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MAT431 2018

Quelques exercices corrigés de la feuille TD1 calcul différentiel.

Exercice 5. Pour k = 0, il s’agit de montrer la continuité de F , ce qui n’est pas difficile.


Supposons le résultat jusqu’à k < p. Soit g de E dans L (E, E, . . . , E ; F ) définie par
| {z }
k
Z 1 k
∂ f
g(u)(h1 , ..., hk ) = (t, u(t)) h1 (t) · · · hk (t) dt.
0 ∂y k
On veut montrer que g est de classe C 1 et calculer sa dérivée. D’après le TAF amélioré
de l’exercice 2 :
∂kf ∂kf ∂ k+1 f
|| k (t, u(t) + h(t)) − k (t, u(t)) − k+1 (t, u(t))h(t)||
∂y ∂y ∂y
∂ k+1 f ∂ k+1 f
≤ sup || (t, u(t) + vh(t)) − (t, u(t))|| × ||h(t)||
v∈[0,1] ∂y k+1 ∂y k+1
On peut alors calculer
1
∂ k+1 f
Z
||g(u + h)(h1 , . . . , hk ) − g(u)(h1 , . . . , hk ) − (t, u(t)) h(t)h1 (t) · · · hk (t) dt||
0 ∂y k+1
1 k
∂kf ∂ k+1 f
Z
∂ f
≤ ||h1 || . . . ||hk || || k
(t, u(t) + h(t)) − (t, u(t)) − (t, u(t))h(t) dt||
0 ∂y ∂y k ∂y k+1
∂ k+1 f ∂ k+1 f
≤ ||h1 || . . . ||hk ||||h|| × sup || k+1 (t, u(t) + vh(t)) − k+1 (t, u(t))||.
v∈[0,1] ∂y ∂y
√ k+1
On peut supposer khk ≤ π pour utiliser l’uniforme continuité de ∂∂yk+1f sur le compact
√ √
[0, 1] × [−kuk − π, kuk + π]. Le sup tend vers 0 lorsque ||h|| tend vers 0, et l’on peut
conclure.

Exercice 6. (1) On veut montrer que si r est suffisamment petit, dfx0 +r est inversible.
On écrit
dfx0 +r = dfx0 (IdE + dfx−1
0
(dfx0 +r − dfx0 )).
Or, si h ∈ L(E)
P est nde norme < 1, IdE − h est inversible, d’inverse la série normalement
convergente +∞ n=0 h , et l’on applique ceci à h = −df −1
x0 (dfx0 +r − dfx0 ), en remarquant que
comme f est C , il existe δ > 0 tel que si ||r|| < δ, alors ||dfx0 +r − dfx0 || < ||dfx−1
1
0
|| et donc
||h|| < 1.
On a, en utilisant l’hypothèse
||g(r) − g(r0 )|| = ||dfx−1
0 +r
− dfx−1
0 +r
−1 −1
0 || = ||dfx0 +r (dfx0 +r 0 − dfx0 +r )dfx +r 0 ||
0

≤ ||dfx−1
0 +r
|| × ||dfx0 +r0 − dfx0 +r || × ||dfx−1
0 +r
0 0
0 || ≤ ||g(r)|| × ||g(r )|| × M × ||r − r ||.

(2) L’inégalité du (1) avec r0 = 0 donne


||g(r)|| ≤ ||g(r) − g(0)|| + ||g(0)|| ≤ ||g(r)|| × M × C||r|| + C.
On en tire ||g(r)|| ≤ C
1−M C||r||
≤ 2C si ||r|| ≤ δ ≤ (2M C)−1 .
(3) ça devient un peu pénible ...
||R(r) − R(r0 )|| = ||f (x0 + r0 ) − f (x0 + r) − dfx0 +r0 (r0 ) + dfx0 +r (r)||
=||f (x0 + r0 ) − f (x0 + r) − dfx0 +r0 (r0 − r) + (dfx0 +r − dfx0 +r0 )(r)||
≤||f (x0 + r0 ) − f (x0 + r) − dfx0 +r0 (r0 − r)|| + ||dfx0 +r − dfx0 +r0 || × ||r||
1
2

On utilise le résultat de l’exercice 2 (TAF amélioré) et l’hypothèse, ce qui donne


||R(r) − R(r0 )|| ≤ sup ||dfu − dfx0 +r0 || × ||r − r0 || + M × ||r − r0 || × ||r||
u∈[x0 +r,x0 +r0 ]

≤M sup ||u − x0 − r0 || × ||r − r0 || + M × ||r − r0 || × ||r||


u∈[x0 +r,x0 +r0 ]

≤M ||r − r0 || × (||r − r0 || + ||r||)


On échange r et r0 pour avoir la formule de l’énoncé, désolé...
Pour la seconde majoration :
||φ(r) − φ(r0 )|| = ||dfx−1
0 +r
(f (x0 ) − R(r)) − dfx−1
0 +r
0
0 (f (x0 ) − R(r ))||

= ||dfx−1
0 +r
(f (x0 ) − R(r)) − dfx−1
0 +r
(f (x0 ) − R(r0 )) + dfx−1
0 +r
(f (x0 ) − R(r0 )) − dfx−1
0 +r
0
0 (f (x0 ) − R(r ))||

≤ ||dfx−1
0 +r
|| × ||R(r) − R(r0 )|| + ||dfx−1
0 +r
− dfx−1
0 +r
0
0 || × ||f (x0 ) − R(r )||

≤ 2CM ||r − r0 || × (||r − r0 || + ||r||) + 4C 2 M ||r − r0 || × ||f (x0 ) − R(r0 )||

On utilise maintenant, en remarquant que R(0) = 0,


||f (x0 ) − R(r0 )|| ≤ ||f (x0 )|| + ||R(r0 )|| ≤ ||f (x0 )|| + ||R(r0 ) − R(0)|| ≤ ||f (x0 )|| + M ||r0 ||2 .
D’où
||φ(r)−φ(r0 )|| ≤ 2CM ||r − r0 ||2E + ||r0 ||E × ||r − r0 ||E +4C 2 M × ||f (x0 )||F + M ||r0 ||2E ×||r−r0 ||E .
 

(4) Si δ et ||f (x0 )|| sont suffisamment petits, K < 1. Si de plus C||f (x0 )|| < (1 − K)δ,
on obtient
||φ(r)|| ≤ ||φ(r) − φ(0)|| + ||φ(0)||
≤ K||r|| + ||dfx−10
(f (x0 ))|| ≤ K||r|| + C||f (x0 )|| ≤ δ.
(5) Grâce à tous nos efforts, nous voyons que nous sommes dans les conditions d’ap-
plication du théorème de point fixe de Banach/Picard pour l’application φ : B̄(x0 , δ) →
B̄(x0 , δ). En effet elle est contractante et la boule fermée est un espace métrique complet.
Cette application admet un point fixe qui est limite de la suite (rn )n∈N définie par r0 = 0,
rn+1 = φ(rn ). Mais ceci est équivalent à xn+1 = xn − dfx−1n
(f (xn )) et (xn )n∈N converge vers
−1
x = x0 + r qui vérifie x = x − dfx (f (x)), ou encore f (x) = 0.

Exercice 11. On pose f (x, ε) = (x − a)(x − a) + εx3 . On remarque que f (a, 0) =


f (b, 0) = 0 et on cherche à appliquer le théorème des fonctions implicites. Le dessin suivant
représente la situation pour a > 0. On a ∂x f = 2x − b − a + 3εx2 donc ∂x f (a, 0) = a − b est

Figure 1. Perturbation des racines

non-nul et le théorème des fonctions implicites fournit xa (ε) unique solution de l’équation
proche de a. On dérive la relation f (xa (ε), ε) = 0 pour trouver
∂x f (xa (ε), ε)x0a (ε) + ∂ε f (xa (ε), ε) = 0
3

qu’on évalue en ε = 0, en utilisant xa (0) = a pour trouver x0a (0) = a3 /(b − a). Ainsi
a3
xa () = a + ε + o(ε).
b−a
Le même raisonnement fournit une racine
b3
xb () = b + ε + o(ε).
a−b
La relation entre coefficient et racine donne une troisième racine x(ε) vérifiant xa +xb +x =
−1/ε.

Exercice 1 feuille 2 Calcul différentiel (théorème du rang constant). On re-


marque que (1) et (2) sont des cas particuliers de (3). On commence donc directement
par (3). Pour tout x ∈ U, notons M (x) la matrice jacobienne de f en x :
 
∂fi
f = (f1 , . . . , fm ), M (x) = (x)
∂xj 1≤i≤m, 1≤j≤n

On suppose que rg(M (a)) = r. Quitte à composer à gauche et à droite par des isomor-
phismes linéaires (permutations des coordonnées) de Rn et Rm respectivement, on suppose
que  
∂fi
A(x) := (x)
∂xj 1≤i≤r, 1≤j≤r
est inversible en x = a.
Remarque : Dans le cas (1), r = n ≤ m, il suffit de permuter les coordonnées dans
R , et dans le cas (2), r = m ≤ n, il suffit de permuter les coordonnées dans Rn .
m

On a det(A(a)) 6= 0, et par continuité, det(A(x)) 6= 0 pour tout x dans un voisinage de


a. Le rang reste donc au moins égal à r dans un voisinage de a.
Posons
Θ : Rn → Rn , (x1 , . . . , xn ) 7→ (f1 ((x1 , . . . , xn )), . . . , fr ((x1 , . . . , xn )), xr+1 , . . . , xn ).
La matrice jacobienne de Θ en x est de la forme
  !
  ∂fi
∂Θi ∂xj
(x) ∗
(x) = 1≤i≤r, 1≤j≤r
∂xj 1≤i,j≤n 0 In−r
et donc dΘa est inversible. D’après le théorème d’inversion locale, il existe un voisinage
ouvert U1 de a et un voisinage ouvert U2 de b := Θ(a) dans Rn tel que Θ réalise un
difféomorphisme entre U1 et U2 . Soit Φ : U2 → U1 son inverse. On a alors
f ◦ Φ(y1 , . . . , yn ) = (y1 , . . . yr , fr+1 (Φ(y1 , . . . , yn )), . . . , fm (Φ(y1 , . . . , yn ))).
Si r = m ≤ n (cas (2)), on a obtenu ce qu’on voulait, à savoir
f ◦ Φ(y1 , . . . , yn ) = (y1 , . . . ym ).
Continuons dans le cas général.
!

∂(fi ◦ Φ)
 Ir   0
(x) = ∗ ∂(fi ◦Φ)
(x)
∂yj 1≤i≤m, 1≤j≤n ∂yj
r+1≤i≤m, r+1≤j≤n

Or, pour tout y = (y1 , . . . , yn ) ∈ U2 , dΦy est inversible puisque Φ est un difféomorphisme.
Donc pour y suffisamment proche de b := Θ(a), Φ(y) est proche de a, et donc rg(dfΦ(y) ) = r
(par hypothèse). Quitte à restreindre U2 (et U1 ), on peut donc supposer que pour tout
y ∈ U2 , rg(dfΦ(y) ) = r. Or vu la forme de la matrice ci-dessus, les r premières colonnes
4

sont linéairement indépendantes, et donc les n − r dernières colonnes sont nulles (sinon,
le rang augmente !). Ainsi
 
∂(fi ◦ Φ)
(x) =0
∂yj r+1≤i≤m, r+1≤j≤n

sur U2 . Autrement dit, les fonctions fi ◦Φ, r+1 ≤ i ≤ m, ne dépendent pas de yr+1 , . . . , yn ).
On pose alors, avec un léger abus de notations :
Ψ(z1 , . . . zm ) = (z1 , . . . zr , zr+1 − (fr+1 ◦ Φ)(z1 , . . . zr ), . . . , zm − (fm ◦ Φ)(z1 , . . . zr )).
Quel est le domaine de Ψ ? Soit z = (z1 , . . . zm ). Si (z1 , . . . zr ) est dans l’image de U2
par la projection canonique de Rm sur Rr , Ψ(z) est bien défini. Comme b = Θ(a) =
(f1 (a), . . . , fr (a), ar+1 , . . . , an ) ∈ U2 , se projette sur (f1 (a), . . . , fr (a)), on voit que Ψ(f (a))
est défini.
La matrice jacobienne de Ψ en z est de a forme :
 
Ir 0
∗ Im−r
Ainsi, dΨf (a) est inversible : il existe un voisinage ouvert W1 de f (a) et un voisinage ouvert
W2 de Ψ(f (a)) tel que Ψ réalise un difféomorphisme entre W1 et W2 . D’autre part :
Ψ ◦ f ◦ Φ(y1 , . . . , yn ) = Ψ(y1 , . . . yr , fr+1 (Φ(y1 , . . . , yn )), . . . , fm (Φ(y1 , . . . , yn )))
= (y1 , . . . , yr , 0, . . . , 0).
On obtient (3), mais pas tout à fait ce que l’on veut pour (1)... On recommence depuis
le début dans ce cas. Si f est une immersion en a, choisissons un supplémentaire H de
dfa (Rn ) dans Rm :
Rm = dfa (Rn ) ⊕ H.
Choisissons un isomorphisme linaire
φ : Rm−n → H,
et posons
F : U × Rm−n → Rm , (u, t) 7→ f (u) + φ(t).
On voit que
dF(a,0) (v, w) = dfa (v) + φ(w)
et donc dF(a,0) est un isomorphisme. On applique le théorème d’inversion locale, et on
prend Ψ = F −1 . On obtient
Ψ ◦ f (x1 , . . . , xn ) = Ψ ◦ F ((x1 , . . . , xn ), 0) = (x1 , . . . , xn , 0, . . . , 0).