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La déglutition atypique

ETUDIANTE: LAMRAOUI BELKIS

La déglutition est une habileté qui nous accompagne tout au long de notre
vie. Dès sa naissance, l’enfant doit avaler le lait qu’on lui offre ainsi que sa
salive. L’humain avale même en dormant ! En effet, chaque jour, nous
avalons entre 600 et 2000 fois. Toutefois, la déglutition évolue dans les
premières années de vie pour atteindre la maturité vers l’âge de 6 ou 7 ans.

Le bébé et le jeune enfant avalent en poussant la langue vers l’avant, au


niveau des incisives supérieurs ou inférieurs. Vers l’âge de 6-7 ans, la plupart
des enfants modifient leur déglutition en exerçant une pression postérieure
avec le dos de la langue au niveau du palais pour pouvoir ainsi déplacer le
bolus (contenu de ce qu’on mange) vers la gorge. Lorsque l’enfant ne modifie
pas seul son patron de déglutition, on parle de déglutition atypique,
déglutition infantile, ou tongue thrust. Tous ces termes réfèrent à une
déglutition immature souvent accompagnée d’une certaine immaturité
musculaire orofaciale. L’enfant continue alors à avaler de la même façon que
lorsqu’il était bébé. Puisque chaque déglutition peut entraîner une pression
de 2 kg sur les dents, la déglutition atypique peut entraîner des problèmes
articulatoires, de dentition et/ou d’occlusion.

Il existe une multitude de raisons expliquant pourquoi l’enfant ne modifie pas


sa déglutition. Voici de l’information à cet égard, quelques indices pouvant
vous mettre la puce à l’oreille et la conduite à suivre si votre enfant semble
avoir une déglutition atypique.

Les causes

Selon différentes études, la déglutition atypique est reliée à des facteurs


héréditaires ainsi qu’à des comportements, tels que sucer le pouce et/ou la
suce. Par ailleurs, des conditions médicales, comme l’hypertrophie des
adénoïdes (glandes situées dans le nez) et/ou des amygdales peuvent
entraîner une déglutition atypique. Peu importe la raison, un délai dans la
maturité du mécanisme oral est entraîné.

Les symptômes

Une personne présentant une déglutition atypique peut démontrer un ou


plusieurs des symptômes suivants :

• Regarder la télévision ou faire les devoirs avec la bouche ouverte;

• Avoir maintenu longtemps des habitudes orales telles que sucer son
pouce et/ou une suce;

• Présenter des grimaces faciales ou un avancement des lèvres


lorsqu’elle avale;

• Présenter des difficultés respiratoires reliées à une hypertrophie des


amygdales, adénoïdes ou des allergies;

• Présenter un avancement (surplomb) des lèvres supérieures;

• Présenter des difficultés articulatoires, spécialement le zozottement


(/s/ et /z/ produits sur le bout de la langue);

• Se réveiller avec présence de salive sur son oreiller le matin.

Évaluation et intervention

Si vous croyez que votre enfant présente une déglutition atypique, n’hésitez
pas à contacter une orthophoniste à ce sujet afin de faire une évaluation
complète et favoriser ainsi une intervention précoce. En effet, la thérapie
myo-fonctionnelle s’avère très efficace pour corriger la déglutition infantile et
évite des conséquences au niveau de l’articulation et/ou de la dentition.
Par ailleurs, le dentiste ou l’orthodontiste peuvent être les premiers à référer
l’enfant pour une évaluation orthophonique de la déglutition, suite à un
positionnement irrégulier des dents. Lorsque l’enfant est suivi par une
orthophoniste pour des difficultés à produire des sons, elle peut aussi
détecter la présence d’un tel problème. La thérapie peut se faire avant et/ou
après un traitement d'orthodontie mais l’enfant est généralement référé
avant afin que le traitement en orthodontie soit optimal et éviter que les
dents se déplacent de nouveau malgré les soins orthodontiques.

La thérapie de la déglutition atypique a pour but de corriger la position de la


bouche au repos, en augmentant la force des muscles articulatoires et de la
déglutition. Des exercices pour les lèvres, la langue et les mâchoires sont
alors donnés pour modifier la déglutition. Enfin, on enseigne à la personne à
avaler en poussant la langue vers le haut et postérieurement dans la bouche.

Afin d’automatiser la nouvelle façon d'avaler, les exercices doivent être faits
régulièrement, environ trois fois par jour, et ce, à chaque jour. Par
conséquent, il faut que l’enfant collabore et soit motivé ! Ce type
d’engagement demande une certaine maturité et est donc possible à partir
de l’âge de sept ou huit ans, selon les enfants. De plus, puisqu’il n’y a pas
d’âge limite pour initier la thérapie, on peut commencer les traitements à
l’adolescence ou à l’âge adulte. Selon les conditions associées, la thérapie
peut prendre de trois à six mois mais la durée moyenne est d’environ dix
semaines, avec un rendez-vous de contrôle par la suite.