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MAT431 2018

Quelques exercices corrigés de la feuille 1.

Exercice 8. (Théorème de Morera) Soit f une fonction continue sur un ouvert Ω. On


suppose que
Z Z Z
(A) f (z) dz + f (z) dz + f (z) dz = 0,
[a,b] [b,c] [c,a]

pour tous a, b, c ∈ Ω tels que le triangle plein de sommets a, b et c est inclus dans Ω.
(1) Soit z0 ∈ Ω et r > 0 tel que D(z0 , r) ⊂ Ω. Pour tout z ∈ D(z0 , r), on note
Z
F (z) = f (ζ) dζ.
[z0 ,z]

Montrer que F est dérivable au sens complexe sur D(z0 , r) et calculer F 0 .


(2) En déduire que f est holomorphe sur Ω.
(3) Inversement, montrer que si f est holomorphe sur un ouvert Ω alors (A) est vérifié
pour tous a, b, c ∈ Ω tels que le triangle plein de sommets a, b et c est inclus dans Ω.

Correction :
(1) On a
Z 
F (z + h) − F (z)
Z Z
1 1
= f (ξ) dξ − f (ξ) dξ = f (ξ) dξ
h h [z0 ,z+h] [z0 ,z] h [z,z+h]

d’après l’hypothèse. Or f est continue, et donc : pour tout  > 0, il existe η > 0 tel que
si |ξ − z| < η, alors |f (ξ) − f (z)| < . On a donc, pour tout h tel que 0 < |h| < η,
Z
F (z + h) − F (z) 1
− f (z) = (f (ξ) − f (z)) dξ ≤ .
h h
[z,z+h]

Ceci signifie que F est dérivable au sens complexe en z, et F 0 (z) = f (z).
(2) La question précédente nous dit que, sur tout disque ouvert inclus dans le domaine
Ω, f est la dérivée au sens complexe de F qui est donc holomorphe (f est continue) . Il
s’ensuit que f est holomorphe.
(3) Soit (a, b, c) un triangle plein inclus dans Ω. Introduisons les milieux des segments
[a, b], [b, c] et [c, a], respectivement d, e et f . L’intégrale de f sur le bord du triangle s’écrit
comme somme des intégrales sur les 4 triangles (adf ), (dbe), (ecf ) et (f de) respectivement.
FAIRE UN DESSIN.
Il suffit donc de démontrer (A) pour les “petits triangles”. Après quelques itérations,
ces petits triangles vont être inclus dans des disques ouverts inclus dans Ω (*), et sur ces
disques, f admetR une primitive holomorphe donnée par (1). La formule est alors facilement
établie car [a,b] f (ξ) dξ = F (b) − F (a), si [a, b] est un segment inclus dans un tel disque.
Si (*) ne paraı̂t pas évidement, notons ` la distance du triangle plein (c’est un compact)
au complémentaire de Ω : on a donc ` > 0 (distance d’un compact à un fermé d’intersection
nulle). Pour tout z dans le triangle (abc), de disque de centre z et de rayon `/2 est alors
inclus dans Ω.
Le diamètre des petits triangles tend vers 0 avec le nombre d’itération du procédé, et
donc on voit maintenant qu’après un certain nombre d’itérations, tous les triangles sont
dans des disques inclus dans Ω (lorsque le diamètre des triangles st devenu plus petit que
`).
1
2

Exercice 9. [Théorème de Goursat] En utilisant l’exercice précédent, montrer que si


f : Ω → C est une fonction continue admettant une dérivée au sens complexe f 0 (z) en
tout point z ∈ Ω, alors f est holomorphe.

Correction :
D’après le théorème de Morera, il suffit de montrer qu’une telle fonction vérifie (A).
On peut reprendre le raisonnement du 3) de l’exercice R précédent, mais on ne peut pas
conclure car on ne dispose pas de la formule [a,b] f (ξ) dξ = F (b) − F (a), si [a, b] est
un segment inclus dans un disque inclu dans Ω. On reprend donc l’idée en l’affinant un
peu. Notons ∆ le triangle de départ, et ∆i , i = 1, 2, 3, 4 les 4 triangles obtenus dans
la construction, et ∆i1 ,...,in , ik = = 1, .R. . , n, les 4n triangles obtenus après
R 1, 2, 3, 4 ; k P
n-itérations. du procédé. On a ∂∆ f (ξ) dξ = 4i=1 ∂∆i f (ξ) dξ. Donc il existe j1 tel que
R R
| ∂∆ f (ξ) dξ| ≤ 4| ∂∆j f (ξ) dξ|.
1

Et on itére : il existe j1 , . . . , jn tels que


Z Z
n
| f (ξ) dξ| ≤ 4 | f (ξ) dξ|.
∂∆ ∂∆j1 ,...,jn
T
L’intersection de cette suite de triangle emboités n ∆j1 ,...,jn est un singleton {z0 }, et
comme f est C dérivable en z0 , on peut écrire f (z) = f (z0 ) + (z − z0 )f 0 (z0 ) + (z)|z − z0 |
où  est une fonction qui tend vers 0 lorsque z tend vers z0 .
D’après le théorème de Morera, ∂∆j ,...,j f (z0 ) + (ξ − z0 )f 0 (z0 ) dξ = 0 (on a remplacé
R
1 n
f (z) par son approximation f (z0 )+(z−z0 )f 0 (z0 ) qui elle est holomorphe) et par conséquent
Z Z
f (ξ) dξ = (ξ)|ξ − z0 | dξ.
∂∆j1 ,...,jn ∂∆j1 ,...,jn

Soit L le diamètre du triangle de départ. le diamètre de ∆j1 ,...,jn est plus petit que L/2n ,
et le périmètre de ce triangle est majoré par 3 fois son diamètre, soit 3L/2n . On obtient
alors Z
| (ξ)|ξ − z0 | dξ| ≤ sup |(ξ)| × L/2n × 3L/2n
∂∆j1 ,...,jn ∂∆j1 ,...,jn
R
Ainsi | ∂∆ f (ξ) dξ| ≤ sup∂∆j1 ,...,jn |(ξ)| × 3L2 . qui tend vers 0 lorsque n tend vers +∞.
On peut maintenant conclure : f vérifie (A) et est donc holomorphe.

Exercice 11. [Lemme de Schwarz] Soit f une fonction holomorphe sur le disque unité
ouvert D := {z ∈ C : |z| < 1}. On suppose f (0) = 0 et que |f (z)| ≤ 1 pour tout z ∈ D.
(1) Montrer que |f (z)| ≤ |z| pour tout z ∈ D.
(2) Monter que si |f 0 (0)| = 1 alors f (z) = f 0 (0) z pour tout z ∈ D.
(3) On suppose que f est bijective holomorphe de D dans D et que sa réciproque f −1
est elle aussi holomophe. De plus on suppose f (0) = 0. Montrer qu’il existe α ∈ C
tel que |α| = 1 et
f (z) = α z,
pour tout z ∈ D.
(4) Supposons que f n’est pas bijective. Montrer que |f (z)| < |z| pour tout z ∈ D −{0}.

Correction :
(1) La fonction g : D → C définie par g(z) = f (z)
z
pour z ∈ D \ {0} et g(0) = f 0 (0)
est holomorphe sur D. En effet elle est est holomorphe sur D − {0} et analytique en 0,
3

son développement en série entière en 0 étant obtenu en ”divisant celui de f par z”. Pour
r < 1, notons Dr et Cr le disque et le cercle de rayon r centré en 0. D’après le principe
du maximum |g(z)| ≤ maxz∈Cr |g(z)| pour z ∈ Dr . On a donc pour tout z ∈ D,
g(z) ≤ lim sup max |g(z)|,
r→1 z∈Cr

|f (z)|
≤ lim sup max ,
r→1 z∈Cr r
≤ 1.
(2) Puisque f 0 (0) = g(0) le principe du maximum appliqué à g entraı̂ne que g est
constante égale à f 0 (0).
(3) D’après la question (1) on a 1 ≥ |g(0)| = |f 0 (0)|. En appliquant ceci à f −1 on
obtient 1 ≥ |(f −1 )0 (0)| = |f 0 (f −1
1
(0))|
= |f 01(0)| . Donc |f 0 (0)| = 1 et on conclut en appliquant
le résultat de la question (2).
(4) Si |g(z)| = 1 pour un z ∈ D − {0} alors d’après le principe du maximum (comme
en (2) en z = 0) la fonction g est constante et f (z) = αz avec |α| = 1. En particulier f
est bijective.

Exercice 12. Soit D = {z ∈ C : |z| < 1}. Pour a ∈ D et z ∈ D on note


z−a
fa (z) = .
1 − az
(1) Montrer que fa (D) ⊂ D.
(2) Montrer que fa est une bijection holomorphe de D dans lui-même.
(3) En utilisant le résultat de la question 3 de l’exercice 11 en déduire que si f est une
bijection holomorphe de D dans lui-même alors il existe θ ∈ R et a ∈ D tels que
z−a
f (z) = eiθ .
1 − az
Correction :
(1) Clairement fa est holomorphe sur un ouvert contenant D. En appliquant le principe
du maximum on a pour |fa (z)| ≤ maxz∈C |fa (z)| tout z ∈ D. Or pour z ∈ C on a
z−a z−a
|fa (z)| = | 1−az | = | z−a | = 1.
(2) On vérifie facilement que f−a est un inverse de fa .
(3) Soit a ∈ D avec f (−a) = 0. Alors f ◦ f−a est une bijection holomorphe du disque
s’annulant en 0. D’après l’exercice précédent il existe α ∈ C avec |α| = 1 tel que f ◦
f−a (z) = αz pour tout z ∈ D et donc f = αfa .

Exercice 17. Soit f : D(0, 1) \ {0} → C une fonction holomorphe.


(1) Soit g une fonction holomorphe sur D(0, 1) \ {0}. Vérifier que
Z
1
r 7→ g(z) dz,
2iπ ∂D(0,r)
ne dépend pas de r ∈ ]0, 1[.
(2) Soit z ∈ D(0, 1) \ {0}. Montrer que la fonction g définie sur D(0, 1) \ {0, z} par
f (z) − f (ζ)
g(ζ) := ,
z−ζ
se prolonge en une fonction holomorphe sur D(0, 1) \ {0}.
4

(3) En utilisant les questions précédentes, montrer que


Z Z
1 f (ζ) 1 f (ζ)
f (z) = dζ − dζ,
2iπ ∂D(0,r) ζ − z 2iπ ∂D(0,s) ζ − z
pour tout 0 < s < |z| < r < 1.
(4) En déduire que f admet un développement en série de Laurent
X
f (z) = an z n
n∈Z

dans D(0, 1) \ {0} avec


Z
1 f (z)
an = dz
2iπ ∂D(0,r) z n+1
où l’on prend r > |z| si n ≥ 0 et r < |z| si n < 0.
(5) Montrer que f possède un prolongement holomorphe dans D(0, 1) si et seulement si
|f (z)| reste borné quand |z| tend vers 0.
(6) Montrer que f est méromorphe, non holomorphe, dans D(0, 1) si et seulement si
|f (z)| tend vers +∞ quand |z| tend vers 0.
(7) Soit  > 0. On suppose qu’il existe a ∈ C et r > 0 tels que D(a, r) n’intersecte pas
l’image de D(0, ) \ {0} par f . Montrer que la fonction g définie sur D(0, ) − {0}
par
1
g(z) := ,
f (z) − a
se prolonge en une fonction holomorphe en 0.
(8) On suppose que f n’est pas méromorphe en 0. Montrer que, pour tout  > 0, l’image
de D(0, ) \ {0} par f est dense dans C.

Correction :
(1) Fixons 0 > r1 < r2 < 1. A cette couronne, on ajoute des rayons, de telle sorte
que les parts du gateau ainsi découpées soient dans des disques inclus dans le disque
unité. On fait la somme des intégrales sur le bord des parts de gateau, parcourus dans
le sens trigonométrique. Chacune de ces intégrales est nulle. D’autre part, chaque rayon
est parcouru deux fois, en deux sens différents, la contribution des rayons est donc nulle.
Il reste la contributions des cercles de rayon r1 et r2 parcourus en sens opposés, ce qui
implique le résultat voulu. FAIRE UN DESSIN
(2) La fonction
f (ξ) − f (z)
g : ξ 7→ , ξ ∈ D(0, 1) \ {0, z}
ξ−z
est définie et holomorphe. D’autre part, limξ→z g(ξ) = f 0 (z) : la fonction g se prolonge
par continuité en z, elle est donc holomorphe en z.
(3) D’après (1) et (2), on a quelques soient r, s, z avec 0 < s < |z| < r < 1,
f (ξ) − f (z) f (ξ) − f (z)
Z Z
1 1
dξ = dξ,
2iπ C(0,s) ξ−z 2iπ C(0,r) ξ−z
et donc
Z Z  Z Z
f (z) dξ dξ 1 f (ξ) 1 f (ξ)
− = dξ − dξ.
2iπ C(0,s) ξ − z C(0,r) ξ − z 2iπ C(0,s) ξ − z 2iπ C(0,r) ξ − z
5

dξ dξ
R R
Or C(0,s) ξ−z = Indz (C(0, s)) = 0 et C(0,r) ξ−z = Indz (C(0, r)) = 1. On en déduit la
formule voulue.
(4) On part de l’égalité établie en (3) :
Z Z  Z Z 
1 f (ξ) f (ξ) 1 f (ξ) f (ξ)
f (z) = dξ − dξ = dξ + dξ
2iπ C(0,r) ξ − z C(0,s) ξ − z) 2iπ C(0,r) ξ(1 − z/ξ) C(0,s) z(1 − ξ/z)

Z ! Z ∞
! !
1 f (ξ) X f (ξ) X
= (z/ξ)n dξ + (ξ/z)n dξ
2iπ C(0,r) ξ n=0 C(0,s) z n=0
∞ ∞
Z 2π X !
2π X
f (reiθ ) n iθ f (seiθ ) n inθ iθ
Z
1
= z ire dθ + s e ise dθ
2iπ 0 n=0
(reiθ )n+1 0 n=0
z n+1
∞ Z 2π ∞ Z 2π
!
f (reiθ )
 
1 X X
= n einθ )
dθ z z + f (seiθ )sn+1 ei(n+1)θ dθ z −n−1
2π n=0 0 (r n=0 0

Ainsi, on a un développement en série de Laurent f (z) = n∈Z an z n , avec


P
Z 2π Z 2π
1 iθ −inθ 1
an = n
f (re )e dθ si n ≥ 0, an = n
f (seiθ )e−inθ dθ si n < 0.
2πr 0 2πs 0
Remarquons que les coefficients an ne dépendent pas du choix de r et s avec 0 < s <
|z| < r < 1, et que la série est convergente sur D(0, 1) \ {0}.
(5) Si f est holomorphe en 0, elle se prolonge par continuité en 0 et reste donc bornée
au voisinage de 0. Réciproquement, si f reste bornée au voisinage de 0, il existe M telle
que pour tout n < 0, pour tout s ∈]0, |z|[,
Z 2π
1 −inθ ≤ M →0


|an | = f (se )e dθ
2πsn 0
2πsn
lorsque Ps → 0. Ainsi an = 0 lorsque n < 0 et f admet un développement en serie
f (z) = n∈N an z n , ce qui montre quelle est holomorphe sur le disque unité.
(6) Supposons f méromorphe et non holomorphe. Alors le développement de Laurent
en 0 est de la forme f (z) = n≥−N an z n , a−N 6= 0, N > 0, dont le terme dominant lorsque
P

z tend vers 0 est a−N z −N . On en déduit facilement que |f (z)| → +∞ lorsque z tend vers
0.
1
Réciproquement, si f (z) → +∞ lorsque z tend vers 0, il existe ρ > 0 tel que g(z) = f (z)
est holomorphe sur D(0, ρ) (prolongement par continuité en 0, avec g(0) = 0. Posons
g(z) = n≥1 bn z n . Tous les bn ne sont pas nuls, sinon
P
P g estnidentiquement nulle, ce qui
est impossible. Il existe donc N > 0 el que g(z) = n≥N bn z , avec bN 6= 0. Ainsi
!
X bn+N
g(z) = bN z N 1 + zn ,
n≥1
b N

et  −1
P bn+N n
1+ n≥1 bN z
f (z) =
bN z N
où le numérateur ne s’annule pas si |z| est assez petit. Ceci montre que f a un pôle en 0
et est donc méromorphe.
(7) On suppose que D(a, r) n’intersecte pas l’image de D(0, ) \ {0} par f : alors
1
g(z) =
f (z) − a
6

est bien définie sur D(0, ) \ {0}, et l’on a même |f (z) − a| ≥ r, et donc g bornée sur
D(0, ) \ {0}. La fonction f est donc holomorphe en 0.
(8) Par l’absurde : si f (D(0, ) \ {0}) n’est pas dense dans C, il existe un disque D(a, r)
qui n’intersecte pas l’image de D(0, ) \ {0} par f , et d’après la question précédente
1
g(z) = f (z)−a est holomorphe sur D(0, ) \ {0}, et donc
1
f (z) = a + .
g(z)
Si g(0) 6= 0, alors f est bornée au voisinage de 0, et donc holomorphe sur D(0, 1). Si
g(0) = 0, alors |f (z)| → +∞ lorsque z tend vers 0, et d’après (5), f est méromorphe.

Exercice 20. Calculer Z 2π


dt
.
0 a2 cos2 t + b2 sin2 t
On pourra utiliser la formule des résidus en prenant une ellipse comme lacet.

Correction. On a d’après la formule des résidus


Z
dz
2iπ =
γ z

où γ(t) = a cos t + ib sin t. Calculons d’autre part


Z 2π Z 2π
−a sin t + ib cos t (−a sin t + ib cos t)(a cos t − ib sin t)
Z
dz
= dt = dt
γ z 0 a cos t + ib sin t 0 a2 cos2 t + b2 sin2 t
Z 2π Z 2π
(−a2 + b2 ) sin t cos t ab(sin2 t + cos2 t)
= dt + i dt
0 a2 cos2 t + b2 sin2 t 0 a2 cos2 t + b2 sin2 t
La première intégrale est donc nulle, et la deuxième vaut 2π. On obtient donc
Z 2π
dt 2π
2 2 2 2 = .
0 a cos t + b sin t ab
Exercice 25 [Application du Théorème de Rouché] Soit n ∈ N − {0}.
(1) Montrer que
| sin z| < |z cos z|,
pour tout z = x + iy tel que max(|x|, |y|) = n π.
(2) En déduire que toutes les solutions de tan z = z sont réelles.

Correction. (1) On pose z = x + iy. Si x = ±nπ, on a


| sin z| = | sin(±nπ + iy)| = | sinh y|.
D’autre part
p p
|z cos z| = n2 π 2 + y 2 | cos(±nπ + iy)| = n2 π 2 + y 2 | cosh y| ≥ |y cosh y|.
Or pour tout y ∈ R,
| sinh y| ≤ |y cosh y|,
et donc | sin z| ≤ |z cos z| si <e(z) = ±nπ.
Si y = nπ, on a
−i(x+inπ) 2
i(x+inπ)
2 2
e − e = 1 (eix e−nπ −e−ix enπ )(e−ix e−nπ −eix enπ )
| sin z| = | sin(x+inπ)| =
2i 4
7

1
= (e−2nπ − e2ix − e−2ix + e2nπ ) = cosh2 (nπ) − cos2 (x) = sinh2 (nπ) + sin2 x
4
2
+ e−i(x+inπ)
i(x+inπ)
e 1
2 2
| cos z| = | cos(x+inπ)| =
= (eix e−nπ +e−ix enπ )(e−ix e−nπ +eix enπ )
2 4
1
= (e−2nπ + e2ix + e−2ix + e2nπ ) = cosh2 (nπ) + cos2 (x) − 1 = sinh2 (nπ) + cos2 x
4
On a donc
| sin z|2 = sinh2 (nπ)+sin2 x ≤ x2 +sinh2 (nπ) ≤ (x2 +n2 π 2 )(cos2 x+sinh2 (nπ)) ≤ |z 2 cos z|.
Si y = −nπ, on a la même conclusion.
D’après le principe du maximum appliqué à zsin z
cos z
et au carré délimité par les droites
sin z
<e z = ±nπ, =m z = ±nπ, on a z cos z ≤ 1 sur tout le carré, ce qui montre l’inégalité
voulue.
(2) D’après la question précédente, on a
| tan z − z + z| ≤ |z|
sur le bord du carré, et donc tan z − z vérifie Z − P = 1 où Z est le nombre de zéros
comptés avec multiplicité et P le nombres de pôles. Les poles de tan z − z sont ceux de
tan z, c’est-à-dire les zéros de cos z, soit l’ensemble
π
{ + kπ ∈] − nπ, nπ[}.
2
Il y en a 2n. Ainsi tan z − z a 2n + 1 zéros dans ce carré. On vérifie qu’on les a tous pour
des valeurs réelles (voir le graphe de la fonction x 7→ tan x)), en tenant compte du fait
que 0 a multiplicité 3 (le développement de tan z − z commence par un terme en z 3 ).

Exercice 27 [La fonction ℘ de Weı̈erstrass] Soit Λ ⊂ C un réseau i.e. un sous-groupe


discret de la forme Zω1 ⊕ Zω2 où ω1 et ω2 sont linéairement indépendants sur R. On
rappelle, ou on admet, ou on le démontre que pour tout entier k ≥ 3 la série
X 1
|λ|k
λ∈Λ\{0}

est convergente.

(1) Soit f une fonction holomorphe sur C qui est Λ-périodique i.e. satisfait
f (z + λ) = f (z),
pour tout λ ∈ Λ. Montrer que f est constante.
(2) Montrer que la série
1 X  1 1
℘(z) = + − ,
z2 (z + λ)2 λ2
λ∈Λ\{0}

définit une fonction méromorphe Λ-périodique sur C et paire dont on précisera les
pôles. Pour établir la périodicité, on calculera ℘0 (z).
(3) Pour tout entier k ≥ 3, on pose
X 1
Ek (Λ) = .
λk
λ∈Λ\{0}
8

Etablir que

1 1 X
2
− 2
= (k + 1)λ−k−2 (−1)k z k
(z + λ) λ k=1
en déduire le développement en série de Laurent de ℘(z) au voisinage de 0 en fonction
des Ek (Λ). Remarquer que les Ek avec k impair sont nuls.
(4) Montrer que
℘0 (z)2 = 4℘(z)3 − 60E4 (Λ)℘(z) − 140E6 (Λ).

Correction. (1) Soit D = {z = aω1 + bω3 , a, b ∈ [0, 1]} le “domaine fondamental” du


réseau : tout élément de C est somme d’un élément de D et d’un élément de Λ. On a
donc f (C) = f (D). Or D est compact, et f (D) est donc borné. Ainsi f est une fonction
holomorphe sur C et bornée : c’est une constante.
(2) On vérifie que pour tout compact K de C, il existe une constante C(K) > 0 telle
que pour tout λ ∈ Λ \ {0}, λ ∈ / K, et pour tout z ∈ K,

1 1 −3
(z + λ)2 λ2 ≤ C(K)|λ| .

En effet, si A > 0 est tel que K ⊂ D(0, A),


A2
|z 2 + λz| 1 2 + 2A 1

1 1 A + 2A|λ| 1 |λ|

(z + λ)2 λ2
= ≤ ≤ 2
|z + λ|2 |λ|2 |z + λ|2 |λ|2 | λz 2 + 1|2 |λ|3
et on finit tranquillement la majoration car |λ| atteint son minimum sur Λ \ {0} et de
2
même | λz 2 + 1| est minoré par une constante > 0 (distance du compact K à l’ensemble des
points de Λ extérier à K). La série est donc normalement convergente sur tout compact de
C. Ainsi ℘ définit une fonction méromorphe Λ-périodique sur C \ Λ, avec un pôle double
en tout point de Λ. La parité est claire en substituant −λ à λ dans la somme.
Par dérivation terme à terme de la série normalement convergente sur tout compact,
on a
2 X 2 X 2
℘0 (z) = − 3 + − 3
= −
z (z + λ) λ∈Λ
(z + λ)3
λ∈Λ\{0}
0
et on voit sur cette formule que ℘ (z) est Λ-périodique. Ainsi ℘(z) − ℘(z + ω1 ) et ℘(z) −
℘(z + ω2 ) sont des constantes indépendantes de z ∈ C \ Λ. En évaluant en z = − 21 ω1 et
z = − 12 ω2 , et en utilisant la parité, on voit que ces constantes sont nulles, ce qui montre
la Λ-périodicité.
(3) Le terme de droite est la dérivée par rapport à λ de
∞ k
 
k+1 z 1 1 1 1
X
(−1) k+1
= 1 − z = − + .
k=1
λ λ 1 + λ
z + λ λ
Le terme de gauche aussi. On a donc
∞ ∞
1 X X
−k−2 k k 1 X
℘(z) = 2 + (k + 1)λ (−1) z = 2 + (k + 1)Ek+2 (−1)k z k
z k=1
z k=1
λ∈Λ\{0}

On remarque que les Ek avec k impair sont nuls par imparité, donc

1 X
℘(z) = + (2k + 1)E2k+2 z 2k
z 2 k=1
9

(4) On a
℘(z) = z −2 + 3E4 z 2 + 5E6 z 4 + · · ·
℘(z)3 = z −6 + 9E4 z −2 + 15E6 + · · ·
℘0 (z) = −2z −3 + 6E4 z + 20E6 z 3 + · · ·
℘0 (z)2 = −4z −6 − 24E4 z −2 − 80E6 + · · ·
Lorsqu’on calcule
℘0 (z)2 − 4℘(z)3 + 60E4 ℘(z) + 140E6
il ne reste donc que des puissances positives de z, c’est-à-dire une fonction holomorphe,
et Λ-périodique, donc nulle.
(4) On a
℘(z) = z −2 + 3E4 z 2 + 5E6 z 4 + · · ·
℘(z)3 = z −6 + 9E4 z −2 + 15E6 + · · ·
℘0 (z) = −2z −3 + 6E4 z + 20E6 z 3 + · · ·
℘0 (z)2 = −4z −6 − 24E4 z −2 − 80E6 + · · ·
Lorsqu’on calcule
℘0 (z)2 − 4℘(z)3 + 60E4 ℘(z) + 140E6
il ne reste donc que des puissances positives de z, c’est-à-dire une fonction holomorphe,
et Λ-périodique, donc nulle.

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