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MAT431

Devoir à la maison 2
L’objectif de ce devoir est de démontrer le théorème de Grobman–Hartman (selon lequel la dynamique autour
d’un point fixe hyperbolique est décrite qualitativement par un modèle linéaire) et de discuter une partie du
théorème de la variété stable de Hadarmard–Perron (sur la géométrie de l’ensemble d’orbites attirés par un
point fixe hyperbolique).

Question préliminaire
On se place sous les hypothèses du théorème de Banach-Picard du cours, version 1, avec T : X → X
Lipschitzienne de rapport k ∈ [0, 1[. Montrer que le point fixe p de T vérifie pour tout x0 ∈ X :
1
d(p, x0 ) ≤d(T (x0 ), x0 ).
1−k
Partie A : Théorème de Grobman–Hartman
La constante de Lipschitz d’une application Lipschitzienne g : X → X sur un espace métrique (X, d) est
notée par Lip(g). Soit E un espace de Banach, dont on note la norme |.|. L’espace L(E; E) est muni de la
norme d’opérateur notée k.k.
(1) Soient A : E → E est un isomorphisme linéaire bicontinu et f : E → E est une application Lips-
chitzienne telle que Lip(f − A) < kA−1 k−1 . Montrer que f est un homéomorphisme. (Indication: on
pourra considérer θ(x, y) := A−1 (y − (f − A)(x)).)

On suppose maintenant que E = Es ⊕ Eu , où Es et Eu sont deux espaces de Banach. On note simplement


par |.| les normes sur Es et Eu . On munit E de la norme donnée par |xs + xu | = max(|xs |, |xu |), xs ∈ Es ,
xu ∈ Eu . On rappelle que E muni de cette norme est encore un espace de Banach. Soit πs : E → Es ,
πu : E → Eu les projections de E respectivement sur Es et Eu parallèlement respectivement à Eu et Es .
(2) Montrer que ces projections sont de norme plus petite que 1 (pour la norme d’opérateur sur L(E; E)).

Soient λ, µ deux réels positifs avec λ < 1 < µ. Un isomorphisme linéaire continu A : E → E est (λ, µ)-
hyperbolique si A(Es ) = Es , A(Eu ) = Eu , kA|Es k ≤ λ, k(A|Eu )−1 k ≤ µ−1 .
(3) Soit A : E → E un isomorphisme linéaire (λ, µ)-hyperbolique. Montrer qu’une application Lipschitzi-
enne g : E → E telle que ε := Lip(g − A) < min{1 − λ, 1 − µ−1 } := ε0 admet un unique point fixe
p ∈ E et, que de plus,
|g(0)|
|p| ≤ .
ε0 − ε
Indication: On pourra considérer ge(xs + xu ) := gs (xs + xu ) + xu + (A|Eu )−1 (xu − gu (xs + xu ))

où gs = πs ◦ g, gu = πu ◦ g et montrer que g̃ est contractante de rapport 1 + ε − ε0 .

Soient A : E → E un isomorphisme linéaire (λ, µ)-hyperbolique et f, g : E → E deux applications


Lipschitziennes telles que ∆f := f − A et ∆g := g − A sont bornées et
Lip(∆f ), Lip(∆g) < min{kA−1 k−1 , 1 − λ, 1 − µ−1 } := ε1 .
En particulier, grâce à la question (1), f et g sont des homéomorphismes. On pose V = Cb (E, E) =
Cb (E, Es ) ⊕ Cb (E, Eu ) = Vs ⊕ Vu , où Cb (E, E) (resp. Cb (E, Es ), Cb (E, Eu )) est l’espace des fonctions
continues bornées de E dans E (resp. dans Es , Eu ) muni de la norme sup (de sorte que pour une fonction
h se décomposant en h = hs + hu avec hs ∈ Vs et hu ∈ Vu , on a bien kf kV = max(khs kVs , khu kVu ) ).

(4) On définit L : V → V par L(h) = A ◦ h ◦ g −1 . Vérifier que L est bien définie, c’est-à-dire que
L(h) est bien continue et bornée lorsque h est dans V ), et que L une application linéaire continue
(λ, µ)-hyperbolique relativement à la décomposition V = Vs ⊕ Vu .
1
2

(5) On définit maintenant ∆F : V → V par


∆F(h) = ∆f ◦ (idE + h) ◦ g −1 + A ◦ g −1 − idE .
Vérifier que ∆F(h) est bien continu et borné, et que ∆F est Lipschitzien avec
Lip(∆F) ≤ Lip(∆f ).
(6) En déduire qu’il existe un unique homéomorphisme h de E dans E tel que ∆h = h − idE est borné
et f ◦ h = h ◦ g.
f = h̃ − idE borné et g ◦ h̃ = h̃ ◦ f . En
(7) Par un argument simple, montrer qu’il existe aussi h̃ avec ∆h
déduire que h est un homéomorphisme. Montrer qu’il existe un homéomorphisme h1 dans V tel que
h1 ◦ f ◦ h−1
1 = A.

Partie B : Théorème de la variété stable (d’après Perron et Irwin)


On se place dans les hypothèses de la question A(3) et l’on fixe une constante κ telle que λ < κ < µ. On
introduit les espaces de Banach

Es := {(xns )n≥1 ∈ (Es )N : k(xns )n≥1 kEs := sup κ−n |xns | < +∞}
n∈N∗
et
Eu := {(xnu )n≥0 ∈ (Eu )N : k(xnu )n≥0 kEu := sup κ−n |xnu | < +∞}
n∈N
(1) Soit f : E → E une application Lipschtzienne telle que f (0) = 0 et ε := Lip(f −A) < min{κ−λ, µ−κ}.
Montrer que l’application θ : Es × Es × Eu → Es × Eu ,
θ(x0s , (xns )n≥1 , (xnu )n≥0 ) := ((πs ◦ f (xn−1
s , xun−1 ))n≥1 , (xnu + (Au )−1 (xn+1
u − πu ◦ f (xns , xnu )))n≥0 )
est bien-définie.
(2) Montrer que θ est Lipschitzienne avec Lip(θ) ≤ max{κ−1 (λ + ε), µ−1 (κ + ε)} < 1 par rapport aux
normes
k(~u, ~v , w)k
~ Es ×Es ×Eu := max{|~u|Es , k~v kEs , kwk
~ Eu } et k(~v , w)k
~ Es ×Eu := max{k~v kEs , kwk
~ Eu }.
(3) Pour chaque xs ∈ Es , soit ϕ(xs ) := ((ϕns (xs ))n≥1 , (ϕnu (xs ))n≥0 ) l’unique point fixe de (., .) 7→ θ(xs , ., .).
Montrer que ϕ0u : Es → Eu est une application contractante telle que
{(xs , ϕ0u (xs )) ∈ E : xs ∈ Es } = Wκs (f ) := {x ∈ E : sup κ−n |f n (x)| < ∞}.
n≥0

(4) Montrer que lim κ−n |f n (x)| = 0 pour tout x ∈ Wκs (f ).


n→∞