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LES SUITES GEOMETRIQUES

INTRODUCTION

1) Notion de variable

On connaît bien la représentation de nombres dont la valeur n’est pas définie, mais
dont on garde une certaine indétermination en les désignant par l’ expression de
« variable ».

Ainsi, on parle en mathématiques de « x » ou de « n » , etc… pour faire des


raisonnements abstraits qui s’appliquent quelles que soient les valeurs effectives que
pourraient prendre les variables x ou n.

2)Notion de variation

Il faut voir que les variables mathématiques sont utiles pour faire des calculs
théoriques, mais aussi pour des cas concrets qui relèvent des « mathématiques
appliquées », et qui font le « pont » avec des applications dans les domaines de la
Physique, de la technologie et des sciences de l’ingénieur, de l’architecture, de la
médecine, de l’économie et des sciences sociales, etc …

Pour ces développements concrets, on manipule des variables auxquelles se


rattachent habituellement des unités de mesures.

Par exemple, on considère 37,3 km, ou bien encore 53,50 euros , etc ...

Une variation de a sera la différence « b-a », lorsque l’on passe de a à b.

On écrira : Δa = b-a

Ou encore : b = a + Δa

Ces variations, dans la réalité, font intervenir les unités de mesure correspondantes.

Par exemple, si a=37,3 km et b=38,8 km, on aura Δa = 1,5 km

Δa est donc une variation « absolue » de la variable « a ».

Toutefois, on s’intéresse souvent à la variation « relative » ou « en pourcentage »


d’une variable a.

Il s’agit de : Δa / a .
Si on désigne par t cette variation relative de a , alors t est (en pourcentage) le « taux
de croissance » de a. Ce taux t peut d’ailleurs être positif ou négatif.

On a: t = Δa / a , et on en déduit que : Δa = a x t

On voit alors que b, « nouvelle valeur de a » se calcule comme étant :

b = a + Δa = a + a x t = a x (1 + t) = (1+t) x a

b se déduit donc de a par un facteur multiplicatif q = 1+t

Par exemple, si a augmente de 7,42% , alors b = 1,0742 a

Ceci montre l’intérêt de considérer les suites de nombres comme se déduisant les
uns des autres par des facteurs multiplicatifs q .

Bien entendu, q = 1 + t = 1 + « % de variation de a »

Ceci nous amène à considérer les suites de tels nombres, et à introduire la notion de
« suite numérique » et de « suite géométrique ».

I. Les suites numériques

1) Définition d'une suite numérique


Une suite numérique est une fonction définie sur ℕ par u : ℕ→ℝ
n a u ( n ) = un

Définition :

Une suite numérique (un) est une liste ordonnée de nombres réels telle qu'à tout
entier n on associe un nombre réel noté un.

un est appelé le terme de rang n de cette suite (ou d'indice n).

On pourrait dire également qu’on considère une variable u et les valeurs qu’elle
prend successivement :

Valeur initiale : u(0) = u0


Valeurs suivantes, dans l’ordre : u(1) = u1 , u(2) = u2 , u(3) = u3 , … , u(n) = un , …
Dans cette optique, la variation de u, au rang n, sera : Δu = u(n+1) – u(n) = un+1 - un
2) Représentation graphique d'une suite

Dans un repère du plan, on représente une suite par un nuage de points de


coordonnées
( n; un ) .

Exemple :

On a représenté ci-dessous le nuage de points des premiers termes d'une suite (un) :

On peut conjecturer que cette suite est croissante pour n  3 , c’est-à-dire que les
variations Δu = un+1 - un seront positives pour n  3 .

Définitions :

Soit un entier p et une suite numérique (un).

- La suite (un) est croissante à partir du rang p ssi pour n  p , on a un1  un .


- La suite (u ) est décroissante à partir du rang p ssi pour n  p , on a un1  un .
n

II. Suites quelconques

De manière générale, si on considère les évolutions d’une variable u que l’on


exprime à travers les valeurs prises par une suite numérique (un), il n’y a pas de
schéma stable pour les variations observées.

Parfois, on peut trouver une formule explicite du type un = f(n) où f est une fonction
connue, ou bien une relation de récurrence du type un+1 = g(un) où g est une fonction.
Les variations Δu = un+1 - un ne sont pas toujours faciles à connaître ou étudier.
On s’intéresse souvent aux variations en pourcentage d’une valeur à l’autre, ce qui
permet de déterminer des tendances d’évolution.

On se rappelle que la variation relative, ou en %, d’une variable u est : t = Δu / u .

Si on pose q = 1+t , un = a , un+1 = b , Δu = b – a = un+1 - un ,

on a vu dans l’introduction que : b = (1+t) a = q x a

ou encore : un+1 = (1+t) un = q x un

Un cas intéressant se présente avec les suites géométriques, qui ont un taux de
croissance constant, c’est-à-dire quand q est constant pour toutes les valeurs de n
(ce qui n’est pas le cas en général).

III. Suites géométriques

1) Définition

Définition :

Une suite (un) est une suite géométrique s'il existe un nombre q tel que pour tout
entier n, on a : un 1 = q � un .
Le nombre q est appelé raison de la suite.

Exemple :

Considérons une suite numérique (un) où le rapport entre un terme et son précédent
reste constant et égale à 1,2.
Si le premier terme est égal à 5, les premiers termes successifs sont :

u0 = 5,
u1 = 5 x 1,2 = 6
u2 = 6 x 1,2 = 7,2
u3 = 7 x 1,2 = 8,64
etc …

Cette suite est appelée une suite géométrique de raison 1,2 et de premier terme 5.

La suite est donc définie par : u0 = 5 et un+1 = 1,2 un .


Les termes de la suite progressent de 20% à chaque fois.

Vidéo https://youtu.be/WTmdtbQpa0c

Méthode : Démontrer si une suite est géométrique


Vidéo https://youtu.be/YPbEHxuMaeQ

La suite (un) définie par : un = 3 � 5 est-elle géométrique ?


n

un 1 3 � 5n 1 5n 1
= = n = 5n 1- n = 5
un 3�5 n
5 .
Le rapport entre un terme et son précédent reste constant et égale à 5.
(un) est une suite géométrique de raison 5 et de premier terme u0 = 3´ 5 = 3.
0

Exemple concret :

On place un capital de 500€ sur un compte dont les intérêts annuels s'élèvent à 4%.
Chaque année, le capital est multiplié par 1,04.
Ce capital suit une progression géométrique de raison 1,04.

On a ainsi :
u1 = 1, 04 �500 = 520 u2 = 1, 04 �520 = 540,80 u3 = 1, 04 �540,80 = 562, 432

De manière générale : un 1 = 1, 04 �un avec u0 = 500


On peut également exprimer u en fonction de n : un = 500 �1, 04
n
n

Propriété : (un) est une suite géométrique de raison q et de premier terme u0.
u = u0 ´ q n
Pour tout entier naturel n, on a : n .

Démonstration :

La suite géométrique (un) de raison q et de premier terme u0 vérifie la relation


un1 = q ´ un .

En calculant les premiers termes :


u1 = q ´ u0
u2 = q �u1 = q �( q �u0 ) = q 2 �u0
u3 = q �u2 = q �( q 2 �u0 ) = q3 �u0

un = q �un -1 = q �( q n -1u0 ) = q n �u0
.
Méthode : Déterminer la raison et le premier terme d'une suite géométrique

Vidéo https://youtu.be/wUfleWpRr10

Considérons la suite géométrique (un) tel que u4 = 8 et u7 = 512 .


Déterminer la raison et le premier terme de la suite (un).

u = q n ´ u0
Les termes de la suite sont de la forme n .
u = q ´ u0 = 8
4
Ainsi 4 et
u7 = q ´ u0 = 512
7
.
u7 q ´ u0
7
u7 512
= 4 = q3 = = 64
u4 q ´ u0 u4 8
donc q = 64 .
3
Ainsi : et
On utilise la fonction racine troisième de la calculatrice pour trouver le nombre qui
élevé au cube donne 64.
Ainsi q = 64 = 4
3

1
q ´ u0 = 8
4
4 ´ u0 = 8
4 u0 =
Comme , on a : et donc : 32 .

2) Variations

Propriété : (un) est une suite géométrique de raison q et de premier terme non nul u0.
Pour u0  0 :
- Si q > 1 alors la suite (un) est croissante.
- Si 0 < q < 1 alors la suite (un) est décroissante.
Pour u0  0 :
- Si q > 1 alors la suite (un) est décroissante.
- Si 0 < q < 1 alors la suite (un) est croissante.

Démonstration dans le cas où u0 > 0 :


un1 - un = q n1u0 - q nu0 = u0 q n (q - 1)
.
- Si q > 1 alors un1 - un  0 et la suite (u ) est croissante.
n

- Si 0 < q < 1 alors un1 - un  0 et la suite (un) est décroissante.

Remarque : Si la raison q est négative alors la suite géométrique n'est pas


monotone.
IV. Sommes de termes consécutifs d’une suite géométrique

Propriété : n est un entier naturel non nul et q un réel différent de 1 alors on a :


1 - q n1
1  q  q 2  ...  q n =
1- q

Remarque : Il s'agit de la somme des n premiers termes d'une suite géométrique de


raison q et de premier terme 1.

Démonstration :
S = 1 q  q 2  ...  q n
q ´ S = q  q 2  q 3  ...  q n1

Ainsi :
S - q �S = ( 1  q  q 2  ...  q n ) - ( q  q 2  q 3  ...  q n 1 )
S - q �S = 1 - q n 1
S �( 1 - q ) = 1 - q n 1
1 - q n 1
S=
1- q

Méthode : Calculer la somme des termes d'une suite géométrique


Vidéo https://youtu.be/eSDrE1phUXY

Calculer la somme S suivante :


S = 1  3  32  ...  313

S = 1 3  32  ...  313
1- 314
= = 2391484
1- 3

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