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l'histoire de la littérature

française
La littérature française, c'est-à-dire l’ensemble des œuvres
publiées en langue française (romans, poèmes, pièces de
théâtre, etc.), a évolué au cours de l’histoire.

En effet, la société, la façon dont vivent les hommes et les femmes,


le pouvoir politique, les guerres, les périodes de croissance, les
grands écrivains, tout cela a toujours fortement influencé la
production littéraire de chaque époque.

LE MOYEN ÂGE : LA NAISSANCE DE LA LITTÉRATURE


Même si l’histoire du Moyen Âge commence à la fin du Ve siècle après J.-C.,
l’histoire de la littérature française ne commence que bien plus tard, et ce
pour une raison simple : le français n’existait pas encore à l’écrit ! Le texte
le plus ancien connu en langue française (on l’appelle « langue romane »
ou « roman ») date ainsi de 842.

La langue romane est utilisée à l’origine pour écrire des récits historiques
qui relatent les exploits d’un héros : ce sont les chansons de gestes, des
poèmes épiques. La plus célèbre chanson de geste, la Chanson de
Roland, date du XIIe siècle. Peu à peu, d’autres types de récits apparaissent
et la langue romane donne son nom à un nouveau genre littéraire : c’est la
naissance du roman !

Aux côtés de la chanson de geste se développe le roman satirique. Les


auteurs prennent des animaux comme héros et critiquent avec humour la
société courtoise, la vie des seigneurs dans leur château. Le Roman de
Renart date de cette époque.

La poésie connaît également un bel essor au Moyen Âge. Les poètes


s’inspirent des chants des troubadours du sud de la France et des
trouvères du nord. Leurs œuvres vantent l’amour courtois.

Enfin, le théâtre donne lui aussi lieu à des œuvres écrites. D’abord
d’inspiration religieuse (les premiers « mystères » mettent en scène des
passages de la Bible), le théâtre s’oriente peu à peu vers la « farce »,
petite pièce comique qui fait appel au théâtre de foire.

LA RENAISSANCE : LE RETOUR AUX MODÈLES ANTIQUES


La littérature sous la Renaissance est marquée par un changement radical
de la vision du monde. Les grands intellectuels puisent leurs sources
dans la littérature de l’Antiquité et délaissent les apports du
Moyen Âge.

La poésie aussi bien que le roman ou le théâtre doivent imiter les


formes prises par ces différents genres dans la littérature grecque ou
latine. Réunis autour de Pierre Ronsard, les membres de La Pléiade
définissent les règles de la poésie en vantant la beauté de la langue
française.

Les conditions de transport s’étant beaucoup améliorées, de nombreux


auteurs partent à l’étranger, notamment en Italie. Lorsqu’ils reviennent en
France, ils cherchent à appliquer ce qu’ils ont découvert lors de leurs
voyages. C’est ainsi qu’est rapporté d’Italie le sonnet, poème qui se
compose de deux strophes de quatre vers chacune suivies de deux
strophes de trois vers chacune.

La littérature de la Renaissance se veut d’abord éducative. Les récits,


même les plus ludiques et amusants, amènent le lecteur à réfléchir sur les
grandes questions de l’époque : l’éducation, la religion, la politique. Des
œuvres telles que Pantagruel ou Gargantua de François Rabelais sont
représentatives de cette époque.

LE XVIIE SIÈCLE : L’ÂGE CLASSIQUE


Au sortir de la Renaissance, sous le règne de Louis XIII, les sciences
connaissent un essor particulier. Des philosophes et écrivains tels que
René Descartes (Discours de la méthode) ou Blaise Pascal (Pensées)
mettent en avant la raison et la réflexion.

Après une période baroque marquée par un style surchargé, des messages
codés complexes, la littérature se tourne vers des formes plus simples
et plus pures. Chaque genre donne lieu à des règles d’écriture
rigoureuses que les auteurs se doivent d’appliquer.
Ainsi naît le théâtre classique représenté principalement par Pierre
Corneille et Jean Racine. Molière définit quant à lui les règles de la
comédie.

L’âge classique accorde une place moins importante au roman, tandis que
se développent de nouveaux genres littéraires : la correspondance (les
lettres de Madame de Sévigné), les portraits (Caractères de Jean de
La Bruyère), les maximes (le duc de La Rochefoucauld), les
mémoires (le duc de Saint-Simon), etc.

e
Pour se souvenir des principaux écrivains français du XVII siècle

« Sur une racine de la bruyère, une corneille boit l'eau de la fontaine Molière »

Les principaux écrivains français du XVIIe siècle sont :


Jean Racine, Jean de La Bruyère, Pierre Corneille, Nicolas Boileau, Jean de La Fontaine, Molière.

LE XVIIIE SIÈCLE : LE SIÈCLE DES LUMIÈRES


La période classique s’achève à la mort de Louis XIV en 1715. La France se
trouve alors dans une période de fragilité et de doutes. Les penseurs de
l’époque tels que Jean-Jacques Rousseau, Montesquieu, Voltaire ou
Denis Diderot remettent en question un grand nombre de principes
notamment sur le plan politique ou social.

Que le lecteur se plonge dans les romans, les essais ou le théâtre, il se


retrouve confronté à des interrogations sur la société : l’injustice, la
religion, la monarchie absolue (basée sur le seul pouvoir du roi), le mode
de vie du monde occidental sont vivement critiqués. Les auteurs prônent
la liberté d’agir et de penser, le partage du pouvoir, l’écoute de la
nature, bref un système de pensée « éclairé », d’où le nom du « siècle des
Lumières ».

De manière générale, le siècle des Lumières, ses idéaux et sa littérature


permettent la circulation de nouvelles idées et accompagnent la
Révolution de 1789.

LE XIXE SIÈCLE : LES MOUVEMENTS « EN -ISME »


Les bouleversements apportés par la Révolution française, la chute de la
République puis celle de Napoléon Ier contraignent les nouvelles
générations à abandonner les idéaux politiques. Les préoccupations
littéraires et artistiques en général ne sont plus tournées vers la société et
les hommes, mais vers l’homme en tant qu’être sentimental, vers sa
douleur, sa mélancolie : c’est la naissance du romantisme.

Des écrivains tels que Victor Hugo, Alfred de Vigny, Alphonse de


Lamartine ou Alfred de Musset expriment leur douleur, leur mal de
vivre dans leurs œuvres, notamment dans leurs poèmes. La production
littéraire est abondante tant dans le genre dramatique, poétique ou
romanesque.

Cependant, durant la seconde moitié du XIXe siècle, émergent différents


mouvements en réaction au romantisme. Dans la lignée d’Honoré de
Balzac, certains romanciers (Gustave Flaubert, Guy de Maupassant
ou Émile Zola) cherchent à décrire la réalité de la vie : c’est le réalisme.

Du côté des poètes, c’est le symbolisme qui prédomine à la fin du XIXe


siècle. Les poètes comme Stéphane Mallarmé, Charles Baudelaire ou
Arthur Rimbaud utilisent le langage non pas pour donner du sens aux
choses, mais pour suggérer des émotions, des sensations. Leurs poèmes,
où tout est symbole, sont parfois difficiles à comprendre, mais ils
permettent des interprétations très riches.

LE XXE SIÈCLE : LE FOND AVANT LA FORME


Au XXe siècle, les deux guerres mondiales amènent de nombreux auteurs
(Louis Aragon, Jean-Paul Sartre, Boris Vian, etc.) à prendre position
sur le plan politique dans leurs écrits.

Mais le fait le plus marquant peut-être est le désir de rupture des


écrivains avec les formes jusqu’alors pratiquées : les romans ne suivent
plus forcément l’ordre chronologique (Nathalie Sarraute), les
personnages du théâtre échangent des répliques apparemment
incohérentes (Eugène Ionesco) et la poésie s’affranchit des règles.

Les rimes, le nombre de syllabes par vers cèdent la place à une liberté
d’expression qui permet au poète davantage de jouer avec le rythme, les
sonorités plutôt que de se plier à des règles rigoureuses. La forme même
du poème est abandonnée dans les Calligrammes de Guillaume
Apollinaire.