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Épreuve de la discipline
 CONCEPTION PARASISMIQUE DES OUVRAGES 
CORRIGE
UPS - janvier 2015 - EM7GGCB1E1
Master M1 - Sciences pour l'Ingénieur - Génie civil.
Université Paul Sabatier - Toulouse 3 - Session 1 - 2015

Objet du problème
Le problème porte sur la détermination des sollicitations provoquées par la composante hori-
zontale d'un séisme agissant dans le plan d'un portique de bâtiment multi-nefs multi-étagé.

Figure 0.0.1  Portique multi-étagé à deux nefs.

Description de la structure étudiée


On considère l'ossature en béton armé de la gure 0.0.1. Les côtes reportées sur le schéma sont
les côtes entre-axes que l'on adoptera pour la modélisation. Le module du béton ssuré sera
pris égal à E = 20 GP a. On admettra que les deux poutres de plancher reprennent chacune
l'équivalent d'une charge répartie égale à g = 40kN/m au titre du poids propre (plancher, ossature, cloisons,
éléments porteurs). La poutre couvrant le rez-de-chaussée reprend, en plus, une charge linéique q = 10kN/m
qui représente la part quasi-permanente des charges d'exploitation. Le poids correspondant à l'ossature
elle-même, y compris les poteaux, est déjà intégrée dans la charge g mentionnée ci-dessus.
Les calculs de dynamique seront conduits dans l'hypothèse d'un comportement visco-élastique
de la structure et on admettra un facteur d'amortissement égal à ξ = 5%.
Les poteaux du rez-de-chaussée (RDC) sont articulés en pied. Toute autre liaison doit être
considérée comme étant rigide. Pour l'expression des sollicitations, les poteaux sont orientés
de bas en haut. Par souci de simplication on admettra que les planchers sont inniment rigides
et fonctionnent en diaphragme. La le de poteau (a) a pour dimensions transversales 20 × 30 cm (30 cm selon
la direction Y ) et les autres les (b) et (c) ont pour dimensions 20 × 20 cm.
Si des hypothèses supplémentaires devaient être faites pour la conduite des calculs, il appar-
tiendrait au candidat de les énoncer.
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Description du séisme
On ne considèrera que l'action de la composante horizontale du séisme selon la direction Y
décrite par son spectre de pseudo-accélération (g 0.0.2). L'accélération maximale de référence
est égale à ag = 2.8 m/s2 . Les équations des quatre branches du spectre sont également données
ci-dessous ; elles dépendent du coecient η qui vaut 1.0 dans le cas présent.

Figure 0.0.2  spectre de pseudo-accélération correspondant à la composante horizontale de séisme.

Questions
1. Que valent les masses sismiques M1 et M2 respectivement au niveau des planchers
1 et 2 ?
Masse niveau haut RDC :
50 kN/m
M1 = 6.60 m × = 33.639 t
9.81 kN/t
masse niveau haut 1er étage
40 kN/m
M2 = 6.60 m × = 26.911 t
9.81 kN/t
La masse totale vaut donc :
Mt = M1 + M2 = 33.639 + 26.911 = 60.550 t

2. Que valent les rigidités de chacun des six poteaux. Attention à bien prendre en
compte les articulations au RDC. Les poteaux sont désignés par la lettre minus-
cule de la le à laquelle ils appartiennent, assortie du niveau 0 pour le RDC ou 1
pour le 1er étage. On calculera donc les inerties quadratiques de exionIa0 , Ib0 , Ic0 , Ia1 , Ib1 , Ic1
puis les rigidités k associées.
3EI
Rez de chaussée : articulation + liaison rigide > T = ∆v - Etage : double liaison rigide > T =
h3
12EI
∆v .
h3
Inerties :
1
Ia1 = Ia0 = × 20 × 303 cm4 = 45 103 cm4 = 45 10−5 m4
12
1
Ib1 = Ic1 = Ib0 = Ic0 = × 20 × 203 cm4 = 13.333 103 cm4 = 13.333 10−5 m4
12
Raideurs :
3 × 20 106 kP a × 45 10−5 m4
ka0 = 3 = 1107 kN/m
(2.90 m)
3 × 20 106 kP a × 13.333 10−5 m4
kb0 = kc0 = 3 = 328 kN/m
(2.90 m)
12 × 20 106 kP a × 45 10−5 m4
ka1 = 3 = 3296 kN/m
(3.20 m)
3

12 × 20 106 kP a × 13.333 10−5 m4


kb0 = kc0 = 3 = 977 kN/m
(3.20 m)
3. compte tenu des hypothèses énoncées, la structure peut être substituée par une
brochette dont on donnera les caractéristiques de masse et de raideur (faire un
schéma).
La rigidité grlobale du rdc est égale à :
k0 = ka0 + kb0 + kc0 = 1107 + 2 × 328 = 1736 kN/m

et celle de l'étage :
k1 = ka1 + kb1 + kc1 = 3296 + 2 × 977 = 5250 kN/m

Figure 0.0.3  modèle en brochette.


4. établir les équations du mouvement de la brochette sous l'action du séisme hori-
zontal par application du théorème de Lagrange. Bien préciser ce que sont : la
matrice de masse [M ], la matrice de rigidité [k] et le vecteur [∆] en en donnant les
valeurs numériques dans les unités adéquates.
Energie cinétique :
1 2 1 2
K= M1 u̇21 + u̇g + M2 u̇22 + u̇g
2 2
Energie élastique :
1 1 2
Ve = k0 u21 + k1 (u2 − u1 )
2 2
Equations de Lagrange :
d ∂K ∂K ∂Ve


 − + = M1 (ü1 + üg ) + k0 u1 − k1 (u2 − u1 ) = 0
dt ∂ u̇1 ∂u1 ∂u1
d ∂K ∂K ∂Ve

 − + = M2 (ü2 + üg ) + k1 (u2 − u1 ) = 0
dt ∂ u̇2 ∂u2 ∂u2
donc, matriciellement :
       
M1 0 ü1 k0 + k1 −k1 u1 M1
+ = −üg ×
0 M2 ü2 −k1 k1 u2 M2
| {z } | {z } | {z }
[M ] [K] [M ∆ ]=[M ]T [∆]

Numériquement :  
+7013 −5250
[K] = kN/m
−5250 +5250
4

 
+33.639 0
[M ] = t
0 +26.911
 
 ∆ 33.369
M = t
26.911
 
1
[∆] =
1
5. calculer les deux pulsations propres ωi et les modes propres [Di ] correspondants.
On pourra poser λi = ωi2 .

Pulsations - ce sont les solutions de l'équation polynomiale :


det [K] − ω 2 [M ] = 0

on pose λ = ω 2 , alors :
7013 − λ33.639 −5250
det =0
−5250 5250 − λ26.911
soit le polynôme du second degré :
λ2 − 2 × 201.783λ + 10224.422 = 0
discriminant (réduit) :
δ = 30491.957 = 174.6202
solutions (par ordre croissant des valeurs) :
( 2
λ1 = 27.164 rad.s−1
2
λ2 = 376.402 rad.s−1
d'où les pulsations et périodes propres :
ω1 = 5.212 rad.s−1

ω2 = 19.401 rad.s−1

T1 = 1.206 s
T2 = 0.324 s
Modes propres [D] : ce sont les vecteurs propres généralisés des deux équations matricielles :
([K] − λi [M ]) [Di ] = [0] i = 1, 2
Ainsi, 1er mode :
   
7013 − 27.164 × 33.639 −5250 D11 0
−5250 5250 − 27.164 × 26.911 D12 0
ce qui donne (en prenant arbitrairement la première composante unitaire et sans qu'il soit besoin de préciser
l'unité) :  
1
[D1 ] =
+1.162
Et, 2ème mode :
   
7013 − 376.402 × 33.639 −5250 D21 0
−5250 5250 − 376.402 × 26.911 D22 0
ce qui donne :  
1
[D2 ] =
−1.076
Normalisons ces modes par rapport à la matrice de masse, alors :
  
2 T +33.639 0 1
kD1 k = [D1 ] [M ] [D1 ] = [1 ; +1.162] = 69.975 = 8.3652
0 +26.911 +1.162
donc :    
[D1 ] 1 +1 +0.120
[d1 ] = = =
kD1 k 8.365 +1.162 +0.139
et, de même :    
[D2 ] 1 +1 +0.124
[d2 ] = = =
kD2 k 8.050 −1.076 −0.134
5

6. calculer les masses modales M̃i en tonne et en pourcentage de la masse  totale 


mobilisée par le séisme.
Par dénition de la masse modale :
 T 2
M ∆ . [Di ]  T 2
M̃i = T
= M ∆ [di ]
[Di ] [M ] [Di ]

donc :   2
+0.120
M̃1 = (33.639 ; 26.911) = 60.211 t (99.44%)
+0.139
et :   2
+0.124
M̃2 = (33.639 ; 26.911) = 0.339 t (0.56%)
−0.134
La somme des masses modales est à comparer à la masse mobilisée dans la direction du séisme dénie par :
T
M ∆ = [∆] [M ] [∆] = 33.639 + 26.911 = 60.550 t

ce qui correspond ici tout simplement à la somme des masses sismiques Mt = M1 + M2 . On constate bien
que :
M̃1 + M̃2 = 60.211 + 0.339 = M ∆
7. compte tenu du spectre sismique, déduire les forces sismiques Fi1 et Fi2 au niveau
des masses concentrées pour chaque mode.
Relevons tout d'abord les pseudo-accélérations associées aux modes de vibration. Pour le 1er mode :
0.40
TC ≤ T1 = 1.206 s ≤ TD ⇒ Se (T1 ) = 2.5 × 2.8 m.s−2 × = 2.32 ms−2
1.206
pour le second mode :
TB ≤ T2 = 0.324 s ≤ TC ⇒ Se (T2 ) = 2.5 × 2.8 m.s−2 = 7.00 ms−2

Les eorts statiques équivalents au séisme sont calculables, soit par le coecient de participation :
 ∆ T
M [Di ]
[Fi ] = Se (Ti ) × T
× [M ] [Di ]
[Di ] [M ] [Di ]

soit par la masse modale :


M̃i
[Fi ] = Se (Ti ) × T
× [M ] [Di ]
[M ∆ ] [Di ]
Adoptons la seonde approche, alors pour le 1er mode :
    
−2 60.211 t +33.639 0 1 +72.391
[F1 ] = 2.32 ms ×  × = kN
1 0 +26.911 1.162 +67.294
(33.639 ; 26.11)
1.162

et pour le deuxième :
    
0.339 t +33.639 0 1 +17.055
[F2 ] = 7.00 ms−2 × × = kN
−1.076 −14.681

1 0 +26.911
(33.639 ; 26.11)
−1.076

8. PAR LA SUITE LES CALCULS SERONT EFFECTUES POUR LE MODE 1 -


établir les diagrammes (T ) des eorts tranchants et (M ) des moments échissants
produits dans la structure par le séisme, y compris dans les poutres de plancher.
Dans un premier temps on calcule les eorts tranchants dans le modèle en brochette (gure 0.0.4 gauche).
Dans un second temps on redistribue ces valeurs dans les poteaux de la structure native au prorata des
raideurs ou des inerties (gure 0.0.4 droite).
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Figure 0.0.4  Eorts tranchants. A noter que le sens donné aux eorts tranchants globaux est arbitraire
(mais les deux eorts agissent tous deux dans le même sens).

Ia0 45
ta0 = T0 × = 139.685 × = 87.709 kN
Ia0 + Ib0 + Ic0 45 + 2 × 13.333
| {z }
0.628
13.333
tb0 = tc0 = 139.685 × = 39.072 kN
45 + 2 × 13.333
| {z }
0.280
ETAGE :
Ia1
ta1 = T1 × = 67.294 × 0.628 = 42.253 kN
Ia1 + Ib1 + Ic1
tb1 = tc1 = 67.294 × 0.280 = 18.842 kN
Les moments échissants sont ensuite déduits par exploitation des lois de l'équilibre local en résistance des
matériaux. Au RDC, les liaisons sont  articulation-rigide  l'eort tranchant est positif, le moment décroît
linéairement de 0 à l'articulation jusqu'à −t0 × h0 . A l'étage les liaisons sont  rigide-rigide , le moment est
antisymétrique avec une valeur décroissant de + 21 t1 × h1 à − 12 t1 × h1 . Par conséquent, on obtient ainsi le
diagramme partiel de la gure 0.0.5.

Figure 0.0.5  Moments dans les poteaux.


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A noter que le calcul des sollicitations dans les poutres de planchers s'eectue par équilibre
des noeuds de l'ossature et que, donc, ce calcul nécessite la détermination des eorts normaux.
Nous passons donc à la question suivante avant de revenir sur ce calcul.
9. calculer les eorts normaux de renversement pour chaque étage et chaque po-
teau.
Calculons les eorts normaux de renversement en bas du RDC. Nous considérons la gure 0.0.6

Figure 0.0.6  Calcul des eorts normaux au RDC.


En premier lieu, il convient de remarquer que le problème est hyperstatique 1 et que nous aurons
besoin de prendre en considération la déformée des poteaux du RDC. Toutefois, considérant
le plancher comme rigide (position en pointillés) les élongations des poteaux s'inscrivent dans
une variation linéaire décrite par les paramètres d et α (gure 0.0.6). Par conséquent :
EAa0
Na0 = d×α
h0
EAb0
Nb0 = (d + 4.10) × α
h0
EAc0
Nc0 = (d + 4.10 + 2.50) × α
h0
Par équilibre global dans la direction verticale, la somme de ces eorts est nulle et donc :
Na0 + Nb0 + Nc0 = 0 ⇒ Aa0 d + Ab0 (d + 4.10) + Ac0 (d + 6.60) = 0

ce qui permet de calculer l'excentrement d :


4.10 × Ab0 + 6.60 × Ac0
d=−
Aa0 + Ab0 + Ac0
avec :
Aa0 = 30 × 30 = 900 cm2 Ab0 = Ac0 = 30 × 20 = 600 cm2
par conséquent :
4.1 × 6 + 6.6 × 6
d=− = −3.057 m
9+6+6
1. L'équilibre global concerne 3 inconnues et nous disposons certes de 3 équations mais l'équation d'équilibre selon l'hori-

zontale est déjà satisfaite et n'implique pas les inconnues. Il n'y a donc que 2 équations pour 3 inconnues ce qui caractérise

l'hyperstaticité.
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le centre de rotation est donc situé à l'intérieur du bâtiment dans la première travée. Ecrivons maintenant
l'équilibre en moment par rapport au point A.
F11 × 2.90 + F12 × 6.10 − Nb0 × 4.10 − Nc0 × 6.60 = 0

donc :
E
α [Ab0 (4.10 − 3.057) × 4.10 + Ac0 (6.60 − 3.057) × 6.60] = 72.391 × 2.90 + 67.294 × 6.10 = 620.427 kN m
h0
et :
E 620.427 kN m
α= = 373.840 kP a.m−1
h0 0.06 m2 × (4.1 m × 1.043 m + 6.6 × 3.543)
ce qui permet de calculer les eorts normaux :
E
Na0 = α × d × Aa0 = 373.840 kP a.m−1 × −3.057 m × 0.09 m2 = −102.85 kN
h0
E
Nb0 = α × (4.10 + d) × Ab0 = 373.840 × 1.043 × 0.06 = +23.39 kN
h0
E
Nc0 = α × (6.60 + d) × Ac0 = 373.840 × 3.543 × 0.06 = +79.47 kN
h0
On procèderait de même au 1er étage...
10. calculer les déplacements dynamiques des planchers.

La pseudo accélération subie par le plancher haut du RDC est égale à


F11 72.391 kN
γ1 = = = 2.152 m.s−2
M1 33.639 t
Le déplacement sismique maximal est donc :
γ1 γ1 2.152
q1 = 2 = = = 0.079 m
ω1 λ1 27.164

De même pour le plancher haut du 1er étage :


F12 67.294
q2 = = = 0.092 m
M2 × λ1 26.911 × 27.164

E.Ringot - Université Fédérale de Toulouse - Master de génie civil - SISMIQUE 2015 SESSION 1