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MAT431 2018

Quelques exercices corrigés des feuilles TD2 et 3 calcul différentiel.

Feuille 2 :
Exercice 3. Considérons d’abord O(n), le groupe orthogonal. Il suffit de montrer que 0
est valeur régulière de f : M 7→ t M M − In si on choisit bien l’espace d’arrivée. Clairement
le résultat est symétrique donc on voit f comme allant de Mn (R) dans Sn l’espace vectoriel
des matrices symétriques. Or f (M + H) = f (M ) + t M H + t HM + t HH donc dfM (H) =
t
M H + t HM . Pour tout S symétrique, dfM (M S/2) = t S t M M/2 + t M M S/2 = S car S
est symétrique et M orthogonale. Donc dfM est surjective, 0 est valeur régulière de f et
O(n) = f −1 ({0}) est une sous-variété de Mn (R).
Ensuite, on considère det : O(n) → {±1}. Par continuité de cette application SO(n)
et son complémentaire dans O(n) sont fermés (et donc ouverts) dans O(n). Ce sont donc
des sous-variétés (on peut montrer que ce sont les deux composantes connexes de O(n).

Exercice 7. (Inégalité de Hadamard)


(1) Comme (v1 , . . . , vn ) 7→ det(v1 | . . . |vn ) est une application linéaire en chaque vi , on
a
n
X
det(v1 + w1 | . . . |vn + wn ) = det(v1 | . . . |vn ) + det(v1 | . . . |vi−1 |wi |vi+1 | . . . |vn )
i=1
+ o((w1 , . . . , wn ))
et donc
n
X
df(v1 ,...,vn ) (w1 , . . . , wn ) = det(v1 | . . . |vi−1 |wi |vi+1 | . . . |vn ).
i=1

(2) Supposons que (v1 , . . . , vn ) ∈ (Sn−1 )n soit un point critique de g . Alors dg(v1 ,...,vn )
s’annule, et cette application linéaire est la restriction de df(v1 ,...,vn ) à
T(v1 ,...,vn ) (Sn−1 )n = Tv1 Sn−1 × . . . × Tvn Sn−1 = v1⊥ × . . . × vn⊥ .
On a alors, pour tout (w1 , . . . , wn ) ∈ v1⊥ × . . . × vn⊥ ,
X n
det(v1 | . . . |vi−1 |wi |vi+1 | . . . |vn ) = 0.
i=1

On en déduit (en prenant tous les wj nuls sauf un) que pour tout i = 1, . . . , n ,
∀wi ∈ vi⊥ , det(v1 | . . . |vi−1 |wi |vi+1 | . . . |vn ) = 0
Autrement dit, comme on a supposé que (v1 , . . . , vn ) est libre, l’orthogonal de vi est inclus
dans l’espace engendré par les vj , j 6= i , ce qui équivaut au fait que vi est orthogonal
à tous les vj , j 6= i . Ainsi (v1 , . . . , vn ) est bien une famille orthonormale (et donc une
base). Remarquons qu’on ne pourrait pas conclure de la sorte sans avoir supposé la famille
(v1 , . . . , vn ) libre.
(3) La sous-variété (Sn−1 )n est compacte, et donc g atteint son maximum en un certain
point, et ce point est critique. D’autre part, en ce point, la famille est libre, sinon le
déterminant est nul. Or 0 n’est pas le maximum de g comme on peut le voir en prenant
une base orthonormée positive où g vaut 1 . D’après la question précédente g atteint son
maximum en une base orthonormale, et la valeur de g en un tel point est 1 . On a donc,
pour tout (v1 , . . . , vn ) ∈ (Sn−1 )n
det(v1 | . . . |vn ) ≤ 1.
1
2

Par linéarité du déterminant par rapport à ses colonnes, on en déduit que pour tout
(v1 , . . . , vn ) ∈ (Rn )n ,
det(v1 | . . . |vn ) ≤ ||v1 || × . . . × ||vn ||.

Exercice 13.(Lemme de Morse)


(1) On fixe un paramétrage local y : U → S en p. On peut toujours supposer quitte
à translater la variable que 0 ∈ U et y(0) = p. On pose g = f ◦ y − f (p). On a alors
g(0) = 0 et l’on a dg0 = dfp ◦ dy0 = 0. On a, quels que soient v, w ∈ Tp S ,
d2 fp (v, w) = d2 (f ◦ y)0 ((dy0 )−1 (v), (dy0 )−1 (w)) = d2 g0 ((dy0 )−1 (v), (dy0 )−1 (w)),
et comme dy0 est un isomorphisme de Rm sur Tp S , ceci montre que d2 g0 est non dégénérée
et de signature (p, q) sur Rm . Soit B sa matrice dans la base canonique. Soit h l’iso-
morphisme linéaire de Rm représenté dans la base canonique par une matrice P telle
que t P −1 BP −1 = 2Ip,q . On pose ỹ = y ◦ h−1 et g̃ = f ◦ ỹ. De g̃ ◦ h = g, on tire
dgx (v) = dg̃h(x) (dhx (v)) = dg̃h(x) (h(v)), puis d2 gx (v, w) = d2 g̃h(x) (h(v), h(w)). On a donc
d2 g̃0 (v, w) = d2 g0 (h−1 (v), h−1 (w)) = t (P −1 v)B(P −1 w) = t v(t P −1 BP −1 )w = t v(2Ip,q )w
Alors d2 g̃0 est représentée dans la base canonique de Rm par la matrice 2Ip,q .
Clairement, il suffit de démontrer le résultat voulu pour g̃.
(2) Comme f (0) = 0, et df0 = 0, on a d’après la formule de Taylor avec reste intégral
Z 1 Z 1 Z 1 
2 t t
f (q) = (1 − t) d ftq (q, q) dt = (1 − t) qBtq q dt = q (1 − t) Btq dt q
0 0 0
2
où Btq est la matrice de d ftq sans la base canonique. On pose donc
Z 1
B(q) = (1 − t) Btq dt
0
t
et l’on a f (q) = qB(q)q.
(3) Nous allons exhiber p comme l’inverse d’une restriction de
g : Mm (R) → Symm , g(C) = t CAC.
Cette application est de classe C ∞ et
dgC (H) = t HAC + CAH.
En particulier
dgIdm (H) = t HA + AH,
et donc ker dgIdm = {H| AH ∈ ASm } (matrices antisymétriques). Posons
E = {H| AH ∈ Symm }.
C’est un sous-espace de Mm (R) et
Mm (R) = E ⊕ ker dgIdm .
Soit ḡ la restriction de g à E . Il est clair que
dḡIdm : E → Symm
est injective. De plus, c’est aussi une application linéaire surjective, car si D ∈ Symm ,
l’équation dḡIdm (H) = t HA + AH = 2AH = D admet une unique solution H = 21 A−1 D ∈
E . Ainsi dḡIdm : E → Symm est un isomorphisme, et d’après le théorème d’inversion
locale, il existe un ouvert V de E contenant Idm et un ouvert W de Symm contenant
A tel que ḡ réalise un difféomorphisme de V sur W. On pose alors p = ḡ −1 . On a bien
p(Idm ) = A et B = t p(B)Ap(B) pour tout B ∈ W.
3

(4) On pose
φ : V −→ Rm , q 7→ p(B(q))q
m
où V est un voisinage de 0 dans R , de sorte que pour q ∈ V, B(q) soit suffisamment
proche de A et que 3. s’applique. On a alors
f (q) = t qB(q)q = t q t p(B(q))Ap(B(q))q t = φ(q)Aφ(q).
On a envie de prendre x = φ−1 , de sorte que f ◦ x(q1 ) = t q1 Aq1 , mais pour cela, il faut
voir que φ est inversible au voisinage de 0. Par le théorème d’inversion locale, il suffit de
montrer que dφ0 est inversible. On écrit φ comme composition de
Ψ : q 7→ (p(B(q)), q), V −→ GLm (R) × Rm
et du produit
Θ : Mm (R) × Rm → Rm .
On a dΨq = (dpB(q) ◦ dBq , IdRm ) et l’application Θ étant bilinéaire, on en déduit que pour
tout v ∈ Rm ,
dφq (v) = dpB(q) ◦ dBq (v)(q) + p(B(q))v.
Ce qui donne en q = 0,
dφ0 (v) = p(B(0))(v) = p(A)(v) = v
et donc dφ0 = IdRm . On peut appliquer le théorème d’inversion locale.