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DUBUC Christopher

Groupe 13

Travail d’écriture d’une nouvelle


Travail présenté à Ève ARSENAULT
Littérature Québécoise
601-103-MQ

Département de français
Programme de formation générale
Cégep de Sainte-Foy
22-novembre-2018
Neige du vide.

Je me rappelle encore ces moments comme si c’était hier. Mon premier voyage, ma première

transformation. À mon arrivé en ces lieux, j’avais beaucoup de difficulté à comprendre le langage

des gens d’ici. Leur jargon se composait souvent de termes que je n’avais jamais entendus sauf

une fois auparavant aux confins d’une église chrétienne. Petit à petit, j’avais fini par m’y adapter.

Une chose qui m’avait toutefois marqué, c’est que les gens étaient, pour la majorité, blancs. Blanc

comme la neige. Je semblais être le mouton noir du troupeau. Cela m’avait tellement déplu au

cours de mes premières semaines ici, que je m’étais résigné à déménager dans un quartier qui me

ressemblait davantage. Mon fils y serait mieux de toute façon. Les semaines passèrent. Il avait

grandi aussi vite que la chaleur s’était dissipée pour faire place au froid. Il faisait très froid par ici.

J’en avais la chair de poule à tous les matins. J’avais tôt fait de nous dépêcher de bonnes frocks

bien épaisses au marché du coin. Puis, arriva ce jour tant attendu par mon fils et moi. C’était une

nuit de décembre. Une froide nuit de décembre. J’en avais les doigts et les lèvres teintés de bleu.

On était dans les rues du Vieux-Québec, le château visible au loin et bien illuminé. Surplombant

tous les bâtiments environnants, affichant sa prestance. Arrivèrent donc ces petits cristaux. Tous

d’un blanc épuré et virevoltant dans le vent, ils disparaissaient dans de petites ruelles entre les

bâtisses. C’était une vision magnifique que je voyais au-travers des yeux inanimés de mon fils.