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Cas Pratique Concubinage

Annie P. et Patrick C. sont concubins depuis sept ans. Ils vivent dans l’appartement
qu’Annie P loue seule car elle y vivait avant, et ainsi par habitude, Annie a continuer
à payer seule toute les charges du ménage.
Ils ont récemment fait l’acquisition de nouveaux équipements, qui viennent compléter
l’électroménager qu’Annie avait, ainsi que de nouveaux meubles pour le salon. Les
factures de ces achats sont aux deux noms. Patrick, pour faire l’acquisition de ces
biens a fait un prêt a la consommation, dont Annie a refusé de se porter caution.
Annie P. qui est une publicitaire a aidé Patrick à travailler l’image de sa société
bénévolement.
Pas mariés ni PACSES, ils se séparent. Lors de cette séparation, Patrick souhaite
emmener le réfrigérateur, le micro-onde ainsi que la table basse du salon, Annie s’y
oppose.
Annie reçoit une lettre qui lui demande de payer le prêt de son ex-concubin, qui ne la
plus payé depuis 4 mois.

Les questions de droits sont les suivantes : une compensation, pour les frais avancés
ainsi que son travail fournis pour son concubin, est elle envisageable ?
Les équipements sont ils à la personne qui loue l’appartement dans lequel ils se
trouvent ?
Existe-t-il un devoir de solidarité de dette envers son concubin ?
Correction

Selon l’art 515-8, le concubinage vient « d’une union de fait, caractérisé par une vie
commune, présentant un caractère de stabilité et de continuité entre deux personnes, de sexes
différents ou de mêmes sexes qui vivent en couple. ». Les concubins cohabitent ;
seulement ils n’ont pas d’obligation de communauté de vie et en droit, ne se
doivent ni assistance, ni secours, ni fidélité, ni respect. Lorsque des personnes
vivent en concubinages et qu’ils acquièrent des biens en commun, ces derniers
sont propriétaires indivis du bien. Le concubinage n’entraine pas de
contribution aux charges ni de solidarité de dettes.

En l’espèce, Annie et Patrick n’étant que concubins, ils ne bénéficient pas des
règles qui s’appliquent entre époux. Ainsi Annie, en acceptant que son ami
Patrick vienne vivre sous son toit sans rectifier les baux relatifs au logement en
inscrivant les deux noms dessus, ainsi qu’en demandant expressément a celui-ci
de participer aux charges du foyer, ne peut demander une compensation
financière quelle qu’elle soit. De plus, en ayant accepté à l’époque de travailler
pour la société de Patrick bénévolement, elle ne peut non plus demander de
compensation. Elle n’aurait pu demander compensation seulement si Patrick
avait rompu leurs fiançailles brutalement, et la compensation aurait seulement
concerné les frais avancés pour le futur mariage.

Quant aux équipements qu’Annie et Patrick ont acquis tous les deux, ils sont
indivis: ils appartiennent aux deux sujets. Annie ne peut revendiquer que les
objets restent légitimement dans son appartement. Les deux parties doivent se
partager équitablement les biens.

Le fait qu’Annie et Patrick ne soient pas mariés entraine pour Annie une non-
solidarité de dette, qui l’aurait obligée de payer le crédit de son ex-concubin.
Ainsi, Annie peut refuser de payer le prêt car elle ne s’était pas portée
personnellement caution au départ.

=> Annie, étant l’ex-concubine de Patrick n’a pas un champ d’action légal
large: elle ne peut l’obliger de lui reverser des compensations pour les frais
avancés, ni l’obliger a laisser certain biens qu’ils ont acquis ensemble, leur union
étant une union de fait et non de droit. Ceci lui permet toutefois la possibilité de
payer les dettes de Patrick, si elle le désire.