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HHoussameHH

Bentabet

L’âme seule

A ma petite sœur Sahar

Première Partie - - -

…A un certain moment, qui est le plus ancien de toutes les volontés, le seul et unique souvenir du néant…, Dieu a choisi d’exister pour nous, et a créé la toute première émotion de tous les temps, qu’on a appelée, « Amour ». Il aima alors ses créatures, et œuvra en fin la raison de cette existence qu’il appela « être humain ».

depuis cet instant, toute la création s’inspire du premier amour, pour vivre, pour apprécier les éléments, pour atteindre le bonheur et acquérir la force…, le chat aime ses enfants, l’univers adore les étoiles, la nature aime l’homme ainsi que toute les autres créatures ; Nous aimons notre créateur sans même le voir, car on sent très franchement, cette chose

en nous qui lui appartient, l’amour nous révèle que c’est lui… et personne d’autre sauf lui… . Les mères adorent la souffrance pour nous mètre au monde, et la première chose qu’elles font, après avoir réussi a nous offrir le premier jour, c’est sourire, en oubliant tout ce qu’elles ont enduré, seul l’instant présent comptait pour elles…, l’amour est alors devenu une importance, sans laquelle la vie n’aura plus de sens…, j’avais toujours dis, et je dirai jusqu’au dernier jour, que ce sentiment est la plus belle chose que Dieu a créé, et le merveilleux présent que l’homme a reçu.

Cependant, on a préféré enterrer tous ces

trésors, ne garder que le titre, et de confondre le précieux avec les besoins et

les désirs

, rencontre une belle fille, il dit : (que je

à chaque fois qu’un garçon

l’aime), à chaque fois qu’une fille croise

quelqu’un qui ressemble à son acteur préféré, elle n’hésite pas à dire : (que je l’aime) ; et ainsi, jour après jour, on a commencé à tout mélanger, à voir le même garçon qui croyait aimer sa compagne, la quitter pour une plus belle ; et que la même fille qui prétendait aimer cet homme de ses rêves, se trouve en pleine routine avec lui, et demande pourquoi il ne suscite plus son attention

comme le vieux beau temps

L’amour est transformé en une simple mode, un idéal qu’on cherche, et puisqu’on ne trouve rien, on le fait passer sous forme de désirs, ou besoins, s’évaporant une fois satisfaits…en attendant qu’ils se renouvellent.

Est-ce que j’aimais Sarah ?, elle m’a déclaré son amour, elle m’a dit

.

franchement que c’était moi qu’elle

aimait, c’était la première fois qu’une fille me dît : ( je t’aime) ; l’histoire s’est achevée comme elle avait commencé, par des saluts, emportant des odeurs d’adieu, de mélancolie profonde, mais qu’on appréciait ; d’une larme révélant les non dits, les non faits, les non vécus… . elle était face à moi, je savais qu’elle cachait une profonde envie de pleurer, de se jeter dans mes bras, de crier, et crier, sans limite…, juste pour me demander… pourquoi ?, pourquoi cette conviction qui m’a soudainement gouverné, a-t-elle

brisé son cœur

? ; J’avais laissé Sarah

devant mon Dieu, comme me l’avait dictait ma conviction ; mais…, est ce que j’ai bien fait, est ce vraiment ce que Dieu

aurait voulu que je fasse, était-il un amour pur, libre, naturel ; ou n’était ce

qu’une simple divagation d’un cœur, emporté par la routine des besoins.

L’autre en nous, ce quelqu’un qui nous hante, ce reflet idéal à notre âme, fait pour nous… ; il a existé depuis le premier battement de nos cœur…, nous le portons en nous, durant tout notre parcours dans cette vie ; on porte son âme, son sens, on ne connait ni son image, ni sa forme, mais on continue à le chercher, car c’est lui, notre autre perdu. Il y en a qui le trouvent, il y en a qui cherchent encore, et il y en a aussi qui meurent sans même se rendre compte qu’il a existé… .

Je sais très bien qu’à force de chercher, sans rien trouver, on sens cette envie soudaine de s’arrêter, de tout arrêter, de refermer les yeux, et les ouvrir enfin sur l’autre perdu…, Dieu nous demande d’attendre, car il est le seul à savoir où se

trouve notre amour ; à l’instant même où tes larmes coulent sur son absence, l’autre en toi pleur aussi, dans l’autre bout du monde. Mais ton inventeur veut que tu attendes, il veut que tu lui demandes de l’aide, juste de lever les yeux au ciel, sentir ses empreintes, contempler leur beauté, avouer sa puissance, et adorer sa présence.

A mon retour, j’ai utilisé la voix la moins fréquentée, devant moi s’étendait un horizon lointain, glorifiant un soleil complètement timide ; le ciel, les nuages, les oiseaux, tout le monde observait avec moi cette rencontre…nue…; ce tableau était un œuvre du « tout parfait », qui a voulu qu’un soleil, ne connaissant ni bien fait ni péchés, sente la timidité des rencontres, et peut être un trac reflété

par une simple couleur rouge, à chaque fois que le rendez-vous s’approchait… .

Une voix si vielle coupa cette divagation, invitant les gens à prier, à prendre un petit répit d’une vie qui n’attendait personne pour continuer…

J’ai posé en toute tranquillité, mon front sur le sol, je voulais tout oublier, je voulais lui parler, lui dire que j’ai fait énormément de fautes, de péchés, de choses ne sachant de quelle catégorie ils sont, je voulais lui dire que je suis seul, que je n’ai plus personne sauf lui, que j’étais confus, perdu, au fond d’une vie qui ne me laissait même pas le temps de réfléchir, je voulais lui déclarer, que je l’aimais…. Je me rappelle que j’ai pleuré, j’ai beaucoup pleuré, je voulais rester comme ça, sous son trône sous sa grandeur, dedans son éternité ; juste

sentir le fait qu’il me comprenait, sans que je dise un seul mot, juste lui demander : « est ce que vous m’aimez…… ? »

J’ai continué le chemin sans Sarah, mes larmes me rappelaient cet océan que cachaient ses yeux bleus, elles me rappelaient cette première fois, qu’on ne peut jamais oublier …. c’était un chapitre qui s’est achevé, conformément à la volonté de l’auteur…, j’imaginais souvent qu’un jour, quand ma tête serait toute blanche, et que les rides auraient tracé sur ma peau tout un souvenir, et toute une nostalgie …, je serai là, à apprécier ces rayons de soleil, ou à contempler une mer vide sans vagues, et que soudainement, je souris, tout seul , sans rien, et sans personne…

ou à contempler une mer vide sans vagues, et que soudainement, je souris, tout seul ,

C’était 7h30 du matin, quand je suis arrivé auprès du centre commercial. J’avais à la main une licence en économie, deux diplômes de langues, et une feuille où j’avais écris quelques lignes concernant mes motivations… c’était pour combler un certain vide étrangement présent malgré tout. Je devais attendre l’ouverture prévue à 8h, un vieux était assis non loin de moi, il portait l’uniforme connue des concierges, et comme j’adorais bavarder avec ces gens simples, je me suis assis à coté de lui, et on a commencé à parler comme des anciens amis. En me proposant du thé, il continuait à parler de ses légendes. Il m’a dit qu’il était licencié en langue arabe, que c’était le vœu de ses parents, mais lui, rêvait de devenir marin, il

adorait la mer, les océans, il aimait parcourir des chemins, défier des vagues, frôler la mort, vivre en équipe, passer des nuits, à ne rien faire que contempler les étoiles…. quand il parlait, ses yeux étaient fixés vers nulle part, il prenait tout son temps en laissant filer un silence signifiant au bout de chaque phrase. Sa voix me faisait souvent croire qu’il allait pleurer, mais ce n’était qu’une façon de parler. Maintenant qu’il vivait ses soixante dixième années, et après toute une vie derrière lui, il avait un diplôme en poche qui n’a servit à rien, des parents qui ont décidé un jour à sa place, et décédés après, sans rien laisser à leur traces, un rêve d’être marin qui s’éteignait jour après jour, emportant avec lui des chemins et des détours, ne gardant qu’une simple odeur d’enfance,

et des envies anciennes d’avoir un jour de la chance

Je l’ai remercié pour le thé, et je me suis dirigé vers le centre qui venait d’ouvrir ; j’ai songé un instant à tout ce qu’il a raconté, et j’ai compris que parfois, il vaudrait mieux accepter les choses telles qu’elles sont, que de chercher à en avoir des explications.

Après une heure d’attente, le directeur des ressources humaines était enfin arrivé. Il m’a accueillit sans me parler de son retard, pourtant il m’avait fixé un rendez-vous à 8h, mais je n’étais pas en position de parler de quoi que ce soit. Sans trot tardé cette fois, il m’a dit qu’il avait bien étudié mon CV, mais qu’il était désolé de n’avoir pas pu accepter ma demande de recrutement. Dans moins de

10 minutes, le rendez-vous était terminé ; je suis sorti, sans rien dire. Le vieux était encore là, absorbé dans le silence… ; il s’imaginait surement à ce moment là, en train de piloter son navire, et d’apprécier cette odeur secrète de l’univers, qui éveille chez nous cette envie endormie depuis toujours, de partir…de s’enfuir vers la nature… où tout est possible sans la moindre complication.

J’avais déposé des demandes de recrutement partout, mais bizarrement, je n’attendais plus avec enthousiasme les réponses. Mes parents étaient toujours contre l’idée de travailler alors qu’il y’avait encore possibilité d’étudier, mais ce que certains parents ignorent, ou préfèrent d’ignorer, c’est qu’il n’existe point un jeune au monde, qui ne cache des besoins infinis, des contraintes

secrètes, qui ne sont jamais révélés à qui que ce soit. Il faut dire que si un jeune homme a renoncé très tôt à un amour, alors qu’il en avait le plus besoin, et que si le musulman a été devant l’autre obligation, de se priver de n’importe quel façon d’épanouir ses désirs, même la solitaire, alors il faudrait un miracle pour assimiler une logique à cette vie. Est-ce que la solution est le monde de travail ?, personnellement, je demande une alternative bien convaincante. Je voulais vivre le monde, je voulais me déchainer de toutes ces choses insignifiantes, de toutes ces heures oubliées dans l’incertitude, et de ces obligations dont je n’ai jamais compris la raison…

Elle était très populaire, très connue, et avait la réputation de bien payer ses salariés. Au début, quand on m’avait invité à passer l’entretien, l’entreprise était en mes yeux, le futur endroit où j’allais grandir. Nous étions cinq à vouloir le poste, et j’ai été le seul élu parmi eux. Rien ne me laissait croire qu’après avoir décroché un poste de 5200DH/mois, j’allais volontairement le quitter pour revenir au vide d’où je venais. A l’instant même où j’allais signer le contrat, j’ai jeté un coup d’œil sur une clause, qui affirmait que l’entreprise connue de limonade, faisait des sous traitance en faveur d’une firme multinationale d’alcool. Un gérant m’avait expliqué cette clause d’un air certain, (comme un

professeur), et j’avais cette envie aussi étrange, de filer, (comme un étudiant…).

Cette nuit là, je me suis disputé avec mes parents, ils étaient furieux quand ils ont découvert que j’envoyais des demandes de recrutement. Mon père grondait, criait, sortait même du sujet parfois. Je ne savais pas exactement qu’est ce qu’il me reprochait, je suis resté muet, au milieu d’une terrible incompréhension. De toute façon il voulait que je termine mes études jusqu’au bout, mais les arguments lui échappaient.

Les parents sont obligés d’orienter leurs enfants, je crois que c’est ce que les miens essaient de faire avec moi ; en fermant la porte de ma chambre, je savais qu’ils m’aimaient, qu’ils voulaient tout simplement que je sois quelqu’un de

meilleur, mais manquant juste de la bonne manière.

Dieu nous a demandé de les obéir, mais n’a jamais interdit qu’on leur parle de ce qu’on sent vraiment…, mon problème c’était que je voulais leur dire ainsi qu’à tous les parents du monde : « si vous maintenez un rapport autoritaire entre vous et vos enfants, ils ne vous parleront jamais de ce qu’ils sentent vraiment… » .

J’étais devant un lac, au milieu d’une vaste forêt oubliée dans la nature. Je me suis absenté pour un moment, pour vivre seul en silence d’âme et du sens. Les lieux étaient vides de tout intrus, sauf moi, qui connaissais le langage de l’univers. Les gens n’auraient certainement pas tenu compte de cet endroit quand ils formaient la carte du monde, c’était une nouvelle existence cachée sous de nouvelles dimensions. J’ai été assis sur un rocher, je tenais un livre un peu volumineux, que je ne lisais pas. J’observais minutieusement les gestes des végétaux, en parfaite harmonie avec la musique du vent.

Elle est apparue, comme l’autre fois, sans le prévenir. Elle nageait comme un

poisson dans le lac, mais elle était … exceptionnelle. Pour un bon moment, j’ai cru que c’était elle qui commandait toute la symphonie, et je devrais avoir raison. Elle ne créait point de perturbations, quand elle bougeait… elle était le vent, la fleur, les arbres géants… elle était presque toute la région ; seul sa présence était capable d’annuler toutes mes lois, et de changer toute ma philosophie… .

Je n’ai j’aimais pu repérer son visage, ses cheveux long trompaient à chaque fois mes curieuses tentatives, de la démasquer… de toute cette distance qui la protégeait…. C’était la deuxième fois où je l’avais vu, et je crois sincèrement que c’est la dernière. En s’éloignant dans les eaux, vers nulle pars…, elle traçait un long parcours qui n’avait par la suite aucun sens, s’évaporant tout en ignorant

sa destination, pour laisser de la place, à de probables traces… .

Derrière ces éternelles collines présentes à perte vue d’elle, s’étendait sans doute l’absolue fin des mondes….

Etait-ce mon autre perdu ?, aurais-je la chance de rêver encore une fois ce rêve inconnu, qui ne s’est manifesté que deux fois seulement dans ma vie ?, aurais-je le courage cette fois, de plonger dans le lac et de partir avec elle…, démissionner de là où je venais, et faire ce mystérieux voyage derrière les collines… ? ….

Là-bas, Les gens étaient silencieux, tout le monde était plongé dans les feuilles, on n’entendait que les bruits presque inexistants que dégageaient les pages tournées. J’avais ce pressentiment curieux, que cette bibliothèque renfermait tout un trésor. Je me suis trouvé une place sur une table de deux personnes; et j’ai commencé à feuilleter mon livre d’économie. Face à moi, une jeune fille voilée lisait un livre de psychanalyse, j’ai eu cette envie naturelle d’avoir en main un titre aussi signifiant. L’odeur des livres, venue de partout, apportait avec elle cette lumière invisible de toutes les cultures et sciences du monde, c’était un lieu de rencontre de l’ensemble des lois gouvernants cet

univers. J’ai passé un lent moment, à me noyer à mon tour dans les lignes, et à jeter mes regards timides, vers ces endroits où tout va bien…

J’ai remarqué que la jeune fille avait changé de place alors que j’étais inconscient par ma lecture de tous ce qui se passait autour de moi, mais le livre de psychanalyse était toujours là, ouvert… au milieu. J’ai repris ma lecture avec toute la tranquillité des premières émotions.

Quand je m’apprêtais à sortir, j’ai voulus jeter un coup d’œil sur le bouquin abandonné sur la table, mais surpris qu’il n’était plus là, il était rangé sur une étagère, et la jeune fille était toujours à l’autre place qu’elle n’avait quitté depuis son dernier déplacement.

Ces détails passent en des fractions de secondes, mais restent coller à l’esprit sans la moindre raison….

En sortant de la bibliothèque, j’avais en tète la réponse. Je me suis rappelé alors de cet homme qui m’avait posé la question entre toute la foule présente ce jour là. Je parlais de Dieu, j’avais défié de donner une logique à toutes les questions interdites, mais qui reviennent souvent à nos esprits, pour perturber notre conviction. Certains recommandent de les chasser, mais j’ai décidé ce jour là d’en donné la logique.

Il avait 18 ans, en m’interrompant, il a tous simplement dit : « …et qui a créé Dieu ? »

Si j’étais seulement passé à la bibliothèque avant cette question, je l’aurais peu être répondu…

Si ce monsieur était moi, et avait soudainement remarqué, que le livre de psychanalyse était rangé ; alors que la jeune fille qui le lisait, avait changé de place en le laissant ouvert sur la table… ; quelle serait sa question ? En partant de la logique, il dirait : « qui a déplacé le livre qui était sur la table ? ». Mais pourquoi ne demanderait il pas : « qui a déplacé la jeune fille qui était sur cette table ? ».

C’est là que réside toute la réponse, le livre n’a pas la capacité de se déplacer seul, donc la première question serait tout à fait logique. Mais quand on demande à connaitre qui a fait déplacer une personne possédant déjà cette capacité ; la question serait complètement illogique.

Je devais lui dire qu’en demandant à savoir qui a créé Dieu, alors qu’il possède déjà cette capacité, que sa question était totalement insensé. Que celui qui a créé les étoiles, les cieux, les terres, les océans… était simplement capable d’inventer cette loi qui nous gouverne, qu’on appel (début et fin).

Sur le chemin, j’ai observé le ciel, il était bleu, vaste, sans limite… ; il semblait connaitre son créateur. Il voulait me révéler d’innombrable secret, me raconter son existence, ses histoires infinies, ce qui s’est passé sous sa

largeur

toutes ces merveilles, auriez-vous encore

besoin de cherchez une logique ?

; il voulait me dire qu’après

Les endroits étaient vide, seul de pauvres chiens circulaient, et ramassaient les déchés des hommes qui étaient là depuis quelques instants. J’ai posé ma petite serviette sur le sable mouillée, et je me suis assis face à la mer déserte. Les premières étoiles commençaient à s’illuminer dans le ciel, les nuages formaient des dessins méconnus, et parlaient un langage curieux, que personne ne comprenait. Les silhouettes faisaient leur prière miraculeuse, et adoraient en commun leur créateur, sans se plaindre, ni chercher à en comprendre la raison…, elles nageaient dans le firmament, flottaient sur le vent, vivaient en paix, par amour, et sans complication….

J’ai été tout simplement, devant une nature nue ; des espèces sans masques, des vivants perdues…mais très fidèles ; des heures oubliées dans le silence, et des regards racontant des merveilles. On dit qu’au fond des minuscules il y a des mers, et que les moments agréables ne sont jamais durables ; on dit aussi que le petit est roi, que la simplicité parfois, peu changer certaines lois. Devant moi se présentait des sentiments évaporés, des signes de puissance que l’habitude a enterré ; un jour fier d’être venu, un sourire claire sans difficulté ; un amour…pour rien d’autre que l’amour….

Une petite pensée m’a suffit pour comprendre, qu’un jour, quelqu'un nous a aimé, et nous a inventé… ; il y en a qui cherchent loin, alors que c’est tout prés…

La tante voisine à la notre organisait une petite fête à l’occasion de l’anniversaire de leur petit fils, ils nous ont invités alors pour se rejoindre à eux. Je savais qu’à ces événements, il se passe souvent des choses contraires à ma conviction, je voulais m’absenter, et rester invisible cette nuit là, mais le destin voulait un autre scénario.

Je l’ai invitée à danser, elle n’a pas dit non, son visage dégageait une certaine joie secrète, le mien était un peu confus, sans aucune signification… ; j’ai oublié le monde et les voix autour de nous, je n’entendais que les battements de nos cœurs, qui dirigeaient nos pas timides, et ponctuaient notre rythme un peu hasardeux. On évitait sans aucune raison de laisser se croiser nos regards, mais cela était impossible.

La puissance de la nuit nous absorbait, les deux âmes se sont libérées, pour voler avec les nuages, et parler leur mystérieux langage.

Pourquoi ma conviction ne s’est elle point manifesté cette nuit là ? Pourquoi elle a choisi de se montrer un jour, pour annuler toute une histoire qui commençait à graver ses premières lignes? Et de s’absenter carrément un autre jour, pour laisser la confusion faire ses petits tours.

C’était la dernière fois que j’aie vu cette fille, je ne connaissais d’elle que le prénom, et rien d’autre…, c’était un chapitre qui s’est achevé, conformément à la volonté de l’auteur…

Avant de me coucher, j’ai songé un petit instant à tout ce qui m’arrivait. Si cette nuit là était la dernière de ma vie, aurait elle valu la peine d’être vécue ?

Etais je un bon musulman ?, étais je l’homme bien que Dieu aime ?

J’ai tant cherché la réalité dans ma vie, et je ne l’ai trouvée qu’avec lui ; serait-il fier de moi ?

Depuis cet instant, où Dieu a dit aux anges qu’il allait créer un être humain, ils étaient étonnés, et lui ont demandé la raison en toute pudeur, puisqu’ils sont là à ne jamais le désobéir. Dieu a répondu qu’il connaissait très bien la raison de cette création. Si les anges sont fais pour adorer le bon Dieu sans jamais le contredire, il a voulu leur présenter une autre œuvre… ; qu’il allait créer un homme mais lui offrir le processus de décision qu’aucune autre espèce n’a eu l’honneur de recevoir ; seul l’homme aurait ce pouvoir d’obéir ou non son

créateur. L’homme est ainsi crée, et à chaque fois qu’il commet des fautes, et retourne au bon Dieu pour demander le pardon, le seigneur dit à ses anges : « est ce que je ne vous ai pas dit que je connaissais très bien la raison ? »

Mais le monde aujourd’hui, a totalement changé. Les gens ont d’autres priorités que d’adorer le bon Dieu, et déchiffrer les signes clairement présentent dans l’univers. On a sali cet honneur d’être les seuls à avoir la décision, et enterré ainsi par la dite civilisation, la raison initiale pour laquelle on est vivant.

Etais-je l’homme digne de l’honneur d’être un homme ? Serait-il fière de moi ?, est ce qu’il m’aimait au moins ?, de toute façon, personne ne pourrait jamais répondre…

Deuxième Partie - - -

« …, je suis une jeune fille comme tout le monde, on me dit souvent que j’étais très belle, et que cette beauté pourrait un jour me provoquer des problèmes, je n’ai jamais cru aux paroles des gens, beaucoup d’entre eux ne parlent que pour le plaisir de parler, ou encore, pour faire des compliments qui étaient dans la plupart des cas très exagérés.

Durant mes expériences très timides avec les mecs, ils disaient tous la même réplique, (tu es ma princesse), la formulation pourrait changer parfois,

selon les intentions de chacun, mais ça voulait toujours dire la même chose. Ce qui m’a étrangement marqué, c’est qu’a la fin de chaque histoire, je comprenais que je n’étais la princesse de personne…

J’ai continué toute seule mon chemin, j’ai refusé toute relation, j’ai perdu confiance en tout le monde… ; je croise souvent des couples heureux, ou faisant semblant de l’être, je sens aussitôt une mélancolie injustifiée, une envie mal placée de mourir… ; ou au moins, de tout recommencé depuis le tout début.

Jusqu’au jour où j’ai parlé à mon cœur, il semblait avoir des tas de choses à me dire, mais je ne lui ai jamais donné l’occasion. Il m’a dit que mon problème, c’était que je ne savais pas ce que je voulais réellement. Je me suis toujours contenté d’imiter les autres, d’avoir un

partenaire, parce que tout le monde en possédait un… ; je ne savais pas ce que je cherchais ; le bonheur peut être ?, l’amour ?, était ce la paix ?, ou que je cherchais tout cela en même temps ?, je n’ai jamais songé à celui que je veux aimer, son caractère, sa façon de parler…, enfin j’étais comme une voiture sans chauffeur, un bateau sans capitaine, une femme sans âme. Je vivais seulement parce que j’étais obligé de le faire…

Mon cœur m’a révélé pour la première fois, qu’il avait une sœur. Il ne l’a jamais vue, mais il sent sa présence en lui, à chaque battement. Le sentiment d’un cœur ne se trompe jamais, il est le seul désormais, à qui je pourrais faire confiance.

Mon cœur m’a dit que c’est toi… ; si tu arrives à me retrouver, c’est que tu me

mérites vraiment. Je peux être autour de toi, très proche de toi, ou encore trop loin, plus loin que tu ne pourrais l’imaginer.

De toute façon, il me suffit pour t’attendre, de savoir que tu existes…

Ça remonte jusqu’au jour où j’ai eu 18 ans, c’était le ramadan 2008, où – grâce au bon Dieu- j’ai décidé enfin d’avoir un rêve dans ma vie, l’aimer, le croire, et ne vivre que pour l’atteindre … ; j’ai rêvé que toute la planète pourrait découvrir un jour le vrai islam, que je serrais l’ambassadrice de cette religion, pleine d’amour et de tolérance.

Avant ce jour, j’ai été la fille à la recherche du bonheur ; j’avais tout tenté pour le sentir, mais à vrais dire sa présence en moi, ne durait qu’un tout petit bout de temps. Le bonheur pour moi était de devenir celle que je ne suis pas ; je voyais mes amies, et mes copines…, faisant semblant d’être heureuses, j’essais de les imiter. Des fois je me forçais à faire des choses aux quelles je ne suis convaincu, rien que pour satisfaire

la petite voix au fond de moi qui me disait tout le temps : « tu dois te faire remarquer… ». Toutes mes copines parlaient d’un certain (grand amour), et me racontaient leur aventures avec leur (autre moitié). Pour être franche, je n’avais jamais osé tenter quoique ce soit en ce domaine, je me contentais d’inventer mes petites histoires à moi, et vivre dans mon propre monde avec tous les princes de la planète.

Pendant toutes mes années d’adolescence, je ne me rappelle que de deux mecs qui m’ont vraiment marqué, le premier, au collège, envers qui j’éprouvais des sentiments, certes, mais je n’ai rien pu tenter… et c’est après un sacré temps que j’ai découvert qu’il m’aimait en cachette, et que ma timidité m’as privé de satisfaire au moins, pour

une fois, la petite voix qui s’entendait toujours en moi. Le deuxième, durant ma première année de la faculté d’économie, il étudiait à la même faculté et je ne l’ai connu que par le biais d’une amie à moi qui m’était intime et qui l’aimait aussi à tout lâcher pour lui ; j’ai encore caché mon sentiment, d’abord parce que c’est un trait de caractère et aussi pour respecter mon amie ; mai j’ai été devant la réalité que quelque chose passait entre nous à chaque fois que je le voyais, alors là mon amie a senti ces choses, et puisqu’elle l’aimait -comme j’ai dit à tout lâcher pour lui- ; elle a commencé à inventer des mensonges contre moi, pour qu’il me déteste, je ne sais pas si vraiment elle a réussi sa mission, mais à mes yeux, il est resté l’unique, et le très loin…

On n’était pas très intimes tous les deux, notre seul lien était mon amie, mais quand les places permettaient une rencontre hasardeuse, je lisais en ses regard lointains vers moi, un mystère qui réchauffait mon cœur vide, une illusion qui me consolait et me donnait l’espoir d’un rien du tout…

La dernière fois où je l’ai vu, c’était dans une bibliothèque ; je l’observais de loin. Il lisait, et parfois, parlait tout seul…, j’adorais en lui sa folie solitaire, ses gestes philosophiques, ses regards silencieux, qui sont les plus signifiants de toutes les paroles de l’univers…

Durant toutes ces histoires, je tirais toujours les mêmes conclusions ; c’est que nous -les êtres humains-, avions quelque chose de très fort, de très impressionnant, mais que je ne pouvais

découvrir. Que si j’ai été crée, c’est qu’il devrait y avoir une raison comme même, et que surement, ces histoires d’amour falsifié n’étaient guère l’initiale raison…

Mes parents étaient des gents biens, cultivés, et des musulmans pratiquant à haut niveau. Nous étions une famille de moyenne classe, mon père était un professeur de français, et retraité juste avant mon année de bac, il n’était pas très cool avec moi, il voulait que je mette le voile, que j’en sois convaincu, il savait que je ne faisais plus ma prière, il acceptait mes mensonges, et attendait, jusqu’à ce que Dieu me permette le changement. J’ai eu beaucoup de problèmes avec lui, la principale cause était l’autorité ; et vu que mes amies étaient tranquilles avec leur parents, je sentais toujours que j’étais sous estimé. Ma mère, était Le Manageur qui essayait toujours de calmer les esprits et trouver un remède pour gérer tout conflit, Elle

était et l’est toujours en mes yeux, la formidable.

Même s’ils ne le disaient pas franchement, mes parents étaient contre les amitiés ( fille-garçon ), c’était d’abord interdit par la religion, et ensuite par eux ; mais je n’ai jamais compris la logique de ces interdits. Je n’avais pas le droit de sortir, ni de « m’éclater » comme dit la plupart de mes copines.

Le tout changement, qui a bouleversé

tous les calculs antérieurs … Le Ramadan

2008.

Avant La fin du mois, je sentais que j’allais réellement prouver ou au moins faire sortir des pouvoirs cachés. Tout commence par une profonde volonté, et une sincère réflexion, sans aucune contrainte : où on va comme ça ?, Ma vie était une simple habitude que je suivais

sans improvisation, sans innovation, sans utiliser Les pouvoirs non limités, que Dieu à offerts à tout être humain vivant sur cette planète.

Changer, n’est pas se réveiller un beau matin et dire, je change. D’ailleurs le petit moment du tout changement n’est connu par personne, ça vient comme ça, comme quelque chose qui devrait se produire conformément à ce qui était écrit.

Le jour où j’ai laissé mon cœur parler, dire ce qu’il avait à dire, dégager ce dont il était capable de dégager ; et raconter ses merveilleuses histoires nées avec lui. Le jour où j’ai compris qui était notre créateur, où j’ai brisé des croyances, qui n’étaient que des habitudes transmises de générations à autres, et acceptées sans y appliquer les facultés de

compréhension existantes chez tout être humain, Le jour où J’ai lu et connu qui était notre prophète, et ce qu’il a subit comme tortures, pour que nous, les hommes d’aujourd’hui, vivions en Islam avec toutes libertés ; le jour où j’ai fais La prière musulmane, non comme me l’avait instruit mes parents, mais comme me le dictait la philosophie des prières, le jour où j’ai constaté en tant qu’être de la race humaine, que c’était La plus forte relation qui pourrait exister entre un créateur et sa créature… le changement se fut…

Depuis La fin du ramadan, j’ai tout changé dans ma vie, mais j’ai cru en la progression petit à petit, car je savais que si je La voulais en entier je la perdrais en entier. Dieu m’avais déjà permis la lumière, Je n’avais plus raté une seule prière des cinq obligatoires par jour, c’était l’incontournable début pour se relancer dans le chemin vers Dieu, je savais qu’après toutes mes autres tentations , J’arriverais cette fois à me prouver l’existence, sous l’aide du tout puissant ; sans exagérer, je vous assure que depuis ce jour , tout problème dans ma vie était résolu, d’abord j’ai senti un bonheur que je ne pouvais trouver autrement , les problèmes avec mes

parents et surtout mon père , sont tous disparus. Les relations amicales se distinguaient devant moi, de sorte que je pourrais choisir ceux qui me seraient utile pour mon but et ceux qui ne le seraient pas, enfin bref, toute la vie à changer pour moi … .

Je me suis fixé l’objectif de faire part à toute la planète, de ces merveilles que j’ai découverts. Mes ennemis étaient les terroristes, les tueurs, les méchants… ; et mes amis étaient…tout le reste…quelque soient leurs croyances.

Tout individu soumit à la loi de vivre, vient au monde avec la bonne personne, - ce qu’on appelle al Fitra- l’environnement le change, et salit tout coin en lui, sauf un, qui est au niveau du cœur « al Fouad » ce même petit organe qui transmet tout Le temps des incitations

pour revenir à l’initial Fitra, il les transmet au commandement qui est le

seul responsable de notre réalité, c’est

« le cerveau » , cette chose qui ne pèse pas plus de 2 kg, se composant de 150 Milliards de cellules, est capable de

changer notre réalité en une seconde juste si on s’en sert comme il faut, et le

« comme il faut » ne pourrait se réaliser,

que lorsque ce cerveau, qui n’est qu’une créature, fonctionne par amour de son créateur.

Les mois passèrent, et chaque seconde écoulée rapportait une merveille. Je parlais de Dieu à mes amies, mes copines, et à tous ceux qui aimeraient en connaitre d’avantage…

Les filles…, nous sommes des perles, nous sommes la couleur de la vie, le sens de la

beauté, la raison des sentiments… ; croyez moi, Dieu nous a créé, non pas pour être des copines des garçons, ou des instruments de satisfaction de désirs ; mais pour être les reines, de ceux qui nous méritent…

J’ai mis le voile, j’ai choisi Dieu…, je m’en foutais de l’opinion des gens puisque j’ai découvert le langage de l’univers… ; j’ai posé en toute tranquillité mon front sur le sol, et je suis resté comme ça, à ne rien dire, car les paroles de mon cœur suffisaient tellement… ; j’ai souri, j’ai été heureuse, je lui ai simplement déclaré, que j’ai fait çà pour lui, que j’ai caché la beauté qu’il m’avait offert juste pour ceux qui la méritent… ; j’ai voulu rester comme çà, en train d’apprécier son amour, d’imaginer son éternité, sa puissance…, sa présence qui ne m’a

jamais quittée… . Mon cœur a parlé, je l’ai écouté, et cela a fait toute la différence…

J’étais en train de ranger mes affaires, quand soudainement, je me suis retournée, et c’était lui ; en toute sa splendeur, devant moi…

J’ai tremblé, j’ai rougi, mon cœur battait comme un fou, il ne suivait plus le rythme, c’était tout simplement une joie qui annulait toutes les lois. Il m’a salué sans me tendre la main, il a marqué un silence, puis m’a dit : « … tu as mis le voile ! »…

Ça vous est jamais arrivé de ne plus savoir laquelle des attitudes suivre… ?, d’être devant quelqu’un et fuir tout le temps son regard…, essayant de cacher les émotions les plus nues et les plus franche, d’être complètement incapable de répondre… ?; j’ai souri, et j’ai baissé la tête, j’ai senti pour la première fois, la faiblesse de l’amour, ou plutôt sa force ?;

devant moi se présentait l’homme que j’ai toujours observé de très loin, il était très proche de moi cette fois-ci…, mais je me sentais incapable d’éprouver la moindre réaction.

Il semblait être satisfait par mon new look, il a pu combler par la suite, tout le silence qui régnait, par des paroles hasardeuses, des gestes à la nature…, par des choses auxquelles je n’ai accordées la moindre attention, car seul sa présence devant moi me suffisait… ; j’ai oublié toutes les contraintes, j’ai plongé toute nue dans ses yeux, et j’ai abandonné derrière moi toute la planète… ; mon cœur est redevenu soudainement très calme, très doux, comme un coureur qui s’arrête à mi-chemin pour se rendre compte qu’il a déjà franchi la ligne d’arrivée…

Quand on aime, on ne s’en doute pas, on n’a pas besoin des signes pour le prouver, ou de paroles pour en être convaincu ; on ne se demande même pas cette question : [est ce que je l’aime ?] ; ca vient juste comme de l’air frais, qui touche nos sens, qui fais bouger nos cheveux, qui nous fait tout simplement emporter par sa toute facilité vers les profondeurs de nos âmes, où est caché depuis toujours, l’autre en nous…

Si c’était toi réellement, tu auras senti aussi ces émotions secrètes, et tu reviendras, j’en suis sure… ; tu seras sans doute la récompense que Dieu m’offrira, pour ma patience…, et comment ne le serais tu pas, alors que je t’ai aimé, avant même que tu n’existe… . »

En quittant les lieux, j’avais constaté qu’elle n’a pas dit un seul mot, que j’ai parlé seulement pour ne rien dire… ; j’avais en tête son regard, son absence très présent, son mystère si profond, si infini, que toute ma conscience s’y était perdue… ; je me suis retourné brusquement pour croire ce que je venais de sentir…, mais elle n’était plus là…, elle avait plongé, toute nue, dans le lac… ; et a tracé derrière elle, tout un néant, qui n’attendait de moi que l’empreinte…

Cette fois, j’ai plongé aussi ; et je l’ai suivie, vers nulle part…

Fin