on
prouve qu’ils n’étaient que des exécutant de la puissance royale, ils ne
sont pas responsables de leur fait.
o
Plus encore, nous avons la règle : « NUL NE PEUT ETRE DEBOUTE SANS
ETRE OUII »
 Cela signifie que les officiers ne peuvent pas être destitués de manière
arbitraire.
 L’officier doit pouvoir faire valoir ses droits s’il est destitué sans raison.
Procédure devant le parlement. Il pourra alors être réintégré dans ses
fonctions.
 Règles mise en place pour garantir l’indépendance des agents au
service de la couronne. Permet la continuité de leur service au-delà des
changements de règne.

Véritable corps des agents de l’état se met en place. Naissent des vocations Admin. Ces
vocations se font au profit d’une bonne Admin.

10
Les agents de l’état sont éprouvés au moment de leur entrée en fonction. On exige d’eux
qu’ils accomplissent des taches subalternes. Mais on fait en sorte de moins les rémunérés de
sorte à vérifier véritablement le désintéressement dont ils font preuve.

B- L’émergence d’un Droit de l’Admin.

Ce droit relève de la science des légistes.


Ces légistes, ces juristes vont s’inspirer des droits savants. On entend par là le droit canonique
et le droit romain.

Du droit canonique :

Les légistes vont emprunter des références institutionnelles, structurelles. Depuis le 11 ème
siècle, l’Eglise a été réformée par la Réforme Grégorienne.
Dans cette réforme, il y a une hiérarchie des ordres ecclésiastiques. Cette hiérarchie se place
sous le contrôle du PAPE.
Les légistes estiment que le roi doit être le SEUL, comme le PAPE, à la tête d’institutions
hiérarchisées.
Cela suppose la centralisation mais aussi une discipline au sein des instituions.
C’est la procédure de RESIGNATIO IN FAVOREM qui va influencer le roi dans le statu des
officiers. C’est la RESIGNATION. Les officiers peuvent se désigner un successeur.
De cette façon, les officiers ont des droits de plus en plus affermis sur leur charge publique. Ils
sont donc de plus en plus indépendants.
Cette pratique va vite être détournée et dénaturée au point d’aboutir à la PATRIMONIALITE
et à la VENALITE : Les officiers vont pouvoir acheter leurs charges publiques.

Du droit romain :

Les juristes redécouvrent des concepts, utilités publiques, biens publiques, choses publiques
(RES PUBLICA), l’Intérêt Général.
Les légistes se fondent sur les compilations de Justinien redécouvertes au 11 ème siècle, et sur
les travaux des GLOSSATEURS du 11ème, 12ème siècle.
Ces Glossateurs font des GLOSES à partir des textes de Justinien. Ces gloses sont des
commentaires, des explications littérales, sommaires.
Au 14ème siècle, l’école des post glossateurs : Ces Post glossateurs vont dépasser l’explication
sommaire pour essayer d’envisager des applications pratiques.
Ils veulent utiliser le droit romain pour l’adapter aux réalités Admin. de l’époque. Ils vont
tenter de fonder dans le droit romain la souveraineté pleine et entière du souverain.
Deux grandes notions :
-
Notion d’UTILITAS PUBLICA. Dans les textes du 13 ème, 14ème, nous trouvons la
mention de COMMUN PROFIT (ou POURFIT dans le sud).
o
Cette UTILITAS PUBLICA est typiquement romaine. On la trouve dans les
actes normatifs des empereurs des bas empires.
o
Son utilité tient au fait que el roi va transcender les motivations privées du
seigneur.
o
Chaque acte normatif sera motivé par cet Intérêt Général.
o
Chaque agent royal dans sa mission ne doit faire usage de ses pouvoirs que
dans l’intérêt de la Communauté.

11
o
Tous les actes qui seraient susceptibles d’être pris pour des contingences
privées doivent être dénoncés.
o
Cette notion limite les agents et définit aussi la fonction.
 Exemple, l’expropriation : 13ème, 14ème, le roi ne peut exproprier sauf
s’il y a UTILITE PUBLIQUE.
-
Notion d’UNIVERSITAS :
o
Notion de droit romain qui permet d’identifier des collectivités d’êtres
humains : Exemple, l’état ou les universités.
o
Transposition que les juristes vont en faire pour forger la notion de
personnalité morale : une personnalité morale, juridique distincte des êtres qui
la compose.
o
Ce qui ont l’Univeristas vont pouvoir gérer un patrimoine, administrer la
collectivité d’êtres humains.
o
Ils vont aussi administrer la collectivité, ester en justice dans l’intérêt de la
collectivité d’êtres humains qu’il représente.
o
Les villes auront cette Universitas et peuvent ainsi gérer un domaine, ester en
justice.
o
Cette notion permet de distinguer deux droits :
 Le JUS PUBLICUM, droit public, qui profite aux gens qui ont
l’Universitas.
 Le JUS PRIVATUM, droit privé, qui ne s’applique qu’aux êtres humais
entendus individuellement.

Doctrine Savante au 14èmesiècle : Elle va s’interroger sur les problèmes d’Admin. publique qui
forme des théories sur les statuts des Admin. et qui développe également un théorie sur
l’action de l’Admin. ou sur le contrôle, le contentieux propre à l’activité de l’Admin.
Le Roi va donc davantage légiférer. Il va définir les missions des autorités publiques.

La doctrine savante est prise en compte par les juridictions lorsque celles-ci doivent prononcer
des sentences relatives à l’administration.
Le Parlement de Paris, lorsqu’il doit juger de l’annulation d’un acte d’Admin. vérifie toujours
de la finalité du but poursuivis. Il vérifie l’Utilité Publique ; si elle est fondée, alors pas
d’annulation de l’acte.
Répercussion au niveau des seigneurs et des villes. Ceux-ci vont s’entourer de conseillers
juridiques, lesquels les informent de concepts de droit romain et de droit canon. Ils visent à
adapter les concepts aux réalités de leur Admin.
Le droit canon et le droit romain évoluent. Se dessinent alors des procédures à l’appuie de
concept juridique : Exemple, l’expropriation et la notion d’utilité publique. A partir du 14
15ème siècles, enquêtes d’utilité publique qui sont mises en œuvre et s’enquièrent de la réalité
de l’administration.

Tous ces éléments ne forment pas un corps de règles bien identifié. Le Droit Administratif
n’est absolument pas systématisé. Il n’est pas clairement individualisé. Beaucoup de
constructions juridiques restent doctrinales, méconnues par des conseillers juridiques, par des
villes.
De plus, des lois du roi ne sont pas également pas diffusée dans tout le royaume. Et par la
force des choses, elles ne sont pas appliquées. Il y a une carence dans la législation royale.
De la même façon, concernant les parlements et les sentences étudiées, certaines affaires sont
réglées subjectivement : La qualité des parties triomphent plus que le droit.

12
On parle toujours dans la période médiévale de Police. On ne parle pas d’Admin publique. La
police renvoie toujours à la justice judiciaire.

Les officiers sont en théorie au service du public. Ils sont agents du roi. Seulement ils
deviennent propriétaires de leur charge avec la vénalité et la patrimonialité des offices. Fort de
ce droit, l’usage qu’ils font des offices est un usage privé. Cela sous entend qu’ils se font
rémunérés par les administrés ou par les justiciable. Ils ne pensent qu’à accroître leur
patrimoine.
De plus, leur charge devient héréditaire. Les pères transmettent aux fils ou aux beaux fils. Le
critère de compétence ne joue plus…Seule le critère du sang compte.

Section II : L’Administration des temps modernes et la systématisation des règles de


Droit Administratif.

16, 17, 18ème siècle

I- Les structures : Les progrès de l’Admin pour cette période

Il n’y a pas de rupture entre la période médiévale et celle des temps moderne. On retrouve le
Conseil du Roi qui préside toujours en siège de l’Admin centrale.
On retrouve aussi le parlement, mais il existe 1 Parlement de Paris, toujours issu de la Curia
Regis, mais aussi 12 parlements de Province.
Ces parlements sont crées au fur et à mesure de l’annexion de territoires.

On retrouve la chambre des comptes ; On retrouve les baillis et les sénéchaux avec un
amoindrissement de leur compétence. Plus encore on trouve des prévôts (dont la charge a été
réunie avec celles des baillis et des sénéchaux dans certaines villes).

Le roi est absolu : Il renforce d’avantage la centralisation. Celle-ci passe par le conseil du roi,
lequel est divisé entre différents « ministères », département des secrétaires d’état qui se
partagent en différentes sections.
Celle qui symbolise le plus la décentralisation, c’est le Conseil des dépêches où les secrétaires
d’état collaborent avec les agents en province. Le relais en Province, c’est l’intendant dont le
titre et Intendant de Justice, Police, Finance.
Il n’est pas un officier ; Le statut de l’intendant est celui de commissaire. L’intérêt est qu’ils
sont nommés par lettre de commission définissant strictement leur mission, le temps, la durée
pendant laquelle ils vont exercer leur charge publique.
De cette façon on ne tombe pas dans les abus des officiers qui sont propriétaires de leur
charge.
Ces agents sont nommés pour 1 an à 13 ans.
Mais au 18ème siècle, les intendants de justice, police finance, deviennent permanent et
administrent une généralité ou l’intendance.
Dans cette circonscription ils sont agents royaux et ont la tutelle sur les villes, baillis et
prévôts.
Ils sont aussi parfois considérés comme des administrateurs locaux. Par leur permanence, ils
sont investis de l’Admin du bien de leur Province.

On parle de Monarchie Admin au 18ème siècle. cela suppose que le roi n’est plus tant un roi
justicier qu’administrateur.

13
Il va multiplier les lois permettant ainsi de réglementer un droit de l’Admin, un Droit
Administratif.

Deux exemples :
-
L’Edit de Moulin, de 1566 : Fixe le statut du domaine.
-
1605, 1608, 1620 : Le roi réglemente la procédure d’adjudication, laquelle est un
moyen d’attributions des Marchés de Travaux Publics.

II- La reconnaissance d’un droit de l’Admin.

On va parler de renaissance, de redécouverte du droit romain à partir du 16 ème siècle. Ces deux
mouvements participent à l’étude de toutes les sources des antiquités grecques et romaines.
Par la redécouverte de ces sources, les juristes vont tenter de préciser l’action du
gouvernement royal.
Cela suppose ainsi d’identifier les concepts, les notions qui sou tendent l’action royale.

2 mouvements :
-
Faire une analogie avec le droit privé puisque le droit privé romain est clairement
identifié. On cherche aussi dans le droit coutumier, féodal.
-
On arrive que le droit applicable à l’Admin est un droit dérogatoire, originel qu’ils
cherchent alors à expliquer.

Pur droit privé on voir que l’expropriation est une servitude qui grève la chose, la RES.
On trouve des formules disant que l’expropriation est une procédure exorbitante de droit
privé.

2 notions vont évoluer :

A- La notion de Police au 17ème et 18ème siècle.

La police fait l’objet de toutes les attentions du roi. Il veut soustraire la police aux Cours
Suprêmes de Justice. Il veut la rendre autonome et la soustraire au Parlement.
La notion étant autonome, le roi va nommer des agents spécialisés en matière de police.

Deux édits participent à ce mouvement :


-
Edit de St Germain en Laye, de 1641
o
On amorce la séparation entre la gestion des affaires publiques d’une part ou
des affaires privées d’autre part.
o
L’idée de saint Germain prévoit que les parlements ne s’occupent plus des
affaires publiques. Ils ne jugent que des litiges des particuliers…
o
Cet Edit est pris en réponse à une conjoncture particulière. En effet, le
parlement de Paris se fonde sur ses origines de Curia Regis pour interférer sur
la politique du Roi.
o
Cette intervention passe par des critiques du gouvernement royal. Paralysie des
réformes royales.
o
Cet Edit à des conséquences puisque le contentieux Admin ne doit plus
désormais relever du parlement.
o
Seulement on ne crée pas de nouvelles institutions. Aussi le contentieux
Admin, en province, en 1ère instance sera confié aux intendants… En Appel ou

14
en Cassation, le Contentieux doit aboutir devant le Conseil du Roi, en
formation Conseil des finances ou également la formation Conseil des Parties.
-
Edit de Mars 1677 : Il faut créer des agents spécialisés.
o
Donc le Roi crée une charge de lieutenant de Police à Paris. Ce dernier est
assisté par des commissaires de Police.
o
Inspecteurs de Police.
o
Ambition : Maintenir l’ordre dans la Capitale. On ordonne au lieutenant de
Police d’assurer le Repose de la Population.
o
Cela passe par une activité réglementaire. Le lieutenant de police doit faire tout
son possible pour appliquer la législation royale.
o
Plus encore, le lieutenant de Police doit traiter du contentieux de la Police. De
manière contentieuse, le lieutenant précise les audiences au Châtelet.
 Le Châtelet est une institution juridictionnelle. C’est l’équivalent d’un
baillage alors qu’il n’y a pas de baillage à Paris.
 Le lieutenant juge des contraventions de Police et il y aura au Châtelet
une chambre de la police.

La notion de Police devient une science chez les auteurs du 18 ème siècle : On trouve des
dictionnaires de la Police ou des codes de la Police ou des traités ou des répertoires.
L’ouvrage le plus réputé est celui de Nicolas DELAMARE (1639 – 1723), commissaire du roi
au Châtelet. Il publie de 1705 à 1738, 4 volumes « Traité de la Police », dont le dernier est
complété par LECLERC DU BRILLET.

DELAMARE fait œuvre de juriste et d’historien.

Juridiquement, ce qui est intéressant c’est son affirmation selon laquelle la police est une
composante du droit Public.
Il vise l’Edit de St Germain et celui créant les lieutenants et commissaires de Police. C’est à
partir de ces édits qu’une science de la police se dégage.
Grâce à l’intervention du roi il y a une science de la police, une matière police de droit public.
Plus encore que le droit public ou la référence au roi il va retranscrire toutes les lois
intervenues en matière de police.
Pour rédiger se traité il nous dit qu’il se fonde sur la Jurisprudence. « Je n’ai pas cru devoir
négliger plus longtemps un Jurisprudence consacrée à l’utilité publique »
Il s’inspire aussi de la doctrine, CARDIN LE BRET, BACQUET (TRAITE DES DROITS DE
LA JUSTICE) et de LOISEAU.

Il y a bien un droit de la police. Mais il est le premier à tenter de mettre en forme ce gros
foutoir….

Il fait aussi œuvre d’historien. Mais c’est contesté car il s’inspire autant de l’Egypte, de la
Grèce, de Rome, des barbares, de la féodalité.
Cette démarche permet de prouver la continuité dans la formation des règles de droit.

11 domaines : La police renvoie au domaine


-
De la religion.
-
De la discipline des mœurs du fait de la vision paternaliste du roi de France.
-
De la Tranquillité Publique
-
De la Sûreté

15
-
De la Voierie
-
Du Commerce, police économique.
-
De la police des pauvres.
-
Santé
-
Vivre
-
Article
-
Etc…

Ce traité par contre n’a qu’une diffusion interne. C’est un précepteur qui veut éclairer le roi. Il
réagit comme un précepteur qui veut enseigner cette matière qu’est la police. Le blême c’est
que le traité n’est diffusé qu’au sein de l’Admin centrale.
Mais il va servir de modèle sur le plan du droit.

2 Traités s’inspirent de son œuvre :


-
Celui de Duchesne, qui en 1757, qui rédige un Code de la Police.
-
LA POIX DE FREMINVILLE : Traité dont la publication date de 1558 sur la Police
générale des villes. Il s’occupe de la réalisation urbaine.

La police garde toujours son caractère de notion réglementaire. Mais en revanche, elle
commence à se distinguer de la sphère contentieuse. DELAMARE nous dit que la Police est
une portion importante du droit public qui consiste beaucoup plus en gouvernement qu’en
juridiction contentieuse.
La police est donc rattaché à l’exécutif puisqu’elle met en œuvre la loi du roi..
Administration pour l’Ordre Public.

B- La notion d’Admin identifiée !

Le terme d’administration, dans sa racine latine ADMINISTRATIO, est connue des le Moyen
Age. Mais pour cette période, ADMINISTRATIO n’est pas synonyme d’Admin publique..
Plus de 35 sens pour BURDEAU.
ADMINISTRATIO signifie aider, mettre à la disposition de ou encore, diriger.

On adjoint toujours un complément. Cela signifie que l’on a ADMINISTRATIO DOTIS


(Admin de la dote en droit privé) ou ADMINISTRATIO TUTORIS (Admin du tuteur) et
ADMINISTRATIORE PUBLICA (Admin de la chose publique).

Deuxième moitié du 18ème siècle, le complément disparaît. Lorsqu’on parle d’Admin, cela
renvoie à l’Admin publique.
Ce sont donc des agents, des missions au service du public. Tous les Admin, maires, échevins
ou intendants parlent du Bien de leur administration.
Ils l’organisent comme une institution qui suppose des bureaux composés d’agents.
Admin tend déjà à devenir synonyme de bureaucratie.
Les intendances s’organisent autour de 5 à 10 secrétaires ou commis.
Au conseil du Roi, on peut avoir entre 100 et 500 secrétaires et commis. Hiérarchie
bureaucratique…
Ces secrétaires, commis, premiers commis préfigurent ce qui sera la fonction publique ne
serait ce que parce qu’ils sont rémunérés par le roi et l’Admin et qui ont une pension de
retraite.

Se développe dans les années 1770 une science de l’Admin.

16
PROST DE ROYER (1729 – 1784) lieutenant général de police dans la ville de Lyon, rédige
un dico de Jurisprudence et des arrêts. Dico publié en 1782, dans lequel on trouve développée
toute la structure de l’Admin publique en précisant tous les différents statuts des agents
publics (droits, devoirs, obligations, responsabilité et irresponsabilité)(ouvrage de Prost n’et
plus en circulation…Remarque c’est normal que Prost ne soit plus en circulation…).

GUYOT en 1784, répertoire universel et raisonné de Jurisprudence.


DENISART, 1771, Collection de décisions relatives à la Jurisprudence.

Le roi, dès les années 1760, se soucie de désigner un avocat, Nicolas MOREAU, pour
constituer un dépôt de source juridique réservé au droit de l’Admin. Il veut en effet que les
ministres soient en tous points informés des lois et de la Jurisprudence en rapport avec
l’activité de l’Admin.
Les philosophes s’emparent de la question :
-
Voltaire, Montesquieu, Diderot, Rousseau, fin 18ème siècle militent pour un
enseignement du droit publique. Ils veulent aussi un enseignement de droit politique.
o
Pour former les administrateurs
o
Ils veulent aussi renseigner, informer les administrés.

Si le Droit Administratif existe il souffre de nombreuses critiques et semble méconnu fin du


18ème siècle :
-
Le Droit Admin serait trop lié à la politique ministériel. On dit de ce droit qu’il est
engendré par les ministres mais qu’ils le mettent en œuvre
-
Ce droit serait aussi sanctionné par les ministres.
o
Ce serait donc un droit ARBITRAIRE.
-
Le droit Admin souffrirait du fait qu’il n’y ait pas de séparation des pouvoirs et de
l’absence d’une juridiction spécifique. Depuis l’Edit de St Germain de 1641, les
parlements ne peuvent plus s’occuper des affaires politiques du royaume. Ils ne sont
plus une juridiction compétente en matière d’administration du royaume.
o
Le Conseil du roi serait alors compétent. Mais c’est aussi un organe politique.
Il est aussi un organe, une Admin active.
o
Confusion entre Admin active et Admin juridictionnelle.
o
En 1ère Instance, c’est aussi l’intendant qui est administrateur et juge.
 Pour l’expropriation, le Conseil du Roi ordonne d’exproprier en
prenant un arrêt ou une ordonnance. Au niveau local, c’est l’intendant
qui dirige la procédure d’expropriation. Si il y a un recours sur le
montant de l’indemnité, ce recours se fera devant l’intendant. Le même
intendant qui a mis en place la procédure ; si la personne n’est toujours
pas satisfait alors le recours se fera devant le Conseil du Roi qui, pour
prononcer la sentence peut demander à l’intendant d’instruire.
-
Le Droit Administratif est fluctuent, il n’est en aucun cas uniforme. En effet, au 18 ème
siècle, le roi n’a pas réussi à gommer tous les particularismes locaux.
o
3 statuts de Provinces différents :
 Pays d’élection : L’intendant, agent centralisateur du Roi s’impose.
 Pays d’état (comme la Bretagne) : Ce sont des états provinciaux qui
administrent la Province. L’intendant est présent mais celui-ci a des
pouvoirs amoindris. Il apparaît uniquement comme représentant du
pouvoir royal. Ce sont le clergé, tiers états et noblesse, enfin leurs
représentants, qui se réunissent pour établir les règlements en matière

17
d’administration. Donc variation entre les lois du roi appliquées dans
les pays d’élection et les pays d’état.
 Pays d’imposition (comme la Flandre) : Admin autonome qui varie
selon les particularismes. En marge car rattaché tardivement à la
couronne de France.
o
Les lois du roi dans les pays provinciaux peuvent influencer les états
d’élection. Exemple, l’école des Ponts et Chaussés implantée à Paris et qui
rayonne dans les Pays d’élection. Dès 1760, dans le Languedoc, pays
d’élection, une école est crée.
o
Mais les lois du roi, les règlements ne reçoivent pas le même accueil, même
dans les pays d’élection...
o
Il n’y a aucune codification en matière de Droit Administratif. Cela signifie
qu’il n’y a pas de grandes ordonnances, comme il en existe au 17 ème sur le droit
privé.
 Des éléments dans certaines ordonnances comme par exemple
l’ordonnance des eaux et forets d’août 1669 : Elle traite des eaux
domaniales et des forets mais aussi sur la procédure d’adjudication.
 Mais ces dispositions sont accessoires…
o
Donc le droit est fluctuent, ARBITRAIRE
-
Le Droit de l’Admin est un droit secret, purement interne. On reproche à la doctrine de
ne pas être suffisamment connu et diffusé en Province. De la même façon on estime
que cette doctrine se permet de faire des tris dans les matières donc cela donne un
droit plus subjectif qu’objectif.

Dès 1770, ce droit est attaqué par les philosophes des Lumières. De la même façon il est
critiqué par les institutions elles mêmes. Le parlement de Paris voir les Parlements.
Dans l’esprit des administrés, le droit Admin et l’absolutisme royal ne font qu’un.
Or cet absolutisme signifie tyrannie, despotisme chez certains penseurs des Lumières.
Ceci explique que lorsque la Révolution éclate avec la réunion des EG, cette révolution fait
aussi tomber le droit Admin avec l’absolutisme.
Si il existe un ancien droit Admin désormais, à partir de la Révolution, on exige un nouveau
droit administratif.

SECTION 3 : L’ETAT DU DROIT ADMINISTRATIF DE LA PERIODE


REVOLUTIONNAIRE (1789-1799) AU 19ème SIECLE

Dès 1789, les constituants veulent répondre aux critiques portées à l’encontre du roi et de son
Admin.
Seulement, leurs réformes sont imparfaites car ils doivent résoudre des difficultés
économiques et sociales. Ils veulent construire un nouvel état sur une nouvelle Constitution.
Ils veulent régénérer l’état et la société.
Mais faute de temps, leur édifice sera imparfait et lacunaire. Seuls quelques grands principes
vont perpétrer.

Il faudra attendre le coup d’état de Bonaparte en 1799 (Brumaire An VIII) pour une nouvelle
base.
Mais à partir des années 1814, sous la Restauration, va s’enraciner le Droit Administratif.
C’est ensuite sous le second empire et la troisième République que vont être jetées les bases
du nouveau Droit Administratif.

18
I- Les Principes Généraux de la Période Révolutionnaire : Les Balbutiements
Révolutionnaires (1789 – 1799)

Les constituants veulent faire table rase du passé. Ils veulent répondre aux critiques.

Sur le plan institutionnel ils vont, des le mois d’août 1799, remodeler le Conseil du Roi. Ce
Conseil, en Avril 1791, sera supprimé définitivement.
Novembre, 1789, on dégage les parlements, les chambres des comptes, les cours des comptes
etc…
Dès le 4 Août 1789, il n’y a plus d’officiers, on abolit la vénalité, la patrimonialité des offices
et on supprime tous les privilèges.
Décembre 1789, il n’y a plus d’intendants.

A la place, installation d’un corps législatif. Culte de la Loi qui s’impose.


Du point de vue des Provinces, création des départements, de Décembre 1789 à Février 1790,
qui tendraient vers une décentralisation.
De la même façon on crée quelques 44 000 communes.
Etant entendus que ces communes et départements n’ont pas de personnalité morale ni
juridique autonome puisqu’on a une vision unitaire de la France Révolutionnaire. LA
REPUBLIQUE EST UNE ET INDIVISIBLE…

Sur le Fond du droit, 2 grands apports révolutionnaires :


-
L’état LEGAL : Conforme à la Loi, réglementé par la loi. Cet état vise à se substituer
au caractère fluctuant et méconnu de l’ancien droit.
o
On le doit à la DDHC, votée le 26 Août 1789. Dans cette déclaration, nous
avons un article 4 qui dispose « tous ce qui n’est pas défendus par la loi ne peut
pas être empêché. Nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas ».
 L’action de l’état et de l’Admin est encadrée par la Loi. La loi limite
donc l’Admin autant qu’elle la réglemente.
 Cette DDHC modifie le droit de la Fonction Publique. Elle prévoie
l’égalité devant les charges publiques. L’article 6 dispose : « Les
dignités, places et emplois publiques, seront occupées selon chacun,
selon leur mérite etc… » bref en fonction de son talent. Il n’y a plus de
privilèges pour accéder aux charges publiques, donc plus d’hérédité,
plus de cooptation (enfin sur le papier…).
 Disposition sur l’expropriation : Le droit de propriété est maintenant
INVIOLABLE ET SACRE. On peut prendre la propriété moyennant
une juste et préalable indemnité.
o
Ce droit Admin légale est donc constitutionnel car la DDHC est
immédiatement reprise dans le préambule de la Constitution de 1791, qu
instaure la République. C’est le Titre I de cette Constitution qui reprend tous
les principes de droit public (égalité devant la loi, devant les charges publiques,
propriété inviolable et sacré etc…)
-
Loi du 16 / 24 Août 1790 : Les fonctions judiciaires sont distinctes et demeureront
toujours séparées des fonctions administrative ; Les Juges ne pourront, à peine de
forfaiture, troubler de quelques manières que ce soit les juridiction administratives
o
1ère Interprétation : La Spécificité du Droit Administratif est acquise.
o
2ème : Cette loi est dans la même mouvance que l’édit de St Germain de 1641, à
savoir que les révolutionnaires sont très méfiants à l’égard de l’ordre judiciaire.

19
Les juges du judiciaire ne doivent pas s’occuper de politique ni
d’administration.
o
Donc on commence à envisager une juridiction spéciale. Seulement les
constituants ne créent pas de juridiction Admin spécifique et l’ordre judiciaire
se voit toujours confier des procédures administratives.
o
Les Constituants restent très timides dans leur réforme et dans leur législation.
Tout au plus, texte important, décret de Décembre 1790 qui réforme la notion
de domaine. Hormis ce code, il n’y a pas de grande loi en matière Admin.
o
Les troubles économiques et sociaux perturbent le taf des constituants. Et de
1789 à 1799, nous avons au moins 3 Constitutions qui se succèdent. Chacune
d’elle remet en cause les acquis précédent…donc pas mal d’instabilité…

Deux thèses :
-
La première consiste à dire qu’il n’y a pas de Droit Administratif pour la période
révolutionnaire tout simplement parce que la séparation des pouvoirs n’est pas
effective
-
Pour les autres, il existe un Droit Administratif qui n’est en aucun cas autonome. C’est
un Droit Administratif qui ne serait pas formellement constitué. Pour cela il faut
attendre les progrès révolutionnaires.

II- Les apports napoléoniens

L’empereur va réconcilier l’ancien droit avec les apports du droit révolutionnaire (1789-1799)
pour fonder un Droit administratif.

A- L’œuvre institutionnelle

1) La centralisation administrative

La France retrouve un exécutif fort comme dans l’ancien droit. Toutes les structures
constitutionnelles et juridiques aboutissent à l’empereur. Cette centralisation se transpose dans
les départements. Ces derniers conçus dans une inspiration décentralisatrice vont servir à
Bonaparte pour concentrer le pouvoir.
On crée le préfet, loi du 28 pluviôse an 8 : Il a pour mission, article 3, d’administrer seul le
département placé sous son contrôle. On peut faire un parallèle avec l’intendant car le préfet a
la tutelle des départements et des communes tout comme l’intendant. Comme lui, le préfet
doit exécuter la politique du gouvernement et exécuter la politique de l’empereur. Il doit aussi
s’enquérir de l’opinion publique, c’est un informateur de la situation des départements à
l’égard de l’exécutif.
Par les préfets, il n’y a plus d’autonomie locale en France.

On a donc un empereur à l’exécutif, des préfets…


Manque les agents, les fonctionnaires, termes qui apparaît en 1790 pour désigner les agents du
clergé.
Ce terme est défini dès 1798 : Bonaparte va modifier le recrutement des agents de l’état. Il n’y
a plus le système de recommandation, de fidélité de l’ancien droit. Ni d’élection comme
pendant la période révolutionnaire.

20
Le recrutement va se faire sur concours : Création d’écoles spéciales. Rationalisation dans le
recrutement des agents de l’état. Cela suppose un critère de compétence dans le recrutement
des agents de l’état.
Les concours n’ont lieu que pour les petites fonctions publiques, pour les hautes, préfet par
exemple, il y a désignation par l’exécutif.

Notion de carrière avec une grille de traitement : Echelons et Clases. On parle de


MERITOCRATIE.

Autre élément, les fonctionnaires sont des purs exécutants, au sens strict mais exécutant au
service de l’état de l’intérêt Public.

2) L’organisation des juridictions Admin

Le Conseil d'Etat est inscrit dans le dispositif constitutionnel du 22 Frimaire an 8 aux articles
52 et 53.
Ce n’est pas une juridiction à part entière et ce n’est pas une juridiction autonome. C’est un
organe institutionnel.
D’ailleurs les articles 52 et 53 sont dans le titre 4, relatifs au gouvernement.

Les particuliers ne peuvent le saisir. De même les avis n’ont aucune valeur sauf accord de
l’empereur.

Participe à la rédaction des règlements d’Admin publique : On parle de règlement car


l’exécutif est > à la loi.
Chargé aussi de la rédaction des projets de loi. L’empereur veut détruire les corps législatif…
De plus, le Conseil d'Etat s’occupe de l’interprétation des lois lorsqu’elles sont lacunaires ou
peu claires.
L’empereur fait en sorte que les lois soient toujours peu claires…

Le Conseil d'Etat dispose de la Haute police Admin qui fait respecter l’Ordre Public. Il peut
s’enquérir de l’opinion publique, censure etc…
Le Conseil d'Etat est chargé de juger de la responsabilité des fonctionnaires. Enfin, article 52,
il est chargé de résoudre toutes les difficultés s’élevant en matière d’Admin.

On s’aperçoit que l’aspect juridictionnel n’est pas principal dans l’organisation du Conseil
d'Etat. C’est plus une activité liée aux autres attributions de l’Admin.
5 sections dans le Conseil d'Etat : L’intérieur ; la guerre ; la marine ; les finances ; la
législation.
Aucune section contentieuse. Le Conseil d'Etat est strictement organisé comme le conseil du
roi puisque les sections sont les mêmes.
Le Conseil d'Etat a vraiment pour fonction de conseiller l’empereur.
Le Conseil d'Etat prend de plus en plus d’importance en matière juridictionnelle, de 1799 à
1806, le Conseil d'Etat s’occupe des litiges entre le judiciaire et l’Admin.
Il va recevoir les recours contre les décisions des ministres, des préfets.

Réforme des 11 Juin – 26 Juillet 1806 : Décrets.


Cette réforme crée une section contentieuse du Conseil d'Etat. Désormais, les particuliers
peuvent parfaitement saisir le Conseil d'Etat directement. Ils n’ont plus besoin d’une
autorisation ministérielle.

21
Puisque saisie directe alors procédure spécifique. On voit apparaître une phase d’instruction
des litiges.

Après l’instruction, débats contradictoires d’où vont se dégager des principes Admin. Les
avocats rattachés au Conseil d'Etat se charge de vérifier.

Le Conseil d'Etat rend alors un avis qui va être avalisé par l’Empereur : C’est donc un arrêt du
Conseil d'Etat.

Il juge en appel les conseils de préfecture, mis en place par la loi du 28 Pluviôse an 8.
Ce ne sont pas des tribunaux de droit commun. Pourtant ils sont ordinaires en premières
instances. Pas tribunal de droit commun car ils ne connaissent que des litiges dévolus par la
loi. En dehors du cadre de la loi, ils sont incompétents.
Ils ont été institués pour alléger le préfet qui s’occupe seul de l’Admin. Cela veut dire que les
conseils de préfectures sont entendus comme des juridictions indépendantes de l’admin.

Donc on retrouve un Conseil d'Etat avec 5 sections Admin et 1 section juridictionnelle. Climat
favorable à l’émergence d’un droit jurisprudentiel.

B- L’émergence du Droit Administratif prétorien.

Référence à Rome et aux édits du prêteur qui crée le droit. La Jurisprudence qui se développe
sous l’empire reste lié à la loi et aux règlements d’Admin publique.
Article 4 de la loi du 28 Pluviôse an 8 sur la compétence des conseils de préfectures : Doivent
traiter du contentieux opposant les entrepreneurs de travaux publics et m’Admin dans
l’exécution des travaux de marché public.
Peut être saisi par les particuliers de tous les dommages causés par les entrepreneurs de
travaux publics.
Lorsque les particuliers se plaignent du fait qu’on leur a pris ou fouiller leur terrain, en cas
d’exécution de chemin, de route ou de canaux ou de tout ouvrage public. C’est de
l’expropriation mais le terme apparaît en 1810…
Les entrepreneurs de travaux publics on le droit de prendre des matériaux sur les terrains
privés pour construire des ouvrages publics.
Compétence pour les affaires de Grande voirie, pour les affaires concernant le domaine
national.

La Jurisprudence va s’attacher à la notion de Puissance Publique et s’attarder sur ka finalité de


l’Admin : L’utilité publique. Sous l’empire, cette Jurisprudence est extensive : Les JAS
prennent de plus en plus de contentieux au détriment du judiciaire.

Pour les communes : Pas de personnalité morale, ni juridique donc relève du droit privé. Elles
sont mineurs. Pourtant les conseils de préfectures et le Conseil d'Etat vont regarder la finalité
des travaux. Dès qu’il y a utilité publique, il y a compétence Admin.
Plus encore dès qu’il y a un financement publique alors il y a une compétence Admin ;

Certains auditeurs disent que c’est à la Jurisprudence de fixer le droit et de dissocier l’ordre
judiciaire de l’ordre Admin.

22
Mais faut nuancer le rôle de la Jurisprudence sous l’empire car elle peut être fluctuante. On a
une Jurisprudence méconnue sous l’empire, on n’a pas de développement de doctrine. Elle est
en retrait.

Mais n’est ce pas la sanction de la censure de L’empereur.


Importance de la loi, de la norme : Important dans le Droit administratif. On a par exemple,
deux lois sur l’expropriation en 1807, 1810… Idem pour les travaux publics, texte normatif en
1811

Dès 18à-, projet de Code Admin mais pas de code officiel du Droit Administratif. Le premier
code est celui de Mr FLEURIGEON. Ce monsieur est le chef du bureau du ministère de
l’intérieur. On peut alors présupposer une tentative de véritablement codifier la matière. Ce
n’est qu’un recensement des lois et des règlements.

Une vingtaine d’œuvres suivent : Classification par ordre alphabétique ou chronologique ou


par matières.
Ces répertoires s’inscrivent dans la même démarche que le 18ème siècle, comme les
dictionnaires etc…
Jurisprudence timide sous le Conseil d'Etat, avec en plus la chute de l’empire en 1814 qui le
déstabilise.
Pourtant il ne disparaît pas il s’adapte.

III- Enracinement de la juridiction et du Droit Administratif

Trois périodes.

A- Le temps des tourments

Avec la Restauration, 1814-1830, puis avec la Monarchie de Juillet, jusqu’en 1848, nous
avons un Conseil d'Etat qui ne cesse d’être rabaissé et attaqué.
Il est trop politisé, trop lié à l’exécutif.
Il survit surtout parce qu’il est de bons conseils en matière d’Admin et parce qu’il est seul
compétent pour connaître des affaires de l’Admin.
En revanche, l’aspect juridictionnel est plus que jamais combattu pour deux raisons
politiques : Sous la restauration, les ultra (monarchistes) veulent un retour au Conseil du Roi
et à la pleine confusion entre Admin et juridiction.
Sous la Monarchie de Juillet, attaque des libéraux qui veulent attaquer la juridiction car trop
proche de l’entourage ministériel et des ministres.
Repli Jurisprudentiel pendant cette période. Ce repli on le remarque dans les communes
lorsqu’elles passent les travaux publics. On ne retient maintenant que le caractère privé de la
commune ; on laisse tomber l’utilité publique.

Mais avec ce replis, redéfinition des attributions du Conseil d'Etat :


Cela suppose que ses compétences soient affinées grâce au conflit opposant ordre judiciaire et
ordre administratif.
Puisque redéfinition alors spécificité de la compétence Admin qui se fait jour sous la
restauration et la monarchie de Juillet.
On va s’intéresser à la procédure : On voit apparaître le Recours Pour Excès de Pouvoir. Ce
Recours Pour Excès de Pouvoir permet de juger des critères de compétences et qui permet,

23
non plus de juger un contentieux entre particulier et Admin, mais qui permet de juger des
actes mêmes de l’Admin.

B- Le temps de la réflexion

Dans ces mêmes années 1830 on voit apparaître la Doctrine. Elle va s’intéresser à l’activité du
Conseil d'Etat au sens strict.

3 auteurs :
-
Baron Joseph Marie de GERANDO (1772 – 1842) : Important car il a occupé la
première chaire de Droit Administratif à Paris. Il a publié de 4 volumes de 1828 à
1830, « les institutes de Droit Administratif »
-
Louis Antoine MACAREL (1790 – 1851) : Il est prof de Droit Administratif mais
également membre du Conseil d'Etat. Il est l’auteur d’un ouvrage en 1828 de
Jurisprudence administrative et a publié ses cours en 1842.
-
Louis de CORMENIN (1788 – 1868) : Membre du Conseil d'Etat, praticien qui publie
les « questions de droit administratif »

Ces 3 auteurs sont à l’origine de la nouvelle science du Droit Administratif. Droit d’autant
plus nouveaux dit Cormenin car pas de Droit Administratif avant la révolution. Pour Macarel,
avant 1789 il n’y aurait qu’arbitraire.

Les auteurs vont s’inscrire dans une démarche historique en recensant toutes les lois en
rapport avec le Droit Administratif.
De la même façon, Gérando est dans la même optique que Delamare puisque lui aussi a une
réflexion de philosophe sur la matière et est juriste.

Deux directions construisent cette nouvelle science :


-
La loi : On réfléchit à partir de la loi. Le Droit Administratif c’est « la science des lois
positives » ; « c’est l’études des règles résultant des lois d’Intérêt Général »
-
La Jurisprudence, objet nouveau. Mais il faut ordonner cette Jurisprudence. Cette
ordonnancement suscite des hostilités politiques parce qu’on ne veut pas que le
Conseil d'Etat puisse être reconnu comme créateur de droit.

Mais grand progrès, surtout dans la connaissance de la Jurisprudence. On a des publications


de Jurisprudence :
La première est celle de JB SIREY en 1818 qui entreprend de publier les arrêts de
Jurisprudence plus les commentaires qui peuvent en être fait.
1821, Macarel publie le recueil des arrêts du Conseil d'état.
1830, c’est Lebon qui reprend la même démarche.

Malgré cette réflexion, la Jurisprudence et la doctrine n’arrivent pas à s’imposer avant les
années 1860 – 1870.
Explication politique : 1848 à 1852, la 2nde République entreprend de réformer le Conseil
d'Etat. On a alors un replis.
De la même façon de 1852 à 1870, sous le 2 nd Empire, refonte du Conseil d'état : Phase
répressive et une phase libérale (dans les années 1860 donc climat favorable).

24
La Jurisprudence et la doctrine souffrent encore car on ne peut pas encore parler d’autonomie
du Droit Administratif.
En effet, le Droit Administratif raisonne toujours au regard du Droit Privé. Le Conseil d'Etat
doit toujours s’opposer et faire la différence avec le tribunal judiciaire.

Parallèle avec le droit privé des les enseignements :


-
En Droit Privé on s’inquiète du droit des personnes, puis des biens et enfin des
obligations
-
En Droit Administratif on s’inquiète de la fonction publique et des agents, puis du
droit des biens publics et on s’occupe ensuite des contrats spéciaux.

Parallèle dans l’émergence des concepts : L’expropriation est toujours étudiée par rapport au
droit de propriété ; Idem, les marchés de travaux publics sont conclus par une Puissance
Publique et ont pour objet l’utilité publique. Seulement, ces marchés mettent en présence deux
parties qui signent un contrat comprenant la définition d’un objet, lequel objet donne lieu à la
détermination d’un prix, le tout se faisant dans la définition des conditions exécutions. Donc
inspiration privée.

En 1860, lois en matière d’Admin, Jurisprudence qui ne cesse de s’épanouir, des procédures
spécifiques, une juridiction spécifique, ne doctrine qui se met en place laquelle est sous
tendue par un enseignement.

C- Le temps de la révélation

Après les années 1870 avec les 3ème République.

2 dispositions essentielles :
-
Loi du 24 Mai 1872 qui réforme le Conseil d'Etat et le restructure. Etant entendu que
le Conseil d'Etat est désormais indépendant de l’exécutif, de la sphère du politique. Il
ne relève plus de la justice retenue. Il peut donc fonctionner pleinement comme une
juridiction. Il va aussi pouvoir dire le Jus, le droit…Rôle créateur du Conseil d'Etat qui
peut enfin pleinement s’épanouir.
-
Arrêt BLANCO, du 8/02/1873 : Il va souligner la spécificité de la matière et
l’autonomie du Droit Administratif. En l’espèce, une Admin était mise en cause. Père
de la fillette accidentée voulait être indemnisé sur la base de la responsabilité civile
(1383 Code civil). Or le Droit civil ne s’applique pas en matière d’administration. Il y
a des règles spéciales qui viennent s’appliquer à l’administration, lesquelles doivent
être reconnues et affirmées par une juridiction spécifique.

En 1873, le Droit Administratif règle les litiges entre l’Admin et les administrés. Ce droit met
en œuvre des règles spéciales différentes du droit privée. Elles sont reconnues par une
juridiction spécifique.
On a les 3 éléments de la définition contemporaine du Droit Administratif. A partir de cette
date, on parle d’age d’or du Droit Administratif. Il s’articule autour de la Jurisprudence et de
la doctrine.
Elle influence la Jurisprudence en dégageant des principes généraux ; et la Jurisprudence fait
avancer la réflexion et la querelle doctrinale.

25
CONCLUSION

Formation et date du Droit Administratif


-
Nouveau droit Admin fin 19ème, début 20ème
o
Rupture par rapport aux périodes précédentes.
o
Nouvelle juridiction
o
Séparation des pouvoirs
o
Rupture dans les sources (Jurisprudence et la doctrine)
-
Mais avant cette date ?
o
Il y avait un Droit Administratif différent mais pas radicalement
o
Continuité dans certains éléments :
 Au niveau des structures : Le Conseil d'Etat et le Conseil du Roi ; Le
Préfet et L’intendant.
 Au niveau des sources : Droit Privé au Moyen age comme à la
renaissance comme au 19ème siècle sert de model.
 De même la loi est un facteur de continuité indéniable.
-
Donc science du Droit Administratif qui s’adapte, évolue.
-
Donc prémisses de Droit Administratif pour le Moyen age dont les critères s’affinent
au 18ème pour s’affirmer au 19ème siècle.

26
LE DOMAINE

Thèse :
Guillaume Leyte, « domaine et domanialité publique dans la France médiévale, 12ème 15ème
siècle »
Mémoire :
Mlle Anne Rousselet sur l’inaliénabilité du domaine de la couronne au 16 ème, 17ème et 18ème
siècle

Rigaudière, Tome 2, « histoires des institutions publiques »

C’est l’ensemble des biens qui appartiennent aux personnes publiques ou qui sont à leur
disposition.
Ils sont l’assise des pouvoirs de l’administration. Ils permettent l’exécution des missions de
l’Admin.

Dérive de DOMANIUM et DOMINIUM (apparaît le premier) :


-
DOMINIUM renvoie à un rapport de puissance, à un lien d’autorité. C’est tout
pouvoir quel qu’il soit susceptible de s’imposer à des personnes sur un territoire
déterminé.

S’imposer sur le domaine est un enjeu car c’est sur lui que vont d’appliquer les prérogatives
de puissances publiques ; On rend la justice à partir de ce domaine et de même on y lève des
taxes et des impôts.
13ème siècle : Intérêt pour le roi de reconquérir le domaine pour asseoir sa souveraineté.
Le roi est aidé des légistes, de la doctrine, étant entendu que l’apport de la doctrine est
déterminant dans la théorie du domaine.

A partir du 16ème siècle, on peut estimer qu’il existe un statu pour le domaine. Mais ce statut
n’est encore qu’ébauché.
Au moment de la révolution, les constituants ne tiennent pas compte des apports de l’ancien
droit. Rupture au moment de la révolution, rupture politique mais également économique et
sociale.
Les révolutionnaires ont besoin de thune mais veulent aussi contenter les propriétaires
fonciers et aussi les bourgeois.
Les révolutionnaires vont rendre le domaine aliénable et permettre la vente des biens
domaniaux.

Sous l’empire et sous la restauration, la doctrine s’empare du problème du domaine et va


tenter de concilier les deux mouvements historiques en établissant une théorie d’un domaine
public qui ne pourrait être vendu et d’autre part une théorie d’un domaine qui lui serait privé
et donc aliénable.

27
TITRE I : LE DOMAINE DANS L’ANCIEN DROIT (11ème-18ème)

3 autorités différentes qui revendiquent des droits :


-
Les seigneurs
-
Les villes
-
Le roi
Les seigneurs vont rapidement être combattus par le roi. En effet, politiquement et
militairement le roi n’a de cesse, dès le 12ème siècle, de reconquérir des terres seigneuriales
pour les adjoindre au domaine royal.
Le roi peut compter sur l’appuie de la doctrine laquelle va opposer l’utilité publique du
gouvernement royal aux revendications privées de l’ordre seigneuriale.

Les seigneurs, entendus comme personne privée, ne pourront plus, à compter du 15ème siècle,
revendiquer des domaines relevant du domaine public.
En revanche, les villes ont toujours des droits sur les domaines. Elles sont partenaires du roi
qui leur a concédé des privilèges domaniaux. Par ailleurs, nombreuses villes peuvent alléguer
de l’UNIVERSITAS et peuvent alors juridiquement revendiquer des droits sur un domaine et
gérer ce même domaine.

CHAPITRE I : DOMAINE DU ROI ET DOMAINE DE LA COURONNE

De manière contemporaine on a un domaine public de l’état et un domaine privé de l’état.


Donc personne ne s’inquiète du patrimoine du chef de l’état.
Pareillement aujourd'hui il existe des classifications entre différents biens domaniaux, publics
par nature (la mer par exemple).

Or dans l’ancien droit, aucune classification des biens sauf dans les constructions doctrinales.
La doctrine ne reçoit pas l’accueil qu’elle mérite.
De même pas de distinction entre LE domaine du roi, personne privée, et LE domaine royal,
de droit public
Interaction des deux droits dans l’appréhension du domaine. Tout le taf des juristes consiste à
partir d’un héritage de droit privé de formuler une théorie de droit public du domaine.
Le roi considère ce domaine comme source de revenu et donc de pouvoir en retirer les fruits
lui parait normal.

La doctrine considère que le domaine a pour finalité la satisfaction de l’intérêt public et va


donc tenter le protéger.

SECTION I : LES HERITAGES DU PASSE

I- Le legs romain

Avant de devenir le royaume des francs, la gaulle était sous domination romaine (sauf un petit
village…). Or il existe une théorie du domaine.
Le domaine à Rome s’organisme autour de la notion de FISC, le FISCUS. Il est entendu
comme étant l’ensemble des biens du Prince. Mais progressivement, cet ensemble s’accroît
des redevances, des taxes, des revenus des provinces ou encore des biens vacants, sans maître.

Les juristes vont entreprendre de distinguer les différents biens du Prince.

28
On distingue les revenus et les biens destinés à l’usage du peuple du patrimoine privé du
Prince.

Seulement le Prince est à la tête de l’ensemble du FISC. Aussi les juristes vont distinguer une
Chose Publique du Corps Privé du Prince et vont dire que l’état est une entité du droit public,
permanente, immortelle. Cette entité est distincte entièrement de son représentant qui a bien
une personnalité de droit privé.
Quels sont les droits des représentants sur ces biens de droit public ?

Les juristes vont distinguer des choses des biens qui sont dans le commerce, c'est-à-dire des
biens qui pourraient appartenir à des particuliers et donc être vendus ou cédés.
A l’opposé il y a les biens hors commerce qui font partie du domaine public de l’état. Ils sont
hors commerce car leur nature ne se prête pas à la propriété privée.
Ils sont aussi hors commerce car ils sont nécessaires pour l’usage du public.

Fort de ces deux masses, les juristes vont subdiviser les biens hors commerce :
-
Biens non susceptibles, par leur nature, d’appropriation :
o
La mer, l’air, l’eau…les routes, les ports, les fleuves car affectés à l’usage du
public qui par leur destination et leur usage doivent être public.
o
Egalement des RES UNIVERSATIS : Affectés seulement à certains membres
de la cité. Le théâtre par exemple…
o
Les Choses Sacrées (RES SACRAE) : Edifices religieux, les temples…
o
Les choses saintes : Les murs, les portes des villes

Le Prince, le chef de l’état peut faire usage libre des choses dans le commerce, notamment les
terres dans le commerce qui peuvent être louées, exploitées, vendues.

A l’opposé, toutes les choses hors commerce ne relève d’aucun droit de propriété. On dit que
ces choses sont inaliénables et imprescriptibles. Le Prince a sur ces biens hors commerces, un
simple droit de protection, d’administration et de gestion.

Mais dès le 5ème siècle ce droit romain va s’effacer.


Ce droit romain va influencer la doctrine à compter du 12ème, 13ème siècle.

II- Le droit primitif Franc

Sous les premières dynasties franques on retrouve une terminologie romaine. Mais cette
terminologie ne revêt absolument plus le même sens juridique qu’au temps de l’empire.
On parle de « patrimonialité ». Tous les biens quel qu’ils soient sont l’objet d’appropriation
privée et peuvent être vendus et démembrés.
Le domaine et précieux en raison des richesses mais aussi de l’autorité dont on peut faire
preuve dans son ressort.

Il n’y a plus de domaine public ni de choses hors commerce. Du vivant du roi comme à sa
mort, l’ensemble du domaine est partagé. A la mort du roi, le/les fils du régent se partage (ent)
le royaume comme une vulgaire succession de droit privé.
Le morcellement a aussi lieu du vivant du roi car ils veulent s’attirer des clientèles, des liens
de fidélité. Ils vont donc concéder des fiefs, lesquels sont des terres concédés à charge de
service noble. Chacune de ces terres, constitue un démembrement du domaine du roi.

29
Des provinces entières échappent au contrôle du roi : Bretagne, Normandie, Aquitaine,
Languedoc, Bourgogne.

Les seigneurs, au 9ème, 10ème, 11ème, revendiquent leur droit sur les terres qu’ils leurs ont été
données. On parle de DOMINIUM pour viser ces droits.
Seconde moitié du 11ème siècle, le roi sent les limites de cette politique de démembrements du
domaine et va cesser de filer des terres en fiefs et on va alors aménager la succession royale.

Au 11ème siècle, seul l’aîné male du roi doit hériter du royaume. Les frères sont exclus du
domaine de la couronne, sauf à recevoir tout de même une part, l’APANAGE.
Le premier exemple date de Henri 1er lorsqu’il concède la Bourgogne durant son rège 1031-
1060, à son frère.

APANAGE = AD PANEM : Donner du pain. Les frères doivent avoir une part pour subsister
et cela leur permet de tenir leur rang. Les apanages consistent en principautés entières.
L’Apanage constitue tout de même un progrès face à la patrimonialité du pouvoir. En théorie,
les apanages des frères du roi sont toujours sous contrôle royale étant entendu que certains
frères vont s'absoudre du pouvoir royal et devenir aussi fort, concurrent du roi.

SECTION 2 : LA RECONSTRCUTION DU ROYAULE ET L’AFFIRMATION DES


DROITS SUR LE DOMAINE

I- La réunification géographique

Tout commence avec trois rois :


-
Louis VII (1137-1180)
-
Philippe II, dit Auguste (1180-1223)
-
Louis VIII (1223-1226)

Ils veulent reconstruire leur assise domaniale pour asseoir leur souveraineté.

Mise en œuvre de la Guerre :


Dirigée en île de France. Au 11ème siècle, le domaine du roi n’est que dans le domaine d’île de
France. On étend en direction du bassin parisien et de la Picardie.

Mise en œuvre de la diplomatie :


Par des signatures de traités, le roi se voit confié des terres qu’il intègre dans son domaine.

Moyen de droit féodal :


-
Contractuel :
o
La Commise : C’est une sanction à la violation des obligations liées au contrat
de fief. Elle est un retrait définitif des terres à la personne qui possédait le fief.
 Le roi peut donc reprendre des terres.
 Jean Sans Terre, en 1202, ordonnée par Philippe Auguste pour
récupérer la Normandie, le Maine, l’Anjou et le Poitou
-
De droit privé :
o
Le mariage : Juridiquement, le fief est concédé sur le fondement de la
patrimonialité. Il repose sur du droit privé et fait donc l’objet d’un droit de
propriété. A ce titre on peut donner un fief, une terre en dot.

30
 Les rois de France élaborent des stratégies matrimoniales pour épouser
des héritières de fiefs richement dotées.
 Philippe Auguste épouse la nièce du Comte de Flandre, Isabelle
de Hainaut, pour récupérer le Boulenois (Boulogne sur mer) et
l’Artois, deux régions stratégiques.
o
Le roi peut acquérir des terres ou négocier le rattachement des terres
moyennant finances :
 Le Dauphine : Humbert II, totalement ruiné, propriétaire du Dauphine
négocie avec Philippe VI en 1341, de sorte à céder le Dauphine
moyennant le versement d’un capital et le versement d’une rente
viagère. Pas rattachement direct au roi mais au fils aîné de celui-ci.
 En 1461, le Dauphine est directement rattaché au domaine.
o
La succession :
 Blême : Les donataires ne veulent pas que leur terre perde leur identité.
Aussi, le rattachement n’est pas forcément direct. Il est d’avantage de
l’ordre indirect. La dot passe par la femme, la fiancé mais pas par le roi.
 Donc les juristes vont jouer sur la qualité de successible. Ils vont
multiplier les successions jusqu’à réunir la qualité de successible et
celle de roi de France.
 Bretagne : Anne de Bretagne s’est mariée deux fois. La
deuxième fois, en 1498, elle épouse Louis XII.
 Ils ont une fille Claude : Elle succède à sa mère Anne et reprend
la Bretagne.
 On la marie à François 1er. La belote revient à la France.
o
Henry : Successeur de Claude à la Bretagne et Roi de
France car successeur de François 1er
o
Réunion des deux qualités.

Languedoc :

Géographiquement il était scindé en Languedoc oriental (Carcassonne ; Nîmes) et en


Languedoc occidental (Toulouse).
Le roi de France commence, sous Philippe Auguste, par entreprendre la guerre contre le
Comte de Toulouse.
Puis vient l’heure de la diplomatie : Signature d’un traité à Paris, le 12 Avril 1229, sous le
règne de Louis IX (saint Louis).
Par ce traité le Languedoc oriental est rattaché au domaine.
En revanche le comte Raymond veut conserver des droits sur le Languedoc occidental. Il
donne en dot le Languedoc occidental à sa fille Jeanne.
Jeanne est mariée à Alphonse, comte de Poitiers, d’Anjou, frère de St Louis donc apanagiste.
Clause dans le contrat : A défaut d’héritier Toulouse sera incorporée au domaine.
1271, Jeanne et Alphonse décèdent, pas d’héritier…donc Toulouse est rattachée au domaine.
Donc le Languedoc revient à la Cour.

A partir de Philippe auguste on voit apparaître le complément de Royal au terme de Domaine.


On va parler de DOMINIUM. Lequel Dominium s’applique aux seigneurs.
En opposition au DOMINIUM on trouve une terminologie de DOMANIUM s’appliquant aux
possessions royales.
Ce terme de Domanium donnera le terme de Domaine.

31
Le blême c’est qu’il faut encore définir les droits du roi sur ces différentes terres. Or tous les
territoires n’ont pas été incorporés au domaine par les mêmes expédients. Tous ces domaines
n’ont pas le même statut ou ne répondent pas à une même classification. Plus grave encore,
c’est surtout le droit privé qui s’impose dans la reconstruction territoriale.

Construction juridique qui tente à distinguer le roi en tant que seigneur, personne privée du roi
en tant que souverain, personne publique.
Ils veulent rattacher le domaine à une entité publique. Deux réalités géographiques, d’un coté
le royaume et de l’autre le domaine.
Jusqu’au 12ème, le royaume était synonyme de Domaine. Le roi n’avait que de l’autorité sur le
domaine.
Mais ave la réunification, le roi à des différents droits sur différents domaines. Dilatation de
l’espace politique. Aussi on obtient un royaume qui peut s’entendre comme étant un vaste
territoire soumis à l’autorité du roi. Mais un vaste territoire qui ne suppose pas forcément la
possession. On est plus dans le registre du respect de l’autorité.
Par opposition, le domaine est l’ensemble des possessions royales soumises directement au
contrôle du roi. Donc on suppose un support matériel et une exclusivité des droits du roi.

Les juristes veulent donc tout rattacher au domaine de sorte à préserver cette exclusivité. A la
longue, ils voudraient que le domaine redevienne synonyme de royaume, étant entendu que le
domaine recouvrirait l’ensemble du royaume.
Le royaume de France serait alors l’ensemble des possessions du roi.
Cette réalité interviendra à partir du 16ème siècle.

II- La construction juridique du domaine

La patrimonialité des 8ème, 9ème siècle a permis que le roi morcelle le royaume en terres, les
revenus et elle a aussi induit le démembrement des droits.
Le roi va vouloir recomposer un domaine s’articulant autour de possession en terre, de
revenus et des droits.

A- Le domaine corporel

L’assise des terres.


5 constructions permettent d’en parler :
Pour savoir si le bien relève du domaine ou non on va regarder :
-
Le lien entre le roi et la terre
o
Soit le roi a un lien indirect ; Soit il agit comme seigneur ; Soit il y a plusieurs
seigneurs qui font valoir des droits
 Le bien sera dit IN FEODO : LE bien n’est qu’un fief et le roi n’est que
seigneur donc ce n’est pas du domaine.
o
Soi le lien est direct : Le roi a des droits exclusifs sur la terre qui l’intéresse.
 Le bien est dit IN DOMANIO, il est intégré au domaine.
o
Jusqu’au 15ème siècle on s’interroge sur ce lien. Etant entendu que dans les
provinces on distingue pour préciser s’il s’agit ou non d’administration royale.
-
Incorporation ou Clause d’incorporation :
o
Apparaît et devient systématique à partir du règne de Philippe le Bel

32
o
Clause écrite : Aucune ambiguïté. Le bien conquis, ou reconquis fait partie du
domaine
o
Mais elle peut être tacite, sans clause. On va donc voir la qualité des personnes
ayant des droits sur la terre ou la motivation des personnes qui cèdent la terre.
 Si le roi tient la terre par sa qualité de personne privée, s’il en a hérité,
ou par sa qualité de chef de l’état, de souverain.
 Si il a fait la guerre pour choper la terre alors l’incorporation va de soit.
-
Ancien domaine ou Antique domaine :
o
Construction juridique du 13ème siècle.
o
Relève du domaine du roi tous les biens, tous les droits qui appartenaient au
premier domaine des Capétiens.
o
On réfute les concessions, on les prive de leurs effets. Malgré la concession,
s’il y avait un rattachement à l’ancien domaine alors la qualité de domaine
perdure.
o
Permet d’asseoir les droits du roi sur l’île de France puisque les Capétiens,
avant d’être roi étaient comtes de Paris.
-
Les biens domaniaux par nature :
o
Différent du droit romain…
o
En l’espèce, 13ème, 14ème siècles, font partie du domaine tous les biens quels
qu’ils soient à partir du moment ou par nature, ils ont fait l’objet de cette
incorporation domaniale.
o
Peut profiter aux apanages qui sont des démembrements de l’antique domaine
des capétiens au 11ème siècle. Par nature, ce sont des démembrements du
domaine du roi.
-
Clauses de réversion :
o
Pour les apanages
o
Nature patrimoniale donc on peut en hériter.
o
L’apanage est toujours un démembrement du domaine.
o
Aussi la clause de réversion prévoit que l’on peut hériter de l’apanage
o
Mais si pas d’héritier, retour au domaine…
o
La doctrine va réfléchir à ce qu’est la qualité d’héritier :
 Arrêt du Parlement 1283 : On doit statuer sur la succession d’Alphonse
de Poitiers qui est mort sans enfant
 A la succession arrive Charles, roi de Sicile mais aussi frère
d’Alphonse. Il se proclame héritier et demande une partie de
l’apanage.
 Le parlement refuse et rejette les prétentions du frère en
alléguant qu’Alphonse n’avait pas des « HOIRS de CORPS » :
En français moderne cela veut dire qu’Alphonse n’a pas
d’héritier direct
 Donc le domaine reste du droit privé. On écarte les héritiers
directs.
o
1314 : Philippe, fils de Philippe le Bel. Retour des apanages au domaine
lorsqu’il n’y a pas de petits garçons. On ne veut pas que l’apanage tombe en
mains femelles qui pourraient le refiler en Dot.

33
B- le domaine entendu comme un ensemble de revenus : Domaine incorporel

Les revenus font l’objet de prétention domaniale à titre accessoire de la terre. Le domaine
matériel dégage de la richesse.
Mais les revenus peuvent être revendiqués par le roi de France à titre purement principal.
Les revenus qui font l’objet de revendication domanial peuvent être en nature, argent ou rente.
Sont domaniales, toutes les redevances, toutes les taxes. Font également partie du domaine
tous les droits prélevés sur les fiefs. Idem pour les revenus provenant de l’affermage des biens
domaniaux.
En gros toutes les sources de revenus qui pourraient faire office de confiscation. On y ajoute
aussi les amendes.

Ces sources sont gérées par des officiers royaux.

En théorie les revenus doivent être affectés aux dépenses du gouvernement royal (finalité
d’utilité publique).

La doctrine a tenté de classifier les revenus :


-
Les revenus immuables : Domaine incorporel immuable
o
C’est le domaine incorporel qui a un revenu fixe. C’est l’exemple des rentes.
-
Les revenus muables : Domaine incorporel muable
o
C’est le domaine où les revenus varient. C’est l’exemple des amendes

Le roi veut incorporer dans ce domaine tous les revenus possible mais uniquement les revenus
ordinaires et non pas extraordinaires (les impôts ou les prises de guerre).

C- Le domaine entendu comme ensemble de droits

Pas de blême sur le domaine du roi. Il use de son pouvoir de police, il réglemente, rend la
justice, lève des impôts etc…
En revanche concurrence sur le royaume qui peut être seigneuriale mais aussi également
urbaine.

Le roi va vouloir reconquérir des droits sur le royaume mais des droits qui n’ont pas d’assises
matérielles ou alors reconquérir des droits indépendamment de l’assise matérielle.
Cette reconquête des droits passe par l’assise des voies de communication terrestres et
fluviales. On veut récupérer les rivages pour choper les épaves qui s’échouent.

En effet, les rivages, chemins, rivières, court d’eau etc…on fait l’objet d’appropriation privée.
Donc appartiennent aux seigneurs.

Donc le roi va tenter de reconquérir les droits sur les voies de communication.
Les juristes vont utiliser la Notion d’Utilité Publique. La doctrine prétend que ces voies de
communication sont à l’usage du public : Influence du droit romain.
Les juristes inscrivent le roi comme étant garant du bien public. Il doit être gardien des droits
pour que soit respecté l’affectation au public, l’usage public.
Le roi intervient pour réglementer l’usage de ses biens pour que ceux-ci restent publics. Il
peut aussi faire valoir un droit de juridiction sur les voies de communication.
Le roi peut aussi ordonner des travaux publics pour l’aménagement des voies de
communication.

34
Peut intervenir en matière de fiscalité, de finance en veillant à l’utilisation du droit de péage.
Ces droits permettent l’entretien de la voie de communication.

Puisqu’il arrive à s’imposer, les juristes fondent la notion de droit éminent, droit domanial qui
suppose que le roi transcende les prérogatives privées du seigneur. Par ses droits domaniaux il
a une > aux seigneurs.

Donc le roi va se rendre propriétaire de ces voies…


Conclusion :

Le domaine est l’ensemble des terres sur lesquelles s’exerce directement l’autorité royale.
Le domaine est ensuite l’ensemble des droits et des revenus dont le roi dispose sur des terres
relevant directement de son autorité et sur les choses destinées à l’usage du public.

III- La détermination des droits du Roi sur le domaine

A- La consécration du domaine public

Reconnaissance du domaine de la couronne.


La nature publique du domaine ne va pas de soit.

Il est vrai qu’il y a des indices :


Les droits du roi, l’exercice de la souveraineté royale. Dès que le roi met en avant sa
souveraineté alors on peut présumer d’un caractère public.
Deuxième indice, c’est l’utilité Publique.

Mais cela ne suffit pas à protéger le domaine du roi. Aussi les juristes vont élaborer une
théorie autour de la Couronne.
Jusqu’au 12ème siècle ce n’est qu’un REGALIA, un insigne que l’on remet au roi. Mais dès le
12ème siècle, la couronne devient institutionnelle et on lui reconnaît une qualité de droit public
et une autonomie par rapport au roi.
Or le domaine va être affecté à la couronne et non pas au roi.
La couronne a des droits et des prérogatives et peut protéger le domaine contre les usurpations
des particuliers, des seigneurs mais aussi contre la personne du roi.

Au 14ème siècle, on trouve des incorporations ou des droits sur le patrimoine de la couronne de
France.
1343, Guillaume Leyte a trouvé l’expression de « domaine de la couronne de France ».
Distinction entre un roi personne privée et une couronne relevant du droit public. C’est bien la
couronne qui a le domaine.
Mais c’est le roi qui administre le domaine de la couronne. C’est bien le roi qui représente
l’état et la couronne. Donc on a des risques de confusion entre le roi personne privée et le roi
personne publique.

Plus encore, il faut s’interroger sur l’existence d’un domaine privé pour le roi pour éviter les
confusions.
Nombreux débats doctrinaux et lourdes controverses.

B- Le domaine privé du roi ?

35
Controverse dès les 16ème, 17ème siècle.
Au 16ème, thèse de l’existence du domaine privé du roi. La plupart des auteurs estiment que le
domaine du roi est double. On a le domaine du royaume, de la couronne et un domaine du roi
qui serait privé.

4 arguments :
-
Le droit romain
o
Les empereurs romains disposaient d’un domaine privé et celui-ci a subsisté au
coté du domaine public, de la Res Pulica.
o
Le roi peut donc concilier un domaine de la couronne et un domaine privé sans
que le domaine privé nuise à celui de la couronne.
-
Edit de Charles VII et de François 1er
o
Pour incorporer leur domaine privé à la couronne.
o
A contrario, s’ils ont pris deux édits formels c’est qu’il pourrait exister un
domaine privé hors celui de la couronne.
-
En 1498, Louis XII a refusé d’incorporer son héritage maternel.
o
Donc cela veut bien dire qu’il existe un domaine privé
-
L’Edit de Moulin, en 1566
o
Traite de l’incorporation du domaine du roi à la couronne.

Les auteurs vont préciser ce qu’est le domaine privé du roi. Domat, auteur du 17 ème siècle,
nous dit que le domaine privé du roi est constitué de tous les biens arrivant au prince par
succession familiale.
Chopin, 16ème siècle, ou Bourgeon, 18ème siècle, estiment que relève du domaine privé tous les
biens acquis, succession, donation par le roi à titre privé.
Le roi peut parfaitement avoir des terres à titre privé, des revenus, des droits sur des fiefs, des
droits notamment relevant de son mariage, des droits matrimoniaux.
Gérés par le roi par des dispositions spéciales donc par des caisses de la couronne, fondées par
une loi et distincte des caisses de la gestion pour les biens de la couronne.

Au 17ème, revirement de doctrine : Le domaine privé n’existe pas. Donc cela suppose que tous
les biens du roi sont assimilés aux biens de la couronne.
-
Ils réfutent le 1ert courant de doctrine en disant que le droit romain ne peut pas
s’appliquer car le pouvoir à Rome est de l’ordre de l’élection alors qu’en France c’est
l’hérédité
-
Le mariage : Le roi se marie avec la couronne. La couronne accorde ses biens à gérer
au roi. Ce dernier apporterait en échange le domaine qu’il possède avant son
avènement. communauté de bien qu’il convient au roi d’administrer. Par le mariage il
devient administrateur et non plus propriétaire.
-
Droit Canonique : Analogie entre ceux intégrants le clergé régulier
o
Ceux intégrant le clergé séculier sont frappés de mort civil : Ceux qui veulent
se dévouer à dieu, les moines, n’ont plus aucun patrimoine.
o
Parallèle avec le roi qui se dévoue à la couronne. Donc le roi en se dévouant à
la cause publique n’aurait plus de patrimoine.

36
-
Historique : Hugues Capet en fondant sa dynastie en 987 a apporté aux petits
domaines le Duché de France et le comté de Paris. Donc il n’y a plus de domaine privé
possible.

Si la doctrine agit ainsi c’est que nous avons une affaire de Jurisprudence : L’affaire de la
Jurisprudence Henry IV qui suscite des débats depuis 1590.
-
Lors de son avènement il disposait de territoires important : Navarre, duché de
Vendôme, Comté de Foix, Vicomté de Limoges etc…
-
Par des lettres Patentes du 13 avril 1590 il décide que tous ses biens propres ne
seraient pas unis à la couronne mais une gestion et une réunion de ces patrimoines
privés à sa sœur, Catherine de Bourbon
-
Or le parlement, procureur LA GUESLE, refuse l’enregistrement des lettres patentes et
sans enregistrement alors elle ne pourrait pas produire tous leurs effets.
o
Il invoque la coutume : De tous temps, il y a réunion du patrimoine privé à la
couronne. Donc plus de patrimoine privé à l’avènement.
 Ils perdent leur qualité de personne privée
o
Il invoque aussi l’argument du mariage : Donc faut une communauté de biens.
o
L’intérêt Politique : L’attitude d’Henry IV est contraire aux intérêts de la
couronne.
o
Il met en avant le caractère indissociable du roi en tant qu’administrateur de la
couronne. « Les domaines privés et celui de la couronne sont aussi
indissociables que l’eau et le vin »
o
En 1607 Henry IV cède et donc unit ses biens à la couronne. On estime alors
que la Jurisprudence est fixée et alors, toujours le roi doit laisser ses biens à la
couronne.
o
Le roi ne peut pas avoir un patrimoine privé.

Mais la réunion en 1607 est d’avantage pragmatique et politique. En effet, les possessions
d’Henry IV sont considérables et on ne veut pas qu’elles tombent dans les mains des
étrangers. On ne veut pas qu’une enclave subsiste aux frontières du royaume.
En 1607, Catherine de Bourbon claque sans enfants. Donc les dispositions de 1590 tombe
d’elle même.
En 1607 le royaume de France est pacifié, on est sorti des guerres de religion et Henry IV a
deux fils légitimes : Donc le domaine privé, même incorporé reviendra à sa descendance.

Mais la controverse sur le domaine privé n’est pas tranchée et le débat reste intact.
En effet, avant Henry IV, Charles V, Charles VI (le retour) et Louis XII ont voulu garder leur
domaine privé.
Donc il existerait bien un domaine privé qui ne peut pas être incorporé, sinon pourquoi on
aurait pris la tronche à Henry IV.
Donc il y a bien un domaine privé mais ses contours sont flous. Le seul critère tangible c’est
l’incorporation : si incorporation alors il n’y a plus de domaine privé mais un de la couronne
et si il refuse c’est qu’il existe alors son domaine privé.
Peur car on ne veut pas que le domaine privé soit supérieur au domaine public. On a peur de
retomber dans des destinées de l’histoire qui conduirait à un morcellement.

SECTION III : LE REGIME JURIDIIQUE DU DOMAINE DE LA COURONNE

SOUS SECTION I : L’INANLIENABILITE DU DOMAINE DE LA COURONNE

37
Février 1566, Edit de Moulin : 1er édit de 1566. Il pose cette inaliénabilité.
Mais cet édit n’est que la consécration d’une pratique antérieure. C’est un aboutissement.
Tout tend à prouver que la politique royale envisage l’inaliénabilité au XIII, XIVème siècle.

Ceci étant cet édit intervient car il y a toujours des abus dans la gestion du domaine. En effet,
le domaine reste toujours une source de revenu.
Donc au 16ème siècle, cet édit viendrait réitéré l’inaliénabilité.

De plus il généralise le principe : Au 13ème, 14ème siècles ce sont surtout des dispositions
successives appliquées à des cas particuliers qui sont en jeu.
Or depuis la fin du 15ème siècle, nous avons une identité entre les frontières du royaume et le
domaine.

En effet, le roi a pleine autorité et pleine possession sur l’ensemble du royaume. Il faut donc
appliquer à tout le royaume la règle de l’inaliénabilité.
De plus, volonté officielle, solennelle de protéger le domaine. Le roi s’engage à le protéger.

Ceci dit, l’édit prévoie des exceptions. Il fixe un cadre, un statut réglementant ce qui pourrait
relever du public et d’un usage du public et ce qui pourrait relever d’un droit privé et être
aliénable.

I- Les origines de la règle de l’inaliénabilité du domaine de la couronne

La doctrine, toujours elle, veut absolument reculer l’apparition du principe d’inaliénabilité de


la couronne de sorte à ce que le roi puisse revendiquer le maximum du terres et de fiefs qui
ont pu être concédés.

Un premier courant de doctrine estime que le domaine est inaliénable depuis les Mérovingiens
et les Carolingiens. Pour eux, le droit romain perdure sous ces dynasties. Or le droit romain
connaissait l’inaliénabilité du domaine public.
La patrimonialité ne constitue qu’une exception à l’inaliénabilité. La patrimonialité n’étant
qu’une exception à ce principe…
Autre argument, ils extrapolent le sens donné à la coutume. Pour eux la coutume au 16 ème
siècle on vise les traditions des Premiers Francs.

Bien évidemment c’est du n’importe quoi ! C’est une position à ne surtout pas retenir (sauf
pour briller au court d’un rallye…).

On recule la date et on estime que l’inaliénabilité a été posée par les Capétiens. Pourquoi
eux ? Parce que c’est vrai qu’avec eux il n’y a plus de partage du royaume. Seul le fils aîné
hérite de la couronne. On met aussi en place les apanages.
C’est vrai aussi que Hugues Capet a réuni son domaine. Donc volonté de protéger le domaine.
De plus, les capétiens ont permis une réunification, une conquête de nouveaux domaines.

Mais là encore c’est n’importe quoi puisque les capétiens ont continué les aliénations. Et les
apanages constituent toujours un danger du fait de l’autonomie des princes apanagistes. Donc
des enclaves sont différentes du domaine du roi.
De plus, la réunion par Hugues Capet ne s’est pas faite par un acte législatif. C’est juste une
pratique tacite qui a perduré.

38
1275 : assemblée solennelle à Montpellier qui aurait rassemblée les princes chrétiens. Ils
auraient déclaré l’inaliénabilité du domaine du royaume.
Blême : 1 seul témoignage sur cette assemblée et en plus c’est d’un auteur anglais… Il n’y a
pas de procès verbal de cette assemblée…
En outre rien dans le contexte international ne laisse supposer que les Princes en aient quelque
chose à faire de cette règle d’inaliénabilité. De plus, on a des envies d’indépendance de
souveraineté donc rien ne laisse présager qu’on se préoccupe de l’inaliénabilité du domaine de
la France.
En gros c’est une belle fiction, on ne sait même pas si elle a existé…

C’est de la propagande pour faire remonter la règle de l’inaliénabilité aussi loin que possible
de manière à lui filer une bonne base afin que le roi de France puisse mener des
revendications.

Les origines de ce principe remontent au 13ème 14ème siècle sous influence du droit canonique :
-
Depuis le 11ème siècle, les évêques doivent prêter serment de ne pas aliéner les biens de
leur diocèse.
-
Le Pape doit les rappeler à l’ordre.
-
Dans le décret de Gratien est posée la règle de l’inaliénabilité des biens de l’Eglise, au
12ème siècle.
-
Les papes vont influencer les Laïcs et imposer le principe au roi
o
Innocent III (1198-1216 date de pontificat)
o
Honorius III (1216-1227)
 En 1225, il rappelle à l’ordre André II de Hongrie
 Dans une décrétale qui lui adresse il lui fait défense d’aliéner les biens
du royaume.
 Il lui demande de révoquer toutes les aliénations qu’André II aurait pu
faire.
 Selon le Pape, les biens à gérer sont liés à la fonction royale. Et donc
les rois ne sont que des administrateurs. Et donc ils leur faut protéger
l’intégrité des biens de leur royaume.
 Cette règle doit être contenue dans la promesse du sacre pour le Pape
o
Innocent IV (1227-1254)
-
Cette décrétale sert de modèle, c’est de la doctrine universelle.

En France, au 14ème siècle il y a la clause d’inaliénabilité des biens de la couronne dans le


sacre.
L’initiative de l’inaliénabilité dans le sacre émane du roi Jean II le Bon (1350-1364) mais
c’est Charles V (1364-1380) qui formule ce principe :
« Je consacrerais inviolablement la supériorité, les droits et les prérogatives de la couronne de
France et jamais je ne les aliénerais ni ne les céderais »
Les biens du domaine sont alors rattachés à la couronne de France donc le roi n’est plus
propriétaire et ne peut plus disposer de ces biens. Par conséquent cette règle d’inaliénabilité
des biens de la couronne apparaît.

Influence du droit romain :

On raisonne par analogie. Pour l’empereur il n’est qu’administrateur, donc le roi de France
qui est un empereur dans son royaume administre alors le domaine (logique…)
Les juristes vont alors qualifier les rois de France d’AUGUSTE (AUGERE = ACCROITRE)

39
Les rois de France doivent donc accroître leur domaine et ne doivent donc pas le diminuer.

Au 16ème siècle, les juristes vont faire une analogie avec le droit privé romain :
-
L’analogie passe par la Dot et par le Mariage
o
Le roi épouse la couronne.
o
La couronne apporte en Dot le domaine
o
Or en droit romain la Dot est inaliénable
o
Donc le domaine est inaliénable
Ces influences de droit romaine et de droit canonique se retrouvent dans la doctrine qui
influence le pouvoir royal. Elle réagit par rapport à la fonction de roi, au métier de roi.
L’inaliénabilité n’est pas toujours une préoccupation en soit. Ce qui les intéresse c’est de
connaître les droits du roi sur le domaine.
Au 14ème, 15ème :
-
Le roi a une personnalité Publique
o
Régner est une fonction
-
Donc on ne succède pas à la couronne
o
La couronne n’est pas un patrimoine
-
La couronne relève donc du droit Public
-
Puisqu’elle relève du droit public on ne peut pas la posséder, ni la démembrer, ni lui
porter atteinte.
-
La seule fonction du roi s’est d’administrer, de gérer, de protéger.
-
Donc la couronne est son domaine sont…allez c’est facile…inaliénable !!

La politique royale a intégrée les différents apports canoniques romains et doctrinaux mais
très lentement. En effet la tradition s’est la patrimonialité, le partage.
L’influence de ces trois composantes peut se faire ressentir dans les différentes clauses
(réversion, retour ou rachat).

Acte du 29 Juillet 1318 : Philippe V, dans cet acte révoque toutes les aliénations faites depuis
le règne de St Louis. En effet il veut que tous les biens soient de nouveau rattachés à la
couronne.

En 1407, Charles VI réitère la promesse de ne faire aucune aliénation.

En 1413, ordonnance de réformation : Ordonnance dite CABOCHIENNE, de réforme du


royaume. Elle comprend de nombreux éléments sur le domaine et prévoit la révocation de
toutes les aliénations ou donations faites au mépris des intérêts de la couronne.

En 1425, Charles VII : Il révoque les aliénations, il fait défense à l’avenir d’aliéner. Il confère
à cette loi la valeur de Constitution générale. Loi qui a une valeur quasi constitutionnelle.

Charles VIII puis Louis XII doivent de nouveau répéter la règle d’inaliénabilité du domaine.
-
La signification de cette répétition prouve que personne ne respecte ce principe…
-
Puisqu’il n’y a pas de respect, les rois vont décider de légiférer une nouvelle fois en
conciliant l’inaliénabilité et la pratique d’aliénation.

II- Edit de Moulins, Février 1566

Règne de Charles IV.


Cet édit est considéré comme LE texte qui fonde définitivement l’inaliénabilité.

40
Il a valeur de loi fondamentale du royaume, c'est-à-dire une loi « constitutionnelle » pour cet
ancien droit.

Il a été complété par un deuxième Edit de février 1566, et par une ordonnance de Blois de
1579.

Pose la règle d’inaliénabilité tout en posant des exceptions. Donc la tradition des
morcellements a été respectée.
A- La fixation du statut du domaine

On fait référence aux règles et maximes anciennes de l’union de la couronne.


En faisant référence dans le préambule à ces règles on inscrit l’édit de Moulin dans une
continuité historique et juridique (ce qui prouve qu’il intervient après de nombreuses lois).
Il est fait référence à la promesse du Sacre de Charles V…

Si la tradition est répétée, Charles IV (selon la prof mais Charles IX selon la chronologie)
affirme que le droit du domaine est méconnu. Il veut donc confirmer de manière irrévocable
ce droit du domaine.

Article 2 :
Le domaine est celui qui a été expressément uni, incorporé à notre couronne ou qui a été tenu
et administré par nos receveurs (agents fiscaux) et officiers en l’espace de 10 ans.

Selon la doctrine, il y a deux critères intangibles : L’incorporation et la gestion par l’Admin


royale pendant 10 ans.
La doctrine estime qu’à contrario il puisse exister un domaine privé, c’est celui qui n’a pas été
incorporé ni géré par les officiers royaux.
Elle estime également que le roi peut user des biens, qu’il aurait acquis on qu’on lui aurait
refilé, comme il l’entend pendant 10 ans. Mais au bout de 1àans alors fusion entre le domaine
privé et celui de la couronne.

La doctrine va donc distinguer un domaine fixe et d’un domaine casuel.


-
Le domaine Fixe se sont tous les biens, tous les droits ; tous les revenus qui sont
incorporés et gérés par les officiers existant à l’avènement du roi.
-
Le domaine Casuel ce sont toutes les acquisitions faites au roi, mais de l’ordre privé,
lesquelles seraient gardées par le roi pendant 10 ans. Ce domaine après 10 piges ou à
la mort du roi tombe dans le domaine fixe.

L’Edit de Moulin, dans ses articles 3, 6 et 7 le principe d’inaliénabilité du domaine :


-
Annonce la fin des aliénations
o
« Aliénation abusive »
o
Fin des anciennes pratiques de morcellement et de partage
-
Le roi n’est pas propriétaire des biens de la couronne mais ne fait que les administrer.
-
La couronne est inaliénable et le droit se doit de protéger cette couronne et le domaine.
-
Les articles rejoignent la notion d’Antique domaine et donc de domaine par nature.
o
Tous les biens autrefois compris dans le domaine et aliénés doivent retomber
dans le domaine.
o
Politique de reconquête juridique sous fondement du domaine d’inaliénabilité
de la couronne

41
-
Cet édit vise les clauses de réversion mais aussi toutes les clauses de retour qui ont
permis d’aménager toutes les aliénations.
-
Il parle aussi du retour des biens indûment possédés par les particuliers (article 6
surtout)
o
Il est entendu qu’il n’y ait pas de prescription possible pour ces biens
o
En tant qu’imprescriptible ils doivent retourner à la couronne et redevenir
inaliénable.

C’est la Charte du droit Domanial.


Seulement pas de classification des biens domaniaux dans cet édit :
-
On ne vise pas le problème des fleuves, des rivières
-
Donc tout semble attester que tous les biens sont domaniaux et qu’ils sont tous
rattachés à la couronne.

Cet édit est ambigu car il prévoit des exceptions à la règle d’inaliénabilité de la couronne.

B- Les exceptions

1) Les apanages

Posés moult et moult fois…


Prévue dès l’article 1er de l’Edit.
Ces apanages sont des exceptions relatives qui ne sont que la consécration d’un héritage.
Malgré l’inaliénabilité on ne veut pas revenir sur la tradition du roi bon père de famille.

Mais exception relative puisque les apanages devront comporter la clause de réversion :
Retour à notre couronne par leur décès sans hoir de leur corps…donc sans héritier mâle.

Les apanages doivent revenir à la couronne en pareil état et condition qu’était le dit domaine
lors de la concession de l’apanage.
Cela signifie que le Prince apanagiste a des obligations : I faut qu’il respecte l’apanage qui lui
a été concédé. Il faut une inaliénabilité de l’apanage, une intégrité du bien concédé.
L’apanagiste doit prolonger la souveraineté du roi sur l’apanage.Il n’est, tout comme le roi sur
la couronne, qu’un administrateur.
L’apanage fait donc partie du domaine.

Ce n’est plus un danger à partir du 15ème siècle.


Avant le 15ème les apanages étaient constitués de Provinces entières donc indépendance et
concurrence !
Alors que dès le 15ème on va filer des droits plutôt que des provinces entières : exemple droit
de lever certains impôts sur tel partie… Ou alors on va donner des rentes, des revenus ou
encore quelques petites terres éparses ou de faibles importance.

Puisqu’il n’a plus de danger ils peuvent subsister dans la législation. Ils vont subsister au
moment de la révolution puis ressurgir au moment de la restauration.

2) L’Engagement du domaine

Article 1er de l’Edit de Moulins


Exception relative.

42
C’est une technique qui permet au roi d’aliéner des biens en échange de quoi il obtient de
l’argent.
Le roi va en effet donner son bien en gage. Ce sont des biens donnés en garantie de la dette
contractée par le roi.
Le mécanisme est le suivant :
-
Le roi a besoin d’argent
-
Mais il n’en a pas…
-
Donc il va contacter un banquier Lombard ou juif qui va prêter des liquidités au roi en
échange d’un gage : Généralement un bien domanial…

Pratique de l’engagement pour 3 cas de figure :


-
La Dot : Les fils ont des apanages, les filles de France des Dot
o
Au lieu de libérer la Dot, le roi va engager un bien domanial.
o
Mais rien dans l’Edit de Moulins
-
Endettement : Le roi doit payer sa dette
o
Il met en gage un bien domanial
o
Rien dans l’Edit
-
Crédit : Besoin de crédit
o
Exemple : La guerre, les expéditions militaires…Besoin d’argent donc il
engage son bien domanial.
o
Prévu dans l’édit. On a bien l’engagement pour la « nécessité de la guerre »
 Mais il ne dit rien sur les droits des engagistes
 Pour la doctrine, l’engagiste n’est pas propriétaire et c’est pour ça que
l’exception peut demeurer. Les biens restent domaniaux…
 Ces engagistes n’ont pas non plus de prérogatives de puissance
publique. Sur leur bien engagé ils ne peuvent percevoir que les fruits,
les revenus du bien engagé.
 Ils ont le droit d’usage.
 Ce sont les INTERETS DE LA DETTE
Les engagements sont limités matériellement mais ils sont aussi limités dans le temps.
L’engagement ne vaut que tout le temps que court la dette. Dès qu’il y a remboursement, le
bien retourne au domaine de la couronne.
Blême : Le roi n’est pas un bon payeur et honore peu de dettes. Donc les engagements
peuvent très bien par la pratique devenir perpétuel…
Aussi l’article 1 prévoit des limitations à l’engagement :
-
Le roi peut engager en cas seulement de guerre
-
Le roi, pour engager, doit prendre des lettres patentes. Cela suppose donc qu’il ait
l’aval du Conseil du Roi mais aussi que ces patentes soient enregistrées par le
parlement et que la chambre des Comptes les enregistre.
-
L’engagement doit comprendre en son sein la clause de rachat perpétuel : Cela signifie
que de tous temps, même 100 ans après, le roi peut épurer sa dette, peut racheter le
bien domanial. Le bien retourne alors à la couronne

Donc l’engagement ne constitue plus un danger. C’est donc une exception tolérée.

3) Les petits domaines de la couronne

2ème Edit de Moulins.


Exception absolue à la règle d’inaliénabilité.

43
Contrairement aux deux autres exceptions il n’y a aucune clause de quelque nature que ce
soit. Plus encore on a peu de renseignement sur le formalisme par lequel le roi pourrait
concéder ces petits domaines.

Pas de définition donc liberté d’aliénation.

Le deuxième Edit de Moulins parle de « terres vaines » : Prés, Marais Vagues…bref les terres
incultes dans le sens agricole du terme…

Font partie de ce petit domaine des droits incorporels qui seraient improductifs et n’auraient
aucun intérêt pour la monarchie.
Idem pour les biens immobiliers de faible valeur ou tout ce qui reviendrait plus chère à
entretenir et à exploiter…

Ces petits domaines ont deux intérêts pour la monarchie :


-
Liberté d’aliénation qui correspond à la tradition
-
Lorsqu’ils sont aliénés, le roi perçoit des taxes et donc cela produit finalement des
revenus pour la monarchie…

SOUS SECTION II : L’IMPRESCRIPTIBILITE

Le fondement de ce principe est d’abord de l’ordre de la coutume et des pratiques anciennes,


notamment grâce aux réquisitions de biens aliénés.
Il faut attendre un édit du 30 Juin 1539 de François 1er : toutes les terres mêmes possédées font
partie du domaine et doivent lui revenir. Même au bout de 100 ans d’usage…

Référence à l’imprescriptibilité dans l’édit de Moulins de 1566 qui est implicite, tacite…On
parle de retour des biens détenus indûment sans titre. On ne peut pas prescrire, acquérir un
bien domanial par un usage prolongé.

Analyse à contrario :
Si les biens sont inaliénables ce n’est pas pour permettre une acquisition par l’usage. La
prescription serait donc égale à une prescription.

Ordonnance de 1667 : On réitère l’imprescriptibilité car méconnaissance de la règle et non


respect de la part des particuliers.

La doctrine est partagée sur cette imprescriptibilité.

Pour certain il y a une imprescriptibilité relative tout simplement parce qu’il s’agirait d’un
usage de 30 ans pour que le bien relève du domaine privé. Toutefois il faut une possession
paisible et continue et aussi une possession de Bonne Foi.

Pour d’autres on parle d’imprescriptibilité absolue : on ne peut jamais jamais jamais jamais
acquérir un bien domanial : « Qui vole loi du roi 100 ans après en rend les plumes »
Il faut rendre le bien mais aussi les fruits perçus plus les intérêts.

En pratique certains particuliers ont fait valoir leur droit face au roi : Contentieux.

44
-
Parfois ils ont fait des contentieux relatifs à un usage de droit, ils ont levé une taxe
pendant 30 ans et estiment que ce droit de lever la taxe appartient à leur patrimoine.
o
La Jurisprudence est stricte : Imprescriptibilité absolue !!
-
Idem, pas de prescription sur un droit à l’usage du public.
-
Pour les biens fonciers, tout dépend de la date à partir de laquelle on a l’aliénation.
o
Si il y a l’aliénation, l’usage, la possession paisible et de bonne foi :
 Avant 1566, il est possible d’admettre la prescription et les droits des
particuliers. Mais il faut un titre, un écrit qui fonde le droit sur la terre.
 Si postérieur à 1566, le bien est imprescriptibilité.

Cette règle d’imprescriptibilité concilie les droits des particuliers et les droits du roi. Mais
puisqu’il y a conciliation c’est que les contours de la règle d’imprescriptibilité sont encore
flous.
Nez en moins cette règle est fort commode pour la monarchie puisque sur le seul fondement
de l’imprescriptibilité et non pas de l’inaliénabilité les rois peuvent mener des actions en
revendications.

CONCLUSION

Que faut il retenir sur ce domaine ??

C’est la doctrine dès les 13ème, 14ème qui s’emploie à définir la qualité des biens domaniaux et
leur statut.
Le roi a toujours le penchant d’aliéner :
-
C’est une tradition
-
Et le roi a besoin de revenu
Il préfère parfois aliéner le domaine plutôt que de lever des impôts (même s’il fait les deux…)

La doctrine et la Jurisprudence ont véritablement livrée un combat pour qu’il y ait un statut
qui ait valeur de loi fondamentale. Mais même le statut est aménagé, car nous avons des
exceptions qui sont elles mêmes aménagées.
En effet, l’inaliénabilité est un danger pour la monarchie et on préférerait une inaliénabilité
relative.
On a dans le domaine toujours un double mouvement :
-
On veut protéger et administrer le domaine.
-
On veut toujours exploiter le domaine, en extraire des revenus.

45
SOUS TITRE II : LE DOMAINE DES VILLES

Autant de domaines qu’il y a de villes.

Certaines villes dès le 11ème siècle ont une charte de consulat : Conciliation entre les droits du
seigneurs et les droits des villes.

Il y a des Bonnes villes, alliées du Roi de France. Elles ont des privilèges.

Mais il y a aussi des villes qui subissent la centralisation et la tutelle du roi de France.

Critère géographique :
Influence du droit romain au Sud
Coutume au Nord

Affectation des biens à l’usage du public. D’autre part, les villes, contrairement à la couronne,
mettent en avant un domaine public urbain et un domaine privé urbain.

SECTION I : LA COMPOSITION DU DOMAINE « MUNICIPAL »

I- Le domaine urbain médiéval

Réalité des villes très complexes : dans les villes il y a des biens, des droits seigneuriaux.
Nous avons aussi des droits et des biens concédés par le roi, donc des biens et des droits
royaux.
Nous avons enfin des droits et des biens Urbains, d’autant plus que la ville a
l’UNIVERSITAS, donc la Personnalité Morale.

Les administrateurs urbains veulent transcender les droits pour administrer tous les biens à
l’intérieur de l’enceinte de la ville, de manière autonome.
Pour cela les administrateurs urbains vont user de leur pouvoir de police et prendre des
règlements pour l’Ordre Public.
Le fondement à ce pouvoir de police c’est le respect de l’utilité public, du bien public.

Affectation du bien au public : Les rues et les places appartiennent au public et ne sont pas de
la propriété du roi.
Les fortifications, les remparts sont plutôt dans la mouvance du roi. Or les administrateurs
urbains estiment que la défense, la sécurité relèvent aussi de l’usage du public donc de l’Ordre
Public.

Les villes vont avoir des revendications domaniales sur les biens affectés par l’Universitas :

46
-
Tous les biens ou droits qui symbolisent la Personnalité Morale de la ville,
l’autonomie de gestion de la ville
o
Pour les villes du Nord : Les Beffrois, les cloches (tocsins), les hôtels de ville,
les sceaux
o
Les revenus : tous les droits d’octroi, toutes les taxes ou tous les droits de
péage sur les marchandises entrant ou sortant de la communauté urbaine.

II- Le domaine Municipal à la fin de l’Ancien Régime

A la fin de l’Ancien Régime l’existence d’un domaine public est peu contestée. En revanche
s’impose de manière plus limpide l’existence d’un domaine privé de la ville.
La frontière de domaine privée et de domaine public est assez ténue, assez faible. Un domaine
public urbain peut parfaitement tomber dans le domaine privé urbain.

A- Quid du domaine public ???

Le domaine public urbain n’est pas controversé.


Mais variations de terminologie :
-
La ville de Paris parle de Possession des biens au lieu de propriété
-
A Marseille on parle bien de Propriété Publique ou de Domaine Public.
-
Dans d’autres villes différences entre le domaine commun, le public, et l’ordinaire, le
privé
-
D’autres distinguent les biens du roi et les biens de la ville.

La charge de l’entretien va guider la qualification domaniale : C’est par les comptes que l’on
sait à qui incombe la charge de l’entretien des biens.
Sans aucun doute, tous les biens affectés à l’usage du public sont considérés comme étant du
domaine public et doivent être financés par des fonds publics.

Les villes revendiquent les biens affectés à l’usage du public comme faisant partie du domaine
public urbain pour faire valoir une juridiction ou une réglementation.

Toutefois il y a des exceptions dans les comptabilités :


En cas de travaux publics pour les voies affectées au domaine du public. Les villes estiment
que les voies de communications sont du domaine public de la couronne. C’est pour que la
couronne finance les travaux publics…malin…
Ceci étant domaine public urbain ou domaine du roi, tout ce qui est affecté à l’usage du public
relève du domaine public et les villes doivent l’administrer. Elles ne peuvent pas l’aliéner et
doivent en respecter l’intégrité.
Donc procédure d’alignement le long des voies qui permet de tracer la frontière entre le
domaine public et le domaine privé des particuliers.
Un particulier qui empièterait sur le domaine public pourrait faire l’objet d’une expropriation
ou de reculement (tu pètes ta maison et tu la reconstruit plus loin).

47
B- Le domaine Privé

Ce sont les domaines qui produisent des revenus, plus tous les biens mobiliers et immobiliers
qui sont acquis par la ville : Exemple, des maisons qu’on a récupérées par expropriation etc…
Ces maisons vont être louées par la ville à des particuliers.
Mais la frontière est ténue puisque si la maison est louée à une administration publique, elle
est affectée à l’usage du public et donc elle devient de domaine public.

SECTION II : LE REGIME JURIDIQUE DES BIENS DES COMMUNAUTES

I- Le régime juridique du domaine public urbain

L’administration du domaine public n’est guidée que par une seule finalité : L’usage du
public.
Etant entendu qu’un bien fait partie du domaine public sans qu’il soit besoin d’un
aménagement spécial.
Le rôle et le statut consistent à ne pas entraver cet usage public. I faut toujours qu’il y ait une
entière liberté.
Cette liberté d’usage doit se faire égalitairement : il faut que chacun, tout le public puisse
accéder au service du public. Il faut également que cet usage soit continu. A défaut, la ville
aurait l’obligation de rétablir l’usage du public.

Le domaine public urbain est inaliénable. Si la ville aliène un bien public, le roi qui a la tutelle
annule purement et simplement l’acte qui a aliéné le bien public.
Il y a inaliénabilité tant qu’il y a affectation au public.

Une route est à l’usage du public, donc domaine public, donc inaliénabilité. Seulement au
18ème siècle, les ingénieurs des ponts et chaussés laissent des chemins à l’abandon. Donc si
abandon, l’usage devient privatif. On peut aliéner l’ancien chemin abandonné et le donner en
pleine propriété à une personne privée.

Imprescriptibilité :
L’imprescriptibilité, en analogie avec la couronne, veut dire qu’il y a des variations avant le
18ème siècle. Cela veut dire aussi qu’elle varie selon les dates, avant Moulins, après Moulins…
Elle varie aussi en fonction de l’usage public.

Intangibilité :
Suppose que le domaine ne doit pas subir d’attaques ni d’amoindrissement, ni être détruit.
C’est aux administrateurs urbains de réprimer tous les empiétements. Les maires et échevins
doivent sanctionner : Une des sanctions peut être de remettre en état le domaine abîmé…

II- Le régime juridique du domaine privé

Il est aliénable et prescriptible.


Il est encadré par le pouvoir royal qui n’a de cesse de mettre en tutelle les villes.
Il encadre car il ne veut pas que les villes puissent s’endetter en voulant faire l’acquisition de
biens privés.
Il vaut également éviter donc que les villes soient puissances et donc autonomes.

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Edit d’août 1749 qui limite les acquisitions des villes. Le roi ordonne que toutes les
acquisitions doivent être revêtues de lettres patentes, lesquelles obtenues au conseil du roi,
doivent être enregistrées par le parlement. Il faut que les villes demandent l’autorisation avant
d’acquérir un bien.
Si cette règle est transgressée, l’acquisition sera nulle !!

Limite la faculté pour les villes s’acquérir des biens par testament : Les villes ne peuvent plus
hériter de biens tombant dans leur domaine privé. Sauf les rentes constituées par le clergé.

Le roi encadre les aliénations faites par les villes : Donc lorsque les villes veulent vendre.
Il est prévu au 18ème siècle que les villes puissent aliéner à titre seulement onéreux : Elles
peuvent vendre mais pas donner. Elles doivent pour vendre obtenir une autorisation du
pouvoir royal et en suivant la procédure d’adjudication aux enchères.
En effet le roi estime que la ville en aura ainsi le meilleur prix.

Il y a des tolérances concernant les échanges : La ville peut échanger un bien de son domaine
privé avec un bien privé d’un particulier. Mais il faut encore une autorisation et une
estimation pour avoir le chiffre de la valeur des biens échangés.

Le domaine privé doit être protégé !!!


Certains administrateurs déposent des cautions lors de leur entrée en charge et répondent sur
leurs deniers personnels de l’amoindrissement du patrimoine de la ville.

CONCLUSION

On a hérite de l’inaliénabilité, de l’imprescriptibilité de l’Ancien droit.


On a aussi seulement pour les villes l’existence d’un patrimoine privé. Donc la conscience
qu’un domaine puisse faire l’objet d’appropriation et puisse dégager un revenu.

Critère d’affectation au public qui existe toujours aujourd'hui. Il est mis en œuvre par la
doctrine, par l’ancien droit, même si à la Révolution la théorie domaniale de l’Ancien droit
sera niée.

49
TITRE II
LE DOMAINE DE L’ETAT A L’EPOQUE CONTEMPORAINE

Loi de 1833 : Départements


Loi de 1867 : Communes

Ces lois leur permettent d’avoir un domaine.

L’ensemble de notre droit domanial est fixé entre 1790 et 1840. Aussi on ne s’attardera pas
sur les constructions doctrinales et jurisprudentielles.

CHAPITRE I : LA LES LEGISALTION DOMANIALE DE LA REVOLUTION ET DE


L’EMPIRE

SECTION I : LE CODE DOMANIAL

Décret des 22 Novembre, 1er Décembre 1790.


Les membres de l’assemblée nationale constituante décident de légiférer sur le domaine. Le 2
Octobre 1789, un comité des domaines et mis en place.
La priorité est d’abroger la règle d’inaliénabilité.

En effet, les caisses de l’état sont complètement vides et les constituants ont supprimés les
impôts de l’Ancien Régime.
Il faut trouver des revenus des richesses : Du coup on va aller piquer dans les biens de la
couronne. Pour pouvoir vendre les biens de la couronne il faut virer l’inaliénabilité.

Dès le 13/11/89, un rapport est rendu. Selon celui-ci, les règles de l’édit de Moulins sont
abolies.
Mais ce rapport n’et pas adopté. Et pourtant dès le 19/12/1789, les constituants commencent
la vente des biens de la couronne. Aussi le travail des constituants consiste à légitimer la vente
des biens.
Adoption du décret des 22/11 et 1er/12 1790 : On légitime la vente en rendant les biens
aliénables. Les ventes sont donc couvertes et il n’y a plus de vices de formes ni de procédure.
Ce décret quoique opportun a le mérite de réaliser une synthèse de l’Ancien Droit et raisonne
sur les fondements de cet ancien droit. Aussi ce décret est une continuité en même temps
qu’une rupture.

I- Le domaine selon les révolutionnaires

A- La définition du domaine public

D’emblée dans ce texte il est question de domaine public. De la même façon ce domaine
public est également appelé domaine national. C’est dire que le domaine a changé de titulaire.
Ceci étant le domaine n’est plus à la couronne mais relève de la Nation.
Ceci étant il ne change pas de nature que ce soit de la couronne ou de la Nation c’est du
domaine public.

Définition du domaine public : Article 1 à 7 du décret.


Article 1 : Le domaine s’entend de toutes les propriétés foncières et de tous les droits réels ou
mixtes qui appartiennent à la nation […] soit qu’elle en ait la possession et la jouissance

50
actuelle, soit qu’elle ait seulement l droit d’y rentrer pas voie de rachat, réversion ou
autrement.

Pleine continuité puisque le domaine est constitué de terres, de droits. Les revenus par contre
ne sont pas visés dans ce code. Ils sont attribués à une Admin fiscale.
Droit de rachat, de réversion ou autrement : Cela suppose que la nation peut exercer un droit
de revendication sur tout les biens qui faisaient anciennement partie du domaine. Nous ne
sommes pas loin de reviendre à la notion d’antique domaine ou de domaine par nature.

Pour préciser, ces revendications, le décret statut sur les engagements en son article 23 : Les
engagements sont sujet à rachat par la Nation lorsqu’ils ont été effectués après l’édit de
Moulins ou lorsqu’ils ont été réalisés avant 1566 et faisaient l’objet d’une clause de retour.
Les droits des engagistes ne sont pas niés puisqu’ils perçoivent des indemnités.

Article 2 : « Les chemins publics, les rues et places dans les villes, les fleuves, la mer, et en
général toutes les portions du territoire national qui ne sont pas susceptibles d’une propriété
privée, sont considérées comme dépendances du domaine public »

On retrouve le droit romain : Sans aucun doute tous les articles précités relevés des biens hors
commerces. Autrement dit il était impossible d’avoir une propriété privée et donc ils
relevaient par nature du droit public.

Ceci étant les constituants se font les reflets des politiques des villes. Toutes les voies de
communication étaient affectées à l’usage du public. En tant que telles elles devaient relever
d’un domaine public.

Inspiration doctrinale. Lacunes dans l’édit de Moulins pour toutes les voies de
communication, terrestres ou fluviales. La doctrine, 16ème au 18ème, en arrive à la conclusion
que toutes les voies de communication sont insusceptibles du domaine privé.

Législation sur les voies de communication est tardive :


Le sort des chemins, des voies de communication est réglé dans l’Ordonnance des Eaux et
Forets d’août 1669.
Les rivages de la mer ont vu leur sort réglé par l’ordonnance de 1681 sur la marine et le
commerce.

Mais ces ordonnances sont accessoires. Toutes les voies relèvent tout de même de la propriété
publique.

Consécration en 1790 d’une réflexion antérieure.


L’article 2 met fin aux différents contentieux car jusqu’au 18 ème les seigneurs ont toujours des
revendications sur les voies de communication.
On veut généraliser à la Nation : On met fin à l’extrême variation.

Article 5 :
« Les murs et les fortifications des villes entretenus par l’état et utiles à la défense font partie
du domaine public ».
Par cet article on retrouve la pratique urbaine de l’ancien droit, pratique qui considérait que
font partie du domaine public les fortifications et les enceintes parce qu’elle sont d’usage
public.

51
Les villes dans l’ancien droit considéraient les murs comme étant de LEUR domaine public et
non celui de la couronne.

Le code domanial va donc préciser « entretenus par l’état » et que les villes peuvent faire
valoir leurs droits sur les fortifications et garder la garde et la jouissance des fortifications si et
seulement si elles peuvent fournir à la nation leur titre ou si elles ont au moins 10 ans de
possession continue.

Les particuliers ont des droits sur es fortifications car beaucoup de ces particuliers ont
anciennement reçus les terres comprises dans ces fortifications. Aussi le code domanial,
même si les fortifications font partie du domaine public, reconnaît des droits aux particuliers.
Ils doivent faire valoir leur titre, prouver une possession pendant 40 ans et qu’elles aient perdu
leur rôle défensif.

B- Le sort du domaine privé du roi

En 1790 le roi a toujours la tête sur les épaules. Il n’a pas encore permis de s’enfuir à Varenne.
Il y a conciliation, cohabitation entre les droits du roi et ceux de la nation.
La nation se préoccupe d’autant plus des droits du roi qu’on veut poser un régime de
monarchie constitutionnelle.
I faut donc se préoccuper d’un patrimoine privé ou non.
L’article 6 dit que les biens du prince, avant et pendant le règne, sont de pleins droits unis à la
nation. Donc confusion totale entre le patrimoine privé du roi et le domaine public de la
nation.
La Jurisprudence Henry IV est enterré ! Le roi doit apporter son patrimoine à la nation.
Nous n’avons peu de renseignement sur l’expression « à quelque titre que ce soit ».

Donc il n’y a pas de domaine privé du roi selon l’article 6…

Dans l’article 7 le roi peut disposer des acquisitions faites à titres particuliers singuliers et non
en vertu des droits de la couronne.
Donc domaine privé du roi.

Mais les constituants ne veulent pas que celui-ci l’emporte sur les biens de la Nation. A la
mort du roi tous ses biens relèvent de la nation. Donc dès qu’il crève tout revient à la nation, à
titre perpétuel et irrévocable.

Différenciation domaine privé de la nation et domaine privé du roi. Cette différenciation n’est
pas exclusive de la confusion existant dans le patrimoine à la mort du roi. Il n’y a pas de vrai
dissociation entre la nation et le roi.

Le décret se préoccupe aussi du sort des apanages. En l’espèce ils sont réglés par les articles
16 et 17 : Les fils puînés seront élevés par les fond de la nation (un peu comme Mitterrand
avec Mazarine…)
A partir du moment où ils seront mariés et atteindront l’age de 25 ils obtiendront une rente
Apanagère payée sur le trésor national.
Cette rente sera soumise à variation eut égard aux législations du corps législatif.
Les fils puînés ne pourront avoir aucune revendication sur les biens délaissés par le roi et la
reine ses parents ni de revendications sur les biens de leur frère aîné.

52
L’apanage est donc une pratique qui est consacrée. D’ailleurs elle est reprise dans la
Constitution de 1791 mais contrôlé et limité.

Mais comme Louis 17 claque avant on ne saura jamais la forme de l’apanage…perte cruelle et
tragique pour nous autres historiens…

II- Le nouveau statut du domaine : Il est aliénable et prescriptible

Dès le préambule du code domanial et article 8 « Les domaines nationaux et les droits qui en
dépendent sont et demeurent inaliénables sans le consentement et le concours de la nation.
Mais ils peuvent être vendus et aliénés à titre perpétuel et incommutable en vertu d’un décret
formel du corps législatif »

Par son début, beaucoup d’auteurs en ont déduit la règle constante d’inaliénabilité, Chapus en
tête de liste.
Seulement avec l’article 8 il n’y a aucun doute car le domaine de la nation est désormais
aliénable.
Le fait est que dans tout le décret on parle d’un droit de propriété de la nation.
Or sous la révolution française, culte du propriétaire et de la propriété. Or dit le décret, la
nation est propriétaire de son domaine. La nation ne doit donc connaître aucune entrave à son
droit de propriété. Cela suppose que la nation peut aliéner le domaine dont elle est titulaire.

Ce principe d’aliénabilité est en apparente rupture avec la règle d’inaliénabilité. Apparente car
les constituants veulent tout de même continuer à protéger le domaine. D’ailleurs le
préambule commence par rendre hommage au roi de France, à sa politique de protection des
richesses nationales et il dit que sans la politique active du roi il y aurait eu un amenuisement
considérable du domaine de la couronne devenu domaine de la nation.

La protection passe par l’appartenance du domaine à la nation :

Dans l’ancien droit on avait trouvé la parade du domaine de la couronne. Le blême était qu’il
revenait au roi de l’administrer.
Les deux étaient liés et en pratique des aliénations ont perdurés.
Ce coup ci le domaine est à la nation, indépendante et autonome du roi.
De plus, culte de la nation. Elle est la plus parfaite qui soit. Donc en aucun cas la nation ne
portera atteinte à son domaine.

La réflexion relative à la finalité de l’aliénation :

En l’espèce la finalité c’est de procurer de la richesse à la nation.


Les constituants raisonnent en disant que selon eux le contenu du domaine est trop faible pour
subvenir aux besoins de l’état.
Fort de cette faiblesse, l’inaliénabilité posée dans l’ancien droit a condamné à la productivité
et à la stérilité du domaine.
Elle condamne aussi à lever des impôts, lesquels ont accablé le peuple c’est bien connu…

Grâce à l’aliénabilité, le domaine va pouvoir dégager des revenus et donc baisser les impôts.
Et puisque les impôts vont baisser il y a bien une protection des intérêts de la nation et le
peuple sera super content !! (C’est beau les théories)

53
Procédure d’aliénabilité

Le code domanial prévoit le consentement et le concours de la nation pour aliéner.


Aliénation sur décret formel du corps législatif, sanctionné par le roi qui lui donne force de
loi.

La loi est l’expression de la volonté générale : Un culte de la loi, elle est parfaite, elle va donc
protéger le domaine.

La loi lorsqu’elle est prise vaut déclaration de vente. Il suffit d’une loi pour que les biens
domaniaux soient vendus.

Si le principe d’aliénabilité est bien aménagé il comprend des exceptions :


-
Article 12 : Sont toujours inaliénables les bois et les forets
o
Car dégagent des revenus traditionnellement.
o
Donc puisque l’aliénabilité conduit à concéder des revenus il devient inutile de
contrarier cet objectif en aliénant les bois et forets.
-
Toutes les voies de communication sont inaliénables : L’article qui vise ces voies de
communication dispose qu’elles ne sont pas susceptibles de propriété privée. Donc pas
possible de les aliéner.
-
Idem pour les fortifications : Inaliénables, étant entendu qu’elles ont gardé leur rôle
défensif. Par contre quand plus de rôle défensif…

Il semble que dans le code domanial nous ayons deux masses de biens :
-
Une qui relève du domaine public et qui serait inaliénable soit par leur nature soit par
leur affectation au public
-
Un domaine qu’on aurait du mal à qualifier, domaine de la nation aliénable et qui
produirait des revenus et ferait l’objet d’un droit de propriété

Mais les constituants n’ont pas posé formellement la distinction entre ces 2 domaines…

On cherche toujours l’équilibre en protection et exploitation. Le roi prévoyait l’inaliénabilité


avec des exceptions alors qu’en 1790 on préfère l’aliénabilité avec des exceptions.

Article 36 : La prescription pour l’avenir des biens nationaux est permise. Donc les
particuliers qui usent d’un bien national peuvent ensuite en devenir les légitimes propriétaires.
Ce bien doit toutefois faire partie des biens aliénables.
Il faut toujours une possession paisible et continue avec un délai de 40 piges.

Ce décret abroge l’édit de Moulins en son article 38…


Désormais les constituants ont la volonté de poser un droit domanial irrévocable. Donc
pendant la période révolutionnaire il y a eut des lois sur ce sujet.

SECTION II : LE DOMAINE SOUS L’EMPIRE

Au moment de son coup d’état Bonaparte dit que la Révolution est finie et fixée aux principes
qui l’ont commencés.
Donc cela signifie que le code domanial continue à s’appliquer.

54
Nez en moins, il vise ce domaine dans la législation donc développement d’une Jurisprudence
et d’une doctrine.

I- Le domaine dans l’œuvre de codification

Les lois prises vont s’insérer dans l’œuvre de codification du code civil. Ce sont les articles
538 à 541 du code civil.
Livre II qui traite des biens et des différentes modifications de la propriété.
Par cette place dans le droit civil et le code civil, tout laisse à penser que le domaine devient
privé et continuera à être aliéné.

L’article 538 du Cciv c’est exactement l’article 2 du décret de 1790


Article 540 et 541 sont sommes toute assez similaire à l’article 5 du décret de 1790 et traitent
des fortifications.
L’article 541 complète 540…
Domaines publics pour les fortifications si utiles à la défense, idem pour les places de guerre
si les particuliers n’en aient pas fait la réclamation.

Dans la terminologie on parle d’appartenance à l’état et non pas à la nation.et on parle


également de domaine public ou domaine public de l’état.

Ce petit article 539 du code civil : Tous les biens vacants et sans maîtres, ou pour les gens qui
meurent sans héritiers appartiennent au domaine public.
C’est du droit romain qui incluait dans le fisc les biens vacants et les choses sans maître.

Rien dans le statut du domaine…

Nous ne savons rien non plus sur l’existence d’un patrimoine privé relevant de l’état ou bien
distinct pour l’empereur.

Les travaux préparatoires parlent d’un droit de propriété sur le domaine public. Puisque les TP
en parlent tout au plus on peut présager que le domaine public visé dans le Cciv serait objet à
aliénation.

II- La construction doctrinale et jurisprudentielle

LA doctrine pense que c’est de l’ordre de l’administration, de la protection donc inaliénabilité.


La Jurisprudence, tantôt accepte la doctrine et reprend l’inaliénabilité et tantôt accepte le droit
de propriété donc l’aliénabilité.
Lecture différente des 4 articles du code civil :

Selon la doctrine et la Jurisprudence les articles 538 et 540 sur les chemins et fortifications
visent un domaine indéniablement public. Un domaine public qui serait inaliénable.
On en vient alors à dire que ces chemins, etc… sont des choses hors commerce. Dans ce cas
elles relèvent de l’article 1598 et de l’article 2226 du code civile.

L’article 1598 concerne tout ce qui est dans le commerce et qui peut donc être vendu lorsque
des lois particulières n’en ont pas prohibé l’aliénation.
L’article 2226 : On ne peut prescrire le domaine des choses qui ne sont point dans le
commerce.

55
Deuxième motivation :

Les articles 539 et 541 du Cciv ne viserait plus un domaine du domaine public, mais cela
relèverait du domaine de l’état (attention subtilité…).
Le domaine de l’état est distinct du domaine public. Il est aliénable et donc prescriptible.

Mais lorsque l’on prend les travaux préparatoires du code civil, aucune distinction à faire
entre un domaine public et un domaine de l’état.
L’article 539 parle de « domaine public » et non pas de domaine de l’état comme veulent
l’imposer la doctrine et la Jurisprudence.
A priori cette construction avait un objectif : Celui de faire correspondre le droit de l’empire
avec le code domanial.

Ceci étant la construction est absolument sans fondement. Malgré l’absence de fondement
cette doctrine va continuer à s’imposer jusqu’en 1830.

En Jurisprudence, plusieurs positions :


-
Parfois assimilations domaine public, domaine de l’état.
-
D’autres disent qu’il y a des erreurs dans l’article 539, on ne voulait pas parler de
domaine public mais de domaine de l’état.

Personne n’ose parler d’un domaine public de l’état et d’un domaine privé de l’état.

Le débat est d’autant plus complexe qu’en 1815 on la Restauration et donc le retour d’une tête
couronnée.
Donc la doctrine retourne sur la division d’un domaine public, un domaine de la couronne, un
domaine privé de l’état et un domaine privé du roi…
Pas de clarification dans la loi, dans la doctrine ou la Jurisprudence.

CHAPITRE II : LA THEORIE DE PROUDHON ET LES GRANDES HEURES DE LA


DOMANIALITE PUBLIQUE

SECTION I : LES APPORTS DU TRAITE DE VICTOR PROUDHON (et non, piège ce


n’est pas le philosophe)

Victor Proudhon, avocat et professeur est à l’origine de la grande distinction entre le domaine
privé de l’état et le domaine public de l’état.
Traité en 5 volumes publié en 1833.

On admet qu’il popularisé et clarifié la construction doctrinale et jurisprudentielle précédente.


Mais le premier qui aurait théorisé ces domaines serait Mr PARDESSUS (mais pas célèbre…
dommage…)

Selon Proudhon, le domaine doit être appréhendé comme un élément de puissance et de


supériorité.
Pour lui il existe un domaine de souveraineté qu’il entend comme une prérogative de l’état de
gouverner et les choses et les hommes.

56
Plus encore, il admet qu’il existe un domaine public. Selon lui c’est le domaine qui consiste à
régir et administrer les choses qui seraient à l’usage de tous ou les choses qui n’appartiennent
à personne.

Mais à coté il y aurait un domaine de propriété qui donne à son titulaire le pouvoir de disposer
en maître des choses qui seraient dans le commerce.

Fort de ces 3 distinctions, il écrit que le domaine public n’est pour personne, même pas pour
l’état, un domaine de propriété. Article 538 et 540 du code civil…
Ce domaine public est selon lui improductif : Pas de notion de profit et l’on peut reconnaître
l’inaliénabilité sans problème.
Le chef de l’état n’est alors chargé que de l’administration et de la protection.

Il reconnaît que l’état a des besoins, besoins d’obtenir des revenus, lesquels peuvent provenir
de l’exploitation de son domaine. Aussi a coté d’un domaine public, nous aurions un domaine
relevant du Droit Privé et donc sujet à l’aliénabilité.

SECTION II : LA POSTERITE DE PROUDHON

Il triomphe parce qu’il ne se heurte ni à la doctrine, ni à la Jurisprudence ni à une loi contraire.

Critiques car il donne à l’article 538 un sens très juridique, très technique. Si on considère les
Travaux Préparatoires, 538 n’était en rien la clé de voûte d’une théorie domaniale
De même, il va rebondir sur la distinction terminologique, domaine public / état sans
reprendre le texte original qui parle de « domaine de la nation ».

Par ailleurs, il vise un droit de propriété sur le seul fondement du code civil pour déduire la
distinction de ce qui relève des particuliers et ce qui relève du bien public de l’état..

La Jurisprudence met beaucoup de temps à reconnaître la validité de cette théorie. Il faudra


attendre 1866, où l’on reconnaît l’existence d’un domaine public.

Loi, 16 Juin 1851, sur la constitution de la propriété en Algérie, qui reconnaît un domaine
public de l’état et un domaine privé de l’état.

En doctrine on a du mal a parler d’un domaine privé de l’état. On parle d’un domaine de l’état
par opposition à un domaine qui serait public.

Fin 19ème siècle, cette distinction domaine public / privé de l’état s’impose : mais aucun
fondement !!

La doctrine, et Mr BERTHELEMY, en 1900 dans sont Traité de Droit administratif, profite


celui d’affectation au public ou celui des biens par nature.
HAURIOU et WALLINE vont d’avantage s’intéresser à la procédure affectant ou non un bien
au public. HAURIOU estime qu’il faut une volonté formelle d’affecter un bien au public.

Début 20ème siècle on reconnaît qu’un domaine peut être privé ou public…donc un domaine
inaliénabilité et un aliénable.

57
CONCLUSION

Tous ces débats ont influencé le législateur lorsqu’il a du pondre en 1950 un code du domaine
de l’état dans les années 1957.
A l’article 2 de ce code nous avons une définition sur le domaine :
« Ceux des biens qui ne sont pas susceptibles d’une propriété privée en raison de leur nature
ou en raison de la destination qui leur est donnée sont considérés comme des dépendances du
domaine public national, les autres constituent le domaine privé »

Ce code est complètement HS ! Il n’est plus approprié puisque dans les années 1960, le débat
a rebondi dans une autre distinction :
En effet on distinguait un beau domaine public et un beau domaine privé. Or en 1960 on
estime que le domaine public peut faire l’objet d’un droit de propriété. Donc les Personnalités
Publiques pourraient agir comme propriétaires…

58
L’EXPROPRIATION POUR CAUSE D’UTILITE PUBLIQUE

J.L HAROUEL : QUE SAIS JE n°3580, HISTOIRE DE L’EXPROPRIATION

Définition :

C’est une procédure par laquelle les détenteurs de prérogatives de puissance publique
acquièrent autoritairement un bien privé immobilier.
Procédure qui intervient à la frontière du domaine des particuliers et du domaine public.
C’est donc le reflet de la considération et des actions des administrations à l’égard des
administrés.
Bien souvent, dans l’ancien droit elle est arbitraire, et il y aurait négation dans l’ancien droit
des droits des administrés.
Pourtant dès le 13ème 14ème, la doctrine pose des conditions à l’expropriation :
-
Elle doit se faire pour cause d’utilité Publique
-
Il doit y avoir indemnité

15ème au 18ème, procédure qui se met en place sur ces considérations.


Blême c’est l’argent donc les indemnités sont tardives ou inexistantes.

A la révolution on va poser le principe d’une indemnité préalable.

Le 19ème va consacrer la procédure de l’ancien droit et l’apport de la législation. Mais on va


tendre à donner des droits et protéger les administrés.

59
TITRE I

L’EXPROPRIATION DANS L’ANCIEN DROIT

On estime qu’il n’y a pas de droit de propriété avant la révolution française normalement. Or
l’expropriation consiste à priver du droit de propriété. Donc anachronisme.

Seulement se ce droit de propriété n’est pas plein et entier il existe bien dans le droit latin,
dans le droit romain : La PROPRIETAS.

Ce droit existant pour la période féodale est démembré en deux :


-
Le droit éminent : Le domaine Eminent
o
Appartient aux autorités Publiques
o
Elles ont des prérogatives de Puissance publique sur un territoire
-
Le droit utile : Le domaine utile

Les autorités publiques concèdent le domaine utile aux personnes privées, les sujets,
administrés…Lesquelles font de se domaine utile leur domicile, résidence mais également
leur lieux d’exploitation.

Ce droit revient juridiquement à la « NU » propriété alors que le domaine utile renvoie à un


droit de jouissance, à un droit d’usage pour des personnes privées.

Lorsqu’on parle d’expropriation dans la période médiévale on sous entend que le titulaire du
droit éminent reprend la concession qu’il a pu faire du domaine utile. Autrement dit il retire la
jouissance du bien.

On parlera en premier du « retrait » puisqu’il y a retrait du domaine utile pour le rattacher au


domaine éminent.

Aux origines féodales les seigneurs, les villes et le roi peuvent effectuer ces retraits.
Mais la politique royale tend à monopoliser cette faculté de retrait.

Aussi, dans les temps moderne, on avance la théorie de la DIRECTE UNIVERSELLE :


C’est le roi qui est à la seule origine du domaine éminent. C'est-à-dire qu’il est le seul
détenteur du droit éminent, il est seul a exercer le retrait dans le royaume de France.
Fort de cette théorie, le roi va faire usage de sa souveraineté et multiplier les arrêts du conseil
pour ordonner aux personnes privées de céder leur propriété.

On ne parle plus alors de retrait : On parle d’obliger quelqu'un à céder son bien, d’évincer un
propriétaire ou de prendre au 18ème siècle.
Ces 3 expressions sont révélatrices d’un rapport de force : On évince, on prend…Ce rapport
est d’autant plus vivace qu’au 18ème il y a l’influence des lumières qui mettent en avant la
qualité de propriétaire.

Aussi l’expropriation consiste bien à priver un propriétaire de son bien.

Fort de cette réalité, le terme d’exproprier apparaît au 18ème siècle.


La première référence, trouvée par M Des Cilleules, dans un arrêt du Conseil en 1709…
Sinon le terme se répand dans les années 1770-1780…

60
Mais c’est minoritaire.
Il faut attendre une loi de 1810 pour qu’on parle d’exproprier pour cause d’utilité publique.

Malgré cela on peut parler du droit d’exproprier avant la révolution française.


On a une cession d’un bien immobilier, une cession autoritaire. Donc une prérogative de
Puissance Publique qui est mise en avant. Cession encadrée par la nécessité d’une cause
d’utilité publique pour le justifier ainsi que le versement d’une compensation.

SOUS TITRE I
LES MANIFESTATIONS DE L’EXPROPRIATION AU MOYEN AGE

SECTION I : LES AUTORITES COMPETENTES

Le roi concède ce droit d’expropriation aux ecclésiastiques. Donc on ne va pas s’appesantir


dessus.

Les seigneurs sont les premiers titulaires du droit d’exproprier.

I- Les origines seigneuriales du droit d’expropriation

Dès le 11ème siècle, les seigneurs ont concédé des tenures à leurs sujets pour que ceux-ci
s’établissent dans la seigneurie. Ceux-ci ne cessent d’avoir des revendications sur leur terre en
vertu de leur usage.
Donc le seigneur pour les priver de leur droit d’usage, de « propriété », sur les tenures va
avoir recours u droit.

Dès le 13ème siècle, deux conditions :


-
On peut prendre la terre aux sujets pour cause de sécurité publique
-
Mais aussi en raison d’une exigence économique

En effet, ils multiplient les expropriations pour ériger des fortifications ou éviter des périls en
expropriant à des endroits stratégiques.

Economiquement, le meilleur exemple c’est les expropriations pour ouvrir ou élargir les
chemins publics. On développe les voies de communication et par conséquent les échanges.

Les seigneurs mettent en place une expropriation mobilière : En effet certains seigneurs
exigent de leurs sujets que ceux-ci leur cèdent des denrées alimentaires. Le blême est que
cette exigence participe plus au système de réquisition des biens du sujet…Cela participe
donc plus du pouvoir de BAN qui permet d’exiger et de contraindre.
Nez en moins la prof est sceptique…

Plus particulier et moins contestable c’est ce que l’on appelle le droit d’inondation. Cela
consiste à prendre des terres et à les inonder. On peut inonder pour des questions de sécurité
publique. Pour faire par exemple des fossés autour du château…
Droit d’inondation pour faire face aux incendies : Le seigneur exproprie pour constituer un
réservoir d’eau…
Impératif économique : Les seigneurs inondent des terres pour créer des viviers, des étangs.

61
Le blême c’est l’intérêt que le seigneur a pour exproprier. De manière générale, présomption
d’intérêt privé. A savoir que la défense serait surtout celle de la demeure seigneuriale et non
pas de la cité au sens vaste. Il y aurait une volonté économique de multiplier des échanges
pour multiplier les taxes et les droits de péage ainsi que pour pouvoir becter du poisson frais
lors d’onéreux banquets.

Cependant certains seigneurs affirment prendre des terres pour leurs sujets. Convergence
parfois de l’intérêt privé et de l’intérêt public (en protégeant mon château je protège le
reste…).
Au 13ème siècle, la doctrine reconnaît l’exigence de l’utilité publique dans les expropriations.

A partir du 14ème un vrai déclin du droit d’exproprier pour les seigneurs.

Donc les villes vont en profiter…

II- L’expropriation municipale

3 manières :

A l’origine au 11ème les villes reçoivent le droit d’exproprier de la part des seigneurs. Ceux-ci
leur délèguent ce droit tel un privilège. C’est pour une administration autonome.
Dans certaines villes il y a partage de ce droit d’exproprier. Un agent du seigneur accompagne
les agents municipaux lors de la procédure d’expropriation.

Les villes ont aussi ce droit via le roi. Vaste mouvement de reconnaissance du pouvoir de
police. Il concède aussi le droit d’exproprier aux villes dans une reconnaissance plus vaste de
l’existence de leur domaine. Si elles peuvent l’administrer ils leur convient de l’accroître ou
de me protéger contre des empiétements.

Les villes peuvent enfin mettre en avant ce droit d’exproprier grâce au pouvoir de police :
Nous aurions alors un droit d’expropriation dérivé, accessoire. Les villes se doivent d’agir
dans le cadre de la sécurité publique voir de la salubrité publique. Or il existe des immeubles
insalubres, qui « menacent ruine » ou qui par leur état pourraient propager des incendies.
Face à cela il revient au corps de ville d’exproprier, donc c’est une dérivation du pouvoir de
police.

Au 14ème, 15ème siècle, les villes vont revendiquer la possibilité d’aménager leur territoire.
Aussi elles vont exproprier pour développer des faubourgs et par conséquent, l’habitat.
Ou encore elles vont exproprier pour organiser des quartiers qui vont s’organiser autour des
impératifs commerciaux.

Cette expropriation urbaine se maintient jusqu’au 18ème siècle.


Ceci étant les villes ayant un pouvoir d’exproprier autonome sont assez minoritaires. On les
retrouve dans le sud de la France, les pays d’état (et non pas les pays de tutelle).
Plus généralement c’est un pouvoir d’exproprier urbain qui est encadré par le pouvoir royale.
Sinon c’est de l’expropriation sous tutelle.

62
III- Le roi est le droit d’exproprier

Au premier temps de la monarchie, le reoi agit en tant que seigneur. Son royaume s’est
amenuisé etc…
Ce droit d’exproprier se développe à la mesure de la reconquête de sa souveraineté.
Ainsi le premier exemple en tant que seigneur, d’expropriation date de 1190 et serait à
l’initiative de Philippe Auguste : Terrains pris pour créer une enceinte autour de la ville de
Paris. Philippe se montre soucieux du bien public et des intérêts privés : Il motive les travaux
par un objectif de sécurité publique ; Il envisage de donner des indemnités de son FISC aux
personnes qu’il prive…

Au 13ème, 14ème se manifeste plus ce droit. Les expropriations sont essentiellement fondées sur
des travaux aux fortifications pour les construire ou les agrandir.
14ème, 15ème siècles, les expropriations sont d'avantages d’inspiration domaniale : Le roi veut
prendre des terres pour les incorporer dans son domaine. Il manifeste ainsi son droit éminent.

Apparaît surtout pour fonder le droit d’expropriation domaniale le critère d’Utilité Publique.
Le roi est garant du bien public. Aussi en tant que garant du Bien public ou de l’utilité public,
le roi peut ordonner des expropriations pour ordonner des travaux d’utilité public sur les voies
de communication.

Cependant, cas d’expropriation royale à des fins privés.


-
Cas des châteaux de la Loire qui ont motivé des expropriations dans les seuls
fondements de mettre en place des domaines royaux…

SECTION II : LES APPORTS DE LA DOCTRINE SAVANTE

Selon les auteurs, l’expropriation royale est une simple filiation de l’expropriation
seigneuriale.
La doctrine est alors simplement venue préciser…

Pour d’autres c’est la doctrine qui a forgé ce droit d’expropriation et donc influencer le droit
royal…

Ce dont on est sur c’est que la doctrine permet de forger un droit de l’expropriation puisque la
doctrine permet de poser des règles qui encadrent et limites ce qui évite l’arbitraire.
Dans les deux cas le travail de la doctrine aboutit à magnifier le pouvoir royal et à lui
reconnaître la supériorité sur les autorités urbaines et seigneuriales.

Quelque soit les apports de la doctrine elle n’a pas de conscience de mettre en place une règle
de Droit administratif, ni une prérogative exorbitante de droit commun. En effet, la doctrine
essaie toujours de justifier les expropriations par rapport à des éléments de droit privé. Etant
entendu qu’il n’y a pas d’expropriation en droit romain.
A Rome il n’y aurait pas eut d’expropriation sauf quelques cas qui font exceptions…en effet à
Rome il y a le plein droit de propriété…donc dur de faire des analogies.

Mais elle va utiliser un fondement de droit Romain, la Notion d’UTILITAS PUBLICA.

63
I- L’exigence de l’UTILITAS PUCLICA

C’est une notion grecque, reprise et portée aux nues par le droit romain. Ce que l’on appelle
l’UTILITAS REI REPUBLICAE (utilité de la chose publique) désigne l’intérêt de l’état mais
au sens le plus élevé du terme.
On vise le bien commun du peuple, de la collectivité. Ce bien publique motive l’action de
l’état, il ne peut que résonner en terme d’utilité publique. Et lorsque cette utilité est alléguée,
elle s’oppose à l’utilité privée (UTILITAS PRIVATORUM). Les particuliers doivent
impérativement s’incliner devant les exigences de l’état.

Sous les barbares et sous la féodalité, c’est l’ordre privé qui domine et la notion d’utilitas
publica est effacée.
Par contre, 13ème, 14ème siècle les juristes français et italiens s’intéressent à cette faculté d
déposséder autoritairement les personnes. Ils veulent s’inspirer du droit romain. Or en droit
romain il n’y a pas beaucoup de procédure d’expropriation puisque le droit de propriété, plein
et entier, ne pouvait être remis en cause.
Donc pour les uns l’expropriation n’existait pas à Rome et pour les autres…ba c’est le
contraire, vu que Rome a eu une grande politique de Travaux Publics.
Les auteurs vont donc s’intéresser à l’action du gouvernement royal qui doit être fondée sur
l’utilitas publica. Donc l’expropriation royale doit être fondée sur l’utilitas publica.
Progressivement cette exigence va rejaillir sur les villes qui insistent toujours sur l’aspect
public de leur intervention.
Idem pour les seigneurs qui essayent de se laisser convaincre. Mais on voit bien que
l’utilisation de l’expropriation est faite pour satisfaire un intérêt privé.

Deux finalités de l’utilitas publica :


-
Fonder l’expropriation : L2gitime l’expropriation dès qu’il y a utilitas publica
-
Limiter l’arbitraire de l’administration donc on a le soucis de préserver les droits des
particuliers.

Dès le 13ème, 14ème siècle on a des procédures justifiées par l’utilité publique. Le vocabulaire
est variable on va parler de « Commun Porfit », on parle de cause « évidente et de nécessité
publique »

Blême : Malgré ces expressions il n’y a aucune définition de l’utilité publique. Par ailleurs
dans les actes royaux, le plus souvent c’est le silence. Et la justification d’utilité publique est
tacite.
Aussi il faut observer les procédures pour lesquelles il y a acceptation de l’objet public.

2 motifs au Moyen Age d’utilité publique :


-
La défense, la sécurité publique : Toutes les expropriations pour lettre en place des
fortifications, enceintes etc…
-
Démarche économique : Etant entendu qu’on exproprie pour utilité publique pour
aménager la navigation fluviale ou pour aménager les chemins et en ouvrir de
nouveaux.

Dans les villes on exproprie pour faciliter l’accès aux biens affectés à l’usage du public mais
aussi pour péter tout les immeubles menaçant de se casser la tron…enfin insalubres et
menaçant ruines.

64
Les propriétaires concernés peuvent faire opposition devant les villes ou devant le roi (14 ème
siècle). On va mener des enquêtes d’utilité publique, totalement informelles, sans procédures,
aucune loi générale qui les prescrits, autrement dit, grande variation des enquêtes d’utilité
publique selon les provinces et selon les villes.
Ces enquêtes sont faites par des commissions composées de notables, juristes,
administrateurs, experts en article militaire ou en bâtiment.
Commissions variables et le nombre de personnes varie entre 5 et 20.

2 angles de réflexions :
-
COMMODO ET INCOMMODO
o
Pour juger de la commodité ou de l’incommodité de l’expropriation et du
projet envisagé. Dans cette enquête il s’agit surtout d’auditionner les
administrateurs et les propriétaires concernés.
o
On s’aperçoit que ces enquêtes sont le plus souvent subjectives puisque chacun
va tenter de défendre ce qui l’intéresse.
-
Bilan Avantages / Inconvénients :
o
Il s'agit de déterminer objectivement du critère de l’utilité publique, et des
avantages de l’expropriation pour la ville
o
On s’inquiète des inconvénients par rapport aux coûts par exemple…
o
Si il y a plus d’avantages que d’inconvénients alors l’utilité publique est
contestée.
o
Cette pratique se généralise au 18ème siècle.
o
En 1971, le Conseil d'Etat mais en place la Jurisprudence VILLE NOUVELLE
EST où il est dit que « les inconvénients de cette expropriation doivent être
équilibrés par les avantages qui sont attendus »

Malgré cela il existe des abus et donc des expropriations de pur intérêt privé.

II- L’exigence de l’indemnisation

3 influences :
-
Influence italienne :
o
Les villes du nord de l’italien dès le 13 ème siècle mettent au point une
procéduure d’expropriation où les propriétaires doivent être indemnisés.
-
Droit Canonique qui impose, sous couvert de la justice et de l’équité, l’exigence d’un
juste prix, et ainsi un dédommagement…
-
Droit Romain, qui sert d’influence en matière de droit Privé :
o
Lorsqu’il y a une servitude ou une acquisition alors il est prévue directement
prévu une indemnisation en droit privé romain.

1190, Philippe Auguste indemnise tous les particuliers lésés par les travaux de fortifications
dans Paris.
Mais là c’est un soucis d’équité et de justice, donc le principe n’est pas encore fixé.
Or au 13ème, 14ème siècle, l’indemnisation devient un droit.
Donc le roi peut contraindre les villes ou les seigneurs à indemniser.
Les villes le plus souvent indemnisent obligatoirement pour faire taire les oppositions.

Ceci dit il n’y a pas de règles uniformes pour l’indemnité :


-
Soit on fixe de manière amiable l’indemnité

65
-
Soit c’est la ville ou le seigneur qui décide du montant de l’indemnisation.
-
Soit on met en place des experts qui se déplacent sur les lieux et tentent de trouver un
montant.

Indemnité peut être en argent, payée comptant ou alors laissée à titre de rente.
Elle peut aussi être en nature, donc on laisse des terres

Pas de règles non plus sur le temps de payement de l’indemnité.


-
Des villes ordonnent le payement avant la dépossession, donc indemnité préalable
o
Indemnité préalable lorsque les caisses sont pleines.
-
Le plus souvent elles surviennent après l’éviction des lieux. Il n’y a pas de délai ni
d’échéancier fixé.

Les exceptions à l’indemnisation sont fréquentes :


-
Lorsqu’il n’y a pas d’argent dans les caisses
-
Exceptions législatives :
o
Le roi peut très bien prévoir l’absence d’indemnisation lorsqu’il y aura de trop
nombreuses expropriations
-
Selon la nature de certains biens, pas d’indemnisations :
o
Terres vaines
o
Terres exploitées (enfin ça dépend de la terre où l’on se trouve)
-
Si le propriétaire à une plus value, un avantage tiré de l’expropriation et de l’opération
projetée.

2 grands principes avec DES exceptions qui sont d’ordre pratique, d’empêchement technique.
Exceptions conjoncturelles qui varient selon les villes. Les principes vont perdurer au fil des
ans et des siècles.
Au 18ème siècle, toute la procédure est articulée autour des notions d’utilité publique…

SOUS TITRE II
LA PROCEDURE SOUS L’ANCIEN REGIME

Même mouvement autour les apports doctrinaux.


Mais changement : Rupture dans le titulaire du droit d’exproprier ! Le roi est seul titulaire de
ce droit d’exproprier.
Les seigneurs doivent donc s’écraser…ils n’ont plus de prétentions…

Les villes sont partagées :


-
Certaines sont autonomes et peuvent exproprier.
o
Celles en Pays d’état et celles ayant conservées leur héritage médiéval
-
Sinon villes tutelles, donc il leur faut demander l’autorisation au roi de France pour
exproprier.
o
Mais les villes ne sont pas démunies car elles ont le plus souvent l’initiative
o
Elles sont responsables de l’aménagement urbain et disposent du pouvoir de
Police.
o
Le roi a besoin des villes pour la mise en œuvre de la procédure. Donc les
villes sont artisans et bénéficiaires de la procédure d’expropriation.
o
Il y a donc collaboration entre les autorités locales et les autorités royales.

66
Prise en considération de l’héritage historique : Il n’y a pas de loi générale fixant la procédure
d’expropriation au 18ème siècle. Le roi conserve et respecte les usages, les coutumes des villes
qui expropriaient au Moyen Age.
Arrêt du conseil selon les requêtes…ces arrêts fixent une procédure dans les grandes lignes et
ensuite les villes s’occupent de la mise en œuvre. Elles peuvent intégrer des variations sur la
qualité des experts ou sur le paiement de l’indemnité.

Sinon, toutes les thèses, mémoires, tendent à prouver qu’il y a une procédure fixée au 18ème.
Il faut s’adresser au roi pour mettre en avant l’utilité publique des expropriations projetées et
pour lui faire part du nom et de la qualité des biens concernés.
Lorsque le rapport est accepté, arrêt du bien ordonnant une expertise des biens qui a pour but
de fixer une indemnité.
Lorsqu’elle est fixée alors l’arrêt prévoit un envoie en possession qui motive le versement de
l’indemnité.

SECTION I: LES MESURES PREALABLES A LA PROCEDURE


D’EXPROPRIATION

I- La déclaration d’utilité Publique

La déclaration n’a guère évoluée et on n’a toujours pas de déf. La notion d’utilité publique
reste fluctuante, contingente. Il appartient de relever dans les arrêts du conseil ou dans la
Jurisprudence des parlements ce que l’on entend par utilité Publique.
Cette notion, même si avérée fait l’objet d’enquête qui tend non plus à s’occuper de la notion,
mais à l’adéquation entre les expropriations et le projet qui reçoit la qualification d’utilité
publique.

A- La notion d’utilité publique au XVII, XVIIIème siècle

3 terminologies différentes :
-
Bien public
-
Commodité publique
-
Utilité publique

La sécurité pour l’utilité publique s’entend de la sécurité militaire : On exproprie pour réparer,
pour étayer les fortifications en ruine ou pour agrandir le périmètre de sécurité.
Idem on exproprie pour installer des intellectuels dans des casernes.
Egalement d’utilité publique tous les travaux des voies de communication (acheminement des
denrées, des munitions, des hommes d’armes).

On va exproprier pour faciliter la circulation dans les villes ; idem on casse tous les
immeubles menaçant ruines.
On exproprie pour mettre en place des puits, fontaines, réservoirs contre un possible incendie.

Au Moyen Age comme au 18ème, activité d’utilité publique sous couvert de l’économique et
du commerce. Elle s’entend du niveau national comme du niveau local.
-
National : Toutes les expropriations motivées pour les voies de communications
terrestres ou fluviales.

67
o
Permet de faciliter le commerce, désenclaver les villes, les états…On parle
déjà de Marché commun de l’Europe

-
Local :
o
Expropriation pour la sécu
o
Expropriation pour mettre en place des infrastructures commerciales (halles,
ports, places de marchés etc…)
o
Motivation pour l’agencement urbain : Pour faciliter l’accès des administrés
aux administrations ou au lieu affecté à l’usage du public. On peut également
pour l’agencement urbain exproprier pour les illuminations (de noël ?).
o
On peut aussi exproprier pour construire des infrastructures utiles au public.

Toutes les villes veulent mettre en place un hôtel de l’intendant et donc un hôtel de ville.
Donc expropriation pour cause d’utilité publique.
Idem toutes les fontaines, tous les châteaux d’eau…

Salubrité :

La salubrité peut encore s’entendre de tous ce qui relève des voies d’eau. Mais aussi du
déplacement des cimetières qui sont dans l’enceinte des villes au Moyen Age.
Au 18ème siècle, on les déplace hors villes.

Promenade publique mise en place : La nature permet l’aération, les oiseaux chantent, le
soleil brille…on est bien on respire !! Enfin ça n’a pas durée…Rien qu’à voir maintenant…

Formule posée par le conseil qui juge de l’utilité publique. Soit il motive l’utilité publique soit
cette dernière va être tacite parce qu’elle va de soit.
Même si elle va de soit, les parlements ou particuliers peuvent exiger des contrôles de l’utilité
publique et on va tenter de juger de la proportion du nombre d’exproprié eu égard à
l’importance du projet.

B- Les enquêtes d’Utilité Publique

Si elle est douteuse alors elle devient contestable et on obtient une paralysie de la procédure
d’expropriation.
Bien souvent il ne s’agit pas tant de regarder l’utilité publique en soit mais LE projet qui va
motiver l’expropriation.

Exemple du TD : Expropriation pour mettre en place une intendance. Mais contrôle sur le lieu
et le nombre des personnes expropriées. Donc il ne faut pas exproprier 100 personnes
histoires de construire un César Palace pour l’intendant…
Les arrêts du conseil peuvent ordonner une enquête. Cet arrêt devra entériner le projet
d’expropriation. A partir de ce moment il devra examiner la validité de l’Utilité Publique
alléguée.

Les parlements ont une velléité à contrôler l’Utilité Publique parce que par la même ils vont
contrôler le roi et sa politique royale.
Les particuliers peuvent entreprendre une procédure pour saisir le parlement et contester. Nez
en moins la procédure est engagée.

68
Si d’aventure (en aventure, de trains…) l’Utilité Publique n’était pas fondée alors ils peuvent
retrouver leur droit.

Mais les parlements sont des cours d’enregistrement et doivent consigner la loi du roi sur
registre. Une fois consigner alors la loi aura ses effets.
En gros ils peuvent contrôler une loi, un arrêt qui ordonne une expropriation.
S’ils estiment que l’Utilité Publique est peu probante, ils ordonnent une enquête d’Utilité
Publique et la coordonne.

Si l’Utilité Publique est prouvée alors on est forcé de dégager et la loi du roi produira tous ses
effets.

Première décision : Confier le contentieux des expropriations aux parlements.


Deuxième décision : Les parlements vont rendre des arrêts simples (différents de l’arrêt de
commandement où il faut des lettres patentes et des enregistrements).

Sur le terrain, les enquêtes de l’Utilité Publique sont diligentées par les administrateurs
urbains.
En pays d’élection, enquête sous tutelle de l’intendant, ou par le Service des Ponts et
Chaussées.

3 types d’enquêtes au 18ème siècle :


-
Enquête de commodité (commodo et in commodo) : Elle consiste en des auditions, des
témoignages de la ville, des administrateurs urbains.
o
Toujours très subjective comme au Moyen Age.
-
Enquête Bilan, avantages, inconvénients
o
On mesure le coût, les difficultés des expropriations face aux avantages pour le
publique.
o
Toujours objectif car on pèse le pour et le contre.
o
Mais les expropriés ne sont pas entendus…
-
Enquête parfaite qui n’a pas de nom :
o
Organisée par les Ponts et Chaussées
o
Réglementée par une arrêt du Conseil du 20/04/1783
o
Les ingénieurs des ponts et chaussées se déplacent sur les lieux pour
matérialiser au sol les routes qu’ils traceront et fichent des piquets au sol.
 Ensuite, délai de 6 mois qui court. Durant ce délai, tous les expropriés
peuvent se rendre consulter le dossier auprès des services de
l’administration.
 En toute liberté ils peuvent faire part de leurs objections ou remarques.
 Ils vont opérer des vérifications sur l’opportunité du tracé, la qualité
des propriétaires.
 Ensuite on dresse un rapport qui relève de la démarche
avantages/inconvénients. On va regarder l’Utilité Publique mais aussi
les oppositions et l’intérêt du projet.

Soucis des intérêts et des droits des expropriés : véritable écoute des personnes qui sont
soumises à l’expropriation. Mais bon si il y a Utilité Publique tu peux toujours te plaindre on
te dégagera !

69
II- L’enquête parcellaire

Fait pour l’administration de fixer le périmètre des biens à exproprier. Suppose d’identifier la
qualité et les noms des propriétaires concernés.
Cette terminologie n’existe pas au 18ème sicle. Mais la réalité correspond.

Aujourd'hui, l’enquête se manifeste par des écrits, des rapports, des cadastres, des
règlements…
Mais au 18ème siècle, il faut une constatation physique de la part des personnes qui veulent
exproprier puisqu’il n’y a pas de cadastre.
Il est fait par les administrateurs des villes (maires et échevins ; ingénieurs pour les ponts et
chaussées).
Peut se faire à 3 moments différends de la procédure :
-
Elle peut se faire en même temps que celle de l’Utilité Publique. C’est le cas pour le
service des ponts et chaussées
o
Elle peut être faite par les villes qui sont soucieuses de présenter au roi des
rapports fondés sur l’Utilité Publique et sur le périmètre.
o
Plus le rapport est étayé, plus il est sérieux et plus le roi peut donner son accord
-
Elle peut se faire avant l’Utilité Publique, avant tout arrêt du conseil qui donne les
autorisations.
o
Ces enquêtes parcellaires sont informelles et relèvent librement de l’initiative
des villes. Ce sont les villes qui, avant de saisir le roi, examinent sur le terrain
la possibilité d’exproprier.
 Tant que le roi ne valide pas le projet il n’y a pas de conséquences à
cette enquête parcellaire. Si le roi entérine le projet, les constations de
périmètre, l’enquête sera consacrée et produira tous les effets juridiques
 Les villes procèdent avant toutes démarches pour gagner du temps
-
Après l’enquête d’Utilité Publique et après l’autorisation du roi d’exproprier
o
L’intérêt des enquêtes parcellaires c’est de permettre toute liberté de
prospection sur le terrain.
o
De plus on agit dans un cadre légal et on écarte toutes oppositions.

Le grand avantage c’est le sérieux de la procédure. Mais aussi la rapidité de la procédure


quoique le conseil par arrêt va valider toutes les formalités préalables.
Avant toutes autres formalités, l’enquête parcellaire permet de négocier à l’amiable avant tout
arrêt du conseil.
Lorsqu’il y a négociation amiable on ne va pas demander une expropriation mais on va
demander d’entériner un projet de vente pour pouvoir être payé plus rapidement. Mais cela
évite aussi le caractère aléatoire des expertises au moment des expropriations.
Lorsqu’elle intervient après l’arrêt du conseil, c’est que le périmètre est indéfini et les
administrateurs auront ensuite toutes libertés pour le définir.Les maires et échevins pourront
prendre tous les immeubles nécessaires à l’accomplissement du projet. Tout le monde devra
céder les biens.

Ceci étant l’objet de l’enquête parcellaire est vraiment sérieux. L’intérêt est de mener une
étude sur le terrain pour juge de l’opportunité des expropriations. C’est une opportunité pour

70
exproprier seulement les terrains nécessaires et aussi de l’opportunité par rapport à
l’adéquation du projet général.
L’adéquation peut s’entendre au sens le plus technique qui soit. Il existe des exigences
techniques qui dictent les biens à exproprier.
Exemple, tous les réseaux d’eau, impératif technique d’acheminement de l’eau.

L’opportunité : Exemple pour les besoins de l’administration. L’intendant est un agent royal
donc pas d’hôtel dans les bas fonds, la poudrière (sauf en Corse…).

On consulte les propriétaires dans l’enquête parcellaire. Le préalable de l’expropriation est


toujours la négociation amiable. On peut avoir un accord amiable sur la cession du bien.
Lorsque les propriétaires sont d’accords c’est qu’il y a vente. Mais lorsqu’il n’y a pas
d’accord alors l’arrêt du conseil va nommer toutes les personnes expropriées.

Une fois la phase terminée il faut des arrêts du conseil qui vont entériner les formalités déjà
accomplies.
Cela signifie que l’arrêt du conseil vaut reconnaissance de l’Utilité Publique.
Mais il vaut également arrêt de cessibilité : Cela signifie que dès que l’arrêt autorise les
expropriations il n’est plus possible de s’opposer à ce que les biens soient transférés aux
administrations.

Mais aujourd'hui, dès qu’il y a un arrêt de cessibilité, les personnes doivent cesse tout travaux,
toutes améliorations sur leur bien.
Au 18ème siècle, l’arrêt ne fige pas la valeur du bien.

Les arrêts dictent ensuite la procédure à mettre en œuvre par les administrateurs. La procédure
d’expropriation consiste en une expertise des biens.

SECTION II : LE DEROULEMENT DE LA PROCEDURE D’EXPROPRIATION

Dans les pays d’élections elle repose sur les maires et échevins mais également sur l’intendant
qui a la tutelle.
Dans les pays d’état la procédure est mise en œuvre et encadrée par les états provinciaux.
Dans les pays d’état on a également les parlements qui tiennent à intervenir.

Les parlements sont cours souveraines de justice et représente l’ordre judiciaire. Cela signifie
que lorsque les parlements interviennent il y a mixité de la procédure.
Phase administrative et phase judiciaire avec les parlements qui sont garant de la propriété
privée.

C’est exactement ce que l’on a aujourd'hui…

Pour les Ponts et Chaussées, tutelle d’un intendant des finances.


A Paris, c’est le lieutenant général de Police qui s’occupe des expropriations et lorsqu’elles
intéressent l’armée ce sont les ingénieurs militaires.

Nomme des experts qui vont pouvoir permettre l’estimation d’un montant indemnitaire. Une
fois fixée on pourra passer au transfert de propriété.

71
I- La procédure d’expertise

A- La nomination des experts

Souvenez vous, au Moyen Age nous avions des commissions d’expert allant de 5 à 20
personnes et qui s’occupaient autant d’Utilité Publique que d’expertises.
Ces commissions subsistent pour les ponts et chaussées : Les ingénieurs sont mutés tout les 3
ans. Or pas de mesure uniforme pour tout le royaume ni de prix uniforme de la terre.
Puisque pas de mesures, les ingénieurs doivent être éclairés sur les biens expropriés donc ils
vont faire appel à un administrateur et à des notables.
Ils auront aussi des arpenteurs pour toiser le terrain…

Pour les villes :


-
A expert par parties expropriées
o
Le cas le plus courant c’est un expert pour la ville et un pour le propriétaire.
o
Mais c’est un expert pour toutes parties expropriées.
o
Or il peut y avoir démembrement de la propriété ou encore des dettes ou
partage successorale.
 Chaque partie devra nommer expert.
o
La procédure de nomination est contradictoire et les parties peuvent librement
désigner leur expert.
 Mais dans certaines villes, l’administration, dans les pays d’état,
nomme un seul expert sur le tout.
-
Assignation à comparaître : Présence du subdélégué, assistant de l’intendant, qui va
assister à la nomination. Les propriétaires sont également présents (procureur pour
représenter).
o
Les propriétaires ont une obligation de venir choisir un expert puisqu’il devra
les représenter en tous points. Il est garant de leur intérêt. Et l’administration a
véritablement intérêt à ce que l’expert soit nommé contradictoirement.
o
Si les parties ne viennent pas à la nomination des experts on en nomme un
d’office qui ne sera nommé qu’après une seconde assignation à comparaître.
-
La ville nomme toujours en premier son expert. Chaque partie nomme ensuite le sien.
o
Les parties peuvent faire des remarques, des objections. Elles ne paralysent pas
la procédure.
o
En revanche ces remarques peuvent influencer les experts.
 Ce sont des experts en bâtiments : Maçon, charpentier, architectes
-
Une fois nommés ils sont assignés dans un délai de 3 jours pour prêter serment de
« bien et procéder fidèlement à l’expertise »
o
Si les experts ne sont pas là au serment on peut les assigner une seconde fois
o
Si ne sont pas là la seconde fois on nomme un expert d’office.
-
Après le serment on a un déplacement sur les lieux.

B- Le déroulement de l’expertise

Variations selon les provinces ou la nature des pays.


Expertise de biens immobiliers salubres etc...

72
Les experts commencent à localiser les biens de sorte à éviter toutes erreurs. Ensuite, les
experts s’occupent de mesurer des biens et de déterminer sa superficie. Mesure autant de
l’habitation que des dépendances…
Chaque pièce devra être mesurée, détaillée selon son utilité, ses décors etc…
Dans l’estimation on va prendre en considération la localisation.
Les parties pourraient vouloir récupérer quelques uns de ces signes de richesses, comme les
cheminées, le marbre…donc faut les détailler pour éviter les vols…

Les experts doivent aussi s’occuper des travaux en courts ou qui on eu lieu. On doit en tenir
compte si Bonne Foi des propriétaires ou caractère d’utilité dans ces travaux.
Pour éviter que les propriétaires ordonnent des travaux pour augmenter le montant de
l’indemnisation.

Pour les immeubles menaçant ruine on va estimer le prix de vente initial du bien qui tombe en
ruine, prendre en compte sa localisation, les loyer, que prix de vente…

Pour les champs on prend en considération la superficie et le rendement…


Mais blême des récoltes : La règle veut que toutes personnes ne peut plus ensemencer son
champ si il fait l’objet d’une procédure d’expropriation. Il ne sera pas indemniser de la
récolte.
Mais procédure lente et les propriétaires peuvent se permettre d’ensemencer…

Ils vont ensuite se retirer pour délibérer. Mais chut, c’est secret…
Dans le meilleur des cas les experts sont d’accord et peuvent proposer le montant d’une
indemnité.

Parfois pas d’accord : Le subdélégué peut nommer un tiers expert, lequel sera assigné pour
prêter serment et se rendre sur les lieux pour expertiser.
Dans le meilleur des cas accords.

Si pas d’accord alors l’expertise cesse la procédure est figée et le subdélégué doit en référer à
l’intendant.

II- La fixation de l’indemnité

A- Une fixation consensuelle

Cas le plus fréquent : Toujours sérieuse, motivée, juste.


Donc cela fait consensus. L’ordonnance de l’intendant vaut indéfinité.
Les propriétaires vont décider si ils récupèrent ou non les matériaux. Lorsqu’ils récupèrent
alors cela est déduit de l’indemnité générale.
Mais consensuellement les parties peuvent demander une indemnité supplémentaire et c’est
l’intendant qui sera saisi par requête.
-
Propriétaire réclame une indemnité pour perte de loyer. Cas des propriétaires qui ont
perdu leur locataire.Ou c’est le cas des propriétaires qui n’ont plus perçu leur loyer :
Les locataires ne payent plus pour s’auto indemniser.
o
Equité, plus on est vieux, plus on est dans la merde, plus on est indemnisé.
o
De même on prend en considération le laps de temps de perte de loyer.

73
-
Indemnisation parce que l’on a perdu l’usage d’un établissement commercial bien
localisé. La localisation est déjà prise en compte dans l’expertise.
Après avoir jugé des requêtes gracieuses, l’intendant prend une ordonnance et fixe les
indemnités.

B- Fixation contentieuse des indemnités

Des propriétaires peuvent toujours combattre l’expertise. Il revient alors à l’intendant de


statuer. L’intendant et le juge de droit commun de l’expropriation.
Il est saisi pas différends fondements et peu avoir une délégation générale, commis d’office
par le conseil du roi pour statuer sur le contentieux.

Evocation :

Permet de retirer le litige pendant devant une juridiction concurrente pour l’évoquer devant
l’intendant.
Confusion entre les qualités d’administrateur et de juge.

Saisie directe :

L’intendant peut aussi faire l’objet d’une saisie directe par la ville. Rapidité de la procédure
puisque l’intendant connaît l’arrêt du conseil, a tous les procès verbaux etc…
Pas de coût…

Plusieurs voies d’action :


-
Nommer un tiers expert
-
Si il y a toujours opposition alors exceptionnellement il peut ordonner une deuxième
expertise.
-
Enfin l’intendant peut généralement instruire le dossier, relire et instruire les PV,
auditionner les parties etc…
o
Soit procédure orale, soit écrite.

L’indemnité doit être fixée. L’intendant va alors fixer par ordonnance le montant de
l’indemnité. Ceci étant, les parties ont encore des recours devant le parlement, mais aussi
devant le conseil du roi. On peut interjeter appel de l’ordonnance de l’intendant devant le
conseil du roi ou le parlement.
Mais ces recours ne paralysent pas la procédure. Pas de recours suspensif.
Il porte sur le montant et non sur la procédure : donc on vire !!

Moyen de pression pour éviter les recours devant le conseil du roi. Tout tend à ce qu’ils soient
d’accord pour être payés de leurs dus.

SECTION III : LA REALISATION DE L’EXPROPRIATION

I- Le transfert de propriété

Variation selon les villes et la nature des biens donc pas de réglementation prévoyant le
moment où il y aura le transfert de propriété.

74
Pour les ponts et chaussées, dès qu’on commence les travaux alors transfert de propriété.

Dans les villes, le plus souvent contrat de vente passé avec les notaires de la ville. On parle de
vente, de prix.
Autrement dit de pur illusion on a une vente et non une expropriation.
Ce contrat est un acte notarié :

Les propriétaires doivent céder leurs biens et la ville doit libérer les fonds.

Il y a des propriétaires qui quittent leur bien avant de signer leur contrat de vente : Le transfert
est matériel avant d’être juridique. Mais il faudra quand même signer le contrat de vente.
Certains propriétaires ne quittent pas leur bien :
-
Ils peuvent ne pas quitter en toute indemnité et ont une autorisation de la ville de rester
dans leurs immeubles ou meubles. Ils deviennent locataires. Mais dès que la ville a
besoin de l’immeuble ils devront quitter…
-
Certains refusent d’être expropriés :
o
On fait appel à un serrurier pour les déloger
o
Ensuite on leur envoie la force armée, expropriation manu militari.
o
Ils devront signer le contrat de vente.

II- Le versement de l’indemnité

Il doit se faire après des vérifications obligatoires de la qualité de la personne qui devra
toucher des indemnités.
Faut prouver qu’on est le légitime propriétaire, donc faut amener son contrat de vente.
En cas d’ayant droit on doit présenter le testament.
Quand on est créancier on apporte l’acte fixant la dette pour toucher une partie de l’indemnité.

Certains se gourent et filent l’indemnité au locataire et non au propriétaire.

Pas d’indemnisation préalable au transfert juridique de propriété.


Au mieux on a simultanéité…

On peut payer différemment : Payement différé, on sait qu’on nous doit de la tune mais on ne
sait pas quand on va la toucher.
Le roi peut organiser un échéancier en son conseil pour fixer des délais et des aménagements
à l’indemnité.

Les propriétaires qui habitaient, résidaient dans les biens expropriés sont en premier
indemnisés pour ne pas les laisser dans la rue.
Lorsque le bien était loué alors on autorise des indemnités différées.

Le payement même aménagé est tardif :


-
Lille, pour des expropriations en 1670 a des requêtes en 1732
-
Brest, expropriations en 1720, requête en 1742.
Villes ont les caisses vides. Les tiers expropriés doivent multiplier les requêtes ! Si on ne se
plaint pas on n’a rien !!

Modération : Payement dans l’année voir dans un délai de 4 piges en moyenne. Mais même
tardif le payement est un véritable progrès.

75
Le domaine des ponts et chaussées fixe les indemnités de plein droit en 1776.
En 1705, on autorise à donner ce service en guise d’indemnité.
En 1780, ce service mène une enquête dans le royaume et moins d’un tiers des provinces ont
les moyens de payer les indemnités.

CONCLUSION

Pas de critiques à l’encontre de la procédure d’expropriation. En effet l’Utilité Publique est


reconnue, vérifiée et les particuliers n’ont pas de mal à céder.
On ne critique pas le caractère fluctuant de la procédure ni les variations de la procédure, tout
simplement parce que les ordonnances de l’intendant et la procédure du Conseil ponctuent la
procédure.
Si pas d’ordonnance alors on va se planquer derrière la coutume, usage répété par tous.

Le roi est le père de ses sujets donc il ne pourrait pas porter atteinte aux intérêts privés.
Différent des seigneurs qui s’ils expropriaient se heurteraient à des critiques.

Critiques sur le payement de l’indemnité. Critiques vivaces pour les ponts et chaussés.
Critiques récurrentes dans les villes où on rêve d’indemnité préalable.

Certains parlements disent que la procédure est arbitraire, contraire au droit de propriété.
Ils veulent contrôler le roi et la politique des villes et veulent absolument avoir tout le
contentieux.

Exigence d’Utilité Publique et exigence d’une expertise qui durent depuis le Moyen Age. Cela
perdurera à travers les siècles…

76
TITRE II
LE DROIT DE L’EXPROPRIATION DANS LA PERIODE POST
REVOLUTIONNAIRE

Les premiers révolutionnaires ont voulu revoir la procédure de l’ancien régime mais n’ont pas
codifié les principes.
Travail décisif sous l’empire

SECTION I : LES APPORTS DU DROIT INTERMEDIAIRE (1789-1799)

I- Les principes

Les constituants, les députés en assemblée nationale doivent tenir compte de deux réalités :
-
Idéologique issue de la philosophie des lumières
-
Pratique qui suppose que, pour son action, l’administration a besoin d’exproprier

Idéologie qui arrive par un biais physiocratiques, amoureux de la nature. Ils souhaitaient dans
ces années améliorer les rendements de l’agriculture en France. Or vision collectiviste de la
propriété. Il existait même des terres où envoyer paître les bestiaux. Pour eux, chacun doit
pouvoir exploiter en toute liberté son bien et en disposer également, sans contrainte.
Droit de propriété plein et entier qu’il s’agirait de respecter.
Ils sont rattrapés par les Philosophes des Lumières : Ces derniers parlent d’un droit de
propriété comme étant « naturel à l’homme » qui lui appartiendrait intrasèquement et que
donc on ne peut pas lui porter atteinte.

Seulement les cahiers de doléance ne remettent pas en cause le droit de propriété et le principe
d’expropriation. On souhait un renforcement dans l’interprétation et le contrôle de l’Utilité
Publique. On souhaite obtenir une préalable indemnité.
D’autres réclament carrément, c’est la fête, une indemnité supplémentaire pour le préjudice
moral subit.

Les constituants vont tenter de concilier les deux mouvements, le respect du droit de propriété
et le respect des besoins de l’administration.
DDHC, votée le 26/08/1789 : « le but de toute association politique est la conservation des
droits naturels et imprescriptibles de l’homme ». « Ces droits sont la liberté, la propriété, la
sûreté et la résistance à l’oppression ».
La propriété vient en deuxième lieu après la liberté. Il manque par contre Légalité. A sans
tenir à ce droit naturel de propriété, tout laisse à penser qu’il n’y a pas de droit
d’expropriation…

Mais intervient en dernier lieu, l’article 17 de la DDHC : Dans sa première version il


commence par « les propriétés étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privée si
ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée l’exige évidemment et sous la
condition d’une juste et préalable indemnité »

77
Conception pratique de l’ancien régime qui supposerait de prendre la propriété. Tout le droit
de l’expropriation est posé. C’est un droit d’Ancien Régime qui est conservé puisque l’on
retrouve l’utilité publique qui se retrouve sous le terme de nécessité publique. Plus encore, ils
retiennent l’indemnisation et traduisent la procédure d’ancien droit.

Soit le droit de l’Ancien Régime était arbitraire totalement (dans le sens despotique pas dans
celui footballistique) ou alors l’ancien droit tentait de concilier les droits privés et
l’administration, auquel cas les constituants essayent de ménager un droit de propriété.

Variantes : La nécessité publique est légalement constatée et il y a une grande garantie qui est
l’intervention de la LOI !
On a même une exigence évidente qui renforce l’impératif d’utilité publique.
De même, juste et préalable indemnité, qui était une exception sous l’ancien droit et qui
devient le principe.

Première rédaction : « les propriétés ». Les députés de la constituante sont des richards de
première donc des nobles, des bourgeois, de grands propriétaires terriens. Autrement dit avec
le maintien de la théorie du double domaine ils ont le domaine éminent et peuvent lever des
taxes et des impôts.
Donc ils parlent des droits de propriétés et ainsi on conserve les impôts à lever etc…

La révolution s’accélère et le 4 Août on abolit les privilèges et les droits féodaux : Donc le
double domaine disparaît. Dès le premier semestre de l’année 1790 on organise le rachat des
droits féodaux. Il devient alors indispensable en 1791 de corriger l’article 17. Cette correction
intervient dès le mois d’août 1791.
On remplace Les par « La propriété ».

L’expropriation ne peut plus consister en un retrait. Autrement dit elle a perdu son ancien
fondement puisque étant inviolable et sacrée on ne pourra plus la retirer. Aussi en 1791 elle
devient une prérogative de puissance publique.
Prérogative exorbitante de droit commun : L’administration a des privilèges qui dépassent les
droits des particuliers. L’article 17 consacre le pouvoir de l’administration.
Cette formule est d’ailleurs reprise dans la Constitution du 3/09/1791.

Le droit d’expropriation a maintenant donc une valeur constitutionnelle.

Hormis cela il n’y a plus guère d’indices. Tout au plus on s’accorde à tirer les enseignements
de la grande loi des 6-11 Septembre 1790 (forcément votée à 2 tours le 11 Septembre…).
Dans cette loi, à l’article 4 il est prévu que « les demandes et contestations sur le règlement
des indemnités dues aux particuliers, à raison des terrains pris ou fouillés, seront confiés aux
directoires des départements et à ceux des districts.
La phase d’administration reste aux mains des autorités administratives. Les constituants sont
donc toujours méfiant par rapport au judiciaire et donc ne leur confie pas le maintien d’un
droit de propriété plein et entier.

Estimations des biens pris et fouillés par les Juges de Paix. Donc petites interventions du
judiciaire. Mais elle n’est pas précisée donc on, ne sait pas quels seront les critères de fixation
de l’indemnité.
Il pourrait alors arbitrairement fixer l’estimation. De plus, aucun recours sur l’estimation du
juge de paix.

78
Il y a donc des lacunes dans ce droit révolutionnaire et des difficultés d’interprétation. Donc
cela peut laisser penser qu’il y a des abus dans cette période.

II- Les dérives

Essentiellement dues à la pauvre précision des principes de l’expropriation.


Faute de loi générale on observe une continuation, au mieux, de la continuation de l’Ancien
Régime.
On trouve cette continuité dans l’interprétation de la nécessité publique, qui devait être plus
restrictive que l’Utilité Publique.
La nécessité publique devait être caractérisée par l’urgence, l’impératif, mais pas de définition
donnée. Donc sur le terrain, les administrateurs ont procédé comme dans l’Ancien droit, et on
qualifiait de nécessité publique tout ce qui était d’Utilité Publique. Ils mènent des bilans
avantages inconvénients et exproprient pour les mêmes motifs qu’avant (salubrité, sécurité,
économique)
Donc Utilité Publique et nécessité publique sont synonymes en pratique.

De même on parle de nécessité publique légalement constatée. Mais on ne sait pas s’il faut
une loi avant toutes expropriations pour constater la nécessité publique ou s’il en faut une
pour entériner cette expropriation.

On en retourne donc aux constations par les arrêts du conseil et on reprend la même
procédure.

Cet article 17 ne dis rien sur la juste et préalable indemnité. Donc, comme dans l’ancien droit,
les départements et les districts choisissent des experts, soit contradictoirement, doit
unilatéralement.
Dès les années 1791, des lis retirent la compétence du juge de paix car on s’intéresse à
l’effectivité de la procédure qui n’est pas effective lorsque le juge de paix intervient. En raison
de sa lenteur ou de son incompétence…
Dans la majorité des cas, les indemnités ne sont pas payées préalablement à l’éviction, tout
simplement parce que les constituants n’ont pas de tune ! C’est ballot !! Donc des retards
s’accumulent, des plaintes aussi…De 1 à 5ans de retard quand ce n’est pas 30 ou 40 piges.

Donc la révolution n’a rien apportée…c’était bien la peine de faire tout ce développement…

Les Constitutions de 1793 et de 1795 vont prendre acte de ces blêmes :


-
Constitution du 25/06/1793 : On recopie l’article 17 qui devient le 19 mais on en parle
plus de droit de propriété inviolable et de nécessité publique
-
On ne parle plus non plus d’un droit naturel à intégrer après la liberté…il intervient en
dernier lieu. Donc recul…

En 1793, c’est la terreur qui va bafouer le texte même de la déclaration et va opérer des
réquisitions de force à l’encontre des nobles, des monarchistes, et pour tous les biens détenus
par les bourgeois.
Les biens saisis d’office vont être démolis pour ne pas permettre les estimations et les futures
revendications.

79
En 1795, la Constitution ne parlera plus de juste et préalable indemnité. Par contre elle va
intégrer les abus de 1793.
On va garder le droit de propriété comme un droit naturel mais il n’est plus inviolable ni
sacré. On devient réaliste et on met de coté les idéaux de 1789. C’est sur ces divergences que
Napoléon va devoir intervenir.

SECTION II : L’EXPROPRIATION DANS LA CONSTRUCTION JURIDIQUE


NAPOLEONIENNE

Renforcer les pouvoirs de l’administration, seul Leitmotiv de l’empereur et concentrer le max


de prérogatives exorbitantes de droit commun dans les mais de cette administration.
Procédure autoritaire à partir de 1799 !

Le pouvoir de Napoléon est dénoncé dans les années 1809-1810. Phase libérale qui suppose
que l’ensemble du droit de l’expropriation va être réformé. Jusqu’en 1820….

I- Première rupture et apparente continuité dans la législation impériale

Dès le consulat, 24 Frimaire An VIII (pour frimer en frimaire sinon c’est 6/12/1799).
On a une continuité avec 1789 car on reprend les dispositions de la Constitution de 89.
Mais la Constitution de l’an VIII ne fait aucunement mention du droit inviolable de propriété
ni d’une intervention de la loi pour déposséder les particuliers ni d’indemnité.

Loi du 28 Pluviôse An VIII : Elle s’attarde sur le contentieux de l’expropriation. Cette loi ne
traite pas du contentieux de l’expropriation directement mais de la division du territoire
français et de son administration.
Le Préfet et les conseils de Préfecture sont crées.
On renvoie au conseil de préfecture tous les contentieux du domaine, des travaux publics et
des dépossessions forcées.
Continuité entre l’ancien droit et par rapport à la procédure révolutionnaire. On estime que le
Préfet n’est qu’une résurrection de l’intendant ! C’est un Néo Intendant…Ce préfet connaît
seul du contentieux : Donc continuité.

En jarre (pour ne pas dire en outre…), reprise de l’article 4 de la loi de 1790 qui est désormais
l’article 4 de la loi du 28 Pluviôse an VIII. Monopole de l’administration dans la procédure
d’expropriation.
Cette loi s’attache à centraliser les pouvoirs de l’administration, concentrer les pouvoirs de
cette administration au profit du pouvoir exécutif.
Les conseils de préfecture sont dominés par le préfet qui est nommé par le 1er Consul qui sera
ensuite empereur.

Plus encore, cette loi a prévu des recours contre les décisions des conseils de préfectures.
Lesquels recours peuvent être portés devant le 1er Consul qui siègera en Conseil d'Etat.
On renvoie tout à l’exécutif et aucun critère de légalité…

Droit de propriété et droit de l’expropriation dans le code civil :

80
L’article 544 du code civil : « La propriété est le droit de jouir et de disposer des choses de la
manière la plus absolue… » (Un peu comme la définition du mariage…hum…vais me faire
des ennemies là…).
On retrouve un droit plein et entier, conception individualiste et exclusif.

«…pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois et les règlements » : Intérêt
privé qui se heurte à l’Intérêt Général. On sous entend que la loi, le législateur, l’exécutif
pourrait apporter des contraintes aux droits des particuliers.

Article 545 : On y vise le droit de l’expropriation. « Nul ne peut être contraint de céder sa
propriété si ce n’est pour cause d’Utilité Publique et moyennant une juste et préalable
indemnité ».
Consécration intégrale de l’ancien droit avec la reprise des critère de l’Utilité Publique et de
l’indemnité (posée depuis le 13ème siècle).

Mais deux réflexions :


-
Résurgence de l’expression de l’Utilité Publique et non plus de la Nécessité publique
comme le voulait les révolutionnaires.
o
Napoléon voudrait développer les droits de recours à l’expropriation.
o
Donc la nécessité publique est trop impérieuse et trop stricte.
o
Donc l’Utilité Publique se pose mieux aux exigences de l’empereur.
o
De plus, l’Utilité Publique est plus facile à mettre en œuvre. De plus, la
nécessité publique était impérieuse à mettre en œuvre…
o
Enfin, Utilité Publique et Nécessité puisque était synonyme…donc….
-
Absence de la loi :
o
Pour les uns il ne faut plus de loi pour constater l’Utilité Publique et
l’expropriation.
o
Pour les autres il en faut une (ha bon ?...) mais elle n’est pas indispensable.

Bonaparte veut abaisser le pouvoir des législateurs des tribuns qui forment le corps…
Devinez…Législatif !!
Le code civil a déclenché une opposition dans le corps législatif. Donc l’empereur a du retirer
les articles qui faisaient litige et a abaissé le pouvoir du corps législatif en ordonnant sa
dissolution.
Puis il a nommé dans les courants politiques qui lui étaient favorables.

En 1807, le Conseil d'Etat a du se prononcer sur cet épineux blême de l’intervention du


législateur et doit se prononcer sur l’interprétation du code civil. Le Conseil d'Etat dit que le
législatif n’est pas compétent puisque l’expropriation repose sur l’exécutif.
Pour le Conseil d'Etat, la loi tient à son caractère général et impersonnel. Or la procédure
d’expropriation revêt un caractère personnel et un caractère particulier en ce qu’elle vise des
propriétaires identifiés et des Travaux Publics désignés.
Donc seul l’exécutif peut prévoir des mesures d’exécution.

Quelques lois seulement prises sur l’expropriation…Concernant les travaux de l’état et les
projets financés par l’état.

En sus, pas besoin de garantie légale sur un droit de propriété vu que le code civil réglemente
la procédure d’expropriation.

81
Mais sur la forme on réglemente par la loi, à l’initiative de Napoléon, et sont élaborées en
Conseil d'Etat. Juste un vote qui entérine (de cochon) la loi.

Toutes les lois prévues des mesures par le Préfet ou le sous préfet.

Loi du 16/09/1807 et le triomphe de l’administration :

Cette loi ne traite pas de l’expropriation à tire principale même si certain la cite comme le
premier code de l’expropriation.
En réalité cette loi traite des desséchements de marées. La politique d’assèchement commence
avec Henry IV. On veut faire écouler les eaux pour rendre secs les marais, pour cultiver et
mettre en valeur.
On porte atteinte à ceux qui ont des marées. Mais aussi aux propriétés voisines : Car on met
en place des canaux d’évacuation ou en leur exigeant après une procédure d’alignement.
Dépossession forcée :
-
On retrouve la procédure d’expertise qui fixera l’indemnité et forcera le transfert de
propriété.
o
Expertise faite par les propriétaires réunis en syndicat et par l’administration
accompagnée des ingénieurs des ponts et chaussés.
o
Si contentieux : Devant les conseils de préfecture.
-
Prééminence de l’administration sur le contentieux mais aussi dans le syndicat de
propriétaires puisque c’est elle qui nommera le Syndic qui parlera au nom de
l’administration.

Prééminence telle que deux contraintes aux particuliers :


-
Plus value : Lorsqu’un propriétaire exproprié partiellement ou pas exproprié retire une
plus value de cette expropriation alors il devra verser une indemnité à l’administration,
à son concessionnaire ou au voisin
-
procédure d’alignement : Lorsqu’un propriétaire doit avancer sa maison pour être
aligné sur les marais desséchés, il a l’obligation d’acquérir le terrain qui préside la
nouvelle délimitation.

Contestation eu égard aux contraintes mais aussi relatif aux payements des indemnités :
-
Problème tenant à la charge de l’indemnité :
o
Les opérations de desséchement sont concédées à des entreprises privées.
o
Lesquelles ont le droit d’exproprier moyennant quoi elles ont la charge des
indemnités.
o
Mais on précise pas clairement qui doit supporter la charge de l’indemnité :
Sur le concessionnaire (l’entreprise) ou sur l’état ??
o
Bref les deux se renvoient la balle pour savoir qui payer…
Contestation des petits propriétaires et des notables qui soutiennent le régime de Bonaparte
Deux personnages vont écrire à l’empereur : Un sénateur et le président du Conseil d'Etat
pour la section intérieure.
En 1809, il est en Autriche, à Schönbrunn (afec une cheune brune), et va rédiger un mémo qui
propose des réformes…

II- Rupture au-delà de la continuité : La loi du 8 mars 1810

L’empereur va s’insurger contre les atteintes protées à l’encontre des propriétés privées et
contre les abus de l’administration.

82
Il met les déviations de la pratique sur le compte des lacunes de la loi et il met les déviations
sur le compte de l’incapacité des magistrats à protéger ce droit de propriété.
Il entend donc diminuer les attributions des administrations et veut renforcer le pouvoir du
judiciaire.

Pour lui l’autorité administrative est indispensable pour ordonner l’expropriation. Mais face à
cela il affirme que la privation de la propriété doit reposer sur l’autorité judiciaire et il
explique que toutes les modalités d’acquisition de la propriété repose sur le juge judiciaire.
Bref on renvoie toujours devant le juge judiciaire…
Or l’expropriation n’est ni plus ni moins qu’une vente forcée qui transfert la propriété donc
forcément elle doit se faire devant l’autorité judiciaire.

2 Phases :
-
Phase administrative
-
Phase judiciaire
Opposition face à la nouvelle loi qui sera entériné le 8 Mars 1810.

Loi enfin sur l’expropriation sur l’Utilité Publique et on peut réellement parler
d’expropriation !!
Loi révolutionnaire puisque l’on s’attaque à une procédure nationale, une procédure qui sera
mixte comme le sandwich du même nom !
Donc sous l’ancien régime on avait déjà des interventions du parlement…mais là la mixité
est LA règle, LE principe que l’empereur veut intangible !

En 1810, plus de craintes sur le pouvoir judiciaire. En effet si on l’écartait c’est parce qu’on
refusait une intervention du judiciaire dans la sphère du politique.
Mais en 1810, séparation des pouvoirs et soumission du judiciaire à l’exécutif.

Phase administrative :
-
Décret impérial pour déclarer l’utilité publique et pour ordonner l’expropriation
-
Arrêté du préfet qui désigne les lieux concernés par les travaux et les expropriations
-
Enquête parcellaire qui est présidée par le sous préfet
o
Il s’agit de débattre contradictoirement des propriétés à exproprier
o
Les parties peuvent prendre connaissance de l’enquête.
-
Re arrêté du préfet dans lequel il désigne les propriétaires nominalement
o
Les propriétaires peuvent consentir à une cession amiable
 Ils acceptent les offres de l’administration et de signer un contrat de
vente qui permettra le transfert de la propriété

Phase judiciaire : Si pas d’accord amiable


-
Arrêté de cessibilité du préfet
o
Transfert le soin au juge judiciaire de fixer l’indemnité et d’ordonner le
transfert de propriété.
-
Le juge judiciaire s’érige en contrôleur, en censeur (il est fils unique…sans sœur…) de
l’administration
-
Il revient au juge de fixer unilatéralement le montant des indemnités
o
Il est fixé sur pièces écrites
o
Le tribunal prend en considération le contrat de vente du bien à exproprier

83
o
Il peut aussi prendre en considération les baux en cas de location ou les
fermages
o
Il peut aussi prendre en considération des éléments extérieurs :
 Mutations d’immeubles voisins
 Indice du prix du marché
-
Il peut alors fixer l’indemnité car, même si parfois ce n’est pas une lumière, il est
suffisamment éclairé.
o
Mais le juge peut ordonner des expertises sur le terrain
 2 ou 3 experts nommés d’offices
 Expertises accessoires et le juge n’est pas lié par le montant qui vient
en sus.
 Le juge judiciaire doit fixer l’indemnité après l’expertise et ordonner à
l’administration d’entrer en possession du bien
o
Après versement de l’indemnité se fait l’envoie en possession
 Référence à l’Article 545 du code civil : L’indemnité doit être juste et
souvent préalable
o
Exceptions : Articles 19 et 20
 En cas d’urgence, de périls on peut entrer en possession avant de fixer
les indemnisations
 En cas de circonstances particulières on peut différer, dans un délai de 3
piges max, le payement
 Mais gros blême : Quid des « circonstances particulières » ?
 Apparemment, le défaut de fond peut faire partie de ces
circonstances, donc très rapidement on a des abus.

La loi de 1810 n’abroge pas la loi de 1807 sur les desséchements de marais qui imposent de
nombreuses contraintes à l’égard des propriétaires mais était en plus lacunaire et peu précise
sur le versement des indemnités.
La loi de 1807 continue de s’appliquer pour toutes les procédures qui ont commencé avant la
loi de 1810 et donc sous l’empire de la loi de 1807 et pour tous les dessèchements de marais.

De plus, l’administration reproche au juge judiciaire d’accorder des indemnités trop


importantes.
Elle propose aussi de ralentir la procédure. Le Juge Judiciaire n’hésite pas à suspendre sa
procédure lorsque les expropriés le saisissent d’une contestation.
De plus, pas de délai prévu.

Sous la restauration, dès 1814, dans la grande Charte, on réinstaure le droit de propriétaire
inviolable et sacré. Elle prévoie aussi une loi pour constater l’Utilité Publique et revendique
une indemnité préalable à tous sacrifices.
En effet, les exceptions à la loi de 1810 sont anticonstitutionnelles : Les propriétaires ne vont
alors que se référer à la Charte de 1814 pour paralyser la procédure de 1810.
Sous la restauration, le temps moyen pour mener une procédure se situe entre 2 et 5 années.

Cela perverti le droit de l’expropriation car pour faire taire les expropriés, l’administration
leur donne toujours gain de cause. Elle entérine (de foie) toujours le montant de l’indemnité
requis par les expropriés.
Les budgets ne peuvent plus les supporter. Plus encore, paralysie de la politique des travaux
publics en France. L’état souhaite concéder les travaux publics et les mettre à la charge des
personnes privées.

84
Les personnes privées refusent et on ne trouve plus de grandes sociétés pour s’occuper de la
politique des travaux publics en France.

SECTION II : LES GRANDES REFORMES DU DROIT DE L’EXPROPRIATION


SOUS LA MONARCHIE DE JUILLET

Loi du 30 Mars 1831 qui s’occupe de l’expropriation en cas d’urgence. Pour répondre à
la lenteur de la loi de 1810.

Loi s’applique aux travaux de fortifications et il s’agit de mettre en place une procédure
spécialisée supposant un transfert de propriétaire pour une durée moindre d’une année.
L’estimation du bien doit se faire dans un délai de 10 jours après l’Utilité Publique.
Puis on refait l’estimation sur le terrain par des experts, nommés contradictoirement.
Une fois fixée l’administration peut entrer en possession et on peut le faire dans un délai de 3
mois.

Projet en novembre 1831 pour étendre cette procédure aux travaux civils. Pourtant ce projet
n’est pas discuté en raison de la grande épidémie de choléra qui sévit à Paris en 1832. Pour
l’anecdote Casimir Perier est mort de cette maladie (c’est pas les bubons qui éclatent « c’est la
gastro puissance 100 »)
Réforme adoptée le 7 Juillet 1833 : Loi qui abroge la loi de 1810 mais ne remet pas en cause
la phase administrative ni la phase judiciaire.
Toujours déclaration publique, enquête parcellaire, arrêté de cessibilité, détermination de
l’indemnité puis jugement de l’expropriation…bref c’est toujours la même chanson (mais la
différence c’est que tu n’es pas là…merci Claude…)
On reproche de s’en tenir à des pièces uniques. Donc est compétent un jury de 12
propriétaires qui doivent statuer sous la présidence d’un Magistrat directeur et sont tirés au
sort (les veinards) sur les listes électorales ou sur les liste des jurys criminels.
Exemple rosbif : La procédure en Angleterre donne de bons résultats. Le jury fonctionne très
bien et pas de lenteur…

Lors de l’adoption de la loi, le législateur compte sur le sens civique des propriétaires
composant le jury et on estime qu’ils s’attacheront surtout à l’intérêt Publique.
Ce sont des notables et on compte sur eux pour défendre l’intérêt publique, le développement
économique contre les personnes privées.

Ces notables payent l’impôt car ils votent. Comme les indemnités sont payés par les impôts
on espèrent que les notables vont filer des clopinettes pour payer moins d’impôt…
merveilleuse justice…

Grandes ambitions, procédure lente car plus encore qu’une phase administrative et une phase
judiciaire il y a toute une phase pour nommer le jury de propriétaires.
Les membres du jury sont souverains pour fixer le montant de l’indemnité et ils prennent en
compte tout les éléments : Ils multiplient les demandes de pièces écrites, les expertises et
organisent des auditions de propriétaire.

Les membres du jury se comportent en propriétaires et surestiment les indemnités pensant à


leurs intérêts privés. Bref ils n’ont rien compris…
La loi indemnise les locataires, propriétaires, fermiers, créanciers etc…

85
21 Mai 1836, nouvelle loi qui met en place une procédure abrégée et pour donner des critères
d’appréciation dans la fixation du droit de propriété.

La Loi du 3 mai 1841 : Grande Charte du droit de l’expropriation

Abroge la loi de 1833 mais uniquement en façade. On retrouve toujours la phase


administrative et la phase judiciaire.
Le jury d’expropriation est toujours maintenu.

En revanche la loi prévoie des réductions de délai entre les différentes phases. Elle prévoie
aussi une possibilité d’envoyer l’administration en possession avant le payement de
l’indemnité.
Mais ce payement devra être consigné de sorte à préserver les intérêts des expropriés.

Elle ordonne que la voie moyenne soit choisie dans le montant des indemnités. Il est entendu
qu’il faut tenir comptes et des évaluation de l’administration et des propositions des
administrés.

Cette loi de 1841 a le grand mérite de perdurer jusqu’en 1935.


Elle fait l’objet de lois complémentaires fixant les procédures d’urgence et les critères
impératifs.

De 1841 à 1914, grande faveur pour les exproprié : Age d’or (là j’dors) des expropriations.
Enrichissement car l’administration en cesse de donner la parole aux propriétaires expropriés
et elle ne cesse de leur donner gain de causes.
Fin 19ème, on voit des spéculations sur l’immobilier car certain cherchent à acquérir tous les
biens vétustes qui sont à exproprier pour pouvoir revendre à l’administration.

Le décret loi du 8/08/1935 abroge tous les excès de la loi de 1841 : C’est la fin du jury
d’expropriation.
On nomme une commission arbitrale composée de deux représentants de l’administration et
deux des propriétaires.

Ordonnance du 28/10/58 et loi du 26 Juillet 62, tentent de réorganiser la procédure sur le


fondement de lois anciennes :
Procédure classique : Phase Admin, phase judiciaire, procédure d’urgence et procédure
d’extrême d’urgence.
La phase administrative et la phase judiciaire doivent évoluer de concert. On nomme un juge
spécifique de l’administration qui, comme en 1810, devra fixer l’indemnité d’expropriation.

Réunies dans un code de l’expropriation pour cause d’Utilité Publique fixé en 1977.
Lois contrôlées en doctrine et en Jurisprudence mais elles constituent le droit de
l’expropriation.

86
CHAPITRE IV : LE DROIT DES TRAVAUX PUBLICS

On s’attache à la notion de Travaux Publics.


Le droit royal réglemente le droit des Travaux Publics. En effet, les Travaux Publics ont des
conséquences sur le domaine mais aussi sur les finances, la politique économique du
royaume…
De manière pratique les Travaux Publics peuvent être définis dans l’ancien droit comme des
travaux de construction, de réparation, d’aménagement ou d’entretien portant sur des
immeubles. Travaux effectués par ou pour l’administration dans l’intérêt du public.

2 critères : L’Utilité Publique et la présence de l’administration.


C’est la même Utilité Publique que celle de l’expropriation mais lorsqu’il s’agit de réparer ou
d’entretenir des ouvrages publics, il n’est nul besoin d’alléguer l’Utilité Publique. En
revanche lorsqu’il s’agit de construire ou d’affecter à l’usage du public il faut une enquête
d’Utilité Publique mais aussi un arrêt du conseil…

Présence de l’administration : Première autorité, les seigneurs qui ordonnent des Travaux aux
ouvrages défensifs et aux voies de communication.
La Corvée : Cela consiste pour le seigneur convaincre les bouseux de la seigneurie à venir
travailler aux Travaux Publics. Ces paysans n’ont aucune compétence et n’ont donc aucune
rémunération.
Réglementée par la coutume : Chaque homme valide doit travailler 8 à 10 jours par an pour
les Travaux Publics et on dresse un calendrier d’intervention de ces corvéables. La corvée
existe jusqu’à la révolution et les corvées sont fixées en fonction des travaux aux champs (La
Vie, la Vraie…)
Le roi essaye de supprimer la corvée mais il fallait la remplacer en créant un impôt qui
payerait une main d’œuvre qui remplacerait les corvéables : Trop d’oppositions…

Le seigneur concédant va déléguer l’exécution des Travaux Publics a une Personne Privée, le
concessionnaire moyennant pour ce dernier l’exploitation sur l’ouvrage public et la
rémunération de l’ouvrage public…en gros « y a moyen de moyenner »
Le seigneur se place à l’origine des Travaux Publics mais ne se charge pas de la construction,
ni de l’entretien, ni des réparations, ni de l’exploitation, ni du financement…

Ceci étant le Travail est Public parce que l’intérêt Public et parce que le seigneur est à
l’origine du droit qui permet la concession et la réalisation du Travail Public.

L’intérêt privé coexiste avec l’intérêt public : Le péage s’est pour entretenir mais aussi pour
récolter plein de tune !!

Au 18ème siècle, on trouve des seigneurs à l’origine d’une opération de Travail Public mais ils
ont des délégations du roi ou sont concessionnaires du roi.

Les villes opèrent des Travaux Publics sous couvert des de l’Utilité Publique et de leur
pouvoir de police. Idem, travaux aux voies de communication sous couvert de police. De
même pour la salubrité publique…
Les villes peuvent recourir à la corvée et peuvent aussi recourir à la concession (exemple,
pour paver les rues).

87
3 modes de Travaux Publics sont privilégiés :
-
La régie qui consiste pour la ville à utiliser son propre personnel, son propre matériel
et ses propres matériaux et financement direct par la ville.
-
Travail à la journée ou à la tache
o
Emploi de main d’œuvre extérieure
o
Les ouvriers sont payés individuellement lors de l’exécution d’une tache très
précise (comme Monica…)
-
Les marchés à prix faits sont de véritables contrats entre la ville administrée et des
ouvriers
o
Précise l’objet des Travaux Publics, le prix de ses travaux.

Jusqu’à la révolution ces trois modes persistent et les villes ont toujours une nette tendance à
préférer la souplesse ou des négociations de gré à gré avec les entrepreneurs.
Tutelle royale, le roi veut encadrer les dépenses urbaines et il en vient à contrôler les modes
de Travaux Publics.
Les villes sont dynamiques mais ont besoin d’arrêt du conseil à cause de la tutelle.

Le roi, comme d’habitude (toute la journée, je vais jouer à faire semblant…) va s’occuper des
Travaux Publics à partir du 13ème, 14ème siècle selon l’impulsion de la doctrine. C’est aussi la
redécouverte du droit romain et donc la reprise du droit romain des Travaux Publics.
Le roi s’occupe des ouvrages défensifs (Guerre de 100 ans qui fini en 1353).

Mais le droit ne peut pas encore réglementer pour l’ensemble du royaume. Nous avons donc
des réglementations ponctuelles limitées à un type de Travail Public, soit pour une province
ou pour une ville particulière.

Au 16ème on a un tournant dans le droit des Travaux Publics. Le Roi Henry IV (1589-1610)
souhaite reconstruire le royaume de France, ensanglanté par les guerres de religion. Pour cela
il veut instaurer une politique économique, agricole, commerciale, industrielle. Le roi a besoin
d’un vrai réseau de voies de communication et se soucie donc de mettre en place une politique
de Travaux Publics.
Siècle de la Renaissance où on recherche la rationalité de l’agencement urbain, l’esthétisme
des monuments.
Rues rectilignes, places géométriques et uniformisation des façades.

Et ça continue encore et encore tout au long des 17ème et 18ème siècle. Chaque ville veut
détruire ses remparts pour mettre en place des promenades, chaque ville veut se doter
d’administration pour devenir des capitales provinciales dynamiques, de structures culturelles
(cinéma, théâtre…)
Le roi va mettre en place une réglementation stricte dans le domaine des Travaux Publics.
Celle-ci passe par la procédure d’adjudication.

Contrat entre l’administration et entrepreneur : Payement direct de l’entrepreneur par


l’administration.

Perdure jusqu’au dernier Codes des Marchés Publiques de 2001 : Mais à cette date la
procédure d’adjudication a été rayée (mais reste encore l’adjudication à la Hollandaise en
Finance Publique…hum…cf. le sujet de l’an dernier, en 2003)

88
TITRE I
LA PROCEDURE D’ADJUDICATIONS DES TRAVAUX PUBLICS

On définit l’adjudication comme un marché de Travaux Publics dans lequel l’administration,


maître de l’ouvrage confie à un entrepreneur qualifié maître d’œuvre la réalisation d’un
Ouvrage public, moyennant le versement d’un prix en rémunération du travail effectué.

Dans l’ancien droit on parle d’entrepreneur mais pas de maître des œuvres.

3 critères :
-
L’adjudication est un véritable contrat de Droit Administratif
o
2 parties qui signent un acte écrit portant sur un objet
o
De plus obligation définie
o
Il précise enfin le prix qui lie l’administration et l’entrepreneur.
o
Mais dans ce contrat il y a des clauses exorbitantes de Droit Commun et
l’administration impose les conditions d’exécutions des Travaux Publics. On
dit qu’il y a déséquilibre aux contrats.
 En plus, souvent, clause attributive de compétence à la juridiction
administrative.
-
Le marché par adjudication est toujours passé d’après des règles de concurrence et
l’administration n’est pas libre de négocier et de choisir son entrepreneur
-
Le prix du marché est clairement défini entre l’administration et l’entrepreneur, prix
qui ne doit, en thé au riz, absolument pas varier car la procédure d’adjudication est de
clairement déterminer la dépense effective dans le budget alloué aux Travaux Publics.

SOUS TITRE I : L’ADJUDICATION DANS LE ROYAUME DE France

SECTION I : LA REGLEMENTATION DE L’ADJUDICATION

LA terminologie adjudication fait son apparition au 16ème pour se fixer au 18ème siècle.
Avant on parle de « bailler au rabais » (et non aux corneilles…) qui signifie donner, déléguer.
On trouve aussi le terme de Subhastatio, on vise par ce terme barbare les enchères :
L’adjudication se fait aux enchères les moins chères (en gros le mec qui gagne est celui qui
donne le plus bas prix)

I- La procédure Médiévale

L’influence de Rome est grande. A Rome on met par écrit dans un cahier des charges, toutes
les conditions d’exécution de l’ouvrage public. Conditions tenant aux matériaux, aux délais de
réalisation ou tenant au prix.
Une fois cette mise par écrit effectuée, procédure aux enchères d’attribution des marchés,
oralement et à mains levées. C’est le prix le moins élevé d’exécution qui remporte le marché.

La procédure se retrouve de manière similaire dans des règlements de 1349 et de 1366 qui
reprennent cette procédure.
La procédure prévoie que les entrepreneurs visitent les lieux, toisent les ouvrages, les mesures
et il fut qu’ils établissent un écrit par lequel ils décriront toutes les opérations de Travaux
Publics à réaliser.
Les administrateurs doivent assurer la publicité de la procédure du Marché. Cela consiste à
crier dans les rues « qu’elle est bonne ma poule ; qu’elle est bonne ma poule »…dixit la prof.

89
Chacun doit se présenter à l’attribution et procéder à l’attribution des rabais : Enchère au
moins disant. C’est celui qui propose de se faire payer le moins qui obtient le marché.
Les enchères se font au feu des chandelles : On allume LLEEE FFFFFEUUUU, une, deux
voir trois chandelles et on rythme les rabais au grès de la durée des chandelles. C’est celui qui
propose le rabais au dernier feu des chandelles qui obtient le marché. C’est donc un élément
extérieur qui choisit, la chandelle et non pas l’administration : Elément d’égalité.

Mais par contre on exige que les entrepreneurs aient des garanties financières, soient
solvables de sorte à ce qu’on ait des moyens de pression pour les forcer à réaliser les Travaux
Publics.

Il faut ensuite présider à la vérification et à la réception des Travaux Publics. Il s’agit de


vérifier qu’il n’y a pas de malfaçons, que l’ouvrage est solide et on va exiger le respect strict
des clauses de l’expertise, du devis.

Imperfections car les usages, la coutume reste très prééminente. On a des variations selon la
coutume pour la procédure. Idem selon les villes les provinces, le type de travaux, militaires
ou civils.
Il n’y a pas de personnel compétent pour dresser l’état des travaux à effectuer, de la même
façon qu’il n’y a pas de personnel compétent pour exécuter des Travaux Publics.
De plus, pas de budget pour financer les Travaux Publics et donc on est pas sur d’être
rémunéré et donc dès fois personne pour l’attribution du marché.

II- La législation du droit de l’adjudication aux « temps modernes » (16ème, 18ème)

3 textes vont fonder ce droit des Travaux Publics.

A- Le règlement du 13/01/1605

Pour la first time on uniformise la procédure d’adjudication à l’ensemble du royaume de


Franc et il n’est plus question de se dispenser de l’adjudication dans les marchés de Travaux
Publics.
L’adjudication devient le droit commun des marchés de Travaux Publics.

Henry IV place cette procédure sous la tutelle d’un grand VOYER. Sully (Maximilien de
Béthune de son vrai nom. C’est fou se besoin de changer de nom chez les stars. Regarde
Maurice Benguigui qui n’est autre que ton Patrick adoré…) en l’espèce. Tutelle sur tous les
officiers compétents en Travaux Publics.
Avant 1605, sont compétents, tous les seigneurs et leurs agents, tous les magistrats urbains et
les officiers royaux et les trésoriers de France. Blême c’est que ces trésoriers de France sont
incompétents, car propriétaires de leurs charges.
Dès le 7/09/1599, le roi crée cette charge de grand voyer de France et confie ainsi le droit de
l’adjudication à Sully.

Les administrativement urbains et tous les trésoriers de France ou tous les agents seigneuriaux
doivent pouvoir assister sur le terrain le grand Voyer mais son placé sous sa tutelle.

Le grand voyer, ses lieutenants, les trésoriers (ma femme et le p’tit prince sont…) doivent
prendre connaissance de toutes les dépenses effectuées sur les ouvrages publics.

90
Ensuite devis qui précise la nature des travaux à réaliser, la qualité de ces travaux et la
quantité des ouvrages à effectuer.

Ensuite proclamation de ces formalités : Faut une publicité qui soit faite. Formalité obligatoire
car on veut assurer la plus large concurrence qui soit.
Ensuite on passe le marché au rabais, au moins disant.
Tous ceux qui peuvent présenter une bonne et suffisante caution peuvent se présenter. Donc
on peut récuser tous les insolvables.

Le règlement prévoie une stricte comptabilité de la part des agents en charge des marchés.
Cela suppose que ces administrateurs n’aient à percevoir aucun pot de vin, aucune somme
d’argent venant des entrepreneurs.

On dit de Sully qui a « l’étoffe d’un ministre des Travaux Publics ».

Mais il faut préciser cette réglementation.

B- Arrêt du Conseil du 7/02/1608

Dans cet arrêt du Conseil, on revient sur l’importance du devis et des visites préalables pour
ordonner les Travaux Publics.
En l’espèce il est entendu que le devis doit contenir toute la tache à accomplir. Le devis est
essentiel car sert de base à l’ensemble de la procédure. C’est sur le devis que l’adjudication va
être passée.
C’est à partir du devis que l’on va juger de la conformité des travaux réalisés et pouvoir payer
l’entrepreneur.

Règles des chandelles imposées par l’arrêt.


Le roi revient aussi sur les modalités de payement de l’entrepreneur mais aussi sur les
financements. On prévoie un payement fractionné ce qui signifie que l’entrepreneur sera payé
au fur et à mesure de l’avancement de l’ouvrage.
Il ne recevra le solde qu’à la fin de l’ouvrage.
L’Admin devra tenir une stricte comptabilité et on interdit de percevoir une quelconque
somme d’argent.

Peu appliqué car ne 1610 Henry IV est assassiné par Ravaillac ! Discrédit de Sully et donc on
s’en bran… de ses lois et édits…
1610-1635 : D’autres personnes seront grand voyer alors que Sully sera ren voyer…
1620 : Retour en force des trésoriers de France
1635 on vire la charge de grand voyer…elle tombe en désuétude

C- Arrêt du Conseil du 23/12/1620

Le roi confère aux trésoriers de France toute compétence en matière d’ouvrage, de Travaux
Publics.
Cet arrêt de 1620 reprend la procédure telle qu’établit depuis le 14ème siècle. Mais on insiste
sur la mise en concurrence des entrepreneurs et sur le danger que peut revêtir une trop large
concurrence dans l’attribution du marché.

91
En raison des publicités et d’une absence de vérification de sérieux des entrepreneurs, la
pratique a permis de concéder des travaux à de gens insolvables.
Or ces entrepreneurs abandonnent leur marché de Travaux Publics et l’administration ne peut
pas contraindre à la parfaite exécution de l’ouvrage public.

En 1620, on ordonne de n’admettre aux marchés de Travail Public que les entrepreneurs
notoirement solvables. Les administrateurs peuvent exclure les inconnus et les insolvables.
Les inconnus pourront participer au rabais mais ils devront verser des cautions ou certificats
de caution qui doivent être domiciliés dans le lieu où sont les Travaux Publics.

Ces 3 textes fondent le droit de l’adjudication jusqu’à la révolution. Cette réglementation est
d’autant mieux respectée que Colbert ne cessera de multiplier des circulaires pour répéter le
droit de l’adjudication.
Il redonne et répète l’injonction de respecter la mise au rabais et les conditions de solvabilité.

Progressivement Colbert opère un transfert de compétence aux intendants : Ils sont


compétents et peuvent être révoqués. On a une centralisation et plus encore, on tend vers une
uniformisation de la procédure d’adjudication.
On songe à mettre en place un corps des ponts et chaussées, à recruter et à former des
ingénieurs, lesquels auraient toutes compétences pour dresser les projets de Travaux Publics et
pour vérifier la solidité des Travaux Publics.

Projet de Colbert n’aboutit pas mais en 1613, projet de corps des ponts et chaussées mais
comme on est en guerre…nada…
Faut attendre 1647 où est crée une école des ponts et chaussées qui ne sera plus remise en
cause.
Grâce aux intendants et aux ponts et chaussées on a une véritable procédure centralisée et
contrôlée par le pouvoir royal.

Le roi va multiplier les arrêts pour ponctuer chaque phase de la procédure. Arrêts qui
ordonnent l’établissement des devis, la réception des rabais, la procédure d’adjudication, qui
consacre le nom de l’adjudicateur, la réception des Travaux Publics, et enfin (ouf !) pour
ordonner le payement.
Puisque cette procédure est longue les intendants ont des délégations générales de la part du
roi en son conseil : Ainsi juste un arrêt pour organiser les Travaux Publics puis un arrêt pour
entériner la procédure.

SECTION II : LA PROCEDURE D’ADJUDICATION

Il faut passer par les arrêts du Conseil du roi mais c’est comme au 17ème, 18ème.
On voit les effets de centralisation : Intervient l’Intendant, commissaire du roi, les ingénieurs
des ponts et chaussées qui dépendent aussi du gouvernement royal.
Interviennent aussi le contrôleur général des finances, le ministre responsable du secteur
concerné par les Travaux Publics.

Assouplissement grâce à la pratique, à l’usage et on retrouve la délégation par le roi aux villes
de la mise en œuvre de l’adjudication.
Mais quelques variations qui attestent de la survivance des particularismes locaux. Mais pas
de violation, de négation du droit royal.
Donc ces aménagements ne sont qu’accessoires et ne contrôle pas

92
I- Formalités préalables

A- Les plans

Obligatoires lorsqu’il s’agit de construire des établissements publics. Plans aussi pour
certaines réparations mais pas pour les opérations d’entretien.
Ces plans sont la première ébauche(du travail de pro…) et permettent de mesurer la réalité du
travail mais aussi la difficulté de l’entreprise.

Entrepreneurs en bâtiments, architectes locaux ou extérieurs.


Les plans des ponts et chaussées sont très techniques : Ils permettent d’insister sur les qualités
et les capacités dont devra faire preuve l’entrepreneur qui aura le marché.
Ils sont aussi très précis et servent à accroître la recherche de parcelles à exproprier. Ils
participent à l’enquête parcellaire et à celle de l’Utilité Publique (on en mesure le degré
d’Utilité Publique).
Si les plans attestent d’un projet trop somptueux, trop grandiose pour la finalité que l’on
souhaitait alors on peut rejeter ces plans (super intéressant…on ne retient pas l’Utilité
Publique).

Valeur juridique des plans qui doivent être visés et agrées par l’intendant et le conseil du roi.
C’est à partir du plan que les autres pièces au marché vont être établis et c’est à partir de ceux-
ci que l’on peut mesurer l’engagement financier des Travaux Publics.

B- Les devis

Mémoire instructif d’un ouvrage que l’on veut construire. C’est la traduction en termes
techniques et juridiques des plans.
En effet, ils se scindent en deux parties :
-
Une technique : Relative aux règles de l’article
-
Une juridique : Qui constituera LE marché liant l’entrepreneur et l’administration.

C’est une énumération de matériaux dans un langage incompréhensible pour monsieur Merle
mais compréhensible pour les pauvres artisans…

Le devis est parfois qualifié de Cahier des charges.

Il fixe l’objet du marché, les conditions d’exécution de celui-ci, les règles applicables en cas
de contentieux et prévoie toutes les sanctions qui pourront être appliquées à l’entrepreneur
négligeant.
Le devis contient aussi des clauses exorbitantes de droit commun. Lesquelles tendent à
conférer une totale prééminence de l’administration. Ces clauses permettent alors de qualifier
ce marché d’adjudication de Contrat administratif.

Les devis varient selon la qualité de l’ouvrage à construire ou à réparer et selon la personne
qui est à l’origine de sa rédaction.

Pour les villes, ils sont succincts car ne font que répéter les conditions de réalisation et la
rémunération de l’entrepreneur.
Les ponts et chaussées ont une démarche rigoureuse et son intransigeant sur les devis
concernant les voies de communication.

93
5 types de clauses :
-
Clause du respect des règles de l’article :
o
Comme il n’y a pas que des gens bons à la tête de l’article, la clause ordonne
de se conformer strictement aux plans et aux devis.
o
Elle prévoie aussi que l’entrepreneur a l’obligation de fournir tous les
matériaux de qualité prescrite dans la partie technique du devis.
o
L’entrepreneur doit commettre un nombre suffisant d’ouvriers pour mener à
bien l’entreprise.
o
L’administration est donc déchargée de l’organisation matérielle du chantier et
on met à la charge de l’entrepreneur une obligation de moyen et une de
résultat.
o
On parle parfois de marché par entreprise.
-
Les obligations des entrepreneurs :
o
Obligation de respecter les marchés de Travaux Publics
o
Obligation de s’occuper de toutes les contingences matérielles quel qu’elles
soient
o
Obligation de livrer l’ouvrage public dans un temps déterminé.
 A défaut on peut prévoir des indemnités de retard
o
Obligation de garantie des matériaux : Décennale ou trentenaire pour certains
ouvrages
o
Obligation de fournir une caution : Sans cautions, l’entrepreneur ne peut pas
avoir le marché.
 Permet à l’administration de se tourner vers l’entrepreneur en cas de
dommages de Travaux Publics ou en cas d’abandon de chantier.
 Elle permet aussi de faire preuve de la solvabilité de l’entrepreneur.
Elle est capitale car l’entrepreneur devra faire l’avance de tous les frais
en matériaux et en main d’œuvre, ainsi qu’à tous les frais inhérents à la
procédure.
 Bref comme nous maintenant : Il fait frais…environ 3°
o
Droit de l’entrepreneur d’être payé mais il doit subir la volonté de
l’administration d’introduire un échéancier de payement
 Règles des acomptes au fur et à mesure de la réalisation de l’ouvrage
 Puis un solde, le parfait payement, qui intervient au moment de
réception voir au moment de l’extinction de la garantie.
-
Clauses exorbitantes de droit commun :
o
Déséquilibre, prééminence de l’administration
o
4 clauses :
 Celle relative aux pouvoirs de direction et d’inspection de la part de
l’administration : L’entrepreneur doit se soumettre (ou se démettre…)
au contrôle de l’administration.
 Inspection tous les jours du chantier, veille à la qualité des
matériaux
 Peut demander à tous recommencer si ce n’est pas fait
convenablement.
 Contrôleur rémunérer par l’entrepreneur…
 L’administration peut donner des modifications en cours de réalisation.
 Modification par écrit
 Elles ne doivent pas modifier l’objet entier du contrat.

94
 L’entrepreneur peut obtenir une indemnité voir une
compensation sur l’objet de son marché.
o
Ce ne sont pas des indemnités de plein droit
 L’administration met à la charge de l’entrepreneur tous les frais de
l’expropriation
 De même, l’Admin peut mettre à leur charge toutes les
indemnités pour dommages de travaux publics.
 Elle rend responsable des dommages qui pourraient survenir en
cours de travaux.
 L’administration peut prévoir une résiliation unilatérale du marché.
 Dans la pratique, l’entrepreneur pourrait être fondé à obtenir
une indemnité mais l’administration peut parfaitement alléguer
des cas de Force Majeure.
-
Clause de dévolution à l’intendant :
o
Décrit les sanctions qui pourront être infligées à l’entrepreneur en cas de
manquement
o
Pouvoir disciplinaire de l’administration et peut prononcer des sanctions
pécuniaires, coercitives, résolutoires.

Le devis reste un contrat donc même si cela peut sembler abusifs, les entrepreneurs ne sont
pas contraints d’accepter ces clauses…
Toutes ces clauses leur sont communiquées avant la passation du marché. Cela signifie qu’il y
a entière transparence et information sur la réalité juridique du marché.

C- Détail estimatif

Ce devis n’existe pas dans toutes les villes du royaume de France. Il est pourtant pratique car
c’est un calcul du coup des ouvrages à entreprendre.
C’est une liste de donnée chiffrée prenant en considération tous les frais auquel l’entrepreneur
s’expose. On traduit financièrement toutes les règles du devis, et en gros, les plans.
Renseigne l’administration sur le prix qu’elle peut s’attendre à payer et ainsi elle peut juger du
sérieux de l’entrepreneur qui a estimé les travaux.

Ce détail doit rester secret, c’est une pièce interne à l’administration.

Ensuite il faut l’autorisation du pouvoir royal. Si ce sont de pitis tini wini tous petits travaux,
et non pas bikini, l’intendant peut seul donner l’autorisation.

II- La passation du contrat d’adjudication

A- Formalités de publicité.

La publicité du marché est absolument obligatoire


Grâce à la publicité, le devis est véritablement consacré en offre de contracter.
Le devis permet aux entrepreneurs de prendre connaissance de l’importance du marché et,
pour l’administration, il permet d’obtenir d’avantage de concurrence et donc d’obtenir plus de
rabais.

Publicité soit par criée, soit par voie d’affiche parce qu’à la criée tu t’affiches...
Affiches aux portes des églises, des marchés, des administrations…

95
Doit dans la ville seule où à lieu l’adjudication des Travaux Publics, soit elle s’étend dans la
province entière lorsqu’il s’agit de travaux importants.

Délais d’affichage :

Il peut s’écouler une semaine entre l’apposition de l’affiche et la procédure de rabais, somme
ce délai peut être de 1 mois…en gros cela suppose une véritable campagne d’affichage à
raison d’une affiche par semaine pendant 3 semaines.
On indique toujours de quel travaux il s’agit (ça vaut mieux…) il y a toujours l’autorité
compétente pour passer le marché, toujours l’indication selon laquelle les entrepreneurs
peuvent consulter les plans et les devis au siège de l’administration.
Indication du lieu, de la date de la procédure de rabais.

On dit si l’adjudication est ouverte à tout le monde ou si elle est retreinte donc si les
entrepreneurs doivent forcément avoir un certificat de réception.

B- Réception des rabais

1) Vérification de la phase préalable

On vérifie les plans et les devis.


Le représentant de l’administration royale, intendant ou son subdélégué, doit rappeler tous les
éléments qui ont été adoptés : Donc rappel de l’arrêt du conseil, des ordonnances de
l’intendant en pays d’élection. On rappel l’existence des plans établis avec indication des
dates et des personnes qui les ont établi. Idem pour le devis…

Vérification de la qualité des entrepreneurs

Lorsque l’adjudication est ouverte on mate juste l’identité, nom ou surnom, si l’entrepreneur
est connu, solvable. Si il est inconnu on lui demande de faire élection de domicile.
Vérification d’un Certificat de qualité lors de la procédure restreinte. Exigé dans le domaine
des ponts et chaussées, délivrés par les ingénieurs en chef.

On vérifie les règles de publicité et de concurrence.

Les entrepreneurs peuvent faire des objections sur les plans, les devis ou sur la formalité de
réception des rabais.
Si ces objections sont sérieuses alors il faudra saisir l’autorité de tutelle…en gros tu fais un
recours gracieux.
On écoute les remarques et si elles ne sont pas sérieuses alors on continu la procédure

2) La mise en concurrence des entrepreneurs

Adjudication au moins disant.


Soit une journée pour recevoir les rabais, soit deux, soit trois…avec un espacement d’une
semaine entre chaque journée.
Le plus de journée pour les travaux les plus importants.

Ces séances peuvent être structurelles : L’administration prévoie dans ses affiches qu’il y aura
plusieurs phases orales pour la réception des rabais.

96
Mais ces remises peuvent être conjoncturelle lorsque lors de la première séance il y a
insuffisance des offres.

Rabais soit en « feu des enchères » :


Archaïque on 18ème siècle. Mais ce qui est intéressant c’est que l’inspiration est purement
privatiste. Modalité de droit privé pour les ventes de meubles ou de bois.
Deux modalités :
-
Le fait d’allumer trois feux alternativement et qui rythment la réception des rabais
(ALLLUUUMMEEEZZZ TTTRROOIISS FFFEEUUXX….)
-
Réception des rabais libres : A la fin des rabais on allume un feu. Si durant le feu il n’y
a pas de rabais alors on est adjudicateur. Si rabais alors on rallume un autre feu etc…
ça peut être sympa si tu as des chamalows
Le premier prix est fixé par l’administration ou alors les entrepreneurs peuvent eux mêmes
commencer la mise à prix.

Dans les provinces qui ont un détail estimatif :

Estimation de 3000 Livres :


-
Soit le 1er rabaissant effectue les travaux pour 3001 libres. Donc peut d’hésitation le
rabaissant se verra reconnaître le titre d’adjudicateur.
-
Le dernier rabais est surévalué par rapport à l’estimation : 4500 Livres par exemple,
donc l’administration remet la procédure à une autre date
-
L’administration peut aussi négocier à l’amiable avec l’entrepreneur pour que celui-ci
accepte le prix
-
soit le dernier rabais est sous évalué : très rare mais cela rend l’administration
suspicieuse vu que l’entrepreneur va travailler à perte. Mais on va multiplier les
garanties pour s’assurer de la solvabilité des entrepreneurs.

Critiques dans les années 1720 à 1790 : Beaucoup de réflexions dans les ponts et chaussés où
les travaux sont souvent abandonnés en raison des abus et des discordances.
Enquête au niveau du royaume de France : Selon cette enquête centralisée on a un consensus
pour l’abandon du feu des enchères.
Certains estiment que toutes les villes du royaume de France doivent utiliser le détail
estimatif. Ceci étant, pour les uns ce détail doit rester secret pour que l’administration puisse
juger de la réalité des rabais porté.
Pour les autres, ce détail devrait être filé aux entrepreneurs pour que ceux-ci soient éclairés
sur le prix du marché qu’on pourrait en attendre. On éviterait ainsi les sous évaluation.

On propose une voie moyenne qui consisterait à divulguer une partie des matériaux, leur
quantité et la main d’œuvre disponible.
Par écrit, les entrepreneurs indiquent leur prix. Celui-ci serait ensuite consigné sous un pli
cacheté. Lequel pli serait ouvert en séance publique. A ce moment on peut attribuer le marché
à celui qui a proposé le moindre prix.
Pas adoptée de manière générale…

C- La conclusion définitive du marché de Travaux Publics

Elle doit intervenir à la fin de la procédure des rabais et doit retenir comme adjudicataire le
meilleur rabaissant.

97
Mais en pratique, l’administration peut ouvrir un délai de 24H à 8 jours après la réception des
rabais qui permettra à un entrepreneur de se présenter devant elle pour porter un tiercement.
Modalité de pur droit privé. Mais procédure dans le pur intérêt de l’administration qui entend
toujours avoir le meilleur prix qu’il soit pour ses Travaux Publics. Donc le tiercé est le dada
de l’administration…
Elle peut réglementer les tiercements et précise les délais et les sommes qui constitueront ces
nouveaux tiercements.
Lorsqu’un entrepreneur fait un tiercement, l’administration doit prévenir l’autorité de tutelle
mais aussi l’entrepreneur, dernier rabaissant.
L’entrepreneur peut se casser et laisser le marché à celui qui a tercé. Le dernier rabaissant peut
aussi doubler le tiercement et apporte un rabais deux fois plus importants.

Si nouveaux tiercements nombreux, l’administration peut organiser une nouvelle procédure


entre les deux rabaissants ou carrément en refaire une autre et on repart depuis le début !!

Ensuite le cocontractant sera celui ayant apporté le meilleur prix et qui aura la bonne qualité.
Les administrateurs urbains doivent ensuite vérifier qu’il n’y a pas eu de prête nom.
Elle doit ensuite vérifier la qualité des cautions présentées et après elle peut demander des
certificateurs de caution.
Le marché ne sera pas attribué si prête nom ou pas de caution…l’entrepreneur pourra de plus
être sanctionné : C’est la « folle enchère »…on rigole on rigole… Cela signifie qu’on va se
retaper une procédure d’adjudication mais au frais et dépend de l’entrepreneur qui a essayé de
tromper l’administration.

Toutes les pièces sont ensuite transmises à l’intendant qui va vérifier aussi la qualité des
entrepreneurs et des cautions mais aussi que la concurrence et la transparence a été respectée.

Lorsque tout est clair, l’intendant vise les pièces du marché (plan, devis, PV de réception de
rabais) et ensuite transmet le tout au conseil du roi.
Le conseil constitue la dernière étape pour homologuer les marchés de Travaux Publics. Il
reprend toutes les pièces une par une.
Lorsque tout est en règle le conseil prend un arrêt validant l’ensemble de la procédure, sinon il
annule tout :
-
Lorsque l’arrêt intervient, le marché est validé et l’adjudicataire peut commencer les
travaux
-
Rien ne peut être modifié en terme d’objet du contrat ou en terme de prix. Le marché
est intangible.

SECTION III : LES INCIDENTS DANS LA REALISATIONS DES TRAVAUX


PUBLICS

I- Les sujétions imprévues

Permettent de demander une indemnité en cas de circonstances imprévues. C’est une


difficulté matérielle anormale qui met l’entrepreneur dans de sérieuses difficultés.
Mais qui bouleverse aussi l’économie du contrat.

Mais cela n’exonère pas l’entrepreneur des travaux, contrairement à la force majeure. Donc
l’entrepreneur n’est pas dégagé de ses obligations au contrat.

98
Seulement, ces sujétions placent l’entrepreneur dans une situation complexe nécessitant des
coûts supplémentaires ou des délais supplémentaires.
Exemple, éboulement, glissement de terrain…

Sujétions doivent être vraiment imprévisible et s’il y a eut supputation des difficultés, alors
l’entrepreneur ne sera pas fondé à demander une indemnité. Si les devis ont prévu
l’imprévisible alors le mec l’aura dans l’os…
Les sujétions doivent sérieusement perturber l’activité de l’entrepreneur. Le préjudice causé
doit être réel, sérieux et anormal.

L’administration considère qu’en fixant un prix, l’entrepreneur a considéré les risques au


moment de la mise à prix. De même elle estime que le mec a calculé une marge de bénéfice.
Au terme de ce raisonnement, l’administration estime que l’entrepreneur qui connaîtrait des
facilités d’exécution ne ferait pas la remise de son bénéfice. Donc en cas de perte pas de
raison de lui filer une indemnité.

II- Les incidents de l’exécution causé par l’administration : Les changements de plan

Tout pouvoir pour modifier les plans et peut imposer ses modifications unilatéralement à
l’entrepreneur. Elle peut aussi négocier les modifications.
Ces changements ne doivent pas modifier intégralement l’objet du contrat. A défaut,
l’entrepreneur pourrait refuser de s’exécuter et il serait fondé à demander la résiliation de son
contrat.

Le conseil du roi refuse le changement des plans en cours d’exécution. Si le changement est
trop important on demande la résiliation de l’adjudication.
Les plans forment l’objet au contrat d’adjudication donc en les changeant on changerait
l’objet et donc le prix du contrat.

Les changements doivent être signalés à l’écrit par l’entrepreneur. C’est un avenant au
contrat.
Il est obligatoire pour faire la distinction entre les modifications qui pourraient être du propre
chef des entrepreneurs et celles relevant de l’administration.
Idem obligatoire pour fixer l’indemnité due si jamais il y a changement des plans. Indemnité
qui peut être modifiée ou due à l’entrepreneur au moment de la réception des travaux.
C’est à l’entrepreneur de fournir la preuve que les ordres venaient bien de l’administration.

III- Les incidents imputables à l’entrepreneur

Obligation d’exécuter le contrat, de respecter les délais, de fournir les matériaux.

Le contentieux dans les pays d’élection est toujours réglé par l’intendant qui est compétent
grâce aux clauses attributives de compétences dans les devis.
Compétent par sa fonction d’administrateur et on retrouve le concept d’administrateur juge.
C’est sous son administration qu’est placée la procédure d’adjudication.

Ce qui domine c’est la recherche de l’équité et des accords amiables avant le prononcé de
toutes sanctions.

99
Le contentieux porte atteinte à la réputation des entrepreneurs mais ils lèsent également
l’administration qui devrait retrouver un nouvel entrepreneur…Donc pour éviter ce bordel,
souplesse dans le contentieux.

A- Incidents tenant à la qualité de l’entrepreneur

1) La Fraude

L’intendant peut être saisi d’un blême d’entente frauduleuse entre l’administration et
l’entrepreneur…
Mais faut que l’on dénonce cette fraude.
L’intendant diligente une enquête, écoute les témoins et entrepreneurs et examine tous les
écrits.
Si la fraude est avéré alors le marché est nul et non avenu.
Si fraude avec l’administrateur alors il est destitué et paye avec ses deniers personnels.

Si doute alors on enquête sur :


-
Le sérieux de l’entrepreneur
-
La réputation de l’administrateur
-
Le montant du dernier rabais

De toutes façons c’est toujours l’intérêt de l’Admin qui prime.

2) La sous traitance

Consiste à confier la réalisation de son marché à un autre entrepreneur.


Prohibé !!!
Clause dans les devis des ponts et chaussées pour l’interdire.
Alors que l’on considère le sérieux et la solvabilité, le sous-traitant est méconnu.

Par ailleurs on veut éviter la fraude. Nez en moins il existe des cas de sous traitance
officieuse. Donc il peut se produire des contentieux qui opposeront l’Admin et le sous-traitant
ou le sous-traitant et l’entrepreneur.

L’administration ne veut pas connaître du sous-traitant mais le contentieux sera administratif.


Mais comme elle ne connaît pas le sous-traitant, le litige portera entre l’entrepreneur
adjudicataire des travaux et l’administration. L’entrepreneur est responsable de la réalisation
des travaux de son sous traitant.

Litige entre sous traitant et entrepreneur relève du judiciaire puisque la sous-traitance est un
contrat privé.

B- Les incidents tenant au non respect des délais

Les entrepreneurs peuvent alléguer qu’ils n’ont pas reçus les devis. Ils peuvent alléguer les
lenteurs dans la publication et l’homologation de l’arrêt du conseil.
On peut rallonger les délais si conditions météos défavorables !

Idem si rupture de stocke, chômage, grèves sur les lieu d’approvisionnement.

100
L’administration peut intervenir par la Force publique puisque le chantier est d’Utilité
Publique.
Mais tout cela doit rester exceptionnel.

Blême si les travaux tombent dans la période de la moisson alors pas de mains d’œuvres.
Donc on peut demander à l’administration de retarder le délai.

L’administration se plaint en preums et l’entrepreneur doit ensuite fournir ses preuves.


L’Admin doit vérifier le bien fondé de l’entrepreneur. Si il est de Bonne Foi, l’Admin donne
de nouveaux délais.
En revanche lorsqu’il y a de la mauvaise foi de la part de l’entrepreneur on peut prononcer des
sanctions :
-
La mise en régie
o
Sanction douce (Une sanction douce que me chantait ma maman…désolé ça
m’y faisait penser…) qui consiste à commettre d’office des ouvriers sur le
chantier
o
Il devra payer la main d’œuvre mais sans en obtenir indemnisation
o
L’entrepreneur est responsable du travail des ouvriers
o
Contrôle strict du chantier par l’administration.
 Si problème alors l’entrepreneur perd la direction du chantier alors
qu’il est responsable
-
La Folle Enchère ( et non la Folle en Chair…)
o
Lorsque les délais sont dépassés d’un an, voir de 10 piges.
o
Donc on va résilier l’adjudication
 Au mieux le mec sera payé des travaux accomplis si ils sont
satisfaisants
 Au pire si il n’a fait que de la merde, on casse tout et du coup il ne
touchera rien
o
On passe alors une deuxième adjudication sur le même fondement : Si la
deuxième mise à prix est > au prix du premier marché, l’entrepreneur qui a
passé le premier marché devra casquer la différence à l’administration.
o
L’entrepreneur ne doit plus se présenter aux autres adjudications !
 Sanction draconienne.
 C’est la ruine de l’entrepreneur des Travaux Publics.
o
Plusieurs injonctions avant de prononcer la Folle enchère…

C- Les incidents tenant au non respect des règles de l’article

Les malfaçons sont décelées en cours d’exécution. Elles peuvent être dénoncées par le
contrôleur des ouvrages ou faire l’objet de délation de la part de toutes personnes puisque les
Travaux Publics sont d’Utilité Publique…
Dans ce cas on stoppe les travaux. Ensuite on dépêche des experts sur le terrain qui jugent de
la conformité au devis et de la solidité des ouvrages commencés.
Si les malfaçons sont avérées alors on pète tout et le constructeur doit tout refaire à ses frais.

Les malfaçons peuvent être avérées à la fin des Travaux Publics.


-
Elles peuvent venir des devis et des plans
o
L’entrepreneur est alors couvert même si l’ouvrage est moche et tout pourri
comme un film de Christophe Lambert.
-
Elles peuvent être dues à l’entrepreneur

101
o
On vérifie la solidité de l’ouvrage.
 Si les malfaçons n’y nuisent pas alors l’entrepreneur peut être déchargé
de sa responsabilité et l’ouvrage sera reçu.
 Elles peuvent être telles que l’ouvrage ne remplit pas sa destination
publique.
 L’Admin pourrait ordonner la destruction pure et simple
 Reconstruction soit par l’entrepreneur quand on est sympa, soit
par la Folle Enchère.

SECTION IV : LES ADMINISTRES ET LES TRAVAUX PUBLICS

Peuvent être dérangé par des nuisances sonores (marteau piqueur…), par la saleté ou par le
dépôt de matériaux.
L’Admin dit que ces nuisances sont inséparables des Travaux Publics donc pas d’indemnité.
Nuisances normales et il appartient aux administrés de supporter parce que bon c’est quand
même pour eux qu’on construit !!

L’entrepreneur doit se soucier des administrés et les nuisances doivent se limiter au minimum
ou au temps de la réalisation des ouvrages.
Il faut prévoir des aménagements des nuisances et prévenir les administrés qu’il y aura du
bordel.

Mais peut y avoir des atteintes volontaires :


-
Expropriation
-
Extraction des matériaux

Ceci étant l’entrepreneur et l’Admin peuvent porter atteinte involontairement : Donc registre
des dommages de Travaux Publics qui sont anormaux et permanents (opposition avec les
nuisances).
La responsabilité de l’entrepreneur et de l’Admin peut être mise en cause.

I- Les extractions de matériaux

Prérogatives exorbitantes du droit commun qui consiste a prendre dans les propriétés privées
tous les matériaux utiles pour la construction.
Ces prérogatives sont déléguées aux entrepreneurs de Travaux Publics. Ce sont eux qui ont la
charge de se fournir en matériaux pour la réalisation de leur ouvrage.

Ces prérogatives sont signalées mais le roi doit multiplier sa législation sur le sujet au 17ème,
18ème siècle.
En effet à cette période on rencontre beaucoup d’oppositions. Triomphe déjà l’idée
d’individualisme du domaine etc…

Les législations parlent de sables, pierre, cailloux (hiboux, choux…)


Pour le 18ème siècle, on ne peut pas prendre de matériaux dans les propriétés fermées. Toutes
les enceintes des demeures, les terres seigneuriales. De la même façon, un autre aménagement
consiste à envoyer les mecs des ponts et chaussées expertiser les terres pour déterminer
lesquelles feront l’objet des extractions de matériaux.

On prévoie d’indemniser, dans la législation.

102
Au 17ème, indemnisation pour les matériaux pris.
Au 18ème on étend, non seulement aux matériaux pris, mais aussi aux dommages causés.
Indemnité fixée à l’amiable et on veut que l’entrepreneur transige avec le propriétaire. Si
aucun résultat, les textes prévoient une indemnisation à dire d’experts (1 pour chaque partie)

Obligation légale…

Mais pourquoi autant d’oppositions ???


L’Utilité Publique n’est pas formellement avérée. Il n’y a pas d’enquête d’Utilité Publique
pour les extractions. Certes elle est déduite du projet de Travail Public.
De plus, présence de l’entrepreneur, personne privé qui prend les matériaux et qui paye
l’indemnité. Donc il est mal perçu qu’une personne privée porte atteinte à une autre personne
privée.
L’entrepreneur ne peut pas faire appel à la Force publique donc les propriétaires n’hésitent pas
à les dégager !!
Des entrepreneurs sont donc parfois obligés d’abandonner leurs chantiers fautes de
matériaux…

II- Les dommages de Travaux Publics

A- Les dommages causés aux personnes physiques

Les accidents peuvent être causés par les ouvriers et toucher des tiers, des usagers des
ouvrages publics…
Au 18ème, aucune incidence selon la qualité de la personne qui subit l’incident. En revanche,
en cas d’accident, l’administration est saisie par une requête soit de la personne accidentée,
soit par la famille lorsque la personne est violement décédée, écrasée sous une pierre de
taille..
Requête adressée à l’administration qui se finit toujours par une demande en indemnité.

L’administration va mesurer le handicap, les frais médicaux ou le prix de la douleur.


Ensuite on va mater le lien de causalité entre le Travail Public et le dommage.
Enfin, l’Admin va rechercher si il y a eut faute de la part accidentée ou décédée. En principe
quand il y a faute il n’y a pas d’indemnité…c’est bien fait pour toi !!
Mais là on est sympa et pour des considérations d’équité on lui filera un peu de tune…c’est
beau la justice…

Ceci étant, l’administration pourra se retourner contre l’entrepreneur si lui même a commis
une faute ou si le devis comportait une clause de responsabilité.

B- Les dommages causés aux biens immobiliers

Ces dommages sont prévisibles. En effet, dans les devis il est prévu que l’entrepreneur doit
prévenir tout risque de dommage de Travaux Publics.
Par exemple, il doit poser des étais aux maisons voisines. Il devra payer des indemnités en cas
de dommage de Travaux Publics.
En cas de dommages aux biens l’administration sera encore saisit par une requête qui fera état
du dommage subit, de la causalité etc…bref comme avant…

103
Dommage doit être anormal et extraordinaire. Il doit être réel et non pas présumé. Faut avoir
un intérêt personnel à agir. Donc seuls les propriétaires peuvent agir.

Si les conditions sont réunies il faut alors vérifier le lien de causalité : L’administration va
alors encore s’enquérir de l’état des biens before le dommage. Elle va s’enquérir aussi de la
valeur des biens endommagés.
On fixe ensuite l’indemnité.
L’indemnisation est le plus souvent en nature : Elle suppose que l’entrepreneur doit réparer le
dommage.
Si jamais le dommage est tellement catastrophique et qu’in ne peut pas réparer alors
indemnité en argent qui pourra être diminuée de sa valeur si le bien avant les dommages était
vétuste. On supputera que c’est la vétusté qui a provoqué le dommage de Travaux Publics.

Là c’est l’entrepreneur qui va payer.

SECTION V : LA FON DU CONTRAT D’ADJUDICATION

I- Une fin anticipée

Rupture du contrat avant l’achèvement des travaux.


Soit résolution, soit résiliation.

La résolution suppose rétroactivité du contrat. On rompt le contrat d’adjudication et on remet


les choses en l’état. Donc l’entrepreneur devra être indemnisé de toutes les dépenses.
Exemple, en cas de changement de plan.

La résiliation est plus fréquente et vaut pour l’avenir. Elle peut être prononcée en cas de
contentieux avec un entrepreneur, dans l’hypothèse d’une folle enchère.
Résiliation peut être unilatérale, discrétionnaire lorsqu’elle émane de l’administration. Par
exemple, lorsqu’elle a des blêmes financiers.
Ou alors décès de l’entrepreneur…comme le contrat est personnel c’est emmerdant et donc
l’administration résilie.
Les entrepreneurs veulent une indemnité mais l’administration est défavorable à ces
versements. Elle les admet uniquement en cas de contentieux.

A- La procédure de réception

Requise par les entrepreneurs. Ce sont eux, quand ils estiment avoir achevés leur tache, qui
saisissent l’administration.
Une fois saisie, procédure d’expertise.
Les experts sont choisis un par les entrepreneurs et un par l’administration.
procédure publique de réception à savoir que sont présents les entrepreneurs, les représentants
de l’Admin locale, le représentant de l’intendant, organe de tutelle, et toute personne qui y a
intérêt.

Ensuite on se déplace sur les lieux et on va juger de la conformité aux devis et aux plans.
Si tout est conforme alors PV de réception.

104
Si jamais l’ouvrage publique a subit des augmentations :
-
C’est l’administration qui a eut l’idée de ces augmentations.
o
Alors pas de problème, réception
-
Si c’est l’objet d’une fantaisie des entrepreneurs
o
Si les augmentations sont en plein accord avec l’harmonie de l’ouvrage ou si
elles le consolident, l’ouvrage est reçu.
o
Si elles portent préjudices alors on remet en état !!

Si il y a eut des diminutions et bien c’est le même principe. Si elle est acceptée alors
diminution du prix…

B- Les conséquences de la procédure de réception

Entrepreneur exonéré de ses obligations mais la garantie cours au jour de la réception : 10 ans,
voir 15 à 30 pour les gros ouvrages.
Cette garantie vaut pour tous les vices cachés, étant entendus que si la réception a été faite
avec le constat de malfaçon, il sera exonéré des vices de malfaçons.
Par ailleurs il est exonéré pour la Force Majeure.

Elle vaut pour l’entrepreneur ou sa caution.

Le financement des travaux va enfon pouvoir avoir lieu. C’est le prix qu’on a déterminé
pendant la procédure. Il est donc fixe et intangible.
Mais variations possibles si changement de plan, augmentation de l’ouvrage qu’on a
conservé…
Le prix doit aussi tenir compte des payements effectués au fur et à mesure.
Payement que sur arrêt du conseil…

CONCLUSION

L’adjudication est le marché de droit commun pour l’administration.


L’administration a le meilleur entrepreneur qui soit grâce à la publicité.
On veut l’adjudication pour qu’il y ait la fixation du prix ce qui empêcherait les villes de
s’endetter en raison de Travaux Publics. Les administrations paye toujours les adjudicataires
puisqu’elle peut prévoir son budget.

Malgré cela, l’administration locale critique ces adjudications pour la lenteur de la procédure.
En effet, il faut en moyenne un délai de 1 à 2 mois + 6 mois avant d’avoir l’arrêt du conseil.

Les villes préfèrent des marchés de gré à gré :


-
La soumission sur adjudication :
o
Tout commence par des plans et des devis
o
Mais au lieu de mettre en concurrence on laisse un entrepreneur mettre sa
soumission au bas du devis.
-
L’Offre de Concours
o
Fait pour un entrepreneur de se rendre auprès de l’administration et de lui
proposer de réaliser des travaux pour un prix qu’il fixe.
-
Le Marché Négocié
o
L’administration qui va voir un entrepreneur avec un projet de Travaux Publics
et qui négocie les modalités de réalisation et le prix.

105
Ces marchés sont bannis par le Conseil du Roi !!

L’adjudication est critiquée par les entrepreneurs. Ce sont les frais de procédure qui sont trop
élevés. Ils doivent payer les devis, les plans, les architectes, les copies des différents actes, les
huissier, le subdélégué de l’intendant et le contrôleur des ouvrages, les indemnités
d’expropriation, les dommages de Travaux Publics et les extractions de matériaux.

Enfin elle est critiquée par l’opinion publique. Mais critiques essentiellement à la veille de la
révolution et qui portent sur les Ponts et chaussées.
Dans ce domaine, les adjudications sont fictives : On condamne donc les Ponts et Chaussées
et on estime qu’ils sont arbitraires, discrétionnaires.
Pour l’administration des ponts et chaussées, l’adjudication fictive sert à fidéliser les plus
compétent, les plus sérieux des entrepreneurs.

SOUS TITRE II : L’ADJUDICATION A L’EPOQUE CONTEMPORAINE

SECTION I : LES TRAVAUX PUBLICS A LA REVOLUTION

I- Les répartitions des compétences

On doit laisser le domaine des Travaux Publics au domaine de l’exécutif.


Mais en 1789, c’est le culte de la loi ce qui veut dire que le législatif veut intervenir.
Mais spirale de décentralisation…

Ministre de l’intérieur est compétent. Il a pour relais les directoires de district et ceux de
départements.
Les enquêtes d’Utilité Publique doivent faire l’objet d’une loi et être visé par les compétences
législatives. Par ailleurs i faut également l’intervention d’une loi pour permettre le
financement des entrepreneurs et des Travaux Publics.

Pour être bien informé des différents Travaux Publics, le corps législatif va déléguer ses
compétences à des comités qui sont des bureaux de travail. Chaque comité est spécialisé.
Chaque comité va devoir donner son avis.

Un comité par type de travaux (comité des armées, comité du commerce…)


En raison de l’intervention de l’exécutif, du législatif et des comités, on n’a pas de loi
uniforme sur la procédure d’adjudication. Chacun prend ses petites lois, ses ptits arrêtés…

II- Le droit de l’adjudication de l’assemblée nationale constituante (1790) au


directoire (1795-1799)

Il est inchangé.
L’adjudication est toujours le droit commun. Un député a proposé d’introduire dans le mode
contractuel des marchés de grès à grès. Unanimement cette proposition a été rejetée. Le grès à
grès existe pour les opérations d’entretien mais subsiste pour les petites réparations.
Hormis cette pratique l’adjudication triomphe et repose toujours sur des devis et des plans
établis par les Ponts et Chaussées qui aurait pu être supprimé en 1790.

Les détails estimatifs sont rendus obligatoires et publics. Donc on les file aux entrepreneurs.

106
Les adjudications sont ouvertes donc on veut la plus large des concurrences. Cela suppose
donc une très large publicité, à l’échelon du département.
Procédure orale, et on trouve encore le feu des enchères…

On exige toujours la caution afin de garantir les finances de l’administration.

RUINE
BANQUEROUTE !!

Toute l’œuvre du 18ème siècle est réduite à néant. Cela tient aux problèmes de disettes ou de
famines. Et comme les gens décèdent on n’a plus de mains d’œuvre. De plus, crise monétaire.
Donc abandon de chantiers sans qu’on sanctionne les entrepreneurs.
Plus de concurrents, plus personnes ne veut réaliser les marchés.

Sous la convention montagnarde, sous la terreur donc, on réquisitionne de force de la main


d’œuvre : Prisonnier de guerre etc…

Sous le directoire on remet en vigueur les péages et une taxe d’entretien sur les routes.

SECTION II : LE SAUVEUR NAPOLEON !!

Les réformes de l’adjudication et la reprise en main sous l’empire. Ça aurait pu être de Pire
empire…

I- Reprise en main sous l’empire

L’ensemble des travaux repose sur l’empereur. Il examine tous les projets de Travaux Publics,
les agréent, etc…Il permet aussi de les financer.
Il contrôle tout…

Il délègue au préfet qui chaque année doit établir un programme de Travaux Publics qui fait
état des travaux urgents, indispensables, et nécessaires.
Le préfet a le contentieux des Travaux Publics.

Aide des ponts et chaussées : Le service est réorganisé vers plus de discipline et de
compétence. Cela signifie que les ingénieurs ont des obligations de résultats et tout
manquements les exposent à une destitution.

Quid de la procédure ??
La procédure des Marchés de Travaux Publics donne lieu à deux réformes :
-
Arrêté du 19 Ventôse An 11 soit le 10/03/1803
o
Unifie les choses
o
La procédure fixée est écrite et on se débarrasse des formalités orales et du feu
des enchères.
o
2 phases :
 Adjudication préparatoire qui repose sur l’établissement des plans et
des devis.
 Le préfet doit alors apposer des affiches pour permettre la
publicité et la concurrence entre les entrepreneurs.
 Les affiches doivent être apposées 15 jours avant.

107
 Les entrepreneurs peuvent consulter les devis, les plans et le
cahier des charges.
 Ensuite sous pli cacheté ils font leur proposition de prix
(soumission)
 24 heures après la clôture du délai le préfet ouvre les
enveloppes
 Ensuite on fait une liste qui doit tenir compte du sérieux de
l’entrepreneur, de sa solvabilité et du prix.
 Ensuite on vire les autres…
 Adjudication définitive
 Une affiche assure la publicité, laquelle informe des
soumissions faites et des candidats retenus pour se porter
adjudicataires.
 Ils établissent une soumission sous un plis cacheté et c’est le
préfet qui va les regarder puis retenir le meilleur prix qui soit
pour l’exécution du marché.
 Cette procédure plus que le prix laisse l’attribution du marché à
la discrétion du préfet.
-
Circulaire du 30/07/1811
o
Fixe le cahier des charges
 Avant il y a des variations dans les obligations imposées aux
entrepreneurs
o
On veut uniformiser les droits et obligations.
o
Ce cahier fait état de 42 clauses qui révèlent l’extrême rigidité de
l’administration…
o
Les clauses ne sont pas originales :
 Respect des règles de l’art
 Respect des délais
 Fourniture de caution
o
Liste des ouvriers et des matériaux doit être visée.

Donc énorme progrès sous l’empire.


Mais l’adjudication est combattue pour sa lourdeur administrative et pour le rôle du préfet…

II- La réforme de l’adjudication sous la Monarchie de Juillet

Ordonnance du 4/12/1836.
On reprend la publicité, l’extrême rigueur du cahier des charges, les plis cachetés et on
reprend le contrôle de l’administration qui peut statuer par rapport au prix de l’entrepreneur
mais aussi par rapport à sa qualité. Donc cela n’a pas changé.

Mais l’ordonnance prévoie que l’administration peut passer des marchés de gré à gré pour des
travaux de faible importance.
Deuxième élément : On abandonne les adjudications ouvertes pour préférer les adjudications
restreintes.
C'est-à-dire que l’administration ordonne aux entrepreneurs de fournir un certificat de
capacité moyennant quoi ils pourront entrer en concurrence.

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La réforme subsiste jusqu’en 1882 : Décret des 18/20 novembre 1882 qui réforme
l’adjudication. Ce décret maintient l’adjudication comme le marché de droit commun mais il
y a une plus large ouverture des cas de recours au gré à gré.

6 Avril 1942, il y un décret qui réitère le principe d’adjudication pour les marchés de Travaux
Publics.
1970 : En pratique désuétude.
Mais il faut attendre nouveau code des marchés publics de 2001 pour qu’on voit disparaître
l’adjudication.

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