Vous êtes sur la page 1sur 14

2019/2020 Chapitre I : Accouplements d'arbres 1M-MCIL

2018-
1. Nécessité d’une liaison entre deux arbres 2018-
La transmission du mouvement de rotation d’un arbre à un
autre arbre est nécessaire lorsqu’un seul arbre ne peut
remplir les fonctions souhaitées du mécanisme à concevoir.
La jonction des arbres se fera alors par l’organe de
transmission : accouplement élastique, coupleur
hydrocinétique, embrayage, joint mécanique, etc. le mieux
adapté au fonctionnement de l’ensemble.

Contrôle du mouvement : la transmission du mouvement


de rotation n’est pas forcément permanente. La non-
simultanéité des deux mouvements de rotation (un arbre à
l’arrêt pendant que l’autre est en mouvement) impose une
coupure de la ligne d’arbres par un élément permettant ou
non la transmission du mouvement de rotation.

Existence au préalable de deux arbres : la conception


mécanique devient de plus en plus modulaire. L’assemblage
de deux éléments industriels existants nécessite l’adaptation
de l’un à l’autre. Lorsque le mouvement de rotation est
fonctionnel pour les deux éléments, une troisième pièce
industrielle (accouplement) permet l’adaptation de l’un à
l’autre.

Existence d’un mouvement relatif : il est souvent


nécessaire de transmettre le mouvement de rotation à une
Figure 1 - Liaisons entre moteur et récepteur
liaison pivot, elle-même en mouvement par rapport à la
partie motrice. Un organe de transmission permettra les
mouvements relatifs.

2. Rôle d’un accouplement


L’accouplement situé après l’actionneur du mouvement de
rotation transmet celui-ci vers l’effecteur. Dans la chaîne
cinématique du mécanisme à concevoir, il peut avoir les rôles
de transmission de mouvement, de couple et de puissance:

— transmetteur du mouvement de rotation : une


information angulaire à l’entrée du Système est transmise
(déformée ou non) à la sortie de celui-ci ;

Figure 2 - Rôle d’un accouplement


— transmetteur du couple : les vitesses de rotation de part et d’autre de l’accouplement peuvent être
différentes. Par contre, le couple sur l’arbre d’entrée est intégralement restitué sur l’arbre de sortie ;
Exemple
Une machine de forte inertie est entraînée par un moteur électrique asynchrone. Le démarrage lent du
récepteur est autorisé, malgré une vitesse importante du moteur, grâce à un accouplement particulier : le
coupleur hydraulique.

— transmetteur de puissance : la précision sur les différences de vitesse importe peu. Cet élément de
transmission de puissance permet le passage de l’énergie mécanique motrice au récepteur dans les meilleures

1
conditions. La notion de rendement est alors primordiale.
Exemple :
Un accouplement élastique permet la transmission de puissance entre un moteur et un récepteur en limitant les
actions mécaniques induites par un tel montage.

Remarque : dans le cas où la transmission du mouvement n’est pas impérative (cas 2 et 3), le rôle de
l’accouplement peut être dynamique.
En effet, celui-ci judicieusement choisi peut atténuer les effets dynamiques liés aux phases de mouvement :
 transitoires : limitation des actions mécaniques dues aux accélérations de démarrage, de
freinage ou de changement de régime ;
 permanents : diminutions ou filtrations des vibrations, atténuations des résonances, maîtrise
des vitesses critiques.

3. Propriétés d’un accouplement


3.1 Homocinétisme
Un organe de transmission de puissance est dit homocinétique lorsque celui-ci est un transmetteur de
mouvement avec b = a (figure 2), a et b étant respectivement l’angle de rotation de la partie motrice et de la
partie réceptrice.
Cette propriété est nécessaire lorsque :
 l’information angulaire est importante, par exemple lorsque l’accouplement est inséré dans une
boucle d’asservissement ;
 les variations relatives de positions angulaires ainsi que les effets dynamiques induits sont
préjudiciables au fonctionnement nominal du système dans lequel l’accouplement est inséré.
Remarques

 Il existe plusieurs types d’accouplement non homocinétiques :


o les accouplements élastiques, l’angle de rotation relative dépendant du couple transmis ;
o certains joints mécaniques, l’angle de rotation relative dépendant de la configuration
géométrique du joint ;
o les accouplements commandés, l’angle de rotation relative dépendant de l’état de la
commande.

 Certains joints mécaniques (par exemple, le joint de Cardan) ne sont pas homocinétiques.
Néanmoins, ils transmettent la vitesse de rotation moyenne. La vitesse de sortie du joint fluctue
autour de sa vitesse moyenne égale à la vitesse d’entrée.

 Certains accouplements (par exemple, le coupleur hydrodynamique) ne sont pas homocinétiques ;


de plus, ils présentent un glissement, c’est-à-dire que la vitesse moyenne de sortie est différente de la
vitesse d’entrée. C’est aussi le cas des embrayages pendant leur période de patinage.

3.2 Possibilités de mouvements relatifs


Les accouplements présentent quelquefois
des possibilités de mouvements relatifs
secondaires. Ceux-ci peuvent être de natures
différentes (figure 3 ) :
 mouvement axial ;
 mouvement radial ;
 mouvement angulaire.

Figure 3 - Mouvements relatifs


dans un accouplement

2

Une combinaison de ces mouvements est parfois possible. Les accouplements dont les mouvements
relatifs existent, mais restent de faibles amplitudes, servent d’organes de transmission pour une
ligne d’arbres présentant des défauts d’alignement.
Les joints permettant les mouvements relatifs significatifs sont utilisés lorsque ces mouvements sont
fonctionnels. En effet, l’accouplement de deux arbres dans ce cas de figure devient nettement plus onéreux
que dans le cas précédent.

Remarque : dans tous les cas, on veillera à ce que l’assemblage de la ligne d’arbres à l’aide de
l’accouplement se fasse de façon isostatique. En effet, un tel montage protège les liaisons des chargements
induits par les défauts géométriques de la ligne d’arbres. Ces défauts ont pour nature :
 le chargement des arbres qui les déforme ;
 les variations dimensionnelles liées aux variations thermiques ;
 les défauts d’alignement.

Si ces derniers défauts peuvent être limités par des considérations de précision géométrique (réglages ou
cotation fonctionnelle), les deux premiers points sont incontournables et justifient un montage isostatique
des arbres à relier. Néanmoins, il existe des cas où il est nécessaire de lier deux arbres de façon absolument
rigide.
3.3 Accouplement, organe de commande
L’accouplement peut servir d’organe de commande ; il peut transmettre ou non le mouvement avec
progressivité en utilisant principalement :
 le frottement ou l’adhérence, on appelle alors cet organe « embrayage » ;
 les effets hydrodynamiques d’un fluide mis en mouvement, on appelle alors cet organe « coupleur »
ou « convertisseur de couple ».
Lorsque la progressivité n’est pas nécessaire, une transmission de puissance par obstacles escamotables
permet la liaison ou non des deux arbres en rotation. On appelle ce type d’organe « crabot ». On les retrouve,
par exemple, dans les boîtes de vitesses de machine-outil.
Une classification de ces précédents éléments peut aussi se faire par la nature de la commande, provoquant
la modification de l’état fonctionnel de l’organe de transmission de puissance.
Commande externe
Une information extérieure (mécanique, hydraulique, pneumatique ou électrique) permet de piloter l’état de
l’accouplement.
Commande automatique
Un phénomène physique, mesuré au sein de l’accouplement, modifie l’état du système. Les réalisations sont
variées :
 commande par le couple transmissible : limiteur de couple, accouplement de sécurité ;
 commande par la vitesse absolue d’un arbre : embrayage centrifuge ;
 commande par la vitesse relative des deux arbres : coupleur, convertisseur de couple ;
 commande par la température de fonctionnement : accouplement de sécurité ;
 commande par le sens de rotation : antidévireur.
4. Critères de choix
L’organigramme suivant permet de cerner
la famille d’accouplements pouvant aider
à résoudre tel ou tel problème. Le lecteur
se reportera aux articles spécialisés dans
ce traité pour chacun des types donnés.
Des associations de plusieurs accouplements
sont possibles. L’exemple de la figure 4 illustre
une telle association.

3 Figure 4 - Exemple d’association d’accouplements


Remarque :
Si les fonctions, statique et cinématique sont liées, les autres fonctions restent indépendantes.

Accouplements élastiques

4
1. Fonctions
Différentes fonctions de l’accouplement peuvent être utilisées dans un même montage:
- fonction statique ;
- fonction cinématique ;
- fonction dynamique ;
- fonction montage et démontage ;
- fonction sécurité ;
Si les fonctions statique et cinématique sont liées, les autres fonctions restent indépendantes autres.
1.1 Fonction statique
Les arbres à assembler par un accouplement sont les arbres de machines autonomes. Le guidage de
ceux-ci dans les bâtis respectifs est assuré grâce à des liaisons pivots internes aux appareils (figure 1 ).
L’accouplement, s’il représentait une liaison complète et rigide entre les arbres, engendrerait une hyperstaticité
mécanique du système.
Aux actions nominales dans les liaisons se superposent alors les actions mécaniques internes
générées par :
 les défauts d’alignement du montage ;
 les déformations des arbres et des liaisons pendant le fonctionnement sous charge ;
 les modifications dimensionnelles liées aux évolutions thermiques.

Figure 1 -Figure
Situation d’un
3 - Mouvements
accouplement
relatifs à autoriser dans
un accouplement

Afin de minimiser ces2 -actions


Figure Actionsdans les arbres et dans les liaisons (pour améliorer la durée de vie du
mécaniques
montage), il est nécessaire que l’accouplement transmette le moment de torsion (couple sur l’arbre
dans la section d’un arbre proche
moteur ou récepteur) en limitant les autres actions mécaniques (figure 2 ).
de petits
Il convient donc que de l’accouplement
mouvements soient rendus possibles dans l’accouplement afin de garantir un
montage isostatique du récepteur et du moteur (figure 3 ).

Afin de minimiser ces actions dans les arbres et dans les liaisons (pour améliorer la durée de vie du montage), il est
nécessaire que l’accouplement transmette le moment de torsion (couple sur l’arbre moteur ou récepteur) en limitant
les autres actions mécaniques
Il convient donc que de petits mouvements soient rendus possibles dans l’accouplement afin de
garantir un montage isostatique du récepteur et du moteur (figure 3 ).
Remarque : la plupart des accouplements autorisent lngulaires ; le déplacement radial est insignifiant.
Une combinaison de deux accouplements permet la transformation du mouvement angulaire en
mouvement radial. La longueur de l’arbre intermédiaire conditionne alors directement les déplacements
radiaux (figure 4).

Figure 3 - Mouvements relatifs à autoriser dans un


accouplement

Remarque : la plupart des accouplements autorisent les déplacements axiaux et angulaires ;le déplacement radia
est insignifiant. Une combinaison de deux accouplements permet la transformation du mouvement angulaire en
5
mouvement angulaire en mouvement radial.la longueur de l’arbre intermédiaire conditionne alors directement les
déplacements radiaux (figure 4)
Figure 4 - Combinaison de deux
accouplements afin de favoriser
le déplacement radial

1.2 Fo

Les arbres de transmission, généralement conçus en acier, sont des organes élastiques faiblement amortis,
déformations peuvent être suffisamment grandes pour gêner le fonctionnement normal, voire provoqu
la rupture des pièces dans un mécanisme.

1.3 Fonction dynamique

Figure 5 - Première vitesse critique


de torsion d’un arbre à deux
volants d’inertie

*Dans le cas du montage d’un accouplement les liaisons permettent de limiter les effets de flexion ; le rôle de
l’accouplement A est essentiellement une des effets des vibrations de torsion dans les arbres en localisant les
déformations dans l’accouplement (figure6)
Dans

Figure 6 - Localisation des


déformations dynamiques de torsion dans
l’accouplement

6
Les arbres de transmission, généralement conçus en acier, sont des organes élastiques faiblement amortis. Le
déformées peuvent être suffisamment grandes pour gêner le fonctionnement normal, voire provoquer la rupture de
pièces dans un mécanisme. Un accouplement judicieusement inséré dans la ligne d’arbres (figure 7 ) permet :

Figure 7 - Effets de la présence d’un


accouplement sur les vibrations de torsion
d’une ligne d’arbres.

 de diminuer le régime où se produit la première vitesse critique de torsion par réduction de la rigidité de torsion d
montage ;
 d’absorber l’énergie des déformations vibratoires par dissipation dans l’accouplement (amortissement de l’amplitud
vibratoire).

1.4 Fonction montage et démontage

Certains accouplements permettent de désolidariser le moteur du récepteur pour des périodes occasionnelle
(maintenance). Ils sont alors tout particulièrement choisis pour leur facilité de désaccouplement. Un exemple est donn
sur la figure 8 .

Figure 8 - Exemple d’accouplement facilitant le montage et le démontage : accouplement


Pneumabloc (doc. Colmant Cuvelier)

1.5 Fonction sécurité


Lorsqu’une installation doit être sauvegardée à partir d’un certain couple jugé comme étant la limite
à ne pas dépasser, il est judicieux d’y interposer un accouplement à seuil, ne transmettant la

7
puissance que sous les conditions limites définies au préalable.
Lorsque le couple limite est atteint, deux cas de figures existent :

le couple est constant et n’évolue pas ; par contre, l’accouplement permet un glissement relatif (vitesse de l’arbr
mené inférieure à la vitesse de l’arbre menant). Le retour à un fonctionnement normal (sous le couple limite) perme
une transmission homocinétique du mouvement ;


une action irréversible provoque l’arrêt de la partie menée (rupture d’un élément, commande électrique, etc.). Un
maintenance est alors nécessaire pour relancer le système.

1.6 Fonction progressivité

Lorsqu’une installation doit être sauvegardée à partir d’un certain couple jugé comme étant la limite à
ne pas dépasser ,il est judicieux d’y interposer un accouplement à seuil ,ne transmettant la puissance
que sous les conditions limites définies au préalable ,

Lorsque le couple limite est atteint, deux cas de figures existent :

*le couple est constant et n’évolue pas; pas contre, l’accouplement permet un glissement relatif(vitesse
de l’arbre mené inférieure à la vitesse de l’arbre menant).le retour à un fonctionnement normal (sous
le couple limite) permet une transmission homocinétique du mouvement

*une action irréversible provoque l’arrêt de la partie menée (rupture d’un élément, commande
électrique,.. etc), une maintenance est alors nécessaire pour relancer le système

Pour démarrer des récepteurs de forte inertie, il est nécessaire de disposer d’un couple élevé à bas régime (mêm
phénomène à l’arrêt du récepteur).
Beaucoup de moteurs ne délivrent pas de couple à régime faible. Un accouplement progressif peut permettr
néanmoins l’adaptation du moteur au récepteur. L’accouplement s’appelle alors embrayage ou coupleur ; il es
commandé par le couple, la vitesse de rotation ou par une intervention extérieure.

1-Accouplements élastiques
2. Constitution générale
2.1 Accouplement
Les accouplements sont généralement composés de
trois pièces fonctionnelles, plus éventuellement d’un
carter de protection (figure 9 ).

Figure 9 - Constitution générale d’un


accouplement

Les flasques (ou manchons) 1 et 2 (figure 9) permettent de transformer un défaut relatif de position
angulaire en un déplacement (par éloignement de zones actives de l’axe de rotation) ; ils sont liés aux arbres
de façon complète (sans mouvement relatif possible).

Les éléments élastiques 3 (figure 9) supportent les déformations. Ils assurent les déformations de l’ensemble,
la rigidité torsionnelle et absorbent de l’énergie lors des mouvements relatifs des flasques (par frottements
internes aux matériaux ou par frottements sur les flasques se transformant en échauffement). Ce sont les
éléments fonctionnels de l’accouplement. L’élasticité de ces éléments est conditionnée par la nature du

8
matériau employé ainsi que par le mode de déformation choisi de ce matériau.

Les combinaisons (matériau-sollicitations) sont variées. Elles permettent la définition d’une gamme de
produits couvrant pratiquement tous les besoins industriels.

Une protection 4 (figure 9 ) peut éventuellement assurer :

 le maintien d’un lubrifiant éventuel dans l’accouplement ;


 la propreté des surfaces fonctionnelles ;
 la sécurité (éviter les formes saillantes en rotation).

2.2 Éléments élastiques

Les éléments élastiques sont constitués d’un matériau particulièrement adapté à la sollicitation employée
dans la transmission de puissance ; il s’agit d’élastomères, de matériaux métalliques ou de plastomères.

2.2.1 Élastomères

Leur comportement mécanique permet une utilisation en compression, en traction ou en cisaillement. Les
petits mouvements accessoires sont alors généralement autorisés par une déformation de flexion.

La nature exacte du matériau dépend de chaque fabricant. On trouve néanmoins le plus souvent :

 le caoutchouc naturel ;
 le Néoprène (résistance aux huiles, à l’ozone, aux intempéries, ambiance admise de – 40 à + 100 o C) ;
 les élastomères de polyuréthane (caractéristiques mécaniques élevées) ;
 les élastomères fluorocarbonés (par exemple, Viton de – 70 à + 250 o C).

Remarque : les matériaux de base sont quelquefois renforcés par une trame (coton, verre, aramide, acier).
Le matériau est alors rigidifié et renforcé dans la direction du fibrage ; il conserve des propriétés élastiques
dans les directions perpendiculaires (figure 10).

2.2.2 Matériaux métalliques


Les pièces métalliques déformables des accouplements
sont très sollicitées à la fatigue. Les matériaux constituants
sont les mêmes que pour les ressorts.
On peut citer :

 XC 85 R utilisation courante ;
 55 S 7 utilisation courante ;
 Z 10 CN 18 bonne tenue à la corrosion ;
 Z 30 WC W pour des températures élevées (jusqu’à 500 o C); Figure 10 - Modification de l’élasticité d’un
 35 NCD 16 pour des températures faibles (jusqu’à – 100 C) ;
o
élastomère par un renfort fibré
 NU 30 pour des atmosphères très corrosives ;
 U Be 2,3 bonne tenue à la corrosion, absence d’étincelles aux chocs.

L’emploi des matériaux inoxydables se généralise. La corrosion diminue rapidement les performances des
pièces déformables, car elles sont généralement de faible épaisseur.

2.2.3 Plastomères

Leur rigidité est intermédiaire entre celle des élastomères et celle des matériaux métalliques. Comme dans
l’ensemble de l’industrie mécanique, leur emploi prend un essor significatif.

9
Exemples de matériaux employés

Matériau Module d’élasticité Résistance à la traction Température limite


(MPa) (MPa) d’utilisation (o C)
Polyacétal 3 300 70 120
Polymères fluorés 2 000 55 150
Polyimide 3 200 74 250
2.2.4 Modification de la rigidité avec le chargement
Certains accouplements permettent d’adapter la rigidité des éléments déformables au couple transmis.
L’intérêt est de modifier le comportement dynamique de la ligne d’arbres en fonction des périodes
d’utilisation en charge ou non. À titre d’exemple, deux principes sont schématisés sur la figure 11 :

Figure 11 - Exemples de rigidité évoluant avec le chargement


 avec élastomère en compression : la déformation sous charge des éléments augmente les surfaces
de contact des éléments déformables. Il y a donc augmentation de la rigidité avec le chargement ;
 avec acier en flexion : la flèche des languettes déformables (poutre métallique sollicitée en flexion,
exemple figure 12 ) modifie la longueur libre. La rigidité (inversement proportionnelle à la longueur libre au
cube) augmente alors rapidement avec le couple transmis.

Figure 12 - Utilisation de la flexion du ruban pour assurer la rigidité


torsionnelle : accouplement Flexacier (doc. Citroën)

10
3. Problèmes dynamiques

Le comportement dynamique d’une ligne d’arbres est fondamentalement conditionné par l’accouplement. Un
mauvais choix peut entraîner des vibrations de torsion provoquant la ruine de la ligne d’arbres (rupture de
l’accouplement ou d’un arbre). La détermination d’un accouplement passe impérativement par l’analyse de ce
phénomène.

2-Joints de cardan

1. Problèmes techniques
La situation technique (figure 1 a ) est la suivante : un arbre menant S 1 , lié au bâti ou carter S 0 par une
liaison pivot d’axe D 10 , doit entraîner un arbre mené S 2 lui-même lié à S 0 par une liaison pivot d’axe D 20 .
On est dans la situation simple où D 10 et D 20 sont concourants, donc contenus dans le plan de brisure, mais
non alignés d’un angle de brisure a .

Figure 1 - Joint de cardan : situation technique

Le joint de cardan comprend deux pièces , montées rigidement sur S 1 et S 2 , et une pièce
intermédiaire S 3 telle que la liaison (S 3 , S 1 ) soit une liaison pivot (ou liaison pivot glissant ) d’axe D 13
généralement perpendiculaire à D 10 , une même liaison d’axe D 23 généralement perpendiculaire à D 20
intervenant entre S 2 et S 3 ; souvent D 23 et D 13 sont perpendiculaires.

2. Étude cinématique

11
2.1 Rotation
Appelons q 1 et q 2 les angles de rotation, respectivement de S 1 et de S 2 .
Le schéma cinématique de la situation décrite précédemment est représenté sur la figure 1 b . Nous allons,

après avoir exprimé les composantes des unitaires , exploiter leur perpendicularité :

d’où

Or

Donc ; sin q 1 cos q 2 cos a – cos q 1 sin q 2 = 0 (1)

tan q 1 cos a = tan q 2 (2)

Ayant multiplié (1) par 2, on peut écrire :


[sin(q 2 + q 1 ) – sin(q 2 – q 1 )] cos a – sin(q 2 – q 1 ) – sin(q 2 + q 1 ) = 0

d’où

Posons e = q 2 – q 1

De cette relation implicite, on trace la figure 2 qui représente l’évolution e = q 2 – q 1 en fonction de q 1 , pour

différentes valeurs de a ; e s’annule pour quelle que soit la valeur de a .

Figure 2 - Évolution de en fonction de


Le maximum d’avance (ou de retard) est donné par :

12
Pratiquement jusqu’à a = 25o on peut utiliser la formule :

a étant exprimé en degrés d’angle et e M en minutes d’angle.


Ainsi pour a = 6o , la variation n’excède pas 9’, en avance et en retard, ce qui est de l’ordre de grandeur des jeux
existant dans ce genre de mécanismes. Bien entendu, lorsque l’arbre S 1 a fait un quart de tour, à partir de q 1
= k p /2, l’arbre S 2 l’a fait également.

2.2 Vitesses angulaires


La dérivation de la relation (2) donne :
(1 + tan2 q 1 )w 10 cosa = (1 + tan2 q 2 ) w 20 Soit :

(3)

Un joint de cardan n’est donc pas homocinétique puisque, à part pour a = 0, le rapport w 20 /w 10 est différent
de 1, sauf pour les valeurs particulières de q 1 à savoir :

La figure 3 a représente l’évolution de w 20 /w 10 en fonction de q 1 , pour différentes valeurs de l’angle de

brisure a ; on trouve et cosa comme maximum et minimum, lorsque et k p


respectivement.

Figure 3 - Évolution, en fonction de et de (avec constant)

13
À noter qu’une non-perpendicularité volontaire des pivots D 13 et D 23 , entre eux ou par rapport aux pivots D 10
et D 20 , dissymétrise les relations trouvées ci-dessus, mais en en accentuant rapidement l’intervalle entre les
valeurs maximales. Cependant, si cette non-perpendicularité est faible (2 à 3o par exemple) les surperturbations
sont infimes (ce qui permet d’éviter de contrôler cette perpendicularité au cours de la fabrication des joints de
cardan).

2.3 Accélération angulaire

Dans l’hypothèse où w 10 est constant, en supposant le joint de raideur infinie (non déformable), on obtient
(figure 3 b) :

(4)

Cette fonction, qui s’annule pour , peut s’écrire :

Si a est faible (6o dans l’exemple pris ci-dessus), alors cos a , voire cos2 a » 1 et la fraction devient :

; donc l’accélération maximale g 20 s’écrit :

14