Vous êtes sur la page 1sur 3

MPSI B 29 juin 2019

Énoncé 2. a. Étudier le signe de ϕx (t) − t.


Soit f la fonction de R dans R dénie par 1 b. Calculer la dérivée de ϕx . Étudier le signe de ϕ0x (t).
c. Montrer que l'intervalle [g(x), x] est stable par ϕx .
∀t ∈ R : f (t) = t3 + t
d. Montrer que :
L'objet de ce problème est d'étudier une approximation de la bijection réciproque g de f . ∀t ∈ [g(x), x] : 0 ≤ t3 + t − x ≤ t3
Pour tout réel x positif, on dénit une fonction ϕx dans R par : puis que :
3
2t + x
∀t ∈ R : ϕx (t) = ∀t ∈ [g(x), x] : 0 ≤ ϕ0x (t) ≤
2
3t2 + 1 3
Partie 1 : variations 3. a. Montrer que un (x) ∈ [g(x), x] pour tout entier naturel n. Montrer que la suite
(un (x))n∈N est décroissante et converge vers g(x).
1. Construire le graphe C de la fonction f .
b. Montrer que :
2. Montrer que f est bijective. On note g la bijection réciproque.
3. Montrer que la fonction g est strictement croissante et impaire. Construire son graphe 2
∀n ∈ N, 0 ≤ un+1 (x) − g(x) ≤ (un (x) − g(x))
et le placer dans la même gure que C . 3
4. Montrer que g est dérivable dans R. Exprimer g 0 en fonction de g . En déduire sans c. Soit a un nombre réel positif. On pose :
calcul les variations de g 0 .
βn = sup (un (x) − g(x))
Partie 2 : approximations
x∈[0,a]

Dans la suite du problème x est un réel positif ou nul. On désigne par Dx la droite Montrer que βn ≤ ( 23 )n a.
d'ordonnée x parallèle à l'axe des abscisses. On interprète g(x) comme l'unique solution d. Vérier que, pour tout réel positif t,
de l'équation t3 + t = x d'inconnue t. On peut voir aussi g(x) comme l'abscisse du point
d'intersection de C avec Dx . 2t + g(x)
ϕx (t) − g(x) = (t − g(x))2
On se propose d'approcher g(x) à l'aide de la suite (un (x))n∈N ainsi construite : 3t2 + 1
 u0 (x) = x. Montrer que :
 u1 (x) est l'abscisse du point d'intersection de Dx avec la tangente en C au point

d'abscisse x = u0 (x). 3
 ··· ∀t ∈ [g(x), x] : 0 ≤ ϕx (t) − g(x) ≤ (t − g(x))2
2
 un+1 (x) est l'abscisse du point d'intersection de Dx avec la tangente en C au point
d'abscisse un (x). On pourra étudier les variations de t → 3t
3t2 +1
1. Soit t un nombre réel positif. Montrer que l'abscisse du point d'intersection de Dx avec
la tangente à C au point d'abscisse t est ϕx (t). En déduire que :

∀n ∈ N : un+1 (x) = ϕx (un (x))


1 d'après HEC 86 math 1

Cette création est mise à disposition selon le Contrat 1 Rémy Nicolai Aapproxrec
Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France
disponible en ligne http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/fr/
MPSI B 29 juin 2019

Corrigé cours, la bijection réciproque g est alors dérivable avec :

Partie 1 : variations ∀x ∈ R : g 0 (x) =


1
=
1
f 0 (g(x)) 1 + 3g(x)2
y
C L'expression de la dérivée de g est clairement positive. De plus, comme g 0 est stric-
tement croissante, strictement positive dans ]0, +∞[ et strictement négative dans
] − ∞, 0[, elle est croissante dans ] − ∞, 0] et décroissante dans [0, +∞[.

graphe de g Partie 2 : approximations

(g(x), x)

Fig. 1: Graphes de f et de g . x

1. La fonction f est croissante comme somme de fonctions croissantes, elle est impaire.
Son étude ne présente rien de particulier le graphe est présenté en gure 1. (u1 (x), x)
C
2. La fonction est strictement croissante donc injective. Elle est continue donc l'image de x
son domaine de dénition R est un intervalle (théorème des valeurs intermédiaires).
Les limites en +∞ et −∞ sont +∞ et −∞ donc cet intervalle image est R. Ceci
montre que f est bijective. Sa bijection réciproque est notée g . Elle associe à tout réel
x l'unique solution de l'équation t3 + t = x d'inconnue x. Fig. 2: Intersection de la tangente avec Dx .
3. La bijection réciproque d'une bijection strictement monotone est monotone de même
sens. La fonction g est donc strictement croissante.
Pour tout réel x, comme f est impaire, f (−g(x)) = −f (g(x)) = −x. Donc −g(x) est 1. Notons X et Y les fonctions coordonnées. L'équation de la tangente à C au point
l'antécédent de −x ce qui montre que −g(x) = g(−x). La fonction g est donc impaire. d'abscisse t est
X −t

Le graphe de g est symétrique de celui de f par rapport à la première bissectrice. Il 1
Y − t3 − t 3t2 + 1 = 0

est placé aussi dans la gure 1.
4. Comme f 0 (t) = 3t2 + 1, la dérivée f 0 ne s'annule pas dans R. D'après un théorème de L'abscisse du point d'intersection de la tangente avec Dx est obtenue en prenant Y = x

Cette création est mise à disposition selon le Contrat 2 Rémy Nicolai Aapproxrec
Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France
disponible en ligne http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/fr/
MPSI B 29 juin 2019

dans l'équation de la tangente. 3. a. À cause de la stabilité de l'intervalle, tous les un (x) sont dans [g(x), x]. L'étude
des signes a montré que u1 (x) ≤ u0 (x). La croissance de ϕx dans l'intervalle
(X − t)(3t2 + 1) = x − t3 − t ⇔ X(3t2 + 1) = x − t3 − t + 3t3 + t = 2t3 + x entraîne que l'inégalité se propage, la suite est donc strictement décroissante. Elle
2t3 + x est minorée donc elle converge vers un élément l de l'intervalle. Cette limite l est
⇔X= = ϕx (t) un point xe car ϕx est continue en l. Le seul point xe dans l'intervalle étant
3t2 + 1
g(x), on en déduit que la suite converge vers g(x).
Par dénition de l'algorithme, le calcul précédent montre que un+1 (x) = ϕx (un (x)).
La gure 2 présente la construction de u1 (x). b. On sait que tous les un (x) sont supérieurs à g(x). Appliquons l'inégalité des
2. a. Après réduction au même dénominateur, on obtient : accroissements nis à ϕx entre g(x) et un (x) avec 23 comme majorant de la dérivée
dans l'intervalle
t3 + t − x
ϕx (t) − t = 2
3t2 + 1 0 ≤ un+1 (x) − g(x) = ϕx (un (x)) − ϕx (g(x) ≤ (un (x) − g(x))
3
La fonction t → t3 + t − x est strictement croissante et s'annule uniquement en
g(x). Elle est donc négative avant g(x) et positive après. c. On déduit facilement par récurrence que
b. Calcul de ϕ0x .  n
2
6t2 6t 6t un (x) − g(x) ≤ (x − g(x))
ϕ0x (t) = − (2t3 + x) 2 = (t3 + t − x) 2 3
2
3t + 1 (3t + 1) 2 (3t + 1)2
n x est plus petit qu'un a xé, 0 ≤ x − g(x) ≤ x ≤ a. On en déduit
Or lorsque
On en déduit le tableau suivant
βn ≤ 23 a.
−∞ 0 g(x) +∞
d. Développons le numérateur de l'expression proposée à droite de l'égalité puis
t − ϕx (t) − 0 + remplaçons g(x)3 en utilisant g(x)3 + g(x) = x. Il vient :
ϕ0x (t) + 0 − 0 +
(t − g(x))2 (2t + g(x)) = 2t3 + x − g(x)(3t2 + 1)
c. Pour un x > 0 xé, précisons bien d'abord que 0 < g(x) < x. En eet, la fonction 2t + g(x) 2t3 + x
t → t3 + t − x est strictement croissante. Elle est strictement négative en 0 et ⇒ (t − g(x))2 = − g(x) = ϕx (t) − g(x)
3t2 + 1 3t2 + 1
strictement positive en x, le point g(x) où elle s'annule est donc dans l'intervalle
ouvert ]0, x[. Une majoration de 2t+g(x)
pour t ∈ [g(x), x] est demandée. D'abord :
3t2 +1
D'après l'étude des signes précédente, ϕx (x) < x, ϕx (g(x)) = g(x) et ϕx est
croissante donc 2t + g(x) 3t
g(x) ≤ t ⇒ ≤ 2
ϕx ([g(x), x]) = [ϕx (g(x)), ϕx (x)] = [g(x), ϕx (x)] ⊂ [g(x), x] 3t2 + 1 3t + 1

Cela traduit bien que [g(x), x] est stable par ϕx . Ensuite : √


3t 1 1 3
d. Lorsque t ≥ g(x), on a déjà prouvé que t3 + t − x ≥ 0. De plus, pour t ≤ x, t − x 2
= 1 = √ 2 ≤
est négatif donc t3 + t − x ≤ t3 . En utilisant cette majoration dans l'expression 3t + 1 t + 3t 2
t− √1
3t
+ √2
3
factorisée de ϕ0x déjà trouvée, on obtient :
Ce qui entraîne l'inégalité demandée.
6t4 6t4 2
ϕ0x (t) ≤ 2 2
≤ 2 2
=
(3t + 1) (3t ) 3

Cette création est mise à disposition selon le Contrat 3 Rémy Nicolai Aapproxrec
Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France
disponible en ligne http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/fr/