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Cours de protection des installations électriques : PROTECTION DES TRANSFORMATEURS

Sommaire
INTRODUCTION GENERALE ..................................................................................................................... 3
I-CLASSIFICATION DES DEFAUTS POUVANT ATTEINDRE UN TRANSFORMATEUR.................................. 4
I-1-LES INCIDENTS RESEAUX ................................................................................................................ 4
1)- Les courts-circuits...................................................................................................................... 4
2)- Les surcharges ............................................................................................................................ 4
3)- Les surtensions ........................................................................................................................... 5
I-2-LES DEFAUTS A L’INTERIEUR DES TRANSFORMATEURS ................................................................ 7
1)- Les défauts entre spires ............................................................................................................. 7
2)- Les défauts entre enroulements (cas des transformateurs MT/BT) .......................................... 8
3)- Les défauts à la masse et influences du régime de neutre ........................................................ 9
I-3-LES DEFAUTS LIES A LA TECHNOLOGIE ........................................................................................ 10
1)- Cas des transformateurs immergés ........................................................................................ 10
2)- Cas des transformateurs à isolation solide ............................................................................. 10
3)- Les défauts à l’extérieur de la cuve.......................................................................................... 10
II- SOLUTIONS PROPOSEES PAR DEFAUTS ............................................................................................. 12
II-1- LES PROTECTIONS EXTERNES ..................................................................................................... 12
1)- Protections contre les surtensions à fréquence élevée ........................................................... 12
2)- Protections contre les surtensions au point neutre ................................................................ 12
3)- Protection contre les surcharges et les courts-circuits ............................................................ 12
4)- Protection du transformateur par courant de coupure........................................................... 13
II-2-PROTECTIONS INTERNES............................................................................................................. 14
1)- Protection différentielle de courant du transformateur ......................................................... 15
2)- Relais de Buchholz.................................................................................................................... 16
II-3- PROTECTION MASSE-CUVE ........................................................................................................ 17
III- APPAREILS DE PROTECTION : ETUDES ET DIMENSIONNEMENT ...................................................... 18
III-1-ECLATEURS ET PARAFOUDRES ................................................................................................... 18
III-2-fusibles et interrupteurs-fusibles ............................................................................................... 20
III-3-DISJONCTEURS ET ORGANE DE DECLENCHEMENT ASSOCIES ................................................... 21
1)- Fonctionnement ....................................................................................................................... 21
2)- Caractéristiques d’un disjoncteur ............................................................................................ 22
3)- Sélectivité d’un disjoncteur...................................................................................................... 22
III-4-RELAIS DE BUCHHOLZ ................................................................................................................ 23

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III-5-ENTRETIEN PERIODIQUE DU TRANSFORMATEUR ..................................................................... 25


IV-INTRODUCTION A LA PROTECTION NUMERIQUE DES TRANSFORMATEURS ................................... 26
V- ETUDE DE CAS : CAS DES TRANSFORMATEURS DE LA CENTRALE THERMIQUE D’OYOMABANG ..... 28
V-1-PRESENTATION DU POSTE D’OYOMABANG ............................................................................... 28
V-2-ELEMENTS UTILISES POUR LA PROTECTION DES TRANSFORMATEURS ..................................... 28
a) Les courts-circuits internes.................................................................................................... 29
b) La surcharge .......................................................................................................................... 29
CONCLUSION GENERALE ....................................................................................................................... 32
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ......................................................................................................... 34

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INTRODUCTION GENERALE

Les transformateurs sont utilisés dans les réseaux électriques pour plusieurs raisons à
savoir :
 Minimiser les pertes d’énergie par effet joule,
 Minimiser les chutes de tension,
 Eventuellement assurer une isolation galvanique entre les réseaux de même tension.
Très importants dans un réseau électrique, ils se trouvent soumis à de nombreuses
contraintes électriques externes en provenance de l’amont et de l’aval. Les conséquences
d’une défaillance éventuelle peuvent être très lourdes en termes de dégâts ainsi qu’en
termes de pertes d’exploitation.
Le terme de « protection transformateur » est très souvent associé à l’action de
déconnexion du réseau, alors même que le transformateur est déjà défaillant, et l'amalgame
est fait entre des mesures préventives (surtensions, défaut aval, surcharges, température) et
des mesures curatives d'élimination du transformateur en défaut.
Les solutions retenues sont toujours un compromis entre ces différents critères et il est
important que les avantages et les faiblesses du compromis retenu soient bien identifiés. Par
exemple, un même exploitant, distributeur d'énergie, peut retenir des solutions très
différentes sur les parties du réseau, urbaines et rurales, car les critères de puissance
unitaire, de coût, de conséquences en cas d'incident, ne sont pas les mêmes.
La grande fiabilité des transformateurs est un élément déterminant dans les choix réalisés
par les distributeurs, face au coût unitaire des organes de protection qui peuvent être
associés. Elle justifie par exemple que l'on ne cherche pas à protéger le transformateur, en
tant que sauvegarde du matériel, mais qu'on se contente de limiter les conséquences d'une
défaillance.
Il nous revient donc d’identifier premièrement les défauts pouvant nuire au fonctionnement
des transformateurs afin d’en dégager les solutions possibles et le matériel utilisée. L’accent
sera quelquefois mis sur les transformateurs MT/BT qui sont plus proches des populations,
les rendant ainsi directement vulnérables à tous défauts pouvant naître sur ces
transformateurs.

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I-CLASSIFICATION DES DEFAUTS POUVANT


ATTEINDRE UN TRANSFORMATEUR

Les différents défauts rencontrés pendant le fonctionnement des transformateurs sont :

I-1-LES INCIDENTS RESEAUX

1)- Les courts-circuits

En cas de défaut en aval du transformateur, l’impédance des circuits basses tension


prend très rapidement une importance prépondérante dans les calculs de court-circuit, et
seuls les défauts localisés à proximité immédiate du transformateur représentent une
contrainte significative pour celui-ci.
Pour le transformateur, le défaut côté basse tension proche des bornes se traduit par des
contraintes thermiques, fonction de la valeur et de la durée du défaut, et des contraintes
mécaniques, par effet électrodynamique surtout à l’apparition du défaut. Les
transformateurs sont généralement conçus pour pouvoir supporter le court-circuit aux
bornes, ce qui correspond à une situation plus sévère que toutes les situations envisageables
en exploitation. Toutefois, la répétition des défauts peut avoir un effet cumulatif, sur le
déplacement des bobinages par exemple, et participer à un vieillissement prématuré. Dans
tous les cas, la durée du défaut doit être limitée par une protection sous peine de conduire à
des dégats par effet thermique.

2)- Les surcharges


Les échauffements admissibles dans les différentes parties du transformateur, en
tenant compte des valeurs limites d’échauffement fournies par les normes, basées sur une
durée de vie escomptée liée au vieillissement des isolants, caractérisent un fonctionnement
permanent.

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Figure 1: ordre de grandeur de la capacité de surcharge d’un transformateur immergé

Un courant de valeur supérieure à la valeur assignée correspond à une situation de


surcharge. Une situation de surcharge maintenue, entraîne un dépassement des
échauffements sur certains points du transformateur et, dans le cas d’une température
ambiante élevée, un dépassement des températures admissibles.
Toutefois, dans les conditions anormales ou exceptionnelle, il est admis de passer outre aux
limitations, éventuellement au détriment de la durée de vie.
La surcharge est souvent transitoire et l’équilibre thermique n’est pas atteint ; l’inertie
thermique du transformateur, importante pour les transformateurs de types « immergés »,
permet de supporter des valeurs élevées, suivant une loi à temps inverse (figure
précédente). Une surcharge de courant   ,  (norme).
En distribution publique, la surcharge n’entraine pas généralement la déconnexion du
transformateur, la priorité étant donnée à la continuité du service à court terme. Par
ailleurs, les circuits basse tension sont toujours surdimensionnés et la surcharge du
transformateur ne correspond pas toujours à une surcharge des conducteurs BT.
Dans une installation industrielle, une situation de surcharge peut être de courte durée, liée
par exemple à une phase de démarrage de machines, ou susceptible de se prolonger dans le
cas d’un mauvais foisonnement de charge.

3)- Les surtensions

Les transformateurs de distribution sont soumis à des surtensions transitoires en


provenance des réseaux auxquels ils sont connectés. Ces surtensions proviennent soit des
chocs de foudre direct ou induits sur les réseaux MT ou BT, soit de la transmission par le
niveau MT de surtensions de manœuvre générées sur le réseau amont.

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Lors de la mise hors tension par un appareillage situé immédiatement en amont, des
surtensions peuvent être générées par l’ensemble transformateur-appareillage de coupure-
circuit d’alimentation, entrainant une sollicitation du diélectrique du transformateur. Cette
sollicitation se traduit par un vieillissement prématuré, ou par un défaut d’isolement entre
les spires, ou à la masse.
Les critères de sévérité des surtensions vis-à-vis des transformateurs sont la valeur crête,
mais également la vitesse de variation de la tension qui amène une répartition inégale de
contraintes dans les enroulements et aboutit ainsi à dépasser la tenue entre spires même si
la valeur crête aux bornes de l’enroulement primaire ne dépasse pas la valeur admise.

Figure 5 : capacités réparties et contraintes le long d’un enroulement.


RISQUES D’EXPOSITION

Les risques d’exposition aux surtensions d’un transformateur donné sont liés à son
environnement avec des critères tels que :
 L’alimentation MT par réseaux aériens ou souterrains,
 La présence éventuelle, le dimensionnement et les conditions d’installation de
limiteurs de surtensions (parafoudre ou éclateurs),
 Le type d’appareillage et les conditions de manœuvre,
 La qualité des prises de terre et de la conception du réseau de masse au niveau du
poste.

DEFAILLANCES D’ISOLEMENT

Les défaillances internes entraînées par les surtensions se présentent sous ces formes :
 Les défauts d’isolement entre spires d’un même enroulement (cas le plus fréquent),
 Les défauts entre enroulements,

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 Les défauts d’isolement entre l’enroulement sollicité et une partie conductrice


proche (noyau ou cuve).
Notons que les transformateurs secs peuvent donner lieu à des défaillances diélectriques
externes en cas de pollution des surfaces isolantes.

I-2-LES DEFAUTS A L’INTERIEUR DES TRANSFORMATEURS

On rencontre :

1)- Les défauts entre spires

Les défauts entre spires de l’enroulement primaire correspondent au mode de


défaillance le plus fréquent et également le plus difficile à détecter. Ils résultent de la
dégradation locale de l’isolant du conducteur, par contrainte thermique ou diélectrique. La
manifestation immédiate se réduit à une faible augmentation du courant primaire, du fait de
la modification du rapport de transformation d’une part, et de l’apparition d’un phénomène
de spire en court-circuit sur l’enroulement concerné. Cette spire en défaut se comporte
comme un enroulement secondaire et est le siège d’un courant limité seulement par son
impédance propre et par la résistance au point de défaut (cf. fig. ci-dessous)

Figure 2: fonctionnement d’un transformateur avec une spire en court-circuit au primaire

Selon le courant qui va parcourir cette spire, l’évolution du défaut va être plus ou moins
rapide. En cas de courant important, l’échauffement local va entraîner la détérioration des
spires avoisinantes et le défaut va s’étendre rapidement. L’ordre de grandeur correspond à
environ cent fois le courant assigné soit sensiblement 1kA pour l’enroulement primaire d’un
transformateur de 400kVA à 20kV. Dans tous les cas, la présence d’un arc local va entrainer
un dégagement gazeux, que le transformateur soit immergé ou sec. Ce dégagement peut
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entrainer une montée de pression importante, jusqu’à la rupture d’un élément (cuve ou
isolant solide).
Si le défaut provoque un courant primaire simple, le phénomène peut être lent et
difficilement détectable par la surveillance du courant d’alimentation. Des essais en
laboratoire sur des transformateurs immergés ont mis en évidence des courants compris
entre 1 et 6 fois le courant assigné, accompagné de dégagement gazeux importants, pour les
défauts impliquant jusqu’à 8% de spires primaires. C’est pourquoi les surveillances
d’émissions gazeuses ou de pression peuvent être utilisées de manière complémentaire aux
protections basées sur les mesures de courant.

2)- Les défauts entre enroulements (cas des transformateurs MT/BT)


 Enroulements MT
Les défauts entre les enroulements MT sont rares mais peuvent donner lieu à des courants
de défauts élevés, jusqu’au courant de court-circuit du réseau en cas de défaut au niveau
des bornes, avec des manifestations très importantes.

 Enroulements BT
Les défauts entre enroulements BT sont exceptionnels car ces enroulements sont placés au
plus près du noyau magnétique et sont entourés par les enroulements MT. Dans le cas de
plusieurs enroulements BT sur la même colonne du circuit magnétique (couplage zigzag par
exemple), la possibilité de défaut existe. Le courant de défaut ici, bien que faible, a une
évolution rapide du fait de la présence d’un arc d’intensité significative.

 MT/BT
Un défaut entre enroulements peut également entrainer une mise en contact entre
primaire et secondaire, avec l’apparition de potentiel dangereux sur le réseau BT.

Figure 3: exemple de défaut entre enroulements primaire et secondaire.

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3)- Les défauts à la masse et influences du régime de neutre


Les défauts entre les enroulements MT et la masse ont pour origine la plus fréquente
une rupture d’isolement suite à une surtension. Les caractéristiques d’un défaut à la masse,
ainsi que les capacités à le diagnostiquer, dépendent du mode de mise à terre du réseau
d’alimentation et de l’emplacement du défaut dans le transformateur.

Figure 4 : courant de défaut à la masse fonction du couplage MT et de l’emplacement du défaut.

 Dans le cas d’un neutre MT non distribué, relié à la terre par une impédance, le
défaut fera apparaître un courant à la terre fonction de l’impédance de neutre et de
la position du défaut sur l’enroulement ;
 Dans le cas d’un réseau à neutre accordé, la faible valeur du courant de défaut
permet son extinction spontanée dans l’huile et la réapparition progressive de la
tension ; notons tout de même la baisse de tenue diélectrique ;
 Dans le cas d’un réseau à neutre relié directement à la terre et distribué, la présence
d’un courant de neutre est normale, et l’apparition d’un défaut va augmenter ce
courant. La situation est alors analogue à un autotransformateur en court-circuit. Le
courant de défaut sera toujours significatif et demandera une intervention rapide au
risque d’aboutir à l’explosion ;

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I-3-LES DEFAUTS LIES A LA TECHNOLOGIE

1)- Cas des transformateurs immergés


 Une fuite diélectrique non diagnostiquée à temps aboutira à un défaut électrique par
perte d’isolation en haut des bobinages. Une telle fuite peut être initiée par la
corrosion de la cuve, ou un choc par exemple ;
 La pollution diélectrique, par présence de particules issues de la cuve, du noyau ou
des isolants, ou par pénétration d’eau, peut également donner une situation de
dégradation du diélectrique ;

2)- Cas des transformateurs à isolation solide


 Des contraintes mécaniques anormales (chocs, efforts de serrage des connexions, …)
peuvent fissurer l’isolant, permettant des amorçages entre les spires ou vers des
masses avoisinantes ;
 La fissuration d’isolant peut également être la conséquence d’un vieillissement
thermique anormal lié à une mauvaise utilisation du transformateur
 La présence de polluants externes sur de tels transformateurs perturbe la répartition
des contraintes diélectriques en surface jusqu’à l’apparition de défauts d’isolement.

3)- Les défauts à l’extérieur de la cuve
- sur cuve elle-même par contournement ou avarie d’une borne de traversée ou par
amorçage d’un éclateur ;
- entre le transformateur et ses disjoncteurs d’isolement ou dans les disjoncteurs eux-
mêmes ;

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Une synthèse des contraintes en exploitation et leurs conséquences est présentée dans le
tableau ci-dessous (cas des transformateurs des postes MT/BT):

Contrainte Cause possible Défaillance la plus Manifestations


probable initiales

Surtensions Choc de foudre Claquage entre Dégagement de gaz


proche spires MT ou fumée
Manœuvre du Claquage entre Faible augmentation
réseau enroulement et de courant de phase
masse Courant à la terre

Surintensité faible Surcharge Destruction des Dégagement de gaz


Défaut impédant sur enroulements aux ou de fumée
le réseau BT points les plus Faible augmentation
chauds avec court- du courant de phase
circuitage de spires
Surintensité violente Défaut BT proche Destruction des Evolution rapide et
enroulements aux aléatoire vers un
points les plus défaut
chauds avec court- d’enroulements
circuitage de spires
et déplacement des
bobines
Vieillissement Cumul des Claquage entre Dégagement de gaz
contraintes spires MT ou fumée
antérieures Evolution possible à Faible augmentation
la terre de courant de phase
Courant à la terre
Tableau 1 : synthèse des contraintes en exploitation et conséquence

Note : tous les modes de défaillances, s’ils ne sont pas traités dans leur phase initiale, vont
évoluer vers une généralisation aux différents enroulements, et des manifestations violentes
par rupture de cuve et/ou explosion de bobines éventuellement suivie d’incendie.

11 I-CLASSIFICATION DES DEFAUTS POUVANT ATTEINDRE UN TRANSFORMATEUR | Classe : 5


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II- PROTECTIONS PROPOSEES PAR DEFAUTS

II-1- LES PROTECTIONS EXTERNES

Il est important dans le cas des défauts externes que les dispositifs de protection ou
limiteurs de défauts soient positionnés à proximité immédiate du transformateur pour être
d’une bonne efficacité ; les conditions d’installation sont très influentes sur les
performances de la protection.

1)- Protections contre les surtensions à fréquence élevée

Le transformateur est protégé par les procédés suivants :


 soit par des disjoncteurs constructifs internes ;
 soit par des éclateurs (électrodes reliées l’une au conducteur sous tension, l’autre à
la masse ou à la terre) généralement placés entre l’entrée des traversées isolantes
du transformateur et de la cuve ;
 soient par des parafoudres qui permettent de ce débarrasser de ce comportement
car ils présentent un comportement réversible.
2)- Protections contre les surtensions au point neutre
Les transformateurs principaux des centrales fonctionnent le plus souvent avec le
neutre isolé. La protection est assurée par un éclateur placé sur la borne du neutre et faisant
fonctionner la protection de la cuve.

3)- Protection contre les surcharges et les courts-circuits

Cette protection doit intervenir avec un seuil compromis entre 110 et 150% du courant
assigné et avoir de préférence, un fonctionnement à temps dépendant. Elle peut être placée
côté primaire ou côté secondaire.
Dans le cas des transformateurs MT/BT, la protection contre les surcharges côté MT se fait
avec des disjoncteurs MT associé à des protections à source auxiliaire ; ils assurent
également la protection contre les forts courants de défaut.
La protection côté BT est facile à réaliser par un disjoncteur général BT. Ce disjoncteur est
réglé en fonction du courant assigné du transformateur placé en amont qui est
généralement plus faible que le courant assigné des conducteurs.
Dans les réseaux de tension inférieure à 35 kV, il existe une multitude de postes électriques
dont le côté HT ou MT ne possède pas de disjoncteur ; à leur place, on dispose des fusibles
qui sont de simples dispositifs de commutation et de protection, jouant à la fois le rôle du
disjoncteur et de la protection par relais. L’utilisation des fusibles dans les réseaux HT
supérieurs à 90 kV pour le moment n’est pas conseillée.
La protection contre les courts-circuits se fait couramment par l’utilisation des fusibles sur
les départs (côté secondaire) et n’ont aucun objectif de protection du transformateur en

12 II- PROTECTIONS PROPOSEES PAR DEFAUTS | Classe : 5 GELE


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surcharge. L’utilisation de fusibles, avec donc des durées d’intervention très faibles à fort
courant de défaut est appropriée.

Figure 5: protection du transformateur par fusible

La figure montre qu’il n’y a aucune sélectivité entre le fusible F et la protection de la


ligne A1, il en est de même du jeu de barres protégé par A2.

4)- Protection du transformateur par courant de coupure

Pour protéger les transformateurs de puissance et leurs enroulements jusqu’au


disjoncteur, on utilise la protection à coupure de courant. Cette protection s’installe du côté
de la source d’alimentation directement aux côtés des disjoncteurs. Dans ces conditions, la
zone de protection se trouve entre le transformateur et sa connexion aux disjoncteurs. Le
fonctionnement de la protection agit sur l’ouverture du disjoncteur. Ceci peut se faire par un
second relais à action directe et indirecte sur le courant de commande continu ou alternatif.

13 II- PROTECTIONS PROPOSEES PAR DEFAUTS | Classe : 5 GELE


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Figure 6: schéma de protection par coupure de courant

II-2-PROTECTIONS INTERNES

Ces dispositifs de protection sont prévus par la réglementation en vigueur et en


particulier par les textes suivants :
Art 432 de la NFC 13-100.
Art 551.2.1 de la NFC 13-200.
Cette protection est exigée pour les transformateurs immergés dans un diélectrique
liquide dont la puissance est supérieure à 630kVA. Elle doit être assurée par un détecteur
d’émission de bulles gazeuses à 1, 2 ou 3 contacts suivants les cas :

       A un contact ou type 1 à deux contacts
      
  Type 2 à deux contacts
  20   Type 3 à deux contacts
Pour les dispositifs à deux contacts, le 1er est utilisé en signalisation (Alerte du personnel), le
2ième pour la mise hors tension.

14 II- PROTECTIONS PROPOSEES PAR DEFAUTS | Classe : 5 GELE


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1)- Protection différentielle de courant du transformateur

Cette forme de protection est basée sur le principe de l’égalité du courant au début à
la zone protégée. Par exemple au début et à la fin des enroulements du transformateur de
puissance, des alternateurs et moteurs. Ainsi, la zone entre les TC installés au primaire et au
secondaire du transformateur de puissance est appelée zone de protection.
Si les caractéristiques des transformateurs de courant sont identiques, alors en régime
normal ainsi qu’en régime de court-circuit extérieur, les courants dans les enroulements
secondaires du TC sont égaux et leurs différences nulles. C’est pourquoi le courant n’existe
pas dans l’enroulement du relais de courant et le relais intermédiaire. Par conséquent, dans
ces conditions la protection ne fonctionnera pas.
En cas de court-circuit dans la zone protégée, dans l’enroulement du relais circulera un
courant ; si sa valeur est égale ou supérieure ou égale au courant de fonctionnement du
relais, alors ce dernier fonctionne et à travers les relais intermédiaires provoquent une
double mise hors tension de la zone de défaut. C’est dire que la protection différentielle
fonctionne pour les courts-circuits entre phases et entre les spires.
Ce type de protection est fiable, possède une grande sensibilité et est une protection à
action rapide, cependant elle n’assure pas la protection en cas de court-circuit extérieur et
peut donner de fausse ouvertures lors des coupures du réseau secondaire.

15 II- PROTECTIONS PROPOSEES PAR DEFAUTS | Classe : 5 GELE


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Figure 7: protection différentielle de transformateur (deuxième figure : sans transformateurs auxiliaires)

2)- Relais de Buchholz


Les relais de Buchcholz sont utilisés pour la protection des transformateurs contre les
effets des décharges entre les parties sous tension, les contacts de terre, les courts-circuits
entre spires, l’interruption d’une phase, la brûlure du fer, les pertes dans la cuve ou dans le
dispositif de refroidissement de l’huile.
Ils interviennent en présence des formations de gaz et des variations rapides au niveau de
l’huile qui se manifestent suite à des anomalies dans le transformateur et crée un signal
d’alarme suivi, si la panne est grave ou persistante, par le débranchement du
transformateur.

16 II- PROTECTIONS PROPOSEES PAR DEFAUTS | Classe : 5 GELE


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Figure 8: schéma d’un relais de Buchcholz

REPERE DESIGNATION

1 Vanne d’interception

2 Robinet pour l’évent des gaz

3 Collecteur des gaz

4 Robinet de prélèvement du gaz

5 Robinet pour la vidange de l’huile

6 Robinet

7 Boite des bornes

10 Soupape
Tableau 2: parties d’un relais de Buchcholz

II-3- PROTECTION MASSE-CUVE

Pour utiliser cette protection la cuve du transformateur, ses accessoires (par exemple,
les pompes), ainsi que ses circuits auxiliaires doivent être isolés du sol par des joints isolants.
La mise à la terre de la cuve principale du transformateur est réalisée par une seule
connexion courte qui passe à l’intérieur d’un TC tore qui permet d’effectuer la mesure du
courant s’écoulant à la terre.

17 II- PROTECTIONS PROPOSEES PAR DEFAUTS | Classe : 5 GELE


Cours de protection des installations électriques : PROTECTION DES TRANSFORMATEURS

Tout défaut entre les enroulements ou les connexions situés à l’intérieur du


transformateur et la cuve est ainsi détecté par un relais de courant alimenté par ce TC. Ce
relais envoie un ordre de déclenchement instantané aux disjoncteurs primaires et
secondaires du transformateur. Toute précaution doit être prise pour qu’un défaut sur les
circuits auxiliaires du transformateur n’entraîne pas le fonctionnement du relais (par
exemple, défaut d’isolement des moteurs de ventilation).

Figure 9: protection masse-cuve

III- APPAREILS DE PROTECTION : ETUDES ET


DIMENSIONNEMENT

III-1-ECLATEURS ET PARAFOUDRES

Un éclateur est un dispositif simple constitué de deux électrodes dans l’air. La


limitation de la tension aux bornes est effectuée par l’amorçage de l’intervalle d’air. Ce
mode de fonctionnement présente un certain nombre d’inconvénients :
 une forte dispersion du niveau d’amorçage en résulte, fonction des conditions
d’environnement (humidité, poussière, …) ;
 l’air présente un comportement « retard à l’amorçage » qui fait qu’une surtension
importante entraîne l’amorçage à une valeur crête notablement supérieure au
niveau de protection souhaité ;
 un courant de défaut à la terre apparaît lors de l’intervention de l’éclateur.

18 III- APPAREILS DE PROTECTION : ETUDES ET DIMENSIONNEMENT | Classe : 5 GELE


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Figure 10: comportement d’un éclateur sur front raide ; plus le dV/dt augmente, plus la surtension
atteinte est élevée

Les parafoudres quant à eux permettent de se débarrasser de certains


comportements néfastes des éclateurs car ils présentent un comportement réversible. Ce
sont des résistances fortement non linéaires qui présentent une diminution importante de
leur résistance interne au dessus d’une certaine valeur de la tension aux bornes ; le
phénomène de retard ici est inexistant. Ils sont d’habitude associés à un dispositif éclateur
en série capable de retenir le courant résiduel et de tenir la tension de service. Les
parafoudres les plus récents sont à l’oxyde de zinc ; ils sont très efficaces à cause de leur non
linéarité.

Figure 11: exemple de caractéristique d’un parafoudre à oxyde de zinc (ZnO) utilisable sur réseau
20kV, isolement 125 kV.

19 III- APPAREILS DE PROTECTION : ETUDES ET DIMENSIONNEMENT | Classe : 5 GELE


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III-2-fusibles et interrupteurs-fusibles

Dans les réseaux de tensions inférieures à 35 kV, il existe une multitude de postes
électriques dont le côté HT ou MT ne possède pas de disjoncteurs. A leur place, on dispose
des fusibles qui sont de simples dispositifs de commutation et de protection, jouant à la fois
le rôle du disjoncteur et de la protection par relais.
Les fusibles peuvent être associés à l’interrupteur-sectionneur ou bien équipés de
percuteurs pour assurer après le fonctionnement du fusible l’ouverture automatique de
l’interrupteur et empêchant ainsi la marche en biphasé ou monophasé.

Figure 12: exemple d’un fusible

CARACTERISTIQUES DES FUSIBLES

Un fusible est défini par :


 le courant assigné Irf ;
C’est la valeur du courant que le fusible peut supporter sans échauffement anormal.
 Le courant minimal de coupure I3 ;
C’est la valeur minimale du courant qui provoque la fusion et la coupure du fusible.
 Le pouvoir de coupure en coupure en court-circuit I1 ;
C’est le courant présumé maximal que le fusible peut interrompre. C’est valeur
maximale d’essai du fusible. Ce courant est très élevé : de 20 kA à 63 kA.
20 III- APPAREILS DE PROTECTION : ETUDES ET DIMENSIONNEMENT | Classe : 5 GELE
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 La résistance à froid du fusible ;


Elle est fournie par le constructeur du fusible.
Les règles de choix d’un fusible, exprimées par les constructeurs et dépendant de chaque
type, couvrent les critères suivants :
 La tension de service du transformateur ;
 Les courants d’enclenchement ;
 La possibilité généralement admise de surcharger temporairement un
transformateur ;
 La possibilité qu’un défaut soit éliminé e un temps suffisamment court ;
 Le respect de la sélectivité avec les protections ;

III-3-DISJONCTEURS ET ORGANE DE DECLENCHEMENT


ASSOCIES

Une des fonctions recherchées d’un disjoncteur est de déclencher lorsqu’un défaut
(court-circuit) survient. Par sa conception, un disjoncteur a une capacité limite à interrompre
un courant de forte intensité au-delà duquel il s’endommage ou se détruit.
Il est très important d’étudier le diagramme unifilaire d’une distribution avant de s’arrêter
sur le choix des disjoncteurs (calculs des courants de défaut).

1)- Fonctionnement
La coupure d’un courant électrique par un disjoncteur à haute tension est obtenue en
séparant des contacts dans un gaz (air, SF6 ou hexafluorure de soufre...) ou dans un milieu
isolant (par exemple le vide). Après séparation des contacts, le courant continue de circuler
dans le circuit à travers un arc électrique qui s’est établi entre les contacts du disjoncteur.

Figure 13: arc électrique entre les contacts d’un disjoncteur

21 III- APPAREILS DE PROTECTION : ETUDES ET DIMENSIONNEMENT | Classe : 5 GELE


Cours de protection des installations électriques : PROTECTION DES TRANSFORMATEURS

2)- Caractéristiques d’un disjoncteur

• Courant assigné In: valeur maximale du courant permanent que peut supporter le
disjoncteur.
• Courant de réglage Ir: courant maximal que peut supporter le disjoncteur, sans
déclenchement. Il peut être réglable de 0,7 In à In pour les déclencheurs thermiques, de 0,4 In à In
pour les déclencheurs électroniques.
• Courant de fonctionnement Im: courant qui provoque le déclenchement pour les fortes
surintensités. Il peut être fixe ou réglable et peut varier entre 1,5 In et 20 In.
• Pouvoir de coupure Icu ou Icn: plus grande intensité de courant de court-circuit (présumé)
qu'un disjoncteur peut interrompre sous une tension donnée. Il s'exprime en kA efficace. Icu est le
pouvoir de coupure ultime des disjoncteurs à usage industriels, Icn est le pouvoir de coupure
assigné des disjoncteurs à usage domestique. Ics est le pouvoir de coupure de service qui est un
pourcentage d'Icu.
• Pouvoir de limitation: c'est la capacité d'un disjoncteur à ne laisser passer qu'un courant
inférieur au courant de court-circuit présumé.

3)- Sélectivité d’un disjoncteur

La sélectivité consiste à ne déclencher que la protection proche du défaut, de minimiser la


partie de l’installation ou du réseau mis hors service. Dans l’application particulière de la
surveillance d’un transformateur, la sélectivité doit être recherchée vis-à-vis du disjoncteur amont
et, éventuellement, vis-à-vis des protections aval.
La figure suivante illustre les niveaux de courant de défaut dans une installation. On peut
constater que le niveau de court-circuit basse tension varie du seul fait de l’impédance des
conducteurs.

22 III- APPAREILS DE PROTECTION : ETUDES ET DIMENSIONNEMENT | Classe : 5 GELE


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Figure 14: impédances et courants de défauts – Un exemple d’installation.

III-4-RELAIS DE BUCHHOLZ

Ce relais est placé dans la conduite d’huile qui relie la cuve du transformateur au
conservateur d’huile. Il est sensible à tout mouvement de gaz ou d’huile. Si ce mouvement
est faible, il ferme un contact de signalisation : l’alarme de Buchholz. Par ailleurs, un ordre
de déclenchement est émis au moyen d’un autre contact se fermant en cas de mouvement
important. Ce relais est le seul dispositif qui permet de détecter les amorçages entre les
spires du transformateur produisant un dégagement de gaz.
Fonctionnement :
- Etat normal : Buchholz complètement rempli d’huile.
- Petit dégagement de gaz : le flotteur supérieur enclenche le contact de
signalisation (alarme).
- Fort dégagement de gaz : entraîne un déplacement d’huile, le clapet de choc
entraîne la mise hors circuit.
- Le niveau d’huile baisse : en premier temps, le flotteur supérieur commande
le contact de signalisation (alarme). Si le niveau d’huile continue à baisser, le
flotteur inférieur entraîne en second temps mise hors circuit.

23 III- APPAREILS DE PROTECTION : ETUDES ET DIMENSIONNEMENT | Classe : 5 GELE


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N.B : Le relais ne nécessite pas d’entretien particulier. Il est recommandé cependant


de vérifier le fonctionnement des flotteurs et des contacts d’alarme et de déclenchement à
intervalles réguliers.

Figure 15: Principe de fonctionnement du relais Buchholz

Figure 16: image d’un relais de Buchcholz

24 III- APPAREILS DE PROTECTION : ETUDES ET DIMENSIONNEMENT | Classe : 5 GELE


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III-5-ENTRETIEN PERIODIQUE DU TRANSFORMATEUR

Un programme d’inspection et d’entretien bien établi permet de réduire au


minimum les coupures de services et le coût de l’entretien. Il faudra observer bien entendu,
tous les jours, les conditions générales de l’appareil et de son fonctionnement. En outre, il
faudra organiser un contrôle périodique, en faisant particulièrement attention aux points
suivants :
 Lecture de la température :
La lecture de la température ambiante, celle de l’huile et celle des enroulements sera
faite et enregistrée à intervalles fréquents, de façon à pouvoir s’assurer que le
transformateur n’est pas entrain de travailler au delà de ses possibilités nominales.
 Niveau d’huile :
Veiller à ce que l’huile soit bien au niveau voulu. En cas de fuites éventuelles, ajouter
immédiatement de l’huile pour ne pas compromettre la bonne marche du transformateur.
 Rigidité diélectrique :
Contrôler régulièrement la rigidité de l’huile du transformateur. La fréquence de ces
contrôles dépendra des conditions climatiques de l’endroit où l’appareil est installé. Les
résultats obtenus seront attentivement enregistrés.
En outre, il est conseillé de faire l’analyse chimique de l’huile, au moins une fois tous
les deux ou trois ans pour pouvoir s’assurer que les caractéristiques de l’huile sont restés
dans les limites fixées par les normes.
 Valeur de la tension et de la charge :
Ces valeurs seront régulièrement enregistrées de façon à pouvoir mettre en évidence
les conditions d’une marche normale.
 Mise à la terre :
Pour une protection efficace, il faut disposer d’une bonne mise à la terre, à travers
une résistance de valeur peu élevée. Ainsi, il faut la contrôler très souvent pour éviter des
défauts qui peuvent se provenir.
 Relais Buchholz :
Contrôler souvent les relais Buchholz transformateur et Buchholz régleur pour être
certain qu’ils signalent, sans retard, toutes conditions anormales de marche du
transformateur.
 Parafoudres :
Il est de la plus grande importance de contrôler l’état de propreté des parafoudres
pour garantir l’efficacité de leur action protectrice à l’égard du transformateur.
 Installation de refroidissement :
Lorsque le réfrigérant comporte des thermomètres, contrôler les températures et les
enregistrer. On mettra ainsi en évidence toutes les conditions normales de fonctionnement
du système réfrigérant. Il faut pourvoir à un entretien convenable selon le type des
radiateurs utilisés (ONAF, OFAF, …).

25 III- APPAREILS DE PROTECTION : ETUDES ET DIMENSIONNEMENT | Classe : 5 GELE


Cours de protection des installations électriques : PROTECTION DES TRANSFORMATEURS

IV-INTRODUCTION A LA PROTECTION NUMERIQUE


DES TRANSFORMATEURS

Les 30 dernières années ont vu des changements importants dans la technologie des
protections. Les relais électromécaniques ont été remplacés dans l’offre des constructeurs
par des protections statiques puis numériques, chaque changement apportant une
diminution de taille et une augmentation des fonctionnalités. Dans le même temps, la
fiabilité a été maintenue ou accrue, et la disponibilité a augmenté grâce à la présence
d’autocontrôle non disponible sur les relais plus anciens. L’utilisation des techniques
numériques permet le développement de nouveaux algorithmes performants de protection.
Le tableau suivant est une étude comparative des techniques de protection analogiques et
numériques. Il se limite aux propriétés des signaux, à l’incidence d’une dégradation de
composants et aux techniques de mesure.

Tableau 3: comparaison des techniques analogiques et numériques

26 IV-INTRODUCTION A LA PROTECTION NUMERIQUE DES TRANSFORMATEURS | Classe : 5


GELE
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Figure 17: Organigramme de la protection numérique PXLN d’Areva-TD

27 IV-INTRODUCTION A LA PROTECTION NUMERIQUE DES TRANSFORMATEURS | Classe : 5


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V- ETUDE DE CAS : CAS DES TRANSFORMATEURS DE LA


CENTRALE THERMIQUE D’OYOMABANG

La protection des transformateurs haute tension, comme nous avons présenté plus
haut est une priorité dans les postes de transformation, car le transformateur est l’élément
moteur du poste.
Le poste d’interconnexion d’Oyomabang est donc considéré dans le cas présent comme le
cas sur lequel nous allons statuer.

V-1-PRESENTATION DU POSTE D’OYOMABANG

Le poste d’Oyomabang dispose de deux bancs transformateurs à trois enroulements


chacun qui sont connectés (primaire et secondaire) aux jeux de barres 225kv et 90kv via des
appareils de coupure (sectionneurs, disjoncteurs…).
Il est l’un des huit (08) postes de transformation qui dépendent de la Cellule régionale
d’exploitation des postes HTB centre sud.
En effet, ce poste a été conçu en 1984, et mis en service en 1987 par ERGIC. Il s’agit d’un
poste d’interconnexion qui reçoit de l’énergie d’Edéa 3 via NDJOCK-KONG, de Song-loulou
via Mangombé et enfin des centrales thermiques Oyomabang 1 et 2.
L’énergie reçue d’Edéa est injectée sur l’un des deux jeux de barres 90kv, et peut
directement être transitée sur chacun des autres départs.
L’énergie produite par la centrale thermique Oyomabang 1 à fuel lourd est d’abord élevée
de 15kv à 90kv, ensuite injectée sur le deuxième jeu de barres de façon à être utilisée.
La seconde centrale thermique (au gasoil) fournit à sa sortie une tension de 400v qui est
localement élevée en 15kv, ensuite ces 15kv sont élevés au même niveau que ceux produits
par la première centrale thermique afin d’être de nouveau transformé en 90kv. Notons que
cette centrale utilise donc une double transformation.

V-2-ELEMENTS UTILISES POUR LA PROTECTION DES


TRANSFORMATEURS

Pour protéger les transformateurs du poste d’interconnexion d’Oyomabang la quasi-


totalité des appareils conçus à cet effet ont été installés, bien qu’à des dates différentes.
Ainsi, les différents appareils utilisés dans ce poste ont été scindés en trois groupes qui
intègrent plusieurs catégories d’appareils de protection :
 Protection contre les surtensions venant de l’extérieure
Deux moyens de protection contre les surtensions sont exploités dans ce poste de manière
large : les éclateurs et les parafoudres.

28 V- ETUDE DE CAS : CAS DES TRANSFORMATEURS DE LA CENTRALE THERMIQUE


D’OYOMABANG | Classe : 5 GELE
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Ainsi l’association de ces deux moyens comme il est le plus souvent conseillé est d’une
efficacité inestimable.
 La protection contre les surcharges
Deux moyens sont également comme dans le cas précédent adoptés pour cette protection :
- Protection par mesure de courant
Elle est effectuée par des transformateurs de courant qui mesurent en temps réel le cour du
tronçon ciblé. Des relais y sont relié et envoient des signaux dans un automate qui peut
lorsque besoin s’impose commander le déclenchement du disjoncteur.
Cette mesure peut s’effectuer coté BT ou coté MT.
- La protection par mesure de température
Le contrôle de la température des enroulements est l’action la plus pertinente car c’est
la température qui génère le vieillissement des isolants.
Toutefois, les échauffements se produisant sur les parties sous tension, la mesure ne
peut généralement pas être effectuée directement sur ces points.
 La protection contre les courts-circuits
Dans ce cas précis, les transformateurs de courant, et puis les relais sont utilisés pour
mesurer les excès de courants et de passer le signal à l’automate de synchronisation.
L’automate quant à lui fonctionnera en commandant une ouverture du circuit lorsque les
limites préétablies seront dépassées.
Notons tout de même que le dispositif de coupure utilisé dans ce poste c’est le disjoncteur.
FONCTIONNEMENT DE LA PROTECTION
Le fonctionnement de la protection dans ce poste de transformation est considéré comme
automatisé, car elle veille sur elle-même. Les interventions humaines arrivent uniquement
lorsqu’il faut réactiver le fonctionnement ou lorsqu’il faut assurer le dépannage.
Comme nous l’avons si bien expliqué plus haut, les différents dispositifs placés dans le circuit
de protection jouent chacun un rôle spécifique. Mais la synchronisation de la protection
toute entière est centrée sur une protection numérique SEPAM 2000 C64 de MERLIN GERIN
qui est sensée commander l’ouverture et/ou la fermeture des appareils de coupure.
a) Les courts-circuits internes
La protection numérique utilisée opère comme suit :
Les défauts d’isolement entre deux conducteurs actifs pour le couplage triangle ou entre un
conducteur actif et le neutre pour un couplage étoile sont détectés par un maximum de
courant temporisé ANSI 51. Les réglages de courant et de temporisation doivent permettre
de fonctionner au courant maximum de la charge admissible.
Un courant maximal acceptable est donc programmé, et lorsque la valeur mesurée est
dangereuse, la protection détecte et commande le fonctionnement des appareils de
coupures.
b) La surcharge
La protection numérique les scinde en trois catégories pour assurer une sécurité totale :

29 V- ETUDE DE CAS : CAS DES TRANSFORMATEURS DE LA CENTRALE THERMIQUE


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 La tension d’alimentation, lorsqu’elle est élevée cause des surintensités de longue


durée. C’est donc une protection à maximum de tension (ANSI 59) qui, contrôlant la
tension du réseau nous permettra d’éviter ce défaut.
 Les courants harmoniques venant des batteries de condensateurs peuvent
également causer des surintensités de longue durée et provoquer un mauvais
fonctionnement du transformateur. Dans ce cas précis, le défaut est détecté soit par
image thermique (ANSI 49 RMS), soit par maximum de courant temporisé (ANSI 51)
qui tienne compte des fréquences des harmoniques concernées.
 La mise sous tension d’un banc de condensateur provoque parfois des surintensités
de courtes durées. Ces surintensités sont limitées en amplitude par l’installation
d’inductances de choc en série avec chaque gradin de condensateur.

30 V- ETUDE DE CAS : CAS DES TRANSFORMATEURS DE LA CENTRALE THERMIQUE


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Tableau 4: données techniques des transformateurs de la centrale d’Oyomabang 2

EQUIPEMENT TYPE DE FONCTION ANNEE ETAT OBSERVATION


PROTECTION

T 1 (THT) RMAH 200 NEUTRE 1986 MOYEN EQUIPEMENTS


225Kv ELECTROMECANIQUES

RMA 410 MASSE 1986 MOYEN


CUVE

RMAH 200 NEUTRE 90 1986 MOYEN


kV

AT 1 90 kV PAK 410 MAXI I 1986 MOYEN

TA 15 kV 250 RMAH 200 NEUTRE 15 1986 MOYEN


kVA kV

RMA 410 MASSE 1986 MOYEN


CUVE
Tableau 5: équipements et protections du poste d’Oyomabang THT/HT/MT

31 V- ETUDE DE CAS : CAS DES TRANSFORMATEURS DE LA CENTRALE THERMIQUE


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CONCLUSION GENERALE

Le choix concernant la protection des transformateurs est relativement complexe car


cela nécessite de prendre en compte un grand nombre de paramètres et plusieurs choix
techniques peuvent être retenus pour assurer un même type de protection.
L’utilisateur devra définir ses choix de protection en termes de politique d’exploitation et de
protection :
 Sécurité des personnes et des installations, ou manifestations extérieures en cas de
défaut,
 Continuité de service ou longévité des matériels,
 Coût d’investissement face aux probabilités de défaut.
Un processus itératif est nécessaire pour s’assurer de l’ensemble du dispositif :
transformateur+protections.
Le diagramme ci-dessous est un essai de processus itératif de choix de la protection des
transformateurs et la synthèse des différents cas et possibilités de protection des
transformateurs (cas des transformateurs MT/BT):

Figure 18: processus itératif du choix des protections d’un transformateur

32 CONCLUSION GENERALE | Classe : 5 GELE


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Tableau 6: tableau de synthèse des différents cas et possibilités de protection transformateur

33 CONCLUSION GENERALE | Classe : 5 GELE


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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

34 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES | Classe : 5 GELE

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