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PARTIE 1 : LES FONDEMENTS DE LA CAG

PRESENTATION DE LA COMPTABILITE
Chapitre 1
ANALYTIQUE DE GESTION ET SA POSITION PAR
RAPPORT A LA COMPTABILITE FINANCIERE

A combien revient la production de ce bien ? La prestation de ce service ? Le produit


est il rentable? Doit on maintenir la production de ce produit ou l'arrêter ? Doit on accepter
cette commande et à quel prix ?

Doit on réviser le processus de production qui utilise beaucoup de main d'oeuvre ou


doit on le robotiser ? Peut on continuer à produire cette composante du produit ou doit le sous
traiter ?

Malgré les champs de préoccupation différents aux quels se réfèrent ces questions
nous pouvons constater qu'elles ont un dénominateur commun.

La réponse nécessite en premier lieu, la connaissance d'un coût et donc les conditions
de fonctionnement internes de l'entreprise.

Ainsi, la détermination des coûts est une base nécessaire à toute prise de décision.
Donc, la comptabilité financière en tant qu'outil d’information ne peut répondre à elle seule à
toutes les exigences de gestion.

I. La Comptabilité financière: outil d'information nécessaire mais insuffisant :

La C.F essentiellement par ses documents de base et de synthèse: le bilan, l'état de


résultat, l'état de flux de trésorerie et les notes aux états financiers, fournit des éléments
primordiaux pour connaître l'entreprise et sa situation.

1. La comptabilité financière est une comptabilité des flux externe

La comptabilité financière enregistre les flux externes entre l'entreprise et ses


différents partenaires extérieurs et donc seuls ces flux sont pris en considération.

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La comptabilité générale est résolument tournée vers l’extérieur et impuissante à
fournir des indications sur le processus de transformations des ressources. Les flux internes ne
sont pas par conséquents pris en considération.

2. La comptabilité financière est une comptabilité globale :

La C.F est une comptabilité d'agrégation: Telles qu'elles sont fournies, ces
informations ( elles présentent un intérêt certain) ne peuvent fournir des renseignements
détaillés sur la formation des coûts d'un produit ou d'une fonction, du résultat de tel ou tel
produit, des explications, encore moins à permettre une prise de décision.

3. La comptabilité financière est une comptabilité du passé :

Elle fournit surtout des informations que nous pouvons qualifier de démodées,
manquant d'actualité, provenant du décalage inévitable entre la date de fin d'exercice et le
moment ou les documents de synthèse sont disponibles.

4. La comptabilité financière est une comptabilité formaliste :

Il existe une loi comptable (loi n° 96-112 du 30/12/96 relative au système comptable
des entreprises et les mêmes dispositions sont applicables à toutes les entreprises: des règles
strictes d'évaluation, d'enregistrement et même de présentation des documents de synthèse
sont à respecter.

5. La comptabilité financière est une comptabilité souvent éloignée de la réalité


économique :

Des raisons juridiques et fiscales sont à l'origine des différences entre les montants
figurant en comptabilité financière et ceux qui devraient être retenus dans une optique
économique par exemple :

 Les amortissements: les dotations n'ont souvent rien à voir avec la dépréciation
économique.
 Le principe d'évaluation au coût d'acquisition historique : élaboration de bilan
présentant des dinars à pouvoir d'achat différents.

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 Le respect du principe de prudence : prise en compte des faits probables qui réduisent
la valeur de l’entreprise et exclure les faits probables qui l’accroissent.

6. La comptabilité financière est une comptabilité qui néglige les phénomènes non
monétaires :

Pourtant, dans la vie des affaires, de nombreuses grandeurs non physiques constituent
des éléments fondamentaux pour expliquer le résultat.

*** Conclusion: *** La comptabilité financière est donc insuffisante pour la


gestion, d'où la recherche, par les responsables d'informations complémentaires plus détaillées
sur les conditions internes de fonctionnement de leur entreprise. Ces renseignements
indispensables à une bonne gestion de la firme sont fournis par le C.A.G.

II. La Comptabilité analytique de gestion : un complément à la


comptabilité financière.

1. Définition de la comptabilité analytique de gestion :

La comptabilité de gestion est un mode de traitement des données pouvant avoir, selon
les entreprises, des objectifs multiples :

* connaître les coûts,

* analyser l'activité et les conditions internes de l'exploitation,

* expliquer les résultats pour faire le choix,

* produire l'information nécessaire à la prise de décision,

* avoir une évaluation plus fidèle de certains éléments.

2. Les objectifs de la comptabilité de gestion :

a) une connaissance des coûts et analyse de la rentabilité

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Dans une économie de marché (situation de concurrence) le prix est une donnée
déterminée (1' offre et la demande). La comparaison des prix avec les coûts permet de
renseigner les dirigeants sur la rentabilité ou la performance de chaque produit ou activité ou
fonction. C'est dans cette perspective que la comptabilité de gestion joue le rôle d'un outil de
calcul de coût.

b) une analyse de l'activité et des conditions internes à l'exploitation : Par l'analyse des
coûts et le suivi de leur évolution, le calcul des normes ou standards, la détermination des
écarts entre le prévu et le réalisé et son explication, la comptabilité de gestion permet de
suivre et d'analyser les conditions internes d'exploitation dans le but d'une maîtrise de
l'activité. Dans ces conditions, elle constitue un élément de base pour l'application du contrôle
de gestion. En assurant cette fonction, la comptabilité analytique permet de situer la
responsabilité des différents intervenant dans l'activité de gestion.

c) une évaluation de certains éléments du patrimoine :

Deux principaux problèmes ont été traités par la comptabilité analytique :

 Les stocks :

Tout élément acheté par l'entreprise (matière première, fourniture...) en vue d'être
utilisé entre dans le patrimoine de l'entreprise sur la base du coût d'achat (prix d'achat + tous
les frais d'achats et d'approvisionnement).

Les stocks des produits fabriqués par l'entreprise sont évalués à leur coût de
production (toutes les charges de production).

C'est précisément la comptabilité de gestion qui propose les méthodes de calcul de ces
coûts (coûts d'achat, coût de production, .etc.).

 les immobilisations produit par l'entreprise pour elle-même :

Ces éléments sont évalués au coût de production comme les produits fabriqués et
destinés à être vendus.

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d) une fonction de prévision et d’aide à la prise de décision.

Par les informations qu'elle produit, la comptabilité analytique permet aux différents
responsables de projeter leurs activités dans l'avenir et d'évaluer le résultat de leur décision
dans le futur. Le caractère détaillé des informations internes données par la comptabilité de
gestion facilite la prévision de leur évolution future.

e) justification des résultats obtenus :

3. Eléments de comparaison CAG, CF :

Critères Comptabilité financière Comptabilité de gestion


Ils sont deux systèmes propres dont la divergence ne doit pas
masquer la complémentarité.
Au regard de la loi Obligatoire Facultative
Vision de l’entreprise Globale Détaillée
Période étudiée Passée Passée, récente et future
Nature des flux observés Externe Internes.
Documents de base Externe Internes
Règles à suivre Rigides et normatives Souples et évolutives
suivants les changements de
l'entreprise
Objectifs et utilisateurs Financiers / tiers & direction Economiques / tous les
responsables
Classement des charges Par nature Par destination
Nature de l’information Précise, certifiée et formelle Rapide pertinente, approchée
Fréquence calcul état Année semestre, trimestre Journée, semaine, ou mois
quinzaine, mois

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Chapitre 2 CONCEPTS DE BASE DE LA COMPTABILITE
ANALYTIQUE DE GESTION

I. Eléments fondamentaux de la terminologie en C.A. G

1. Les charges et les produits d'exploitation :

a) Les charges

Une charge est la constatation d’un flux de valeur qui représente un emploi définitif et
qui a le plus souvent pour contre partie un décaissement.
Notons que la typologie classique des charges de la comptabilité financière : charges
d’exploitation, charges financières, charges exceptionnelles n’est pas toujours transposable en
comptabilité analytique telle que :
Exemple : Les intérêts d’un emprunt ayant permis d’acquérir un équipement pour un atelier
constituent :
- Une charge financière (charge de financement) au sein de la comptabilité financière ;
- Une charges d’exploitation de cet atelier au sein de la comptabilité analytique.
On verra aussi plus loin que certaines charges de la comptabilité financière (notamment
celles qui ont un caractère exceptionnel) ne sont pas retenues par la comptabilité analytique
d’exploitation alors que, d’autres charges ne figurant pas en comptabilité générale sont prise
en compte par la comptabilité analytique.

b) les produits d'exploitation :

En comptabilité générale un produit d’exploitation désigne la contre valeur monétaire


résultant de la vente de biens ou de services crées par l’entreprise.
En comptabilité analytique d’exploitation ce terme s’applique directement aux biens et
services crées par l’entreprise à différents stades d’exploitation (produits semi-finis, produits
en cours, produits finis, produits vendus…)

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2. Les coûts et coût de revient :

a) le coût : Le coût est une accumulation de charges correspondant soit à une fonction
ou à une partie de l'entreprise, soit à un produit, une prestation de service, à un stade...

Un coût est défini par les trois caractéristiques suivantes :

 le champ d'application du calcul: un moyen d'exploitation, un produit, un stade


d'élaboration.
 Le contenu: les charges retenus en totalités ou en partie pour une période
déterminée
 Le moment de calcul: à posteriori c’est à dire à la fin de la période et après la
réalisation de l’événement : coût historique constaté ou à priori c’est à dire calculer
un coût pour une période future et avant la réalisation de l'événement : coût préétabli.

b) coût de revient

Au dernier stade du cycle d'exploitation, c'est-à-dire celui de la vente, le coût du


produit ou du service vendu est appelé : coût de revient.

Il s'agit de la somme des charges consommées par le produit ou le service vendu


depuis le premier stade d'approvisionnement jusqu'au dernier stade de la vente.

3. Les résultats et marges :

a) le résultat

Le résultat analytique est la différence entre le prix de vente d’un produit ou d’un
service et son coût de revient.

Résultat Analytique produit X = Prix de vente Produit X – Coût de revient Produit Y.


Le prix de vente doit être saisi à sa valeur nette c’est à dire déduction faite des rabais,
remises, ristournes hors factures et à sa valeur hors taxes.
Exemple :
Une entreprise industrielle fabrique et commercialise des chaussures pour enfants,
pour hommes et pour femmes. Les quantités de chaque article, les prix de vente pratiqués et
les coûts de revient qui leur correspondent font apparaître les résultats suivant pour le mois de

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janvier :

Eléments Chaussures Chaussures Chaussures Total


Enfants Hommes Femmes
Prix de Vente 60 000 D 80 000 D 72 000 D 212 000 D
Coût de Revient 45 000 D 70 000 D 75 000 D 190 000 D
Résultat Analytique + 15 000 D + 10 000 D - 3 000 D + 22 000 D
Quantités 3 000 2 000 2 000 7 000

Le résultat étant qu’indicateur de rentabilité économique des produits est bien sûr un
élément clé du système d’information des décideurs.

Dans notre exemple une attention particulière sera donnée à la production des
chaussures femmes puisque ce produit fait supporter à l’entreprise des pertes. Des analyses
fines et détaillées sont alors nécessaires pour déceler l’origine et la cause de cette perte.

b) les marges

Une marge est la différence entre un prix de vente (PV) et un coût.

Quel que soit le coût calculé, il est donc possible de lui associer une marge à condition que ce
coût correspondante à un produit identifiable. On parle ainsi de :

Marge / Coût d’achat = PV – Coût d’achat


Marge / Coût de production = PV – Coût de production
Marge / Coût de distribution = PV – Coût de distribution
Marge / Coût variable = PV – Coût Variables

L’analyse des marges présente un grand intérêt dans la mesure où elle permet de
relativiser l’information apportée par le résultat analytique dans le but :

- D’affiner la politique des prix, on décidera par exemple soit d’augmenter les prix pour
améliorer la marge constatée soit de les baisser pour gagner des parts de marché sans que cela
ne génère des pertes.
- De rechercher les moyens permettant de limiter l’incidence des marges sur le résultat final.

Exemple

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Dans l’exemple précédent ou calcul des coûts unitaires des chaussures pour femmes aux
différents stades de réalisation, les résultats obtenus sont les suivants :

Coût du cuir et des fournitures 8 500


utilisés
Coût du découpage 5 000 Coût d’une chaussure 13 500
découpé
Coût d’assemblage 8 000 Coût d’une chaussure 21 500
assemblé
Coût de la finition 7 000 Coût d’une chaussure finie 28 500
Coût de distribution 4 000
Coût d’administration 5 000 Coût de revient d’une 37 500
chaussure vendue
Coût de Revient 37 000
Prix de Vente 36 000

On peut ainsi calculer les marges suivantes :

Marge / Coût d’achat = 36 000 – 8 500 = 27 500


Marge / Coût du découpage = 36 000 – 13 500 = 22 500
Marge / Coût d’assemblage = 36 000 – 21 500 = 14 500
Marge / Coût de finition ou = 36 000 – 28 500 = 7 500

Marge / Coût de production


Marge / Coût de distribution = 36 000 – 32 500 = 3 500
Marge / Coût de revient = Résultat = 36 000 – 37 500 = -1 500

II. Typologie des coûts en C.A. G :

Chaque type de coûts se définit par trois caractéristiques indépendantes les unes des
autres :

 Son champ d'application ;


 Son contenu ;
 De moment de son calcul

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1. Le champ d'application :

a) le coût par fonction économique :

Toutes les charges consommées par la fonction distribution constituent le coût de


distribution. De la même manière on parle du coût d'approvisionnement, de production,
d'entretien, administratif. ...

b) le coût par activité d'exploitation :

L'activité d'exploitation peut être un produit, une ligne de produit, une commande, une
zone géographique.

c) le coût par moyen d'exploitation :

Ce coût regroupe des charges en gestion du moyen qui les a occasionnée. Ce moyen
peut être un magasin de stockage, une usine, un atelier, un bureau, une machine, un magasin
de vente.

2. Le contenu :

a) Les coûts complets :

Un coût complet regroupe l'ensemble des charges relatives à un produit. Si les charges
considérées se limitent strictement aux charges de la CF on obtient un coût complet
traditionnel. Dans le cas où elles intégreraient des éléments résultant d'une analyse
économique de l'entreprise qui génèrent des différences d'incorporation le coût calculé est un
coût complet économique.

b) Les coûts partiels :

Ils n'enregistrent qu'une partie des charges. Le critère qui permet le regroupement de
ces charges qualifie le coût considéré de :

 Coût variable: qui varie proportionnellement au niveau d'activité.

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 Coût direct: ensemble des charges qui peuvent être rattachées sans ambiguïté à
un produit une acté, une commande, par apposition aux coût indirects qui concernent
plusieurs produits et dont la réparation entre les produits nécessite des traitements
particuliers .
 Coût marginal : qui ne retient que les charges relatives à la dernière unité ou à
la dernière série fabriquée.

3. le moment de calcul :

a) les coûts constatés :

Appelés aussi coûts réels ou coûts historiques résultant de la prise en compte des
charges déjà engagées (c'est la connotation du passé). Ils est calculé pour un laps de temps
nettement délimité dont la durée est généralement inférieure à celle d'exercice et ce afin de
conserver aux informations traitées un caractère suffisant d'actualité.

b) coût préétabli :

C'est un coût prévisionnel calculé a priori pour une période future de temps par
l'application de normes tant en matière de quantité de facteurs de production qu'en matière de
coûts de ces facteurs. Les coûts pré-établis permettent l'élaboration des budgets.

La constatation des coûts réels et des coûts prévisionnels met en évidence des écarts
dont l'analyse sert de base aux mesures correctives posées par les décideurs économique de
l'entreprise qui génèrent des différences d'incorporation le coût calculé est un coût complet
économique.

III. Le réseau des coûts

La formation des coûts et coût de revient se fait selon un processus logique qui est
celui du cycle d'exploitation de l'entreprise auquel correspond un réseau de coût à calculer
successivement pour aboutir en fin d'analyse au coût de revient.

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La conception de ce réseau de coûts doit être adaptée à l'activité de l'entreprise et aux
besoins d'information des décideurs. Il n'y a donc pas un modèle unique de réseau de coûts
mais on peut néanmoins fixer un cadre général d'analyse.

 Cas d'une entreprise commerciale :

Coût d’achat des Coût des marchandises Coût de


Charges marchandises achetées vendues

Revient
Incorporés

Coût de distribution

Phase d'approvisionnement Stockage Phase de distribution

 Cas d'une entreprise industrielle

Coût d’achat Coût de production Coût de


Charges produits fabriqués Production Coût de
Produit
Vendu
Incorporés Revient

Stkage Stkge
M1er Prodct° Coût
distribution

Phase d'approvit de matière Phase de production Phase de vente

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Chapitre 3

LA SAISIE DES CHARGES ET DES PRODUITS EN


CAG

La détermination du coût de revient passe obligatoirement par la prise, en


considération des charges telles quelles sont présentées par la CF. Cependant selon le type de
système de C.A.G, retenu, les données de la C.F peuvent subir quelques transformations au
manipulation, des diminutions et /ou des ajouts. De cette manière nous rendons les deux
comptabilités autonomes.

A cette fin, il faudra distinguer dans la CF :

 Les charges qui seront incorporées dans le coûts de revient. Il s'agit des charges
incorporables.
 Les charges qui ne seront pas incorporées. Ce sont les charges non
incorporables.
 Les charges qui ne figurent pas en tant que tel dans la C.F mais qui seront
prises en compte dans la détermination du coût de revient, il s' agit des charges
supplétives.
 Les charges de la C.F qui seront incorporées au coût de revient pour un
montant différent. Ce sont les charges de substitution et les charges abonnées ;
 On peut trouver de la même manière des produits non incorporables, des
produits supplétifs et des produits de substitution.

I- Incorporation des produits en comptabilité analytique

Les produits retenus en comptabilité analytique diffèrent de ceux retenus en


comptabilité financière soient parce qu’ils correspondent à des produits non incorporables,
des produits supplétifs ou des produits de substitution.

1- Produits incorporables et produits non incorporables

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Peuvent être considérés comme produit non incorporables et ne rentrent pas par
conséquent dans le calcul du résultat analytique :

 Les produits qui présentent la caractéristique de ne pas concerner l’exploitation,


c'est-à-dire les profits exceptionnels tels que les plus values sur cession d’immobilisations ou
les reprises sur provisions antérieures ;
 Certains produits de la comptabilité financière qui ne peuvent être rattachés à une
famille ou à un article déterminé ; tels que les ristournes pour un ensemble d’opérations
d’achats ou de ventes.

2- Les produits supplétifs

Sont considérés comme produits supplétifs, les travaux faits par l’entreprise pour elle-
même qui n’auraient pas été enregistrés comme produits en comptabilité financière. On y
trouve notamment :

 La production d’étude concernant des produits ou des procédés nouveaux de


fabrication ;
 La mise au point de ces produits et de ces procédés nouveaux.

3- Les produits de substitution

Ce sont des produits constatés et enregistrés en comptabilité financière et qui son,t


repris par la comptabilité analytique avec des montants différents. Tels que par exemeple le
cas des facturations inter sociétés ou inter filiales d’un groupe pour un montant différent du
prix du marché et ce pour des raisons conjoncturelles, fiscales ou financières.

En comptabilité financières en comptabilise le montant facturé alors qu’en comptabilité


analytique on retiendra le prix de marché.

II- Incorporations des charges :

1. charges non incorporables :

Ce sont les charges non prises en considération en C.A.G pour le calcul du coût de
revient. Sont estimées non incorporables et exclues, toutes les charges ayant un caractère

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exceptionnel; qui ne relèvent pas du caractère habituel par rapport à l'activité normale et
courante de l'entreprise :

 Les pertes exceptionnelles, relatives à un événement extraordinaire, qui sont


constatées dans le compte pertes et profits exceptionnelles (par exemple la perte consécutive
à un incendie, un vol, une pénalité fiscale…) ;
 Les charges afférentes à une période antérieure (si par exemple la période
analysée est le mois de mars, les salaires du mois de février qui ne sont pas encore payées et
figurant encore par conséquent dans le compte charges de personnel ne peuvent être retenus
pour le calcul des charges du mois de mars. C’est une charge incorporable au mois de
février) ;
 L’impôt sur les bénéfices ;
 Les charges qui ne relèvent pas directement de l’exploitation normal et
courante de l’entreprise ou qui ne présentent pas un caractère habituel dans la profession et
constituent en quelque sorte des consommations n’ayant pas contribué aux productions de
l’entreprise, notamment :
 Prime d'assurance vie pour l'entrepreneur ;
 Dotations aux provisions pour litiges ;
 Dotations aux provisions pour dépréciation de certains éléments d'actif (fond de
commerce, terrain) ;
 Résorption des autres actifs non courants ;
 Les frais liés à la participation des salariés temporairement détachés dans une
société affiliée.

2. Les Charges supplétives:

Ce sont des charges fictives non supportées réellement par l'entreprise donc non
enregistrées dans le calcul des coûts.

a) Rémunération théorique des capitaux propres :

L'entreprise qui fait recours à des emprunts pour ses investissements enregistre une
charge supplémentaire en terme d'intérêts par rapport à une entreprise financée par des fonds
propres. Cette dernière se trouve privée du revenu de ses fonds s'ils étaient placés. D'ou un
coût d'opportunité supporté par l'entreprise en question.

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Exemple : Soient deux entreprises El et E2 appartenant à un même secteur d'activité.
Le prix est une donnée, elles commercialisent un même produit X et elles ne diffèrent que par
leurs structures financières.

El E2

(Financée par fonds propres) (Endettée)

CRI: CR2:

_ _

_ _

Charge supplétive Charges financière

Coût de revient 1 coûts comparables Coût de revient 2

Les taux de rémunération peuvent être à titre d'exemple :

 Le taux moyen des capitaux empruntés par l'entreprise


 Ce même taux mis à jour selon les conditions du marché financier.

b) Rémunération du travail de l'exploitant :

Le travail de l'exploitant non salarié constitue un facteur de production important et


qui doit être incorporé dans le coût. L'exploitant perçoit son bénéfice et non une rémunération
comme le dirigeant dans une entreprise sociétaire. Cette rémunération n'est pas portée comme
charge dans la CG, il est recommandé alors d'incorporer une contrepartie calculée de l'activité
du propriétaire. Cette rémunération calculée prendra comme référence celle des catégories de
personnel comparables dans les autres entreprises de même importance.

Exemple: Soient les deux entreprises El et E2 appartenant à un même secteur


d'activité. Le prix est une donnée, elles commercialisent un même produit X et elles ne
diffèrent que par leurs structures juridiques.

El E2

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(Entreprise individuelle) (Entreprise sociétaire)

60 60

61 61

Charges de personnels charges de personnels (64)


(Charge fictive du travail de l'exploitant)

Coût de revient coûts comparables coût de revient 2

3. Les charges de la CG incorporées pour un montant différent du montant comptable :


Charges de substitution

Il s'agit des charges incorporables en CAG pour une valeur différente de celle
enregistrée en CF. Cela est dû à la divergence au niveau des méthodes et principes de calcul
des charges entre les deux comptabilités.

a) Différence d’incorporation sur amortissements:

« L'amortissement est destinée à constater la perte de valeur des biens immobilisés du


fait de l'usure, du temps ou de l'obsolescence » C'est une consommation d'outil.

Ainsi, en CF l'amortissement est calculé dans les limites définies par l'administration
fiscale et indépendante de la dépréciation réelle, tandis que pour la CAG, la charge
d'amortissement constitue une charge réelle d'usage ou un amortissement économique ou
technique.

Cette disparité entre l'amortissement comptable et l'amortissement analytique peut


avoir trois origines :

Base d'amortissement: c'est la valeur d'acquisition (VO) en CF, tandis que en CAG,
la base subit une actualisation pour suivre l'évolution du marché: prix de marché, ou valeur de
remplacement: c'est la valeur qui serait nécessaire aujourd'hui pour acquérir le bien à neuf.

Durée d’usage : Cette durée peut être différente de la durée fiscale adoptée en CF. En effet, la
durée d'usage en CAG correspond à la période d'utilisation réelle du bien.

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Méthode de calcul: n existe deux système: linéaire et dégressif. Ainsi, on peut opter
pour le premier en CF et pour le second en CAG et vice versa.

La différence d'amortissement résultant de ces faits entraîne soit :

 Une charge supplétive: si l'amortissement économique est supérieur à


l'amortissement comptable.
 Une charge non incorporable: si l'amortissement économique est inférieur à
l'amortissement comptable.

b) Les coûts de structure :

En CF, on incorpore la totalité des charges fixes alors qu'en CAG, le montant de ces
charges peut subir des changements dans la mesure où la structure est sous-employée ou sur-
employée.

c) Différence d’incorporation sur charges abonnées

La périodicité de calcul des charges en CAG est généralement plus brève (mois,
trimestre..) que celle de la C.F (année). C'est le cas des amortissements, primes d'assurance,
frais d'électricité. ..Etc. qui sont appelées: les charges abonnées.

Application : La Comptabilité financière de l'entreprise (X. Y.Z) fournit les


informations suivantes :

-Frais financiers annuels (intérêt) 72.00D

-Loyers trimestriels 1200D

-Primes d'assurance annuelle 480D

-Dotations aux amortissements (annuelles) 3672D

-Pertes extraordinaires 5200 D

-Provision pour litige 720 D

-Impôt sur le bénéfice 4500 D

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-Les capitaux propres de l'entreprise s'élèvent à 1.000.000 D, le taux sur le marché
financier est de 12% l'an.

TAF: Déterminer les charges à imputer au coût du mois de février.

d) Différence d’incorporation sur charges étalées

Ces charges concernent surtout des dotations aux provisions pour charges à repartir sur
plusieurs exercices (caractère de résorption), en effet ces provisions constituent une
anticipation des dépenses dont le montant ne serait être supporté par un même exercice.

En comptabilité analytique on ne tient compte que de la valeur de provision relative à


la période concernant l’analyse du coût.

Exemple : Les charges constatées d’avances, les charges à répartir sur plusieurs exercices,
provisions pour grosse réparation…
e) Différence d’incorporation sur matière
Dans certains cas pour le calcul de coût de production il est utile de substituer la valeur
de sortie, déterminer par une des méthodes d’usage essentiellement le coût moyen unitaire
pondéré (CMUP) ou first in first out (FIFO : premier entrée premier sortie PEPS), à une
valeur conventionnelle qui constitue une charges calculer de substitution.
Exemple : Une matière a été acquise et enregistrée en CF dans les conditions suivantes :
- 1 000 Kg à 1,5 dinars le Kg ;
- 3 000 Kg à 1,8 dinars le Kg.
La valeur de remplacement est estimée au dernier cours 1,6 dinars le Kg.
Pour le besoin de CAG nous allons effectuer le traitement suivant :
- La charge de la CF au coût réel constaté = (1,5 * 1 000) + (1,8 * 3 000) = 6 900 Dinars ;
- La charge de substitution au coût de remplacement = (1,6 * 1 000) + (1,6 * 3 000) = 6 400
Dinars.
- Différence d’incorporation calculer par différence de deux sommes : 6 400 – 6 900 = -500
Cette différence négative réduire le coût.

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Conclusion : L’état de rapprochement CF - CAG

Les différences de traitement des charges et des produits en comptabilité financière et


en comptabilité analytique aboutissent nécessairement à une différence de résultat. On pourra
toutefois d’une manière arithmétique vérifier l’exactitude de cette différence et voir si toutes
les charges et tous les produits incorporables supplétifs ou de substitution ont été traités et s’il
n’y a pas d’erreurs de saisie ou de calcul.
(1) : Produits de la CAG = Pdts CF – PNI + Pdts Supp +/- Différences d’incorporation sur
pdts ;
(2) : Charges de la CAG = Chs CF – CNI +Chs Supp +/- Différences d’incorporation sur
Charges ;
(3) : (1) – (2) = Résultat CAG = Résultat CF – PNI + Pdts Supp + CNI – Chs Supp +/-
Différences d’incorporation sur pdts et chs.

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