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Pour un système de retraite

juste et solidaire
2010
Index
0. Introduction .....................................................................................................................5

1. La reforme et les projets contre les systèmes de retraite ............................6

2. Ce qu’ils vulent nous faire croire.............................................................................8

3. Nos revendications ......................................................................................................10

Annexes: petit historique...............................................................................................12


Koaderno sindikalakAbarrekoak 4

A
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0. Introduction

Dans toute l’Europe, les états veulent en finir avec le système actuel des
retraites et plus encore, démanteler tout le système de protection sociale.

Au Pays Basque, Paris et Madrid veulent nous imposer une nouvelle réforme
du système de retraite. Ce n’est pas la première fois que des réformes sont
mises en place. Cette fois encore, il ne s’agit que de favoriser les intérêts des
structures financières en s’ attaquant aux droits des travailleur-ses et en
démantelant le système des retraites.

De faux discours sont véhiculés par les pouvoirs publics ; comme celui de la
non viabilité du système actuel et donc de la nécessité de caisses de retraites
privées, du taux trop élevé des pensions ou du vieillissement de la
population.

D’une part, il n’est pas vrai que le système public est déficitaire ; d’autre part,
lors de la dernière crise, il a été prouvé que la perennité des structures
privées n’était nullement assurée puisque les gouvernements ont dû leur
verser des millions et des millions pour les sauver . Concernant les retraites,
on ne peut nullement dire qu’elles soit trop élevées, bien au contraire. Au Pays
Basque, la moitié des retraité-es vit au dessous du seuil de pauvreté (655 746
retraité-es au Pays Basque).

En ce qui concerne le vieillissement de la population, ils cachent la réalité car


le problème n’est pas là. Le problème est que la population jeune n’a pas
d’ emploi de qualité sur le marché du travail, qu’il n’y a pas de politique
efficace et qu’au lieu d‘améliorer la situation, la prolongation des années de
travail -le manque de jeunes sur le marché du travail – ne la rend que plus
difficile.

A travers de tels discours, ils cachent la véritable raison qui guident les
réformes que veulent mettre en place Paris et Madrid: démanteler le système
public des retraites pour renforcer les intérêts des marchés financiers.

Face à cette nouvelle attaque, il est indispensable de franchir de nouvelles


étapes: construisons un système de retraites public, fort, juste et solidaire.
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1. La reforme et les projects contre les systèmes de


retraite

Les attaques contre les systèmes de solidarité, tels celui des retraites par répartition,
obtenus après la seconde guerre mondiale grâce aux luttes sociales imposant un
rapport de force favorable à la classe ouvrière, se succèdent depuis plusieurs
années.

Elles ont amené déjà de très graves remises en cause du système de solidarité
intergénérationnelle (cf. historique des dispositions défavorables aux travailleurs).
Elles ont amené non seulement l’allongement du temps de travail mais encore une
baisse générale des pensions (les réformes des retraites depuis 1993 entraîneront
une diminution de 20 points - de 78% à 58% du salaire moyen net - de la retraite
moyenne des salariés entre 1996 et 2050, selon le COR, Conseil d’Orientation des
Retraites).

En organisant la baisse des pensions, le pouvoir cherche à ce que les salarié—e-s


recourent à des épargnes individuelles gérées par le privé.

Cette année, de nouvelles attaques contre les retraites sont programmés, dans le droit
fil des logiques antérieures de régression sociale. Un projet de loi doit être présenté
en septembre.

Pour les gouvernants et les patrons d’hier et d’aujourd’hui, l’enjeu est de casser un

A
peu plus les solidarités entre les travailleurs et travailleuses (avec ou sans emploi),
entre les générations, et d’entretenir le chacun pour soi au détriment des plus fragiles
et au seul profit des plus fortuné-e-s.

Pour sa énième contre-réforme des retraites, le gouvernement, en accord avec le


Medef, continue à ne vouloir jouer que sur deux seuls tableaux: la baisse des
retraites et l’allongement de la durée d’activité, celle-ci par le biais de l’augmentation
de la durée de cotisation et par celui du recul de l’âge de la retraite.

Le gouvernement envisage le recul de l’âge légal de départ à la retraite, en le


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repoussant progressivement au-delà de 60 ans, soit 62 ans à l’horizon 2018 ; de plus,


l’âge auquel un-e salarié-e- peut prétendre à une retraite à taux plein, quel que soit le
nombre de trimestre de cotisations sera porté à 67ans d’ici 2018.

Il est également prévu un nouvel allongement de la durée de cotisation, donc


l’allongement du temps consacré au travail. A l’horizon 2012, il faudra compter 41 ans
de cotisation pour pouvoir toucher une retraite à taux plein.

Ce qui reviendrait à condamner nombre de futurs retraité-e-s à toucher de maigres


pensions, puisqu’ils et elles n’auraient jamais le total requis.

Dans le secteur public, l’âge légal du du départ à la retraite va également être relevé
à 62 ans en 2010 pour tou-te-s les fonctionnaires dont l’âge d’ouverture des droits est
actuellement de 60 ans. la remise en cause du calcul des pensions sur les 6 derniers
mois d’activité est à l’ordre du jour, avec un alignement sur les retraites du privé (25
meilleures années).
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L’objectif premier est de bloquer le niveau des cotisations retraites, ce qui


revient à abaisser le niveau des pensions et à faire croire qu’il n’y a pas
d’autre solution que de financer avec les mêmes ressources un nombre de
retraité-e-s qui va doubler entre 2000 et 2040.

Tout ceci sous prétexte que les caisses sont vides. Elles le sont d’ailleurs
moins quand il s’agit de trouver des milliards d’argent public pour sauver le
système bancaire et pour grossir la bourse des nanti-e-s (pour exemple, le
bilan du bouclier fiscal est que 100 détenteurs d’un patrimoine supérieur à
15,8 millions d’euros ont reçu un chèque d’un montant de 1,15 million
d’euros).

L’autre objectif, plus discrètement avoué, est de faire disparaître, en


coupant toute référence à un financement socialisé, la retraite par
répartition et, dans un premier temps, d’organiser son recul; ceci afin
d’amener plus largement les salarié-e-s à avoir recours à une épargne
individuelle et à une capitalisation gérée par le privé, via les banques et les
fonds de pension, pour le plus grand profit du capital.

Malgré la faillite du système financier, l’écroulement de certains fonds de


pension et la mise sur la paille de petit-e-s épargnant-e-s, les Etats veulent
légitimer l’accumulation financière en faisant en sorte que le système de
répartition soit si insuffisant qu’il obligera à l’épargne.

Cette vision politique qui impose l’individualisation de la retraite est


confirmée par le fait que le COR1 a mis à l’étude un bouleversement du
système par répartition en remplaçant le régime actuel de retraite général de
base par annuités (nombre d’années cotisées) par un régime par points ou
par comptes notionnels.

Avec le régime par points (système de capitalisation existant déjà pour les
régimes complémentaires Agirc et Arrco), chaque euro de cotisation donne
droit à des points de retraite. La valeur du point est fixée chaque année en
fonction de la hausse des prix et de la nécessité d’arriver à l’équilibre du
régime, ce qui ne garantit pas le taux de remplacement.

Avec le régime par comptes individuels notionnels, chaque salarié-e a un


compte individuel où sont comptabilisées virtuellement toutes ses cotisations.
Chacun reçoit à sa retraite autant d’argent qu’il en a versé sous forme de
cotisations pendant sa carrière. La pension est d’autant plus élevée que la
retraite est prise tard et l’espérance de vie faible. Ce compte est à disposition
du travailleur à tout moment mais le pousse à retarder la liquidation de sa
pension pour en conserver le montant à mesure qu’augmente l’espérance de
vie.

L’un et l’autre systèmes permettent de supprimer toute référence au


salaire et à un âge légal de départ à la retraite; il s’agit de ne plus avoir à
assurer un taux de remplacement de salaire défini à l’avance et de faire de la
variation du niveau des retraites le moyen d’équilibre financier des régimes.
En faisant du départ à la retraite une simple question de choix individuel, est
remise en cause la conception d’une norme sociale fixant des règles de res-
ponsabilité collective vis-à-vis de tous les membres de la société.

1
Créé par Jospin en 2000 pour être un lieu permanent d’études du champ des retraites, le COR est un organe de suivi et de proposition dans ce domaine. Ce Conseil est
lié à la fois aux pouvoirs publics qui le financent et désignent ses membres (élus parlementaires et sénatoriaux, hauts fonctionnaires, experts) et aux «partenaires»
sociaux, représentants patronaux et syndicaux.
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2. Ce qu’ils vulent nous faire croire

Les arguments du gouvernement pour opérer sa contre-réforme ressemblent à ceux


qu’il nous avait servis pour justifier les régressions précédentes.

Tout d’abord, le pseudo-argument de la démographie, avec des rapports


alarmistes et très discutables sur la baisse de la population active, l’augmentation du
nombre de chômeur-se-s, le vieillissement de la population.

Utiliser ce fondement démographique permet d’occulter que les retraites sont un


problème politique et de faire l’économie d’engagements politiques et sociaux sur le
terrain de l’emploi, des salaires, de la famille, des migrations...

Pourquoi vivre plus longtemps imposerait-il de travailler plus longtemps? Surtout


quand on constate combien se détériorent partout les conditions de travail. Alors que
la productivité du travail ne fait que progresser et que le chômage grimpe, il faut
travailler non pas plus, mais moins.

De plus, il est hypocrite d’obliger les salarié-e-s à travailler plus longtemps, alors que
l’âge moyen de cessation d’activité est à 58,5 ans, que le taux d’actifs pour les 55-59
ans est de 54,6%, celui des 55-64 ans de 38% - faute d’emplois pour ces tranches

A
d’âge-, que les jeunes de moins de 30 ans et les seniors de plus de 50 ans sont
frappés par le chômage. Dans un tel contexte, allonger la durée de cotisation est
absurde et n’est qu’une façon à peine déguisée de baisser les pensions.

L’allongement de la durée de travail est aussi une mesure dangereuse, car cela
revient à rompre le contrat entre générations: le départ en retraite des générations
les plus âgées permet que les jeunes entrent sur le marché du travail; décaler l’âge
de départ à la retraite revient à entretenir le chômage des jeunes… et à
compromettre leur propre accès à la retraite.
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Enfin, il est inacceptable que la durée de travail soit allongée. Les salarié-e-s se sont
toujours battu-e-s pour réduire le temps de travail contraint. Et nous devons
poursuivre la lutte dans ce sens.

Le deuxième argument fallacieux est celui du financement impossible. Là encore, les


prévisions se veulent alarmantes: 10,7 milliards d’euros de déficit de la Caisse
nationale d’assurance vieillesse en 2010, 30 milliards en 2011, 58 milliards en 2013...

Evidemment, en dépit de ces annonces de déficit, la logique du gouvernement et des


patrons reste d’exclure le double levier qui permettrait d’apporter des recettes et de
consolider le système des retraites: d’une part toucher à la répartition capital/travail,
en augmentant les cotisations dites patronales qui sont tirées du travail, et d’autre part
élargir l’assiette des cotisations. Un tel rééquilibrage est tabou, parce qu’il touche aux
intérêts des patrons et aux privilèges des plus riches.

Or, cette solution s’impose pour faire face au problème du financement des retraites:
mettre fin à la baisse de la part salariale dans la valeur ajoutée (qui est l’ensemble des
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richesses créées par les travailleurs dans l’entreprise), et exiger que soit
augmentée la part des cotisations dites patronales.

Les retraites par répartition sont un salaire continué, pas un revenu différé ni
une assistance.

Rappelons que la valeur ajoutée se ventile entre d’une part le salaire sociali-
sé, à savoir le salaire direct versé aux salariés ainsi que le salaire indirect (les
cotisations sociales, réparties entre la part du salarié et la part dite patronale)
versé aux organismes et caisses sociaux (dont celle de la retraite) qui le
transforment immédiatement en prestations sociales, d’autre part les
investissements, et enfin le profit non investi et distribué aux actionnaires sous
forme de revenus financiers.

Or le rapport de force défavorable aux travailleurs et travailleuses a fait que,


en 20 ans, la part des profits tirés du travail des salarié-e-s, avec des gains de
productivité très importants, a fortement augmenté (de 28% à 36%), alors que
la part des salaires a considérablement diminué (-10 points): des centaines de
milliards d’euros sont passés sous le nez des salarié-e-s et des organismes
sociaux et ont rempli les poches des dirigeants et des actionnaires.

Ainsi, la cause des problèmes de financement de la protection sociale et


de la retraite est le recul salarial: des sommes énormes sont détournées et
soustraites à la rémunération du travail et du financement de la prospérité
publique. On retrouve ce déséquilibre dans le produit intérieur brut: la part
des salaires y a baissé de 9,3% de 1983 à 2006: en gros 120 à 170 milliards
d’euros chaque année qui ont glissé du travail vers le capital (les dividendes
ont explosé: de 3,2% du PIB en 1982 à 8,5% en 2007), soit une quinzaine de
fois plus que le déficit des retraites...

Il faut en finir avec l’actuel déséquilibre éhonté dans le partage de la


richesse qui se fait au bénéfice des revenus financiers.

Il s’agit d’exiger d’une part que soit augmentée la part des salaires dans la
valeur ajoutée au détriment des profits, d’autre part que soit augmenté le taux
des cotisations dites patronales qui n’a pas bougé depuis 1979.

Dans la même logique, il doit être mis fin au défaut de paiement des
cotisations de certains patrons et de l’Etat, et aux avantages fiscaux et autres
exonérations de cotisations sociales (30 milliards d’exonération de charges
sociales pour les entreprises en 2009) consenties aux entreprises.

Par ailleurs, des ressources nouvelles peuvent être rapidement trouvées, en


élargissant l’assiette des cotisations aux profits, à l’intéressement, aux bonus
(10 milliards d’euros), aux stock-options (3 milliards)... Le COR estimait en
2007 à un point de PIB en 2020 et à 1,7 point en 2050 le besoin de financement
supplémentaire des retraites. Or, un point de PIB correspondait en 2007 à 10%
des dividendes versés aux actionnaires des sociétés non financières...

Pour assurer les pensions et développer les services sociaux et de proximité


pour les personnes du troisième âge, des mesures financières efficaces
doivent être prises; pour celà, les structures de décisions doivent être le plus
proche possible des problèmes et besoins de la population. Pour les
habitant-es du Pays Basque, elles doivent se trouver en Pays Basque.

Le système des assurances doit, donc avoir la capacité de réglamenter et des


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3. Nos revendications

compétences économiques suffisantes afin de parvenir à une protection durable et à


des décisions véritablement démocratiques.

Les retraites constituent un véritable enjeu de société, une question politique et


sociale et pas une question démographique ni purement économique.

Nous défendons un système exclusif par répartition, reposant sur la solidarité entre les
générations, c’est à dire sur la solidarité des actifs avec les inactifs, chacun contribuant
obligatoirement selon ses revenus et recevant selon ses besoins.

De plus, nous sommes favorables à l’harmonisation des systèmes de retraites, mais en


alignant tout le monde sur le statut le plus favorable aux travailleurs et travailleuses.

Et comme le système des retraites dans une société capitaliste et patriarcale en


reflète forcément les aspects profondément inégalitaires2, faits d’exploitation, de
divisions, de hiérarchies (hommes/femmes; travailleurs manuels/travailleurs
intellectuels; travailleurs avec emploi/ sans emploi; dirigeants/exécutants;
autochtones/immigré-e-s; sphère privée/sphère collective; travail et formation pour la
collectivité/activité et formation non contraintes...), nous revendiquons la garantie d’une
retraite plus juste et plus solidaire qu’elle n’est aujourd’hui.

Pour cela:

A
• En priorité, il faut exiger le retrait de l’ensemble des contre-réformes depuis
1993.

• Le seuil maximum de l’âge de départ doit rester à 60 ans, avec un départ à 55


ans pour les travailleurs-ses ayant effectué des travaux pénibles ou ayant
connu de la pénibilité au travail. Afin que ce seuil de 60 ans ait un sens et que
les salarié-e-s ne quittent pas leur activité avec une pension incomplète, il faut
revenir à ce que les précédentes contre-réformes ont fait perdre, à savoir 37,5 ans
de cotisation pour tous-tes pour avoir une retraite à taux plein. Et il est bien enten-
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du que le combat doit se poursuivre pour réduire encore les annuités: 36 ans, 35
ans, etc.

Comme l’entrée sur le marché du travail est de plus en plus tardive, il faut
prendre en compte, dans le calcul des annuités, le temps de formation
post-secondaire, pour tous-tes et quelle que soit cette formation (stages,
apprentissage, études supérieures...), les périodes sans emploi, les périodes de
précarité et/ou de temps partiel subis, ainsi que les bonifications pour enfants.

• Il faut augmenter le taux d’emploi, donc travailler moins pour travailler


tou-te-s.

2
Les femmes sont extrêmement défavorisées, puisque la retraite moyenne qu’elles percevaient en 2008 s’élevait à 826 euros par mois, alors que celle des hommes était
de 1426 euros : périodes d’inactivité plus longues et plus nombreuses, temps partiels imposés, pressions sociales, culturelles et économiques (emplois peu qualifiés et
mal payés, salaires partout inférieurs à ceux des hommes) pour les inciter à rester au foyer font qu’elles ont des « carrières » incomplètes et des revenus bien plus fai-
bles. En 2008, seulement 39% des femmes retraitées ont pu valider 37,5 ans de cotisation contre 85% des hommes. Le taux de pauvreté des personnes de 60 ans et plus
s’élève à 10%. En 2007, 60% des retraités ont un revenu fiscal inférieur à 9437 euros (786 euros/mois). 600 000 personnes, dont 70% des femmes, touchent le minimum
vieillesse (628 euros/mois).
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• Il faut revendiquer la hausse du salaire socialisé dans la part du


salaire total afin de financer et satisfaire les besoins sociaux
fondamentaux, dont les retraites. En augmentant le taux de salaire, on
augmente le salaire net en prenant sur les profits grâce aux cotisations
sociales. En supprimant les exonérations patronales, on augmente le
salaire socialisé, donc on augmente le salaire total.

• Le taux de remplacement (niveau de retraite par rapport au salaire)


doit être garanti à 75% et calculé pour tous sur les 6 meilleurs mois.
Aucune pension, y compris le minimum vieillesse, ne doit être inférieu-
re à 1500 euros.

• Les retraites doivent être indexées non sur l’indice prévisionnel des
prix mais sur les salaires.

Au delà de la bataille sur les retraites...

Une mobilisation forte, massive et déterminée est absolument indispensable,


d’une part pour empêcher que gouvernement, le patronat ainsi que certains
syndicats donnent le coup de grâce au système de retraites par répartition,
d’autre part pour exiger des améliorations qui le rendent plus juste et plus
solidaire.

Gagner cette bataille sociale décisive sur les retraites est primordial; cela
permettra de gagner les suivantes: sur les salaires, sur l’emploi, contre la
précarité et l’accroissement des inégalités...

Par ailleurs, la question des retraites nous amène à poser des problèmes plus
globaux: sur le travail, le salariat, le type de production (pour qui, par qui,
pour quoi), la mutualisation des biens et des services, le lieu et la forme de
prises de décisions, le partage des richesses, la nature même de ces
richesses qui ne sauraient se mesurer uniquement par des flux financiers,
comme le fait le PIB.

Nous ne pouvons nous satisfaire des taux accrus de productivité comme


argument pour justifier la préservation des retraites, car nous savons quel
niveau d’exploitation, ici et dans les pays plus pauvres, cette productivité
croissante suppose.

De même, nous rejetons les notions de croissance et de développement


(dût-il être qualifié de «durable») telles qu’elles sont portées par ce système,
parce que cette croissance et ce développement sont destructeurs des
personnes et des équilibres naturels.

Aussi est-ce l’organisation même du travail et de la vie, inégalitaire et


discriminatoire dans ce système, qui doit être dénoncée afin de réfléchir à
des alternatives.
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Annexes: petit historique

1982: Denis Kessler, du Medef, et Dominique Strauss-Kahn du PS rédigent ensemble


L’épargne et la retraite, un essai qui amorce l’individualisation de la retraite par
capitalisation.

1983: Age légal de départ à la retraite fixé à 60 ans.

1991: Rocard publie Le livre blanc sur les retraites; il y appelle à des «réformes» du
système des retraites.

1993: Balladur introduit les retraites par capitalisation et attaque le régime des
salariés du privé: durée de cotisation nécessaire pour obtenir sa retraite à taux plein
portée de 37,5 ans à 40 ans; décote de 10% appliquée par année manquante
(ramenée à 5% en 2003); pensions calculées sur la base des 25 meilleures années de
référence (au lieu des 10) et indexées non plus sur les salaires mais sur les prix, ce
qui entraîne une première baisse importante des pensions (-20%). En outre, par
l’indexation des retraites sur l’indice prévisionnel des prix, on prétend fixer une fois

A
pour toutes la valeur de la retraite indépendamment de la richesse collective.

1995: Juppé tente de remettre en cause le régime des retraites du public et des
salariés des entreprises à statut public. Mais un mouvement général et massif,
emmené par les cheminots, fait avorter le projet.

2002: Jospin, premier ministre, accepte, au Conseil européen de Barcelone, le


principe d’un départ à la retraite repoussé de 5 ans d’ici 2010.

2003: Raffarin et Fillon remettent en cause les retraites de la Fonction publique,


malgré un mouvement de contestation long et puissant: 40 ans de cotisations sont à
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présents exigées. Un nouvel allongement de la durée de cotisation est programmé à


partir de 2008.

2007-2008: Bertrand et Fillon mettent fin aux régimes spéciaux pour les agents de la
SNCF, RATP, GDF, EDF.

Ils organisent également l’augmentation de cotisation d’un trimestre par an: 41 ans à
l’horizon 2012, 41,5 ans ensuite etc.., cherchant à faire passer ces mesures pour
fatales et inéluctables.