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Cours 05:

« Hydrologie »:
De la pluie au débit
(C. Legout)

Plan

™ Le bassin versant
™ Les processus hydrologiques
™ L’hydrogramme de crue

1
Le Bassin versant

™ Surface drainée par une rivière


en amont d’un point l’exutoire

exutoire

exutoire

exutoire exutoire

™ Les limites d’un bassin


versant sont généralement
fixées à partir de la topographie

Figure: Vallée de Ceillac, H-A, BV Durance (doc. Ph. Bois)

Le Bassin versant

™ Les modèles numériques


d’altitude (MNA ou MNT)

9 représentations numériques de la
topographie

9 issues de carte IGN/images


stéréoscopiques (satellite/avion), relevés
GPS…

Figure: Les différents formats de MNT (d ’après


Beven, 2001)

2
Le Bassin versant
™ Délimitation de bassin
versant
™ Calcul de pentes, d’aire
drainée, de réseau de
drainage,…

Le Bassin versant
™ BV topographique ≠ BV hydrogéologique

Figure: Distinction entre BV réel et BV


topographique (Doc. M. Lelay)

Figure: Exemple de modifications de la


délimitation du BV suite à des modifications
anthropiques (D’après A. Musy, le BV et son
complexe).

3
Le Bassin versant
™ Fonctionnement

Sollicitation Réaction
= Bassin versant =
Pluie (t) Débit (t)

500
6

5 400

débit (L/s)
pluie (mm /h)

4 300

3
200

2
100
1

0
0
29/1 3/2 8/2 13/2 18/2 23/2 28/2 5/3
temps
2
2
2
2

3
/2
/2
/2
/2
/2
/2
/2
/2
/2
/2
2/
4/
6/
8/

2/
10
12
14
16
18
20
22
24
26
28

temps

Le Bassin versant
™ Hydrogramme de crue:

™ Mesure des débits:


H = f (t) et Q = f (H) → Q = f (t)
Q=f(H) est la courbe de tarage

1400

Courbe de tarage -Kervidy-


1200
Seuil 2

1000
Q (l/s)

800
Débit (l/s)

600 Seuil 1

400

200

Figure: Exemple d ’une courbe de


0 tarage: station de jaugeage de Kervidy-
350 450 550 650 750 850 950 1050 Naizin
H (mm)
hauteur mesurée (mm)

4
Mesure des débits
™ Mesure de la hauteur d’eau:

Figure: Exemple
d’échelle limnimétrique

Photos: Système à flotteur avec roue codée muni d ’un


enregistrement mécanique (droite) et électronique
(gauche)

• Sondes à pression
• Sondes à ultra son

Hydrogramme ce crue
™ Facteurs de contrôle:

Le comportement hydrologique d’un bassin versant dépend


des mécanismes hydrologiques qui vont s’y développer. Ces
processus sont contrôlés par:

9La géométrie du bassin versant


9La géométrie du réseau hydrographique
9L’occupation du sol, sa nature et celle du sous-sol
9Les conditions aux limites et initiales

5
Caractéristiques géométriques
™ La surface:
9 débit = f(surface)

™ La forme:

Figure: Influence de la forme du bassin


versant sur l’hydrogramme de crue
(D’après A. Musy, le BV et son
complexe)

™La topographie:
9 altitudes
Figure:
9 pentes Exemple de courbe
hypsométrique

Le réseau hydrographique
™ Cours d’eau artificiel, naturel, temporaire ou permanent
™ Géométrie:
9géologie
9climat
9aménagements

™ Ordre du BV

™ Longueurs, pentes
9 profil longitudinal

Figure: Ordre d’un BV selon Strahler (D’après A.


Musy, le BV et son complexe)

6
Caractéristiques agro-pédo-géologiques

™ Occupation
9 forêt
9 sol nu

™ Type de sol:
9 texture
9 structure
9 capacité d’infiltration
9 stabilité structurale

™ Substrat géologique:
9 imperméable
9 fissuré, fracturé
Figure: Vue aérienne des bassins versants de Kerbernez (29)

Conditions aux limites

™Précipitations:

Figure: (a) représentation schématique du bassin versant. (b)


influence de la durée de l’averse sur la réponse hydrologique.
(c) influence des variations d’intensité de la pluie (Tiré de A.
Musy, La réponse hydrologique, d’après Réménérias)

7
Conditions initiales

™Précipitations:

«Non crue» des «Crue» des «Crue» des


13-15/10/86 10-12/10/87 4-6/10/87
Figure: Exemple de non linéarité des crues liées aux conditions initiales: bassin versant de Latte (0,19km²), Mont
Lozère. (a) et(b) réponses très différentes à 2 apports de pluie semblables pour 2 conditions initiales différentes. (b) et (c)
réponses semblables pour 2 apports de pluie et 2 conditions initiales différentes (Ambroise, 1999).

Bilan entrées/sorties

™Bilans hydrologiques annuels


¾1ère indication du fonctionnement d’un BV
pluie ETP Qs
(mm) (mm) (mm)
94/95 1028.5 745.9 534.8
95/96 707.0 684.7 241.6
96/97 556.0 680.1 176.4
97/98 822.5 691.7 357.3
98/99 885.5 700.0 420.4
99/00 915.0 663.9 438.9
00/01 1325.5 687.5 882.4
01/02 662.5 698.9 218.98
moyenne 862.8 694.1 408.9
écart type 231.2 11.8 221.7

Figure: Bilan hydrologique annuel du bassin versant


de Kervidy-Naizin (56).
ETP= Evapotranspiration Potentielle
Qs= débit spécifique
UMR SAS, INRA Rennes-
Figure: Débit spécifique annuel.vs. Pluie annuelle sur les bassins
versants de Roujan (34) et Kervidy-Naizin (56).
- UMR LISAH, INRA Montpellier

8
Bilan entrées/sorties
™Bilans hydrologiques mensuels

Figures: Lames cumulées précipitée et écoulée


pour chaque mois de l ’année hydrologique
1997/1998 à Kervidy-Naizin(56).
Sur l ’année:
LE=357 mm
LP= 822 mm
UMR SAS, INRA Rennes-

Le bassin versant… en résumé

™ Le bassin versant transforme la pluie en débit de rivière

™ Cette transformation est :


9 non linéaire
9 varie pour un même BV au cours de l’année, d’une saison à l’autre,
d’une crue à l’autre
9 varie d’un BV à l’autre selon les caractéristiques géologiques,
pédologiques, anthropiques,…

►Besoin de caractériser les mécanismes hydrologiques

9
Les processus hydrologiques

L’interception

Précipitations Figure: Expérimentations


sur le BV du Strengbach –
Université Louis Pasteur
Strasbourg)

Transpiration
Évaporation
de la canopée

Drainage Évaporation
de la canopée du sol

Figure: Expérimentations sur maïs


Prélèvements à la Cote St André - LTHE
racinaires

10
L’évaporation

™ quantité de chaleur à disposition + capacité de l’air à stocker


de l’eau
9Rayonnement net: quantité d’énergie radiative disponible à la surface
du sol
9Tair et Teau
9Hr
9Patm
9Vvent

Figure: Bac d’évaporation Colorado (CEREG 1997)

L’évapotranspiration

™ Transpiration: émission de vapeur d’eau par


les plantes
9ETP: Evapotranspiration de référence (gazon)
9ETM: stades de développement, eau non limitant
9ETR: conditions hydriques, physiologiques réelles

ETM = kc * ETP

Figure: Lysimètre de Louvain La Neuve (Belgique)

11
L’évapotranspiration

™ Estimations empiriques:
9Ex: Formule de Turc mensuel
ETP = 0,4 RG + 50 ( ) t +t15

™ Formules à base physique: ρcpδe


9 Ex: Formule de Penman Rn ∆ +
ra
ETP =
λ (∆ + γ )
Rn: rayonnement net (W/m²)
∆: pente de la courbe de pression de vapeur à la température moyenne de l’air (kPa/°C)
ρ: densité de l’air (kg/m3)
Cp: capacité thermique de l’air humide (J/kg/°C)
δe: différence entre pression de vapeur saturante et la pression de vapeur effective dans l’air
ra: résistance aérodynamique traduit le rôle des turbulences atmosphériques dans le processus d’évaporation (s/m)
λ: chaleur latente de vaporisation de l’eau (J/kg)
γ: constante psychrométrique (kPa/°C)

Plus d’infos à http://www.fao.org/docrep/X0490E/X0490E00.htm

Le ruissellement hortonien

™…par dépassement de la capacité


d’infiltration
9Infiltration: passage de l’eau de la surface ≠ percolation
du sol à l’intérieur de celui ci.
9Capacité d’infiltration (infiltrabilité): flux
maximum que le sol est en mesure
d’absorber à travers sa surface

¾P<CI ⇒ pas de ruissellement


¾P>CI ⇒ ruissellement

12
Le ruissellement hortonien

™capacité d’infiltration d’un sol:


9 type de sol (sable>limon>argile)
9 humidité initiale
9Variable au cours de l’averse

Capacité d’infiltration (mm/h)


Infiltration cumulée (mm)
I0
Figure: Évolution de la capacité d’infiltration d’un sol
au cours d’une averse (Musy et Soutter, 1991,
Physique du sol)

Ks Cas particuliers des sols


hydrophobes
temps

Le ruissellement hortonien

™Ordres de grandeurs de la capacité d’infiltration d’un sol:

Figure: Illustration de la variabilité spatiale


de l’aléa ruissellement: f(capacité
d’infiltration, intensité pluie)

Ex: Bretagne ≠ Normandie ≠ Languedoc

9Surfaces imperméabilisées
9Variabilité temporelle (compactage, développement croûte de battance)

13
Le ruissellement hortonien

™Développement d’une croûte de battance à la surface du sol

Figure: Illustration de la variabilité spatiale


de l’aléa ruissellement: f(capacité
d’infiltration, intensité pluie)

Ex: Bretagne ≠ Normandie ≠ Languedoc

Le ruissellement hortonien

™Développement d’une croûte de battance à la surface du sol

Figure: Mécanismes de l’érosion


diffuse (S. Leguédois, 2003)

Figure: Redistribution de particules de sol par effet splash (Photos P.O. Cochard)

14
Le ruissellement hortonien
™La stabilité structurale résulte de…

Le ruissellement hortonien

™Mesure de la stabilité structurale


9Ex de 3 tests (Le Bissonnais, 1996):
¾Traitement eau: éclatement lié à une humectation rapide par immersion
¾Traitement réhumectation: microfissuration liée à une humectation lente par
capillarité
¾Traitement éthanol: désagrégation mécanique par agitation après saturation

Sol limono-sableux
[< 3 mm]
Test eau
35 % massique
30 Test éthanol
25
Test réhumectation
20
15
10
5
0
2500 1500 750 375 225 175 125 75 35 15 7,5 3,5 1,5 0,6 0,15 0,08
Taille (µm)

15
Le ruissellement hortonien

™Facteurs de l’initiation du ruissellement


9 climatique (intensité, humidité)
9 texture, structure, stabilité structurale
9 couvert végétal
9 travail du sol, rugosité
9 topographie

Le ruissellement sur surfaces saturées

™Se produit sur les sols dont le profil est saturé

Figure: Bassin versant sur socle de Naizin (56) – J. Molénat – UMR SAS

16
Le ruissellement sur surfaces saturées

Figure: Bassin versant de Pleines Fougères (35) – UMR SAS

Figure: Bassin versant de Naizin (56) – UMR SAS

Le ruissellement sur surfaces saturées

™Extension des surfaces saturées et relation avec le débit:

Figure: Exemple de variation d’extension des surfaces saturées contributives et du réseau de drainage au cours d’une crue
(Ambroise, 2000 d’après Chorley, 1978)

17
Le ruissellement sur surfaces saturées
™L’extension des surfaces
saturées dépend de:
9 la profondeur moyenne de
la nappe (a)
9 de la forme du versant (b)

Figure: Bassin versant de Kervidy-Naizin (56).


D’après Molénat et al. (2003) - UMR SAS -

Le ruissellement … en résumé

Figure: Les deux types de ruissellement.


D’après Mérot, 1995 - UMR SAS -

Ordre de grandeur des vitesses de


ruissellement ≈1m/min

18
La percolation

™Écoulement vertical descendant au sein de la zone non


saturée
9 matriciel
9 macroporal

Figure: Bloc diagramme d’un sol avec


écoulement dans les macropores (D’après
Beven et Germann, 1981)

La percolation

™L’écoulement matriciel dépend de la


structure et de la texture
9 vitesses lentes 1-5 m/an pour un sol
limoneux

Figure: (a) Expérimentation de traçage de


l’eau de percolation par du deutérium appliqué
sur une parcelle en prairie du BV de Kerbernez
(29).
(b) Prélèvement de l’eau dans la zone non
saturée par bougie poreuse
(c) Le deutérium appliqué le 16 déc. est à 50
cm sous la surface du sol le 27 fev. suivant
D’après Legout (2007)

19
La percolation

™Les écoulements macroporaux


9 vitesses rapides 1à 10 m/h

Figure: Expérimentation de traçage au


bromure sur le site de Kerbernez(29). Mise en
évidence de transfert rapide depuis la surface
du sol jusqu’à la surface de la nappe
D’après Legout (2007)

La percolation
™Les modèles d’écoulement matriciel
9 empirique
¾ Horton
i (t ) = i f + (i0 − i f )e − kt
I0: capacité d’infiltration initiale (cm/s)
If: capacité d’infiltration finale (cm/s)
k: constante fonction de la nature du sol (min-1)

9à base physique
¾ Philip
1 −1
i (t ) = S t 2 + A
S: sorptivité (cm/s-0,5)
A: composante gravitaire fonction de la
conductivité hydraulique à saturation (cm/s)
2

¾ Green & Ampt


⎛ h0 − h f ⎞ KS: conductivité hydraulique à saturation (mm/h)

i (t ) = K s ⎜1 + ⎟ h0: charge de pression en surface (mm)

⎜ z f (t ) ⎟ hf: charge de pression au front d’humectation (mm)

⎝ ⎠ zf: profondeur atteinte par le front d’humectation

20
La percolation

™Les modèles d’écoulement matriciel


9 saturé: loi de Darcy

dH
q = −Ks
q: flux volumique d’eau [L/T]
H: charge hydraulique [L]
dz Ks: conductivité hydraulique à saturation [L/T]

9 non saturé: extension de la loi de Darcy

dH θ: teneur en eau volumique


q = − K (θ )
dz

La percolation

™Besoin de mesures
9 humidité
¾ gravimétriques
¾ sonde à neutrons
¾ sonde TDR
Figure: Dispositif de mesure par sonde à
neutrons (Source: INRA Montpellier)

Figure: Dispositif de mesure de l’humidité par


TDR

21
La percolation

™Besoin de mesures
9 infiltrométrie

Figure: Mesure d’infiltration type TRIMS (Source L. Descroix)

L’écoulement de nappe

™Définitions
9Aquifère: milieu poreux totalement saturé en eau
(contenant+contenu)
9Nappe: ensemble du volume d’eau compris dans la partie saturée
d’un aquifère

™2 types de nappe
9Nappe à surface libre
9Nappe captive

™2 types de porosité
9 interstitielle
9 fissures et fractures

Figure: Schéma d’une nappe captive. D’après


Champoux et Toutant, 1988.

22
L’écoulement de nappe
™Vitesses
9Ex pour un bassin versant sur socle:
¾Forte variabilité spatiale et temporelle
¾Pas de méthode de mesure directes des vitesses
¾Méthode indirecte: modèles d’écoulement en nappe
¾Très forte incertitude sur les estimations faites à ce jour
¾Difficile d’extrapoler à d’autres sites

Figure: Forte variabilité


des temps de transfert
(D’après Molénat, 1999)

…en résumé

ruissellement par dépassement de la capacité d ’infiltration


+
ruissellement sur surfaces saturées
+
écoulement en nappe (effet piston)
_______________________________________________

débit de rivière

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L’hydrogramme de crue

Figure: Hyétogramme et hydrogramme résultant d’un événement pluie-débit (A. Musy, La réponse hydrologique)

Enjeux:

™Éléments associés à l’eau


9 infiltration / percolation / nappe
¾ éléments solubles:
o anions: nitrate, chlorure
o certains phytos
9 ruissellement
¾ éléments peu solubles:
o particules organiques et minérales
o phytos
o ETM
o phosphore

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