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C.N . E.X . O.

Paris le 18 décembre 1981

LES ENERGIES MARINES RENOUVELABLES

pa-r Philippe HARCHAND

Nous ne traiterons dan~ cet article que des é n er-


gies renouvela bles présentant aUJourd'hui de réelles perspec-
( tives de développement dans les vingt ans à venir: l' énergie
thermique des mers , l'énergie de la houle , l ' énerqie marémo -
trice. Nous laisserons d~ côté l'idée d ' exploiter les gr a -
dients de salinit~, par exemple au voisinage des estuaires car
elle pose des problèmes technologiques três délicats (mem-
branes) du ressort du laboratoire; idem pour l ' exploitation
des courants marins qui ne semble techniquement possible que
dans certains cas et à un prix très élevé ; la biomasse
marine , non rentable et de beaucoup au niveau des grandes
'.
algues/pourrait peut-êtr e contr ibuer au bilan énergétique.
â long terme si les expérimentations préliminaires en cours sur
( les microalgues tienn e nt . leurs promesses , 11 est encore trop
tôt pour e n parler ici.

Eneraie marémotrice

Les masses d ' eau océaniques étant soumises aux


attractions alternatives de la Lune et du Soleil , elles oscil -
l ent en résonance, provoquant la propagation d'une onde de
marée . Le principe de base de l ' énergie marémotrice consiste
â prélever, sous forme d ' énergie potentielle (élévation du
niveau d ' eau dans un réservoir) , une partie de l ' énergie de
l ' onde de marée, dans certaines zones favorables des plateaux
continentaux où la marée océanique est concentrée (et donc
amplifiée) par le profil des côtes e t la bathymétrie.

".
• . . 1 • ••
·' - 2 -

La res source effectivement récu pé rable est loca -


lis é e dans une vingtaine de sites répartis dans l ' océan
mond ial parmi lesquels on peut citer la baie de Fundy au
Canada, l ' estuaire de la Severn en Grande - Bretagne , le Golfe
Normanno-hreton en France , la Mer Jaune en Cor ée du Sud et
le Golfe de San José en Argentine . Le potentiel récupér able
dans le monde es't d ' environ 100 T\'lh/an , ce qui ne r epré sente
,
en définitive que la moitié de r l~ con sommat ion française
d ' é lectricité . Hais la France <lis'pose de l ' .un des meilleurs
( sites du monde qui pourrait produir e de 20 2. 34 Tl'lh/an, donc
10 à 17 % de n os besoins en élect ricité .

Au plan technique, il existe p~usieurs schémas


de fonctionnement possibles , de complexité croissante : le
cycle à un seul bassin et simple effet au vidage qui consis -
t e A remplir le bassin à marée montante et à turbiner avec
un certain retard sur la marée descendante est le plus simple ,
mais sa production est discontinue. On peut l'améliorer en
utilisant le double effet qui consiste à su~erposer deux
cycles à simple effet au vidage et au remplissage du bassin .
Nous pouvons encore le compliquer en faisant fonctionner les
turbines en pompe dans un but de souplesse de production ou
de profit économique. C ' est ainsi que fonctionne l ' usine de
la Rance . On peut aussi imaginer des usines à deux bassins
en tre lesquels on maintient une différence de niveau , ce type
d ' aménagement permettant d ' obtenir une product ion minimum
garantie .

. , ./ . , ;

"
- J -

Ces brèves généralités étant posées, nous e x amine -


rons quelques paramètres technoloqiques , économiques et
d ' enviro nn eme nt.

La seule central e marémotrice de grande taille en


fonctionnement au monde est l'usine de fa Rance comprenant
24 groupes bulbes de 10 t-lwe et
, pro"duisant annuellement
500 Gwh/an. Elle fonctionne d;epuis 15 ans dans des condi -
tians techniques et économiques satisfais·a ntes. La surface
( du bassin est de 16 km2 pour une longueur de digue de 750 m.
L ' usine de la Rance a donné naissance à une technologie
nouvelle de centrales ~ydro-électri~ues de basse chute qui
a connu et connait encore un large essor en France et ~

l ' ét ranger : plus d ' une çentaine de groupes de grande tail -


le sont en service . La technologie des groupes bulbes a
progressé (matériaux, matériels électromécaniques) et permet
d ' envisager aujourd ' hui des groupes de puissance unitaire
plus élevée . Par ailleurs, la maîtrise des travaux à la mer
du fait du développement des grands travaux portuaires) ~e

l ' offshore Pétrolie~a elle aussi considérablement progressé


( permettant d'envisager de nouvelles méthodes de construction
de digues en utilisant par exemple le concept des caissons
@:I préfabriqués, flott és et coulés sur site.

Au plan économique, on estime qu ' une usine de


240 Mw comme celle de la Rance coûterait 1 , 45 Milliard de
Francs (1980), soit 6 000 F/Kw, ce qui donne un Kwh à

.. · f ···

-.
- 4 -

32 centimes/les charges d ' exploitation intervenant pour


15 % environ . Ce prix de revient est donc lègèrement supérieur
au thermique charbon et nettement inf érieur au thermique fuel .

Pour ce qui est de l ' environneme~t , il y a là une


contrainte majeure par modification des conditions hydrauliques
naturelles , ce qui va influer sur la navigation , les pêches ,
la conchyliculture . Le bilan dif~icile à établi r et fonction
des sites peut cependant être b é 9éfique par c réation de cer -
taines activités de loisirs ) voir,e ·industrielles (aqua c ulture) .
(
En France , EDF a r epris r é cemment l ' é tude de
l ' utilisation de 1 ' énergie_ des marées dans le Golfe normanno -
breton, faisant suite au x nombreux projets étudiés par le
grand ingénieur CAQUOT . Les avants - projets s ' orientent vers
un aménagement progressif composé de plusi eu rs bassins répar -
tis sur les côtes de la Bretagne et du Cotentin. Une première
esquisse à l ' étude porte sur une usine à deux bassins qui
serait implantée au Nord de Granville sur une portion de côte
de 18 km . La puissance installée serait de 1600 Mw et le pro -
ductible de 5 , 5 Hilliard de Kwh . La complexité d ' un tel aména -
( gement est grande car les pa r amèt r es qui i ntervie n nent sont
nombreux et variés : conditions techniques et économ i ques de
réalisation et d ' exploitat i on , incidences sur l ' environnement ,
cons équen ces au plan socio - économique . Quel que soit l ' aboutis -
sement final de ces nouvelles études, le gis emen t marémoteur
français de par son importance et son caractère renouvelable ,
mérite un très sérieux effort d'évaluation .

. .. / .. .

'.
- 5 -

L ' Energie de la houle

Exploiter ' l' énergie de la houle est un rêve ancien ,


qui pour notre pays, date d ' au moins un siècle . Il suffit d ' obser -
ver la puissance de destruction des vagues de t empête pour
comprendre qu ' il y a là un défi : comment r écupé r e r cette énergie
extrêmement variable? Ex am i nons d ' abord ce qu ' est l a houle .

Lorsque le ve n t soufr.'le' sur une étendue mari n e , il se


forme une couche turbulente dans l'air au - dessus de la surface . CE
différences d e pression da n s le temps et dans l ' espace engend r ent
une rugosité superficielle qu ' on appelle " la mer du vent " : c ' est
un ensemble de vagues d e hauteurs et d e périodes très diffé r e nt es.
Ces perturbations vont se propager les vagues les plus lo n gues
allant plus vi te , l es plus courtes s ' amortissant progressiveme n t
il va donc s ' opé r er une sélection des vagues les plus longues
à mesure qu ' on s ' éloigne de la " mer d u vent " : à l 000 km , il ne
reste plus qu ' une houle r égulière , c ' est par exemple la grand e
houle du large qu ' on observe le long des côtes des landes , méme e!
absence de vent . En résumé , on peut donc dire que la houle est l a
trace d ' une tempête ayant soufflé sur une zone génératrice
(la mer du vent) pouvant être t r ès éloignée .

Le contenu énergétique d ' une houle , somme d ' une


énergie critique liée au mouvement des particules d ' eau et d ' u n e
. énergie potentie l le , est très va r iable , comme le montre l e tableal
(1) ci - apr ès .

. . . / ...

'.
, -

- 6 -

T A BLE A U
====================

LONGUEUR
PUISSANCE DES PERIODE 1 IIAUTEUR PUISSANCE
D'OND E
HOULES DE 3 A 1 1 S (S) (m)
(ml. (kvl/m)
- - - - - - ---

(CAi''lBRURE , 4 %) 3 14 0 , 56 0,9

5 '39 , l,56 12
,
7 t76' . 3 ; 06 63
( 9 126 5,06 221

Il 189 7 , 56 603
.

La puissance d ' une houle est proportionnelle à sa


période et au carré de son amp li tude : P (kw/ml = 0 , 96 H~ T .

L ' énergie des vagues représente un potentiel mondial


considérable , la puissance des vagues dissipée à la côte étant de
2 millions de ~n~ (équivalent à 2 000 tranches nucléaires de 1 000
mw) , soit en moyenne une puissance de l'ordre de 10 kw par m de
côte . La France métropolitaine présente une ressource moyenne
{lO kw/ml qui semble 3 fois moins dense qu ' en Ecosse , Irlande ou
·No r-" ège . Le potentiel houlomoteur métropolitûin est difficile à
exploiter du fait du marnage important et d ' une puissance très
variable . Il serait par contre p lu s ais é à r éc upé rer dans certainf
DOM/TOM où la houle est régulière .

Examinons rapidement quelques systèmes de récupéra tic


Le r e ndement global d ' un dispositif sera relativement modeste :
comme le montre l ' exemple suivant d ' un site exceptio nn e l (50 kw/m l

d ' où il faudra déduire les pertes di r ectionnelles ( - 18 kw/m) ,


tenir compte du rendement du capteur (50 ~ est optimiste) , du
rendement de transformation en élcctriç.ité (il nouveau 50 ~) ,
·. - 7 -

restera plus que 8 kw/m . En utilisant un très bon site français


(20 kw/m) , on s ' aperçoit qu ' il serait aujourd ' ~ui illusoire
d'espérer récupérer plus de 4 kw/m : il faudrait donc 25 km de dispc
sitifs pour récupérer l'équivalent d ' une tra;che nucléaire (1 Gwe),
encore ce chiffre est - il sans dou te! optimiste . Nous sommes c ondamné ~
au gigantisme .
.,
( La Grande - Bretagne , la Norvège , la Jap on ont fait ces
dernières années un gros effort de r echerches techniques sur les
différents dispositifs . Où en est-on aujourd ' hui? Sur la dizaine
de systèmes étudiés par les An glais , il n ' en reste plus que 3
(un système de barrage creux à compr ession d ' air par colonne d ' eau
oscillante; l es cylindres d ' Evans qui suive nt l es orbitales de
houle; les sacs f l exibles qui compriment de l ' air au passage des
vagues) . Les dispositifs en vedette il y a 3 ans {canards de Salter
ou radeaux art icul és de Cockerelll ont été abandonnés après des
e ssais coûteux en mer . Même morosité au Japon et un Norvège : capter
l ' énergie des vag ues pose des problèmes technologiques difficiles .

Cec i se tr aduit par un coût de l ' énergie produite qu ' il


semble peu probable , même dans un contexte climatique favorable ,
d'abaisser n ettement en - dessous de IF/kwh.

Il nous semble cependant prometteur de s ' intéresser


aux sites isolés (oQ donc l ' énergie est chère) où la houle est
régulière (songeons aux alizés) . On peut y envisager l ' implantation
de systèmes à terre de taille modeste (50 à 500 kw) . L ' idée, simple,
ayant d ' ailleurs fait l'objet d ' expérimentations anciennes en bassin
mais qu ' il faut reprendre et réactualiser aujourd 'hui/con siste à

"
·
'

- 8 -

faire déferler la houle sur un plan incliné pour remplir un réservai


haut (+ 2 à 3 m) qui se vide en actionnant une petite turbine . De
tels 'ëléversoirs à houle" p euv ent être installés , par exemple, sur
dl.!s récifs coralliens et sont suffisamment rusti,ques pour ronct ionne
en site isolé . Ils peuvent aussi servir à alimenter en eau des
bassins d ' aquaculture.

,
En r ésumé , nous voyons ;dQnc que l ' objectif ' grandiose
d ' une grande production d ' énergie pçm:t nos pays -développés semble
peu réaliste aujourd ' hui , mais que des applications localisées peuve
être particulièrement intéressantes, en particulier , dans les PVD .
,-
- 9 -

L ' Enerqie Thermiaue des Hers (ETro1)

Dans la zone intertropicale , les écarts de tempé -


rature entre les eau x chaudes de surface et les eau x froides
profondes (1000 m) atteignent une vingtaine de degrés C . Confor-
mément au second principe d e la thermodynamique , il est donc
possible de faire fonctionner une machine thermique ent r e la
source chaude, la sur fac e de l ' océan,
, et la source froide en
pro fondeur . C ' est la d éfinition d 'u ne usine ETM .
, .!

( Le physicien français Arsène d ' ARSONVAL fut le


premier en 18 81 , à proposer cette idée. Son élève et disciple
Georges CLAUDE l ' ex9é rimenta de 1925 à 1940, sur ses propres
deniers et avec l ' ent housiasme que donnent les grandes id ée s .
Quoi ~u ' il en soit , un siècle apr~s , aucune centrale indus -
trielle n'est en c ore en fonctionnement mais cela ne sau r ait
durer bien lon gtem9s .

Remarquons d 'abord que cette forme d ' énerg ie


intéresse un tiers de l ' océan mondia l, là où la différence
de température fond - surface est supérieu re à 18°C. La couche
superficielle chaude (25 à 30°C) fonctionne c omme u n immense
capteur sto ck eur d ' én ergie solaire et la couche profonde , en
dessous de 600 m , comme un gigantesque accumulateur de fr oi d
(4°C), const amme nt alimenté par l ' eau polaire formée plusieurs
siècles auparavant , principalement en Antarctique. Il y a là
une Bource d ' énergie renouvelable qu i serait capable, théoriqueme
capable de satisfaire la demande énergétique mondiale , mais il
faut commence r par le commencement ~ f aire acquérir à ces usines
- 10 -

un label de fiabil ité et d ' écor.omie , après quoi elles s ' imposeran
au niveau des nombreuses Iles tropicales qui produisent de
l ' électricité en brûla nt du pétrole et qui sont souvent démunies
d ' eau douce .

De quoi s ' agit - i l ? La machine thermique est très


1

simple on peut utiliser le cycle ~ferme (C.F . ) ou le cycle


: .!
ouvert (C.C . ) . Dans le ~c~y~c~l~e~f~e~r~m~'e~~ 1 l'eau de "mer chaude c ède sa
c ch a leur au travers d 'un échangeur à un fluide très v olatil c omme
l ' ammoniac qui se vaporise , se détend dans une turbine en
fou rni ssant un travail mote ur e t se c onde nse au contact de la
paroi f roide du c o ndenseur alimenté en eau de mer froide. Dans l e
cycle ouvert , c ' est l'ea u de mer qui est l e fluide mot e ur: on
l'évapore sous vide (3/1 00 d ' atmosphère) puis on la condense en
1
la mélangeant à l ' eau fro ide . Nous voyons dès lors le s problè mes
posés : faible é car t d e t empérature , donc grand débit d ' eau
(2 à 4 m3/s p a r Mt'1 e net), gros échangeurs en C . F . mai s petite
turbine , petits échangeurs en C . O . , mais grosse turbine . Par
ailleurs , le s t ubes d ' écha ng eu rs en C . F . auront tendance à se
( salir (m icrob i osalissures) puisque l ' eau de mer est r ic h e en
mic roo rg an ism es . En C . O. , l e pr i ncipal problème es t li é au
("§ dégazage u ne fraction d 'ai r dissous dans l ' eau de mer aura
tendanc e à se libérer dans le vid e de la centrale, il faudra l a
pomper en pe r manence , au prix d ' une dépense en éne r gie .

On peut imaginer d ' installer ces usines ETM en mer ou


à terre, les problèmes posés étant de nature tr ès différents .

. . . / ...
'.
- 11 -

- ~ _ !:~~;:~ :
il va "falloir poser un tuyau de grand diamètre (5 m pour une
pour une usine de 10 - 15 Mr.'~e) et de g'rande longueur (2 à 4 km)
pour véhiculer l'important débit d'eau froide (30 m3/s pour
10 Hh'e nets) mais avec un e faible p~rte de charge (quelques ml.
C ' est un problème difficile qui avait, dans le pr~j et de la
centrale C.Q . d ' Abidjan (2 uni~é~ de 5 ~ve), trouvé une solutic
! .'
technique en 1955 (pose d'un tronçon expérimental de 2 ID de
( di amètre à 300 m de prof ondeur) ; mais cette centrale, quoique
le projet eût été très avancé , n'a pas été réalisé . Plusieurs
solutions techniques fai sant appel à des matériaux " nouveaux"
(polyéthylène, plastique armé de fibres de verre) sont aujourd
hui envisagés . Quant à la pose de ce tuyau , on peut, par exemp
le remorqu er en surface et l ' ''a ffa ler'' progressivement sur le
site avec des moyens navals réduits, donc problèmes de maté -
riaux, de pose et aussi de résistance aux houles à la surface
on peut franchir cette zone ag itée en forant un tunn el ou e n
carapaçonnant la conduite avec du béton. Certains projets
ima ginen t aussi d'implanter l ' usine sur une plate forme pétroli
fix~ dans 50 ou 100 m d ' eau.

- en mer :
------
problème de flotteur , d ' ancrage profond,. de câble électrique
pour évacuer l ' électricité . Le flott eur peut être un navire
transformé si l es conditions météo l e permettent ou bien , une
pl ate fo rme semi-submersible dans les zones à cyclones, comme
le golfe du lo'!exique. L ' acquis technologique du pétrole marin
ai.dera grand e ment à la solution de ces problèmes . On peut aus :

"
.. , / .. ,
- 12 -

e nvis a ger à plus lon g terme de ne pas ancr e r le navire, de le


laisser. en haute mer et de transformer l ' énergie produite en
produit énergivore stockable (ammoniac , aluminium, hydrogène ... )
il deviendrait alors possible d ' exploiter les meilleures régions
du g is ement ETH mondial .

(
Où en est - on aujourd ' hui?

--
Les Etats - Unis , l e Japon , et dans une moindre mesure
la France , ont réouvert le dossier ces dernièr es années les
dépenses de recherche - développeme nt ont été les suivantes
environ 800 MF aux USA , 50 t-I F au Jap on , 8 MF en France . Les
programmes amér icain et japonais , orientés vers de grandes
central es (IOC Mh'e) flottantes à C . F . ont permis de développer
des échangeurs, d ' expé r imenter des tuyaux , de réaliser des expér .
mentati ons en grandeur : 50 K\" (1979) puis 1 r.1We (1981) à Hawai ,
il s ' agissait de centrales flottantes qui ressemblaient plus à
( des l aboratoires d ' essais ; 100 K\\'e nets ( 1 80 KNe en puissance
~(~ brute) pour les Japonais à Nauru (1981) et bientOt 2 M\~e ( 1 982)
(centrale à t erre) .

Quant à la France, elle n ' a fait jusqu'à présent que


du papier et commencera ) si tout va bien) à expérimenter certains
composants et à rec onnaltre un site en 1982 et 1983 . L ' objectif
étant de réaliser " le plus vit e possible", d'ici 1985, si la
volonté gouvernementale est suffisante, un prototype de quelques
MlVe fi terre et à C . O. Arrêtons - nous sur les études r écentes fait !
en France (1978 - 79 - 80) , sous· l ' égide du CNEXO . Elles compren ·
ne nt : une étude de site et des études de faisabilité (l à 15 MH.

'.
- 13 -

tous les DOM/TOM tropicaux (1 million d ' habitants) sont éligib l es


à l ' ETH. Le site de Tahiti a été sélectionné au niveau des étude!:
car i l pr6sente des conditio n s physiques favorables (températu r e ,
bathymétrid, des conditions météocéaniques et économiques
satisfaisantes . La Mar t inique pourrait. être aussi un très bo n s it

Le groupe EMPAIN - SCHNCioER a étudié la faisabilité de


( centrales terrestres , à C . F . à l ' ammoniac . Des solutions techni -
ques ont été proposées au niveau d ' une centrale de 12 à 15 Wde de
puissance nette : tuyau en plastique armé franc~issant le récif
au moyen d ' un tunnel , usi ne implantée sur l e r écif , échangeurs
tubulaires en titane .

Le groupe CGE - ALSTHOM- ATLANTIQUE a étudié plus pa r ti -


culièrement des centra l es flottantes, à c . o. flotteur - barge ,
tuyau en acier ou en béton a l légé , turbine modulaire - intérêt
de l ' eau douce en c .o. (1 500 m3/j par MWe net) .

( La compétitivité de l ' électricité ETH a été mise en


évidence pour de s puissa n ces v oisi n es de 10 M~ve où le Ktvh ressort
à 60 centimes environ . Ce chiffre serait plutôt voisin de 1 F au~

environs de 3 MHe . Cet effet d ' échelle a aussi été mis en évidenc
dans des études étrangères qui annoncent des chiffres voisins
pour 10 Hh'e et divisés par 2 pour 100 MHe : 20 à 30 centimes l e
KI\!h . Les pers~ecti ves économiques de l ' ETH son t donc bonne s . Une
étude américaine fait état d ' un march é important; d ' environ 60 Gtve
(900 milliards de F . ) entre 1990 et 2010 . Il convient de préparer
l'avenir aujourd ' hui , en réalisant des prototypes et des centrale

.. . / ...
'.
- 14 -

de démonstration . Cela implique une constance dans l es efforts


de recherche et de déve loppement . Si notre pay s a pris quelques
r e tar ds , il est permis d 'e spé r er qu e cel ui - ci pourra être rattra:
L'orientation du programme fra n ça i~dan s le s années à v en is
vers le.s puissances de l à 20 f.IHe 1 semb l e réaliste et co =::espond :
au pr emier mar ché des Iles de la ce inture intertropicale . Quand
l a viabilité technique et éco n omique aura pû être prouvée , nous
pourrons al ors dev en ir beaucoup plus a mbitieux et nous intéresser
à des puissances beaucoup plus élevées pour d ' autres marchés
qu e celui de la fourniture d ' électricité
, .

(
- 15 -

CONCLUSION
== ========

Si l ' énergie marémotrice pos e plu s un probl è me de


développement que de recherch e , il
; ,n ' en va pas de même d e l ' Ener c
Thermiqu e des Mers et à fo r tiori : dé la r é cu p~ ration de l ' é nergie
de la houle . Les perspectives sont vastes et complémentaires :
( mais dans un premi e r t emps , il faut prou ver la validit é t ech niqu e
et économique en réalisant rapidement un pilote d ' Energie
Thermiqu e des Me r s .

L ' énergie de la houle , qui est encore une affaire de


labo r atoi re pour les grandes puissances , p eut être rapideme nt
rentable pour des installations d u type déversoir en site iso l é.
Tout cel a demande de la vo lonté , de l ' a rg e nt , de l ' imag ina t ion .
Il en va de même pour toute activité nouvelle , i l n'y a pas de
rec et tes mi r acles pou r franchir les étapes , il fa ut avancer .

c.
- 16 -

BIBLIOGRAPHIE
=============

- "Les réalisations d ' EDF concernant ~ t énergi e marémotrice" de


R. BONNEFILLE - La Houille Blanche n Q 2 - 1976

.'

c - " Production d ' énergie à partir de la houle" de G. DAMY et


M. GAUTHIER - document CNEXO - 1981

- "L' énerg ie Thermique des Mers " de Philippe NARCHAND 1


La Recherche nO 105 - Novembre 1979

( - " Travaux français s ur l ' Energie Thermique des Mers" -


Entropie - "n097 - 1981
0'1

"