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DROIT PENAL SPECIAL

Raisonnement du juge :
Se réfère au texte (principe de légalité) : vérifie si l’élément matériel et moral est rempli.
Si le juge conclu qu’il n’y a pas d’infraction pénale alors il n’y a pas de responsabilité pénale. En revanche, si le juge
estime que l’infraction est constituée dans tous ses éléments il devra déterminer quelle est la personne (ou les)
susceptible d’être déclarée responsable de l’infraction.
Qui en est pénalement responsable ?

Étudier la responsabilité pénale revient à étudier deux notions qu’il ne faut pas confondre :
 Imputation de la responsabilité : opération technique de la part du juge qui revient à se demander si
l’infraction constituée peut être imputée à une personne et donc lui reprocher la commission de cette infraction
qui deviendra alors le responsable pénal. On peut être responsable de l’infraction comme auteur ou comme
complice.

 Imputabilité de la responsabilité : il se peut parfois que l’infraction ne soit pas imputable à une personne. Ici,
ce sera une opération différente. Elle sera subjective et non objective (intellectuelle et non matérielle) pour
savoir si la personne a la capacité de répondre de cette infraction. Dans certains cas la personne peut ne pas y
répondre décrit dans la doctrine comme cause d’imputabilité (ex : démence).

Pour que la RP d’une personne soit reconnue il faut imputation et ensuite qu’elle ait agi avec son libre arbitre : à défaut
de libre arbitre on n’engage pas sa RP.
Il y a dans le droit pénal français, il y a deux catégories de personnes : les personnes pénalement responsables, les
personnes qui ne sont pas pénalement responsable (vice du consentement) ou personne bénéficiant d’une cause
d’atténuation de la RP (mineurs dans certains cas).
Le CP actuel s’intéresse à la RP dans le titre II de son livre Ier (dispositions générales) : art. 121-1 à art. 129.

Ce titre II du livre Ier contient deux chapitres :


1. Dispositions générales (règles relatives à l’imputation de la responsabilité donc pour les personnes pénalement
responsables) art. 121-1 et suivants
2. Des causes d’irresponsabilité ou d’atténuation de la responsabilité : imputabilité et cas des personnes pouvant
être pénalement irresponsable ou dont la responsabilité peut être atténuée art. 121-1 et suivants

PARTIE 1 : Les personnes responsables : les conditions de la responsabilité pénale

Cette opération d’imputation n’est pas compliqué lorsque nous sommes en présence d’une seule infraction commise par
une seule personne. Néanmoins, dans le cas de pluralité d’infraction, pluralité de participant et pluralité de victime, cela
devient plus complexe.
Qui a fait quoi ? Le juge dispose d’un certain nb de règles posées par le Code pénal quant à la détermination des
personnes pénalement responsables.

Principe de responsabilité pénale personnelle : seule la personne qui a personnellement ou individuellement à la


commission d’infraction peut voir sa responsabilité pénale engagée.
La responsabilité pénale : personne physique ou, depuis 1994, une personne morale.
Deuxième série de règle : que ce soit une personne morale ou physique, elle n’engage sa responsabilité pénale que si
elle participe personnellement à la commission de l’infraction en qualité d'auteur ou de complice. Il y a, en droit pénal,
deux modes de participation à l'infraction : l'action et la complicité.

Cependant, il y a des conditions spécifiques pour les personnes morales ; la volonté d’une personne morale ne
s’exprime pas de la même façon qu’une personne physique, de même pour les peines applicables.

TITRE 1 : Les conditions communes de la détermination de la personne pénalement responsable

Ces conditions communes reposent sur la participation criminelle au sens générique du terme (donc pas forcément un
crime mais participation à l’infraction).
La participation criminelle doit remplir certains caractères, notamment le caractère personnel ; et elle ne peut adopter
que certains modes de participation criminelle. Elle doit donc répondre à certains critères.

Chapitre 1 : Le caractère personnel de la responsabilité pénale

En droit civil il y a plusieurs faits générateurs de l’engagement de la responsabilité civile :


 Responsabilité du fait personnel (responsabilité pour faute) Art. 1382
 Le fait d’une chose que l’on a sous sa garde

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 Le fait d’autrui (responsabilité des parents du fait de leurs enfants mineurs)

En droit pénal, la responsabilité pénale repose exclusivement sur le fait personnel. Ce principe est réellement affirmé
qu’avec le Code pénal actuel .

Section 1 : L'affirmation du principe

Sous l’empire de l’ancien code pénal de 1810, le principe du caractère personnel de la responsabilité pénale n’était pas
affirmé par le code mais par la jurisprudence.
« Nul n’est pénalement responsable qu’à raison de son fait personnel » (jurisprudence de la chambre criminelle)
Sous l’empire du Code pénal actuel, la grande nouveauté est qu’on trouve une consécration expresse dans le code
pénal : c’est le premier article du chapitre I du titre II du livre I (art. 121-1).

« Nul n'est responsable pénalement que de son propre fait »

Cette consécration officielle n’a pas changé la signification du principe.


Il ne faut pas confondre le principe de la RP personnel avec le principe de la personnalité des peines.

Le principe de la RP veut dire qu’on ne peut être pénalement que des faits que l’on a commis. Le principe de la
personnalité des peines signifie que seule la personne déclarée pénalement responsable qui peut exécuter la peine
prononcée et non quelqu’un d’autre.
En droit civil, sauf exception, on peut payer la dette d’autrui.

Ce principe de la RP personnel vaut, dans l’état actuel des choses, aussi bien pour les personnes physiques que pour les
personnes morales. Pourquoi ? Parce que le CP actuel, en même temps qu’il consacrait l’art. 121-1, prévoyait la RP des
personnes morales.
La chambre criminelle s’est assez rapidement intéressée à ce principe dans le cas d’une personne morale notamment
dans le cas de la fusion-absorption.
Deux arrêts : 20 juin 2000 et 14 octobre 2003. La chambre criminelle : la société absorbante ne peut être déclarée
pénalement responsable d’un fait commis antérieurement par la société absorbée.
La difficulté est qu’une personne morale et qu’une personne physique est différente : la mort d’une personne morale
peut être décidée volontairement (décision volontaire de fusion-absorption) à l’inverse du décès d’une personne
physique (sauf dans le cas du suicide).

Ainsi, des personnes morales peuvent s’entendre pour tenter d’échapper à la responsabilité pénale. Consciente de cela la
CJUE, dans un arrêt du 5 mars 2015 a estimé que des amendes pouvaient être infligées à la suite d’une fusion
absorption à la société absorbante.

Pourquoi ? Parce que la cour de Luxembourg déclare que si on ne transmet pas les amendes contraventionnelles, la
responsabilité est éteinte, et la fusion est un moyen d'échapper aux conséquences des infractions pénales (donc à la
responsabilité pénale).

La chambre criminelle a, par ailleurs, maintenu sa position dans une décision 25 octobre 2016 n°1680366, arrêt de
cassation rendu au visa de l’art. 121-1 :
« Un texte ne peut s’interpréter que comme interdisant que des poursuites pénales soient engagées à l’encontre de la
société absorbante pour des faits commis par la société absorbée avant l’opération faisant perdre à la société
absorbée son existence juridique ».

Ainsi, la disparition de la personne morale est vue comme une extinction de la personne physique.
Art 6 du CPP : « l’action publique s’éteint par la mort du prévenu ».
Il serait pourtant important que la dissolution de la personne morale n’ait pas les même effets que le décès d’une
personne physique.

Section 2 : La signification du principe

On détermine cette signification de deux façons : négativement car elle implique un certain nombre d’exclusion puis
positivement pour connaître sa portée réelle

Paragraphe 1 : La détermination négative

Deux exclusions :
 Exclusion de l’idée d’une RP collective

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 Exclusion de l’idée d’une RP du fait d’autrui

A. Exclusion de la responsabilité pénale collective

La responsabilité pénale collective a pu exister de façon très ancienne, avant que la justice publique existe. Seulement,
comme souvent, tout principe peut connaître des exceptions ou des limites

a. Le principe :

Le principe : il n’est pas possible de condamner tous les membres d’un groupe informel au motif qu’une infraction
aurait été commise par l’un de des membres du groupes. C’est une exclusion de fond et de procédure.
Ex : La chambre criminelle avait statuée par le passé en disant qu’il n’était pas possible de condamner pénalement
quelqu’un dont le fait personnel n’était pas établit.
De la même façon, au plan de la procédure, lors de manifestations, un certain nombre de manifestants peuvent être
traduits en justice.

b. Limite : prise en compte de la pluralité de participants :

1. par le législateur

Néanmoins, ce principe peut connaître un certain nombre de limites : il est tout à fait possible que le législateur voir la
jurisprudence prenne en compte le fait que l’infraction a été commise de façon collective.

a. A titre de circonstances aggravante


Concernant le législateur, en droit pénal spécial, peut très bien prendre en compte le fait qu’une infraction est mise en
œuvre de façon collective ou qu’un délinquant appartenait à un groupe à titre d’élément constitutif voir comme
circonstance aggravante.

Circonstance aggravant :
 Circonstance aggravante de réunion (ex : le vol) : plusieurs personnes ont agi en qualité d’auteur ou de
complice
 Circonstance aggravante de bande organisée : l’infraction a été commise en bande organisée (défini à l'art.
132-71 du CP)

Art. 132-71 : « Constitue une bande organisée tout groupement formé ou toute entente établie en vue de la préparation
caractérisée par un ou plusieurs faits matériels d’une ou de plusieurs infractions »

b. A titre d'éléments constitutifs (inf collectives par natures)


En jurisprudence on considère qu’il faut un minimum de trois personnes pour former une bande organisée. Ainsi, le fait
d'être à plusieurs est pris en compte par le législateur.
Il peut prendre en compte la pluralité de participants au sein des éléments constitutifs.
Il créé alors des infractions collectives : elles ne peuvent pas être commise par une seule personne, il faut
nécessairement être plusieurs.

Ex : complot (article 412-2 du code pénal). C'est une « résolution arrêtée entre plusieurs personnes de commettre un
attentat ». L'association de malfaiteurs (450-1 du code pénal) est « tout groupement formé ou entente établie en vue de
la préparation caractérisée par un ou plusieurs faits matériels soit d'un ou plusieurs crimes, soit d'un ou plusieurs délits
punis d'au moins 5 ans d'emprisonnement.

Art. 132-2 :
 Le législateur, avec une loi du 2 mars 2010 a créé une nouvelle infraction collective à l’art. 222-14-2 du Code
pénal : l’infraction de participation à une bande violente. Concerne un groupement, même temporaire,
préparant des violence à l’encontre de personne ou de dégradation de bien (1 an d’emprisonnement et 15 000€
d’amende)
On a donc une pluralité d’infractions collectives.

2. Par la jurisprudence

Il arrive aussi à la jurisprudence, dans une perspective répressive, de retenir la responsabilité pénale d’un groupe
informel au motif qu’ils ont tous participé volontairement à une scène de violence (volontaire) ou qu’ils ont tous
participé à une imprudence commune (involontaire)

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B. L'exclusion de la rp du fait d'autrui
Différence importante entre d civil et pénal
a. Le principe :
Il n’est pas possible de condamner pénalement (amende ou emprisonnement) un parent pour l’infraction de leur enfant
mineur délinquant. Les parents ne sont pas pénalement responsable de leur enfant mineur. Néanmoins, il sont civilement
responsable des faits de leur enfant mineur vivant avec eux.
1324 al. 4 du code civil de 1804 et, depuis le 10 février 2016 art. 1242 du code civil, énumère différents cas spéciaux de
responsabilité civile du fait d'autrui :
 Les parents du fait des enfants mineurs
 Les commettants du fait des préposés.
Ce principe peut recevoir certain tempérament.

b. Limite : les présomptions :

Cette absence de responsabilité pénale du fait d’autrui n’empêche pas le législateur d’intervenir et il peut poser des
présomption de culpabilité, des présomption de responsabilité, à l’encontre d’une personne déterminée.
Ainsi, une personne va être présumée responsable.
Ex : présomption établies par le code de la route

Art. L-121-1 pose un principe très proche : le conducteur d’un véhicule est responsable pénalement des infraction
commise par lui dans la conduite de son véhicule.
Néanmoins, dans les articles suivants, on pose des présomptions qui, en réalité, ne sont pas de véritables présomptions
de RP qui sont des présomptions pécuniaires. Ces présomptions sont posées à l’encontre du titulaire du certificat
d’immatriculation du véhicule : il est pécuniairement responsable d’un certain nombre d’infraction : stationnement du
véhicule, vitesse autorisée, etc.
Il devra donc payer l’amende sauf à prouver qu’il y a eu un élément de force majeur ou à dénoncer auprès des autorités
qui était le véritable conducteur (délation).

Cette possibilité, pour le législateur, de recourir à des présomptions pénale, a été de recourir à la jurisprudence. Aussi
bien de celle de la CEDH que celle du Conseil Constitutionnel. Ces présomptions ont notamment été contestées par
rapport à un principe de procédure pénale, qui est la présomption d'innocence.
A été contesté face au principe de présomption d’innocence (art. 9 de la DDHC et de l’art. 6 al. 2 de la Convention
DHC)

Deux arrêts de la CEDH : 1988 (Salabiaku c/ France) et 1992 (Pham Hoang c/ France)
A déclaré que tous les états recours à la présomption et que la convention n’interdit pas la présomption et la Cour
considère que l’art. 6 commande aux États d’enserrer ses présomptions dans des limites raisonnables : prise en compte
de la gravité de l’enjeu et préserver les droits de la défense.
Il faut que ce soit une présomption simple, et non une présomption irréfragable. La preuve contraire à la présomption
doit pouvoir être apporté : pas de présomption absolue.
Présomption : conséquence que la loi ou le juge tire d’un fait connu par un fait inconnu.
Le Conseil Constitutionnel saisit dans le cadre du contrôle à priori a rendu une décision de le 16 juin 1999 concernant
l’article L 121-3 du code de la route.

Le Conseil dit qu’en principe le législateur ne saurait instaurer de présomption de culpabilité en matière répressive
toutefois, à titre exceptionnel, de tel les présomptions peuvent être établies notamment en matière contraventionnelle
notamment en matière repressionnelle qu'elles ne revêtent pas un caractère irréfragable, dès lors qu'est assuré le respect
des droits de la défense et que les faits induisent raisonnablement la vraisemblance de l’imputabilité. C’est assez proche
de ce que nous dit la Cour de Strasbourg.

Sur la base de cette jurisprudence, il est arrivée au Conseil Constitutionnel de censurer certaines présomption que
voulait instituer le législateur.
Décision du Conseil Constitutionnel du 10 mars 2011 :
Une loi entendait instaurer une sanction éducative à l’encontre des mineurs délinquants (interdiction pour le mineur de
circuler entre 23h et 6h sans être accompagné par l’un de ses parents).
La loi avait prévu que les parents qui ne s’assurait pas du respect de cette mesure commettait une contravention de
troisième classe. La disposition vis-à-vis des parents a été censurée au motif que le législateur entendait établir
une présomption irréfragable de culpabilité.
 si on constatait qu'un mineur était seul entre 23h et 6h, cela faisait encourir aux parents une contravention de
3ème classe ipso facto.
Donc le principe de responsabilité pénale personnel exclut une présomption irréfragable de culpabilité.

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Paragraphe 2 : Détermination positive de la signification du principe

Positivement, le principe signifie qu’une personne ne peut pas voir sa responsabilité pénale engagée si elle n’a pas elle-
même participé à la réalisation de l’infraction.
Du côté des personnes morales, le principe s’applique aussi mais que nous sommes en l’état d’une divergence entre la
CJUE (déclarer pénalement responsable l’absorbante des faits de l’absorbée) et de la Cour de Cassation (qui considère
que c’est impossible au regard de l’art. 121 du CP).
Du côté des personnes physique, on a d’assez rare décisions cassant des condamnations pénales au motif qu’il y a eu
violation de l’art. 121.
Ex : notion d’indivision.

On peut être parfois propriétaire indivis : plusieurs propriétaire d’une même maison. Cas de trois frères propriétaires
d’un domaine forestier. Un des frères habitait sur place et les deux autres ailleurs. Le frère sur place fait défricher sans
demander autorisation : c’est un délit pénal.
Au motif que les trois frères étaient propriétaires, ils sont donc les trois pénalement responsables. La condamnation des
deux autres frères a donc été cassée sur le fondement du fait personnel (art. 121).
Ex : décision collégiale.

Qu’est-ce qu’on fait lorsqu’un infraction pénale résulte de la décision prise par un organe collégial ? Question posée
dans le cadre de décision de conseil municipaux.
Dispositions discriminatoires : suspension de fourniture dans les écoles pour causes de trop grand nombre d’enfant de
nationalité différentes ; indemnisation lors d’une naissance d’un enfant ayant au moins un parent français.

La chambre criminelle dit que, puisque c’est une délibération collégiale, on ne peut l’imputé qu’aux conseillers
municipaux ayant voté « pour ». Elle a alors dit qu’il était possible d’engager la responsabilité pénale du maire ou de
l’adjoint au maire ayant proposé la délibération au conseil municipal ou qui s’était félicité publiquement de l’adoption
de cette délibération : on peut relever un fait d’action personnelle (auteur ou complice).
Ce principe est le premier principe commun aux personnes physique et morale. Le second est le mode de participation
criminelle.

Chapitre 2 : les modes de participation criminelle

L’infraction pénale peut être commise en groupe. Le droit pénal spéciale peut instituer des infraction pénal collective
mais dans de rare cas particuliers. En dehors de ce cas, comment raisonne-t-on en droit commun, en droit pénal
général ? On recherche s’il y a eu entente préalable ou non en vue de commettre l’infraction. Lorsqu’il n’y a pas entente
préalable entre les différents participants, le juge pénal doit déterminer qui a fait quoi et, en fonction, retenir ou non la
responsabilité pénale.

Aujourd’hui, le juge peut être aidé par la vidéo protection (vidéo surveillance).
Lorsqu’il y a eu entente préalable entre les différents participants pour commettre une ou plusieurs infractions, tout
dépendra du caractère durable ou non de cette entente. S’il y avait une entente préalable durable, le droit pénale
spéciale le prend en compte au titre d’une circonstance aggravante. Mais s’il s’agissait d’une entente momentanée., à
quelle titre cette participation criminelle peut être retenue ?

Deux modes généraux de participation criminelle : soit en étant l’auteur, soit en étant le complice. La complicité est
définie par l’art. 121-7 du Code pénal et qui donne deux formes de complicité :
- complicité par aide ou insistance
- complicité par ordre ou instruction donnée.

Concernant l’auteur, c’est l’art. 121-4 qui dit « est auteur de l’infraction la personne qui commet les faits incriminés
ou qui tente de commettre un crime dans les cas prévus par la loi, un délit ».
Soit on commet l'infraction soi-même, et on en est l'auteur (ou les auteurs), soit on s'associe, on participe, à la
commission de l'infraction par quelqu'un d'autre, et on en est le complice.
Il y a eu des tentatives ou des tentations de créer un troisième mode général de participation criminelle qui aurait été
l’instigation ou l’instigateur.

L’avant-projet de code pénal de 1986 avait comporté un projet d’article qui définissait l’instigateur comme la personne
qui sciemment fait commettre par un tiers les faits ou la personne qui provoque directement la personne à commettre un
crime même lorsque la provocation n’est pas suivie d’effet.
Cette solution n’a pas été retenue et en l’état actuel des choses, on n’a que l’action et la complicité (par aide ou
assistance ou celle par provocation ou instruction donnée).
On ne parlera pas non plus du recèle (association à une infraction après sa commission). Ce n’est pas un mode de

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participation criminelle générale mais une infraction pénale autonome qui relève du droit spécial : recèle de choses
volée (art. 321-1), recèle de délinquant (art. 436-6) et le recèle de cadavre (art. 434-7)
Ces deux modes généraux de participation sont communs aux personnes physiques et morale : le texte 121-2 y fait
référence. Ce texte dit qu’une personne morale peut être pénalement responsable selon les distinction des art. 121-4 à
(et ??) 121-7.

Section 1 : L'auteur de l'infraction

L’auteur(s).
La définition se trouve aujourd’hui dans l’art. 121-4 de l’infraction : commet une infraction ou une tentative
d’infraction (seulement si elle est punissable : toujours punissable en matière de crime mais en matière de délit que si la
loi l’a spécialement prévu).
Auteur : personne qui a commis ou tenté de commettre les éléments constitutifs de l’infraction.
Mais la notion d’auteur ou d’action permet de réprimer l’auteur moral, l’auteur intellectuel de l’infraction

A. L'auteur matériel

Celui qui accompli lui-même les éléments constitutifs. On ne peut guère aller plus loin : il faut scruter le texte pour
trouver élément matériel et élément moral.
Peut-être une infraction de commission (acte positif) ou une infraction d’omission.
Ex : dans le meurtre, l’auteur matériel est celui qui tue la victime.
Si l’infraction en question est une infraction d’omission ou d’abstention c’est plus complexe : l’élément matériel repose
sur un acte négatif et c’est plus difficile à déterminer : qui aurait d’agir et n’a pas agi. Tout dépend du texte en cause.

Ex : délit de non représentation d’enfant.  parent qui ne ramène pas l’enfant.


Ex : omission de porter secours. Obligation pour tout un chacun de porter secours à une personne en péril à condition
que soi même nous ne soyons pas mis en péril  n’importe qui.

Notre infraction peut être une infraction intentionnelle ou non intentionnelle. Dans le domaine des infractions non
intentionnelles.
La loi Fauchon a introduit dans l’art. 121-3 des distinctions qui concernent l’auteur.

Infraction non intentionnelle :


Causalité directe faute/dommage : on est en présence d’un auteur direct.
Causalité indirecte : énumérée par l’art. 121-3 al. 4 qui prévoit deux hypothèses :
 Personne physique qui, sans avoir directement causé le dommage, a créé ou contribué à créer la situation qui a
permis la réalisation du dommage : auteur indirect au sens strict
 Personne physique qui, toujours sans avoir créé directement le dommage, n’a pas pris les mesures permettant
de l’éviter : auteur médiat
Par opposition à l’auteur matériel on distingue l’auteur moral ou intellectuel.

B. Auteur moral ou intellectuel


C’est celui qui ne commet pas lui-même l’infraction mais qui fait commettre l’infraction par quelqu’un d’autre. Il n’a
techniquement pas commis l’infraction, il n’est donc pas l’auteur matériel mais moralement si.
La difficulté est de savoir comment on appréhende cet auteur moral en droit pénal. D’un point de vue criminologique
(cause de la délinquance), son rôle apparait comme primordial puisqu’il est directement à l’origine de l’infraction.
Néanmoins, d’un pdv juridique la faire commettre par un tiers est différent de la commettre soi-même.
L'instigation n'est pas, dans le code pénal actuel, un mode général de participation criminelle. Le principe est que cet
auteur moral ou intellectuel est considéré comme un complice
Pour répondre à la question de savoir comment traiter l’auteur moral on le traite en deux temps. Le principe est que cet
auteur moral est considéré comme un complice (al. 2 de l’art. 121-7) : il y a complicité par provocation à l’infraction ou
par instruction donnée.
De façon dérogatoire, le législateur et parfois la jurisprudence abandonne cette solution de principe considérant celui
qui fait exécuté l’action par un autre non pas comme un complice mais comme un véritable auteur à part entière.
a. L'auteur moral selon les textes
Le législateur considère que tel ou tel auteur moral est auteur. Tout dépend de la formulation des textes et quel sera
l’intérêt.

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1. La formulation des textes :
Trois formulations utilisées pour considérer l’auteur moral comme un véritable auteur :
 Texte incrimine d’exécuter tel acte OU de le faire exécuter (auteur moral incriminé au titre d’auteur)
Ex : le génocide. Fait de commettre ou de faire commettre à l’encontre des membres d’un groupe des
abominations.
 Textes relatifs à la provocation : provoquer la réalisation de telle ou telle infraction.
Juillet 1881 sur la liberté de la presse : tout ce qui concerne la discrimination, la haine raciale ou la violence
commise par voie de presse. Il y a très régulièrement, en France, des condamnation pour provocation à la haine
raciale.
Beaucoup de provocation concerne les mineurs : provoquer les mineurs à faire consommation d’alcool ou faire
usage de stupéfiant.
Celui qui provoque est auteur : art. 227-18 et suivants.
 Fait de laisser commettre une infraction ou de laisser commettre tel acte qui est incriminé 413-10 al. 2 ?? du
CP
Ex : laisser porter atteinte au secret de la défense nationale (grave).
DANS cette infraction on est en présence d’une infraction d’omission (action négative).
Quel est l’intérêt de ces texte ? Pourquoi le législateur préfère considéré comme auteur et non comme un complice ?
Pour mieux le réprimer. Ces textes permettent une répression plus sûre et parfois plus sévère que ne le permettrait la
complicité.
2. L'intérêt des textes
 Permettre une répression plus sûre que la complicité : permettent parfois de réprimer l’auteur moral alors
qu’il ne pourrait pas l’être sur le fondement de la complicité. Avec un texte spécial il pourra être poursuivit,
réprimé même si la provocation n’est pas suivie d’effet et donc il ne peut pas y avoir de complicité.
Art. 221-5-1 du CP réprime le mandat criminel donc la provocation à un assassinat ou un empoisonnement (loi
du 9 mars 2004).
Il faut que l’acte auquel il a été provoqué constitue une infraction pénal mais il arrive qu’en droit français le
suicide ne soit pas une infraction pénale. Il ne peut pas y avoir complicité au suicide donc le législateur vient
punir dans l’art. 223-13 du CP la provocation au suicide suivie d’un suicide ou d’une tentative de suicide.
 Permettre, prévoir, une répression plus sévère à l’encontre de l’auteur moral qu’à l’encontre de l’auteur
matériel ; ce que ne permet pas la complicité : la complicité, dans sa répression, repose sur l’empreinte de
pénalité (encourt les mêmes peines que l’auteur de l’infraction).
Ex : le législateur prévoit que les organisateurs de mouvements illicites sont punis comme auteur et encourent
des peines plus élevés que les participants  la complicité ne permet pas de le faire.
La jurisprudence a tendance, parfois, à faire de même
b. L'auteur moral en jurisprudence
L’auteur moral est appréhendé comme un complice. Pourtant, parfois, dans un but de répression, la JP considère l’auteur
moral comme un auteur à part entière.
Ex : histoire de faux en écriture publique.
Auteur intellectuel dicte à un officier public des informations erronées qui seront inscrites dans un acte authentique. En
théorie, l’officier est auteur et l’auteur intellectuel est complice. En pratique, la JP considère l’AI comme l’auteur du
faux en écriture publique.
Que ce soit les faits des textes et de la jurisprudence on a parfois un auteur matériel et un auteur moral.

Paragraphe 2: La co-action (co-auteurs)


A. Définition

Il y a coaction lorsque chacun des participants à l’infraction a personnellement commis ou tenté de commettre les
éléments constitutifs de l’infraction prévue par un texte.
S’il y a plusieurs y a plusieurs auteurs matériels d’une même infraction ce sont des co-auteurs.
Ils engagent leur responsabilité pénale et le juge apprécie séparément la responsabilité pénale de chacun. Selon les cas
d’espèce il est possible que certains soient relaxés ou que les trois soient condamnés et potentiellement avec des peines
différentes.

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Trois niveaux de peine : peine encouru, peine prononcée par le juge et la peine réalisée ( ?)
Pour ces coauteurs, on constate que c'est une catégorie qui a tendance à être étendue aussi bien par le législateur que par
la jurisprudence.

B. Extension de la catégorie des co-auteurs


Cette extension est d’abord le fait du législateur

a. Extension par la loi

Il y a des infractions pénales dans lesquelles la pluralité d’auteur est un élément constitutif de l’infraction : infractions
collectives par nature.
Ex : en matière de crime contre l’humanité lorsque le CP exige que le crime ait été commis en exécution d’un plan
concerté (plan à plusieurs)
Toute une série d’infraction en matière politique (atteinte à l’intérêt de la nation ou atteinte à l’autorité de l’Etat).
450-1 : association de malfaiteurs
Délit d’appartenance à une bande violente : 461-18
Le législateur prend donc la pluralité de co-auteurs

b. Extension par la jurisprudence

La jurisprudence appréhende comme co-auteurs ce que l’on dénomme des comparses : ceux qui commettent une
infraction ensemble et pouvant se substituer l’un l’autre dans la commission de l’infraction.
Sous l’empire de l’ancien Code pénal il y avait la circonstance aggravante de réunion définie comme l’infraction qui
était réalisée par plusieurs auteurs.
A l’époque, s’il y avait un auteur et un complice la circonstance aggravante n’était pas possible (car il faut deux auteurs)
donc la jurisprudence utilise le terme de « deux comparse » afin de réprimer le complice avec la circonstance
aggravante de réunion.
Aujourd’hui l’intérêt n’est plus car le Code pénal prévoit la circonstance aggravante lors de la commission d’une
infraction par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur et de complice.
La jurisprudence retient aussi la pluralité d’auteur lorsqu’on assiste à une scène violente sans savoir le rôle de chacun.
Le principe de responsabilité pénale personnelle (121-1) implique de savoir qui a fait quoi. Mais la JP accepte parfois
qu’ils sont tous des co-auteurs afin de les condamner.
Cette situation peut se présenter notamment en matière de violence volontaire avec infraction de violence volontaire ou
homicide volontaire. On ne sait pas qui a porté les coups ou qui a porté le coup fatal. Normalement ils devraient être
tous relaxé. Ils seront pourtant condamné au motif que chacun a participé à cette scène unique de violence.
En matière de violence volontaire, cela peut se comprendre. Néanmoins ce n’est pas le cas en cas de blessures ou
homicide involontaire.
Ex : chasseurs.
Femme tuée, on sait qu’il y a plusieurs participant mais une seule balle l’a touchée. La jurisprudence a parfois accepté
de retenir la responsabilité de tout le monde car ont tous participé ensemble à une action essentiellement dangereuse et
créée par leur commune imprudence et dont un tiers a été la victime.

Section 2 : La complicité de l'infraction

Une infraction commise par plusieurs personnes mais celle-ci n’ont pas joué le même rôle. Certaines n’ont participé que
de façon partielle ou médiates et ne peuvent donc pas être considérées comme co-auteurs mais nous pouvons engager
notre responsabilité pénale au titre de complice.
Nous avons donc, au minimum, l’auteur principale et donc celui qui a commis ou tenté de commettre l’infraction et au
moins un complice.
Cette complicité est régie par les art. 121-6 et 121-7 du CP.

Paragraphe 1 : Les conditions de la complicité punissable

Dans l’art. 121-7 du CP, on retrouve deux types de complicité :


 Al. 1er : personne qui sciemment, par aide ou assistance, a facilité la préparation ou la consommation d’une
infraction (complicité par aide ou assistance/collaboration)
 Al. 2 : personne qui aura provoqué a une infraction ou donné des instructions pour la commettre (complicité
par provocation/instruction donnée/instigation)
Il est important de retenir que la complicité, en soi, n’est pas une infraction : c’est un mode de participation à une
infraction.
Bien que ce ne soit pas une infraction, traditionnellement, pour expliquer la complicité, on considère qu’elle comprend
un élément moral, un élément légal et un élément matériel.

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A. L'élément légal de la complicité

Comment le droit appréhende-t-il le complice ? En théorie il y a deux systèmes :


 Criminalité d’emprunt
 Délit distinct
Le système retenu par l’ancien Code pénal et l’actuel est celui de la criminalité d’emprunt. C’est l’idée que le complice
emprunte la criminalité de l’auteur principal. Pourquoi ? Assez souvent, le comportement du complice ne comporte pas
de criminalité propre.
Au plan de la répression, l’emprunt de criminalité se double d’un emprunt de pénalité : encourt les mêmes peines que
l’auteur principal.
L’autre système est celui du système du délit distinct qui consisterait à faire de la complicité un délit distinct et donc
séparer complètement les deux. En faisant ça on fait disparaitre la complicité que nous connaissons.
Depuis 1810, l’art. 121-6 applique le système de l’emprunt de criminalité et l’emprunt de pénalité : on n’est pas
complice en soi mais complice d’une infraction commise par un auteur principal.
Dès lors, pour que la complicité soit punissable, on doit être en présence d’un fait principal pouvant être lui-même
punissable.
a. L’exigence d’un fait principal

Le fait principal, commis par l’auteur principal, doit être une infraction pénale. Cela peut-être un crime ou un délit et
parfois une contravention. Cela peut être une infraction consommée ou tentée par l’auteur principal.

1. L’existence d’un fait principal infractionnel :

Si le fait commis par l’auteur principal ne constitue pas une infraction pénale il ne peut pas y avoir complicité.
Ex : suicide
Le suicide n’est pas une infraction pénale : pas complicité d’un suicide. Néanmoins, au début des années 80 est publié
un ouvrage, Suicide mode d’emploi, qui a fait le buzz en donnant toutes les manières de mettre fin à ses jours avec
succès. L’ouvrage a permis la réalisation d’un suicide.
Par la loi du 31 décembre 1987, le législateur est intervenu et a érigé la provocation au suicide d’autrui en une infraction
distincte.

2. La nature du fait principal :

Crime et délit :
Aussi bien l’ancien que l’actuel Code pénal, visent dans l’art. 121-6 l’auteur d’un crime ou d’un délit (al. 1) et la
complicité d’une infraction (al. 2). La complicité est donc punissable.
Contravention :
Sous l’empire de l’ancien Code pénal, la complicité pour une contravention n’était pas punissable sauf si le législateur
l’avait expressément prévu (texte spécial notamment pour la violence volontaire contraventionnelle).

Aujourd’hui, avec l’art. 121-7, cela dépend de savoir quelle est la forme de complicité concernée.
Complicité par aide ou assistance : vise expressément la complicité dans le cas d’un crime ou d’un délit. Néanmoins, le
législateur prévoit des hypothèse de complicité de contravention pour le tapage nocturne (R 623-2), violence volontaire
contraventionnelle (R ??) dégradation de bien contraventionnelle (R 635-1).

Al. 2 de l’art. 121-7 parle du complice d’une infraction donc complice d’une contravention de n’importe quelle classe.
Est-ce nécessaire d’avoir un texte spécial ? Non.
Cette solution pour la seconde forme de complicité est confirmé par l’art. R 610-2 qui vise le complice d’une
contravention au nom du second alinéa de l’art. 121-7.

3. Les modalités du fait principal, une infraction consommée ou tentée :

Le cas le plus simple est lorsque l’infraction est entièrement consommée. Mais, le fait principal peut consister en une
infraction tentée.
Pour résumer cette situation on dit que la complicité de tentative est punissable alors que la tentative de complicité
n’est pas punissable.
Complicité de tentative : la tentative est générale en matière de crime mais spéciale en matière de délit. Dire que la
complicité de tentative est punissable veut simplement dire que celui qui est complice d’une tentative d’infraction elle-
même punissable. Condition : absence de désistement volontaire et commencement de l’infraction.
Tentative de complicité : on ne tente pas d’être complice. Si la tentative n’est pas caractérisée donc s’il n’y a pas
commencement de l’exécution, si le désistement de l’agent est volontaire alors l’auteur ne peut être puni et le complice
non plus.

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Ces expressions sont critiquables.
Cela a parfois conduit à des résultats choquants au moins du pdv moral : 25 octobre 1962, chambre crim. arrêt Lacour et
arrêt Scheb-Benamar. En l’espèce, dans une des affaires, un médecin avait engagé un tueur à gage pour tuer sa femme
qui ne voulait pas divorcer. Le mercenaire empoche l’argent mais ne passe pas à l’acte. Est-ce que l’exécutant pouvait
être condamner ? Non. Le commanditaire du meurtre de l’assassinat (le médecin) ne pouvait donc pas non plus être
condamner en qualité de complice : en l’absence de fait les actes ne peuvent pas être qualifié de complicité.
Le législateur a mis très longtemps à intervenir (loi du 9 mars 2004) pour que cette provocation non suivie d’effet en
matière d’assassinat ou d’empoisonnement soit réprimé à l’art. 221-5-1 du code pénal (infraction autonome du mandat
criminel).

b. le caractère punissable du fait principal

Le fait principal doit être objectivement punissable. C’est une condition nécessaire et suffisante de la répression du
complice.

1. Une condition nécessaire de la répression du complice :


La solution traditionnelle est que le fait commis par l'auteur principal doit pouvoir être objectivement sanctionnée. Ce
n’est pas toujours le cas. D’abord, parfois, la participation de l’auteur principal n’est pas suffisamment établi. Il se peut
aussi que l’auteur principal ait un fait justificatif. Or, un fait justificatif fait disparaître l’infraction.
Ex : légitime défense.

Il se peut aussi que le fait principal ne soit plus punissable (réforme, abrogation de la loi pénale, prescription de l’action
publique).
La solution traditionnelle est remise en cause notamment par l’arrêt de la chambre criminelle du 8 janvier 2003 présenté
comme un revirement de jurisprudence.
Trafic de stupéfiant à destination de la GB (caché dans roue de secours d’un véhicule). Chauffeur camion = auteur
principal ; instigateur = complice. On relaxe le chauffeur pour défaut d’intention. Pour autant, le complice est condamné
car parfaitement au courant du caractère illicite du transport de drogue. Or, s’il n’y a pas d’élément moral à l’encontre
de l’auteur alors il n’y a pas de complicité. Cela divise la jurisprudence et les auteurs.
La solution traditionnelle est que l’infraction principal doit être punissable dans tous ces éléments constitutifs tandis que
dans l’arrêt de 2003 le fait principal devrait être punissable sur le seul fait de l’élément matériel.

2. Une condition suffisante de la répression du complice :


Il n’est pas exigé que l’auteur du fait soit effectivement, subjectivement puni. Cela n’empêche pas de condamner le
complice.
L’auteur principal commet une infraction mais peut échapper à la répression pour des circonstances de fait (on n’a
jamais su qui était l’auteur principal ou celui-ci est en fuite) ou de droit (décès, cause subjective d’atténuation de la
responsabilité pénale/irresponsabilité pénale : folie). Peu importe que l’auteur principal soit subjectivement puni : la
punition objective est suffisante pour punir le complice. Donc cela n’empêche pas de condamner le complice.

B. L'élément matériel de la complicité

On retrouve les deux formes de complicités (aide ou assistance / complicité par provocation ou instruction donnée : art.
121-7).
Pour que la complicité soit punissable, il faut que l’une des deux formes soit caractérisée. Dans le cas contraire la
complicité ne sera pas retenue.

a. Complicité par aide ou assistance :

1. Les caractères de la collaboration du complice :


Traditionnellement cette complicité répond à deux exigence :
 Acte positif de complicité
 Acte antérieur ou concomitant à l’acte de l’auteur principal
La JP, toujours dans un but répressif, adopte certain tempérament.

a. Un acte positif

Il n’y a pas de complicité par un comportement négatif donc d’omission ou d’absentions. Cette solution est affirmé par
la jurisprudence classique du XIXe et début du XXe siècle.
On considère alors que les témoins ou spectateurs passifs d’une infraction ne peuvent pas être retenus comme
complices.

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La chambre criminelle avait alors dit de ces simples témoins qu’ils n’étaient pas complices même s’ils avaient moyen
de faire échouer l’auteur principal. Cette solution aboutit à des résultats choquants : un tiers avait accepté de garder
silence contre argent après avoir pris en flagrant délit de vol (acte postérieur à la commission de l’infraction) et n’est
donc pas retenu comme complice.

Aujourd’hui, la jurisprudence et le législateur sont plus favorable à retenir la complicité par abstention. Le législateur
vient parfois incriminer le fait de laisser faire quelque chose. Laisse faire une infraction, notre comportement est négatif
mais est incriminé en tant qu’infraction autonome (art. 413-10 : celui qui laisse opérer la divulgation d’un secret de la
défense nationale). On incrimine également parfois celui qui ne s’est pas opposé à la commission d’une infraction (art.
223-6 : celui qui peut, par son action immédiate, sans danger pour lui-même et pour les tiers peut empêcher les crimes
ou délits contre l’intégrité d’une personne sans le faire encours 5 ans de prison et 75 000€ d’amende).

La JP est, parfois, sur la même lignée. Dans un certain nombre de cas de figure elle accepte de réprimer une complicité
passive. Pour cela, elle a imaginé différents cas de figures :
 Abstention ou omission du complice résulte d’une entente préalable avec l’auteur de l’infraction.
 Abstention dans la fonction : abstention commise par quelqu’un dont la profession, la fonction, lui imposait
d’agir.
 Abstention participative : abstention du complice ressenti par l’auteur comme un soutien à la commission de
l’infraction.

Acte du complice doit être un acte antérieur ou concomitant à celui de l’auteur principale. La solution traditionnelle en
jurisprudence et pas mal de tempérament.
Cette exigence d’antériorité ou de concomitance est retrouvée dans l’al. 1 er de l’art. 121-7. Si le complice facilite la
préparation de l’infraction principale son acte est donc antérieur ou facilité la consommation c’est bien que son acte est
au moins concomitant. Ainsi, un acte postérieur n’engage pas la complicité.
Néanmoins JP et législateur viennent tempérer : accepte de réprimer l’acte postérieur du complice si résultait d’un
accord antérieur avec l’auteur principal sur l’action postérieure du complice. (ex : la fuite)

La chambre criminelle affirme que la complicité peut résulter d’actes postérieures au fait principal lorsqu’il résulte
d’un accord antérieur.

Le législateur travaille dans le même sens et a parfois érigé l’aide ou l’assistance postérieur à l’infraction en infraction
autonome. Se faisant, le législateur créé des infractions de conséquence.
• L’exemple type : s’il n’y avait pas tant de receleur il n’y aurait pas autant de vol.
Définition du vol de chose : art. 321-1 al. 1.
Initialement, le recéleur est considéré comme un complice. C’est un li du 22 mai 1915 qui a créé cette infraction
autonome de recèle ce qui permet, au passage, d’édicter une répression plus sévère à l’encontre du recéleur qu’à
l’encontre de l’auteur principal.

 un vol simple sans circonstance aggravante = 3 ans d’emprisonnement ; recèle = 5 ans d’emprisonnement.
Pour la JP de la chambre criminelle on ne peut pas être voleur et receleur. En revanche, la c. crim. considère que l’on
peut retenir cumulativement la complicité d’une infraction et le recèle de cette même infraction.

• Blanchiment d’argent : création d’infraction de blanchiment simple ou aggravé aux art. 324-1 et suivants
Faits d’aide à faciliter par tout moyen la justification mensongère des biens ou revenu de l’auteur d’un d'un
crime ou délit ayant procuré à celui-ci un profit direct ou indirect. L'intervention du blanchisseur se situe après la
commission de ce crime ou délit. C'est incriminé à titre autonome.
Intervention du blanchisseur intervient après le crime ou le délit : incrimination à titre autonome.

• Happy slapping : pratique venue d’Angleterre consistant à mettre une baffe à quelqu’un pour voir sa réaction et en
rire. Incriminé il y a quelques années car dérive consistant à avoir ce type de pratique en plus de la pratique d’un crime
ou délit qui sera filmé.
L’art. 222-33-3 al. 2 puni de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000€ d’amende de diffuser les image d’une agression. Or
cette activité est postérieure à la commission de l’infraction donc pas complicité mais infraction autonome.

2. Les formes de la collaboration du complice :

• Complicité par aide ou assistance. Figurait déjà à l’art. 60 al. 2 de l’ancien Code pénal.
Aide : aide matérielle apportée par le complice. L’ancien art. 60 al. 2 visait plutôt la fourniture de moyen par le
complice à l’auteur principal. Cette fourniture de moyen relève de la notion d’aide apporté par le complice. Les armes,
une voiture, des faux papiers...
Le bien fourni par le complice peut être un immeuble. La JP l’a décidé : lorsque le complice met à la disposition de

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l’auteur principal une maison ou un immeuble et dans ce lieu que l’infraction sera perpétrée.
En opposition à l'aide l’assistance est plutôt l’assistance moral : présence du complice sur les lieux qui permet à l’auteur
principal de se sentir soutenu dans la commission de son infraction. Cela est jugé à différente reprises.
Ex : complice qui joue de la musique pour couvrir les cris de la victime.

La JP par aide ou assistance la retient qu’elle soit directe ou indirecte. Si X apporte son assistance à Y qui l’apport à Z
incrimine les deux : l’aide ou assistance apportée en connaissance de cause du délit même par l’intermédiaire d’un
autre complice constitue une infraction punissable.

• Complicités par instructions/provocations données ou instigations :


Si on parle d'instigation, il s'agit d'un acte positif antérieur au fait principal. On insiste donc plutôt sur d'autres
caractères.

Les caractères :

 Le caractère personnel de la provocation ou de la fourniture d'instructions :


La provocation ou fourniture d'instructions doit être adressée à une personne déterminée ou un groupe de
personnes déterminé, et non au public. Ex : si quelqu'un publie un ouvrage « Comment frauder le fisc en toute
impunité », il s'agit d'une provocation. Pour autant, ça ne peut pas tomber sous le coup de la complicité.
Le législateur, dans un but répressif, incrimine à titre d'infraction autonome certaines provocations publiques.
C'est le cas dans la loi du 28 juillet 1981, pour la provocation à la haine, la discrimination et la violence raciales.

 Le caractère précis : la provocation ou fourniture d'instructions doit être suffisamment précise pour le
destinataire :
Il faut provoquer à la commission d'une infraction donnée. On ne peut pas promettre une récompense à
quelqu'un sans dire précisément quelle infraction doit être accomplie : il faut préciser l'infraction provoquée.

2. Les formes de la complicité par instigation :

L'alinéa 2 de l'article 121-7 vise la provocation et la fourniture d'instructions.


• La provocation c’est le fait d’inciter quelqu’un à commettre une infraction et lui suggérer la commission
d’une infraction.
L’al. 2 exige que cette provocation ait été accompagnée de certains procédés car il doit y avoir eu provocation par don,
promesse, menace, ordre, abus d’autorité ou de pouvoir. Ces cinq procédés sont appelés, en matière juridique des
adminicules (éléments préalables de preuve). Cette énumération est limitative. Il suffit de caractériser un seul de ces
procédés.
Attention, la jurisprudence retient la promesse même en cas de pari (« pas cap de ? »).
A défaut d’autorité ou de fait on ne retiendra pas l’abus d’autorité ou de pouvoir. Dans un arrêt : passager crie « fonce !
fonce ! y’a les flics ! ». On ne retient pas l’autorité de fait.
Le don consiste le plus souvent à donner une somme d'argent à quelqu'un pour qu'il commette une infraction.
• La promesse est la promesse d'une récompense après exécution de l'infraction. La jurisprudence retient la
promesse même s'il s'agit d'un pari.

• La menace est le fait de menacer quelqu'un d'une infraction pénale ou d'un licenciement (dans les relations de
travail) s'il ne commet pas une infraction. L'ordre consiste à donner à quelqu'un l'injonction de faire quelque-
chose.

• Pour l'abus d'autorité ou de pouvoir, cette autorité ou ce pouvoir peuvent être de nature légale (ex : parents sur
les enfants, employeurs sur les salariés, etc).
Mais ça peut être aussi une autorité ou un pouvoir de fait, dans le cas notamment des responsables syndicaux. À défaut
de pouvoir ou d'autorité de droit et de fait, il n'y aura pas provocation sur ce fondement. Il y en a eu une illustration dans
un arrêt où il y avait le conducteur d'une voiture et son passager.

Le passager avait crié au conducteur « Fonce, fonce, il y a les flics ! » Le conducteur est appréhendé pour délit de fuite ;
on a considéré qu'il n'y avait pas une autorité de droit ou de fait du passager sur le conducteur.
Arrêt 6 juin 2000 : la chambre criminelle a approuvé la condamnation d’un élu local que son chauffeur amenait à la gare
prendre le train. Le maire, en retard pour prendre son train crie « vas-y ! vas-y ça passe ! »  chauffeur poursuivit pour
risque de mise en danger à autrui (délit) et le maire est condamné pour complicité sur le fondement de l’ordre et
autorité.

Un arrêt de chambre mixte (on réunit plusieurs chambres en désaccord) du 30 novembre 2018 fait référence à la
complicité par provocation d'une personne morale, en l'espèce une fédération de syndicats agricoles qui avaient organisé

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une manifestation qui avait dégénéré. La chambre criminelle fait référence à la provocation de la personne morale et
souligne que le président du syndicat avait pris en charge l'organisation de la manifestation, qu’il avait donné des
directives pour placer des pneus devant l'entreprise victime, et qu'il avait donné rendez-vous aux manifestants.
Fourniture d’instruction : donner à l’auteur principal des informations qui sont nécessaires à la réalisation de
l’infraction. La fourniture d'instructions est entre l'aide et l'assistance et la provocation.
(ex : plan d’évasion d’une prison, fournir une adresse, fournir le mode de vie d’une personne).

Une question qui se pose en jurisprudence est de savoir si les renseignements fournis par le complice doivent être utile à
l’auteur principal ou utilisés par lui pour que la complicité soit punissable. Logiquement il faudrait répondre que oui.
Dans un but répressif, la jurisprudence ne l’exige pas. Elle va retenir la responsabilité pénale même si l’auteur principal
n’a pas suivi les directives du complice.
Ex : complice donne pour instruction l’étranglement de la victime que l’auteur principal électrocute. (condamnation du
complice et de l’AP malgré tout).
Bien que l'article 121-7 ne soit pas clair à cet égard, la liste des 5 adminicules ne concerne que la provocation, et non la
fourniture d'instructions. Ainsi, on ne parle pas de don, promesse, ordre, etc, pour la fourniture d'instructions.
Al. 1er sur la complicité par aide ou assistance précise qu’elle doit être apportée sciemment. L’al. 2 parle de provocation
à une infraction et fourniture d’instructions pour commettre l’infraction. Ainsi, la participation du complice à
l’infraction doit être volontaire et non pas par négligence.

Complice = connaissance + volonté


Néanmoins, on peut parfois aider à la réalisation d’un infraction en étant de bonne foi.
Peut-il y avoir complicité d’une infraction involontaire ? Qu’est-ce que le droit fait lorsque ce qu’a accompli l’auteur
principal ne correspond pas avec ce qu’avait voulu le complice (discordance) ?

C. L'élément moral de la complicité


A. La complicité d'une infraction non volontaire

L’auteur ayant commis une infraction non intentionnel, la complicité semble mise en jeu : on exclut la concertation
entre l’auteur préalable et le complice.

1. Les distinctions jurisprudentiels

La jurisprudence pose un principe selon lequel il n’y a pas d’incompatibilité entre complicité et infraction non
volontaire : les articles sur la complicité restent généraux, ne cantonne pas la complicité à une « infraction volontaire ».
Néanmoins, la jurisprudence, dans ses hypothèses, plutôt que de raisonner sur la complicité, raisonne sur la coaction.
Ex : 1930 réaffirmé récemment. Cas de celui qui prête, en connaissance de cause, sa voiture à quelqu’un qui n’a pas le
permis de conduire.
Dès 1930, la jurisprudence considère que celui qui fait cela est complice du délit d’homicide ou de blessure
involontaire. Réaffirmé dans un arrêt de la c. crim. du 14 décembre 2010 : « auteur indirect de l’homicide involontaire
car avait commis une faute qualifiée ».
Pour illustrer cette tendance, l’arrêt du 24 octobre 1956.
En l’espèce, dans une entreprise avait donné l’ordre à un chauffeur routier de prendre la route alors que son camion
n’était pas en conformité. Le chauffeur cause un accident (blessures involontaires) mais la CA accuse le chef de service
de complice du chef de blessures involontaires.
La c. crim. rejette le pourvoi mais opère une substitution de motif : elle a appliqué la théorie de la peine justifiée et a
considéré que les deux individus (chef entreprise + chef de service) ne devaient pas être considérés comme complices
mais comme co-auteurs.
Cette jurisprudence illustre bien qu’il n’y a pas incompatibilité mais préfère retenir la participation comme co-auteurs.
Théorie de la peine justifiée.
Aujourd’hui et surtout depuis 2000 (loi Fauchon) la doctrine s’est beaucoup diversifié

2. Les distinctions doctrinales

La doctrine dit qu’il ne faut pas confondre l’élément moral chez l’auteur principal et chez le complice.
Lorsqu’on dit que la complicité doit être intentionnelle, ça ne veut pas dire que l’infraction commise par l’auteur doit
être intentionnelle.
Il faut distinguer :
• La faute la plus légère : contraventionnelle, si on prouve l'élément materielle cela suffira à établir cette faute.
La complicité est concevable par provocation (la seule compatible avec les contraventions)
• La faute d'imprudence : consciente (la faute délibéré) ou inconsciente, La faute délibéré présente un élément
volontaire alors quelle constitue une faute non intentionnelle. Pour la faute non délibéré est faite par la prise de
risque. Dès lors cette dimension consciente de cette faute non intentionnelle rend la complicité concevable.

1
La complicité a fini par être admise par rapport à une faute de mise en danger délibérée commise par l’auteur principal.
C’est l’arrêt de la c. crim. 6 juin 2000 (maire et ordre : délit de mise en danger de la vie d’autrui).

L’arrêt du 13 septembre 2016 qui a rejeté la condamnation d’un médecin comme complice du délit de blessure
involontaire d’une personne (épilation au laser)  complice de violence involontaire par manquement de sécurité ou de
prudence (du médecin).
Qu’est-ce que le droit/juge fait lorsque ce qui a été réalisé finalement ne correspond pas avec ce qu’avait prévu le
complice ?

b. L'adéquation entre l'intention du complice et l'infraction commise par l'auteur principal

Lorsque l’auteur a commis l’infraction à laquelle le complice a choisi de s’associer on applique l’empreinte de
criminalité.
Comment fait-on lorsque l’infraction n’est pas celle à laquelle le complice s’était associé ? Ça dépend du degré de
discordance.

• Discordance totale : la complicité n’est donc pas punissable


On considère qu’il y a discordance totale lorsque l’action réalisée par l’auteur principal relève d’une qualification
différente de l’infraction envisagée par le complice.
Ex : un débiteur ne paie pas son créancier. Le créancier remet une arme à un tiers pour menacer le débiteur. Le tiers tue
le débiteur donc pas complicité.

• Discordance partielle : la complicité demeure punissable


Lorsque la différence entre les deux ne modifie pas fondamentalement la qualification de l’infraction.
Ex : Le complice prévoit un vol simple sans circonstance aggravant. Au final on commet un vol aggravé donc la
répression est aggravé mais la qualification reste la même  le complice est punissable puisqu’il a voulu s’associer et il
encore les circonstances aggravantes réelles et même les circonstances aggravantes mixtes même s’il ne les avait pas
prévues.
Le complice devait prévoir toutes les qualifications dont il était libre et toutes les circonstances dont elles pouvaient être
accompagnées.

Paragraphe 2 : La répression de la complicité

L’art. 121-6 : sera puni comme auteur le C de l’infraction au sens de l’art. 121-7.
L’art. 121-6 a posé de grosses difficultés parce que le libellé est un peu différent de ce que prévoyait le CP de 1810. En
1810, le C est assimilé à l’AP de l’infraction. Dans l’art. 121-6 actuel il n’est pas assimilé à l’AP mais comme « un
auteur » donc comme s’il était un auteur de l’infraction.
Est-ce que ça change la donne ?

A. Le principe d'assimilation du complice a un auteur art 121-6

Sous l’empire du CP de 1810, l’art. 59 édictait l’empreinte de pénalité et indiquait que les C d’un crime ou délit seront
puni de la même peine que les auteurs de ce même crime et délit. Donc, le complice empruntait la peine encourue par
l’AP.
Attention : l’empreinte de pénalité ne porte que sur la peine encourue et non sur la peine prononcée.
Depuis le CP actuel, l’art. 121-6 n’assimile plus à l’AP mais comme un auteur : le C sera puni comme auteur de cette
infraction.
Pourquoi ce changement ? Il tient à l’introduction de la responsabilité pénale des personnes morales dans le code pénal
de 1992.
Il peut y avoir complicité entre une personne morale et une personne physique. Si le complice est puni comme auteur, il
encourt les peines principales et complémentaires que le texte édicte à l’encontre de sa catégorie PP (emprisonnement,
amende) ou PP (amende plus importante)
Comme par le passé, le juge conserve son pvr d’individualisation. Les peines prononcées par le juge à l'encontre du
complice et de l'auteur principal peuvent être différentes.
Ce changement entraine des conséquences juridiques ?

B. Les conséquences du principe d'assimilation du complice à un auteur

Deux hypothèses où ce changement a paru poser problème :


• Un complice peut être puni comme auteur lorsque l’infraction exige une qualité qu’il ne possède pas
• que faisons-nous concernant les différentes causes d’aggravation ou atténuation de la répression ?

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a. principe d’assimilation et qualité spécifiée de l’auteur de l’infraction :

En droit pénal français, certaines infraction peuvent être commises par tout le monde tandis que d’autres ne peuvent être
commise que par certaines personnes dotée d’une qualité spécifique (infraction attitrée).
Ex : toutes infraction commises par personne investie d’une mission de service public ou dépositaire de l’autorité
publique (parlementaires).
Est-ce qu’un complice qui n’est pas fonctionnaire pourrait se voir reprocher une infraction dont il ne porte pas le titre ?
Le délit d’abus de bien sociaux ne peut être commis que par des personnes ayant des qualités de dirigeants (de faits ou
de droit) de société. Est-ce qu’une personne ne portant pas se titre peut-elle être accusé de complicité ?
La réponse de la c. crim. n’a pas variée (boussole : répression). Sous l’empire du CP de 1810, la c. crim. avait jugé que
la qualifié personnel de l’auteur de l’infraction soit un élément constitutif de l’infraction n’exclut en rien la complicité.
En dépits de la modification de l’art., la solution reste la même car en 1997, la ch. Crim. a approuvé la condamnation
d’un C d’un personne que l’on n’aurait pas pu considérer comme un auteur d’ABS (abus de biens sociaux).

b. principe d’assimilation et communication des causes d’aggravation ou d’atténuation de la peine :


Est-ce que dans la répression du C il faut tenir compte des causes d’aggravation ou d’atténuation de l’auteur. La
doctrine et la jurisprudence propose trois catégories de ces circonstances :

• Circonstances réelles (objectif : touche à l’acte)


Ce sont des circonstances réelles, objectives, matérielles, parce qu'elles tiennent à l'infraction elle-même, et donc de la
façon dont l'acte principal a été commis. Ex : le vol peut avoir été commis seul, à plusieurs, en bande organisé, avec
violence, ruse, etc. Dès lors, ces circonstances aggravantes réelles s’appliquent aussi au complice, et même s'il ne les
avait pas voulues.

• Circonstances personnelles (subjectif)


Ou subjectives, morales, etc. Elles tiennent cette fois à la personne (soit la personne de l'auteur, soit celle du complice).
Les circonstances personnelles de l'un ne se communiquent pas à l'autre. Parmi les circonstances personnelles, il y a le
récidivisme, ou encore la minorité. Le fait pour l'un d'être récidiviste ou mineur ne se communique pas à l'autre : cette
circonstance reste personnelle.

• Circonstances mixtes
Sous l'empire de l'ancien code pénal, puisqu'il y avait empreint de pénalité, la jurisprudence étendait la circonstance
mixte tenant à l'auteur principal au complice. Par exemple, avant l'abolition de la peine de mort en 1981, celui qui
était parricide encourait la peine capitale. Lorsque l'auteur principal était le fils de la victime, il était normal qu'il soit
considéré comme parricide ; mais la jurisprudence faisait aussi encourir la peine de mort au complice du parricide,
même s'il n'était pas le fils de la victime. Avec le code pénal actuel, la question a été discutée, et certains auteurs avaient
soutenu que puisque le complice est dorénavant assimilé à un auteur, les circonstances mixtes tenant à l'auteur
principal ne devaient plus se communiquer au complice. En réalité, la chambre criminelle n'a rien changé dans une
perspective répressive, et dans un arrêt du 7 septembre 2005, elle a dit que sont applicables au complice les
circonstances aggravantes liées à la qualité de l'auteur principal.

Ce sont les circonstances qualifiées de réelles tout simplement parce qu’elle résulte de la chose (res) elle-même.
Dès lors, les circonstances réelles s’appliquent au complice même s’il ne les avait pas prévues.
A l’opposé, les circonstances dite personnelles ou subjectives, morales, qui tiennent à la personne. La personne = auteur
ou complice. Les circonstances personnelles de l’un ne se communique pas à l’autre (récidiviste, minorité).
Les circonstances mixtes sont à la fois réelles et personnelles : tiennent à l’acte mais aussi à la personne. Les
circonstances trouvent leurs causes, leurs origines dans la personne du C ou de leur auteur mais produise leur effet sur la
manière dont l’infraction a été commise (préméditation ou qualité d’ascendant ou descendant de la victime).
Les circonstances mixtes on distingues qu’elle tiennent à l’AP au au C :

- L’AP : sous l’empire de l’ancien Code pénal, puisqu’il y avait empreint de peine, on étendait la circonstance
mixte au complice (ex : avant l’abolition de la peine de mort en 1981, le parricide encourait la peine capitale et
le faisait encourir au C même s’il n’était pas auteur de paricide). Avec le Code pénal actuel, la question a été
discutée et certains auteurs avaient soutenu que puisque le c est assimilé à un auteur, les circonstances mixtes ne
devaient plus se communiquer au complice.
En réalité, la jurisprudence n’a rien changé dans une idée de répression, arrêt de la c. crim. du 7 septembre
2005 : « sont applicables au complice les circonstances aggravantes la qualité de l’AP »

- Le complice : sous l’empire de l’ancien Code pénal (ex : tueur à gage pour tuer père, le fils est donc complice
de meurtre simple car auteur n’était pas le fils de la victime). Sous l’empire du CP actuel, l’aggravation serait
concevable sans que cela s’applique à l’AP car complique = auteur.

1
Titre 2 : Les règles particulières d'imputation de la responsabilité pénale aux personnes

Chapitre 1 : L'imputation de la responsabilité pénale aux personnes physiques


Une infraction pénale est imputée à un individu et ne pose pas de problème de façon théorique. Néanmoins, elle pose un
problème dans le cas de la responsabilité pénale des chefs d’entreprises et plus largement des décideurs (privés ou
publics). Cette responsabilité pénale est extrêmement importante en pratique.
Elle est également importante sur le plan théorique : controverse. Pour certains auteur c’est une responsabilité pénale du
fait d’autrui alors que d’autres c’est une responsabilité pénale individuelle.
L’hypothèse c’est qu’on est dans une entreprise avec un acte commis par un employé dont la responsabilité pénale est
imputée au chef d’entreprise.

Section 1 : Le domaine de la responsabilité pénale dite du fait d'autrui

Ce domaine peut être considéré positivement (qu’est-ce qui en relève) et négativement.

Paragraphe 1 : La détermination négative du domaine

Il faut exclure de cette hypothèse des cas de responsabilité directe, personnelle, des dirigeants d'entreprise, et des cas
qui ne sont que des atteintes au principe de personnalité des peines.

A. L'exclusion des cas de responsabilité directe des décideurs

Un chef d'entreprise peut commette des infractions pénales. Elles sont, sans difficulté, imputées au chef d'entreprise, et
il y a responsabilité individuelle du chef d'entreprise.
Un chef d’entreprise peut commettre des infractions de droit commun : vol, escroquerie, abus de confiance, etc. Mais le
chef d'entreprise peut aussi commettre des infractions attitrées, prévues notamment en droit pénal des sociétés, comme
par exemple l'abus de biens sociaux de l'article L241-3 du code de commerce.

B. Exclusion des hypothèses d'atteinte au principe de la personnalité des peines


C’est seulement l’individu qui a été condamné à une peine qui peut exécuter cette peine. Pourtant, le droit prévoit
parfois des atteintes à ce principe de la personnalité des peines : la peine est mise non pas à la charge du condamné mais
de l’employeur ou du chef d’entreprise.

a. En droit du travail : l'article L.4741-2 du code de travail

Ex : article L. 4741-2 du Code du travail. Cet article peut trouver application lorsque, dans une entreprise, un
manquement aux règles d’hygiène et de sécurité du travail a conduit à un accident corporel.
Dans ce cas, le texte prévoit que le tribunal, le juge pénal, compte tenu des circonstances de fait et des conditions de
travail de l’intéressé décider que le paiement des amendes prononcées sera mis en tout ou en partie à la charge de
l’employeur. (Ancien art. 263-2-1)
Dans ce cas, il y a un simple transfert de la charge du paiement des amendes.

b. En droit de la circulation routière : art L.121-1 al 2 du code de la route

Ex : l’article L 121-1 du code de la route dans son premier alinéa pose le principe que le conducteur d’un véhicule est
pénalement responsable des infractions commises dans la conduite du véhicule al. 2 lorsque conducteur agit en qualité
de préposé, le tribunal peut, compte tenu des circonstances de faits et conditions de travail de l’intéressé peut décider
que le paiement des amendes sera en partie ou en totalité à la charge de l’employeur
Ici il y a atteinte au principe de la personnalité des peines.

Paragraphe 2 : La détermination positive du domaine de la responsabilité

On se rend compte que soit les textes, soit la jurisprudence, dans certains cas, imputent à l’employeur la responsabilité
pénale d’une infraction qui a été constaté dans cette entreprise

A. L’imputation de la responsabilité pénale par les textes

De nombreux textes désignent comme responsable pénale l’employeur, dirigeant (de droit ou de fait, personne en
charge de direction ou administration de l’entreprise.
Pléthore de texte en ce sens dont deux sur lesquels on veut insister : ceux relatifs aux infractions commises par la voie
de la communication et ceux en matière d’hygiène et de la sécurité du travail.

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1. Les infractions commises par la voie de la communication

Au XIXe siècle : se faisait pas le biais de la presse écrite avant l’apparition de la communication audiovisuelle puis
internet.
Toutes ces situations posent des problèmes d’imputation de la responsabilité pénal.

a. infractions commises par voie de presse écrite ou audio-visuel

Joue une responsabilité pénale en cascade. Les textes prévoient une cascade de responsabilité. Cette responsabilité en
cascade est d’abord prévu à la fin du XIXe siècle aux art. 42 et 43 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.
L’art. 42 dit : « sont passible comme auteurs principaux des peines prévues pour les crimes et délits par voie de presses :
directeur de publication ou éditeur, à leur défaut, les auteurs, à leur défaut, les imprimeurs, à défauts, les vendeurs,
distributeurs et afficheurs ».
L’art. 43 : « lorsque les directeurs de publications ou éditeurs seront en cours/poursuivi, les auteurs seront poursuivi
comme complices ».
Ce mécanisme de responsabilité pénale en cascade est étendue aux infractions commises par communication audio-
visuelle (93-3 loi 29 juillet 1982 sur la communication audio-visuelle)
Directeur de publication comme auteur principal, auteur, ou à défaut directeur de l’émission. Si directeur de publication
poursuivi, auteur poursuivable comme complice.
Ces règles particulières d’imputation de la responsabilité pénale ne concernait que le véritable droit de la presse
(diffamation).
Par la suite, ce mécanisme de responsabilité pénale a aussi été étendu aux infractions de droit commun lorsque
commises par voie de presse ou par voie de communication audiovisuelle.
Délit d’atteinte à la vie privée (art. 226-2 du CP) et délit d’atteinte à l’image (art. 226-8).

b. les infractions commises sur l’Internet

Les choses sont différentes : problèmes juridiques redoutables. Il y a deux types de responsabilité pénale :
- Les éditeurs de services : fournisseurs de contenu (« propriétaire du site »)  relève de la responsabilité pénale
en cascade en qualité de producteur
 Le jurisprudence et le Conseil Constitutionnel s’en ait mêlé : le législateur ne peut pas édicter de
présomption irréfragables de responsabilité pénale et le Conseil Constitutionnel a estimé que la
responsabilité pénale en qualité de producteur ne peut pas être engagée au titre d’un message dont le
producteur n’avait pas la connaissance avant la mise en œuvre.

- Intermédiaires : simples prestataires et notamment des FAI (fournisseurs d’accès internet) : la responsabilité
pénale instituée par le législateur est un régime spécifique de responsabilité pénale
 Responsabilité pénale (et civile) plus conditionnée et limitée : pour qu’elle soit engagée il ne faut pas
qu’ils aient agi promptement à partir du moment où ils ont pris connaissance du caractère illicite de
l’information ou de l’activité soit en retirant l’information soit pour en interdire l’accès

2. Les infractions en matière de sécurité en matière d’hygiène et de sécurité du travail : art 4741-1 code du
travail

L. 4741-1 et L4741-9 du Code pénal (L. 263-2 ?)


Ces textes indiques que les employeurs ou leurs délégataires qui, par leur faute personnelle, ont enfreint les dispositions
en matières de sécurité des travailleurs seront punis d’une amende. Cette amende est appliquée autant de fois qu’il y a
de salariés de l’entreprise concernés par le ou les infraction relevées par PV.
C’est le code du travail lui-même qui impute le manquement d’hygiène ou de sécurité à l’employeur.
En dehors de ces textes, la jurisprudence fait parfois remonter la responsabilité pénale au chef d’entreprise

B. L'imputation de la responsabilité pénale à la jurisprudence

Dès la seconde partie du XIXe siècle, la chambre criminelle pose le principe que nul n’est punissable qu’à raison de son
fait personel mais la jurisprudence ajoute que la responsabilité pénale peut cependant naître du fait d’autrui dans le cas
où certaines obligations légales imposent d’exercer une action directe sur les faits d’un auxiliaire ou d’un subordonné.
C’est ce qu’il se passe dans le cas des entreprises ou des professions réglementaires.
Arrêt du 28 février 1956, la chambre criminelle précise que dans les entreprises réglementaire, la responsabilité pénale
remonte au chef d’entreprise auquel est imposée les conditions et les modes d’exploitation de l’industrie.
Imputation de la responsabilité pénale concerne :
- Violation de la réglementation qui est spécifique à l’entreprise

1
- Violation de la réglementation commune aux entreprises (sécurité sociale, impôt, etc.)
La question qui se pose est de savoir à quelle condition on peut imputer cette responsabilité pénale au chef d’entreprise.

Section 2 : Les conditions de la responsabilité pénale dite du fait d'autrui

Paragraphe 1 : La condition relative aux préposes : l'infraction commise par le préposé


Préposé = auteur matériel.

A. L'infraction quant à son élément matériel

Peut-être une infraction de commission ou d’omission (le plus souvent). Le préposé est l’auteur matériel.

B. Concernant l'élément moral

Plusieurs cas de figure concernant l’élément moral : faute contraventionnelle ou matérielle.

• L'infraction commise par le préposé peut-être une infraction non intentionnelle, involontaire : délit de
négligence ou d’imprudence (loi Fauchon). Le préposé est le plus souvent en causalité directe. Ainsi, il s’agit
simplement de prouver une faute simple et directe.
Pour le CE, on est le plus souvent en causalité indirecte. Il faut donc une faute pénale caractérisée.
Beaucoup d’arrêt sur la faute du chef d’entreprise.
Ex : faute délibérée (peu). Arrêt du 12 septembre 2000, accident du travail
Salarié meurt dans l’effondrement d’une tranchée car elle n’avait pas été étayée. Le fait de laisser au dépôt de
l’entreprise le matériel nécessaire à l’étayage constitue une faute pénale délibérée.
Ex : un salarié monte sur un échafaudage et est électrocuté (fait un bond et meurt) or le chef d’entreprise savait
pertinemment que la ligne n’avait pas été mise hors tension  faute délibéré.
Dans certains cas, la chambre criminelle a accepté de considéré le ce comme auteur direct dans une faute non
intentionnelle.

• Troisième cas de figure : pouvons-nous imputer au dirigeant une infraction intentionnelle qui aurait été
commise par un préposé ?
A priori, c’est plus difficile : si le préposé commet une infraction intentionnelle il est difficile d’incriminer le chef
d’entreprise. Sous l’ancien Code pénal, à deux reprises, la chambre criminelle l’avait admis en matière de pollution et
tromperie sur marchandise.
Aujourd’hui, sous l’empire du Code pénal actuel, logiquement le chef d’entreprise ne peut pas être condamné pour un
délit intentionnel (ex : délit de versement irrégulier en matière de construction).
En matière de construction, le constructeur ne peut pas demander de faire certains versements avant un certain moment.
Ce délit ne peut être imputé au chef d'entreprise que s'il est personnellement auteur des faits.

Il existe d’autres délit, pseudos intentionnel, pour lesquels la chambre criminelle dit « la seule constatation de la
violation en connaissance de cause de la prescription légale ou réglementaire suffit à caractériser l’intention ». 
présomption d’intention pouvant être imputé au chef d’entreprise.
Beaucoup d’infractions commise dans l’entreprise pouvant être imputées au dirigeant.
La jurisprudence, au même moment, a créé sa limite : la limite est la possibilité pour le chef d’entreprise d’échapper à la
responsabilité pénale s’il prouve qu’il avait mis en place une délégation de pouvoirs (création prétorienne de la
jurisprudence qui remonte à un arrêt du 28 juin 1902).
Le moyen le plus efficace pour le chef d’entreprise d’échapper à sa responsabilité pénale.

Paragraphe 2 : La condition relative aux chefs d'entreprises : l'absence de délégation de pvr

Ce moyen d’exonération, de défense, du chef d’entreprise peut être proposé par lui en tout état de fait en 1ere instance
et en appel (pas en Cour de Cassation) , car c'est à la fois un moyen de fait et un moyen de droit.

A. Le domaine de la délégation de pouvoir


Si on s’interroge sur le domaine, cela revient à se demander pour quelles infractions pénales peut être admise comme
une cause d’exonération de la responsabilité pénale du dirigeant.
Aujourd’hui on a un domaine relativement «étendu avec une double limite

a. L'étendue de principe
En principe, le plus évoqué et l’hygiène et la sécurité du travail mais peut jouer pour d’autres infractions.
Dans les années 1990, le juge refusait que le chef d'entreprise puisse invoquer une délégation pour une infraction
économique, car en ce domaine, elle estimait que ces infractions relèvent de la fonction de direction de l’entreprise qu’il

18
doit assumer personnellement.
La chambre criminelle a rendu une série de cinq arrêt le 11 mars 1993 (revirement jurisprudence : « sauf si la loi en
dispose autrement, le chef d’entreprise qui n’a pas personnellement pris part à la réalisation de l’infraction, ce chef
d’entreprise peut s’exonérer de sa responsabilité pénale s’il rapporte la preuve d’une délégation de pvr »
A priori, la délégation de pouvoir peut être invoquée en tout domaine sous réserve de ces deux limites.

b. Les limites

« sauf si la loi en dispose autrement » : on considère qu’il y a une disposition contraire de la loi lorsque la loi énumère
de façon limitative et exclusive les personnes à qui l’infraction doit être imputée. Dans ce cas-là, les personnes ne
peuvent pas se décharger de la responsabilité pénale par une délégation de pouvoir (ex : en matière d’entrave au comité
d’entreprise).
La chambre criminelle considère que le chef d’entreprise ne peut pas déléguer de ce qui relève de son pouvoir propre de
direction, de son initiative, des prérogatives attachées à sa qualité de dirigeant.
« n’a pas personnellement pris part à la réalisation de l’infraction » : même si le chef d’entreprise a mis en place une
délégation de pouvoir, si il a personnellement pris part à l’infraction, sa responsabilité pénale est engagée.
Nous supposons donc qu’il n’y a pas disposition contraire de la loi et que le ce n’a pas pris une part personnelle à la
réalisation de l’infraction et avait donc mis en place une délégation de pouvoir.

B. Les conditions de la délégation de pouvoir

Certaines conditions de fond mais pas de conditions de forme.

a. L’existence d'une délégation de pouvoir

1. Premier condition de fond relative au délégant


le transfert de pouvoirs :

La délégation réside dans un transfert de pouvoir émanant du chef d’entreprise. S’agissant de l’entreprise et pendant
longtemps, la jurisprudence a exigé que cette entreprise atteigne une certaine dimension ou soit d’une certaine
complexité (pas de taille précise) : ce sont les juges du fond qui apprécient la nécessité de cette délégation de pouvoir et
peuvent donc refuser cette délégation de pouvoir comme n’étant pas nécessaire (s’apprécie par rapport à l’entreprise) 
éviter que le ce considère la D comme un échappatoire à sa responsabilité pénale.

Ce transfert doit présenter certains caractères :

- Doit être un transfert de pouvoir effectif : le délégué doit bénéficier des moyens nécessaire pour remplir sa
mission et sa mission est de veiller au respect de la réglementation applicable. Si le délégué n’avait aucun
moyen juridique ou financier pour faire respecter la réglementation on pouvait contester le caractère effectif de
la délégation

- Le pouvoir de D du ce doit être limité (ne peut transférer intégralité de ses )  ne doit concerner qu’un seul
domaine.

- Est-ce que ce transfert de pouvoir doit avoir un caractère direct ? La chambre criminelle admet la
subdélégation voir la super-délégation mais refuse la co-délégation, au motif que la co-délégation est de nature
à restreindre l'autorité de chacun et les initiatives de chacun.
En revanche, la chambre criminelle a admis la subdélégation. Mais le subdélégué doit remplir les mêmes
conditions que le délégué. La chambre criminelle a même admis la super-délégation. Plusieurs sociétés
forment un groupe.
Normalement, la délégation intervient en interne. Mais on admet qu'une délégation dans une filiale
pourrait profiter à un salarié d'une autre.

Condition essentielle : la délégation ou la subdélégation doit bénéficier à un préposé pourvu de la compétence et


autorité et investi des moyens nécessaires pour veiller efficacement au respect de la réglementation applicable.

La personne du délégué est généralement un préposé de l’entreprise avec un lien de subordination entre le délégué et
salarié auteur de l’infraction. L’essentiel est la triple condition cumulative : autorité, compétence et moyen.
Les moyens : le délégué doit être investi des moyens nécessaires à l’accomplissement de sa mission.
Autorité : capacité à se faire respecter et obéir. Comment se traduit-elle ? doit avoir un pouvoir de commandement
(donner des instructions + pouvoir disciplinaire si besoin).
Compétence : renvoie aux aptitudes, aux connaissances professionnelles et techniques du délégué. Par ailleurs, la

1
compétence de façon spéciale s’apprécie dans la potentialité d’empêcher les infractions dans le domaine donnée.

b. l’absence de condition de forme

Aucun formalisme particulier, pas de formalisme de validité ni de formalisme de preuve. C’est au chef d’entreprise de
prouver qu’il a mis en place une délégation de pouvoir et doit être antérieure à l’infraction.
Il faut surtout que cette délégation de pouvoir ait été accepté par le délégué. Mais, ni la délégation de pouvoir, ni
l’acceptation du délégué ne doivent résulter d’un mode particulier.
En pratique, si un écrit est établit cela sera plus simple pour prouver la délégation de pouvoir et de son acceptation.

C. Les effets de la délégation de pouvoir


Les effets dépendent de savoir si la délégation est existante, valable et efficace.
• La délégation de pouvoir est valable :

a. dans les relations entre délégant et délégué :

A qui va-t-on imputer la responsabilité ?


• Délégation de pouvoir est valable : (les pouvoirs ont bien été délégué)  il ne peut pas y avoir responsabilité
cumulative des deux. Si le CE a valablement délégué ses pouvoirs : la JP nous dit qu’il est valablement exonéré de sa
responsabilité pénale (et le délégué est imputé)
La délégation de pouvoir substitue à la responsabilité pénale du CE, la responsabilité pénale du délégataire ou du sub-
délégataire pour l’infraction qui a été commise par un salarié placé sous l’autorité du délégataire de pouvoir (limite : le
CE ne doit pas avoir participé à la réalisation de l’infraction)

• Pas délégation de pouvoir ou exclus par les textes ou juge décide que délégation de pouvoir n’était pas valable :
juge dispose d’un pouvoir d’appréciation souverain sur l’existence de la délégation de pouvoir et sur sa portée.
Peuvent retenir comme écarter une délégation de pouvoir. Pour exonérer le CE il doivent rechercher s’il y a délégation
de pouvoir, s’il n’y en avait pas le CE continue à assumer la responsabilité pénale.

b. au regard du salarié auteur matériel de l’infraction :

En théorie, la responsabilité pénale du CE ou la responsabilité pénale du délégataire de pouvoir n’exclue pas la


responsabilité pénale du salarié qui est auteur matériel de l’infraction.
Exception posée par la JP en matière d’infraction à l’hygiène et sécurité du travail : ces infractions ont pour objet de
protéger le salariés donc on ne peut pas les leur imputer donc qu'au chef d'entreprise ou un délégué.
En pratique, le procureur de la république détient le pourvoir de l'opportunité des poursuites. En principe les salariés ne
sont pas poursuivi à l’initiative du Parquet : n’ont fait que se conformer aux ordres de la hiérarchies.
En conclusion, la délégation est le meilleur moyen d’exonération du chef d’entreprise. Ce moyen d’exonération est créé
depuis 1902 dans le cadre de l’entreprise mais la JP l’a récemment étendu aux CT notamment aux décideurs publics
(maire et son adjoint)
Arrêt de la c. crim. du 4 septembre 2007 : a admit qu’il pouvait y avoir délégation de pouvoir maire-adjoint (soirée
techno ; tapage nocturne ; adjoint s’était vu délégué l’organisation des fêtes et cérémonies).

Section 3 : Le fondement de la responsabilité pénale dite du fait d'autrui

Il faut distinguer la justification traditionnelle (qui existe depuis le CP de 1810) et un texte dans le CP actuel qui
permettrait de le justifier.

Paragraphe 1 : La justification traditionnelle depuis l'ancien code pénal

Certains auteurs disent que nous sommes en présence d’une responsabilité pénale du fait d’autrui. En réalité, on peut
considérer qu’il s’agit quand même d’une responsabilité de caractère personnel.

A. Quant à l'élément moral de la responsabilité

Le risque pourrait être le risque-profit : tire bénéfice, profit ou alors le risque-pouvoir : il assume le pouvoir dans
l’entreprise.
Le risque est bien connu en civil mais n’a pas sa place pour la responsabilité pénale qui repose sur la faute personnelle,
individuelle du délinquant.
Est-ce une responsabilité fondée sur la faute ? On a pu considérer qu’il y avait une présomption de faute de la part du
chef d’entreprise. Le CE a l’obligation de faire respecter la réglementation dans l’entreprise donc quand on constate
qu’une infraction est commise par un préposé on suppose que le CE a commis une faute de négligence, d’imprudence

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dans le fonctionnement de l’entreprise.

Est-ce une présomption simple ou irréfragable ? En théorie elle devrait être simple (donc peut être combattue par la
preuve contraire) , le CE devrait pouvoir rapporter la preuve contraire (donc preuve qu’il n’a pas commis de faute) mais
la JP est extrêmement sévère avec les CE et devenait une présomption irréfragable de faute et on passe d’une
responsabilité de plein droit du CE (sauf délégation de pouvoir).
Face à cette sévérité de la JP, le législateur est intervenu dans une loi du 6 décembre 1976. Il indique à l’ancien art. L
263-2 du code du travail qu’en matière de sécurité du travail, l’engagement de la responsabilité pénale du CE est
subordonné à la démonstration d’une faute personnelle à l’encontre du CE.
Cette disposition législative n’a rien changé.

Au niveau de son fondement, au moins en théorie, c’est un responsabilité pénale qui reposerait soit sur la faute prouvée,
soit sur la faute présumée du CE. Dans cette mesure il n’y aurait pas réellement une responsabilité pénale du fait
d’autrui.
Quel est le fondement matériel de cette responsabilité ? réponse pas évidente. Soit on considère que le CE emprunte
l’élément matériel de l’infraction commise par le préposé, soit on considère que le CE, ce qui peut lui être reproché est
une intention personnel dans un domaine dans lequel il était obligé d’agir.

Paragraphe 2 : La justification renouvelée sous l'empire du code pénal actuel

a. Le silence du nouveau code pénal

Première observation, le Code pénal de 1994 ne dit pas un mot ni sur la responsabilité pénale du CE ni sur la délégation
de pouvoir.
C’est toujours une question prétoriale qui relève de la jurisprudence. Et la jurisprudence n’a rien changé.

b. L'incidence des modifications de l'article 123-3 du code pénal

Deuxième observation, il faut prendre en compte la loi du 13 mai 1996 et la loi Fauchon du 10 juillet 2000 venues
modifier l’art. 121-3 al. 3 sur l’élément moral de l’infraction.
Or depuis il est dit qu’il y a délit si l’auteur des faits a accompli des diligence normales compte tenu de ses fonctions, de
ses compétences ainsi que du pouvoirs et des moyens dont il dispose. (mêmes termes que la délégation de pouvoir)
Il y a une similitude de termes employés par le législateur dans l’art. 121-3 et employés dans la jurisprudence dans le
cadre de la délégation de pouvoir. On peut faire le lien entre les deux.
Supposons qu’une infraction non intentionnelle est commise.

La conséquence est surtout redoutable pour le délégué : s’il y a délégation de pouvoir, c'est que le délégataire avait bien
les moyens nécessaires pour remplir sa mission. Si l’infraction est commise, on estime alors qu'il n'a pas accompli les
diligences normales ; l’infraction lui est donc imputée.
Certains ont considéré qu’indirectement cet article 121-3 al. 3 constituait un fondement légal implicite de la
responsabilité pénale du CE et de la délégation de pouvoir.

La jurisprudence, de toute façon, depuis le XXe siècle, continue d’être extrêmement sévère à l’égard du CE.
Depuis la loi Fauchon, ce Conseil d'Etat est considéré comme un auteur indirect en matière de d’infraction NI et la
chambre criminelle accepte également de le considéré comme causalité directe et donc de le considérer comme auteur
direct.

Chapitre 2 : L'imputation de la responsabilité pénale aux personnes morales

Dans l’art. 121-2 on trouve l’innovation majeure du Code pénal actuel : la responsabilité pénale des personnes morales.
D’après l’al. 1, les PM à l’exclusion de l’Etat sont responsables pénalement selon les distinctions des art. 121-4 à 121-7
(auteur, co-auteur ou complice). Sont responsables des infractions commises pour leur compte par leurs organes ou leur
représentant.
En principe, la responsabilité pénale des PM n’exclue pas celle des personnes physiques auteurs ou complices des
mêmes faits.
Sous l’ancien droit, à une époque, il avait pu exister une responsabilité pénale des bourgs et villages mais la Révolution
y avait mis un terme et l’ancien Code pénal de 1810 ne prévoyait absolument pas cette responsabilité pénale : l’idée qui
prévalait à l’époque était qu’une PM ne pouvait pas commettre d’acte de délinquance (societas delinquere non potest)

Section plm : avènement de la responsabilité pénale des personnes morales

La seule explication est que les choses et les idées évoluent. Les idées ont changé et il y avait quelques précédents en
faveur de l’admission de cette responsabilité pénale.

1
Paragraphe 1 : L'évolution des idées
Les idées juridiques et la politique criminelle évoluent.

A. L'évolution juridique
En 1810, il y avait des arguments qui étaient totalement hostiles à l’admission de la responsabilité pénale des PM. A la
fin du XXe siècle, tous ces arguments ont été renversé, réfuté.

a) Quant aux conditions de la responsabilité pénale


La PM est une fiction juridique et ne pourrait donc pas personnellement commettre une infraction. Au plan moral une
PM n’a pas de conscience et ne peut avoir de volonté de commettre une infraction.
Gaston Jeze disait : « je n’ai jamais déjeuné avec une personne morale »
J.C Soyer avait plus tard répondu : « moi non plus mais je l’ai souvent vu payer l’addition » (abus de bien sociaux)
La théorie de la fiction qui prévalait a été abandonné au profit de la réalité des personnes morales. Une PM pourrait
donc avoir une volonté propre, une volonté collective, qui est distincte de l’individualité de ses membres notamment par
ses organes sociaux qui lui permettrait de lui imputer la responsabilité pénale.
Initialement, on disait que les PM ont un objet social bien qu’il soit limité. On disait donc que l’objet social ne peut
jamais consister à commettre des infractions. Or, le fonctionnement d’une PM peut conduire à l’achèvement d’une
infraction.

b) Quant aux effets de la responsabilité pénale


Les fonctions des peines ne peuvent concerner que les personnes physiques (rétribution, réinsertion, etc.) et avant 1981 :
comment appliquer la peine de mort ou l’emprisonnement à la PM ?
Ces arguments sont progressivement réfutés. Il faut innover et trouver des peines spécifiques pour la PM :
emprisonnement : interdiction d’exercer de la PM.
De plus, les amendes contre le portefeuilles des PP ou PM fonctionne parfaitement. On développe donc l’idée qu’on
doit arriver à une certaine moralisation des PM.
Nouvel argument qui consistait à dire qu’il était injuste si de telles peines sont prononcées qui vont les subir : salariés,
consommateurs, sous-traitant  atteinte au principe de personnalité des peines.
Ce n’est pas une réelle atteinte au principe de personnalité des peines. En revanche, dire qu’une condamnation pénale
que ce soit celle d’une PP ou une PM a une répercussion sur l’entourage est évidente.
Petit à petit, tous ces arguments ont été balayés permettant d’envisager la responsabilité pénale des PM et conforté par
l’évolution de la politique criminelle

B. L'évolution de la politiques criminelle

Au XIXe siècle, c’est l’individu, la PP, qui apparait comme le moteur de l’économie tandis qu’on dit souvent que le
XXe siècle a été le siècle de l’économie et a montré que l’économie reposait beaucoup sur l’action des sociétés qui sont
des PM.
Cela révèle que ces entreprises intéressaient l’économie mais aussi le droit pénal puisque pouvait donner naissance à
des infractions.
La criminologie a montré que ces groupement, ces entreprises, ces PM pouvaient générer de nouvelles formes de
criminalité d’autant plus qu’elles disposent de moyens économiques et financiers n’ayant rien à voir avec des personnes
lambda.
Dès lors, il appartient au DP d’apporter une réponse à la criminalité des groupement, des PM.
Ponctuellement, cette responsabilité pénale avait pu exister.

Para 2 : L'admission exceptionnelle d'une répression des personnes morales avant le nouveau code pénal
Cette répression, avant 1994 a pu ponctuellement exister en droit français et le droit comparé s’orientait vers
l’admission de cette répression.

A. En droit français
En droit français, même avant 1994, la JP avait pu admettre une répression des PM.

1. Les textes
La premières séries de textes est une séries d’ordonnances adoptés à la fin de la 2GM (mai-juin 1945) et admettent la
répression de certaines PM.
La plus explicite est celle du 5 mai 1945 : entreprise de presse coupables de collaboration avec l’ennemi. C’est bien
admettre la responsabilité pénale de ces entreprises.

La deuxième série de textes sont contemporains et relève du droit répressif administratif : le droit administrato-pénal.
C’est du droit répressif, c’est du droit punitif mais n’est pas véritablement du droit pénal. Il y a eu des tas de textes
venus créer des AAI (autorités administratives indépendantes) qui ont le pouvoir d’infliger aux personnes qui relèvent
d’elles des amendes (souvent astronomiques) qui ne sont pas des amendes pénales mais des amendes de natures

22
administratives mais au sens de l’art. 6 de la ConvEDH elle relève de la nature pénale.
(Ex : le conseil de la concurrence, l’AMF, le CSA)
On constate que ces AAI ont le pouvoir de prononcer de telles amendes à l’encontre de personnes morales. Lorsque
cette responsabilité pénale des personnes morales a été créée, elles n’ont pas disparues et ont continué à se développer
depuis : problème de cumule des poursuites et des peines au regard d’un grand principe  ne bis in idem.
En dehors de ces textes, la jurisprudence s’intéresse à la question.

2. LA JURISPRUDENCE
Avant le Code pénal actuel, la jurisprudence posait un principe à savoir que la responsabilité pénale d’une personne
morale n’existe pas avec, simplement, une atténuation dans un unique cas.
Le principe, avant 1994, de l’irresponsabilité pénale des personnes morale est affirmé à de nombreuses reprises par la
chambre criminelle : seulement civilement responsable.
Alors, une personne morale ne pouvait être responsable pénalement qu’en vertu d’une disposition particulière de la loi.
 Irresponsable pénalement sauf si une disposition législative le prévoit.
Un cas dans lequel on retient, même avant 1994, la responsabilité pénale d’une personne morale et d’une personne
physique : infraction qui désigne comme auteur possible l’employeur (personne physique ou personne morale) le
propriétaire, ou, en matière de douane, la personne intéressée à la fraude.
Dans ce cas-là, la chambre criminelle admet qu’une infraction peut être imputée à une PM. En admettant, en 1994, la
responsabilité pénale des PM rejoint d’autres Etats qui l’avaient précédés.

B. EN DROIT COMPARE
D’autres pays avaient devancé la France soit sous l’influence de la JP (Royaume-Unis, Canada, EU, Pays-Bas).
Toutefois, encore aujourd’hui, pas tous les pays reconnaissent la responsabilité pénale des PM (ex : Allemagne avec
scandale VW).
Par ailleurs, il faut évoquer la double Europe : le conseil de l’Europe et l’UE
1981 et 1988, le Conseil de l’Europe a pris des recommandation incitant les Etats à prévoir la responsabilité pénale et
des sanctions pénales à l’encontre des entreprises.
Il y a plusieurs directives européennes qui s’intéressent à la responsabilité pénale des PM. Petit à petit l’idée d’instaurer
cette responsabilité pénale a germé.
La première idée a été mise en place par le comité Mater. Cet responsabilité pénale figurait dans les deux avant projets
du CP (dates) et a fini par être consacré dans l’art. 121-2.
Néanmoins, les quatre lois de la parties législative n’ont pas été déférées au Conseil Constitutionnel. De nombreuses
QPC ont été soulevée à cause de cet article 121-2 mais la plupart n’ont pas été transmise au Conseil Constitutionnel par
la c. crim.
1 mars 1994 : responsabilité pénale des PM existe.

SECTION 1 : LE DOMAINE DE LA RESPONSABILITÉ PÉNALE DES PM


Ce domaine peut être étudié ratione personae ou ratione materiae.

I. LE DOMAINE D’APPLICATION QUANT AUX PERSONNES


Quelles sont les personnes concernées ? art. 121-2 al. 1 et al. 2 et l’art. 131-39 du CP qui contient certaines exclusions.
Pour relever de cette responsabilité pénale il faut avoir la qualité de personne morale et ne concerne donc que les
personnes morales et seules certaines PM sont concernées.

A. LES PM SEULES
121-2 : les PM sont pénalement responsable. A contrario, tous les groupements qui n’ont pas la personnalité juridique,
morale ne peuvent pas engager leurs responsabilité pénale.
Il y a des groupements qui existent mais n’ayant pas la personnalité juridique. Des sociétés règlementées avec le cc
(société en participation, sociétés créées de faits).
Le cas qui intéresse le plus les pénaliste est celui des groupes de sociétés. FIG. 1
Toute PM avec PJ n’engagent pas forcement leur responsabilité pénale

B. CERTAINES PM SEULEMENT
Certaines sont exclus ou l’engagement de la responsabilité pénale est restreint

1. LES PM CONCERNÉES
Quand une infraction est commise en France, ça peut être une PM française ou étrangère.
a. Les PM françaises :
Peut concerner PM à but lucratif ou à but non lucratif. Il peut s’agir de sociétés à statut civil ou commercial mais encore

1
coopératif ou agricole.
Ca peut être des sociétés unipersonnels (un seul associé) ou plusieurs associés.
Chaque fois que le législateur créé un nouveau type de société doté de la PM, elle peut engager sa responsabilité pénale.
A côté, on retrouve les PM à but non lucratif (associations 1901, ont la personnalité morale dès le dépôt de dossier en
préfecture ; congrégation religieuse ; groupement d’intérêt économique ; fondations d’entreprise, de coopération
d’entreprise, universitaire).
En vertu du principe de territorialité on songe au PM étrangères.
b. les PM non françaises :
Les PM étrangères. L’art. 121-2 vise les PM, pas seulement les PM françaises donc une PM étrangère qui commet une
infraction sur le sol français peut engager sa responsabilité pénale.
Une PM qui, à l’étranger, commet une infraction contre les intérêts fondamentaux de la France : pourrait donner lieu à
responsabilité pénale.
Néanmoins, il est compliqué d’engager la responsabilité pénale d’une PM étrangère et est compliqué à exécuter. Mêmes
difficultés pour personnes physiques.
Les PM européennes. Créées dans le cadre de l’UE : GEIE (non lucratif), SE, SCE (PM droit privé à but lucratif). Ces
sociétés ont directement la nationalité européenne mais pas de nationalité d’un pays en particulier.
Évidemment, ces sociétés sont bien implantés dans un Etat et, à compter de l’immatriculation dans un Etats, elles ont la
personnalité juridique et relèvent du droit pénal.
A savoir que les restrictions ou les exclusions concernent les PMDPu.

2. LES RESTRICTIONS
Une restriction absolue bénéficie à l’Etat : il n’engage pas sa responsabilité pénale.
a. Exclusion absolue de l’Etat :
art. 121-2 al. 1er.
Pourquoi ? Est-ce justifié ? L’explication traditionnellement avancée : l’Etat détient le monopole du droit de punir et ne
pourrait donc pas se l’appliquer lui-même. A cela s’ajoutent différents arguments : souveraineté de l’Etat ou
bouleversements entre les ordres.
En sens inverse, d’autres arguments : dans un Etat de droit l’Etat devrait s’appliquer les règle qu’il incombe aux autres.
A plusieurs reprises depuis 1994, il y a eu qq tentatives pour revenir sur cette exclusion de l’Etat mais, chaque fois, le
gouvernement s’y est opposé.
A mon sens, il aurait été concevable de poser comme principe que l’Etat pouvait lui aussi engager sa responsabilité
pénale qui, lui, avait limiter cette responsabilité (ex : domaines régaliens)
b. D’autres personnes morales bénéficient de limites plus relatives :
D’autres PMDPu qui, par principe, engagent leur responsabilité pénale mais que pour certaines infractions ou si leur
responsabilité pénale est retenue elles n’encourent que certaines peines.
• Limites quant aux infractions commises par ces personnes morales : art. 121-2 al. 2
D’après cet alinéa 2, les CT et leurs groupements ne sont pénalement responsables que des infractions commises dans
l’exercice d’activités ne pouvant faire l’objet de convention de délégation de service public.
Cette limite ne concerne pas les autres PMDPu et ne concerne pas les différents établissements publics. Tout ce qui est
EPA, EPIC, … engagent normalement leur responsabilité pénale.
Donc, si on se limite aux CT et leurs groupements il s’agit de savoir si l’infraction commise l’a été dans le cadre d’une
activité susceptible ou insusceptible de délégation.
Ex : commune.
Si l’activité est susceptible de délégation : gérée par commune elle-même ou par quelqu’un d’autre. Si activité est
délégable, la responsabilité pénale est concevable et peut être engagée. Si l’infraction constatée est une activité non
délégable par la commune : la responsabilité pénale de la CT ne peut pas être recherchée et engagée.
C’est le juge pénal qui, au cas par cas, décide si on était dans une activité délégable ou non. Le législateur a, par
ailleurs, donné une définition en la matière.
L’art. 121-2 al. 2 ne définit pas la convention de delegation de sp. C’est une notion d’admin pas de pénal. A fini par être
définie une loi du 11 décembre 2001 : Loi MURCEF.
D'après cette loi, une délégation de service public est un contrat par lequel une personne morale de droit public confie la
gestion d'un service public dont elle la responsabilité à un délégataire public ou privé dont la rémunération est
substantiellement liée aux résultats de l'exploitation du service. Il y a donc des activités qui peuvent être gérées
directement par la collectivité territoriale elle-même, mais qui peuvent être aussi gérées dans le cadre d'un contrat par
une personne morale de droit public (mais le plus souvent de droit privé), car cette personne bénéficie d’une concession,
d'une gérance, d’une régie, etc.
Ex : concession de plage, remontée mécanique et exploitation du domaine skiable, transport en commun sur le territoire
de la commune, gestion d’un théâtre, l’eau, ramassage des ordures…
Dans ce cas, si une infraction a été constaté dans le cadre du type d’activité, la PM concessionnaire peut engager sa
responsabilité pénale. Ainsi, la CT peut elle aussi engager sa responsabilité pénale dès lors que c’est une activité
susceptible de délégation.
D’autres activités, de puissance publique, ne peut pas être délégué (autorisation d’urbanisme, état civil, maintien de

24
l’ordre public) : ne peut pas engager sa responsabilité pénale.
La chambre criminelle a été confronté à de multiples reprises à cette difficulté. Dans un premier temps, avant la loi
MURCEF de 2001, la chambre criminelle détermine au cas par cas si la CT engage sa responsabilité pénale ou non.
Arrêt de la chambre criminelle du 12 décembre 2000 dans l’affaire du Drac. Dans cette affaire été en cause un service
socio-éducatif de Grenoble : offrait aux enfants des écoles de Grenoble des activités de découverte de la nature. Six
enfants et leur accompagnatrice meurt noyés dans le Drac suite à la montée des eaux.
On recherche la responsabilité pénale de la commune pour homicide involontaire. Celle-ci a tenté d'échapper à sa
responsabilité pénale en estimant que l'activité en question était non-susceptible de délégation. La cour d'appel de
Grenoble avait retenu sa responsabilité pénale en considérant que c'était le secteur socio-éducatif, et non véritablement
le service public de l'enseignement. La chambre criminelle a cassé cet arrêt en disant que l'exécution même du service
public communal d'animation de classes de découverte suivies par les enfants des écoles publiques pendant le temps
scolaire participait du service de l'enseignement public. Elle a ajouté que le service de l'enseignement public ne pouvait
pas faire l'objet d'une convention de délégation de service public par nature. L'activité n'étant pas susceptible d'être
déléguée, il n'y avait pas de responsabilité pénale de la commune.
Dans un second temps, la chambre criminelle est venue donner une définition de la convention de délégation de service
public et cette définition n’est autre que celle de la loi MURCEF.
Le juge pénal et le juge administratif comprenne la convention de SP de la même façon, fort heureusement.
Ex : 2002, activité d’exploitation d’un théâtre.
Attention, pour un même SP, la réponse peut varier. Pour le département, il est en charge du transport scolaire. Pour la
conception même du transport scolaire : pas délégable mais concernement l’exploitation même du transport scolaire :
délégable. Selon le cas il y a, ou non, responsabilité pénale.
Cette question de l’art. 121-2 al. 2 a fait l’objet d’une QPC que la chambre criminelle a refusé de transmettre au Conseil
Constitutionnel.
La chambre criminelle constate que les CT sont dans une situation différente que les PMDPr donc traitées différemment
mais pas injustement : pas contraire au principe d’égalité devant la loi.
Deuxième petite limite :
• Limite quant aux peines applicables :
Une PM engage sa responsabilité pénale mais certaines peines ne peuvent pas lui être appliquées (art. 131-9 du CP). Il
énumère toute une liste de peines encourues par les PM (aujourd’hui il y en a douze).
Toutes ces peines ne sont pas applicables aux PM.
- Dissolution
- Placement pour la PM sous surveillance judiciaire
Ces deux peines ne sont pas applicables aux PMDPu quelle qu’elles soient (CT ou EP) et ne sont pas non plus
applicables aux partis ou groupements politiques ou syndicats professionnels.
On ne veut pas que la commission d’une infraction pénale puisse déboucher sur la dissolution d’un partis ou d’un
syndicat.
La dissolution est aussi exclue pour les institutions représentatives du personnel dans l’entreprise (notamment le comité
d’entreprise).
 Le domaine n’est donc pas général

II. LE DOMAINE D’APPLICATION QUANT AUX INFRACTIONS (RATIONE MATERIAE)


NON : au moment de l’entré en vigueur du CP, le 1er mars 1994 jouait le principe de spécialité. A l’époque, l’art. 121-2
al. 2 : dans les cas prévus par la loi (crime et délit) ou le règlement (contravention) (donc viennent dire spécialement
que pour telle infraction une PM pouvait engager sa responsabilité pénale).
Les PM ne pouvaient pas engager leur responsabilité pénale pour n’importe quelle infraction.
Cela pouvait se concevoir : il fallait un certain temps pour s’habituer à cette révolution. Le législateur prévoit également
autant en matière volontaire qu’involontaire (ex : homicide involontaire). On a du mal à admettre qu’une PM puisse être
à l’origine d’une infraction volontaire.
Ce principe de spécialité a été critiqué et a fini par être abandonné durant l’année 2005. La responsabilité pénale a alors
été généralisé.
Les infractions pour lesquels les PM étaient le plus souvent condamnée : travail illégale et délits d’homicide et blessures
involontaires.
Ce principe a fini par être abandonné par la loi Perben II du 9 mars 2004 et cette loi a supprimé dans l’art. 121-2 al. 4
« dans les cas prévus par la loi ou le règlement ».
On supprime le principe de spécialité a compter du 31 décembre 2005. C’est une loi de fond plus sévère : n’est donc pas
rétro active.
La loi Perben II prévoit deux exceptions à la généralisation de la responsabilité pénale des personnes morales. Ces deux
exceptions ne figurent pas dans l’art. 121-2 du CP mais dans l’art. 55-3 de la loi Perben II : cas où il y a responsabilité
pénale en cascade dans le cadre du droit de la presse ou audio-visuel.
• Art. 43-1 de la loi du 29 juillet 1981 : les disposition de l’art. 121-2 du CP (responsabilité pénale des PM) ne sont pas
applicable aux infractions pour lesquelles les dispositions les dispositions des articles 42 et 43 de la loi de 1881 sont
applicables.

1
 La responsabilité pénale des PM n’est pas applicable lorsque jouent ces deux articles or ce sont ceux qui prévoit la
responsabilité en cascade des personnes physiques (comme auteur ou complice) par voie de presse ou des infractions de
droit commun par voie de presse.
• Art. 93-4 de la loi du 29 juillet 1982 pour les infractions commises par voie de communication audio-visuelle
 Deux exceptions en matière de mise en jeu de la responsabilité pénale des PM
La suppression du principe de spécialité quant aux infractions a posé quelques difficultés quant aux peines encourues
par les PM.
Il faut prévoir des peines mais le législateur ne s’en ait pas tout de suite rendu compte.
En terme de peine, pour les PM, il a deux types de peines :
- Peines criminelles et correctionnelles : échappent au principe de spécialité, sont toujours encourues
- Peines qui continuent à obéir au principe de spécialité (art. 131-39) : législateur soit les préciser
Peines qui échappent au principe de spécialité : deux peines principales + une complémentaire :
 Peine d’amende (art. 131-37 al. 1) : précisé par l’art. 131-38  quintuple que ce qu’encourt une PP pour la
même infraction.
Mais le législateur a omis que cela pouvait être plus compliqué : il ne faut pas oublier qu’en droit pénal du
travail, le code du travail prévoit que l’amende est appliquée autant de fois qu’il y a de salariés concernés.
Inversement, le législateur ne s’est pas rendu compte que certaines infractions ou crimes sont tellement grave
qu’il n’a prévu que de l’emprisonnement (meurtre simple).
Le législateur, dans un seconde temps, modifie l’art. 131-38 en ajoutant que s’il s’agit un crime pour lequel un
PP n’encourt aucune amende, l’amende pour la PM sera d’un million d’euro.

 Ajoutée dans un second temps par une loi du 5 mars 2007 (loi sur la prévention de la délinquance) en matière
correctionnelle (systématiquement encourue) : sanction réparation.

Bizarrerie qui mélange deux sanctions. C’est une peine qui réside dans l’obligation pour le condamner de
verser, à la victime, l’indemnisation déterminée par la juridiction (existe pour personnes physiques et morales
régit par l’art. 131-31-9 prévoit qu’elle peut être prononcée à la place de l’amende soit en même temps que
celle-ci).

o Il y a une peine complémentaire par la loi du 9 juillet 2010 encourue par les personnes morales
uniquement : la peine complémentaire de confiscation. Elle est encouru de plein droit pour les
crimes et délits punis d’une peine d’emprisonnement de plus d’un an.
15.02.19
D’autres peines restent soumises au principe de spécialité. Ne sont encouru par une personne morale que si le législateur
l’a prévu. Ces peines peuvent être choisie suivant la liste de l’art. 131-39 du CP.
Principe de spécialité : lorsqu’une loi le prévoit, un crime ou un délit peut être sanctionné d’une ou plusieurs des peines
suivantes. L’art. 131-39 en énumère 12 :
 Peine de dissolution de la PM : notamment lorsque la PM a été détournée de son objet pour commettre
l’infraction. C’est la peine la plus grave, équivalente à la peine de mort.
Chambre criminelle 21 mai 2014 a approuvée la dissolution d’une association incriminé pour association de
malfaiteur terroriste.
Dissolution d’une société détournée de son objet : blanchiment de somme provenant d’un trafic de stupéfiant.
 Interdiction à titre définitive ou temporaire d’exercer une ou plusieurs activités professionnelles
 Placement pour cinq ans ou plus sous surveillance judiciaire
 Fermeture d’établissements de l’entreprise, définitive ou pour cinq ans ou plus
 Interdiction de détenir un animal, définitive ou pour cinq ans ou plus
 Confiscation d’un animal ayant servi à commettre l’infraction
 Etc.
Plus récemment, la loi du 9 décembre 2016, Sapin II (loi contre la corruption), ajoute dans l’art. 131-39-2 une nouvelle
peine : la peine de mise en conformité.
Obligation faite à une PM de se mettre sous les règlementations de l’agence française anti-corruption pour cinq ans ou
plus.

SECTION 2 : LA MISE EN ŒUVRE DE LA RESPONSABILITÉ PENALE DES PERSONNES


MORALES
On n’envisage que les conditions de fond de mise en œuvre de cette responsabilité pénale.
Dans les art. 706 et suivant de CPP sont toutes des conditions de procédures. Pour les conditions de fond, il y a deux
conditions de fond essentielles résultants des alinéas 1er et 3.
Alinéa 1 : imputation de la PM
Alinéa 3 : cumule de la responsabilité de la PM avec les personnes physique

26
I. IMPUTATION D’UNE INFRACTION A UNE PERSONNE MORALE
Les personnes morales sont responsables pénalement selon les distinction 121-4 à 121-7 des infractions commises pour
leur compte par leurs organes ou leurs représentants.
Une PM peut être responsable en qualité d’auteur ou co-auteur ou de complice.
Il faut donc une infraction commise par un organe ou un représentant de la personne morale et qu’elle ait été commise
pour le compte de la personne morale.

A. LA COMMISSION DE L’INFRACTION PAR UN ORGANE OU UN REPRESENTANT

1. LA NOTION D’ORGANE OU DE REPRÉSENTANT


Il y a des organes ou des représentants de droit mais il faut se demander s’il s’agit d’organe ou représentant de fait.
a. organes ou représentants de droit :
• Les différents organes de droit :
Sont déterminés soit par la loi, soit par les statuts de la PM. Dans ces organes de droit on a une personne physique (si
organe individuel) ou plusieurs PP si un organe collectif.
Ex : si une société, les organes peuvent être le gérant, le PDG, directeurs généraux. Organes collectifs : assemblée
générale des actionnaires, CA
Pour les PMDPu : commune (donc maire et conseil municipal), département (président du CD et le conseil
départemental), région (président CR et CR).
Jusqu’ici la jurisprudence ne donne des exemples que pour les organes individuels.
La jurisprudence, dans un arrêt du 6 novembre 2018 est venue dire qu’un salarié pouvait avoir un statut ou des
attributions permettant de le reconnaitre comme rpz d’une PM.
• Les représentants :
L’art. 121-2 vise les deux catégories. La notion de représentant, au-delà des organes, renvoie à une représentation
spéciale (qui peut être volontaire -mandat- ou forcée -lui est imposé notamment par la justice-).
La question sur laquelle on s’est surtout interrogé si dans les rpz de PM il fallait inclure le délégataire de pouvoir (cad
salarié délégué auquel le dirigeant a donné une délégation de pvr dans un domaine donné).
Cette discussion a été très vive en doctrine mais la jurisprudence, au bout de quelques années, a tranché en faveur d’une
réponse positive d’abord implicitement (14 décembre 1999) puis expressément (30 mai 2000).
Le salarié d’une société titulaire d’une délégation de pouvoir est un représentant de la PM au sens de l’art. 121-2 du CP.
Récemment, dans l’arrêt de novembre 2018, la chambre criminelle va plus loin et considère que même sans délégation
de pouvoir, un salarié pouvait avoir un statut ou des attributions propres faisant de lui un représentant de la PM.
La responsabilité pénale de la PM pourra lui être imputée.
b. organes ou représentants de faits :
On trouve différents cas de figure dont le plus connu est le dirigeant de fait d’une entreprise. C’est celui qui a la réalité
du pouvoir sans en avoir le titre.
Or, de façon générale, la jurisprudence pénale admet que les dirigeants de faits engagent leur responsabilité pénale
personnelles.
Un dirigeant de fait peut-il aussi engager la responsabilité pénale de la personne morale ? La chambre criminelle va
plutôt dans le sens de la répression et répond à l’affirmative.
Il y a un nouveau cas qui résulte de la jurisprudence de la chambre criminelle en date du 27 février 2018. Dans cet arrêt,
la chambre criminelle a considéré qu’une directrice de magasin devait être considéré comme représentant en raison
d’une délégation de fait.

2. L’IMPUTATION DE L’INFRACTION A UN ORGANE OU UN REPRÉSENTANT DE LA PM


Cette question a donné lieu à une évolution considérable de la jurisprudence de la c.crim.
Plusieurs étapes :
La chambre criminelle demandait que soit rapporté la preuve de l’imputation de l’infraction à un organe ou
représentant
Ex : 18 janvier 2000  affaire qui met en cause la SNCF, un enfant traverse la voie et est tué par un TGV. La CA retient
la responsabilité pénale de la SNCF et dit que soit elle-même, soit pas l’un de ses agents, la SNCF a commis une faute.
Cassation de l’arrêt : la CA aurait su rechercher si les fautes d’imprudence était commise par un organe ou un
représentant au sens de l’art. 121-2.
Pose une différente entre la France et d’autres pays (USA : peut être engagé par n’importe quel salarié)
La jurisprudence a évolué dans le sens d’une présomption d’imputation de l’infraction à un organe ou à un
représentant. Cette deuxième étape est initié par l’arrêt du 20 juin 2006.
La chambre criminelle vient dire qu’il importe peu que l’identité de l’auteur de l’infraction n’ait pas été précisée, dès
lors que l’infraction n’a pu être commise que par ses organes ou ses représentants. Venait à présumer que l’infraction
était commise par un organe ou représentant de la PM.
Cette présomption est d’abord appliqué en matière de faute non intentionnel (homicide et blessure involontaire)
Responsabilité directe : la chambre criminelle admis la condamnation d’une personne alors que l’organe ou représentant

1
non identifié et la chambre criminelle ne recherche plus la présomption d’imputation
Coup d’arrêt très net porté à cette évolution à partir de 2011. Retour à la conception initiale à la condition d’imputation
à un organe ou représentant.
Premier arrêt en ce sens : 11 octobre 2011, SNCF. La SNCF est condamné pénalement et la condamnation est cassée car
la CA ne s’était pas expliquée sur l’existence effective d’une délégation de pouvoir, ni sur le statut et les attributions des
agents mis en cause propres à en faire des représentants de la PM.
Cette tendance est confirmée à de multiple reprises.
Dans des arrêts plus récent, depuis 2016, la chambre criminelle dit donc que les juges de fond doivent rechercher
l’identification de l’organe ou du représentant en ordonnant un supplément d’information.
La jurisprudence est nette : il faut parvenir à cette identification de l’organe ou du représentant au besoin d’un
supplément d’information ordonné par les juges.
Cette évolution en plusieurs étapes de la jurisprudence de la Cour de Cassation a suscité la discussion en doctrine. On
s’est demandé si cette jurisprudence dépendait ou non du type d’infraction commise (non intentionnel ou intentionnel).
L’une des analyse les plus subtils proposée est celle du professeur Emayo : premier cas de figure  les faits permettent
de penser qu’il y a bien eu participation à l’infraction d’organe ou de représentant de la PM. Tellement évident que les
juges n’auraient pas à les identifier précisément. On n’a pas présomption d’imputation mais implication de ces organes
ou rpz.
Deuxième cas de figure  les faits ne permettent pas de dire avec certitudes qu’il y a eu participation des organes ou rpz
de la PM. Il faut donc identifier clairement et précisément.
On a donc un net retour en arrière et la plus part du temps il faut rechercher.

B. LA COMMISSION DE L’INFRACTION POUR LE COMPTE DE LA PERSONNE MORALE.


La formulation de cette condition a légèrement varié : l’avant-projet de CP de 1978 évoquait que l’infraction devait être
commise au nom et dans l’intérêt de la PM. Ce qui est retenu : « pour le compte de la PM ».

1. DETRMINATION POUR LE COMPTE DE LA PM


• Détermination négative :
Si l’infraction doit être commise pour le compte de la PM, permet d’exclure un certain nombre d’hypothèse notamment
lorsque l’infraction est commise par un directeur d’entreprise pour son propre compte et dans son propre intérêt.
Lorsque l’infraction est commise dans l’intérêt d’un tiers également ou lorsque la PM apparait plus victime qu’auteur de
l’infraction (ex : abus de bien sociaux).
Mais, en même temps, l’infraction commise pour le compte de l’entreprise n’exige pas que l’infraction résulte d’une
volonté délibérée de l’organe ou du représentant et encore moins d’une délibération de la PM. D’autant qu’il ne faut pas
oublier que la responsabilité pénale des PM peut être engagé pour des infractions intentionnelles comme non
intentionnelles.
• Détermination positive :
L’idée est que l’organe ou le représentant de la PM doit avoir agi au nom et dans l’intérêt de la PM et plus largement au
profit de celle-ci.
Par exemple, l’infraction a pu procurer un gain pour la PM (ex : escroquerie) ou d’éviter des pertes, dépenses (ex :
entreprise préfère polluer plutôt qu’investir).
Il faut l’entendre très largement : en matière d’homicide et blessure involontaire = pas de profit mais pour son compte.
En définitive on peut dire que l’infraction est commise pour le compte de la PM lorsqu’exécuté par un organe ou rpz au
nom de la PM au cours d’activité ayant pour objet d’en assurer le fonctionnement de la PM.
Jusque très peu de temps il n’y avait aucune jurisprudence. Dans un arrêt du 5 avril 2018 qui concerne la société Nike
France : le PDG (organe) ayant commis l’infraction et la condition était considérée comme remplie parce que les
infractions du PDG de la société Nike France avait favorisé la marque Nike.
Le cumul de ces deux conditions essentielles fait s’interroger sur la nature de cette responsabilité pénale.

2. NATURE DE LA RESPONSABILITÉ PÉNALE DE CETTE PM


Il y a plusieurs théories proposées quant à cette responsabilité.
Théorie de la faute distincte de la PM : d’après celle-ci, la responsabilité pénale de la PM ne serait pas
automatiquement liée à l’organe ou au représentant, il faudrait une condition supplémentaire en constatant une faute
distincte de la PM. Il faut donc une double faute : faute de l’organe ou rpz + une faute distincte de la PM.
A l’époque cette théorie a été bien accueillie par les juges du fond mais rejeté par la ccrim qui s’est plutôt orienté vers
une seconde théorie :
Théorie de la responsabilité reflet de la PM (ou responsabilité par rpz°) : l’idée est qu’il est absurde de distinguer un
faute distincte et la responsabilité pénale de la PM ne peut être que le reflet de la responsabilité de l’organe ou au rpz.
La circulaire d’application du nouveau CP de 1993 s’est prononcée dans ce sens et cette conception prévaut dans la
jurisprudence de la chambre criminelle, notamment avec un arrêt du 26 juin 2001 qui dit que la faut pénale commis par
l’organe ou le rpz de la PM pour le compte de celle-ci suffit à engager la responsabilité pénale de cette PM sans qu’il
soit nécessaire d’établir une faute distincte à sa charge.

28
Cette théorie est parfois mise à mal notamment dans l’hypothèse où on retient la responsabilité pénale de la PM alors
que la responsabilité de l’organe ou du rpz ne peut pas être retenue.
La conception actuelle de la responsabilité pénale des PM n’apparait pas conforme à certaines directives de l’UE sur la
question (ex : blanchiment de capitaux et financement du terrorisme ; abus de marché) on se rend compte que l’UE
demande aux Etats membres de prévoir la responsabilité pénale des PM dans deux cas.
- Il faut prévoir lorsque commis pour le compte de la PM par toute personne agissant individuellement ou en
tant qu’organe (exactement la conception française)
- Les Etats doivent prévoir la responsabilité pénale lorsqu’un défaut de la personne physique a rendu possible
la réalisation d’une infraction au profit de la PM par une personne soumise à son autorité

II. L’INCIDENCE DE LA RESPONSABILITÉ PÉNALE DES PM SUR LA RESPONSABILITÉ


PÉNALE DES PERSONNES PHYSIQUES
Envisagé par l’al. 3 de l’art. 121-3
La responsabilité pénale des PM n’exclue pas celle des personnes physiques auteurs ou complices des mêmes faits. On
retient donc le cumul des deux responsabilité pénale.
Mais, la loi Fauchon du 10 juillet 2000 a nécessité d’introduire un tempérament, une limite, dans l’article 121-3 al. 3.

A. LE PRINCIPE
Possibilité de cumul de responsabilité pénale.
Les personnes physiques pouvant engager leur responsabilité pénale : PP ayant la qualité d’organe ou de rpz de la PM et
à qui on a imputé l’infraction. Au-delà, la PP peut être toute personne physique susceptible d’engager sa responsabilité
pénale comme auteur ou complice de l’infraction.
Pourquoi cette solution du cumul possible est retenue ? Parce que le législateur a voulu éviter un effet d’impunité des
personnes physique et un effet de déresponsabilisation.
Néanmoins, le cumul est possible mais cela ne veut pas dire qu’il sera obligatoire !
En pratique, il n’y a pratiquement pas de cumul. Il ne faut pas oublier l’opportunité des poursuites du ProcRep et il peut
très bien décider de poursuivre une PM plutôt qu’une PP.
La jurisprudence l’a confirmé : quand tout le monde est poursuivi, la PP peut être relaxée et la PM condamnée. Si les
deux sont condamnées, le juge appliquera à chacun sa catégorie de peine.
A ce principe, la loi Fauchon est venue apporter une limite qui est assez complexe.

B. LA LIMITE INTRODUITE PAR LA LOI FAUCHON (10 JUILLET 2000)


L’al. 3 de l’art. 121-3 est modifié et la responsabilité des PM n’empêche pas la responsabilité PP sous réserve des
dispositions 121-3 al. 4 du code pénal.
Or, cette article vise l’hypothèse de la causalité indirecte entre la faute et le dommage dans le cadre des infractions
involontaires.
Si on s’intéresse à cette hypothèse, si aucune faute délibérée ou caractérisée n’a pu être établie à l’encontre de la
personne : on n’engage pas la responsabilité pénale de la PP. Seule la rp DE LA pm peut continuer à être engagée.
Il faut se rappeler que l’objectif de la loi Fauchon est d’alléger la responsabilité pénale des décideurs (public ou privé).
La loi Fauchon n’a rien changé à la responsabilité pénale des personnes morales !! La question de la causalité
indirecte ne se pose que pour les personnes physiques.
La ccrim 24 octobre 2000 se voit poser la question pour la 1 ère fois. Accident du travail, ouvrier monté à plus de 5m de
hauteur sans dispositif de sécurité. On engage des poursuites pour blessures involontaires. Sont poursuivis un
contremaître (ayant donné l’ordre à la victime de monter sur l’échelle), le directeur de l’usine et le titulaire de la
délégation de pouvoir en matière de sécurité du pouvoir.
La CA relaxe le contremaître et le chef d’établissement et le délégataire de pouvoir car estime qu’il n’y a pas de faute
délibérée et de faute caractérisée. La CA relaxe alors aussi la PM. Cette relaxe est cassée par la ccrim. La ccrim affirme
que « les PM sont responsabilité pénalement de toute faute non intentionnelle de leurs organes ou rpz alors même qu’en
l’absence de faute D ou C au sens de l’art. 121-3 al. 4 la responsabilité pénale des PP ne pourrait être recherchée ».
c.f schéma
Cette jurisprudence a été confirmée par la suite à de nombreuses reprises (environs six arrêts dans ce sens) et un autre
arrêt de la Cour de Cassation affirme que la responsabilité pénale de la PM n’est pas subordonnée à la caractérisation à
la charge de ses organes ou rpz d’une faute entrant dans les prévisions de l’art. 121-3 al. 4
Il n’est donc pas nécessaire de prouver une faute qualifiée ou délibéré mais une simple faute ordinaire.
PARTIE 2 : les personnes pénalement irresponsable – étude des causes d’irresponsabilité ou atténuation de
responsabilité pénale
Une infraction matériellement commise par une personne agissant en qualité d’auteur ou de complice permet
d’envisager la responsabilité pénale de cette personne physique (et potentiellement de la PM).
Néanmoins, ne suffit pas tout à fait : la personne doit disposer de son libre arbitre. C’est l’imputabilité. Il faut
également qu’elle ait commis une faute. C’est la culpabilité.
En présence de certaines causes et circonstances, le législateur prévoit des causes d’exonération totale de la

1
responsabilité pénale (causes d’irresponsabilité pénale) soit des causes d’exonérations partielles (causes d’atténuation
de la responsabilité pénale).
S’il y a IR la responsabilité n’est pas engagée tandis que s’il y a une atténuation la personne est coupable mais les peine
prononcée seront amoindries.
Le chapitre 2 du titre II du livre 1 er du CP : des causes d’irresponsabilité ou d’atténuation de la responsabilité pénale.
Prévues dans les art. 122-1 à 122-9 du CP.
Dans ce chapitre, le CP actuel a repris un certain nombre de cause d’irresponsabilité qui existait déjà sous l’empire du
CP de 1810.
Le CP a repris ce que l’ancien art. 64 appelait la démence. Aujourd’hui l’art. 122-1 s’intéresse aux troubles psychiques
ou neuropsychiques dans la commission de l’infraction. Double effet : IP ou ARP.
Si ces troubles ont aboli le contrôle de ces actes : cause d’irresponsabilité pénale. Si seulement altéré le discernement ou
entravé le contrôle des actes : atténuation de la responsabilité pénale.
Le Code pénal actuel reprend également la contrainte à l’art. 122-2. Il reprend également l’ordre de la loi et le
commandement de l’autorité légitime.
Il reprend également la légitime défense des personne 122-5 al. 1 et art. 122-6. Il reprend également la minorité au
moment de la commission de l’infraction.
Par ailleurs, le Code pénal actuel a légalisé deux causes d’irresponsabilité pénale jusqu’alors prétorienne (d’origine
jurisprudentielle) : légitime défense des biens (art. 122-5 al. 2). Le Code pénal actuel ajoute en 1992-1994 une cause
d’irresponsabilité pénale nouvelle : l’erreur de droit ou erreur sur le droit (art. 122-3 du Code pénal).
On a commis une infraction sous l’empire d’une erreur de droit : on se trompe sur la règle juridique.
Depuis l’entrée en vigueur du nouveau Code pénal, il y a eu pas mal de modification sur ses questions de causes
d’irresponsabilité pénale ou d’atténuation.
D’abord, la question très sensible de la délinquance juvénile. Nombreuses lois sur la répression des mineurs. Ensuite, il
y a eu en 2008 une réforme importante sur la procédure concernant les troubles mentaux.
La loi Taubira du 15 août 2014 a modifié l’art. 122-1 al. 2 donc la cause d’atténuation de la responsabilité pénale en
raison de troubles mentaux.
Sont apparues de nouvelles causes d’irresponsabilité pénale spéciale (à certaines personnes).
Ex : usage des armes par les forces de l’ordre. Loi du 3 juin 2016
La même année, une nouvelle cause est introduite dans l’art. 122-9 du Code pénal concernant les lanceurs d’alerte. On a
toute une mosaïque de cause d’atténuation de la responsabilité pénale.
Effectivement, parmi ces causes d’irresponsabilité pénale on peut essayer de faire des distinctions qui apparaissaient
sous l’empire du Code pénal de 1810 et retenu en doctrine.
Ces différentes causes d’irresponsabilité pénale peuvent être classées en fonction de la source, de l’origine, de la cause
d’irresponsabilité pénale ou d’atténuation de la responsabilité pénale (loi ou jurisprudence).
Il y a donc des causes légales et prétoriennes d’irresponsabilité pénale.
Dans le Code pénal actuel, les disposition des art. 121-1 à 121-9 sont des causes légales. L’état de nécessité était un
cause prétorienne qui sera consacré par le législateur.
La question qui se pose, dès lors, est : est-ce que depuis l’entrée en vigueur du Code pénal actuelle, est-ce que la
jurisprudence créée de nouvelle cause d’irresponsabilité pénale comme elle l’avait fait auparavant avec l’état de
nécessité.
On peut considérer qu’une nouvelle cause de l’irresponsabilité pénale a émergé qui tient à l’exercice au droit de la
défense.
Ex : vole d’information d’un salarié pour se défendre au Prud’homme.
Énorme controverse en doctrine : différence entre la Chambre criminelle et la csociale  divergence de jurisprudence.
La csociale disait que le salarié pouvait produire en justice des documents dont il avait connaissance par ses fonctions
lorsque cela était strictement nécessaire au droit de la défense mais la Chambre criminelle le condamne pour vol.
La Chambre criminelle, dans deux arrêts du 11 mai 2004, a fini par s’aligner en considérant que le vol était justifié
(donc pas responsabilité pénale) lorsque les documents étaient strictement nécessaire à l’exercice des droits de la
défense.
On considère donc que c’est une nouvelle cause prétorienne d’irresponsabilité pénale.
La jurisprudence de la Chambre criminelle admet cette justification par rapport à l’infraction de vol mais aussi par
rapport à l’infraction d’abus de confiance.
Mais quel que soit le cas, il faut un litige opposant le salarié à l’employeur et doit être un litige Prud’homal.
Deuxième classification de ces causes, non plus par la source mais par leurs effets. Effectivement on retrouve deux
grandes catégories.
En lisant ces articles on remarque qu’ils commencent tous de la même façon : « n’est pas pénalement responsable la
personne qui… ». Montre bien la cause d’irresponsabilité pénale ou atténuation de la responsabilité pénale.
En réalité, parmi ces causes, on retrouve deux catégories qu’on appelle les faits justificatifs qui sont des causes
objectives d’irresponsabilité pénale et les causes de non imputabilité qui sont des causes d’irresponsabilité pénale ou
d’atténuation étant, cette fois, des causes subjectives d’irresponsabilité pénale.
Les faits justificatifs : Cause objectives d’irresponsabilité pénale.
- Ordre ou autorisation de la loi

30
- Commandement de la loi
- Légitime défense
- Etat nécessité
- Lanceurs d’alerte
Ces faits justificatifs proviennent de causes, justifications réelles extérieures à l’auteur de l’infraction. Cette infraction
est alors justifiée : faits justificatifs.
Fait justifié = pas d’infraction = irresponsabilité pénale.
En responsabilité civile l’auteur n’engage pas sa responsabilité civile sauf dans le cas de nécessité.
Les causes subjectives :
- Troubles psychiques ou neuropsychique
- Erreur sur le droit
- Minorité
- Contrainte
Ce sont des causes et des circonstances personnelles, propres à l’auteur de l’infraction car porte atteinte au libre arbitre.
L’effet est assez différent.
En présence d’une cause de non imputabilité, l’infraction n’est pas justifiée  subsiste.
Concernant la responsabilité pénale de l’auteur de l’infraction : exclue ou atténuée en raison de la cause subjective.
Du côté de la responsabilité civile, le principe est que la responsabilité civile subsiste avec une exception concernant la
contrainte (équivalent de la force majeure en droit civil).
Est- ce qu’il faut réellement classifier ? Les auteurs sont partagés. La jurisprudence de la Chambre criminelle fait
parfois référence à cette classification et notamment des faits justificatifs.
On retient donc cette classification.
Titre 1 : les causes objectives d’irresponsabilité pénale – les faits justificatifs.
Cela repose sur la justification de l’infraction. Elle est justifiée parce qu’il manque quelque chose.
Des auteurs ont dit que ce qui manque est l’élément moral. Dans cette analyse on serait donc dans une non-culpabilité.
Cette analyse est inexacte et présente des inconvénients.
D’autre part elle poserait problème aussi par rapport aux infractions non intentionnelles.
Une seconde théorie dit que l’infraction est justifiée car il manquerait l’élément injuste. L’infraction ne serait constituée
que si elle est injuste. Ils font appel à l’absence de faits justificatifs.
Le problème est que pour décider du caractère juste ou injuste de l’infraction il faut aller regarder le texte
d’incrimination. Or, le texte d’incrimination, dans la réalité, on considère que c’est l’élément légal de l’infraction.
La troisième analyse qui est l’analyse dominant explique la justification de l’infraction par la paralysie de l’élément
légale de l’infraction en cas de fait justificatif.
1er mars 2019
C’est l’explication majoritairement retenue par les auteurs en doctrine. Un acte illicite cesse de l’être lorsqu’il est
commis dans certaines circonstances (ex. : légitime défense) ne trouble plus l’ordre social et l’ordre public. La société
n’a pas de raison de maintenir la sanction du texte d’incrimination. L’élément légal est donc neutralisé ou paralysé.
 fréquent au quotidien : chirurgie
La répression perd toute raison d’être et les faits justificatifs s’appliquent à toutes les infractions. S’il y a
irresponsabilité pénal il ne peut pas y avoir de sanction pénale.
Nous allons nous limiter aux faits justificatifs généraux qui, à priori peuvent jouer pour toute infraction. Néanmoins il y
a des faits justificatifs qui sont des faits justificatifs spéciaux (qui ne concerne qu’une seule catégorie).
Ex : exception de vérité en droit de la presse (poursuite en diffamation, on prouve que les faits diffamatoires sont vrais)
 droit pénal spécial, on ne s’y intéresse pas.
Consentement de la victime de l’infraction : ce n’est pas une cause générale d’irresponsabilité. Ce n’est que dans
certaines infractions (en matière sexuel +++)
CHAPITRE 1 : L’ORDRE OU L’AUTORISATION DE LA LOI OOU DU REGLEMENT ET LE
COMMANDEMENT DE L’AUTORITE LEGITIME
Hypothèse dans laquelle un individu a commis une infraction pénal. Mais il l’a commise en ce qui impose la loi, ou
s’inscrit dans le prolongement de la loi ou suit ce qu’avait demandé une autorité légitime. D’un côté certes c’est une
infraction mais inscrite dans le prolongement d’obéissance.
Cette disposition est retrouvée dans l’art. 327 du Code pénal qui dispose qu’il n’y avait ni crime, ni délit lorsque
l’homicide ou les blessures et les coups avaient été ordonnés par la loi et commandés par l’autorité légitime.
Art. 122-4 du Code pénal dont la rédaction est meilleure : ce texte dissocie, dans deux alinéas, les deux faits
justificatifs : l’ordre de la loi (al. 1) et le commandement de l’autorité légitime (al. 2). C’est également un texte général
qui vise toutes infractions.
D’après l’al. 1, la personne qui accompli un acte prescrit ou autorisé par des dispositions règlementaire n’est pas
pénalement responsable
D’après al. 2, la personne qui a accompli ?? sauf si l’acte est manifestement illégal.

I. L’ORDRE OU L’AUTORISATION DE LA LOI OU DU RÈGLEMENT

1
Le texte est beaucoup plus précis que le Code pénal antérieur : vise l’ordre, le commandement mais aussi la permission
(autorisation) et vise la loi mais aussi le règlement comme source de cette ordre ou autorisation.
On est dans l’hypothèse dans laquelle un comportement rentre dans le champ d’application d’un texte d’incrimination
mais par exception ce texte va être paralysé. Il n’y aura pas d’infraction et donc pas de responsabilité pénale de l’auteur
parce que cette auteur n’a fait que ce conformer à un texte. C’est soit le texte d’incrimination lui-même ou un texte
différent qui, de façon expresse ou implicite lui imposait d’agir ainsi (ordre de la loi ou règlement) ou au moins lui
permettait d’agir ainsi (autorisation).
Si c’est un ordre il n’avait, en principe, pas le choix. Dans le cas de l’autorisation il avait le choix.

I. L’ORDRE DE LA LOI OU DU REGLEMENT


Dans cette hypothèse, l’art. 122-4 nous dit que l’acte était prescrit par la loi ou le règlement. De plus l’auteur n’avait pas
e choix (ordre) : entame son libre arbitre.

A. LA PRESCRIPTION DE LA LOI
Cette loi peut être une loi pénal ou civile.

1. EXEMPLES DE LOIS PENALES


Peut-être une loi pénale de fond ou de forme.
a. loi pénale de fond :
L’exemple typique est celui de la violation du secret professionnel qui constitue un délit prévu à l’art. 226-13 du Code
pénal.
La personne soumise au secret professionnel observe cette obligation. Peut-elle être condamner pour délit de non
dénonciation de mauvais traitement sur personne vulnérable ou mineur ou homicide ?
L’art. 444-1 et suivant prévoir que sont exceptées de non dénonciation les personnes qui sont astreintes au secret
processionnel de l’art. 226-13 du Code pénal.
Inversement, lorsqu’une personne fait une révélation à une autorité parce que la loi le lui demande, peut-il être
condamné pour violation du secret professionnel ? Non, l’art. 226-14 du Code pénal prévoit que la violation du secret
pro n’est pas applicable dans les cas où la loi impose ou autorise la révélation du secret.
Dans ce sillage, avec une loi sur la corruption (loi Sapin II), loi du 9 décembre 2016, a introduit dans le Code pénal un
nouvel article : art. 122-9 du Code pénal (dernier art. du chapitre sur cause d’irresponsabilité pénale).
Cet article institue une dérogation à un secret protégé par la loi au bénéfice de ce que l’on appelle les lanceurs d’alerte .
Pour eux, on fait exceptions à la violation d’un secret protégé par la loi (on écarte le secret de défense nationale, le
secret médical et le secret entre l’avocat et son client).
Néanmoins, bien que l’art. 122-9 fasse parti du chapitre des causes d’irresponsabilité pénale générale, ce n’est pas une
cause générale : ne concerne pas que certaines infractions.
Les conditions sont extrêmement restrictive : l’art. 122-9 renvoie à l’art. 6 de la loi Sapin II. Cet article 6 donne la
définition du lanceur d’alerte. Cette définition est extrêmement restrictive.
Si nous sommes en présence d’un lanceur d’alerte au titre de l’art. 6, la divulgation du lanceur d’alerte devra être
nécessaire et proportionné à la sauvegarde des intérêts en cours et il devra respecter une procédure de signalement
prévue par la loi Sapin II.
b. loi pénale de procédure :
Un policier arrête un délinquant en flagrant délit, il n’est pas coupable d’arrestation arbitraire. Sur ordre du juge il
effectue une perquisition, ne peut pas être poursuivi pour violation de la propriété privée. Il saisit l’ordinateur de
l’intéressé, il ne peut pas être poursuivi pour vol.
 le Code pénal proscrit toutes les mesures coercitives.

2. L’ORDRE TIRE DE LA LOI CIVILE


Le code du travail autorise dans certain cas le licenciement (lettre qui énonce les motifs du licenciement). Est-ce qu’un
employeur peut être poursuivi pour diffamation car énonce certains motif dans sa lettre ? La Chambre criminelle
considère que l’employeur ne pouvait pas être condamné pour diffamation car le code du travail (loi civil) lui impose
d’énumérer les motifs). La limite est de ne pas mettre de motifs superflus.
Cette ordre de la loi civil a longtemps posé problème à la question du viol entre époux. L’art. 215 du code civil énonce
les obligations entre époux.
Or, ce texte est interprété par certains comme le fait que la communauté de vie imposerait les relations sexuelles entre
époux et que par conséquent il ne pourrait pas y avoir de viol entre époux. Cette interprétation est écarté par la Chambre
criminelle (5 septembre 1990).
Ainsi, pour des gens mariés, il faut consentement des parts et d’autres du couple pour les relations sexuels.
Le législateur avait posé une présomption simple de consentement aux relations sexuelles entre époux. Cette
présomption est posée dans l’art. 222-22 dans une loi du 4 avril 2006 mais la présomption de consentement disparait
avec une loi du 10 juillet 2010.
N’est pas considéré comme une loi civile permettant la justification de viol.

32
B. L’ORDRE OU LA PRESCRIPTION DU REGLEMENT
On parle du règlement, surtout après 1958 avec l’apparition de la hiérarchie des normes.

1. JUSTIFICATION D’UN CRIME OU D’UN DÉLIT


Le crime ou délit est nécessairement établit par la loi. Est-ce qu’un règlement peut justifier un crime ou un délit ? Non,
contraire à la hiérarchie des normes.
En matière de crime ou délit on est régit par la loi : une loi peut déroger à une loi mais un règlement ne déroge pas à une
loi.
Mais une loi peut nécessité d’être complété par un décret d’application (décret adopté en Conseil d’Etat qui précise tel
ou tel point).
Le code de la santé publique prévoit une liste des maladies que les médecins doivent dénoncer aux autorités (éviter
épidémie). Le CSP prévoit que cette liste est fixée par un décret.
Le médecin a l’obligation de dénoncé les maladie apparaissant dans la liste du décret : on ne viole pas le secret
professionnel médical.

2. JUSTIFICATION D’UNE CONTRAVENTION


Ici c’est différent : l’autorité compétente, en matière contraventionnelle, est le pouvoir exécutif (donc régit par le
règlement).
Un règlement peut déroger à un règlement. (R 645-12, ce texte prévoit qu’il y a des personnes habilité à rentrer dans les
établissements scolaires)

II. LA PERMISSION DE LA LOI


En réalité, ce qui pose problème n’est pas la question de l’autorisation de la loi mais de l’autorisation de la coutume.
Est-ce que des infractions peuvent être, au XXIe siècle, justifiée par la coutume ?

A. LA PERMISSION DE LA LOI PROPREMENT DITE

1. LA LOI PENAL
a. loi pénal de fond :
Violation du secret professionnel qui est prévu par l’art. 226-13. L’art. 226-14 vient dire que la violation du secret
professionnel n’est pas applicable si la loi ordonne ou autorise la révélation du secret.
Le texte prévoit que dans le cas d’un médecin, avec l’accord de la victime, peut révéler au procureur de la république
des sévices ou privation qu’il a pu constater sur une victime lui permettant de penser que la victime a subi des
infractions sexuelles.
b. loi de procédure pénale :
art. 73 de procédure pénale.
La personne qui arrête la personne qui commet une infraction ne commet pas un délit de violence volontaire ou
d’arrestation abusive. Mais la chambre criminelle impose des conditions de nécessité et proportionnalité aux conditions
de l’arrestation.

2. AUTORISATION DE LA LOI CIVILE


Pourquoi un médecin ou chirurgien n’engage pas sa responsabilité pénale alors qu’il cause des blessures ? Parce que
c’est une profession autorisé et règlementé par la loi dans la limite d’un respect des règles de l’art et les données
acquises de la science par le professionnel.
En droit des biens, « en fait de meuble, possession vaut titre » (adage). Pour les biens mobiliers, un titre de propriété
n’est pas nécessaire, il suffit d’être possesseur du bien.
L’article poursuit que celui qui a perdu une chose, un bien meuble ou celui à qui a été volé ce bien peut néanmoins le
revendiquer durant trois ans contre la personne entre les mains de laquelle se trouverait l’objet.
Pendant longtemps, la chambre criminelle condamnait pour recèle la personne qui avait reçu de bonne foi la chose issue
d’un vol. Aujourd’hui, la Chambre criminelle respecte l’art. 2276 du code civil : revirement de jurisprudence. C’est
donc une loi civile.

2. LA PERMISSION DE LA COUTUME
En relisant l’art. 122-4 du Code pénal, il ne fait référence qu’à la loi ou au règlement. Pourtant, le problème de la
coutume peut se poser.
Soit parce que la loi renvoie à la coutume (donc pas de problème), soit de façon plus implicite.
a. le renvoie expresse de la loi à la permission de la coutume :
Le Code pénal réprime les délits et contravention pour les sévices graves, mauvais traitement des animaux. Néanmoins
ces textes ne sont pas applicables aux courses de taureau ou combat de coq lorsqu’une tradition locale ininterrompue

1
peut être revendiquée.
La tradition local est la coutume. Le législateur renvoie donc à une coutume locale retrouvée dans certaines régions.
C’est la coutume qui vient justifier la corrida dans certaines régions.
Le Conseil Constitutionnel saisit par l’UPC, dans un décision du 21 septembre 2012 est venu dire que cette justification
et exclusion de la responsabilité pénale n’était pas contraire au principe d’égalité devant la loi parce que cette
justification n’est applicable que dans certaines parties du territoire.
Le Conseil dit que c’est au juge d’apprécier si les conditions de justifications de la coutume sont justifiées ou non.
Le problème est plus compliqué s’il n’y a pas de renvoi de la loi
b. La permission implicite de la coutume :
lorsque la loi ne renvoie pas à la coutume, pouvons-nous admettre qu’une infraction soit commise soit justifié au motif
qu’une coutume autoriserait implicitement la commission de cette infraction ? La question de la justification coutumière
pose problème essentiellement pour les questions de violences pouvant être commises à l’encontre des enfants au nom
de la religion ou de la culture (excision des petites filles et la question de la fessée).
Concernant l’excision, c’est une coutume culturelle notamment africaine. Cette coutume est directement contraire à la
loi française et ne peut pas valoir justification des blessures qui sont causées.
La question s’est aussi posée à l’égard de la coutume religieuse de circoncision à l’égard des petits garçons.
Le droit de correction dont disposerait les parents et enseignants dans le but d’éduquer les enfants. Ce droit est remis en
cause au plan international et européen.
Le comité européen des droits sociaux du Conseil Europe qui condamnait à l’unanimité la France pour violation de
l’art. 17 de la charte sociale européenne car il n’y a pas, dans le droit français, une disposition explicite qui interdirait
tout châtiments corporel à l’égard des enfants.
Au plan international, le plan de protection des droits de l’enfant de l’ONU a demandé, en 2016 d’interdire
explicitement les châtiments corporels des enfants dans tous les milieux (y compris dans les familles).
La chambre criminelle continue à faire référence au pouvoir disciplinaire dont dispose les enseignants.

B. LA PERMISSION DU REGLEMENT
On peut distinguer plusieurs questions :
- Dérogation administrative
- Tolérance administrative
a. dérogation administrative :
Une permission peut résulter d’une disposition règlementaire.
L’hypothèse de l’usage des armes à feu par les gendarmes qui étaient, initialement, autorisé par l’art.214 d’un décret de
1963 et définissait les cas dans lesquels les gendarmes, uniquement, pouvait faire usage de leurs armes même lorsqu’ils
n’étaient pas en situation de légitime défense.
Aujourd’hui, les choses ont évolué : a été repris au plan législatif par l’art. L 238-3 du Code de la défense.
Les gendarmes pouvaient voir leurs infractions justifiées sur le fondement de l’autorisation de règlement qui était
devenu la permission de la loi grâce au code de la défense.
Néanmoins, les policiers ne bénéficiaient pas d’un texte spécifique. Ils ne pouvaient invoquer que la légitime défense.
Les textes ont donc été modifiés pour que toutes les forces de l’ordre bénéficient de cette possibilité de justification.
Ca s’est fait à la suite de plusieurs étapes notamment les attentats terroristes.
Le législateur, à partir de cette hypothèse, a étendu l'usage de la force armée à l'hypothèse du périple meurtrier.
La loi du 3 juin 2016 avait ajouté dans le code pénal un article 122-4-1 qui instaurait, pour les forces de l'ordre,
un nouveau cas d'autorisation de la loi.
Dans un second temps, cet article a été abrogé par une loi du 28 février 2017 et, à la place, a été introduit un article dans
le code de la sécurité intérieure, l'article L 435-1.
C'est désormais un texte commun aux policiers et aux gendarmes sur l'usage des armes dans l'exercice de leurs
fonctions, lorsqu'ils sont revêtus de leur uniforme ou leurs insignes apparents.
Le texte prévoit 5 cas :
• Les 4 premiers reprennent les anciens cas ;
• Le dernier cas reprend l'hypothèse du périple meurtrier, qui avait été introduit un temps dans l'article 122-
4-1 du code pénal.
Ces textes, en partie, sont aussi applicables aux agents de la police municipale, aux surveillants pénitentiaires
et aux agents des douanes.
Afin de se conformer à la jurisprudence de la CEDH, le texte impose des conditions : pour que l'usage des
armes soit autorisé, il faut qu'il y ait absolue nécessité et proportionnalité.
Cette succession de textes pose problème. L'article 122-4-1 instaurait une autorisation de la loi, mais seulement
à titre exceptionnel. Il n’était donc pas pertinent de le mettre dans du droit général. Il se trouve donc dans le code de la
sécurité intérieure. Le texte justifie non une infraction en elle-même, mais l'usage des armes. Techniquement, ce sont
des cas d'autorisation de la loi, mais beaucoup de cas sont des cas de légitime défense.
b. l’autorisation administrative :

34
Le droit pénal prévoit qu’un comportement, lorsqu’il est adopté sans être titulaire d’une autorisation, constitue une
infraction pénale (ex : conduite sans permis).
De plus, le juge pénal est compétent pour apprécier la légalité des actes administratifs et les interpréter lorsque l’issue
du procès pénal en dépend.
En dehors de ces cas, l’autorisation administrative n’a pas d’incidence sur l’exercice de l’infraction pénal (ex : produits
pharmaceutique).
c. la tolérance administrative :
Hypothèse où l’administration aurait, pendant un certain temps, tolérer des comportements ou pratiques alors qu’elles
sont illégales.
Est-ce qu’un plaideur peut échapper à la répression au motif qu’il y a eu tolérance admin durant des année ? Non. Cette
réponse est donnée par la Chambre criminelle et est réaffirmée dans un arrêt du 16 octobre 2018 de la façon la plus
nette : « une tolérance des autorités admin contraire à des textes en vigueur instituant des infractions à la police de la
chasse ne saurait faire disparaitre les infractions ».

SECTION 2 : LE COMMANDEMENT DE L’AUTORITÉ LEGITIME


Art. 122-4 al. 2 : copier-coller
Le principe : le commandement de l’autorité vaut justification
Exception : lorsque commandement manifestement illégal

I. PRINCIPE : LE COMMANDEMENT LEGAL DE L’AUTORITÉ LÉGITIME


Pourquoi y a-t-il justification ?
Un subordonné commet une infraction pénal en obéissant au commandement de sa hiérarchie. En principe l’infraction
pénale est justifié.
La première justification : il a commis une infraction mais en obéissant à un ordre donné pour éviter sanctions.
(sanction disciplinaire : fonctionnaire, sanction pénale : militaire).
On considère que le libre arbitre est entaché, l’infraction est justifiée car elle a été commise comme si elle avait été
justifiée par la loi ou règlement.

A. VERTU JUSTIFICATIVE DU COMMANDEMENT


On est dans l'hypothèse où un subordonné a commis une infraction en obéissant à un commandement reçu de
son supérieur. Il n'engage pas sa responsabilité pénale.
Certes, il a commis une infraction pénale, mais il l'a faite en respectant son devoir d'obéissance, lequel est
imposé soit à peine de sanction disciplinaire, soit à peine de sanction pénale. La seconde raison est que l'auteur de
l’infraction n'a pas agi de sa propre initiative : il a obéi à sa hiérarchie, et quelque part, son libre arbitre a été diminué.
L'infraction commise en raison du commandement reçu serait justifiée comme l'infraction commise en raison de l'ordre
ou autorisation de la loi ou règlement.

B. NOTION D'AUTORITÉ LÉGITIME


Le code pénal (article 122-4 al 2) ne donne pas de définition de l'autorité légitime.
La jurisprudence antérieur au code pénal actuel avait pris position en disant qu'une autorité légitime est
nécessairement une autorité publique.
Peut être une autorité civile, qu'elle soit administrative (ex : préfet) ou judiciaire (parquet, juge d'instruction, etc), ou
une autorité militaire.
En revanche, la chambre criminelle a considéré qu'un administrateur judiciaire qui ne dispose pas d'un pouvoir de
décision au nom de la puissance publique ne constitue pas une autorité légitime. La notion d'autorité légitime renvoie à
l'autorité publique.
Dès lors, beaucoup d'hypothèses ne rentrent pas dans le champ d'application du commandement légitime. Il ne peut
donc pas y avoir de justification de l'infraction lorsque l'infraction a été commise sur le commandement d'une autorité
privée. Cela renvoie à l'idée d'un lien de subordination entre un salarié et un employeur.
Ex : un employeur donne l'ordre à son salarié de commettre une infraction pénale (un faux, une attestation mensongère,
par exemple).
Le salarié peut-il invoquer le commandement légitime ? Non, l'employeur n'est pas une autorité publique. Idem pour les
relations de famille. Dans les relations parents-enfants, une infraction commise par un enfant sur ordre des parents n'est
pas justifiée. A fortiori, dans les cas des relations de couple, un membre du couple n'a pas autorité sur l'autre.
Il y a une exception : lorsque le commandement est manifestement illégal.

II. EXCEPTION : ABSENCE DE JUSTIFICATION TIRÉE DU CARACTÈRE MANIFESTEMENT


ILLÉGAL DU COMMANDEMENT
Une infraction a été commise conformément à l'ordre donné par le supérieur hiérarchique mais manifestement contraire
à la loi. ex : ordre de tuer quelqu'un.

1
Il y avait plusieurs systèmes de réponse concevable. La jurisprudence a opté entre ces systèmes.

A. LES SOLUTIONS THEORIQUEMENT CONCEVABLES


Trois théories :
- Conception subjective
- Objective
- Intermédiaire
a. théorie de l’obéissance passive ou aveugle :
Le subordonné doit obéir de façon aveugle. N’a pas à s’inquiéter de la légalité de l’ordre reçu : se doit d’exécuter sous
peine d’être condamné pour refus d’obéissance. De fait, il n’engagerait jamais sa responsabilité pénale.
b. théorie des baïonnette intelligente :
Les porteurs d’armes : les subordonnés doivent s’interroger sur l’ordre reçu. Si l’ordre parait illégal, le subordonné doit
refuser d’exécuter l’ordre sans risque d’être réprimé. Il engage sa responsabilité pénale s’il exécute un ordre illégal.
L’inconvénient de ce système est qu’il repose sur la notion d’illégalité simple. Or, ce n’est pas toujours simple de savoir
si un ordre est légal ou non.
c. La théorie intermédiaire retient le cas de l’ordre manifestement illégal :
Si l’infraction est constitué alors que l’ordre reçu n’est pas manifestement illégal alors le subordonné n’engage pas sa
responsabilité pénale. En revanche il se doit de ne pas obéir si l’ordre est manifestement illégal et ne pourra être réprimé
pour refus d’obéissance.

B. LES SOLUTIONS RETENUES PAR LE CODE PÉNAL


L’ancien Code pénal n’apportait pas de réponse générale. Les art. 114 et 190 anciens accordaient néanmoins une
exemption de peine lorsque l’acte constituait une atteinte aux libertés.
Le subordonné avait exécuté un acte illégal et commettait cet acte. Il y avait une atteint aux libertés donc il était
exempté de peine.
Pour le code pénal actuel, l’article 122-4 al 2 procède différemment. Le nouveau code pénal a fait application de la
solution intermédiaire, en faisant référence au caractère manifestement illégal de l'ordre reçu.

Formule empruntée à un décret de 1975 qui portait règlement de la discipline des armées. Provient donc de la discipline
générale militaire.
Si on a exécuté un acte simplement illégal et pas manifestement illégal alors l’infraction est justifiée.
Le problème est de distinguer ce qui est simplement illégal de ce qui est manifestement illégal. De manière générale, en
matière d'appréciation, il y a deux méthodes : in abstracto, et in concreto.
Appréciation in abstracto : serait manifestement illégal l’ordre d’un citoyen qui percevrait l’illégalité manifeste.
L’art. 213-4 le dit : il prévoit que l’auteur ou le complice d’un crime contre l’humanité ne peut pas être éxonéré de sa
responsabilité pénale du seul fait qu’il a accompli un acte prescrit ou autorisé par des dispositions législatives ou
règlementaire ou un acte commandé par l’autorité légitime.
Les crimes contre l’humanité ne seront jamais justifiés.
Le statut de la Cour pénale internationale (Rome) dit la même chose : l’art. 33 du statut prévoit que l’ordre de
commettre un génocide ou autre crime contre l’humanité est illégal.
L’autre méthode est l’appréciation subjective, in concreto, qui va prendre en compte l’espèce concrète (affaire dans
laquelle se posait la question). On prend en compte la personne même qui avait reçu l’ordre illégal. La solution peut
alors être illégal.
Ce qui est manifestement illégal pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre.
Ex : prise en compte de la hiérarchie militaire
Sous l’empire du Code pénal actuel il y a eu deux affaires extrêmement médiatisés sur la question et qui confirme l’idée
qu’en étant au sommet de la hiérarchie il est difficile d’échapper à une condamnation.
Ex : paillote de chez Francis
Une équipe de colonels de gendarmerie avaient détruit de nuit, de façon clandestine, la paillote en question avec des
substances dangereuses, et pour induire en erreur, ils avaient laissé des traces diffamatoires. Le préfet à l'origine des
ordres a été poursuivi sur le terrain de la complicité. En revanche, les intervenants avaient été poursuivis en tant
qu'auteurs principaux. Pour leur défense, ils plaidaient le commandement de l'autorité légitime. Le préfet est
effectivement une autorité légitime au sens de l'article 122-4. La chambre criminelle a estimé qu'un colonel de
gendarmerie ne pouvait pas se méprendre sur le caractère manifestement illégal de l'acte.
CHAPITRE 2 : LA LEGITIME DEFENSE
La légitime défense est un fait justificatif très ancien, connu sous l’Antiquité (à Rome comme en Grèce). A connu une
certaine éclipse sous l’ancien droit : l’Église catholique conseille la fuite plutôt que la riposte. Revient sous la
Révolution avec l’art. 328 du Code pénal de 1810 et trouvé aux art. 122-5 et 122-6 du Code pénal.
Comment expliquer la justification ? Plusieurs raisons sont avancées. Certains disent que celui qui se défend en légitime
défense le ferait parce que son libre-arbitre a été atteint, ou il subissait une contrainte.
On a aussi mis en avance l’idée de justice privée (plutôt de la police privée que de la justice privée). La légitime

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défense est conforme à l’intérêt sociale et il y a donc justification de l’infraction par paralysie de l’élément moral et il
n’y a donc pas de responsabilité pénale et d’infraction pénale.
Il n’y a pas non plus de responsabilité pénale donc celui qui a réagi en situation de légitime défense n’engage pas sa
responsabilité pénale et sa responsabilité civile.
Des conditions doivent être respectées : il ne faut pas verser dans l’autodéfense ou la légitime vengeance.
Les conditions sont récences dans l’art. 122-5 dans l’al. 1 er pour légitime défense des personne, al. 2 pour LD des biens.
L’art. suivant s’intéresse à la preuve de la légitime défense et instaure deux cas de présomption de situation de légitime
défense.
08.03.19
SECTION 1 : LA PREUVE DE LA LEGITIME DEFENSE
D’après l’art. 122-5 n’est pas responsable la personne qui devant une atteinte injustifié envers elle-même ou autrui
accomplit dans le même temps un acte commandé par un acte de la nécessité de la légitime défense sauf s’il y a
disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l’atteinte.
Dans l’al. 2 du texte il s’agit de la légitime défense des biens (Code pénal de 1992) et les conditions sont plus
strictement définie : personne qui pour interrompre l’exécution d’un crime ou délit contre un bien accompli un acte de
défense autre qu’un acte d’homicide involontaire lorsque cet acte est strictement nécessaire au but poursuivi dès lors
que les moyens sont proportionnés à la gravité de l’infraction.
Dans les deux cas il y a un acte d’agression et un acte de défense en riposte (s’agit de savoir si légitime ou non)

I. CONDITIONS RELATIVES À L’AGRESSION


Peut concerner l’agression d’un animal ou d’une chose manipulée

A. LA NATURE DE L’AGRESSION

1. LEGITIME DEFENSE DES PERSONNES


Défense de soi-même ou autrui. Le plus souvent, l’agression est d’ordre physique et l’agresseur s’en prend à la vie ou
l’intégrité corporelle d’une personne.
Se pose en jurisprudence la question d’une agression simplement d’ordre moral. L’hypothèse s’est posée dans les
années 1960 : la jurisprudence admette qu’une mère donne une gifle à une jeune femme qui tentait de débaucher son fils
de 16 ans.
La légitime défense n’est admissible qu’en cas d’une certaine gravité. La jurisprudence considère que matière d’injure
ou diffamation il n’y a pas nécessairement place pour la légitime défense.
L’al. 1er du texte ne précise pas vraiment mais l’agression doit constituer une infraction pénale contre les personnes donc
un crime, un délit ou une contravention.
Crime : tentative de meurtre, viol ; délit : violences volontaires au-delà d’un certain seuil ; contravention

2. LEGITIME DEFENSE DES BIENS


N’existait pas dans l’ancien Code pénal de 1810 mais est une question évoquée par la jurisprudence.
En 1902, la Cour de Cassation a exclu la responsabilité civile d’un propriétaire d’un étang qui avait piégé son terrain
ayant causé un dommage à un voleur qui s’était introduit sur son terrain.
Depuis le Code pénal actuel, l’art. 122-5 al. 2, les conditions sont plus restrictives : interrompre l’exécution d’un crime
ou délit contre un bien. Les contraventions sont donc exclues.
Ex : vol est un délit et vol aggravé peut être un crime mais pas pour dégradation légère contre un bien.
Donc la légitime défense est un institution qui protège d’abord les personnes puis les biens.
La légitime défense ne protège pas d’autres intérêts que les personnes ou les biens : refus de la chambre criminelle de la
légitime défense au nom de l’environnement ou de la nature.

B. LES CARACTERES DE L’ATTEINTE DE L’AGRESSION


L’agression doit être injuste et présenter un caractère temporelle : doit être actuelle ou imminente.

1. LE CARACTERE INJUSTE
L’al. 1er parle d’une atteinte « injustifiée » et l’al. 2 parle d’interrompre l’exécution d’un crime ou délit contre un bien.
A contrario, il n’y aurait pas de légitime défense lorsque l’agression initiale est juste. On prend en compte la
commission d’un fait justificatif.
Néanmoins, il existe des conditions posées par la jurisprudence (influence de la CEDH) des exigences de nécessité et
proportionnalité.

2. CARACTERE TEMPOREL : CARACTERE ACTUEL OU IMMINENT


Le plus souvent, la personne qui se défend fait face à une véritable agression. Il y a, pourtant, la situation le cas de la

1
personne qui s’est cru agressé.
a. l’agression réelle :
L’agression réelle doit être actuelle ou imminente.
L’al. 1er le dit lorsqu’il dit que la personne agressée accomplie dans le même temps un acte commandé par la légitime
défense. L’al. 2 le dit également puisqu’indique qu’il s’agit d’interrompre un crime ou délit contre un bien.
L’agression, dans les deux cas, doit être imminente (au moins pour la légitime défense des personnes). En principe, il
n’y aura donc pas de légitime défense si on se défend avant une agression (anticipation) ou après (vengeance).
• Riposte postérieure :
Si la riposte est postérieure à l’attaque ce n’est plus de la légitime défense mais de la vengeance et n’est pas admise en
droit : « nul ne peut se faire justice à soi-même ». Ainsi, l’intéressé doit s’en remettre aux autorités (police et
gendarmerie).
Ex : affaire jacqueline Sauvage (condamnée à 10 ans d’emprisonnement et bénéfice de deux grâces successives : grâce
partielle de F. Hollande pour lui faire bénéficier de la libération conditionnelle mais juges n’ont pas voulu donc F.
Hollande a prononcé une grâce totale).
 la légitime défense ne joue pas.
• Riposte antérieur :
Peut-on anticiper sa défense au motif que l’on redoute une agression future ? Question qui divise en doctrine, dépend du
moment auquel on se situe.
La jurisprudence, en pratique, sous l’empire de l’ancien Code pénal en jugeait au résultat : si l’attaque ultérieur était
bien celle d’un malfaiteur elle avait tendance à prononcer la légitime défense (si c’était le facteur, en revanche…)
La solution se pose sur un autre terrain : la proportionnalité de la défense.
b. l’agression vraisemblable ou putative :
Dans cette hypothèse, pouvons-nous bénéficier de la légitime défense ? La réponse dépend de la vraisemblance de la
méprise. Si la méprise aurait été partagée par tout un chacun alors on reconnait le bénéfice de la légitime défense. Si
l’agression est purement imaginaire et n’aurait pas été partagée par d’autre, la légitime défense sera refusée.
Dans ce cas, il faudra raisonner sur autre chose que la légitime défense (notamment en terme d’erreur de fait).
Assez rarement évoqué en jurisprudence mais on en trouve qq illustration : chambre criminelle dans un arrêt du ! juillet
2015 a retenu la légitime défense putative dans une hypothèse où quelqu’un avait vu de potentiels cambrioleur en pleine
nuit. Un véhicule lui a semblé foncer sur lui. Dans ce contexte, le type en question avait pu penser que le véhicule lui
fonçait dessus.

II. LES CONDITIONS RELATIVES A L’ACTE DE DÉFENSE

A. LA NATURE DE L’ACTE DE DEFENSE


La nature n’est pas la même dans la légitime défense des personnes et des biens. Il y a une hiérarchie des valeurs : un
bien n’est pas une personne.

1. LA LÉGITIME DÉFENSE DES PERSONNES


L’art. 122-5 al. 1er du Code pénal actuel est beaucoup plus général que celui de 1810. Le Code pénal de 1810 traitait de
la légitime défense des personnes dans l’ancien art. 328 et indiquait qu’il n’y a ni crime, ni délit lorsque l’homicide, la
violence et les coups étaient justifiés par la légitime défense.
La jurisprudence était venu généraliser cette solution en disant que cela pouvait justifier des contraventions de violence
volontaire ou d’autres infractions comme des menaces.
Cette solution est généralisée par l’art. 122-5 al. 1 er : contenu dans le livre I, dispositions générales ; rédaction de l’al. 1er
qui parle d’un acte de défense qui peut consister en n’importe qu’elle infraction (crime, délit, contravention).
Le problème qui subsiste est de savoir si la légitime défense est compatible avec les infractions non intentionnelles. Est-
ce que la légitime défense justifie les infractions volontaire (intentionnelle) et involontaire ?
La jurisprudence rendue sous l’empire de l’ancien Code pénal vient dire que la légitime défense est inconciliable avec
le caractère involontaire de l’infraction : incompatibilité légitime défense et infractions non intentionnelles.
Certaines hypothèses posent problème : 7 février 1967, arrêt Cousinet.
Cette jurisprudence a été très critiquée en doctrine : on lui reproche d’opérer plusieurs confusions
- Confondre l’acte de défense et le résultat de l’acte de défense.
- L’infraction en cause n’est pas tant l’homicide involontaire mais coups mortels (arrêt Cousinet)
Effet pervers : certains auteurs d’acte de défense demande d’être jugé sous l’empire d’infraction volontaire être jugé en
cours d’assise (jurés)  affaire Legras. (?)
Aujourd’hui, en l’état de la nouvelle rédaction de l’art. 122-5 al. 1 er du Code pénal est estimé par les auteurs que cela
devrait être abandonné : vise la proportionnalité de l’attaque et les moyens de défense employés.
Dans l’ancien Code pénal il y avait une dichotomie (volontaire ou involontaire). Aujourd’hui on a également une faute
de mise en danger délibérée (non intentionnelle mais il y a une dimension délibérée).

2. LA LÉGITIME DÉFENSE DES BIENS

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Al. 2 de l’art. 122-5. Le texte exclut que la légitime défense des biens puisse justifier un homicide volontaire d’un
personne.
A contrario, la légitime défense des biens peut justifier un homicide involontaire. Cette exclusion de l’homicide
volontaire signifie que, pour n’importe quel bien, ne saurait jamais justifier l’homicide volontaire.

B. LES CARACTERES DE L’ACTE DE DEFENSE


La défense doit être nécessaire et proportionnée

1. LA NECESSITÉ
Dans la légitime défense des personnes : nécessité simple. Dans la légitime défense des biens : nécessité renforcée.
L’al. 1 : celui qui s’est défendu faisait face à une agression actuelle ou imminente donc nécessité de la légitime défense
lorsqu’on ne peut pas recourir aux forces de police ou gendarmerie ou impossibilité de prendre la fuite.
L’al. 2 : exige que l’acte de défense soit strictement nécessaire au but poursuivi (interrompre la commission d’un crime
ou délit à l’encontre d’un bien).
Il vaut donc mieux prendre des précautions : effectuer des sommations à l’agresseur (lui dire d’arrêter).

2. LA PROPORTIONNALITE
C’est une condition commune mais elle n’est pas formulée de la même façon.
a. la formulation de l’exigence :
Dans la légitime défense des personnes on est en présence d’une formulation négative de l’exigence alors qu’elle est
positive dans la légitime défense des biens.
Al. 1er : légitime défense sauf s’il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l’attaque. 
proportion
Al. 2 : légitime défense dès lors que les moyens employés sont proportionnés à la gravité de l’infraction. (et ne peut pas
justifier un homicide volontaire).  proportionnalité
b. l’appréciation de l’exigence de proportionnalité :
L’appréciation relève du pouvoir souverain des juges du fond. Cette proportion ne peut pas être une adéquation chiffrée,
mathématique : variable en fonction de l’intérêt protégé. Tout dépend des circonstances.
On a des hypothèses jugées proportionnées et d’autres non proportionnées.
Ex : la chambre criminelle considère dans l’hypothèse d’un prof insulté par un élève et lui avait mis un léger coup de
pied dans le tibia a jugé qu’il y avait proportionnalité (2002).
Ex : gifle donnée par un propre et la disproportion est retenue.
La jurisprudence raisonne par nature de l’acte (d’agression et de défense). Hypothèse de disproportion retenue
notamment lorsque la victime pouvait espérer avoir du secours d’autres personnes sur les lieux.
Ex : femme agressée par un ivrogne dans la rue et lui a mis un coup de talon aiguille dans l’œil. Sa défense n’est pas
jugée proportionnée car il y avait sur place des personnes qui venait lui porter secours.
Ex : militaire de carrière avait tiré deux balles dans la cuisse de son agresseur qui était seul et non armé. Disproportion.
Il est important de noter que la chambre criminelle est venue dire que la condition de proportionnalité s’apprécie entre
l’agression et les moyens de défense peu important le résultat.
Arrêt de la chambre criminelle du 17 janvier 2017.
Il y a des cas privilégiés de légitime défense (présomption de légitime défense).

SECTION 2 : LA PREUVE DE LA LÉGITIME DÉFENSE


La preuve relève de la procédure pénale : qui supporte la charge ou le fardeau de la preuve en matière de légitime
défense ?
De manière global, la légitime défense est un fait justificatif donc c’est celui qui l’invoque qui se doit de le prouver
Néanmoins, l’art. 122-6 institue deux cas spéciaux dans lesquels une personnes est présumées avoir agi en légitime
défense. Il en résulte une inversion de la charge de la preuve.

I. EN DROIT COMMUN DE LA LÉGITIME DÉFENSE (ART. 122-5)


Ici, c’est à la personne poursuivit pénalement et invoquant le bénéfice de la légitime défense de rapporter la preuve en
tenant compte de la formulation des textes.
En théorie, en droit commun, le rôle des accusateur (victime partie civile, Parquet) est d’apporter la preuve des éléments
constitutifs.
En pratique, tout le monde s’intéresse à tout.

II. LES CAS SPECIAUX DE LÉGITIME DÉFENSE (ART. 122-6)


D’après ce texte, est présumé avoir agi en état de légitime défense celui qui :
- accomplit l’acte pour repousser de nuit l’entrée par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité
- Se défendre contre une infraction de vol ou pillage avec violence

1
Le Code pénal actuel a repris les deux ancien cas figurant dans l’ancien art. 329 du Code pénal de 1810. Donc deux cas
très ancien.
On se pose la question de la nature de la présomption. Au XIXe siècle, la jurisprudence pose une présomption absolue
(irréfragable) donc que la preuve contraire ne peut être apportée (donc devient une règle de fond et non une règle de
preuve).
Cette solution est adoptée au profit des maris tuant l’amant de leur femme en invoquant le premier cas.
Pour éviter cet effet pervers, la chambre criminelle dans un arrêt du 19 février 1959 vient dire que c’est une
présomption simple qui cède devant la preuve contraire.
Sur quoi porte la preuve contraire ? Sur les conditions de la légitime défense.
o Agression
o Conditions de l’acte de défense
o Défense non proportionnée à l’acte
Cette solution est accueillie par l’art. 122-6 qui parle de présomption (simple).
Peu d’illustration. Ex : chambre criminelle des individus s’introduisent de nuit sur un terrain pour voler une barque, le
propriétaire réagit et utilise un fusil à pompe sans sommation. Donc présomption mais la preuve contraire est rapportée :
la réaction du prévenu a été disproportionnée.
CHAPITRE 3 : L’ETAT DE NECESSITE
Situation dans une personne veut sauvegarder un intérêt menacé par un danger actuel ou imminent et commet une
infraction pénale.
Déclarée justifiée car commise en situation d’état de nécessité.
Un individu confronté à un conflit : un intérêt menacé par un danger et de l’autre un intérêt protégé par une infraction
pénal.
L’infraction commise en état de nécessité est justifiée ou non ? Engage la responsabilité pénale de son auteur ? Réponse
négative sur le fondement d’un adage : « nécessité fait loi ».
Cet adage dit, en substance, que ce qui n’est pas licite dans la loi le devient dans la nécessité.
C’est une solution ancienne, déjà justifiée dans l’ancien droit. Dans le Code pénal de 1810, le législateur n’a pas
consacré l’état de nécessité. Il n’y avait que quelques dispositions éparses qui faisaient référence à la répression
d’infractions commises sans nécessité (notamment en droit pénal des animaux : répression du fait de donner
volontairement la mort à un animal domestique).
Sur la base des dispositions spéciales, c’est la jurisprudence qui consacre l’état de nécessité comme un fait justificatif
général d’après lequel une infraction commise en état de nécessité est justifiée et n’engage pas la responsabilité pénale
de son auteur.
Donc sous l’ancien Code pénal c’était un fait justificatif prétorien (création de la jurisprudence).
Historiquement, la jurisprudence a hésité sur l’explication même de cette justification. Le fondement du XIXe siècle : la
contrainte morale mais c’est une cause subjective d’irresponsabilité pénale. Mise en avant le bon juge Magnaud (la fille
Mégnard) 4 mars 1898.  relaxe sur défaut d’intention morale.
Dans le cas de la contrainte, l’auteur de l’infraction n’a pas le choix : soumis à une force irrésistible. Or ici ce n’était pas
la contrainte.
Dans l’état de nécessité subsiste la possibilité entre subir le danger (ici : enfant affamé) et commettre l’infraction.
L’explication qui triomphe : l’état de nécessité consacré comme un fait justificatif autonome (chambre criminelle, arrêt
Lessage 28 juin 1958).
Ce fait justification jurisprudentiel devient un fait justificatif légal : art. 122-7 du Code pénal
 N’est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger (copier-coller)
Plein de termes communs et d’un certain pdv la légitime défense n’est qu’une forme particulière de l’état de nécessité.
Il y a néanmoins une différence essentielle : dans la légitime défense la victime de l’infraction dont on se demande si
elle est justifié c’est l’agresseur. Dans l’état de nécessité, la victime est un tiers innocent.
Différence entre légitime défense et état de nécessité : constituent une cause d’irresponsabilité pénale.
Il y a différence au plan civil : légitime défense supprime la responsabilité civile tandis qu’on considère que l’état de
nécessité laisserait subsister la responsabilité civile.
Plus exactement, la responsabilité civile de l’auteur de l’infraction justifiée par l’état de nécessité ne pourrait pas être
engagée sur le fondement de la faute mais sur un autre fondement.
(ex : la garde de la chose art. 38 de l’avant-projet de mars 2017 en responsabilité civile qui s’intéresse à la question de
l’exclusion de la responsabilité civile lorsque l’auteur se trouve dans l’une des situations des art. 122-4 à 122-7 du Code
pénal).
Pourquoi cette différence ? Pourquoi la responsabilité civile pourrait subsister en cas d’état de nécessité ? Parce que la
victime est un tiers innocent, victime de l’infraction et ayant droit à réparation sur un fondement distinct de la faute.

SECTION 1 : CONDITIONS RELATIVES AU DANGER

I. NATURE DU DANGER

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A. QUEL PEUT ÊTRE L’OBJET DE CE PÉRIL ? (LA NATURE)
Ce péril peut menacer une personne ou un bien. Il faut que cette personne ou ce bien soit suffisamment identifié ou
déterminé.
C’est sur ce fondement que la chambre criminelle a refusé de prendre en compte, au titre de l’état de nécessité, des
infractions qui auraient été prétendument commise suite à des dangers qu’on peut encourir en matière d’environnement.
Ca renvoie à la lutte des OGM. Ces militants, pour protester contre les risques et dangers saccageaient des parcelles
agricoles à base de plans d’OGM. Pour plein de raison, la chambre criminelle ne retient pas l’état de nécessité.
Par ailleurs, ce péril doit être certain. Un simple risque, une simple crainte, ne constitue pas un péril ou un danger.

B. LA FORME DU DANGER
D’ordre physique ou d’ordre moral.
Ordre moral est notamment invoquée pour le délits d’exhibition (FeMen).

C. L’ORIGINE DE CE DÉLIT
La jurisprudence antérieure au Code pénal actuel posait la condition supplémentaire de l’origine du danger : il ne devait
pas avoir créé lui-même cet état de nécessité. Le danger ne devait pas trouver son origine dans une faute antérieure de
l’agent.
Ex : n’était pas justifiée la situation d’un conducteur automobile qui s’était imprudemment engagé en commettant une
faute dans un passage à niveau et voyant arriver un train avait défoncé la barrière (infraction pénale).
Cette solution pose plusieurs problème : justifié ? quand est-il ajd avec l’art. 122-7 du Code pénal ?
Cette solution a été critiquée. D’abord parce que c’est une solution qui vient de la contrainte : il n’y a pas cause
d’irresponsabilité pénale lorsque la contrainte trouve sa source dans une faute antérieure de l’agent (or état de nécessité
et contrainte sont différents).
Ensuite, normalement, pour apprécier la justification il faut se situer au moment de la commission de l’infraction.
Sommes-nous en nécessité au moment de la commission de l’infraction ? Or, l’appréciation ne se fait pas au moment de
la commission de l’infraction nécessaire.
Aujourd’hui, dans le cadre de l’art. 122-7 du Code pénal, les auteurs constatent qu’aucun mot n’est dit sur la faute
antérieure de l’agent.
La jurisprudence a maintenu cette solution antérieure à plusieurs reprises
Ex : 1999, employé d’usine avait mis le feu en se plaçant volontairement dans la situation de commettre l’infraction
Ex : 2010, réintroduction des ours dans Les Pyrénées. Une ourse qui avait été abattue par un chasseur. Le chasseur
plaide l’état de nécessité et le bénéfice lui est refusée sur le fondement de la faute antérieure.

II. LES CARACTERES DE CE DANGER


Pour la légitime défense, il y avait deux caractère concernant l’agression (injuste et actuelle/imminente). L’art. 122-7 ne
fait que référence à un danger actuel ou imminent sans faire référence au caractère injuste.

A. LE CARACTÈRE INJUSTE
Comme l’article ne dit rien, le caractère injuste du danger n’est pas exigé. Néanmoins, certaines solutions
jurisprudentielles peuvent s’expliquer en référence au fait que le danger encouru ne serait pas injuste.
Ex : est-ce qu’un militaire de carrière pourrait déserter au motif que les conflits armés lui font courir un danger ? Non,
c’est son travail donc pour lui le danger n’est pas injuste.
Ex : les commandos anti-IVG (mise en place de délit d’entrave à l’IVG par le législateur) invoquaient l’état de nécessité
pour tenter d’échapper à leur responsabilité pénale et dire que l’infraction était justifiée. état de nécessité par rapport à
la vie de l’embryon et/ou situation de la mère.
Pour la Cour de Cassation, l’état de nécessité ne saurait être invoqué pour être justifier le délit d’entrave à l’IVG dès
lors que celui-ci est autorisé par la loi sous certaines conditions.

B. LE CARACTÈRE ACTUEL OU IMMINENT


Le danger peut être réel. Peut-il être putatif ? Pas eu d’illustration d’un péril purement putatif, imaginaire. Les auteurs
se partagent entre ceux qui disent que, comme pour la légitime défense le danger pourrait être putatif et ceux qui place
la putativité comme une solution propre à la légitime défense.
La plupart du temps le danger et donc bel et bien réel. Il doit être actuel ou imminent.
A contrario, le danger ne peut pas être simplement hypothétique (crainte/risque du danger) et le danger ne peut pas être
futur.
Ex : un éducateur en charge de jeune confronté à une bagarre entre ces jeunes sans intervenir (ruine de ses méthodes
pédagogiques).
Qu’en est-il de l’appréciation du caractère actuel ou imminent du péril ou du danger ?
A l’époque contemporaine, les illustrations sont diversifiées et deux phénomènes sont évoqués en jurisprudence
(exclusion de certains individu de la population et problème des OGM).

1
Sur le terrain de l’exclusion (des exclus de la société), est-ce que les personnes en situation d’exclusion (SDF) peuvent
prétendre que seraient justifiées un certain nombre d’infraction commise sur le compte de l’article 122-7 (logement ou
nourriture) ?
Concernant le logement et les squats. Juridiquement injustifié dans la quasi-totalité des hypothèses : on considère
l’infraction injustifié car il y a d’autres possibilité et le danger n’est pas actuel ou imminent.
Concernant les vols et surtout vol de nourriture. Vol de nourriture par une mère de famille relaxée en première instance
sur le fondement de l’état de nécessité. La CA infirme la relaxe en disant que les difficultés financières étaient
insuffisantes pour caractériser un danger réel, actuel ou imminent menaçant ses enfants.
La solution juridique n’est donc pas de retenir l’état de nécessité mais la déclaration de culpabilité. Au niveau de la
peine, le juge peut prononcer un dispense de peine ou une peine d’amende avec sursis.
En réalité, les problèmes d’exclusion ne doivent pas aboutir à des solutions incohérentes sur le plan pénal. Relève de la
législation économique et sociale.
La problématique est la même sur le terrain des OGM.
15.03.19
Ces cultures OGM donnent lieu à des infractions pénales : envahissement de parcelles cultivées à base d’OGM et
destruction de celles-ci (infraction de destruction de biens). Les personnes prévenues invoquaient l’état de nécessité :
danger que ferait courir les cultures d’OGM.
Les juges du fond avaient admis l’état de nécessité au motif qu’on serait en présence d’un danger actuel et certain pour
les exploitant mais surtout les consommateurs.
La chambre criminelle dans un arrêt du 7 février 2007 s’est nettement opposé à la décision : pour retenir le danger il
faut que le prévenu soit au contact du danger. En l’espèce ce n’était pas le cas.
Ici, la solution ne réside pas dans l’admission de l’état de nécessité.
Les autres conditions de l’état de nécessité n’étaient pas plus remplies.

SECTION 2 : CONDITIONS RELATIVES À L’ACTE ACCOMPLI


Souvent on a une condition de nécessité : acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien et une condition de
proportionnalité : entre les moyens de défense employés et la gravité de la menace.

I. LA NECESSITE
La réaction au danger consiste en une infraction pénale. Pour être justifiée elle doit être nécessaire à la sauvegarde de la
personne ou du bien : meilleur moyen d’éviter le danger.
Cette condition est posée par l’arrêt Lessage (1958) qui consacre l’état de nécessité : la manœuvre effectuée par le
prévenue étaient la seule pouvant éviter l’accident qu’il redoutait.
Si on a d’autres moyens que la commission de l’infraction il n’y a pas justification et l’état de nécessité ne sera pas
reconnu.
Ex : des squatteurs ont d’autres moyens que de se loger que d’entrer par infraction dans une propriété privée.
Ex : un marchand peut faire autrement que de vendre des contrefaçons.
Ex : un conducteur de véhicule a un malaise au volant, le passager prend le volant alors qu’il n’a pas le permis : peut
rentrer autrement qu’en voiture.
Même chose dans les affaires d’exclusion (vol de nourriture) et d’OGM.
La CA de Poitiers avait constaté que la prévenue avait commis trois vols successifs dans trois magasins différent (7 kg
de viande et de charcuterie) : pas d’état de nécessité.
Dans l’affaire d’OGM : on est dans une société démocratique donc d’autres façon de s’exprimer que de commettre des
infractions pénales.
Le législateur est venu incriminer spécialement le fait de détruire une parcelle de culture en OGM qui a été autorisée.

II. LA PROPORTIONNALITE
Même chose que ce qu’on retrouve pour la légitime défense : l’état de nécessité est exclus s’il y a disproportion entre
les moyens employés et la gravité de la menace.
Cette condition est également posée par l’arrêt Lessage en 1958. Le risque évité donc le danger devait être de nature à
engager des conséquences plus redoutable que le péril résultant de l’infraction.
Dès lors, pour savoir s’il y a proportionnalité on doit comparer l’intérêt menacé par le danger et l’intérêt protégé par
l’infraction pénale commise.
L’arrêt alité, la raie alité, la réalité
Trois solutions possibles :
L’intérêt sacrifié, l’intérêt menacé, l’intérêt sauvegardé (qui était l’intérêt menacé)
 Intérêt sauvegardé > intérêt sacrifié : il y a état de nécessité
Ex : infraction contre un bien ou code de la route pour éviter de tuer ou blesser un passant
Ex : Arrêt 25 juin 2002, CA de Papete la détention de pieds de cannabis pour tisane, usage personnel, pour un
homme tétraplégique n’était pas disproportionné
 Intérêt sauvegardé = intérêt sacrifié : réponse moins évidente. Puisque l’état de nécessité est une cause

42
d’exonération particulière alors il ne devrait pas y avoir de justification et la responsabilité pénale devrait être
engagée.
Ex : danger menaçait une vie humaine et l’infraction commise se traduit par la mort d’une autre personne
 Intérêt sauvegardé < intérêt sacrifié : il y a disproportion donc injustifié donc engagement de la
responsabilité pénale.
Ex : chef d’usine qui pollue car les dispositif coûte trop cher

TITRE 2 : Les causes subjectives d’irresponsabilité pénale ou d’atténuation de la responsabilité – les causes de non
imputabilité.
Premières causes évoquées par 121-2 et suivant et nommées « causes de non imputabilité » par l’ancien Code pénal.
Imputation : on impute une infraction à quelqu’un pour mettre en cause sa responsabilité pénale.
L’imputabilité est différente : relative à la culpabilité (culpa, la faute).
Responsabilité = imputabilité + culpabilité.
Lien moral entre l’infraction et un individu. A savoir que cet individu, pour voir engager sa responsabilité pénale doit
avoir disposé son libre arbitre.
Cette imputabilité suppose deux choses : pour qu’on dispose de son libre arbitre on doit être doué de discernement et
disposer d’une volonté libre.
Faculté de discernement : faculté de percevoir le monde environnant tel qu’il est (donc quelles peuvent être la
conséquence de ses actes, discerner le bien du mal et choisir entre les deux).
Volonté libre : on doit avoir choisi librement, volontairement, la commission d’une infraction.
On admet que certaines causes puissent affecter le discernement ou la volonté. C’est des causes de non imputabilité.
Ces causes de non imputabilité sont des causes exonératoires totale (irresponsabilité pénale) ou partielle (atténuation de
la responsabilité pénale).
Ces causes sont des causes générales en ce sens qu’elles peuvent jouer pour toute infraction (contravention, délit, crime)
mais la différence avec les faits justificatifs est qu’il s’agit de causes subjective (relatives à la personne)
d’irresponsabilité pénale tandis que faits justificatifs sont objectives (acte).
Ces causes sont relatives à un individu déterminé. On a alors de grandes différences entre les causes de non imputabilité
et les faits justificatifs.
L’infraction subsiste, ici, et la cause d’atténuation de la responsabilité pénale ne bénéficie qu’à l’individu
subjectivement concerné.
Ex : infraction commise par deux personnes. Au moment de l’infraction, une personne faisait l’objet de troubles (neuro)
psychiques et une personne saine  irresponsabilité pénale du fou et engagement de la responsabilité pénale de la
personne saine d’esprit.
Ex : infraction commise par un majeur et un mineur  mineur bénéficie du régime spécial.
Au regard de la responsabilité civile, on a une différence avec les faits justificatifs : les causes de non imputabilité ne
sont pas incompatibles avec la responsabilité civile de l’auteur de l’infraction puisque cette infraction existe, elle n’est
pas justifiée et a pu causer un dommage à autrui.
Or, à propos du trouble mental en civil n’exonère pas l’auteur du dommage à réparation. Engagement de la
responsabilité civile mais pas de la responsabilité pénale.
On peut regrouper ces différentes circonstances, deux grandes circonstances :
- Celles qui affectent le discernement
- Celle qui portent sur la volonté
CHAPITRE 1 : LES CAUSES SUBECTIVES D’IRRESPONSABILITE PENALE OU D’ATTENUATION DE
LA RESPONSABILITE PENALE LIEES AU DISCERNEMENT
Discernement : capacité de comprendre la portée de ses actes. Il faut donc disposer de certaines facultés intellectuelles
et mentales.
On conçoit qu’il n’est pas complet chez un mineur avant un certain âge. Par ailleurs, cette faculté est soit abolie ou
entamées chez des personnes atteintes de « folies », troubles mentaux.
C’est précisément dans ces deux cas que le Code pénal retient des causes d’irresponsabilité pénale ou atténuation de la
responsabilité pénale.
Ces deux questions reviennent régulièrement.
Depuis l’entrée en vigueur du Code pénal de 1994 : deux réformes importantes pour les troubles mentaux.
25 février 2008 relative à la détention de sûreté et déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental et
la loi Taubira du 15 août 2014 qui s’intéresse à la cause d’atténuation en raison d’un trouble mental.
La délinquance juvénile a toujours été un sujet controversé, essentiellement sur deux choses : âge de la majorité pénale
(demande d’abaissement de la responsabilité pénale) et la question des mineurs récidivistes.
Ces deux causes d’atténuation de la responsabilité pénale sont envisagées par le code pénal mais relèvent, pour
l’essentiel, d’autres textes.
Pour les troubles mentaux : art. 122-1 et pour les mineurs : 122-8.
En réalité, la question des personnes atteinte de troubles mentaux est majoritairement contenue dans le CPP et dans le
CSP.
Concernant les mineurs : ordonnance du 2 février 1945 relative à l’enfance délinquante.

1
Le gouvernement a en projet de supprimer et abroger cette ordonnance de 1945 pour élaborer un code des mineurs (pas
pour tout de suite).
Deux causes subjectives relatives au discernement.

SECTION 1 : LES TROUBLES PSYCHIQUES ET NEUROPSYCHIQUES


On est au confluant de deux disciplines juridique : en présence d’un auteur d’une infraction (droit pénal) mais atteint de
troubles mentaux (médecine).
La solution n’est pas la même si on met le doigt sur l’une ou l’autre : infraction  pénalement responsable ; malade 
soigner plutôt que condamner.
Historiquement, la réponse a variée. Le droit romain considérait les aliénés (XIXe siècle) comme des malades.
L’Ancien droit considérait les fous comme possédés par le démon donc réprimés parfois même plus sévèrement. A
partir du XVIIIe siècle sont développés des travaux par les aliénistes (Philipe Pinel et Jean-Etienne Esquirol) ayant
démontré que la folie est une maladie enlevant à l’individu ses facultés intellectuelles.
Le Code pénal de 1810 consacrait à cette question un article célébrissime : l’ancien article 64 qui disait « il n’y a ni
crime ni délit lorsque le prévenu était en état de démence au temps de l’action ».
Cet art. 64 n’en a pas moins été critiqué pour de multiple raisons :
 Impression que la démence justifiait l’infraction. Or, l’infraction subsiste mais l’imputabilité à la personne
atteinte de folie disparait.
 « crime et délit », ne parlait pas des contraventions. Or, c’est une cause générale donc la jurisprudence
admet que ça vaut pour les contraventions
 « démence » or la démence n’est qu’un cas de maladie mentale. D’autres maladies mentales sont
concernées, au-delà de la démence.
 Ne se préoccupait pas des cas des personnes atteintes de troubles mentaux dont le discernement n’était pas
aboli.
Avec le Code pénal actuel, l’art. 122-1 est meilleur : il distingue en deux alinéa la cause d’irresponsabilité pénale
(exonération totale) et la cause d’atténuation de la responsabilité pénale (exonération).

I. LES CONDITIONS COMMUNES

A. LA NOTION DE TROUBLES PSYCHIQUES OU NEUROPSYCHIQUES


Quelle est la nature du trouble ? Comment va-t-il être prouvé ?

1. LA NATURE DU TROUBLE
Le Code pénal actuel substitue à la démence les troubles psychiques ou neuropsychiques : c’est une aliénation mentale.
Néanmoins on s’interroge sur les états voisins de l’aliénation mental : prise d’alcool, drogue ou médicament.
a. les différentes formes d’aliénations mentales :
Toutes les aliénations mentales détruisant les facultés mentales ou intellectuelles : détruisent sa conscience ou sa
volonté.
L’art. 122-1 fait appel aux troubles psychiques (maladies de l’âme) et neuropsychiques (origine matériellement dans le
cerveau comme une tumeur). Cette distinction est critiquée.
Ces troubles mentaux vont regrouper toute une liste de maladies, sachant que cette liste des maladies est évolutive et
qu’il y a des choses qui ont été considéré comme maladies mentales et qui ne le sont plus : transsexualité (2009) et
homosexualité.
On trouble dans ces maladies tous les troubles durables : arriération mental (au sens technique), la démence (au terme
d’un processus évolutif).
Les maladies mentales évolutives : psychoses (schizophrénie, paranoïa, troubles bipolaires) et les névroses
(neurasthénie et hystérie).
Ces troubles doivent avoir existé au moment des faits. Peu importe l’origine du trouble (inné ou acquis, permanent ou
intermittent). Tous ces troubles peuvent conduire à l’atténuation de la responsabilité pénale ou l’irresponsabilité pénale.
Le cas du somnambulisme ou l’hypnose : la personne dort donc difficile de la considérer responsable pénalement ou
inconscience.
Le problème des intoxications est beaucoup plus régulière par absorption massive d’alcool, stupéfiants et/ou
médicaments.
On distingue plusieurs hypothèses : si c’est un tiers qui impose à l’individu une absorption massive on conclut que
l’individu n’engage pas sa responsabilité pénale. Si l’absorption était volontaire :
- Droit pénal spécial : édicte des infractions particulières pour répondre à ces infractions (CSP : délit d’absorption
de substances stupéfiantes illicite qq soit la quantité ; absorption d’alcool que sur voie publique ou sur la route)
Comment pourrait constitué une circonstance aggravant et une cause d’atténuation de la responsabilité pénale ? Certains
auteurs disent que ce cas d’absorption d’alcool ressortirait du champ d’application de 122-1.
D’autres auteurs ont une opinion plus nuancée : tout n’est pas si simple. Les auteurs soulignes qu’il faut aussi prendre
en compte la nature de l’infraction commise. Si elle est non intentionnelle, la responsabilité pénale pourrait être retenu

44
car faute antérieure : bu trop d’alcool, pris trop de drogue et aurait dû prévoir. Question laissée à l’appréciation des
juges du fond. Ils ont déjà retenu cette exonération.
CA d’Aix : affaire où un individu en avait tué un autre sous l’empire d’une bouffée délirante (crise hallucinatoire due à
un retour d’acide de la consommation de LSD antérieure : non-lieu)
La question essentielle est la question de la preuve du trouble.
d. la preuve du trouble :
D’abord, l’existence du trouble chez un individu n’est jamais présumé même si c’est un incapable majeur, même si
c’était une personne internée dans un hôpital psychiatrique.
Il se peut quand même que l’auteur ait été un majeur sous tutelle : depuis la loi du 5 mars 2007 portant réforme de la
protection juridique des majeurs, le CPP a un titre consacré à la poursuite, l’instruction et le jugement des infraction
commises par un majeur protégé (706-112 et suivant du CPP).
S’explique par la condamnation de la France par la CEDH, le 30 janvier 2000 dans l’arrêt Vaudelle pour le droit au
procès équitable.
Depuis, le curateur ou tuteur doit être informé des poursuites pénales dont fait l’objet la personne sous régime de
protection.
Le Conseil Constitutionnel dans une décision QPC du 14 septembre 2018 a estimé que le curateur ou le tuteur ne devait
pas être informé des poursuite mais aussi du placement en garde-à-vue du majeur sous protection.
Secondement, l’appréciation du trouble relève de l’appréciation souveraine des juges du fond : notion qui n’est pas
contrôlée par la Cour de Cassation.
En matière pénal, le principe est celui de la liberté de la preuve. En matière pénale il s’agit de prouver un fait juridique
(acte ou comportement qui peut être volontaire ou involontaire dont les conséquences juridiques n’ont pas été voulues.
Le contrat est un acte juridique).
En théorie, la preuve peut être apportée par tout moyen mais en pratique les juges font appel à un expert : l’avis d’un
expert ne lie jamais juridiquement le juge bien que l’avis de l’expert, en pratique, est fondamental.
L’expertise psychiatrique, en matière pénale, est parfois obligatoire. Toujours obligatoire en matière de crime et lorsque
l’infraction est commise par un majeur protégé.
La mission de l’expert ne porte pas directement sur la responsabilité pénale mais de savoir si l’individu était sous
l’empire d’un trouble mental. En même temps, on en profite pour demander à l’expert son avis pour l’avenir (accessible
à une sanction pénale ? Dangereux ? etc.)

B. LA CONCOMMITENCE DU TROUBLE AVEC LE FAIT INFRACTIONNEL


L’ancien art. 64 du Code pénal disait qu’il devait y avoir démence au temps de l’action et l’art. 122-1 parle d’une
trouble de la personne au moment des faits.
Cela semble logique car la responsabilité pénale s’apprécie au moment de la commission de l’infraction. Dès lors, on
s’interroge sur le trouble antérieur et le trouble postérieur. A priori, le trouble doit exister au moment des faits.
Concernant le trouble antérieur :
Si qq a subit des troubles mentaux par le passé mais pas au moment des faits, il n’y a pas d’irresponsabilité pénale mais
le juge peut prendre en compte de ces troubles dans l’individualisation de la peine.
Le problème se pose avec le trouble intermittent : est-ce qu’on était dans une phase de trouble au moment des fait ?
Concernant le trouble postérieur :
Il a des conséquences redoutables pour savoir si l’individu peut être jugé ou non. Le trouble peut être postérieur à
l’infraction mais antérieur au jugement définitif. Dans ce cas, l’action publique est suspendue jusqu’à ce que l’individu
retrouve peut être ses facultés mentales : on ne peut pas juger quelqu’un qui ne comprend pas l’accusation et n’étant pas
en mesure de se défendre.
La chambre criminelle l’a dit à plusieurs reprise : 11 juillet 2007 et le répète à deux reprises dans deux arrêts de
septembre 2018.
La chambre criminelle considère qu’au plan de la procédure, si l’individu n’est pas en état de se défendre il faut sursoir
à statuer devant la juridiction de jugement et, le cas échéant, il faudra renvoyer l’affaire à plus tard.
Trouble postérieur à l’infraction et au jugement définitif : dans ce cas, l’art. D-398 du CPP qui indique que le TM
postérieur au jugement définitif fait obstacle à l’exécution des peines privatives de liberté. Avant 1981 ça faisait obstacle
à la peine de mort.

II. LES EFFETS DISTINCTIFS


Les effets du trouble sur la responsabilité.
La responsabilité civile répond à la volonté de réparation du préjudice.
L’art. 1221, lui, distingue entre l’intensité du trouble sur les facultés mentales ou intellectuelles :
- Effet du trouble anéantit le discernement : exonération et cause d’irresponsabilité pénale
- ??
Le problème de l’atténuation : on attenue de combien ?

A. ABOLITION DU DISCERNEMENT OU CONTRÔLE DES ACTES

1
L’art. 122-1 al. 1 n’a jamais été directement modifié depuis l’entrée en vigueur du code pénal. Cet article a toujours dit
la même chose : si le discernement est aboli il y a irresponsabilité pénale.
Ce qui a été modifié par la loi du 25 février 2008 relative à la rétention de sureté et déclaration d’irresponsabilité pénale
pour cause de TM est le traitement judiciaire de ces personnes atteintes de TM de ce type.
Puisqu’il y a irresponsabilité pénale, on n’engage pas la responsabilité pénale donc ne peut pas faire l’objet d’une
condamnation, d’une déclaration de culpabilité et ne se voit pas infliger une peine. Sur ce point, rien n’a apparemment
changé mais la loi de 2008 a considérablement changé la procédure qui aboutit à ce constat d’irresponsabilité pénale.
Auparavant il y avait relaxe, impunité. Le législateur veut changer vis-à-vis de la victime à partir de la loi du
é( F2VRIER 2008.
Le législature n’a plus voulu parler de non-lieu au niveau de l’instruction. S’est posée la question de trouver un terme :
déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental.
Avant la loi du 25.02.2008, lorsque l’irresponsabilité pénale était retenu (non-lieu, relaxe, acquittement) le juge devait
aviser le préfet pour qu’il prenne une mesure d’hospitalisation d’office. Depuis février 2008, on permet à la juridiction
d’instruction ou de jugement d’assortir la décision d’irresponsabilité pénale d’une ou plusieurs mesure(s) de sureté.
Deux catégories de mesures de sureté :
 706-135 du CPP : le juge peut prononcer l’hospitalisation d’office de l’intéressé (admission d’office
en soin psychiatrique sous forme d’une hospitalisation complète)
 706-136 du CPP : nombreuses interdictions. Le juge fixe le temps d’application (maxi 10 ans pour les
délit ou 20 ans pour crime ou délit avec emprisonnement 10 ans)
Le CPP prévoit qu’en cas de méconnaissance des interdictions de l’art. 706-136 cela est constitutif d’un délit punit
d’emprisonnement et d’amende.
Dans un premier arrêt du 12 janvier 2009, la chambre criminelle a jugé que les mesures de sureté de l’art. 706-136
constituaient des peines.
Revirement de jurisprudence dans un arrêt du 16 décembre 2009, pour la chambre criminelle le principe de non
rétroactivité ne s’applique pas aux mesures de sureté (706 135 et 706 136).
En réalité, ces interdictions sont des peines complémentaires en droit commun et des mesures de sûreté pour les
personnes atteintes de TM.

B. L’ALTERATION DU DISCERNEMENT OU L’ENTRAVE DU CONTRÔLE DES ACTES


Ici, l’atteinte du trouble sur l’état mental de l’intéressé est seulement partielle. Seulement un altération, le contrôle n’est
pas supprimé mais entravé.
Sous l’empire de l’ancien Code pénal : « anormaux mentaux » ou « demi-fous ».
a. sous l’empire de l’ancien Code pénal :
L’ancien art. 64 du Code pénal ne s’intéressait pas à cette hypothèse : irresponsabilité pénale seulement en cas de
démence.
Néanmoins, cette situation est prise en compte dans la circulaire du 12 décembre 1905, garde des Sceaux Chaumier qui
prévoyait de retenir la responsabilité pénale de ces individus mais de leur accorder le bénéfice des circonstances
atténuantes.
Cette solution a perdurée même quand le CPP a abrogé cette circulaire. En pratique, on leur reconnaissait des
circonstances atténuantes.
Ce système est critiqué pour plusieurs raisons : ce n’était qu’une circulaire et pourquoi condamner moins sévèrement
l’anormal mental par rapport au délinquant ordinaire. De plus, des voix s’élevaient disant qu’ils devaient être soignés
plutôt qu’envoyés en prison.
Le mouvement de la défense sociale nouvelle des année 50-60 prévoyait que le juge puisse prononcer des mesures
mixtes (mi-répressives et mi- thérapeutique). Cette voie n’a pas été suivie.
Sous l’empire du Code pénal actuel, on a assisté à une évolution entre la rédaction initiale de l’alinéa 2 du texte puis la
modification du texte avec la loi Taubira qui quantifie désormais l’atténuation de peine (ou de certaines peines).
22.03.19
b. Sous l’empire du nouveau Code Pénal
Il faut distinguer la rédaction lors de son entrée en vigueur.
L’article 222-1 alinéa 2 prévoyait que la personne demeurait punissable et que sa responsabilité pénale restait engagée.
Toutefois, la juridiction tient compte de cette situation lorsqu’elle détermine la peine ou en fixe le régime.
L’altération du discernement pouvait avoir une incidence sur la nature ou le régime de la peine.
Nature de la peine : le juge pouvait en tenir compte sur le prononcée de la peine d’emprisonnement ou sa durée.
Régime : prononcé un dispense de peine, sursis simple ou sursis avec mise à l’épreuve.
Le texte initial de l’art. présentait toutefois une ambiguïté : dans la lettre même du texte il n’était pas dit que la
juridiction tenait compte à la baisse (pourrait donc jouer aussi à la hausse).
Ce texte est, néanmoins, l’héritage du texte antérieur qui avait pour idée de prononcer une peine atténué et il s’inscrit
dans le chapitre cause d’irresponsabilité pénale et atténuation de la responsabilité pénale.
En sens contraire, littéralement, la lettre du texte n’interdisait pas au juge d’augmenter la peine.
En outre, cette tendance à aggraver la situation de certains délinquants (atteints de troubles mentaux est en législation
depuis plusieurs décennies.

46
La chambre criminelle fini par considérer, début 2014, que les juges disposent d’un pouvoir d’appréciation souverain en
la matière.
Au vu de l’insuffisance initiale du texte que l’art. 222-1 a été modifié par la loi Taubira du 15 août 2014 (loi relative à
l’individualisation des peines et renforçant l’efficacité des sanctions pénales).
Depuis, le texte s’est enrichi doublement : la loi Taubira met un terme à la controverse antérieure sur le point de savoir
s’il existait en ce point une cause d’atténuation de la responsabilité pénale. Le texte reprend la formule antérieure
suivant laquelle la juridiction tient compte de cette situation lorsqu’elle détermine la peine ou en fixe le régime mais le
législateur a compléter en quantifiant la diminution de peine consécutive à l’altération du discernement ou entrave au
contrôle des actes.
 Si l’intéresse encours une peine privative de liberté temporaire : réduction du tiers de la peine encourue.
 Si l’intéressé encours une peine à perpétuité : la peine encourue est ramené à 30 ans.
Comment on fait pour quantifier cette diminution ? Réduction au doigt mouillé, on ne sait pas.
Cette diminution de peine vaut seulement à titre de principe puisque le texte, depuis 2014, poursuit en disant qu’ne
matière correctionnelle, le tribunal peut décider de ne pas appliquer cette diminution de peine par une décision
spécialement motivée (on peut donc écarter cette disposition).
Le texte n’envisage que la matière correctionnelle et non criminelle car avant les décisions des Cour d’Assises n’étaient
pas motivée quant aux peines.
Néanmoins, sur le fondement de l’art. 361-1 du CPP, puisqu’il s’agit d’une décision défavorable à l’intéressé, c’est une
décision qui relève de la majorité qualifiée des 2/3 (majorité des magistrats et jurés dans le sens de cette décision
défavorable à l’intéressé).
Le second apport concerne le prononcé de la peine, que cette juridiction ait prononcé la diminution ou non. La loi
prévoit à la fin de l’art. 222-1 al. 2 que durant l’exécution de la peine, le condamner doit faire l’objet de soins adaptés à
son état.
A l’issue de l’exécution de cette peine, la loi s’est aussi préoccupée des mesures de sûreté pouvant être prononcée. Le
CPP comprend donc un chapitre consacré aux mesures de suretés pouvant être ordonnées en cas d’irresponsabilité
pénale (exonération totale) mais aussi en cas de reconnaissance d’altération du discernement.
En quoi consiste la mesure de sureté ? En une obligation de soin. Le juge d’application des peines ( ??) pourra ordonner
une obligation de soin même après la libération (obligation de soin qui ne peut pas dépasser 5 ans en matière
correctionnel/délit et 10 ans sur le plan criminel).
Inévitablement, la question de la loi pénale dans le temps se pose. Cette loi est une loi pénale de fond plus douce :
rétroactivité in mitius dans un arrêté du 15 septembre 2015.
En principe, les mesures de sûretés qui ne sont pas privatives de liberté échappent au régimes des lois pénales de fond
donc plutôt application immédiates.
L’art. 222-1 al. 2 constitue la première cause d’irresponsabilité pénale en droit français. La seconde cause se trouve dans
le droit pénal des mineurs.

SECTION 2 : LA MINORITÉ
L’âge d’une personne intéresse aussi le développement de ses facultés intellectuelles. Il faut alors s’intéresser aux deux
parties extrêmes de la vie humaines : les premières années de la vie (mineur) et l’âge en fin de vie (vieillesse).
En soit, l’âge avancé est indifférent à l’engagement de la responsabilité pénale. Pour une personnes très âgée,
l’irresponsabilité pénale devra se fonder sur l’existence d’un trouble psychique ou neuropsychique (démence sénile).
La question qui se pose est plutôt la question de l’âge avancée dans la détention de liberté : dans certains pays il y a un
seuil à partir duquel on ne peut pas mettre ou maintenir des gens en prison.
On voulait, en France, instaurer un âge limite à 75 ans qui n’a pas été retenu en législation. En l’état actuel des choses,
l’âge avancé en détention n’est donc pris en compte que de deux façons, deux mécanismes :
 Suspension médicale de peine (art. 720-1-1 CPP) : bénéficie aux personnes atteintes d’une pathologie
engageant leur pronostic vital ou dont l’état de santé est durablement incompatible avec le maintien en
détention. Ne vise pas directement les détenus âgées mais ils peuvent être concernés.
Cette suspension était créé pour la peine en 2002 dans la loi Kouchner. Loi Taubira 2015 met en place une
suspension de détention provisoire.
 Libération conditionnelle : la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 créée une forme particulière de libération
conditionnelle des condamnées âgés de plus de 70 ans (art. 729 du CPP)
Ces mécanismes sont très peu utilisés en France.
S’est posée la question de l’existence de la reconnaissance d’irresponsabilité pénale ou atténuation de la responsabilité
pénale au regard de l’exigence du discernement.
Discernement : cause essentielle de la responsabilité pénale.
On retrace l’évolution historique.

I. EVOLUTION HISTORIQUE GÉNÉRALE


Partant du Code pénal de 1810 trois dates sont importantes : 1810, 1912 et 1945

1
A. LE CODE PÉNAL DE 1810
La majorité civile était fixée jusqu’à 21 (jusqu’en 1974) et la majorité pénale était fixée à 16 ans, elle ne correspondait
pas.
A l’époque, les mineurs au sens du droit pénal étaient les personnes de 16 ans et moins. Initialement, aucune juridiction
spécialisées pour les mineurs.
Néanmoins, les juges de droits communs devaient se poser la question du discernement : savoir si le mineur, au moment
des faits, étaient capable de discernement.
Si le mineur n’était doué de discernement on le déclarait pénalement irresponsabilité pénale donc il était relaxé ou
acquitté mais des mesures éducatives non pénale pouvait être appliquées : « remise aux parents » (symbolique) ou
placement dans une maison de correction jusqu’à 21 ans.
Si doué de discernement : pouvait faire l’objet d’une condamnation pénale mais la peine d’emprisonnement devait être
diminuée par rapport à la peine encourue par un majeure en raison de « l’excuse atténuante de minorité ». Cette peine
étaient exécutés dans les mêmes établissements pénitentiaires que les majeurs.
Le Code pénal de 1810 a, par la suite, été modifié dans la deuxième partie du XIXe siècle : en 1850 les maisons de
corrections sont réformées en colonies pénitentiaires dans lesquels on envoie aussi les mineurs condamnés à une peine.
1989 : possibilité de placement de l’enfant dans une institution charitable
Dans une loi d’avril 1906 : élève la majorité pénale de 16 à 18 ans. L’âge es toujours resté à 18 ans malgré les
propositions de l’abaisser.
Cette loi de 1906 est importante : une des lois visée par le Conseil Constitutionnel lorsqu’il consacre en 2002 le PFRLR
relatif à la justice des mineurs.
Début XXe siècle il n’y avait toujours pas de juridiction spécialisées pour les mineurs et il y avait mélange des mineurs
non dotés de discernement acquittés, relaxé et placé et des mineurs condamnés pénalement.
La deuxième étape importante est 1912.

B. LA LOI DU 29 JUILLET 1912 (LOI SUR LA LIBERTE SURVEILLEE)


Celle-ci aussi est visée par le Conseil Constitutionnel.
Le premier rapport de 1912 existe encore à l’heure actuelle et consiste à établir des classifications des mineurs en
fonction de leur âge.
Premier âge à prendre en considération : l’âge de 13 ans. Avant l’âge de 13 ans les mineurs ne comparaissaient que
devant les juridictions civiles (donc que des peines éducatives et irresponsabilité pénale).
Au-dessus de 13 ans se posait la question du discernement des mineurs.
Les mineurs de 13 à 16 ans relevaient du tribunal pour enfant et adolescent (formation du tribunal correctionnel) et cette
juridiction était consentant pour juger des crimes des mineurs de 13 à 16 ans.
Si on considérait qu’il était doué de discernement, l’excuse atténuante de minorité devait être appliquée.
De 16 à 18 ans : tribunal pour enfant et adolescent pour les délits et cour d’Assise pour crime. Le bénéfice d’excuse
atténuante de responsabilité est, maintenant, facultative et encourait alors les mêmes peines que les majeurs.
Le second apport de la loi de 1912 consiste à créer la liberté surveillée donc la possibilité de confier l’éducation d’un
mineur à une institution sous le contrôle de l’autorité judiciaire.
Historiquement, la réforme de 1912 est un progrès critiqué par la doctrine positiviste.
Milieu du XXe siècle intervient alors l’ordonnance du 2 février 1945 (charte de l’enfance délinquante) marquée par
l’influence de la défense sociale nouvelle.

C. ORDONNANCE DU 2 FEVRIER 1945


Sera visée par le Conseil Constitutionnel
Cette ordonnance veut offrir un droit pénal des mineurs unifié d’une part quant aux juridictions et de l’autre quant au
fond

1. UNIFICATION DE LA PROCEDURE
Supprimer pour les mineurs délinquant de la compétence de la juridiction civile au profit des juridictions pénales
spécialisées et donc distinctes de celles compétentes pour les majeurs.
En matière de crime, les crimes commis par les mineurs de 16 à 18 ans relèvent depuis une loi du 24 mai 1951 de la
Cour d’Assise des mineurs.
Les autres infractions relèvent de deux juridictions : le juge des enfants et le tribunal pour enfant.
Le juge des enfants en un magistrat du TGI ayant une double casquette : compétent en matière pénale et en matière
civile. Il statue à juge unique en audience de cabinet (sans publication) les délits et contravention de 5 ème classe des
mineurs délinquants mais ne peut pas prononcer de peine : seulement des mesures éducatives.
Il est également compétent en matière civile depuis l’ordonnance du 23 décembre 1958 concernant des mineurs en
dangers (mineurs dont la santé, sécurité ou moralité sont en danger ou dont les conditions d’éducation sont gravement
compromises).
En tant que juge civil, le juge peut prononcer des mesures d’assistance éducative aux articles 375 et suivant du Code
civil.

48
Ce juge des enfants, pendant très très longtemps, était traditionnellement le président du tribunal pour enfant. Le
tribunal pour enfant est une formation collégiale du tribunal correctionnel composé d’un juge des enfants président et
deux assesseurs non magistrats choisit et habilités par le ministère de la justice en tenant compte de l’intérêt qu’ils
portent pour l’enfant (personnes qualifié).
Compétent pour juger des délits et contravention de 5 ème classe et les crimes commis par les enfants de moins de 16 ans.
Ce tribunal peut prononcer une peine.
La question de la présidence du tribunal pour enfant par le juge des enfants a évolué plus récemment avec une décision
QPC du Conseil Constitutionnel du 8 juillet 2011.
Dans cette décision, le Conseil Constitutionnel a validé la composition du tribunal pour enfant (donc qu’elle ne soit pas
exclusivement professionnelle avec trois magistrats) mais il a censuré la question de la présidence du tribunal des
enfants par le juge des enfants : considère que violait le principe d’impartialité des juridictions le fait que la présidence
du tribunal pour enfant soit assuré par le juge des enfants qui avait déjà instruit l’affaire et déjà introduit dans la même
affaire des mesures éducatives et ayant renvoyé le mineur devant le tribunal pour enfant.
Normalement, en procédure pénal, on doit avoir des magistrats différents.
Cette décision QPC s’aligne sur l’arrêt de la CourEDH Adamkievicz c/ Pologne du 2 mars 2010. Le Conseil
Constitutionnel prononce une abrogation à effet différé permettant au législateur d’intervenir avec une loi du 26
décembre 2011 : toujours le JPE qui préside mais ne peut pas être le juge qui a renvoyer l’affaire au TPE.
Pose de grosses difficultés dans les petites juridictions : les JDE s’échangent les dossiers entre eux.
A noter que la loi du 10 août 2011 avait créé une nouvelle juridiction pour mineur : Tribunal Correctionnel pour Mineur
mais qui a été un échec complet et fut supprimé par la loi J21 (18 novembre 2016) qui est la loi de modernisation de la
justice du XXIe siècle.
Le TCM était compétent pour juger les mineurs récidivistes et composés de trois magistrats professionnels (plus
proches de la justice des majeurs) et on en espérait une plus grande sévérité à l’égard des mineurs récidivistes.
Aujourd’hui on garde les trois juridictions.
Le second apport imputé à l’ordonnance de février 1945 :

2. L’UNIFICATION SUBSTENTIELLE QUANT AU FOND


Ordonnance a conservé la classification qu’on connaissait déjà : moi de 13 ans, 13 à 16 ans et 16 à 18 ans.
Néanmoins, l’ordonnance avait entendu supprimer toutes references au discernement. Sous influence de la doctrine
positiviste, l’idée n’était pas tant de juger les mineurs en fonction de leur culpabilité au moment des faits que de prendre
des mesures adaptées à ces mineurs (prises dans les intérêts) : mesures d’assistance, protection et éducation ou, en bref,
les mesures éducatifs. Même si l’ordonnance admettait prononcer des peines à l’égard de certains mineurs délinquants.
Le choix entre mesures éducatives et peines ne dépendant pas, dans l’ordonnance, du discernement mais de
l’opportunité de la mesure en fonction des besoins du mineur.
Cette question du discernement que l’ordonnance de 1945 voulait évacué a été rapporté par la jurisprudence dans
l’arrêt Laboube et que cette évolution a été recueillie en 2002 par le Code pénal actuel.

II. EVOLUTION SUBSTENTIELLE SOUS L’EMPIRE DU CODE PÉNAL ACTUEL


Le droit des mineurs est un droit est évolutif : 2002, 2007, 2011 qui intéressent les deux questions essentielles de la
responsabilité pénale et des mesures applicables.

A. LA RESPONSABILITE
L’âge, la minorité, a une incidence sur la responsabilité pénale. En revanche, comme pour les troubles mentaux, elle
n’en a pas sur la responsabilité civile.

1. LA RESPONSABILITÉ PÉNALE
Le Code pénal actuel, dans sa version initiale, n’était pas très clair sur la question de la responsabilité pénale ou de
l’IRRESPONSABILITE PENALE des mineurs délinquants. Il a fallu attendre une modification de l’art. 122-8 dans une
loi de 2002 pour que les choses soient clarifiées.
a. l’incertitude initiale du Code pénal de 1992
Ce texte disait que les mineurs reconnus coupables d’infractions font l’objet de mesures éducatives dans les conditions
fixées par une loi particulière : ordonnance du 2 février 1945.
L’al. 2 de l’article 122-8 déterminait les conditions dans lesquelles des peines peuvent être prononcées à l’encontre des
mineurs de plus de 13 ans (semblait bien dire qu’avant 13 ans il n’était pas possible de condamner un mineur à une
peine proprement dite).
Ainsi, l’article dans sa version initiale n’était pas d’un grand secours et n’était pas clair sur la question de savoir si les
mineurs étaient responsables pénalement ou irresponsable pénalement.
La vision de la doctrine ne collait pas à la jurisprudence : en doctrine, la plupart des auteurs considéraient que les
mineurs de moins de 13 ans bénéficiaient d’une présomption d’irresponsabilité pénale irréfragable tandis que ceux de
pus de 13 ans d’une irresponsabilité pénale simple. Les auteurs soulignaient que les mineurs de moins de 13 ans
faisaient l’objet d’une simple mesure éducative tandis que, pour les mineurs de 13 à 18 ans, ils peuvent faire l’objet de

1
mesures éducatives mais aussi d’une peine lorsque les circonstances et la personnalité du mineur paraissent l’exiger
(ordonnance de 1945).
Cette présentation était très critiquable : confondait responsabilité pénale et mesure pouvant être prononcée à l’encontre
des mineurs délinquants.
Art. 122-8 parle des mineurs reconnus coupables d’infractions pénal et semble reprendre la jurisprudence Laboube du
13 décembre 1956 qui a réintroduit l’exigence de discernement de l’ordonnance de 1945 voulait évacuer.
Décision de « remise d’enfance au parent » est cassée par la chambre criminelle : « si les articles 1 et 2 de l’ordonnance
de 1945 posent le principe de l’irresponsabilité pénale du mineur abstraction faite de la question du discernement,
encore faut-il, conformément au PGD, que le mineur ait compris et voulu cet acte (…) toute infraction, même
intentionnelle, suppose que son auteur ait agi avec intelligence et volonté ».
L’arrêt Laboube réintroduit la notion de discernement que l’ordonnance de 1945 voulait écarter.
En revanche, si le discernement est constaté des mesures peuvent être prononcées.
Cette arrêt Laboube est d’une portée considérable : oblige à faire d’autres classification. Il y a d’un côté les enfants en
bas âge non doué de discernement « infans » ; le problème est que l’acquisition du discernement n’est pas
mathématique, d’un autre côté les enfants doués de discernement.
b. clarification depuis 2002 :
Depuis des décennies on connait des évolutions ; augmentation de la délinquance juvénile, aggravation des infractions
des mineurs, rajeunissement des délinquants.
Multiples rapports et réformes à la fois en procédure qu’en droit pénal de fond.
La loi Perben I du 9 septembre 2002 modifie l’art. 122-8 du Code pénal et a été précédé d’une décision du Conseil
Constitutionnel du 29 août 2002. Cette décision est fondamentale : a découvert un nouveau PFRLR.
• Apport du Conseil Constitutionnel :
Au considérant 26 on retrouve le nouveau PFRLR en matière de justice des mineurs qui est un principe double. Le
Conseil Constitutionnel commence par dire que l’atténuation de la responsabilité pénale des mineurs en fonction de
l’âge (catégories) comme la nécessité de rechercher le relèvement éducatif et moral des enfants délinquants par des
mesures adaptées à leur âge et à leur personnalité, mesures prononcées par une juridiction spécialisée ou selon des
procédures appropriées, ces deux idées ont été reconnu par les loi de la république depuis le début du XXe siècle.
 Loi du 12 avril 1906, loi du 29 juillet 1912 et l’ordonnance du 2 février 1945.
Dans un second temps le Conseil Constitutionnel ajoute toutefois que la législation républicaine ne consacre pas de
règles selon laquelle les mesures contraignantes devraient être évitées au profits des mesures éducatives.
Le Conseil Constitutionnel précises que l’ordonnance de 1945 n’avait pas exclu la possibilité de prononcer des peines à
l’encontre des mineurs de 13 ans et donc la possibilité de les mettre en détention. Ces deux affirmations nous donne la
portée du principe fondamental RLR en matière de justice des mineurs.
Ce nouveau principe est visé par le Conseil Constitutionnel lorsqu’il a eu à s’intéresser à la justice des mineurs par
rapport à des lois successives notamment les réformes de 2007 et 2011.
• Loi Perben I :
Cette loi a modifié la rédaction de l’article 122-8 du code pénal, l’alinéa 1 er dit que les mineurs capables de
discernement sont capables d’infractions dont ils ont été reconnus coupables dans les conditions fixées par une loi
particulière.
Crimes, délits dont ils ont été reconnus coupables par une loi particulière qui détermine les mesures de protections,
surveillance et éducation dont ils peuvent faire l’objet. La rédaction est bien meilleure : référence expresse à l’exigence
du discernement des mineurs délinquants.
Les mineurs capables de discernement peuvent engager leur responsabilité pénale : consécration de la jurisprudence
Laboube de 1956.
Si le mineur n’est pas doté de discernement, il est irresponsable et aucune sanction ne peut être prononcée.
Ex : affaire du 14 novembre 2017
dans cette affaire, deux infractions commise par le conducteur d’un véhicule dont la carte grise avait été enregistré au
nom d’un mineur de 5 ans, une juridiction de proximité qui flérait un peu la fraude condamne le mineur coupable des
deux infractions, la chambre criminelle casse au visa de l’article 122-8 en reprochant au juge de ne pas avoir recherché
si le prévenu était capable de discernement. Alors depuis, une loi du 18 novembre 2016, J21, pour pouvoir immatriculer
une voiture il faut être titulaire d’un permis de conduire. On ne devrait plus avoir des enfants sur des cartes grises.
Double apport de la décision du CC et apport de la loi elle-même.
Après la loi du 9 septembre 2002, le Conseil Constitutionnel et le législateur ont encore eu à s’intéresser à la question
des mineurs délinquants.
Conseil Constitutionnel dans un décision du 10 mars 2011 a censuré une présomption irréfragable de culpabilité que la
loi Lopsi II voulait instaurer à l’encontre des parents qui ne s’assuraient pas du respect d’une mesure prononcer à
l’encontre d’un mineur (couvre-feu entre 23h et 6h).
Par ailleurs, la loi J21 de 2016 a de nouveau modifié l’art. 2 de l’ordonnance du 2 février 1945 sur l’articulation entre
mesure éducative, sanction éducative et peine (trois catégories de mesures pouvant être prononcées en fonction de l’âge
à l’encontre des mineurs délinquants).

2. LA RESPONSABILITÉ CIVILE

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Nette distinction entre responsabilité pénale et responsabilité civile.
Depuis 5 arrêts de l’assemblée plénière de la Cour de Cassation du 9 mai 1964, l’absence de discernement d’un enfant
n’entache pas la mise en jeu de sa responsabilité civile.
L’absence de discernement ne compromait pas la responsabilité de plein droit des parents du fait de leur enfant et
d’autre part elle n’exige même pas un fait générateur de l’enfant.
En dehors des cas spéciaux (notamment de la responsabilité des parents), on doit évoquer la responsabilité générale du
fait d’autrui auxquelles on doit répondre : découverte par la jurisprudence en 1991 (Blieck).
Or, cette RGFA intéresse particulièrement les mineurs délinquants placés.
Les mesures applicables peuvent être appliquées que pour un mineur délinquant capable de discernement.
Dans ce cas-là, l’art. 122-8 vise dans son alinéa 1 er des mesures éducatives et l’al. 2 fait référence à deux autres
catégories de mesures, les sanctions éducatives pouvant être prononcées à partir de 10 ans et les peines à partir de 13
ans.
On apprécie l’âge au moment de la commission de l’infraction et non au jour de la comparution en justice. Ce problème
de l’âge a posé et pose des problèmes.
L’âge est posée par l’état civil de l’intéressé. En France aucun problème mais le problème se pose pour les délinquants
étrangers dont on peut douter. L’âge peut alors être fixé par analyse médical (test osseux validé hier le 21 mars 2019,
par le Conseil Constitutionnel sur QPC).
On prend en compte l’âge du mineur au moment de l’infraction et non au moment de la comparution en justice mais
entre les deux il peut être devenu majeur.
Le CPP, à l’art. 306, a été modifié pour déroger à l’ordonnance de 1945 et permettre que, devant la Cour d’assise des
mineurs, les débats deviennent publics et faire exception au huis clos.
a. les mesures éducatives :
Procédures applicables à tous les mineurs délinquants capables de discernement
Art. 15 de l’ordonnance de 1945 qui en énumère 6 :
- remise aux parents
- possibilité de placement
- remise au système de l’assistance à l’enfance
- placement en internat
- mesure d’activité de jour
Elles peuvent concerner tous les mineurs quel que soit leur âge mais, réciproquement, ce sont les seules mesures qui
peuvent être prononcées pour un mineur discernant de moins de 10 ans.
b. les sanctions éducatives :
Catégories beaucoup plus nouvelle : créée par la loi du 9 septembre 2002 (Perben II). Auparavant n’existait que deux
catégories. Or, le législateur avait constaté un rajeunissement de la délinquance juvénile et a voulu créer une catégorie
de mesure pour ces mineurs-là qui n’étaient pas âgés de 13 ans.
Elles révèlent une ambiguïté et paraissent hybrides.
art. 15-1 de l’ordonnance de 1945, il y en a dix aujourd’hui :
- interdiction d’entrée en contact avec victime/co-auteur/complice
- possibilité de placer le mineur pendant l’année scolaire
- possibilité de placement du mineur en dehors de son lieu de résidence pour une certaine période
Pour les mineurs de 10 à 13 ans : mesures éducatives et sanctions éducatives.
c. les peines :
A partir de 13 ans.
Le Conseil Constitutionnel dans sa décision de 2002 soulignait que l’ordonnance de 1945 n’avait pas exclus le prononcé
d’une peine à l’égard de certains mineurs. Pour les mineurs de 13 à 18 ans peuvent être prononcées : a., b. et c. mais il
faudra alors tenir compte de l’atténuation de la responsabilité pénale dont ces mineurs bénéficient en raison de leur âge :
appelée auparavant excuse atténuante de minorité et visé expressément depuis 2002 par l’art. 122-8 al. 2 du Code pénal.
Cet article en parle mais ne définit pas la cause d’atténuation : il faut regarder l’ordonnance du 2 février 1945.
On se rend compte que pour les peines, la cause d’atténuation pour mineurs de 13 à 16 ans et de 16 à 18 ans.
a. 13 à 16 ans :
En principe, ces mineurs relèvent du prononcé de mesures éducatives, comme ils ont plus de 10 ans, ils peuvent faire
l’objet de sanction éducatives, mais l’article 2 de l’ordonnance prévoit que lorsque les circonstances et la personnalité
des mineurs l’exige, s’ils ont de 13 à 16 ans, possible de prononcer une peine en tenant en compte l’atténuation de leur
responsabilité pénale. Atténuation détaillée dans les articles 20-2 et suivant de l’ordonnance de 1945.
Il faut distinguer en fonction de la peine qui est concernée, premier cas, pour les peines privatives de libertés et pour la
peine d’amende, les mineurs de 13 à 16 ans bénéficient d’une cause d’atténuation de moitié, par rapport à la peine
encourue par un majeur pour la même condamnation. Comment calculer ? On regarde dans le texte d’incrimination
combien le majeur encourt et hop on divise par deux.
Le mineur de 13 à 16 ans ne peut pas subir une peine supérieure à la moitié de celle du majeur, et pas plus de 20 ans de
réclusion criminelle.
Pour la peine d’amende : prévoit que la peine encourue ne peut pas excéder la moitié de celle du majeur ni dépasser
7500€ (cause d’atténuation de la responsabilité pénale). En revanche, pour toutes les autres peines, la cause

1
d’atténuation de la responsabilité pénale ne joue pas de la même façon et selon les cas c’est applicable ou non
applicable au mineur.
L’observation la plus importante est que cette atténuation de la peine par moitié est obligatoire pour les mineurs de 16 à
16 ans : les juges ne peuvent pas écarter la cause d’atténuation de la responsabilité pénale contrairement aux mineurs de
16 à 18 ans.
b. 16 à 18 ans :
Ces mineurs, surtout s’ils sont récidivistes, préoccupent le plus les politiques et le législateur. Il y a eu depuis un peu
plus d’une dizaine d’années plusieurs réformes à tendance sécuritaire, répressive très marquée.
Ces réformes se sont traduites par une moindre spécificité du droit pénal des mineurs et un rapprochement avec le droit
pénal des majeurs.
Cette tendance s’est illustrée de deux façons :
 Ces réformes avaient multiplié les exceptions au bénéfice la cause d’atténuation de la responsabilité pénale liée
à l’âge (deux loi successives : 11 mars et 9 août 2007). Cause pas applicable : jugé comme un majeur.
 Certaines de ces lois ont permis d’appliquer à certains mineurs des peines plancher (des peines minimales).
Elles avaient été créé par une loi du 10 août 2007 sur la récidive des majeurs et mineurs. Cette loi créé des
peines planchers pour des mineurs récidivistes mais il fallait quand même tenir compte de la cause
d’atténuation de la responsabilité pénale.
Si le mineur avait entre 13 et 16 ans : peine plancher diminuée par moitié
Si le mineur avait entre 16 et 18 ans : CARP facultative donc dépend du juge
Par la suite, le législateur va encore plus loin : avait proposé de mettre en place des peines planchers pour les mineurs
primo-délinquants.
29 mars 2019
Le législateur, à partir de 2007, estime que les mineurs et majeurs récidivistes auront des peines planchers tout en tenant
compte de la cause d’atténuation de la responsabilité pénale du mineur.
Dans une loi du 14 mars 2011, des peines planchers sont créées et applicables même à certains primo-délinquants.
Néanmoins, le Conseil Constitutionnel saisit à priori de cette loi estime que l’application des peines plancher aux
mineurs primo-délinquants était contraire aux exigences constitutionnelles de justice des mineurs.
Depuis 2014, loi du 15 août 2014 (loi Taubira, loi relative à l’individualisation des peines et renforçant l’efficacité des
sanctions pénales) les choses sont beaucoup plus simples.
Cette loi revient, en ce qui concerne l’application de la cause d’atténuation de la responsabilité pénale revient à 2007, au
système initial. C’est l’art. 20-2 de l’ordonnance du 2 février 1945 qui le prévoit : les mineurs de 13 à 16 ans bénéficie à
ce principe de cause d’atténuation de la responsabilité pénale tandis que pour les mineurs de plus de 16 ans cette cause
est facultative. La Cour d’assise des mineurs et ?? peuvent à titre exceptionnelle compte tenu de l’espèce, la
personnalité du mineur et de sa situation qu’il n’y a pas lieu de faire application de cette cause d’atténuation de la
responsabilité pénale.
Pour l’écarter, le tribunal doit motiver spécialement sa décision sur ce point. Depuis 2017-2018, la chambre criminelle
exige une motivation générale de toutes les décisions et dans certains cas, sur certains points, il doit aussi y avoir une
motivation spéciale. C’est le cas ici parce que l’art. 22 de l’ordonnance de 1945 prévoit qu’il faut justifier.
Concernant les décisions des cour d’assise, initialement elles n’étaient pas motivées. Les décisions de Cour d’assise
sont motivée depuis 2011 quant à la culpabilité (énoncé des charges qui ont convaincue la Cour et les jurés). Une loi du
23 mars 2019 vient d’y ajouter la motivation des décisions sur la peine.
Deuxième apport, deuxième simplification de la loi Taubira : suppression de toutes les peines plancher.
Pour conclure, le droit pénal des mineurs est régit certes par l’art. 122-8 du Code pénal mais surtout à la loi spéciale à
laquelle il renvoie : l’ordonnance du 2 février 1945 qui est un texte symbolique auquel les praticien sont très attachés
mais modifié plus de 40 fois donc devenu pratiquement illisible.
La réforme de l’ordonnance se prévoit depuis de nombreuses années par la commission du Recteur Varinard. Mais la
justice des mineurs a été un enjeu de campagne sur plusieurs points :
- Question de l’âge de la majorité pénale (initialement à 16 ans puis à 18 ans depuis 1906) : Marine Le Pen
demandais l’abaissement à 15 ans et Nicolas Dupont-Aignan à 16 ans
- Question de conservation ou abrogation de l’ordonnance de 1945 et le remplacer par un nouveau code de justice
pénale des mineurs
Macron élu : pas d’abaissement de l’âge de la majorité. Nicole Bellonie (ministre de la justice + universitaire) a déposé
un amendement en discussion à la loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la Justice qui vient donc d’être
promulgué, la loi du 23 mars 2019. Très importante pour nous, touche à toutes les branches.
Cet amendement avait pour objet d’autoriser le gouvernement à réformer par voie d’ordonnance de l’article 38 de la
Constitution donc réformer le droit pénal des mineurs par voie d’ordonnance.
Avec la minorité et les troubles mentaux on a étudié les causes de possibles irresponsabilité pénale ou atténuation de la
responsabilité pénale (atteinte au discernement).
CHAPITRE 2 : LES CAUSES SUBJECTIVES D’IRRESPONSABILITE PENALE LIEE A L’EXIGENCE
D’UNE VOLONTE LIBRE
Conscience claire et volonté libre.
Pourquoi l’exigence d’une volonté libre ? Pour être condamné pénalement il faut qu’une volonté libre ait permis à

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l’agent, au délinquant, de se déterminer à l’action et donc de passer à la commission de l’infraction.
Or, il y a deux circonstances qui affectent cette volonté :
o Contrainte
o L’erreur (de droit et sur le droit) : apparue avec le Code pénal de 1992

SECTION 1 : LA CONTRAINTE
Prévue à l’art. 122-2 du Code pénal : « n’est pas pénalement responsable la personne qui a agi sous l’empire d’une
contrainte ou force à laquelle elle n’a pu résister ».
L’article 122-2 nous parle de la force ou d’une contrainte. La force serait plutôt la force physique et la contrainte plutôt
morale.

I. LES FORMES DE LA CONTRAINTE

A. LA CONTRAINTE PHYSIQUE
C’est celle exercée directement sur le corps de l’agent et donc indirectement sur sa volonté.
La contrainte physique supprime généralement la liberté de mouvement de l’individu. Concernant son origine, cette
contrainte physique peut aussi bien être interne qu’externe à l’agent auteur de l’infraction.
Contrainte externe : résulte d’une circonstance, d’un évènement, extérieur.
Ex : force de la nature, provenir du fait du tiers ou le fait du Prince (fait de l’administration, autorité publique)  grève,
émeute, attentat.
 délit d’exhibition pour une personne déshabillée de force
Cette contrainte physique peut être interne : résulter d’une cause interne à l’agent.
Ex : fatigue ou maladie.
Chambre criminelle 1922 : voyageur très fatigué endormi dans le train ayant dépassé sa gare de destination.
Par ailleurs, cette contrainte peut résulter d’une affection physique, malade. Chambre criminelle du 15 novembre 2005 :
un individu au volant a perdu contrôle de son véhicule à la suite d’un malaise violent et imprévisible faisant quatre
morts  juge admet la cause d’irresponsabilité pénale car en parfaite santé et n’avait pas pris de risque en conduisant.
Sur la contrainte physique interne il y aurait une différence sur la contrainte physique cause d’irresponsabilité pénale et
la force majeure du droit civil.
La contrainte peut aussi et surtout être morale.

B. LA CONTRAINTE MORALE
Contrainte qui s’exerce directement sur la volonté de l’agent.
Théoriquement il parait facile de penser qu’il est plus facile de résister à une contrainte morale que physique. La
jurisprudence est plus exigeante à l’égard de la contrainte morale puisqu’elle admet la contrainte morale externe mais
exclut la contrainte morale interne.
La contrainte morale externe résulte d’une pression extérieure sur la volonté de l’agent ayant commis l’infraction. Cette
menace peut annihiler la volonté de l’agent.
Ex : menace contre l’agent, sa famille ou tiers inconnus.
La question de la contrainte morale externe permet de faire allusion au procédé des infiltration (de plus en plus utilisé) :
des policiers/douaniers sont autorisés à infiltrer des réseaux de délinquants et se font passer pour des membres du réseau
donc commettent des infractions mais n’engagent pas, à ce titre, leur responsabilité pénale.
Certains délinquants mettent en avant la contrainte morale de l’intervention des policiers infiltrés (pas admis à par la
jurisprudence qui fait la distinction entre la provocation à l’infraction et la provocation à la preuve).
Ces opérations ne doivent pas inciter à la commission de l’infraction mais à la preuve pour la faciliter.
La contrainte morale interne est celle trouvant son origine dans la personne même de l’agent. Mis à part les troubles
mentaux, on est ici dans l’hypothèse où une infraction aurait été dictée à un individu soit par ses propres sentiments, soit
par ses propres convictions.
 Le droit pénal est précisément édicté pour ceux qui ne savent pas résister à leurs passions criminelles.
Retenu par la chambre criminelle en 1908 : une femme avait envoyé à un ministre une lettre de menace et injure parce
que son mari avait été mis à la retraite anticipé. Contrainte morale interne car folle furieuse de la décision  exclusion
de la contrainte et condamnée.
En pratique, quand même, les Cour d’assises sont souvent saisies d’affaires passionnelles comme avec le cas de parents
(mère, surtout) ayant assassiné un enfant handicapé très gravement ou un autre membre de la famille.
Logiquement, ils ne peuvent être acquittés même en mettant en avant leurs sentiments (pitié, empathie, etc.) et doivent
être condamnés même symboliquement.
On a eu une autre illustration dans une autre affaire tristement célèbre : Vincent Humbert qui demandait à mourir et
avait envoyé un livre au président de la république en ce sens dont la mère et un médecin l’ont aidé à mourir et ont été
condamnée pour empoisonnement avec préméditation. Ont bénéficié d’une ordonnance de non-lieu sur le bénéfice de la
contrainte morale.
Pour la mère, le juge d’instruction retient la contrainte morale interne au motif qu’elle avait promis à son fils de l’aider

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à mourir (devoir de loyauté) et la contrainte externe en l’état du livre que son fils avait publié.
Pour le médecin, on retient la contrainte et ont donc bénéficié de cette cause d’irresponsabilité pénale.

II. LES CARACTERES DE LA CONTRAINTE


La contrainte doit supprimer la volonté de l’agent. La chambre criminelle, traditionnellement, affirme que la contrainte
ne peut résulter que d’un évènement indépendant de la volonté humaine et celle-ci n’a pu ni prévoir ni conjurer.
 Imprévisible
 Insurmontable ou irrésistible (« force ou contrainte à laquelle la personne n’a pu résister » art. 122-2)

A. IRRESTIBILITE DE LA CONTRAINTE
La jurisprudence de la chambre criminelle est très exigence quant à son premier caractère aussi bien dans la définition
que l’appréciation de l’appréciation.
Irrésistibilité : impossibilité absolue de pouvoir résister à l’évènement et de pouvoir se conformer à la loi.
L’évènement en question doit avoir enlevé à l’agent toute possibilité de choix (point de divergence entre contrainte et
état de nécessité : il a le choix entre commettre et ne pas commettre l’infraction).
Certaines décisions illustres cette grande sévérité.
1936, un étranger condamné pour infraction à un arrêté d’expulsion : l’étranger faisait valoir qu’il avait été refoulé par
tous les pays limitrophe de la France. La chambre criminelle accepte sa condamnation : il aurait dû montrer qu’aucun
pays du monde ne voulait de lui.
La méthode d’appréciation (in abstracto ou in concreto) de la contrainte, sous l’empire du Code pénal de 1810 était in
abstracto donc par référence à ce qu’aurait fait un homme abstrait. Cette appréciation aboutissait parfois à des résultat
très sévère.
1934, chambre criminelle accepte condamnation pour intelligence avec l’ennemi en temps de guerre d’un individu
ayant fourni des informations aux allemands sous la menace d’être exécuté lui-même ainsi que d’autres otages.
Dans l’art. 122-2 du Code pénal actuel parle d’une force ou contrainte à laquelle la personne n’a pu résister. Dès lors, le
texte milite plutôt en faveur d’une appréciation in concreto.
Ca revient à prendre en compte les circonstances de fait et les particularités de l’individu. Cette appréciation in concreto
permet une appréciation moins rigoureuse et plus favorable aux individus concernés.
Ex : arrêt relatif aux malaises subits par des individus.

B. IMPREVISIBILITE DE LA CONTRAINTE
Ce second caractère provient de la jurisprudence antérieure. Cette jurisprudence exigeait que la contrainte soit
irrésistible et imprévisible et cette jurisprudence excluait l’imprévisibilité (donc la contrainte) en présence d’une faute
antérieure de l’agent.
Donc si l’évènement invoqué au titre de la contrainte provenait d’une faute antérieure de l’agent la jurisprudence ne le
considérait pas comme imprévisible et refusait le bénéfice de la contrainte.
Pourquoi ? Parce que l’agent était fautif de ne pas avoir prévu ou, s’il l’avait prévu, de ne pas l’avoir évité.
Arrêt Trémintin, 21 janvier 1921
Marin considéré comme déserteur car pas à bord lorsqu’on jette les amarres : en garde à vue car trouvé ivre mort sur la
voie publique la veille. Faute antérieure et aurait dû prévoir qu’en buvant plus que raison il serait susceptible d’être
arrêté.
Exclusion de la contrainte.
A partir de cette jurisprudence la chambre criminelle a reconduit cette solution autant pour des infractions
intentionnelles que non intentionnelles.
C’est le cas en matière d’abus de confiance, par exemple. La chambre criminelle a condamné pour abus de confiance un
individu ne pouvant pas restituer les biens prêtés parce qu’il se les étaient fait volés mais se les étaient fait volé pour
manque de précaution donc l’imprévisibilité ne joue pas.
Cette solution de la faute antérieure de l’agent a été très critiqué en doctrine : la responsabilité pénale n’est pas
appréciée au moment des faits de l’infraction mais au moment de la faute antérieure alors qu’elle doit s’apprécier au
temps de l’action.
La seconde raison est le résultat parfois incohérent auquel aboutit la jurisprudence. Tout dépend l’infraction commise :
- Non intentionnelle : on pourrait concevoir la solution (donc que l’agent soit condamné parce qu’il commet une
faute non intentionnelle)
- Intentionnelle : moins cohérent. Peut-on condamner pour une infraction intentionnelle une faute non
intentionnelle ?
Pour d’autres auteurs, dès lors qu’on commet une faute on est sur le terrain de la culpabilité et non de l’imputabilité.
La question est de savoir si le Code pénal allait retenir cette condition d’imprévisibilité. L’art. 122-2 n’en fait pas
mention donc deux interprétations : ceux qui interprète le silence comme une condamnation de la jurisprudence et
d’autre que ça confirme la jurisprudence.
Réponse de la jurisprudence de la chambre criminelle se tourne plutôt dans le sens de la répression. Elle a donc
maintenu la condition d’imprévisibilité et l’a maintenu dans trois arrêts d’accident de la circulation (malaise)

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15 novembre 2005, 15 novembre 2006, 27 octobre 2015.
- Pour les deux premiers : « malaise brutal et imprévisible du conducteur » + « évènement imprévisible et
insurmontable »
- 2015 : malade et s’était endormi au volant. La chambre criminelle estime que l’endormissement ne résultait pas
d’un évènement imprévisible et irrésistible.
En conclusion, cette contrainte pénale doit être rapprochée de la force majeure civile. Quand toutes les conditions sont
remplis, la contrainte rempli la cause d’irresponsabilité pénale. Sur le plan civil, peut offrir une cause d’exonération de
la responsabilité civile (force majeure).
Pour les troubles mentaux et mineurs, même s’il y a irresponsabilité pénale au cause d’atténuation de la responsabilité
pénale.

SECTION 2 : L’ERREUR SUR LE DROIT (ART. 122-3)


« n’est pas pénalement responsable la personne qui justifie avoir cru par une erreur sur le droit qu’elle n’était pas en
mesure d’éviter pouvoir légitimement accomplir l’acte »
L’erreur de droit ou sur le droit qui n’existait pas dans le Code pénal de 1810 et consacrée par le Code pénal de 1994.
Ici, l’auteur de l’infraction a donc commis une erreur sur le droit et s’est donc trompé sur l’existence ou le contenu
d’une règle de droit.
En théorie, il n’est donc pas pénalement responsable puisqu’il n’a pas eu volonté de violer la norme juridique.
Cette erreur sur le droit est présenté comme l’une des innovations essentielle du Code pénal de 1994. Si c’est vrai en
théorie, en pratique l’effectivité est nulle.
Seulement deux cas où la chambre criminelle admet l’erreur sur le droit : extrêmement exigeante.
La consécration de l’erreur sur le droit est finalement la consécration d’une limite ou une entorse au principe « nul n’est
censé ignorer la loi » (nemo censetur ignorare legem).

I. PRINCIPE : NEMO CENSETUR

A. LES FONDEMENTS DU PRINCIPE


« nul n’est censé ignoré la loi » vaut en toute matière dont le droit pénal. Il y a donc un fondement commun.
Cet adage, ce principe, offre une grande facilité. Normalement, dans toute affaire, il faudrait démontrer que l’intéressé a
eu conscience d’une disposition légal, juridique et qu’il a eu volonté de la méconnaitre.
En faisant jouer le principe nemo censetur, la partie adverse n’a pas besoin de démontrer cette conscience, cette
connaissance. Un prévenu ne peut pas se défendre en invoquant son ignorance de la loi ou son erreur (représentation
inexacte de la réalité).
Ce principe a un fondement commun : participe à la paix sociale et à la sauvegarde de l’ordre juridique.
A ce fondement commun et général on ajoute un fondement particulier en matière pénal : le principe de légalité.
Quelque part, on peut dire que le principe nemo censetur serait la contrepartie du principe de légalité du droit pénal.
Le droit pénal garantit qu’un justiciable ne pourrait être incriminé sur le fondement d’un texte inexistant mais, en
contrepartie, c’est à vous de vous intéresser sur les interdits pénaux.
Comment se tenir à jour ? Journal officiel de la République Française. Avant n’existait qu’en version papier (décret du 5
novembre 1970 qui donnait un jour franc pour prendre connaissance des lois et décret). Depuis 2016 il n’existe qu’en
matière dématérialisée.
Jour franc : un délai de zéro à vingt-quatre heure.
Depuis une ordonnance du 20 février 2004 le système est modifié : les textes publiés au JO entrent en vigueur à la date
que ces textes fixent ou, à défaut, le lendemain de leur publication au JO à Oh.
Connait un tempérament : en cas d’urgence il peut y avoir entrée en vigueur dès la publication au JO pour les lois et
actes administratif pour lequel les gvt l’a dit dans le décret de promulgation.
« c’est même chose d’avoir connu la loi ou d’avoir pu la connaître » -Portalis
Cet adage pose une présomption de la connaissance de la loi.

B. LA NATURE DE LA PRESOMPTION
Cette présomption est une présomption générale et vaut quelque soit les textes (loi, décret, pénaux, non pénaux),
quelque soit les individus concernés (nationaux, internationaux, instruits, analphabètes)  principe de territorialité.
La question est de savoir s’il s’agit d’une véritable présomption.
Présomption : conséquence que l’on tire d’un fait connu à un fait inconnu (par la loi ou le juge).
Le fait connu : la loi nouvelle est publiée au JO et le fait inconnu est de connaître cette loi  les intéressés sont censés la
connaitre.
Pour que ce soit une véritable présomption, on se repose sur la notion du plerumque fit (comme il arrive la plupart du
temps).
Est-ce qu’aujourd’hui les citoyens connaissent la portée des lois publiées ? Non, plerumque fit ne vaut plus. On n’est
plus dans une présomption mais une fiction juridique.
Fiction juridique : on pose une règle juridique qui dément la réalité sociale.

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Ce décalage aujourd’hui entre la présomption de connaissance de la loi et la réalité sociale est énorme pour deux
raisons :
- Inflation quantitative du nombre de texte
- Mauvaise rédaction législative
Accroit le décalage. La difficulté est que cette fiction était considéré comme une présomption irréfragable ne pouvant
pas être combattue par la preuve contraire. Les limites et tempérament au principe nemo censetur était très limité
jusqu’à l’admission de l’erreur de droit par le code pénal actuel.
?? 3 jours francs à partir de la promulgation.
La jurisprudence sous l’empire de l’ancien code pénal : l’ignorance de la loi n’est pas une cause de justification et
l’erreur de droit ne fait pas disparaitre la culpabilité de l’acte et n’est ni un fait justificatif, ni une excuse admise par la
loi.
 Refus total d’ignorance de la loi
Durant les années 1950 il y a eu un infléchissement à cette jurisprudence : la jurisprudence parait plus favorable à cette
erreur de droit puis est revenu à sa sévérité dans l’affaire des Serres (1964).
Cette sévérité initiale semble moindre depuis le Code pénal actuel puisqu’il admet mais de façon encadré l’erreur sur le
droit.

II. LA LIMITE : ADMISSION ENCADREE DE L’ERREUR SUR LE DROIT


Cet encadrement dans l’admission d’erreur sur le droit résulte à la fois du texte qui pose plusieurs conditions (122-3)
mais aussi de la rigueur de la chambre criminelle (qui ne l’admet qu’à deux reprises).
L’art. 122-3 pose trois conditions :
 Objet de l’erreur : une erreur sur le droit
 Caractère de l’erreur : inévitable ou invincible
 Conséquence de l’erreur : l’agent doit avoir cru pouvoir légitimement accomplir l’acte

A. OBJET DE L’ERREUR : ERREUR SUR LE DROIT


Le texte vise une erreur de droit.
L’erreur de droit, depuis 1994 est une nouvelle cause d’irresponsabilité pénale. Ce n’est pas une simple erreur de fait.
On a une erreur de mauvaise représentation là où l’erreur de fait résulte de l’agent qui ne se trompe pas sur le droit mais
la matérialité de l’acte accompli (on peut se tromper sur la nationalité, âge, propriété d’un bien).
L’erreur de fait n’est pas une cause d’irresponsabilité pénale mais a une incidence sur l’élément moral de l’infraction :
va supprimer le dol, l’intention criminelle, dans les infractions intentionnelles.
L’erreur de fait n’a pas d’incidence sur les infractions non intentionnelles (qui résultent généralement d’une faute de
négligence ou imprudence).
L’erreur, ici, a pour objet une règle juridique (n’importe laquelle). En général, l’agent se trompe sur une règle textuelle
(loi ou décret). Cette règle peut être pénale ou extra-pénale.
Art. 716 du code civil, notion de trésor : lorsqu’un tiers trouve le trésor sur le terrain de quelqu’un d’autre l
règle est que celui qui le découvre le partage avec le propriétaire du terrain (possibilité d’erreur avec cet article car droit
artificiel).
Il y a des règles pénales naturelles mais le droit pénal artificiel donne des raisons de se tromper.
On peut aussi se tromper sur l’existence ou portée d’un texte relatif à une cause d’irresponsabilité pénale (l’agent a
compris à tort qu’il pourrait bénéficier de la légitime défense).
L’erreur peut porter sur une règle jurisprudence : agent trompé à la suite d’un revirement. Objet très large. L’erreur doit
être inévitable

B. CARACTERE DE L’ERREUR : UNE ERREUR INEVITABLE


L’article 122-3 parle d’une erreur sur le droit que la personne n’était pas en mesure d’éviter. Ce qu’on appelle, l’erreur
inévitable ou l’erreur invincible. C’est sur ce point que la chambre criminelle est la plus sévère. Quel est le critère de ce
caractère ?

1. LE CRITERE D’APPRECIATION
Pour que la chambre criminelle admette que l’erreur n’était pas évitable il faut que le prévenu ou l’accusé démontre
qu’il n’avait pas à sa disposition d’autres moyens utiles que ceux qu’il a déployé pour se renseigner efficacement sur la
règle de droit.
C’est là que, la plupart du temps, la chambre criminelle lui indique qu’il avait d’autres moyens de ne pas commettre
cette erreur.
La chambre criminelle tient compte de la connaissance supposée de la règle de droit.
Ex : elle a décidé que pour le commun de la population, l’interdiction du port d’arme est connu et est attendu du niveau
général d’instruction de la population.
Par ailleurs, pour certains justiciables, la chambre criminelle est encore plus sévère notamment à l’encontre des élus
locaux : a jugé qu’un élu local élu depuis de nombreuses années et compétent en matière de passation des marchés

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publics ne peut pas invoquer une erreur excusable.
Par ailleurs, la chambre criminelle a développé toute une jurisprudence sur la façon dont le prévenu aurait pu se
renseigner sur la règle de droit.
Ainsi, elle considère que lorsqu’un le prévenu s’est renseigné par lui-même cela ne lui suffit pas et son erreur n’était pas
invincible.
Ex : vente illégale de médicament dit qu’il s’était renseigné dans un dictionnaire de médicaments vétérinaires.
Lorsqu’on s’est renseigné auprès d’une personne ou autorité privée ne suffit pas non plus. Arrêt 11 octobre 1995
(divorce) : femme a l’attribution du logement familiale or monsieur avait fait changer les clefs pendant qu’elle était en
vacances et avait pris possession de la maison. Violation de domicile mais s’était justifié en disant qu’il avait consulté
son avoué.
La chambre criminelle a cassé la décision en disant qu’il aurait pu présenter au magistrat une demande d’interprétation
de la décision judiciaire.
La seule chose que la chambre criminelle est prête à admettre c’est lorsque l’erreur est induite par une personne ou
autorité publique. Elle a donc très rarement admis le bénéfice de l’erreur du droit. (ex : erreur de l’administration ou du
juge lui-même).
Ex : 24 novembre 1998.
Gérant d’entreprise pénalement poursuivit pénalement pour la durée légale du travail : a fait un certain nombre d’heures
sans les déclarer.
Il n’avait fait qu’appliquer un accord professionnel qui avait été élaboré sous l’égide d’un médiateur désigné par le
gouvernement sous forme de guide. La chambre criminelle a dit : Ok, l’erreur vient de l’autorité publique elle-même.
Reconnaissance de l’erreur invincible.
Dans tous les autres cas, la chambre criminelle considère que l’agent aurait pu se renseigner autrement .
Ex : arrêt du 20 janvier 2015
Chef d’entreprise dont l’entreprise est implantée en France à la frontière de l’Allemagne et poursuivit pour travail
dissimulé. Invoque l’erreur de droit en disant qu’il ne savait pas que la législation française imposait une déclaration
préalable à l’embauche (il est allemand).
la chambre criminelle explique qu’il avait la possibilité de solliciter l’administration, l’inspection du travail. par contre
si l’inspection du travail lui aurait dit « non vasy c’est bon » => autorité publique => OK.
(+ travaillait depuis longtemps en France, était au courant du droit appliqué)
La sévérité de ce critère est renforcée par la méthode d’appréciation.

2. LA METHODE D’APPRÉCIATION
On peut hésiter entre l’appréciation in abstracto ou in concreto du caractère inévitable ou invincible de l’erreur.
Appréciation in concreto : tenir compte des particularité de l’espèce ou situation personnelle du prévenu et pourrait
jouer en faveur des personnes « défavorisées juridiquement » (peu instruite, analphabètes, illettrées, étrangers).
La chambre criminelle a tendance à retenir l’interprétation la plus sévère, in abstracto, notamment à l’encontre des
professionnels et des élus.

C. LA CONSÉQUENCE DE L’ERREUR : LA CROYANCE DANS LA LÉGITIMITE DE L’ACTE


ACCOMPLI
Cette erreur portant sur l’erreur juridique présentant une erreur inévitable. Il faut encore qu’elle ait eu pour conséquence
de donner à son auteur la croyance que l’acte qu’il commettait était légitime.
Ainsi, l’agent, le plus souvent, aura cru qu’il ne tombait pas sous le coup d’une infraction pénal.
Il doit s’agir d’une véritable croyance, d’une véritable conviction, la condition ne jouera pas s’il a eu simplement un
doute sur la légitimité ou légalité de l’acte accompli : un simple doute, pour la chambre criminelle, ne suffit pas à
constituer cette croyance.
Elle l’a dit dans une affaire de publicité en faveur du tabac.
Un professionnel qui a mis en place une publicité, le professionnel invoquait une croyance, un bon professionnel aurait
dû s’abstenir de participer à une telle publicité dès lors qu’il pourrait avoir un doute sur sa licéité. Voilà les trois
conditions qui doivent être cumulativement remplies pour le fondement sur l’erreur de droit.
Celle qui fait souvent défaut, le caractère invincible de l’erreur.
Théorie, essentiel, mais en pratique, beaucoup moins.
Les juges du fond sont plus sensibles aux affaires d’équité, mais si ça remonte à la chambre criminelle, 99,99% que ça
fonctionne pas.
Cette cause d’irresponsabilité pénale est une cause subjective donc, normalement, ne bénéficie qu’ celui qui a commis
l’erreur (donc pas au co-auteur et complice) sauf s’ils partagent tous la même erreur mais c’est chacun au titre de son
erreur personnelle.
Le principe en matière de cause subjective il y a maintien de la responsabilité civile et « nul n’est censé ignoré la loi »
donc probablement engagement de la responsabilité civile.
En conclusion, ces différentes causes de non culpabilité ont été écrites en pensant à des personnes physique (légitime
défense, TM) mais commence par « n’est pas pénalement responsable la personne qui ».

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La PM pourrait bénéficier d’une cause d’irresponsabilité pénale ? Passerait par la personne physique « organe ou
représentant ».

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