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El Hadji Gora NDIR

3 juillet 2014 à 22:35


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ANNEE ACADEMIQUE : 2013 2014

PLANNING ET COURS DE TERMINALE

PREMIER SEMESTRE

I-ESTHETIQUE DES GENRES

- La poésie : définitions, formes et orientations (textes, préfaces et poèmes)

- Etude du surréalisme (textes, poèmes et manifestes)

II-EXPRESSION ECRITE

- Rappel et révision de la dissertation

- Rappel et révision du commentaire suivi

DEUXIEME SEMESTRE

I-ESTHETIQUE DES GENRES

- Le roman : définitions, formes et orientations (textes, préfaces et théories)

- Le théâtre : définitions, formes et orientations (textes, préfaces et théories)

II-EXPRESSION ECRITE

- Rappel et révision du commentaire composé

- Rappel et révision du résumé

III-REVISION GENERALE

Email : gorandir3@gmail.com Tel : 77 365 15 96


ANNEE ACADEMIQUE : 2013 2014

CLASSE : TERMINALES L&S

Leçon I : ESTHETIQUE DES GENRES

CHAPITRE I : ETUDE DE LA POESIE

- Objectifs: Au terme de la leçon les élèves serons capables de :

-Identifier le genre poétique

-Identifier les sources de production de la poésie

-Identifier les formes et types de poésie

PLAN DU COURS

- INTRODUCTION

- I GENESE DE LA POESIE

1-Inspiration et révélation

2- Création et fabrication

- Typologie de la poésie

1-La poésie lyrique et épique

2-La poésie dramatique et didactique

- LES ORIENTATIONS DE LA POESIE

1-Les orientations sociales

2- Les orientations politiques et critiques

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3-Les orientations esthétiques

- CONCLUSION

INTRODUCTION

L’étude de la poésie n’est jamais facile et elle continue de montrer la


complexité du genre. En effet, tous les poètes, tous les critiques littéraires et
essayistes qui ont tenté d’élucider les conditions de naissance et de production de
la poésie ont butté sur des difficultés d’ordre conceptuel, de définitionnel ou
simplement d’originel. Chacun donne sa propre considération ou conception de la
poésie sans forcément convaincre car la poésie est si implexe qu’elle déroute. C’est
pourquoi, dans son ouvrage Tel quel, le grand théoricien de la poésie et non moins
poète, Paul Valéry écrit que « la plupart des hommes ont de la poésie une idée si
vague que ce vague même de leur idée est pour eux la définition de la
poésie ».Mieux, il ajoute que « la plus grande contrariété dans les opinions est
permise ».

Toutefois, malgré cette difficulté, les hommes ont réussi à agiter des idées pour
créer des repères par rapport à sa genèse, à sa typologie, à ses formes et ses
orientations.

I-GENESE DE LA POESIE

- 1-Inspiration et révélation

Autant la poésie est complexe autant sa genèse est objet de spéculations.


En effet, de l’Antiquité grec à l’ancienne Afrique en passant par la magie et la
mythologie, les hommes cherchent la naissance de la poésie aussi bien dans le
mystère que dans le génie propre de l’homme.

Selon les grecs, l’origine de la poésie est à retrouver dans la mythologie avec
la présence de messagères célestes qu’on appelle Muses. Ainsi, pour le poète
Hésiode (VIII-VII siècle avant J.C), elles sont des filles nées durant les neuves nuits
consécutives que le dieu suprême Zeus a passées avec la déesse de la
mémoire Mnémosyne. Aux nombres de neuf (9) ces filles-déesses assurent
chacune une mission qui lui est dévolue : Calliope est la muse de la poésie
épique, Clio celle de l’histoire, Euterpe celle de la poésie lyrique, thalie celle de la
comédie, Melpomène inspire la tragédie, Terpsichore donne le chant de choral et
la danse, Erato est muse de la poésie amoureuse alors que Polymnie amène les
hymnes et la poésie sacrée et enfin Uranie est la muse de l’astronomie.

Cette communauté d’immortels demeurait entre le mont Olympe et le mont


Hélicon où poètes et musiciens venaient chercher l’inspiration. Ces endroits étaient
bordés de fontaines sacrées notamment l’Aganippé et surtout l’Hippocrène qui

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coule sous les sabots de Pégase. D’ailleurs, le poète Hésiode décrit cette histoire
magnifique dans son œuvre la Théogonie :

Pour commencer, chantons les Muses héliconiennes, reines de


l’Hélicon, la grande et divine montagne. Souvent, autour de la source
aux eaux sombres et de l’autel du très puissant fils de Cronos, elles
dansent de leurs pieds délicats. Souvent aussi, après avoir lavé leur
tendre corps à l’eau du Parnasse ou de l’Hippocrène ou de l’Olmée
divin, elles ont, au sommet de l’Hélicon, formé des chœurs, beaux et
charmants, où ont voltigé leurs pas ; puis, elles s’éloignent, vêtues
d’épaisse brune, et, en cheminant dans la nuit, elles faisaient
entendre un merveilleux concert.

Cette analyse a le mérite de montrer que la poésie garde dans son essence,
une origine divine. Autrement dit, des facteurs surnaturels interviennent dans la
création poétique. Le poète ne fait que recevoir un message déjà moulé et qu’il ne
fait que restituer. Selon le Petit Robert, la poésie vient dans une « sorte de souffle
émanant d’un être surnaturel, qui apporterait aux hommes des conseils, des
révélations ». Il ajoute que « c’est un état mystique de l’âme sous cette impulsion
surnaturelle ».

Cette dimension mystique ou mystérieuse de la poésie révèle selon Platon, qu’il


ya « un troisième genre de possession et de délire, celui dont les Muses sont le
principe ». L’âme du poète est ainsi saisie et elle « plonge dans des transports qui
s’expriment en odes, en poésies diverses » dira Platon dans son Phèdre.

La poésie est donc un « don divin » qui se manifeste par une illumination. Le
poète écrit sous la dictée d’une inspiratrice. C’est-à-dire que le poète n’est qu’un
simple intermédiaire. C’est pourquoi Pierre de Ronsard estime que « ce sont les
seuls interprètent/des vrais dieux que les poètes ». Son aisance verbale montre
que ses idées coulent comme l’eau d’une source. Il s’épanche « comme la
gargouille d’une fontaine, sans ruminer, sans peser » nous dit Montaigne. Cette
particularité divine de l’inspiration est confirmée parFlaubert qui tente de justifier
la façon dont il avait écrit un de ses romans : « je sentais comme une fontaine de
miséricorde qui s’épanchait du haut du ciel dans mon cœur ».

Donc, la poésie est née de l’inspiration qui se manifeste souvent par un délire,
par une possession, par une hallucination ou par une simple illumination.

Cependant, l’origine de la poésie ne peut elle pas se trouver dans le génie de


l’homme ?

- 2-Création et fabrication

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La poésie ne peut pas avoir uniquement une origine divine. Elle est en effet
un art qui peut être façonné par l’homme sans une intervention d’éléments
surnaturels. Dès lors, l’inspiration est récusée par certains qui la considèrent
comme une facilité. Ceux là estiment que la création poétique vient d’un travail
sérieux, ingénieux et rigoureux. C’est dans ce sillage que Vladimir Vladimirovitch
Maiakovski pense que « la poésie, c’est comme le radium ; pour en obtenir un
gramme, il faut des années d’effort ».

Cet effort nécessaire à la création poétique pousse Paul Verlaine à ironiser


les partisans de l’inspiration en écrivant : « Ah ! L’inspiration, on l’invoque à seize
ans ! Ce qu’il nous faut à nous, les suprêmes poètes ! C’est l’obstination et c’est la
volonté ».

La poésie est donc une entreprise personnelle qui consiste à mettre en avant
la dextérité et la créativité de l’artiste-poète. Ce dernier devient un véritable
« inventeur » qui pétrit le langage ordinaire pour le rendre sublime et charmant. Il
prend les habits de l’alchimiste et exerce sa science sur le « verbe » et sur le
discours. Cette capacité à inventer pousseRimbaud en dire dans Une saison en
Enfer : « j’inventais la couleur des voyelles (…) je réglais la forme et le mouvement
de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattais d’inventer un
verbe poétique accessible à tous les sens ».

Le poète est sous ce rapport un créateur qui se soucie de la beauté de son


œuvre, de la magnificence de son langage. Il devient un tailleur du verbe et du
langage afin de rendre ce dernier fin et sublime : « sculpte, lime, cisèle…l’œuvre
sort plus belle/ d’une forme au travail rebelle » dira Théophile Gautier. Cette
capacité à violenter le langage lui permet de le purifier à sa façon car « chaque
poète se taille un langage dans le langage comme s’il découpait un étendard dans
le parquet de l’univers, un tapis volant, un autre monde, un Mexique, un lexique.
Mais c’est l’ensemble du langage ainsi, qu’il pervertit, déroute, exalte et restitue. »
Pense Jacques Audiberti dans La jeunesse poésie et ses harmoniques.

C’est d’ailleurs dans ce processus de création que le poète donne à son texte
les allures de musique. Il stylise ainsi une harmonie et une mélodie qui envoutent
le lecteur en l’évadant dans des transports indescriptibles. C’est
pourquoi Verlaine dit : « de la musique avant toute chose/ et pour cela préfère
l’impair/ plus vague et plus soluble dans l’air ».

Cette composition musicale dans la poésie qui donne au poète les talents du
musicien est confirmée par le poète africain Léopold Sédar Senghor qui estime que
« la poésie est comme une partition de jazz » avant d’ajouter « la poésie est chant
sinon musique ».

Le poète est donc artiste ou artisan du vers. Il le transforme ou le pétrit pour


en faire une œuvre d’art. Charles Baudelaire va dans le même sens quand il dit :

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O vous, soyez témoins que j’ai fait mon devoir

Comme un parfait chimiste et comme une âme sainte

Car j’ai de chaque chose extrait la quintessence

Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or.

La réalisation de ce travail passe nécessairement par une rigueur qui allie


écriture et ratures, polissage et dosage comme le conseille Boileau dans son Art
poétique : « Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage/ polissez le sans cesse
et repolissez /Ajoutez quelquefois, et souvent effacez ».

En définitive, la poésie suscite un débat intéressant qui porte sur ses origines.
Si certains cherchent ses sources à coté des muses et des phénomènes célestes,
d’autres trouvent son origine dans le génie propre de l’homme. Car ce dernier use
de son intelligence et de sa créativité pour fabriquer la poésie. C’est pourquoi Paul
Valéry synthèse en disant : « les dieux, gracieusement nous donnent pour rien tel
premier vers ; c’est à nous de façonner le second, qui doit consonner avec l’autre,
il ne peut pas être indigne de son ainé surnaturel ».

II-LA TYPOLOGIE DE LA POESIE

Il existe plusieurs types de poésies qui se détectent à travers certaines lectures.

- 1- La poésie épique et lyrique

La poésie épique met en avant les aspects héroïques d’un personnage


légendaire. Cette poésie prend les allures d’une glorification en mettant en lumière
l’histoire d’un héros pour montrer le rôle qu’il a joué dans la société ( La chanson
de Roland, La khassaida d’El hadji Omar, Chaka de Léopold Sédar Senghor, La
légende des siècles de Victor Hugo).

La poésie lyrique est une véritable effusion des sentiments éveillée par la joie
ou le malheur. C’est une exaltation de l’émotion et des sensations. C’est la peinture
du « moi » telle que conçue par les romantiques, par les poètes noirs
comme Damas dans Pigments et Senghor dans Chants d’ombre.

- 2-La poésie dramatique et didactique

Elles sont toutes les deux la particularité de s’intéresser aux questions


d’éducation et d’instruction.

La poésie dramatique épouse les formes d’une pièce de théâtre. Elle renferme
des dialogues, des actes ou tableaux entre autres. C’est l’exemple de la poésie
classique (Corneille, Racine, Molière…)

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La poésie didactique insiste principalement sur l’éducation et la
conscientisation. Elle développe les thèmes relatifs à la sagesse, à la bonne
conduite…

III-LES FONCTIONS DE LA POESIE

La poésie a plusieurs fonctions :

-La fonction ludique : elle est relative à l’épanouissement que la poésie


procure aussi bien au poète qu’aux lecteurs. Elle correspond à une véritable
jouissance réveillée par des émotions et des sensations fortes qui excitent le
poète. Mieux, la fonction ludique crée l’évasion à travers les rêves et rêveries
que réveille la lecture d’un poème plein de charme.

La fonction ludique soulage les individus et même le poète. C’est le cas


des poètes romantiques qui ont fait de la poésie une véritable délectation. On
peut citer en guise d’exemples Les méditations
poétiques de Lamartine et Les contemplations de Victor Hugo. En outre le
soulage peut se faire par rapport à la solitude et à l’angoisse comme le fait
Senghor dans son recueil Chants d’ombre. En effet, le poète sénégalais y
adoucie sa solitude et sa nostalgie à travers un pèlerinage au cœur du royaume
d’enfance.

-La fonction didactique : le poète assigne à la poésie une mission


d’éducation afin de transmettre à l’homme les valeurs essentielles. Elle répand
sous ce rapport les valeurs de bonne conduite, de sagesse, d’éthique et de
vertu entre autres. C’est le cas de la poésie épique qui délivre des leçons de
courage, de générosité et d’humanisme : Chaka deLéopold Sédar
Senghor, souffle de Birago Diop, la chanson de Roland, la
khassaida d’Elhadji Omar…

La poésie didactique est donc une poésie de formation, d’éducation et


d’instruction qui cherche à construire un homme sensible aux valeurs
humanistes.

-La fonction satirique : c’est une poésie basée sur la caricature et la


critique violente d’un individu ou d’un système. Elle diabolise et déshumanise
l’adversaire aux yeux des autres. Cette poésie est utilisée par Hugo dans les
Châtiments quand il qualifie Napoléon de « petit et de nain » et quand il
emploie une métaphore animale pour évoquer son règne : « j’écraserai de mon
pieds gauche l’antre et la bête empire et l’empereur ».

La même technique est connue par les auteurs de la négritude


surtout David Diop qui considère les colons comme des « vautours ».

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-La fonction politique : elle fait du poète un militant actif qui épouse les
idées ou les idéaux d’un mouvement ou d’un système. Autrement dit, la poésie
joue le rôle de propagande pour obliger des citoyens à adhérer à une cause
nationale ou partisane. Les poètes de la négritude ont eu à jouer ce rôle quand
leur mouvement a pris des allures politiques. Le poète se porte « flambeau »
de son peuple pour l’aider à se faire une bonne place dans le concert des
nations : « notre noblesse nouvelle est non de dominer notre peuple mais
d’être son rythme et son cœur, non la tête du peuple mais bien sa bouche et sa
trompette » dit Senghor. Ce que Césaire renchérit par « ma bouche sera la
bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix la liberté de celles qui
s’affaissent au cachot du désespoir ».

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ANNEE ACADEMIQUE : 2013 2014

CLASSES: Tles L&S

Leçon II : ETUDE D’UN COURANT LITTERAIRE

CHAPITRE I : LE SURREALISME

- Objectifs: Au terme de la leçon les élèves serons capables de :

-Identifier le contexte historique du mouvement

-Identifier les fondements du surréalisme

-d’exposer sur le courants et regrouper des idées pour disserter

PLAN DU COURS

- INTRODUCTION

- I- HISTORIQUE ET DEFINITION

- LES PRINCIPES THEORIQUES ET ESTHETQUES

- CONCLUSION

INTRODUCTION

Le XX siècle est une période marquée par les remous sociopolitiques et les
conséquences de la guerre. Cette situation a fortement hanté et traumatisé la
conscience de plusieurs générations à travers le monde : de l’Europe à l’Afrique en
passant par l’Asie et l’Amérique. C’est ainsi que certaines générations décident de
se faire entendre et de se faire comprendre pour mieux affirmer leur désaccord par
rapport aux conceptions politiques, idéologiques et littéraires du siècle.

Le surréalisme surgit dans ce contexte de remue-ménage en espérant faire le


ménage de tous les systèmes archaïques qui sont en contradiction avec leurs
aspirations. Aussi est il important d’analyser le contexte historique en relation avec

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les définitions agitées, avant de cerner les principes théoriques et esthétiques du
surréalisme.

I-HISTORIQUE ET DEFINITION

Le XX siècle est évidement marqué par les deux guerres mondiales qui ont
ébranlé toute la planète. Aucun continent n’est épargné et tous les pays sont
directement ou indirectement impliqués. Dès lors, toutes les structures
sociopolitiques s’effritent ; les modes de pensées artistiques et philosophiques se
troublent à cause des vents de révoltes énormes. On assiste ainsi à la faillite et à
l’effondrement de la civilisation qui devient « mortelle » et monstrueuse. C’est cette
situation « grave » que Paul Valéry décrit dans son ouvrageLa Crise de
l’esprit publié en 1919 :

Il y a des milliers de jeunes écrivains et de jeunes artistes qui sont morts ; il


y a l’illusion perdue d’une culture européenne et la démonstration de
l’impuissance de la connaissance à sauver quoi que ce soit ; il y a la science
atteinte mortellement et comme déshonorée par la cruauté de ses
applications ; il y a l’idéalisme difficilement vainqueur, profondément
meurtri… , le réalisme déçu, battu, accablé de crimes et de fautes, la
convoitise et le renoncement également bafoués, les croyances confondues
dans les temps, croix contre croix, croissant contre croissant, il y a les
sceptiques eux-mêmes désarçonnés par des événements si soudains, si
violents, si émouvants et qui jouent avec nos pensées comme le chat avec
la souris, les sceptiques perdent leurs doutes, les retrouvent, les perdent…

Ces troubles constituent le contexte dans lequel est né le surréalisme. Il devient


un mouvement de pensée qui secoue toute la France et refuse du coup toutes les
valeurs sur lesquelles est bâtie toute l’organisation sociale, politique, artistique et
philosophique de l’Europe. En effet, animé par des jeunes audacieux, outranciers
et prétentieux, le surréalisme mène une « guerre » sans précédente contre le
système traditionnel rétrograde et désuet. Il prend sous ce rapport un sens tout à
fait nouveau axé sur une conception originale.

Par ailleurs, il est bon de rappeler que le surréalisme est un mouvement


révolutionnaire qui, en réalité, a vu le jour des cendres du Dadaïsme. Ce dernier
est né en 1916 à Zurich et fondé par Tristan Tzara.

Le Dadaïsme se veut à la fois un courant insolant et violant qui souhait


acquérir la liberté dans le désordre et la destruction. Le mouvement dada regroupe
en effet des jeunes artistes et poètes qui voient en la guerre l’effondrement et
l’écroulement de toutes les valeurs et l’échec des élites. C’est dans ce sillage
que Tzara fait une déclaration acerbe qui rejette tous les fondements
organisationnels et existentiels : « plus de peinture, plus de littérature, plus de
sculpteur(…)plus de royalistes, plus d’impérialistes, plus d’anarchiste(…) plus de

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démocrates, plus de bourgeois(…) assez de toutes ces imbécilités plus rien plus
rien plus rien ».

Le Dadaïsme est donc un « vent furieux » soufflé par des révolutionnaires


qui pensent une possible transformation du monde. C’est pourquoi la
transcendance et la transgression des valeurs systématiques deviennent le
soubassement de leur lutte.

Le surréalisme prend son envol dans cette effervescence anarchique. Il hérite


cette fièvre arrogante et destructrice vers 1917. C’est à cette période en effet
qu’André Breton et ses amis Philippe Soupault, Paul Eluard, Louis Aragon,
Benjamin Péret entre autres ont décidé d’opposer un refus systématique contre les
valeurs traditionnelles qui portaient sur « toute la série des obligations
intellectuelles, morales et sociales, que de tout côté et depuis toujours nous voyions
peser sur l’homme » dit Breton.

Le surréalisme peut être défini sous ce rapport comme une philosophie toute
nouvelle qui se démarque de toutes les anciennes conceptions qui ont ébranlé le
XX siècle. On a eu à le définir comme « un refus des modes de penser et de
sentir de l’humanisme traditionnel » pour retrouver la sincérité et pour échapper
à « l’influence déformatrice de la raison ».Robert Bréchon estime que le
surréalisme propose « un bouleversement des idées, des images, des mythes, des
habitudes mentales qui conditionnent à la fois la connaissance que nous avons de
nous-mêmes et du monde et notre engagement dans ce monde ».

Le surréalisme se défini donc par rapport au Dadaïsme et par rapport à


l’émancipation d’une jeunesse qui voit dans la transgression des valeurs un moyen
de survie et d’existence historique. A cela s’ajoutent des théories solides et une
esthétique complexe.

II-LES PRINCIPES THEORIQUES ET ESTHETIQUES

Les fondements du surréalisme s’inscrivent dans une logique de refus et de


contestation. Ainsi, un des principes de base est le rejet des valeurs traditionnelles
et conventions esthétiques nées depuis le siècle classique. Ils contestent les
principes fondés sur la « Raison » et veulent explorer la profondeur des zones
« inconnues ». Guillaume Apollinaire dira dans ses Calligrammes notamment
dans le poème « Les collines » :

Profondeur de la consciente

On vous explora demain

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Et qui sait quels êtres vivants

Seront tirés de ces abimes

Avec des univers entiers.

Les surréalistes brisent les considérations rationnelles pour concevoir une


nouvelle façon de penser et surtout d’écrire dénommée écriture
automatique définie par Bretoncomme :

Un automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer,


soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le
fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée en l’absence
de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute
préoccupation esthétique ou morale.

Cela signifie que l’entreprise surréaliste se détourne de la logique et projette


sonder l’inconscience et l’imaginaire. Car les surréalistes pensent le vrai sens de
l’existence se trouve au fond soi-même. André Breton le confirme dans Le second
Manifeste du Surréalisme publié en 1930 :

L’idée de surréalisme tend simplement à la récupération totale de


notre force psychique par un moyen qui n’est autre que la descente
vertigineuse en nous, l’illumination systématique des lieux cachés et
l’obscurantisme progressif des autres lieux, la promenade perpétuelle
en pleine zone interdite et son activité ne court aucune chance de
prendre fin tant que l’homme parviendra à distinguer un animal d’une
flamme ou d’une pierre.

Cette idée n’est que le prolongement de ce qu’il avait annoncé dans Le


premier Manifeste du Surréalisme publié en 1924 dans lequel il situe le
surréalisme au dessus de toutes les réalités. Il devient l’expression d’un psychisme
libéré de toute norme, de toute convention et de tout dogme. Il surfe ainsi sur
l’imaginaire, sur le rêve et sur le merveilleux. Ainsi, sur le plan esthétique, pour
réussir cette déconnection du réel, Breton propose : « écrivez vite sans sujet
préconçu, assez vite pour ne retenir et ne pas être tenté de vous relire ». Mieux la
démarche poétique devient « une démarche démentielle de maturation qui s’opère
sous l’impulsion démentielle de l’imagination » comme pense Aimé Césaire.

CONCLUSION

LE Surréalisme est en définitive un courant révolutionnaire avec une démarche


toute nouvelle et originale au terme de laquelle la pensée se libère de toutes les

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contraintes. Les thèmes qui matérialisent cette entreprise sont entre autres la
révolte, le rêve, l’amour, la folie…

CITATIONS

Ferdinand Alquié in Philosophie du Surréalisme 1955 : « avant tout


développement critique, toute réflexion sur lui-même, le surréalisme nous propose
d’exister, et projette l’existence en une sorte d’au –delà de la vie naturelle, au-delà
pourtant immanent à elle, non postérieur à elle, et semblant se découvrir à qui veut
saisir le monde sous l’aspect merveilleux ».

Aimé Césaire « la démarche poétique est une démarche de maturation qui


s’opère sous l’impulsion démentielle de l’imagination ».

Breton dans le Premier Manifeste du Surréalisme : « le surréalisme repose sur


la croyance à une réalité supérieure de certaines formes d’associations négligées
jusqu’à lui, à la toute puissance du rêvé, au jeu désintéressé de la pensée. Il tend
à ruiner définitivement tous les autres mécanismes psychiques et à se substituer
à eux dans la résolution des principaux problèmes de la vie ».

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ANNEE ACADEMIQUE : 2013 2014

CLASSE : TERMINALES L&S

Leçon I : ESTHETIQUE DES GENRES

CHAPITRE I : ETUDE DU ROMAN

- Objectifs: Au terme de la leçon les élèves serons capables de :

-Identifier le genre romanesque

-Identifier les caractéristiques du roman

-Identifier les différentes formes de roman

- Les fonctions du roman

PLAN DU COURS

- INTRODUCTION

- I-HISTORIQUE ET DEFINITION

- II-LES DIFFERENTES FORMES DE ROMAN

- LES CARACTERISTIQUES DU ROMAN

- IV-LES FONCTIONS DU ROMAN

- CONCLUSION

INTRODUCTION

Le roman est devenu aujourd’hui un genre très intéressant et un peu complexe.


Il est en effet la forme d’expression la plus lue et peut-être la plus répandue dans
le monde. Il a des formes et des caractéristiques internes qui se tissent et
s’entrelacent souvent. Sans oublier ses liens historiques avec d’autres genres tels
que le conte, la nouvelle et le théâtre entre autres et les interférences d’autres
types de textes qui viennent renforcer la complexité du genre.

Il est toutefois important d’avoir un aperçu sur ses origines et une approche
sur sa définition pour saisir toute sa spécificité et son originalité par rapport aux
autres genres littéraires. Mieux, l’étude de ses différentes formes permettra
d’examiner son fond et ses orientations.

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I-HISTORIQUE ET DEFINITION

Le substantif « roman » vient du latin vulgaire « romanz » au XII siècle et


« roman » au XIII siècle. Il signifie en langue romane un récit, généralement en
vers.

Au moyen Age ces récits s’étalaient sur la vie des chevaliers et s’apparentent
ainsi au conte. Ainsi, certains textes fondamentaux mettent en lumière les
prémices du genre narratif : La chanson de Roland, Tristan et Iseut, Le roman de
Renard et le roman du Graal entre autres.

Au XVI siècle les œuvres narratives de Rabelais sont souvent considérées


comme des contes. En effet, les portraits de Pantagruel et de Gargantua sont
dignes des personnages de fable.

C’est au XVII siècle que le roman prend se forme volumineuse et son histoire
fleuve qui s’approche tant soit peu de la réalité.

Au XVIII siècle le roman décline ses ambitions en passant évoqué la vérité.


En tout cas Rousseau et Voltaire lui assignent cette mission ; le premier dans
ses Confessions et les second dans ses contes philosophiques.

Il faut attendre donc le XIX siècle pour assister au triomphe et à la démarcation


totale du roman. Car il devient thématiquement et esthétiquement plus cernable.
Le roman devient sous ce rapport un genre qui se définit par son sujet, sa
composition et ses personnages.

Par ailleurs, par définition, le roman est considéré comme une histoire racontée,
un récit qui met en valeur des personnages et un fait représentés dans un temps
et dans un espace. Selon Le Robert c’est une « œuvre d’imagination en prose qui
présente des personnages donnés comme réels, dans leur psychologie, leur
destin, leurs aventures ».

Cela veut dire que le roman est une fiction qui s’inspire de la réalité ou
transfigure le réel. Il est donc « l’illusion du réel » comme dit Maupassant. Le
romancier est sous ce rapport comme un Dieu dans sa capacité à inventer tout un
univers où évoluent des êtres remplissant un destin. C’est pourquoi François
Mauriac dit : « le romancier est, de tous les hommes, celui qui ressemble le plus à
Dieu : il est le singe de Dieu ».

II-LES DIFFERENTES FORMES DE ROMAN

Le roman n’est pas uniforme ; il apparait sous plusieurs facettes :

-Le roman d’analyse : il examine les attitudes des personnages pour


comprendre le mobile de leurs actes. C’est un roman psychologique qui pénètre la
conscience des personnages pour cerner le déterminisme qui les font évoluer. Il

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analyse également les faits de la société à travers les différents comportements
des personnages. (Exples : Une si longue lettre de Mariama Ba, Nini la
mulâtresse du Sénégal de Abdoulaye Sadji,…)

-Le roman d’aventure : il est plein de péripéties liées à la trajectoire du héros.


Celui-ci se lance dans une histoire complexes, difficiles sans cesse renouvelable
ou se trouve dans des missions impossibles. C’est le cas des romans policiers
(Exples : La vie en spirale de Abasse Ndione, Le jour et la nuit d’omar Sankaré)

-Le roman de mœurs : il décrit un milieu social avec ses réalités culturelles,
sociales et politiques les plus profondes et les plus exigeantes. Il montre souvent
le personnage principal conditionné par des normes sociétales justes ou injustes (
Exples : Le père Goriot de Balzac, Sous l’orage de Seydou
Bodian, Maimouna de Abdoulaye Sadji…)

-Le roman historique : il met en scène un personnage ou un univers qui a


réellement existé dans l’histoire. Il est en outre marqué par des dates et des
événements repérables historiquement. (Exples : Soundjata ou l’épopée
mandingue de Djibril Tamsir Niane, Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas)

-Le roman autobiographique : c’est une œuvre qui dessine l’itinéraire de


l’auteur qui narre sa propre histoire depuis son enfance jusqu’à sa prise de
conscience. (Exples : L’enfant noir de Camara Laye, Les Confessions de Jean-
Jacques Rousseau, Le Baobab fou de Ken Bugul)

III-LES CARACTERISTIQUES DU ROMAN

1- Le discours narratif : il est le fondement du récit. Il raconte, par la


voix d’un narrateur, des événements, réels ou imaginaires ; c’est-à-dire une
suite de faits ou d’actions qui se succèdent dans un certain ordre et qui
mettent en scène, dans un cadre spatio-temporel, des personnages.

2- Le cadre spatio-temporel : une action, une histoire se déroule


toujours dans des lieux et à des époques qui sont plus ou moins précisés.

3- Les personnages : par leurs actions, leurs intentions et leurs rôles,


ils font progresser l’histoire. Les personnages se caractérisent par une
identité (prénom, nom, surnom), un portrait (physique et moral), une
langue qui montre son milieu socioculturel, socioprofessionnel, ses
relations, les valeurs auxquelles il croit.

4- Le schéma actantiel : le sujet ( héros qui a un but qu’il tente


d’accomplir), l’objet ( ce qui est désiré, visé par le sujet ; le ut de l’action), le
destinateur ( bénéficiaire de l’action, a qui est destiné l’objet recherché par
le sujet), le destinateur ( force qui fait agir le sujet, l’envie en mission à la
recherche de l’objet), l’adjuvent ( force qui aide le sujet à remplir sa

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mission, à trouver l’objet), l’opposant (force qui dresse des obstacles pour
empêcher le sujet d’atteindre son but).

5- Le narrateur : un narrateur anonyme, omniscient (qui sait tout) et


extérieur à l’action, raconte l’histoire. En général, il s’efface et rapporte les
événements à la troisième. Un narrateur peut-être également un narrateur-
personnage, au savoir limité, rapporte les événements à la première
personne. Il peut manifester sa présence, en tant que héros ou personnage
principal, ou au contraire s’effacer pour être un simple témoin.

III-LES FONCTIONS DU ROMAN

Le roman joue plusieurs fonctions dans la société. Les lecteurs lisent les
romans pour y découvrir

1- La fonction ludique : elle donne au roman l’occasion d’assouvir


les désirs d’évasion du lecteur. Ce dernier se distrait et comble sa solitude
en lisant les romans. Il s’épanouit dans le monde fabuleux créé par le
romancier. Selon Albert Thibaudet : « les lecteurs de roman ne demandent
au roman qu’une distraction, un rafraichissement, un repos de la vie
courante ».

2- La fonction didactique : elle assigne à l’œuvre romanesque une


mission instructive et éducative. Autrement dit, les lecteurs découvrent à
travers le roman les meilleures façons de s’orienter, de bien se comporter
et se conduire. C’est conscient de ce rôle que Claude Roy écrit : « avant
d’être une fable ou un passe-temps, un document ou une simulation du vrai,
le roman est une leçon de conduite ».

3- La fonction critique : c’est le rôle engagé du roman. Elle s’investit


dans la société pour monter les vices, fustiger les injustices et défendre les
causes des peuples : Les bouts de bois de Dieu de Sembène Ousmane,
Le vieux nègre et la médaille de Ferdinand Oyono, Le père
Goriot de Balzac. Albert Camus dit en ce sens : « le monde romanesque,
ce n’est que la correction de ce monde-ci suivant le désir profond de
l’homme ».

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EXPLOITATION DES SUJETS DE DISSERTATION

SUJET : « La lecture déforme la conscience du lecteur et le plonge dans le


mensonge ».

Discutez.

INTRODUCTION

Dans sa quête d’épanouissement, l’homme s’intéresse à la lecture pour se


détendre ou apprendre. Elle est toutefois mal appréciée par certains qui estiment
que la lecture est un moyen efficace qui détourne sensiblement le lecteur de la
bonne trajectoire de l’existence. C’est dans cette perspective que l’on affirme : « la
lecture déforme la conscience du lecteur et le plonge dans le mensonge ». Cela
signifie en d’autres termes que la lecture déroute et entraine l’individu dans les
illusions.

Aussi s’agira-t-il de voir l’impact négatif de la lecture avant de cerner son


importance.

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DEVELOPPEMENT

THESE : La lecture introduit le lecteur dans le monde de la fable dans lequel il vit
sensiblement de vives illusions, de fausses vérités. En effet, toute sa lecture n’est
qu’une simple impression qui crée une confusion entre le réel et l’irréel qui entraine
une déformation de la perception des choses. En d’autres termes, le lecteur est
ombragé davantage par le flot et le flou d’informations qu’il reçoit sans
discernement. C’est cette situation que Flaubert a voulu peindre dans son
roman Madame Bovary à travers le personnage rêveur de son héroïne Emma
BOVARY. Car cette femme s’est laissé emporter par ses fantasmes nourris par
ses lectures galantes et passionnantes. Mieux, les lectures d’Emma n’étaient que
« amours, amants, amantes » entres autres qui finissent par la plonger dans le
malheur.

La lecture ne crée pas uniquement des illusions, elle est aussi un facteur de
blocage. Elle encombre donc l’esprit en créant un problème d’analyse et étouffe
souvent la réflexion. C’est pourquoi dans son livre intitulé Le joueur de
croquet, Herbert Georges Wells affirme : « la lecture encombre la mémoire et
empêche de penser ».

La lecture est une affabulation pure car l’univers des romans et des contes
entre autre est fortement marqué par la fiction. Univers souvent enchanté et
idyllique, il entraine le lecteur dans une évasion totale où tout est possible. C’est ce
que l’on trouve dans la paralittérature notamment les romans roses, les romans
policiers et les romans noirs.

La lecture a donc une puissance déformatrice qui brouille rapidement l’esprit


du lecteur et l’introduit profondément dans le monde chimérique.

Cependant la lecture ne peut-elle pas avoir des fonctions plus importantes ?

ANTITHES : La lecture est un moyen très important parce qu’elle garde à la fois
une fonction ludique et didactique.

La fonction didactique insiste sur la possibilité de l’homme de s’éduquer de


s’instruire. Autrement dit, elle enseigne des valeurs essentielles relatives à notre
mode d’existence. Notamment des valeurs de sagesse, de vertu, d’éthique et de
bonne conduite. C’est tout le sens des Contes et des Nouveaux contes d’Amadou
Koumba de Birago Diop. Cela est d’autant plus vrai que les hommes apprennent
énormément de grandes choses dans les livres comme le savoir et la science entre
autres. C’est dans cet ordre d’idées que Franklin Roosevelt écrit : « les livres sont
la lumière qui guide la civilisation ». Mieux, la lecture est un véritable espace de
commerce social. Elle facilite le dialogue et par conséquent une transmission
directe de connaissance. C’est dans ce sillage que René Descartes estime,

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dans le Discours de la méthode, que «la lecture de tous les bons livres est comme
une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés ».

De même, la lecture assure une fonction ludique qui agit beaucoup plus sur les
sens. En effet, à travers la lecture, le lecteur éprouve des émotions fortes et des
sensations profondes. Tout est enchantement et plaisir dans le texte. Il s’introduit
dans le monde des merveilles où il se laisse séduire et éblouir par l’univers et les
instants paradisiaques. C’est en considérant cette portée de la lecture
que François Mauriac exclame dans Le Figaro que « la lecture, une porte
ouverte sur un monde enchanté ». Cela est d’autant plus qu’elle efface les soucis,
les angoisses en éloignant l’homme de tout épuisement ou dépérissement. La
lecture devient donc sérum qui guérit, un remède contre tout mal de
vivre. Montesquieu en est conscient et convaincu quand il confirme dans Pensées
diverses : « je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé »
avant d’ajouter « une heure de lecture est le souverain remède contre les dégouts
de la vie ».

La lecture est par ailleurs un moyen de divertissement. Elle égaie le lecteur en


le plongeant dans la bonne humeur. Dès lors, la lecture devient une façon
formidable de s’épanouir et de jouir. Elle évite en effet toute errance solitaire en
rendant l’homme heureux. Cette conception est fortement confirmée
par Fénelon dans son Télémaque quant il avoue : « l’ennui, qui dévore les autres
hommes au milieu des délices, est inconnu à ceux qui savent s’occuper par
quelque lecture. Heureux ceux qui aime lire ».

L’autre aspect utile de la lecture est qu’elle facile un décryptage et un décodage


du monde et de soi. Cela est relatif précisément avec la lecture analyse et
discernement. Jean Guéhenno dit dans ce sillage, dans Ces carnets du vieil
écrivain que « la vraie lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se
distraire et se fuir, mais pour se découvrir ».

SYNTHESE : La lecture est au dessus des considérations polémiques. Elle est


simplement au service du lecteur qui en fait un bon ou mauvais usage. Il ne faut
pas condamner la lecture parce qu’elle a déformé quelques consciences et
détourné certains jeunes de leur trajectoire. Car de la même manière beaucoup de
citoyens ont pu dialoguer et se fraterniser à travers le monde.

La lecture est donc à égale distance de la formation et de la déformation. C’est


aux lecteurs de prendre de la hauteur et de choisir leur horizon d’attente par
rapport à ce qu’ils cherchent dans la lecture.

CONCLUSION

Au total, la lecture est un instrument dangereux qui pervertit la conscience du


lecteur et l’entraine dans des dérapages. Elle peut être également un moyen

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efficace pour se cultiver, s’informer et s’éduquer. Elle est en définitive une véritable
nourriture de l’esprit.

SUJET : « La littérature est un voyage à l’intérieur de la personne. Elle reflète


uniquement le moi de l’individu ».

Qu’en pensez-vous ?

INTRODUCTION

Dans son désir de résoudre ses problèmes, l’homme cherche plusieurs


moyens pour s’exprimer. Ainsi, elle a souvent recours à la littérature qui est une
véritable voie pour épancher les problèmes de l’individu. C’est dans cette logique
que certains usent de la littérature pour manifester leurs préoccupations. On a pu
dire dans ce sens que : « la littérature est un voyage à l’intérieur de la personne ;
Elle reflète uniquement le moi de l’individu ». Autrement dit, la littérature est
l’expression des sentiments.

Comment la littérature manifeste t-elle l’intérieur de la personne ?

La littérature n’a-t-elle pas d’autres fonctions ?

DEVELOPPEMENT

THESE : La littérature évoque souvent les préoccupations de l’individu qui


peuvent être à la fois du bonheur ou du malheur.

La littérature est en effet source de bonheur parce qu’elle permet à l’écrivain


ou au lecteur d’exprimer le fond de son âme. En d’autres termes, elle extériorise la
joie qui l’anime et l’égaye. C’est la raison pour laquelle, Senghor montre dans son
recueil, Chants d’ombre, toute sa béatitude de retrouver son royaume d’enfance et
d’exalter la figure féminine. Car cette dernière est pour le poète source de plaisir et
de tendresse. Le poète le dit bien dans son poème « femme noire » quand il écrit
« femme nue, femme obscure/fruit mûr à la chair ferme, sombre extase du vin noir,
bouche qui fais lyrique ma bouche ».

Senghor n’est pas le seul écrivain qui a évoqué le bonheur que la littérature
que la littérature procure à l’individu. En effet, les romantiques ont passé tout le XIX
siècle à chercher le bonheur à travers la littérature. Victor Hugo, Lamartine,
Vigny et Musset entre autres ont extériorisé les rares joies qu’ils ont éprouvées
durant cette période. Ainsi, dans les Méditations
poétiques de Lamartine notamment dans le poème « le lac » Lamartine exprime
les moments d’extase vécus avec Julie Charles. Il invite dans ce sens la nature à
faciliter leur communion : « O temps, suspends ton vol ! et vous, heurs propices,

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suspendez votre cours ! Laissez-nous savourer les rapides délices ses plus beaux
de nos jours ».

Si la littérature est source de bonheur, elle a également manifesté la


souffrance. Cela est d’autant plus vrai qu’elle exprime les peines et les tourments
qui envahissent la personne. C’est pourquoi chez Victor Hugo, Les
Contemplations constituent une véritable effusion lyrique qui laisse exploser la
douleur à la mort de sa fille Léopoldine en 1843 dans la Seine. Mieux, « Demain
dès l’aube » exprime la souffrance et la solitude d’un père plongé totalement dans
le désespoir : « je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,/sans rien voir au-
dehors ,sans entendre aucun bruit/seul inconnu, le dos courbé, les mains
croisées,/triste, et le jour pour mois sera comme la nuit ».

Les romantiques ne sont les seuls qui ont manifesté leur souffrance. Les poètes
de la Négritude ont également exprimé profondément les souffrances des Noirs
depuis la période de l’esclavage en passant par la colonisation. Aimé
Césaire l’étale dans son Cahier d’un retour au pays natal, Damas dans
son Pigments entre autres. Césaire dit dans ce sens : « ce pays cria depuis des
siècles que nous sommes des bêtes brutes ; que les pulsations de l’humanité
s’arrête au porte de la négrerie, que nous sommes un fumier ambulant
hideusement prometteur pour la canne tendre et le coton soyeux. Et l’on nous
marqua au fer rouge et nous dormions dans nos excréments ».

Donc, la littérature est un moyen efficace pour épancher les sentiments de


l’homme. Elle facilite l’expression du bonheur comme celle de la souffrance.

Cependant, la littérature n’en demeure pas moins un instrument important qui


a souvent d’autres fonctions sur tous les plans pour l’homme.

ANTITHESE : Sur le plan politique, la littérature combat les injustices en prônant la


justice, l’égalité et la fraternité. C’est pourquoi tous ceux ne prennent pas en
considération cette nécessité sont dénoncés et bannis par les littéraires. Ahmadou
kourouma en fait une préoccupation dans son roman Les Soleil des
Indépendances, fustige la cupidité, les débordements et les errements des Etats
modernes africains nouvellement autonomes. Il critique dans ce sillage la mal
gouvernance et la dictature qui minent la liberté des citoyens.

Au XIX siècle, Hugo s’inscrit dans la même logique en fustigeant les


exagérations de Napoléon et de son régime dans Les Châtiments en affirmant :
« j’écraserai de mon pied gauche l’antre et la bête, l’empire et l’empereur ».

De même, sur le plan social, la littérature s’intéresse aux problèmes de la


société. Sous ce rapport, elle assure le rôle de guide des consciences en obligeant
ces dernières à s’interroger et à méditer sur l’ensemble des problèmes qui
secouent la société : la crise des valeurs, la dégradation des mœurs, le conflit de
générations entre autres. Ces problèmes sont pris en charge par certains écrivains

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qui en font leur cheval de batail. C’est dans ce cadre que Mariama Ba a écrit son
roman Une si longue lettre pour peindre les mœurs sénégalaise à travers la
polygamie. Ainsi, le foyer de Ramatoulaye devient un laboratoire qui permet de
passer au peigne fin l’éducation des enfants, la souffrance des femmes, l’égoïsme
des hommes et le choc culturel entre autres thèmes.

Sa consœur Aminata sow Fall emboite la même brèche dans son roman La
grève des battù en abordant le problème des mendiants et leur insertion dans la
société. En effet, les mendiants qui sont parties intégrantes de la société sont
véritablement victime des politiques d’exclusion sociale souvent mises en pratique
par les gouvernants. Dès lors la romancière use de la littérature pour conscientiser
la société par rapport à cette situation qui n’honore pas les pays africains
nouvellement indépendants. On peut multiplier les exemples avec les romans
de Sokhna Mbégua,La ballade du sabador,Le baobab fou de Ken bugul…

Sur le plan esthétique, des révolutions ont été apportées par des courants
littéraires qui donnent à la littérature une nouvelle dimension. Il s’agit en effet de
s’engager dans une manière nouvelle de concevoir et d’aborder la littérature. C’est
dans ce cadre que les Romantiques s’opposent aux classiques en imposant la
liberté dans la création et en l’orientant vers des perspectives plus humanitaires.
Selon Lamartine, dans son texte intitulé Destinée de la poésie, la littérature à
travers la poésie doit prendre un nouvel élan « qui doit suivre la pente des
institutions et de la presse ; qui doit se faire peuple, et devenir populaire comme la
religion, la raison et la philosophie ».

A côté d’une littéraire humanitaire, ils proposent une nouvelle esthétique basée
sur la liberté de l’inspiration. Ils seront d’ailleurs suivis par les surréalistes qui
refusent toute contrainte dans l’écriture et dans la pensée. Ils souhaitent produire
« en l’absence de tout contrôle exercé par la raison ».

Par ailleurs, la littérature a aussi une orientation didactique. Autrement dit elle se
met au service de l’éducation en faisant la promotion des valeurs cardinales telles
que la vertu, la sagesse, l’éthique et les leçons de bonne conduite. Cette tâche est
assurée par les fables, les contes et le théâtre entre autres. Le travail de La
fontaine, de Molière, de Birago Diop et de Bernard Dadié s’inscrivent dans cette
perspective.

SYNTHESE : La littérature demeure l’expression de l’âme humaine et elle est


sensible à tout ce qui la touche. Ainsi, elle s’ouvre à toutes les aspirations de
l’individu. Autrement dit c’est à lui de s’en servir selon ses besoins de l’heure. La
littérature n’est pas donc assujettie à aucune théorie ou conception dogmatique.
En effet, elle peut accompagner l’homme dans ses désirs évasifs, de jouissance,
bref d’épanouissement. Cela ne lui empêche pas toutefois d’assurer des missions
politiques, didactiques et critiques.

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La littérature est donc art de liberté qui s’offre à l’homme à certains moments
pour assouvir ses désirs. C’est ce caractère polyfonctionnel de la littérature qui
pousse Léopold Sédar Senhgor à dire « l’art n’est d’aucun parti »

CONCLUSION

En définitive, la littérature demeure un moyen très efficace pour explorer le


subconscient de la personne. Elle révèle dans ce sens ses soucis et ses
préoccupations. Mais elle est aussi un instrument de lutte, de conscientisation et
d’éducation. Elle ne se limite pas à cela ; elle a d’autres orientations plus pratiques
et plus concrètes.

SUJET : « La poésie est une impression qui nous échappe et qui nous vient dont
ne sait où »

Partagez-vous ce point de vue ?

INTRODUCTION

Dans sa naissance, la poésie suscite beaucoup de réflexions et engage


certaines prises de position. En effet, si certains cherchent ses origines dans le
travail et l’invention, d’autres éprouvent d’énormes difficultés à comprendre sa
genèse. C’est fort de ce constat que l’on a pu affirmer : « la poésie est une
impression qui nous échappe et qui nous vient dont ne sait où ». Cela signifie en
d’autres termes que les sources de la poésie sont certainement mystérieuses
d’autant plus qu’elles échappent au contrôle du poète.

Comment le poète est-il inspiré ?

Ne peut-il pas créer et inventer sa propre poésie ?

DEVELOPPEMENT

THESE : La poésie garde souvent, dans sa naissance, une dimension complexe


et phénoménale. Ce coté incompris et inexplicable est dénommé inspiration. Selon

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certains, la poésie est née des profondeurs de l’illumination. Autrement dit, le poète
reçoit subitement des informations et des messages qu’il délivre automatiquement.
Cette situation qui n’est pas facile à comprendre et à expliquer. Sous ce rapport,
nombreux sont les poètes et les artistes qui ne sont pas en mesure de situer
l’origine de leur inspiration. C’est dans cette logique Poésie noire et poésie
blanche que René Daumal écrit dans son ouvrage : « tout poème nait d’un
germe, d’abord obscur, qu’il faut rendre lumineux pour qu’il produise des fruits de
lumières ». La poésie est donc une simple inspiration qu’on ne contrôle pas. C’est
une impression qui descend sur le poète qui la lourde mission de transcrire. Cela
est confirmé parLamartine qui dit que « la poésie est un chant intérieur, je passe
quelques heures assez douce à épancher sur le papier les impressions dont je suis
plein ».

Pourtant, d’autres poètes considèrent que la poésie est un don divin. Elle a
une provenance divine qui apparait sous la forme d’une illumination. Autrement dit ,
le poète attend « le souffle suprême » dans « un repos silencieux »
pense Lamartine dans son poème « l’esprit de Dieu ». Dès lors, la poésie devient
don céleste qui inspire le poète. Selon Victor Hugo, dans son recueil Les
Nouvelles odes, « un formidable esprit descend dans sa pensée et sa parole luit
comme un feu et son front porte tout en Dieu ».

Cette origine divine de la poésie est fortement défendue par les penseurs de
l’Antiquité. En effet, pour eux, ce sont les muses, des messagères célestes, qui
apportent l’inspiration aux poètes la parole divine. C’est la raison pour laquelle le
grand philosophe Platon est catégorique quant il écrit : « tant qu’il n’a pas reçu ce
don divin ; tout homme est incapable de faire des vers ».

Donc, la poésie trouve sa naissance dans le monde des muses qui peuvent
être de toute nature divine, féminine, pastorale, florale entre autres.(conclusion
partielle)

Toutefois, la poésie peut être créée par le poète sans prendre un point d’appui
sur les muses. (Transition)

ANTITHESE : La poésie, au-delà de l’inspiration, a une autre source qui vient du


génie propre du poète. En d’autres termes, le poète devient un grand inventeur
d’un art. Il utilise sa technique pour construire un langage séduisant et particulier
fabriqué par le poète. C’est pourquoi, dans son ouvrage, La jeune poésie et ses
harmoniques, Jacques Auberti écrit : « chaque poète se taille un langage ». Cette
autonomie du poète à s’éloigner de toute influence fut elle divine pousse Paul
Valery à dire : « j’aimerais infiniment mieux écrire entière lucidité quelque chose de
faible, que d’enfanter à la faveur d’une transe et hors de moi-même un chef-
d’œuvre d’entre les plus beaux ».

La poésie est donc un véritable travail acharné sur un texte afin de produire
un assemblage fait de mélodie et d’harmonie. Elle devient sous ce rapport une

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recherche artistique soucieuse de révéler une invention personnelle. La poésie
répond ainsi à son étymologie latine « poesis » qui signifie création. Dès lors le
poète a foi à ses capacités et démontre son talent. Il devient ainsi artiste et artisan
du verbe, un alchimiste dit Arthur Rimbaud avant d’ajouter : « j’inventais la couleur
des voyelles ( …) je réglais la forme et le mouvement de chaque consonne,et,avec
des rythmes instinctifs, je me flattai d’inventer un verbe poétique accessible à tous
les sens ».

Il est clair donc que le poète est un artiste qui son travail du langage emprunte
à tous les métiers comme la sculpture, la peinture, la couture entre autres. C’est la
raison pour laquelle Théophile Gautier insiste sur la recherche de la finesse pour
avoir une œuvre esthétiquement belle. Aussi dira-t-il « sculpte, lime,
cisèle…l’œuvre sort plus belle d’une forme au travail rebelle ». Cette
capacité à travailler pousse Boileau à donner des conseils dans son Art
poétique : « vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage/polissez le sans cesse
et le repolissez /ajoutez quelquefois, et souvent effacez ».

SYNTHESE : La poésie est toutefois au-delà de toutes ces considérations. Elle


peut prendre son origine de toutes les situations humaines ou divines. Elle survient
souvent de l’amour, de la nature, de la foi, de la méditation entre autres. Mais
également la poésie peut être une simple impression qui prend en réalité sa
naissance des choses véritablement divines.

De même, la poésie est art et comme tel elle est créée par un artiste qui met en
avant son génie propre et ses talents de créateur. Il travail rigoureusement et avec
acharnement sans aucune influence ni dépendance.

Cette naissance plurielle de la poésie démontre les mille et une facettes avec
lesquelles elle est produite tout en détectant les deux sources les plus évoquées à
savoir l’origine divine et personnelle. C’est dans ce sillage que Paul Valery pense :
« les dieux, gracieusement nous donnent pour rien tel premier vers ; c’est à nous
de façonner le second, qui doit consonner avec l’autre, il ne peut pas être indigne
de son ainé surnaturel ».

CONCLUSION

En définitive, la poésie ne cessera de susciter des préoccupations aussi


importantes que nécessaires pour se faire une idée précise de son essence et de
ses sources originelles. Les avis seront toujours partagés sur cette problématique
et laisseront apparaitre ses origines mystérieuses et célestes d’une part et sa
fabrication issue du génie de l’homme, de sa capacité à inventer et à créer.

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SUJET : « Toute découverte de
la science pure est subversive en puissance ; toute science doitparfois être traitée comme
un ennemi possible. » dit Aldous Huxley dans le meilleur des mondes

INTRODUCTION

Dans sa quête du bonheur et de l’épanouissement, l’homme s’offre toutes les


découvertes que lui donne la science. Il a ainsi une vie facilitée par les progrès de
la science et de la technique.

Cependant, cette foi en la science n’est pas du goût de tous. En effet, certains
considèrent que les découvertes scientifiques ne font que saper l’harmonie de
l’existence de l’homme. C’est dans ce sillage que Aldous Huxley écrit, dans son
ouvrage intitulé Le Meilleur des Mondes : « toute découverte de la science pure est
subversive en puissance ; toute science doit parfois être traitée comme un ennemi
possible ». Cela signifie en d’autres termes que la science est source de désordre
et doit être combattue.

Comment la science est –elle facteur de problèmes ?

N’est-elle pas souvent source de bonheur ?

DEVELOPPEMENT

THESE :La science entraîne une inquiétude universelle

EXEMPLE : La menace permanente du nucléaire, la course à l’armement

La science déshumanise par ses découvertes et applications

« Nous avons construit un monde où l'intelligence est la premières des facultés, où la


science et la technique nous tirent en avant et nous chutons, en produisant plus de misères,
de famines, de maladies. »

Michel Serres Extrait d'un Entretien avec Guy Rossi-Landi - Septembre 1993

Albert Einstein

« Le progrès technique est comme une hache qu'on aurait mise dans les mains
d'un psychopathe. »

EXEMPLE : Le colonage humain, la création de la bombe atomique…

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La science donne naissance à un conflit géopolitique mondial. « L'arme nucléaire,
c'est la fin acceptée de l'humanité. »Théodore Monod

EXEMPLE : La détention des armes de destructions massives, le rêve de tous les


pays puissants à se doter de l’arme nucléaire. Albert Einstein

« Le problème aujourd'hui n'est pas l'énergie atomique, mais le cœur des


hommes »

ANTITHESE : La science entraine le bonheur universel

EXEMPLE : l’éradication de certaines maladies, découverte des techniques


nouvelles qui apaisent et facilitent le travail de l’homme. « L'homme et sa sécurité
doivent constituer la première préoccupation de toute aventure technologique. »

Albert Einstein

La science rassure et protège l’humanité

EXEMPLE : l a création de stellites, de la télédétection, de l’armement, de


l’internet… « Celui qui vit dans la crainte, ne sera jamais libre. »

Horace

La science humanise par ses découvertes et applications

« La science moderne est un admirable monument qui fait honneur à l'espèce


humaine et qui compense (un peu) l'immensité de sa bêtise guerrière. »Hubert
Reeves

EXEMPLE : découverte et développement de la médecine moderne, dissipation


des mystères qui ombragent et inquiètent l’individu.

SYNTHESE« La plus belle chose que nous puissions éprouver, c'est le côté
mystérieux de la vie. C'est le sentiment profond qui se trouve au berceau de l'art et
de la science véritable. »Albert Einstein

CONCLUSION

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SUJET : « L’art doit toujours garder son essence, qui est de rester tout temps et
partout magnifique ».

EXPLIQUEZ ET DISCUTEZ

INTRODUCTION

L’art est une expression humaine qui s’ouvre à toutes les interprétations. Cette
situation entraine souvent bon nombre de jugements sur les orientations de l’art.
En effet, pour certains, il est de la nature de l’art d’avoir des préoccupations plus
concrètes et plus sociales. D’autres pensent cependant qu’il a l’obligation de
demeurer lui-même en reflétant le beau. C’est dans cette logique que l’on a pu
affirmer : « l’art doit toujours garder son essence, qui est de rester tout temps et
partout magnifique ». Autrement dit, son seul but est de dégager une certaine
magnificence c’est-à-dire une beauté sublime.

Comment l’art est –il l’expression unique de l’esthétique ?

Ne peut-il pas avoir une autre orientation ?

L’art ne peut-il pas transcender les considérations conceptuelles et théoriques ?

DEVELOPPEMENT

THESE : L’art est souvent définit comme une certaine façon de produire des
« choses » jolies et quelquefois impressionnantes. Il est perçu comme tout ce qui
dégage une certaine beauté. Dès lors, l’art devient la peinture du beau. Autrement
dit, l’artiste, qu’il soit poète, romancier ou peintre, se soucie uniquement du culte
du beau. Il se sublime en effet pour produire une œuvre sublime. C’est dans ce
sillage que Roland Topor estime, dans ses Mémoires d’un vieux con, que
« l’humanité a besoin de sublime. Le sublime du sublime, c’est l’art ».

Cette idée est fortement partagée par les parnassiens qui pensent l’art est
nécessairement la quête de l’esthétique. Ils créent ainsi la théorie de « l’art pour
l’art » qui confirme avecFlaubert que « le but de l’art est avant tout le beau ».

La peinture de belles choses n’est pas uniquement retrouvée dans la poésie.


En effet, le roman connait également le reflet du beau. Ainsi à travers le langage,
le romancier peuple son espace et son temps d’un décor digne d’un tableau d’art.
Autrement dit, le roman, dans sa description comme dans sa narration, prend les
allures d’une toile de maitre. Mieux, le romancier stylise et décore son univers avec
magnificence. C’est conscient de ce travail que Marie-Claire Blais écrit dans son
ouvrage Tête blanche « écrire un roman, c’est savoir que chaque mot fait aussi
partie d’un immense trésor ».

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Cette recherche sans relâche de l’esthétique s’inscrit dans la logique de la
démarche parnassienne. En d’autres termes, ces derniers considèrent que la
beauté d’une œuvre vient d’un travail acharné. C’est pourquoi, Théophile
Gautier considère, dans son recueil, Emaux et Camée que « sculpte, lime,
cisèle l’œuvre sort plus belle d’un travail à la forme rebelle ». Cette recherche de
finesse et de sublime pousse Emmanuel Kant à dire : « l’art n’est pas la
représentation de belle chose mais la belle représentation d’une chose ».

Au total, l’art ne peut que demeurer lui-même car l’artiste ne vise qu’à éblouir
et à émerveiller. Son crédo est rendre son objet et son œuvre très somptueux.

Cependant, cette caractéristique de l’art n’est pas partagé par certains qui
considèrent que l’art n’aura de sens qu’il se trouve d’autres orientations.

ANTITHESE : L’art peut absolument avoir d’autres missions non moins


importantes. Il peut en effet avoir un rôle engagé dans la société. Dès lors, il s’inscrit
de façon dynamique et progressive dans les préoccupations de l’homme. C’est
dans cette logique d’ailleurs que Victor Hugo assigne à l’art une orientation plus
évolutive ou plus participatif dans l’existence de l’homme quant il dit : « l’art pour
l’art est beau, mais l’art pour le progrès est le plus beau ». Cela signifie que l’art
doit s’intéresser concrètement à la vie en prenant en charges la problématique de
la culture, des mœurs et de l’éducation entre autres.

L’art a dans ce sens une valeur didactique car il véhicule des messages qui
corrigent et orientent les comportements et sentiments des peuples. Autrement dit,
il ressuscite les traditions fortes et authentiques pour inciter à la fierté et à
l’enracinement des citoyens. C’est ce qui justifie en Afrique le respect voué aux
masques comme les masques dogon entre autres. C’est pourquoi dans « ce que
l’homme noir apporte » in Liberté I, Senghor estime que « le mérite de l’art nègre
est de n’être ni jeu, ni pure jouissance esthétique : de signifier ».

L’art peut également avoir une fonction critique ou politique en ce sens qu’il
un instrument de communication. Sous ce rapport, l’art dans ses variétés,
véhiculent des messages qui dénoncent les errements et les dérapages des
politiciens. Cette particularité est assurée par les œuvres pamphlétaires et
contestataires comme les Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire ou le
Pauvre christ de Bomba de Mongo Béti et les Soleils des
Indépendances de Ahmadou Kourouma entre autres.

SYNTHESE :Il est bon de préciser qu’au delà de toutes ces considérations, l’art
n’est pas figé et statique. En effet, il s’ouvre à toutes les possibilités et à tous les
objectifs. Il n’ignore ni recherche esthétique ni dynamique progressiste. Il se met
simplement au service de l’homme qui à son tour l’utilise à sa guise sans le confiner
dans un seul champ d’investigation. C’est la raison pour
laquelle Senghor considère que « l’art n’est d’aucun parti ».

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CONCLUSION

SUJET : « La poésie est essentiellement révolutionnaire » Expliquez et discutez.

INTRODUCTION

Désireux de se prononcer sur les problèmes qui l’affectent ou secouent sa


société, l’homme a souvent recours aux moyens de communication mis à sa
disposition. Cette situation est plus simple quand c’est le poète qui sent le besoin
de prendre position face aux troublent qui assaillent sa communauté. La
poésie devient ainsi un moyen efficace qui permet remettre tout en question et
d’apporter des changements importants dans tous les secteurs de la vie. C’est de
ce constat que l’on a pu affirmer : « la poésie est essentiellement révolutionnaire ».
En d’autres termes, la poésie est un engagement fort qui cherche à s’insurger
contre toutes les situations jugées anormales.

Il s’agira ainsi de cerner d’abord les fonctions engagées de la poésie avant


de voir ses autres missions.

DEVELOPPEMENT

THESE : La poésie est révolutionnaire dans le sens où elle peut jouer un rôle
politique, moral, social, critique entre autres.

La poésie assure souvent une fonction politique qui permet au poète de mettre
sa poésie au service d’une cause essentiellement politique. Dès lors, la poésie
renferme un message idéologique qui exprime le militantisme du poète. Ce dernier
s’active à faire la propagande de son appareil politique ou simplement convaincre
ses concitoyens de la nécessité d’adhérer à son idéologie. En effet, nombreux
courants de pensée ou politique ont eu les poètes idéologues : Hugo pour les
républicains, Agrippa d’Aubigné pour le protestantisme et les autres qui ont milité
dans des partis politiques comme Césaire au parti communisme, Senghor au
socialisme entre autres. Cet engagement politique est nécessaire pour mieux
participer dans les débats importants de la nation. C’est ce sillage que Jacques
Rabamananjara écrit : « le poète n’a pas le droit de se détourner des
préoccupations de la cité et de laisser aux seuls politiques, à ceux qui ont les mains
sales, la responsabilité de s’user dans les débats majeurs de la nation ».

De même, la poésie, dans sa volonté de vouloir changer les hommes, se


soucie des questions morales. Autrement dit, elle prêche la bonne parole pour
éduquer les masses afin de corriger les mœurs et conscientiser les peuples. La

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poésie cherche donc à créer un citoyen consciencieux. C’est l’exemple de la poésie
de la Fontaine à travers ses Fables et celle deMolière dans sa comédie.

La poésie ne manque pas aussi de jouer un rôle critique dans la société. En


effet, elle permet de fustiger les tares et les abus pour assurer à l’homme une vie
tranquille et sûre. Mieux, elle devient en ce sens contestataire et dénonce les
errements sociopolitiques et résiste à toute forme de pression et d’oppression.
C’est la raison pour laquelle Jean Rouaudestime dans la revue Le Monde de
l’éducation que « si la société évacue la poésie comme mode d’expression non
productif, c’est peut-être que la poésie est un foyer de contestation, un acte de
résistance, une incompatibilité fondamentale avec le système dominant ». Cette
situation est fortement partager par Jorge Gaitan Duran qui considère que « la
poésie est une forme de violence ». C’est parce qu’elle assure son rôle de garde-
fou afin de jouer une mission d’alerte pour corriger, purifier et conscientiser. John
Fitzgerald Kennedy en est conscient lui qui dit : « quand le pouvoir pousse
l’homme à l’arrogance, la poésie lui rappelle la richesse de l’existence. Quand le
pouvoir corrompt, la poésie purifie ».

Il peut par ailleurs être sévère dans la façon de critiquer et selon les
circonstances. Ainsi, son message devient fort contestataire, très explosif pour
démontrer sa dynamique révolutionnaire. Dans son texte « le poète noir et son
peuple », Jacques Rabamananjara pense le message du poète noir ; compte tenu
de sa situation existentielle, doit être puissant « les chants les plus beaux ne sont
pas les plus désespérés ; mais au contraire, les plus chargés d’explosifs, les plus
riches en densité révolutionnaire »

Au total, la poésie n’est pas une expression passive. Au contraire, elle est une
action qui se veut révolutionnaire. Elle est simplement préoccupée par des
changements radicaux. Elle peut toutefois avoir une autre orientation.

ANTITHESE Au-delà de sa fonction révolutionnaire, la poésie garde d’autres


orientations très importantes telles que la révolution esthétique, la fonction ludique
entre autres.

La fonction esthétique consiste à assigner à la poésie une recherche du beau.


Autrement dit, la poésie se détourne de toute mission utile pour mettre en avant le
culte de la magnificence. Dès lors, elle devient un travail de finesse qui permet de
créer une véritable œuvre d’art. C’est le principe de « l’art pour l’art » incarné
par les parnassiens. C’est dans ce cadre que Théodore de Banville considère le
poète comme un sculpteur en quête absolue du beau « sculpteur, cherche avec
soin, en attendant l’extase, /un marbre sans défaut, pour en faire un beau vase »
dira-t-il.

Cette quête est d’ailleurs fortement théorisée par Théophile Gautier qui estime
que cela passe nécessairement par un travail sérieux qui emprunte les outils des
artisans comme les tailleurs, les sculpteurs entre autres. C’est pourquoi dans son

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recueil Emaux et Camées il écrit : « sculpte, lime cisèle/ l’œuvre sort plus belle
/d’une forme au travail rebelle ». La poésie est sous ce rapport ornement et
embellissement.

Cette esthétique est également à chercher dans la dimension musicale de la


poésie. En effet, ce dernier charme à travers sa mélodie et son harmonie qui ne
laisse personne indifférent. Ici, le poète organise le langage de telle sorte qu’il crée
des sonorités qui extasient le lecteur. « De la musique avant toute chose »
écrit Paul Verlaine. Senghor partage cette idée lui qui estime que « la poésie est
chant sinon musique ; le poème est comme une partition de jazz ».

Il est clair donc que l poésie dégage son esthétique aussi bien dans sa forme
que dans son fond. Il est aussi important de préciser que la poésie a également
une orientation ludique.

La fonction ludique de la poésie est essentiellement basée sur la jouissance et


l’épanouissement. C’est-à-dire que la poésie offre à l’homme l’occasion d’être
heureux autrement. Cela consiste ainsi à se délecter du langage poétique qui
emporte l’individu dans une forte évasion. Cette dimension de la poésie est surtout
retrouvée dans la poésie romantique. En effet, même au cœur de la souffrance et
de la nostalgie les romantiques se délectent à travers leur poésie « les sanglots les
plus désespéré sont les chants les plus beaux » dira Alfred de Musset.

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