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Le modèle économique du Maroc : réalités et défis

La question d’un modèle économique idéal fait l’objet de nombreux débats dans le monde académique,
au sein de l’opinion publique, parmi les décideurs, et au sein des institutions concernées par les
problématiques de croissance et développement. C’est une question complexe qui renvoie aux
arbitrages en matière de priorités des politiques publiques, pour assurer en même temps, d’une part,
les dimensions économique,humaine,sociale,environnementale et d’autre part le bien être de la
population à court terme sans produire des externalités négatives a répercussions sur le bien être des
générations futures.
Le modèle économique actuel fait l’objet de plusieurs critiques du fait qu’il est incapable de produire une
croissance soutenable et inclusive qui permettra d’atténuer les différentes problématiques
économiques (chomage,déficit structurel de la balance commercial..),sociales (pauvereté,inégalités..)
et donc le modèle a montré ses limites chose souligné par sa majesté lors de l’un de ces discours.d’où
la nécessité de repenser de repenser ledit modèle pour le mettre sur les bons rails. Cela nous amène
à poser plusieurs questions :
Quelles sont les fondements de notre modèle économique actuel et qu’il est son origine ?
Quel sont les facteurs sur lesquels il faut agir pour réorienter le modèle économique du notre
pays ?
Pour répondre à ses questions notre contribution sera répartie en 2 grands titres, un premier dans
lequel on va procéder à un rappel historique des différents modèles économiques expérimenté par le
Maroc ainsi leurs fondements des dits modèles, le deuxième titre sera réservé à la discussion des
facteurs et leviers sur lesquels il faut miser pour repenser le modèle économique marocain.

I. Les modèles de croissance au Maroc à travers l’histoire et leurs limites :


Dans l’histoire de l’économie marocaine depuis l’indépendance jusqu’au 24 juin 2018 nous pouvons faire
la distinction entre trois modèles de développement, celui des années 60 et 70, le modèle des années
80 et 90 et le modèle des années 2000.
Commençons par le modèle des années 60-70 pour lequel la préoccupation majeur été de consolider
l’indépendance économique du pays avec des objectifs de renforcement du tissu économique national
et l’accompagnement des transformations sociales. Cette période s’est caractérisée par l’intervention
étatique à travers des plans (plan de 1960-1964 et plan de 1965-1967) dont l’objectif est de développer
l’agriculture et la mise en place d’une industrie de base ainsi que la promotion des exportations
accompagnés d’un investissement public couplé avec un système de protection des industries
marocaine naissante (loi sur la marocanisation).
Le deuxième modèle de croissance est celui des années 80-90 qui a émergé dans un contexte
caractérisé par sécheresse, chute des prix du phosphate, le choc pétrolier et l’augmentation des taux
d’intérêt. Une conjoncture difficile qui a aggravée les équilibres internes et externes (déficit budgétaire,
déficit de la balance des paiements...) et pousse notre pays pour se lancer dans le programme
d’ajustement structurel appuyé par le FMI. Ce PAS a concerné plusieurs domaines notamment les
finances publiques (Maitrise de la demande), la politique monétaire, le commerce extérieur, la politique
des prix la restructuration des instruments d’intervention de l’Etat dans l’économie avec comme effet
une amélioration des finances publique mais avec une aggravation du chômage couplé avec une
demande intérieur contractée et une croissance économique volatile induite par la sécheresse qui
touche au secteur agricole dont l’importance dans notre PIB n’est pas à démontrée.

En les années 2000. un nouveau modèle avec comme slogan le soutien des facteurs internes de la
croissance , vu que la demande extérieure est en recul suite aux crises qui ont touchées aux partenaires
du Maroc, ce modèle avait comme instrument le soutien des prix à travers la caisse de compensation
et l’augmentation des salaires dans le secteur public ainsi que des grandes efforts d’investissement
(30 % du PIB) entamés par la puissance publique surtout dans le domaine des infrastructures (routes,
Ports…).

II. des leviers pour un modèle de croissance inclusif producteur de croissance :


le Maroc comme pays stable politiquement avec un emplacement géographique stratégique a
aujourd’hui une opportunité pour accélérer son développement mais avec condition d’agir sur certains
facteurs dont le premier est celui de l’offre industrielle qui doit jouer la carte de compétitivité.certe
notre économie est ouverte et internationalisée mais elle souffre d’une stagnation de sa structure faible
composé de nanostructures avec une transition très longue et une valeur ajoutée très modeste et une
insuffisance en matière de création de l’emploi. Pour pallier à ces gaps le Maroc devrait miser sur
l’innovation et le renforcement de la logistique et le transport intérieur.

Un pilier aussi important doit recevoir l’intérêt des décideurs c’est celui de la formation dans lequel il
faut agir sur les ressources financières et humaines ainsi que sur le mode de gouvernance avec une
planification globale et pluriannuelle qui prenne en considération toutes les variables du système
éducatif (affectations, systèmes d’évaluations basés sur les compétences…).

Une autre équation de X inconnus et qui fait défaut a toutes notre politiques est celle de l’adéquation
entre le marché de l’emploi et la formation dispensée par notre appareil éducatif. Du ce fait l’offre de
formation universitaire et technique devrait être plus proche des besoins du marché du travail. La
création de licences professionnelles et de masters spécialisés à l’université, et le développement de la
formation en milieu professionnel dans l’enseignement technique sont encouragés. De plus, l’adéquation
qualitative des programmes pédagogiques avec les besoins en compétences doit être renforcée en
mettant l’accent sur l’apprentissage des savoirs comportementaux et des langues étrangères, ainsi que
sur l’expérience des formateurs. En parallèle, l’apprentissage tout au long de la vie, notamment pour les
salariés, devrait se développer. La mise en place d’un système d’information global et le développement
de mécanismes capables d’anticiper les besoins du marché du travail apparaissent nécessaires. Enfin,
les réformes relatives aux politiques actives de l’emploi devraient être poursuivies et pourraient
également soutenir la participation des femmes sur le marché du travail.

Un autre composante au quelle il fait prêter de l’attention est celle de la cohérence des politiques
sectorielles qu’il faut penser d’une manière verticale pour garantir leurs cohérences et également
verticale pour tenir compte des spécificités de chaque secteur. Il s’agit d’assurer que la vision du
développement du Maroc soit déclinée en objectifs prioritaires clairs et partagés, d’améliorer la
planification et l’élaboration des stratégies sectorielles, de renforcer la coordination des politiques
publiques, de soutenir la prise de décision par un système intégré de suivi de la réalisation des
stratégies et de développer une culture de l’évaluation au sein de l’administration. L’amélioration de la
gouvernance budgétaire, en adoptant une vision consolidée des comptes publics et en s’inscrivant dans
une perspective budgétaire interministérielle et pluriannuelle, sera un instrument important pour
assurer une meilleure coordination et une soutenabilité des politiques publiques sur le court et moyen
terme.

III. Conclusion :
Un modèle économique idéal et éternel n’existe pas.il s’agit d’une construction dans le temps qui tienne
compte des spécificités économiques, sociales et qui intègre les préoccupations environnementale
(prisme du développement durable) et la mouvance de la conjoncture économique interne et externe et
donc nous sommes appelés et nous seront toujours appelés pour revoir et encore revoir nos politiques
dans presque tous les domaines.