Vous êtes sur la page 1sur 146

Chapitre 1

Revue des notions de base

Dans ce chapitre, on fera une revue des notions de base reliées au cours. En premier,
une revue des nombres complexes et leurs propriétés est présentée, tandis que la seconde
partie de ce chapitre donne une revue des notions des circuits en régime sinusoı̈dal per-
manent.

1.1 Nombres Complexes

Notation : C : Ensemble des nombres complexes.

Soit z, un nombre complexe.


z = a + jb
où a est la partie réelle et b est la partie imaginaire. Il faut noter que a et b sont tous deux
des nombres réels.

Propriétés des nombres complexes

√Les nombres complexes contiennent des racines carrées < 0.


→ −1 = j √ √
Pour α > 0, −α = j α.

Exemple 1

x2 + x + 1 = 0
∆ = b2 − 4ac = −3 < 0

1
CHAPITRE 1. REVUE DES NOTIONS DE BASE

Dans l’ensemble des nombres réels, cette équation n’a pas de solution.

Dans l’ensemble des nombres complexes, on peut trouver une solution :

√ √
−1 − j 3 −1 + j 3
z1 = z2 =
2 2

1.2 Calcul avec des nombres complexes

Soit deux nombres z1 et z2 .


z1 = a1 + jb1
z2 = a2 + jb2

Addition : La somme des deux nombres est la somme de leur parties réelles et imagi-
naires.
Σ = z1 + z2 = (a1 + a2 ) + j(b1 + b2 ) (1.1)

Multiplication : Le produit des deux nombres est obtenu de la même façon que la
multiplication de deux polynômes.
Π = z1 · z2 = (a1 · a2 − b1 · b2 ) + j(a1 · b2 + a2 · b1 ) (1.2)

La multiplication d’un nombre réel et d’un nombre complexe est distributive. Pour
α ∈ R,
α · z1 = α · a1 + j(α · b1 ) (1.3)

Conjugé : z1∗ = a1 − jb1

1.3 Propriétés de l’opérateur complexe j

1. j ∗ = −j
2. (z1 + z2 )∗ = z1∗ + z2∗
3. (z1 · z2 )∗ = z1∗ · z2∗
4. j 2 = −1

5. j 3 = − −1 = −j
6. j 4 = 1

Gabriel Cormier 2 GEN1153


CHAPITRE 1. REVUE DES NOTIONS DE BASE

1.4 Plan complexe

On peut représenter les nombres complexes dans un graphique, comme à la figure 1.1.
L’axe x est l’axe des réels et l’axe y est l’axe des imaginaires.

Im

z
b

Re
a

Figure 1.1 – Plan complexe

1.5 Module d’un nombre complexe

Soit z un nombre complexe.


z = a + jb
Le conjugué est :
z∗ = a − jb

Alors,
z · z∗ = a2 + b2 = |z|2
√ √
|z| = a2 + b2 = z · z∗
où |z| est appelé le module ou l’amplitude du nombre complexe.

Propriétés :

1. α ∈ R; |α · z| = α · |z|
2. |z1 z2 | = |z1 | · |z2 |
3. |z1 + z2 | = |z1 | + |z2 |

On peut démontrer ces propriétés par quelques exemples simples.

Gabriel Cormier 3 GEN1153


CHAPITRE 1. REVUE DES NOTIONS DE BASE

Exemple 2
1 + j (1 + j)(1 + j) 2
z= = =j =j
1 − j (1 − j)(1 + j) 2

Exemple 3
z1 = 4 + j3; z2 = 1 + j2; |z1 | · |z2 | =?
On obtient :

|z1 | = 42 + 32 = 5

|z2 | = 12 + 22 = 2.24

et donc la solution :
|z1 | · |z2 | = (5)(2.24) = 11.18

Si on fait la multiplication avant de faire le module, on devrait trouver le même résultat :

z1 · z2 = −2 + j11

Le module est : q
|z1 · z2 | = (−2)2 + 112 = 11.18

1.6 Nombres complexes de module 1

q
Soit un nombre complexe z0 = a0 + jb0 , et de module |z0 | = a20 + b02 . On voit bien qu’il
existe une relation entre cette formule et la formule d’un sinus et cosinus. Pour 0 < θ < 2π,
on sait que cos2 (θ) + sin2 (θ) = 1. On peut donc faire la relation :

z0 = cos(θ) + j sin(θ)
z0 = 1∠θ

où θ est l’argument et 1 est le module de |z|.

L’opérateur complex j peut aussi être écrit comme j = 1∠(π/2).

On peut aussi dessiner le nombre complexe dans le plan sous sa forme trigonométrique,
comme à la figure 1.2.

Gabriel Cormier 4 GEN1153


CHAPITRE 1. REVUE DES NOTIONS DE BASE

Im

z
sin(θ)

θ
Re
cos(θ)

Figure 1.2 – Plan complexe

1.6.1 Argument d’un nombre complexe


Soit un nombre complexe z = a + jb, et de module |z| = a2 + b2 . Alors,

z a b
z0 = =√ +j√
|z| a2 + b2 a2 + b2
|z|
|z0 | = = 1 ⇒ ∃ 0 < θ < 2π 3 z0 = cos(θ) + j sin(θ)
|z|
z = |z|z0 = |z|(cos θ + j sin θ) = |z|∠θ
a b
cos θ = √ et sin θ = √
a2 + b2 a2 + b2

Le passage de la représentation rectangulaire à la représentation polaire est très simple :

Si z = a + jb, et on désire une représentation en forme polaire z = |z|∠θ,



|z| = a2 + b2

et !
−1 b
θ = tan
a

De la même façon, de polaire à rectangulaire : Si z = ρ∠θ, et on désire une représentation


en forme rectangulaire z = a + jb,
a = ρ cos θ
et
b = ρ sin θ

Gabriel Cormier 5 GEN1153


CHAPITRE 1. REVUE DES NOTIONS DE BASE

1.6.2 Propriétés de la forme polaire

1. z = ρ∠θ ↔ z∗ = ρ∠(−θ)
2. z1 = ρ1 ∠θ1 et z2 = ρ2 ∠θ2
(a) z1 · z2 = ρ1 · ρ2 ∠(θ1 + θ2 )
z1 ρ1
(b) = ∠(θ1 − θ2 )
z2 ρ2
3. z = ρ∠θ ⇒ zn = ρn ∠(n · θ) (formule de Moivre)
1 1
4. = ∠(−θ)
z ρ

1.7 Forme exponentielle

La représentation du nombre complexe sous forme exponentielle est aussi possible


grâce à la formule d’Euler.
ejθ = cos θ + j sin θ
z = ρ∠θ = ρ(cos θ + j sin θ) = ρejθ

Propriétés :

Pour z1 = ρ1 ejθ1 et z2 = ρ2 ejθ2

1. z1 · z2 = ρ1 · ρ2 ej(θ1 +θ2 )
z1 ρ1 j(θ −θ )
2. = e 1 2
z2 ρ2
3. zn = ρn ej(n·θ) = ρn ∠(n · θ)

Gabriel Cormier 6 GEN1153


CHAPITRE 1. REVUE DES NOTIONS DE BASE

Exemples


Exemple 1 : z = 2.8∠(45◦ ) ; z =?

→ z = 2.80.5 ∠(0.5 · 45) = 1.67∠(22.5◦ )

Exemple 2 : z = 4 − j5 ; z = ρ∠θ =?
q √
|z| = 42 + (−5)2 = 41 = 6.40

−5
θ = tan−1 = −51.34◦
4
→ z = 6.40∠(−51.34◦ )

Exemple 3 : z = −4 + j5 ; z = ρ∠θ =?
q √
|z| = (−4)2 + 52 = 41 = 6.40

5
θ = tan−1 = 128.66◦
−4
→ z = 6.40∠(128.66◦ )

Exemple 4 : z = 4∠(35◦ ) ; z = a + jb =?

a = |z| · cos θ = 4 · cos(35◦ ) = 3.28

b = |z| · sin θ = 4 · sin(35◦ ) = 2.29


→ z = 3.28 + j2.29

* Faites bien attention à la différence entre l’exemple 2 et 3. Dans les deux cas, sur
votre calculatrice, tan−1 (−1.25) = −51.34◦ , mais la solution n’est pas la même. En effet,
tan(θ) = tan(θ + π), donc il faut faire attention.

Gabriel Cormier 7 GEN1153


CHAPITRE 1. REVUE DES NOTIONS DE BASE

1.8 Analyse des circuits en régime permanent

Définition : Un circuit est dit fonctionnel au régime sinusoı̈dal si chaque source d’ex-
citation est sinusoı̈dale.

1.8.1 Notions de base

Les prochaines sections introduisent les concepts de base dans le calcul de tensions
et courants dans les circuits en régime sinusoı̈dal permanent. Ces notions de base seront
très importantes dans l’étude de ce cours. Une bonne maı̂trise des éléments présentés
ci-dessous est nécessaire.

1.8.2 Forme d’onde sinusoı̈dale

Soit v(t), une onde sinusoı̈dale,


v(t) = Vm cos(ω0 t + φ)
– Vm = Amplitude (V)
– ω0 = Fréquence (rad/s)
– φ = Phase
ω0
– Fréquence ⇒ f = 2π (Hz)
1
– Période ⇒ T = f (s)

Valeur moyenne :
Z T
1
VAV G = V (t)dt = 0
T 0

Valeur efficace : s
Z T
1 V
Vef f = V 2 (t)dt = √m
T 0 2

Exemple : Réseau électrique

– Vm = 170V
– f = 60 Hz
– Vef f = 120V
– T = 2.65 ms

Gabriel Cormier 8 GEN1153


CHAPITRE 1. REVUE DES NOTIONS DE BASE

1.8.3 Représentation vectorielle d’une forme d’onde sinusoı̈dale

ejθ = cos θ + j sin θ


→ cos θ = <{ejθ }

v(t) = Vm cos(ω0 t + φ) = <{Vm ejω0 t+φ }

De façon vectorielle :
V (t) = Vm ejω0 t+φ
→ Vecteur tournant dans le plan complexe
→ Amplitude Vm
→ Vitesse de rotation = ω0
→ Phase initiale (à t = 0) = φ
Im

Vm cos(ω0 t + φ)
ω0
Vm

φ
Re

Figure 1.3 – Représentation vectorielle

1.8.4 Notation par phaseur

v(t) = Vm cos(ω0 t + φ)


= < Vm ej(ω0 t+φ)
Vt = Vm ejφ · ejω0 t

Gabriel Cormier 9 GEN1153


CHAPITRE 1. REVUE DES NOTIONS DE BASE

1.8.5 Transformation de phaseur

Temps Phase
v(t) = Vm cos(ω0 t + φ) V = Vm ejφ = Vm ∠φ

v(t) = Vm sin(ω0 t + φ)
= Vm cos(ω0 t + φ − π/2) V = Vm ej(φ−π/2) = Vm ∠(φ − π/2)

1.8.6 Circuit en régime permanent

Exemple 4

Soit un circuit RL, avec une source v(t) = Vm cos(ω0 t + φ). Quel est le courant i(t) ?

+ i(t)
v(t) − L

Figure 1.4 – Circuit RL

L’équation de ce circuit est :

di
Vm cos(ω0 t + φ) = Ri + L
dt
Ceci est une équation différentiel de premier ordre. Pour résoudre cette équation, on uti-
lise un facteur intégrateur If . L’équation différentielle est de la forme :

y 0 + p(x)y = q(x)

Le facteur intégrateur est donc :


R
p(x)dx
If = e

Pour ce problème, ceci nous donne :


R
R R
If = e L dt = eLt

Gabriel Cormier 10 GEN1153


CHAPITRE 1. REVUE DES NOTIONS DE BASE

On multiplie le facteur intégrateur de chaque coté de l’équation. On obtient :


R di R R t V R
eLt + e L i = m cos(ω0 t + φ)e L t
dt L L
Le coté gauche de l’équation est de la forme uv 0 + u 0 v. Ceci est la dérivée de (uv). Donc le
coté gauche de l’équation peut se simplifier :
 R 
d e L ti V R
= m cos(ω0 t + φ)e L t
dt L
Si on multiplie les deux côtés par dt et que l’on intègre, on obtient :
Z
R
t Vm R
eL i = cos(ω0 t + φ)e L t dt
L
R R
L’équation du coté droit est de la forme udv = uv − vdu. Il faut intégrer par parties.

R
Posons : u= cos(ω0 t + φ) dv = e L t dt
L RL t
du = −ω0 sin(ω0 t + φ)dt v= Re

On obtient donc comme résultat :


Z
L Rt L Rt
e L cos(ω0 t + φ) + e L ω sin(ω0 t + φ)dt
R R
R R
Encore une fois, la partie de droite est de la forme udv = uv − vdu.

R
Posons : u= sin(ω0 t + φ) dv = e L t dt
R
du = ω0 cos(ω0 t + φ)dt v = RL e L t

On obtient comme résultat pour cette intégrale :


" Z #
Lω L R
t Lω R
t
sin(ω0 t + φ)e −
L cos(ω0 t + φ)e dt
L
R R R


L’intégrale de droite, à part un facteur R , est l’intégrale originale. Si on combine le
tout, avec les coefficients appropriés,
2 2
L Rt L2 ω0 R
t L ω0
Int = e cos(ω0 t + φ) + 2 sin(ω0 t + φ)e − 2 Int
L L
R R R
où Int représente l’intégrale originale. On factorise Int, regroupant les termes communs :
R2 L2 ω0
!
L Rt R
t
Int = e L cos(ω0 t + φ) + 2 sin(ω0 t + φ)e L
R2 + L2 ω02 R R

Gabriel Cormier 11 GEN1153


CHAPITRE 1. REVUE DES NOTIONS DE BASE

Si on retourne à l’équation originale, on a :


R2 L 2 ω0
!
R V L Rt R
e i= m·
Lt e L cos(ω t + φ) +
0 sin(ω 0 t + φ)e Lt
L R2 + L2 ω02 R R 2

En simplifiant :
Vm
i(t) = (R cos(ω0 t + φ) + Lω0 sin(ω0 t + φ))
R + L2 ω02
2

Il ne faut pas oublier la constante d’intégration, mais l’équation peut être simplifiée en-
core plus. En effet, on peut séparer le dénominateur en deux racines :
 

Vm R ω0 L

 
i(t) = q 
 q cos(ω0 t + φ) + q sin(ω0 t + φ)
R2 + L2 ω02  R2 + ω02 L2 R2 + ω02 L2
 

On peut alors constater que les coefficients devant le cosinus et le sinus forment l’équation
d’un triangle.
q
R2 + ω02 L2
ω0 L
θ
R

On peut donc faire la substitution :

R ω0 L
cos θ = q sin θ = q
R2 + ω02 L2 R2 + ω02 L2

Ceci donne une équation


cos θ cos(ω0 t + φ) + sin θ sin(ω0 t + φ)
qui se simplifie à :
cos(ω0 t + φ − θ)
où
ω0 L
 
θ = tan−1
R

Il reste maintenant à trouver la constante d’intégration. À t = 0, i(t) = 0, et donc


Vm
C = −q cos(φ − θ)
2 2 2
R + L ω0

Gabriel Cormier 12 GEN1153


CHAPITRE 1. REVUE DES NOTIONS DE BASE

L’équation complète du courant est donc :

i(t) = iT (t) + iRP (t)


Vm R Vm
i(t) = − q cos(φ − θ)e− L t + q cos(ω0 t + φ − θ)
2 2 2 2 2 2
R + L ω0 R + L ω0

1.8.7 Transformation dans le domaine de phase des composants pas-


sifs (R.L.C.)

Temps Phase
Résistance

v(t) = Ri(t)
Si i(t) = Im cos(ωt + φ) → I = Im ejφ = Im ∠φ
alors v(t) = RIm cos(ωt + φ) → V = RIm ejφ = RIm ∠φ
ZR = VI = R

Inductance

di
vL (t) = L dt
Si i(t) = Im cos(ωt + φ) → I = Im ejφ = Im ∠φ
alors v(t) = LωIm cos(ωt + φ + π/2) → V = LωIm ∠(φ + π/2)
ZL = Lω∠(π/2) = jLω

Condensateur

iC (t) = C dv
dt
Si v(t) = Vm cos(ωt + φ) → V = Vm ∠φ
alors i(t) = CωVm cos(ωt + φ + π/2) → I = CωVm ∠(φ + π/2)
1 1
ZC = Cω ∠(−π/2) = −j Cω

1.8.8 Méthode d’étude des circuits en régime sinusoı̈dal permanent

Temps Phase
Vm cos(ω0 t + φ) ↔ V = Vm ejφ
Im cos(ω0 t + φ) ↔ I = Im ejφ
R ↔ ZR = R
di
L, v = L dt ↔ ZL = jLω
1
C, i = C dv
dt ↔ ZC = −j Cω

Gabriel Cormier 13 GEN1153


CHAPITRE 1. REVUE DES NOTIONS DE BASE

Procédure :
1. Transformer le circuit dans le domaine de phase. (RLC) → (ZR , ZL , ZC )
2. Étudier le circuit dans le domaine de phase en utilisant les théorèmes relatifs aux
circuits électriques.
Exemple 5

On a le même circuit RL qu’auparavant, avec v(t) = Vm cos(ω0 t + φ) ; i(t)= ?

+
v(t) − L

Figure 1.5 – Circuit RL

L’équation de ce circuit est :

Vm ∠φ = RI + jω0 LI

Si on isole le courant I,
V Vm ∠φ
I= =
Z R + jω0 L
Vm ∠φ
I=q
R2 + ω02 L2 ∠(tan−1 ( ωR0 L ))
Vm
I=q ∠(φ − θ)
R2 + ω02 L2
où
ω0 L
 
θ = tan−1
R

Alors, dans le domaine de temps,

Vm
i(t) = q cos(ω0 t + φ − θ)
2 2 2
R + ω0 L

Ceci est la même chose que ce qui fut obtenu dans la section 1.8.6, sauf que le terme
dû au régime transitoire n’y est pas. On voit donc qu’on peut se servir de la méthode des
phaseurs pour étudier des circuits en régime permanent, de façon bien plus simple que
les méthodes d’équations différentielles.

Gabriel Cormier 14 GEN1153


CHAPITRE 1. REVUE DES NOTIONS DE BASE

Exemple 6

Soit un circuit RLC où vs (t) = 240 cos(ω0 t), opérant à 60Hz. Calculer
1. Is
2. VL , VC
3. IR , IC
100mH

+
vs (t) − 50Ω 80µF

Figure 1.6 – Circuit RLC

Vous pouvez essayer de résoudre ce problème à l’aide d’équations différentielles, mais


c’est encore plus long que le premier exemple. La méthode des phaseurs est bien plus
simple.

On convertit en impédances :

ZL = j37.7Ω ZC = −j33.16Ω

Calcul de la résistance équivalente du circuit :

Zéq = ZL + ZR ||ZC = 21.18∠(43.85◦ )Ω

Calcul des valeurs demandées :


Vs 240∠0
Is = = = 11.33∠(−43.85◦ ) A
Zéq 21.18∠(43.85◦ )
VL = Is · ZL = 427∠(46.16◦ ) V
VC = VR = Vs − VL = 313.18∠(−100.3◦ ) V
V
IR = R = 6.2∠(−100.3◦ ) A
R
VC
IC = = 9.44∠(−10◦ ) A
ZC

Les calculs sont bien plus faciles de cette façon.

Gabriel Cormier 15 GEN1153


Chapitre 2
Calculs de puissance

On explore ici les concepts de puissance qui seront la base pour la résolution de plu-
sieurs types de problèmes. En fait, on verra qu’il est souvent plus simple de résoudre des
problèmes en se servant des notions de puissance plutôt que les tensions et courants.

On introduira aussi le concept de facteur de puissance.

2.1 Introduction

Convention du phaseur

Soit v(t) = vm cos(ωt + φ)

De façon générale, lorsqu’on écrit v(t) en notation phaseur,


V = Vm ejφ (2.1)

En électrotechnique, la convention est un peu différente. On utilise la valeur rms


plutôt que la valeur maximale :
V
V = V ejφ ⇒ où V = Vrms = √m (2.2)
2

Diagramme vectoriel d’un circuit

On peut représenter un phaseur par un diagramme vectoriel, comme à la figure 2.1 :

1
CHAPITRE 2. CALCULS DE PUISSANCE

Ex : f (t) = A cos(ωt + 135◦ )

A
135◦

Figure 2.1 – Exemple de représentation vectorielle

On peut aussi combiner les phaseurs d’un circuit sur un même diagramme. Ex : soit
un circuit RLC, où les tensions et courants mesurés sont :

Vs = 240∠0◦ V
VL = 452∠(46◦ ) V IL = 11.3∠(−43◦ ) A
VC = 329∠(−104◦ ) V IC = 9.4∠(−10◦ ) A
VR = 329∠(−104◦ ) V IR = 6.2∠(−104◦ ) A

La figure 2.2 montre le diagramme vectoriel de ce circuit.

VL

VR , VC

Vs
IR IC IL

Figure 2.2 – Diagramme vectoriel

2.1.1 Calcul de la puissance en régime sinusoı̈dal permanent

Soit une impédance quelconque ayant une tension v(t) = Vm cos(ωt) et un courant i(t) =
Im cos(ωt − φ). On définit la puissance instantanée par :

p(t) = v(t)i(t) = Vm Im cos(ωt) cos(ωt − φ) (2.3)


1 1
= Vm Im cos φ + Vm Im cos(2ωt − φ) (2.4)
2 2
= V I cos φ + V I cos(2ωt − φ) (2.5)

Gabriel Cormier 2 GEN1153


CHAPITRE 2. CALCULS DE PUISSANCE

L’énergie échangée entre la source et le dipôle :


Zt
w= p(t)dt (2.6)
0

La puissance active ou puissance moyenne est :

1 T
Z
1
P= p(t)dt = w(T ) (2.7)
T 0 T
= V I cos φ (2.8)

Puissance complexe

On définit la puissance complexe S par :

S = VI∗ (2.9)
= V ∠0 · I∠φ
= V I∠φ
= V I cos φ + jV I sin φ (2.10)

S = P + jQ (2.11)

La quantité Q est appelée puissance réactive, et son unité est le VAR (Volt-Ampère-
Réactif).

La quantité S est aussi appelée puissance apparente, son amplitude est |S| = V I, et
son unité est le VA (Volt-Ampère).

Facteur de puissance

Le facteur de puissance est le rapport de la puissance réelle sur la puissance complexe.


P
fp = = cos φ = cos(φv − φi ) (2.12)
|S|

On peut aussi représenter les différents types de puissances (complexe, active et réactive)
sous forme de triangle (figure 2.3).

Le facteur de puissance indique si la charge se comporte de façon inductive, capacitive


ou résistive. Si le comportement est inductif, on dit que le facteur de puissance est en

Gabriel Cormier 3 GEN1153


CHAPITRE 2. CALCULS DE PUISSANCE

|S|
Q
φ
P

Figure 2.3 – Diagramme de puissance

π/2

charge inductive
φ
fp = cos(φ)
φ
charge capacitive

−π/2

Figure 2.4

retard (ou arrière, ou positif). Si le comportement est capacitif, on dit que le facteur de
puissance est en avance (ou négatif), comme à la figure 2.4.

Donc,

φ > 0 ⇒ charge inductive (en arrière)


→ I en arrière de V
φ < 0 ⇒ charge capacitive (en avance)
→ I en avance de V

2.1.2 Puissance dans une résistance

Dans une résistance, le courant et la tension sont en phase (φ = 0). La puissance est
donc :
p(t) = V I + V I cos(2ωt) (2.13)

Gabriel Cormier 4 GEN1153


CHAPITRE 2. CALCULS DE PUISSANCE

Tension, courant et puissance dans une résistance

v(t)

i(t)

π 2π

VI

p(t)

0
π 2π

La puissance complexe est S = VI∗ . Dans le cas d’une résistance, puisque l’angle de
courant est nul, I∗ = I, alors S = VI. Le facteur de puissance d’une résistance est fp =
cos φ = 1.

P =VI >0 → consomme de la puissance active


Q=0 → pas de puissance réactive

2.1.3 Puissance dans une inductance

Dans une inductance, la tension V est en avance par rapport au courant I d’un angle
de φ = π/2. La puissance est donc :

p(t) = V I cos(π/2) + V I cos(2ωt − π/2)


= V I sin(2ωt) (2.14)

Gabriel Cormier 5 GEN1153


CHAPITRE 2. CALCULS DE PUISSANCE

Tension, courant et puissance dans une inductance

v(t)

i(t)

π 2π

VI

p(t)

−VI

π 2π

La puissance moyenne P est obtenue en intégrant p(t) :

1 T
Z
P= p(t)dt = 0 (2.15)
T 0

V −jπ/2
L’impédance est XL = jωL, ce qui donne un courant de I = Lω e .

V
π/2

Figure 2.5 – Diagramme vectoriel de la tension et du courant dans une inductance

La puissance complexe est S = VI∗ . Dans une inductance, S = jV I. Alors, pour résumer :

P =0 → pas de puissance active


Q = V I > 0 → consomme de la puissance réactive

On peut aussi écrire que :


V2 V2
Q= = = I 2 Lω (2.16)
XL Lω

Gabriel Cormier 6 GEN1153


CHAPITRE 2. CALCULS DE PUISSANCE

2.1.4 Puissance dans un condensateur

Dans un condensateur, la tension V est en arrière par rapport au courant I d’un angle
de φ = π/2. La puissance est donc :
p(t) = V I cos(−π/2) + V I cos(2ωt + π/2)
= −V I sin(2ωt) (2.17)

Tension, courant et puissance dans un condensateur

v(t)

0
i(t)

π 2π

VI

p(t)

−VI

π 2π

La puissance moyenne P est obtenue en intégrant p(t) :


1 T
Z
P= p(t)dt = 0
T 0

1
L’impédance est XC = −j ωC , ce qui donne un courant de I = V Cωejπ/2 . La puissance
complexe est S = VI∗ . Dans un condensateur, S = −jV I. Alors, pour résumer :

P =0 → pas de puissance active


Q = V I < 0 → fournit de la puissance réactive

On peut aussi écrire que :


V2 I2
Q= = V 2 Cω = (2.18)
XC Cω

Gabriel Cormier 7 GEN1153


CHAPITRE 2. CALCULS DE PUISSANCE

π/2
V

Figure 2.6 – Diagramme vectoriel de la tension et du courant dans une capacitance

2.2 Charges

2.2.1 Charge inductive

Dans une charge inductive (voir figure 2.7), on retrouve des éléments résistifs
√ et in-
ductifs. La tension V est la référence de phase (V = V ∠0), et on définit Vm = 2V , où la
tension est v(t) = Vm cos(ω0 t).

+
V − L

Figure 2.7 – Charge inductive

L’impédance de cette charge est :

Z = R + jXL
q
ou sous forme polaire, Z = |Z|∠φ. La quantité |Z| = R2 + XL2 et φ = tan−1 XRL .

Alors,
V V ∠0 V V
I= = = ∠(−φ) = q ∠(−φ)
Z |Z|∠φ |Z| 2 2
R + XL
X >0
 
φ = arctan L ⇒ 0 < φ < π/2
R>0

Le diagramme vectoriel pour ce type de charge est donné dans la figure 2.8. On voit
bien que dans une charge inductive, le courant est en arrière par rapport à la tension.

Gabriel Cormier 8 GEN1153


CHAPITRE 2. CALCULS DE PUISSANCE

Figure 2.8 – Diagramme vectoriel d’une charge inductive

S = VI∗ = V I∠φ |S| = V I (puissance complexe) [VA]


= V I cos φ + jV I sin φ Q = V I sin φ (puissance réactive) [VAR]
P = RI 2 = V I cos φ (puissance active) [W]

|S|
Q = XL |I|2
φ
P = R|I|2

Figure 2.9 – Diagramme de puissance d’une charge inductive

2.2.2 Charge capacitive

Dans une charge capacitive (voir figure 2.10), on retrouve des éléments √ résistifs et
capacitifs. La tension V est la référence de phase (V = V ∠0), et on définit Vm = 2V , où la
tension est v(t) = Vm cos(ω0 t).

+
V − C

Figure 2.10 – Charge capacitive

L’impédance de cette charge est :

Z = R − jXC
q
ou sous forme polaire, Z = |Z|∠φ. La quantité |Z| = R2 + XC2 et φ = tan−1 −XC
R .

Gabriel Cormier 9 GEN1153


CHAPITRE 2. CALCULS DE PUISSANCE

Alors,
V V ∠0 V V
I= = = ∠(+φ) = q ∠(+φ)
Z |Z|∠ − φ |Z|
R2 + XL2
−XC < 0
 
φ = arctan ⇒ −π/2 < φ < 0
R>0

Le diagramme vectoriel d’une charge capacitive est donné dans la figure 2.11. On voit
bien que le courant est en avance par rapport à la tension.

Figure 2.11 – Diagramme vectoriel d’une charge capacitive

La puissance complexe est S = VI∗ = V I∠φ = V I cos φ + jV I sin φ.

|S| = V I (puissance complexe) [VA]


Q = −I 2 XC = V I sin φ (puissance réactive) [VAR]
P = RI 2 = V I cos φ (puissance active) [W]

P = R|I|2
φ
Q = XC |I|2
|S|

Figure 2.12 – Diagramme de puissance d’une charge capacitive

Gabriel Cormier 10 GEN1153


CHAPITRE 2. CALCULS DE PUISSANCE

Exemple 1

Une charge industrielle est branchée à une ligne de transmission de 240V. La charge
consomme une puissance active de 25kW et une puissance réactive de 16kVAR. Calculer :
1. Le facteur de puissance fp
2. Le courant I
3. La charge Z

——————

1. Le facteur de puissance fp = cos φ. Si on regarde sur les diagrammes de puissances, on


trouve que
Q
tan φ = = 32.62◦ .
P
Ceci veut dire que le facteur de puissance est :

fp = cos(32.62◦ ) = 0.84 (arrière) (Q > 0)

2. Pour trouver le courant, on sait que P = V I cos φ. Donc :

P 25 × 103
I= = = 123.67∠(−32.62◦ )
V cos φ (240)(0.84)

3. Il y a deux méthodes possibles pour obtenir la charge Z

a) Utiliser les puissances :

P 25 × 103
P = R|I|2 ⇒ R = = = 1.63Ω
|I|2 (123.67)2
Q 16 × 103
Q = X|I|2 ⇒ X = 2 = = 1.05Ω
|I| (123.67)2

Alors Z = 1.63 + j1.05Ω = 1.94∠(32.62◦ ).

b) Utiliser la tension et le courant :

V 240∠0
Z= = = 1.94∠(32.62◦ )
I 123.67∠(−32.62◦ )

Gabriel Cormier 11 GEN1153


CHAPITRE 2. CALCULS DE PUISSANCE

Exemple 2

Une charge ayant une impédance de 39+j26Ω est alimentée par une source de 250VRMS .
La ligne qui alimente la charge a une impédance de 1 + j4Ω.
1. Calculer le courant de charge IL et la tension VL .
2. Calculer la puissance active et réactive consommée par la charge.
3. Calculer les pertes dans la ligne.
4. Calculer la puissance active et réactive fournie par la source.

——————

Le circuit est :

1 + j4Ω
+

Vs 39 + j26Ω

1. Le courant de la charge est le courant total circulant dans le circuit.


V 250∠0
IL = = = 5∠(−36.87◦ ) A
ZT 40 + j30
VL = IL ZL = 5∠(−36.87◦ ) · (39 + j26) = 234 − j13 = 234.36∠(−3.18◦ ) V

2. Puissances :

S = VI∗ = (234.36∠(−3.18◦ ))(5∠(+36.87◦ ))


= (234 − j13)(4 + j3)
= 975 + j650 VA

Donc : P = 975 W, Q = 650 VAR

3. Les pertes sur la ligne :

P = R|I|2 = (1)(5)2 = 25 W
Q = X|I|2 = (4)(5)2 = 100 VAR

Gabriel Cormier 12 GEN1153


CHAPITRE 2. CALCULS DE PUISSANCE

Habituellement, lorsqu’on parle de pertes sur la ligne, on ne parle que de P .

4. Puissances active et réactive de la source (encore ici, on peut utiliser deux méthodes) :

a) Somme des puissances connues :

S = Sligne + Scharge
= (25 + j100) + (975 + j650)
= 1000 + j750 VA

b) Tension et courant

S = VI∗
= (250)(5∠(36.87◦ ))
= (250)(4 + j3)
= 1000 + j750 VA

2.3 Compensation du facteur de puissance

On va se servir d’un exemple pour démontrer le principe de correction du facteur


de puissance. Le but est d’augmenter le facteur de puissance (habituellement, on veut
ramener le facteur de puissance près de 1). On reprend l’exemple 1, mais cette fois on
ajoute un condensateur aux bornes de la charge.

P = 25kW
240V −j5Ω
Q = 16kVAR

On veut trouver a) fp0 et b) le courant Is .

a) Le facteur de puissance est :


P0 P0
fp0 = =
|S 0 |
p
(P 0 )2 + (Q0 )2

Gabriel Cormier 13 GEN1153


CHAPITRE 2. CALCULS DE PUISSANCE

La puissance active P 0 = P = 25 kW (puisque le condensateur n’ajoute pas de puissance


active au circuit), et la puissance réactive Q0 = Q + QC .

|V |2 2402
QC = −|I|2 XC = − =− = −11.52 kVAR
XC 5
Q0 = 16 − 11.52 = 4.48 kVAR

Donc,
25
fp0 = p = 0.98 (arrière)
(25)2 + (4.48)2
Le facteur de puissance est maintenant 0.98, comparativement à 0.84 dans l’exemple 1.

b) On peut trouver le courant à l’aide des puissances :

S 0 = VI∗

S 0 (25 + j4.48) × 103


I∗ = = = 104.17 + j18.67A
V 240
I = 105.83∠(−10.16◦ )

Si on compare,

Charge non compensée Charge compensée


|I| = 123 A |I| = 106 A
fp = 0.84 fp = 0.98
Pertes R|I|2 % Pertes R|I|2 &

Les pertes sur la ligne de transport (qui ne sont pas montrées sur la figure ci-haut) sont
RI 2 .
L’ajout du condensateur a permis de réduire le courant et donc les pertes sur la ligne
de transport. Dans ce cas, les pertes ont chuté de :

R|I|2 − R(|I 0 |)2 1232 − 1062


= = 25.7%
R|I|2 1232
La puissance fournie par la source est alors réduite aussi.

Gabriel Cormier 14 GEN1153


CHAPITRE 2. CALCULS DE PUISSANCE

Exemple 3

Pour le circuit suivant,

0.05 + j0.5Ω
+
Is +
8kW Z2 20kVA
Vs 250∠0◦ Z1
0.8 avance 0.6 arrière

1. Déterminer le facteur de puissance des deux charges en parallèle.


2. Déterminer l’amplitude du courant IS , la puissance active perdue dans la ligne et la
puissance apparente fournie par la source.
3. Si la fréquence de la source est 60Hz, calculer la valeur du condensateur nécessaire
pour corriger le facteur de puissance à 1. Recalculer les valeurs de la question 2.

——————

1) St = S1 + S2

8kW P1 P
φ f p1 = ⇒ |S1 | = 1 = 10 kVA
S1 fp1
q
Q
10kVA Q1 = |S1 |2 − P12 = −6 kVAR

Donc, S1 = 8 − j6 kVA.

On sait que |S2 | = 20 kVA :

20kVA P2 = |S2 | · fp = 20 · 0.6 = 12 kW


Q q √
φ Q2 = |S2 |2 − P22 = 202 − 122 = 16 kVAR
12kW

Gabriel Cormier 15 GEN1153


CHAPITRE 2. CALCULS DE PUISSANCE

Donc SL = SL1 + SL2 = 20 + j10 kVA.

La puissance active totale des deux charges, Pt , est 20 kW. Donc :

Pt 20
fp = =√ = 0.894 (arrière)
|St | 202 + 102

On aurait aussi pu trouver l’angle entre la tension et le courant :

St 20 + j10
I∗S = = = 80 + j40 ⇒ IS = 80 − j40 A = 89.44∠(−26.57◦ ) A
V 0.25
Et, fp = cos(0◦ + 26.57◦ ) = 0.894 (arrière).

2. Courant IS , puissance active perdue dans la ligne et puissance apparente fournie par la
source.

Le courant de la source est le même que celui dans les charges, soit 89.44∠(−26.57)A.
On sait que : Ss = Sligne + Scharge . La puissance apparente totale dans la charge fut calculée
dans la partie 1 : Scharge = 20 + j10 kVA. La puissance apparente dans la ligne est :

Sligne = VI∗ = Rligne |I|2 + jXligne |I|2 = (89.44)2 (0.05 + j0.5) = 400 + j4000 VA

Donc la puissance apparente fournie par la source est :

Ss = Sligne + Scharge
= (0.4 + j4) + (20 + j10) kVA
= 20.4 + j14 kVA

3. On veut corriger le facteur de puissance à 1. Ceci veut dire qu’il faut éliminer la puis-
sance réactive consommée par les charges.

QC = −QS = −10 kVAR


|V|2 2502
XC = = = −6.25 Ω
Q 10 × 103
1
XC = − = −6.25 ⇒ C = 424.4µF

La puissance apparente totale de la charge est maintenant |S| = P = 20kVA. Le courant


est
20 × 103
|I| = = 80A
250

Gabriel Cormier 16 GEN1153


CHAPITRE 2. CALCULS DE PUISSANCE

La puissance perdue dans la ligne est maintenant :

Sligne = R|I|2 + jX|I|2 = (80)2 (0.05 + j0.5) = 320 + j3200 VA

Donc la puissance totale fournie par la source est :

Ss = Sligne + Scharge
= (0.32 + j3.2) + (20 + j0) kVA
= 20.32 + j3.2 kVA

* Les pertes sur la ligne ont chuté de 400 - 320 = 80 W.

2.3.1 Circuit résonant (série)

Si on considère le circuit suivant (figure 2.13) :

+
Vs − L

Figure 2.13 – Circuit RLC

L’impédance Z = R + j(XL − XC ).
q
|Z| = R2 + (XL − XC )2
−1 XL − XC
 
φ = tan
R

On étudie cas par cas le comportement de ce circuit selon l’amplitude des impédances.
On s’intéresse à la phase de l’impédance totale.

1. Si XL > XC
XL − XC −1 XL − XC
 
→ > 0 ⇒ tan ∈ [0, π/2]
R R
⇒ 0 < φ < π/2

Gabriel Cormier 17 GEN1153


CHAPITRE 2. CALCULS DE PUISSANCE

Le circuit se comporte comme une charge inductive.

2. Si XL < XC
XL − XC −1 XL − XC
 
→ < 0 ⇒ tan ∈ [−π/2, 0]
R R
⇒ − π/2 < φ < 0

Le circuit se comporte comme une charge capacitive.

3. Si XL = XC
XL − XC X − XC
 
→ = 0 ⇒ tan−1 L =0
R R
⇒φ=0

Le circuit se comporte comme une charge résistive. Dans ce cas, lorsque XL = XC ,

1 1
XL = XC ⇒ Lω = ⇒ ω0 = √
Cω LC
où ω0 est la fréquence de résonance.

On peut résumer :
1. ω > ω0 ⇒ XL > XC . Le circuit se comporte comme une charge RL.
2. ω < ω0 ⇒ XL < XC . Le circuit se comporte comme une charge RC.
3. ω = ω0 ⇒ XL = XC . Circuit résonant.

Gabriel Cormier 18 GEN1153


Chapitre 3
Circuits triphasés équilibrés

Les circuits triphasés forment la base du réseau de distribution de l’électricité. On se


sert de circuits triphasés entre les génératrices et les réseaux industriels et résidentiels. Le
système triphasé transporte l’énergie électrique jusqu’à une subdivision résidentielle, par
exemple, où elle est ensuite distribuée de façon monophasée.

Les circuits triphasés ont quelques avantages par rapport aux circuits monophasés qui
rendent leur utilisation très attrayante.
1. Pour les mêmes dimensions, un moteur triphasé est environ 150% plus puissant
qu’un moteur monophasé.
2. Dans un système monophasé, la puissance oscille à la fréquence du réseau ; elle
passe par zéro à tous les cycles. Dans un système triphasé, la puissance ne devient
jamais nulle ; ceci simplifie le design et l’opération de moteurs triphasés.
3. Dans un système triphasé équilibré, les conducteurs ont seulement besoin d’être
environ 75% de la taille des conducteurs d’un système monophasé. Bien qu’il y
ait deux fils de plus, cette réduction de taille permet quand même de réaliser des
économies.

3.1 Introduction

Soit un système de transmission de l’énergie électrique, montré à la figure 3.1.

Ligne
Générateur Charge

Figure 3.1 – Système de transmission d’énergie électrique

1
CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

Le générateur fournit une tension fixe ; l’énergie est emportée aux consommateurs par
une ligne de distribution (ou plus précisément un réseau de distribution). La charge peut
représenter n’importe quoi : une grande industrie, une entreprise ou une maison. Les
charges peuvent être énormes (comme les machines d’un moulin à pâtes et papier) ou
faible, comme votre grille-pain.

La ligne de distribution a une impédance non-négligeable ; bien qu’on choisit des


conducteurs ayant une faible résistivité, sur de longues distances cette impédance ne peut
pas être ignorée.

En monophasé, on a le circuit de la figure3.2, où v(t) = 2V cos(ωt) ; v(t) est une ten-
sion fixe.
Zligne

+
v(t) − Zeq

Figure 3.2 – Schéma monophasé de transmission d’électricité

La tension dans un réseau électrique est fixe (ex : dans le réseau résidentiel, c’est 120V).
Pour fournir plus de puissance, il faut augmenter le courant. Par contre, lorsque la puis-
sance augmente et on augmente alors le courant, les pertes sur la ligne vont augmenter
aussi (P = RI 2 ). Pour avoir des pertes minimales, il faut alors réduire les pertes sur la
ligne.

Pligne = Rligne I 2 (3.1)


et ρ
Rligne = (3.2)
A
où A est la surface du conducteur et ρ est la résistivité du matériau.

Si on a plusieurs câbles en parallèle (de même impédance), comme à la figure 3.3, la


résistance équivalente va chuter d’un facteur 1/N .

On peut assembler le circuit monophasé équivalent, à la figure 3.4.

Existe-t-il un système permettant de diminuer le nombre de câbles sur la ligne ?

⇒ Utilisation d’un système polyphasé équilibré.

Gabriel Cormier 2 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

1 Rc

2 Rc

.. Rc
RL . RL =
N

N Rc

Figure 3.3 – Câbles en parallèle

I1 →
I2 →
..
. IN →
+
v(t) − Z
← I1
← I2
..
← IN .

Figure 3.4 – Circuit monophasé d’un système à plusieurs câbles

Définition 1 : Un système polyphasé équilibré est un système composé d’une source (générateur)
polyphasée équilibrée et une charge polyphasée équilibrée.

Définition 2 : Une source polyphasée d’ordre p est une source composée de p sources de
tension de même amplitude et décalées d’un angle égal à 2π/p.

! ! !
◦ −2π −(k − 1)2π −(p − 1)
V1 = V ∠(0 ); V2 = V ∠ . . . Vk = V ∠ . . . Vp = V ∠ 2π
p p p

Définition 3 : Une charge polyphasée est une charge composée par p impédances iden-
tiques, comme à la figure 3.15.

···
Z1 = Z Z2 = Z Zp = Z

Figure 3.5 – Charge triphasée

Un exemple de circuit polyphasé est montré à la figure 3.6.

Gabriel Cormier 3 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

Ip →

I2 →
I1 →

+ + +
Vp − · · · V2 − V1 − Z1 Z2 · · · Zp

Figure 3.6 – Circuit polyphasé

Objectif : Diminuer le nombre de câbles sur la ligne. On veut diminuer le nombre de


câbles afin de diminuer les coûts. Les courants sont :
V1 V ∠0 V2 V −j 2π Vp V −j( p−1 2π)
I1 = = , I2 = = e p, ..., Ip = = e p
Z Z Z Z Z Z

Si on somme les courants :


p
X
Ii = I1 + I2 + · · · + Ip
i=1
V −j0 V −j 2π V −j( p−1 2π)
= e + e p + ··· + e p
Z Z Z
V −j( 2π 2π

×0) −j( ×1) −j( 2π ×(p−1))
= e p +e p + ··· + e p
Z"
 2π 0  2π 1  2π p−1 #
V −j p −j p −j
= e + e + ··· + e p
Z
  2π p   
 1 − e−j p 
 V  1 − e−j2π 
 
V 
=   2π   =   2π  
Z  −j p  Z  1 − e−j p 
1− e  

=0

⇒ Dans un système polyphasé équilibré, la somme des courants est zéro.

On peut donc réduire le circuit à celui de la figure 3.7.

Gabriel Cormier 4 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

Ip →

I2 →
I1 →

+ + +
Vp − · · · V2 − V1 − Z1 Z2 · · · Zp

P
← IN = I =0

Figure 3.7 – Circuit polyphasé simplifié

3.2 Système triphasé

Un système triphasé est un système polyphasé d’ordre 3 (p = 3). On a déjà énuméré


quelques avantages des systèmes triphasés.

3.2.1 Utilisation

On utilise le triphasé pour la génération et le transport de l’énergie électrique.

Charges :

Industries moyenne, grosse : 3φ, V > 2.4kV

Commerce, petites industries 3φ, 208 < V < 600

Résidentiel 1φ, V = 120V

3.2.2 Générateur 3φ

Un générateur triphasé est une machine synchrone composée d’un rotor (aimant tour-
nant) et de 3 bobinages fixes. Les bobinages sont séparés de 120◦ , autour du rotor. Puis-
qu’ils sont séparés, physiquement, de 120◦ , les tensions créées dans les bobinages A, B, et
C, sont déphasées de 120◦ :
vA (t) = Vm sin(ωt)
vB (t) = Vm sin(ωt + 120◦ )
vC (t) = Vm sin(ωt − 120◦ )

Gabriel Cormier 5 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

La séquence est positive : on appelle ceci la séquence inverse. Dans la rotation négative
(séquence directe) :

vA (t) = Vm sin(ωt)
vB (t) = Vm sin(ωt − 120◦ )
vC (t) = Vm sin(ωt + 120◦ )

3.2.3 Séquence (ou phase) d’un système triphasé

La séquence directe ABC est montrée à la figure 3.8.

vA (t) = Vm sin(ωt)
vB (t) = Vm sin(ωt − 120◦ )
vC (t) = Vm sin(ωt + 120◦ )

VC

VA

VB

Figure 3.8 – Séquence directe

La séquence inverse ACB est montrée à la figure 3.9.

vA (t) = Vm sin(ωt)
vB (t) = Vm sin(ωt + 120◦ )
vC (t) = Vm sin(ωt − 120◦ )

3.3 Source de tension triphasée équilibrée

Une source de tension triphasée


√ équilibrée est composée de 3 sources de tension mo-
nophasées de même amplitude ( 2V ) et décalée de 2π/3, comme à la figure 3.10.

VA = V ∠0 VB = V ∠(−2π/3) VC = V ∠(+2π/3)

Gabriel Cormier 6 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

VB

VA

VC

Figure 3.9 – Séquence directe

+ + +
vA (t) − vB (t) − vC (t) −

Figure 3.10 – Source triphasée

Il y a deux combinaisons possibles pour brancher ces trois sources :


1. Connection en Y (aussi appelé connection étoile)
2. Connection en ∆ (aussi appelé connection triangle)

3.3.1 Connection en Y

La connection Y d’une source triphasée est montrée à la figure 3.11.

va (t)
a Ia →
+

vb (t)
b Ib →
+

vc (t)
c Ic →
+

n ← In = Ia + Ib + Ic

Figure 3.11 – Source triphasée en connection Y

Les tensions Van , Vbn et Vcn sont appelés tensions de phase ; ce sont les tensions Ligne-

Gabriel Cormier 7 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

Neutre. Les courants Ia , Ib et Ic sont les courants de ligne.

Van = Va = V ∠0
Vbn = Vb = V ∠(−120◦ )
Vcn = Vc = V ∠(+120◦ )

Dans un système triphasé équilibré, les trois courants ont la même amplitude, et sont
déphasés de 2π/3.

Ia = I∠(φ) Ib = I∠(φ − 2π/3) Ic = I∠(φ + 2π/3)

Le courant du neutre est In = Ia + Ib + Ic = 0.

Tensions de ligne

On peut aussi calculer la tension entre les différentes lignes, comme à la figure 3.12.

Vc
Vca

Vbc Va

Vab
Vb

Figure 3.12 – Tensions entre les lignes


Vab = Va − Vb = V ∠0◦ − V ∠(−120◦ ) = 3V ∠(30◦ )

Vbc = Vb − Vc = V ∠(−120◦ ) − V ∠(+120◦ ) = 3V ∠(−90◦ )

Vca = Vc − Va = V ∠(+120◦ ) − V ∠(0◦ ) = 3V ∠(150◦ )

Les tensions Vab , Vbc et Vca forment un système triphasé équilibré direct, de séquence
(ab)-(bc)-(ca).

Dans le système résidentiel,



VL−N = 120V , VL−L = 3 · 120 = 208V

Gabriel Cormier 8 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

Les tensions ligne-ligne (L-L) sont en√avance de 30◦ par rapport aux tensions ligne-
neutre (L-N) et supérieures d’un facteur 3 (figure 3.13).

Vca Vcn Vab

Van

Vbn

Vbc

Figure 3.13 – Tensions entre les lignes (Y)

3.3.2 Connection en ∆

La connection ∆ d’une source triphasée est montrée à la figure 3.14.

a Ia →

va (t)
+

− b Ib →
vc (t)
+
+

vb (t)

c Ic →

Figure 3.14 – Source triphasée en connection ∆

Les tensions ligne-ligne sont :

Vab = Va = V ∠0
Vbc = Vb = V ∠(−120◦ )
Vca = Vc = V ∠(+120◦ )

Ici, les tensions ligne-ligne sont les même que celles des sources. Remarquer aussi qu’il
n’y a pas de neutre.

Gabriel Cormier 9 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

3.4 Charge triphasée

Une charge triphasée est une charge composée de trois charges monophasées de même
impédance, comme à la figure 3.15.

Z Z Z

Figure 3.15 – Charge triphasée

3.4.1 Connection en Y

La connection Y d’une charge triphasée est montrée à la figure 3.16. À l’équilibre,

Z
a Ia →

Z
b Ib →

Z
c Ic →

n ← In

Figure 3.16 – Charge triphasée en connection Y


P
In = I = 0.

Si Z = Z∠φ :

Van Vbn Vcn


Ia = ∠(−φ) Ib = ∠(−φ) Ic = ∠(−φ)
Z Z Z
Le diagramme vectoriel de cette charge est montré à la figure 3.17.

Gabriel Cormier 10 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

Vcn Ib

Van
φ
φ
Ic
Ia

Vbn

Figure 3.17 – Tensions entre les lignes

3.4.2 Connection en ∆

La connection ∆ d’une charge triphasée est montrée à la figure 3.18. Les courants Ia ,

Ia → a
Iab

Ib → b
Ica

Ic → c Ibc

Figure 3.18 – Charge triphasée en connection ∆

Ib , et Ic sont les courants de ligne. Les courants Iab , Ibc , et Ica sont les courants de charge.

Les courants de charge sont obtenus par :


Vab Vbc Vca
Iab = ∠(−φ) Ibc = ∠(−120 − φ) Ica = ∠(+120 − φ)
Z Z Z

Courants de ligne

On peut aussi calculer les courants de ligne (LKC aux noeuds) :



Ia = Iab − Ica = Iab − Iab ∠(120◦ ) = 3I∠(−30◦ )

Ib = Ibc − Iab = Iab ∠(−120◦ ) − Iab = 3I∠(−150◦ )

Ic = Ica − Ibc = Iab ∠(+120◦ ) − Iab ∠(−120◦ ) = 3V ∠(90◦ )

Gabriel Cormier 11 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

Les courants de ligne√ sont en arrière de 30◦ par rapport aux courants de phase et
supérieurs d’un rapport 3, comme à la 3.19.

Ic

Ica

Iab

Ib Ibc Ia

Figure 3.19 – Courants de ligne d’une charge 3φ branchée en ∆

3.5 Analyse des circuits triphasés

3.5.1 Montage Y–Y (avec neutre)

Un circuit triphasé en montage Y–Y est montré à la figure 3.20.

va (t)
Z
a Ia →
+

vb (t)
Z
b Ib →
+

vc (t)
Z
c Ic →
+

neutre

Figure 3.20 – Circuit triphasée en connection Y–Y

Pour analyser le circuit, on prend uniquement la phase a (figure 3.21).

On peut facilement calculer ce circuit comme tout autre circuit monophasé, en utili-
sant les mêmes principes et lois (loi de Kirchhoff, diviseurs de courant et tension, etc). Par

Gabriel Cormier 12 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

va (t)
Z

+

Figure 3.21 – Analyse de la phase a d’un circuit triphasé Y–Y

après, il suffit d’ajouter le déphasage correspondant pour les autres phases.

Va
Ia =
Z
Ib = Ia ∠(−120◦ )
Ic = Ia ∠(+120◦ )
P
Et le courant de neutre In = I = 0.

3.5.2 Montage Y-Y (sans neutre)

Les circuits branchés en forme Y–Y n’ont parfois pas de neutre, comme à la figure 3.22.

va (t)
Z
a Ia →
+

vb (t)
Z
b Ib →
n n0
+

vc (t)
Z
c Ic →
+

Figure 3.22 – Circuit triphasée en connection Y–Y sans neutre

Dans ce cas-ci, on utilise une approche un peu différente pour faire l’analyse :

Vnn0 = Va − ZIa = Van − Van0


= Vbn − Vbn0
= Vcn − Vcn0

Gabriel Cormier 13 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

On fait la somme des tensions :


X
V = 3Vnn0 = (Va + Vb + Vc ) − (Van0 + Vbn0 + Vcn0 )

Dans un système équilibré, Va + Vb + Vc = 0, et Van0 + Vbn0 + Vcn0 = 0, donc Vnn0 = 0. Ceci


veut dire que dans un montage Y–Y (d’un circuit triphasé équilibré), les deux points n et
n0 sont au même potentiel.

On reprend les équations d’auparavant :

Va
Va − ZIa = Vnn0 = 0 ⇒ Ia =
Z
De même,
Vb Vc
Ib = Ic =
Z Z
Aussi,
X 1
I = Ia + Ib + Ic = (V + Vb + Vc ) = 0
Z a

L’étude de ce circuit triphasé peut être ramenée à un circuit monophasé équivalent


(figure 3.23).

va (t)
Z
+

Figure 3.23 – Analyse de la phase a d’un circuit triphasé Y–Y sans neutre

Va
Ia =
Z
Ib = Ia ∠(−120◦ )
Ic = Ia ∠(+120◦ )

3.6 Relation entre un circuit triangle et un circuit en étoile

Soit une charge ∆ et une charge Y, montrés à la figure 3.24. On cherche à convertir
d’une forme à une autre. Pour ques les circuits soient égaux, il faut que l’impédance me-
surée entre n’importe quel 2 points soit la même dans les deux formes.

Gabriel Cormier 14 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

Zab
A B A B

Zan Zbn

Zcn Zac Zbc

C C

Figure 3.24 – Charges en ∆ et Y

Pour le circuit en étoile :


ZAB = Zan + Zbn
ZBC = Zbn + Zcn
ZCA = Zcn + Zan

Pour le circuit en triangle :


Zab · (Zbc + Zca )
ZAB = Zab ||(Zbc + Zac ) =
Zab + Zbc + Zac
Z · (Zac + Zab )
ZBC = Zbc ||(Zab + Zac ) = bc
Zab + Zbc + Zac
Z · (Zab + Zbc )
ZCA = Zac ||(Zab + Zbc ) = ac
Zab + Zbc + Zac

Pour le circuit en étoile,


2Zan = ZAB − ZBC + ZCA
qu’on peut simplifier à :
Zab Zca
Zan =
Zab + Zbc + Zca
De la même façon,
Zbc Zab
Zbn =
Zab + Zbc + Zca
Zca Zbc
Zcn =
Zab + Zbc + Zca

On peut résumer :
Produit des Z adjacents du ∆
ZY =
Somme des Z du ∆
Gabriel Cormier 15 GEN1153
CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

On peut faire une analyse semblable pour obtenir :


Zan Zbn + Zbn Zcn + Zcn Zan
Zab =
Zcn
Z Z + Zbn Zcn + Zcn Zan
Zab = an bn
Zan
Z Z + Zbn Zcn + Zcn Zan
Zab = an bn
Zbn

Dans le cas d’un circuit triphasé équilibré :


Z∆ = 3ZY

Exemple 1 (problème 4.7, p.196)

Une source triphasée équilibrée dont la tension de ligne est 230V est reliée à une
charge triphasée en étoile de 16 + j12Ω.
1. Calculer le courant de ligne.
2. Si les impédances sont en triangle, quel est le courant de ligne ?

————

1. Schéma monophasé unifilaire :

+
Van − Z

n n0

230
On prend Van comme référence de phase, donc Van = √ ∠0
3

Van 230/ 3∠0 √
Ia = = = 11.5/ 3∠(−36.87◦ ) A
Z 16 + j12
Donc, √ √
Ib = 11.5/ 3∠(−157◦ ) A Ic = 11.5/ 3∠(−83◦ ) A

2. On transforme l’impédance de la charge :


1 1
ZY 0 = Z∆ = (16 + j12)
3 3
Gabriel Cormier 16 GEN1153
CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

Puis on calcule les courants :



Van 230/ 3∠0
Ia = = 1 = 19.9∠(−36.87◦ ) A
Z 3 (16 + j12)
Ib = 19.9∠(−157◦ ) A Ic = 19.9∠(−83◦ ) A

3.7 Calculs de puissance dans les circuits 3φ

Pour effectuer les calculs de puissance dans les circuit 3φ, on utilise le schéma sans
neutre de la figure 3.25.

va (t)
Z
a Ia →
+

vb (t)
Z
b Ib →
n n0
+

vc (t)
Z
c Ic →
+

Figure 3.25 – Circuit triphasée en connection Y–Y sans neutre

Les tensions de phase sont :

van (t) = Vm cos(ωt)


vbn (t) = Vm cos(ωt − 120◦ )
vcn (t) = Vm cos(ωt + 120◦ )

Les courants sont alors :

ia (t) = Im cos(ωt − φ)
ib (t) = Im cos(ωt − φ − 120◦ )
ic (t) = Im cos(ωt − φ + 120◦ )

Gabriel Cormier 17 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

La puissance dans chaque phase est :

pa (t) = van (t)ia (t) = Vm Im cos(ωt) cos(ωt − φ)


V I
= m m [cos φ + cos(2ωt − φ)]
2
Vm Im
pb (t) = [cos φ + cos(2ωt − φ − 120◦ )]
2
V I
pc (t) = m m [cos φ + cos(2ωt − φ + 120◦ )]
2

La puissance totale est :

p(t) = pa (t) + pb (t) + pc (t)


3Vm Im V I
= cos φ + m m [cos(2ωt − φ) + cos(2ωt − φ + 120) + cos(2ωt − φ − 120)]
2 2
3Vm Im
= cos φ = cst
2
= 3V I cos φ

La puissance moyenne est :


Z T
1
P= p(t)dt = 3V I cos φ
T 0

La puissance complexe :

Sa = Va I∗a
= V I cos φ + jV I sin φ
Sb = V I cos φ + jV I sin φ
Sc = V I cos φ + jV I sin φ

Donc la puissance totale est :

S3φ = 3V I cos φ + j3V I sin φ (3.3)

Et alors,
P3φ = 3V I cos φ; Q3φ = 3V I sin φ (3.4)

Gabriel Cormier 18 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

Exemple 2

Une source triphasée de 120V/phase a une impédance interne de 0.2+j0.5 Ω. La source


est branchée en Y. La charge ∆ est branchée à travers une ligne d’impédance 0.3 + j0.9 Ω.
L’impédance de la charge est 118.5 + j85.8 Ω.
1. Construire l’équivalent monophasé.
2. Calculer les courants de ligne Ia , Ib , Ic .
3. Calculer la tension aux bornes de la charge.
4. Calculer les courants de charge.
5. Calculer les tensions de ligne aux bornes de la source.

————

1. Schéma monophasé :

source 0.2 + j0.5Ω 0.3 + j0.9Ω charge

+
Van − 39.5 + j28.6Ω

1 1
ZY = Z∆ = (118.5 + j85.8) = 39.5 + j28.6Ω
3 3

2. Le courant Ia
120∠0 120∠0
Ia = = = 2.4∠(−36.87◦ ) A
(0.2 + 0.3 + 39.5) + j(0.5 + 0.9 + 28.6) 40 + j30
Donc,

Ib = 2.4∠(−156.87◦ ) A
Ic = 2.4∠(83.13◦ ) A

3. Puisque la charge est branchée en ∆, la tension aux bornes de la charge est la tension
de ligne.

Van = Ia · ZY = (2.4∠(−36.87))(39.5 + j28.6)


= 117.04∠(−0.96◦ ) V

Gabriel Cormier 19 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

On est en séquence directe,



Vab = 3∠(30◦ )Van = 202.72∠(29.04◦ ) V

Et pour les deux autres tensions :

Vbc = 202.72∠(−90.96◦ ) V
Vca = 202.72∠(149.04◦ ) V

4. Les courants de charge sont reliés aux courants de source par :

1
Iab = √ Ia = 1.39∠(−6.87◦ ) A
3∠(−30◦ )
Ibc = 1.39∠(−126.87◦ ) A
Ica = 1.39∠(113.13◦ ) A

On peut aussi utiliser :

Vab 202.72∠(29.04◦ )
Iab = = = 1.39∠(−6.87◦ ) A
Z∆ 118.5 + j85.8

5. La tension aux bornes de la source peut être calculée à partir du circuit monophasé.

Van = (Zligne + ZY )Ia


= (39.8 + j29.5)(2.4∠(−36.87◦ ))
= 118.9∠(−0.32◦ ) V

Donc,

Vab = 3∠(30◦ )Van
= 205.94∠(29.68◦ ) V
Vbc = 205.94∠(−90.32◦ ) V
Vca = 205.94∠(149.68◦ ) V

Gabriel Cormier 20 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

3.8 Mesure de la puissance

Pour mesurer la puissance d’un circuit monophasé, on utilise un wattmètre, comme à


la figure 3.26.

Iz →
W
+

Vz Z∠θ

Figure 3.26 – Mesure de la puissance avec un wattmètre

La puissance moyenne de cette charge est donnée par :


Z T
1
pz = vz (t)iz (t)dt
T 0

Pour mesurer la puissance d’un circuit triphasé, on utilise trois wattmètres, comme à
la figure 3.27.

Z
a Wa

Z
b Wb

Z
c Wc

Figure 3.27 – Mesure de la puissance d’un circuit triphasé avec 3 wattmètres

On sait que les tensions sont :

Van = V ∠0 Vbn = V ∠(−120◦ ) Vcn = V ∠(+120◦ )

et que les courants sont :

Ia = I∠(−φ) Ib = I∠(−φ − 120◦ ) Ic = I∠(−φ + 120◦ )

Gabriel Cormier 21 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

Les tensions de ligne sont :

Vab = VL ∠(30◦ ) Vbc = VL ∠(−90◦ ) Vca = VL ∠(150◦ )



où VL = 3V .

La puissance dans les wattmètres est donc :

Wa ⇒ Pa = V I cos φ = |Van ||Ia | cos(φ = V‚


an Ia )
Wb ⇒ Pb = V I cos φ = |Vbn ||Ib | cos(φ = V‚
bn Ib )
Wc ⇒ Pc = V I cos φ = |Vcn ||Ic | cos(φ = V
‚bc Ic )

La puissance totale est :



PT = Pa + Pb + Pc = 3V I cos φ = 3VL I cos φ

3.8.1 Méthode des 2 Wattmètres

On peut simplifier la mesure de la puissance dans un circuit triphasé en utilisant 2


wattmètres au lieu de 3, comme à la figure 3.28.

Z
a Wa

Z
b

Z
c Wc

Figure 3.28 – Mesure de la puissance d’un circuit triphasé avec 2 wattmètres

Dans la configuration ci-dessus, on obtient les équations suivantes :

Wa ⇒ Pa = Vab Ia cos(V
‚ ab Ia )

= VL I cos(30 + φ)

Wc ⇒ Pc = Vcb Ic cos(V
‚cb Ic )
= VL I cos(90 + φ − 120◦ )

= VL I cos(30◦ − φ)

Gabriel Cormier 22 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

On additionne les puissances :

Pa + Pc = VL I[cos(30◦ + φ) + cos(30◦ − φ)]


φ + 30◦ + φ − 30◦ φ + 30◦ + φ − 30◦
" ! !#
= VL I · 2 cos · cos
2 2
= VL I · 2[cos φ cos(30◦ )]

3
= VL I · 2 cos φ
√ 2
= 3VL IL cos φ

On obtient donc la même solution qu’avec 3 wattmètres. Pour un système triphasé équilibré,
on sait que PT = 3V I cos φ, et donc :

PT = Pa + Pc

De la même façon, si on soustrait les deux puissances :

Pa − Pc = VL I[cos(30◦ + φ) − cos(30◦ − φ)]


= VL I(−1)2 sin φ sin 30◦
= −VL I sin φ

Donc Pc − Pa = VL I sin φ.

On sait que dans un système triphasé équilibré que Q = 3V I sin φ, donc



Q = 3(Pc − Pa )

Si on remplace les termes par des indices plus généraux, P1 et P2 , on obtient :

PT = P1 + P2

QT = 3(P2 − P1 )

Si on regarde de plus près les mesures de P1 et P2 ,

• Pour une charge résistive, φ = 0, P1 = P2 .


• Pour une charge inductive, φ > 0, P2 > P1 .
• Pour une charge capacitive, φ < 0, P1 > P2 .

Gabriel Cormier 23 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

3.9 Résolution de problèmes avec charges multiples

Dans un système triphasé, lorsqu’on branche plusieurs charges, elles sont en parallèle.
En effet, on ne veut pas que les charges aient différentes tensions à leurs bornes. Comme
exemple, les appareils électro-ménagers sont conçus pour opérer à une tension fixe de
120V ; lorsqu’on branche plusieurs appareils sur une même prise, ces appareils sont en
parallèle.

La façon la plus simple de résoudre des problèmes à charges multiples est de faire les
calculs avec les puissances. De cette façon, on peut combiner les charges en une seule qui
est la somme des puissance complexes des charges individuelles.

Une autre méthode consiste à convertir chaque charge en ∆. Les impédances de chaque
phase sont alors en parallèle. Cette méthode fonctionne pour des charges équilibrées et
déséquilibrées.

Gabriel Cormier 24 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

Problèmes Supplémentaires

Exemple 3

Soit le circuit suivant à 2 wattmètres. La tension de phase à la charge est 120V. Calculer

Z
a Wa

Z
b

Z
c Wc

P1 et P2 dans chacun des cas, et vérifier les mesures de P1 et P2 .


1. Z = 8 + j6Ω
2. Z = 8 − j6Ω

3. Z = 5 + j5 3Ω
4. Z = 10∠(−75◦ )Ω

————

√ 120
1. ZY = 10∠(36.87◦ ), VL = 120 3V, IL = 10 = 12A.

P1 = VL IL cos(30◦ + φ) = 120 3 · 12 · cos(30◦ + 36.87◦ )
= 979.75 W


P2 = VL IL cos(30◦ − φ) = 120 3 · 12 · cos(30◦ − 36.87◦ )
= 2476.25 W

Pour vérifier, on sait que dans un système triphasé équilibré PT = 3RI 2 = 3(8)(12)2 =
3456W. La somme de P1 et P2 = 979.75 + 2476.25 = 3456W, donc les calculs sont en
accord.

Gabriel Cormier 25 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

√ 120
2. ZY = 10∠(−36.87◦ ), VL = 120 3V, IL = 10 = 12A.

P1 = (120 3)(12) cos(30◦ − 36.87◦ ) = 2476.25 W

P2 = (120 3)(12) cos(30◦ + 36.87◦ ) = 979.75 W

PT = 3RI 2 = 3(8)(12)2 = 3456 W


P1 + P2 = 3456 W


3. ZY = 10∠(60◦ ), VL = 120 3V, IL = 12A.

P1 = (120 3)(12) cos(30◦ + 60◦ ) = 0 W

P2 = (120 3)(12) cos(30◦ − 60◦ ) = 2160 W

PT = 3RI 2 = 3(5)(12)2 = 2160 W


P1 + P2 = 2160 W


4. ZY = 10∠(−75◦ ) = 2.59 − j9.66, VL = 120 3V, IL = 12A.

P1 = (120 3)(12) cos(30◦ − 75◦ ) = 1763.63 W

P2 = (120 3)(12) cos(30◦ + 75◦ ) = −645.53 W

PT = 3RI 2 = 3(2.59)(12)2 = 1118.10 W


P1 + P2 = 1118.10 W

Exemple 4

Un essai à deux wattmètres sur un moteur triphasé donne les résultats suivants :

P1 = 2355 W P2 = 5950 W

Les courants de ligne sont 10A et la tension entre les lignes est de 600V. Calculer le facteur
de puissance du moteur.

————

Gabriel Cormier 26 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

PT = P1 + P2 = 2355 + 5950 = 8305W

√ √
|S| = 3VL IL = 3(600)(10) = 10392.3VA

P
Fp = = 0.8 (arrière)
|S|
Le facteur de puissance est arrière parce que P2 > P1 .

Exemple 5

Une charge Y de 216 + j63Ω/φ est branchée au réseau à travers une ligne de 0.25 +
j2Ω/φ. La tension de ligne à la charge est 12800V.
1. Quel est le courant de ligne ?
2. Quelle est la tension de ligne à la source ?

————

1. Courant de ligne

Le calcul est assez facile : il suffit de convertir la tension de ligne en une tension de
phase (LN).
V
VLN = √L ∠(−30◦ ) = 7390.083∠(−30◦ ) V
3
V 7390.083∠(−30◦ )
IL = LN = = 32.845∠(−46.26◦ ) A
ZY 216 + j63

2. Tension de ligne à la source

On calcule d’abord la tension ligne-neutre à la source, puis la tension ligne-ligne.


VSLN = VchLN + Zligne IL = 7390.083∠(−30◦ ) + (0.25 + j2)(32.845∠(−46.3◦ ))
= 6453.14 + j3655.56 V
La tension de ligne est donc :

VSLL = 3VSLN ∠(30◦ ) = 12845.94∠(0.47◦ ) V

Exemple 6

Soit le circuit suivant. L’impédance Z = 600 + j450Ω. La tension vab = 69∠(0◦ )kV, vbc =
69∠(−120◦ )kV et vca = 69∠(120◦ )kV. Calculer :

Gabriel Cormier 27 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

a A

− + Z Z
+ −

c C

+

b B
Z

1. IAB , IBC , ICA


2. IaA , IbB , IcC
3. Iba , Icb , Iac

————

1. IAB

En regardant la figure,
69000∠(0◦ )
IAB = = 92∠(−36.87◦ ) A
600 + j450
Par symétrie,
IBC = IAB ∠(−120◦ ) = 92∠(−156.87◦ ) A
ICA = IAB ∠(120) = 92∠(83.13◦ ) A

2. IaA

IaA est le courant de ligne. Donc,



IaA = 3IAB ∠(−30◦ ) = 159.35∠(−66.87◦ ) A
Par symétrie,
IbB = IaA ∠(−120) = 159.35∠(−186.87◦ ) A
IcC = IaA ∠(120) = 159.35∠(53.13◦ ) A

3. Iba

Le courant à la source Ian = IaA . Si on transforme le courant Ian pour obtenir le courant
Iba ,
1 1
Iba = √ Ian ∠(30◦ ) = √ IaA ∠(30◦ ) = IAB = 92∠(−36.87◦ ) A
3 3

Gabriel Cormier 28 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

Par symétrie,

Icb = Iba ∠(−120◦ ) = 92∠(−156.87◦ ) A


Iac = Iba ∠(120◦ ) = 92∠(83.13◦ ) A

Exemple 7

Trois charges en parallèle sont alimentées à travers une ligne de 1 + j10Ω par phase.
La tension ligne-neutre aux charges est 7.2kV. Les trois charges sont : L1 = 300 + j100Ω/φ
en Y, L2 = 5400 − j2700Ω/φ en ∆ et L3 = 112.32 + j95.04kVA. Calculer :
1. Puissance complexe totale à la source.
2. Le pourcentage de la puissance active délivrée aux charges.

————

1. Puissance complexe à la source

On calcule premièrement la tension de ligne aux charges.



VL = 3VLN ∠(30◦ ) = 12.47∠(30◦ ) kV

La prochaine étape est de calculer la puissance complexe de chaque charge. Puisque la


puissance complexe de la charge 3 est déjà donnée, il suffit de faire les calculs pour les
charges 1 et 2.

|VLN |2 |7200|2
S1 = = = 155.520 + j51.840 kVA
ZY∗ 300 − j100

3|VLN |2 3|7200|2
S2 = = = 23.040 − j11.52 kVA
Z∆∗ 5400 + j2700

La puissance complexe totale des trois charges (pour une phase) est :

SL = S1 + S2 + S3 = 216 + j72 kVA

Le courant dans la ligne est :


∗
S

IL = = 30 − j10 A
V
La puissance complexe dans la ligne est,

Sligne = (Zligne )|IL |2 = (31.62)2 (1 + j10) = 1 + j10 kVA

Gabriel Cormier 29 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

La puissance complexe par phase de la source est :

SS = Sligne + SL = 217 + j82 kVA

Et donc la puissance totale de la source :

St = 651 + j246 kVA

2. Puissance active délivrée à la charge.


PL 216
= = 99.54%
PS 217

Exemple 8

Trois charges triphasées sont branchées en parallèle. La tension de ligne aux bornes
des charges est 208V. Les trois charges sont : L1 = 4.864kW avec fp 0.79 arrière, L2 =
17.636kVA avec fp 0.96 arrière et L3 = 73.8A/ligne, 13853kVA. Calculer :
1. Le courant de ligne des trois charges combinées.
2. Le facteur de puissance global (des trois charges combinées).

————

1. Courant total.

On calcule en premier la tension ligne-neutre :


208
VLN = √ = 120.089 V
3
On utilisera la tension ligne-neutre comme référence de phase, donc VLN = 120.089∠(0◦ )V.
On fera le calcul des courants de chaque charge pour une seule phase.
4.864
P1 = = 1.621 kW
3
P1 1.621
|S1 | == = 2.052 kVA
fp 0.79
q
Q1 = |S1 |2 − P12 = 1.259 kVAR
Le courant dans la charge 1 est :
!∗ 
S1 1.621 + j1.259 ∗

I1 = = = 13.498 − j10.482 A
VLN 0.120089

Gabriel Cormier 30 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

Pour la charge 2 :
17.636
|S2 | = = 5.879 kVA
3
P2 = (Fp )(|S2 |) = (0.96)(5.879) = 5.644 kW
q
Q2 = |S1 |2 − P12 = 1.647 kVAR
Le courant dans la charge 2 est :
!∗ 
S2 5.644 + j1.647 ∗

I2 = = = 46.998 − j13.717 A
VLN 0.120089

Pour la charge 3, on connaı̂t l’amplitude du courant, mais pas la phase. Donc,

|S3 | = |VLN ||IL | = 8.863 kVA


13.853
Q3 = = 4.618 kVAR
3
q
P3 = |S3 |2 − Q32 = 7.564 kW
Le courant dans la charge 3 est :
!∗ 
S3 7.564 + j4.618 ∗

I3 = = = 62.991 − j38.455 A
VLN 0.120089

Le courant total est donc :

It = 123.488 − j62.65 = 138.47∠(−26.90◦ )

2. Facteur de puissance

fp = cos(θv − θi ) = cos(26.90◦ ) = 0.892 (arrière)

Gabriel Cormier 31 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

Exemple 9

Deux charges en parallèle sont branchées à une source par une ligne de 0.1 + j0.8Ω/φ.
La tension ligne-neutre aux charges est 4000V. Les deux charges sont : L1 = 630 + j840
kVA et L2 = 15.36 − j4.48Ω/φ en Y. Calculer la tension ligne-ligne à la source.

————

On calcule d’abord la puissance complexe des deux charges pour une seule phase.

S1,3φ
S1 = = 210 + j280 kVA
3
|VLN |2 (4000)2
S2 = = = 960 − j280 kVA
ZY∗ 15.36 + j4.48
La puissance complexe totale :
St = 1170 kW
Le courant de ligne : !∗
St 1170
IL = = = 292.5∠(0◦ ) A
VLN 4
La tension ligne-neutre à la source est :

VSLN = VchLN + Zligne IL = 4000 + (0.1 + j0.8)(292.5) = 4029.25 + j234


= 4036.04∠(3.32◦ ) V

La tension de ligne est donc :



VSLL = 3VSLN ∠(30◦ ) = 6990.62∠(33.32◦ ) V

Gabriel Cormier 32 GEN1153


CHAPITRE 3. CIRCUITS TRIPHASÉS ÉQUILIBRÉS

Exemple 10

Soit le circuit suivant. Le wattmètre est branché comme donné dans la figure. La ten-
sion Van est 720V, la séquence est positive, et l’impédance de la charge est Zφ = 96 +j72Ω.
Quelle est la lecture sur le wattmètre ?

ix A
a Zφ

B
b + Zφ
vx
− C
c Zφ
Wattmètre

————

Selon la figure, la lecture sur le wattmètre sera :

W = |VBC ||IaA | cos(V‚


BC IaA )

La tension VBC ,

VBC = VAB ∠(−120◦ ) = ( 3Van ∠(30◦ ))∠(−120◦ ) = 1247.077∠(−90◦ ) V

On trouve le courant IaA :

Van 720∠(0)
IaA = = = 6∠(−36.87◦ ) A
Zφ 96 + j72

Il faut maintenant trouver l’angle entre VBC et IaA .

BC IaA = VBC VBN + VBN


V‚ IaA
‚ ‚
= (30◦ ) + (−120◦ + V‚
an IaA )
= (30◦ ) + (−120◦ + φ)
= −90◦ + φ

Donc,
W = (1247.077)(6) cos(90◦ − (−36.87◦ )) = 4489.488 W

Gabriel Cormier 33 GEN1153


Chapitre 4
Circuits triphasés déséquilibrés

Ce chapitre concerne les circuits triphasés déséquilibrés, où une ou plusieurs charges
triphasées ne sont pas balancées (l’impédance n’est pas la même dans les trois phases).

4.1 Introduction

Il existe trois types de circuits triphasés déséquilibrés :


1. Charge déséquilibrée : Il peut exister un court-circuit dans la charge, ou une mau-
vaise répartition des charges monophasées sur le réseau 3φ.
2. Source déséquilibrée : Court-circuit à la source ou dans un transformateur.
3. Combinaison de source et charge déséquilibrées.
De façon pratique, on retrouve des charges déséquilibrés plus souvent que des sources
déséquilibrées. On conçoit les sources pour qu’elles soient le plus équilibrées possible.

On peut utiliser l’une de deux méthode d’étude pour résoudre ces circuits :
1. Utilisation des lois relatives aux circuits électriques (mailles, noeuds, etc..)
2. Méthodes des composantes symétriques.

1
CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

4.2 Lois des circuits

On commence l’analyse en utilisant un circuit simple. Dans le premier cas, on prend


un circuit sans neutre, comme à la figure 4.1. Dans ce cas, VN − Vn , 0.

va (t) Zb
a Ia →

+

vb (t) Za
b Ib →
n + N

vc (t) Zc
c Ic →
+

Figure 4.1 – Circuit triphasée en connection Y–Y sans neutre

En pratique, on connaı̂t les tensions Va , Vb , et Vc ainsi que les impédances Za , Zb , et


Zc . On veut calculer les courants Ia , Ib et Ic . Il faut trois équations pour trouver ces trois
inconnues.

On applique la LKV dans la maille supérieure :

− Va + Za Ia − Zb Ib + Vb = 0
Za Ia − Zb Ib = Va − Vb

Puis on applique la LKV dans la maille inférieure :

− Vb + Zb Ib − Zc Ic + Vc = 0
Z b I b − Z c I c = Vb − Vc

On applique ensuite la LKC au noeud N : Ia + Ib + Ic = 0, puis on résout le système


d’équations pour obtenir :

(Va − Vb )Zc + (Va − Vc )Zb


Ia =
Za Zb + Zb Zc + Zc Za
(V − Vc )Za − (Va − Vb )(Za + Zc )
Ib = a
Za Zb + Zb Zc + Zc Za
Ic = −(Ia + Ib )

Il est donc possible de trouver les courants à l’aide des méthodes classiques.

Gabriel Cormier 2 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

On reprend les calculs, mais cette fois dans un circuit triphasé avec le neutre (figure
4.2).

va (t) Zb
a Ia →

+

vb (t) Za
n b Ib → N

+

vc (t) Zc
c Ic →
+

Zn

← In = Ia + Ib + Ic , 0

Figure 4.2 – Circuit triphasée en connection Y–Y sans neutre

En pratique, on connaı̂t les tensions Va , Vb , et Vc ainsi que les impédances Za , Zb , Zc


et Zn . On veut calculer Ia , Ib et Ic . On obtient l’équation suivante si on prend la phase a :

Va = Za Ia + VnN

qu’on peut manipuler pour obtenir l’équation du courant :

Va − VnN
Ia =
Za
De même,
Vb − VnN
Ib =
Zb
V − VnN
Ic = c
Zc
IN = Ia + Ib + Ic

On peut combiner ces équations pour obtenir :

VnN Va − VnN Vb − VnN Vc − VnN


= + +
Zn Za Zb Zc

Ce qui donne :
! !−1
Va Vb Vc 1 1 1 1
VnN = + + + + +
Za Zb Zc Za Zb Zc ZN
De même, on peut résoudre ce genre de circuit par des méthodes classiques.

Gabriel Cormier 3 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

Exemple 1

Soit le circuit triphasé suivant, avec trois charges différentes : 1 moteur triphasé, 1
moteur monophasé, et 1 radiateur monophasé.

va (t)
a
+

Ia1 Ia2
vb (t)
n b
+

Ib1 Ib2 Ib3


vc (t)
c
+

Ic1 Ic3

7.5kW 750W 2.2kW


fp = 0.8 fp = 0.69
η=91% η=78%

La référence est Va = 127∠0◦ V. Quels sont les courants Ia , Ib et Ic ?

————

Moteur 3φ :

Van → référence de phase = 127∠0◦


P /η
P = V I cos φ ⇒ I = = 27.06 A
3V cos φ
φ = arccos(0.8) = 36.87◦

On trouve donc que le courant est :

Ia1 = 27∠(−37◦ ) A, Ib1 = 27∠(−157◦ ) A, Ic1 = 27∠(+83◦ ) A

Moteur 1φ :
P /η
Iab = = 6.34 A
Vl cos φ
φ = arccos(0.69) = 46.4◦
Iab = 6.34∠(−46.4◦ )

Gabriel Cormier 4 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

On trouve donc que le courant est :

Ia2 = 6.34∠(−16.4◦ ), Ib2 = −Ia2 = 6.34∠(163.6◦ ), Ic2 = 0

Radiateur 1φ :

P 2200
P = Vl I ⇒ I = =√ = 10 A
Vbc 3 · 127
Ib3 = 10∠(−90◦ + 0◦ ) = −j10 = −Ic3

Puisque la tension Vbc est déphasée de −90◦ par rapport à la tension de référence, il faut
tenir compte de ce déphasage dans le calcul de la phase du courant.

Donc, si on somme les courants :

Ia = Ia1 + Ia2 = 27∠(−37◦ ) + 6.34∠(−16.4◦ ) = 33∠(−33◦ ) A


Ib = Ib1 + Ib2 + Ib3 = 27∠(−157◦ ) + 6.34∠(164◦ ) − j10 = 36∠(−149◦ ) A
Ic = Ic1 + Ic3 = 27∠(83◦ ) + j10 = 37∠(85◦ ) A

4.3 Composantes symétriques

On commence la présentation des composantes symétriques par un développement


général de la rotation vectorielle.

4.3.1 Rotation vectorielle

Soit deux vecteurs V~1 et V~2 .


θR
V~1 −→ V~2 (4.1)
Rθ est la rotation vectorielle d’angle θ, comme à la figure 4.3.

V~2 est l’image de V~1 par Rθ .


V~2 = Rθ (V~1 ) (4.2)

Propriétés : ||V~2 || = ||V~1 || ; (V~1 V~2 ) = θ.


‚

V~1 a des coordonnées (x1 , y1 ), et V~2 a des coordonnées (x2 , y2 ).

Gabriel Cormier 5 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

V2

V1

Figure 4.3 – Rotation vectorielle

Représentation Complexe

• V1 c’est l’affiche complexe de V~1 = x1 + jy1 .


• V2 c’est l’affiche complexe de V~2 = x2 + jy2 .

Une rotation de Rθ dans le plan complexe, c’est l’opérateur ejθ .

Rθ −→ ejθ (4.3)
V2 = ejθ V1 (4.4)


L’opérateur j est une rotation d’angle de 90◦ : j = ej90 , comme à la figure 4.6.

z2

z1

Figure 4.4 – Opérateur complexe j

On va définir un nouvel opérateur : l’opérateur a, où a = rotation d’angle de 120◦ .



j120◦ 1 3
a=e = − +j (4.5)
2 2

z2 = az1

120◦
z1

Figure 4.5 – Opérateur complexe a

Gabriel Cormier 6 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

Propriétés : √
1 3
a2 = (ej120 )2 = ej240 = − − j = a∗
2 2

240◦ z1

z2 = a2 z1

Figure 4.6 – Opérateur complexe a2

Théorème

Tout système triphasé déséquilibré peut être décomposé en une somme d’un système
direct, d’un système inverse et d’un système homopolaire.

a. Système direct

Le système direct est un système triphasé équilibré de séquence directe (abc), comme
à la figure 4.7.
Vda   V
   
d  
système direct ⇒ Vdb  = a2 Vd  (4.6)

Vdc aVd
   

Vdc = Vd ∠(120◦ ) = aVd

Vda = Vd ∠0◦

Vdb = Vd ∠(−120◦ ) = a2 Vd

Figure 4.7 – Séquence directe

Gabriel Cormier 7 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

b. Système inverse

Le système inverse est un système triphasé équilibré de séquence inverse (acb), comme
à la figure 4.8.
Via   Vi 
   
système inverse ⇒ Vib  =  aVi  (4.7)
   
   2 
Vic a Vi

Vib = Vi ∠(120◦ ) = aVi

Via = Vi ∠0◦

Vic = Vi ∠(−120◦ ) = a2 Vi

Figure 4.8 – Séquence inverse

c. Système homopolaire

Le système homopolaire est un système triphasé où les tensions sont égales, comme à
la figure 4.9.
Voa  1
   
système homopolaire ⇒ Vob  = 1 Vo (4.8)
   
Voc 1
   

Dans ce cas, Voa = Vob = Voc = Vo .

Voa
Vob
Voc

Figure 4.9 – Séquence homopolaire

On combine alors les trois systèmes (direct, inverse, homopolaire) pour obtenir un
système complet :
Va 
 
Soit Vb  un système triphasé déséquilibré,
 
Vc
 

Gabriel Cormier 8 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

Va   1   1  1
       
Vb  = a2  Vd +  a  Vi + 1 Vo (4.9)
       
Vc a a2 1

Représentation matricielle

On peut simplifier la représentation du système :

Va   1 1 1 Vd 


    
V  a2 a 1  V 
 b  =    i  (4.10)
Vc a a2 1 Vo
    
| {z }
M

Le calcul des tensions des systèmes se fait à l’aide de la matrice M inverse :

1 a a2 V Va 
    
1 
   d  h i
−1 2
   −1
M = 1 a a  ⇒  Vi  = M Vb 
    
3
1 1 1 Vo Vc
    

4.4 Composantes symétriques de courant

Ia 
 
Soit un système triphasé déséquilibré avec des courants : Ib 
 
Ic
 

On obtient les relations suivantes :

Ia  h i Id  Id  h Ia 


       
i
I  M  I   I  −1
 b  =  i  ;  i  = M Ib  (4.11)
 
Ic Io Io Ic
       

Remarque : Le courant homopolaire est :


1
Io = (Ia + Ib + Ic ) (4.12)
3
– Dans une charge triphasée quelconque sans neutre, le courant homopolaire Io = 0.
– Dans une charge triphasée équilibrée avec neutre, Io = 0.

Gabriel Cormier 9 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

4.5 Composantes symétriques et impédances

Za 
 
Soit un système triphasé déséquilibré avec des impédances : Zb 
 
Zc
 

On obtient les relations suivantes :


Za  h i Zd  Zd  h Za 
       
i
Z  M  Z   Z  −1
 b  =  i  ;  i  = M Zb  (4.13)
 
Zc Zo Zo Zc
       

Remarque : Dans une charge triphasée équilibrée, Za = Zb = Zc = Z, et alors


1
Zd = (1 + a + a2 )Z = 0
3
1
Zi = (1 + a2 + a)Z = 0 (4.14)
3
1
Zo = (1 + 1 + 1)Z = Z
3

4.6 Composantes symétriques et tensions ligne-ligne

Pour la composante du système direct :

composante de phase : Vda = Vd ∠0√


composante ligne-ligne : Vdl,ab = Vd 3∠(30◦ )

Vdl,bc = Vd 3∠(−90◦ )

Vdl,ca = Vd 3∠(150◦ )

Pour la composante du système inverse :

composante de phase : Via = Vi ∠0√


composante ligne-ligne : Vil,ab = Vi 3∠(30◦ )

Vil,bc = Vi 3∠(+90◦ )

Vil,ca = Vi 3∠(−150◦ )

Pour la composante homopolaire :


1
Vol = (Vl,ab + Vl,bc + Vl,ca ) = 0
3
Gabriel Cormier 10 GEN1153
CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

→ Quel que soit le système (avec neutre, sans neutre, équilibré, déséquilibré), la com-
posante Vol = 0. Mais on ne peut pas déterminer Vo avec Vol .

4.7 Loi d’Ohm dans le domaine d-i-o

Soit une charge triphasée quelconque, montrée à la figure 4.10.

+
+
+
Vc V
b V Za Zb Zc
a

− − −

Figure 4.10 – Composantes symétriques et loi d’Ohm

On peut écrire les tensions dans une matrice :

Va  Za 0 0  Ia 


    
h i
V   0 Z
 b  =  b
~abc = Zabc ~Iabc
0  Ib  ⇒ V
Vc 0 0 Z c Ic
    

On peut relier les tensions et courants des trois séquences (directe, inverse et homopo-
laire) par la relation suivante :

Vd   Zo Zi Zd  Id 
    
 V  Z Z Z   I 
 i  =  d o i
  i  (4.15)
Vo Zi Zd Zo Io
  
| {z }
Zdio

4.8 Calcul de puissance

Soit une charge triphasée quelconque, montrée à la figure 4.11.

Gabriel Cormier 11 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

+
Charge 3φ
+ déséquilibrée
Va +
Vb
Vc
− − −

Figure 4.11 – Calculs de puissance et composantes symétriques

La puissance apparente totale est la somme des puissances sur chaque phase :
S = Va I∗a + Vb I∗b + Vc I∗c (4.16)
 ∗
h i Ia 
= Va Vb Vc I∗b 
 ∗
Ic
 T  ∗
Va  Ia 
S = Vb  Ib  (4.17)
   
Vc Ic
   

En fonction des composantes symétriques, la tension est :


Va  h i Vd 
   
V  M  V 
 b  =  i 
Vc Vo
   

Pour obtenir la transposée :


 T    T  T
Va  h i Vd  Vd  h iT
 b  =  M  Vi  =  Vi  M
V      
Vc Vo Vo
      

Le courant, en fonction des composantes symétriques, est :


 ∗  ∗
Ia  h i∗ Id 
Ib  = M  Ii 
   
Ic Io

On combine pour obtenir la puissance S :


 T  ∗
Vd  h iT h i∗ Id 
S =  Vi  M M  Ii 
   
Vo Io
   

Gabriel Cormier 12 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

Si on multiplie les deux matrices M T · M ∗ :


2 a  1 1 1 1 + a3 + a3 = 3 0 0
h iT h i∗ 1 a
   
 
M M = 1 a a2   a a2 1 =  0 3 0

1 1 1 a2 a 1 0 0 3
    

Donc si on applique cette matrice :


 T    ∗  T  ∗ 
Vd  3 0 0 Id  Vd  3Id 
S =  Vi  0 3 0  Ii  =  Vi   3I∗i  (4.18)
        
     ∗ 
Vo 0 0 3 Io Vo 3Io
  

= 3Vd I∗d + 3Vi I∗i + 3Vo I∗o (4.19)

De la même façon que les circuits équilibrés,

P = <{S} Q = ={S}

et
P
fp =
|S|

4.8.1 Mesure de la puissance dans un système déséquilibré

1. La méthode des 2 wattmètres est valide si le neutre n’est pas branché.


2. Si le neutre est branché, on utilise la méthode des 3 wattmètres.

Exemple 2

On mesure des tensions et impédances dans un système triphasé de :

Vab = 200∠0◦ Zan = 20 − j10 Ω



Vbc = 173.2∠(210 ) Zbn = 30 + j10 Ω
Vca = 100∠(120◦ ) Zcn = 10 + j15 Ω

Quelles sont les composantes de séquence directe, inverse et homopolaire des tensions
de ligne, des impédances, des courants et des tensions de phase ? Quels sont les courants
Ian , Ibn et Icn pris par cette charge ? Quelles sont les tensions Van , Vbn et Vcn aux bornes de
cette charge ? Quelle est la séquence de phase ?

———–

Gabriel Cormier 13 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

On peut obtenir les composantes de tensions en calculant :

Vab  h i Vdl  Vdl  h Vab 


       
i
 il  ⇒  il  = M −1 Vbc 
V  M  V   V 
 bc  =
 
Vca Vol Vol Vca
       

Donc,
2  ◦ ◦ 
Vdl  1 1 a a   200∠0  152.7∠(−10.9 )
    
 il  = 1 a2 a  173.2∠(210◦ ) =  57.7∠(30◦ ) 
 V      
 3
Vol 1 1 1 100∠(120) 0
    

Tensions de phase ?

◦ 152.7∠(−10.9◦ )
Vdl = 152.7∠(−10.9 ) ⇒ Vd = √ = 88.16∠(−40.9◦ )

3∠(30 )

57.7∠(30 )
Vil = 57.7∠(30◦ ) ⇒ Vi = √ = 33.3∠(60◦ )

3∠(−30 )
Vol = 0 ⇒ Vo =?

Courant :
Vd  h Id   Zo Zi Zd 
     
i h i
 Vi  = Zdio  Ii  où Zdio = Zd Zo Zi 
     
Vo Io Zi Zd Zo
◦ 
Zd  h Za  2.25∠(−49.1 )
    
i
 i  = M −1 Zb  = 13.3∠(−96.1◦ )
 Z     
Zo Zc 20.6∠(14◦ )
     

Dans une charge sans le neutre, Io = 0. Donc on obtient les équations suivantes :
1.Vd = Zo Id + Zi Ii = 88.16∠(−40.9◦ )
2.Vi = Zd Id + Zo Ii = 33.33∠(60◦ )
3.Vo = Zi Id + Zd Ii
Selon l’équation 1 et 2, on trouve Id et Ii :
" # " # " #
Id h i−1 V
d 3∠(−52◦ )
= Z =
Ii Vi 1.93∠(49◦ )
Et maintenant, puisqu’on a trouvé Id et Ii , on peut trouver Vo :
Vo = Zi Id + Zd Ii = 37∠(−145◦ )
Donc,
◦ 
Va  h i Vd   72∠(−43 ) 
    
V  M  V  155∠(−161◦ )
 b  =  i  =   V
Vc Vo 37∠(85◦ )
     

Gabriel Cormier 14 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

et le courant :
◦ 
Ia  h i Id  3.25∠(−17 )
    
I  M  I  4.9∠(−179◦ )
 b  =  i  =   A
Ic
 
Io
   ◦
2∠(29 )

Exemple 3

Les tensions de ligne aux bornes d’une charge en étoile sans fil neutre sont respective-
ment 200V, 160V et 209V pour Vab , Vbc et Vca . Les impédances de chacune des phases de
la charge sont :

Zan = 6 + j0 Ω
Zbn = 5.2 − j3 Ω
Zcn = 5 + j12 Ω

Déterminer la tension aux bornes de chacune des trois impédances.

———–

On doit commencer par trouver les angles des tensions à la source. Puisque les trois
sources sont branchées en étoile, sans neutre, les tensions doivent former un système
fermé :

Vab

θc θb

Vca Vbc

On prend Vab comme référence de phase, donc avec un angle de 0◦ . Avec l’utilisation
de relations trigonométriques, on peut trouver θb et θc .

|Vab |2 + |Vbc |2 − |Vca |2


cos θb = ⇒ θb = 69.97◦
2|Vab ||Vbc |
|V |2 + |Vca |2 − |Vbc |2
cos θc = ab ⇒ θc = 45.99◦
2|Vab ||Vca |

Gabriel Cormier 15 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

Donc les tensions sont :


Vab = 200∠0◦ V
Vbc = 160∠(−180◦ + 69.97◦ ) = 160∠(−110◦ ) V
Vca = 209∠(+180◦ − 45.99◦ ) = 209∠(134◦ ) V
La première chose à trouver est la tension de ligne des trois séquences :
2  ◦
Vdl  h Vab  1 1 a a   200∠0
     
i 
 Vil  = M −1 Vbc  = 1 a2 a  160∠(−110◦ )
    3    
Vol Vca 1 1 1 209∠(134◦ )
◦ 
186.79 + j26.12  188.3∠(8 ) 
  
=  13.18 − j26.11  = 29.3∠(−63.2◦ )
   
0 0
   

Les tensions de phase sont trouvées avec les relations habituelles :


188.6∠(8)
Vdl = 188.6∠(30◦ ) ⇒ Vd = √ = 108.9∠(−22◦ )

3∠(30 )
29.3∠(−63.2◦ )
Vil = 29.3∠(−63.2◦ ) ⇒ Vi = √ = 16.9∠(−33.2◦ )

3∠(−30 )
Vol = 0 ⇒ Vo =?

On trouve ensuite les impédances du système d-i-o :


◦ 
Zd  h Za   4.85∠(−17.3 ) 
    
i
 Zi  = M −1 Zb  = 4.32∠(−158.9◦ )
     
Zo Zc 6.18∠(29.1◦ )

On peut utiliser les équations de l’exemple 2 pour obtenir :


Vd = Zo Id + Zi Ii = 108.9∠(−22◦ )
Vi = Zd Id + Zo Ii = 16.9∠(−33.2◦ )
Vo = Zi Id + Zd Ii
Selon l’équation 1 et 2, on trouve Id et Ii :
" # " # " #
Id h i−1 V
d 14∠(−34.3◦ )
= Z =
Ii Vi 8.4∠(93◦ )

Et maintenant, puisqu’on a trouvé Id et Ii , on peut trouver Vo :


Vo = Zi Id + Zd Ii = 72.1∠(−132.4◦ ) V

Gabriel Cormier 16 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

Donc,

Va  h i Vd   66.5∠(2.4 ) 
     
V  M  V  133.5∠(178.7◦ )
 b  =  i  =   V
Vc Vo 172.5∠(117.2◦ )
     

Gabriel Cormier 17 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

Exemple 4

Une source triphasée équilibrée de 120/208V, 4 fils, alimente une charge triphasée en
étoile. Des mesures ont permis de recueillir les informations suivantes :

Van = 120∠0◦ Ia = 23∠(−10◦ ) Zl = 0.10 + j0.24Ω


Vbn = 120∠(−120◦ ) ◦
Ib = 34∠(−120 ) Zn = 0.15 + j0.36Ω
Vcn = 120∠(+120◦ ) Ic = 18∠(+100◦ )

On demande d’effectuer une analyse exhaustive des tensions, des courants et des puis-
sances et de faire quelques commentaires.

va (t) Zl Za
a Ia →
+

vb (t) Zl Zb
n b Ib → N
+

vc (t) Zl Zc
c Ic →
+

Zn

← In

———–

On commence tout d’abord en calculant la puissance à la source. En premier, on calcule


la puissance de façon normale, puis ensuite avec les composantes symétriques.
1. Tensions de phase :

Ss = Va I∗a + Vb I∗b + Vc I∗c


= (120)(23∠(+10◦ )) + (120∠(−120◦ ))(34∠(+120◦ )) + (120∠(+120◦ ))(18∠(−100◦ ))
= 8828 + j1218 VA

2. Composantes symétriques :

Il faut premièrement trouver les tensions et courants dans le système d-i-o.

Vd  h Va  120


     
i
 i  = M −1 Vb  =  0 
 V     
Vo Vc 0
     

Gabriel Cormier 18 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

Id  h Ia   24.5 − j3.38 


     
i
 Ii  = M −1 Ib  = −2.71 + j4.63
     
Io Ic 0.84 − j5.24

La puissance complexe est donc :


 T  ∗ 
Vd  3Id 
S =  Vi   3I∗i 
   
   ∗
Vo 3Io

= 8828 + j1218 VA

On voit qu’on obtient la même réponse.


⇒ Si la source est équilibrée (même si la charge est en déséquilibre), la puissance appa-
rente n’est seulement que dans la séquence directe (si la séquence de phase est positive).

Dans les lignes :


1. Façon usuelle :

Sl = Zl |Ia |2 + Zl |Ib |2 + Zl |Ic |2


= 200.9 + j482.2 VA

Puissance dans le neutre :

Sn = Zn |In |2 = Zn |Ia + Ib + Ic |2 = 38.0 + j91.2 VA

2. Composantes symétriques : Chute de tension dans la ligne

Vla = Zl Ia = 5.98∠(57.4◦ ) V
Vlb = Zl Ib = 8.84∠(−52.6◦ ) V
Vlc = Zl Ic = 4.68∠(167.4◦ ) V
Vln = Zn In = 6.21∠(−13.5◦ ) V

Vld  h Vla   3.26 + j5.55 


     
i
 li  = M −1 Vlb  = −1.38 − j0.19
 V     
Vlo Vlc 1.34 − j0.32
     

On connaı̂t déjà les courants, donc :


T  ∗ 
Vld  3Id 

Sligne =  Vli   3I∗i 
   
  ∗
Vlo 3Io

= 200.9 + j482.2 VA

Gabriel Cormier 19 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

Et, dans le neutre :


Sn = Vln I∗n = 38 + j91.2 VA

Dans la charge :
1. Façon usuelle : On calcule d’abord la tension aux bornes de la charge :

VCHa = Vsa − Vla − VnN


= 110.8∠(−1.86◦ )
VCHb = 119.2∠(−126.8◦ )
VCHc = 121.1∠(120.5◦ )

La puissance apparente à la charge est :

Ss = VCHa I∗a + VCHb I∗b + VCHc I∗c


= (110.8∠(−1.86◦ ))(23∠(10◦ )) + (119.2∠(−126.8◦ ))(34∠(120◦ )) + (121.1∠(120.5◦ ))(18∠(−100◦ ))
= 8589 + j645 VA

2. Composantes symétriques :

VCHd  h VCHa  116.9∠(−2.7)


     
i
 CHi  = M −1 VCHb  =  1.39∠(7.8) 
 V     
VCHo VCHc 7.59∠(166.5)
     

On calcule les puissances :

SCHd = VCHd I∗d


= 8644 + j777 VA
SCHi = VCHi I∗i
= −8.6 − j20.7 VA
SCHi = VCHd I∗d
= −46.4 − j111.4 VA

Si on fait la somme des trois puissances à la charge, on retrouve le même résultat que celui
obtenu de la façon habituelle, soit 8589 + j645 VA.

Notez bien : Dans les séquences inverses et homopolaires, la charge fournit de la


puissance. Si on fait un bilan des puissances, on trouve que la source fournit 8828 W
en séquence directe. La charge en consomme 8644 W, et les lignes 184 W. Des 8644 W
consommés par la charge, 8589 sont de la puissance utile et 55 W sont retournés dans les
lignes pour compléter les pertes globales.

Gabriel Cormier 20 GEN1153


CHAPITRE 4. CIRCUITS TRIPHASÉS DÉSÉQUILIBRÉS

Un bilan des puissances permet d’illustrer ce concept un peu mieux :

Façon usuelle
Source 8828 + j1218 fournit
Ligne 200.9 + j482.2 consomme
Neutre 38 + j91.2 consomme
Charge 8589 + j645 consomme

Composantes symétriques
Source d 8828 + j1218 fournit
i 0 —
o 0 —
Ligne d 183.8 + j441.2 consomme
i 8.6 + j29.7 consomme
o 8.4 + j20.3 consomme
Neutre d 0 —
i 0 —
o 38 + j91.2 consomme
Charge d 8644 + j777 consomme
i −8.6 − j20.7 fournit
o −46.4 − j111.4 fournit

Si on additionne les puissances de la ligne, neutre, et charge, on trouve bien que le


total est le même que la source.

Gabriel Cormier 21 GEN1153


Chapitre 5
Système unitaire

5.1 Introduction

Le système unitaire permet l’utilisation de grandeurs réduites au système par unité


(p.u.) ou en pourcentage (%) dans les réseaux de puissance.

L’utilisation des grandeurs réduites √


permet :
– de simplifier les problèmes (∆, Y, 3)
– de nous informer davantage (Vnominale , Inom , Pnom , etc)

Définition On obtient une grandeur réduite en référant une grandeur à une autre
de même dimension. La valeur de référence ou de base peut correspondre à la valeur
nominale d’un appareil ou à une valeur choisie arbitrairement qui minimise les calculs.

Exemple 1

Soit un courant de 5A circulant dans un enroulement de transformateur dont le cou-


rant nominal vaut 8A. Ainsi, si on choisit comme valeur de base le courant nominal, on
obtient que le courant qui circule vaut :

5A
= 0.625p.u. ou encore 62.5% (5.1)
8A

De cette façon la valeur de courant de 0.625 p.u. ou 62.5% est beaucoup plus signifi-
cative que 5A : elle spécifie la proportion du courant nominal qui circule dans l’enroule-
ment.

D’un autre coté, si on choisit comme valeur de base un courant de 10A, la valeur

1
CHAPITRE 5. SYSTÈME UNITAIRE

réduite du courant vaut :


5A
= 0.5p.u. ou encore 50% (5.2)
10A

Ce choix permet d’obtenir une valeur réduite avec le moins de chiffres significatifs.

On considère habituellement une valeur de base autre qu’une valeur nominale lors-
qu’on considère plusieurs appareils ayant des valeurs nominales différentes. On choisit
dans ce cas une valeur arbitraire commune à tous les appareils et qui donne des gran-
deurs réduites ayant le moins de chiffres signnificatifs possible.

Exemple 2

Soit des appareils avec 20kVA, 30kVA et 50kVA. Si on choisit 30kVA comme base, on
obtient :
20kVA 30kVA
= 0.666p.u. = 1.0p.u.
30kVA 30kVA

50kVA
= 1.666p.u.
30kVA

Par contre, si on choisit 10kVA comme base puissance :

20kVA 30 50
= 2.0p.u. = 3.0p.u. = 5.0p.u. (5.3)
10kVA 10 10

5.2 Calcul avec les grandeurs réduites

Le calcul avec les grandeurs réduites s’effectue de la même façon qu’avec les grandeurs
ordinaires ou physiques.

Exemple 3 Soit I = 1.2p.u.∠(−30◦ ) et V = 0.9p.u.∠(0◦ ).

S = V I ∗ = 0.9 × 1.2∠(+30◦ ) = 1.08p.u.∠(30◦ )


S = 0.9353 + j0.54 p.u.

Remarque :
1. S = 90% × 120%∠(30) = 108%∠(30) et non 10800%∠(30)
2. Une fois tous les calculs avec les grandeurs réduites terminées, on peut obtenir les
grandeurs ordinaires en considérant les valeurs de bases choisies au départ.

Gabriel Cormier 2 GEN1153


CHAPITRE 5. SYSTÈME UNITAIRE

Exemple 4 S = 0.9353 + j0.54 p.u.

Si la puissance de base vaut 100VA ⇒ 100VA vaut 1.0p.u.


S = (0.9353 + j0.54) × 100VA
= 93.53 + j54 VA
d’où P = 93.53W et Q = 54VAR.

5.3 Choix des valeurs des base dans un réseau

Si on considère les puissances, les tensions, les courants et les impédances d’un réseau
1φ ou 3φ, quatre valeurs de base peuvent être définies, soit :
• une puissance de base (apparente)
• une tension de base
• un courant de base
• une impédance (ou admittance) de base
Parmi ces quatre valeurs de base, seulement deux sont indépendantes. En effet, si
on en choisit deux, les deux autres peuvent être déduites. Habituellement, on choisit la
puissance et la tension comme valeurs de base. Par conséquent :

Puissance apparente de base


courant de base = (5.4)
Tension de base

Tension de base
impédance de base = (5.5)
Courant de base
(Tension de base)2
= (5.6)
Puissance apparente de base

C’est-à-dire, si on choisit (Sbase et Vbase ) :


2
S Vbase Vbase
Ibase = base ; Zbase = = (5.7)
Vbase Ibase Sbase

Important

Toutes les valeurs de base correspondent à des valeurs par phase. Cependant, il est à
noter que dans le cas d’un réseau 3φ où on spécifie généralement la tension de ligne et la
puissance 3φ, alors on a que :

tension de ligne / 3 tension de ligne
Tension en p.u. = =√ (5.8)
tension de base 3 × tension de base

Gabriel Cormier 3 GEN1153


CHAPITRE 5. SYSTÈME UNITAIRE


⇒ ceci revient à considérer une tension de ligne de base égale à 3 fois la tension de
base

Puissance 3φ/3 Puissance 3φ


Puissance en p.u. = = (5.9)
Puissance de base 3 × Puissance de base

⇒ ceci revient à considérer une puissance de 3φ de base égale à 3 fois la puissance de


base.

Exemple 5
Soit une puissance 3φ de base de 30MVA et une tension de ligne de base de 120kV.

30MVA
Puissance de base (par phase) = = 10MVA
3
120kV
Tension de base = √ = 69.3kV
3

Si on considère une puissance 3φ de 18MW et une tension de ligne de 108kV à conver-


tir :
6MW 18MW
Puissance en p.u. = = = 0.6p.u.
10MVA 30MVA
62.3kV 108kV
Tension de ligne en p.u. = = = 0.9p.u.
69.3kV 120kV

On peut donc√ considérer directement les puissances 3φ et les tensions de ligne (on
laisse tomber le 3 et le 3).

On peut également déterminer le courant de base et l’impédance de base à partir d’une


puissance de base 3φ et d’une tension de ligne de base :

Puissance de base 3φ
Courant de base = √
3 × tension de ligne de base
(Tension de base)2
Impédance de base =
Puissance de base 3φ
30MVA 10MVA
Courant de base = √ = = 144A
3 × 120kV 69.3kV
(120)2 kV (69.3)2 kV
Impédance de base = = = 480Ω
30MVA 10MVA

Gabriel Cormier 4 GEN1153


CHAPITRE 5. SYSTÈME UNITAIRE

5.3.1 Changement de base

Dans un réseau, il arrive que des impédances soient exprimées en % ou en p.u. sur des
tensions de base et/ou des puissances de base différentes. Par exemple, l’impédance en %
de deux transformateurs peuvent référer à des puissances nominales différentes.

Il faut, avant d’effectuer des calculs, ramener toutes les impédances exprimées en %
ou en p.u. sur des valeurs de base (tension et puissance) communes.

Il faut également exprimer en % ou en p.u. sur les valeurs de base communes certaines
impédances exprimées en ohms comme les lignes par exemple.

De sorte que, si on considère une impédance exprimée en ohms Z(Ω) et une certaine
puissance de base (3φ) S3φ ainsi qu’une certaine tension (de ligne) de base VL , la valeur
de l’impédance de base sera :

Z(Ω) × S3φ Z(Ω) (V )2


Z(en p.u.) = = , avec Zbase = base (5.10)
VL2 Zbase Sbase

0
Maintenant, si on considère une autre puissance de base S3φ et une autre tension de
0
base VL , on aura alors :
0
Z(Ω) × S3φ
0
Z (en p.u.) = (5.11)
VL2
par conséquent, on peut relier Z 0 (en p.u.) en fonction de Z(en p.u.) :
2 !  S0
 
V 3φ
Z 0 (en p.u.) = Z(en p.u.) L ×  0 2 

(5.12)

S3φ (VL )
!2  S 0 
V  3φ 
⇒ Z (en p.u.) = Z(en p.u.) L0
0
×   (5.13)
VL S 

Exemple 6

Alternateur Transformateur Ligne de transport


20MVA 25MVA longueur = 50km
13kV 12/66kV 66kV
X = 0.65p.u. X = 7.5% X = 0.67Ω/km

Exprimer les réactances en p.u. en choisissant comme base commune Sbase = 25MVA
et Vbase = 66kV.

Gabriel Cormier 5 GEN1153


CHAPITRE 5. SYSTÈME UNITAIRE

13 2 25
 
Alternateur : X = 0.65 × × = 0.9536p.u.
12 20
 2
66 25
Transformateur : X = 0.075 × × = 0.075p.u.
66 25
25MVA Z(Ω)
Ligne : X = (0.67 × 50) × = = 0.1923p.u.
(66kV)2 Zbase

Étant donné le choix de 66kV, on doit tenir compte du rapport de transformation du


transformateur pour le calcul de la réactance en p.u. de l’alternateur :
12
VL0 = 66kV × = 12 kV
66
même si l’alternateur a une tension nominale de 13kV.

Avantages d’un système p.u. :√Système polyphasé équilibré, simplicité de calcul (pour
un système 3φ équilibré plus de 3), plus de rapport de transformation pour les trasnfor-
mateurs. Plus de ∆ ou Y pour les charges.

Gabriel Cormier 6 GEN1153


CHAPITRE 5. SYSTÈME UNITAIRE

Exemple 7
Dans le circuit de la figure suivante, une charge ayant une impédance de 39 + j26Ω est
branchée à une source de 220Vrms à travers une ligne d’impédance 1 + j8Ω.

1 + j8
+ s

VS 39 + j26

- s

1. Calculer le courant IL dans la charge et la tension VL aux bornes de la charge.


2. Calculer la puissance active et réactive consommée par la charge.
3. Répéter les calculs des parties 1 et 2 en utilisant le système unitaire, avec Vbase =
220V et Sbase = 1500VA. (Effectuer les calculs en p.u.)
4. Comparer les réponses en p.u. obtenues dans la partie 3 avec les résultats des parties
1 et 2.

——————

1. Puisque la ligne et la charge sont en série, le courant dans la charge est tout simplement
la tension de source divisée par l’impédance totale.
220∠0◦
IL = = 3.193 − j2.714 = 4.191∠(−40.364◦ ) (5.14)
40 + j34
La tension dans la charge est :

VL = ZL IL = (39 + j26)(3.193 − j2.714) = 195.091 − j22.828 = 196.422∠(−6.674◦ ) (5.15)

2. La puissance active et réactive sont obtenues facilement :

S = VL IL∗ = (195.091 − j22.828)(3.193 + j2.714) = 684.881 + j456.587 VA

Donc P = 685W et Q = 457VAR.

3. Vbase = 220V et Sbase = 1500VA. Donc :


Sbase 1500
Ibase = = = 6.818 A
Vbase 220
V 220
Zbase = base = = 32.267Ω
Ibase 6.818

Gabriel Cormier 7 GEN1153


CHAPITRE 5. SYSTÈME UNITAIRE

On convertit les quantités au système unitaire (p.u.) :


220
VS = = 1.0p.u.
220
1 + j8
Zl = = 0.031 + j0.248p.u.
32.267
39 + j26
ZL = = 1.209 + j0.806p.u.
32.267
Donc :
VL 1
IL = = = 0.468 − j0.398p.u.
ZT 1.240 + j1.054
VL = IL ZL = (0.468 − j0.398)(1.209 + j0.806) = 0.887 − j0.104p.u.
SL = VL IL∗ = (0.887 − j0.104)(0.468 + j0.398) = 0.457 + j0.304p.u.

4. Pour comparer, on multiplie les valeurs en p.u. par les bases équivalentes :

IL = Ipu Ibase = (0.468 − j0.398)(6.818) = 3.191 − j2.714 A


VL = Vpu Vbase = (0.887 − j0.104)(220) = 195.140 − j22.880 V
SL = Spu Sbase = (0.457 + j0.304)(1500) = 685.5 + j456.0 VA

Les valeurs sont les mêmes, à part quelques erreurs d’arrondissements.

Gabriel Cormier 8 GEN1153


Chapitre 6
Harmoniques

6.1 Introduction

Il existe dans le réseau des composantes causant l’apparition de courants et/ou tensions
non-sinusoı̈daux. On a qu’à penser aux convertisseurs en électronique de puissance (redres-
seur, onduleur, etc), aux fours à arcs, ou à tout autre charge non-linéaire. Ces charges non-
linéaires créent des courants harmoniques dans le réseau.

Les courants harmoniques s’additionnent dans le neutre, contrairement aux courants des
composantes fondamentales. Pour des charges non-linéaires élevées, ceci peut produire des
courants élevés qui risquent de surchauffer le neutre.

La présence de courants et tensions harmoniques dans le réseau provoque beaucoup


de perturbations qui ont des répercussions : mauvais facteur de puissance, pertes Joules
supplémentaires, interférences, malfonctionnement d’appareils, etc. Par exemple, le Code
Canadien d’Électricité spécifie qu’un circuit de distribution de 120V, 15A est limité à 1440W
pour une utilisation sinusoı̈dale. Si on veut brancher le réseau à une charge non-linéaire,
comme un ordinateur, cette limite de puissance est 800W.

Un autre effet des harmoniques est de réduire l’efficacité des transformateurs. À cause des
harmoniques, on doit réduire la capacité des tranformateurs pour éviter qu’ils surchauffent.
Pour de très grandes charges non-linéaires, ceci peut entraı̂ner une perte de 50% de l’efficacité
du transformateur.

Les composantes utilisées en électronique de puissance ont grandement contribué au


problème des harmoniques. Ces nouveaux circuits (hacheurs, redresseurs, alimentations à
découpage, etc) présentent de nombreuses harmoniques qu’il faut traiter de façon assez si-
gnificative afin de limiter les effets néfastes sur le réseau.

1
CHAPITRE 6. HARMONIQUES

On réduit la propagation des harmoniques dans le réseau à l’aide de filtres appropriés.

6.2 Circuits monophasés

Soit v(t) une tension instantanée non sinusoı̈dale :


√ √
v(t) = V0 + 2V1 cos(ωt + β1 ) + 2V2 cos(ωt + β2 ) + . . .
et un courant instantané i(t) non-sinusoı̈dal :
√ √
i(t) = I0 + 2I1 cos(ωt + α1 ) + 2I2 cos(ωt + α2 ) + . . .
où V0 et I0 représentent les composantes continues ou valeurs moyennes de v(t) et i(t).

Les valeurs V1 et I1 représentent les valeurs efficaces des composantes fondamentales de


v(t) et i(t).

Les valeurs V2 et I2 représentent les valeurs efficaces des deuxièmes harmoniques de v(t)
et i(t).

En général,

√ X
v(t) = V0 + 2 Vn cos(nωt + βn )
n=1

√ X
i(t) = I0 + 2 In cos(nωt + αn )
n=1

De sorte que les valeurs efficaces de la tension et du courant sont données par :
v
q u∞
uX
V = V0 + V1 + V2 + . . . = t
2 2 2
Vn2
n=0
v
q u∞
uX
I = I02 + I12 + I22 + . . . = t In2
n=0

et la puissance active est donnée par :


Z
1 T
P = v(t)i(t)dt
T 0
= V0 I0 + V1 I1 cos(β1 − α1 ) + V2 I2 cos(β2 − α2 ) + . . .
= V0 I0 + V1 I1 cos(φ1 ) + V2 I2 cos(φ2 ) + . . .

X
⇒ P = V0 I0 Vn In cos φn
n=1

Gabriel Cormier 2 GEN1153


CHAPITRE 6. HARMONIQUES

La puissance apparente est donnée par S = V I, avec


P
Fp = et Q = V1 I1 sin φ1 + V2 I2 sin φ2 + . . .
S

X
⇒Q= Vn In sin φn
n=1

De façon générale,
p p
S 6= P 2 + Q2 → S = P 2 + Q2 + D2

où D est la puissance déformante (la puissance qui provient des harmoniques).

La supression des harmoniques se fait à proximité de la source des harmoniques à l’aide


de filtres qui présentent une impédance plus faible pour les harmoniques à supprimer. Mais
le phénomène de résonance vient compliquer le design des filtres.

Exemple d’un filtre de 3e harmonique : transformateur dont le secondaire est connecté


en ∆ et qui présente une impédance plus faible pour la 3e harmonique mais le problème
thermique du transformateur devient très important.

Gabriel Cormier 3 GEN1153


Chapitre 7
Circuits Magnétiques et Inductance

7.1 Introduction

7.1.1 Production d’un champ magnétique

Si on considère un conducteur cylindrique droit dans lequel circule un courant I (figure


7.1). Ce courant crée un champ magnétique. L’intensité de ce champ est donné par la loi
d’Ampère : Z
Hdl = I (7.1)

↓ I

Fig. 7.1 – Champ magnétique créé par un courant circulant dans un fil

1
CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

Dans le cas d’un conducteur droit, l’intensité du champ magnétique est :


I
H(r) = (A/m) (7.2)
2πr

La nature du champ magnétique dépend de la nature du courant I. Si le courant I est


un courant alternatif sinusoı̈dal, le champ magnétique sera sinusoı̈dal aussi. Si le courant est
continu, le champ magnétique le sera aussi.

Le champ magnétique créé par un fil long et droit n’est pas uniforme et son intensité varie
selon 1/r2 . Afin de créer un champ uniforme, on utilise une bobine pour concentrer les lignes
de champs en un même endroit.

6666666

Fig. 7.2 – Champ magnétique dans une bobine

À l’intérieur de la bobine, les champs magnétiques s’additionnent pour créer un champ


plus intense et plus uniforme.

7.1.2 Flux magnétique

On prend l’exemple d’une bobine dans laquelle circule un courant I. Le champ magnétique
créé se répand dans l’espace libre autour de la bobine, ou de façon analogue aux courants
électriques, que le champ ”coule” dans le milieu qui entoure la bobine. La bobine crée alors
une force magnétomotrice qui fait circuler un flux magnétique dans le milieu.

C’est semblable au même phénomène que les circuits électriques : une force électromotrice
déplace des électrons qui circulent dans le milieu.

Gabriel Cormier 2 GEN1153


CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

La force produite est reliée au courant qui circule et au nombre de tours dans la bobine :

F = NI (7.3)

où F est la force, N est le nombre de tours, et I le courant. L’unité de cette force est A·t
(Ampère-tour).

La densité de flux magnétique B dans un milieu donné est :

B = µH (7.4)

où B est la densité de flux (en Wb/m2 ou Tesla), H est l’intensité du champ magnétique (en
A/m) et µ est la perméabilité magnétique du milieu (en Wb/m ou H/m).

La perméabilité du vide est µ0 = 4π × 10−7 H/m. La perméabilité de l’air est presque la


même que celle du vide.

Le flux magnétique circulant dans une surface S est défini comme :


Z
ϕ= B · dS (7.5)
S

7.2 Matériaux magnétiques

Un matériau magnétique est un matériau de haute perméabilité magnétique (µr >>). Le


rôle est de canaliser efficacement les lignes de champ magnétique. Ceci permet de réduire les
fuites.

- -

Émission Réception
Sans matériau magnétique

Avec un matériau magnétique :

Gabriel Cormier 3 GEN1153


CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

-
- -
-

Émission Réception

7.2.1 Caractéristique B(H) d’un matériau magnétique

On a vu que la relation entre la densité de flux et le champ magnétique est B = µH.


Dans le vide (ou l’air), cette caractéristique prend la forme d’une relation linéaire. Le vide est
un milieu linéaire, homogène (la qualité est uniforme) et isotropique (les propriétés sont les
mêmes dnas toutes les directions). La relation B(H) du vide est donné dans la figure suivante.

6B

*
µ0 -
H

Fig. 7.3 – Relation B(H) du vide.

Pour un matériau magnétique, la relation B(H) est :

B = µr µ 0 H (7.6)

où µr est la perméabilité relative du matériau. Pour la plupart des matériaux, la perméabilité
n’est pas constante, et la relation B(H) est non-linéaire.

On peut classifier les matériaux magnétiques en deux groupes importants :


– matériaux non-magnétiques : µr est environ 1. Exemple : air, verre, cuivre, aluminium.
– matériaux ferromagnétiques : µr est très élevé (100 à 100000). Exemple : fer, acier,
cobalt, alliages, etc...
La caractéristique de magnétisation AC d’un matériau magnétique donne une courbe du
type hystérésis.

– Bmax = 1.5T (fer)


– Bmax = 0.3T (ferrite)

Gabriel Cormier 4 GEN1153


CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

Fig. 7.4 – Courbe hystérésis typique.

7.2.2 Pertes magnétiques

Il y a deux grandes sources de pertes dans les matériaux magnétiques :


1. Pertes par hystérésis
2. Pertes par courants de Foucoult

Pertes par hystérésis

Sous excitation cyclique (sinusoı̈dale, par exemple), le matériau magnétique fait un cycle
de hystérésis et crée ainsi des pertes d’énergie dans le noyau sous forme de chaleur. Les
pertes par hystérésis sont directement proportionnelles à la surface du cycle d’hystérésis et à
la fréquence d’opération. Une formule empirique permet de calculer les pertes (par m3 ) :
2
Phys = KBmax f (7.7)

où K est une constante qui dépend du matériau, Bmax est la valeur maximale de la densité
de flux, et f est la fréquence de fonctionnement.

On réduit les pertes par hystérésis en utilisant des tôles ayant un faible pourcentage de
silicium (0.8 à 3.5%) ou en utilisant des tôles à courants orientés (tôles en silicium à faible
teneur en carbone).

Gabriel Cormier 5 GEN1153


CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

Pertes par courants de Foucoult

Le champ magnétique alternatif induit dans le noyau par des forces électromagnétiques
crée un courant induit dans le matériau. Ces courants induits créent des pertes RI 2 (puisque
les matériaux magnétiques ont une résistivité non-nulle). Ces pertes sont dissipées sous forme
de chaleur.

Afin de minimiser les courants induits dans le noyau, on utilise des noyaux formés de
laminations isolées électriquement les unes des autres (pour les bobines fonctionnant à basses
fréquences) ou des noyaux en ferrite (pour les bobines fonctionnant à hautes fréquences).

Fig. 7.5 – Noyau laminé.

On peut estimer les pertes par courant de Foucoult avec la relation empirique suivante :

π 2 d2 Bmax
2
f2
Pf = (7.8)
6 ρ
Habituellement, les pertes sont estimées à l’aide de données fournies par les manufacturiers.

7.3 Circuits magnétiques

Un circuit magnétique est semblable à un circuit électrique. C’est un parcours fermé qui
est réalisé avec un matériau magnétique de haute perméabilité (µr >>). Cependant, on va
faire quelques hypothèses pour l’analyse de ces circuits :
– On suppose que B(H) est linéaire.
– Pas de saturation.
– Pas de hystérésis.
Une force magnétomotrice F = N I force un flux ϕ à circuler dans le circuit magnétique.

L’intensité du champ magnétique dans le noyau est donné par la loi d’Ampère :
Z
N I = Hdl = Hl (7.9)

Gabriel Cormier 6 GEN1153


CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

La densité de flux dans le noyau est égale à :

B = µH (7.10)

Le flux magnétique circulant dans le noyau est égal à :


µ ¶
NI NI
ϕ = BA = µHA = µ A= ³ ´ (7.11)
l l
µA

Cette relation peut être exprimée sous la forme :


F
ϕ= (7.12)
R
On appelle R la réluctance du circuit magnétique. La réluctance est une quantité qui
caractérise la ”résistance” du circuit magnétique au passage du flux. C’est un peu comme la
loi d’Ohm pour des circuits magnétiques.

La réluctance d’un circuit de surface A, de longueur moyenne l et perméabilité µ est :


l
R= (7.13)
µA
La réluctance est exprimée en At/Wb.

Donc, comme équivalence aux circuits électriques :

Circuit électrique Circuit magnétique


Tension V Force magnétomotrice F = N I
Résistance R Réluctance R
Courant I Flux ϕ

Réluctance en série

La réluctance en série se comporte de la même façon que des résistances en série. C’est-
à-dire :
Req = R1 + R2 + . . . (7.14)

Réluctance en parallèle

La réluctance en parallèle se comporte de la même façon que des résistances en parallèle.


C’est-à-dire : µ ¶−1
1 1
Req = + + ··· (7.15)
R1 R2

Gabriel Cormier 7 GEN1153


CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

Exemple 1

Soit le circuit magnétique suivant. Le courant I est 1.2A, la perméabilité relative du


matériau est µr = 3000, le nombre de tours N est 100 et une profondeur de 4cm.

6 Parcours
I→ ¼ moyen
15cm 12cm

6 ?
3cm ?
?
¾ 12cm - ¾ 9cm -

———————

La longueur moyenne du circuit est :

l = 2 · (12 + 9) = 0.42m

La section du circuit est :


A = (3 × 4)cm2 = 0.0012m2
La réluctance du circuit est :
l 0.42
R= = = 92840 At/Wb
µA 3000(4π × 10−7 )0.0012
Le flux magnétique est :
NI 120
ϕ= = = 1.29 × 10−3 Wb
R 92840
La densité de flux est :
ϕ 1.29 × 10−3
B= = = 1.075 T
A 0.0012

Exemple 2

Soit le circuit magnétique suivant. Le courant I est 2A, la perméabilité relative du


matériau est µr = 2500, le nombre de tours N est 250 et une profondeur de 4cm. L’en-
trefer a une épaisseur de 0.5cm (l’entrefer est la section où il manque une petite partie du
circuit).

Gabriel Cormier 8 GEN1153


CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

I→
20cm

6
4cm ?
?
¾ 15cm -

———————

Le circuit équivalent est :


RF e

F = NI Re

La longueur moyenne du circuit est :


l = 2 · (11 + 16) = 0.54m
La section du circuit est :
A = (4 × 4)cm2 = 0.0016m2
La réluctance du fer est :
l 0.54
RF e = = = 107430 At/Wb
µA 2500(4π × 10−7 )0.0016
La réluctance de l’entrefer est :
le 0.005
Re = = = 248680 At/Wb
µ0 Ae (4π × 10−7 )0.0016
Le flux magnétique est :
NI NI 250 × 2
ϕ= = = = 1.404 × 10−3 Wb
Req RF e + Re 107430 + 248680
La densité de flux est :
ϕ 1.404 × 10−3
B= = = 0.878 T
A 0.0016

Remarque : On suppose que le champ magnétique est droit dans l’entrefer, ce qui n’est
pas le cas en réalité. Ceci augmente la largeur effective de l’entrefer (Aenterf er > A). On
nomme aussi ce phénomène l’effet de frange.

Gabriel Cormier 9 GEN1153


CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

????
? ??
???

Simplification Réalité

Par contre, la longeur de l’entrefer est habituellement plus petite que 5% de la longueur du
circuit magnétique, et on peut utiliser la simplification Aentref er = A.

Pour augmenter la précision des calculs, la formule suivante empirique donne de bon
résultats :
Ae = (a + le )(b + le ) (7.16)
où a et b sont les dimensions du noyau et le est la longueur de l’entrefer.

7.3.1 Analyse non-linéaire

On a jusqu’à présent supposé que les circuits magnétiques avaient un comportement


linéaire dans la relation B(H). Par contre, en réalité, les circuits magnétiques ont une relation
B(H) non-linéaire, et on présente ici une technique pour en faire l’analyse.

On va considérer le circuit magnétique de l’exemple 2.

I→
20cm

6
4cm ?
?
¾ 15cm -

Le matériau magnétique a une caractéristique B(H) donnée par la figure suivante :

Gabriel Cormier 10 GEN1153


CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

1.4

1.2

0.8
B (T)

0.6

0.4

0.2

0
0 200 400 600 800 1000 1200
H (A/m)

L’entrefer a une relation linéaire, par contre, puisque c’est de l’air. Pour le reste du circuit,
on peut écrire que :

FF e = HF e × lF e = 0.54HF e
ϕ = BF e × A = 0.0016BF e

Si on compare avec le circuit équivalent, on trouve que :

FF e = N I − Re ϕ

où N I = 500 At et Re = 248680 At/Wb.

On peut convertir l’équation précédente en une relation B(H) :

0.54HF e = N I − Re (0.0016BF e )

ce qui donne :
HF e = 925.93 − 736.83BF e
On peut tracer cette équation sur le graphe de la courbe B(H). L’intersection entre les deux
courbes donne le BF e et HF e correspondants.

Gabriel Cormier 11 GEN1153


CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

1.4

1.2

0.8
B (T)

0.6

0.4

0.2

0
0 200 400 600 800 1000 1200
H (A/m)

Donc B = 1.0T (selon le graphe) et H ≈ 200 A/m.

7.4 Inductance d’une bobine

On considère une bobine de N tours dans laquelle circule un courant I. La bobine se


trouve dans un milieu magnétiquement linéaire (comme l’air). Le flux magnétique produit
par la bobine est ϕ. Le flux produit par la bobine traverse la bobine. Le flux magnétique
total couplé à la bobine est Λ = N ϕ. L’inductance de la bobine est définie par :
Λ Nϕ N2
L= = = (7.17)
I I R

Dans le cas d’une inductance à air (où le milieu magnétique est de l’air), la valeur de
l’inductance est fonction du nombre de tours et de la perméabilité du milieu. Elle est aussi
indépendante de la fréquence et du courant. Par contre, la réluctance est difficile à calculer
parce que le flux suit un parcours pas bien définit.

Dans le cas d’une bobine sur un matériau magnétique, le flux est très concentré dans le
matériau magnétique. Le flux créé par la bobine circule donc en totalité dans le noyau. Le
flux total couplé à la bobine est égal à :
Λ Nϕ N2
L= = = (7.18)
I I R
comme dans le cas d’une bobine à air. Par contre, la réluctance n’est pas constante ; elle
dépend du courant I parce que la perméabilité du matériau n’est pas linéaire.

Gabriel Cormier 12 GEN1153


CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

Par contre, on peut approximer la valeur de l’inductance en supposant que la relation


B(H) est linéaire.

Exemple 3

Le circuit a une profondeur de 2cm. On suppose que le matériau magnétique est linéaire.

µr = 2500
I→
12cm
N = 100

6
2cm ?
?
¾ 9cm -

———————

La réluctance du circuit est :


l 0.34
R= = = 270563 At/Wb
µA (2500)(4π × 10−7 )(0.0004)
L’inductance est :
N2 1002
L= = = 37 mH
R 270563

On ajoute un entrefer de 1 mm.

µr = 2500
I→
12cm
N = 100

6
2cm ?
?
¾ 9cm -

La réluctance du noyau est la somme des réluctances (celle du noyau de fer et celle de
l’entrefer).
R = RF e + Re

Gabriel Cormier 13 GEN1153


CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

On a :
le 0.001
Re = = −7
= 1.989 × 106 At/Wb
µ0 A (4π × 10 )(0.0004)
L’inductance est :
N2 1002
L= = = 4.42 mH
RF e + Re 270563 + 1.989 × 106

Remarque : On a supposé que tout le flux produit par la bobine demeure dans le noyau.
En réalité, une petite partie du flux s’échappe du noyau, qu’on nomme le flux de fuite (ϕf ).
Donc l’inductance est :
ΛT N (ϕ + ϕf ) N ϕ N ϕf
L= = = +
I I I
|{z} I }
| {z
Lm Lf

où Lm est l’inductance magnétisante, et Lf est l’inductance de fuite.

7.4.1 Modèle électrique d’une bobine

Afin d’obtenir un modèle électrique du bobinage, il faut premièrement considérer quels


éléments contribuent au circuit. Le phénomène principal de la bobine est le flux, qui est
représenté par une inductance. Les phénomènes parasites vont aussi influencer le circuit
équivalent :
– Résistance du fil utilisé pour créer le bobinage.
– Hystérésis et courants induits créent des pertes (courant de Faucoult et hystérésis).
– Les fuites du flux magnétique sont représentés par une inductance de fuite.
On obtient donc le circuit suivant (figure 7.6).
I-0 r I-m
+ ?I
c jXf
V Rc
jXm

Fig. 7.6 – Modèle électrique d’une bobine.

Dans le modèle présenté ci-haut,


– Lm est l’inductance magnétisante, qui représente le flux magnétique dans le noyau.
– Lf représente l’inductance de fuite.
– r est la résistance du fil de cuivre.

Gabriel Cormier 14 GEN1153


CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

– Rc représente les pertes dans le noyau.


L’inductance propre de la bobine est égale à

L = Lm + Lf

Le courant Im n’est pas sinusoı̈dal à cause de la caractéristique d’hystérésis du matériau


magnétique. Mais pour simplifier les calculs, on va supposer que le comportement est linéaire,
et donc le courant est sinusoı̈dal. On peut donc écrire :
V
Im = où X = Xm + Xf
r + jX
V
Ic =
Rc
I0 = Im + Ic

Exemple 4

On connecte une bobine à noyau de fer à une source de 120V / 60Hz. On mesure un
courant de 1.2A. La puissance active absorbée par la bobine est 20W. La résistance de la
bobine est 1.25Ω. Que sont les valeurs des éléments du circuit équivalent ?

———————

Les pertes cuivre sont :


PCu = RI 2 = 1.25 × 1.22 = 1.8 W
Les pertes Fer sont :
PF e = Pt − PCu = 20 − 1.8 = 18.2 W
La résistance Rc est approximativement :
(V − Vr )2 (120 − 1.2 × 1.25)2
Rc ≈ = = 771.5Ω
PCu 18.2
Le courant magnétisant Im est :
s µ ¶2
q
120 − 1.2 × 1.25
Im = I02 − Ic2 = 1.22 − = 1.19 A
771.5

La réactance X est :
120 − 1.2 × 1.25
X= = 99.6Ω
1.19
L’inductance de la bobine est :
X 99.6
L= = = 0.264 H
120π 120π

Gabriel Cormier 15 GEN1153


CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

7.4.2 Inductance bobinée sur un circuit magnétique réel

Soit une inductance bobinée sur un noyau magnétique ayant une courbe d’hystérésis.

i(t) →

On sait que B = µH, où µ est une fonction du courant (µ = f (i)). L’inductance de ce
circuit est :
N2 N 2 Aµ N 2A
L= = = f (i) = kf (i)
R lm lm
où A est la surface du noyau et lm est la longueur moyenne du parcours. Dans ce cas,
l’inductance est non-linéaire, puisqu’elle dépend du courant. La tension dans la bobine serait :
dΛ dLi
v(t) = =
dt dt
di dL
=L +i
dt dt

Pour enlever (ou réduire) cette non-linéarité, on ajoute un entrefer.

i(t) →

N = 100

Selon les équations précédentes, l’inductance sera constante si la réluctance est constante.
Pour le circuit avec entrefer, la réluctance est :
lm le
Req = Rm + Re = + (7.19)
µm A µ0 Ae

Gabriel Cormier 16 GEN1153


CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

où le est la longueur de l’entrefer. La perméabilité µm est la composante non-linéaire.

On considère que l’inductance est linéaire si

10Rm < Re (7.20)

ou
10lm le
< (7.21)
µm A µ0 Ae
On peux réduire cette expression si on suppose que Ae = A.
10lm
le > (7.22)
µr,m

Habituellement,
– le < 5%lm
– lm ∼=l
Alors la réluctance est :
le
Req ≈ Re = = constante (7.23)
µ0 A
Donc l’inductance est :
N2 N 2 µ0 A
L= = = constante (7.24)
Re le
Et de même,
di
v(t) = L (7.25)
dt

7.5 Dimensionnement d’une bobine monophasé

Lors du design d’une bobine, on néglige habituellement les pertes Cuivre (r = 0) et la


réactance de fuite (Lf = 0).

Ainsi, le dimensionnement de la bobine implique plusieurs facteurs :


– Un choix judicieux de la configuration du circuit magnétique, du matériau ferromagnétique
et de la valeur de l’induction magnétique.
– Calcul des dimensions du circuit magnétique incluant les entrefers.
– Calcul de la grandeur du fil et de son calibre.
– Calcul du nombre de spires (N ).
Il faut également considérer certaines contraintes :
– Les pertes et l’échauffement.
– Le volume, le poids, les dimensions.
– Le prix.

Gabriel Cormier 17 GEN1153


CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

La dimension du fil de cuivre dépend de la valeur maximale du courant qui va circuler


dans le fil. Plus le courant maximal sera élevé, plus le fil de cuivre devra avoir une section
élévée. Le courant maximal pour un type de cuivre est habituellement spécifié en densité de
courant J, en A/mm2 .

Exemple 5

Soit le circuit suivant, en acier au silicium. Calculer la force magnétomotrice (F) nécessaire
pour produire un flux (ϕ) de 0.0014Wb dans la section droite du circuit. Toutes les mesures
sont en mètres ; la section du circuit est 0.05m × 0.04m, sauf pour la partie centrale, qui est
0.02m × 0.04m.
0.04
¼* 6
60.05
?
I→
0.02 ϕ
¾ - 0.2m
N
?

¾ 0.14 - ¾ 0.14 - ?

———————

On commence par calculer les sections et longueurs correspondantes.

a b c

d e f

Section b-a-d-e

A1 = 0.05 × 0.04 = 0.002m2


l1 = (2)(0.01) + 2(0.14) + 2(0.025) + 0.15 = 0.50m

Section b-e

A2 = 0.02 × 0.04 = 0.0008m2


l2 = 0.02 − 0.05 = 0.15m

Gabriel Cormier 18 GEN1153


CHAPITRE 7. CIRCUITS MAGNÉTIQUES ET INDUCTANCE

Section b-c-f-e

A3 = 0.05 × 0.04 = 0.002m2


l3 = (2)(0.01) + 2(0.14) + 2(0.025) + 0.15 = 0.50m

Puisqu’on connait le flux dans la section b-c-f-e, on peut calculer la densité de flux :
ϕ3 0.0014
B3 = = = 0.7 Wb/m2
A3 0.002
Si on regarde dans le graphe p.89 du livre pour l’acier en silicium, on trouve que H3 ≈ 100
At/m.

La chute de potentiel au point b-e doit être la même que dans la section b-c-f-e :

ϕ2 R2 = ϕ3 R3

ou plutôt (puisque la réluctance n’est pas linéaire) :

H2 l2 = H3 l3

On peut donc trouver le champ magnétique dans la section 2 :


H3 l3
H2 = = 326.67 At/m
l2
ce qui correspond à une densité de flux de B2 ≈ 1.18T. On peut maintenant trouver le flux
dans la section 2,
ϕ2 = B2 A2 = 0.00094 Wb

Le flux dans la section 1 est la somme des flux des sections 2 et 3,

ϕ1 = ϕ2 + ϕ3 = 0.00234 Wb

La densité de flux dans la section 1 est :


ϕ1
B1 = = 1.17 T
A1
ce qui correspond à un champ magnétique de H ≈ 290 At/m.

La force magnétomotrice est donc :

F = H1 l1 + H2 l2 = 191.1 At

Gabriel Cormier 19 GEN1153


Chapitre 8
Transformateur

8.1 Introduction

Le transformateur permet de transférer de l’énergie (sous forme alternative) d’une source


à une charge, tout en modifiant la valeur de la tension. La tension peut être soit augmentée
ou abaissée selon l’utilisation voulue. Le changement d’un niveau de tension à un autre se
fait par l’effet d’un champ magnétique.

Parmi les applications des transformateurs, on note :


1. Électronique :
(a) alimentation à basse tension
(b) adaptation d’impédance
2. Électrotechnique :
(a) transformation de la tension pour le transport et la distribution d’électricité
(b) alimentation à basse tension (par exemple, lampes hallogènes)
3. Mesure :
(a) transformateurs d’intensité de courant
(b) transformateurs de potentiel
Il y a deux types principaux de transformateurs, le type cuirassé et le type à colonnes.
Dans le type cuirassé, on utilise un circuit magnétique à trois branches, et les enroulements
sont autour de la branche centrale. Dans le type à colonnes, un circuit magnétique à deux
colonnes est utilisé.

1
CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

8.1.1 Principe de fonctionnement

Le transformateur est constitué de deux enroulements (ou plus) couplés sur un noyau
magnétique, comme à la figure 8.1.

ϕ→
i(t) →

N1 N2

Fig. 8.1 – Le transformateur

Le coté de la source est appellé le primaire. Le coté de la charge est appellé le secondaire.
Le flux ϕ est le flux mutuel. Le ”•” indique la polarité des tensions. Par convention, un courant
qui entre dans un ”•” indique un flux positif.

Il faut remarquer qu’il n’existe aucune connexion électrique entre le primaire et le secon-
daire. Tout le couplage entre les deux enroulements est magnétique.

Lorsqu’on applique une tension alternative à la source, ceci crée un flux alternatif dans
le noyau magnétique. Selon la loi de Faraday, ce flux crée des forces électromotrices dans
les bobines. La force électromotrice induite est proportionnelle au nombre de tours dans la
bobine et au taux de variation du flux. Selon le rapport du nombre de tours entre le primaire
et le secondaire, le secondaire alimente la charge avec une tension différente de celle de la
source.

8.1.2 Transformateur idéal

Si on reprend la bobine de la figure 8.1, on définit un transformateur idéal ayant les


caractéristiques suivantes :
1. La résistance dans les fils (au primaire et secondaire) est nulle.
2. Le noyau magnétique est parfait (µr = ∞, ρ = 0).
Si on étudie les implications de ces simplifications, on voit que la réluctance du noyau sera
nulle, et donc il n’y a pas de fuite. Le flux est donc totalement contenu à l’intérieur du noyau.
Le couplage magnétique entre le primaire et le secondaire est parfait ; tout le flux du primaire

Gabriel Cormier 2 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

se rend au secondaire. [Un paramètre de couplage, k, est définit dans le cas non-idéal ; pour
un transformateur idéal, k = 1.]

Le circuit équivalent du transformateur idéal est donné dans la figure 8.2 :

R=0

N1 I1 N2 I2

Fig. 8.2 – Circuit équivalent du transformateur idéal

Selon le circuit précédent, on a :

N1 I1 − N2 I2 = Rϕ = 0 (8.1)

8.1.3 Fonctionnement à vide

Le fonctionnement à vide du transformateur est obtenu lorsqu’on ne branche aucune


charge au secondaire. Ceci nous donne le circuit suivant :

ϕ→
i(t) →

v1 N1 N2

Fig. 8.3 – Le transformateur à vide

Dans ce cas, on obtient la relation suivante :



v 1 = N1 (8.2)
dt

Gabriel Cormier 3 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

qu’on peut réarranger pour obtenir :


Z
1
ϕ= v1 dt (8.3)
N1
Le flux magnétique total couplé au secondaire est proportionnel au nombre de tours N2 :
½ Z ¾
1
Λ2 = N2 ϕ = N2 v1 dt (8.4)
N1

La force électromotrice induite dans la bobine secondaire est donnée par la loi de Faraday :
½Z ¾
dΛ2 N2 d N2
e2 = = v1 dt = v1 (8.5)
dt N1 dt N1

(e2 représente la tension aux bornes du noyau, entre les deux bornes de l’enroulement. Si la
résistance du fil de cuivre est nulle, e2 = v2 ). La force électromotrice induite dans le primaire
est : ½ Z ¾
dΛ1 d d 1
e1 = = {n1 ϕ} = N1 v1 dt = v1 (8.6)
dt dt dt N1
On obtient donc :
v1 e1 N1
= = (8.7)
v2 e2 N2

On définit le rapport de transformation a comme étant le rapport du nombre de tours du


transformateur. Donc :
N1
a= (8.8)
N2

Le circuit équivalent du transformateur à vide est (figure 8.4) :

R=0

N1 I1 ϕ
?

Fig. 8.4 – Circuit équivalent du transformateur à vide

Le flux magnétique ϕ est différent de zéro mais la force magnétomotrice de la bobine au


primaire est nulle, puisque N1 I1 = Rϕ = 0. Le courant dans la bobine au primaire est nul.

Gabriel Cormier 4 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

8.1.4 Fonctionnement en charge du transformateur idéal

Lorsqu’on branche une charge au secondaire, avec une source sinusoı̈dale, on obtient le
circuit suivant (figure 8.5) :

ϕ→
i→

v1 e1 e2

Fig. 8.5 – Le transformateur en charge

On obtient le circuit équivalent suivant (figure 8.6) :

R=0

N1 I1 N2 I2

Fig. 8.6 – Circuit équivalent du transformateur idéal

La réluctance est nulle parce que la perméabilité est infinie. Donc, on obtient :

N1 I1 − N2 I2 = Rϕ = 0 (8.9)

d’où on retrouve :
I1 N2 1
= = (8.10)
I2 N1 a
La puissance instantanée est :
v1 i1 = v2 i2 (8.11)

8.1.5 Modèle du transformateur idéal

Un transformateur peut être représenté par le circuit de la figure 8.7.

Gabriel Cormier 5 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

I-
1 a:1 -
I2
+ • • +

V1 V2
− −

Fig. 8.7 – Circuit équivalent du transformateur idéal, en charge

Dans ce circuit, on a :
V1 N1
= =a (8.12)
V2 N2

8.1.6 Transformateur idéal en régime sinusoı̈dal permanent

Si on considère le cas où v1 = Vm cos(ωt), le flux dans le noyau sera :


Z Z
1 1 Vm
ϕ(t) = v1 dt = Vm cos(ωt)dt = sin(ωt) = ϕm sin(ωt) (8.13)
N1 N1 N1 ω
Le flux maximum dans le noyau est :
Vm V1
ϕm = = 0.225 (8.14)
N1 ω N1 f
où V1 est la valeur efficace de v1 et f est la fréquence de v1 .

En régime sinusoı̈dal permanent, on peut représenter les tensions et courants par des
phaseurs. On obtient donc les relations suivantes :
N1
V1 = V2 = aV2 (8.15)
N2
N2 I2
I1 = I2 = (8.16)
N1 a
On sait que
V2 = Z2 I2 (8.17)
Si on relie la tension et le courant au primaire :
V1 V2
= a2 = a2 Z2 (8.18)
I1 I2

Ceci veut dire que l’impédance vue au primaire est a2 Z2 , ou a2 fois l’impédance de la charge.
D’une autre façon, on peut dire que le transformateur a transformé l’impédance par un facteur
de a2 .

Gabriel Cormier 6 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

On peut utiliser cette dernière relation pour simplifier le circuit équivalent. On utilisera
un exemple pour démontrer ce principe.

Exemple 1

Soit le circuit suivant.

600/240 10
+ • •

600V −j40 j12


On veut calculer le courant au primaire et le facteur de puissance vu par la source.

————

Le rapport de transformation est :


600
a= = 2.5
240
L’impédance équivalente au secondaire est :

Z2 = (−j40)//(10 + j12) = 21∠(30.5◦ )

L’impédance de charge vue au primaire est :


0
Z2 = a2 Z2 = 2.52 · 21∠(30.5◦ ) = 131.25∠(30.5◦ )

Le courant au primaire :
V1 600
I1 = 0 = = 4.57∠(−30.5◦ )
Z2 131.25∠(30.5◦ )
Le facteur de puissance au primaire est :

Fp = cos(30.5) = 0.862 arrière

8.2 Transformateur réel

Le transformateur réel ne possède pas des caractéristiques parfaites comme le transfor-


mateur idéal. On doit tenir compte de :

Gabriel Cormier 7 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

1. Noyau magnétique. Le noyau possède une charactéristique B(H) non-linéaire, avec


hystérésis, et une perméabilité non-infinie (µr 6= ∞).
2. Bobinages. Les bobinages sont en cuivre, ayant une résistivité non-nulle (ρ 6= 0).
Compte tenu de ces caractéristiques, on peut déduire six sources de pertes dans le trans-
formateur :
1. Puisque la perméabilité du noyau est non-infinie, la réluctance du noyau ne sera pas
nulle. Il y a par conséquent des fuites de flux :
(a) au primaire
(b) au secondaire
2. On a déjà vu qu’il existait des fuites par hystérésis et des fuites par courants de Foucault.
3. La résistivité des fils de cuivre implique une résistance interne au primaire et au secon-
daire.

Les conséquences de ces phénomènes parasites sont :


– Le rendement du transformateur est inférieur à 100%.
– Le rapport de tension entre le primaire et le secondaire ne sera pas exactement égal au
rapport du nombre de tours. La tension au secondaire variera aussi en fonction de la
charge.

8.2.1 Circuit équivalent du transformateur réel

Avec tous les phénomènes parasites vus dans la section précédente, on peut représenter
ces pertes par des éléments de circuit équivalent de la figure 8.8. On regardera ensuite la
raison pour chacun de ces éléments.

R1 L1 L2 R2
• •
+ + + +
V1 Rc Lm e1 e2 V2
− − − −

Fig. 8.8 – Circuit équivalent du transformateur

Effet de µ

Puisque la perméabilité du noyau est finie, la réluctance sera non-nulle. Par conséquent,
pour créer le flux ϕ dans le noyau, il faut un courant im . Ceci peut être représenté par une
inductance Lm , qu’on appelle une inductance magnétisante.

Gabriel Cormier 8 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

Pertes dans le noyau

On représente les pertes dans le noyau par une résistance Rc en parallèle avec l’inductance
magnétisante Lm .

Fuites au primaire et secondaire

On représente ces pertes par des inductances L1 et L2 , pour le primaire et le secondaire,


respectivement.

Résistance des fils

On représente la résistance des fils de cuivre par des résistances R1 et R2 pour le primaire
et le secondaire, respectivement.

8.2.2 Transformateur en régime sinusoı̈dal permanent

Si on branche un charge au secondaire, on a le circuit suivant (figure 8.9) :

R1 L1 L2 R2
+ +• •+ +
V1 Rc Lm e1 e2 V2 Z2
− − − −

Fig. 8.9 – Circuit équivalent du transformateur avec charge au secondaire

Pour faciliter l’analyse du circuit, on ramène les impédances du secondaire au primaire.


On obtient alors le circuit de la figure 8.10.

De ce circuit, on définit :
0 0 0 I2
X2 = a2 X2 R2 = a2 R2 I2 = V20 = a2 V2
a

Gabriel Cormier 9 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

I1 R1 L1 I0 a2 L2 a2 R2 I20
- -
+ ?ª + +
V1 Rc Lm E1 aV2 a 2 Z2
− − −

Fig. 8.10 – Circuit équivalent du transformateur vu du primaire.

On obtient alors les relations suivantes :

V1 = R1 I1 + jX1 I1 + E1
0 0 0 0 0
E1 = R2 I2 + jX2 I2 + V2
I0 = Ic + Im
0
I1 = I0 + I2

On peut représenter ces relations par un diagramme vectoriel (figure 8.13).


V1
:
Á

E1 jX1 I1
0
µ s
- V2
R1 I1
I0 ? R20 I20 R jX20 I20
s I0
2
R
I1

Fig. 8.11 – Diagramme vectoriel des tensions et courants du transformateur.

Dans un transformateur typique, le courant I0 est seulement 2 à 4% de la valeur du courant


I1 . Pour simplifier l’analyse, on peut donc négliger le courant I0 . On va donc supposer que
le noyau a des pertes Fer négligeables et une perméabilité élevée.

On obtient alors le circuit suivant :


Req jXeq
+ +
V1 V20 Z20
− −

Fig. 8.12 – Circuit équivalent simplifié du transformateur.

Gabriel Cormier 10 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

où
0
Req = R1 + R2 = R1 + a2 R2 (8.19)
0
Xeq = X1 + X2 = X1 + a2 X2 (8.20)

On obtient alors les relations suivantes :


0
V1 = Req I1 + jXeq I1 + V2 (8.21)
0
I2 = I1 (8.22)

Et ainsi un diagramme vectoriel simplifié.

: V1
Á

0
jXeq I1
- V2
Req I1
s s
I1 = I20

Fig. 8.13 – Diagramme vectoriel des tensions et courants du transformateur simplifié.

À l’aide des relations précédentes, on peut calculer les courants et tensions au primaire.

Exemple 2

Soit le transformateur suivant, 50kVA, 60Hz, 2400V/240V. Les paramètres du transfor-


mateur sont :

R1 = 0.75Ω, R2 = 0.0075Ω, X1 = 1.0Ω, X2 = 0.01Ω, Xm = 5000Ω, Rc = 33333Ω

On connecte une impédance Z2 = 1.2 + j0.8 au secondaire.


2400V/240V
i1 i
- -2
+ +
vs V1 V2 Z2
− −

On désire calculer le courant au primaire I1 et la tension au secondaire V2 .

Gabriel Cormier 11 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

———–

On utilise le modèle simplifié (Rc et Xm >> R1 , R2 , X1 , X2 ).

Le rapport de transformation est a = 10.

La résistance équivalente est :

Req = R1 + a2 R2 = 0.75 + (102 )(0.0075) = 1.5Ω

La réactance équivalente est :

Xeq = X1 + a2 X2 = 1.0 + (102 )(1.0) = 2.0Ω

L’impédance de la charge vue au primaire est :


0
Z2 = a2 Z2 = (102 )(1.2 + j0.8) = 120 + j80Ω

Le courant au primaire est donné par :


V1 2400
I1 = 0 = = 16.37∠(−34◦ )
Req + jXeq + Z2 1.5 + j2 + 120 + j80
0
La tension V2 est :
0
0 Z2 ◦
V2 = Vs 0 = 2361.4∠(−0.32 )
Req + jXeq + Z2
La tension au secondaire est :
0
V
V2 = 2 = 236.14∠(−0.32◦ )
a

8.2.3 Notion de charge d’un transformateur

La charge d’un transformateur est définie en fonction du courant au secondaire, I2 . La


différence entre la charge d’un transformateur et l’impédance de charge d’un transformateur
est donnée dans le tableau suivant :

Charge Courant au secondaire |I2 | Impédance de charge |Z2 |


Pleine charge I2 (nominal) Z2 (nominal)
3/4 charge 0.75I2 (nominal) 1.33Z2 (nominal)
1/2 charge 0.50I2 (nominal) 2Z2 (nominal)
1/4 charge 0.25I2 (nominal) 4Z2 (nominal)
Sans charge (à vide) 0 ∞

Gabriel Cormier 12 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

Tension au secondaire en fonction de la charge

Dans un transformateur, la tension au secondaire varie selon la nature de la charge.


0 0
– Charge résistive : la tension V2 et le courant I2 sont en phase.
0 0
– Charge inductive : le courant I2 est en retard par rapport à la tension V2 .
0 0
– Charge capacitive : le courant I2 est en avance par rapport à la tension V2 .

8.2.4 Rendement d’un transformateur

Le rendement (η) d’un transformateur est définit comme le rapport de la puissance active
au secondaire sur la puissance active au primaire.
P2
η= (8.23)
P1

Ceci donne
V2 I2 cos φ2 V2 I2 cos φ2
η= = (8.24)
V1 I1 cos φ1 V2 I2 cos φ2 + Pertes(Fer) + Pertes(Cuivre)
V2 I2 cos φ2
= V12 0
(8.25)
V2 I2 cos φ2 + Rc
+ Req (I2 )2
0 0
V2 I2 cos φ2
= 0 0 V12 0
(8.26)
V2 I2 cos φ2 + Rc
+ Req (I2 )2

0
Pour trouver le rendement maximum, on dérive η par rapport au courant I2 , on trouve
que :
dη V12 0
0 = 0 lorsque = Req (I2 )2 (8.27)
dI2 Rc

Ceci veut dire que le rendement d’un transformateur est maximum lorsque les pertes Fer
sont égales aux pertes Cuivre.

8.2.5 Facteur de régulation d’un transformateur

Le facteur de régulation d’un transformateur indique la variation relative de la tension


au secondaire en fonction de la charge.
V2 (à vide) − V2 (charge nominale)
reg = (8.28)
V2 (charge nominale)

Gabriel Cormier 13 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

Dans certains cas, on fixe la tension au secondaire à sa valeur nominale, et alors la tension
au primaire est plus élevée que la valeur nominale. Dans ce cas, le facteur de régulation est :
V1 (charge) − V1 (à vide)
reg = (8.29)
V1 (à vide)

Exemple 3

Un transformateur monophasé 5kVA, 60Hz, 220V/110V possède les caractéristiques sui-


vantes :
R1 = 0.24Ω, R2 = 0.06Ω, X1 = 0.6Ω, X2 = 0.15Ω
Les pertes Fer à tension nominale sont 60W. On suppose que le courant de magnétisation
est négligeable.

Une charge nominale avec un facteur de puissance de 0.88 arrière est branchée au secon-
daire.
220V/110V
i1- i
-2
+ +
vs V1 V2 = 110V Z2
− −

Calculer :
– la tension de la source au primaire
– le rendement du transformateur
– le facteur de régulation

———–

Le courant nominal au secondaire est :


5000
I2nom = = 45.455A
110
L’amplitude de la charge est :
110
|Z2 | = = 2.42Ω
45.455
L’angle de l’impédance de la charge est :

φ = cos−1 (0.88) = 28.26◦

Gabriel Cormier 14 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

On utilise le circuit équivalent simplifié du transformateur. Alors :

Req = R1 + a2 R2 = 0.24 + (22 )(0.06) = 0.48Ω


Xeq = X1 + a2 X2 = 0.60 + (22 )(0.15) = 1.20Ω

La tension de la source au primaire est :


0
Z + Req + Xeq 0
V1 = 2 0 V2 = 243.283∠(4.436◦ )
Z2

Les pertes Cuivre sont :


2
PCu = Req I1nom = 0.48(22.7272 ) = 247.93W

La puissance active à la charge :

P2 = Fp · S = 0.88(5000) = 4400W

Le rendement est :
P2 4400
η= = = 0.935
P2 + PCu + PF e 4400 + 60 + 247.93
Le facteur de régulation est :
243.283 − 220
reg = = 0.106
220

8.3 Détermination des paramètres du transformateur

On peut déterminer les paramètres physiques d’un transformateur à l’aide de trois tests
expérimentaux.

a. Essai à vide

On applique la tension nominale au primaire du transformateur.

On mesure :
• v1v , la tension au primaire (avec un voltmètre AC)
• i1v , le courant à vide (avec un ampèremètre AC)
• p1v , la puissance dissipée à vide (avec un wattmètre AC)

À l’aide de ces mesures, on peut déterminer :


• La polarité du transformateur.

Gabriel Cormier 15 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

i1v Transfo i2v = 0


- -
+ +
vs - v v2v
1v

− −

p1v

Fig. 8.14 – Essai à vide d’un transformateur

– si v1v et v2v sont en phase, la polarité est bonne.


– sinon, inverser.
• rapport de transformation a.
e1 e1 v1v
a= = = (8.30)
e2 v2 v2v
• valeurs de Xm et Rf
– On suppose que Xm >> X1 et Rc >> R1 , donc :
2
v1v v2
p1v = ⇒ Rc = 1v (8.31)
Rc p1v
– s1v = v1v · i1v
q q
Q1v = s21v − p21v = (v1v i∗1v ) − p21v (8.32)
2 2
v1v v1v
Q1v = ⇒ Xm = p (8.33)
Xm (v1v i1v ) − p21v

b. Essai en court-circuit

On ajuste la tension vs pour obtenir un courant i1cc qui est le courant nominal au primaire.

i1cc Transfo i2cc


- -
+ +
vs - v v2cc
1cc

− −

p1cc

Fig. 8.15 – Essai en court-circuit d’un transformateur

On mesure :

Gabriel Cormier 16 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

• v1cc , la tension au primaire (avec un voltmètre AC)


• i1cc , le courant au primaire (avec un ampèremètre AC)
• p1cc , la puissance dissipée à vide (avec un wattmètre AC)
Pour obtenir les paramètres, on suppose que Rc et Xm ont des effets négligeables. On obtient
alors :
• Les résistances Req = R1 + a2 R2 .
p1cc
p1cc = i21cc Req ⇒ Req = 2 (8.34)
i1cc
• Les réactances équivalentes Xeq = X1 + a2 X2 .
q q
Q1cc = s21cc − p21cc = (v1cc i1cc )2 − p21v (8.35)
p
(v1cc i1cc )2 − p21cc
Q1cc = i21cc Xeq ⇒ Xeq = (8.36)
i21cc
0
On suppose habituellement que X1 = X2 .

c. Essai en courant continu

Si on applique une tension vc continue au primaire du transformateur, on obtient que :


vc
R1 =
i1
0
où i1 est le courant au primaire. On peut alors trouver R2 :
0
R2 = Req − R1

Exemple 4

Soit un transformateur monophasé 50kVA, 60Hz, 2400V/240V.

Les tests en circuit ouvert ont donné (secondaire alimenté) : 240V, 5.24A, 225W.
Les tests en court-circuit ont donné (primaire alimenté) : 55V, 20.833A, 720W.

Déterminer les paramètres du modèle de ce transformateur.

————

Test en circuit ouvert


V2 2402
Rc (au secondaire) = = = 256Ω
P 225
Rc (au primaire) = a2 Rc = 102 (256) = 25.6kΩ

Gabriel Cormier 17 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

Puissance apparente :
S1v = V I = 240 × 5.24 = 1258W
Puissance réactive :
Q2 = 12582 − 2252 → Q = 1237VAR
La réactance est :
V2 2402
Xm (au secondaire) = = = 46.553Ω
Q 1237
Xm (au primaire) = a2 Xm = 102 (46.553) = 4655.3Ω

Test en court circuit


P 720
Req = = = 1.664Ω
I2 20.8332
La puissance apparente est :

S1cc = V I = 55 × 20.833 = 1146VA

La puissance réactive est :


√ √
Q= S2 − P 2 = 11462 − 7202 = 891VAR

La réactance est :
Q 891
Xeq = 2
= = 2.055Ω
I 20.8332

8.3.1 Capacité en puissance d’un transformateur

Les plaques signalétiques des transformateurs ressemblent typiquement à :

Transformateurs Cormier, Inc.


25 kVA, 600/120V
60 Hz, Z = 5%, 50◦ C

La capacité en puissance du transformateur (en VA, kVA ou MVA), est la puissance


apparente maximale de sa charge. Cette capacité est déterminée principalement par l’élévation
de la température du transformateur, causée par les pertes Joules dans les bobinages et par
les pertes Fer (hystérésis et courants induits) dans le noyau.

Pour la température maximale d’opération, on indique parfois une température sur le


transformateur, comme 50◦ C dans l’exemple ci-haut. Ce 50◦ C représente l’augmentation de
la température due aux pertes, à une température d’opération de 40◦ et une utilisation aux

Gabriel Cormier 18 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

conditions nominales. On limite habituellement la température d’opération en dessous de


120◦ C.

Pour déterminer la capacité en puissance d’un transformateur, on doit déterminer la


tension et le courant nominaux.

Capacité en tension

La capacité en tension Vnom est limitée par la densité de flux maximale Bmax . Pour un
transformateur, on utilise habituellement Bmax entre 1.3T et 1.6T. Alors :
¡ Vm ¢ √
ϕmax Nω Vm 2Vnom
Bmax = = = =
A A N ωA N ωA
où N est le nombre de tours, ω = 2πf et A est la section du circuit magnétique. Alors :
Bmax N ωA
Vnom = √
2

Capacité en courant

La capacité en courant Inom est fixée par la densité de courant Jnom dans le fil des
bobinages. Une valeur de Jnom entre 3A/mm2 et 4A/mm2 est habituellement utilisée. Donc :
Inom = Jnom S
où S est la section du fil.

Capacité en puissance

La capacité en puissance est le produit des capacités en tension et en courant :


Snom = Vnom Inom

8.4 Autotransformateur

L’autotransformateur est constitué d’un enroulement primaire et secondaire bobinés sur


le même circuit magnétique. Les deux enroulements ont une partie commune, et il n’y a pas
d’isolation galvanique entre les deux enroulements.

Il y a deux configurations possibles pour l’autotransformateur : élévateur de tension, ou


abaisseur de tension.

Gabriel Cormier 19 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

i(t) →

N1 N2 Charge

Fig. 8.16 – Autotransformateur

8.4.1 Autotransformateur abaisseur de tension

Il y deux configurations possibles :

N1 N2

Vs *
Z2
* *

N2 Z2 Vs N1

N1 + N 2 N1
a= a=
N2 N1 − N2

8.4.2 Autotransformateur élévateur de tension

Il y deux configurations possibles :

Exemple 5

Considérons le même transformateur 5kVA, 60Hz, 220V/110V utilisé à l’exemple 3. On


connecte le primaire et le secondaire pour réaliser un autotransformateur 220V/330V. On
branche une charge nominale au secondaire, ayant un facteur de puissance de 0.85 arrière.

Calculer le rendement.

Gabriel Cormier 20 GEN1153


CHAPITRE 8. TRANSFORMATEUR

* *

N1 N2

Vs
Z2
*

N2 Z2 Vs N1
*

N1 − N2 N1
a= a=
−N2 N1 + N 2

* I2

110V

I1
Z2
*

Vs 220V Ip

————

Le courant au secondaire est le même, 45.455A. La capacité de l’autotransformateur est


330×45.455 = 15000VA.

La puissance active délivrée à la charge est :

P = 15000 × 0.85 = 12750W

Les pertes Fer et Cuivre sont les mêmes, puisque le transformateur fonctionne dans les même
conditions.

Le rendement est :
12750
η= = 0.976
12750 + 60 + 247.9

Remarque : Avec le même bobinage et le même noyau, on a réalisé un transformateur


ayant une plus grande capacité et un rendement supérieur.

Gabriel Cormier 21 GEN1153


Chapitre 9
Conversion d’énergie électromécanique

9.1 Introduction

La conversion d’énergie électromécanique est une partie intégrale de la vie de tous les
jours. Que ce soit les grandes centrales hydoélectriques qui transforment l’énergie de l’eau en
énergie électrique, ou bien le moteur qui fait tourner un séchoir, la conversion d’énergie est
très répandue. On verra ici un exemple simple, la machine à réluctance.

9.2 Système à simple excitation

Soit le circuit suivant :


¾x-

i→
+
v N

Fig. 9.1 – Système simple à réluctance variable

1
CHAPITRE 9. CONVERSION D’ÉNERGIE ÉLECTROMÉCANIQUE

La force magnétomotrice est :


F = N i = Rϕ
La tension est :

v = Ri +
dt
où
0
ψ=Li
0
et L est l’inductance de magnétisation.

Il faut noter qu’on néglige habituellement les pertes Fer et les flux de fuite, sauf sous
indication contraire.

Si les pièces ferromagnétiques sont immobiles, la puissance est

vi = ei + Ri2

où
dΨ 0 di
e= =L
dt dt
0
L est indépendante du courant, à cause des entrefers. Donc,

vi = ei + Ri2
dΨ 0 di
= Ri2 + i = Ri2 + L i
dtµ ¶ dt
d 1 0
vi = Ri2 + L i2
dt 2
R
On peut intégrer pour trouver l’énergie. L’énergie
R 2 vi fournie par la source pendant un inter-
val
R dt est égale à l’énergie dissipée en chaleur Ri plus la variation de l’énergie magnétique
idψ.

L’énergie magnétique totale emmagasinée durant l’interval de temps dt est :


Z Ψ
Wmag = idΨ
0

6
Ψ = Nϕ

- i

Fig. 9.2 – Flux en fonction de l’énergie

Gabriel Cormier 2 GEN1153


CHAPITRE 9. CONVERSION D’ÉNERGIE ÉLECTROMÉCANIQUE

L’aire sous la courbe est la co-énergie :


Z i
0
Wmag = Ψdi
0

On obtient :
0
Wmag + Wmag = Ψi
µ ¶

= (N ϕ) = Rϕ2
N
0 0
= (L i)(i) = L i2
On voit que la somme de l’énergie et de la co-énergie à un instant donné est égale au produit
du flux totalisé Ψ à cet instant par la valeur du courant i à cet instant.


Dans le cas où dt
est constant (relation linéaire),
0 1 1 0 1
Wmag = Wmag = Ψi = L i2 = Rϕ2
2 2 2

Si une des pièces ferromécaniques est mobile, une tension de vitesse et une puissance
mécanique seront créés.

Si une pièce s’éloigne ou s’avance l’une par rapport à l’autre, l’entrefer change, et donc
l’inductance :

v = Ri +
dt
d ³ 0 ´
= Ri + Li
dt
0
0 di dL
= Ri + L +i
dt dt
où 0
dL
i
dt
est la tension de vitesse, puisque :
0 0
dL dL dx
=
dt dx dt
Alors,
0
di 0 dL
vi = Ri + L i + i2
2
dt dt
2 0 0
1 0 di 1 dL 1 2 L
= Ri2 + L + i2 + i
|2 dt {z 2 dt} 2 dt
µ ¶ 0
2 d 1 0 2 1 2 dL
= Ri + Li + i
dt 2 2 dt

Gabriel Cormier 3 GEN1153


CHAPITRE 9. CONVERSION D’ÉNERGIE ÉLECTROMÉCANIQUE

Le premier terme représente les pertes Joule, tandis que le second terme représente
l’énergie mécanique, et le troisième terme la puissance mécanique. On peut réarranger l’équation
pour obtenir, µ ¶ 0
2 d 1 0 2 1 2 dL
vi − Ri = Li + i = ei
dt 2 2 dt
µ ¶ 0
1 0 2 1 2 dL
eidt = d Li + i = F dx
2 2 dt
Le premier terme à droite représente la variation de l’énergie magnétique, et le second la
variation de l’énergie mécanique.

La variation de l’énergie mécanique correspond au travail effectué par l’armature mobile


durant l’interval dt.
1 0
F dx = i2 dL
2
d’où 0
1 2 dL
F = i
2 dx

Puisque
0 N2
L =
R
on obtient
1 R
F = − ϕ2
2 dx

Pour un système en rotation,


θ

Fig. 9.3 – Système rotationel

le travail effectué par l’armature mobile est :

Ttrav = τem dθ

On peut écrire
1 0
Ttrav = τem dθ = i2 dL
2
Gabriel Cormier 4 GEN1153
CHAPITRE 9. CONVERSION D’ÉNERGIE ÉLECTROMÉCANIQUE

Et donc,
0
1 dL 1 dR
τem = i2 = − ϕ2
2 dθ 2 dθ

Exemple 1
l-

g ?
x
6r

Fig. 9.4 – Machine tournante

Il faut calculer la réluctance. La réluctance de l’entrefer est


x
Re =
µ0 (πr2 )

La réluctance du guide
g
Rg = £ ¡ ¢ ¤
µ0 2π r + g2 l
La réluctance totale est : · ¸
1 gr2
R(x) = x+
µ0 πr2 (2r + g)l
On néglige RF er , puisque µF er est très grand. Donc l’inductance est :

0 N2 N 2 µ0 πr2
L = = gr2
R(x) x + (2r+g)l

Donc,
0
1 dR 1 dL
Fem = − ϕ2 = i2
2 dx 2 dx

⇒ Si la bobine est excitée en tension ou que le flux est constant, on utilise la première
relation :
1 ϕ2
Fem = −
2 µ0 πr2

Gabriel Cormier 5 GEN1153


CHAPITRE 9. CONVERSION D’ÉNERGIE ÉLECTROMÉCANIQUE

⇒ Si la bobine est excitée à partir d’une source de courant ou que le relais fonctionne à
courant constant, on utilise la deuxième expression,

1 N 2 µ0 πr2
Fem = − i2 h i2
2 gr2
x + (2r+g)l

On voit que
1
F ∝ i2 , ∝
x2

9.3 Moteur à réluctance

Soit la machine suivante :


θ
i→

Fig. 9.5 – Moteur à réluctance

• Si le courant i est constant (courant DC), le rotor va se positioner pour que R soit
minimale, donc θ = 0.

• Si le courant est sinusoı̈dal (courant AC), et que le rotor tourne déjà, il va continuer à
tourner à la vitesse synchrone égale à la fréquence du courant.

⇒ Moteur à réluctance

• Lorsque le rotor est vertical, le courant est nul, et lorsque le rotor est en position
horizontale, le courant est maximal.
• Lorsque le rotor est en position vertical, il continue de tourner à cause de son inertie
mécanique.
• Lorsque le rotor passe par la position horizontale un couple électromagnétique non nul
est exercé sur celle-ci.
• Ainsi, si on veut calculer le couple électromagnétique τem , il faut d’abord calculer la
réluctance du circuit en fonction de la position angulaire du rotor.

Gabriel Cormier 6 GEN1153


CHAPITRE 9. CONVERSION D’ÉNERGIE ÉLECTROMÉCANIQUE

On peut approximer la réluctance du circuit par :


Rmin + Rmax Rmin − Rmax
R(θ) = + cos 2θ
2 2

Le couple qui produira la rotation est


1 dR(θ) ϕ2
τem = − ϕ2 = (Rmin − Rmax ) sin 2θ
2 dθ 2

Si la tension aux bornes est



v = Vmax cos ωt = Ri +
dt
et qu’on néglige la résistance R (qui est habituellement faible) :
dΨ dϕ
v≈ =N
dt dt
Donc le flux est Z
1 Vmax
ϕ= vdt = sin ωt = ϕmax sin ωt
N Nω
d’où
ϕ2max
τem = (Rmin − Rmax ) sin2 ωt sin 2θ
2

Si le rotor tourne à vitesse constante, l’angle de rotation est :

θ = ωm t + δ

Donc

= ωm
dt

On peut substituer, avec des relations trigonométriques, et obtenir


ϕ2max
τem = (Rmin − Rmax ) {sin[2(ωm t + δ)] − sin[2(ωm t + δ)] cos 2ωt}
4

Puisque
1
sin[2(ωm t + δ)] cos 2ω = {sin 2[(ωm + ω)t + δ] + sin 2[(ωm − ω)t + δ]}
2
le couple est
ϕ2max
τem = (Rmin − Rmax ){2 sin(ωm t + δ) − sin 2[(ωm + ω)t + δ] − sin 2[(ωm − ω)t + δ]}
8
Gabriel Cormier 7 GEN1153
CHAPITRE 9. CONVERSION D’ÉNERGIE ÉLECTROMÉCANIQUE

En regardant la dernière équation,

• Si ωm 6= ω, le couple moyen = 0.

• Si ωm = ω, le couple moyen est

ϕ2max
τemmoy = − (Rmin − Rmax ) sin 2δ
8

Pour que la machine à réluctance fonctionne,

ωm = ±ω

ou si la machine a P pôles,
ω
ωm = ±
P

Remarque : si δ ≥ 45◦ , ou 45◦ /P (pour une machine avec P pôles), le moteur décroche
⇒ perd son synchronisme, et le couple moyen devient nul.

Gabriel Cormier 8 GEN1153

Vous aimerez peut-être aussi