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La notion de Droit

1. Définition du droit :
 Quelle est l’étymologie du mot « Droit » ?

L’étymologie est la science qui a pour objet la recherche de l’origine des


mots d’une langue donnée et la construction de leur ascendance.

Le droit est littéralement la traduction du latin « rectum » et du sens du mot


grec « orthon» qui signifie « ce qui est en ligne droite », qui « doit
servir de règle » ou de « mesure».

L’adjectif « droit » vient du mot latin « directus », qui signifie ce qui est «
direct », « sans détour », en « ligne droite », « juste». Le mot «
directus » lui-même vient du mot latin « dirigere » qui signifie « redresser,
régler, tracer en ligne droite, aligner » qui est lui-même dérivé du verbe latin
« regere », c’est-à-dire, « régir, guider, conduire ».

 Qu’est-ce qu'en définitive le "Droit" ?


 Quels sont ses divers sens ?

Le mot "droit" a généralement deux sens qui au fond ne sont pas


contradictoires mais complémentaires :

SENS 1 : Droit Objectif : ensemble de règles de conduite sociale qui dans


une société donnée régissent, déterminent, commandent et gouvernent les
rapports entre les hommes et dont le respect est assuré par l’autorité publique.

Sens 2 : Droit subjectif : ensemble de prérogatives, avantages ou pouvoirs


particuliers dont bénéficie et peut se prévaloir un sujet de droit, qu'il soit
personne physique ou morale.

2. Les finalités du droit :


A. Organiser la société :
L’homme ne vit pas seul sur une île déserte : il est en relation avec
d’autres individus, il vit au sein d’une société. Aussi, des règles de jeu et
un arbitre sont par exemple nécessaires au bon déroulement d’un match
de football. Il en est de même pour la vie en société : il s’agit d’éviter ou
de régler les conflits. La règle de droit limite la liberté de chacun pour
ne pas nuire aux autres. Mais le droit n’est pas seulement contraignant,
il permet aux individus de vivre dans un cadre sécurisé et permet
d’éviter « la loi du plus fort ».

B. Sécuriser, protéger :

Le droit à pour objectifs d’assurer la sécurité des personnes et des biens : avec
le droit pénal pour préserver la sécurité des personnes et des droits civils,
comme la propriété, la servitude, pour protéger les biens.

3. Les caractéristiques de la règle de droit

 « Les citoyens sont égaux devant la loi, sans que puisse prévaloir aucune discriminatio
pour cause de naissance, de race, de sexe, d'opinion ou de toute autre condition ou
circonstance personnelle ou sociale » Art 32 de la Constitution.

 « Les infractions commises à l'encontre des droits et libertés ainsi que les atteintes,
physiques ou morales à l'intégrité de l'être humain sont réprimées par la loi. » Art 41 de
la Constitution.

 « Nul n'est censé ignorer la loi. Toute personne est tenue de respecter la Constitution et
de se conformer aux lois de la République ». Art 74 de la Constitution

 « Toute personne doit avoir un nom et un ou plusieurs prénoms. Le nom d’un homme
s’étend à ses enfants ». Art 28 du Code Civil

 « Les infractions sont sanctionnées par des peines et prévenues par des mesures de
sûreté ». Art 4 du Code Pénal

A. Le caractère général et impersonnel : la règle de droit est générale


parce qu’elle est pour tous et s’applique à tous les individus sans
distinction ; elle est impersonnelle parce qu’elle ne vise personne en
particulier.
Ceci implique que la règle juridique soit toujours formulée de manière
générale et impersonnelle. Ce caractère de généralité et impersonnalité se
traduisent par des formules, telle que : « chacun », « nul » « quiconque »
ou « toute personne ».
B. Le caractère obligatoire : la règle de droit est obligatoire. Cela permet de
faire régner l’ordre social et d’assurer l’égalité juridique.
La règle de droit prescrit de faire une chose ou l’interdit, elle ordonne,
permet, défend, corrige, récompense ou punit.

C. La règle de droit est contraignante (coercitif). Sa violation est, en


principe, sanctionnée par l’Etat. Elle Comporte une sanction d’autorité
publique car « nul ne peut se faire justice à soi-même ».

LEXIQUE

Droit objectif Ensemble de règles de conduite


‫قانون‬
socialement édictées et sanctionnées qui
‫موضوعي‬
s’impose aux membres de la société.
Droit ‫قانون‬ Prérogative juridique reconnue à un sujet
subjectif ‫ذاتي‬ de droit et dont celui-ci peut se prévaloir
dans ses rapports avec les autres.
Droit positif ‫قانون‬ Ensemble de règles juridiques en vigueur à
‫وضعي‬ un moment donné dans un Etat donné.
Prérogative ‫ امتياز‬Avantage ou privilège accordé à un sujet de
juridique ‫ القانوني‬droit.
Sujet de droit ‫ صاحب حق‬Personne physique ou morale régie par le
droit, titulaire de droits et obligations.
Droit réel ‫ حق عيني‬Droit qui porte directement sur une chose.
Personne morale )‫( شخص معنوي‬: groupement qui se voit reconnaitre
une existence juridique et qui, à ce titre, a des droits et des obligations (ex :
société, associations).

Personne physique ) ‫ (شخص طبيعي‬: tout être humain. La personnalité


juridique des personnes physiques commence à la naissance et prend fin
par le décès. La personne physique a des droits et des obligations.
Personne juridique )‫ (شخص قانوني‬: individu ou groupement titulaire
de droits et d’obligations (personnes physiques, personnes morales).

Dommage ‫الضرر‬ Préjudice subi par une personne dans son


intégrité physique (dommage corporel),
morale (perte d’un être cher, atteinte à
l’honneur) donnant lieu à un droit à
réparation.
Indemnité ‫تعويض‬ En droit civil, synonyme de dommages-
intérêts. C’est une somme d’argent destinée
à réparer un préjudice.

Séance 2 : Etude de texte

LANGUE JURIDIQUE

« Nul ne s’étonne que le mathématicien, le physicien, le chimiste, ou le


médecin se serve d’une foule de termes plus ou moins barbares,
incompréhensibles pour le profane. Mais on est surpris qu’un juriste ne puisse
pas parler la langue de tout le monde. Sans cesse on entend souhaiter la
rédaction de codes « populaires », c’est-à-dire dont les textes seraient compris
par tous. Et quel est l’étudiant qui ne se désole en assistant aux premiers cours
ou en feuilletant les premières pages de ses livres ? « Tout cela, pense-t-il serait
si simple, si on parlait comme tout le monde ».

« Ceux-là oublient que le droit est une science, et que toute science a besoin
d’un vocabulaire pour désigner brièvement des notions, qui sans cela
nécessiteraient plusieurs phrases pour être définies. Pourquoi, par exemple, faut-
il se servir du mot « usucapion » ou « prescription acquisitive » ? Tout
simplement pour éviter, chaque fois qu’on veut parler de cette institution d’être
obligé de dire : « mode d’acquisition d’un droit réel par l’écoulement d’un
certain laps de temps ». Encore cette périphrase suppose-t-elle déjà connue
l’existence de termes juridiques, ainsi « droit réel », que l’on ne pourrait pas
employer s’il fallait parler le langage de tout le mande.

« Ce qui fait d’ailleurs peut être la difficulté de la langue juridique, et aussi ce


qui fait sans doute qu’on puisse, au début, douter de sa nécessité, c’est qu’elle
emploie relativement peu de termes qui lui sont propres. Elle se sert bien plutôt
de mots qui sont d’usage courant, mais en leur donnant une signification
particulière, distincte de leur sens vulgaire. Et c’est cela qui rebute exactement le
novice des études juridiques : rencontrer à chaque pas des mots qu’il connait,
mais qu’il ne comprend plus exactement… »

« Que le législateur ait besoin de posséder à fond le langage juridique cela n’a
besoin d’être démontré. Les paroles de la loi, disait Bentham doivent se peser
comme des diamants ». on peut seulement déplorer le défaut de formation
juridique de la plupart des législateurs actuels, qui les empêche de savoir
rédiger.

Les juges, eux aussi, ont besoin de cette science pour rendre leurs décisions. Et
il n’est pas de juriste pour qui ce ne soit une nécessité. Tous, en effet, on à écrire
la langue juridique. Ceux qui rédigent les contrats ont besoin d’en peser les
termes avec autant de soin que le législateur qui crée un texte. Mais tous les
autres dans leurs rapports, leurs conclusions, leurs études, doivent, s’ils veulent
être compris, user d’un langage exact. Aussi exige-t-on que l’étudiant s’y
applique.

« Comment donc acquerra-t-il la connaissance de ce langage ? »

« Par la pratique, c’est-à-dire en écoutant les cours de ses professeurs, en lisant,


en cherchant le sens des termes qu’il rencontre, et en essayant à son tour de les
employer. La méthode est celle dont on use pour acquérir un vocabulaire
quelconque. Un ouvrage lui sera un auxiliaire précieux.

Tant qu’il ne saura pas manier ce langage, l’étudiant sera comme l’étranger,
sourd et muet parmi les hommes dont il ignore la langue. »

H.MAZEUD, Méthodes générales de travail. Montchrestien, 1982.


Questions :

1. De quoi s’agit-il ?
2. Relever les idées essentielles du texte.
3. Rechercher, à l’aide d’un dictionnaire, la définition et le sens des mots en
gras dans le texte
LEXIQUE

Action d'acquérir un bien, un droit ; achat, obtention.


Acquisition

Auxiliaire Complémentaire.

Ensemble des lois et dispositions légales relatives à une matière spéciale


Code

Un juriste est une personne qui étudie, développe, pratique ou applique le droit. En
Juriste effet, on emploie indistinctement le terme de juriste pour un étudiant en droit, un
professeur de droit, un avocat ou encore un juriste d'entreprise. ( ‫)محاماة‬

Idée de quelque chose ; concept, abstraction


Notion

Personne qui aborde une chose dont elle n’a aucune habitude, qui n’a pas
Novice
d'expérience (débutant, inexpérimenté, ignorant).
Est une figure de style de substitution qui consiste à remplacer un mot par sa
définition ou par une expression plus longue, mais équivalente
- Les forces de l’ordre = police
Périphrase
- Le feu du ciel = foudre
- Les combattant du feu = pompier

Profane Personne qui n’est pas initié (non initié) à un art, à une science (ignorant).

Ou prescription acquisitive : est l'acquisition d’un bien immobilier par la


possession paisible et publique prolongée dans le temps.
Usucapion Cela signifie l'écoulement d'un certain délai sans interruption qui permet à un sujet
qui s'est comporté comme le propriétaire d'un bien immobilier d'en devenir
réellement le propriétaire.

Exercice 1 : précisez de quel droit (droit objectif ou droits subjectifs) relève


chacune des phrases suivantes :

A. « La capitale de la République est Alger ». Art 5 de la Constitution.


B. Un consommateur a le droit d’agir en nullité face à une clause qu’il juge
abusive.
C. Le professeur d’anglais a deux prénoms.
D. Les associés d’une société peuvent agir en justice contre le gérant pour
faute de gestion.
E. Nul n’est responsable pénalement que de son propre fait.

Exercice 2 : Complétez les phrases suivantes avec le verbe qui convient : régir,
émaner, édicter.

a. Le président ………………. une nouvelle loi.


b. La demande ……………………. du procureur.
c. La loi ……………………. la société.

Exercice 3 : expliquez les expressions suivantes et employez-les dans une


phrase.
1. Les ayants droit.
2. Le droit chemin.
3. Aller droit au but.
4. S’adresser à qui de droit.

MERAK MAY

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