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La résilience et la fragilité du système

bancaire dans les pays émergents

Réalisé par : Encadré par :

HADDIOUI AICHA Professeur E. MEJDOUBI

EL YOUBY ISMAHAN

ZNASSNI ISLAM

DOUIRI AMINE

SEDDOUG HAMZA
Plan

Introduction

Chapitre I : Le Système bancaire des pays émergents

Section 1. Le système bancaire des pays émergents

1.1 La notion des pays émergents


1.2 Les caractéristiques financières des économies émergentes

Section 2. . Le Système bancaire des trois zones émergentes

2.1. Pays de l’Europe centrale et de l’Est

2.2. Pays du Moyen orient et Afrique de Nord : Turquie

2.3. Pays d’Asie de l’Est

Chapitre II : Mécanismes et facteurs des crises bancaires dans les pays émergents

Section 1 : L’exigence économique de la stabilité financière

Section 2 : Les causes de fragilité du système bancaire dans les pays émergents

2.1 Revue de la littérature sur les crises bancaires


2.2. Les origines de crises bancaires : causes

Chapitre III : la résilience du système bancaire dans les pays émergents

Section 1 : l’approche historique de la résilience macroéconomique

Section 2 : Dix ans après la crise financière mondiale : le système est-il plus sûr ?

Section 3 : La Réglementation Prudentielle :

1-Les accords de Bâle

2- La mise en place des accords de Bâle dans les pays émergents


Conclusion générale

Bibliographie

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Introduction
Au cours des siècles passés, l’occurrence et la récurrence des épisodes des crises financières
se sont notablement accrues. En effet, ces turbulences financières ont frappé presque tous les
pays. De ce fait, le système bancaire est l’un des plus touchés par ces crises, bien qu’il soit
l’un des plus réglementés de l’économie. Un nombre important de pays aussi bien développés
qu’émergents ont connu de graves crises bancaires. Depuis lors, ces pays nécessitent pour tant
une attention particulière étant donné qu’ils sont caractérises par des marchés financiers sous-
développés, une opacité accrue au sein de systèmes bancaires fragiles, un volume important
de créances douteuses et litigieuses et parfois un environnement légal, institutionnel et
réglementaire inadéquat. De là s'est posée la question sur le rôle de la règlementation bancaire
comme un mécanisme indispensable pour prévenir le risque systémique, pour éviter les
conséquences négatives des paniques et au maintien de la stabilité financière. Cela nous a
amenée dans un premier temps,nous présentons le système bancaire des pays émergents, Dans
un second temps, à étudier les causes et les facteurs explicatifs de la fragilité du système
bancaire dans les pays émergents. Ensuite, nous présentons une revue de la littérature
théorique sur les fondements de la crise bancaire. Puis nous présentons les fondements
théoriques de la réglementation bancaire et son évolution ainsi les effets de la réglementation
prudentielle et de la supervision bancaire dans le cas des crises bancaires dans les pays
émergents.

Dans la plupart des pays émergents, on assiste à une augmentation considérable de


l’apparition du phénomène de crises bancaires. Depuis lors, ces pays nécessitent pour tant une
attention particulière étant donné qu’ils sont caractérisés par des marchés financiers sous-
développés, une opacité accrue au sein de systèmes bancaires fragiles, un volume important
de créances douteuses et litigieuses et parfois un environnement légal, institutionnel et
réglementaire inadéquat.

Désormais, la question de la stabilité financière est devenue très largement internationale. Elle
concerne aussi bien les systèmes financiers des pays développés que ceux des économies
émergentes, avec des effets de contagion souvent massifs.

Partant de cette constatation, on essaiera de chercher à répondre à la question suivante : Quels


les causes et les facteurs explicatifs de la fragilité du système bancaire dans les pays
émergents ? Et quels sont les effets de la réglementation prudentielle et de la supervision
bancaire sur l’occurrence des crises bancaires dans les pays émergents ?

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Chapitre I : Le Système bancaire des pays émergents
Section 1 : Le système bancaire des pays émergents

1.1. La notion des pays émergents

L’« émergence » est un concept né à la fin de la guerre froide et diffusé au milieu des
années 90 pour indiquer les pays qui s’intégraient rapidement dans les échanges
commerciaux et /ou les circuits financiers internationaux. Ce concept s’est imposé après
l'écroulement du bloc socialiste (chute du mur de Berlin en 1989, dissolution de l’URSS
en 1991), et le triomphe des économies libérales. Avant cette période et pour assurer la
différence entre les deux blocs de la guerre froide, on faisait la distinction entre pays
développés et pays en voie de développement ou tiers monde. Dans un monde dirigé par
l’économie libérale, la notion d’émergence provient d’une idée laissant à tous les pays les
mêmes chances et les mêmes objectifs. Ces pays ont plusieurs points communs en ce qui
concerne la dynamique de croissance, de PNB, de réforme et de libéralisation
économiques, mais aussi risque. Néanmoins, il n’existe pas de définition Certains auteurs,
comme Lelart (1996), établissent « que l’on peut considérer un pays comme émergent
pour deux raisons bien distinctes mais qui sont étroitement associées. D’une part, il
connaît un taux de croissance relativement élevé, parce que qu’il a réussi à développer son
commerce extérieur et à accroître sensiblement ses exportations : il s’est intégré au
commerce international. En outre, il a établi ou réanimé un marché financier sur lequel les
transactions peuvent se développer parce qu’il a soutenu les entreprises à se financer de
cette façon, à partir de l’épargne nationale aussi bien qu’étrangère ; en rendant sa monnaie
convertible et en libérant ses capitaux : il s'est incorporé à la finance internationale ».
Généralement, un pays sera considéré comme émergent s’il remplit trois critères :
 Un niveau de richesse (revenu par tête moyen inférieur à 70% du niveau moyen des pays
de l’OCDE),
 Une insertion rapide dans la division internationale du travail qui se traduit par une
participation croissante aux échanges internationaux de produits manufacturés (croissance
des exportations de produits manufacturés y compris les industries agroalimentaires
supérieure de 2% en moyenne par an à la croissance des échanges mondiaux).
 Enfin, l’attraction que ce pays exerce sur les flux financiers internationaux (notamment
en termes de l’IDE).

1.2. Les caractéristiques financières des économies émergentes :

Durant les années 90, l’épargne mondiale, les flux d’investissement, les développements
économiques et les pouvoirs publics ont été influencés par la globalisation des marchés
financiers. C’est pourquoi il nous paraît intéressant de montrer les caractéristiques du système
financier dans les pays émergents afin de pouvoir déterminer les mesures les plus adéquates à
l’amélioration de la stabilité et de la robustesse et ainsi à l’analyse des effets des risques
financiers sur la performance macroéconomique de ces pays.

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Cette analyse est très importante car l’expérience au cours des deux décennies 80-90, nous a
montré que le marché financier international était ravagé par des crises financières coûteuses
et contagieuses.

Chaque marché, y compris ses lois et réglementations, doit participer à rendre le système
financier plus performant et plus robuste.

Plusieurs pays émergents ont déjà expérimenté des périodes prolongées d’intervention sur les
marchés financiers et de restrictions aussi bien sur les flux des capitaux et les transactions que
sur la convertibilité des devises. Les structures légales et réglementaires appliquées aux
systèmes financiers des pays émergents sont souvent fragiles et inadéquates aux besoins des
marchés. C’est la raison pour laquelle la plupart des marchés émergents présentent des retards
significatifs dans les structures de leur système. Dans tous les pays, qu’ils soient industrialisés
ou non, les banques sont la pierre d’angle de l’intermédiation financière. Elles sont les seuls
approvisionneurs de crédits productifs créateurs d’investissements dans la plupart des pays
émergents.

En effet, les banques ont d’autres activités comme celles de jouer le rôle de chambre de
compensation de paiement ou de « netting » des devises. En conséquence, le secteur bancaire
est le mieux qui a la capacité de transférer les actions de la politique monétaire sur les taux
d’intérêt, sur les niveaux de liquidité, sur l’activité économique et sur les indices des prix à la
consommation et même à la production. De ce fait, la stabilité du système bancaire et sa
solidité constituent les conditions nécessaires et suffisantes qui indiquent le bon
fonctionnement du système financier. La différence qui existe entre la structure de secteur
bancaire des pays émergents et celle des pays développés influence les modes de gestion, les
fonctions et la réglementation des banques dans les deux types d’économies. Effectivement, la
différence du secteur bancaire des pays émergents est due à deux facteurs fondamentaux, qui
influencent largement l’efficacité des banques de ces économies.

Section 2 : Le Système bancaire des trois zones émergentes :

2.1. Pays de l’Europe centrale et de l’Est

o L’évolution des secteurs bancaires

Dans le but de s’orienter vers une économie de marché, les systèmes bancaires des pays
d’Europe Centrale et de l’Est ont connu des mutations profondes depuis le début des années
90. Les secteurs bancaires traditionnels socialistes se sont penchés vers des systèmes
bancaires à deux piliers caractérisés par l’établissement d’une Banque indépendante et son
corollaire de banques privées de seconds rangs, tout en mettant fin à un système de mono
banque. Cette évolution a eu comme principale conséquence un accroissement vertigineux du
nombre de banques à la suite de la libéralisation des marchés.

Selon les conditions de départ et les choix politiques ultérieurs, la réforme du système
bancaire a suivi une de deux voies différentes et parfois même une combinaison des deux :

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1- La création rapide de nouvelles banques et la liquidation des anciennes comme l’ont
fait l’Estonie et la Russie. C’est le fait qui a abouti à l’apparition de centaines banques
du jour au lendemain, dont la plupart ont faillite rapidement.
2- La réorganisation des anciennes banques d’Etat surendettées en vue de la
privatisation. Cette approche a été adoptée par la Hongrie et la Pologne.

2.2. Pays du Moyen orient et Afrique de Nord :

o Turquie
Avant l’année 1980, la structure du système bancaire turc est souvent connu par le terme de
répression financière : la fixation administrative des taux d’intérêt, les taux d’intérêt négatifs
en termes réels ; l’encadrement de crédits et crédits sélectifs ; la lourde taxation des revenus
du capital ; les coefficients de réserves obligatoires et de liquidité élevés ; le contrôle de
change ; la limitation des entrées dans le secteur. L’évolution du système bancaire turc dans la
décennie 1980 n’était pas autonome de la mutation du système monétaire et financière
international. Ainsi, elle a été marquée par le même processus de libéralisation et
d’innovation. En janvier 1980, la première phase des réformes commence par le mouvement
de libéralisation, accompagné de la mise en place des programmes de stabilisation et
d’ajustement structurel, il s’agissait d’une réorientation de l’économie vers une économie
ouverte ou intégrée à l’économie mondiale. En effet, cette réorientation du secteur financier a
été entreprise, d’abord comme un volet de ce vaste programme d’ajustement structurel. Après,
elle devait être transformée en un processus de libéralisation et d’innovation devant la
mondialisation de l’économie et du système bancaire. Enfin, ce processus a gagné de
l’ampleur sous l’effet psychologique du Marché Unique Européen qui a été perçu en Turquie
comme une configuration des tendances globales, ou comme un signe de l’amplification de la
concurrence bancaire au niveau mondiale. Cette phase tend à éliminer les divers contrôles et
réglementations avec l’annulation des plafonds sur les taux d’intérêt. Au début de la décennie
1990, la compétitivité du système bancaire et financier s’est placée au centre de
préoccupations majeures, les particularités de l’économie turque continuent d’affecter
l’application des réformes. Ils ont provoqué de forts différentiels de productivité entre les
différentes régions et des obstacles devant l’emploi. En 1994, la Turquie a connu une crise de
courte durée mais de forte ampleur. Pendant les quatre années qui suivirent, l’économie a
connu des taux de croissance positives mais sans réelle stabilisation dans les fondamentaux.
En 1998, sous le contrôle du FMI, le gouvernement turc entame un programme de
désinflation. La crise russe d’août 1998, les élections législatives d’avril 1999 et deux grands
tremblements de terre en 1999 ont participé à la détérioration des comptes publics.

Fin 1999, le gouvernement et sous le contrôle du FMI a adopté un programme de stabilisation


fondé sur un régime de change flottant. Ce programme a un objectif de réduire l’inflation
alors que certaines institutions bancaires ont connu des fortes tensions sur leur liquidité. Les
déficiences du système bancaire et financier au début des réformes a duré et les certaines
réformes institutionnelles et légales qui sont réalisées ne suffisent pas à générer un
environnement adéquat au développement du secteur.

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2.3. Pays d’Asie de l’Est

o La Thaïlande
Pendant de nombreuses années, le système bancaire est resté relativement fermé. En 1990 la
Thaïlande s’est embarquée dans un programme de libéralisation financière des marchés
domestiques et du compte de capital. Pendant les années 90, les mutations du système
bancaire thaïlandais sont marquées par l’entrée progressive des banques étrangères et la
modification du métier des banques nationales.

Cependant, malgré ce programme de libéralisation, le modèle thaïlandais reste basé sur


l’intervention gouvernementale. C’est l’une des raisons pour lesquelles le programme imposé
par la Thaïlande suite à la crise de 1997 a échoué. Suite à la crise financière qui s’est
déclenchée en 1997 le paysage bancaire thaïlandaise a connu une certaine transformation :
une dimension importante de nombres des banques, l’Etat ayant pris une décision de
nationalisé puis fusionné un certain nombre d’entre elle ; les autorités publiques ont relâché la
limite de 25% maximum de détention du capital des banques commerciales nationales par les
banques étrangères et les autorisant à détenir jusqu’à 75% des banques commerciales locales.
Ainsi, la présence des banques étrangères dans le marché bancaire thaïlandais a augmenté, on
compte 18 banques commerciales étrangères qui opèrent, comme les banques commerciales
thaïlandaises, sous une Full Banking License. Leurs capacités sont similaires à celles des
banques thaïlandaises à l’exception de la possibilité de développement d’un réseau, ce qui les
prive de l’activité de banque de détail.

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Chapitre II : Mécanismes et facteurs des crises bancaires dans les pays
émergents
L’ancienne littérature économique observait principalement deux grandes structures
économiques, dans lesquelles les différents pays s’inscrivaient : le groupe des pays
développés caractérisé par un niveau d’industrialisation avancé, un système économique et
financier performant et ainsi le groupe des pays en voie de développement. Ce dernier est
caractérisé par un PIB relativement faible, un secteur économique et financier peu performant.
Le secteur financier de ces pays est moins liquide, l’économie manque de financement et le
niveau d’investissement qui en découle demeure à son tour précaire.

Les années 80 ont été marquées par des mutations économiques profondes au sein du bloc des
pays en voie de développement. Un certain nombre de pays d’Asie, d’Amérique Latine,
d’Europe de l’Est et quelques-uns d’Afrique ont enregistré un décollage économique lié à
leurs avantages comparatifs en main d’œuvre, à la libéralisation des secteurs d’activité, à la
concurrence étrangère et à la relative stabilité intérieure. Ces pays, nommés aujourd’hui « les
pays émergents »

Pendant ces deux dernières décennies, où la majorité des économies émergentes ont déjà
amorcé au mouvement de libéralisation financière, plusieurs crises bancaires ont frappé ces
pays. Ces crises sont de plus en plus coûteuses et fréquentes. La récurrence et l’ampleur des
crises bancaires ont suscité les économistes à étudier les causes et les facteurs déterminants
des crises bancaires.

Section 1 : l’exigence économique de la stabilité financière

Durant la dernière décennie, l'accélération des intensités concurrentielles sur les marchés
financiers remet à l'ordre du jour la question de la stabilité et de la sécurité du système
bancaire. Ceci s’explique par la récurrence des crises financières et bancaires à dimension
systémique. L'économie mondiale a été marquée durant ces années par une vague de crises
financières touchant tous les pays aussi bien les pays développés que ceux en voie de
développement. Cette instabilité financière a eu souvent, dans les pays concernés, des
conséquences économiques et sociales importantes, notamment, une contraction de l'activité
réelle, des faillites d'entreprises, un accroissement du chômage et une aggravation de la
pauvreté.

L'analyse des mécanismes de la propagation des crises financières récentes montre qu'elles
naissent dans le secteur bancaire, s'étendent ensuite aux autres segments du système financier
(assurances, bourses, financement décentralisé, etc.) avant d'affecter l'activité réelle. La perte
massive d'emploi dans le secteur financier avec une réduction brutale de la valeur des actifs
des ménages, sont les deux symptômes à remarquer avant tout. La pauvreté grandit et amplifie
les effets sociaux de la crise.

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Conclusion

Généralement, l’activité économique, surtout dans les pays en développement nécessite une
mobilisation des ressources intérieures afin de financer les investissements privés. En
principe, cela repose sur un système financier efficace et solide. En revanche, l'instabilité
financière, en entraînant des crises monétaires et bancaires, peut affecter l'économie réelle à
travers l'investissement et réduire durablement la croissance économique.

Section 2 : Les causes de


fragilité du système
bancaire dans les pays « Les transformations des marchés financiers continuent
émergents de modifier, de diverses manières, le degré et les causes de
la vulnérabilité du système bancaire face aux crises,
renforçant sa solidité à certains égards et le rendant plus
fragile à d’autres » Rossi (1999)

D’ailleurs, durant ces dernières années, les crises bancaires et leurs déterminants ont fait
l’objet d’une large recherche empirique et théorique. La première section offre une recension
de la littérature récente sur l’explication des crises bancaires dans les pays émergents. Alors
que dans la deuxième section, nous présenterons, les principales causes qui jouent un effet
déstabilisateur sur les banques des pays émergents.

2.1Revue de la littérature sur les crises bancaires

L’objectif de cette section est de présenter un bref Survey des études empiriques et des
modèles qui ont fourni les premiers résultats consistant sur le sujet. La littérature sur les crises
bancaires s’est développée ces dernières années avec le nombre des défaillances bancaires,
notamment dans les pays émergents.

 L’insolvabilité du système bancaire a différents aspects. Calomiris et Gorton (1991),


définissent une panique bancaire, comme un afflux soudain des déposants qui se
pressent aux guichets des banques pour retirer leurs dépôts en espèces.

 Quant aux Caprio et Klingebiel (1996, 1997b), ils définissent les crises bancaires
comme l’instant où l’ensemble des banques fait faillite ou bien l’instant durant lequel
il y a eu un retrait massif des capitaux des banques. A ce moment-là, les banques
suspendent la convertibilité interne de leur engagement, c’est là où l’État est contraint
d’intervenir au moyen d’une aide massive afin d’éviter cette situation.

 Caprio et Klingebiel (1997b) distinguent trois types de crises bancaires :

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1. La crise limitée à une seule banque ou à un faible nombre de banques, dans ce
cas la crise n’est pas systémique.

2. La crise imprévisible, dans ce cas, il y a une panique avec une perte de


confiance des agents économiques dans le système bancaire.

3. La crise structurelle et persistance, dans ce cas-là, la majorité des banques est


insolvable tout en continuant leur activité.

2.2. Les origines de crises bancaires

Pour secteur bancaire, l’ouverture des frontières économiques et financières a contribué à


l’émergence de nouveaux marchés et produits et également d’une nouvelle clientèle plus
exigeante. Cette évolution a accentué l’exposition des établissements financiers aux risques
inhérents à leurs activités et à l’apparition des nouveaux risques.

Généralement, la banque peut être exposée à plusieurs types de risque :

 Risque de liquidité : On parle de risque de liquidité lorsque la banque n’ait pas assez
de liquidités pour répondre à ses engagements à court terme. La banque n’est alors
plus solvable. Elle est dans l’incapacité de répondre aux demandes de retraits de ses
clients.
 Risque de crédit : On parle de risque de crédit lorsque les emprunteurs de la banque
ne respectent pas leurs engagements et en échappant au remboursement de leurs
services de la dette.
 Risque de marché : Ces risques sont liés aux fluctuations des taux d’intérêt, des taux
de change et des cours boursiers. Le risque de taux d’intérêt est occasionné par des
variations non anticipées des taux d’intérêt. La présence de ces risques se traduit par
un accroissement des dettes étrangères non couvertes libellées en devises.
 Risque opérationnel : Il provient d’une gestion inefficace des ressources et des
emplois de la banque. Il est donc principalement lié aux problèmes de
dysfonctionnements et de contrôles internes.

L’objectif de cette section est de montrer les différentes causes des crises bancaires dans les
pays émergents.

Une banque mise en difficulté par une ruée de ses déposants peut se transformer en faillite en
chaîne impliquant les autres banques saines. Les raisons sont multiples : soit à cause des
créances interbancaires, soit à cause de la baisse des valeurs de portefeuille, soit par une perte
de confiance généralisée du public envers le système. Ces raisons d’influence peuvent alors
déboucher sur une crise bancaire généralisée.

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o Les fondamentaux de la vulnérabilité bancaire :

1. Les Causes liées à l’environnement macroéconomique

A. Les facteurs endogènes :

Du côté de la volatilité des variables endogènes, ce qui est en cause c’est le moment où les
taux de croissance et d’inflation sont très instables, les banques trouvent des difficultés
d’évaluer le risque de crédit.

En effet, un taux de croissance faible ou abaissant attenue la capacité du service de la dette


des emprunteurs et participe à l’accroissement du risque de crédit.

B. b.Les facteurs exogènes :

b.1. L’évolution des taux d’intérêt internationaux :

La volatilité des taux d'intérêt internationaux qui a un effet induit sur les flux de capitaux
privés est un facteur exogène important. La période de l'amplitude de la libéralisation
financière de ces volatilités a également fortement augmenté. En effet, ces changements
n’affectent pas seulement le coût de l’emprunt pour les pays émergents, mais elles emmènent
également un effet direct sur les mouvements internationaux des capitaux.

b.2. Les variations des termes de l’échange :

Depuis la mise en œuvre du processus de la libéralisation financière, les pays émergents sont
souvent plus dépendants de fluctuations des prix externes et vulnérables aux chocs sur les
marchés internationaux. Ces pays sont souvent sujets à des larges fluctuations des termes de
l’échange, première source de volatilité externe, qui fragilise la capacité des emprunteurs à
rembourser leurs dettes.

b.3. L’évolution des taux de change réels :

Le troisième indicateur de volatilité externe est l'évolution du taux de change réel. Il affecte
directement le bilan des banques (en effectuant des écarts entre actifs et passifs), et leurs
clients aussi.

En général, ces différentes causes d’instabilité liées à l’environnement macroéconomique


constituent un facteur exogène pour la supervision bancaire. Elles constituent la capacité
gouvernementale et monétaire.

2. Les causes d’instabilité liées aux structures financières

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Dans la littérature économique, les structures inadaptées aux conditions d’exercice de
l’activité financière ont été souvent à l’origine des crises bancaires. Généralement, les
difficultés rencontrées sont liées à l’inadéquation du cadre institutionnel, au manque de
préparation face à la libéralisation financière, ou à une intervention marquée des pouvoirs
publics dans la gestion des banques.

a. Un cadre institutionnel inadéquat :

Une structure légale et institutionnelle, selon laquelle fonctionnent les banques, exerce une
influence très importante sur la solidité du système bancaire et leurs activités. Un mauvais
contrôle d'une structure institutionnelle, suivant laquelle une banque pourrait agir, peut
affecter négativement sa performance et exacerbe la vulnérabilité financière du système
bancaire.

.L’intervention des pouvoirs publics dans le fonctionnement des banques dans les
pays émergents :

L'intervention du gouvernement dans l'activité bancaire est souvent la source de


vulnérabilités. C'est particulièrement dans les pays émergents où la part des banques
publiques est importante. Ceci se traduit notamment par le maintien d’une politique
d’allocation sélective des crédits. Ainsi, des projets jugés prioritaires et peu rentables seront
préférés à d’autres plus rentables.

o Selon Goldstien et Turner (1996), les pays dont part des banques publiques est plus
importante, ont un niveau plus élevé des coûts opérationnels et des prêts improductifs.

Néanmoins, une faible précaution dans la qualité des crédits consentis, peut transformer les
financements bancaires vers des secteurs peu performants. En outre, les banques publiques
protégées par l’état connaissent rarement des concurrences. Ceci favorise les durcissements
qui limitent les incitations à l’innovation et empêche l’indentification rapide des créances
douteuses ou le contrôle des coûts.

a. Une imparfaite préparation du secteur financier au mouvement de


libéralisation
Dans les pays émergents, depuis deux décennies, on observe une instabilité financière
grandissante et successive aux mouvements de libéralisation financière.

Lorsque la libéralisation financière ne peut pas être vue comme le seul facteur responsable des
crises, elle offre un contexte créateur d’instabilité. Dans l’étude empirique sur les crises
financières des années 90, Plihon et Miotti (2001), indiquent que les épisodes de crises
bancaires sont intimement liés aux phases de libéralisation financière, menées dans les pays
émergents.

3. Les causes d’instabilité liées aux pouvoirs des superviseurs

Avant que les marchés financiers procèdent à la libéralisation financière, il est indispensable
pour les établissements bancaires d’avoir des structures de décision et de contrôle adéquats au

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nouvel environnement dans lequel elles vont agir. Les superviseurs et les régulateurs ont un
rôle à jouer dans cette préparation. Cependant, ils doivent d'abord se donner les moyens
intellectuels et techniques pour surveiller ces évaluations futures et d'évaluer les risques
associés à ces nouvelles activités. En effet, certains mécanismes de gouvernance peuvent
délibérer des prises de risque davantage ; cela s’inscrit dans le but de recherche de la
profitabilité la plus élevée. Dans cette direction les responsabilités des autorités de supervision
se trouvent plus engagées. Particulièrement, les principales causes de faiblesses détectées dans
un système bancaire peuvent être :

 Un excès de crédit et des financements risqués durant la phase d’expansion du cycle


économique,
 Une concentration du risque de crédit
 Un déséquilibre en matière de liquidité, d’échéances et de devise entre les actifs et les
engagements bancaires.

Conclusion

Nous avons essayé dans le cadre de ce chapitre d’analyser les causes de fragilité du système
bancaire dans les pays émergents, nous avons dégagé les principales causes des crises
bancaires dans ces pays. Certaines causes sont liées à la faiblesse dans les fondamentaux
économiques des pays affectés par la crise, alors que d’autre proviennent de la faiblesse des
systèmes financiers nationaux. En effet, les principales causes détectées de la faiblesse du
système bancaire peuvent être : un excès de crédit et des financements risqués durant la phase
d’expansion du cycle économique, une concentration du risque de crédit et un déséquilibre en
matière de liquidité, d’échéances et de devise entre les actifs et les engagements bancaires.

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Chapitre III : Résilience du système bancaire dans les pays
émergents
Section 1 : l’approche historique de la résilience macroéconomique

Les nouveaux indices de résilience macroéconomique utilisent des données de la période


2007-2018 pour 31 pays, représentant environ 75 % du produit intérieur brut (PIB) mondial.
Ils se composent d’un large éventail de variables permettant une évaluation plus holistique de
la santé économique que le PIB à lui tout seul. L’analyse montre que 80 % des pays de
l’échantillon avaient des scores de résilience plus bas en 2018 qu’en 2007. Les principaux
déterminants de cette tendance ont été l’épuisement des politiques monétaires choisies dans
de nombreuses économies développées et un environnement opérationnel difficile pour le
secteur bancaire, même si les institutions financières ont gagné en solidité depuis la crise.

« Vu la probabilité d’une récession aux Etats-Unis l’année prochaine, estimée à 35 %, et les


ramifications mondiales que cela implique, il est plus important que jamais d’évaluer la
résilience sous-jacente de nos économies et de ne pas se limiter aux mesures traditionnelles du
PIB », poursuit Haegeli. « Les tampons politiques contre les chocs économiques sont
aujourd’hui globalement plus minces qu’en 2007. La politique monétaire ultra-accommodante
de ces dernières années laisse peu de marge de manœuvre aux banques centrales à l’avenir,
tout en augmentant leur dépendance vis-à vis des marchés financiers. Associée à
l’insuffisance des progrès réalisés sur le front des réformes structurelles, cette situation est
susceptible d’entraîner des récessions plus longues dans le futur».

L’Asie et l’Océanie ont maintenu des scores de résilience économique relativement stables
entre 2007 et 2018. Les niveaux de résilience en Chine, au Japon et en Australie se sont
améliorés légèrement, alors que la résilience de l’Inde a fléchi en grande partie à cause des
scores plus faibles enregistrés par les composantes relatives au secteur financier, notamment
l’environnement du secteur bancaire, le développement des marchés financiers et la
pénétration de l’assurance.

Section 2 : Dix ans après la crise financière mondiale : le système est-il plus sûr ?

Au cours des dix années depuis la crise financière mondiale, les dispositifs réglementaires ont
été améliorés et le système bancaire s'est renforcé, mais de nouvelles vulnérabilités sont
apparues et la résilience du système financier mondial doit encore être mise à l'épreuve.

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Depuis le dernier Rapport sur la stabilité financière dans le monde (Global Financial Stability
Report, GFSR), les risques à court terme pesant sur la stabilité financière mondiale ont
quelque peu augmenté, mais les conditions financières demeurent globalement
accommodantes et favorables à la croissance à court terme. Cela dit, les risques pourraient
augmenter brutalement si les pressions dans les pays émergents montent ou si les tensions
commerciales s'accentuent. En même temps, les risques à moyen terme restent élevés, car des
conditions financières faciles contribuent à aggraver la vulnérabilité financière.

Au cours des six derniers mois, les conditions financières mondiales se sont légèrement
durcies et l'écart entre les pays avancés et émergents s'est creusé. les conditions financières
dans la plupart des pays émergents se sont durcies depuis la mi-avril, à cause de
l'augmentation des coûts du financement extérieur et de risques idiosyncratiques, ainsi que de
l'escalade des tensions commerciales.

Comme indiqué dans le GFSR d'avril dernier, malgré l'amélioration de leurs paramètres
fondamentaux au cours des dernières années, les pays émergents restent exposés aux
retombées de la normalisation de la politique monétaire dans les pays avancés et pourraient
être confrontés à une réduction des entrées de capitaux, même dans un scénario de référence
relativement favorable. Depuis lors, avec la hausse des taux d'intérêt aux États-Unis et le
raffermissement du dollar, ainsi que l'intensification des tensions commerciales, un certain
nombre de pays émergents ont vu leurs flux de portefeuille s'inverser. Mais, étant donné le
solide appétit pour le risque à l'échelle mondiale, les pressions des marchés se sont
concentrées jusqu'à présent sur les pays présentant des déséquilibres extérieurs élevés et des
cadres d'action fragiles. Cependant, l'analyse des flux de capitaux à risque du FMI conclut
que, avec une probabilité de 5 %, les pays émergents (à l'exclusion de la Chine) pourraient
faire face à moyen terme à des sorties de portefeuilles de créances de 100 milliards de dollars
ou plus sur une période de quatre trimestres (soit 0,6 % de leurs PIB combinés), d'une
ampleur globalement semblable à celle de la crise financière mondiale.

Les risques à court terme pesant sur la stabilité financière mondiale, évalués selon la méthode
de la croissance à risque, ont quelque peu augmenté au cours des six derniers mois. En outre,
un durcissement beaucoup plus marqué des conditions financières dans les pays avancés
accroîtrait sensiblement les risques à court terme. Une intensification des craintes quant à la
résilience et à la crédibilité des politiques économiques dans les pays émergents pourrait
entraîner de nouvelles sorties de capitaux et peut-être une aversion croissante pour le risque à
l'échelle mondiale. Une escalade plus générale des mesures commerciales pourrait miner la
confiance des investisseurs et nuire à l'expansion économique.

Depuis la crise, les banques ont augmenté leurs volants de fonds propres et de liquidités; elles
restent cependant exposées à des entreprises, des ménages et des États très endettés, à leurs
avoirs en actifs opaques et illiquides, ou à leur recours au financement en devises étrangères.
Les emprunts extérieurs continuent d'augmenter dans la plupart des pays émergents. Cela
pose des problèmes aux pays qui sont confrontés à des risques de financement extérieur et à
des chocs commerciaux, mais qui ne disposent pas d'amortisseurs budgétaires suffisants ou
d'une base solide d'investisseurs nationaux pour absorber l'impact des chocs extérieurs.

14
Compte tenu de l'environnement extérieur difficile, les dirigeants des pays émergents
devraient être prêts à faire face à de nouveaux risques de sorties de capitaux.

Pour encore améliorer la résilience du système financier mondial, il faut achever le


programme de réforme de la réglementation financière et éviter un détricotage des réformes.
Il convient d'utiliser la réglementation et le contrôle financiers de manière plus préventive afin
de faire face efficacement aux risques systémiques potentiels. Les pays où les conditions
financières restent accommodantes et la vulnérabilité considérable devraient utiliser plus
activement des outils macro prudentiels de large portée, notamment des amortisseurs
budgétaires anticycliques. En outre, la stabilité financière exige le déploiement de nouveaux
outils macro prudentiels pour réduire la vulnérabilité en dehors du secteur bancaire. Enfin, les
autorités de réglementation et de contrôle doivent rester attentives aux nouveaux risques, y
compris les menaces potentielles pour la stabilité financière que présentent la cyber sécurité,
les technologies financières et d'autres institutions ou activités agissant en dehors du périmètre
de la réglementation prudentielle.

Section 3 : La Réglementation Prudentielle

1) Les accords de Bâle


Les banques internationales sont soumises à une nouvelle réglementation prudentielle connue
sous le nom d’Accords de Bâle II 

Les banques se doivent d’être d’une grande solidité financière compte tenu des effets
d’une faillite éventuelle d’une banque sur la stabilité de tout le système financier et, au-delà,
de l’économie tout entière.
Cette solidité financière est essentiellement mesurée par le montant des fonds propres de la
banque qui détermine sa capacité à faire face aux risques éventuels liés à ses activités (non
remboursement de crédits distribués ou autres pertes de valeur de ses actifs).
Les banques doivent être en permanence solvables, c’est-à-dire pouvoir faire face à leurs
engagements à tout moment. En effet, si les clients de la banque qui ont déposé chez elle leur
argent (dépôts à vue) doutent de sa solidité financière, ils risquent de perdre confiance et de
retirer leurs dépôts, précipitant la banque (et tout le système s’il s’agit d’une banque
importante) dans des difficultés majeures.
C’est pourquoi La Banque des Règlements Internationaux (BRI) dont le siège est à Bâle
(Suisse) a établi des ratios de solvabilité que toutes les banques doivent respecter.
Les accords de Bâle ont été définis suite à des discussions entre les autorités bancaires des
pays développés (le G 10), auxquelles les pays émergents n’ont jamais participé. Ces accords
ciblent directement les grandes banques internationales dont la plupart sont installées en
Europe, aux États-Unis et au Japon. Depuis sa création en 1974, l’un des objectifs principaux
du Comité de Bâle est d’accroître la résilience du secteur bancaire à travers le monde. Pour
atteindre son objectif, le Comité essaie d’améliorer la transparence des banques, au travers des
trois piliers qui constituent les accords de Bâle II et maintenant ceux de Bâle III.

15
2) La mise en place des accords de Bâle dans les pays émergents

Les accords de Bâle sont suivis par de nombreux pays, développés, émergents, et moins
développés (BIS, 2015a, FSI, 2015). Ils sont d’abord mis en place par les 13 pays émergents
qui ont rejoint le comité de Bâle en 2009 : Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Mexique et
Russie en mars, puis Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Argentine, Hong-Kong, Indonésie,
Singapour et Turquie en juin. L’ensemble de ces pays respecte en 2015 le pilier 1 de Bâle II,
et travaille à la mise en application de Bâle III. Cependant, le pilier 3, au centre des
obligations de transparence, est rarement respecté. Par ailleurs, de nombreux autres pays ont
modifié leur réglementation nationale pour intégrer tout ou partie des éléments de la
réglementation bâloise (FSI, 2015).
a) Le pilier 1 : améliorer l’information à destination des banquiers eux-mêmes
Dans la continuité des accords de Bâle I, le premier pilier exige des banques un capital
minimal, fonction du risque de leurs actifs (8 % des actifs pondérés des risques pour Bâle I et
II, de 10,5 à 13 % pour Bâle III). Plus précisément, le niveau réglementaire des fonds propres
(appelé aussi capital réglementaire) d’une banque dépend des crédits qu’elle octroie (risque de
crédit ou risque de perte en cas de défaut d’un débiteur), des actifs financiers qu’elle détient
(risque de marché ou risque de perte en cas d’évolution défavorable du prix d’un actif) et des
risques opérationnels auxquels elle est soumise (risques liés à la possibilité d’une défaillance
humaine, d’une défaillance des procédures, des systèmes informatiques, ou risque
d’événements extérieurs préjudiciables).

Concernant le risque de crédit, alors que les accords de Bâle I ne fondaient les exigences en
fonds propres que sur la nature du débiteur, les accords de Bâle II et III requièrent un calcul
du risque débiteur par débiteur. Le capital réglementé pour un crédit dépend de la véritable
espérance de perte. Celle-ci est le produit de la probabilité de défaut, de la perte en cas de
défaut et de l’exposition au défaut. Les banques peuvent utiliser différentes méthodes de
calcul : l’approche standard (revised standardised approach, RSA), l’approche fondée sur une
notation interne (foundation internal ratings-based, FIRB) et, enfin, l’approche avancée
fondée sur la notation interne (advanced internal ratings-based, AIRB – simplement IRB pour
Bâle III). L’approche standard est la méthode la plus simple pour mesurer le risque de crédit,
car les banques utilisent des notations externes (par exemple fournies par des agences de
16
notation) pour calculer leur niveau de fonds propres règlementés. Les méthodes FIRB, AIRB
et IRB sont fondées sur des modèles d’évaluation du risque élaborés par les banques elles-
mêmes. Les banques qui adoptent l’approche FIRB se doivent de mesurer la probabilité de
défaut de leur débiteur, mais elles ne calculent pas la perte en cas de défaut, ni l’exposition au
défaut. Les banques qui adoptent l’approche AIRB (ou IRB) estiment elles-mêmes tous les
paramètres nécessaires au calcul du capital réglementaire (probabilité de défaut, perte en cas
de défaut et exposition au défaut).

Concernant le risque de marché, différentes approches sont également possibles. Les


banques peuvent choisir une méthode standardisée de mesure du risque, c’est-à-dire opté pour
un modèle d’évaluation proposé par le comité de Bâle. Les banques peuvent choisir une
approche plus sophistiquée, en utilisant leurs propres modèles d’évaluation pour évaluer leur
risque de marché (Internal Models Approach).

Enfin, le risque opérationnel peut être appréhendé par trois approches différentes :
l’approche indicateur de base (Basic Indicator Approach, BIA), l’approche standardisée
(Standardised Approach) et les approches en mesure avancée (Advanced Measurement
Approaches, AMA). Dans la première, le capital est un pourcentage de la moyenne, calculée
sur les trois dernières années, des produits nets bancaires annuels. Dans la deuxième, les
produits nets bancaires doivent être divisés en huit lignes d’activité ; le poids de chaque
ligne – donné par le comité – dépend de son risque. Quant aux dernières approches (il en
existe trois : Internal Measure Approach, Risks Drivers and Control Approach, Loss
Distribution Approach), elles sont fondées sur une mesure plus précise de l’espérance de perte
engendrée par le risque opérationnel.

Soulignons que les accords de Bâle III enrichissent le pilier 1 par des exigences
supplémentaires. Tout d’abord, la qualité des fonds propres doit être améliorée, la part des
actions ordinaires devant être accrue, et passer à 4,5 % des actifs pondérés des risques (2 %
auparavant) ; de manière générale, les fonds propres de base (Tier one en anglais, constitués
des actions ordinaires, des bénéfices non distribués et de titres subordonnés sans échéance)
jouent un rôle plus grand, passant de 4 à 6 % de l’actif pondéré par le risque. Ensuite, les
exigences en capital sont renforcées par le ratio de levier (les fonds propres de base doivent
représenter 3 % du bilan et d’une partie des activités de hors-bilan), et par des dispositifs
macro-prudentiels, qui exigent un renforcement des actions ordinaires (2,5 % des actifs
pondérés des risques pour les coussins de fonds propres de conservation et de 0 % - en cas de
ralentissement – à 2,5 % - en cas de croissance – pour les coussins contra cycliques). Si ces
nouveaux éléments viennent accroître les exigences en fonds propres, ils n’augmentent que
peu l’exigence en matière de transparence déjà existante, si ce n’est dans une communication
plus claire sur la qualité des fonds propres. Ce n’est pas le cas des deux autres dispositifs mis
en place par Bâle III : les ratios de liquidité à court terme et à long terme. Ceux-ci imposent
aux banques respectivement de détenir suffisamment d’actifs liquides pour faire face à une
pénurie de liquidité pendant un mois, et d’accroître la stabilité de leur financement afin de
réduire l’asymétrie entre leur passif et leur actif. Aussi, cette nouvelle exigence requiert-elle

17
Le premier pilier devrait donc améliorer la connaissance que les banquiers possèdent de leurs
propres risques, permettant un meilleur contrôle interne et une meilleure gestion de ces
risques. Cette information peut être communiquée à des tiers, de manière à améliorer le
contrôle externe et la gouvernance. C’est l’objectif recherché par les piliers 2 et 3 des accords
de Bâle.

b) Le pilier 2 : améliorer l’information à destination des superviseurs bancaires


L’objectif du pilier 2 de Bâle II et III est l’amélioration de la supervision bancaire, grâce à une
meilleure surveillance des banques par les autorités de tutelle, et grâce à un meilleur contrôle
interne par les banques elles-mêmes. Les banques sont, en effet, dans l’obligation d’établir
des procédures efficaces d’évaluation du capital réglementaire : une estimation pertinente des
risques encourus, un contrôle et un reporting effectif, ainsi qu’un contrôle interne réel (cf.
Principe 1 du pilier 2, BIS, 2006b et 2011).
Les superviseurs bancaires se doivent de contrôler la qualité de ces procédures. Plus
précisément, un rôle important des superviseurs consiste à vérifier si les banques ont élaboré
des outils de gestion des risques à la fois précis et efficaces, et si la manière dont elles
calculent leur capital réglementaire est correcte (cf. Principe 2 du pilier 2, BIS, 2006b
et 2011). Les banques doivent prouver aux superviseurs que leur niveau de capital correspond
effectivement à leur prise de risque, et qu’elles pourront résister à des crises. Par conséquent,
les banques doivent divulguer à leurs autorités de tutelle des informations relatives à la qualité
de leurs procédures et à l’adéquation entre leur capital et leurs risques. Aussi le pilier 2 exige-
t-il une transparence accrue des banques vis-à-vis des superviseurs.

c) Le pilier 3 : améliorer l’information à destination des marchés financiers

L’objectif du dernier pilier des accords de Bâle II et III est d’accroître la discipline de marché
afin de réduire la prise de risque des banques. Comme la discipline de marché a besoin
d’information pour exister, le pilier 3 impose aux banques de la transparence. Aussi les
banques doivent-elles divulguer (entre une à quatre fois par an selon le type d’informations)
leur niveau de risque et leur niveau de capital. Elles doivent donner une description précise de
la nature de leur fonds propres (cf. BIS, 2006b et 2015a). Elles doivent prouver que leurs
fonds propres sont en adéquation avec les risques pris, et elles doivent préciser le niveau de
capital exigé pour chaque catégorie de risque (risque de crédit, de marché et opérationnel). De
plus, les banques ont l’obligation de divulguer leur niveau d’exposition au risque et leur
procédure de gestion du risque. Par exemple, pour le risque de crédit, elles doivent donner des
informations générales, comme leur exposition globale, la localisation géographique et
sectorielle des expositions. Des informations plus détaillées sont également exigées, comme la
manière dont les notations externes sont utilisées dans la méthode RSA, ou une description
des procédures de notation interne dans les approches FIRB, AIRB et IRB. Les banques
doivent, de plus, dévoiler leur exposition au risque de crédit pour chaque type de portefeuille
(grandes entreprises, prêts immobilier, etc.) et les pertes qu’elles ont subies dans le passé.
Elles doivent expliquer comment elles estiment la valeur des garanties et si les crédits qu’elles
ont octroyés sont nantis de sûretés. Une communication portant sur la titrisation et les dérivés
utilisés est aussi requise. En résumé, le pilier 3 exige une communication d’informations

18
qualitativement (il est par exemple précisé que l’information divulguée doit être claire,
exhaustive et compréhensible (BIS, 2015a), et quantitativement riches.

Conclusion
Les Accords de Bâle II marquent une évolution réglementaire certaine, car ils permettent une
meilleure évaluation du risque souverain. Cependant, si l’on ne considère que le facteur
prudentiel, la structure d’endettement des pays émergents ne devrait pas connaître de
modifications substantielles. Pour les pays du sud, le financement bancaire à court terme
devrait rester prédominant. Or l’accumulation de dette à court terme, en relation avec les
réserves officielles de change, est considérée comme l’un des principaux signes annonciateurs
des crises financières. La stabilité de la sphère financière ne s’en trouvera pas profondément
améliorée.

Conclusion Générale

Depuis deux décennies, nous observons une fragilité potentielle des systèmes bancaires ; il
s’agit d’une fragilité croissante consécutive aux mouvements de libéralisation financière dans
les pays émergents. La croissance des crises bancaires qui ont secoué la plupart de pays
émergents a mis en relief le lien étroit entre les crises et la libéralisation financière d’une part
et la nécessité de mise en place d’un cadre de réglementation prudentielle efficace afin de
prévenir cette fragilité d’autre part.

Les crises bancaires survenues aux pays émergents ont suscité beaucoup de questions sur les
caractéristiques de ces pays. Ils sont apparus les plus vulnérables à la crise qui s'est
récemment accentuée à cause du processus de la libéralisation financière adopté par ces pays.
Ces derniers ne bénéficient pas d’un système bancaire assez développé au regard de la
détention d’un cadre réglementaire et législatif appartenant au fonctionnement du marché
bancaire et financier qui semble insuffisant dans une faible institution.

Cependant même si cette réglementation prudentielle apparaît indispensable pour assurer la


stabilité des systèmes bancaires en diminuant les risques auxquels sont exposés les
établissements bancaires et pour comprendre ainsi le commencement des crises systémiques
néfastes pour toute la sphère économique, il est probable d’avoir des mauvais effets et
d’arriver à des résultats opposés à ceux affirmés par les autorités monétaires. La récente crise

19
financière qui a touché aussi bien les pays développés que les pays émergents a suscité le
débat sur le rôle que pourrait jouer l’adaptation d’un cadre réglementaire et d’une supervision
bancaire dans l’explication des crises bancaires.

Notre thème consiste à mettre en évidence l’impact de la réglementation prudentielle et de la


supervision bancaire sur l’occurrence des crises bancaires dans les pays émergents à partir de
principales tentatives théoriques et empiriques. De même, elle tente à montrer les causes et les
facteurs des crises bancaires.

Dans les économies émergentes, l'examen des crises bancaires récentes témoigne d'un lien
étroit entre les difficultés récentes et la conduite des mutations financières ; ainsi la crise n'a
pas une cause unique mais provient d’une conjonction et d’une interaction de plusieurs
facteurs.

En définitive, la principale conclusion de ce travail de recherche consiste à dire que


l’instabilité macroéconomique, la faible surveillance de banque et l’ouverture financière
jouent un rôle déterminant sur les crises bancaires. Le renforcement du cadre réglementaire,
de la supervision et du cadre légal devraient être une priorité pour les pays émergents afin
d’améliorer la solidité du secteur bancaire dans le but de réduire considérablement les
probabilités des crises bancaires. Dans le but de mieux gérer l’ouverture de leurs marchés, les
pays émergents doivent aussi se rapprocher d'un système d’harmonisation des règles
prudentielles à l’échelle internationale.

20
Bibliographie

● Naamane, A., (2003), « Les indicateurs d’alerte des crises financières », Université de
Pau, Centre d’analyse théorique et de traitement des données économiques.
● Kpodar, K., (2006), « Développement financier, instabilité financière et croissance
économique : Implication pour la réduction de la pauvreté », Thèse de doctorat,
université d’Auvergen- Clermont I.
● Lelart, M., (1996), « Les pays émergents et la finance international », Techniques
financière et développement, n° 44-45, pp.7-13.
● Minsky, H.P., (1985), « La structure financière : endettement et crédit », in A.
Barrèrreed, Keynes aujourd’hui : Théories et Politiques, pp. 309-28.

● Convergence internationale des normes de fonds propres.effets sur les banques des
pays émergents ?Zied Saadaoui (Dans Revue économique 2011/4 (Vol. 62), pages 687
à 715) ;
● Libéralisation financière, spéculation et crises bancaires.Luis Miotti et Dominique
Plihon. (Dans Économie internationale 2001/1 (no 85), pages 3 à 36) ;

● Les exigences de transparence des accords de Bâle : aubaine ou fardeau pour les pays
en développement ?Étienne Farvaque et Catherine Refait-Alexandre (Dans Mondes en
développement 2016/1 (n° 173), pages 131 à 147) ;
● Les Accords de Bâle II : quelles conséquences pour le financement bancaire extérieur
des pays émergents ?(Jean-Marc Figuet et Delphine Lahet.( Dans Revue d'économie
du développement 2007/1 (Vol. 15), pages 45 à 66).

21
Table des matières
Plan .......................................................................................................................................................... 1
Introduction............................................................................................................................................. 2
Chapitre I : Le Système bancaire des pays émergents ........................................................................ 3
Section 1 : Le système bancaire des pays émergents ..................................................................... 3
1.1. La notion des pays émergents .............................................................................................. 3
1.2. Les caractéristiques financières des économies émergentes : ............................................ 3
Section 2 : Le Système bancaire des trois zones émergentes : ....................................................... 4
2.1. Pays de l’Europe centrale et de l’Est .................................................................................... 4
2.2. Pays du Moyen orient et Afrique de Nord : ......................................................................... 5
2.3. Pays d’Asie de l’Est ............................................................................................................... 6
Chapitre II : Mécanismes et facteurs des crises bancaires dans les pays émergents ......................... 7
Section 1 : l’exigence économique de la stabilité financière .......................................................... 7
Section 2 : Les causes de fragilité du système bancaire dans les pays émergents ......................... 8
2.1 Revue de la littérature sur les crises bancaires ..................................................................... 8
2.2. Les origines de crises bancaires............................................................................................ 9
o Les fondamentaux de la vulnérabilité bancaire : .......................................................... 10
1. Les Causes liées à l’environnement macroéconomique ........................................... 10
A. Les facteurs endogènes : ....................................................................................... 10
B. b. Les facteurs exogènes :...................................................................................... 10
2. Les causes d’instabilité liées aux structures financières ........................................... 10
3. Les causes d’instabilité liées aux pouvoirs des superviseurs .................................... 11

22
Chapitre III : Résilience du système bancaire dans les pays émergents ........................................... 13
Section 1 : l’approche historique de la résilience macroéconomique .......................................... 13
Section 2 : Dix ans après la crise financière mondiale : le système est-il plus sûr ? ..................... 13
Section 3 : La Réglementation Prudentielle .................................................................................. 15
1) Les accords de Bâle ............................................................................................ 15
2) La mise en place des accords de Bâle dans les pays émergents ........................ 16
Conclusion Générale.............................................................................................................................. 19
Bibliographie.......................................................................................................................................... 21

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