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ELEC 1310 EXERCICES Dest.

: Etudiants
26-04-07 v.0 MACHINE SYNCHRONE Auteur : EM-BD

Exercice 10 : Lien entre la puissance et l'angle interne δ d'un alternateur (suite)

Cet énoncé est relatif au même alternateur que celui de l'exercice 9.


Un alternateur triphasé 11.5 kV 50 Hz, d'une puissance nominale de 170 MVA , d'un facteur de
puissance nominal de 0.9 inductif et d'une vitesse nominale de 3000 t/m, fonctionne en régime
nominal avec un courant d'excitation de 5.28 A et un angle interne δ de 3.65°.
Son induit a une réactance de fuite (réactance de Potier) de
Xa = 0.014 Ω,
et une résistance de
Ra = 0.0126 Ω.

Quel est le "rapport de transformation" α de cet alternateur ?

Indications :

Dans le cadre de l'exercice proposé, on peut compléter le circuit équivalent en ajoutant à la


source de courant de valeur if/α les éléments série Xa et Ra de l'induit.
A cause des éléments série, la tension Ep appliquée à la source de courant n'est plus identique
à la tension du réseau.
Note importante : il ne faut surtout pas confondre la réactance Xa avec la réactance
synchrone Xs, qui est beaucoup plus grande
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Exercice 10 : Lien entre la puissance et l'angle interne δ d'un alternateur (suite)

Le courant d'induit nominal est de


Inom = Snom =170MVA =8535A
3U nom 311500
Les pertes Joule à l'induit valent donc
paJ = 3 *0.0126 * 85352 = 2.75 MW
de sorte que la puissance convertie en régime nominal vaut
170 * 0.9 + 2.75 = 155.75 MW
Par ailleurs, puisque le facteur de puissance nominal est de 0.9, on en déduit que, en régime
nominal,
sinϕ = 0.4359
Le phaseur représentatif du courant d'induit vaut donc, en régime nominal
8535 * 0.9 - j 8535 * 0.4359 = 7681 - j 3720 A
où le signe "-" vient de ce que le facteur de puissance est inductif (courant en retard sur la
tension).
On peut calculer la tension Ep vue par la source de courant du circuit équivalent en régime
nominal. On a, en valeur de phase étoilée,
E p =11500 +(0.0126+ j0.014)(7681− j3720)=6788+ j61V
3
soit
E p =6788<0.515°
En régime nominal, la puissance convertie vaut donc
35.28 6788sin(3.65−0.515)=155.75MW
α
d'où l'on peut déduire la valeur de α
α = 37.8 10-6
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Exercice 11 : Lien entre la puissance et l'angle interne δ d'un alternateur (fin)

Nous reprenons l'énoncé de l'exercice 10, mais en revenant sur le calcul fait de façon
approchée lors de l'exercice exercice 9.

Un alternateur triphasé 11.5 kV 50 Hz, d'une puissance nominale de 170 MVA , d'un facteur de
puissance nominal de 0.9 inductif et d'une vitesse nominale de 3000 t/m, fonctionne en régime
nominal avec un courant d'excitation de 5.28 A et un angle interne δ de 3.65°.
Son induit a une réactance de fuite de
Xa = 0.014 Ω,
et une résistance de
Ra = 0.0126 Ω.
Que vaut la réactance de magnétisation Xμ ?

L'alternateur est connecté à un réseau conforme à sa tension nominale et excité avec un


courant de 5.15 A, on observe dans ces conditions un fonctionnement avec un angle interne de
1.64°.

Que peut-on dire de la puissance active fournie au réseau dans ces conditions ? Que peut-on
dire du couple fourni à l'alternateur par le moteur d'entraînement (turbine...) ?
Quel serait, d'un point de vue électrique, le couple maximum applicable à l'alternateur (sans se
soucier de tenue mécanique, de stabilité ni du danger d'échauffement occasionné par des
pertes excessives) pour un courant d'excitation de 5.28 A ?

Quel serait le circuit équivalent à réactance synchrone correspondant à cette machine ?


Dans quelle condition ce circuit équivalent pourrait-il être utilisé ?

Indications :

Dans le cadre de l'exercice proposé, on peut compléter le circuit équivalent en ajoutant à la


source de courant de valeur if/α et aux éléments série Xa et Ra de l'induit, la réactance de
magnétisation Xμ.
Cet élément parallèle absorbe la plus grande partie de la puissance réactive "fournie" par la
source de tension du circuit équivalent.

Note importante : il ne faut surtout pas confondre les réactances Xa et Xμ avec la réactance
synchrone Xs, qui est ici rigoureusement égale à la somme des deux premières.

Xs = Xa + Xμ
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Exercice 11 : Lien entre la puissance et l'angle interne δ d'un alternateur (fin)

La puissance réactive fournie en régime nominal par la source de courant est, compte tenu des
résultats de l'exercice 10.
3*Im(E p i f e− jθ e0 )=3*6788* 5.28 −6 cos(3.65°−0.515°)=2840238kVAr
α 37.8*10
La partie de cette puissance qui est transmise au réseau vaut
S sin ϕ = 170 x 0.4359 = 74103 kVAr
La partie de cette puissance qui est absorbée par la réactance de Potier vaut
3 x Xa x Ia2 = 3 x 0.014 x 85352 = 3060 kVAr
Par différence, la puissance réactive absorbée par la réactance de magnétisation vaut donc
2840238 - 74103 - 3060 = 2763075 kVAr
Or, la tension Ep sur cette réactance est connue. On en déduit sa valeur.
E p2
Xμ = = 3*6788² =0.05Ω
2763075/3 2763075

Patience pour la suite ....

Puisque l'on n'a pas tenu compte d'une résistance Rp de pertes magnétiques, on a simplement
Xs = Xμ + Xa = 0.05 + 0.014 = 0.064 Ω
et
Rs = Ra = 0.0126 Ω
La tension Eo vaut
Eo = Xμ * if/α = 0.05/37.8 10-6 * if = 1322.75 if
A cause de la saturation magnétique, ce modèle n'est valable que pour les régimes
correspondant à la même tension Ep que celle qui a servi à le déterminer. En pratique, on
l'utilisera pour tous les régimes correspondant à la tension d'induit nominale et à un courant
d'induit inférieur au courant nominal, car dans ce cas la tension Ep reste proche de Us.
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Exercice 12 : Analyse du fonctionnement d'un moteur synchrone

Un alternateur triphasé à 4 pôles a pour valeurs nominales 13 kVA, 400 V et 50 Hz.

Lors de l'essai en court-circuit, le courant d'excitation nécessaire pour obtenir le courant


nominal vaut seulement 0.325 fois le courant d'excitation nécessaire pour obtenir, lors de
l'essai à vide, la tension nominale.
Connecté au réseau 400 V et utilisé comme moteur, cette machine absorbe, pour une
excitation donnée, un courant de 15 A avec un facteur de puissance unitaire. Si le couple
mécanique est réduit de moitié par rapport à cette situation, en gardant le même courant
d'excitation, quel sera le courant d'induit (en norme et en phase)
Quel est le couple maximum que la machine peut fournir avec cette excitation (pendant un
temps suffisamment court pour ne pas devoir tenir compte des limitations dues à
l'échauffement de la machine) ?
Quel est le couple maximum que la machine peut fournir avec cette excitation en pleine
charge ?
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Exercice 12 : Analyse du fonctionnement d'un moteur synchrone

On a
I nom = 13000 =18.764A
3400
Lors d’un essai en court-circuit, le courant d’induit est proportionnel au courant d’excitation.
On aurait donc, pour le courant d’excitation qui fournit la tension nominale à vide, un courant
d’induit de
I cc =18.764 =57.735A
0.325
En négligeant le fait que, lors de l’essai en court-circuit, la machine n’est pas saturée alors
qu’elle l’est lors de l’essai à vide, on peut calculer l’impédance synchrone
Z s = 400 =4Ω
357.735
En négligeant les pertes, on peut considérer que les résistances du circuit équivalent sont
nulles et donc que la réactance synchrone vaut aussi
Xs = Zs = 4.00 Ω
Voici quelques autres éléments de réponse
Is = 7.638 A en avance de 10.98° sur la tension.
Couple maximum :
• 263.1 Nm pendant un temps court
• 82.6 Nm en pleine charge
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Exercice 13 : Bilans de puissance d'un alternateur

Soit un alternateur de puissance nominale 25 MVA connecté à un réseau infini.


Les pertes Joule à l'induit sont, à courant nominal, de 200 kW.
Pour un courant fourni à facteur de puissance de 0.8 inductif, les pertes d'excitation sont de
20 kW à vide et de 50 kW en pleine charge; le rendement est de 94.1 % à mi-charge et de 96.2
% en pleine charge.
Évaluez le rendement à mi-charge et en pleine charge, pour un facteur de puissance valant
• 0.8 inductif,
• 1
• 0.8 capacitif
Tracez les trois courbes rendement-puissance fournie.

Note : la notion de "réseau infini" correspond, en électrotechnique, à la notion de la théorie


des circuits appelée "source de tension".

Indications :

A ce niveau de puissance, le réglage du courant d'excitation ne s'effectue pas par résistance


additionnelle. La résistance totale du circuit d'excitation est donc constante (et égale à Rf). Les
pertes d'excitation sont alors proportionnelles au carré du courant d'excitation.
La principale difficulté rencontrée par les étudiants est le fait que, avec les données
disponibles, le courant d'excitation ne peut pas être calculé en grandeur physique (A).
Cela ne pose pourtant aucun problème : il suffit de calculer ce courant en valeur relative (par
rapport à la valeur qu'il aurait en pleine charge).
Le fait de ne pas avoir indiqué la tension d'excitation est volontaire : il attire l'attention sur le
fait qu'en considérant les grandeurs électriques en valeur relative (plutôt qu'en valeur
physique), on arrive à résoudre beaucoup de problèmes en faisant moins de calculs
numériques que si on avait travaillé en grandeurs physiques.
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Exercice 13 : Bilans de puissance d'un alternateur

Pour nous aider à résoudre cet exercice de façon systématique, formons un tableau dont
chaque ligne correspond au bilan de puissance d'un des régime à considérer, et remplissons
les cases qui peuvent l'être directement avec les données de l'énoncé. Sachant que les pertes
ohmiques à l'induit sont proportionnelles au carré du courant, il est facile de porter dans ce
tableau la valeur de ces pertes, puisqu'on sait qu'elles valent 200 kW au courant nominal, donc
le quart de cette valeur à mi-courant et zéro à vide. La puissance électrique est facile à
calculer puisqu'elle vaut
P = 3I aU a cosϕ = 3I nomU nom I a U a cosϕ =25000000 I a U a cosϕ
I nom U nom I nom U nom

Enfin, pour les lignes où l'on connaît le rendement, il est facile de calculer la puissance
entrante et donc, par différence avec la puissance fournie par l'induit, le total des pertes. Nous
avons effectué ce calcul pour le régime à pleine charge et f.p. 0.8 inductif.
On obtient ainsi le tableau ci-dessous.
autres
f.p. I/Inom P pexc. pinduit p η
pertes total
MW kW kW kW kW %
- 0 0 20 0 .. .. ..
0.8 ind. 1/2 10 .. 50 .. .. ..
" 1 20 50 200 .. 790.0 96.2
1 1/2 12.5 .. 50 .. .. ..
" 1 25 .. 200 .. .. ..
0.8 cap. 1/2 10 .. 50 .. .. ..
" 1 20 .. 200 .. .. ..
Pour compléter la colonne relative aux pertes d'excitation, il faut pouvoir estimer le courant
d'excitation car ces pertes sont proportionnelles au carré du courant. Or, la détermination du
courant d'excitation passe par un calcul phasoriel, et nécessite donc la connaissance d'un
circuit équivalent.
L'élément du circuit équivalent le plus facile à estimer est la résistance statorique Ra . En effet,
on sait que les pertes ohmiques du stator valent 200 kW lorsque Ia est égal au courant nominal.
On en déduit
Ra = 200000
3I nom²
On a intérêt à écrire cette résistance sous la forme d'une fraction d'une impédance "de base", à
savoir
Rref =U nom / 3
I nom
Ceci peut se faire en introduisant dans cette formule la valeur du courant nominal déduit de
Snom =25000000= 3U nom I nom
On obtient ainsi
Ra=0.008 Rréf.
Le seul élément dont on dispose encore pour déterminer le circuit équivalent est la donnée des
pertes d'excitation en pleine charge (à cos ϕ = 0.8) et à vide . Rf étant inconnu, seul le rapport
entre les pertes à ces deux régimes, soit 50/20 , peut nous donner une information. On ne peut
donc espérer déterminer qu'un seul autre élément du circuit équivalent.
Nous allons donc considérer le circuit équivalent composé seulement, outre une source de
tension E , de la réactance synchrone Xs et de la résistance Rs que nous prendrons faute de
mieux égale à Ra .
Dans ce modèle, le courant d'excitation est supposé proportionnel à E (ce qui est raisonnable
car, les régimes considérés étant tous à la même tension d'induit, le champ magnétique total et
donc le niveau de saturation sont pratiquement constants). Le rapport entre les forces
électromotrices E en pleine charge (cos ϕ = 0.8) et à vide est donc, comme le rapport des
courants d'excitation,
Echarge = 50
E0 20
A vide, la force électromotrice E est égale à la tension, soit
E0 =U nom
3
donc, pour le fonctionnement en charge connue
E = 50 U nom =1.581U nom
20 3 3
Par ailleurs, pour ce régime, le courant d'induit vaut
Ia = (0.8 - j 0.6) Inom
On dispose donc de tous les éléments nécessaires pour déterminer le diagramme phasoriel
représenté ci-dessous.

Figure 1 : diagramme phasoriel à Inom et cos ϕ = 0.8 inductif


On déduit de ce diagramme que
50 = (1+0.008*0.8+ X s 0.6)²+(−0.008*0.6+ X s 0.8)²
20 Rref Rref
d'où l'on tire l'équation du second degré
( X s )²+1.2 X s −1.487136=0
Rref Rref
et finalement
Xs = 0.7591 Rréf.
En comparant ce résultat à Ra=0.008 Rréf, on note que Ra est petit par rapport à Xs , ce à quoi
on pouvait d'ailleurs s'attendre.
On aurait donc pu calculer Xs en négligeant Ra sans commettre d'erreur importante, et on
aurait alors obtenu
Xs = 0.7638 Rréf.
C'est la première valeur qui a été utilisée pour calculer la force électromotrice à chacun des
régimes considérés (en valeur relative par rapport à Eo ) , en déduire la valeur du courant
d'excitation (en valeur relative) et finalement celle des pertes d'excitation.
Le calcul de la force électromotrice nécessite un calcul phasoriel que l'on déduit directement
du graphe de la figure 1.
On peut ainsi compléter la colonne relative aux pertes d'excitation.
Pour deux des lignes, il ne reste plus qu'une case vide (les autres pertes)
En faisant un bilan d'énergie (le total des pertes doit être égal é la somme des pertes
d'excitation, des pertes ohmiques à l'induit et des "autres pertes") pour le régime à courant
nominal et f.p. 0.8 inductif, on calcule pour les "autres pertes" une valeur de 540 kW qui a été
portée dans le tableau ci-dessous.
autres
f.p. I/Inom P pexc. pinduit p
pertes total
η
MW kW kW kW kW %
- 0 0 20 0 .. .. ..
0.8 ind. 1/2 10 32.1 50 .. .. ..
" 1 20 50 200 540 790.0 96.2
1 1/2 12.5 23.0 50 .. .. ..
" 1 25 31.8 200 .. .. ..
0.8 cap. 1/2 10 13.9 50 .. .. ..
" 1 20 13.6 200 .. .. ..
Demandons nous maintenant ce que sont ces "autres pertes". Elles comportent en fait deux
termes.
Le premier est formé des pertes par frottement mécaniques, qui sont rigoureusement les
mêmes pour tous les régimes considérés puisque la vitesse d'une machine synchrone
connectée au réseau est fixée.
Le second est formé des pertes magnétiques. La vitesse étant fixée, celles-ci ne dépendent que
du niveau du champ magnétique, lequel est plus lié à la tension d'induit qu'à la force
électromotrice E car cette dernière ne tient pas compte de l'ensemble du champ magnétique vu
par l'induit. Or, la tension d'induit est la même dans tous les régimes considérés, de sorte que
le champ magnétique est lui aussi pratiquement constant, et donc aussi les pertes magnétiques.
On peut donc considérer que les "autres pertes" sont les mêmes à tous les régimes considérés.
Il est alors facile de compléter le tableau. On obtient finalement
f.p. I/Inom P pexc. pinduit pmm ptotal η
MW kW kW kW kW %
- 0 0 20 0 540 560 0
0.8 ind. 1/2 10 32.1 50 540 622.1 94.14
" 1 20 50 200 540 790.0 96.20
1 1/2 12.5 23.0 50 540 613.0 95.32
" 1 25 31.8 200 540 771.8 97.01
0.8 cap. 1/2 10 13.9 50 540 603.9 94.30
" 1 20 13.6 200 540 753.6 96.37
La valeur du rendement calculée pour le régime à mi-charge et f.p. 0.8 inductif ne diffère pas
de façon significative de la valeur du rendement fournie dans l'énoncé pour ce régime, ce qui
tend à montrer que l'hypothèse faite (constance des pertes magnétiques) est réaliste.
Voici finalement le graphe demandé dans l'énoncé (des points supplémentaires ont été
calculés pour le tracer).

Figure 2 : courbes rendement-puissance fournie.


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Exercice 14 : Calcul du courant d'excitation en fonction de la charge

Sur une machine synchrone, on relève expérimentalement la caractéristique magnétique


suivante :
Uo % de Unom 0 20 80 100 110
if A 0 0.2003 1.011 2.000 3.048

Lors de l'essai en court-circuit, le courant nominal Inom est atteint pour if = 1.7 A .
Quel sera le courant d'excitation i nécessaire pour un fonctionnement de la machine à tension
nominale Unom. et à une puissance P = 3/4 Snom. dans les 6 cas suivants ?

Courant d'excitation if en A
facteur de puissance
0.8 ind. 1 0.8 cap.
fonctionnement en moteur ? ? ?
fonctionnement en alternateur ? ? ?

Note : conformément à la pratique courante, le facteur de puissance sera dit inductif ou


capacitif en considérant le courant consommé dans le cas d'une utilisation en moteur, et le
courant débité dans le cas d'une utilisation en alternateur.

Indications :

Bien que la caractéristique magnétique ait été fournie, on ne peut utiliser de cette
caractéristique que le point correspondant à la tension nominale. En effet, il n'est pas possible
avec les données disponibles de calculer Ep, mais on sait que Ep est proche de la tension
d'induit Ua.
Une erreur grossière à ne pas commettre serait d'introduire dans la caractéristique
magnétique la tension Eo (qui est celle d'un équivalent de Thévenin) à la place de Ep.
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Exercice 14 : Calcul du courant d'excitation en fonction de la charge

Lors d’un essai en court-circuit, le courant d’induit est proportionnel au courant d’excitation.
On aurait donc, pour le courant d’excitation qui fournit la tension nominale à vide, un courant
d’induit de
I cc = 2 I nom =1.1765I nom
1 .7
En négligeant le fait que, lors de l’essai en court-circuit, la machine n’est pas saturée alors
qu’elle l’est lors de l’essai à vide, on peut calculer l’impédance synchrone (on suppose qu’il
s’agit d’une machine triphasée, bien que cette hypothèse ne soit pas nécessaire).
Zs = U nom =0.85 U nom
31.1765I nom 3I nom
En négligeant les pertes, on peut considérer que les résistances du circuit équivalent sont
nulles et donc que la réactance synchrone vaut aussi
X s =0.85 U nom
3I nom
Voici les réponses numériques.
Courant d'excitation if en A
facteur de puissance
0.8 ind. 1 0.8 cap.
fonctionnement en moteur 1.648 2.372 3.22
fonctionnement en alternateur 3.22 2.372 1.648
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Exercice 15 : Effet de condensateurs en parallèle sur l'induit

Reprenons les données de l'exercice 14 en supposant qu'il s'agit d'un alternateur 4 kVA, 400 V,
50 Hz et 1500 rpm.
Quelle sera la capacité de trois condensateurs connectés à l'induit et qui permettront
d'atteindre, à vide, la tension nominale avec un minimum de courant d'excitation ? La réponse
est-elle différente selon que ces condensateurs sont connectés en étoile ou en triangle ? Que
peut-on dire du courant d'excitation et du couple nécessaire ?
Comparez le courant consommé par les condensateurs au courant nominal de la machine.
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Exercice 15 : Effet de condensateurs en parallèle sur l'induit

Voici les réponses numériques.


• 3 x 46.81 μF en étoile
• ou 3 x 15.60 μF en triangle
On aura if ≈ 0 (en pratique, l'aimantation rémanente suffira souvent).
On aura aussi C ≈ 0 .

Le courant nominal de la machine vaut


I anom = 4000 = 10 =5.7735A
3400 3
Le courant de ligne consommé par les condensateurs, soit
3.3962 A
est inférieur au courant nominal, ce qui rend possible le fonctionnement à courant d'excitation
nul.
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Exercice 16 : Analyse détaillée du fonctionnement d'une machine synchrone

On reprend les données de l'exercice 14 et de l'exercice 15 en supposant que l'on dispose des
données supplémentaires ci-dessous.
Lors de l'essai en génératrice à vide, la puissance mécanique absorbée est de 100 W sans
excitation et de 260 W avec une excitation telle que la tension nominale d'induit soit réalisée.
Lors de l'essai en court-circuit, la puissance mécanique absorbée est de 100 W sans excitation
et de 201 W avec une excitation telle que le courant d'induit nominal soit réalisé.
La réactance de Potier Xa vaut 3 Ω.

Comparez les nouveaux résultats à ceux des exercices 14 et 15.


Calculez la puissance mécanique nécessaire dans chaque cas.

Note: Nous avons dans cet énoncé donné la valeur de la réactance de Potier Xa , mais laissé à
l'étudiant le soin de calculer celle du rapport α. En pratique, Xa et α sont déterminés en
analysant simultanément les résultats de plusieurs essais, dont l'un doit correspondre à un
niveau de saturation élevé et un courant d'induit fortement réactif.

Indication :
Dans cet exercice, on peut utiliser la caractéristique magnétique donnée dans l'énoncé de
l'exercice 14, car il est possible avec les données disponibles de calculer Ep et donc le rapport
Ep/Ua. Sauf pour l'interprétation de l'essai en court-circuit, ce rapport est proche de 1 de sorte
que l'on interpolera au voisinage du point correspondant à la tension nominale.
Pour faciliter l'usage d'une caractéristique magnétique, il est possible de la remplacer par une
approximation analytique. La caractéristique qui vous est donnée correspond en fait au
polynôme
i f = U a + ( U a )7
U anom U anom
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Exercice 16 : Analyse détaillée du fonctionnement d'une machine synchrone

La première chose à faire est de déterminer les paramètres du modèle.


Du point de vue mécanique, les deux essais sans excitation montrent que la puissance perdue
par frottement est de
Cp (ωs/p) = 100 W à vitesse nominale
(il n'est pas nécessaire d'étudier le type de frottement concerné puisque la machine tourne
toujours à la même vitesse).
Du point de vue électrique, l'essai à vide montre que la résistance de pertes magnétiques vaut
3(400/ 3)²
Rp = =1000Ω
260−100
Nous supposerons que cette résistance garde la même valeur à tous les régimes.
L'essai en court-circuit permet de calculer Ra . Lors de cet essai, le courant d'induit valait sa
valeur nominale, soit
I a,nom = 10 =5.7735A
3
comme calculé lors de la solution de l'exercice 15.
Si on néglige les pertes magnétiques durant cet essai, on arrive à la conclusion que Ra vaut
101/3/Ia nom2 ≈ 1.01 Ω . On peut améliorer cette valeur en calculant Za , puis Ep , et constater
que les pertes magnétiques valent environ 1 W durant cet essai.
On obtient ainsi une meilleure valeur pour la résistance d'induit :
Ra = 101−1 =1Ω
3*I a,nom²
On en déduit
Z a = Ra ²+ X a ² = 10 =3.1623Ω
et
E p,cc =Z a *I a,nom =10 10 =18.2742V
3
On en déduit aussi que, durant l'essai en court-circuit, le courant d'induit Ia a pour phaseur (en
prenant comme référence de phase la tension Ep )
I a,cc =10 10 1 = 10 − j 30 =1.82574− j5.47723A
3 1+ j3 3
L'essai en court-circuit permet aussi de déterminer la valeur du rapport de transformation 1/α .
Il faut pour cela égaler le courant de la "source de courant", soit, conformément aux données
de l'exercice 14,
i f =1.7 A
α α
au module du courant obtenu en sommant le courant de court-circuit au courant consommé
lors de cet essai par les éléments parallèle.
En consultant la caractéristique magnétique fournie dans l'énoncé de l'exercice 14, on voit que
la norme de ce dernier vaut
0.0791755 / α A .
Cette norme dépend de α, ce qui rend difficile un calcul direct. Par bonheur, elle est assez
faible, de sorte qu'il est possible de calculer la valeur α par itération.
Lors de ce calcul, on peut considérer à titre d'approximation cette expression est purement
imaginaire car due essentiellement à Xμ . Il n'est cependant pas difficile de tenir compte de la
partie réelle (due à Rp ), car celle-ci peut se calculer en utilisant à nouveau la valeur de Ep,cc :
18.25742 =0.01825742A
Rp
La convergence du calcul conduit rapidement à la valeur
1 =3.556
α
Grâce à cette valeur, la caractéristique magnétique donnée dans l'énoncé de l'exercice 14 peut
être transformée en la caractéristique d'une impédance non linéaire. En utilisant l'expression
polynomiale suggérée dans les indications, on obtient donc
I μ = E p =3.556638⎡ U a +( U a )7 ⎤
Zμ ⎢⎣U a,nom U a,nom ⎥⎦
En fin de compte, le modèle de la machine se compose de 6 éléments :
• Une source de courant de valeur if / , où est donné par 1 =3.556 ;
α
• Une réactance de magnétisation Xm non linéaire, donnée par la caractéristique
I μ = E p =3.556638⎡ U a +( U a )7 ⎤
Zμ ⎢⎣U a,nom U a,nom ⎥⎦
• Une résistance parallèle (de pertes magnétiques) Rp donnée par
3(400/ 3)²
Rp = =1000Ω ;
260−100
• Une réactance série (réactance de Potier), Xa = 3 Ω , donnée dans l'énoncé;
• Une résistance série Ra donnée par Ra = 101−1 =1Ω ;
3I anom²
• Une puissance perdue par frottement mécanique Cp (ωs/p) = 100 W.

Puisque ce modèle comporte un élément non linéaire, son analyse demandera le plus souvent
un calcul itératif.
(la suite de l'exercice plus tard)
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Exercice 17 : Calcul des courants d'une machine synchrone (examen elec2310, juin 2001)

Une machine synchrone est raccordée à un réseau triphasé 50 Hz qu'on assimile à une source
idéale triphasée équilibrée de tension de ligne 380 Veff.
Sachant que la réactance synchrone des phases du stator de la machine vaut j5 Ω et que la
valeur efficace des tensions induites dans chaque phase du stator par le courant inducteur if
vaut 220 if, calculez la valeur du courant inducteur et la valeur efficace du courant d'induit
lorsque la machine fournit au réseau une puissance active de 10 kW avec un cosϕ de 0.8
inductif. Négligez la résistance des enroulements statoriques.
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Exercice 17 : Calcul des courants d'une machine synchrone (examen elec2310, juin 2001)

Le courant d'induit vaut, en valeur efficace,


Ia = 10000 =18.9918A
3*380*0.8

La valeur de sin ϕ est de


sinϕ = 1−cos²ϕ = 1−0.8² =0.6
Le phaseur représentatif du courant d'induit vaut donc
Ia =Ia(0.8− j0.6)=15.1934− j11.3951A
où la partie imaginaire est négative puisque le f.p. est inductif (courant en retard sur la
tension).
On en déduit
E0 =U a + jX s Ia =276.61+ j75.97V
soit, en module,
Eo = 286.61 V
Le courant d'inducteur nécessaire est donc de
if = 286.61/220 = 1.302 A
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Exercice 18 : Calcul des courants d'une machine synchrone (examen elec2310, juin 2003)

Une machine synchrone est raccordée à un réseau infini ayant une tension de phase étoile de
3kV.
Lorsque la machine ne fournit ni puissance active ni puissance réactive au réseau, le courant
inducteur vaut 20 A.
En maintenant la puissance active à zéro, on augmente le courant inducteur jusqu'à ce que la
machine fournisse au réseau une puissance réactive de 500 kVAr. A ce moment, le courant
inducteur vaut 30 A.
On augmente ensuite la puissance active jusqu'à 200 kW. Que valent à ce moment les
composantes actives et réactives du courant débité ?
Quelle valeur doit-on donner au courant inducteur pour ramener le cos ϕ à 1, c'est-à-dire avoir
P=200 kW et Q = 0.
Supposer Eo proportionnel au courant inducteur.
Négligez les pertes dans la machine (donc les résistances des enroulements statoriques).
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Exercice 18 : Calcul des courants d'une machine synchrone (examen elec2310, juin 2003)

Pour répondre correctement aux questions posées, il faut absolument disposer d'un modèle de
la machine. Un tel modèle (circuit équivalent) peut être déduit des deux premiers essais cités.
Puisque tous les régimes considérés ont la même tension d'induit, le niveau de saturation de la
machine reste à peu près constant et il est logique de supposer que Eo est proportionnel au
courant d'inducteur if , ce qui était d'ailleurs explicitement dit dans l'énoncé.
Dans le premier régime cité, il n'y a aucune transfert de puissance, ni active ni réactive. Dans
ce régime, le courant est nul et donc Eo est égal à la tension d'induit Us .
Connaissant Eo = 3000 V et if = 20 A dans ce régime, on en déduit que la relation linéaire entre
Eo et if est
Eo = 3000/20 if = 150 if
Dans cette formule, Eo est donné en grandeur de phase étoile.
Certains étudiants qui ont travaillé, comme dans la solution qui suit, en grandeurs de phase
étoile ont divisé la tension de 3000 V par racine de 3. Il s'agit d'une erreur car la tension de
3000 V est déjà une tension de phase étoile (et non pas une tension de ligne).
D'autres étudiants ont utilisé dans leur solution des formules relatives aux grandeurs de ligne.
C'est bien entendu possible, à condition de multiplier la tension de 3000 V par racine de 3, ce
que certains n'ont pas fait.
Ici, nous continuons la solution avec les tensions prises en grandeurs de phase étoilée.
Dans le second régime cité, la puissance et le courant d'induit sont purement réactifs. Le
déphasage du courant par rapport à la tension est donc de 90° . On obtient ainsi le diagramme
phasoriel de la figure 1.

Figure 1
Puisque dans ce régime le courant if est de 30 A, on déduit que
Eo = 150 x 30 = 4500 V.
Par ailleurs, la puissance apparente S étant égale dans ce régime à la puissance réactive
(500kVA), on peut calculer le courant d'induit par
S = 3 Us Is ,
Donc
I s = 500000 =55.556A
3*3000
(dans ces formules, le facteur 3 doit être remplacé par racine de 3 si et seulement si on a
remplacé la tension de phase étoilée de 3000 V par la tension de ligne de 5196 V ! )
Connaissant Eo et Us , et sachant par la figure 1 que les phaseurs correspondant sont alignés,
on peut calculer facilement Xs Is , soit
Xs Is = 4500 - 3000 = 1500 V
donc, puisque l'on connaît Is
Xs = 1500 / 55.556 = 27 Ω
Ces équations modélisent complètement la machine avec les hypothèses simplificatrices faites
(pas de résistances de perte, pas de non linéarités…).
La première sous-question concerne un régime à 200 kW.
Le calcul du courant actif est facile. On obtient
I s,actif = 200000 =22.222A
3*3000
On ne peut pas calculer la composante réactive de façon aussi simple parce que, logiquement,
ce régime est atteint en gardant le courant d'excitation à la même valeur (soit if = 30 A) et en
augmentant la puissance mécanique fournie à l'alternateur.
Dans ces conditions, on ne peut pas supposer que la puissance réactive reste constante. Il
faut donc impérativement utiliser le modèle de la machine pour répondre à cette sous-
question. Le diagramme phasoriel a maintenant l'allure indiquée à la figure 2

Figure 2
Puisque if est resté le même, Eo a gardé sa valeur précédente de 4500 V.
On calcule aisément (nous prenons la phase de la tension d'induit comme référence)
Im(jX s Is)=27*22.22=600V
Par Pythagore, on calcule alors
Re(E0)= 4500²−600² =4459.8V
donc
Re(jX s I s)=4459.8−3000=1459.8V
On en déduit la composante réactive du courant d'induit
Is réactif = 1459.8 / 27 = 54.07 A
Il existe bien entendu de multiples autres façons d'arriver à ce résultat. Plusieurs étudiants ont
utilisé comme intermédiaire de calcul l'angle interne δ (voir figure 2) à l'aide de la formule
P=3U s E0sinδ
Xs
où le facteur 3 doit figurer puisque nous utilisons pour Eo et Us des valeurs de phase étoilée
(par contre, on doit s'en dispenser si on utilise des valeurs de ligne).
On obtient ainsi
sinδ = 200000*27 =0.13333
3*3000*4500
cos δ = 0.99107
A partir de là, le plus simple est de calculer
Re(E0)=4500cosδ =4459.8V
et de continuer le calcul comme ci-dessus en utilisant cette valeur à la place. Certains
étudiants ont préféré calculer Xs Is en utilisant la formule d'Al Kashi, en déduire la valeur de Is
puis, connaissant la partie active de ce courant, en déduire la partie réactive par Pythagore.
Les étudiants qui ont supposé que la puissance réactive restait égale à 500 kVAr lors de cet
essai ont été coté sur la moitié des points attachée à cette sous-question, car faire cette
supposition montre qu'ils ne connaissent pas le principe de réglage d'un alternateur (la
puissance active se règle en agissant sur la puissance mécanique fournie à l'alternateur, pas en
modifiant le courant d'excitation). A noter que, si on considère que la puissance réactive est
restée inchangée, on ne peut pas supposer que if garde la même valeur (30A) que
précédemment sous peine d'arriver à des incohérences.
La seconde sous-question est encore plus simple que la première.
En effet, lorsque la puissance réactive est nulle, le courant d'induit est en phase avec la
tension. Ce courant, purement actif, a alors la valeur 22.222A, de sorte que
Im(jX s Is)=27*22.22=600V reste valable. Le diagramme phasoriel est alors celui représenté à
la figure ci-dessous

Figure 3
La valeur de Eo est donnée par le théorème de Pythagore
E0 = 3000²+600² =3059.4V
On en déduit immédiatement la valeur de if , à savoir
if = 3059.4/150 = 20.4 A
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Exercice 1 : Structure des enroulements

Si on considère la répartition spatiale des conducteurs d'un enroulement (c'est-à-dire d'une


phase) du stator d'une machine synchrone triphasée, est-il vrai que cette répartition doit avoir
une périodicité spatiale est de 360°/3p ?
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Exercice 1 : Structure des enroulements

C'est faux !

Pour que l'enroulement considéré puisse échanger de l'énergie, il faut qu'il soit couplé au
champ tournant. Chaque enroulement doit dont présenter la même périodicité spatiale que le
champ tournant, soit une périodicité de 360°/p .
Si, comme c'est normalement le cas, les conducteurs sont répartis à la surface de l'entrefer (ou
plus exactement dans des encoches creusées dans les surfaces ferromagnétiques qui bordent
l'entrefer), ces conducteurs doivent présenter la périodicité de 360°/p , donc comporter p
nappes de conducteurs aller alternées avec p nappes de conducteurs retour.
Cette réponse est un simple "copier-coller" de la réponse à l'exercice 1 relatif à la machine
asynchrone. La structure du stator d'une machine synchrone est donc la même que celle du
stator d'une machine asynchrone.
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Exercice 2 : Lien entre les nombres de pôles et de phases.

Le nombre de pôles d'un moteur synchrone triphasé est-il nécessairement un multiple de 3 ou


un multiple de 6 ?
Que peut-on dire de la périodicité des structures (enroulements ou autres) présentes au rotor
d'une machine synchrone ?
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Exercice 2 : Lien entre les nombres de pôles et de phases.

Ni l'un ni, l'autre.

Il n'y a pas de relation entre le nombre de pôles et le nombre de phase. Une machine triphasée
peut avoir 2 pôles, 4 pôles, 6 pôles... ou n'importe quel nombre entier pair 2p de pôles.
Le fait que le champ soit associé aux courants de plusieurs phases ne change rien au nombre
de pôles.
Pour nous en rendre compte, supposons que des courants circulent dans chacune des phases
du stator et que l'on puisse décomposer le "champ statorique" en une somme des champs
"créés" par chacune des phases (ce qui n'est rigoureux que dans un modèle linéaire de la
machine).
Tous les enroulements (phases) présentent la même périodicité spatiale, soit 360°/q (où q est
un nombre entier dont nous découvrirons plus loin la signification).
Chaque enroulement produit donc un champ de périodicité 360°/q .
Puisque les enroulements d'un système polyphasé sont décalés les uns par rapport aux autres,
il en est de même des champs qu'ils produisent.
Mais ces champs ont été supposés avoir une dépendance sinusoïdale vis à vis de la
coordonnée spatiale angulaire, et on sait que la somme de plusieurs sinusoïdes de même
période est une sinusoïde de même période que celle des termes de la somme (même si ces
sinusoïdes n'ont pas la même amplitude ou sont décalées l'une par rapport à l'autre). Le champ
magnétique total aura donc lui aussi une périodicité de 360°/q .
On en déduit que la périodicité q est identique à celle du champ magnétique, donc que ce
nombre q n'est autre que le nombre de paires de pôles p : chaque enroulement doit présenter la
même périodicité 360°/p que le champ magnétique, ce que l'on avait déjà obtenu lors de la
solution de l'exercice 1 en utilisant un argument différent.
L'argument utilisé ci-dessus pour montrer que la périodicité du stator est p peut aussi
s'appliquer aux structures rotoriques, qui doivent donc présenter aussi une périodicité p .
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Exercice 3 : Lien entre les nombres de pôles du stator et du rotor

Existe-t-il une liaison entre les nombres de pôles du stator et du rotor d'une machine
synchrone ?
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Exercice 3 : Lien entre les nombres de pôles du stator et du rotor

Dans une machine à champ tournant, le nombre de pôles est nécessairement le même au stator
et au rotor.
En effet, le nombre de pôles correspond à la périodicité du champ magnétique, et celle-ci doit
être la même des deux côtés de l'entrefer (sinon, le champ d'entrefer ne serait pas périodique).

Remarque :

Comme nous l'avons vu lors de la solution de l'exercice 1, pour être couplés avec ce champ,
les enroulements du stator doivent tous présenter la même périodicité p. On peut d'ailleurs
faire la même remarque à propos du rotor, comme nous l'avons noté lors de la solution de
l'exercice 2.
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Exercice 4 : Structure du rotor

Est-il vrai que le rotor d'une machine synchrone comporte au minimum trois enroulements
formant un système polyphasé (donc au minimum triphasé) ? Sinon, quel est le nombre
minimum d'enroulements du rotor ?
On sait que le rotor d'une machine asynchrone doit être lisse (dépourvu de saillances
magnétiques). En est-il de même pour le rotor des machines synchrones ? Le rotor d'une
machine synchrone doit-il nécessairement comporter des saillances ?
On sait que le rotor d'une machine asynchrone ne peut pas comporter d'aimant permanent. En
est-il de même pour le rotor d'une machine synchrone ?
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Exercice 4 : Structure du rotor

Les saillances magnétiques et les aimants permanents donnent lieu à un couple qui tend à les
aligner avec les pôles du champ d'entrefer. Si le rotor d'une machine asynchrone ne peut
comporter ni saillance magnétique ni aimant permanent, c'est parce que ce rotor glisse par
rapport au champ tournant. Les saillances seraient donc tantôt en avance par rapport au champ
(et donc donneraient lieu à un couple négatif) et tantôt en retard (et donneraient lieu à un
couple positif). Elle donneraient donc lieu dans le cas d'une machine asynchrone à un couple
pulsatoire.
Comme le rotor d'une machine synchrone tourne à la même vitesse que le champ, les
saillances et les aimants permanents donnent lieu à un couple constant (négatif si le rotor est
en avance sur le champ, positif dans le cas contraire). Il peut donc y avoir des saillances et des
aimants permanents au rotor des machines synchrones, et le couple qui en résulte peut être
utilisé.
Les enroulements du rotor n'ont pas besoin de former un système polyphasé, car il est possible
d'obtenir avec un seul enroulement une répartition de courant présentant la même périodicité
que le champ. Le rotor des machines synchrone comporte donc normalement un seul
enroulement, l'inducteur, parcouru par un courant if. Il est même possible de n'avoir aucun
enroulement au rotor puisque les aimants permanents et les saillances suffisent pour obtenir
un couple.
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Exercice 5 : Utilisation d'un moteur asynchrone en tant que machine synchrone

On souhaite utiliser un moteur asynchrone triphasé 400 V 50 Hz à rotor bobiné en tant que
machine synchrone.
Pour cela, on connecte le stator à un réseau triphasé conforme à ses valeurs nominales, tandis
que l'on réalise au rotor une des connexions suivantes:

Figure 1 : deux façons de connecter un rotor triphasé en inducteur.

On alimente le circuit rotorique ainsi obtenu par un courant if .


Les enroulements du rotor sont formés de fil émaillé de 1 mm2 de section.
Montrez que le rotor peut être considéré comme alimenté en triphasé. Ir étant le courant du
circuit monophasé équivalent (étoilé), quelle est la relation entre ce courant et le courant if ?
En régime, que peut-on dire du glissement γ de cette machine ?
Les réponses ci-dessus dépendent-elle du mode de connexion ?
Du point de vue des pertes par effet Joule au rotor, laquelle des deux connexions de la figure 1
est-elle préférable ?

Question supplémentaire : faut-il craindre lors d'un fonctionnement en régime normal une
augmentation de la résistance rotorique (par rapport à la résistance DC) sachant que les
conducteurs rotoriques sont en cuivre ?
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Exercice 5 : Utilisation d'un moteur asynchrone en tant que machine synchrone

Pour qu'un système de trois courants ira , irb et irc puisse être considéré comme un système
triphasé équilibré, il faut que les courants soient de la forme
ira = 2 I r cos(ωrt +ϕr )
irb = 2 I r cos(ωrt +ϕr −2π /3)
irc = 2 I r cos(ωrt +ϕr −4π /3)
Dans le premier cas, on a donc
i f = 2 I r cos(ωrt +ϕr )
−i f / 2= 2 I r cos(ωrt +ϕr −2π /3)
−i f / 2= 2 I r cos(ωrt +ϕr −4π /3)

Pour obtenir la relation cherchée, on peut élever au carré chacune de ces équations et les
additionner membre à membre. La somme des carrés des cosinus valant 3/2 , on obtient
(1+1/4+1/4)i f ²=2I r23/2
soit
i f = 2 Ir

Il faut alors que l'on ait


ωrt +ϕr =0

En régime, la fréquence rotorique ωr et la phase ϕr sont toutes deux nulles.

Dans le second cas, on a


0= 2 I r cos(ωrt +ϕr )
−i f = 2 I r cos(ωrt +ϕr −2π /3)
i f = 2 I r cos(ωrt +ϕr −4π /3)

Pour obtenir la relation cherchée, on peut élever au carré chacune de ces équations et les
additionner membre à membre. La somme des carrés des cosinus valant 3/2 , on obtient cette
fois
(0+1+1)i f ²=2I r23/2
soit
i f = 3/2 Ir

Il faut alors que l'on ait


ωrt +ϕr =−π /2

En régime, la fréquence rotorique ωr est nulle tandis que ϕr vaut


ϕr=-π/2
Les résultats sont bien ceux indiqués dans le livre de référence (page 77, formule 3.58).
On observe également que, en régime, if doit être constant (courant continu).
Par ailleurs, on sait que le glissement est égal au rapport entre les fréquences rotorique et
statorique
γ = ωr / ωs
donc, compte tenu des résultats,
γ=0

La puissance perdue par effet Joule vaut Rf if2 . Si Rr est la résistance d'une phase, on a dans le
premier cas
Rf = (3/2) Rr
et, dans le second,
Rf = 2 Rr
Compte tenu des résultats pour if, on calcule aisément que la puissance perdue par effet Joule
au rotor vaut dans les deux cas
prJ = 3 Ir2
Aucun des deux montages n'est donc préférable du point de vue des pertes Joule.
Les deux montages utilisent cependant des tensions et des courants différents : il se peut donc
que l'un soit mieux adapté que l'autre à l'alimentation DC utilisée.
Un autre critère de choix peut être que le montage A comporte un parcours en court-circuit
(celui formé des phases b et c), de sorte que ce montage amortit mieux les oscillations qui
peuvent se produire par rapport au fonctionnement en régime permanent.
Enfin, la fréquence rotorique étant nulle (courant continu), il n'y a pas d'effet de peau à
craindre !
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Exercice 6 : Que peut-on dire de la tension rotorique ?

Un moteur synchrone triphasé 400 V 50 Hz a une vitesse nominale de 750 t/m .


Son rotor ne comporte qu'un seul enroulement, formé d'un fil émaillé de 100 m de long et de
1 mm2 de section. En régime nominal, celui-ci doit être parcouru par un courant de 5 A et le
flux encerclé par cet enroulement est de 4 Wb.
Que peut-on dire de sa tension rotorique ?
La réponse ci-dessus dépend-t-elle du nombre de phases du stator ou de leur mode de
connexion ?
Quel est le nombre de paires de pôles du rotor ?

Indications

Le cuivre est un matériau dont la conductivité vaut (selon le manuel Mag-Net)


σCu = 5.7 107 S/m (Siemens/m) à 0°C
Le Siemens est l'inverse de l'Ohm et la conductivité est l'inverse de la résistivité ρ .
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Exercice 6 : Que peut-on dire de la tension rotorique ?

Puisque, en régime, la fréquence rotorique d'une machine synchrone est nulle, il n'y a pas de
variation du flux magnétique et donc pas de tension induite dans l'enroulement d'excitation.
La donnée du flux était donc superflue dans cet exercice ! Ce résultat ne dépend pas de la
façon dont le stator est réalisé !
Par contre, puisqu'il n'y a pas de tension induite et que l'inducteur est formé de cuivre, métal
dont la résistivité n'est pas nulle, la seule façon de faire circuler le courant d'inducteur est
d'appliquer aux bornes de celui-ci une tension donnée par la loi d'Ohm
uf = Rf if
Il faut donc pour répondre à cet exercice estimer la résistance de l'inducteur, ce qui peut se
faire par la loi de Pouillet :
Rf = ρ L / S = (1 / 5.7 107) * 100 / 1 10-6 = 1.754 Ω
La tension d'inducteur doit donc valoir
uf = 1.754 * 5 = 8.77 V
Par ailleurs, le nombre de pôles du rotor doit, comme dans toute machine à champ tournant,
être identique au rotor et au stator. Puisque la vitesse de rotation est de 750 t/m , soit 750/60 =
12.5 t/s , alors que la fréquence électrique est de 50 Hz, le nombre de paires de pôles est
p = 50/12.5 = 4
soit un nombre 2p = 8 de pôles.
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Exercice 7 : Que peut-on déduire de la vitesse nominale d'un moteur synchrone ?

Un moteur synchrone triphasé 400 V 50 Hz a une vitesse nominale de 1500 t/m .


Quel est le nombre de pôles de ce moteur ?
Que peut-on dire de la vitesse de son champ magnétique ?
Que peut-on dire de la vitesse à vide de ce moteur ?
Que peut-on dire de son rendement en pleine charge ?

Les réponses aux questions ci-dessus sont-elles différentes selon que le stator du moteur est
connecté en étoile ou en triangle ? Si oui, donnez les réponses dans les deux cas.
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Exercice 7 : Que peut-on déduire de la vitesse nominale d'un moteur synchrone ?

La vitesse de rotation du champ magnétique est la même que celle du rotor, puisque dans une
machine synchrone le champ tournant est fixe par rapport au rotor.
La vitesse de rotation du champ est donc de 1500 t/m , soit 25 t/s .
Le nombre de paires de pôles est p = 2.
En effet, on sait que la fréquence électrique statorique est égale à la vitesse du champ
multipliée par le nombre de paires de pôles p. On a donc
p = 50 / 25 = 2
La vitesse de rotation à vide est exactement la même qu'en charge, à savoir 1500 t/m (ce qui
dépend de la charge, ce n'est pas la vitesse mécanique du rotor mais l'angle de décalage entre
le champ tournant et le rotor).
Les données ne permettent de tirer aucune conclusion concernant le rendement. En effet, la
puissance consommée par le circuit d'excitation n'est pas transmise via l'entrefer comme dans
le cas d'une machine asynchrone, mais amenée au rotor par un circuit électrique extérieur à la
machine. Pour évaluer les pertes rotoriques, il faudrait donc avoir des renseignements sur le
circuit d'inducteur.
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Exercice 8 : Pertes d'un alternateur

Un alternateur porte les indications suivantes :

V 400 Hz 50 3 ϕ
10 kW t/m 1500
12.5 kVA EXC. 200 V

L'induit ne comporte que trois bornes : on ignore s'il est connecté en étoile ou en triangle.
La résistance statorique, mesurée entre deux phases à l'ohmmètre, vaut 1.5 Ω. La résistance de
l'inducteur est de 100 Ω additionnée à la valeur d'une résistance réglable montée en série avec
l'inducteur.
Que peut-on dire des pertes et du rendement de cet alternateur lorsqu'il débite sa puissance
maximum dans une charge dont le facteur de puissance est le plus mauvais que l'alternateur
puisse supporter dans ces conditions, sachant que le courant d'excitation est alors de 1.2 A .

Le rendement est-il différent selon que le moteur est connecté en étoile ou en triangle. Si oui,
examinez les deux situations.

Indications :

Dans le cadre de l'exercice proposé, le réglage de l'excitation s'effectue à l'aide d'une


résistance variable, ce qui occasionne des pertes par effet Joule dans cette résistance. Cette
solution n'est donc réaliste que pour de petits alternateurs comme celui considéré ici.
Dans l'évaluation des pertes, il convient d'englober les pertes Joule de la résistance de réglage
dans les pertes d'excitation, bien que ces pertes ne se produisent pas à l'intérieur de la
machine.
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Exercice 8 : Pertes d'un alternateur

Les résultats du calcul ne peuvent pas dépendre du type de connexion du stator.


Plutôt que de calculer sur les phases réelles, ce qui obligerait à envisager les deux hypothèses,
il est plus simple d'utiliser les conventions du cours pour le circuit équivalent (avec ces
conventions, les grandeurs sont celles d'une branche d'une étoile équivalente).
La résistance ohmique de l'induit (par phase) vaut alors
Rs = 1.5/2 = 0.75 Ω.
Au régime considéré, la puissance apparente est de 12.5 kVA bien que la puissance soit de 10
kW, puisque le facteur de puissance de la charge est le pire que l'on puisse accepter (soit 10 /
12.5 = 0.8).
On en déduit la valeur du courant d'induit
I s = 12500 =18.042A
3400

Les pertes ohmiques à l'induit valent donc


3 Rs Is2 = 3 * 0.75 * 18.0422 = 733.42W .
Par ailleurs, les pertes d'excitation (résistance additionnelle comprise) valent
uexc. if = 200 * 1.2 = 240 W.
Rien qu'en considérant les pertes calculées ici, on voit que le rendement au régime considéré
ne peut pas excéder la valeur
η≤ 10000 =0.9114=91.14%
1000+733.42+ 240

En fait, le rendement sera plus faible parce que l'on n'a pas pu tenir compte dans la solution à
ce problème des pertes mécaniques, des pertes magnétiques au stator ni des pertes d'induit
supplémentaires (celles que l'on modéliserait en considérant pour Rs une valeur plus élevée en
courant alternatif qu'en courant continu).
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Exercice 9 : Lien entre la puissance et l'angle interne δ d'un alternateur

Un alternateur triphasé 11.5 kV 50Hz, d'une puissance nominale de 170 MVA , d'un facteur de
puissance nominal de 0.9 inductif et d'une vitesse nominale de 3000 t/m, fonctionne en régime
nominal avec un courant d'excitation de 5.28 A et un angle interne δ de 3.65°.
Il est connecté à un réseau conforme à sa tension nominale et excité avec un courant de
5.15 A. on observe dans ces conditions un fonctionnement avec un angle interne de 1.64°.
Que peut-on dire de la puissance active fournie au réseau dans ces conditions ? Que peut-on
dire du couple fourni à l'alternateur par le moteur d'entraînement (turbine...) ?
Quel serait, d'un point de vue électrique, le couple maximum applicable à l'alternateur (sans se
soucier de tenue mécanique, de stabilité ni du danger d'échauffement occasionné par des
pertes excessives) pour un courant d'excitation de 5.28 A ?

Indications :

Dans le cadre de l'exercice proposé, on n'a aucun moyen d'estimer les réactances et les
résistances du circuit équivalent. Nous supposerons donc que le circuit équivalent comporte
essentiellement une source de courant de valeur if/α et que la tension Ep appliquée à cette
source est identique à la tension du réseau (ce qui revient à ne pas introduire d'éléments série
Xa ou Ra dans le modèle).
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Exercice 9 : Lien entre la puissance et l'angle interne δ d'un alternateur

Avec les hypothèses proposées dans les indications, la puissance convertie, c'est-à-dire la
puissance échangée par la source de courant du circuit équivalent, vaut (en puissance
triphasée)
311500 i f cos(δ − π )= 311500 i f sinδ
α 2 α
La puissance convertie est donc proportionnelle au courant d'excitation et à sinδ.
Notons que l'on arriverait à la même conclusion avec un circuit équivalent comportant des
inductances, pourvu que celles-ci soient linéaires ou en tout cas que l'on ne compare que des
régimes correspondant au même niveau de saturation (ce qui est le cas dans cet exercice
puisque la tension statorique est fixée).
En négligeant les pertes Joule à l'induit et les pertes magnétiques, la puissance convertie est
égale à la puissance électrique (active). Celle-ci vaut
170 * 0.9 = 153 MW en régime nominal.
On a donc le rapport
Pconv = 5.15sin(1.64°)
153 5.28sin(3.65°)
d'où l'on tire la valeur de la puissance convertie (supposée égale à la puissance électrique
fournie par l'induit)
P = 67.1 MW
A condition de négliger aussi les pertes mécaniques, on peut considérer la puissance comme
la puissance mécanique entrante. La vitesse de rotation étant connue puisqu'il s'agit d'une
machine synchrone sur réseau, à savoir
3000 t/m = 50 Hz = 314.2 rad/s ,
on peut obtenir le couple en divisant la puissance mécanique par cette vitesse de rotation.
Cmec = 67.1/314.2 = 214 kNm
Si on admet que les hypothèses faites restent valables même en cas de forte surcharge de
l'alternateur, la puissance maximum (au sens de l'énoncé) s'obtient lorsque l'angle interne vaut
90°, soit
sin(90°)
Pmax =153 =2403MW
sin(3.65°)
Il s'agit bien entendu d'une puissance inaccessible, car beaucoup plus grande que la puissance
nominale
A condition de négliger les pertes mécaniques, on pourrait considérer cette puissance comme
la puissance mécanique entrante. En la divisant par la vitesse de rotation, on peut obtenir le
couple.
Cmax = 2403/314.2 = 7.65 106 Nm
Il faut cependant noter que le régime correspondant à la puissance maximum et au couple
maximum correspondrait à un courant très supérieur au courant nominal. Dans ces conditions,
l'hypothèse selon laquelle les tensions Ep et Us sont égales est fort peu réaliste.