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R

le modèle Hardening Soil


une courte introduction
(sans trop d’équations)

Gioacchino (Cino) Viggiani


Laboratoire 3SR (Sols, Solides, Structures - Risques), Grenoble, France

plusieurs de ces diapositives ont été créées par :


Steinar Nordal (Norwegian University of Science and Technology)
Ronald Brinkgreve (Plaxis bv / Delft University of Technology)

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limites de MC  au-delà de MC R

limites intrinsèques du modèle de Mohr-Coulomb


• bi-linéarité (E et j constants)
• dilatation illimitée
• isotropie
• plasticité parfaite   réponse élastique si on est loin de l’état limite
•…

 modèles élastoplastiques plus avancés pour le comportement du sol :


plasticité avec écrouissage – le domaine élastique change (il peut se contracter ou
s’étendre)

plasticité à deux mécanismes – l’expansion ou la contraction du domaine élastique dépend


des déformations plastiques volumétriques et déviatoriques

le modèle Hardening Soil

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principales caractéristiques du HSM
R

• critère de Mohr-Coulomb = rupture (état limite)

• plasticité avec écrouissage, i.e., la taille du domaine élastique n’est pas fixe
- des déformations plastiques peuvent apparaître même loin de l’état limite
- dilatance plastique même loin de l’état limite

• deux mécanismes de plasticité

• écrouissage volumique (densité) et écrouissage déviatorique (frottement)

• prise en compte des effets de la préconsolidation (mémoire du préchargement)

• la rigidité dépend du niveau de contrainte

• réponse (bien) plus raide en décharge/recharge qu’en premier chargement

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écrouissage déviatorique dans le modèle HS R

chacune de ces surfaces est une surface de plasticité


Elastic
q q MC failure line

j p3

jm p2

p1

p’ déformation déviatorique 

l’angle de frottement mobilisé augmente avec les déformations


plastiques déviatoriques
le critère de Mohr-Coulomb en fixe la valeur limite

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écrouissage déviatorique dans le modèle HS R

rupture

élastique + plastique

surface de plasticité

élastique

plasticité ≠ rupture
l’étendue de la région élastique peut grandir

le paramètre d’écrouissage (scalaire) est la déformation plastique déviatorique

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est-ce tout?
R

pas vraiment… on sait que des déformations plastiques apparaissent aussi


lorsque le sol est sollicité en suivant un chemin de contrainte pour lequel
l’angle de frottement mobilisé reste constant (e.g, lors d’une compression
œdométrique)
q
surface de plasticité

K0

p’
pp’

sv’
déformations

sc’
verticales

ev

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écrouissage volumique dans le modèle HS R

chacune de ces surfaces


q est une surface de plasticité
MC failure line

 pp
(p’,q)

pp p’

l’étendue de la région élastique peut grandir


le paramètre d’écrouissage (scalaire) est la déformation plastique volumique

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mécanismes d’écrouissage pour le modèle HS
R

critère de rupture de MC

pp p’

écrouissage déviatorique (frottement) et écrouissage volumique (densité)

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vue 3D (dans l’espace des contraintes principales) R

l’enveloppe (le « cap ») “ferme” le cône de MC dans l’espace des contraintes principales

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les ingrédients du modèle R

comme pour le modèle de Mohr-Coulomb,

 propriétés élastiques (quelle part de déformation réversible ?)


 critère de plasticité (y a-t-il des déformations plastiques ?)
 potentiel plastique (direction de l’incrément de déformation plastique ?)
 condition de consistance (amplitude de l’incrément de déformation
plastique ?)
 règle d’écrouissage (modification du critère de plasticité ?)

dans la suite, on ne va pas voir tout cela en détail – je vous ai promis


de ne pas vous montrer trop d’équations !

Schanz et al. (1999) – The Hardening Soil Model: Formulation and verification. In: Beyond 2000 in Computational Geotechnics, Balkema.

PLAXIS Users Manual

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cisaillement – réponse "hyperbolique" du modèle HS R

qa = valeur asymptotique (jamais atteinte)


qf = valeur de q à la rupture
1
qf 1 2sin
qa    c cot   s 3
Rf Rf 1- sin

lors d’une compression triaxiale à partir d’un état initial isotrope (sur une
surface de plasticité), la règle particulière d’écrouissage utilisée dans le HSM
donne une relation hyperbolique contrainte-déformation, qui ressemble en
apparence à la relation utilisée dans le modèle non linéaire élastique de
Duncan & Chang

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HSM : un “version élastoplastique du modèle de Duncan & Chang" ?
R

PAS DU TOUT!
• dans le HSM, la dépendance de la rigidité tangente du niveau de déformation
résulte directement des déformations plastiques expérimentées
• dans le modèle de D&C, le comportement non linéaire résulte de la
diminution (decay) du module élastique du matériau

de plus :
les deux modèles ne sont équivalents que dans le cas de la compression
triaxiale ; et même dans ce cas, on obtiendra des réponses volumiques
différentes, du fait du couplage volumétrique-déviatorique induit par la loi
d’écoulement dans le modèle élastoplastique, et qui n’existe pas dans le
modèle élastique non-linéaire de D&C

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les modules sont fonction de la contrainte dans le HSM
R

les valeurs d’entrée (input ) des modules sont des valeurs pour un état de
contrainte de référence (pref = 100 kPa)
m
 c' cos j 's '3 sin j ' 
E50  E50ref  
 c' cos j ' p sin j ' 
ref
m
ref  c' cos j 's '1 sin j ' 
Eoed  Eoed  
 c' cos j 's '3 sin j ' 
m
 c ' cos j ' p ref
sin j ' 
Eur  Eurref  
 c' cos j ' p sin j ' 
ref

q E0
sc’ sa’
E50

Eoed
Eur ea 1

compression triaxiale compression œdométrique

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les valeurs de la rigidité
R

E50

Eur ≈ 3-5E50

ey

le comportement en déchargement/rechargement est beaucoup plus


raide que lors du premier chargement

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pression de préconsolidation initiale
R

q
la valeur initiale de la pression de
préconsolidation p’p0 est reliée à
la valeur initiale de s’p0

initial cap
le calcul de s’p0 est basé sur :
• OCR (Over Consolidation Ratio) état de contrainte initial
p’
• POP (Pre Overburden Pressure) p’p0
s’p0 s’1
p’P = valeur max de la contrainte rechargement
effective normale moyenne
s’p = valeur max de la contrainte ev
effective verticale chargement vierge

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la préconsolidation définit la position initiale du « cap »
R

la préconsolidation est donnée par la


sc’ valeur de l’OCR ou du POP relatifs à la
contrainte verticale initiale
sy0’ sy0’ sc’

s 'c  OCR  s y 0 ' s 'c  s y 0 ' POP  convertie en pp par le logiciel

s’yy l’état de contrainte initial est déterminé par un


déchargement élastique à partir de l’état de contrainte
précontrainte de préconsolidation supposé
s’c « cap »
s ' xx K 0 s p  s ' xx 0 
nc
initiale
  ur
POP 1 s ' yy s p  s ' yy 0 1  ur
 ur
s’y0 1 u r
contrainte
1 actuelle OCR:
K’0

POP:
s’x0 s’xx

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paramètres d’entrée (input) - Hardening Soil Model R

paramètre description

E50ref module (sécant) de référence déterminé à partir d’une compression triaxiale


drainée

Eoedref module de référence déterminé à partir d’une compression œdométrique

Eurref module de référence déterminé à partir d’un déchargement/rechargement


lors d’une compression triaxiale drainée

m caractérise l’évolution des modules en fonction des contraintes

ur coefficient de Poisson pour le déchargement/rechargement (0.2)

c’ cohésion
’ angle de frottement
y dilatance
Rf quotient de rupture qf /qa (0.9)

POP or OCR préconsolidation initiale

Ko coefficient des terres au repos (1 – sin)

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R

quelles sont les capacités prédictives de ce modèle ?

est-il meilleur que le modèle de Mohr-Coulomb ?

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comparaison des modèles HS et MC (à l’aide de l’outil Soil Test)
R

Modèle Hardening-Soil Modèle Mohr-Coulomb


E50ref 25000 kPa E 25000 kPa
Eoedref 25000 kPa  0.3
Eurref 75000 kPa c’ 0.1 kPa
pref 100 kPa j’ 35°
m 0.5 y 5°
ur 0.2
c’ 0.1 kPa
j’ 35°
y 5°
Rf 0.9
K0nc 0.426

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comparaison des modèles HS et MC R

essai de compression isotrope

Custom

1000 MC
HS.vlt
900

800

700
p' [kN/m²]

600

500

400

300

200

100

0
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0.06
ev

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comparaison des modèles HS et MC R

essai de compression unidimensionnel (œdomètre)

Custom

1000 MC
HS.vlt
900

800

700
s' 1 [kN/m²]

600

500

400

300

200

100

0
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03
e1

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comparaison des modèles HS et MC R

essai triaxial drainé


E1DS

MC
HS.vlt

200
|s 1 - s | [kN/m²]
3

100

0
0 -0.01 -0.02 -0.03 -0.04 -0.05 -0.06 -0.07 -0.08
e1

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comparaison des modèles HS et MC R

essai triaxial drainé

Custom
0.009 MC
HS.vlt
0.006

0.003
ev

-0.003

0 -0.01 -0.02 -0.03 -0.04 -0.05 -0.06 -0.07 -0.08


e1

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comparaison des modèles HS et MC R

essais triaxiaux, drainé et non drainé

PQ
500
MC(u)
HS(u).vlt
MC.vlt
400 HS.vlt

300
q [kN/m²]

200

100

0
0 -100 -200 -300
p' [kN/m²]

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avantages de HSM par rapport à Mohr-Coulomb R

• meilleure formulation du comportement non-linéairedu sol


(à cause de l’écrouissage, autrement dit du fait que les déformations
plastiques sont possibles bien avant la rupture)
• distinction entre premier chargement et décharge/recharge
• mémoire du préchargement
• différents modules pour différents chemins de contraintes
(données d’entrée issues de différents essais standard)
• bien adapté pour des situations de déchargement avec
sollicitations déviatoriques simultanées (excavations)
excavations : d’importantes différences existent entre les directions des chemins de
contrainte dans les zones actives et passives (respectivement à l’arrière de l’écran de
soutènement et sous le fond de fouille)

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limites (il y en a toujours !) R

• pas de pic de résistance ni de radoucissement (résistance


résiduelle immédiate)
• pas de compression secondaire (fluage)
• pas d’anisotropie
• le module à faibles déformations est sous-estimé  HSsmall

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