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Parents de Jade et Margaux, des jumelles d’une dizaine d’années, Marie et Boris se sont aimés,

mais sont aujourd’hui en pleine séparation. Alors que leur charmant appartement appartient à Marie,
Boris, arguant qu’il y a effectué des travaux, refuse de s’en aller, et négocie d’autant plus âprement
son départ qu’il veut encore croire à leur réconciliation. Mais Marie, elle, n’aspire qu’à en finir, ne
supportant plus l’imprévisible présence de son ex. Sous le regard des fillettes, les disputes se
répètent, nourries des rancœurs accumulées au fil des années.

Comptes d’apothicaire
C’est un quasi-huis clos que Joachim Lafosse (À perdre la raison) met en scène, s’immergeant dans
la vie d’un couple en plein délitement, dont l’appartement, hanté des bonheurs passés désormais
défraîchis, tient lieu de champ de bataille. Dans ce quotidien en miettes, l’économie de la séparation
à l’œuvre envahit l’espace jusqu’à l’asphyxie, les amants désunis réglant leurs différends au travers
de comptes d’apothicaire. Derrière l’affrontement permanent émerge aussi une sourde lutte des
classes, entre la privilégiée au bord de la crise de nerfs – qui n’a cessé de travailler pour faire
bouillir la marmite familiale – et le prolétaire instable et victimaire, qui se réfugie derrière la
confusion des sentiments. Alors que les fillettes, seul lien inaliénable des parents, assistent
impuissantes au massacre, les amis sont invités à choisir leur camp à l’occasion d’un dîner, où la
justesse de chacun suggère l’improvisation. Dans les rôles de Marie et Boris, Bérénice Bejo et
Cédric Kahn composent un duo sous très haute tension, seulement rompue par un instant
d’abandon, réminiscence furtive de leur amour défunt.

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