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Séance 1 – admin

Sur la notion de police

Police administrative : a certes une fonction préventive mais elle a 3 objectifs : la préservation de l'ordre public, qui est
constitué par la salubrité publique, la tranquillité publique et la sécurité / sûreté publique qu'on trouve à l'art L2212-2 du
code général des collectivités territoriales. On trouve cette définition dans le CGCT car au niveau local c'est le maire qui
est l'autorité détentrice du pouvoir adm général.
Quand on parle de police adm on doit distinguer pls choses :
• Police adm locale / nationale
• Police adm générale / spéciale

sur la police générale et l'ordre public :

• art. L. 2212-2 du CGCT :


Reprend la formule traditionnelle de la loi du 5 avril 1884 ainsi que celle de l'article L.131-2 du Code des communes,
dispose que « la police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publique… ».
Cet article introduit la notion d'ordre public tout en définissant les contours et les composantes de celle-ci, et permet de
comprendre le rôle de la police administrative.

• CE, 8 août 1919, Labonne :

Police adm générale au niveau nationale en matière de réglementation des voies routières. A l'époque c'était la
compétence du pdr mais aujourd'hui c'est celle du premier ministre car le chef de l'exécutif et surtout le détenteur du pvr
réglementaire général au niveau nationale ajd c'est le pm.
Donc le détenteur du pvr réglementaire général au niveau national c'est logiquement le détenteur des pouvoirs de police
adm générale au niveau national donc premier ministre (art 21 const).

• CE, sect., 18 décembre 1959, Sté Les films Lutétia :

Le maire interdit la diffusion d'un film dans sa commune or ce film a d'effet d'objet, comme tous les films, de la
délivrance d'un visa d'exploitation par le ministre de la culture. Quand le ministre délivre ce visa il exerce un pouvoir de
police adm nationale et spéciale qui lui sont reconnus, en l’espèce c'est la police spéciale du cinéma. Donc concurrence
entre la police nationale des ministre et le pouvoir du maire au niveau local au titre de ses pouvoirs de police général.
Il y a 2 grandes conditions qui sont exigées pour qu'un maire puisse au titre de ses pouvoirs de police adm générale
prendre des mesures qui normalement incombe à une police adm spéciale :
• Un risque à l'ordre public (3 composantes)
• Invoquer l'existence de circonstances locales particulières

Le CE va retenir que l'atteinte à l'ordre public ici est possible du pdv de la moralité : c'est l'immoralité du film qui va
justifier l'arrêté du maire. Donc cet arrêt c'est celui qui va progressivement admettre la moralité publique comme étant
une composante de l'ordre publique et donc on commence à faire évoluer la notion d'ordre publique qui n'est plus juste
les 3 composantes au sens matériel mais aussi une dimension plus immatériel en faisant rentrer dans l'ordre publique les
questions de moralités.

Dans la confrontation des polices générales au niveau locale et nationale, l'aut locale ne peut prendre de mesures que
dans le sens d'une aggravation des mesures nationales et pas le contraire.

• CE, ass., 27 oct. 1995, Cne de Morsang-sur-Orge :

Arrêté municipale qui interdit en discothèque le lancer de nain. Si le maire le prend au titre de sa compétence il est
obliger d'invoquer un trouble à l'ordre publique alors qu'ici ce n'est pas nécessairement le cas. Donc la question était de
savoir si un tel arrêté rentrait dans la compétence du maire au titre de ses pouvoirs de police. Ici, le CE admet qu'il n'y a
pas de circonstance locales qui justifie cet arrêté mais le CE va considéré que c'est le principe du respect de la dignité
humaine qui va justifier cet arrêté comme étant une composante de l'ordre publique. On fait un pas de plus dans cette
préservation d'ordre publique immatériel.
Décision fortement critiqué car le principe du respect de la dignité humaine n'est pas au juge d'en décider.
L'un des risque de cette extension de l'ordre publique, pointé par le commissaire du gouvernement que si le CE admet le
respect de la dignité humaine comme composante de l'ordre publique ça allait nécessairement entraîné des confusions
notamment avec ce principe de moralité publique.

sur la distinction entre police administrative et police judiciaire :

La police judiciaire à une fonction répressive.

• TC, 7 juin 1951, Dame Noualek :

En espèce mme noualek est blessé à la main par un agent qui tire au cours d'une opération de perquisition dans
l'immeuble voisin. Donc se pose la question de la qualification de l'opération de police qui va entraîné la détermination
de la juridiction compétente et le critère dégagé par le TC est que l'opération qui n'as pas pour objet la recherche d'un
crime ou d'un délit déterminé c'est une opération de police adm.
Permet de distinguer le critère finaliste qui va déterminer le type de police en question.

• CE, sect., 11 mai 1951, Consorts Baud :

Réciproque de l'arrêt Noualek.


Ici une personne décède au cours d'une opération de police qui consiste à la recherche et l'interpellation de malfaiteur
donc qui dit tentative d'interpellation dit nécessairement répression d'une infraction et donc qualification de l'opération
en opération de police judiciaire. Le CE tire la conséquence de si on a une opération de police judiciaire, la juridiction
judiciaire est compétente et tous les litiges qui sont relatifs aux dommage (donc actions en responsabilités) relatifs à ces
opérations relèvent eux aussi obligatoirement de la juridiction judiciaire.
• TC, 19 octobre 1998, Mme Bolle, vve Laroche :

On est dans le cadre de l'affaire du petit Grégory. Le beaux frere des parents avaient été suspecté un temps puis relâché.
Or il se trouve que le père de Grégory avait menacer à plusieurs reprises de le tuer car il était convaincu de sa
culpabilité. Il est relâche sans protection des forces de l'ordre et se fait assassiner. Sa veuve va chercher la responsabilité
de l'état et la question va être de savoir si l'opération de police en question, donc le défaut de surveillance était
constitutif de l'opération de police judiciaire. Le fait de le laisser sans surveillance, insuffisante, est une opération de
police adm en ce sens que la surveillance qui aurait dû être instauré aurait eu pour effet d'éviter la réalisation de
l'infraction à savoir le meurtre de bernard laroche. La carence en question est donc attribuable à la police administrative
car il y avait une dimension de « prévention » ce qui a pour effet de faire intervenir le juge administratif.

Sur les pouvoirs de police :

Il faut distinguer 2 temps :


• Les pouvoirs de police dit en temps normaux
• les pouvoirs de police dit en circonstance exceptionnelle / période de crise

La différence consiste de l'étendue des pouvoirs de police et sur la nature du juge impliqué.

en temps normal :

• CE, 19 mai 1933, Benjamin

C'est un auteur qui devait faire une conférence mais le maire prend un arrêté, sur le fondement de ses pouvoirs de
police, pour interdire la tenue de la réunion. Il y a une contestation de la mesure et le principal grief : cela constituait
une atteinte disproportionné à la liberté de réunion. Par définition une mesure de police est une mesure attentatoire à la
liberté fondamentale. Le contrôle du juge se porte notamment sur le caractère proportionnel de cette atteinte.

Ici le CE juge de la disproportion de la mesure parce qu'il va être estimé que le trouble publique qui était allégué par le
maire aurait pu être prévenu par des moyens moins invasif que l'interdiction pure et simple de l’événement qui est une
mesure de dernier recours, notamment la possibilité de mettre sur le lieu de la réunion des agents de police afin d'éviter
tout risque d'émeutes. Donc contrôle de la mesure et surtout de sa nécessité et de l'adaptation de la mesure.
Pour juger d'une mesure de police adm, le juge va avoir recours à ce triple test :
• Si la mesure est adaptée
• Si la mesure est nécessaire
• Si la mesure est proportionné aux risques invoqués
Considérant de principe dans cet arrêt : les pvrs de la police doivent concilier l'exercice de ses pouvoirs avec le respect
de la liberté de réunion garantie. C'est cette conciliation qui va être à l'épreuve.
Plus globalement cet arrêt illustre la maxime de la formule du commissaire valdy qui disait que la liberté est la règle et
la mesure de police l'exception.

• CE, ass., 22 juin 1951, Daudignac :

Photographe filmeur qui se voyait soumettre à un régime d'autorisation préalable pour exercer sa profession.
La question était de savoir si la soumission à un régime d'autorisation préalable de photographe filmeur c'était une
mesure de police admissible de la part d'un maire ?
Le CE va annuler l'arrêté prit, et estime qu'une telle autorisation constituait une atteinte injustifié et disproportionné à la
liberté du commerce et de l'industrie. Par contre le CE précise qu'une telle mesure aurait pu être admissible si vous
invoquez une nécessité suffisante et si vous le pratiquez dans certaines rues ou à certaines heures. Interdire de prendre
en photo des personnes à certaine heures et à certains endroits aurait été admissible par le CE.
Cela renvoi aux critères qui vont être étudier par le juge adm pour admettre la légalité d'une mesure de police.
Le juge va donc s'intéresser aux 3 champs d'applications de la mesure :
• ratione personae = appréciation matérielle : la mesure ne doit pas avoir destinataire trop générique, cela doit
être un public en particulier.
• ratione temporis = appréciation temporelle : signfie que l'atteinte aux droits et libertés par les mesures de
polices doit être circonscrite dans le temps.
• ratione loquis = spatiale : il faut que spatialement la mesure soit appliquée dans des zones délimitées.

affaire Dieudonné :

• CE, ord., 9 janvier 2014

Rapide, se fait à juge unique. Spectacle interdit, cela est contesté devant le juge administratif : le fondement de l'arrêté
était multiple. C'était un arrêté prit au titre des pouvoirs de police du préfet, et qui se fonder sur le contenu du spectacle
qui contenait des propos antisémites, incitent à la haine raciale, et faisait l'apologie de crimes réalisés pendant la
seconde guerre mondiale. La société de production avance l'argument que l'interdiction ne peut pas être justifié par une
atteinte à la dignité humaine et que l'interdiction est disproportionné car les risques allégués ne justifiait pas une
interdiction qui est une mesure extrême.
Au final le CE va admettre que les troubles à l'ordre publiques qui était allégués étaient réels mais surtout que tenir de
tel propos qui juridiquement sont des infractions pénales. Donc l'arrêté du préfet avait pour objet d'empêcher la
réalisation de ces infractions pénales. La prévention de réalisation d'infractions pénales c'est la mission de la police adm
donc l'arrêté est bien justifié.

• CE, ord., 6 février 2015

Mêmes faits et même spectacle, ici c'est le maire qui prend un arrêté pour interdire le spectacle. Les arguments étaient
relativement communs : propos, apologie du terrorisme, remise en cause de la dignité humaine. En plus le maire à
rajouté le fait que le spectacle a porté atteinte aux valeurs républicaines de la France dans un contexte d'attentat. Tout
cela laisser craindre au maire des risques à l'ordre publique pour lesquels le maire disait qu'il n'avait plus de force de
police car toutes mobilisés pour le plan vigipirate donc il ne pouvait pas prendre de mesures moins invasives.
Le CE reconnaît que l'atteinte est disproportionné car l'atteinte n'est pas avérée dû aux arguments avancés : l'argument
du plan vigipirate n'est pas valable dans le cas de l’Auvergne. De plus une dimension politique s'ajoute, car Manuel
Valls, ministre de l'intérieur de l'époque, avait pulsé l'interdiction préfectorale.
Dans ces cas là l'appréciation des mesures de police se fait in concreto.

en circonstances exceptionnelles :

Sous l'empire de l'état d'urgence, l'extension des pouvoirs de police va pouvoir se faire soit sur la base d'un régime
législative (donc le régime d'état d'urgence) qui va accroître les compétences des autorités administratives en matière
de police administrative soit le régime uniquement jurisprudentiel, sans bases écrites, d'extension de pvrs de police qui
est la théorie des circonstances exceptionnelles qui résulte des deux arrêts :

• CE, 28 juin 1918, Heyriès

Monsieur Heyriès est un agent public révoqué, or les agents public ont certaines garanties comme celle de se voir
communiquer leurs dossiers avant de se faire infliger une sanction. Or ici il a été révoqué sans que son dossier lui soit
communiqué, en pleine première guerre mondiale. Le droit à la communication du dossier est garantie par une loi or
cette loi avait été suspendu par un décret du pdr. Le CE va estimer que selon les lois constitutionnelle de la troisième
république, notamment celle de 1875, le pdr a pour compétence d'assurer et garantir le fonctionnement des services
publiques même en temps de guerre. En période de circonstance exceptionnelle et sur ce fondement, on admet la
possibilité de supprimer le droit à la communication du dossier. Par conséquent la révocation est considéré comme légal
en application de la théorie des circonstances exceptionnelles.

• CE, 28 février 1919, Dames Dol et Laurent

On est pendant le première gm à toulon qui se trouve pas loin de la marine française et le préfet prend des mesures
visant à interdire la fréquentation du port à différentes filles galentes et prend des mesures qui interdisent aux bar de
recevoir et de servir à boire à ces filles. 2 filles vont contester cela, par plusieurs arguments :
• le préfet est incompétent pour prendre de telle mesures
• porte atteinte à 2 libertés de manière disproportionnées : la liberté d'allées et venir, aux liberté du commerce et
de l'industrie.

Il faut préciser qu'on est sous le statut de l'état de siège qui prévoit le transfert aux autorités militaire de beaucoup de
compétences civiles notamment en mat juridictionnelle et du fait de l'application de la théorie des circonstances
exceptionnelle le conseil d'état va reconnaître la validité de l'arrêté du préfet psq le CE va estimer que le risque de
transfert d'information entre des marins et des filles galantes en pleine guerre mondiale à côté de la flotte de la marine
française était un risque suffisamment important, même s'il était attentatoires aux libertés.
Donc extension des pouvoirs de police du préfet en application de la théorie des circonstances exceptionnelles.

Commentaire : TA Rennes, 25/10/2019, n°190429

7 étapes
phrase d'accroche : phrase générale qui traite le thème ou citation dans un article, manuel, jurisprudence...
rappel des faits matériels : qui ont conduit aux déclenchement de la procédure
Procédure : Intégralité, arrêt infirmatif ou non et date
Prétentions des parties
La question de droit : sur laquelle a du se prononcer le conseil d'état, terme précis
La solution : portée de l'arrêt reformulée
Annonce de plan

Dans le cadre de ses pouvoirs de police dans le niveau local, est-ce qu'au tritre de ses pouvoris il peut resteindre
l'utilisation de produit de pesticides ?
Dans son jugement rendu le 25 octobre 2019, le tribunal administratif de rennes tranche les compétences entre police
administrative générale et police administrative spéciale. En effet, le maire de Langouet a décider d'encadrer l'utilisation
de produits phytopharmaceutiques par exemple en les interdisant à moins de 150 mètres de toute parcelle comprenant
un bâtiment. Cependant, le préfet d'Ille et Vilaine a saisi le maire d'un recours gracieux que ce dernier à rejeté. Selon le
préfet, monsieur le maire n'avait aucune compétence pour prendre une telle décision, qui, selon lui, devait revenir sous
l'autorité de la police administrative spéciale compétente c'est à dire le ministre de l'agriculture. Cependant, le maire fait
valoir sa compétence accessoire en matière de police sanitaire ainsi que le silence des textes législatifs au sujet de la
protection des riverains des zones traitées. De ce fait, est-ce qu'un maire détient la compétence pour prendre des arrêtés
concernant l'utilisation de produits dangereux pour ses riverains ? Autrement dit, est-ce que le maire peut se substituer à
la police administrative spéciale c'est à dire le ministre de agrumiculture ?

I. L'incomptéence littérale de la répartition des pouvoirs de polices


A. Une position jurisprudentiellement établie

Décision de 2012 QPC,


B. compétence de principe fixée par la loi L253-7

II. L'impossible extention des pouvoirs de police du maire


A. Absence de fondement textuel
Le principe de précaution est rejeté, l'art 72 est rejeté, le droit de l'ue ne peut pas avoir pour effet de transférer des
pouvoirs en intene
B. Absence de circonstances
Pas de péril imminent, pas de carence de l'état, pas de circonstances locales.