Vous êtes sur la page 1sur 80
Le Bon, Gustave (1841-1931). La naissance et l'évanouissement de la matière. 1908. 1/ Les contenus
Le Bon, Gustave (1841-1931). La naissance et l'évanouissement de la matière. 1908. 1/ Les contenus

Le Bon, Gustave (1841-1931). La naissance et l'évanouissement de la matière. 1908.

1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la BnF.Leur réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 :

*La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source. *La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de fourniture de service.

2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques.

3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit :

*des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits.

*des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque

municipale de

(ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation.

4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle.

5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays.

6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978.

7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.

et i.SyanouisseîB~eî~

~J

~ïa'~a.s.

i, ~~AISSANCE

ET I~È~N~~EMENT

~'z

mo?

DE LA MATIÈRE

jM~

co/cy/o~v

~Nm DE nÉGN;ERET aoN ŒUVRE,par Jean de Gourmont,

avec un portrait et un autographe.

t vol

et

/a

z~.y

SOCIÉTÉ

~o~~f~~

La

~'y

Naissance

t'Evanouissement

D'

Matière

PAR

GUSTAVE

LE

LE

DV

XXV!,

PARIS

MERCVRE

RVE

DE CONDE,

MCMVm

/D~

BON

DE

FRANCE

XXVI

{

Le bu t de cette

conférence (i)est de vousracon-

étrange histoire, qu'il y

soupçonnait pas.

ter une merveilleuse et

a dix

ans à peine la science ne

Cette histoire est celle d'un morceau de matière

quelconque, de la pierre que vous heurtez sur

votre chemin, du fragments de métal

de

personnes croient encore, que la matière se com-

pose d'éléments inertes et indestructibles.

à l'origine des travers tous les

Créés

choses, ils devaient conserver à

papier qui est devant moi, des

que

vous

maniez chaque jour.

beaucoup

une durée éter-

La science croyait autrefois, et

changements

nelle. Rien ne se crée, rien ne se perd, disait la

(i) Conférencefaiteà Ostendeen août jgoy.

8

LAK.USMXO'.ETL'EVAKOL'tSSEMRKT

chimie, et elle était fondée à le dire,

malgré

sait subir, la

ver le même poids.

puisque,

toutes les transformations qu'on lui fai-

matière paraissait toujours conser-

La science nous apprend tout autre chose au-

composée

de petits systèmes solaires en miniature, formés

d'éléments gravitant les uns autour des autres avec une immense vitesse et ne devant leur sta-

~~g.cette.Yitesse

même. Elle nous dit que

jourd'hui. Elle nous montre la matière

t'atome est le siège de forces

colossales auprès l'industrie

que

desquelles ne sont rien celles

cette matière, une sensibilité

modifier sous les influences les

manie et que peut-être cette même industrie

pourra

utiliser un jour. Elle nous dit encore que

siège d'une vie intense, possède invraisemblable qui la fait se

Elle

plus légères.

nous dit enfinque,loin d'être éterneUe,!a matière obéit à cette loi fatale qui condamne les choses

et les êtres à mourir.

Ne pouvant approfondir en une heure un

pareil sujet, je me bornerai, dans cette confé-

quelques-unes des consé-

quences des recherches que

rence, à vous montrer

je poursuis depuis

plus de dix ans sur la dissociation de la matière

nELAMATt&M

<)

et que j'ai développées

récents (i). Ces recherches, dont le résultat fondamental, très imprévu il y a bien peu d'années encore, fut de montrer que la matière n'était pas indestruc-

dans deux ouvrages

tible, se sont rapidement

laboratoires. Quelques-unes de nos propositions, considérées comme très révolutionnaires quand nous les formulâmes pour la première fois, com- mencent à devenir presque banales aujourd'hui,

bien que très éloignées cependant d'avoir porté toutes leurs conséquences. Lorsque celles-ci se dérouteront, elles conduiront à renouveler un édifice scientifique dont la stabilité semblait éternelle. Voici d'ailleurs l'énoncé des principes fonda- mentaux que j'ai tâché de mettre en évidence en me basant sur mes expériences

i" La matière, supposée jadis indestructible, s'évanouit lentement par la dissociation conti-

répandues dans les

nuelle des atomes qui la composent a" Les produits de la dématérialisation de la matière constituent des substances intermëdiai-

(1) L'Evolutionde la

matière, in-)8 de 4oo pages, avec 62

figures(t5' édition), et ~&<t{<;o?:des forces, in-t8 de 4oo

pages avec4o

figures(6' édition),Flammarion,éditeur,iao8.

10

LA NAISSANCE ET L'EVANOUtSSEMENT

res par leurs propriétés entre les corps pondé- rables et l'éther impondérable, c'est-à-dire entre

deux mondes que la science avait profondément séparés jusqu'ici 3° La matière, jadis envisagée comme inerte et ne pouvant restituer que l'énergie d'abord fournie, est, au contraire, un colossal réservoir

d'énergie l'énergie intra-atomique qu'elle peut dépensef sans rien emprunter au dehors; 4° C'est de l'énergie intra-atomique libérée pendant la dissociation de la matière que résul- tent la plupart des forces de l'univers l'électri- cité et la chaleur solaire notamment 5° La force et la matière sont deux formes diverses d'une même chose. La matière repré- sente une forme stable de l'énergie intra-atomi-

que. La chaleur, la lumière, l'électricité, etc., représentent des formes instables de la même

énergie 6° En dissociant les atomes, c'est-à-dire en dématérialisant la matière, on ne fait que trans- former la forme stable de l'énergie, nommée matière, en ces formes instables connues sous

les noms d'électricité, de lumière, de chaleur, etc. La matière se transforme donc continuelle-

ment en énergie

DE LA MATIERE

t!

7° La loi d'évolution applicable aux êtres

vivants l'est également* aux corps simples. Les espèces chimiques, pas plus que les espèces vivantes, ne sont invariables 8° L'énergie n'est pas plus indestructible que la matière dont elle émane. La science d'hier était fondée sur l'éternité de la matière, celle de demain sera basée sur la désintégration de la matière. Elle aura pour but principal de trouver des moyens faciles d'aug-

menter cette désintégration et mettre ainsi dans les mains de l'homme une source de forces pres- que infinie.

II

Avant d'exposer les idées actuelles relatives à la constitution de la matière, rappelons briève- ment celles dont la science a vécu jusqu'ici.

Suivant des conceptions, hier encore classi- ques, tamatièreserait composée d'éléments indi- visibles, nommés atomes. Comme ils semblent persister à travers toutes les transformations des corps, on admettait pour cette raison qu'ils sont indestructibles. Cette notion fondamentale a plus de 2.000 ans d'existence. Le grand poète romain Lucrèce l'a exposée dans les termes suivants, que les li-

vres modernes ne font guère que reproduire.

« Les corps ne sont pas anéantis

sant à nos yeux

la nature forme

en disparais- de nouveaux

LA NAISSANCE ET L'ÉVANOUISSEMENT

DE LA MATIERE

l3

êtres avec leurs débris, et ce n'est que par la

mort des uns qu'elle accorde la vie aux autres. Les éléments sont inaltérables et indestructibles.

Les principes de la matière,

nulle

action étrangère ne peut les altérer. L'atome estle

plus petit corps de la nature.

dernier terme de la division. Il existe donc dans

la nature des corpuscules d'essence immuable. leurs différentes combinaisons forment tous les corps. »

grand tout sont solides et éternels,

les éléments du

H

représente

le

Telles étaient les idées de Lucrèce et de tous

les savants depuis vingt siècles.

des recherches expérimentales dont nous

rons bientôt, la science moderne est arrivée à

une conception de la matière bien différente.

Appuyée sur

parle-

Elle admet maintenant

les atomes sont

que formés de tourbillons d'éther tournant autour dune ou plusieurs masses centrales avec une J

vitesse de l'ordre de celle de la lumière. L'atome

est

comparé à un soleil entouré de son cortège

ces tourbillons

de planètes. Mais comment se fait-il

que d'éther immatériel puissent se transformer en matière aussi rigide qu'un rocher ou un bloc d'a-

14

LA NAISSANCE ET L'ÉVANOUISSEMENT

cler? Certaines analogies appuyées sur l'expé- rience permettent de le comprendre.

Il est probable que la matière doit unique- ment sa rigidité à la rapidité de rotation de ses éléments et que, si leurs mouvements s'arrê- taient, elle s'évanouirait instantanément dans

l'éther, sans rien laisser derrière elle. Des tour- billons gazeux, animés d'une vitesse de rotation

de l'ordre de celle des rayons

cathodiques, de-

que l'a-

viendraient vraisemblablement aussi durs

cier. Cette expérience n'est pas réalisable, mais nous pouvons pressentir ses résultats en consta-

acquise par un

tant la rigidité considérable

fluide animé d'une grande vitesse.

Des expériences faites dans électriques ont montré qu'une de 2 centimètres seulement de

les usines hydro- colonne liquide

tom-

bant à travers un tube d'une hauteur de 5oo

mètres, ne peut être entamée

sabre lancé avec violence. L'arme la surface du liquide, comme elle un mur. Si la vitesse de la colonne

suffisante, un boulet de canon ne la traverserait

pas. Une lame d'eau de quelques centimètres

d'épaisseur, animée d'une vitesse assez grande.

diamètre,

par un coup de

est arrêtée à le serait par

liquide

était

DELAMATtÊM

15

resterait aussi impénétrable aux obus que le mur d'acier d'un cuirassé. Donnons au jet d'eau précèdent. la forme d'un

tourbillon, et nous aurons l'image des

les de la matière et l'explication probable de sa rigidité.

particu-

comment

l'éther immatériel, transformé en petits tourbil- tcns animés d'une vitesse suffisante, devient très matériel. On conçoit aussi que, si ces mouve-

ments tourbillonnaires étaient arrêtés, la matièree s'évanouirait instantanément en retournant à l'éther.

Nous pouvons ainsi

comprendre

La matière qui semble nous donner

l'image

que

de la stabilité

et du repos n'existe donc

grâce à la rapidité des mouvements de rotation

de ses particules. La matière, c'est de la

et comme une substance animée de vitesse est aussi de l'énergie, il faut considérer la matière

comme une forme particulière de

vitesse,

l'énergie.

La vitesse étant une des conditions fondamen-

tales de

l'existence de la matière, on peut dire

les tour-

que cette dernière est née le jour où

LiUons d'éther ont

acquis, par

suite de leur con-

densation croissante, une rapidité suffisante pour posséder de la rigidité. Elle vieillit lorsque

l6

LA NAISSANCE ET L'BVANOUtSSEMENT

M

LA MA'nÈHË

la vitesse de ses éléments se ralentit. Elle cessera

d'exister dès que ses particules perdront leurs mouvements. Nous sommes amenés ainsi à cette première notion essentielle Des particules d'une sub- stance quelconque, si ténues qu'on les suppose, prennent, par le seul fait de leur vitesse de

rotation, une rigidité si grande qu'elles se trans- forment en matière. C'est dans ces univers atomiques, dont la na- ture fut méconnue pendant si longtemps, qu'il faut chercher maintenant l'explication de la plu- part des mystères qui nous entourent. L'atome, qui n'est pas éternel, comme l'assuraient d'an-

tiques croyances, est bien autrement puissant que s'il était indestructible et, par conséquent,

incapable de changement. Ce n'est plus quelque chose d'inerte,jouet aveugle de toutes les forces de l'univers. Ces forces sont au contraire créées par lui. Il est l'âme même des choses. Il détient les énergies qui sont le ressort du monde et des êtres qui l'animent. Chacun d'eux est un petit univers d'une structure extraordinairement com-

pliquée, siège de forces jadis ignorées et dont la grandeur dépasse immensément toutes celles

connues jusqu'ici.

III

Nous venons de dire que la matière se com- posait de tourbillons d'éther. Qu'est-ce que l'é- ther ?i

La plus grande partie des phénomènes de la physique lumière, chaleur, électricité rayon- nante, etc., sont considérés comme ayant leur siège dans l'éther. La gravitation, d'où dérive la mécanique du monde et la marche des astres, semble encore une de ses manifestations. Tou- tes les recherches théoriques formulées sur la constitution des atomes conduisent à admettre qu'il forme leur trame. Il est le substratum des mondes et de tous les êtres qui vivent à leur surface. Bien que la nature intime de l'éther soit à

18 LA NAISSANCE ET L'EVANOUfSSEMENT

peine soupçonnée, son existence s'est imposée depuis longtemps. Elle s'est imposée lorsqu'il a fallu expliquer la propagation des forces à distance. Elle parut

expérimentalement démontrée quand Fresnel

eut prouvé que la lumière se propage par des

ondulations analogues à celles produites

la

chute d'une pierre dans l'eau. En faisant inter-

par

férer des rayons lumineux, il obtint de l'obscu- rité par la superposition des parties saillantes d'une onde lumineuse aux parties creuses d'une

autre onde. La propagation de la lumière se faisant par ondulations, ces ondulations se

duisaient nécessairement dans quelque chose. C'est ce quelque chose qu'on appelle l'éther.

pro-

Sans doute, l'éther est un agent mystérieux

que nous ne savons pas isoler, mais sa réalité

s'impose puisque aucun phénomène ne

s'expliquer sans lui. On ne peut l'isoler, mais il

pourrait

est impossible de dire qu'on ne

puisse ni le voir

regardons

ni le toucher. C'est, au contraire, la substance que nous voyons et touchons le plus souvent.

chaleur qui nous

échauffe et nous brûle quand nous

sur le verre dépoli d'une chambre noire un paysage verdoyant, par quoi sont constituées

Quand un corps rayonne de la

DE LA MATtEM

;q

cette chaleur et

tions de l'éther? Le rôle de t'éther est devenu capita! et n'a cessé

de grandir

plupart des

sans lui. Sans éther, il

ni lumière, ni électricité, ni chaleur,

mot, de tout ce que nous connaissons. L'univers

serait silencieux et mort, ou se révélerait sous

pressentir. Si

l'on pouvait construire une chambre de verre de

laquelle on aurait retiré entièrement l'éther, la

une forme impossible même à

cette image, sinon par des vibra-

avec les progrès de la physique. La phénomènes seraient inexplicables

n'y

aurait

ni pesanteur

rien,

en un

chaleur et la lumière ne

Elle serait d'un noir absolu et probablement la

gravitation n'agirait plus sur les

dans

poids.

pourraient la traverser.

corps placés

son intérieur. Ils auraient donc perdu leur

Ainsi les plus importants phénomènes de la

nature chaleur, lumière, étectri ~té,ont, comme

nous venons de le voir, leur Ils

de ce

siège dans l'éther.

perturbations

sont engendrés par certaines

fluide immatériel sorti de l'équilibre ou

à l'équitibre.

qu'une altéra-

ses

retournant

La lumière, par exemple, n'est

tion d'équilibre de l'éther caractérisée

par vibrations elle cesse d'exister dès que l'équilibre

20 LA NAtSSANCE ET L'ÉVANOUISSEMENT

est rétabli. L'étincelle électrique de nos labora-

toires aussi bien que la foudre sont de

manifestations des changements du fluide élec-

trique sorti de l'équilibre pour une cause quel-

conque et s'efforçant d'y

nous n'avons pas su tirer le fluide l'état de repos, son existence a été

retourner. Tant que

électrique de ignorée.

simples

La chaleur dite rayonnante est due, che

aussi,

à des vibrations de l'éther. Ce terme de chaleur

rayonnante est d'ailleurs un

la physique; malgré sa justesse

s'approchant d'un foyer, on est échauffe il rayonne donc quelque chose. Que serait-ce, sinon de la chaleur ?

des plus erronés de

apparente.

En

On mit fort longtemps

pour découvrir qu'un

qui ressemble à de

qu'il produit

des

qu'il

engendre

de la chaleur.

corps chaud ne rayonne rien la chaleur. On sait aujourd'hui

vibrations de l'éther, n'ayant par elles-mêmes

aucune température. II nous échauffe à distance,

parce que les vibrations deTëther étant arrêtées par les molécules

de l'air ou les

corps placés devant lui,

Ces vibrations ne sont pas de la chaleur, mais

simplement une cause de chaleur, comme le serait un mouvement

quelconque. Ce qu'on désigne du nom très impropre de

engendrent

DBLAttATlAxË

~j t

chaleur rayonnante a

pour unique origine des

produisent de la cha-

leur lorsque leur mouvement est détruit, comme une

pierre par son choc, mais ne possèdent, je

aucune température. On le prouve fa-

vibrations de l'éther. Elles

le répète,

interposant

cilement en

le passage d'un faisceau de choeur

rayonnante. Si intense que soit ce faisceau, la lentille n'est

pas fondue, alors qu'un morceau de

son foyer devient incandescent. L'éther

étant très

aucune température,

transparente pour ses vibrations, elles ont tra-

une

lentille de glace sur

métal placé à

n'ayant

et la glace

versé l'eau

Le métal les arrêtant, au

incandescent l'éther. par l'absorption des vibrations de

congelée

sans provoquer sa fusion.

contraire, est devenu

Puisque les vibrations de l'éther

qualifiées de

de la cha- un

corps, il

chaleur rayonnante ne produisent

absorption par

'eurqu après leur

est

n existe

atmosphère absorbante, un

doit régner, même dans le

incandescents, tels que le soleil. Le thermomè-

voisinage d'astres

froid considérable

évident que, dans

les espaces célestes, où

une

pas, comme autour de la terre,

tre, piongé dans ces

espaces, y marquerait ce-

pendant une température très élevée, parce qu'il

22 LAKAISSANMETL'tSVANOUtS~MMENTDELAMATIERE

intercepterait des vibrations de l'éther. La tem-

pérature qu'il indiquerait alors ne serait pas du tout celle du milieu ambiant, mais sa propre tem-

pérature. La glace n'y fondrait pas,laissant pas- ser, sans les arrêter, les vibrations de l'éther; mais un métal deviendrait incandescent, parce qu'il absorbe les mêmes vibrations.

La vie elle-même n'est possible sur

notre

globe qu'à cause de l'absorption des vibrations

de l'ëther par l'atmosphère

étaient transparents froid intense régnerait

planète. Toutes les réactions chimiques qui se passent dans le sein des végétaux, la transformation de

l'acide carbonique en carbone notamment, ont également pour origine cette absorption de l'é- ther. Le végétal représente, en réalité, une trans- formation de l'éther lumineux. C'est l'ëther

absorbé et transformé par les végétaux qui fait mûrir les moissons et verdir les forêts. La vie représente donc une de ses transformations.

et la terre. S'ils

pour ces vibrations, à la surface de notre

un

IV

Nous venons d'étudier les éléments dont est

formée la matière. Examinons maintenant les

propriétés de cette matière dont sont constitués notre globe et les êtres qui l'habitent. L'étude de l'ancienne chimie laissait dans l'es-

prit l'idée que la matière était formée de

stables, de composition bien définie et cons-

tante, ne pouvant être modinés que par des moyens violents, des températures élevées

par exemple. Dans ces dernières années, on a vu se dessiner, de plus en plus, cette notion qu'un corps quelconque représente simplement un état d'équilibre entre les éléments intérieurs dont il est formé et les éléments extérieurs

qui agissent sur lui. Si cette relation n'apparaît pas nette-

produits

B~

LA NAISSANCE ET L'ÉVANOMSSEMENT

ment pour certains corps, c'est qu'ils sont cons- titués de façon à ce que leurs équilibres se main-

tiennent, sans changements apparents, dans des limites de variation de milieu assez grandes. L'eau peut rester liquide pour des variations de température comprises entre o° et 100° et la plu-

part des métaux ne paraissent pas changer d'état pour des écarts plus considérables encore. Les édifices chimiques formés par les combi- naisons atomiques, et dont l'ensemble constitue la matière, semblent très fixes, mais ils sont tous, en réalité, d'une mobilité très grande. Les moindres variations de milieu

pression, etc.

mouvements des éléments constitutifs de la

matière.

température, modifient instantanément les

C'est qu'en effet un corps, aussi rigide en apparence qu'un bloc d'acier, représente simple- ment un état d'équilibre entre son énergie inté-

rieure et les énergies extérieures, chaleur, pres-

La matière cède à

l'influence de ces dernières comme un fil élasti-

que obéit aux tractions exercées sur lui, mais reprend sa forme dès que la traction a cessé, si elle n'a pas été trop considérable. La mobilité des éléments de la matière est

sion, etc., qui l'entourent.

DE LA MATIERE

33

quelquefois un de ses caractères les plus faciles

à constater, puisqu'il suffit

d'approcher la main

du réservoir d'un thermomètre

voir la

pour

colonne liquide se déplacer aussitôt. Ses molécu-

les se sont écartées chaleur. Quand nous

la main d'un

bloc de métal, les mouvements de ses éléments

se modifient également,mais d'une façon si faible

sous l'influence d'une légère

approchons

pour nos sens

c'est pourquoi la

comme très peu mobile. La croyance générale à la stabilité de la ma-

tière est confirmée d'auteurs par l'observation,

puisque, pour faire subir à un

cations considérables, comme de le fondre ou

de le

puissants.

qu'ils ne les perçoivent

pas, et

matière nous apparaît alors

corps

des modifi-

réduire en vapeur, il faut des moyens très

Des méthodes d'investigation suffisamment

précises montrent, au

ment la matière est d'une mobilité extrême.mais

encore possède une sensibilité inconsciente

la sensibilité consciente d'aucun être vivant ne

saurait approcher.

contraire, que non seule-

dont

Les physiologistes mesurent la sensibilité d'un

être par le

pour tenir de lui une réaction. On le considère comme

ob-

degré d'excitation nécessaire

26

LA NAISSANCE ET L'ÉVANOUISSEMENT

fort sensible lorsqu'il réagit sous des excitants très faibles. Es appliquant, à la matière brute

un procédé d'investigation analogue,on constate que la substance la plus rigide et la moins sen- sible en apparence est au contraire d'une sensi- bilité invraisemblable. La matière du bolomètre, constitué en dernière analyse par un mince fil de platine, est tellement sensible qu'elle réagit sous l'influence d'un rayon de lumière d'une intensité assez faible pour ne produire qu'un.,

élévation de température de un cent millionième de degré. Un bloc d'acier est,en réalité,infiniment plus sensible que l'être vivant le plus sensible. Cette sensibilité de la matière, si contraire à

ce que l'observation vulgaire semblait indiquer, devient de plus en plus familière aux physiciens et c'est pourquoi une expression comme celle-ci « la vie de la matière)), dénuée de sens il y a seu- lement vingt-cinq ans, est devenue d'un usage 1 courant. L'étude de la matière brute révèle de 1

plus en plus, chez elle, en enet, des propriétés semblant jadis l'apanage exclusif des êtres vi- vants. En se basant sur ce fait que « le signe le

plus général et le plus délicat de la vie est la réponse électrique H, M. Bôseamontré que cette réponse électrique « considérée généralement

DELAMA.'1'tERE

3~

comme l'effet d'une force vitale inconnue »,existe dans la matière. Et il montre par des expériences ingénieuses « la fatigue des métaux et sa dispa- rition après le repos, l'action des excitants, des

déprimants et des poisons sur ces mêmes métaux. La matière, tclle que nous la connaissons, ne représente, je le répète, qu'un état d'équilibre, une relation entre les forces intérieures qu'elle recèle et les forces externes pouvant agir sur elles. Les secondes ne sont pas modifiables sans

que les premières changent également, de même qu'on ne peut toucher à l'un des plateaux d'une balance équilibrée sans faire osciller l'autre. Ainsi donc les éléments de la matière sont en mouvement incessant un bloc de plomb, un

rocher, une chaîne de montagnes n'ont qu'une immobilité apparente. Ils subissent toutes les variations du milieu et modifient constamment

leurs équilibres pour s'y adapter. La nature ne

connaît pas le repos.

ce n'est ni dans le monde

que nous habitons, ni dans les êtres vivant à sa surface. Il n'est pas

davantage dans la mort, qui ne fait que substi- tuer à certains équilibres momentanés d'atomes d'autres équilibres dont la durée sera aussi éphé- mère.

S'il se trouve quelque part,

28

LA NAISSANCE ET L'EVANOUISSEMENT

Malgré l'extrême mobilité de la matière, le

monde paraît cependant très stable. H l'est, en effet, mais simplement parce que, dans sa phase

actuelle d'évolution, le milieu qui l'enveloppe

varie dans des limites

constance apparente des propriétés de la matière résulte uniquement de la constance actuelle du milieu où elle est plongée.

assez restreintes. La

Les propriétés de la matière que nous venons de vous exposer ne sont pas les seules qu'elle

possède. Ne pouvant les énumérer toutes, nous nous bornerons à attirer encore votre attention

sur l'une de ses plus importantes, c'est-à-dire le rayonnement permanent dont elle est le siège.

Jusqu'au

zéro absolu, c'est-à-dire jusqu'à 2730

de la glace, la

matière envoie sans discontinuer des vibrations

dans l'éther. Un bloc de glace peut être consi- déré comme source de chaleur rayonnante au même titre qu'un fragment de charbon incan- descent. La seule diHer.ence entre eux est dans

la quantité de chaleur rayonnée. Les plaines

glacées du pôle sont une

rayonnante comme les plaines brûlantes de l'é-

quateur, et si la sensibilité de la plaque photo-

au-dessous

de la température

source de chaleur

DE LA MATtKRE

2()

graphique n'était pas aussi limitée, elle pourrait,

la plus profonde nuit, reproduire l'image au moyen de leurs propres radia-

pendant

des

tions réfractées par les lentilles d'une chambre

noire. Ces auréoles rayonnantes qui entourent tous

les corps ne sont pas perceptibles parce que notre œil est insensible pour la plus grande par- tic des ondes lumineuses. La forme d'un être vivant ne nous paraît bien définie que parce que nos sens perçoivent seulement des frag- ments des choses. L'œil n'est pas fait pour tout voir. II trie dans l'océan des formes ce qui lui

est accessible et croit que cette limite artificielle est une limité véritable. Ce que nous perce- vons d'un être vivant n'est qu'une partie de sa forme réelle. Il est entouré des vapeurs qu'il exhale et des radiations qu'il émet constamment

corps

par suite de

valent tout voir, un être vivant nous appara! trait comme un nuage aux changeants contours. Ces ondes de lumière invisibles pour notre

sa température. Si nos yeux pou-

œil qu'émettent tous les corps sont perceptibles probablement par les animaux dits nocturnes capables de se guider dans l'obscurité. Poureux

le corps d'un être vivant, dont la température

30 LA NAISSANCE ET L'ÉVANOUISSEMENT

~a~

DE LA MATURE

est d'environSy", doit être entouré d'une auréoie

lumineuse

que seul le défaut de sensibilité de

notre œit empêche d'apercevoir. Il n'existe pas, réalité, de corps obscurs dans la nature, il existe seulement des yeux imparfaits. Un corps quelconque est une source constante de radia- tions visibles ou invisibles, mais qui sont tou- jours de la lumière.

en

Nous allons aborder maintenant l'étude de la dématérialisation de la matière.

Des expériences fort nombreuses, et sur la valeur desquelles on ne discute plus,ont prouvé,

ato-

comme je fus le premier à rétablir, que les

mes de la matière, considérés jadis comme très

stables, peuvent se désagréger, soit spontané- ment, soit sous l'influence de causes diverses. Les produits de cette dissociation sont iden-

tiques pour tous les corps, qu'ils soient engen- drés par la cathode de l'ampoule de Crookes, par le rayonnement d'un méta) sous l'action de

la lumière, ou par la désagrégation

de corps

spontanément

le thorium et le radium.

radio-actifs, tels que l'uranium,

32

LA NAISSANCE ET L'ÉVANOUISSEMENT

On peut donc, quand on veut étudier la dis-

sociation de la matière, choisir les corps pour lesquels le phénomène se manifeste de la façon

la plus intense, soit, par exemple, l'ampoule de Crookes où un métal formant cathode est excité par le courant électrique d'une bobine d'induc-

tion, soit, plus simplement, des composés très radio-actifs tels que tes sels de thorium ou de

radium. Des corps quelconques dissociés parla

lumière ou autrement donnent

mêmes résultats, mais la dissociationétantbeau- coup plus faible, l'observation des phénomènes est plus difficile.

d'ailleurs les

On constate que les produits divers de la dis- sociation de la matière actuellementconnuspeu- vent se ranger dans les six classes suivantes

Emanations, Ions négatifs, Ions positifs, Elec- trons, Rayons X etRadiations analogues. Il ne faudrait pas croire que ces substances représentent toutes les étapes de la dématëriali- sation de la matière. Celles dont l'existence est; connue ne sont que des fragments d'une sériel

probablement très longue. La quantité des particules émises par les corps pendant leur dématérialisation varie suivant les

corps. Elle serait, pour ~un gramme d'uranium

nE LA MATIERE

33

et de thorium de

yo.ooo par seconde, et quant au radium de 100.000

milliards, d'après les cal- culs de divers observateurs.

En frappant les corps

phosphorescents,

les

particules de

neux. Sur cette

riscope, instrument

matière dissociée les rendent !umi-

propriété est fondé le spintha-

qui

rend visible pour les dissociation perma-

simplement en un écran de sulfure de zinc, au-dessus

duquel trouve une petite aiguille dont l'extrémité fut trempée dans une solution d'un

nément

loupe, on voit

de petites étincelles

ticules. Je possède un de ces

depuis 4 ans n'a cessé d'émettre une

celles provenant de la dissociation de

mHhgramme de bromure de radium fixé à la

pointe

dissociable. En regardant corps l'écran sponta- à la

se

yeux les plus incrédules la

nente de la matière. H consiste

jaillir sans interruption une pluie

produite

par le choc des par-

instruments qui

pluie d'étin-

1/10

de

d'une aiguille.

Nous

venons de parier des millions de cor- par seconde que peut émettre durant

gramme d'un

corps radio-actif. De

à nous

puscules

des siècles i

tels duHres provoquent toujours une certaine i

aenance, parce que nous n'arrivons

pas représenter l'extraordinaire petitesse des été-

3

34~4

LA NAISSANCE ET L'EVANOUISSEMENT

ments de ia matière. Cette défiance disparaît

quand on constate la susceptibilité de substances très ordinaires à demeurer pendant des années, sans subir aucune dissociation, le siège d'une

émission

constater par l'odorat, mais inappréciable aux plus sensibles balances.

de particules abondantes

faciles à

M. Berthelot s'est livré sur ce sujet à d'inté- ressantes recherches. Il essaya de déterminer

la perte de poids que subissent

odorants bien que fort peu volatils. L'odorat est d'une sensibilité infiniment supérieure à celle de

la balance, puisque, pour certaines substances, telles que l'iodoforme, la présence de i centième de millionième de milligramme peut, suivant M. Berthelot, être facilement révélée.

Il est arrivé, après des recherches faites avec

des corps très

ce corps, à la conclusion que i gramme

d'io-

doforme perd seulement i centième de milli. gramme de son poids en une année, c'est-à-dire

î milligramme en cent ans, bien qu'émettant sans cesse un flot de particules odorantes dans

que si,

toutes les directions. M. Berthelot ajoute

au lieu d'iodoforme, on s'était servi de musc, les

poids perdus auraient été beaucoup plus petits,

DELAMATJERE

35

« mille fois plus

peut-être », ce qui ferait too.ooo

milligramme.

ans pour la perte de f

Les particules émises par la matière en se dis- sociant ont des vitesses de So.ooo à 3oo.ooo ki-

lomètres par seconde. Il peut sembler fort diffi- `

cile de

avec une tc!Ie

rapidité. Cette mesure est cepen- dant très simple.

mesurer la vitesse de corps se mouvant

Un

étroit faisceau de radiations obtenu par

avec un corps radio-

est

dirigé

sur un écran sus-

frappant, il

un moyen quelconque

actif, par exemple

ceptible de phosphorescence. En le

y produit une petite tache lumineuse.

Ce faisceau de particules étant électrisé est dé-

viable par un champ

magnétique.

On peut donc Le déplace-

phospho-

t'mnéchir au moyen d'un aimant.

ment de la tache lumineuse sur l'écran

rescent indique la déviation que fait subir aux

particules un champ

magnétique d'intensité

parti-

connue. La force nécessaire

dévier d'une

pour certaine quantité un projectile de masse connue permettant de déterminer la vitesse de ce der-

nier, on conçoit

cules il soit possible de déduire leur vitesse.

Ouand le pinceau de radiations

que de la déviation des

contient des

particules de vitesses différentes, elles tracent

36 LA NAISSANCE ET L'EVANOUtSSEMENT

DE LA MATtt~M

une ligne plus ou moins longue sur l'écran

phorescent au lieu de se manifester par un simple point, et on peut ainsi calculer la vitesse de chacune d'elles.

phos-

i m p l e point, et on p e u t ainsi calculer la v

VI

Nous

venons de vous parter des

forces

propriétés

de la matière,

peu de chose des

mais nous vous avons dit encore

siège. forces? Quel est le méca-

dont elle est le

En quoi consistent ces

nisme de leur production?

Toutes les forces

de la nature sont engendrées

d'équilibre de l'éther ou

quand les

équili-

par

par

de la

libres

des perturbations

matière et disparaissent

troublés sont rétablis. La lumière,

qui prend

exemple,

naissance avec les vibrations

de l'éther, cesse avec elles.

Deux corps en relation, d'électricité, de mouvement,

chargés de chaleur, etc., ne peuvent,

grandeur de ces

quelle que soit la différence de

corps, agir Fun sur l'autre et produire del'éner-

-!Q Oo

LA NAISSANCE ET L'ÉVANOUISSEMENT

gie que quand les éléments dont ils sont c</