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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR REPUBLIQUE DE GUINEE

ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE Travail-Justice-Solidarité

MICROECONOMIE
ANNEE UNIVERSITAIRE 2020… - 2021…

ECONOMIE
Cours développé par :
BALDE Mamadou Saïdou,PhD en
Economie
Tél (00224) 664217251 ……………………..
E-mail : mamadou.saidoump1@gmail.com Edition 2019
Introduction
La micro-économie est une discipline économique qui a pour objet
d’observer et d’analyser le comportement des agents économiques
considérés individuellement pour en tirer des règles générales de
comportement.
L’analyse micro-économique est généralement rattachée à l’école
néoclassique (ou marginaliste). L’analyse micro-économique à travers
le calcul économique permet d’avoir une information quantifiée et
précise d’une situation économique d’une part, d’autre part le calcul
économique cherche à développer l’esprit d’abstraction, par le
passage d’une réalité concrète à sa représentation abstraite
(utilisation des fonctions).
CHAPITRE I Le calcul économique du Consommateur

Les marginalistes cherchent à montrer la manière par laquelle le


consommateur prend ses décisions d’achat en dépensant son
revenu. L’objectif est d’aboutir à la formulation des lois de la
demande d’un bien.
Séquence 1: L’équilibre par la théorie de l’utilité marginale

Le consommateur est considéré comme un agent économique


rationnel, il est donc capable par un raisonnement logique
d’opérer le meilleur choix possible sur le marché. Il dispose pour
cela d’un revenu et d’un marché qui est en mesure de répondre à
ses besoins. Il obéit librement à ses goûts, c’est-à-dire à un ordre
de préférence individuel qui est ainsi subjectif
Définition des concepts d’utilité marginale et d’utilité totale
Définition : des concepts d’utilité marginale et d’utilité totale
La valeur utilité d’un bien équivaut au degré de satisfaction procuré
par la consommation de ce bien. Ce degré de satisfaction (U) dépend
de la quantité du bien utilisé.
Si le consommateur achète un seul bien, sa fonction d’utilité totale
s’écrira U = f (X).
S’il achète plusieurs biens X, Y, Z sa fonction d’utilité totale devient :
U=f (X,Y,Z), x, y, z étant les quantités des biens.
.

La fonction d’utilité
exprime mathématiquement l’ordre de préférence accordé par le consommateur
aux différents biens qui lui sont proposés. Elle lui permet même de calculer
l’utilité globale.
Comment évolue cette utilité totale lorsque la quantité x évolue ?
Elle évolue par l’utilité marginale (Um) qui mesure la variation de l’utilité
Δ𝑈
totale à la marge Um =
Δ𝑌

.
L’utilité marginale est le rapport entre la variation de l’utilité totale
et la variation de la quantité de bien X. L’utilité marginale exprime
mathématiquement la dérivée de la fonction d’utilité :
U=f(X) ; Um=U’=f(X) (voir cours de mathématique)
Pour U=f(X,Y,Z) on a
𝜕𝑈 𝜕𝑈 𝜕𝑈
Umx = U’x = ; Umy =U’y = ;Umz = U’z = ;
𝜕𝑋 𝜕𝑌 𝜕𝑍
Notion d ’équilibre
L’équilibre d’une manière générale peut concerner l’égalité entre les
ressources et les emplois d’un agent économique consommateur
ou producteur (aspect micro-économique) ou de l’ensemble des
agents économiques nationaux (aspect macro-économique).
La mesure de l’utilité
Comment mesure-t-on l’utilité ?
On peut mesurer l’utilité de chaque bien acheté par le
Consommateur de deux manières : la mesure cardinale et la
mesure ordinale.
La mesure cardinale repose sur l’hypothèse irréaliste selon laquelle
l’utilité procurée par la consommation d’un bien qui peut être
mesurée par une valeur utilité (par exemple I=10U).
La mesure ordinale se contente de déterminer l’ordre de
préférence du Consommateur sans mesurer le niveau d’utilité.
Autrement dit cette mesure se base sur des quantités de biens. Si
on a à choisir entre deux biens A et B et que B représente deux
fois la quantité de A, on dira que B est meilleur que A.
Explication de l’équilibre du Consommateur
Le Consommateur cherche à partir de son revenu R à maximiser
son utilité. S’il atteint cet objectif, il est en situation d’équilibre. Cet
équilibre est atteint lorsque les rapports des utilités marginales par
rapport aux prix sont identiques.

U mX U mY PX : Prix du bien X
= PY : Prix du bien Y
PX PY UmX : l’Um du bien X
UmY : l’Um du bien Y.
Séquence 2
L’équilibre par la théorie des courbes d’indifférence

La théorie des courbes d’indifférence retrace l’ensemble des


combinaisons possible de deux marchandises X et Y donnant au
consommateur la même utilité.

Définition d’une courbe d’indifférence


Une courbe d’indifférence est le lieu géométrique de l’ensemble des points
représentant la totalité des combinaisons possibles de X et de Y qui donnent au
Consommateur la même utilité. C’est l’ensemble des combinaisons de X et Y
telle que U(X, Y)=constante.
Plus la courbe d’indifférence se déplace vers la droite, plus elle
exprime un niveau de satisfaction supérieur.
Voici la représentation graphique des courbes d’indifférence.

Y
II

X
Les propriétés des courbes d’indifférence
- Elles vérifient l’axiome de non saturation : c’est-à-dire qu’elles
permettent le classement des combinaisons. En effet, le
Consommateur a toujours une préférence pour une combinaison
avec des quantités de biens supérieures, ce qui correspond à
une courbe d’indifférence située au dessus d’une autre.
- Deux courbes d’indifférence ne se coupent jamais, puisqu’un même
point ne peut correspondre à deux niveaux de satisfaction
différents. Ainsi, si A est préférée à la solution B et que cette
dernière est préférée à la solution C, A est alors préférée à C
(principe de transitivité).
- Les courbes d’indifférence sont décroissantes : puisqu’une
indifférence entre deux combinaisons de X et Y suppose
forcément qu’une variation positive d’un bien soit compensée
par une variation négative de l’autre de l’autre bien.

Les courbes d’indifférence sont convexes par rapport à l’origine des


axes
Définition du taux marginale du substitution (TMS)
On peut définir le TMS à partir d’une courbe d’indifférence.
Le taux marginal de substitution de X pour Y (TMSXY) désigne
la quantité de Y qu’un Consommateur est prêt à céder pour
obtenir une unité supplémentaire de X (tout en se maintenant
sur la même courbe d’indifférence).
Le TMSXY s’écrit d’après la formule :

U mX dy
TMS XY = =−
U mY dx
U
TMS XY = X =−
dy
U dx
Y

Le TMSxy est donc égal en tout point de la courbe d’indifférence au


rapport des utilités marginales des deux biens considérés.

La droite du contrainte budgétaire


Elle représente la série de toutes les combinaisons possibles de
deux marchandises qu’un Consommateur peut acheter, compte
tenu des prix fixés et du revenu dont il dispose.
Elle peut être appelée fonction de revenu qui peut s’écrire de la
manière suivante :
R=XPX+YPY
R : le revenu du Consommateur
x : la quantité de marchandise X
y : la quantité de marchandise Y
Px : prix de la marchandise X
Py : prix de la marchandise Y
Détermination mathématique et géométrique de l’optimum

La méthode par variation et par subduction

Soit un Consommateur avec une fonction d’utilité U=XY et un


budget R=400 F consacré à l’achat de deux biens X et Y avec
PX=4 et PY=10.
Condition de 1er ordre pour la maximisation
4x 4(50)
U’= 0, d’où 40 = = => X = 50
5 5
R= 400 = 40x+10y 10(50)+10y => y = 20
Condition de 2ème ordre pour la maximisation : U’’<0

En effet U’’=-4/5<0 ; ainsi les quantités x et y qui procurent le


maximum de satisfaction sont X=50, Y=20 ; ce maximum est
U=XY=1000.
La méthode de LAGRANGE
Soient les éléments suivants :

 U = f(X, Y)

R = XPX + YPY
La fonction du multiplicateur de LAGRANGE est :

L(X,Y, )=f(X,Y)+(R- XPX-YPY)


U
Où  est un coefficient appelé multiplicateur de LAGRANGE :  = R
Les conditions d’un extremum (minimum ou maximum)
s’obtiennent en annulant les dérivées partielles par rapport à X, Y
et 
Le sens de cet extremum est défini par le signe positif ou négatif
des dérivées secondes
Les conditions de 1er ordre :

LX ( X , Y ,  ) = U ( X ) − PX = 0
' '

LY ( X , Y ,  ) = U (Y ) − PY = 0
' '

LX ( X , Y ,  ) = R − XPX − YPY = 0
'

Le calcul de ce système nous procure les valeurs de X et Y pour


lesquelles il y a un extremum.
Les conditions de 2ème ordre

Cet extremum correspond-il à un maximum ou à un minimum ?


Pour répondre à cette question, on forme une matrice
hessienne composée des dérivées secondes par rapport à X, Y
et  :
Si le déterminant H* >0, il y a un maximum ;
Si le déterminant H* <0, il y a un minimum.
" " "
L XX LXY L
X

H= L YX LYY L
Y
"
L X L Y L
Détermination géométrique de l’optimum
Supposons qu’un Consommateur dispose d’une courbe
d’indifférence U=XY et d’un revenu R=400=4X+10Y. Déterminons
la situation optimale.
Représentons la droite de budget R sur l’axe XOY.
Déterminons les points d’intersection de cette droite avec les axes
OX et OY.
400
Avec OX = Posons Y = 0 => 400 = 4X => X = = 100
4
400
Avec OY = Posons X = 0 => 400 = 10y => X = = 40
10
X

40

S = (50,20)
20

50 100 Y
Remarque : Le point de tangence S représente la situation
optimale : ses coordonnées sont déterminées par la projection
orthogonale de ce point sur les axes OX et OY.

Détermination l’effet du revenu et l’effet de substitution

L’effet de revenu est le résultat d’un changement du pouvoir


d’achat du Consommateur, entraînant pour les biens
concurrentiels, le déplacement d’achat vers les biens moins
chers.
X

20

S2
S1
10

12, 25 50 Y
5
Le passage du premier point d’optimum, S1, au second point, S2,
en raison de la baisse du prix du bien X a eu deux effets
principaux :
- Un effet d revenu puisque la baisse du prix de X a augmenté le
pouvoir d’achat du Consommateur sans que son revenu ne
change ;
- Un effet de substitution puisqu’on a substitué 25X à 12,5X tout
en achetant la même quantité Y.
Détermination des courbes de consommation revenu, prix et d’Engel

Si le revenu du Consommateur change, toutes choses égales par


ailleurs, nous pouvons déterminer trois courbes : la courbe de
consommation-revenu, la courbe d’Engel et la courbe de
consommation-prix.
La courbe de consommation-revenu
Elle réunit les points d’équilibre du Consommateur résultat de la
seule variation du revenu de ce dernier.
X

24

12

S1
10
S2
10
S3

30 50 60 Y
La courbe d’Engel
La courbe d’Engel indique l’évolution des achats d’un seul bien
(le bien X par exemple) en fonction de l’évolution du revenu du
Consommateur.
Voici la courbe d’Engel.
R

120

100
70,7

17,6 25 30 X
La courbe de consommation-prix
La courbe de consommation-prix réunit les points d’équilibre du
Consommateur résultant de la seule variation du prix d’une
marchandise achetée.
Observons la figure présentant l’effet de revenu et l’effet de
substitution précédente. La droite S1, S2, qui est ici horizontale,
représente la courbe de consommation-prix.
X

S2
S1
R2 = 100 = 2x +5y

400 = 4x+5

Y
Séquence 3: La fonction de demande
La fonction de demande est une écriture mathématique qui met
en relation les prix d’un bien sur le marché et la quantité de ce
bien demandée par le consommateur.
Définition de la demande
La demande d’une marchandise sur un marché est le nombre
d’unités d’un bien ou d’un service qu’un individu ou qu’un
ensemble d’individus est disposé à acheter au cours du temps
donné.
Elle dépend des facteurs suivants : prix des produits, revenu
disponible R, goûts des consommateurs (G) etc.
 = f ( P, R, G...)
Les exceptions à la loi de la demande

- Les produits de luxe : Ils sont liés à un phénomène de prestige. Ils


sont achetés en raison même de leurs prix très élevés.
- Les produits de base devenus inférieurs lorsque le niveau général
du revenu de la population augmente, les biens de consommation
comme le pain deviennent des biens inférieurs. Dans ce cas, même
si leurs prix baissent, leurs consommations baissent aussi au profit
d’autres biens plus chers, comme la viande. C’est le cas des pays
occidentaux pour ces deux produits.
Les caractéristiques de la demande
Les caractéristiques de la demande sont le prix du produit, le
revenu et le goût du consommateur.

Les élasticités (prix, revenu et croisée) de la demande


L’élasticité exprime le rapport entre deux variables, et plus
précisément, le degré de réaction d’une variable par rapport à la
réaction d’une deuxième variable.
Le Producteur et l’État cherchent à connaître la réaction des
Consommateurs à une variation des prix .
Le coefficient de l’élasticité prix de la demande est égal à -2 signifie
que la conséquence (variation de la demande) est deux fois plus
importante que la cause (variation du prix). Une augmentation du
prix de 10% entraînera alors une diminution de la demande de
20%.
Q P
eP = .
P Q

Ainsi le coefficient de l’élasticité prix (eP) mesure la variation en


pourcentage de la quantité demandée d’une marchandise à un
moment précis, résultant d’une variation donnée en pourcentage
du prix de la marchandise.

L’élasticité revenu de la demande


Le coefficient de l’élasticité revenu (eR) mesure la variation en
pourcentage de la quantité demandée d’une marchandise
résultant d’une variation donnée en pourcentage du revenu du
Consommateur
(R R )
La formule de l’élasticité revenu serait :

Q
Q Q R
eR = = .
R R Q
R
L’élasticité revenu est négative pour un bien inférieur. Elle est
positive et faible lorsqu’il s’agit d’un bien ordinaire (inélasticité :
0 < eR <1). Elle est positive et forte pour les biens de luxe.

L’élasticité croisée de la demande


On raisonne alors sur deux produits X et Y.
Le coefficient de l’élasticité croisée de la demande d’un bien X
par rapport à un bien Y (exy) exprime la variation en
pourcentage de la quantité de X achetée à un moment donné
 Q 
 X 

due à une variation donnée en pourcentage du prix de Y

 PY  ce qui nous donne


 
 PY 

QX
QX PY
eXY =
PY
QX
= .
PY QX
Si Q = f ( PX , PY )
PY
avec PX : prix d’achat de la marchandise X
PY : prix de transport de cette marchandise
L’élasticité partielle du bien X par rapport à PY, en considérant
PX constant

QX
QX PY
eP =
Y
eXY =
PY
QX
= .
PY QX
PY

Les différents aspects de l’élasticité prix de la demande


Lorsque X et Y sont substituables, eXY>0 (thé et café par
exemple).
Lorsque X et Y sont complémentaires, eXY<0 (papier et stylo par
exemple).
Lorsque X et Y sont indépendants, eXY=0.
Remarques : L’intérêt du calcul de l’élasticité est de pouvoir
prévoir les dépenses totales des Consommateurs.
Quelle que soit la forme de la courbe, la règle générale en cas
de baisse du prix d’une marchandise est la suivante :
- Si e>1, les dépenses des Consommateurs s’élèvent.
- Si e=1, les dépenses restent constantes.
- Si e<1, les dépenses baissent.
Le surplus du Consommateur

Ce concept met l’accent sur le paradoxe de la valeur. La valeur


monétaire payée par le Consommateur est inférieure à la valeur
réelle reçue. Le Consommateur n’accepte d’échanger son argent
contre un bien que parce que la valeur de l’argent est inférieure à
la valeur du bien.
Ce plus se transforme en surplus du fait de la loi de la
décroissance de l’utilité marginale. Si le prix reste le même alors
que l’utilité marginale change, la différence constitue le surplus et
croît d’une manière décroissante.
CHAPITRE II Le calcule économique du producteur

Nous aborderons dans ce chapitre trois séquences structurées


de façon progressives.

Séquence 1 La théorie de production

Définition de la fonction de production et ses


caractéristiques
La fonction de production est un instrument mathématique
permettant d’analyser la relation existante entre les facteurs de
production (inputs), et la production réalisée (output).
On peut illustrer la plupart de ces caractéristiques à travers la
fonction classique Q = f(K, L).
Elle a une manière générale de un caractère de prévisibilité : de
facteurs nécessaires pour réaliser une production déterminée.
Chaque fonction de production est donc valable pour une seule
entreprise et pour un moment donné.
Cette relation fait ressortir pour les inputs de la fonction de
production les caractères de visibilités puisque la fonction de
production est continue et dérivable par rapport à L ou K pour
obtenir la production marginale de L ou K.
Cette relation permet aussi de mettre en évidence les
caractéristiques de complémentarités ou de substituabilité, ce qui
rend compte des possibilités de combinaisons techniques dans
l’entreprise.
La fonction de production néoclassique admet toujours, en effet la
substitution entre les facteurs de production, d’où sa forme
suivante :
L’augmentation de la productivité peut être obtenue dans le
court terme en faisant varier le facteur aisément variable le
travail et en maintenant constant le facteur capital : on parle
dans ce cas de rendement factoriels.
Si l’entreprise épuise cette voie et qu’elle cherche à augmenter la
productivité à long terme, il s’agit alors de rendement d’échelle.

La productivité à court terme


Considérons deux facteurs de production : un facteur fixe, le
capital entraînant un fixe et un facteur variable, le travail
entraînant un coût fixe et un facteur variable. Nous pouvons alors
calculer trois sortes de valeurs :
• La production totale (productivité totale)
• La production moyenne (productivité moyenne)
• La production marginale (productivité marginale)
• La productivité totale (PT) du facteur L est la quantité totale du
bien X obtenu en combinant une quantité fixe de K et une
quantité variable de L, d’où :
Q = productivité totale
PT = Q = f(KO, L) K O = lecapital est constant
L= le travail

La productivité moyenne (PM) du facteur L est réalisée en


divisant la productivité totale par le nombre de travailleurs :

Q f (KO , l )
PM = =
L L
La productivité marginale (Pm) du facteur L est la variation de la production
totale obtenue lorsqu’on ajoute une unité supplémentaire de main d’œuvre.
En supposant que les fonctions sont continues et dérivables, la dérivée
partielle de X par rapport à la seule L est :

X
Pm = = f L ( K O , L)
'

L
La productivité à long terme
En courte période on admet généralement que l’on ait des
facteurs de production peut être fixe.
En longue période, les conditions du marché changent ; le
producteur doit s’adapter aux nouvelles conditions soit en
modifiant soit la combinaison de ces facteurs, en substituant le
travail par le capital, ou l’inverse ; soit en modifiant la taille de
l’entreprise.
• L’équilibre du producteur par la recherche, pour une
production donnée de la meilleure combinaison des facteurs ;
Les composantes de l’équilibre à long terme

Comme ce fut le cas pour le Consommateur confronté à des choix


de biens X et Y (courbe d’indifférence) et à une contrainte
(courbe du budget) le Producteur va être confronté à des choix
technologiques entre K et L (courbe d’isoquant) et une contrainte
(courbe d’iso-coût).
L’équilibre du Producteur se situera au point de tangence entre
l’iso-coût et l’isoquant le plus élevé possible.
Les choix technologiques
les isoquants
Un isoquant est une courbe exprimant les différentes
combinaisons de main d’œuvre (L) et de capital (K) qu’une
entreprise peut concevoir pour réaliser une même production.
Un déplacement vers la droite de l’isoquant indique une plus
grande quantité de production vice-versa.
La fonction de production comporte une infinité d’isoquants,
une pour chaque niveau de production.
Les isoquants ont les mêmes caractéristiques que les courbes
d’indifférence exprimant la rationalité du Producteur :

• Le taux marginal de substitution technique (TMST)


Le TMST de L à K (TMSTLK) désigne le montant de K qu’une
entreprise est prête à céder pour obtenir une unité
supplémentaire de L tout en restant sur le même isoquant.

dK
TMSTLK = −
dL
Le TMSTLK diminue lorsqu’on descend le long d’un isoquant.
Ce taux est égal au rapport des productivités marginales des
deux facteurs. En effet, la fonction de production est la forme :
Le TMST est le rapport entre ces deux variations.

Q
TMST = L =−
dK
Q dL
K
dK
est la dérivée de la fonction K = f(L) et en même temps
dL
pente de la tangente en un point, ou sur arc d’un isoquant.

La contrainte budgétaire : la droite d’iso coût : une droite d’iso


coût représente l’ensemble des combinaisons possibles de L et
K, compte tenu de la dépense totale de l’entreprise (c) et des
prix des facteurs de production travail et capital (PL et PK)
L’équation du coût total est : C = PL.L + PK.K
Exprimons K dans cette fonction PK.K = - PL.L + C
− PL C
K= .L + = aL + b
PK PK
La droite d’iso coût à donc une inclinaison exprimée par une
pente =-1. Cette pente exprime le rapport des prix des deux
facteurs.

c
PK c PL PL 1
Pente = − = − . = − = − = −1
c PK c PK 1
PL
Cela signifie que chaque fois que le producteur renonce à une
unité de K, il peut la remplacer par une unité de L, tout en
restant dans la limite de son budget d’investissement.
K est de la forme y = ax + b+

L’optimum du producteur
A partir d’une dépense totale ou coût total le producteur
cherchera à maximiser sa production. Il atteint l’équilibre lorsque
la droite de l’iso coût touche en un point l’isoquant le plus élevé.
Le raisonnement est ainsi analogue à celui du Consommateur
lorsque la droite du budget est confrontée aux courbes
d’indifférence.
Le point de tangence entre l’isoquant et l’iso coût exprime une
égalité entre la valeur absolue de la pente de l’iso coût.
La pente de l’isoquant est égale au rapport des productivités
marginales des facteurs
FL ou TMST) et la pente de l’iso coût se déduit de son équation
'
FK

C = PL L + PK K
PL C
d’où K = - L+
PK PK
A l’équilibre, ou point de tangence d’un isquant et d’un iso coût
on a :
'
FL PL
'
=
FK PK
La maximisation de la production ou du profit
Maximisation de la production
Comme pour le consommateur qui cherche la meilleure
satisfaction à partir d’un revenu déterminé, il s’agit de
maximiser par le Lagrangien la production, à partir d’une
dépense déterminée.
On suppose que les prix p1 et p2 des facteurs de production
sont indépendants de leurs quantités x1 et x2 et que le
producteur peut dépenser une somme fixe.
D = p1 x1 + p2 x2

L’entrepreneur doit résoudre le système suivant :


Maximiser la production Q = f(x1, x2) sous contrainte: D - p1 x1 - p2 x2 = 0
Il s’agit donc de trouver les dérivées du lagrangien
L(x1 , x2 ,  ) = f (x1 , x2 ) +  (D − p1 x1 − p2 x2 )
Les conditions d’un extremum de 1er ordre pour l’existence
d’un extremum
L'x (x1 , x2 ,  ) = f x' (x1 , x2 ) − p1 = 0
1 1

L'x ( x1 , x2 ,  ) = f x' ( x1 , x2 ) − p2 = 0


2 2

Lx (x1 , x2 ,  ) = D − p1 x1 − p2 x2 − p2 = 0
'
2

De 1) et 2) on peut tirer l’égalité suivante :

f '
( x1 , x2 ) p1
=
x1

f '
x2 ( x1 , x2 ) p2
Cette égalité signifie que le rapport des productivités marginales
ou TMST est égal au rapport des prix des facteurs.
- Les conditions de second ordre
On forme une matrice hessienne composée des dérivées secondes
par rapport à x1 et x2 et 

" " "


Lx x 1 1
Lx x 1 2
Lx  1

H = Lx x
"
2 1
"
Lx x 2 2
"
Lx  2

" " "


Lx 1
Lx 2
L
Si le déterminant est > 0 il y a un maximum
Si le déterminant est > 0 il y a un minimum

La maximisation du profit l’entreprise s’intéresse le plus souvent à


la maximisation du profit plutôt que la production.
Le profit de l’entreprise est l’excédent de ses recettes sur son coût
total.
=R–c
La recette du bien x est
R = p. q
p: prix de vente du bien x
q : quantité vendue de x
Le coût total est :
c’ = p1 x1 + p2 x2 + c

coût variable coût fixe


p1 ; p2 = prix d’achat des facteurs x1 et x2
x1 ; x2 = quantités d’achat des facteurs x1 et x2
Le profit est donc fonction de x1 et x2. il doit être maximisé par
rapport à ces deux variables, alors que les prix p1 et p2 sont les
données.
Pour résoudre ce système, deux conditions doivent être réunies :
Conditions de 1er ordre (extremum) :
Les dérivées partielles par rapport à x1 et x2 doivent être nulles :

= pf x ( x1 , x2 ) − p1 = 0
'

x2 1


= pf x ( x1 , x2 ) − p2 = 0
'

x2 2

Ces deux expressions correspondent à la pm en valeur des


facteurs x1 et x2. Des deux équations on déduit :
pf x ( x1 , x2 ) = p1
'
1

pf x ( x1 , x2 ) = p2
'
2

Pour atteindre un maximum de profit il faut donc que chaque


facteur soit employé jusqu’au moment où sa production
marginale en valeur égalise le prix d’achat des facteurs.

Conditions de second ordre


Que les dérivées secondes soient négatives
 2
= pf "
( x1 , x2 )  0
x1 2 x 1

 2
= pf "
( x1 , x2 )  0
x2 2 x 2

La fonction de production présente donc un maximum

Dérivée partielle mixe

Ou bien que le déterminant de la matrice carrée soit positif


 2 
x12 x1x2     
2 2 2

 2  2 c’est à dire . 2 −  0
x1x2  2 x2 x1 x2  x1x2 
2

La courbe d’expansion.
La courbe d’expansion représente l’évolution dans le temps de la
productivité de l ‘entreprise compte tenu de l’évolution de ses
investissements et de ses apports en facteurs de production.
En remarque, la courbe d’expansion pour le producteur représente
la courbe de consommation revenue pour le consommateur.
Les fonctions de production et de répartition
Le théorème d’Euler
Les fonctions de productions homogènes satisfont à l’identité
d’Euler, c’est à dire à l’équation suivante:
Lf L' (L, K ) + Kf K' (L, K ) = Kf ( L, K )

K étant le degré d’homogénéité de la fonction


Ce résultat signifie qu’étant que la fonction est homogène de
degré 2, la somme des produits de chaque dérivée partielle par
la variable correspondante (L, K).
Cette identité nous intéresse surtout lorsque K = 1.
Nous avons donc l’égalité suivante :
Lf L (L, K ) + Kf K (L, K ) = f (L, K )
' '

La valeur de la production est égale à la somme des quantités


utilisées de chaque facteur, multipliée par leurs productivités
marginales respectives. Nous remplaçons f ’L et f ’k par les prix
p L et p K ; ce qui nous donne :

Lp L + Kp K = f (L, K )
Economiquement cela signifie que le produit est partagé en
deux parts : l’une va au travail, L f ’L (L, K) représentant le
montant des salaires et l’autre va au capital K f ’K L, K)
représentant le montant des intérêts versés au capital.
Les fonctions de production homogènes

Elles sont particulièrement intéressantes pour l’analyse


économique.
- Une fonction à deux variables indépendantes est homogène de
degré K si en multipliant chacune des variables indépendantes (L
et K par exemple) par un nombre entier positif t, la fonction est
multipliée par t k. Autrement dit, si dans une entreprise les facteurs
de production sont multipliés par t fois, la production sera
multipliée par t k.
Ainsi p = f (L, K) est homogène de degré k si :
f (t L, t K) = t k f (L, K)
- Si K = 1, la production est multipliée par t 1 lorsque les facteurs
sont multipliés par t : les rendements sont constants.
- Si K > 1, la production est multipliée par t k > t ; les rendements
sont alors croissants.
- Si K < 1, la production est multipliée par t k < t lorsque les
facteurs sont multipliés par t. les rendements sont alors
décroissants.
Séquence 3 : les couts de production

Définition du coût de production

Un coût désigne une dépense de l’entreprise nécessaire à la


réalisation de sa production. C’est une notion fondamentale car
elle permet à l’entreprise de fixer les prix de vente de ses
produits afin de réaliser un bénéfice.
Calcul du coût total

Le coût total désigne la somme du coût variable et le coût fixe.


CT=cV+cF

Définition des coûts fixes totaux


Les coûts fixes désignent les charges totales de l’entreprise
pour tous les facteurs fixes.

Définition des coûts variables totaux


Les coûts variables désignent les charges pour tous les facteurs
variables.
• Le coût unitaire est le rapport entre le coût total et les
quantités produites.
• Le coût moyen (c M) est le rapport entre le coût total et les
quantités produites. Il est assimilable au coût unitaire.
• Le coût marginal (cm) est la variation du coût total résultant
d’une variation des quantités des facteurs de production.

cT cT
cM = ; cm =
Q Q
• le coût d’opportunité correspond à un manque à gagner lié à
un déplacement, à un investissement ou à un événement
.Prenons l’exemple d’une rupture de stock pour une entreprise,
cette rupture ne coûte rien à l’entreprise car elle ne l’oblige pas
à réaliser de nouvelles dépenses ; elle correspond en revanche
à une perte de clientèle.
• CT = c VM + c F M
Séquence 4:
l ’équilibre générale et l’économie du bien- être

L’équilibre général

L’équilibre général suppose la réalisation simultanée de tous les


équilibres partiels sur l’ensemble des marchés.
L’équilibre partiel signifie la confrontation des offres et des
demandes des agents économiques sur un marché isolé.
L’économie du bien-être
L’économie du bien être est une méthode qui permet de savoir
sous quelles conditions devrait être un modèle d’équilibre général
pour revenir à un bien être social, autrement dit, comment
repartir d’une manière optimale les facteurs de production entre
les marchandises produites, et comment repartir les
marchandises (par une répartition des revenus) entre les
consommateurs.
En effet, Cinq (5) critères sont proposés pour déterminer lequel
des plusieurs états est le meilleur : l’unanimité, la règle de
pareto, la règle de la majorité, la fonction de bien être de
Bergson et la règle potentielle de pareto.
Conclusion
La théorie néoclassique est considérée par la pensée libérale
comme la théorie économique contemporaine. Celle-ci examine
sur un plan microéconomique les caractères individuels de l’offre
et de la demande et leur confrontation en vue de la
détermination d’un équilibre partiel des prix.
La théorie de la demande repose sur un principe individualiste
abstrait : celui de la fonction d’utilité. Celui-ci permet
théoriquement de formuler des fonctions de demande
individuelle, mais ne permet pas de connaître la demande
collective pour un bien déterminé.
D’autre part la théorie de l’offre néoclassique propose une
fonction de production : le travail et le capital. Le premier ayant
une mobilité plus grande que le second permet de distinguer
entre le raisonnement à court terme et celui à long terme.

L’objectif étant de choisir la meilleure combinaison des facteurs


pour produire au moindre coût.
Ceci permet de mettre en valeur trois types de rendements :
- Les rendements factoriels, qui sont à court terme et qui
permettent de mettre l’accent sur la loi des rendements
décroissants, et sur le point d’inflexion entre les
rendements croissants et décroissants qui correspond au
niveau où le coût variable moyen est minimum, c’est-à-dire
au seuil de fermeture.
- Les rendements d’échelle, qui sont à long terme, qui mettent
en valeur les économies d’échelle, et par là même le seuil de
rentabilité (ou échelle minimum efficace), qui est le minimum
du coût moyen de long terme. Ces rendements d’échelle sont
croissants, deviennent constants et enfin décroissants, ce qui
pousse à la recherche d’une troisième forme de rendements.
- Les rendements de substitution qui sont obtenus par une
modification technologique, soit par un changement du
rapport K/L.
Ce raisonnement se base toutefois sur une hypothèse
restrictive : celle de l’existence d’un seul marché, celui de la
concurrence pure et parfaite, c’est-à-dire celui où le
demandeur et l’offreur considérés individuellement, n’ont
aucun pouvoir, chacun, d’influencer les prix sur le marché.
La réalité étant différente, la théorie micro-économique a été
contrainte d’envisager la formation des prix dans d’autres
marchés (théorie des prix) ; ou bien la formation des prix
sur tous les marchés (théorie de l’équilibre général).
Références bibliographiques
• J.P. GOULD et C.E.FER GUSTON « Théorie microéconomique »
• BERNARD GUERRIEN et Bertrand NEZEYS « Microéconomie et calcul
économique » économica, Paris (1984)
• Mohamed LEGSSEYER « Cours de microéconomie »
• PIERRE Delfaud : Economie 3ème édition, Sirey 1992
• GERRARD Duthil et Dominique Vanhaecke : « Initiation à la
microéconomie » LIXPSE Paris 1995
• Jacques Généreux : « Economie politique : introduction et
microéconomie » Hachette Paris 1990
• Bernard Dupond et ARNAUD RYS « Introduction à la
microéconomie » édition Armand Collin Paris 93.

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