Vous êtes sur la page 1sur 71
UNIVERSITE MONTPELLIER I Faculté de Droit et de Science Politique Cours de Droit International Privé

UNIVERSITE MONTPELLIER I

Faculté de Droit et de Science Politique

Cours de Droit International Privé M. le Professeur Claude FERRY Année universitaire 2010/2011

M. le Professeur Claude FERRY Année universitaire 2010/2011 DROIT INTERNATIONAL PRIVE TOME II Cours proposé par

DROIT INTERNATIONAL PRIVE

TOME II

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

Claude FERRY Année universitaire 2010/2011 DROIT INTERNATIONAL PRIVE TOME II Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

SOUS-TITRE II : LES DIFFERENTES REGLES DE CONFLIT DE LOIS

CHAPITRE I : LES OBLIGATIONS CONTRACTUELLES

Quelle est la loi applicable aux obligations contractuelles internationales ? Est entré en vigueur le règlement de l’Union européenne dit « Rome I ». Ce règlement s’applique à tous les contrats conclus après décembre 2009 et se substitue à la Convention de Rome du 19 juin 1980 en vigueur depuis le 1° avril 1991.

Avant la Convention de Rome, il n’y avait néanmoins pas de vide juridique. Comme le Code civil de 1804 ne contient rien sur la loi applicable aux actes juridiques, c’est à la jurisprudence qu’incomba de bâtir les règles en matie de droit applicable aux contrats internationaux.

SOUS-CHAPITRE I : LA JURISPRUDENCE ANTERIEURE A LA CONVENTION DE ROME

La Convention de Rome n’est entrée en vigueur que le 1 er avril 1991. Par ailleurs, lorsque l’on n’est pas dans son champ d’application, on tombe dans le droit jurisprudentiel antérieur et

notamment un arrêt AMERICAN TRADING COMPANY (CASS, Ch. CIV., 5 décembre

1910) dans lequel la Cour de cassation jugea que la loi applicable à un contrat international était la loi choisie par les parties. Quand les parties n’ont pas choisi la loi applicable, la jurisprudence

FOURRURE RENEL (Cass. 1 re CIV, 6 juillet 1959) opte pour la loi du pays où les parties

ont localisé leur contrat.

SOUS-CHAPITRE II : LA CONVENTION DE ROME

SECTION I Ŕ CHAMP D’APPLICATION DE LA CONVENTION DE ROME

La Convention de Rome contient des règles de conflit applicables au fond, à la forme et à la preuve des obligations contractuelles ; elle contient aussi un article qui reconnaît l’application des lois de police concernant les contrats en fonction des critères d’application dans l’espace qu’elles se fixent elles - mêmes.

Toutefois, dans son article 1 er , la Convention de Rome (reproduite sous l’article 3 du Code civil Dalloz) délimite son domaine d’application et précise qu’elle n’est pas applicable aux obligations alimentaires, aux trusts, aux conventions d’arbitrage, aux questions concernant la création et le fonctionnement des sociétés dotées de la personnalité morale - et de façon plus générale - aux personnes morales, aux contrats individuels d’assurance concernant un risque situé dans l’Union Européenne, etc ….

Lorsque l’on est en présence de ces exclusions, il y a deux cas figures :

Une règle de conflit spécifique à la question existe et on l’applique. Par exemple, la loi applicable à la création et au fonctionnement d’une personne morale est la loi de son

siège social (L.210-3 du Code de commerce). De même, il existe une Convention de la Haye de 1986 sur la reconnaissance du trust.

Il n’y a pas de règle de conflit spécifique mais l’on se trouve néanmoins en présence d’obligation résultant d’un acte juridique. Là on retombe dans la jurisprudence

AMERICAN TRADING COMPANY et FOURRURE RENEL.

dans la juris prudence AMERICAN TRADING COMPANY et FOURRURE RENEL . Cours proposé par l’Association R.A.I.E.
dans la juris prudence AMERICAN TRADING COMPANY et FOURRURE RENEL . Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

dans la juris prudence AMERICAN TRADING COMPANY et FOURRURE RENEL . Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

Par exemple, en matière de Convention d’arbitrage, il arrive que la loi applicable à la Convention d’arbitrage soit déterminée grâce aux règles de conflit élaborées par la jurisprudence antérieure.

L’article 1 er exclut aussi la question de savoir si un individu a ou non le pouvoir de représenter un autre individu (mandat apparent, …).

SECTION II Ŕ LES REGLES DE CONFLIT

Les règles de conflit de la convention sont relatives à la loi applicable au fond du contrat, à la loi applicable à la forme et à la à la loi applicable à la preuve.

SOUS-SECTION I : LES REGLES DE CONFLIT APPLICABLES AU FOND DU CONTRAT

La convention de Rome prévoit des règles générales et des règles spéciales. Toutes ont le même domaine d’application.

§1 : LE DOMAINE D’APPLICATION DES REGLES DE CONFLIT

Trois groupes de questions de droit concernés.

1 - Les questions de validité : Il faut un consentement valable, c’est donc la loi du contrat qui va

dire s’il y a eu échange des consentements et, éventuellement erreur, dol ou violence ; cette loi décidera aussi si la lésion est admise ou non. Si le contrat désigne la loi anglaise, il faut une consideration ; s’il désigne la loi française il faut une cause au sens de l’article 1131du Code civil.

2

dommages-et-intérêts ou pas ? y-a-t-il des dommages-intérêts compensatoires, punitifs ? C’est la loi du contrat qui va répondre ; les dommages-intérêts compensatoires sont égaux au montant du préjudice subi par la victime de l’inexécution. Si la victime n’a aucun dommage, elle n’aura rien.

des

-

Les

conséquences

d’une

inexécution

d’une

obligation

contractuelle :

Y

a-t-il

3 - Une fois que le juge a résolu ou annulé un contrat, quelles en sont les conséquences ? En

droit français, on procède aux restitutions, c’est-à-dire que l’on met les parties rétroactivement dans la situation où elles se trouvent avant la conclusion du contrat.

§2 : LES REGLES DE CONFLIT GENERALES

I/ LA LOI D’AUTONOMIE

Cette expression désigne la règle de conflit - quasi-universelle - qui consiste à donner aux parties le pouvoir de choisir elles-mêmes la loi qui va régir le fond de leur contrat. Cette loi, issue de la jurisprudence AMERICAN TRADING COMPANY (cf. infra) figure à l’article 3, al. 1, de la Convention et dispose que : « le contrat est régi par la loi choisie par les parties ». Cette règle pose la question de la loi pouvant être choisie (A) et celle du choix de la loi (B).

de la loi pouvant être choisie (A) et celle du choix de la loi (B). Cours
de la loi pouvant être choisie (A) et celle du choix de la loi (B). Cours

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

de la loi pouvant être choisie (A) et celle du choix de la loi (B). Cours

A)

LA LOI POUVANT ETRE CHOISIE

Pour répondre à cette question, on est obligé de s’en poser d’autres.

- 1 ° est-il possible de choisir des règles non-étatiques ? Il s’agit non seulement des usages du

commerce international mais, de façon plus générale, de tous les principes issus de la pratique du commerce international et des sentences rendues par les arbitres du commerce international. Sur la question, la Convention de Rome est muette. Une chose est certaine, devant des arbitres internationaux, statuant en matière de commerce international, il est tout à fait possible de dire que les arbitres statueront selon la lex mercatoria, les usages, les principes généraux du commerce

international,… simplement car les parties choisissent de s’en remettre à un arbitre privé et ont beaucoup plus de liberté ; elles peuvent même décider que l’arbitre statuera en amiable composition, c’est-à-dire en équité.

Il n’en demeure pas moins que, à supposer que la lex mercatoria soit un système de droit, ce serait un système de droit incomplet car il ne fournirait pas une solution pour tout litige. Devant les arbitres on peut suppléer ses lacunes par l’amiable composition ou par le recours à un droit national. Lorsque l’on est devant un juge national, un arrêt de la Cour d’appel de Paris de 1991 valide le choix de la lex mercatoria dans un contrat international. Mais une disposition de la lex mercatoria ne pourrait primer une disposition impérative de la loi désignée par la règle de conflit compétent en l’absence de choix (V. Infra), laquelle retrouve un titre à s’appliquer dans ce cas là puisque les parties n’ont pas choisie un droit étatique.

Cela veut donc dire que le contrat est nécessairement rattaché à un droit national et que les parties ne peuvent pas recourir à la lex mercatoria pour le placer en dehors de l’appréhension des droits étatiques.

Exemple. Les parties ont désigné le Tribunal de Commerce de Paris comme juridiction et lui demandent de statuer selon les usages et les principes reconnus en matière de commerce international dans le domaine du raffinage de pétrole. Il n’en demeure pas moins que le Tribunal de Commerce va se demander quelle est la loi nationale applicable à ce contrat afin 1) Ŕ de compléter les usages et principes si nécessaire, 2) Ŕ vérifier que le contrat ne viole pas une disposition impérative de la loi de l’Etat ayant les liens les plus étroit avec le contrat (art. 4 de la convention de Rome : v. infra). Si le contrat est plus étroitement lié avec l’Allemagne, le tribunal va appliquer le droit allemand et ce ne sera qu’à l’intérieur de la liberté contractuelle concédé par le droit allemand que les principes issus de la lex mercatoria choisie par les parties s’appliqueront.

- 2° : est-il possible de choisir une loi sans lien avec le contrat pour tout ou partie de ce

dernier ? Force est de constater que la Convention de Rome ne pose pas cette condition. Dans la mesure où tout ce qui n’est pas interdit est permis, les parties vont pouvoir choisir une loi sans rapport avec le contrat mais on trouve nécessairement comme limite la fraude. Exemple de choix valable : les parties choisissent la loi suisse ou la loi suédoise car ce sont des parties qui ont tendance à être neutre. Exemple de choix frauduleux : tous les droits ayant un contact avec le contrat l’annule et les parties ont choisi un droit sans rapport avec le contrat mais qui, comme par hasard, le valide. Ce choix forcerait les tribunaux à appliquer l’article 4 de la Convention de Rome.

- 3° : est-ce que les parties peuvent choisir une loi pour une partie du contrat et une autre loi

pour une autre partie du contrat ? La seule chose qu’admet la Convention de Rome dans son article 3 alinéa 1 er est que les parties peuvent désigner la loi applicable pour la totalité ou à une partie seulement de leur contrat. Le reste est alors régi par la règle de conflit de l’article 4. Personne en pratique ne prend le risque de faire un dépeçage en désignant deux lois.

ne prend le risque de faire un dépeçage en désignant deux lois. Cours proposé par l’Association
ne prend le risque de faire un dépeçage en désignant deux lois. Cours proposé par l’Association

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

ne prend le risque de faire un dépeçage en désignant deux lois. Cours proposé par l’Association

Est-il opportun de prendre une loi pour une partie seulement du contrat international ? Si

cette partie est vraiment distincte des autres et que le droit national pressenti est tout à fait adapté

à traiter cette partie du contrat, oui. Mais il faut faire attention lors des montages car si l’on a choisi une loi pour une partie du contrat et que survient un litige qui concerne plusieurs parties dudit contrat, on va se retrouver avec la loi choisie mais aussi avec la loi désignée conformément

à l’article 4 et les deux lois pourraient s’avérer incompatible.

Exemple : Admettons que les parties aient voulu qu’une partie (l’obligation de paiement) soit soumise à la loi luxembourgeoise. Supposons que le vendeur soit américain. Le reste du contrat devra alors être régi par la loi des USA où se trouve le vendeur. Au cours du procès, le vendeur assigne l’acheteur en paiement du prix mais l’acheteur forme une demande reconventionnelle en garantie des vices cachés et demande la résolution. Si la loi luxembourgeoise et la loi américaine

ne peuvent se combiner de façon cohérente, on a un problème difficilement soluble. Le juge va alors considérer que le choix est inopérant et va appliquer l’article 4 de la Convention de Rome pour désigner une seule loi pour tout le contrat.

- 4 ° : peut-on « geler » la loi nationale choisie ? Si la législation de l’Etat dont la loi a été choisie change, cet État qui décide si la disposition concernée qui a changée va s’appliquer ou non au contrat en cours. Mais les opérateurs du commerce international n’aiment pas ça, surtout si une partie traite avec un État dont les dirigeants peuvent instrumentaliser le Parlement et faire changer la loi applicable au contrat afin d’induire une conséquence que l’entreprise étrangère n’attendait pas. On stipule alors dans le contrat que la loi que l’on désigne est la loi au jour de la signature du contrat, on gèle la loi applicable. Est-ce valable ? Il faut distinguer selon que l’on se trouve devant un tribunal français ou devant des arbitres internationaux.

Si l’on se trouve devant un juge étatique, deux remarques : tant que les dispositions concernées par le litige sont des lois supplétives, il n’y a pas de problème puisque l’on est dans un domaine où la loi désignée par les parties donne une certaine liberté ; il y a problème si la modification qu’opère le législateur dont la loi a été choisie concerne une loi impérative. Dans ce cas, un tribunal étatique n’acceptera pas le gel de la loi applicable, car cela voudrait dire que des dispositions impératives peuvent être exclues par les parties dès lors que l’on est en matière internationale, ce qui n’est pas le cas car cela reviendrait à un contrat sans loi.

Si l’on se retrouve devant un arbitre international, les parties peuvent lui demander de statuer en équité, c’est-à-dire sans se référer à aucune loi, ou de se référer exclusivement aux usages du commerce international. Donc si les parties peuvent faire ça, elles peuvent aussi dire à l’arbitre de statuer en droit mais en se basant sur l’état du droit à une date donnée, sans prendre en compte les changements ultérieurs. Une fois qu’un arbitre a rendu une sentence internationale, celui qui a perdu doit l’exécuter ; s’il « traine les pieds » et qu’il faut procéder à une exécution forcée, il est nécessaire de demander au juge de l’exécution une ordonnance d’exequatur qui donne force exécutoire à la sentence et permet dès lors la coopération des auxiliaires de justice et de l’État français à son exécution. A cette occasion, le juge vérifie que la sentence n’est pas contraire à l’ordre public international : le fait de ne pas être soumis aux lois impératives d’un Etat n’exclut donc pas tout contrôle étatique.

B) LES PROBLEMES CONCERNANT LE CHOIX DE LA LOI

1. NATURE DU CHOIX

L’article 3 alinéa 1 de la Convention de Rome dispose que le choix de la loi doit être « exprès ou résulter de façon certaine des dispositions du contrat ou des circonstances de la

façon certaine des dispositions du contrat ou des circonstances de la Cours proposé par l’Association R.A.I.E.
façon certaine des dispositions du contrat ou des circonstances de la Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

façon certaine des dispositions du contrat ou des circonstances de la Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

cause ». Le but de cette disposition est de permettre un choix tacite par les parties de la loi applicable.

Exemples. Le simple fait de choisir un tribunal belge ou suisse pour connaître d’un éventuel litige ne signifie pas que les parties veulent l’application de la loi belge ou suisse. Mais si les parties choisissent un contrat type rédigé par rapport à une loi nationale précise, tel le droit anglais en matière d’assurance maritime, il est probable que les parties ont voulu tacitement la loi anglaise.

Hypothèse où les parties concluent deux contrats : un contrat de vente, puis contrat d’entretien du matériel vendu. Le fait d’avoir choisi une loi dans le contrat de vente, signifie t Ŕ il qu’elles ont voulu la même loi dans l’autre contrat ? On tend à l’admettre.

2. CHOIX DE LA LOI POSTERIEUREMENT A LA FORMATION DU CONTRAT

Ls parties n’ont pas défini au moment de la conclusion la loi applicable ; peuvent-elles le faire a posteriori ? Les parties souhaitent changer la loi initialement choisie ; le peuvent Ŕelles ? La Convention de Rome, dans son article 3, l’admet expressément. Mais il y a des limites : 1) - ce choix ne peut pas avoir pour effet de rendre nul un contrat qui était valable d’après le droit applicable en l’absence de droit, ou d’après le droit choisi initialement ; 2) - ce choix ne doit pas porter atteinte aux droits des tiers.

3. LE CONTRAT DE CHOIX

C’est l’échange de consentement des parties relativement au droit applicable. C’est ce que

l’on appelle la clause de droit applicable ; quelle loi va dire si ce choix est valide ? L’article 8 § 1

de la convention dispose

sont soumises à la loi qui serait applicable en vertu de la présente convention si le contrat ou la disposition étaient valables ». Ainsi, la validité de la clause de droit applicable sera traitée par la

loi choisie par les parties même s’il s’avère ensuite que celle Ŕ ci annule le contrat. On présume que le choix est valable, de façon que ce choix puisse désigner un droit. Mais une fois que ce droit a été désigné et qu’on le consulte, il peut s’avérer que ce droit annule le contrat ou l’une des ces clauses. Dans ce cas là, la clause de choix demeure valable mais le contrat ou l’une de ses clauses sera annulé.

« L'existence et la validité du contrat ou d'une disposition de celui-ci

II/ LA LOI APPLICABLE EN L’ABSENCE DE CHOIX

L’article 4 de la Convention de Rome pose une règle qui se décompense en trois éléments :

- A défaut de choix s’applique la loi du pays avec lequel le contrat « présente les liens les plus étroits ».

- Ce pays est présumé être celui de la « résidence habituelle du débiteur de la prestation caractéristique » du contrat ; à supposer que cette prestation caractéristique puisse être déterminée.

- Cette présomption est écartée s’il résulte de l’ensemble des circonstances que le contrat présente des liens plus étroits avec un autre pays.

que le contrat présente des liens plus étroits avec un autre pays. Cours proposé par l’Association
que le contrat présente des liens plus étroits avec un autre pays. Cours proposé par l’Association

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

que le contrat présente des liens plus étroits avec un autre pays. Cours proposé par l’Association

A)

LE PRINCIPE : LOI DU PAYS AVEC LEQUEL LE CONTRAT PRESENTE DES LIENS LES PLUS ETROITS

C’était la solution avant la Convention de Rome, on appelait cela la théorie de la localisation. On recherchait dans quel pays la loi avait son centre de gravité. L’article 4, alinéa 1 er de la Convention apporte une précision, il nous dit que si l’une des parties du contrat est détachable du reste et apparaît comme localisée dans un pays particulier, le juge va pouvoir dépecer le contrat et considérer que cette partie là sera régie par la loi de pays car c’est avec lui qu’ elle présente les liens les plus étroits.

L’inconvénient de la règle du lien le plus étroit est qu’elle donne une grande liberté au juge, ce qui est source d’insécurité juridique. C’est pourquoi la Convention de Rome édicte une présomption en faveur de la loi de la résidence habituelle du débiteur de la prestation caractéristique.

B) PRESOMPTION EN FAVEUR DE LA LOI DE LA RESIDENCE HABITUELLE DU DEBITEUR DE LA PRESTATION CARACTERISTIQUE

L’article 4§2 de la Convention de Rome nous dit que s’il s’agit d’une société ou d’une association, c’est le lieu de l’administration centrale qui sera considéré comme le lieu de la résidence habituelle du débiteur de la prestation caractéristique. Le problème que pose ce texte est de savoir, contrat par contrat, quelle est la prestation caractéristique. Dans un contrat de vente, qui fournit la prestation caractéristique ? le vendeur ou l’acheteur ? La Convention de Rome ne dit rien, mais les travaux préparatoires révèlent que la prestation caractéristique dans un contrat donné est celle en contrepartie de laquelle de l’argent est versé. Ainsi, dans la vente, le vendeur reçoit de l’argent en échange de la propriété de la livraison. La prestation caractéristique est fournie par le vendeur.

Mais il peut se produire que l’on n’arrive pas à déterminer dans un contrat donné quelle est la prestation caractéristique, ce qui est notamment le cas dans le contrat d’échange. Les deux parties fournissent la même chose. Aucune prestation n’est caractéristique. Dans ce cas là, la Convention de Rome dit que l’on retombe dans le giron de l’article 4§1 : on recherche au cas par cas avec quel pays le contrat présente les liens les plus étroits.

Quand bien même on serait ne présence d’un contrat où il y aurait une prestation caractéristique, l’article 4§5 prévoit l’éviction de la présomption du §2.

C) L’EVICTION DE LA PRESOMPTION S’IL RESULTE DE L’ENSEMBLE DES CIRCONSTANCES QUE LE CONTRAT PRESENTE DES LIENS PLUS ETROITS AVEC UN AUTRE PAYS

Lorsqu’il résulte de l’ensemble des circonstances que le contrat présente des liens plus étroits avec un autre pays, le juge désigne la loi de cet autre pays en utilisant son pouvoir d’appréciation. Exemple : voir cours

pays en utilisant son pouvoir d’appréciation. Exemple : voir cours Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page
pays en utilisant son pouvoir d’appréciation. Exemple : voir cours Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

pays en utilisant son pouvoir d’appréciation. Exemple : voir cours Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

§3 : LES REGLES DE CONFLIT PROPRES A CERTAINS CONTRATS

Il y a plusieurs règles spéciales.

I/ LE CONTRAT AYANT POUR OBJET UN DROIT REEL IMMOBILIER

L’article 4§2 est écarté au profit de l’article 4§3 qui nous dit que le contrat est présumé avoir les liens les plus étroits avec le pays où est situé l’immeuble. Mais il ne s’agit là que d’une présomption et le juge peut estimer que, eu égard au nombre important de points de contacts dans un autre pays, le contrat a en fait des liens plus étroits avec cet autre pays en application de l’article 4§5.

II/ LE CONTRAT DE TRANSPORT DE MARCHANDISES

Si l’on avait appliqué mécaniquement l’article 4§2, ce serait toujours la loi du transporteur qui s’appliquerait puisque c’est bien sûr le transporteur qui fournit la prestation caractéristique. Le législateur européen n’a pas voulu cela et nous dit dans l’article 4§4 que la présomption de l’article 4§2 ne s’appliquera que si le lieu de résidence du transporteur coïncide, soit avec le lieu de chargement de la marchandise, soit avec le lieu de déchargement de la marchandise, soit avec le lieu de l’établissement principal de l’expéditeur. Si aucun de ces trois éléments n’est présent, on tombe sur l’article 4§1 qui nous oblige à déterminer au cas par cas le centre de gravité du contrat avec l’insécurité juridique que cela implique.

III/ LES CONTRATS CONCLUS AVEC LES CONSOMMATEURS

1) - D’après l’article 5 de la Convention de Rome, il s’agit d’une part des contrats ayant pour objet la fourniture de biens mobiliers corporels ou de services ainsi que les contrats destinés au financement d’une telle fourniture. Cela veut dire que si le consommateur achète une télévision, l’article 5 s’applique de même que si le consommateur prend un crédit à la consommation pour acheter ce bien car c’est un contrat pour le financement d’un bien mobilier corporel ; si le consommateur achète des actions en passant par son banquier, là il acquiert des biens mobiliers incorporels et l’article 5 n’est pas concerné.

2) - Il faut en outre que ce soit un contrat conclu avec un professionnel pour un usage pouvant être considéré comme étranger à l’activité professionnelle du cocontractant de ce dernier.

Que se passe-t-il si ces deux conditions ne sont pas remplies ? On retombe dans la présomption de l’article 4§2 ; Exemple un prêt immobilier à la consommation : qui fournit la prestation caractéristique ? Le banquier, car il fournit le crédit immobilier. Quelles sont les règles posées par l’article 5 ? Il déroge à la fois à l’article 3 et à l’article 4, tout simplement parce que comme il s’agit de protéger le consommateur, on ne veut pas que la loi choisie désavantage le consommateur ni que soit quasiment toujours appliqué la loi du pays du professionnel qui fournit la prestation caractéristique, comme ce serait le cas si l’on appliquait l’article 4§2.

co mme ce serait le cas si l’on appliquait l’article 4§2. Cours proposé par l’Association R.A.I.E.
co mme ce serait le cas si l’on appliquait l’article 4§2. Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

co mme ce serait le cas si l’on appliquait l’article 4§2. Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

L’article 5 §2 nous dit que la loi applicable est celle de la résidence habituelle du consommateur dès lors que l’une des trois conditions suivantes est remplie :

1 - La conclusion du contrat a été précédée dans le pays de résidence habituel du

consommateur d’une « proposition spécialement faite (ex. mailing) ou d'une publicité ». En

outre, le consommateur doit avoir signé le contrat dans ce pays (avoir « accompli dans ce pays les actes nécessaires à la conclusion du contrat »).

2 Ŕ Le cocontractant du consommateur ou son représentant a reçu la commande du

consommateur dans le pays de résidence habituel du consommateur (hypothèse où le VRP ou l’agent commercial du professionnel s’est déplacé dans le pays de résidence du consommateur pour prendre sa commande).

3 Ŕ Le contrat est une vente de marchandises et le consommateur s’est rendu de ce pays dans un pays étranger et y ait passé la commande, à la condition que le voyage ait été organisé par le vendeur dans le but d'inciter le consommateur à conclure une vente.

IV/ LE CONTRAT INDIVIDUEL DE TRAVAIL

Le législateur n’a pas envie que sous prétexte que l’on est en présence d’un contrat de travail international, le droit de travail du pays d’exécution soit éludé alors qu’il protège davantage le salarié. L’article 6 de la Convention de Rome pose une règle de conflit en l’absence de choix et tolère le choix des parties tout en le limitant.

En l’absence de choix, il est présumé que le contrat de travail présente les liens les plus étroits selon les critères suivants posés par l’article 6 §2.

1 - Le salarié exécute ses tâches dans un même pays : il est présumé que la loi du pays

présentant le lien le plus étroit avec le contrat est alors celle du pays du lieu d’exécution. Le texte

précise qu’il en est ainsi même si le travailleur, le salarié, est détaché à titre temporaire dans un autre pays.

2 - Celui où le salarié n’accomplit pas habituelle sa tâche dans un même pays (exemple

un VRP dont le territoire couvre plusieurs États). Le contrat de travail est présumé présenter les liens les plus étroits avec le pays où se trouve l’établissement qui a embauché le salarié. Par exemple, une société suisse embauche un Russe comme VRP pour couvrir le sud de la France, le nord de l’Espagne et le nord de l’Italie. Le contrat de travail est présumé présente les liens les plus étroits avec la Suisse puisque c’est ce pays qui a embauché le salarié.

Dans les deux cas, que le salarié exécute habituellement sa profession ou non, il existe une soupape de sécurité en ce sens que s’il est avéré que le contrat de travail présente des liens plus étroits avec un autre pays, c’est le droit de cet autre pays qui s’applique.

Lorsque les parties ont choisi, l’article 6§1 dispose que le choix d’une loi autre que celle qui serait désignée par l’article 6§2 ne peut avoir pour effet de priver le salarié de la protection que lui confère le droit du pays applicable en l’absence de choix.

Quel est le domaine de ces deux règles de conflit ? L’article 6 s’applique aux contrats individuels de travail, il ne s’applique pas à une convention collective internationale (par exemple, une convention collective conclue entre une société-mère américaine et un syndicat

collective conclue entre une société-mère américaine et un syndicat Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 9
collective conclue entre une société-mère américaine et un syndicat Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 9

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

collective conclue entre une société-mère américaine et un syndicat Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 9

français relativement à la protection française). Comme la convention collective est un contrat, on retombe dans la jurisprudence antérieure à la Convention de Rome, on va localiser la convention collective.

SOUS-SECTION II LES REGLES APPLICABLES A LA FORME DU CONTRAT

Ici, le législateur communautaire a introduit en 1980 une règle de conflit dite à caractère matériel (ou substantiel), c'est-à-dire une règle de conflit qui vise à favoriser une solution particulière la question de droit. La question de droit est ici celle de la validité formelle du contrat.

La Convention de Rome entend favoriser la solution de validité, c’est-à-dire faire en sorte

que, le plus souvent possible, la loi qui soit applicable à la forme du contrat soit une loi qui le valide. Dans son article 9, elle distingue deux cas :

- Le premier cas est celui où, au moment de la formation du contrat international, les parties se trouvaient dans un même pays. L’article 9 §1 nous dit que le contrat est valable s’il satisfait aux conditions de forme, soit de la loi applicable au fond au contrat, soit de la loi du lieu de conclusion du contrat. Par exemple, cinq parties se retrouvent à Paris pour signer un contrat soumis au droit russe, ce contrat sera formellement valable, s’il est valable, soit d’après le droit français, soit d’après le droit russe.

- Le second cas est celui où les parties ne sont pas dans le même pays au moment de la conclusion du contrat. Toujours dans ce souci de faveur de validité, le contrat sera valable formellement, c’est-à-dire en ce qui concerne ses exigences de forme, soit d’après la loi applicable au fond du contrat, soit d’après la loi du pays où se trouve le premier cocontractant, soit d’après la loi du pays où se trouve le second cocontractant. Dans ce cas, on a une chance de plus de tomber sur une loi avec des conditions peu contraignantes.

L’article 9 §5 réserve le cas des lois de police posant des conditions de forme. Il envisage deux cas :

- Les conditions de forme dans un contrat conclu avec un consommateur, lorsque ce contrat est régi par l’article 5 de la convention : on ne peut pas éviter les lois de police de la consommation du pays de résidence du consommateur si l’une des trois conditions prévues à l’article 5 §2 est remplie.

- Exemple, un intermédiaire envoyé par une banque se trouvant aux Etats-Unis fait signer en France une offre de prêt à un résident français. La loi applicable au fond du contrat qui s’est formé suite à l’acceptation du résident français est la loi américaine. D’après l’article 9 §2, la loi américaine, qui ne prévoit aucun formalisme « validant », valide le contrat. Mais d’après l’article 9§5, la disposition du Code de la consommation français relative aux conditions que doit remplir à peine de nullité le contrat va s’appliquer.

- Autre exemple avec article 9§ 6 (voir cours).

va s’appliquer. - Autre exemple avec article 9§ 6 (voir cours). Cours proposé par l’Association R.A.I.E.
va s’appliquer. - Autre exemple avec article 9§ 6 (voir cours). Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

va s’appliquer. - Autre exemple avec article 9§ 6 (voir cours). Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

SOUS - SECTION III LA REGLE DE CONFLIT APPLICABLE A LA PREUVE DES ACTES JURIDIQUES

§1 : DOMAINE DE LA REGLE DE CONFLIT

Existe Ŕ t Ŕ il des présomptions légales ? qui a la charge de la preuve ? quels modes de preuve permettent de prouver l’existence d’un contrat (NPC avec validité formelle). NB - en matière de cautionnement, il y a des formes probatoires (article 1326) mais aussi des formes validantes qui sont généralement prévues par des lois de police de la consommation (personne physique se portant caution d’un prêt immobilier à un particulier, …).

§2 : LA REGLE DE CONFLIT

La règle de conflit est également une règle de conflit alternative à caractère matériel, c’est-à- dire qu’elle vise un objectif précis, concret, matériel : faire en sorte que le contrat international être prouvé le plus facilement possible. L’article 14 de la Convention de Rome nous dit que la preuve d’obligations contractuelles pourra être apportée par des moyens de preuve qui sont admis soit par la loi applicable au fond du contrat, soit par l’une des lois applicables à la forme du contrat (v. supra art. 9), soit d’après la loi du for.

RAPPEL - depuis l’arrêt CARASLANIS de 1995 (cf. supra) on sait que la qualification se fait selon la loi du for (question de fond ou de forme ? de forme ou de preuve ?) mais il existe une exception à la qualification lege fori lorsque la règle de conflit a son origine dans une convention internationale (v. supra Titre 1) ou dans un règlement de l’UE (v. Rome 1et 2 infra).

SECTION III Ŕ LES LOIS DE POLICE DANS LA CONVENTION DE ROME

Les lois de police sont des lois particulièrement importantes pour l’État qui les a édictées, de telle sorte que l’État ne veut pas que du fait de la présence d’un élément d’extranéité, cette loi de police soit amenée à ne pas s’appliquer. Ce sont des lois qui concernent l’organisation économique, politique et sociale de l’État. Le fondement juridique de cette technique dites des lois de police Ŕ et parfois des lois d’application immédiate, du fait qu’elles ne passent pas par la médiation d’une règle de conflit. La base juridique est l’article 3§1 du Code civil qui, dès 1804, nous dit que les lois de police et de sûreté, s’appliquent à tous ceux qui habitent sur le territoire. Sur la base de ce texte, la jurisprudence et la doctrine ont précisé le régime des lois de police, qui révèle comment certaines dispositions législatives vont s’appliquer du seul fait qu’elles entendent concerner la question de droit ou de fait, objet du litige.

La Convention de Rome a repris expressément en matière contractuelle le principe de l’application directe, immédiate, des lois de police dans son article 7, qui comprend deux paragraphes :

- L’article 7 §2 dit qu’en aucun cas le jeu de la règle de conflit peut empêcher l’application d’une loi de police du for.

- L’article 7 §1 vise l’application de toute loi de police autre qu’une loi de police du for. C’est ce que l’on appelle les lois de police étrangères. Le juge du for pourra donner effet aux lois de polices étrangères si un certain nombre de conditions sont remplies.

Première précision, il ne sert à rien de se poser la question de savoir si une disposition est une loi de police ou non, dès lors que cette disposition appartient à l’ordre juridique désigné par la

cette disposition appartient à l’ordre juridique désigné par la Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 11
cette disposition appartient à l’ordre juridique désigné par la Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 11

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

cette disposition appartient à l’ordre juridique désigné par la Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 11

règle de confit, car cette disposition va de toute façon s’appliquer en tant que partie intégrante de la loi du contrat (dès lors à quoi cela servirait-il de dire que c’est une loi de police !). L’intérêt existe uniquement lorsqu’il s’agit d’une loi de police d’un État autre que celui désigné par la règle de conflit. Exemple : si pour régir le fond du contrat, on choisit le droit américain, il ya un intérêt à se poser la question de savoir si la disposition du droit de la consommation français, qui permet au consommateur de se rétracter pendant 7 jours s’applique ou non sur le fondement de l’article 7. Mais si les parties avaient choisi l’ordre juridique français, la disposition du Code de la consommation s’appliquerait comme faisant partie du droit français ; cela n’apporterait rien de savoir si c’est une loi de police ou non.

Seconde précision, une fois que l’on a identifié une disposition comme étant une loi de police (une loi d’application immédiate), on n’a fait que la moitié du chemin. Il faut ensuite démontrer au juge que cette disposition entend inclure dans son champ d’application international (ou champ d’application dans l’espace) le contrat objet du litige. Exemple: il y a en droit français un article selon lequel, lorsqu’un professionnel se fait consentir un découvert bancaire, le taux effectif global ne peut pas être supérieur au taux de l’usure. Évidemment, on est en présence d’une loi de police même si la disposition n’est pas ici une disposition de droit de la consommation (on protège un commerçant) mais la bonne organisation économique de l’État implique qu’il évite que certains crédits se fassent à des taux trop élevés. Reste à déterminer son champ d’application spatial (international). Très souvent, le législateur ne dit rien car il a en tête les situations internes. Dans ce cas, c’est au juge de s’en charger, en ayant à l’esprit les objectifs économiques ou sociaux poursuivis par le législateur. En matière de découvert bancaire consenti à un taux usuraire, la doctrine s’accorde à dire que le législateur français entend imposer des règles saines aux banques opérant sur le territoire français afin de protéger ceux qui ouvrent des comptes bancaires en France.

Troisième précision, l’article 7§1 n’est pas rédigé avec la plus grande clarté mais si l’on se fonde sur la jurisprudence qui existait avant la Convention de Rome, ainsi que sur les écrits doctrinaux, on peut penser que les conditions pour qu’un juge français puisse appliquer une loi de police étrangère d’un pays qui n’est pas celui dont le droit est désigné par la règle de conflit sont les suivantes :

- Il faut qu’il existe un lien étroit avec le contrat.

- Le juge devra tenir compte de leur nature et de leur objet, ainsi que des conséquences de leur application ou de leur non-application. Ce qu’il faut comprendre c’est que le juge va regarder quels sont les objectifs poursuivis par la loi de police étrangère et se demander si l’appliquer au contrat concerné sert ces objectifs.

SECTION IV : LES TRANSFERTS DE CREANCE DANS LA CONVENTION DE ROME

Il s’agit de la cession de créance internationale et la subrogation internationale.

§1 : LA CESSION DE CREANCE INTERNATIONALE

La créance est à la fois un lien de droit entre un créancier et un débiteur mais la créance est aussi un bien. Ce bien se trouve à l’actif des bilans des entreprises, ce bien est un meuble parce que tout ce qui n’est pas meuble est immeuble, mais il est incorporel. Ce bien peut se céder : le cessionnaire acquiert alors un droit contre le débiteur, généralement le droit de se faire payer une somme d’argent.

généralement le droit de se faire payer une somme d’argent. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page
généralement le droit de se faire payer une somme d’argent. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

généralement le droit de se faire payer une somme d’argent. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

La convention de cession de créance est une convention par laquelle le cédant cède au cessionnaire la créance qu’il détient contre un débiteur. Il s’agit d’une relation tripartite qui peut impliquer un élément d’extranéité soit dans les rapports cédant - cessionnaire (contrat de cession international), soit dans les rapports débiteur Ŕ cessionnaire, soit dans les deux rapports à la fois (voir schéma du cours). Se alors pose la question de la loi applicable à la cession, aux rapports débiteur Ŕ cessionnaire et à la question de l’opposabilité aux tiers de la cession. La chose est plus complexe par définition car nous sommes en présence d’une relation tripartite.

I/ LA LOI APPLICABLE AU CONTRAT DE CESSION DE CREANCE

C’est un contrat donc s’applique les articles 3 et 4 (fond), 9 (forme) et 14 (preuve) de la Convention de Rome. Les parties peuvent désigner dans l’acte la loi applicable. A défaut, on applique la loi de la résidence habituelle du débiteur de la prestation caractéristique. Dans une vente, c’est le cédant qui fournit la prestation caractéristique.

II/ LA LOI REGISSANT LA CESSIBILITE DE LA CREANCE, LES RAPPORTS ENTRE LE CESSIONNAIRE ET LE DEBITEUR

L’article 12 § 2 précise que c’est la loi de la

source de l’obligation qui définit le caractère cessible de la créance. Si l’obligation a sa source dans un contrat, c’est la loi applicable au contrat qui a généré la créance qui décide si la créance est cessible ou non (ex. si le droit du travail français régit le contrat, les salaires futurs sont partiellement incessibles). Si la créance a sa source dans une obligation extra-contractuelle d’indemniser un dommage : loi applicable à la responsabilité (Rome 2, infra).

Toutes les créances ne sont pas cessibles.

L’article 12 § 2 précise aussi que les rapports entre le cessionnaire et le débiteur sont également régis par cette loi. Autrement dit c’est la loi de la source qui va déterminer :

- à quelles conditions la cession sera opposable au débiteur (par

exemple faut - il lui

avoir signifié la cession au débiteur pour qu’ il soit obligé de payer le cessionnaire ?),

- si le débiteur pourra soulever des exceptions relatives à la créance cédée (exception d’inexécution par le cédant de ses propres obligations, …) ?

III/ LA LOI REGISSANT LA QUESTION DE L’OPPOSABILITE AUX TIERS DE LA CESSION DE CREANCE

Quelle loi va dire à quelle condition la cession de créance est opposable aux tiers ? La Convention de Rome est muette, il faut donc se référer à la jurisprudence antérieure qui considérait que c’est la loi du domicile du débiteur cédé qui détermine les conditions d’opposabilité aux tiers. Ainsi, si le débiteur cédé est domicilié en France, en droit français, l’article 1690 du Code civil exige la signification par Huissier de l’acte de créance.

civil exige la signification par Huissier de l’acte de créance. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page
civil exige la signification par Huissier de l’acte de créance. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

civil exige la signification par Huissier de l’acte de créance. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

§2 : LA SUBROGATION INTERNATIONALE

Il y a deux types de subrogations : la subrogation réelle qui consiste à substituer un bien à un autre ; la subrogation personnelle qui consiste à substituer une personne à une autre. A propos de cette dernière, il existe une subrogation légale et une subrogation conventionnelle ; dans les deux cas un tiers paye à la place du débiteur et se retrouve subrogé dans les droits du créancier.

Les effets de la subrogation sont les mêmes que ceux de la cession dans la mesure où la

propriété de la créance est transférée au tiers payeur que l’on appelle le subrogé. Dès lors, on a

à nouveau une relation tripartite. L’article 13 de la Convention de Rome traite la question des lois applicables à ce rapport triangulaire. 1 - S’agissant des rapports entre le payeur et le créancier qui reçoit le paiement du

tiers subrogé au lieu de le recevoir du débiteur, c’est la loi qui régit l’obligation en exécution de laquelle le payeur a payé le créancier du débiteur qui décide s’il y a subrogation ou non, et si oui,

à quelle(s) condition(s). Ainsi, en matière d’assurance, la compagnie d’assurance a payé en vertu

du contrat d’assurance, c’est donc la loi applicable au contrat d’assurance qui va déterminer si oui ou non il y a subrogation. En matière de cautionnement, c’est la loi applicable au cautionnement qui va dire si la caution est ou non subrogée dans les droits du créancier qu’elle paye à la place du débiteur.

2 - S’agissant des rapports entre le tiers payeur et le débiteur, comme pour la cession de créance, l’article 13 dispose que c’est la loi de la créance transmise au payeur (loi de la source) qui régit ces rapports. Ainsi c’est cette loi qui dira si le débiteur peut ou non opposer au subrogé un paiement fait au créancier malgré la subrogation.

Remarque : la principale application de la subrogation conventionnelle est l’affacturage et il existe une convention d’Ottawa de 1988 sur l’affacturage international.

SOUS-CHAPITRE III : LE REGLEMENT ROME 1

Règlement du Parlement Européen et du Conseil du 17 juin 2008 sur la loi applicable aux obligations contractuelles. Le texte n’est pas très éloigné de la Convention de Rome dans la mesure où il constitue une mise à jour de cette dernière ; il y a néanmoins une intention de règlementariser les règles de conflit au niveau de l’Union Européenne. Dès le moment où il y a un règlement, la Cour de Justice de l’Union Européenne a seule compétence pour interpréter les règlements et directives, ce qui évite les divergences d’interprétation entre les Cours suprêmes nationales.

SECTION I Ŕ LE CHAMP D’APPLICATION DE ROME I

Idem convention de Rome sauf ajout d’une exclusion du champ d’application :

Art. 1, i) « les obligations découlant de tractations menées avant la conclusion d'un contrat »;

Ces obligations relève du règlement (CE) no 864/2007 dit Rome 2 (v. infra).

relève du règlement (CE) no 864/2007 dit Rome 2 (v. infra ). Cours proposé par l’Association
relève du règlement (CE) no 864/2007 dit Rome 2 (v. infra ). Cours proposé par l’Association

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

relève du règlement (CE) no 864/2007 dit Rome 2 (v. infra ). Cours proposé par l’Association

SECTION II LES REGLES DE CONFLIT DE ROME I

SOUS-SECTION I Ŕ LES REGLES DE CONFLIT APPLICABLES A LA SUBSTANCE DU CONTRAT

Les questions concernées sont :

- La validité du contrat relativement à ses conditions de fond ;

- Les conséquences de l’inexécution ou de la mauvaise exécution du contrat ;

- Les questions des effets de l’annulation d’un contrat ;

- La question de savoir si face à une inexécution l’autre partie peut suspendre elle aussi sa prestation.

§1 : LES REGLES DE CONFLIT GENERALES

Rome I pose le principe de la liberté de choix, comme la Convention de Rome.

I/ LA LIBERTE DE CHOIX

Dans son préambule (13), il est indiqué que « Le présent règlement n'interdit pas aux parties d'intégrer par référence dans leur contrat un droit non étatique ou une convention internationale ».

« Article 3 1. Le contrat est régi par la loi choisie par les parties. Le choix est exprès ou résulte de façon certaine des dispositions du contrat ou des circonstances de la cause. Par ce choix, les parties peuvent désigner la loi applicable à la totalité ou à une partie seulement de leur contrat. [identique convention de Rome]

2. Les parties peuvent convenir, à tout moment, de faire régir le contrat par une loi autre que

celle qui le régissait auparavant soit en vertu d'un choix antérieur selon le présent article, soit en vertu d'autres dispositions du présent règlement. Toute modification quant à la détermination de la loi applicable, intervenue postérieurement à la conclusion du contrat, n'affecte pas la validité formelle du contrat au sens de l'article 11 et ne porte pas atteinte aux droits des tiers. [identique convention de Rome]

3. Lorsque tous les autres éléments de la situation sont localisés, au moment de ce choix, dans

un pays autre que celui dont la loi est choisie, le choix des parties ne porte pas atteinte à l'application des dispositions auxquelles la loi de cet autre pays ne permet pas de déroger par

accord. [identique convention de Rome]

4. [NOUVEAU] Lorsque tous les autres éléments de la situation sont localisés, au moment de

ce choix, dans un ou plusieurs États membres, le choix par les parties d'une autre loi applicable que celle d'un État membre ne porte pas atteinte, le cas échéant, à l'application des dispositions du droit communautaire auxquelles il n'est pas permis de déroger par accord, et telles que mises en œuvre par l'État membre du for.

COMMENTAIRE :

dispositions impératives émanant de l’Union européenne (règlement ou directive intégrée), le

choix du droit d’un pays extérieur à l’UE ne saurait exclure l’application de ces lois impératives.

des

lorsqu’un

Etat

membre

contient

dans

son

ordre

juridique

des lorsqu’un Etat membre contient dans son ordre juridique Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 15
des lorsqu’un Etat membre contient dans son ordre juridique Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 15

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

des lorsqu’un Etat membre contient dans son ordre juridique Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 15

REMARQUE : il s’agit de toutes les dispositions impératives et pas seulement de celles ayant la nature d’une loi de police. L’impact de ce texte est donc plus large que celui de l’article 9 du Règlement Rome 1 relatif aux lois de police.

Exemple. responsabilité du fait des produits dangereux (directive intégrée en droit français dans l386-1 et s.)

« 5. L'existence et la validité du consentement des parties quant au choix de la loi applicable sont régies par les dispositions établies aux articles 10, 11 et 13 ». [identique § 4 convention de Rome]

II/ LA LOI APPLICABLE A DEFAUT DE CHOIX

« Article 4 1. À défaut de choix exercé conformément à l'article 3 et sans préjudice des articles 5 à 8 [v. infra Règles de conflit spéciales], la loi applicable au contrat suivant est déterminée comme suit:

a) le contrat de vente de biens est régi par la loi du pays dans lequel le vendeur a sa résidence habituelle;

b) le contrat de prestation de services est régi par la loi du pays dans lequel le prestataire de

services a sa résidence habituelle;

c) le contrat ayant pour objet un droit réel immobilier ou un bail d'immeuble est régi par la

loi du pays dans lequel est situé l'immeuble;

d) nonobstant le point c), le bail d'immeuble conclu en vue de l'usage personnel temporaire

pour une période maximale de six mois consécutifs est régi par la loi du pays dans lequel le propriétaire a sa résidence habituelle, à condition que le locataire soit une personne

physique et qu'il ait sa résidence habituelle dans ce même pays;

e) le contrat de franchise est régi par la loi du pays dans lequel le franchisé a sa résidence

habituelle;

f) le contrat de distribution est régi par la loi du pays dans lequel le distributeur a sa résidence habituelle;

g) le contrat de vente de biens aux enchères [pour mémoire]

h) [négociation de titres financiers sur un marché financier]…

2. Lorsque le contrat n'est pas couvert par le paragraphe 1 ou que les éléments du contrat

sont couverts par plusieurs des points a) à h) du paragraphe 1, le contrat est régi par la loi

du pays dans lequel la partie qui doit fournir la prestation caractéristique a sa résidence habituelle.

3. Lorsqu'il résulte de l'ensemble des circonstances de la cause que le contrat présente des

liens manifestement plus étroits avec un pays autre que celui visé au paragraphe 1 ou 2, la

loi de cet autre pays s'applique.

visé au paragraphe 1 ou 2, la loi de cet autre pays s'applique. Cours proposé par
visé au paragraphe 1 ou 2, la loi de cet autre pays s'applique. Cours proposé par

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

visé au paragraphe 1 ou 2, la loi de cet autre pays s'applique. Cours proposé par

4. Lorsque la loi applicable ne peut être déterminée sur la base du paragraphe 1 ou 2, le contrat est régi par la loi du pays avec lequel il présente les liens les plus étroits ».

COMMENTAIRE : L’article 4 pose des présomptions pour une série de contrat et ce n’est que lorsque l’on n’est pas dans ce type de présomption que s’applique celle de la résidence habituelle du débiteur de la prestation caractéristique. La convention de Rome utilisait déjà cette technique pour le contrat « ayant pour objet un droit réel immobilier ou un bail d'immeuble ».

Les présomptions des § 1 et 2 peuvent être renversées mais il faut que le contrat soit manifestement localisé dans un pays autre que celui qu’elles désignent (§3). Il s’agit de limiter la liberté des juges au nom de la prévisibilité des solutions.

Si les présomptions des § 1 et 2 ne peuvent être mises en œuvre, comme dans la convention de Rome, le juge recherche au cas par cas avec quel pays le contrat a le lien le plus étroit. Exemples : contrat d’échange, vendeur n’a pas vraiment de résidence habituelle, …

La possibilité de séparer une partie du contrat du reste pour désigner la loi de l’Etat avec lequel elle a le lien le plus étroit a disparu.

§2 : LES REGLES DE CONFLIT SPECIALES

I/ LA REGLE DE CONFLIT APPLICABLE AU CONTRAT DE TRANSPORT

Les solutions de l’article 5 sont très proches de l’Article 4.4 de la Convention de Rome pour le transport de marchandises. Mais l’article 5 crée des dispositions nouvelles pour le transport de passagers.

A) TRANSPORTS DE MARCHANDISES

« Article 5 - 1. À défaut de choix exercé conformément à l'article 3, la loi applicable au contrat de transport de marchandises est la loi du pays dans lequel le transporteur a sa résidence habituelle, pourvu que le lieu de chargement ou le lieu de livraison ou encore la résidence habituelle de l'expéditeur se situe aussi dans ce pays. Si ces conditions ne sont pas satisfaites, la loi du pays dans lequel se situe le lieu de livraison convenu par les parties s'applique.

COMMENTAIRE. Dans la convention de Rome si la résidence habituelle du transporteur ne coïncidait pas avec l’un des trois critères énoncés, le juge devait rechercher au cas précis avec quel pays le contrat avait les liens les plus étroits. Dans Rome 1, une présomption est posée dans un souci de prévisibilité des solutions : « la loi du pays dans lequel se situe le lieu de livraison convenu par les parties s'applique ».

le lieu de livraison convenu par les parties s'applique ». Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page
le lieu de livraison convenu par les parties s'applique ». Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

le lieu de livraison convenu par les parties s'applique ». Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page
B) TRANSPORTS DE PASSAGERS (DISPOSITIONS INEXISTANTES DANS LA CONVENTION DE ROME)
B) TRANSPORTS DE PASSAGERS (DISPOSITIONS INEXISTANTES DANS LA
CONVENTION DE ROME)

2. alinéa 2 - Les parties ne peuvent choisir comme loi applicable au contrat de transport de

passagers, conformément à l'article 3, que la loi du pays dans lequel :

a)

le passager a sa résidence habituelle, ou

b)

le transporteur a sa résidence habituelle, ou

c)

le transporteur a son lieu d'administration centrale, ou

d)

le lieu de départ est situé, ou

e)

le lieu de destination est situé.

2.

alinéa 1 - À défaut de choix, la loi applicable au contrat de transport de passagers est la

loi du pays dans lequel le passager a sa résidence habituelle, pourvu que le lieu de départ ou le lieu d'arrivée se situe dans ce pays. Si ces conditions ne sont pas satisfaites, la loi du pays dans lequel le transporteur a sa résidence habituelle s'applique.

C) DISPOSITION COMMUNE AUX DEUX TYPES DE TRANSPORT

« 3. S'il résulte de l'ensemble des circonstances de la cause que le contrat présente des liens manifestement plus étroits avec un pays autre que celui visé au paragraphe 1 ou 2, la loi de cet autre pays s'applique ».

II/ LES CONTRATS DE CONSOMMATION

Article 6 - 1. « Un contrat conclu par une personne physique (ci-après "le consommateur"), pour un usage pouvant être considéré comme étranger à son activité professionnel"), agissant dans l'exercice de son activité professionnelle, est régi par la loi du pays où le consommateur a sa résidence habituelle, à condition que le professionnel :

a) exerce son activité professionnelle dans le pays dans lequel le consommateur a sa résidence habituelle, ou

b) par tout moyen, dirige cette activité vers ce pays ou vers plusieurs pays, dont celui-ci,

et que le contrat rentre dans le cadre de cette activité ».

COMMENTAIRE : 1) - il est précisé que le consommateur doit être une personne physique, ce qui n’était pas le cas dans la convention de Rome ; 2) - les conditions alternatives sont désormais au nombre de deux au lieu de trois et définies de façon plus large, notamment afin de tenir compte de la vente internationale sur internet.

Article 6 - 2 : Les parties peuvent choisir la loi applicable mais ce choix ne peut cependant avoir pour résultat de priver le consommateur de la protection que lui assurent les dispositions auxquelles il ne peut être dérogé par accord en vertu de la loi qui aurait été applicable, en l'absence de choix, sur la base du paragraphe 1.

applicable , en l'absence de choix, sur la base du paragraphe 1. Cours proposé par l’Association
applicable , en l'absence de choix, sur la base du paragraphe 1. Cours proposé par l’Association

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

applicable , en l'absence de choix, sur la base du paragraphe 1. Cours proposé par l’Association

Article 6 3 : « Si les conditions établies au paragraphe 1, point a) ou b), ne sont pas remplies, la loi applicable à un contrat entre un consommateur et un professionnel est déterminée conformément aux articles 3 et 4 ».

COMMENTAIRE : 1) Ŕ dans ce cas de figure, si les parties ont choisi une loi elle s’applique

; 2)

à défaut de choix, l’application de l’article 4 (résidence du débiteur de la prestation caractéristique) entraine l’application de la loi du salarié.

sans restriction

(sauf si une loi de police se veut applicable conformément à l’article 9)

« 4. Les paragraphes 1 et 2 ne s'appliquent pas:

a) au contrat de fourniture de services lorsque les services dus au consommateur doivent être fournis exclusivement dans un pays autre que celui dans lequel il a sa résidence habituelle;

b) au contrat de transport autre qu'un contrat portant sur un voyage à forfait hôtel et/ ou circuit) ;

/ (transport +

c) au contrat ayant pour objet un droit réel immobilier ou un bail d'immeuble autre qu'un contrat ayant pour objet un droit d'utilisation à temps partiel de biens immobiliers (multipropriété); d) et e) …/… »

III/ LES REGLES DE CONFLIT APPLICABLES AUX CONTRATS D’ASSURANCE

Rappel : La convention de Rome exclut l’application les règles de conflits qu’elle pose (article 1) aux contrats d’assurance couvrant un risque situé dans l’UE.

Rome 1 prévoit des règles de conflits spéciales complexes (Article 7 du règlement) visant aussi bien les cas où le risque couvert est situé dans un Etat membre que ceux où le risque couvert se trouve à l’extérieur de l’UE. Ces règles de conflit spéciales sont différentes selon que l’on est en présence, d’un côté, de contrats présentant de grands risques (sauf assurance-vie, donc dommages, incendies, responsabilité) ou, de l’autre, de contrats qui ne représentent pas des grands risques.

IV/ LES CONTRATS INDIVIDUELS DE TRAVAIL

Amélioration de la formulation mais solutions identiques à la convention de Rome.

A) A DEFAUT DE CHOIX

Toutefois, un ajout figure dans l’Article 8 § 2 afin de tenir compte du travail à distance international : « À défaut de choix exercé par les parties, le contrat individuel de travail est régi par la loi du pays dans lequel ou, à défaut, à partir duquel le travailleur, en exécution du contrat, accomplit habituellement son travail ».

en exécution du contrat, accomplit habituellement son travail ». Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 19
en exécution du contrat, accomplit habituellement son travail ». Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 19

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

en exécution du contrat, accomplit habituellement son travail ». Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 19

Article 8 § 3. « Si la loi applicable ne peut être déterminée sur la base du paragraphe 2, le contrat est régi par la loi du pays dans lequel est situé l'établissement qui a embauché le travailleur ».

Exemple : salarié exerce dans plusieurs pays

Article 8 § 4. S'il résulte de l'ensemble des circonstances que le contrat présente des liens plus étroits avec un autre pays que celui visé au paragraphe 2 ou 3, la loi de cet autre pays s'applique.

B) EN PRESENCE DE CHOIX

Article 8 § 1. Les parties peuvent choisir la loi applicable mais cela ne peut permettre d’exclure les dispositions impératives du droit qui serait applicable à défaut de choix.

SOUS Ŕ SECTION II : LES REGLES DE CONFLIT APPLICABLES A LA FORME DU CONTRAT

Ici, l’article 9 de la Convention de Rome se retrouve quasiment inchangé dans l’article 11 du règlement Rome I. Un contrat sera valable quant à sa forme : s’il est valable soit d’après la loi applicable au fond, soit d’après la loi applicable du pays où se trouvaient les cocontractants au moment de la conclusion. L’article 9 de la Convention contenait des limites à l’application de ce qui constitue une règle de conflit à caractère matériel (qui cherche à privilégier une solution particulière). L’article 11 reprend les mêmes limites et réserve, comme l’article 9 de la Convention, le cas des dispositions impératives du pays de la résidence du consommateur protégeant celui-ci par des règles de forme. Ces dispositions impératives s’appliqueront malgré la règle de conflit à caractère matériel prévue par l’article 11 du règlement. On vise tous les mécanismes qui visent à protéger le consentement du consommateur. Par exemple, en droit du crédit à la consommation français, le consommateur doit recevoir à peine de nullité préalablement à l’émission de son consentement une offre préalable contenant un certain nombre de mentions obligatoires. Ainsi, même si le contrat est valable d’après la loi étrangère choisie par les parties, on ne pourra pas éviter les dispositions impératives de la loi française si la résidence du consommateur est en France et que la loi française est applicable en vertu de l’article

6.

Une autre limite posée par l’article 11, et qui existait déjà dans l’article 9 de la Convention, est constituée par les règles impératives du lieu de situation de l’immeuble fixant des exigences de forme. Ces dispositions impératives s’appliqueront quelque soit la solution de validité qui résulterait de l’article 11 § 1 ou 2 de Rome I. Dans beaucoup de droits, le bailleur doit fournir au locataire d’un local à usage d’habitation un écrit. En aucun cas la règle de conflit à caractère matériel visant à faciliter la validité formelle des contrats internationaux ne peut faire échec à ce type de disposition impérative du lieu de situation de l’immeuble.

type de disposition impérative du lieu de situation de l’immeuble. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page
type de disposition impérative du lieu de situation de l’immeuble. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

type de disposition impérative du lieu de situation de l’immeuble. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

SOUS Ŕ SECTION III : LES REGLES DE CONFLIT APPLICABLES A LA PREUVE DU CONTRAT

Quasi Ŕ identique à la convention de Rome (v. supra son article 14) sauf que désormais c’est l’article 18.

SOUS Ŕ SECTION IV : LES LOIS DE POLICE

On retrouve des dispositions relatives aux lois de police mais elles sont dans l’article 9. Amélioration par rapport à l’article 7 de la Convention : l’article 9 § 1 définit ce qu’est une loi de police. Ce sont des dispositions impératives qui sont cruciales pour l’État les ayant édictées, afin de sauvegarder son organisation politique, économique et sociale, de telle sorte que cet Etat entend qu’elle s’applique en toute hypothèse, dès lors que la situation se trouve dans le champ d’application d’une telle loi. C’est dans l’ensemble la définition de la doctrine.

L’article 9 § 2 est identique à l’article 7 §2 de la convention : les lois de police du for ne peuvent être évincées quand elles se veulent applicables, c’est à dire quand une situation se trouve dans le champ d’application matériel et spatial (international).

L’article 9 § 3 vise les lois de police étrangères. L’article 7 § 1 de la convention disait que le juge du for pouvait appliquer une loi de police étrangère, dès lors qu’il avait un lien effectif avec le contrat, et en ayant égard à ses objectifs, et aux conséquences de son application ou de sa non application.

La jurisprudence n’appliquait quasiment jamais les lois de police étrangères. Rome I simplifie le mécanisme : seules les lois de police étrangères du pays du lieu où le contrat a été ou aurait du être exécuté peuvent être appliquées par le juge du for, et encore à condition qu’il s’agisse de loi de police rendant illicite l’exécution du contrat.

Par exemple, loi de police étrangère interdisant la sortie du territoire de biens culturels.

SOUS Ŕ SECTION V : AUTRES DISPOSITIONS INCHANGEES DANS ROME I

Rome I reprend la définition du domaine de la loi applicable au fond du contrat de la Convention de Rome. Rome I reprend dans son article 13 une disposition de la Convention de Rome (art. 11) qui elle-même s’inspirait de la jurisprudence LIZARDI (Chambre des Requêtes, 16 janvier 1861). Loi applicable à la capacité juridique est la loi de la nationalité de la personne concernée. Cette règle de conflit peut avoir un inconvénient révélé dans cette affaire. LIZARDI était un ressortissant mexicain de 22 ans. Il se promenait Place Vendôme à Paris, et acheta une montre, ce que ses parents n’apprécièrent pas. Il décide d’obtenir l’annulation de la vente en invoquant sa minorité en vertu de sa loi nationale. A l’époque, le droit mexicain plaçait la majorité à 23 ans. La Cour de Cassation dit que certes la loi applicable à la capacité est la loi de la nationalité de l’intéressé, mais si le cocontractant se trouvant sur le territoire français ignore et pouvait ignorer légitimement l’incapacité, alors le contrat est néanmoins valable. Ce fut le cas en l’espèce. La solution a été reprise dans la Convention de Rome qui la formule de façon moins nationaliste : la minorité en vertu de la loi nationale ne peut pas être opposée à un cocontractant du lieu de conclusion s’il a pu légitimement ignorer cette incapacité.

Sur la cession de créance et subrogation : article 14 qui fusionne les articles 12 et 13 de la convention de Rome. Même solution que la Convention. Pareil pour l’exclusion du renvoi.

so lution que la Convention. Pareil pour l’exclusion du renvoi. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page
so lution que la Convention. Pareil pour l’exclusion du renvoi. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

so lution que la Convention. Pareil pour l’exclusion du renvoi. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

Rome I prévoit aussi des dispositions relatives aux liens entre le règlement Rome I et d’autres conventions auxquelles les pays membres de l’UE peuvent être parties.

SOUS Ŕ SECTION VI : LES DISPOSITIONS NOUVELLES DE ROME I

Article 16 relatif à la pluralité de débiteurs : lorsqu’un créancier a des droits à l’égard de plusieurs débiteurs qui sont tenus de la même obligation, et que l’un d’entre eux l’a déjà désintéressé en totalité ou partie, la loi applicable à l’obligation de ce débiteur envers le créancier régit également la question de savoir s’il dispose du droit d’exercer une action récursoire contre les autres débiteurs.

C’est l’hypothèse où il y a deux codébiteurs et un créancier. L’un des codébiteurs paye par exemple le tout du fait de la solidarité. Il va ensuite se retourner contre l’autre codébiteur pour qu’il contribue à la lettre. Quelle est la loi qui dit s’il peut exercer ce recours ?

Article 17 : compensation légale. Est visée ici l’hypothèse où un débiteur se voit actionné par un créancier, et soulève l’exception de compensation légale. Quelle est la loi qui permet de dire si cette compensation s’est produite ? C’est la loi applicable à l’obligation contre l’exécution de laquelle elle est invoquée.

Article 23 : relations avec d’autres dispositions du droit communautaire. L’article 23 dit que le règlement Rome I ne fait pas obstacle à l’application d’autres règles de conflit, qui seraient contenues dans des instruments communautaires ou dans des conventions internationales (v. Infra).

SOUS-CHAPITRE IV : LA CONVENTION DE LA HAYE SUR LA LOI APPLICABLE AUX CONTRATS D’INTERMEDIAIRES ET A LA REPRESENTATION

Il existe beaucoup de conventions de La

Haye car beaucoup de pays ont pris l’habitude

d’y négocier et d’y signer des conventions en matière de règles de conflit.

SECTION I : CHAMP D’APPLICATION DE LA CONVENTION

Temporelle : La convention, signée le 14 mars 1978, est entrée en vigueur en France le 1er mai 1992.

Matérielle : (Article 1 er )

« La présente Convention détermine la loi applicable aux relations à caractère international se formant lorsqu'une personne, l'intermédiaire, a le pouvoir d'agir, agit ou prétend agir avec un tiers pour le compte d'une autre personne, le représenté.

Elle s'étend à l'activité de l'intermédiaire consistant à recevoir et à communiquer des propositions ou à mener des négociations pour le compte d'autres personnes.

La Convention s'applique, que l'intermédiaire agisse en son propre nom ou au nom du représenté et que son activité soit habituelle ou occasionnelle ».

et que son activité soit habituelle ou occasionnelle » . Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page
et que son activité soit habituelle ou occasionnelle » . Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

et que son activité soit habituelle ou occasionnelle » . Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

COMMENTAIRE : la convention vise aussi bien le mandat, le contrat de commission que le courtage.

Exclusions : (Article 2)

« La Convention ne s'applique pas à :

a) La capacité des parties;

b) La forme des actes;

c) La représentation légale dans le droit de la famille, des régimes matrimoniaux et des

successions;

d) La représentation en vertu d'une décision d'une autorité judiciaire ou administrative, ou

s'exerçant sous le contrôle direct d'une telle autorité;

e) La représentation liée à une procédure de caractère judiciaire;

f) … »

Elle ne s’applique pas non plus (Article 3) à :

l'organe, le gérant ou l'associé d'une société, d'une association ou de toute autre entité légale, dotée ou non de la personnalité morale, dans la mesure où, dans l'exercice de ses fonctions, il agit en vertu de pouvoirs conférés par la loi ou les actes constitutifs de cette entité légale;

Article 4 : « La loi désignée par la Convention s'applique même s'il s'agit de la loi d'un Etat non contractant ».

SECTION II : LES REGLES DE CONFLIT DE LOI DE LA CONVENTION DE LA HAYE

§1. LA LIBERTE DE CHOIX

Article 5. « La loi interne choisie par les parties régit le rapport de représentation entre le représenté et l'intermédiaire.

Le choix de cette loi doit être exprès ou résulter avec une certitude raisonnable des dispositions du contrat et des circonstances de la cause ».

§2. LES REGLES DE CONFLIT APPLICABLES EN L’ABSENCE DE CHOIX

Article 6. « la loi applicable est la loi interne de l'Etat dans lequel, au moment de la formation du rapport de représentation, l'intermédiaire a son établissement professionnel ou, à défaut, sa résidence habituelle ».

Toutefois, la loi interne {cette formule indique l’exclusion du renvoi} de l'Etat dans lequel l'intermédiaire doit exercer à titre principal son activité est applicable, si le représenté a son établissement professionnel ou, à défaut, sa résidence habituelle dans cet Etat. …/

§3. LE DOMAINE DE LA LOI APPLICABLE

Article 8. « La loi applicable en vertu des articles 5 et 6 régit la formation et la validité du rapport de représentation, les obligations des parties et les conditions d'exécution, les conséquences de l'inexécution et l'extinction de ces obligations. …/… »

et l'extinction de ces obligations. …/… » Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 23
et l'extinction de ces obligations. …/… » Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 23

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

et l'extinction de ces obligations. …/… » Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 23

SECTION III - LES LOIS DE POLICE

Article 16. « Lors de l'application de la présente Convention, il pourra être donné effet aux dispositions impératives de tout Etat avec lequel la situation présente un lien effectif, si et dans la mesure où, selon le droit de cet Etat, ces dispositions sont applicables quelle que soit la loi désignée par ses règles de conflit ». …./…

Cet article permet l’application tant des lois de police du for que des lois de police étrangères. Il est moins restrictif que l’article 9 §3 de Rome 1.

SECTION IV - LA COORDINATION AVEC LA CONVENTION DE ROME ET LE REGLEMENT ROME I

Article 22. « La Convention ne déroge pas aux instruments internationaux auxquels un Etat contractant est ou sera Partie et qui contiennent des dispositions sur les matières réglées par la présente Convention ».

Mais la convention de Rome et Rome 1 contiennent les mêmes dispositions !

Il convient de relever que la forme des contrats d’intermédiaires est exclue par la convention de La Haye et que l’adage « la loi spéciale déroge à la loi générale » permet de sortir du cercle vicieux et d’appliquer la convention de La Haye aux questions de fond concernant les contrats d’intermédiaires.

Toutefois encore faut Ŕ il qu’il y ait un vrai conflit pour que l’on est intérêt à se demander quelle texte s’applique. Ainsi les articles 3 de la convention de Rome et de Rome 1 disent la même chose que l’article 5 de la Convention de La Haye ! Mais pas le cas pour l’article 6 et l’article 16.

SOUS-CHAPITRE V : LE DROIT APPLICABLE A LA VENTE INTERNATIONALE

La vente internationale est un contrat mais nécessite une étude spécifique en ce sens qu’elle est régie par plusieurs textes internationaux. Elle est concernée :

- Par la Convention de Vienne de 1980 sur la vente internationale de marchandises,

- Par la Convention de la Haye de 1955 sur la loi applicable à la vente d’objets mobiliers corporels

- Par la Convention de Rome et le règlement Rome I, relatifs à la loi applicable aux obligations contractuelles en général. Comment résoudre ce conflit de textes ?

1 - Concernant la Convention du Vienne

Du fait qu’elle pose des règles de droit international privé matérielles, ses règles priment sur les droits nationaux que pourraient désigner une règle de conflit.

Encore faut Ŕ il que l’on soit dans le champ d’application de la Convention de Vienne. Or elle ne s’applique :

d’application de la Convention de Vienne. Or elle ne s’applique : Cours proposé par l’Association R.A.I.E.
d’application de la Convention de Vienne. Or elle ne s’applique : Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

d’application de la Convention de Vienne. Or elle ne s’applique : Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

qu’à la vente internationale de marchandises (n’est pas une marchandise le bien acheté par un consommateur),

que si la question concernée se trouve dans son champ d’application matériel. Ainsi, la convention ne traite pas des questions de validité de la vente internationale de marchandises,

qu’ « entre des parties ayant leur établissement dans des Etats différents » si ces Etats sont signataires de la convention,

{Remarque sur cette condition. Même si elle n’est pas remplie, il reste néanmoins une seconde chance d’application : lorsque la règle de conflit du for désigne la loi d’un pays qui a ratifié la Convention de Vienne. Exemple. Vente entre un vendeur américain et un acheteur allemand. Les États-Unis n’ont pas ratifié la Convention de Vienne, donc normalement elle ne s’applique pas, mais les parties ont désigné la loi allemande dans leur contrat ; or l’Allemagne a ratifié la Convention de Vienne qui s’applique donc en tant que partie intégrante de l’ordre juridique allemand}

que les parties n’aient pas exclu l’application de la Convention de Vienne. En pratique, l’acheteur va demander l’insertion d’une clause stipulant que la Convention n’est pas applicable au contrat, car souvent les droits nationaux, dont le droit français, sont plus sévères pour le vendeur (limitation de la possibilité d’exclure les vices cachés notamment).

Si la Convention de Vienne ne s’applique pas, Reste un conflit entre la Convention de la Haye de 1955, d’une part, et la Convention de Rome et le règlement Rome I, d’autre part.

2 – Conflit entre la convention de La Haye et les textes de l’Union européenne

A - Le conflit n’existe cependant pas lorsque l’on est amené à traiter un conflit que la

Convention de la Haye n’évoque pas.

Par exemple, l’article 5 de ladite Convention exclut expressément les questions de forme et donc à chaque fois que l’on se pose la question de la validité formelle d’un contrat de vente international.

B - Lorsque l’on est en présence d’une question de fond, encore faut-il que l’on soit dans

le champ d’application de la Convention de la Haye.

La Convention est applicable dès lors :

que l’État dont le tribunal est saisi (Etat du for) l’a ratifié ; la France ayant ratifié la Convention de la Haye, elle est toujours applicable à partir du moment où l’on plaide en France,

qu’il s’agit d’une vente d’objets mobiliers corporels ; donc il n’y a pas de conflit entre les textes de Rome et la convention de La Haye à chaque fois qu’est concerné un meuble incorporel : créances (régies par l’article 12 de la Convention de Rome) fonds de commerce, brevets et marques, droits d’auteur,…

Au moment de la Convention de la Haye, en 1955, la notion de consommateur n’existait pas ; ainsi ne sont visées que les ventes entre professionnels.

C - Lorsque l’on a un conflit.

les ventes entre professionnels . C - Lorsque l’on a un conflit. Cours proposé par l’Association
les ventes entre professionnels . C - Lorsque l’on a un conflit. Cours proposé par l’Association

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

les ventes entre professionnels . C - Lorsque l’on a un conflit. Cours proposé par l’Association

L’article 10 de la Convention dispose qu’elle ne préjudicie pas à l’application d’autres conventions à laquelle les parties contractantes sont ou seront parties. La Haye n’exclut donc pas la Convention de Rome, pas plus qu’elle exclut Rome I. L’article 21 de la Convention de Rome et 25 de Rome I disent exactement la même chose. On se retrouve donc face à la même problématique qu’entre les textes de Rome et la Convention de la Haye de 1978 sur les contrats d’intermédiaire. On ne peut s’en sortir qu’avec le principe « la règle spéciale déroge à la règle générale »; la Haye l’emporte sur les textes de Rome.

D - Encore faut-il que les règles de conflit donnent des solutions différentes sinon il ne sert à rien de se poser la question car on est en présence d’un faux conflit.

L’article 2 de la Convention de la Haye dispose que la vente est régie par la loi du pays désigné par les parties, ce qui est exactement ce que nous disent les articles 3 des textes de Rome. Face à un choix exprès des parties, il est donc inutile de se poser la question. L’article poursuit en disant que cette désignation doit faire l’objet d’une clause expresse ou résulter « des dispositions du contrat ». Il y a une légère différence puisque les textes de Rome requièrent que le choix tacite « résulte des dispositions du contrat ou des circonstances de la cause ».

À défaut de choix, l’article 3 de la Convention de la Haye nous dit qu’on applique la loi du pays où le vendeur a sa résidence habituelle. Jusque là, c’est la solution de la Convention de Rome qui nous dit que l’on applique la loi du pays de la résidence du débiteur de la prestation caractéristique et de Rome I qui pose une présomption spéciale pour le contrat de vente et qui nous dit que c’est la loi de la résidence du vendeur. Il y a néanmoins des différences. L’article 3 alinéa 2 de la Convention de la Haye nous dit que la vente est régie par la loi du pays où l’acheteur a sa résidence habituelle si c’est dans ce pays que la commande a été reçue par le vendeur. En revanche, la Convention de Rome et Rome I nous disent que l’on ne peut déroger à la loi de la résidence du débiteur de la prestation caractéristique que si l’on prouve que le contrat est en réalité localisé dans un autre pays a des liens plus étroits avec un autre pays »). On voit bien que les deux règles de conflit peuvent mener à des solutions différentes : si on applique la Haye, le juge doit appliquer la loi de la résidence de l’acheteur dès lors que la condition posée par le texte est remplie (commande reçue dans son pays par le vendeur) ; si l’on applique « les Rome », le juge ne le fera que s’il estime que le contrat de vente est localisé ailleurs. On voit bien qu’il y a un enjeu à appliquer la Convention de la Haye (la convention spéciale déroge à la convention générale).

SOUS-CHAPITRE VI Ŕ LES SURETES PERSONNELLES

Le Code civil régit désormais les trois sûretés personnelles : le cautionnement (section I), la garantie autonome (section II) et la lettre d’intention (section III).

SECTION I Ŕ LE CONTRAT DE CAUTIONNEMENT §1 : LA LOI APPLICABLE A LA PREUVE DU CAUTIONNEMENT

Le cautionnement étant un contrat, il est régi par la Convention de Rome et, si le contrat est postérieur au 17 décembre 2009, par Rome I. La règle de conflit en matière de preuve figure dans l’article 14 de la Convention de Rome, devenu 18 dans Rome I, qui dispose qu’un contrat peut être prouvé selon les modes de preuves admis, soit par la loi applicable au fond, soit par la loi applicable à la forme du contrat, soit par la loi du for. Ainsi, il y a trois lois susceptibles de faciliter la preuve du contrat si au

il y a trois lois susceptibles de faciliter la preuve du contrat si au Cours proposé
il y a trois lois susceptibles de faciliter la preuve du contrat si au Cours proposé

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

il y a trois lois susceptibles de faciliter la preuve du contrat si au Cours proposé

moment de la formation du contrat les parties se trouvaient un même pays et quatre si elles se trouvaient dans deux pays différents.

L’article 1326 du Code civil énonce que l’acte juridique par lequel une seule partie s’engage envers une autre à lui payer une somme d’argent, doit être constatée par un titre qui comporte la signature de celui qui souscrit son engagement ainsi que la mention écrite par lui- même de la somme en lettres et en chiffres.

L’article 14 de la Convention de Rome et l’article 18 de Rome 1 permettent d’éviter l’article 1326 CC si l’une des lois possibles se contente d’une preuve sans formalisme. Exemple :

un contrat de cautionnement avec une caution française, un créancier allemand et un contrat formé en Suisse ; si soit la loi allemande, soit la loi suisse, se contentent d’un contrat verbal ou d’un écrit sans mention, le créancier pourra malgré l’article 1326 prouver le cautionnement devant un for français malgré l’absence de mention.

Mais l’article 1326 ne constitue Ŕ t Ŕ il pas une loi de police qui court-circuiterait la règle de conflit en vertu des articles 7 de la Convention de Rome et 9 de Rome I et « voudrait » s’appliquer à toute caution résident en France ?

Il n’y a pas de jurisprudence mais il et quasi-certain que cet article n’est pas une loi de police, tout simplement car il entend protéger toutes les cautions non-commerçantes, et on ne peut pas dire que la caution non-commerçante est en soi une catégorie si spécifique qu’elle mérite qu’un article la protégeant ait le statut de loi de police.

§2 : LA REGLE DE CONFLIT APPLICABLE A LA FORME

Comme tous les autres contrats, le contrat de cautionnement est régi quant à sa validité formelle, respectivement par les articles 9 et 11 des textes de Rome. Lorsque les parties se trouvent dans un même pays au moment de la formation, ces textes nous disent qu’un contrat est valable quant à sa forme s’il est valable, soit d’après la loi du lieu de formation, soit d’après la loi applicable au fond du contrat.

L’article 1326 est une règle de preuve, il n’est pas concerné lorsque l’on évoque la nullité pour vice de forme du cautionnement. L’effet voulu de la règle de conflit à caractère matériel applicable ici est qu’un contrat international a beaucoup de chance d’être validé par l’un ou par l’autre des lois concernées. Toutefois, lorsque l’on est devant un for français, entre en jeu l’article L.341-2 du Code de la consommation qui dit que toute personne physique qui s’engage par acte sous seing privé en qualité de caution envers un créancier professionnel doit, à peine de nullité de son engagement, faire précéder sa signature d’une mention manuscrite précise.

On est en présence incontestablement d’une loi de police, car le texte se trouve dans le Code de la consommation, protège les cautions personnes physiques et uniquement quand on créancier est un professionnel ; on a donc bien ici le souci de protéger une partie présumée faible. L’article L.341-2 du Code précité ne le dit pas et évoque encore moins le champ d’application spatiale de cette loi de police. On est donc obligé d’avoir une démarche prospective. On peut penser que l’objectif du législateur est de protéger les personnes physiques résidant en France. Mais on peut aussi supposer que cela ne suffit pas et qu’il faut en outre que le cautionnement soit donné sur le territoire français. Il n’y a pas de jurisprudence pour l’instant.

français . Il n’y a pas de jurisprudence pour l’in stant. Cours proposé par l’Association R.A.I.E.
français . Il n’y a pas de jurisprudence pour l’in stant. Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

français . Il n’y a pas de jurisprudence pour l’in stant. Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

§3 : LA REGLE DE CONFLIT APPLCABLE AU FOND DU CAUTIONNEMENT

I/ LE DOMAINE DE LA REGLE DE CONFLIT

Sont concernées ici les questions de la nécessité d’un consentement non vicié, d’un objet et d’une cause licite du cautionnement, ainsi celle de savoir si existe une subrogation légale de la caution dans les droits du créancier qu’elle paye. Sur ce dernier point tel sera notamment le cas si le cautionnement est régi par le droit français (art. 1251, al. 3 CC) nous dit que le celui qui paie alors qu’il est tenu pour d’autres est subrogé dans les droits de celui qu’il paye.

II/ LES REGLES DE CONFLIT

Les parties peuvent choisir la loi applicable, l’engagement de la caution est accessoire par définition à celui du débiteur principal et du coup, sous l’empire du droit antérieur à la Convention de Rome, la Cour de cassation estimait que le contrat de cautionnement est présumé régi par la loi de l’obligation garantie, dans le silence de la convention (Civ 1 re , 3 décembre 1996). La question qui se pose alors est de savoir si cette jurisprudence perdure avec l’article 3 des textes de Rome qui nous disent que le choix de la loi peut aussi résulter des circonstances de la cause. Autrement dit, le fait que l’obligation de la caution soit accessoire par rapport à l’obligation du débiteur principal constitue-t-il une circonstance qui permet de dire que, tacitement, les parties au contrat de cautionnement ont voulu que ce contrat soit régi par la même loi que le contrat qui a fait naître l’obligation principale ? La doctrine est partagée.

En l’absence de choix, l’article 4 de Rome I ne contient aucune présomption spécifique aux sûretés personnelles ; elles sont donc toutes régies par la présomption générale selon laquelle est présumée applicable la loi de la résidence habituelle du débiteur de la prestation caractéristique.

Comme le contrat de cautionnement est un contrat unilatéral, il est évident que c’est la caution qui fournit la prestation caractéristique et on applique donc la loi de la résidence habituelle de la caution. Toutefois, s’il résulte des circonstances que le contrat est localisé dans un autre pays, alors on appliquera la loi de ce pays en tant que loi du pays avec lequel le contrat a des liens plus étroits que ceux avec le pays de la résidence de la caution. Exemple. Une caution résidant en France, un créancier qui est une banque suisse, avec un contrat signé en Suisse, également pays du créancier, et un engagement de payer en francs suisses ; le juge pourrait très bien considérer que le contrat a en fait des liens plus étroits avec la Suisse plutôt qu’avec la France. Une doctrine autorisée nous dit néanmoins que, lorsque la caution est une banque, il y a une telle attraction de la loi de la banque, qu’il est peu probable que la présomption de l’article 4§2 soit renversée.

SECTION II Ŕ LES GARANTIES AUTONOMES

Elles sont apparues dans le commerce international il y a une trentaine d’années. Le garant prend l’engagement (lettre de garantie) de verser une certaine somme à un tiers, à première demande généralement, et ceci parce que celui que l’on appelle le donneur d’ordre lui a demandé et que le tiers sera créancier de ce dernier. L’engagement du garant ne fait pas référence à un contrat principal et est dès lors indépendant par rapport à la dette du débiteur ayant sollicité la garantie à l’égard du bénéficiaire de la garantie. Il ya un mécanisme triangulaire.

Le contrat entre le bénéficiaire et le donneur d’ordre est généralement une vente internationale. Se posent les mêmes questions de Droit international privé. On se bornera à la loi applicable au fond de la lettre de garantie internationale.

à la loi applicable au fond de la lettre de garantie internationale. Cours proposé par l’Association
à la loi applicable au fond de la lettre de garantie internationale. Cours proposé par l’Association

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

à la loi applicable au fond de la lettre de garantie internationale. Cours proposé par l’Association

La Convention de Rome et le règlement Rome I s’appliquent, en vertu de l’article 3 les parties, à savoir le banquier garant et le bénéficiaire de la garantie, peuvent choisir la loi applicable. L’engagement du garant n’étant pas accessoire à celui du débiteur, la Cour de cassation est claire depuis longtemps : même si les parties ont expressément choisi une loi dans le contrat de base, cette dernière ne s’applique pas tacitement à la garantie (Civ. 1 re , 13 octobre 1993).

En l’absence de choix, c’est le garant qui fournit la prestation caractéristique puisque le bénéficiaire n’a quasiment aucune obligation. Peut-on renverser la présomption en faveur de la loi de la résidence du débiteur fournissant la prestation caractéristique ? Ce sera difficile car le garant étant toujours une banque, il y a une forte attraction en faveur de la loi de la banque. Toutefois, le lieu où le paiement se fait est également important et les juges pourraient estimer, dans certains cas, que si la résidence du bénéficiaire, le lieu du paiement, le lieu de conclusion de la garantie et la monnaie sont ceux d’un autre pays, alors la garantie présente des liens plus étroits avec cet autre pays.

Il se peut que la garantie donne lieu à une contre-garantie. Tout simplement parce que le vendeur étranger n’a pas forcément une grande confiance dans le banquier de l’acheteur ; il demandera à ce que ça soit une banque locale qui émette une lettre de garantie, la banque étrangère de l’acheteur émettant alors au profit de cette dernière une contre-garantie. La banque étrangère fournissant la prestation caractéristique, sa loi s’appliquera. Le seul problème que l’on peut rencontrer ici est dans l’hypothèse où le vendeur a appelé frauduleusement la garantie ; la question de savoir si l’appel est frauduleux ou non est bien sûr régie par la loi du pays garant puisque la garantie locale dont bénéficie le vendeur n’est pas un contrat international. Cette loi peut estimer que l’appel en garantie n’est pas frauduleux. Mais la banque garante du pays du vendeur va alors appeler la contre-garantie. Il se peut alors que la loi de la banque étrangère applicable à la contre-garantie estime que l’appel de la contre-garantie est frauduleux car la banque locale ne pouvait ignorer que le vendeur n’avait aucune raison de faire jouer la garantie. La banque locale n’aura alors plus, à supposer qu’elle ne soit pas complice de la fraude, qu’à exercer un recours contre le vendeur qui a appelé sans motif la garantie.

SECTION III - LA LETTRE D’INTENTION

La lettre d’intention est en fait un contrat par lequel une société accepte de prendre un certain nombre de mesures afin de permettre à l’une de ses filiales d’honorer ses engagements. Par exemple, une filiale s’endette auprès de la BNP et la société-mère va s’adresser à la banque en l’informant qu’elle fera tout son possible, notamment par des avances en trésorerie ou en souscrivant à une augmentation de capital de la filiale, pour qu’elle puisse rembourser.

Il y a deux différences avec le cautionnement :

- l’auteur de la lettre d’intention ne s’engage pas à payer à la place de la filiale ; si tel était le cas, il y aurait requalification en contrat de cautionnement ;

- l’engagement de l’auteur de la lettre n’est pas accessoire à celui de la filiale.

L’auteur de la lettre contracte donc une obligation de faire.

Il est donc ici question de la loi applicable au fond de la lettre d’intention.

ici question de la loi applicable au fond de la lettre d’intention. Cours proposé par l’Association
ici question de la loi applicable au fond de la lettre d’intention. Cours proposé par l’Association

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

ici question de la loi applicable au fond de la lettre d’intention. Cours proposé par l’Association

§1 - QUALIFICATION DE L’OPERATION

En pratique, en présence d’une lettre d’intention, les juges peuvent interpréter la volonté des parties comment ayant voulu dire trois choses :

- L’engagement n’est en fait qu’un simple engagement d’honneur : on est dans l’infrajuridique, il n’y a pas réellement d’engagement, ni d’obligation contractuelle ; la jurisprudence considère néanmoins que s’engager à la légère en sachant que l’on ne fera rien, constitue une faute au sens de l’article 1382 du Code civil.

- L’engagement est que la société-mère payera à la place de la filiale : il y aura requalification en un cautionnement.

- L’engagement est un engagement contractuel de faire en sorte que la filiale paye : on est véritablement dans une lettre d’intention.

Mais selon quelle loi va-t-on qualifier la relation entre l’auteur de la lettre et son bénéficiaire ? La qualification est destinée à connaître la règle de conflit compétente et est donc une qualification régie par la jurisprudence CARASLANIS : loi du for. En effet, s’il s’avère que c’est un engagement d’honneur, la loi applicable à une éventuelle responsabilité sera désignée conformément aux règles de conflit que l’on trouve dans le règlement Rome II sur la responsabilité extra-contractuelle tandis que s’il s’avère que c’est un cautionnement ou une lettre d’intention, dans les deux cas, c’est la Convention de Rome ou Rome 1 qui s’applique. Parfois, il sera nécessaire de trancher entre un contrat de cautionnement et une lettre d’intention afin de déterminer la loi applicable. Ainsi, la lettre d’intention n’est pas un accessoire et la jurisprudence permettant de lui appliquer, sur la base de la volonté tacite des parties (v. supra), la loi de l’obligation principale ne joue pas. De la qualification dépend ici aussi la détermination de la règle de conflit applicable (art. 3 ou art. 4 « des Rome »). D’où jurisprudence CARASLANIS qui trouvera à s’appliquer.

§2 : LA QUESTION DE LA DESIGNATION DE LA LOI APPLICABLE

Article 3 des textes de Rome avec la précision que la loi choisie dans le rapport filiale Ŕ créancier n’a pas d’incidence pour considérer qu’il y a eu un choix tacite dans la lettre d’intention de cette loi. En l’absence de choix, c’est bien entendu l’auteur de la lettre d’intention qui fournit la prestation caractéristique, et c’est donc la loi du siège social d’ l’émettrice qui va s’appliquer.

SECTION IV : LES AUTRES LOIS CONCERNEES PAR LES SURETES PERSONNELLES

Deux autres droits sont concernés :

- Le droit comptable : en France, L123-12 du Code de Commerce : tout professionnel a l’obligation de tenir une comptabilité. Le problème est que les garanties peuvent s’inscrire soit au bilan lui-même, soit dans ce que l’on appelle les annexes au bilan. Cela n’est pas neutre, car lorsque l’on demande du crédit, le banquier a des outils qui lui permettent de calculer certains ratios, et en fonction de ceux-ci, il décide ou non de prêter, et, s’il prête, la qualité des ratios détermine le taux du crédit. Ces ratios ne prennent généralement en compte que le bilan, pas le hors bilan. Dès lors, il est important de savoir quel droit comptable s’applique, car selon le droit comptable applicable, la garantie risque de se trouver dans le bilan ou hors du bilan. La règle de conflit applicable est claire : c’est la loi du lieu où l’activité est exercée qui détermine les obligations comptables. Certains auteurs vont plus loin, et disent même que le droit comptable est constitué de lois de police et que donc toutes les activités exercées sur le territoire national y sont soumises.

les activités exercées sur le territoire national y sont soumises. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page
les activités exercées sur le territoire national y sont soumises. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

les activités exercées sur le territoire national y sont soumises. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

En droit français, un cautionnement ou une lettre d’intention figurera dans le hors bilan, parce que pour la caution ou la société, c’est un engagement éventuel. Une garantie autonome, comme le garant doit payer à première demande, on considère qu’il y a une forte probabilité de payer, et que ça figure au bilan, d’autant que pour les banques l’émission de garantie constitue ce que l’on appelle du crédit par signature.

- Le droit des sociétés : certains droits, notamment le droit français, dans l’article L225-35 du Code de Commerce prévoit que pour les sociétés anonymes, le PDG doit demander l’autorisation du conseil d’administration avant d’engager la société par un cautionnement, une garantie, ou un aval d’effet de commerce. Quelle est la loi applicable à cette question ? Est-ce que c’est la loi du cautionnement, garantie ou aval ? Ou la loi applicable à la société ? Com, 9 mars 1993 : les pouvoirs des dirigeants d’une société relèvent de la loi à laquelle cette société est soumise. Quelle est cette loi ? D’après le Code Civil et le Code de Commerce, le droit applicable à la création, au fonctionnement et à la dissolution d’une société est celui du lieu de son siège social.

CHAPITRE II Ŕ LA LOI APPLICABLE AUX OBLIGATIONS EXTRA- CONTRACTUELLES

La question a été réformée récemment du fait de l’entrée en vigueur du règlement du 10 juillet 2007 - dit règlement Rome II - qui fixe des règles de conflit en matière d’obligations extracontractuelles commune à tous les pays de l’UE. Sont concernées la responsabilité délictuelle mais aussi la responsabilité résultant des quasi-contrats. Le règlement s’applique à tous les dommages subis à partir du 11 janvier 2009 et constitue le droit commun à partir de cette date. Mais il existe des régimes dérogatoires.

SECTION I Ŕ LES REGLES DE CONFLIT DE DROIT COMMUN SOUS-SECTION I Ŕ LE DROIT COMMUN APPLICABLE AUX DOMMAGES SUBIS AVANT LE 11 JANVIER 2009

Avant le 11 janvier 2009, s’appliquait la jurisprudence LAUTOUR (Cass, Chambre civile, 25 mai 1948) en vertu de laquelle la loi applicable était celle du lieu du délit. S’était posée la question de savoir quelle loi s’appliquait lorsque le fait dommage n’avait pas eu lieu dans le même pays que le dommage subi et la jurisprudence avait répondu en privilégiant alors le lieu du dommage.

La France avait par ailleurs adhéré à des conventions internationales qui donnaient des solutions plus sophistiquées dans deux domaines : les accidents de la circulation automobile et la responsabilité du fait des produits dangereux.

SOUS-SECTION II Ŕ LE DROIT COMMUN APPLICABLE AUX DOMMAGES SUBIS APRES LE 11 JANVIER 2009

• Caractère dit « universel » : il n'y a pas à distinguer selon que la loi qu'il désigne est celle d'un État membre ou celle d'un État tiers (art. 3).

Champ d'application matériel du règlement.

( art. 3 ). • Champ d'application matériel du règlement. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page
( art. 3 ). • Champ d'application matériel du règlement. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

( art. 3 ). • Champ d'application matériel du règlement. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

- Recouvre les obligations extracontractuelles découlant d'un fait dommageable (délit et quasi-délit) ou d'un fait qui, selon la terminologie classique mais que les auteurs du règlement n'ont pas reprise, constitue un quasi-contrat.

- Seules

sont

commerciale.

concernées

les

obligations

qui

relèvent

de

la

matière

civile

ou

Comme la Convention de Rome et Rome 1, l'article 1er énumère une série d'exclusions :

les obligations non contractuelles découlant de relations de famille ou assimilées, du droit des sociétés, associations et personnes morales, des trusts créés volontairement ou des instruments négociables, atteintes à la vie privée et aux droits de la personnalité (ces dernières continuent d’être régies par LAUTOUR).

Domaine de l'application de la loi compétente. Une fois la loi compétente désignée, il faut en déterminer la portée. C'est principalement l'objet de l'article 15 qui énumère une série de questions concernant la responsabilité extracontractuelle, et qu'il faut, par adaptation, transposer aux obligations quasi-contractuelles : conditions et étendue de la responsabilité, détermination des responsables, causes d'exonération ou de limitation, existence, nature et évaluation des dommages, modalités de la réparation ou de la prévention, transmissibilité du droit à réparation, personnes ayant droit à réparation, responsabilité du fait d'autrui, modes d'extinction des obligations. Ces questions constituent le contenu de la catégorie de conflits régie par les règles de conflit du règlement Rome II.

Objectifs. Les rédacteurs du règlement ont évidemment recherché les facteurs de

rattachement les plus appropriés, c'est-à-dire ceux qui conduisent à la désignation de la loi d'un pays qui présente des liens suffisamment forts avec la situation. Cela implique que l'application de la loi désignée soit, dans la mesure du possible, prévisible par les parties.

Méthodes. Ŕ Dans un souci de sécurité juridique, le règlement institue d'abord des

rattachements fixes. Mais, si l'application de la règle de conflit débouche sur la désignation du

droit d'un État qui n'a avec la situation que des liens ténus, une clause d'exception apporte le correctif du principe de proximité.

Le règlement reprend naturellement un certain nombre de techniques ou solutions bien établies : jeu de l'ordre public qui doit rester exceptionnel (art. 26), réserve des lois de police du for (art. 16), exclusion du renvoi (art. 24).

Relations avec les conventions internationales. Ŕ C'est là un point essentiel pour la France et les autres États membres qui sont parties à des conventions édictant des règles de conflit en matière d'obligations extracontractuelles. Le principe du respect des engagements internationaux l'a emporté sur le désir d'imposer systématiquement les nouvelles règles uniformes.

L'article 28 dispose que le règlement n'affecte pas l'application des conventions internationales en vigueur. Il s'ensuit que, dans deux domaines importants Ŕ la responsabilité découlant des accidents de la circulation et celle du fait des produits Ŕ ce sont les deux Conventions de La Haye, conclues respectivement le 4 mai 1971 et le 2 octobre 1973, qui continueront à s'appliquer en France.

et le 2 octobre 1973 , qui continueront à s'appliquer en France. Cours proposé par l’Association
et le 2 octobre 1973 , qui continueront à s'appliquer en France. Cours proposé par l’Association

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

et le 2 octobre 1973 , qui continueront à s'appliquer en France. Cours proposé par l’Association

§1 : REGLES GENERALES

Ce que l'article 4 présente comme une « règle générale » recouvre trois règles. Une 4 ème est dans art. 14.

La première est la compétence de la loi du pays où le dommage survient (ou menace de survenir, par combinaison avec l'article 2). L'article 4 en cas de dissociation des lieux du fait générateur et du dommage fait prévaloir le second car c'est souvent au lieu du dommage que des constatations matérielles vont s'effectuer.

Toutefois le principe doit être combiné avec une recommandation : pour apprécier le comportement de la personne dont la responsabilité est invoquée,

« il est tenu compte, en tant qu'élément de fait et pour autant que de besoin, des règles de sécurité et de comportement en vigueur au lieu et au jour de la survenance du fait qui a entraîné la responsabilité » (art. 17).

Il appartiendra aux juges de déterminer, dans chaque espèce, quelle portée exacte doit être donnée au fait que l'auteur du dommage a respecté ces normes, tout en engageant sa responsabilité d'après la loi du lieu du dommage.

Par ailleurs, l’article 4 précise : le dommage dont la localisation est à retenir est constitué par les conséquences directes du fait dommageable (lieu notamment de l'accident), et non pas par ses conséquences indirectes (lieu des pertes financières, lieu où une douleur morale est ressentie). Ainsi la réparation d'un dommage par ricochet dépend de la loi du pays où le dommage initial s'est produit.

Deuxième règle : lorsque la personne lésée et celle dont la responsabilité est engagée résident habituellement dans le même pays au moment de la survenance du dommage : la loi de ce pays est applicable.

Pour les sociétés, associations et personnes morales, il est précisé que la résidence habituelle est entendue comme le lieu de leur administration centrale (art. 23).

Troisième règles : les deux règles précédentes sont écartées « s'il résulte de l'ensemble des circonstances que le fait dommageable présente des liens manifestement plus étroits » avec un autre pays, dont la loi est alors applicable.

Introduit de la flexibilité. Mais le texte est clair : l'adverbe « manifestement » appelle à une application de la clause qui doit rester exceptionnelle.

La disposition précise que le « lien manifestement plus étroit » peut notamment se fonder sur « une relation préexistante entre les parties, telle qu'un contrat. » Par exemple, une action délictuelle engagée à la suite de l'annulation ou de la violation d'un contrat pourra dépendre de la loi applicable à cet acte.

d'un contrat pourra dépendre de la loi applicable à cet acte. Cours proposé par l’Association R.A.I.E.
d'un contrat pourra dépendre de la loi applicable à cet acte. Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

d'un contrat pourra dépendre de la loi applicable à cet acte. Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

Quatrième règle est le choix de la loi. Il permet aux parties de choisir la loi applicable

(art. 14). Car en cette matière, généralement, les parties ont la libre disposition de leurs droits. Le choix entraine un renforcement de la sécurité juridique.

Cette faculté est toutefois exclue en cas de délit relatif à la concurrence (art. 6) et d'atteinte aux droits de la propriété intellectuelle (art. 8).

L'article 14 précise le moment : l'accord sur la loi applicable doit être convenu après la survenance du fait générateur. Il peut toutefois l'être avant, lorsque toutes les parties exercent une activité commerciale. Le choix peut être exprès ou résulter de façon certaine des circonstances.

Cinquième règle : Quasi-contrats. Ŕ Bien que cette expression ne soit pas utilisée dans le

règlement, le chapitre II traite des principaux quasi-contrats en envisageant l'enrichissement sans cause (qui englobe le paiement de l'indu) et la gestion d'affaires. Les rédacteurs ont aussi inséré dans le même chapitre la culpa in contrahendo. Pour les quasi-contrats, les articles 10 et 11, rédigés de façon parallèle, édictent quatre règles : ( …/…)

§2 - LES REGLES PROPRES A CERTAINS DELITS

Les règles générales n'ont pas paru bien adaptées à certains délits, d'où l'existence de dispositions spécifiques. Le texte définitif énonce des règles spéciales à propos de cinq catégories de délits.

Responsabilité du fait des produits. Ŕ (ces règles de conflits sont inapplicable France où

restent en

vigueur).

les règles de conflit édictées par la

Convention de La Haye du 2 octobre 1973

Concurrence déloyale et actes restreignant la libre concurrence. Ŕ L'article 6 ne déroge

pas véritablement à la règle générale de l'article 4 mais la précise. Conformément à une solution largement retenue dans les différents systèmes juridiques, cette règle se traduit, en matière de concurrence, par la compétence de la loi du pays dans lequel le marché est affecté ou susceptible de l'être.

Atteintes à l'environnement. Ŕ L'article 7 est nettement orienté vers la faveur pour la

victime et, à travers elle, le respect de l'environnement. Si la compétence de principe de la loi du dommage se retrouve en ce domaine, il est loisible au demandeur de fonder ses prétentions sur la loi du lieu du fait générateur.

Atteintes aux droits de la propriété intellectuelle. règle usuelle : loi du pays où la protection est demandée.

Responsabilité du fait de grève ou de lock out. Si elle existe, la loi de la résidence

commune est applicable. À défaut, l'article 9 donne compétence à la loi du pays dans lequel cet événement a été engagé.

à la loi du pays dans lequel cet événement a été engagé. Cours proposé par l’Association
à la loi du pays dans lequel cet événement a été engagé. Cours proposé par l’Association

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

à la loi du pays dans lequel cet événement a été engagé. Cours proposé par l’Association

Progrès. Ŕ Rend sans intérêt le forum shopping et contribue à la réalisation de l'espace européen de la justice. Le résultat devrait être bénéfique, d'autant plus que le nouveau règlement, préparé avec soin et dans le cadre d'une large concertation, introduit des solutions globalement satisfaisantes. Avec le règlement Rome 1 et le règlement du 22 décembre 2000 sur les conflits de juridictions, l'ensemble forme un corpus cohérent de droit international privé des obligations.

Il va incomber à la Cour de justice des communautés européennes de prolonger le mouvement en donnant du nouveau règlement une interprétation autonome.

SECTION II Ŕ LES REGLES DE CONFLIT SPECIALES

Ce sont des règles qui ne sont pas dans le règlement Rome II qui constituent le droit commun, c’est-à-dire le droit applicable quand il n’existe pas de convention internationale spéciale. Ces règles de conflit existent dans deux secteurs.

SOUS-SECTION I Ŕ REGLES APPLICABLES A LA RESPONSABILITE DU FAIT DES PRODUITS

Convention de La Haye du 2 octobre 1973.

§1 : SON CHAMP D’APPLICATION

Article 1 er , alinéa 1 : est concernée la responsabilité aux dommages subis dans un cadre extra-contractuel. Plus précisément, la Convention détermine la loi applicable à la responsabilité des fabricants et des fournisseurs de produits finis ou naturels pour « les dommages causés par un produit, y compris les dommages résultant d'une description inexacte du produit ou de l'absence d'indication adéquate concernant ses qualités, ses caractères spécifiques ou son mode d'emploi ».

L’alinéa 2 exclut la responsabilité des fabricants et des fournisseurs vis à vis de leur cocontractant « lorsque la propriété ou la jouissance du produit a été transférée à la personne lésée par celle dont la responsabilité est invoquée ». Sont exclues ici les questions de droit applicable à la responsabilité des vendeurs et des loueurs qui relèvent d’autres règles de conflit (convention de Rome, Rome 1 et convention de La Haye de 1955).

Article 2 précise les produits et les dommages concernés par la responsabilité :

« a) Le mot « produit » comprend les produits naturels et les produits industriels, qu'ils soient bruts ou manufacturés, meubles ou immeubles ; b) Le mot « dommage » comprend tout dommage aux personnes ou aux biens, ainsi que la perte économique »;

§2 : LES REGLES DE CONFLIT

Article 4 Ŕ « La loi applicable est la loi interne de l'Etat sur le territoire duquel le fait dommageable s'est produit, si cet Etat est aussi :

le fait dommageable s'est produit, si cet Etat est aussi : Cours proposé par l’Association R.A.I.E.
le fait dommageable s'est produit, si cet Etat est aussi : Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

le fait dommageable s'est produit, si cet Etat est aussi : Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

a) L'Etat de la résidence habituelle de la personne directement lésée, ou b) L'Etat de l'établissement principal de la personne dont la responsabilité est invoquée, ou

c) L'Etat sur le territoire duquel le produit a été acquis par la personne directement lésée ».

Article 5 prévoit cependant que dans certains cas la loi interne de l'Etat de la résidence habituelle de la personne directement lésée peut s’appliquer à la place de celle désignée par l’article 4.

SOUS-SECTION II Ŕ LES REGLES DE CONFLIT APPLICABLES AUX ACCIDENTS DE LA CIRCULATION

C’est une Convention de la Haye du 4 mai 1971 qui édicte les règles de conflit.

§1 : LE CHAMP D’APPLICATION

Art. 1 - La Convention « détermine la loi applicable à la responsabilité civile extracontractuelle découlant d’un accident de la circulation routière ».

Art. 2 - La Convention ne s’applique pas, notamment, « à la responsabilité des fabricants, vendeurs et réparateurs de véhicules ».

§2 : LES REGLES DE CONFLIT

Art. 3 « La loi applicable est la loi interne de l’Etat sur le territoire duquel l’accident est survenu ».

Art. 4 - règles de conflit dérogatoires :

a) Lorsqu’un seul véhicule est impliqué dans l’accident et qu’il est immatriculé dans un Etat autre que celui sur le territoire duquel l’accident est survenu, la loi interne de l’Etat d’immatriculation est applicable à la responsabilité ;

b) Lorsque plusieurs véhicules sont impliqués dans l’accident, la loi interne de l’Etat d’immatriculation est applicable à la responsabilité si tous les véhicules sont immatriculés dans le même Etat.

…/…

CHAPITRE III : LA LOI APPLICABLE AU REGIME DES BIENS

Le régime des biens étudié ici est en fait ce qu’on a coutume d’appeler le statut réel des biens. Il ne s’agit pas du transfert d’un bien par un contrat puisque la question relève des textes de Rome. Il ne s’agit pas non plus du régime des biens d’époux mariés puisque ces questions là relèvent de la loi applicable au régime matrimonial. Il ne s’agit pas non plus du régime des biens transmis à cause de mort puisque ces questions relèvent de la loi successorale. C’est donc le régime des biens tel qu’on l’étudie en Droit des biens. Ainsi, si l’on se demande si le fait d’avoir possédé de bonne foi un terrain pendant 25 ans rend le possesseur propriétaire, cette question là relève du droit des biens. De même, si l’on se pose la question de savoir si un propriétaire peut revendiquer un bien entre les mains d’un possesseur de bonne foi, là aussi c’est le droit des biens qui répond. Si l’on se pose la question de savoir si l’opposabilité du droit de propriété nécessite

de savoir si l’opposabilité du droit de propriété nécessite Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 36
de savoir si l’opposabilité du droit de propriété nécessite Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 36

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

de savoir si l’opposabilité du droit de propriété nécessite Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 36

une formalité auprès d’un registre ou d’une administration, c’est à nouveau la loi applicable au statut réel du bien qui décide.

Il faut donc apprécier les biens de façon individuelle (section 1), dans le cadre d’une faillite de leur propriétaire et enfin, insister sur le cas particulier des sûretés réelles.

SECTION I : LES BIENS PRIS INDIVIDUELLEMENT

Il faut distinguer selon que l’on est en présence de biens incorporels ou de biens corporels.

§1 : LES BIENS INCORPORELS

Il y a là des règles particulières qui ont tendance à varier selon le meuble incorporel concerné. Ainsi, pour le droit de propriété intellectuelle, le statut applicable à sa protection est la loi du pays où la protection est demandée quel que soit le pays où l’œuvre a été divulguée pour la première fois (cf. l’arrêt Houston, où la Cour de cassation en 1991 jugea que la loi française déterminait si le droit moral d’auteur était atteint par la colorisation de l’œuvre car c’était en France que l’œuvre modifiée était diffusée).

S’agissant des droits de propriété industrielle, on considère que c’est le pays qui octroie la protection du droit au moyen d’une formalité qui détermine le statut de ce droit. Par exemple, un dépôt de brevet en France entraînera la protection par le droit français sur le sol national. Toute une contrefaçon du brevet en France pourra être poursuivie. Autre exemple, dépôt d’une marque en France, c’est le droit français qui décide du degré de protection du titulaire de la marque. Au- delà des frontières du pays où le dépôt a eu lieu, il n’y a pas de protection, d’où l’existence d’une marque européenne, d’un brevet européen et de Conventions Internationales comme l’Union de Paris de 1883 qui permet à quelqu’un qui dépose dans un pays signataire de disposer de 6 mois pour le déposer dans les autres pays signataires et d’être protégé à la date du premier dépôt.

§2 : LES BIENS CORPORELS

I/ LE CONTENU DE LA REGLE DE CONFLIT

Le Code civil, dans son article 3 alinéa 2, dispose que : « le droit français est applicable aux immeubles situés en France …». C’est donc le droit français qui va dire si l’on peut acquérir la propriété par une possession prolongée, revendiquer contre quelqu’un qui trouble la possession d’un immeuble, etc… Mais la règle était réductrice et la Cour de cassation a dû très tôt la bilatéraliser et la formuler ainsi : « l’immeuble est régi par la loi du lieu de sa situation », ce dont il résulte que si l’immeuble est situé à l’étranger, le juge français applique le droit étranger. Puis (Requête, 24 mai 1933), la Cour de cassation a décidé que cette règle s’appliquait aussi aux meubles. Le statut réel d’un bien corporel est régi par la loi du lieu de sa situation.

Si l’on examine toutes les questions constituant la catégorie de conflit « statut réel des biens », on constate qu’il y a des questions qui concernent l’acquisition du droit réel et d’autres qui concernent le contenu des droits réels.

réel et d’autres qui concernent le contenu des droits réels. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page
réel et d’autres qui concernent le contenu des droits réels. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

réel et d’autres qui concernent le contenu des droits réels. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

A) L’ACQUISITION DES DROITS REELS

L’acquisition d’un droit réel peut se faire par la création de celui-ci. Ainsi, lorsque le législateur crée une servitude légale au profit de propriétaires dont le terrain est enclavé, lorsqu’un propriétaire constitue un usufruit sur l’un de ses biens, ce qui revient à démembrer la propriété entre le nu-propriétaire et l’usufruitier. Mais un droit réel peut aussi s’acquérir par son transfert. Ainsi, un contrat de vente transfère le droit réel de propriété. Ce mode d’acquisition ne relève pas du droit des biens.

- En ce qui concerne les modes d’acquisition propres au droit des biens (prescription acquisitive,

usucapion, création, …) : seule la loi du lieu de situation est compétente. Exemples. Quelle est la loi qui va dire si le fait d’occuper un terrain pendant 20 ans permet de devenir propriétaire ? C’est la loi du lieu de situation. Quelle est la loi qui va dire si lorsqu’une personne construit un ouvrage sur le terrain d’autrui, le propriétaire du terrain devient propriétaire de l’ouvrage par le mécanisme de l’accession ? C’est à nouveau la loi du lieu de situation du terrain et de l’ouvrage.

- Lorsque le droit réel est acquis par un acte juridique : il faut consulter aussi la loi applicable à

l’acte juridique. En effet, la propriété du bien ne pourra être transférée ou un droit réel (usufruit, servitude, …) ne pourra être créé que si la loi applicable à l’acte le permet aussi. Par exemple, si l’on a constitué un usufruit par un contrat, il faut que la loi applicable au contrat constituant l’usufruit accepte que cet accord de volonté ait pu produire cet effet. Est-ce que le consentement est valable ? La cause et l’objet sont-ils licite ? Les conditions de forme ont-elles été respectées ? Il y a donc une application cumulative des deux lois.

Cette application cumulative signifie aussi, par exemple, que le fait que la loi applicable à l’acte valide la constitution d’usufruit ne signifie pas que l’usufruit va être efficacement constitué. En effet, des règles du droit des biens du lieu de situation pourraient empêcher la constitution, notamment car le droit local ne connaît pas l’institution connue dans beaucoup de pays sous le nom d’usufruit ou requérir la publication de l’usufruit auprès d’une administration particulière pour qu’il soit valablement créé ou opposable. Ainsi, en droit français, pour être opposable aux tiers, un usufruit portant sur un immeuble doit être publié à la Conservation des Hypothèques. L’obligation s’applique à tout l’immeuble situé en France.

Un exemple classique de cas où la loi du lieu de situation du meuble ou de l’immeuble ne connait pas le droit réel que des parties ou un testateur ont entendu créer est du trust constitué en Angleterre et comprenant aussi des biens situés en France. Comme le droit français ne connait pas le démembrement « horizontal » du droit de propriété entre d’un côté, le droit légal (qui va au trustee et qui lui octroie les pouvoirs sur les biens en trust) et de l’autre le droit bénéficiaire (qui va au bénéficiaire du trust et lui permet de bénéficier des avantages financiers résultant de la gestion du trustee exerçant les prérogatives inhérentes au droit de propriété), le droit français refusera que les biens situés en France voient leur droit de propriété ainsi démembré. En pratique, les tribunaux doivent trouver des solutions de substitution ; ils vont alors considérer que le trustee n’est qu’un mandataire et que le bénéficiaire est plein propriétaire du bien ou, dans le cadre d’une succession, que le trustee n’est qu’un simple exécuteur testamentaire. En outre la constitution d’un trust ne permet pas d’éluder la loi applicable à la succession et de déshériter des héritiers réservataires selon le droit applicable à la succession (v. infra).

Autre cas où un droit peut ignorer un droit réel reconnu par une autre loi applicable :

l’hypothèque légale que chaque époux a sur les droits immobiliers de l’autre. Si le droit applicable au régime matrimonial des époux reconnaît l’hypothèque légale, faut-il encore que le pays de situation des biens concernés connaisse l’hypothèque légale ; si le droit du lieu de situation l’ignore, il ne se passera rien.

; si le droit du lieu de situation l’ignore, il ne se passera rien. Cours proposé
; si le droit du lieu de situation l’ignore, il ne se passera rien. Cours proposé

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

; si le droit du lieu de situation l’ignore, il ne se passera rien. Cours proposé

Autrement dit, pour que l’hypothèque légale soit efficace, il faut qu’elle soit connue à la fois par la loi applicable au statut réel du bien et par le droit applicable au lieu de situation du bien d’un époux sur lequel son conjoint entend inscrire l’hypothèque.

Autre hypothèse, où la loi du lieu de situation est consulté, c’est lorsqu’elle prévoit des mesures de publicité.

B) LE CONTENU DU DROIT REEL

En ce qui concerne le contenu du droit réel, c’est là aussi la loi du lieu de destination qui décide. Cette loi va ainsi dire quelles sont les prérogatives du propriétaire. Si le bien est situé en France, le propriétaire dispose de l’usus, du fructus et de l’abusus. Néanmoins, le droit de propriété n’a pas la même densité dans tous les pays. De même, quels sont les droits respectifs du nu-propriétaire et de l’usufruitier ? En France, l’usufruitier a les fruits mais pas les produits mais il n’en est pas forcément ainsi partout : c’est la loi du lieu de situation du bien qui va déterminer les droits de l’usufruitier.

En pratique, la question se pose également s’agissant de l’usufruit de biens incorporels et notamment sur les actions ou les obligations émises par les sociétés. Certes, c’est la loi du lieu de situation de l’action qui décide, mais où est situé l’action, sachant que les valeurs mobilières sont dématérialisées ? La jurisprudence nous dit que la part sociale ou l’action est située dans le pays de la personne morale qui l’a émise. Donc s’il s’agit d’actions d’une société qui a son siège social en France, les droits respectifs du nu-propriétaire et de l’usufruitier seront déterminés par la loi française quel que soit le contenu de l’acte démembrant la propriété des actions qui peut être soumis à une loi étrangère.

Un bien peut-il être déclaré inaliénable par le législateur, le juge ou les parties ? C’est le lieu de la loi de situation du bien qui va décider si, et à quelles conditions, un bien peut être inaliénable. Par exemple, en droit français, les clauses d’inaliénabilité sont valables si elles sont temporaires et justifiées par un intérêt réel et sérieux (art. 900-1 CC).

La question du contenu de droit de propriété s’est également posée avant la loi française de 2007 qui a consacré la fiducie-gestion et la fiducie-sûreté en droit français. En effet, avant cette loi, l’un des obstacles était que l’on considérait que le droit des biens français n’admettait pas que quelqu’un soit propriétaire d’un bien et néanmoins dépossédé de tous les avantages qu’il procure ; le fiduciaire est propriétaire mais il ne peut pas tirer profit du bien pour lui Ŕ même alors pourtant qu’il en exerce toutes les prérogatives. Il fallait donc délocaliser le bien à l’étranger pour le mettre en fiducie, ce que la loi nouvelle vise à éviter.

II/ LE CONFLIT MOBILE

Nous avons déjà vu le conflit mobile de façon générale et c’est en matière de meuble corporel qu’il se produit le plus souvent.

Le conflit mobile se produit lorsque l’élément de rattachement utilisé par la règle de conflit pour relier la situation juridique à un système de droit national a été déplacé. Par exemple, la règle de conflit utilise comme critère de rattachement la nationalité, et la personne change de nationalité ; la règle de conflit utilise le domicile, et la personne change de domicile ; la règle de conflit utilise comme rattachement le lieu de situation et le bien est déplacé d’un pays à l’autre.

lieu de situation et le b ien est déplacé d’un pays à l’autre. Cours proposé par
lieu de situation et le b ien est déplacé d’un pays à l’autre. Cours proposé par

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

lieu de situation et le b ien est déplacé d’un pays à l’autre. Cours proposé par

Qu’en est-il de l’acquisition des droits réels et qu’en est-il ensuite du contenu de ces

droits ?

A) L’ACQUISITION DES DROITS REELS

De même que, en matière de conflit de lois dans le temps, il n’est pas possible de revenir sur l’acquisition d’un droit sous prétexte que la loi a changé, il n’est pas possible de revenir sur une acquisition de droit réel sur un bien au motif que le bien a changé de pays. Exemple : si au moment de la formation du contrat de gage, l’élément de rattachement, à savoir le lieu de situation du bien, désignait une loi qui n’exigeait aucune forme validante pour le gage, ce dernier demeure valable même si l’objet gagé a été transporté dans un pays où il faut, à peine de nullité du gage, un écrit.

Mais même à ce niveau, il y a une limite. Il se peut en effet que la nouvelle loi du lieu de situation instaure une mesure destinée à protéger les autres créanciers du débiteur qui a gagé l’un de ses meubles. Alors, ces lois protégeant les tiers sont généralement considérées comme des lois de police territoriales et vont faire obstacle à l’efficacité du gage.

Par exemple, un gage sans dépossession avait été valablement constitué en Allemagne par le débiteur au profit de créanciers allemands. Le bien gagé est transporté en France. Là, des créanciers français opèrent une saisie du bien. Se manifestent alors les créanciers allemands qui disent qu’ils sont privilégiés. La Cour de Cassation jugea que non car, en France, le gage sans dépossession n’existe que pour des biens particuliers et la dépossession du débiteur constitue une protection pour les tiers en ce qu’elle les empêche d’avoir l’impression fallacieuse (solvabilité apparente mais non réelle) que ce bien pourrait être saisi par eux en cas de difficultés financières de leur débiteur. Ce gage occulte allemand, bien que valable en Allemagne, ne pouvait pas avoir d’effet en France, c’est à dire dans le pays de la nouvelle localisation du bien.

B) LE CONTENU DES DROITS REELS

C’est la loi actuelle qui va déterminer quelle est le nouveau contenu du droit réel. Exemple : transport d’un bien grevé d’usufruit de l’Allemagne vers la France ; les prérogatives de l’usufruitier seront désormais déterminées par le droit français en tant que droit du lieu de situation du meuble.

SECTION II -

INTERNATIONALE

LES BIENS DANS LE CADRE D’UNE FAILLITE

Les biens sont pris en compte en tant qu’universalité et il existe des règles particulières à ce que l’on a coutume d’appeler la faillite internationale, c’est-à-dire une mesure collective visant à tenter de redresser une entreprise, et/ou à payer les créanciers, avec l’actif disponible.

§1 : LA COMPETENCE INTERNATIONALE DES TRIBUNAUX FRANÇAIS

Il existe un règlement de l’Union Européenne du 29 mai 2000 relatif aux procédures d’insolvabilité, entré en vigueur le 21 mai 2002, qui vient unifier le droit du régime de la faillite dans toute l’Union, selon une procédure principale et des procédures secondaires :

- Procédure principale : elle doit s’ouvrir dans le pays du centre des intérêts principaux du débiteur. Si le débiteur est une personne morale c’est le siège qui est le centre principal. Cela veut dire que si l’on saisit un tribunal qui n’est pas celui du centre des intérêts principaux du

tribunal qui n’est pas celui du centre des intérêts principaux du Cours proposé par l’Association R.A.I.E.
tribunal qui n’est pas celui du centre des intérêts principaux du Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

tribunal qui n’est pas celui du centre des intérêts principaux du Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

débiteur, ce tribunal doit se déclarer incompétent. Mais des pays autres que celui du centre des intérêts principaux du débiteur peuvent ouvrir des procédures secondaires.

- Procédure secondaires : Elles ne peuvent concerner que les établissements secondaires du débiteur, encore faut-il qu’il en ait. Par ailleurs, ces procédures ne peuvent s’ouvrir qu’après que la procédure principale ait été ouverte et n’auront pour autre mission que d’organiser le règlement de la faillite principale.

§2 : LA LOI APPLICABLE A LA PROCEDURE

En matière de procédure d’insolvabilité, il y a coïncidence entre la loi applicable et la juridiction compétente. Cela veut donc dire que si le tribunal français est compétent, il applique nécessairement la loi française. Lorsqu’il y a une procédure secondaire, elle est elle aussi régie par le droit local, ce qui peut poser des problèmes de coordination entre les législations.

§3 : LA RECONNAISSANCE EN FRANCE DE JUGEMENTS DE FAILLITE PRONONCES A L’ETRANGER

Il faut distinguer selon que la décision de faillite étrangère a été rendue hors de l’Union ou dans l’Union.

Lorsqu’elle a été rendue hors de l’Union Européenne, la Cour de cassation a consacré le principe de l’universalité de la faillite (Civ. 1re, 25 février 1986), ce qui signifie qu’à partir du moment où elle a été ouverte là où se trouvent les intérêts principaux du débiteur, elle produira ses effets dans tous les pays où le débiteur a des biens et des créanciers. Certains effets de la décision étrangère peuvent même se produire de plein droit, c’est-à- dire sans qu’une procédure d’exequatur ne soit nécessaire. Par exemple, si le juge étranger a nommé un syndic, un administrateur, un liquidateur, cette nomination est reconnue de plein droit en France. Mais lorsqu’il s’agit de mesures d’exécution sur des biens sis en France, la procédure d’exequatur devient nécessaire. Il s’agit d’une ordonnance rendue sur requête par un juge français et qui a pour objet de donner force exécutoire à la décision étrangère après avoir faire quelques vérifications peu nombreuses mais importantes.

Quid lorsque la décision est rendue dans l’Union ? Le règlement de 2000 consacre la reconnaissance de plein droit, dans tous les États membres, des décisions rendues dans un autre ; la Cour de cassation française l’a proclamée (Com. 27 juin 2007). S’il s’agit d’un jugement rendu dans le cadre de la procédure principale, ce dernier va produire tous ses effets sur les éventuelles procédures secondaires. Toutefois, lorsqu’il s’agira de prendre les mesures d’exécution, l’exequatur sera nécessaire mais la procédure est moins lourde car on est au sein de l’Union.

SECTION III Ŕ LE CAS PARTICULIER DES SURETES REELLES §1 : LE GAGE

Le gage est une sûreté réelle garantissant donc le paiement d’une créance et assise sur un meuble corporel. Il y a une cohabitation de la loi du lieu de situation et de la loi de l’acte juridique ayant créé le droit réel accessoire, à savoir le contrat de gage. Le contrat de gage est régi par la Convention de Rome ou par le règlement Rome I.

gage est régi par la Convention de Rome ou par le règlement Rome I. Cours proposé
gage est régi par la Convention de Rome ou par le règlement Rome I. Cours proposé

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

gage est régi par la Convention de Rome ou par le règlement Rome I. Cours proposé

Soit les parties ont fait un choix et on applique la loi choisie, soit les parties n’ont rien prévu expressément dans le contrat. Dans ce cas, le gage étant l’accessoire d’un contrat de prêt, il semble bien qu’il résulte des circonstances de la cause que les parties ont aussi voulu que la loi du prêt régisse aussi le contrat de gage. C’est d’autant plus probable qu’ici, les parties au contrat de prêt et les parties au contrat de gage sont les mêmes, ce qui n’est pas le cas en matière de cautionnement (v. supra). A défaut de choix, en vertu de l’article 4 des textes de Rome s’appliquera la loi du débiteur qui constitue le gage, car il fournit la prestation caractéristique.

La loi du contrat de gage régit finalement des questions marginales. En revanche, la loi du lieu de situation joue un rôle très important puisque, pour que le gage produise ses effets, il faut que la loi du lieu de situation reconnaisse le gage. Ainsi, si la loi du lieu de situation ne reconnaît pas le gage sans dépossession, il ne peut pas y avoir de gage à défaut de dépossession. De même, si la loi réelle exige une mesure de publicité (exemple : nantissement de créance à signifier au débiteur de la créance nantie), il faudra l’accomplir. Parfois, la loi du lieu de situation peut prévoir un écrit indispensable pour l’efficacité du gage.

A propos du gage, une remarque doit être faite lorsqu’on est en présence non d’un gage stricto sensu, qui concerne les meubles corporels, mais d’un nantissement, qui concerne les meubles incorporels. On retrouve ici la question de la localisation du meuble incorporel.

Ainsi (rappel) un titre financier (ex. action) est localisée au lieu du siège social de la société qui l’a émise. La Cour d’appel de Paris, dans un arrêt de 2007 a eu l’occasion de préciser qu’un nantissement de compte bancaire avait pour objet le nantissement de la créance de restitution (constituée par le solde positif du compte) du titulaire du compte contre la banque et que cette créance était donc située, localisée, au lieu où était tenu le compte.

§2 : LA CLAUSE DE RESERVE CE PROPRIETE

On risque d’avoir trois lois qui vont être concernées :

- La loi du contrat de vente : il ne peut y avoir réserve de propriété que si le droit de la vente qui régit le contrat accepte que l’on diffère le transfert de propriété en vue de garantir le paiement du prix.

- La loi du lieu de situation du bien : ce droit dira si la clause de réserve de propriété est opposable aux tiers ou non et si les clauses de réserve de propriété, même portant sur des meubles doivent être publiées sur des registres (c’est le cas dans certains pays).

- La loi de la procédure d’insolvabilité : la clause de réserve de propriété rompt l’égalité entre les créanciers. Dès lors que le débiteur est l’objet d’une mesure de procédure d’insolvabilité, c’est cette loi qui va dire si l’on peut la faire jouer une fois la procédure déclenchée et à quelle condition.

CHAPITRE IV : LA LOI APPLICABLE AUX REGIMES MATRIMONIAUX

Le régime matrimonial est l’ensemble des règles qui va régir le patrimoine des époux durant la durée du mariage. La France a signé et ratifiée la Convention de la Haye du 14 mars 1978 sur la loi applicable sur les régimes matrimoniaux qui est entrée en vigueur en France le 1 er septembre 1992. Toutefois, la Convention ne s’applique qu’aux époux mariés à partir cette date.

ne s’applique qu’aux époux mar iés à partir cette date . Cours proposé par l’Association R.A.I.E.
ne s’applique qu’aux époux mar iés à partir cette date . Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

ne s’applique qu’aux époux mar iés à partir cette date . Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

SOUS-CHAPITRE I : LES REGLES APPLICABLES AUX EPOUX MARIES AVANT LE 1 ER SEPTEMBRE 1992

SECTION I Ŕ ETABLISSEMENT ET EFFETS DU REGME §1 : LE CONTENU DE LA REGLE DE CONFLIT DE LOIS

La règle

de

conflit

de

loi

est

la

loi d’autonomie,

c'est-à-dire que les parties ont

l’opportunité de désigner elles-mêmes la loi applicable.

I/ L’IDENTIFICATION DE LA LOI D’AUTONOMIE

A) EN PRESENCE D’UN CONTRAT DE MARIAGE

On va normalement désigner dans le contrat de mariage la loi applicable à celui-ci. Quid si les parties n’ont rien dit expressément ? Il se peut que dans le contrat figurent des dispositions qui concernent des mécanismes qui n’existent que dans un droit bien particulier. La jurisprudence considère que tacitement, les parties ont voulu que le droit qui contient ces dispositions originales et identifiables soit appliqué. Si l’on ne trouve rien, on est bien obligé de s’accrocher à des contacts objectifs et généralement, on considère que lorsque le lieu du domicile des époux et celui de leur nationalité commune coïncident, cette loi sera appliquée. A défaut, la jurisprudence va considérer que la loi applicable va être soit celle du domicile des époux, soit celle la loi de la nationalité commune.

B) EN L’ABSENCE D’UN CONTRAT DE MARIAGE

Les parties peuvent exprimer leur volonté via un acte, éventuellement notarié, où ils indiquent qu’ils entendent être mariés sous le régime légal d’un pays donné. A défaut de choix, la Cour de cassation estime que la volonté présumée des parties est en faveur du premier domicile matrimonial stable, ce qui est assez logique.

II/ LE DOMAINE D’APPLICATION DE LA REGLE DE CONFLIT

A) LE CONTENU DU RÉGIME

La règle de conflit peut désigner la loi qui va déterminer les effets du régime matrimonial. En combien de masses se répartissent les biens ? Qui a pouvoir sur quoi ? Comment se répartit la charge du passif du ménage ? Comment liquider le régime à la fin, lorsque le lien matrimonial sera dissous ? En revanche, ne relève pas de la loi du régime matrimonial les questions suivantes :

- La capacité à conclure un contrat de mariage : cette loi est régie par la loi de la nationalité de chacun des intéressés car on applique à cette question la loi applicable aux conditions de fond consentement au mariage d’un futur époux.

- La forme : la loi applicable à la validité formelle du contrat de mariage est la loi du lieu de conclusion du contrat de mariage.

- La publicité : Pour tous les mariages célébrés en France, il y a obligation de publier le régime matrimonial en même temps que l’acte de mariage. Mais il y a aussi la publicité au RCS pour les époux commerçants exerçant en France qui doivent enregistrer l’acte de mariage au Greffe.

en France qui doivent enregistrer l’acte de mariage au Greffe. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page
en France qui doivent enregistrer l’acte de mariage au Greffe. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

en France qui doivent enregistrer l’acte de mariage au Greffe. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

Il est parfois difficile de distinguer les questions appartenant à la catégorie « effets du

mariage » de celles entrant dans la catégorie « régimes matrimoniaux ». Exemple : les questions du régime primaire ; elles entrent dans la catégorie « effets du mariage ».

Certaines règles du régime matrimonial primaire sont, de surcroît, des règles de police. C’est le cas de l’article 220 du Code civil en vertu duquel chacun des époux a pouvoir pour passer seul les contrats qui ont pour objet l’entretien du ménage. Ces dispositions sont d’ordre public mais elles sont en plus des lois de police dont le champ d’application est territorial, c'est-à- dire qu’elles s’appliquent à tous les époux résidant sur le territoire français.

§2 : LA MISE EN ŒUVRE DE LA REGLE DE CONFLIT DE LOIS

Le renvoi ne s’applique pas puisqu’on laisse le choix de la loi applicable aux parties et que ce serait déjouer leur prévision si l’on acceptait qu’une règle de conflit du droit qu’elles désignent puisse renvoyer à une loi tierce.

SECTION II Ŕ LE CHANGEMENT DE REGIME MATRIMONIAL §1 : LE CHANGEMENT INVOLONTAIRE DE REGIME

Ce changement involontaire peut résulter de la modification de la teneur de la loi désignée par la règle de conflit. Le principe est que les modifications de la loi compétente s’appliquent ; l’exception c’est lorsque les époux avaient, au moment de la modification législative, rompu tout lien avec le pays dont la loi est compétente.

§2 : LE CHANGEMENT VOLONTAIRE DE REGIME

Le changement volontaire de régime résulte de la loi applicable au régime matrimonial qui

va dire si les parties peuvent pendant le contrat changer loi applicable à leur régime. En droit français, le principe est celui de la mutabilité et leur régime peut changer. Un arrêt de la Cour d’appel de Paris a ainsi prévu qu’une loi étrangère qui n’admet pas le changement de régime matrimoniale en cours de mariage serait contraire à l’ordre public international, au sens du Droit international privé.

SOUS-CHAPITRE II : LES REGLES APPLICABLES AUX EPOUX MARIES A PARTIR DU 1 ER SEPTEMBRE 1992

Il faut distinguer selon que les parties ont choisi la loi applicable, ou non.

SECTION I Ŕ EXISTENCE D’UN CHOIX PAR LES EPOUX

Le choix des époux est respecté, dès lors qu’il satisfait aux conditions posées par la Convention de la Haye du 14 mars 1978 sur la loi applicable aux régimes matrimoniaux. Il doit

s’agir d’une stipulation expresse revêtant la forme prescrite pour les contrats de mariage. Soit par la loi désignée par les parties, soit par la loi du lieu où le choix est effectué.

A défaut de stipulation expresse, le choix peut résulter des dispositions du contrat de

mariage, à condition qu’il n’y ait aucun doute sur la loi voulue par les parties. Le choix peut s’exprimer au moment du mariage ou au cours du mariage.

choix peut s’exprimer au moment du mariage ou au cours du mariage. Cours proposé par l’Association
choix peut s’exprimer au moment du mariage ou au cours du mariage. Cours proposé par l’Association

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

choix peut s’exprimer au moment du mariage ou au cours du mariage. Cours proposé par l’Association

I/ LE CHOIX INITIAL

L’article 3 de la Convention ouvre très largement l’éventail des choix possibles :

- Les époux peuvent choisir la loi nationale de l’un deux au moment de la désignation ;

- Les époux peuvent choisir la loi de la résidence de l’un d’eux au moment de la désignation ;

- Les époux peuvent choisir la loi de la future résidence habituelle de l’un d’eux.

II/ LE CHOIX EN COURS DE MARIAGE

L’article 6 de la Convention permet aux époux, sans qu’ils n’aient à s’en justifier, de désigner une autre loi que celle régissant initialement leur régime matrimonial, peu importe qu’il y ait eu initialement un choix, ou non. Le changement de loi opère changement du régime matrimonial légal, ceci bien sûr, dans l’hypothèse où les époux n’ont pas fait de contrat de mariage. Il peut résulter de ce changement de régime, des changements radicaux. Si le régime légal hollandais est la communauté et que le régime légal belge est la séparation de biens, on passe de la communauté à la séparation de biens.

Ce changement de loi applicable doit-il être fait comme le changement de régime matrimonial en droit français, c’est-à-dire par acte authentique. La doctrine estime généralement que non et il suffit d’un acte sous seing privé au sein duquel on déclare vouloir changer de régime matrimonial.

SECTION II Ŕ INEXISTENCE D’UN CHOIX PAR LES EPOUX

I/ LA LOI INITIALEMENT APPLICABLE

Le principe posé par la Convention est l’application de la loi du pays de la première résidence habituelle des époux. Ce principe comporte néanmoins des exceptions :

- La loi de la nationalité commune des époux est applicable dans deux cas :

o

Si l’État de la nationalité commune des époux a, lors de son adhésion à la Convention, opté pour la faculté que lui offre l’article 5 de cette convention, de déclarer que sa loi sera applicable à chaque fois que les époux auront tous les deux sa nationalité.

o

Si les époux de nationalité commune n’établissent pas leur première résidence habituelle sur le territoire d’un même État.

- La loi de l’État de la première résidence habituelle est supplantée par la loi d’un autre État, parce que ce dernier présente des liens plus étroits avec le régime matrimonial. Il faut néanmoins qu’il n’y ait pas de première résidence commune des époux et qu’il n’y ait pas de nationalité commune des époux.

II/ LE CHANGEMENT AUTOMATIQUE DE LOI APPLICABLE EN COURS DE MARIAGE

L’article 7 de la Convention dispose que la loi applicable en vertu de la Convention, choisie par les parties ou non, ne varie pas automatiquement en cas de changement de nationalité ou de résidence habituelle. Toutefois, trois cas de changement automatique sont expressément prévus, mais seulement lorsque les époux n’ont ni désigné le droit applicable, ni fait un contrat de mariage. Dans ce cas, la loi de l’État où ils ont tous deux leur résidence habituelle devient applicable à la place de la loi antérieurement applicable.

devient applicable à la place de la loi antérieurement applicable. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page
devient applicable à la place de la loi antérieurement applicable. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

devient applicable à la place de la loi antérieurement applicable. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

Au demeurant, le changement se fait à leur insu. Ils peuvent s’y opposer mais encore faut- il qu’ils le sachent. En tout état de cause, le changement automatique ne peut se produire que pour l’avenir.

CHAPITRE V Ŕ LA LOI APPLICABLE AUX SUCCESSIONS INTERNATIONALES

La transmission à cause de mort d’un patrimoine, pose des questions diverses régies en Droit international privé par un certain nombre de règles. La mise en œuvre de ces règles soulève le problème des limites de la compétence de la loi successorale.

SECTION I Ŕ LES REGLES DE DIP EN MATIERE DE SUCCESSION

§1 : LES REGLES DE COMPETENCE INTERNATIONALE

Il y a des règles ordinaires de compétence internationale et des règles basées sur la nationalité.

I/ LA REGLE ORDINAIRE

En droit français, le principe posé il y a longtemps par la Cour de cassation est que le tribunal compétent est désigné en matière internationale par extension des règles de compétence du droit interne (v. infra titre 2). Ainsi, le Code de procédure civile nous dit que le principe est la compétence du tribunal du lieu du défendeur. La Cour de cassation nous dit que l’on va étendre cette règle en matière internationale.

En droit des successions, le Code de Procédure civile estime qu’il faut centrer toutes les opérations en un même lieu, qui est celui du lieu du dernier domicile du défunt : c’est là que s’ouvre la succession en droit interne français. En matière internationale, la Cour de cassation a, dans un premier temps, étendu cette règle. Ainsi, si le dernier domicile du défunt était en Allemagne, les juridictions françaises n’étaient pas compétentes. Dans un second temps, la Cour de cassation a estimé que l’extension de cette règle n’était pas souhaitable en ce qui concernait les immeubles. Elle a donc dit que concernant les immeubles, serait compétente la loi du lieu de situation de l’immeuble ou de chaque immeuble, si le défunt en avait dans différents pays. L’inconvénient est que l’on va avoir la compétence du tribunal du lieu du dernier domicile du défunt pour les meubles et pour les immeubles autant de tribunaux que de biens immobiliers situés dans un pays différent.

II/ LA COMPETENCE DES TRIBUNAUX FRANÇAIS FONDEE SUR LA NATIONALITE DES PARTIES

Les articles 14 et 15 du Code civil édictent des privilèges de nationalité. L’article 14 considère qu’une personne de nationalité française peut assigner devant un tribunal français un défendeur étranger non domicilié en France. L’article 15 énonce qu’un étranger peut attraire en France un Français alors même que celui-ci n’est pas domicilié en France (s’il l’était la compétence du domicile du défendeur suffirait à rendre le tribunal français compétent). Ces règles s’appliquent en matière de successions.

compétent). Ces règles s’appliquent en matière de successions. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 46
compétent). Ces règles s’appliquent en matière de successions. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 46

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

compétent). Ces règles s’appliquent en matière de successions. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page 46

§2 : LES REGLES DE CONFLIT DE LOIS

I/ LE CONTENU DE LA CATEGORIE DE CONFLIT

S’interroger sur le contenu de la catégorie de conflit revient à désigner les questions de droit auxquelles la loi désignée par la règle de conflit va apporter des réponses. La loi applicable à la succession internationale détermine qui vont être les héritiers du défunt, comment ils vont se partager l’actif successoral, s’il y a une réserve héréditaire Ŕ c’est-à-dire s’il y a des héritiers réservataires, etc La loi applicable détermine aussi les conditions de fond applicables à un éventuel testament, ainsi que les modalités de la dévolution successorale (notamment selon quelle procédure va s’effectuer le partage entre les héritiers).

La jurisprudence a depuis longtemps décidé que la loi successorale va s’appliquer même si le défunt a disposé de ses biens par une institution spécifique. On pense notamment au trust ou à la fiducie successorale dans les pays où elle existe, ce qui n’est pas le cas en France. Dans l’affaire CARON, une fraude qui consisterait à changer artificiellement la nature juridique d’un bien pour frauduleusement obtenir l’application d’une autre règle de conflit que celle normalement applicable, fut empêcher de produire ses effets (la fraude va rendre inopposable aux héritiers la manipulation du critère de rattachement).

II/ LA REGLE DE CONFLIT APPLICABLE AUX SUCCESSIONS SANS TESTAMENT

On distingue les immeubles des meubles. En ce qui concerne les immeubles, sur la base de l’article 3, alinéa 2 du Code Civil, qui dispose que les immeubles, même ceux possédés par des étrangers, sont régis par la loi française, on considère depuis un arrêt de 1806 (Ch. Req, 2 juin 1806) que la loi applicable à une succession immobilière est régie par la loi du lieu de l’immeuble. En ce qui concerne les meubles, le Code Civil a oublié la question. La Cour de cassation, dans l’arrêt LABEDAN (Ch. Civile, 19 juin 1939), reprend une solution datant du 16 ème siècle, et proclame que la loi applicable est celle du dernier domicile du défunt.

Cette solution qui consiste à avoir une règle pour les immeubles et une règle pour les meubles a des avantages mais aussi des inconvénients. Les avantages sont qu’il y a coïncidence entre la compétence juridictionnelle internationale et la loi applicable : en effet, le tribunal compétent pour connaître des problèmes liés à une succession immobilière est le tribunal dans le ressort duquel se trouve l’immeuble. De même, s’il y a un problème lié aux successions mobilières, le tribunal compétent est celui du lieu du dernier domicile du défunt. Ces deux règles de compétence juridictionnelle se trouvent dans le Code de Procédure Civile, et comme toutes les règles de compétence territoriale, elles sont étendues par la jurisprudence en matière internationale.

Les inconvénients :

- Parfois, on va devoir régler une question de qualification au sens du Droit international privé. Ce fut le cas dans l’affaire STROGANOFf (T. CIV DE LA SEINE, 1966) où il était question de savoir si une fresque murale qui avait été détachée d’un palais impérial russe était un meuble ou un immeuble.

d’un palais impérial russe était un meuble ou un immeuble. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page
d’un palais impérial russe était un meuble ou un immeuble. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page

Cours proposé par l’Association R.A.I.E.

d’un palais impérial russe était un meuble ou un immeuble. Cours proposé par l’Association R.A.I.E. Page