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Université Mohammed Premier

Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales

Oujda

Les défaillances du marché

Encadré par : Réaliser par :

ELOUDRI Abdelkader NAJJI Mohammed

SMAILI Hasan

TALHA Abdeljabbar

MOUHSINE Said
Sommaire
I. INTRODUCTION ......................................................................................................................................................................................................................... 3
II. Le monopole naturel ................................................................................................................................................................................................................. 5
A. Présentation du monopole naturel ....................................................................................................................................................................................... 5
B. L’intervention de l’Etat en cas du monopole naturel............................................................................................................................................................ 5
III. Les Externalités...................................................................................................................................................................................................................... 5
A. Les externalités ou effets externes ....................................................................................................................................................................................... 5
B. Intervention de l’État pour atténuer les conséquences des externalités ............................................................................................................................. 7
IV. Les biens collectifs ................................................................................................................................................................................................................. 8
A. Les critères et typologie des biens ........................................................................................................................................................................................ 8
B. L’Etat comme producteur des biens publics ....................................................................................................................................................................... 10
V. L’asymétrie d’information ....................................................................................................................................................................................................... 12
A. L’anti sélection et l’aléa moral ............................................................................................................................................................................................ 12
a) Le risque d’aléa moral ................................................................................................................................................................................................... 14
b) Le salaire d’efficience ...................................................................................................................................................................................................... 15
c) La théorie des signaux de M. Spence .............................................................................................................................................................................. 15
B. Les solutions pour luter contre l’asymétrie d’information. ................................................................................................................................................ 15
VI. CONCLUSION ....................................................................................................................................................................................................................... 18
VII. Bibliographie........................................................................................................................................................................................................................ 19

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I. INTRODUCTION
Au sens économique, le marché désigne l’ensemble des mécanismes assurant la rencontre d’une offre et
d’une demande pour aboutir à la détermination du prix auquel se réalisent les échanges (achats et ventes).
Le marché constitue l’une des modalités possibles de la coordination des décisions individuelles. Les prix de
marché sont des informations à partir desquelles les agents économiques (producteurs et consommateurs)
déterminent leurs choix et font évoluer leurs comportements. Dans la période contemporaine, c’est la
théorie néo-classique qui a apporté la contribution la plus abondante à l’analyse du marché. Pour ce
courant, dans les conditions de la concurrence, le marché assure une allocation efficiente des ressources
et conduit spontanément l’économie à une situation d’équilibre stable. Cependant, l’analyse néo-
classique ne se limite pas à l’étude du modèle de concurrence parfaite. Aujourd’hui, l’essentiel des
travaux de ce courant d’analyse repose sur des modèles en concurrence imparfaite. On peut définir cette
dernière comme une situation dans laquelle une ou plusieurs des conditions de la concurrence parfaite ne
sont pas réunies. Pour les néo-classiques, les interventions économiques de l’État sont légitimes si elles
permettent d’améliorer le bien-être collectif. On peut distinguer deux cas de figure : soit l’économie est
proche d’une situation concurrentielle, qui assure une utilisation optimale des ressources, et le rôle de
l’État est alors de faire tendre l’économie vers cette situation, en instaurant par exemple des lois anti-trust
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ou en imposant des réglementations visant à garantir une information libre et gratuite. Soit il existe des
défaillances du marché, c’est-à-dire des situations dans laquelle les mécanismes de marché ne permettent
pas d’attendre une efficacité optimale. Dans ces cas on se retrouve face à un système de marché
incomplets, il ya une rupture de la correspondance entre équilibre de marché et optimum de PARETO.

La notion d’optimum a été définie par V. Pareto, pour qui une situation est optimale lorsqu’on ne peut
pas améliorer la situation d’un individu sans détériorer celle d’au moins un autre individu dans une
proportion égale ou supérieure.

Problématique

Quelle sont les défaillances du marché ? et qu'elle est le rôle de l'Etat face à ces
défaillances ?

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II. Le monopole naturel

A. Présentation du monopole naturel


Une situation de monopole classique est le monopole naturel : une entreprise qui, du fait de ses rendements fortement croissants, se retrouve naturellement
sans concurrents. C’est par exemple le cas dans des activités qui exigent un important investissement de départ (comme dans les services publics en réseaux) ;
alors, l’entreprise se retrouve rapidement en situation de monopole en excluant tous les autres producteurs, car la production du service coûte d’autant moins
cher à l’unité qu’il est produit en grandes quantités (entraînant ainsi des baisses de prix). Les coûts fixes sont très importants compte tenu de la taille du marché
(infrastructures, entretien du réseau, recherche...) et ne peuvent être amortis s’il existe plus d’une entreprise. Ensuite, lorsqu’elle se retrouve en situation de
monopole naturel, l’entreprise peut fixer ses prix comme elle l’entend, ce qui peut justifier un contrôle de la part des pouvoirs publics.

B. L’intervention de l’Etat en cas du monopole naturel


L’existence d’économies d’échelle importantes, aboutissant à la constitution d’un monopole naturel, un seul producteur étant plus efficace que plusieurs. L’État
peut alors procéder à la nationalisation de l’entreprise en question, qui permet de fixer le prix à un niveau socialement efficace. L’État peut contraindre
l’entreprise nationalisée à vendre par exemple au coût marginal .Pour L. Walras (1834-1910), « L’État peut et doit intervenir dans les industries de chemin de fer
et à un double titre :
1) parce que le service des chemins de fer, en ce qui concerne le transport des services ou des produits d’intérêt public, est lui-même un service public.
2) Parce que le service des chemins de fer, en ce qui concerne le transport des services ou produits d’intérêt privé, est un monopole naturel et nécessaire qui,
par conséquent, doit être érigé en monopole d’État économique ».

III. Les Externalités.

A. Les externalités ou effets externes


Définie par A. C. Pigou, la notion d’externalité ou d’effets externes désigne la situation dans laquelle l’activité d’un agent économique a des conséquences sur
le bien-être d’autres agents qui ne donnent pas lieu à une compensation monétaire.

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On distingue deux types d’externalités :
Les effets externes positifs : c’est quand l’activité d’un agent a des conséquences qui profitent gratuitement aux autres agents.
Un exemple développé par l’économiste James Meade est celui de l’apiculteur et de l’arboriculteur : l’apiculteur profite des arbres plantés par l’arboriculteur et
obtient un miel de meilleure qualité gratuitement, tandis que l’arboriculteur profite des abeilles de l’apiculteur qui pollinisent ses arbres sans avoir à payer pour
cela. Chacun bénéficie de l’activité économique de l’autre sans que cet impact fasse l’objet d’un paiement : il y a externalité positive dans les deux sens.

En cas d’externalités positives, le bénéfice social est supérieur au bénéfice privé et le marché conduit à une sous-production des biens.
Les effets externes négatifs : souvent plus nombreux et coûteux pour ceux qui les subissent.

Exemple : une entreprise chimique qui déverserait ses déchets dans le cours d'une rivière. Pour l'entreprise, le coût privé de traitement des déchets serait alors
nul. Pour les habitants en aval, alimentés en eau potable à partir d'une captation dans la rivière, le coût social est, en revanche, élevé : si l'ingestion de l'eau
provoque des allergies,
maladies, empoisonnements, etc., il faudra se soigner (ce qui est coûteux au sens pécuniaire du terme) et/ou perdre quelques années de vie en bonne santé
(ce qui est coûteux au sens d'une perte d'opportunités).

L’entreprise ne prend pas en compte de la pollution qu’elle génère : son coût marginal privé est plus faible que son coût marginal social (coût marginal privé +
coûts de pollution). Elle produit Q1 qui est trop élevée par rapport à l’optimum, la quantité optimale étant Q2 qui correspond au coût marginal social.

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Figure 1 – Coût marginal privé et coût marginal social

Source : CATHERINE FENET, ISABELLE WAQUET, ALAIN COMBES, PHILIPPE DALPRA, Jean-Yves DELER. ECE 1 ET 2 - Economie, Sociologie, Histoire
du monde contemporain, Economie approfondie, Dunod, 2016, p642

B. Intervention de l’État pour atténuer les conséquences des externalités


 Dans le cas d’externalités positives, l’État verse une subvention ou accorde une exonération pour modifier les comportements des agents en les
incitants à développer des activités accroissant le bien-être de tous. Ainsi l’État peut aider au financement des dépenses de recherche et développement qui
profitent à tous en renforçant les droits de propriété intellectuelle (mise en place de brevets).
 Dans le cas d’externalités négatives, les néo-classique considère considèrent que l’État doit internaliser l’effet externe au moyen d’une taxe, Cette
taxe est dite pigouvienne, en référence au grand économiste Arthur C. Pigou. On parle aussi parfois, de manière plus équivoque, de taxe « pollueur-payeur »
ou d'éco-taxe. . Une telle taxe doit être fixée à un niveau permettant de faire coïncider le coût supporté par l'entreprise
 incriminée (coût privé +taxe) et le coût social. Plus précisément, ce sont les coûts marginaux, privé et social, qui sont en jeu. On appelle taxe
pigouvienne une taxe égale à l'écart entre le coût marginal privé et le coût marginal social de l'activité productive. Cette taxe permet, en théorie, de restaurer
l'efficacité sociale. Une manière moins extrême d'envisager cette solution pigouvienne est de supposer que, face à la menace de la taxe, l'entreprise va investir
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dans des activités de dépollution ou de traitement des déchets. Dès lors, son coût marginal privé augmente (puisqu'il est désormais égal à la somme du coût
marginal de production et du coût marginal de dépollution) et se rapproche du coût marginal social. Ainsi la taxe diminue et peut même devenir nul si les deux
coûts marginaux coïncident.
Un autre dispositif permet, en théorie, de corriger les effets indésirables des externalités : ce sont les permis d'émission négociables, plus couramment
dénommés « droits à polluer », on parle de la « Théorème de Coase», L'idée centrale, développée par Ronald Coase, est que le dysfonctionnement auquel
on assiste est dû à une mauvaise allocation des droits de propriété sur les différentes « ressources ». Dans la logique Coasienne,l'inefficacité sociale engendrée
par la présence d'externalités peut disparaître si les déférents acteurs peuvent acheter et vendre les droits à polluer (l'air, l'eau, etc.) sur un marché :
spontanément, et quelle que soit la répartition initiale des droits de propriété entre les pollueurs et les pollués, le libre jeu du marché (où les acheteurs achètent
librement et les vendeurs vendent librement) devrait conduire à une allocation des ressources pour laquelle sera restaurée l'efficacité sociale.
Notons, bien sûr, que l'optimum de Pareto atteint différera selon la position des dotations initiales. Il ne s'agit là que de juger du cheminement vers l'efficacité
parétienne (et non vers une allocation « juste » ou équitable des ressources). Si les droits à polluer sont initialement alloués aux consommateurs (aux « pollués
» pour schématiser),les firmes qui désirent émettre des tonnes de co2 devront leur acheter ces droits : si, en début de période, les firmes sont désireuses
d'émettre globalement plus que le total des émissions disponibles (demande de droits à polluer supérieure à l'offre), les prix des permis augmentent et seules
les firmes dont les disponibilités maximales à payer sont les plus élevées (car proportionnelles aux perspectives de profitabilité associées à l'activité productive)
parviennent à se doter des droits. Une solution alternative pour les firmes est d'investir dans des technologies moins polluantes ou dépolluantes, puisque, au
regard du prix élevé des permis, ces solutions deviennent économiquement opportunes.

IV. Les biens collectifs

A. Les critères et typologie des biens


Certains biens présentent des particularités telles que le marché est incapable de les produire, faute d’offre ou de demande. Les biens sont classés en fonction
de deux critères : la rivalité et l’excluabilité.

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Un bien est rival lorsque sa consommation par une personne empêche sa consommation par une autre personne. Il est non rival dans le cas inverse.
Un bien est excluable lorsque l’accès au bien peut être rendu payant. À l’inverse, il est non-excluable lorsque l’accès ne peut pas être contrôlé par un
prix.
Ces deux critères permettent de définir quatre types de biens :
 Les biens privatifs : ce sont des biens rivaux et qui vérifient le principe d’exclusion ; par exemple les produits alimentaire.
 Les biens collectifs: ce sont des biens non-rivaux et qui ne vérifient pas le principe d’exclusion ; La défense nationale est par exemple un service
rendu à la collectivité qui n’est pas rival, au sens où la protection assurée à un citoyen par l’armée n’en prive pas les autres. De même, la défense nationale
est un service non-excluable, car on ne peut discriminer entre ceux qui ne souhaitent pas être protégés et ceux qui le souhaitent par un système de prix, soit le
service est fourni à tous, soit à aucun.
 Les biens communs : ce sont des biens rivaux mais qui ne vérifient pas le principe d’exclusion ; Il s’agit souvent de ressources disponibles en
quantité limitée, dont l’accès est difficilement contrôlable par un mécanisme marchand. Par exemple, un ban de poissons est rival puisque la ressource peut se
tarir, mais il s’avère difficilement excluable car l’accès à la ressource est libre en haute mer.
 Les biens de club : ce sont des biens non-rivaux et qui vérifient le principe d’exclusion. Une chaîne de télévision cryptée par exemple est non rivale, au
sens où un consommateur supplémentaire ne réduit pas le service disponible pour les autres. En revanche, on ne peut accéder à ses programmes qu’à
condition de payer une redevance.

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Tableau 1 – Excluabilité et rivalité

Excluabilité Non-excluabilité
Rivalité
(ou divisibilité) Biens privatifs Biens communs

Ex. : produits alimentaires Ex. : ban de poissons réserves


forestières
Non-rivalité Biens de club Biens collectifs purs (ou biens
(ou indivisibilité) publics)
Ex. : programme de
Ex. : défense nationale
télévision crypté
autoroute à péages

B. L’Etat comme producteur des biens publics


L’Etat doit intervenir et financer la production des bien ou servis collectifs (ou publics), et cette production publique peut se faire sous deux forme possible :
 Une forme interne : l’État s’appuie sur les fonctionnaires pour produire ce bien ou ce service public(les militaires pour la Défense, les instituteurs pour
l’Éducation nationale, les enseignants-chercheurs pour l’université, etc.) ;
 Une forme externe : Certains biens collectifs peuvent être produits par une entreprise privée, l’État confiant à cette dernière ce que l’on appelle en droit
français une délégation de service public (DSP). Ce modèle donne à l’entreprise, désignée comme délégataire, le monopole de la production du bien sur un
territoire donné et pour une période définie. Mais en contrepartie, l’entreprise doit respecter un cahier des charges imposé par l’État qui détermine le prix et les
caractéristiques du bien à fournir. C’est par exemple le cas de la production et de l’exploitation de certains biens caractérisés par des coûts fixes élevés
comme les autoroutes à péage, les barrages, etc.

On explique le phénomène de la fourniture des biens collectifs par l’Etat ou d’une collectivité locale par le comportement dits << passager clandestin >>, c’est-
à-dire qu’un individu peut bénéficier d’un bien (ou d’un service) public sans en avoir acquitté le prix.

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Exemple : Supposons qu'il y ait 300 000 habitants dans une ville et que le coût annuel de l'éclairage public soit de 299 999 DIRHAMS. Chacun se dit que la
contribution de tous les autres habitants à hauteur de l DH va suffire à financer ce service et qu'il n'est donc pas nécessaire de contribuer soi-même. Comme
chacun fait le même raisonnement, les recettes de nature à financer la fourniture d'éclairage public, sur la base de contributions volontaires, sont donc nulles et
il y a une « sous fourniture » du bien. Dans ce cas, seule la production publique, assurée par l’État, apparaît comme la meilleure solution à mettre en place. En
effet, seul l’État et, d’une manière générale, les administrations publiques (APU) peuvent produire des biens (ou des services) publics car ils ont le pouvoir de
prélever l’impôt qui finance le bien public. Or l’impôt est censé être prélevé sur tous les contribuables.

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V. L’asymétrie d’information
Le modèle de concurrence pure et parfaite est basé sur l’hypothèse selon laquelle tous les agents disposent de l’information nécessaire à leurs
décisions sans aucun coût, ils connaissent parfaitement les caractéristiques des transactions sur le marché. Que se passe-t-il quand cette
condition n’est pas vérifiée ? Une asymétrie d’information désigne une situation où l’information n’est pas distribuée de façon uniforme entre
les parties prenantes. Par exemple, un banquier cherche à vendre un produit financier à un client qui en connaît mal les contours. Le banquier
en sait plus sur le produit que l’acheteur potentiel. Les marchés fonctionnent-ils toujours efficacement quand il existe des asymétries
d’information entre vendeurs et acheteurs ?

A. L’anti sélection et l’aléa moral


La sélection adverse est une asymétrie d’information qui se déclare au moment de la signature du contrat, certains acteurs connaissant mieux
les caractéristiques des biens échangés. Les acheteurs n’ont pas la possibilité de connaître la qualité des biens qu’ils achètent, quant aux
vendeurs, ils surestiment la qualité de leurs produits pour fixer un prix le plus élevé possible. Dans ce cas, les acheteurs ne peuvent pas être
sûrs qu’un prix élevé signifie une meilleure qualité si bien que les vendeurs de produits de bonne qualité ne peuvent vendre leurs produits à
leur véritable prix.

Lors de la réalisation d’une transaction, il est important que chaque partie évalue la fiabilité de l’autre partie prenante et la qualité du produit
échangé. Le risque de sélectionner les mauvais produits ou partenaires du fait d’une asymétrie d’information est appelé risque d’anti sélection
(ou sélection adverse). Les banques font face à ce problème de façon récurrente quand elles proposent des offres de crédit à leurs clients : il
leur faut impérativement évaluer de façon pertinente la solvabilité de ces derniers. En gérant les comptes de leurs clients sur la durée, les
banques disposent de ce point de vue d’une situation privilégiée pour évaluer le risque de défaut. L’historique des opérations de leurs clients
leur donne en effet de précieuses informations pour évaluer la situation financière des demandeurs de crédit. Le rôle d’intermédiation de bilan
des banques, c’est-à-dire la collecte de fonds auprès d’agents à capacité de financement pour octroyer des crédits aux agents à besoin de
financement, est en fait lié à l’existence d’asymétries d’information. En effet, les agents à capacité de financement peuvent être réticents à
prêter directement aux agents à besoin de financement via les marchés financiers car ils disposent de très peu d’informations sur ces derniers.
Quand ils décident toutefois de le faire, ils font ainsi souvent appel à des conseillers pour les guider dans leurs choix et suivent les évaluations
fournies par les agences de notation sur la qualité des différents emprunteurs. L’intermédiation de bilan pratiquée par les banques leur permet

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d’utiliser au mieux les informations dont elles disposent sur les emprunteurs. Aucune évaluation n’est toutefois parfaite et celles pratiquées
par les banques conduisent parfois à des dysfonctionnements. J. Stiglitz et A. Weiss (1981) ont montré qu’en fixant des taux d’intérêts élevés
pour décourager les emprunteurs peu fiables, les banques allaient en fait attirer davantage les clients dont le projet est très risqué. Les autres,
qui savent que leur projet est fiable refuseront de payer des sommes importantes compte tenu de la qualité de leur projet. Ainsi quand le taux
d’intérêt augmente, le risque de crédit moyen augmente aussi et il se produit un phénomène d’anti sélection: les agents présentant de « bon
risques » sont évincés par des taux trop élevés. Les banques n’ont donc pas intérêt de proposer le prix le plus haut possible, cela peut nuire à
leur rentabilité s’il en découle une plus grande fréquence de défauts de remboursement. Avec un taux d’intérêt plus modéré les banques
maximisent leur profit, mais ce taux ne permet pas forcément d’égaliser l’offre et la demande: à ce niveau la demande sera plusforte que
l’offre et aucun mécanisme ne va conduire à l’égalisation de ces deux valeurs car les banques n’ont pas intérêt à augmenter leur prix pour faire
diminuer la demande. C’est une situation de rationnement du crédit, c’est-à-dire d’ajustement par les quantités et non par les prix. L’existence
de relations de clientèle durables est donc nécessaire pour réduire l’asymétrie d’information envers leurs clients, ce qui limite les inefficiences
découlant des imperfections de l’information entre prêteurs et emprunteurs. Les asymétries d’information peuvent même conduire à la
disparition du marché.

Un exemple célèbre a été donné par G.Akerlof (1970) : The Market for “Lemons”

G.Akerlof« prix Nobel » d'économieen 2001, partagé avec Michael Spence et Joseph Stiglitz. Il a étudié le marché de la voiture d’occasion
appelé « lemons » en argot. Les acheteurs ne pouvant évaluer parfaitement les voitures proposées à la vente, ils refusent de payer un prix trop
élevé pour une voiture d’occasion. Les détenteurs de voiture en bon état vont de ce fait se retirer du marché, préférant vendre leur voiture par
d’autres réseaux, par exemple grâce à des concessionnaires qui garantissent les voitures d’occasion, ou même la garder. Seules les voitures les
moins fiables restent sur le marché, puisque les propriétaires des voitures de bonne qualité se retirent progressivement, et la qualité moyenne
des véhicules se dégrade dans ces conditions. Constatant les déconvenues de certains acheteurs, les autres risquent de perdre confiance dans
le marché et renoncer à acheter une voiture d’occasion contribuant peu à peu à la disparition du marché, à mesure que les clients se tournent
vers des réseaux de distribution plus fiables.1

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a) Le risque d’aléa moral
Il y a aléa moral quand l’une des deux parties signataires d’un contrat (un contrat de travail, par exemple) est en mesure de léser l’autre du fait
d’une asymétrie d’information. Ainsi, un salarié peut profiter du fait que son employeur ne soit pas en mesure de le surveiller constamment
pourse distraire au lieu de travailler. L’asymétrie d’information rend ainsi possibles les comportements opportunistes et l’effort réalisé ne sera
pas toujours maximal. Les situations d’aléa moral peuvent exister dans des contextes très variés : une personne peut adopter un
comportement plus risqué du fait, d’une part, qu’elle est assurée et, d’autre part, que son assurance ne peut contrôler son comportement et
augmenter le tarif en réponse à cette prise de risque. Puisqu’il est impossible de contrôler complètement le comportement d’un individu, une
solution au risque d’aléa moral ne peut donc être uniquement fondée sur un renforcement des contrôles. Il faut, au contraire, définir des
contrats permettant aux deux parties signataires d’avoir, au moins partiellement, des intérêts convergents afin que les agents, livrés à eux-
mêmes, adoptent spontanément un comportement conforme à ce qui est attendu d’eux. Un tel système d’incitations peut, pour un employeur
par exemple, correspondre au fait de baser le salaire de son employé sur les résultats de l’entreprise. L’employé aura ainsi intérêt à travailler
de façon intense afin d’accroître les profits de l’entreprise. Le système de bonus/malus proposé par les assurances est un autre exemple de
gestion de l’asymétrie d’information.

Le concept d’aléa moral est indispensable pour comprendre la crise financière qui a débuté en 2007. Tout d’abord, les banques ont été incitées
à être peu regardantes sur la qualité des crédits qu’elles octroyaient, car elles pouvaient les céder à des investisseurs (par la technique des
opérations de titrisation) et se savaient protégées par le principe dit du ‘’toobig to fail’’. Cette expression est employée pour désigner une
entreprise qui serait trop importante pour que l’État la laisse faire faillite, car cela mettrait en péril l’ensemble du système économique. Cette
situation se retrouve principalement dans le secteur bancaire, où la faillite d’une banque importante peut avoir des dommages collatéraux très
importants. Il existe néanmoins un effet pervers à cette intervention étatique en casde difficultés : en l’occurrence, les banques sont incitées à
prendre des risques importants, car sicette prise de risque s’avère payante, elles voient leur profit augmenter, et à défaut – en cas decrise –,
l’État les aide. Il s’agit là d’une situation classique d’aléa moral dans laquelle l’engagement de l’État conduit à ce que les banques adoptent un
comportement opportuniste. Enfin, le système de rémunération des opérateurs de marché des banques, qui perçoivent desprimes en cas
d’opérations réussies mais n’encourent aucune sanction en cas de perte, relève également d’une situation où l’aléa moral est fort, puisqu’il
incite les opérateurs à prendre des risques. 2

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b) Le salaire d’efficience
On doit cette approche à J. Stiglitz Partant du principe simple que seull’employeur est en mesure d’apprécier l’efficacité de son ou de
ses salariés, là encore asymétrie d’information totale, il propose de fixer d’entrée de jeu un salaire supérieur à celui du marché. Ce qui met
en évidence le risque que prendrait le salarié à perdre un travail si bien rémunéré, l’incitant éventuellement à travailler mieux. Du fait Del
‘amélioration de la productivité, résultant de la mise en place de ce salaire « d’efficience », cette amélioration a cependant un effet
pervers, celui d’accroître le chômage, toutes choses égales par ailleurs. 3

c) La théorie des signaux de M. Spence


Partant du constat général que l’asymétrie d’information sur le marché du travail conduit à une certaine opacité, Michael Spence
propose de distinguer les bons des mauvais candidats à partir des signaux, comme le diplôme ou la publicité (dans le cas d’un marché de biens
ou de services). On dira alors que le bon candidat est « signalé »par son diplôme. Sont donc exclus : les non diplômés, les mal diplômés
(diplôme non reconnu ou mal reconnu). De même, la publicité serait le signal de ceux qui croient en leur produit, au point d’engager pour eux
des dépenses publicitaires. Dans tous les cas de figure, la théorie des signaux veut faciliter un choix rendu difficile par l’asymétrie ou l’opacité
de l’information. Là encore, cette théorie ne contribue guère à réduire le chômage. Bien au contraire, elle contribue a en expliquer l’une deses
origines, et sa pérennisation parfois observée, à savoir le chômage des jeunes ou moins jeunes, sans qualification.4

B. Les solutions pour luter contre l’asymétrie d’information.


Une des possibilités pour réduire l’aléa moral est de développer des contrats de travail qui soient plus incitatifs pour les salariés.
Par exemple, une partie de la rémunération du salarié peut être variable et dépendre des résultats de l’entreprise. Ou bien, les
employeurs peuvent augmenter les salaires au-dessus du niveau concurrentiel pour inciter les salariés à être plus productifs. Une
autre solution est de passer des contrats très précis, envisageant tous les manquements possibles des agents aux engagements
prévus par le contrat. Mais c’est difficile à mettre en place car on peut avoir des coûts de transaction élevés. Dès lors, tous les
contrats sont, comme l’analyse O. Williamson, forcément incomplets au regard de la diversité des situations professionnelles et des
métiers. ECE 1 ET 2

L'état va alors intervenir pour rétablir un minimum de transparence de l'information sur le marché et obliger les offreurs à révéler la
qualité des biens. Il agit dans ce sens et assure la protection des consommateurs en imposant des règles d'étiquetage sur les
produits et des dispositifs de valorisation de la qualité

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Stratégies pour faire face à l'asymétrie d'information

Face à cette asymétrie d'information, les agents économiques ont mis en place des stratégies pour forcer les
intervenants à révéler l'information dont ils disposent.

L'intervention de l'autorité publique


Face à l'asymétrie d'information, les pouvoirs publics sont intervenus pour forcer les agents économiques à équilibrer les
informations.

Exemple : pour vendre une voiture d'occasion, le vendeur doit avoir passé un contrôle technique il y a moins de deux ans pour
limiter les vices cachés.

Dans le domaine des assurances, l'autorité publique a rendu obligatoire un certain nombre d'assurances pour faire face à la
sélection adverse.

Exemples : l'assurance santé, l'assurance automobile ou moto, l'assurance habitation, etc.

Les clauses des contrats


L'une des façons de limiter l'asymétrie d'information est d'insérer dans le contrat de vente des clauses qui limitent l'action de l'un
des intervenants si l'autre intervenant a dissimulé des informations ou a eu un comportement inadéquat.

C'est particulièrement le cas des contrats d'assurance qui limitent les cas d'indemnisation pour éviter l'aléa moral.

Exemple : l'indemnisation d'un vol de voiture ne pourra pas avoir lieu si le propriétaire a laissé la fenêtre ouverte.

La recherche d'informations

Dans d'autres cas, le contrat sera subordonné à l'obtention d'informations pour évaluer correctement une situation et que
l'information soit symétrique.

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Exemple : pour un crédit, une banque demande les renseignements nécessaires à l'évaluation de la capacité de remboursement.

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VI. CONCLUSION
Dans tous les cas, les conditions de la concurrence pure et parfaite n’existent pas. Les défaillances du marché incitent a l’intervention de
l’Etat pour réguler, encadrer, voir pour produire certaine bien et services, mais l’intervention de l’Etat est soumis a des contraintes de différentes
natures :

-La difficulté d’identifier les préférences collectives et l’intérêt générale : Le processus démocratique incitent a considérer l’opinion
majoritaire comme une expression de l’intérêt générale, mais l’Etat peut œuvrer pour l’intérêt générale contre la majorité.

-Les délais d’actions et d’obtention des résultats : les rigidités étatique allongent les délais de mis en œuvre de l’action de l’Etat et les
résultats ne peuvent véritablement s’apprécier que plusieurs années après.

-La contraintes extérieurs : Les opérations économique s’effectuent désormais dans un cadre mondial et les décisions isolées sont
inopérantes, voire dangereuses.

-Les pressions exercées sur les pouvoirs publics : différents groupes de pressions tentent d’influencer les pouvoirs publics en leur faveur et
l’Etat doit arbitrer en fonction de l’intérêt général.

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VII. Bibliographie
-Laurent Braquet (2015), les carrés « l’essentiel pour comprendre l’économie du marché »
-ALAIN BEITONE, EMMANUEL BUISSON-FENET, CHRISTINE DOLLO (2012), Aide-mémoire « Econom
-Jean-Pascal Gayant, AIDE-MEMOIRE « Microéconomie », Dunod (2014), p246-247-253

-CATHERINE FENET, ISABELLE WAQUET, ALAIN COMBES, PHILIPPE DALPRA JEAN-YVES DELER (2016), ECE 1 ET 2 - Economie, Sociologie, Histoire
du monde contemporain, Economie approfondie, Dunod, p640-641-642-643
-Laurent Braquet, Les carrés « l’essentiel pour comprendre l’économie du marché » Gualino éditeur, Lextenso éditions 2015, p74-75
-EMMANUEL BUISSON-FENET, MARION NAVARRO « LA MICROÉCONOMIE EN PRATIQUE », Armand Colin, 2012, p181-182

-http://www.network-counsels.com/cours-internet-lmn/cours-formation-lycee-bts-economie1-chapitre4.asp

-https://defense-du-consommateur.ooreka.fr/astuce/voir/531281/asymetrie-d-information

-ECE 1 ET 2 - Economie, Sociologie, Histoire du monde contemporain

-Emmanuel Buisson-Fenet,Marion Navarro.La microéconomie en pratique Ed.3. Armand Colin ,2018.

-Laurent Braquet . L’essentiel pour comprendre l’économie de marché ed.1. Gualino, 2015.
-Henri-Louis Védie .Microéconomie en 24 fiches. Dunod,2011.

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