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Bourse: Sonatel, au-delà du

rendement

Au-delà de son chiffre d’affaires en croissance, la Sonatel présente des ratios moins
euphoriques.
Par Kouao Brice, École de la Bourse (Abidjan).

Le 25 Février 2019, le groupe SONATEL a publié son rapport d’activité 2018. Bien
qu’ayant franchi la barre des 1 000 milliards de chiffre d’affaires, la profitabilité de
l’opérateur télécom leader au Sénégal baisse. Dans l’article suivant, l’EDB (École de la
Bourse) vous propose un décryptage des performances du leader des télécoms.

UN CHIFFRE D’AFFAIRES EN HAUSSE DEPUIS 10 ANS

Un chiffre d’affaire de 1022 milliards FCFA en 2018 contre 973 milliards l’année
précédente, cela représente une hausse 5% par rapport à 2017. Le groupe présent dans 5
pays de l’UEMOA (Sénégal, Mali, Guinée, Guinée Bissau et Sierra Léone) bénéficie du

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bon développement de ces relais de croissance à savoir le Data Mobile (hausse de 41% des
revenus par rapport à 2017) et le Mobile Money (hausse de 36% des revenus par rapport à
2017). Sur les 10 dernières années, le groupe a quasiment doublé ses recettes comme le
montre le graphique ci-dessous.

Source : rapport d’activité Sonatel.

Des profits qui stagnent depuis cinq ans …

La hausse des revenus constatée sur les 10 dernières années n’a pas été répercutée de
façon similaire sur les profits. On constate une légère baisse des bénéfices de l’entreprise
depuis 2014 après un pic à 214 milliards et une stagnation du résultat d’exploitation sur la
même période comme le montre le graphique ci-dessous.

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Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette stagnation. Les activités traditionnelles de
l’entreprise (appels) sont entrées dans une phase de maturité sur ces plus grands marchés
comme le montre le graphique ci-dessous.

Ainsi l’entreprise dépense davantage dans des actions commerciales pour maintenir ses
parts de marché (bonus, jeux concours…) face à ses concurrents. Dans le meilleur des cas,
ces actions entrainent une hausse des revenus mais les profits qui en découlent sont grevés
par le coût de ces actions. Ainsi, au final, l’entreprise n’en retire qu’un profit faible voire
nul.

C’est la raison pour laquelle, toutes les sociétés en phase de maturité développent de
nouveaux domaines d’activités stratégiques. Dans le cas de la SONATEL, ces derniers
sont le Data mobile et le Mobile Money. Toutefois, à ce jour, l’entreprise n’a pas encore
communiqué sur la contribution de ses nouveaux business au profit global de la
compagnie.

UNE PROFITABILITE EN BAISSE

La hausse des revenus couplée à une stagnation des profits entraine une dégradation du
taux de marge. Dans le cas d’espèces, il est de 20% en 2018 contre 24% en 2016. Pour

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rappel, le taux de marge ou ratio de profitabilité mesure le part de profit contenu dans
100f de revenus. En 2018, le groupe SONATEL affiche son taux de marge le plus bas
depuis 10 ans (voir graphique ci-dessous).

Calcul de l’EDB sur la base des rapports 2009-2018.

UN RENDEMENT SUBVENTIONNÉ

Bien que le rendement proposé par la compagnie soit alléchant (7,5% sur la base d’un
cours à 20 000F), l’on note que cette rémunération est de plus en plus soutenue par un
prélèvement de réserves. De 2015 à 2019, l’entreprise a prélevé plus 83 milliards (voir
tableau ci-dessous) pour soutenir le niveau de dividende proposé à ses actionnaires.
Certes, SONATEL dispose encore de réserves importantes (412 milliards au 31/12/2018),
néanmoins, ces prélèvements confirment que le groupe ne gagne plus assez d’argent dans
son activité courante pour maintenir ce niveau de rendement.

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Prélèvement des réserves : le passé qui rémunère le présent ?

CONCLUSION GENERALE
Au-delà du rendement proposé, le géant ouest africain des télécoms présente un visage
moins reluisant que prévu avec
• des profits qui stagnent
• une profitabilité en baisse
• un rendement de plus en plus subventionné
Cette situation soulève la problématique de la croissance du capital via le titre
SONATEL.

Investir sur les marchés ACTIONS donne en principe la possibilité à l’intervenant


d’accéder à deux types de gains : la croissance de capital (via la plus-value) et un
rendement intéressant (via le dividende). La croissance de capital est subordonnée à
certaines conditions (non cumulatives) :
• une croissance soutenue des performances de l’entreprise
• une sous valorisation (excessive de préférence)
• des perspectives d’activités alléchantes
• une psychologie de marché favorable (croissance de court terme généralement)

En l’espèce, SONATEL est correctement valorisé actuellement (2019) si on s’appuie sur


les différentes travaux des SGI d’Abidjan et l’entreprise ne croit plus depuis 5 ans dans
son activité. Cela pourrait avoir pour conséquence une stagnation du cours de bourse à ces
niveaux actuels.

Cette stagnation du cours est peut-être déjà face à nous. A titre de comparaison, au cours
des 2 premières semaines de janvier 2014, l’action SONATEL cotait entre 20 000 et

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20500. A ce jour (mars 2019), elle s’échange en dessous de 20 000F. Autrement dit, au
cours des 5 dernières années, l’action SONATEL n’a plus progressé à la BRVM à l’instar
de l’entreprise SONATEL dans son activité.

Dans ces conditions, au-delà du rendement proposé par le groupe, nous nous interrogeons
sur sa capacité à permettre aux investisseurs de la BRVM d’accéder à davantage de gains
dans les années à venir. Affaire à suivre

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Sociétés concernée: SONATEL

Auteur: BRICE KOUAO

Source: Production originale

Date: 13 mars 2019

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Télécoms : La Sonatel réalise un
résultat net de 143,4 milliards de
FCFA au troisième trimestre 2019

Le groupe Sonatel (Société nationale des télécommunications du Sénégal) qui


comprend des filiales au Mali, en Guinée, en Guinée-Bissau et en Sierra Leone, a
réalisé au terme du troisième trimestre 2019 un résultat net de 143,4 milliards de
FCFA (215,100 millions d’euros), ont annoncé les dirigeants de cette société de
télécommunication basée à Dakar.

Par rapport au troisième trimestre 2018, ce résultat est cependant en repli de 9,9%. Les
responsables de cette société de téléphonie lient cette situation principalement à « la hausse
des charges d’intérêts sur les emprunts ».

Quant auchiffre d’affaires, il a augmenté de 57,4 milliards de FCFA, s’établissant à 820


milliards de FCFA durant la période sous revue. Cette évolution positive est perceptible au
niveau de tous les pays de présence de la Sonatel.

L’Ebitda (revenus avants intérêts, impôts et taxes et amortissements), a progressé de 2,4%,


se situant à 355,3 milliards de FCFA. De l’avis des dirigeants de la Sonatel, cet
accroissement est dû à l’amélioration de la marge directe même s’ils reconnaissent qu’il a
été annihilé par une hausse plus importante des charges indirectes autour des charges du
personnel et des taxes.

Le niveau des investissements de la Sonatel est resté soutenu, se situant à 156,3 milliards
de FCFA, soit une progression de 23,8% par rapport au troisième trimestre 2018. Sur ce
registre, les responsables de la Sonatel prévoient, dans le but de financer leur ambitieux
programme d’investissement, de lancer un emprunt obligataire durant le courant de l’année
2020. Ils n’ont pas cependant précisé le montant de cet emprunt. Le groupe Sonatel avait
fait l’objet d’une notation financière par l’agence WARA qui lui avait décerné la note de
long terme AA- avec une perspective stable.

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Concernant toujours les perspectives, les dirigeants de la société entendent faire en sorte
que la data mobile et Orange money continuent à renforcer leur contribution dans les
résultats du groupe. « Dans un souci d’améliorer nos trajectoires de rentabilité, un
programme de maitrise des couts sera mis en œuvre dans toutes nos filiales », avancent les
responsables de cette société de téléphonie. Ils ajoutent que face à l’arrivée de nouveaux
acteurs notamment sur le marché sénégalais, la Sonatel maintiendra sa stratégie axée sur la
valeur tout en améliorant la connectivité.

En perspectives pour le second semestre 2019, les dirigeants du groupe Sonatel entendent
continuer le renforcement de la contribution des relais de croissance notamment la data
mobile et les services financiers mobiles qui génèrent plus de 95% de la croissance des
revenus totaux.

A cela s’ajoute le développement du très haut débit Internet à travers toutes les technologies
fixes et mobiles. Le groupe veut ainsi participera à la transformation digitale et au
renforcement de sa contribution à l’émergence de l’économie numérique des pays où il est
présent.

« Le groupe poursuivra l’amélioration de la marge directe sous l’effet combiné de la hausse


des revenus retail (prépondérance des revenus data et Orange Money), de la baisse des coûts
d’interconnexion et d’une évolution maîtrisée des charges de reversements aux
distributeurs », avancent les responsables de la société de téléphonie.

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Télécoms : Sonatel en baisse au
premier semestre
Le résultat net consolidé du groupe Sonatel (Société nationale des télécommunications
du Sénégal) qui comprend des filiales au Mali, en Guinée, en Guinée-Bissau et en
Sierra Leone, a connu une baisse de 10,4% au semestre 2019 comparé au premier
semestre 2018, ont annoncé les dirigeants de cette société de télécommunication basée
à Dakar.

Ce résultat net est passé de 104,512 milliards de FCFA au 30 juin 2018 à 93,817 milliards
de FCFA au 30 juin 2019, soit une contraction de 10,695 milliards de FCFA. Les dirigeants
de la Sonatel justifient cette évolution négative « par l’augmentation des amortissements
(+4,4 milliards de FCFA) et des charges financières importantes respectivement consécutifs
au niveau soutenu des investissements et des concours bancaires pour faire face au besoin
de trésorerie ».

De l’avis toujours des responsables de la Sonatel, le niveau des investissements (98,3


milliards de FCFA) traduit l’orientation de renforcement de l’avantage stratégique sur la
connectivité très haut débit.

Quant au chiffre d’affaires, il est en hausse de 6,9% passant de 506,369 milliards de FCFA
au premier semestre 2018 à 541,996 milliards de FCFA durant la période sous revue.

Quant à l’Ebitda (revenus avants intérêts, impôts et taxes et amortissements), il a faiblement


évolué de 0,8%, se situant à 235,8 milliards de FCFA.

Au premier semestre 2019, la Sonatel a vu sa valeur ajoutée croitre faiblement de 1,85%, à


295,397 milliards de FCFA contre 290,031 milliards de FCFA au 30 juin 2018.

L’excédent brut d’exploitation a aussi légèrement régressé de 33 millions de FCFA à


235,261 milliards de FCFA. La même tendance baissière a caractérisé le résultat
d’exploitation qui passe de 159,080 milliards de FCFA au premier semestre 2018 à 157,426
milliards de FCFA un an plus tard (moins 1,03%).

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Le même constat est à faire concernant le résultat des activités ordinaires qui passe de
153,805 milliards de FCFA en 2018 à 143,676 milliards de FCFA en 2019.

Le free cash-flow est en régression de 19% avec un niveau de 137,5 milliards de FCFA.

En perspectives pour le second semestre 2019, les dirigeants du groupe Sonatel entendent
continuer le renforcement de la contribution des relais de croissance notamment la data
mobile et les services financiers mobiles qui génèrent plus de 95% de la croissance des
revenus totaux.

A cela s’ajoute le développement du très haut débit Internet à travers toutes les technologies
fixes et mobiles.

Le groupe veut ainsi participera à la transformation digitale et au renforcement de sa


contribution à l’émergence de l’économie numérique des pays où il est présent.

« Le groupe poursuivra l’amélioration de la marge directe sous l’effet combiné de la hausse


des revenus retail (prépondérance des revenus data et Orange Money), de la baisse des coûts
d’interconnexion et d’une évolution maîtrisée des charges de reversements aux
distributeurs », avancent les responsables de la société de téléphonie.

Albert Savana
Journaliste depuis 20 ans dans la presse économique africaine et auteur de plusieurs
enquêtes et reportages. A couvert plusieurs sommets de l’Union Africaine, de la
Commission économique africaine et de la Banque Africaine de Développement.

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