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ENSA Tétouan Année universitaire 2018-2019

GC2

Module: Résistance des matériaux 2


Corrigé de la série 1

Exercice 1:
1.1 Soit le déplacement virtuel montré sur la figure 1. Il s’agit d’un déplacement linéaire de corps
rigide (petit en amplitude) qui ne produit aucune énergie de déformation vu que les déformations
qui lui sont associées sont toutes nulles. Dans ce cas le travail virtuel de toutes les forces extérieures
au système poutre doit être nul.

y
F RB
RA *
u
x
A C B

L/3 2L / 3

Figure 1

Le déplacement virtuel du point d’application de la force F , noté v* , s’obtient d’après le théorème


L/3 * 1 *
de Thalès sous la forme : v* = u = u . Par application du théorème des travaux virtuels (que
L 3
u* 1
l’on note souvent TTV), il vient: R By u − F = 0 . D’où R By = F .
*
3 3

1.2. Pour déterminer le moment fléchissant en C, il faut considérer un déplacement virtuel à même
de faire travailler ce moment (qui rappelons le représente l’action de la partie droite de la poutre sur
le système constitué par sa partie gauche lorsqu’une coupure est introduite en C). Il est donc
commode de choisir le déplacement virtuel représenté sur la figure 2, qui admet une discontinuité
de rotation en B permettant ainsi à l’effort interne M C de travailler.
Pour le système poutre AB, le travail des forces internes dans ce mouvement virtuel (qui n’est pas

rigidifiant) est donné par: ∫


[ 0,L ]
ω* − ω1*
Mκ y dx = M C 2
ε
( )
ε = M C ω*2 − ω1* .

y 3u* F 3u*
ω1* = MC ω*2 = −
L 2L RB
RA
u*
x
A C B
L/3 2L / 3

Figure 2
1
Pour toujours le système poutre AB, le travail des forces extérieures est donné par: − Fu* . Par
( )
application du théorème des travaux virtuels, il vient alors: M C ω*2 − ω1* = − Fu* , soit
 3u* 3u*  2FL
MC  − −  = −Fu . D’où M C = .
 2L L  9
 

Exercice 2:
2.1 On considère un déplacement virtuel sous la forme d’une rotation rigide de la console autour de
B, figure 3. Ce déplacement permettant au moment en B de travailler n’engendre aucune
déformation. Le système est ici toute la poutre pour laquelle le moment M B est interne.

y
MB
q u*
ω *

A B C x
L L/2

Figure 3

∫Ω σijεijdΩ = M B (ω − 0) = M Bω . Le
* * *
L’énergie de déformation pour ce déplacement virtuel est :

∫Ω σijεijdΩ = ∫Ω fi ui dΩ + ∫Σ σijui dΣ avec ∫Σ σiju i dΣ = 0 . Sous forme


* * * *
TTV s’écrit sous la forme:

L u* u* 2u*
explicite, on obtient alors: M Bω* = q avec q qui contient son signe. Mais ω* = = .
2 2 L/2 L
qL2
D’où M B = .
8
2.2 Pour déterminer la réaction en B, on considère le déplacement virtuel de corps rigide montré sur
la figure 4. Le système étant la poutre tout entière.

y
RB
ω *
u*
q
A B C x
L L/2

Figure 4

Le déplacement virtuel sous le pied de la réaction R B s’obtient par le théorème de Thalès sous la
2
forme: u*B = u* . Le TTV s’écrit alors pour ce mouvement rigidifiant: ∫ fi u*i dΩ + ∫ σiju*i dΣ = 0 .
3 Ω Σ

 2u*   3L  9qL
D’où R By  + q   u* = 0 avec q qui contient son signe. D’où R By = −
 3 
.
   4  8

2
Remarque:
On peut aussi calculer la réaction en A par application du TTV. En choisissant un champ de
déplacement virtuel uniforme d’amplitude u* agissant sur le système poutre tout entière, il vient:

 3qL  *
R Ay u* + R By u* +  u = 0 . On tombe ainsi sur l’équation
 2 
3qL
d’équilibre vertical: R Ay + R By + = 0 . Les deux autres équations d’équilibre s’obtiennent par
2
le choix adéquat d’un déplacement virtuel de type corps rigide.

Exercice 3:
On considère le théorème de Maxwell-Betti dans le cas des deux problèmes montrés sur les figures
5 et 6.
y
P

O x
x=p x=L

Figure 5
y
Q

O x
x=p x=L

Figure 6

Notons ( δL )P le déplacement en x = L dû à la force P exercée en x = p et ( δp )Q le déplacement en


x = p produit par la force Q x = L . Le théorème de Maxwell-Betti
placée en

( ) ( )
Py
s’écrit: Py δp = Q y ( δL )P . D’où il vient que ( δL )P = δp . Or pour Qy = −1 , la déformée est
Q Qy Q

donnée par v(x) =


1
6EI
( )
x 3 − 3Lx 2 , ce qui donne ( δp )−1 = 6EI
1 3
( p −3Lp2 ) et par suite :

( ) ( )
P P 3
( δL )P = y δp − 1 , soit ( δL )P = − p − 3Lp2 .
−1 6EI

Exercice 4:
Soit M C la masse du camion et M V la masse de la voiture. On a : ( δc )M g = −5.2mm
C
,
( δv )M g = −3.8mm , δ′c = ( δc )M g + ( δc )M g = −5.3mm
C C V
et δ′v = ( δv )M g + ( δv )M g = −4mm .
C V

Appliquons le théorème de Maxwell-Betti entre les deux points c et v , lorsqu’on considère le


couple des forces dues au poids du camion en c et au poids de la voiture en v . On obtient alors:

3
( δ v )M g
− MCg ( δc )M g = − M V g ( δv )M g , ce qui donne: M C = M V C
. Mais ( δc )M g =δ′c − ( δc )M g , d’où
V C
( δc )M g
V
V C

( δ v )M g −3.8
MC = M V C
. A.N.: M C =1000 , soit M C = 38000kg .
δ′c − ( δc )M g −5.3 + 5.2
C

v x
A c B

Figure 7

Exercice 5:
∫Ω fi ∫ ∫ ∫
u i dΩ+ Ti(2) u i(1) dΣ = fi(1) u i(2) dΩ+ Ti(1) u i(2) dΣ .
(2) (1)
5.1. Le théorème de Maxwell-Betti s’écrit:
Σ Ω Σ

En prenant les données du problème régulier de départ, il vient : u i(1) = ui , fi(1) = fi et Ti(2) = Tid . En
prenant maintenant les données du problème homogène, il vient : fi(2) = 0 et Ti(2) = σij0 n j . D’où le

∫Σ σijn ju idΣ = ∫Ω fi u i dΩ+ ∫ Tid u i(2) dΣ . En


0 (2)
théorème de Maxwell-Betti qui se réécrit sous la forme :
Σ
utilisant à présent la solution évidente du problème homogène, il vient :
∫Σ σijn ju idΣ = ∫Ω fi Λijkℓ σkℓ x jdΩ+ ∫Σ Ti Λijkℓσkℓ x jdΣ . Du fait que σij est constant, le premier membre
0 0 d 0 0

de la dernière équation ci-dessus s’écrit : ∫ σij0 n ju i dΣ =σi0j ∫ n ju i dΣ avec cette dernière intégrale qui
Σ Σ
se transforme grâce au théorème de la divergence sous la forme :
σij ∫ n ju i dΣ = σij ∫ u i, jdΩ =σij ∫ εijdΩ , où l’on a utilisé le fait que le produit doublement contracté
0 0 0
Σ Ω Ω
d’un tenseur symétrique avec un tenseur antisymétrique est nul. Finalement:
σij0 ∫ εijdΩ = ∫ Λ ijkℓ σ0kℓ x jfi dΩ+ ∫ Λ ijkℓ σ0kℓ x jTid dΣ (1)
Ω Ω Σ
5.2. En prenant un champ de contraintes de type traction simple suivant la direction 1, on a :
σij0 =σ0δ1i δ1j . Par ailleurs le tenseur des souplesses s’écrit de manière explicite sous la forme:
1+ ν ν 1+ν ν
Λ ijkℓ =
2E
( )
δiℓ δ jk + δik δ jℓ − δijδkℓ . D’où Λ ijkl σ0kℓ =σ0 
E  2E
( 
δiℓ δ jk +δik δ jℓ − δijδkℓ  δ1k δ1ℓ ,
E 
)
1+ν ν   1+ν ν 
soit Λ ijkl σ0kℓ =σ0 
 2E
( E 
)
δi1δ j1 +δi1δ j1 − δij  =σ0 
 E
δi1δ j1 − δij  . Ainsi:
E 
 1+ν ν  1+ν ν
Λ ijkℓ σ0kℓ x jfi = σ0  δi1δ j1 − δij  x jf i = σ0 δi1δ j1x jfi −σ0 δij x jfi . Après simplification, il
 E E  E E
1+ν ν σ 0
vient : Λ ijkℓ σ0kℓ x jfi =σ0 x1f1 −σ0 ( x1f1 + x 2f 2 + x 3f3 ) =  x1f1 −ν ( x 2f 2 + x 3f3 ) .
E E E
La même transformation s’applique de manière évidente au terme de surface et on obtient:
σ0
(
Λ ijkℓ σ0kℓ x jTid =  x1T1d −ν x 2 T2d + x 3T3d  .
E  )

4
La substitution de ce champ de contraintes particulier σij0 =σ0δ1i δ1j dans l’équation (1) permet
σ0 σ0  d
d’écrire : σij0 ∫ εijdΩ =σ0 ∫ ε11dΩ =
Ω Ω E ∫Ω

 x f
1 1 −ν ( x f
2 2 + x f )
3 3   d Ω+
E ∫Σ  ( )
x1T1 −ν x 2 T2d + x 3T3d  dΣ .

1 1
( )
D’où par simplification: ∫ ε11dΩ = ∫  x1f1 −ν ( x 2f 2 + x 3f3 ) dΩ+ ∫  x1T1d −ν x 2 T2d + x 3T3d  dΣ (2).
Ω E Ω E Σ

5.3 La variation de volume du domaine est donnée par:


∆V = ∫ εii dΩ = ∫ ε11dΩ + ∫ ε 22dΩ + ∫ ε33dΩ .
Ω Ω Ω Ω
En utilisant l’équation (2) et en faisant jouer la permutation des indices, il vient :
1 1
( )
∆V = ∫ εii dΩ = ∫  x1f1 − ν ( x 2f 2 + x 3f3 )  dΩ + ∫  x1T1d − ν x 2T2d + x 3T3d  dΣ
Ω E Ω E Σ 
1 1
( )
+ ∫  x 2f 2 − ν ( x1f1 + x 3f3 )  dΩ + ∫  x 2T2d − ν x1T1d + x 3T3d  dΣ
E Ω E Σ 
1 1
( )
+ ∫  x 3f3 − ν ( x 2f 2 + x1f1 )  dΩ + ∫  x 3T3d − ν x 2T2d + x1T1d  dΣ
E Ω E Σ 
Les termes du second membre se regroupent et on obtient:
1 1
∆V = ∫ εii dΩ = ∫ [ x i fi − 2νx i fi ] dΩ + ∫  x i Tid − 2νx i Tid  dΣ ,
Ω E Ω E Σ 

soit ∆V =
1 − 2ν
E ∫(Ω )
x i fi dΩ + ∫ x i Tid dΣ .
Σ
µ(3λ + 2µ)
Avec les relations classiques entre les constantes élastiques, il vient: E = et
λ+µ
λ
1− 2
λ 1 − 2ν 2(λ + µ) µ 1
ν= . D’où: = = = . Finalement :
2(λ + µ) E µ(3λ + 2µ) µ(3λ + 2µ) 3λ + 2µ
λ+µ

∆V =
1
3λ + 2µ ∫(
Ω )
x i fi dΩ + ∫ x i Tid dΣ .
Σ

On peut donc constater la puissance du théorème de Maxwell-Betti, qui par un simple jeu permet de
quantifier de manière élégante la variation de volume lors de la déformation d’un milieu élastique
linéaire isotrope et homogène.

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