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Université Cheikh Anta Diop

Ecole Supérieure Polytechnique (ESP)


Département Génie Chimique et
Biologie Appliquée
TEMA/L3
2019-2020
UE stabilisation des aliments
Additifs alimentaires

Chapitre 2 : Préoccupations des consommateurs vis-à-vis de


l’utilisation des additifs alimentaires

Professeur Malang SEYDI


Edition2019-2020
-UCAD/ESP/DEP-GC-BAp/TEMA-L3 /MgSEYDI/2019-2020
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UE stabilisation des aliments


Additifs alimentaires

Chapitre 2 : Préoccupations des consommateurs vis-à-vis de


l’utilisation des additifs alimentaires
Edition 2019-2020
Professeur Malang SEYDI

1. Introduction

L’usage des additifs alimentaires inquiète toujours les consommateurs.

Malgré leurs caractéristiques modernes, les additifs alimentaires sont


employés depuis des siècles. La conservation des aliments a commencé
quand l'homme a appris à protéger chaque récolte jusqu’à la récolte
suivante et à conserver viande et poisson en les salant ou en les
fumant. Les Egyptiens ont utilisé des colorants et des arômes pour
augmenter l'attrait de certains produits alimentaires et les Romains ont
eu recours au salpêtre (ou nitrate de potassium), aux épices et
colorants pour la conservation et l'amélioration de l’apparence des
aliments. De tout temps, les cuisiniers ont régulièrement employé la
levure en tant qu’agent levant, des épaississants pour sauces au jus et
colorants comme la cochenille pour transformer des matières
premières de bonne qualité en des produits alimentaires surs, sains et
agréables à manger. Le but de la cuisine traditionnelle n’est guère
différent de celui des aliments préparés ou en conserve d’aujourd’hui.

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Ces 50 dernières années, les développements scientifiques dans


l'alimentation et les avancées technologiques ont abouti à la
découverte de nouvelles substances qui peuvent remplir de
nombreuses fonctions dans des produits alimentaires divers. Ces
additifs alimentaires sont maintenant aisément disponibles, et
comprennent : les émulsifiants dans la margarine, les édulcorants dans
les produits à basses calories et une gamme plus large de conservateurs
et d’antioxydants pour ralentir la dégradation du produit et le
rancissement, tout en maintenant le goût.

2. Les additifs alimentaires et leur nécessité

Un additif alimentaire est défini comme "n'importe quelle substance


habituellement non consommée comme un aliment en soi et non
employée comme un ingrédient caractéristique de l’aliment, qu’il ait
une valeur nutritionnelle ou non, dont l’addition intentionnelle à
l’aliment pour un but technologique dans la fabrication, le traitement,
la préparation, l'emballage, le transport ou le stockage devient, ou peut
s’attendre raisonnablement à devenir, lui ou un de ses dérivés,
directement ou indirectement, un composant de cet aliment (Directive
89/107/EEC). Nombre d’additifs alimentaires mentionnés sont naturels
et quelquefois même, sont des nutriments essentiels; c’est simplement
leur but technique qui les fait entrer dans la catégorie des additifs
alimentaires et qui leur confère un nombre E.

Les additifs alimentaires jouent aujourd’hui un rôle important dans


l’approvisionnement alimentaire. Jamais auparavant la gamme et le
choix d’aliments n’ont été si larges, que ce soit dans les supermarchés,
dans les magasins spécialisés ou au restaurant. Alors que le nombre
d’individus travaillant dans le secteur primaire est de plus en plus
restreint, les consommateurs exigent encore plus de variété, de choix
et de facilité d’utilisation, en même temps que des normes de sécurité

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et de salubrité plus élevées et des prix accessibles. Répondre à cette


demande est réalisable seulement par l'utilisation de technologies
industrielles modernes, qui suppose l’emploi d’une variété d'additifs
alimentaires qui ont apporté la preuve de leur efficacité et de leur
sécurité.

Les additifs remplissent une variété de fonctions utiles dans les produits
alimentaires, qui sont souvent considérés comme allant de soi. Les
produits alimentaires sont pourtant soumis à beaucoup de conditions
environnementales, tels que des changements de température,
l'oxydation et l'exposition bactérienne, qui peuvent modifier leur
composition originale. Les additifs alimentaires jouent un rôle clef dans
le maintien des qualités et les caractéristiques de l’aliment que les
consommateurs exigent et ce, de la fourche à la fourchette. Les
additifs alimentaires sont rigoureusement réglementés et parmi les
critères généraux d’utilisation, ils doivent s’avérer utiles, sûrs et ne
doivent pas induire le consommateur en erreur.

3. Evaluation de la sécurité des additifs alimentaires en Europe

Tous les additifs alimentaires ne doivent pas seulement démontrer un


but utile, mais ils doivent aussi répondre à une évaluation scientifique
approfondie et rigoureuse de leur sécurité avant d’être approuvés.
Jusqu’à la création de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments
(AESA), la sécurité des additifs était évaluée par le Comité Scientifique
de l'Alimentation Humaine (CSAH). Aujourd’hui, c’est le Groupe
scientifique sur les additifs alimentaires, les arômes, les auxiliaires
technologiques et les matériaux en contact avec les aliments (AFC
Panel) de l’AESA qui est chargé de cette tâche. Au niveau international,
il existe également le Comité Conjoint d’Experts sur les Additifs
alimentaires (JECFA) de l’Organisation des Nations Unies pour

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l'alimentation et l'agriculture (FAO) et de l'Organisation Mondiale de la


Santé (OMS).

Les évaluations reposent sur l’examen de toutes les données


toxicologiques disponibles, incluant des observations chez l’homme et
dans des modèles animaux. A partir de ces données, une dose
maximale n’ayant aucun effet toxique démontrable est déterminée.
C’est la « dose sans effet » (DSE), utilisée pour calculer la « dose
journalière admissible » (DJA) pour chaque additif alimentaire. La DJA
fournit une grande marge de sécurité et stipule qu’à cette dose, un
additif alimentaire peut être consommé quotidiennement toute la vie,
sans aucun effet indésirable sur la santé.

Le CSAH, autrefois, et l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments,


aujourd’hui, encouragent l’utilisation des doses les plus basses possible
pour chaque additif. Pour s’assurer que les consommateurs n'excèdent
pas la DJA en consommant de trop grandes quantités d’un additif
particulier, la législation européenne exige que des études soient faites
en parallèle avec les différents types d’exposition réellement présents
dans la population. Si la consommation quotidienne dépasse de temps
en temps la DJA, il est peu probable que cela engendre des effets
toxiques sur la santé, en raison de la grande marge de sécurité
équivalente à 100 fois la DSE. Cependant, si la DJA était régulièrement
dépassée par des tranches particulières de la population, la
Commission évaluerait le besoin de réviser les quantités présentes dans
les aliments ou réduirait la gamme des produits alimentaires dans
lesquels on autorise l'additif.

La Commission du Codex Alimentarius rédige actuellement de


nouveaux critères généraux pour les Additifs alimentaires, dans le but
d'établir une harmonisation des normes sur le plan international. Seuls
les additifs évalués par le JECFA y sont inclus.

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Grâce à un règlement strict et leur mise à l'épreuve approfondie, les


additifs alimentaires peuvent être considérés comme des constituants
sûrs de notre régime alimentaire, qui contribuent à l'évolution rapide
de l’alimentation en Europe et dans le monde entier.

4. Législation des additifs alimentaires en Europe

Un véritable marché unique pour les produits alimentaires ne pourrait


pas exister sans une harmonisation des règlements relatifs à
l’autorisation et aux conditions d’utilisation d'additifs. En 1989, la
Communauté européenne a adopté une directive générale 89/107/EEC
exposant les critères d’évaluation des additifs, ainsi que trois directives
techniques spécifiques : la directive 94/35/EC sur les édulcorants, la
directive 94/36/EC sur les colorants et la directive 95/2/EC sur les
autres additifs. Ces trois directives établissent la liste des additifs
pouvant être employés (selon le principe de la liste positive), les
produits alimentaires dans lesquels ils peuvent être ajoutés et leurs
concentrations maximales. La pureté exigée pour ces additifs est fixée
dans des directives définissant les critères spécifiques de pureté.

5. Les nombres E...

Le nombre E... signifie l’approbation d’un additif par l’UE. Pour


l’obtenir, l’additif doit avoir été complètement évalué par le CSAH ou
par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments. Le système des
nombres E sert aussi facilement dans toutes les langues de l’UE. Liste
des nombres E.

6. L’hyperactivité liée aux additifs alimentaires

Dans les années 70, quelques chercheurs ont suggéré que les
changements des habitudes alimentaires ont coïncidé avec une hausse
du nombre d'enfants présentant des troubles du comportement. L'idée

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selon laquelle les additifs alimentaires et les colorants en particulier


pouvaient être liés à l'hyperactivité a suscité beaucoup d'intérêt et une
controverse considérable. Plusieurs études scientifiques n'ont trouvé
aucune association entre les additifs alimentaires (et les colorants en
tête) et les troubles du comportement ou l'hyperactivité. La littérature
scientifique actuelle ne soutient pas les régimes d'exclusion dans la
thérapie primaire des troubles du comportement.

7. Allergies ou intolérances liés aux additifs alimentaires

Il y a eu également beaucoup d’inquiétude de la part du grand public


concernant le potentiel allergisant des additifs. Les additifs alimentaires
ont rarement été incriminés dans de véritables réactions allergiques.
Citons toutefois quelques exemples :

Colorants

Des réactions à la tartrazine (E102, un colorant jaune) et au carmin


(E120 ou cochenille rouge) ont été rapportées de temps à autre chez
des individus sensibles. Les symptômes comprennent des éruptions
cutanées, une congestion nasale et de l’urticaire, bien que l'incidence
soit très faible (1-2 personnes sur 10,000). Très rarement, des réactions
allergiques (avec IgE) ont été rapportées pour le carmin. La tartrazine a
parfois provoqué de l'asthme chez des individus sensibles.

Sulfites

Les sulfites sont des additifs alimentaires qui peuvent causer des
problèmes chez les individus sensibles. Dans ce groupe, figurent
plusieurs sulfites inorganiques (E 220-228), dont le sulfite de sodium, le
bisulfite de potassium, et le métabisulfite de potassium, qui
contiennent du dioxyde de soufre (SO2). Ces conservateurs sont
employés pour contrôler la croissance microbienne dans des boissons

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fermentées. On les retrouve dans les vins, les bières et les produits à
base de fruits depuis plus de 2000 ans. Chez les individus sensibles
(asthmatiques), les sulfites peuvent déclencher de l'asthme, caractérisé
par des difficultés à respirer, de l'essoufflement, des râles et de la toux.

Glutamate de sodium et aspartame

Le glutamate de sodium est composé de sodium et d’acide glutamique.


L’acide glutamique est un acide aminé retrouvé naturellement dans les
produits alimentaires riches en protéines comme les viandes et les
produits laitiers. Le glutamate est aussi un exhausteur de goût employé
dans les plats préparés, l’alimentation chinoise, certaines sauces et les
potages. Le glutamate a été accusé d'une variété d'effets secondaires
incluant des maux de tête et des picotements. Cependant, aucune
étude scientifique ne montre un lien entre le glutamate et ces
réactions, suggérant qu’un autre composant du repas, ou même un
stimulus psychologique, puissent être responsables d’effets
défavorables.

De la même manière, l'aspartame, un édulcorant intense (une autre


substance composée d'acides aminés naturels : l'acide aspartique et la
phénylalanine) a été accusé de tous les maux, sans qu’aucun ne puisse
être validé par des études scientifiques.

Alors que les additifs alimentaires ne posent aucun problème chez la


plupart des personnes, un petit nombre d’individus ayant des allergies
spécifiques peut être sensible à certains additifs alimentaires. Il
apparaît que lorsque les additifs alimentaires ont un effet défavorable,
ils renforcent une condition préexistante plutôt que de la déclencher.
Ces réactions défavorables, rarement d’origine allergique, doivent faire
l’objet d’un examen médical ou diététique afin d’éviter toute restriction
inutile. Etant donné que tous les additifs alimentaires sont clairement
étiquetés, les personnes ayant des sensibilités spécifiques et celles qui
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croient être sensibles à un additif alimentaire, peuvent aisément éviter


les problèmes.

8. Les additifs alimentaires employés en Europe

8.1. Les additifs qui maintiennent la fraîcheur et préviennent la


dégradation des aliments

Certains additifs alimentaires contribuent à maintenir la fraîcheur et la


sécurité d’un aliment. Ils augmentent sa durée de vie en le protégeant
contre les détériorations causées par l’oxydation et les
microorganismes. Ils peuvent être subdivisés en deux catégories selon
leur principale fonction.

8.1.1. Les antioxydants

Les antioxydants préviennent l’oxydation des aliments traduite par le


rancissement et la perte de coloration. Ils sont utilisés dans les aliments
cuits, les céréales, les graisses, les huiles et les assaisonnements pour
salades. Les principaux antioxydants sont:

 Les tocophérols (E306-309), le BHA (butylated hydroxyanisole ou E320)


et le BHT (butylated hydroxytoluene ou E321). Ils protègent les graisses,
les huiles végétales et les sauces dressing du rancissement.
 L’acide ascorbique (E300) et l’acide citrique (E330), qui maintiennent la
couleur des fruits et légumes fraîchement épluchés ou découpés.

8.1.2. Les agents conservateurs

Les conservateurs limitent, ralentissent ou stoppent la croissance des


micro-organismes (bactéries, levures, moisissures) présents ou entrant
dans l’aliment et préviennent donc l’altération des produits ou les
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intoxications alimentaires. Ils sont employés entre autres dans les


aliments cuits, le vin, le fromage, les jus de fruits et les margarines.
Quelques exemples:

 Dioxyde de soufre et sulfites (E220-228). Ils empêchent les


changements de coloration dans les fruits secs et les légumes,les
crevettes. Les sulfites inhibent aussi la croissance bactérienne dans le
vin et les aliments fermentés, certains snacks et aliments préparés. Ils
ont aussi des propriétés antioxydantes.
 Le propionate de calcium (E282). Il prévient les moisissures sur le pain
et les aliments cuits.
 Les nitrates et les nitrites (sels de sodium et de potassium) (E249-252)
sont employés dans la préparation des viandes comme le jambon ou les
saucisses de Francfort pour empêcher la croissance de la bactérie
botulique, Clostridium botulinum, qui est hautement pathogène.

8.2. Les additifs qui amplifient ou améliorent les qualités sensorielles

Certains additifs sont utiles pour améliorer certaines caractéristiques


des aliments, comme la texture, la couleur ou le goût.

8.2.1. Les exhausteurs de goût et les agents texturants

Exemples:

 Émulsifiants et stabilisateurs. Le but de ces additifs alimentaires est de


maintenir la texture et empêcher la séparation d'ingrédients dans des
produits comme la margarine, les matières grasses allégées, la glace, les
sauces pour salade et la mayonnaise. Beaucoup d’aliments courants
pauvres en matières grasses font appel à cette technologie. Toute
recette qui exige le mélange d'ingrédients normalement non miscibles
entre eux, comme la graisse et l'eau, nécessite l’usage d’émulsifiants et

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de stabilisateurs pour obtenir la consistance désirée. Les exemples


incluent la lécithine, les mono- et les diglycérides.
 Epaississants. Ces substances augmentent la viscosité des produits
alimentaires. Ils sont ajoutés aux sauces pour salade et au lait
aromatisé. La gélatine ou la pectine sont souvent employées à cet effet.
 Edulcorants. Les édulcorants « massiques » et « intenses »
communiquent une saveur sucrée aux produits alimentaires et sont
utiles dans les aliments allégés ou diététiques, comme ceux pour les
diabétiques. Les édulcorants intenses, comme l’acésulfame K (E950),
l’aspartame (E951) et la saccharine (E954) sont respectivement 130-200
fois, 200 fois et 300-500 fois plus « sucrants » que le sucre, sans
apporter de calories. La thaumatine (E957), une protéine naturelle
extraite du fruit du Thaumatococcus danielli est 2500 fois plus sucrante
que le sucre et est utilisée en très faibles quantités pour ses propriétés
d'assaisonnement. Les édulcorants massiques comprennent le sorbitol
(E420), l’isomalt (E953) et le maltitol (E965). Ceux-ci peuvent être
incorporés dans des édulcorants de table et dans des produits
alimentaires pauvres en calories, dans lesquels ils apportent de
l’onctuosité et du volume. Ces substances ont une valeur calorique
réduite (2.4 kcal/g).
 Les exhausteurs de goût. Le plus connu d’entre eux est le glutamate de
sodium (lE621), qui est employé pour révéler et augmenter les saveurs
des produits alimentaires auxquels il est ajouté. Il est employé
principalement dans des aliments assaisonnés et dans une large variété
de plats orientaux.
 Autres. Ce groupe comprend les acides, les régulateurs d'acidité, les
agents anticoagulants, les agents antimousse, les gaz d'emballage
(employés dans certains types de paquets scellés pour la viande, le
poisson, les fruits de mer et les légumes prêts à l’emploi), etc.

8.2.2. Les colorants

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La couleur est l’une des qualités sensorielles premières et parmi les plus
importantes pour nous aider à accepter ou rejeter des produits
alimentaires particuliers. Alors que l'addition de la couleur puisse
sembler à certains une utilisation purement cosmétique, il n'y a aucun
doute que la couleur est importante dans la perception alimentaire du
consommateur. Elle est aussi souvent associée à une saveur spécifique
et à l'intensité de cette saveur. Les colorants sont employés pour
ajouter ou rétablir la coloration d’un aliment et augmenter dès lors son
attrait visuel pour le consommateur. Le traitement des pois et la
préparation des confitures peuvent mener à une perte de couleur. C’est
là qu’interviennent les colorants. Certains colorants sont utilisés
uniquement pour la décoration d’articles de confiserie ou de gâteaux.
Masquer une qualité inférieure, cependant, est une utilisation
inacceptable des colorants.

Parmi les principaux motifs d’ajout de colorants, on peut citer,


notamment :

 la compensation de la perte de couleur due à l’exposition à la lumière, à


l’air et aux températures extrêmes, aux moisissures et aux conditions
de stockage ;
 la compensation des variations naturelles ou saisonnières des matières
premières alimentaires ou des effets du traitement et du stockage, afin
de répondre aux attentes des consommateurs ; et
 l’accentuation de certaines couleurs, qui sont naturelles mais plus pâles
que celles que l’on associe habituellement à un produit alimentaire
donné.

Annexe 1

Questions et réponses sur la Dose Journalière Admissible (DJA)

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1. Qu’est ce que la DJA ?


La Dose Journalière Admissible (DJA) est une estimation de la quantité
d'un additif alimentaire, exprimée sur la base du poids corporel, qui
peut être ingérée quotidiennement toute la vie sans risque appréciable
pour la santé. Ce dernier terme signifie dans la pratique, qu’au stade
actuel des connaissances, aucun n’effet toxique ne peut-être attribué à
l'additif concerné pour ce niveau d’exposition. On exprime
généralement la DJA en mg/kg/j.

2. Quel est le but de la DJA ?


Les DJA servent à protéger la santé des consommateurs et à rendre
plus aisé le commerce alimentaire international. La DJA est une
approche pratique de la sécurité des additifs alimentaires et permet
d’harmoniser les contrôles. L'avantage pour les autorités de proposer
une DJA pour chaque additif est qu’elle est universellement applicable
dans des pays différents et à tous les membres de la population.

3. Qui détermine la DJA ?


Essentiellement, des comités d’experts scientifiques, des autorités
nationales et internationales. Les évaluations de la sécurité des additifs
alimentaires se sont développées de manière unilatérale au sein des
Etats membres de l'Union européenne et dans la communauté
internationale. Le JECFA est le principal organisme évaluant la sécurité
alimentaire des additifs. L’harmonisation à l’échelle internationale est
devenue de plus en plus importante ces dernières années.
Actuellement, une nouvelle norme appelé la Norme Générale pour les
Additifs alimentaires (GSFA) est rédigée par la Commission du Codex
Alimentarius, pour déboucher sur une norme harmonisable, réalisable
et indiscutable sur le plan international. Seuls les additifs approuvés par
le JECFA y sont inclus. Au niveau de l’UE, les additifs approuvés par la
législation actuelle ont tous été évalués par le Comité Scientifique de
l'Alimentation Humaine (CSAH) et leur inclusion dans une directive
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appropriée a été approuvée par chacun des Etats membres. Ce comité


consultatif propose généralement une DJA, ou en l’absence de DJA,
peut stipuler d'autres limitations sur l'utilisation de l’additif. Seuls les
additifs évalués par le CSAH reçoivent un nombre E. Le concept de la
DJA et les évaluations du JECFA ont été largement adoptés par le CSAH,
la FDA et d’autres autorités de par le monde.

4. Comment la DJA est-elle déterminée ?


Les critères généraux pour l'utilisation des additifs alimentaires exposés
dans les directives européennes stipulent que les additifs sont
approuvés seulement s'ils apportent la preuve de leur innocuité pour la
santé humaine aux doses proposées. L'évaluation de la sécurité est
basée sur une revue scientifique de toutes les données toxicologiques
pertinentes sur l’additif spécifique, chez l’homme et l’animal. Dans l'UE,
ce travail est réalisé par le CSAH. Les essais toxicologiques incluent des
études à long terme et transgénérationnelles pour déterminer
comment l'additif est métabolisé par l’organisme et évaluer ainsi tous
les effets toxiques probables. Le point de départ pour établir la DJA est
la détermination d’une Dose Sans Effet (DSE) chez l’espèce animale la
plus sensible. La DSE est donc la dose en dessous de laquelle aucun
effet défavorable n'a été observé dans les études. Elle s’exprime en
mg/kg/j. La DJA est la DSE divisée par un facteur de sécurité,
habituellement de 100.

5. Pourquoi une marge de sécurité est-elle nécessaire ?


Pour deux raisons. Premièrement, la DSE est définie chez l’animal, pas
chez l’homme. Il est donc plus prudent de corriger ce facteur pour
mettre en avant les différences de sensibilité entre l’homme et
l’animal. Deuxièmement, la fiabilité des tests toxicologiques est limitée
par le nombre d’animaux testés. De tels tests ne peuvent pas être
représentatifs de la diversité de la population humaine, dans laquelle

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des sous-groupes peuvent exprimer des sensibilités différentes (enfant,


personne âgée ou malade).

6. Quelle marge de sécurité est généralement employée pour les


additifs alimentaires ?
Traditionnellement, l'OMS a employé un facteur de sécurité de 100,
basé sur un facteur 10 pour tenir compte des différences entre
l’homme et l’animal et un autre facteur 10 considérant les différences
au sein d’une même espèce et chez les sous-groupes sensibles (femmes
enceintes, personnes âgées). Cependant, il peut varier selon les
caractéristiques de l'additif, les données toxicologiques et les
conditions d'utilisation.

7. Est-il préjudiciable pour un individu de dépasser ponctuellement la


DJA ?
La consommation ponctuelle d'un additif au-delà de sa DJA ne pose
aucun problème, car la DJA possède un grand facteur de sécurité et,
dans la pratique, une consommation supérieure à la DJA est compensée
la plupart des autres jours. Cependant, si des statistiques de
consommation indiquent que la DJA est régulièrement dépassée par
des tranches particulières de la population, la Commission évaluerait le
besoin de réviser les quantités présentes dans les aliments ou réduirait
la gamme des produits alimentaires dans lesquels on autorise l'additif.
En raison de la grande marge de sécurité attribuée à la DJA, il est fort
probable que pour dépasser la DJA d’un additif donné, il faille
consommer des quantités considérables (et rarement atteintes) de
l’aliment qui le contient pour poser un réel problème pour la santé.

8. Comment la consommation d’additifs alimentaires est-elle évaluée


?
Le contrôle des additifs alimentaires est effectué par les Etats membres
sur le conseil du CSAH. La DJA est comparée avec des évaluations de

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consommation "moyennes" et "extrêmes" dans la population générale


et dans des sous-groupes particuliers de la population. Si les
consommations moyennes et extrêmes demeurent sous la DJA, il est
peu probable que des effets nocifs pour la santé soient observés. Afin
de garantir que les consommateurs n'excèdent pas la DJA en
consommant trop d’un aliment contenant un additif particulier, la
législation européenne exige que des études de consommation soient
effectuées régulièrement pour évaluer quels sont les différents
modèles alimentaires.

Annexe 2

Liste des nombres E...

Bibliographie

 European Parliament and Council Directive 87/107/EEC (1988)


on the approximation of the laws of the Member States
concerning food additives authorised for use in foodstuffs
intended for human consumption. Official Journal of the
European Communities L40, 11.2.89, 27-33.
 European Parliament and Council Directive 94/35/EC (1994) on
sweeteners for use in foodstuffs. Official Journal of the European
Communities L237, 10.9.94, 3-12.
 EEuropean Parliament and Council Directive 94/36/EC (1994) on
colours for use in foodstuffs. Official Journal of the European
Communities L237, 10.9.94, 13-29.
 European Parliament and Council Directive 95/2/EC (1995) on
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of the European Communities L61, 18.3.95, 1-40.
 Flowerdew, D. (1999). Food additives: what every manager needs
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Larsen, J. C.; Richold, M. Regulatory Toxicology and
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 Klaui, K. (1981). Some aspects of colour in man. In Criteria of
Food Acceptance: how man chooses what he eats. Editors: Solms,
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Leatherhead Food RA Publishing, pp. 1-322.
 World Health Organisation (1987). Principles for the Safety
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Environmental Health Criteria 70. International Programme on
Chemical Safety (IPCS) in cooperation with the Joint FAO/WHO
Expert Committee on Food Additives (JECFA). World Health
Organisation, Geneva.

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