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FISCALITE INTERNATIONALE

GFC - S9

Réalisé par : Mohamed ALAYOUD

Encadré par : Pr. Abdelhamid AIT BIHI

TRAVAIL A RENDRE :

 Comparaison de trois conventions fiscales signées par le Maroc (France, Espagne, et


Pays-Bas) avec la convention type de l’OCDE.
 Etude des réglementations des prix de transfert du Maroc et selon les normes
internationales publiées par l’OCDE.

2019
Clauses des conventions Maroc – France Maroc – Espagne Maroc – Pays-Bas Convention Type de l’OCDE
fiscales; objet de
comparaison
Personnes Résidents d’un Etat contractant ou de chacun des deux Etats. (Article 1)
___
visées
Les impôts actuels auxquels s'applique Les impôts actuels auxquels s'applique Les impôts actuels auxquels s'applique Impôts sur le revenu et sur la fortune
le présent chapitre sont : le présent article sont : la convention sont notamment :
a) en ce qui concerne la France : a) en ce qui concerne le Maroc : a) en ce qui concerne les Pays-Bas :
- l'impôt sur le revenu ; - l'impôt sur les bénéfices professionnels - l'impôt sur le revenu;
- l'impôt sur les sociétés ; et la réserve d'investissements ; - l'impôt sur les traitements, salaires,
- la taxe sur les salaires, - le prélèvement sur les traitements pensions;
y compris toutes retenues à la source, publics et privés, les indemnités et - l'impôt des sociétés;
tous précomptes et avances perçus au émoluments, les salaires, les pensions et - l'impôt sur les dividendes;
titre des les rentes viagères ; - l'impôt sur la fortune;
impôts visés ci-dessus, - la taxe urbaine et les taxes y b) en ce qui concerne le Maroc :
(ci-après dénommés " impôt français "). rattachées; - l'impôt agricole;
b) en ce qui concerne le Maroc : - l'impôt agricole ; - la taxe urbains et les taxes y rattachées;
- l'impôt sur les bénéfices professionnels - la contribution complémentaire sur le - l'impôt sur les bénéfices professionnels
applicable aux personnes physiques ; revenu global des personnes physiques ; et la réserve d'investissement;
- l'impôt sur les sociétés ; - la taxe sur les produits des actions ou - le prélèvement sur les traitements
- le prélèvement sur les traitements parts sociales et revenus assimilés ; publics et privés, les indemnités et
publics et privés, les indemnités et - l'impôt des patentes. émoluments, les salaires, les pensions et
Champ émoluments, b) en ce qui concerne l’Espagne : les rentes viagères;
d’application les salaires, les pensions et rentes - l'impôt général sur le revenu des - la contribution complémentaire sur le
Impôts visés viagères ; personnes physiques ; revenu global des personnes Physiques;
- la taxe urbaine et les taxes qui y sont - l'impôt général sur les revenus des - la taxe sur les produits des actions ou
rattachées ; sociétés et autres personnes morales ; parts sociales et revenus assimilés;
- l'impôt agricole ; - les précomptes suivants : la - la taxe sur les produits de placement à
- la contribution complémentaire sur le contribution foncière agricole, la revenu fixe;
revenu global des personnes physiques ; contribution foncière urbaine, l'impôt
- la taxe sur les produits des actions ou sur les revenus du travail personnel,
parts sociales et revenus assimilés ; l'impôt sur les revenus du capital et
- la taxe sur les profits immobiliers ; l'impôt sur les activités et bénéfices
- la participation à la solidarité commerciaux et industriels ;
nationale; - les redevances sur la superficie et
- la réserve d'investissement ; l'impôt sur les bénéfices commerciaux,
- la taxe sur les intérêts des dépôts à régis par la loi du 27 juin 1974, pour les
terme et des bons de caisse, ainsi que entreprises qui se livrent à la recherche
tout impôt similaire à la taxe sur les et exploitation des hydrocarbures ;
salaires qui serait établi par le Maroc, - les impôts locaux sur le revenu ou la
y compris toutes retenues à la source, fortune ainsi que sur les plus-values.
tous précomptes et avances perçus au
titre des impôts visés ci-dessus,
L'expression " autorités compétentes " L'expression " autorité compétente " L'expression « autorité compétente » (Article 3)
désigne : désigne : désigne :
Définitions - en France, le ministre de l'économie et - au Maroc : le ministre des finances ou - aux Pays-Bas : le Ministre des
Définitions des finances ; son représentant dûment autorisé ou Finances ou son représentant dûment
générales
- au Maroc, le ministre chargé des délégué. autorisé ;
finances, ou leurs représentants dûment - en Espagne : le ministre des finances - au Maroc : le Ministre chargé des
délégués ou autorisés. ou son représentant dûment autorisé ou Finances ou son délégué.
délégué.
Une personne physique est domiciliée Toute personne qui, en vertu de la législation dudit Etat, est assujettie à l'impôt dans cet Etat, en raison de son domicile, de sa
au lieu où elle a son " foyer permanent résidence, de son siège de direction ou de tout autre critère de nature analogue. (Article 4)
Résident d'habitation ".
Le domicile des personnes morales est
au lieu du siège social statutaire.
Etablissement L’expression « établissement stable » désigne une installation fixe d’affaires par l’intermédiaire de laquelle une entreprise exerce Même définition détaillée en 8 points.
tout ou partie de son activité. Détaillé en 6 points.
stable
Impôts sur les revenus Article 6 : Revenus immobiliers Article 6 : Revenus immobiliers Article 6 : Revenus immobiliers
(Articles 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, Article 7 : Bénéfices des entreprises Article 7 : Bénéfices des entreprises Article 7 : Bénéfices des entreprises
17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24 & 25) Article 8 : Navigation maritime et Article 8 : Navigation maritime et Article 8 : Navigation maritime et
aérienne aérienne aérienne internationale
Article 9 : Entreprises associées Article 9 : Entreprises associées Article 9 : Entreprises associées
Article 10 : Dividendes Article 10 : Dividendes Article 10 : Dividendes
Article 11 : Intérêts Article 11 : Intérêts Article 11 : Intérêts
Article 12 : Redevances Article 12 : Redevances Article 12 : Redevances
Article 13 : Gains en capital Article 13 : Limitation des articles 10, Article 13 : Gains en capital
Article 14 : Professions indépendantes 11 et 12 Article 14 : [Supprimé]
Imposition des revenus Article 15 : Professions dépendantes Article 14 : Gains en capital Article 15 : Revenus d’emploi
Article 16 : Tantièmes Article 15 : Professions indépendantes Article 16 : Tantièmes
Article 17 : Artistes et sportifs Article 16 : Professions dépendantes Article 17 : Artistes et sportifs
Article 18 : Pensions privées Article 17 : Administrateurs, directeurs Article 18 : Pensions
Article 19 : Fonctions publiques et commissaires de sociétés Article 19 : Fonctions publiques
Article 20 : Etudiants Article 18 : Artistes et sportifs Article 20 : Étudiants
Article 21 : Autres revenus Article 19 : Pensions Article 21 : Autres revenus
Article 20 : Fonctions publiques
Article 21 : Etudiants
Article 22 : Autres revenus
Imposition de la fortune - Droits d'enregistrement et droits de (Article 22) (Article 23) (Article 22)
timbre. (Articles 26 & 27) (Article 23) (Article 24) Article 23 A : Méthode d’exemption
Méthode pour éliminer les - Assistance administrative. (Articles 28, Article 23 B : Méthode d’imputation
doubles impositions 29 & 30)
- Dispositions diverses (Articles 31, 32, Article 24 : Non-discrimination Article 25 : Non-discrimination Article 24 : Non-discrimination
33 & 34) Article 25 : Procédure amiable Article 26 : Procédure amiable Article 25 : Procédure amiable
Article 26 : Échange de renseignements Article 27 : Échange de renseignements Article 26 : Échange de renseignements
Article 27 : Agents diplomatiques et Article 28 : Fonctionnaires Article 27 : Assistance en matière de
Dispositions spéciales fonctionnaires consulaires diplomatiques et consulaires recouvrement des impôts
Article 29 : Extension territoriale Article 28 : Membres des missions
diplomatiques et postes consulaires
Article 29 : Droit aux avantages
Article 30 : Extension territoriale
Dispositions finales Article 28 : Entrée en vigueur Article 30 : Entrée en vigueur Article 31 : Entrée en vigueur
Article 29 : Dénonciation Article 31 : Dénonciation Article 32 : Dénonciation
Traitement des prix de transfert au Maroc
Les prix de transfert peuvent être définis d’une manière générale, comme les prix associés aux
transferts de biens, de services ou d’incorporels entre sociétés d’un même groupe, situées dans des
pays différents. Ils peuvent être utilisés comme un levier permettant d’affecter à telle ou telle entité du
groupe une part plus ou moins grande du résultat fiscal d’ensemble et par conséquent de soumettre ces
résultats à des taux d’imposition différents.

Au Maroc, les prix de transfert font quasi-systématiquement l’objet d’un redressement lors des
contrôles fiscaux de sociétés ou succursales membres de groupes multinationaux. De fait,
l’administration fiscale a tendance à rehausser les bases taxables des contribuables pour des montants
significatifs. Le paiement de «management fees», le versement de redevances ou encore le niveau des
prix d’achat de marchandises sont ainsi fréquemment remis en cause par l’administration fiscale dans
le cadre des procédures de vérification de comptabilité.

Cadre légal et règlementaire

Les règles applicables au Maroc en matière de prix de transfert sont contenues dans le Code Général
des Impôts (CGI). L’article 213 II du CGI prévoit ainsi que lorsqu’une entreprise a directement ou
indirectement des liens de dépendance avec des entreprises situées au Maroc ou hors du Maroc, les
bénéfices indirectement transférés, soit par voie de majoration ou de diminution des prix d’achat ou de
vente, soit par tout autre moyen, sont rapportés au résultat fiscal et/ou au chiffre d’affaires déclarés.

En vue de cette rectification, les bénéfices indirectement transférés sont déterminés par comparaison
avec ceux des entreprises similaires ou par voie d’appréciation directe sur la base d’informations dont
dispose l’Administration.

Le dispositif « prix de transfert » au Maroc présente donc des particularités en comparaison d’autres
législations ou réglementations comparables, en ce sens qu’il vise tout autant les transactions réalisées
entre entreprises marocaines dépendantes que les transactions réalisées entre entreprises étrangères et
marocaines dépendantes.

L’article 214 III du CGI dispose quant à lui que l’Administration peut demander à l’entreprise
imposable au Maroc communication des informations et documents relatifs :

- à la nature des relations liant l’entreprise imposable au Maroc à celle située hors du Maroc ;

- à la nature des services rendus ou des produits commercialisés ;

- à la méthode de détermination des prix des opérations réalisées entre lesdites entreprises et les
éléments qui la justifient ;

- aux régimes et aux taux d’imposition des entreprises situées hors du Maroc.

La Note Circulaire n°717 publiée le 24 mai 2011 par la Direction Générale des Impôts précise que les
transferts indirects de bénéfices entre sociétés dépendantes peuvent résulter de pratiques variées, telles
que :

- la majoration des prix d'achat de biens et services importés ou acquis localement ;

- la minoration des prix de vente des biens et services exportés ou vendus localement ;

- la pratique de taux d'intérêts réduits ou majorés ;

- la pratique des prix excessifs pour les redevances et autres rémunérations ;

- la prise en charge des frais de gestion excessifs ou fictifs.


Traitement des prix de transfert selon les normes de l’OCDE
Les prix de transfert

Selon la définition de l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), les


prix de transfert sont "les prix auxquels une entreprise transfère des biens corporels, des actifs
incorporels, ou rend des services à des entreprises associées".

Ils se définissent plus simplement comme étant les prix des transactions entre sociétés d'un même
groupe et résidentes d'États différents : ils supposent des transactions intragroupes et le passage d'une
frontière. Il s'agit finalement d'une opération d'import-export au sein d'un même groupe, ce qui exclut
toute transaction à l'international avec des sociétés indépendantes ainsi que toute transaction
intragroupe sans passage de frontière.

Les entreprises sont concernées non seulement pour les ventes de biens et de marchandises, mais
également pour toutes les prestations de services intragroupes : partage de certains frais communs
entre plusieurs entreprises du groupe (frais d'administration générale ou de siège), mise à disposition
de personnes ou de biens, redevances de concession de brevets ou de marques, relations financières,
services rendus par une entreprise du groupe aux autres entreprises…

Les prestations de services non rémunérées et les mises à disposition gratuites de personnel ou
d'éléments incorporels entre entreprises associées sont également concernées s'il s'avère qu'elles
auraient dû être rémunérées, conformément au principe de pleine concurrence.

La notion de groupe

La notion de groupe suppose l'existence de liens de dépendance entre les différentes entreprises qui le
composent.

Deux entreprises sont dépendantes — et donc appartiennent à un même groupe — si l'une d'elle
participe directement ou indirectement à la direction, au contrôle ou au capital de l'autre ou si les deux
entreprises sont détenues ou sont sous l'influence d'une même entreprise ou d'un même groupe. Le lien
de dépendance peut être juridique (de droit) ou de fait.

La dépendance juridique (ou de droit)

Une entreprise française est placée sous la dépendance d'une entreprise étrangère lorsque cette
dernière possède directement ou indirectement une part prépondérante dans son capital ou la majorité
absolue des droits de vote dans les assemblées d'actionnaires ou d'associés. En pratique, la détention
de la majorité du capital (plus de 50%) suffit à caractériser la dépendance.

La dépendance de fait

Il y a dépendance de fait si l'entreprise étrangère exerce dans l'entreprise française directement ou


indirectement un véritable pouvoir de décision (ou inversement).

Elle existe, par exemple, dans les cas suivants:

— une entreprise française qui est liée par un contrat avec une entreprise étrangère qui lui impose le
prix de produits vendus ;
— deux entreprises française et étrangère qui ont le même nom et qui utilisent le concours des mêmes
représentants et se partagent les commandes recueillies par ces représentants ;

— une entreprise qui fabrique en France des biens sous une marque détenue par un résident étranger
sans contrat de licence alors que l'entreprise étrangère achète la totalité de la production de l'entreprise
française et intervient dans la gestion et dans la commercialisation en France des produits vendus à des
clients indépendants.

La dépendance de fait se caractérise donc par la capacité d'une entreprise à imposer des conditions
économiques à une autre entreprise.

Entreprises établies dans un pays où elles bénéficient d'un régime fiscal privilégié

La dépendance est présumée établie lorsque la transaction concerne une entreprise française et une
entreprise étrangère qui est domiciliée dans un pays où elle bénéficie d'un régime fiscal privilégié.

Le lien entre les prix de transfert et la fiscalité

En fixant leurs prix de transfert, les groupes opèrent des choix qui affectent de façon immédiate et
directe l'assiette fiscale des États concernés par les transactions.

Par conséquent, les États vérifient que les entreprises implantées sur leur territoire et qui commercent
avec d'autres entreprises liées et implantées à l'étranger sont correctement rémunérées pour les
opérations réalisées et déclarent la juste part du résultat devant leur revenir eu égard aux activités
déployées.

Le prix de pleine concurrence

Afin de pouvoir s'assurer que les bases d'imposition de chaque pays sont les plus justes possibles,
d'éviter les conflits entre les différentes administrations fiscales et les distorsions de concurrence entre
les entreprises, les pays membres de l'OCDE ont adopté le principe du "prix de pleine concurrence"
pour les opérations intragroupes.

Il signifie que le prix pratiqué entre des entreprises dépendantes doit être le même que celui qui aurait
été pratiqué sur le marché entre deux entreprises indépendantes.

L'article 57 du code général des impôts reprend ce même principe en exigeant que, aux fins de l'impôt,
les conditions convenues par des parties ayant un lien de dépendance dans le cadre de leurs relations
financières ou commerciales soient celles auxquelles on pourrait s'attendre si les parties n'avaient
aucun lien de dépendance. Dès lors, afin d'éviter tout risque fiscal, l'entreprise doit s'assurer que ses
prix de transfert ne s'écartent pas de ce prix de pleine concurrence.

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