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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique


Université L’Arbi Ben Mhidi –OEB-

Faculté des sciences de la terre, et de l’Architecture


Département de l’architecture et de l’urbanisme

MEMOIRE
Pour l’obtention du diplôme de Mastère
Option : Conduite de projet

THEME
matériaux de construction et architecture durable ;
étude : cout , qualité et délai

Présenté par : HADJ DJILANI Adil


KEDDAOUI Ismail

Sous la direction de : Mme. A. BOUKADOUM

-Promotion 2016-
Remerciements

Nous tenons à remercier sincèrement et profondément en

Premier lieu notre Dieu « Allah » Qui nous donne la vie.

La meilleure expression de remerciement et de gratitude pour

l’élaboration d’un projet à la hauteur des efforts fournis par

notre encadrement : M me. Boukadoum Amina

Nous tenons à remercier chaleureusement les membres des

jury qu’ils portent à ce travail en acceptant d’examiner son

contenu et de le juger.

Toute personne m’ayant soutenue, encouragé et poussé pour

clôturer cette recherche.

A vous tous veuillez agréer mes remerciements les plus

distingués

Merci.
Dédicaces :

Je dédie se travail particulièrement à mes

parents qui n’ont jamais cessé m’aider et de

m’encourager.

A mes frère et mes soeurs

Qu’il trouve mon profond respect

A mes chèrs amis et binôme Adil

A tous mes amis et mes collègues et mes profs sans

exception.

K. Ismail
Dédicaces
Je rends un grand hommage à travers ce modeste

Travail, en signe de respect et de reconnaissance a :

Mes parents qui ont toujours été là pour moi,

Pour tous leurs sacrifices et leurs soutiens moraux dont ils

Ont fait preuve pour que je réussisse.

Je le dédie également à

Mes chèrs frères et cheres soeurs

Et Mes amis et binome Smail

En un mot, à toute ma famille, et ceux qui ont 3ontribute

de

Prés ou de loin à ma formation.

H. Adil
Sommaire
Chapitre 1 : CHAPITRE INTRODUCTIF
Introduction....................................I
Problématique ............................................III

Les hypothèses ..........................................................IV

Objectif de recherche.............................................................IV

Méthodologie et outil de travail.........................................................V

Structure du mémoire..............................................................................V

Chapitre 2 : L’ARCHITECTYRE EN béton


1Introduction………………………………………...…………..……….………………1
1.2 Définition……………..……………………………………….…………2
1.3 Historique……………………………………………………..………….3
1.4 Composants du béton……………………………………………..……..3
1.4.1Lesmatièrespremières…………………………….……...….3
1.4.1.1Leciment………………………………………………….3
1.4.2 Les adjuvants…………...................................................................................4
1.5 Pour quoi le béton………………………………………………………..5
1.6 Les inconvénients de béton………………………………………...….…6
1.6.1 Fabrication et mise en œuvre de béton………………..……..….6
La mise en place…………………………………………….…...…6
La mise en œuvre……………………....………………………..…….....7
1.7 Domaines d’emploi……………………………………………………….9

2 Types de béton
2.2.1 LE BÉTON ARMÉ
1.2.1.1Définition……………………………………………….………….....10
2.2.1.2 Historique et évolution……………………………………...……....10
2.2.1.3 Les caractéristiques de béton arme……………………..…………10
2.2.1.4 LES AVANTAGES …………………………………..…………….12
2.2.1.5 LES INCONVÉNIENTS…………………………………………...12

2.2.2 LE BÉTON PRÉCONTRAINT


2.2.2.1 définition………………………………………………….… …… ..13
2.2.2.2 Les avantages du béton précontraint………………………… … .13
2.2.2.3 Les inconvénients du béton précontraint………………………...14

2.2.3 LE BÉTON CELLULAIRE...................……………………...……..…13


2.2.3.2 HISTORIQUE……………………………………………………….15
2.2.3.3 CARACTÉRISTIQUES DU BETON CELLULAIRE… .……….16
2.3.3.4AVANTAGES………………………………………………… …...16

3 QUELQUES NOUVEAUX BETONS


3.3.1 BETON A HAUTES PERFORMANCES
3.3.1.1Définition……………………………………………...……………..17
3.3.1.2Ses performances…………………………………..……………..17
3.3.2 BÉTON AUTOPLAÇANT (BAP)……………….…………………18
3.3.2.1Fabrication des Bétons Autoplaçants………………….……………18
3.3.2.2 Domaines d’utilisation…………………………………… ..……..19
3.3.2.2 Qualités pratiques …...……………………………………………...19

3.3.3 BÉTON FIBR....……………………………………………………….…..20


4. NOTIONS DE DURABILITE DES BETONS……....……………………….. 21
5 ETUDE ECONOMIQUE COMPAREE DEUX VARIANTES
STRUCTURE………..................................................................................................... ..24
6CONCLUSION……………..................……………………………………………..….27

Chapitre 3 : l’architecture en terre crue


1.INTRODUCTION..............................................................................................................28
2L'ARCHITECTURE EN TERRE
2.1 HISTORIQUE ET PROCESSUS D'EVOLUTION DE L'ARCHITECTURE EN TERRE
......................................................................................................................................28
2.1.1Quelques repères chronologiques de la construction en terre ........30
2.2 SITUATION DE L'ARCHITECTURE EN TERRE A TRAVERS LE MONDE.....34
2-2-1 Codes, normes , directives et orientations..........................................34
2-2-2 L'architecture en terre en Algérie......................................................35
2-2-2.1 Actualité de l'architecture de terre en Algérie...................36
2-3 Les procédés constructifs....................................................................................37
2.4 Les forme architecturales...................................................................................42
2.4.1Les ressources du plan.......................................................................................42
2.4.2 Le système constructif.......................................................................................43
2.4.3 Les méthodes de bases .....................................................................................44
2.5 LES AVANTAGES ET LES INCONVENIENTS DE L'ARCHITECTURE EN
TERRE.....................................................................................................................................44

2.5.1 Les avantages du matériau terre ............................................45


2.5.2 Les inconvénients du matériau terre......................................47
2.5.3 Quelques pathologies des constructions en terre
2.5.3.1 Les principes causes de désordre...............................49
2.5.3.2 Les pathologies humides..............................................50
2.5.3.3 Les pathologies structurelles.......................................50
2.5.4 Les principes de bonne conception d'une architecture de terre
2.5.4.1Protection des terrasses et toiture................................51
2.5.4.2Protection des parois......................................................52
2.5.4.3Protection des ouvertures..............................................52

1.5.4.4Protection de la base du bâtiment.................................52

2.6 ESTIMATIONS DES COUT ET DELAIS DES TRAVAUX EN TERRE CRUE

2.6.2Durées de référence......................................................................52
2.6.3Cout des éléments de construction ..............................................61

3 CONCLUSION..............................................................................................................62
Chapitre 4 : LE CAS D’éTUDE

1. Introduction : presentation de projet : centre d’affaire El Qods à Chéraga………65.

2. Fiche technique de projet. …………………………..…………………………..…….66

3. Analyse de site de projet. ……………………..…………………………..…………..67

3.1.Situation géographique du site……………………………………..……….67

3.2.L’accessibilité au site………..…………………………..…………………...68

3.3.Données climatiques…………………………..…………………………..…68

4. Incidence financière…………………………..…………………………..… ……...69

4.1.Les travaux supplémentaires……….………………… ……………………70.

4.2.Comparaison des couts ……………………………………………………...72

4.3.Synthèse………………………………….………..…………………….…….73

5. Analyse de centre d’affaire El Qods…………..…………………………..………….74

5.1.Analyse des plans …………………………………………………..…… ….74

5.2.Analyse des façades …………………………………………………………..75

6. Analyse de terrain d’intervention……………………………………..………………76

6.1.Presentation de site d’intervention ………………………………………….76

6.2.Situation de site d’intervention par rapport à la ville ……………………..77

6.3.Les limites du sites ……………………………………………………………77

6.4.L’accessibilité au site …………………………………………………………77

6.5.Données climatiques ………………………………………………………….78.

7. Conclusion générale…………………………………………………………………….80

Bibliographie ……………………………………………………………………………81

Liste des figures ………………………………………………………………………...83

Liste des tableaux ………………………………………………………………………84


I

Introduction
On appelle projet un ensemble finalisé d’activités et d’actions entreprises dans le
but de répondre à un besoin défini dans des délais fixés et dans la limite de l’enveloppe
budgétaire allouée. Contrairement aux opérations, qui sont des processus répétitifs,
l'essence d'un projet est d'être innovant et unique.
L’AFNOR donne les deux définitions suivantes :
« un projet est défini et mis en œuvre pour élaborer la réponse au besoin d’un utilisateur,
d’un client ou d’une clientèle et il implique un objectif et des actions à entreprendre avec
des ressources précises »
« une démarche spécifique qui permet de structurer méthodiquement et
progressivement une réalité à venir »
A partir de celles-ci on voit qu’un projet est composé d’un ensemble d’activités. Il s’agit
donc d’un processus qui doit être géré du point de vue de sa conduite, des moyens mis
en œuvre et résultats attendus ; il est mis en œuvre en vue d’atteindre un objectif précis.
Celui-ci doit être clairement exprimé par le (système) client. Cet objectif présente un
caractère novateur et n’est pas répétitif. Il est la plupart du temps matériel, mais il
peut également porter sur des éléments culturels, sur des valeurs à faire évoluer ou à
introduire.il est réalisé dans un délai donné. Il est limité dans le temps avec des dates de
début et de fin, « un projet n’a pas d’avenir, il a une fin » C. MIDLER ;
et il est exécuté grâce à un ensemble de moyens qui sont matériels et humains ;

Le béton a longtemps été considéré comme un matériau de construction sans


intérêt1 au sens architecturale même si ces caractéristiques purement techniques étaient
reconnues de tous. Aussi, malgré quelques tentatives sporadiques, le béton était
systématiquement recouvert par d’autres matériaux que l’on estimait plus nobles.

Jean Philippe Gardeur : les nouvelles techniques 1


II

Cependant, au cours du 20Eme siècle, les projets architecturaux laissaient de plus


en plus de place à ce matériau révolutionnaire, grâce à quelques précurseurs audacieux
(Le Corbusier (villa de Savoye), Oscar Neimeyer (palais d’exposition de Turin), mais
aussi grâce à l’évolution de la technique dans ce domaine (béton armé, béton
précontraint). De nos jours, il est courant de voir des constructions en béton apparent et il
semble que ce matériau ait enfin trouvé ces lettres de noblesse grâce notamment à la
liberté architecturale qu’offre ce matériau.

De nos jours, où la question de l’environnement et du développement durable sont


au cœur de tous les débats architecturaux, le béton montre ses limites puisqu’il s’avère,
essentiellement dans son mode de production, très énergivore et donc sensiblement
polluant. Aussi il parait tout à fait légitime de se poser la question de l’avenir du béton
dans la construction.

De plus, le béton est un matériau onéreux comparativement aux matériaux locaux


comme la terre. Ce coût élevé est essentiellement dû à la part importante des matériaux
de construction importés ou utilisant à quelque niveau de leur fabrication de l'énergie
importante. Le prix de ces matériaux dépend donc du marché traditionnel constamment
déstabilisé Par la crise de l'énergie ces dernières années. Pour produire des constructions
à moindre cout, il importe donc de contourner l'influence du coût de l'énergie en
revalorisant les matériaux locaux de construction.

Dans cette optique on doit réintroduire les matériaux locaux comme la terre dans
le domaine de la construction. Ces matériaux ancestraux ont été largement ignoré malgré
leurs qualités reconnues. Les projets en terre ont pour but de montrer les économies
réalisables lorsque les matériaux classique sont substitués par matériau local
III

Problématique :

La valorisation des matériaux locaux de construction n’est intéressante que s’ils sont mis
en œuvre dans les règles de l’art. C’est ainsi que le développement et la vulgarisation
des méthodes constructives devraient faire partie de la recherche et la mise au point des
matériaux. Généralement la large utilisation du béton sachant que son utilisation a
éliminé l’identité architecturale de notre pays, prenant compte que le cout élevé de la
construction en béton et la situation économique de l’Algérie ces dernières années
l’oblige d’une revalorisation des matériaux locaux, mais ;

- Est-ce qu’il y a des matériaux locaux qui peuvent remplacer le béton, et qui
peuvent aussi donner de bonne qualité architecturale, et peuvent être exécuté
dans un court délai, et à moindre cout ?

- Est-ce matériau peut répondre de la question de l’environnement et le


développement durable qui est au cœur de tous les débats architecturaux ?

- Est-ce qu’on peut considérer le béton malgré ça comme un matériau d’avenir ?

- La terre crue ; peut-elle offrir une liberté architecturale comme celle du béton ?

- Quel est le matériau le plus durable qu’offre une architecture de qualité ?


IV

Les hypothèses :

- L’utilisation des matériaux locaux pour la construction d’ouvrages majeures ne


semble pas réaliste à l’heure actuelle à cause notamment de leur difficulté de mise
en œuvre,
- la construction en terre a prouvé sa durabilité et sa bonne intégration dans le paysage.
l'exploitation du matériau préserve les ressources et limite l'atteinte à l'environnement de
son extraction et sa mise en œuvre, il ne subit aucune transformation polluante.
- Le béton reste un matériau nécessaire au domaine du bâtiment parce qu’il autorise des
formes audacieuse et novatrices grâce à ses performances élevées et sa souplesse
d’emploi connue, permettent au béton d’être présent dans tous les domaines du bâtiment
et des travaux publics

Objectif de recherche :
Objectif principale :
L’objectif de notre travail est l’étude de l’influence de l’utilisation des matériaux locaux
et modernes sur la conduite de projet. , Pour atteindre cet objectif, on procédera après une
brève revue de divers matériaux locaux utilisables dans la construction, une analyse de
diverses variantes de structures et une étude comparative des solutions envisagées
Objectif secondaire :
- la compréhension de rapport existant entre les matériaux de construction « béton et terre
crue » et le QCD « qualité, cout et délai »
V

- privilégier la place de l’homme au centre des projet construis avec des matériaux de
grande performance en abordant l’approche qui prend appui sur les besoins des
utilisateurs et leurs attentes
-identification les différents impacts des matériaux de construction sur le déroulement du
projet.

Méthodologie et outil de travail :


Le démarrage méthodologique est nécessaire pour aller plus long dans la recherche, Pour
accomplir cette tache, nous allons recourir aux approches méthodologiques suivantes :

1- l’approche thématique
Afin de pouvoir aisément se familiariser avec les diverses concepts se rapportant d’une
façon plus ou moins directe au sujet traité.

2- L’approche analytique
Dans cette étape de la recherche nous allons appliquer les donnés de l’utilisation de
matériau le plus performant sur l’exemple de notre cas d’étude

 Les outils utilisés : recherche documentaire (livre, pdf , site internet..)


- Des documents graphiques (des plans, des schémas,…).
- Des photographies.

Structure du mémoire
Notre mémoire est structuré en deux parties :
 Une partie théorique ; où s’introduit notre thème de recherche
 Une deuxième partie expérimentale
Notre travail s’est composé d’un chapitre introductif et deux parties :
VI

 Chapitre introductif : comporte l’introduction; la problématique ; les hypothèses et


les Objectifs.
 La première partie : Théorique, consiste à comprendre les caractéristique des
matériaux de construction concerné par notre recherche et leurs impact sur le cout , la
qualité et le délai
 La troisième partie ; c’est le cas d’étude consiste l’analyse de projet concerné par
notre étude, et l’analyse de terrain d’intervention
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON

1.1 Introduction
Plus de quatre m i l l i a r d s de mètres cubes de béton sent
Coule chaque année dans le monde. Ce matériau permet de construire des ouvrages
de toute nature et, notamment, des bâtiments, des immeubles d’habitation, des ponts,
des routes, des tunnels, des barrages.
« Le développement de l'emploi d’un matériau de construction repose sur des
critères techniques et économiques, La résistance mécanique et la durabilité du
matériau fondent les principaux critères de choix techniques. La disponibilité et la
faible cour des matières premières, la facilite d’emploi ce prix de revient du matériau
validant les conditions économiques »1
Depuis son invention vers 1850, le béton est devenu l’un des matériaux de
construction les plus utilisés. Les architectes l’ont considéré comme le symbole de
l’architecture moderne dont les conquêtes ont été faites en son nom. Il rend possible
les différentes solutions techniques : l’ossature, le porte-à-faux, les coques et voiles
minces. Il se contente d’offrir à l’architecte son extrême disponibilité, sa capacité à
résoudre toutes les questions qui lui sont posées et d’innover sans cesse pour se situer
au mieux, à la rencontre de l’esthétique, de la technologie et de l’économie

1.2 Définition
Le Béton est un matériau de construction composite fabriqué a partir de granulats,
sable, ciment et d’eau et éventuellement d’adjuvants pour en modifier les propriétés
(plastifiants, retardateur, accélérateur, colorants…)
Le béton est un mélange de sable(s), gravillon(s), ciment(s) et eau. Il peut contenir
aussi un ou plusieurs adjuvant(s), des poudres qu’on appelle additions, et
éventuellement des fibres. Une fois les éléments mélangés et homogénéisés, on
obtient un matériau que les physiciens appellent « pâte granulaire », dont la
consistance peut varier, en fonction des besoins, de l’état ferme (comme la terre
humide) à fluide (comme le miel liquide). Cette pâte granulaire durcit, même sous
l’eau, après quelques heures, par un jeu de réactions chimiques des composés
du ciment avec l’eau, qu’on appelle hydratation.2

1
Lucien Pliskin “le beton “ m hanker edition GAUB p 58
2
Construire en béton, l’essentiel sur les matériaux, (2002) sous la direction de François de
Larrard, Presses de l’école nationale des ponts et chaussées, Paris.

1
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON

1.3 Historique
Le béton de ciment est né sous la forme d'une barque, flottant sur le lac du
Bourget. Lambot avait ainsi inventé le procédé, dès 1848. Monier, un an plus tard, le
découvre à nouveau, pour des bacs à fleurs.
En 1900, le premier immeuble en béton armé
est édifié à Paris, 1, rue Danton, par François
Hennebique . Dès lors, les brevets se succèdent
rapidement : Monier met au point successivement
une poutre, un escalier, un réservoir en béton armé ;
Edmond Coignet, la préfabrication ; François
Hennebique, l'étrier, le premier pont en béton armé (à
Viggen, en Suisse), le premier silo. Considère invente
en 1900 le frettage, où les armatures enserrent le Figure 1.1 : François Hennebique. Réservoir
poteau pour le renforcer. Wayss, Bauschinger, a charbon à Saint-Vaast .1898-1899
Contamin établissent les modes de calculs propres au
béton armé.
Les bases techniques étant précisées, les premiers architectes qui utilisent le
béton armé d'une façon complète sont les frères Perret dans l'immeuble de la rue
Franklin, à Paris (1903) et, à la même époque, Tony Garnier dans son projet de ville
industrielle. En 1912, la grande coupole de la salle du Centenaire à Breslau, édifiée
par Max Berg, atteint soixante-trois mètres de diamètre. Cette structure audacieuse et
expressive est l'une des premières qui aient été réalisées en béton armé, avec les
immenses hangars paraboliques d'Orly (Freyssinet). Les œuvres ultérieures de
l'ingénieur suisse Maillart, de l'Espagnol Torroja, de l'Italien Nervi, de Félix Candela
au Mexique et de Bernard La faille en France seront l'aboutissement de ces tentatives.

Dès 1920, l'histoire du béton


armé et celle de l'architecture
moderne coïncident. Aux œuvres
classiques de Perret succède
l'architecture cubiste. Le béton armé
est le matériau utilisé par Le
Corbusier, Gropius, Oud, Dudok,
Lurçat, et tous les créateurs de « la
blanche architecture des années
vingt ». Les tendances
architecturales contemporaines
révèlent une certaine dispersion :
expressionnisme, brutalisme,
maniérisme, néo-classicisme, etc. Le Figure 1.2 : le premier immeuble en béton armé est
béton armé est encore le commun édifié à Paris par François Hennebique.
dénominateur de ces tendances.
Matériau à tout faire des ingénieurs, il est devenu la base du langage architectural
contemporain. Son usage se laisse réduire en quelques techniques définies chacune
par une « école » dont elle exprime le mieux les tendances.3

3
« ARCHITECTURE (Matériaux et techniques) - Béton », Encyclopædia Universalis [en ligne],
consulté le 31 janvier 2016. URL :http://www.universalis.fr/encyclopedie/architecture-materiaux-et-
techniques-beton/

2
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON

1.4 Composants du béton


Le terme « béton » recelé une ambigüité. Le matériau doit en effet être
considère sous deux formes:
Le b é t o n frais, mélange homogène de matières premières solides en
suspension dans l'eau : c’est l'état dans lequel ilse trouve
Lors de sa fabrication. il se trouve en état foisonne dans et a la sortie des
appareils assurant l'obtention d'un mélange homogène, et en cat compacte dans
son coffrage, après mise en place et damage, serrage ou vibration;
le béton durci, solide dont les propriétés physiques et mécaniques
s'acquièrent au cours des réactions physico-chimiques qui se déroulent entre ses
composants a vitesse relativement rapide au début , puis a vitesse fortement
décroissante avec le temps.
le béton est un matériau composite; ses propriétés dépend dent de la nature
et de la qualité de ses composants mais aussi de leurs proportions relatives.
S'agissant des propriétés, il convient de distinguer celles qui concernent le béton
frais et le béton durci.
1.4.1Les matières premières
A titre d’exemple, la composition pondra le d'un béton courant, c'est-a.-dire le
poids des différents composant permet- tant de fabriquer 1 m3 de béton durci,
est la suivante : granulats,
1 800 kg ciment, 350 kg ; eau, 180 kg; a quoi s'ajoutent évent
Réellement quelques 10 et 20 kg d'adjuvants.
Que soit le béton, il est fabrique avec du ciment, des granulats, de l'eau, des
adjuvants. Les granulats preuves inclure des fillers er, éventuellement, des
ultrafines.
1.4.1.1Le ciment
Le ciment se présente sous la forme d’une poudre fine de couleur grise ou
blanche. La dimension des grains de ciment est caractérisée par la valeur de la
finesse Blaine qui mesure la surface real des grains connus dans 1 gramme; la
finesse Blaine des ciments est de l'ordre de 3500 et 4500 cm2/g. La dimension
caractéristique des grains de ciment est d'environ 30 a 50 Jl.
Obtenu par cuisson a 1450°C d'un mélange hormogène de calcaire er d'argile,
dans la proportion 80 %/20 %, c'est un produit complexe constitue
essentiellement de silicate tricalcique

3
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
1.4.1.2 Les granulats
Les granulats rocheux sont constitues par les sables, les gravillons er les
cailloux. ils forment du béton.
Les granulats sont d'origine détritique, sédimentaire, métamorphique ou
éruptive. On distingue les granulats roules, extraits de ballastières naturellement
dragués en rivière ou en mer, et les granulats concasses, obtenus a parmi de roches
exploitées en carrière.Ils sont classes en fonction des dimensions de leurs grains.
La couche granulometrique représente la distributions en pourcentage des poids
des matériaux passant dans des tamis et passoires de dimensions normalisées.
Par convention, on appelle sables les grains de dimensions comprises entre 0,08
mm et 5 mm, gravillons ceux dont les dimensions comprises entre 5 et 25 mm er
cailloux ceux dont les dimensions son supérieures a 25 mm. Pour les ouvrages
courants, les granulats n'incluent que des sable et des gravillons.
Les granulats ce doivent être propres et chimique maintiennes vis avis du ciment, de
l'eau et de l'air. Ils doivent répondre a certaines exigences de forme, de texture de
surface, de résistance a la compression, de résistance a l'abrasion, de porosité er de
tenue au gel Le chiffres

1.4.2 Les adjuvants


Les adjuvants sont des produits chimiques incorpores en faibles quantités au
béton frais afin d'en améliorer certaines propriétés. ils représentent entre 1 et 3
% du poids du ciment. Leur rôle er leur efficacité dépendent de la nature du
produit chimique et de l'homogénéité de leur répartition dans la masse du béton
frais.
Les principaux adjuvants sont :
- les plastifiants et fluidifiants réducteurs d' eau, qui remplissent deux
fonctions : il permettent, d'une part, d'obtenir des bétons frais il consistance fluide
et même liquide ; a maniabilité donnée, ils offrent, d'autre part, la possibilité
de réduire l a quantité d'eau nécessaire et la fabrication et a la mise en place du
béton frais. Ce sont des résines mélamines ou des naphtalènes sulfonâtes. Leur
action s'exerce par défloculation et dispersion par répulsion électrostatique des
grains de ciment en solution dans l'eau, et leur durée d'activité n'excède pas 1 ou
2 heures
- les retardateurs de prise du ciment, qui prolongent la durée pratique
d'utilisation du béton frais. Ce sont généralement des sucres ou des lignosulfonates.
ils sont utiles pour le transport du béton sur de grandes distances ou pour sa mise
en place par pompage, particulièrement par temps chaud ;
- les accélérateurs de prise et de durcissement, qui permettent, pour les
premiers, la réalisation de scellements ou d' étanchements et, pour les
seconds, une acquisition plus rapide de résistance du béton durci ;
- les entraineurs d’air, qui confèrent au béton durci la Capacité de résister
aux effets de gels et de gels successifs en favorisant la formation de
microbulles d'air reparties de façon homogène.

4
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
L'influence des adjuvants peut varier sensiblement en fonction du nature er de la
composition du ciment ; des problèmes de compactibilité peuvent apparaître entre
adjuvants et ciments.
La composition d u béton
En se limitant aux points de vue du maitre d’ouvrage, du concepteur et de
l'entreprise qui réalise les travaux, un béton peur
Être caractérisé par trois critères : la durabilité et la résistance a la compression du
béton durci, qui garantissent la pérennité et la sécurité des ouvrages, d'une part,
et, d'autre pan, la consistance ou la maniabilité du béton frais. qui mesure sa facilite
de mise en œuvre Ces propriétés dépendent de la qualité des constituants, mais aussi
de la composition du béton, c' est-a-dire des quantités des divers constituants
contenus dans 1 m3 de béton en place.
Des 1898, René Féret a établi les principes d’optimisation de la composition
c o n d u i s a n t à l'obtention de bétons de résistance spécifiée. II a énoncé la
relation qui lie la résistance a la
compression (, d'un béton aux volumes de ciment, d' eau e er de vides v contenus
dans une unité de volume de béton durci :
Cette expression met en évidence le fait que la résistance ( croit avec le
dosage en ciment, c'est-a-dire avec le poids de ciment contenu dans 1 m? de béton
durci, les coefficients k dépendant de la nature des granulats et du ciment.4
1.5 Pour quoi le béton
Le béton est un matériau de construction remarquable. Malgré quelques
inconvénients, il cumule de très nombreuses qualités qui font son succès. Pour preuve,
près de 7 milliards de mètres cubes mis en place chaque année dans le monde. Ses
qualités sont les suivantes :
 C’est un matériau « hydraulique » (car le ciment est un liant « hydraulique »),
c'est-à-dire qu’il durcit par réaction ave l’eau.
En conséquence, il ne craint pas l’eau, il en a même besoin . un minimum
d’humidité doit être maintenu durant ses premiers jours de durcissement et à
condition de ne pas le délaver, c’est sous l’eau qu’il durcit le mieux. Une fois
durci , il est dur est solide comme de la pierre et même souvent plus , peu
perméable, imputrescible et très peu dégradable. On dit « dur, solide et durable
comme béton ». dans la majorité des applications courantes, sa résistance en
compression est même supérieure à ce qui serait strictement nécessaire.
 Il est moulable à température ambiante.
sa mise en place est donc simple et il s’adapte à toutes les formes désirées,
même les plus complexes.
De très grands volumes peuvent etre mis en place par addition de quantités
plus faibles et moyennant quelques précautions simples. L’ensemble obtenu se
comporte de façon monolithique. Si les pharaons l’avaient connu, les
pyramides auraient pu être construites par uni noria d’ouvriers chacun un

4
Lucien Pliskin “le beton “ m hanker édition GAUB p 59.60.61

5
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
panier de béton porté sur sa tête, au lieu de transporter et hisser des blocs de
pierre monumentaux.
 C’est un matériau lourd. pour la construction des avions, c’est un défaut.
Mais, pour les constructions courantes, c’est souvent une qualité. Le poids
s’avère notamment un atout pour résister au renversement par le vent. Il est
également un atout pour l’isolation acoustique.
 Il est incombustible. bien que pouvant être finalement détruit par un incendie,
le béton résiste longtemps avant d’être altéré.
 Son PH basique (PH ≥ 12 ) aide à la prote ction des armatures métalliques
contre la corrosion
 Dernier avantage et non des moindres : son prix est relativement modique.
en 2010, un mètre cube de béton courant (C25 /30 ) livré sur le chantier coutait
un peu moins de 90 € hors taxes.
1.6 Les inconvénients de béton
1.6.1 Fabrication et mise en œuvre de béton
De la sortie de la bétonnière ou du malaxeur à l’ouvrage fini, le béton passe par différentes
Phases : transport, coulage dans un coffrage ou un moule, serrage, maturation, démoulage,
cure. Ces différentes phases impliquent le recours à des techniques qui ont beaucoup évolué et
qui doivent respecter des règles d’exécution, décrites dans les documents techniques tels que
des normes, ou des fascicules de documentation à caractère normatif de l’Afnor.

La mise en place

TACHES T/U COFFRAGES TUNNELS


INFRASTRUCTURE (béton arme)
COFFRAGE 1.2 h/m²
FERRAILLAGE 48 h/t.
BETON 0.6 h/m³
SUPERSTUCTURE (béton arme)
COFFRAGE 0.45 h/m²
FERRAILLAGE 48 h/t.
BETON 0.80 h/m³

La préparation des différents éléments

6
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
La préparation des coffrages
Les coffrages doivent :
– être suffisamment rigides pour supporter la poussée du béton tout particulièrement dans le
cas des bétons fluides, sans se déformer y compris pendant la phase de vibration, et stables
– être étanches pour éviter les fuites de laitance aux joints ;
– avoir un parement nettoyé et traité avec un agent de démoulage approprié et appliqué en
couche régulière ; cette préparation est indispensable pour l’obtention d’un béton apparent
régulier, et pour éviter des phénomènes d’adhérence entraînant des arrachements lors du
décoffrage
– être exempts de corps étrangers (clous, ligatures, boulons, etc.) et d’eau stagnante.
La préparation des armatures
Pour éviter leur déplacement pendant la mise en place du béton et sa vibration, les armatures
doivent être correctement calées et positionnées (il existe de nombreux modèles de cales
s’adaptant aux différents diamètres d’armatures et aux formes de la pièce à réaliser).
L’enrobage des armatures doit aussi être contrôlé.
Les surfaces de reprise de bétonnage
Leur emplacement sera prévu lors du calepinage pour correspondre à la jonction des
éléments constitutifs, de façon à ne pas créer un joint gênant pour l’aspect du parement de
béton. Les surfaces de reprise doivent être rugueuses (un repiquage peut parfois s’avérer
nécessaire) pour faciliter l’adhérence et humidifiées lorsqu’il s’agit d’un béton déjà durci.

Le déversement du béton
Le béton doit être déversé d’une hauteur inférieure à 0,8 mètre et être réparti régulièrement.
Les accumulations locales entraînent une surcharge sur les étaiements, ainsi que des risques
de ségrégation.
Les éléments coffrés
En plus des précautions précédentes, il peut être nécessaire d’utiliser des manchons ou des
tubes, pour limiter la hauteur de chute libre du béton (à l’origine de phénomènes de
ségrégation), surtout dans des coffrages hauts et profonds. Il faut éviter le ruissellement du
béton sur les parois du coffrage ou le phénomène de cascade sur les armatures.
Le tube plongeur, le manchon ou la goulotte doivent permettre de déverser le béton au fond
du coffrage. Ils sont remontés progressivement au fur et à mesure du bétonnage. Les
précautions à prendre lors du coulage sont les suivantes :
– limiter la hauteur de chute ;
– prévoir des couches horizontales successives n’excédant pas 60 à 80 cm de hauteur ;
– maintenir une vitesse de bétonnage aussi cons- tante que possible ;
– éviter la mise en place lors de trop fortes pluies pouvant entraîner un lavage des gros
granulats et un excès d’eau dans le béton, surtout à sa surface.

- La mise en œuvre du béton sans vibration :


Les bétons autobloquants
Ces bétons se mettent en place sous le seul effet de la gravité. Ils permettent un gain
économique sur la productivité, le matériel et la main-d’œuvre ; ils améliorent les aspects de
parement et suppriment les nuisances sonores causées par les vibrateurs. Ces bétons sont
appelés à se développer très largement dans les prochaines années.

- Le surfaçage du béton
Le surfaçage du béton frais est destiné à fermer sa surface, c’est-à-dire à augmenter la
compacité de la zone de la peau. L’objectif recherché est aussi un fini de surface lisse et une
bonne planéité. Pour que le surfaçage soit efficace, le béton doit être suffisamment riche en

7
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
mortier et sans excès d’eau qui aurait tendance à ressuer exagérément en surface, entraînant
un phénomène de microfissuration (faïençage). Le surfaçage est réalisé avec divers matériels :
taloches manuelles ou mécaniques, lisseuses rotatives. Le surfaçage peut être complété par
d’autres traitements qui donnent à la surface du béton des caractéristiques particulières. Ces
traitements sont notamment le striage , le rainurage ou le dénudage des granulats.
La protection du béton
La protection permet d’éviter une prévention contre :
– un lessivage par les eaux de pluie et les eaux de ruissellement ;
– un refroidissement trop rapide pendant les pre- miers jours suivant la mise en place ;
– des différences importantes de températures internes ;
– une basse température ou le gel ;
– des vibrations ou des chocs pouvant disloquer le béton ou nuire à l’adhérence avec les
armatures. Les parties coffrées sont naturellement protégées par les coffrages.

8
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
1.7 Domaines d’emploi
Le béton fait partie de notre cadre de vie. Performances et souplesse d’emploi permettent
au béton d’être présent dans tous les domaines du bâtiment et des travaux publics.

Le bâtiment
Le béton a sa place dans les bâtiments d’habitation logements), écoles, hôpitaux…
aussi bien que dans les constructions liées à l’activité professionnelle (usines, ateliers,
commerces, bureaux) ou dans des réalisations diverses (socioculturelles, sportives ou
de loisir…). Ses qualités lui permettent de répondre aux exigences des différentes
parties de la construction :
– structure ;
– enveloppe ;
– plancher ;
– couverture.
Les travaux publics
27
Les ponts
Les progrès techniques et, en particulier, l’évolution des caractéristiques du béton,
permettent de réaliser des portées atteignant 800 m pour les ponts haubanés.
Les tunnels
Pour les tunnels, le béton est soit coulé en place, soit utilisé sous forme de voussoirs
préfabriqués. Ceux-ci sont posés à l’avancement de la machine à forer
– le tunnelier – et permettent de “chemiser” la galerie.
Les barrages
Les grands barrages sont le plus souvent en béton permettant des implantations dans
les sites les plus difficiles.
Les routes
La chaussée béton prend une part de plus en plus importante dans les grandes voiries
routières et autoroutières, grâce au développement de techniques modernes :
béton armé continu, dalle épaisse, traitement de surface, ainsi que dans les pistes de
chars et
d’aérodromes. Les voiries à faible trafic montrent un regain d’intérêt pour les
solutions béton, qui leur assurent durabilité et faible coût d’entretien.
Autres ouvrages
Il faut également citer les ouvrages hors du commun : structures offshore ou centrales
nucléaires, dont les exigences requièrent des bétons aux caractéristiques mécaniques
et à la durabilité élevées.

9
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON

2 Types de béton
2.2.1 LE BÉTON ARMÉ
1.2.1.1Définition
C’est une association hétérogène de deux
matériaux: le béton et l’acier. Les
caractéristiques du béton armé sont
différentes de celles de ses composants, bien
que ceux-ci conservent leurs qualités propres.
Le béton qui résiste bien a la compression et
mal a la traction assure la transmission des
efforts de compression et l’acier la reprise
des efforts de traction.

Figure :1.3Stade Giovanni Berta, Florence


« C’est l’adhérence entre le béton et l’acier
qui permet cette association, rendue possible par l’existence de coefficients de
dilatation voisins. »5
« le béton armé est la plus belle technique que l’humanité est parvenue à inventer »6
2.2.1.2 Historique et évolution
LE BÉTON ARMÉ a été inventé par JOSEPH MONIER aux environs de
1850.Monnier a mis au point une poutre, un escalier, un réservoir en béton armé.
En 1900, le premier immeuble en béton armé est édifié à Paris par François
Hennebique.
En 1912, la grande coupole de la salle du Centenaire à Breslau, édifiée par
Max Berg, atteint soixante-trois mètres de diamètre. Cette structure audacieuse et
expressive est l’une des premières qui aient été réalisées en BA, avec les immenses
hangars paraboliques d’Orly (Freyssinet).
Dès 1920, l’histoire du béton armé et celle de l’architecture moderne
coïncident, et le béton arme continu de nous éblouir a travers les exploits de grand
architecte notamment OSCAR NIEMEYER7
8
2.2.1.3 Les caractéristiques de béton arme
« Le béton armé est l’association gagnante de béton et d’armatures. Les plus souvent
métalliques. Il doit son succès aux nombreux avantages du béton et au caractère

5
Construire en beton .FRIEDBERT KIND-BARKAUSKA . Holcim . p 18
6
Pier Luigi NEVRI (1891-1979)
7
BETON ARME (theorie et application ) selon l’eurocode 2 .jean-louis Granju .edition EYROLLES .
p 14.15
8
« Industrialisation du béton armé » Encyclopédie Universalis [en ligne], consulté le 31 janvier 2016.

10
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
gagnante de son association avec les armatures. Le béton reprend les efforts de
compression e les armatures ceux de traction. »9
1.PHYSIQUE :
• La masse volumique, entre 22 et 25 Mpa
• le coefficient de dilatation est avoisinant à celui de l’acier.
2. CHIMIQUE :
• * l'adhérence :
• La transmission des efforts entre le béton et les aciers d’armature s’effectue
grâce au phénomène d’adhérence.
• C'est une sujétion fondamentale de tout type de construction. Chaque ossature
doit offrir une stabilité au feu fixée par la réglementation (1/2 h, 1 h, 2 h). Ce
degré de stabilité est destiné à permettre aux occupants de quitter les lieux
avant l'effondrement.
• La ruine du béton armé soumis au feu intervient principalement par la
disparition de la résistance des aciers lors de l'élévation de température.
• Pour maintenir les aciers "au frais" le temps nécessaire, on les éloigne du
parement de la pièce en béton en augmentant la valeur de l’enrobage.
LES ÉLÉMENTS D’OSSATURE: 10
• L'ossature d'un ouvrage est l'ensemble des éléments de construction assurant
sa stabilité en regard de toutes les sollicitations possibles. Cet ensemble
s'appelle également la structure de l'ouvrage.
• Les principaux éléments constitutifs de la structure sont :
- Les fondations
- Les planchers
- Les murs
- Les poutres
- Les poteaux ( piliers)
- Les éléments spécifiques de stabilité
latérale (éléments de contreventement).

Figure 1.4: exemple d’une structure en


béton arme a portique

9
BETON ARME (theorie et application ) selon l’eurocode 2 .jean-louis Granju .edition EYROLLES .
p5
10
Cour de Mme AIT BELKACEM 2eme année École Polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme

11
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
• La construction la plus simple qui puisse être édifiée en béton armé est formée
de poteaux et de poutres Le béton armé va permettre de supprimer les murs
porteurs
• Le béton armé est encore le commun dénominateur de ces tendances.

2.2.1.4 LES AVANTAGES :


• la résistance aux agents extérieurs: Matériau monolithique reconstitué,
résistant bien aux effets extérieurs, le béton assure la protection des aciers
contre la corrosion.
• Une souplesse de mise en œuvre
• La mise en place du béton par coulage permet d’obtenir les formes choisies
sans assemblage compliqué et sans discontinuité.
la résistance aux séismes:
• En raison de son monolithisme et de la qualité des assemblages, le béton armé
résiste bien aux efforts sismiques.
• L’isolation acoustique :
Sa densité élevée entraîne un bon affaiblissement des bruits émis par une
source extérieure.
2.2.1.5 LES INCONVÉNIENTS
• - La mise en œuvre : la mise en place est relativement coûteuse en raison de la
nécessité de coffrer préalablement ; le façonnage des armatures est long.
• L’hétérogénéité : c’est un matériau hétérogène qui exige une attention aux
choix et aux quantités des composants, et une vibration lors du coulage.

12
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
2.2.2 LE BÉTON PRÉCONTRAINT

2.2.2.1 définition
Pré contraindre le béton consiste à lui
appliquer lors de sa Fabrication une contrainte
permanente de compression. Ce gain en
compression dans le béton va ensuite s’opposer à
la Traction que vont générer les charges
appliquées à l’ouvrage (Poids propre, charge
d’exploitation, charge climatique, ...). Le béton
va ainsi rester en permanence dans un état de
(Poids propre, charge d’exploitation, charge
climatique, ...). Compression et va donc pouvoir
être utilisé au mieux de ses Performances.

Figure 1.5 : Les fondations des Trois Tours de


Grenoble en béton précontraint
Le béton précontraint est un matériau auquel on a fait subir un traitement mécanique
préalable pour le rendre apte à résister aux deux sens de sollicitations compression et
traction
Le béton sera pré comprimé ou précontraint avant action des charges
extérieures, de telle façon que l’effet différentiel de la précontrainte et des charges ne
laissera plus subsister que des zones comprimées.

2.2.2.2 Les avantages du béton précontraint


• La déformabilité des pièces est plus faible et les risques de corrosion sont
éliminés
• Le matériau peut supporter un effort de traction directe supérieur à l’effort de
précontrainte
• Une résistance en compression.
• Une résistance à la traction
• L’étanchéité et la non agressivité chimique
• La possibilité de réalisation, en usine, de grandes séries de produits par le
recours à des moyens industriels de fabrication.
• L’assurance de durabilité des ouvrages, grâce à l’efficacité de la protection
des armatures de précontrainte
• Résistance au feu et pérennité: Il offre des résistances au feu allant jusqu'à 2
heures pour la structure des poteaux et jusqu'à 4 heures pour les murs coupe-
feu.

13
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
• Une excellente résistance à la fissuration: Dans une poutre en béton
précontraint, l'acier précontraint équilibre les efforts des charges extérieures et
évite ainsi au béton de se fissurer sous les charges d'exploitation.
• Performances accrues : Le béton précontraint permet des portées allant
jusqu'à 40.00 mètres et jusqu'à 20.00 mètres pour les pannes. Ces
performances réduisent le nombre de poteaux. Pour nos planchers, la portée
peut atteindre 16.00 mètres
2.2.2.3 Les inconvénients du béton précontraint
Les efforts supportés par les matériaux sont plus élevés que dans le cas
du béton armé, ce qui implique :
• le choix de matériaux plus performant
• une technologie plus évoluée
• les risque d’effondrement brutal sont plus
• Le béton précontraint est utilisé dans les structures fortement sollicitées telles
que les ponts à moyenne et à grande portée et les viaduc
2.2.3 LE BÉTON CELLULAIRE
Le béton cellulaire est, a la fois, un matériau solide et léger(appartient à la famille
des bétons légers).
IL convient a tous les types de construction du plancher a la toiture, son utilisation
se révèle être source de réels avantages a toutes les étapes du projet et de la
construction, généralement utilisé pour son
excellente isolation thermique, il est
particulièrement apprécié pour conserver la
fraîcheur des bâtiments en été.
De par leurs différentes dimensions, les
éléments en BC contribuent à la rapidité et à la
simplicité de la construction, facteurs qui
influencent favorablement le cout de celle-ci.

Les matières premières nécessaires à la


fabrication du béton cellulaire sont :
• du sable blanc très pur (95% de silice)
• de la chaux
• du ciment
• de la poudre d’aluminium
• de l’eau

14
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
A noter qu’il s’agit uniquement de matières minérales présentes en abondance dans la
nature.
En présence d’eau, la chaux réagit avec la silice du sable pour former des silicates de
calcium hydratés (tobermorite). Chaux et ciment servent de liants.
La poudre d’aluminium extrêmement fine (env. 50 μm),utilisée en très faible quantité
(+/- 0,05%), sert de levain, en cours de fabrication, pour faire lever la pâte et créer les
cellules.
La fabrication ne nécessite que peu d’énergie : 300 kW/h suffisent à produire 1m3 de
béton cellulaire autoclave soit 10 fois moins que pour fabriquer des briques pleines
de terre cuite, et participe ainsi au respect de l’environnement.

2.2.3.2 HISTORIQUE11
Le béton cellulaire tel que nous le connaissons de nos jours est né de la combinaison
de deux inventions antérieures : l’autoclavage du mélange sable/chaux/eau et
“l’émulsification” des mélanges de sable, ciment/ chaux et eau.
La première invention est attribuée en 1880 à
W. Michaelis. Ce dernier a mis en contact un mélange de chaux, sable et eau avec de
la vapeur d’eau saturée sous haute pression et est ainsi parvenu à donner naissance à
des silicates de calcium hydratés hydrorésistants.
La chaux réagit avec le sable quartzeux et l’eau.
La seconde invention concerne l’émulsification des mortiers. En 1889, cette invention
a été octroyée à E. Hoffmann. Il a utilisé de la pierre à chaux finement broyée et de
l’acide sulfurique pour émulsionner des mortiers à base de ciment et de gypse. En
1914,
J.W. Aylsworth et F.A. Dyer ont breveté un procédé utilisant de la poudre
d’aluminium ou de zinc comme émulsifiant. Ces poudres de métal réagissent en
milieu alcalin (chaux ou ciment) en dégageant de l’hydrogène.
En 1924, le Suédois J.A. Eriksson débute la production de béton cellulaire à base d’un
mélange de sable fin, de chaux et d’eau, auquel il ajoute une petite quantité de poudre
de métal

11 Cim info (centre d’information sur le ciment et ses application)

15
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
2.2.3.3 CARACTÉRISTIQUES DU BETON CELLULAIRE
1. MASSE VOLUMIQUE ET RESISTANCE A LA COMPRESSION :
La résistance a la compression est définie en fonction de masse volumiques
Nominales allant de 300 a 800 kg/m3.
Le Thermo-pierre se caractérise par une résistance a la compression extrêmement
élevée. Les essais réalises en laboratoire font d’ailleurs apparaitre
des résistances mécaniques nettement supérieures a celles imposées par les normes.

La résistance en compression des blocs de béton cellulaire est suffisante pour


reprendre des charges de plusieurs étages. On peut utiliser ceux-ci sans
craintes en tant que blocs porteurs pour des immeubles à appartements ou de
bureaux sur plusieurs niveaux.
2 RÉSISTANCE À LA TRACTION PAR FLEXION
La résistance caractéristique à la traction pure représente 12% de la résistance
en Compression. (Fctk = 0,12 fck)
Coefficient de conductibilité thermique:
Il diffère selon la masse volumique de l’élément allant de 0,100 jusqu’à 0,195
La Résistance au feu : Ininflammables, les ouvrages en béton cellulaire sont
coupe-feu. C’est un matériau minéral, incombustible, dont le point de fusion
se situe à environ 1200°C.
2.3.3.4AVANTAGES
1. Durabilité
2. Peut être installé en tout Temps
3. Application résidentielle ou Commerciale
4. Installation intérieure ou Extérieure
5.Divers patrons et différentes couleurs sont Disponibles
a. Surface texturé au choix
b. Dessins sur mesure
c. Le béton cellulaire a décerné le label “Produit vert".
d. Il participe, à plus d'un titre, au respect de la nature et de l'environnement
puisque sa fabrication ne dégage aucun gaz toxique.
e. Respect de l'environnement:
f. La fabrication du béton cellulaire ne dégage aucun gaz toxique et n'entraîne
aucune pollution de l'eau.
g. Qualité de vie: Par ses qualités d'isolation et d'inertie thermiques, le béton
cellulaire assure non seulement des économies d'énergie, mais contribue

16
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
également à un confort de l'habitat tout à fait particulier, tant en été qu'en
hiver.
Sauvegarde des ressources naturelles:
Toutes ces matières existent en abondance dans la nature et le béton cellulaire
n'en abuse pas, puisque 500 kg à peine suffisent à produire 1m3 de produit fin
3 QUELQUES NOUVEAUX BETONS

3.3.1 BETON A HAUTES PERFORMANCES12

3.3.1.1Définition
• C’est un béton résultant d’un mélange de granulats, de ciment, d’eau et
d’adjuvants, sauf que cette fois-ci, le rôle joué par l’eau est double :
Chimiquement et fondamentalement: assurer l’hydratation du ciment, et donc le
durcissement de la pâte cimentaire inter-granulaire.
Physiquement et pratiquement: contribuer de façon déterminante à l’ouvrabilité
du béton frais en lui conférant un écoulement convenable et une fluidité suffisante
permettant sa mise en œuvre par « coulage ».
• Tout cela va donner une faible porosité, et un rapport de (résistance
mécanique/masse volumique) plus élevé.

Les Bétons à Hautes Performances (BHP) ont d’abord été utilisés pour leur haute
résistance. Cette caractéristique facilement mesurable a fait des pro- grès
spectaculaires à partir des années 80. Elle est passée de 30 à 35 MPa, à plus de 100
MPa pour les Bétons à Très Hautes Performances, voire plus de 200 MPa pour les
Bétons Fibrés à Ultra Hautes Performances (BFUP). Les BHP se caractérisent par :
une résistance caractéristique à la compression à 28 jours supérieure à 50 MP a sur
cylindre.
3.3.1.2 Ses performances

Désignées par le sigle BHP, ces bétons possèdent de multiples performances :


des propriétés exceptionnelles à l’état frais
• des performances aux jeunes âges
• des résistances mécaniques importantes à long terme
• que leur confèrent des atouts spécifiques qui
permettent :
• l’optimisation des structures ;
• la réduction des frais d’entretien et de maintenance ;
• la pérennité architecturale des ouvrages ;
• l’augmentation de la durabilité.
• Résistance mécanique élevée au jeune âge
• Résistance importante en compression
• Durabilité accrue

12
Fichier pdf de groupe Lafarge

17
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
• Module d’élasticité plus élevé
• Fluidité à l’état frais .
• L’optimisation de la formulation des BHP consiste à :
• diminuer la porosité de la matrice cimentaire ;
• optimiser le squelette granulaire.

Cœur Défense,
Architecte: Jean-Paul Viguier

3.3.2 BÉTON AUTOPLAÇANT (BAP)


C’est un béton très fluide, homogène et stable, mis en œuvre sans vibration, son
serrage (ou compaction) s’obtenant par le seul effet gravitaire.
Les BAP se distinguent des bétons courants essentiellement par leurs propriétés à
l’état frais offrant des performances au moins équivalentes à celles d’un béton
compacté par vibration.
3.3.2.1Fabrication des Bétons Autoplaçants
Les formulations des BAP et leur fabrication nécessitent la mise en œuvre de
procédures de fabrication et de contrôles adaptés.
36
La plupart des malaxeurs peuvent fabriquer des BAP. Le temps de malaxage est toutefois
légèrement supérieur à celui d’un béton classique. Il faut que le mélange, riche en Eléments
fins et en adjuvants, soit le plus homogène possible. Certaines formules peuvent nécessiter
des séquences de malaxage spécifiques (ordre d’introduction des constituants dans le
malaxeur, temporisation, temps de malaxage adaptés…). L’un des points les plus importants
de la fabrication est le contrôle strict de la teneur en eau du mélange, par conséquent, il est

18
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
important de contrôler celle des granulats. La fabrication des BAP nécessite un contrôle
renforcé des constituants afin de garantir la régularité des performances. L’hyperfluidité du
béton conduit à prendre des dispositions spécifiques pour éviter des déversements et à adapter
l’ouvrabilité au temps de transport et de mise en œuvre.

Mise en oeuvre du BAP : grâce à sa fluidité, il remplit parfaitement les coffrages.

3.3.2.2 Domaines d’utilisation :

➤ Coulage de voiles, poteaux, poutres, …

➤ Partie d’ouvrage où la vibration s’avère difficile ou impossible

➤ Ouvrage avec une densité de ferraillage importante


3.3.2.2 Qualités pratiques :
• La facilité de mise en œuvre (main d’œuvre réduite)
• Gain de temps dans la réalisation
• La qualité des parements obtenue
• Coulage de toutes formes complexes
• La prévention des risques et des nuisances (bruit, pénibilité, vibration…) ;

19
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
3.3.3 BÉTON FIBRÉ
C’est un béton dans lequel sont incorporées lors du malaxage des fibres de nature,
de dimensions et de géométrie variées, dispersées dans toute la masse du béton
(contrairement aux armatures métalliques en BA).
Son mécanisme d’adhérence régit un mode d’association « béton-fibre ».
Cette adhérence permet:
– d’assurer le scellement (ou ancrage) des fibres ;
– d’assurer « l’entraînement » des fibres (c’est-à-dire qu’elle s’oppose à l’effort de
glissement longitudinal ) ;
– de maîtriser la distribution de la fissuration
« Il existe aussi des bétons à fort dosage relatif en ciment et en adjuvants, à
granulats de faible dimension, et surtout, à fort dosage en fibres, appelé «béton
fibré à ultra hautes performances » (BFUP). »13
• cohésion du béton frais
• conséquences du retrait (fissuration)
• ductilité en traction (déformabilité avant rupture)
• résistance à la fatigue
• résistance à la traction par flexion
• bon comportement au feu.

13
Conférence :« L’utilisation du béton dans l’architecture », intervenants de CimBéton

20
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON

4. Notions de durabilité des bétons


Un ouvrage doit résister au cours du temps aux diverses agressions ou sollicitations
(physiques, mécaniques, chimiques…) c’est-à-dire aux charges auxquelles il est
soumis, ainsi qu’aux actions diverses telles que le vent, la pluie, le froid, la chaleur, le
milieu ambiant…tout en conservant son esthétisme. Il doit satisfaire, avec un niveau
constant, les besoins des utilisateurs au cours de sa durée de service. La durabilité de
l’ouvrage caractérise sa capacité à conserver les fonctions d’usage, pour lesquelles il a
été conçu (fonctionnement structurel, sécurité, confort des usagers), et à maintenir son
niveau de fiabilité et son aspect esthétique dans son environnement, avec des frais de
maintenance et d’entretien aussi réduits que possible (sous réserve de la mise en
œuvre d’une maintenance préventive programmée). La durabilité du maintien de ses
fonctions doit être assortie d’une durée, temps minimal et raisonnable pour lequel
l’ouvrage est conçu, qui est appelé la durée de service de l’ouvrage (ou durée
d’utilisation de projet). La prise en compte de cette durabilité permet de valider et de
justifier la rentabilité de l’investissement.

La durabilité directement liée à l’environnement immédiat ou futur des ouvrages et


partie d’ouvrage est aujourd’hui le paramètre important à considérer pour optimiser la
résistance des bétons aux influences externes :
intempéries, agressivité des sols, atmosphères chimiquement agressives.
La seule durabilité intrinsèque du béton ne suffit plus à garantir la durée de service
de l’ouvrage.
Prescrire un béton durable nécessite donc d’apprécier, dès sa conception, l’ensemble
des contraintes environnementales, des agressions et des attaques potentielles, qu’il
aura à subir pendant toute sa durée de service, et de respecter et mettre en œuvre les
recommandations en vigueur.
Il convient de ne pas assimiler la durabilité d’un produit de construction à celle de
l’ouvrage.
En effet, il est inutile de formuler un béton intrinsèquement durable, si sa mise en
œuvre au sein de la structure n’est pas conforme aux règles de l’art et si les diverses
sollicitations auxquelles il est soumis n’ont pas été correctement appréciées, ce qui
conduirait à ce que l’ouvrage ne remplisse pas durablement sa fonction pendant sa
durée de service requise.

Pour s’assurer de cette durabilité, pendant longtemps, les bétons ont été spécifiés
en considérant les performances mécaniques requises à 28 jours associées
éventuellement à un dosage minimum en ciment. Pour la construction d’une structure,
seules les exigences de résistance et de comportement en service étaient prises en
compte.
Un béton performant ayant en principe un dosage correct en ciment et une bonne
compacité, ces deux prescriptions pouvaient effectivement garantir une certaine
durabilité du matériau béton.
Aujourd’hui, la durabilité est appréhendée en considérant un ensemble de
propriétés dont, bien sûr, la résistance mécanique à 28 jours. Les autres
caractéristiques prises en compte visent à assurer l’adéquation entre les propriétés
physico-chimiques
du béton et les contraintes qui s’appliquent à l’ouvrage.
Les caractéristiques à prescrire pour garantir la pérennité des ouvrages sont
désormais plus complètes et plus précises. La notion de durabilité d’un ouvrage se

21
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
traduit par un ensemble de spécifications techniques basées sur des méthodes d’essais
directes ou indirectes, sur l’expérience et sur des préconisations de mise en œuvre, de
fabrication et d’entretien.

Le béton a beau être fait avec des matériaux naturels et recyclables, il n’en
reste pas moins que sa conception entraîne une consommation d’énergie importante et
peut nécessiter l’utilisation d’additifs nocifs pour l’environnement. En effet, la
fabrication elle-même du béton et en particulier du ciment requière une quantité
d’énergie non négligeable.
La principale utilisation d’énergie vis-à-vis du béton vient d’une part, de son
Acheminement (transport en camion du béton ou des matières premières) et d’autre
part de sa confection (mazout ou autre combustible pour cuire la roche en ciment). A
cela s’ajoute de la consommation électrique pour brasser mécaniquement de grandes
quantités de bétons. Toutes ces consommations d’énergies induisent donc une
production plus ou moins forte de CO . En outre, les réactions chimiques au sein des
composés de la roche calcaire (le carbonate de calcium, nécessaire à la fabrication du
ciment) produisent également du CO2 selon la réaction suivante :

CaCO3→ CaO + CO2

La fabrication du ciment rejette donc des quantités assez importantes de


dioxyde de carbone : la production d’une tonne de ciment entraîne déjà l'émission
d’environ 0,35 tonnes de CO2 rien que par la calcination des matières premières. Au
bout du compte, elle est à l’origine d’environ 7 à 8 % des émissions totales de CO2 à
l'échelle du globe ! Et c'est ne pas compter la pollution atmosphérique par les
poussières de ciment et l’énergie nécessaire à son élaboration. En effet, chaque tonne
de ciment produite requiert l’équivalent de 60 à 130 kg de fuel (ou son équivalent) et
une moyenne de 210 kWh.
De plus ces performances en terme d’isolation thermique sont médiocre et
nécessite donc systématiquement un doublage par un isolant thermique pour répondre
aux nouvelles exigences environnementales.

Ainsi, le béton, sous l’angle du développement durable, ne semble pas


pertinent, même s’il possède une longévité élevée lorsqu’il est correctement mis en
place et fabriqué (qualité et propreté des constituants), ce qui est le cas aujourd’hui
avec les modes de production industrielle. Cependant de nombreuses recherches sont
menées désormais afin de rendre plus propre les modes de fabrication du béton mais
aussi pour que son exploitation est un impact positif sur l’environnement.
Aussi, les cimentiers déclarent qu’ils souhaitent réduire significativement leurs
émissions de CO₂ notamment par le remplacement des combustibles fossiles par des
combustibles de substitution mais aussi par le remplacement du clinker dans le ciment
par d’autres composants.

En effet, Ces dernières années, on assiste à une diversification des sources


d’énergie utilisées pour alimenter les fours des cimenteries avec le remplacement
d’une partie des combustibles fossiles par des combustibles de substitution comme la
biomasse ou les déchets. Ainsi en 2006, la biomasse et les déchets représentaient
respectivement 2,3 % et 8,4 % des combustibles utilisés par le groupe Lafarge.

22
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
Concernant la biomasse, les principaux combustibles utilisés sont des sous produits
de l’agriculture par exemple des cosses de café, des balles de riz, des coques de palme
à huile, etc. … Concernant les déchets non agricoles, il peut s’agir de solvants, de
déchets plastiques, d’huiles usagées, de peintures ou encore de farines animales.

Dans le processus de fabrication du ciment s’est l’obtention du clinker qui est


responsable de la quasi-totalité des émissions puisque c’est pendant cette étape que les
fours sont utilisés et que la réaction chimique produisant le CO2 a lieu.
Par conséquent, un des moyens de réduire les émissions de dioxyde de
carbone par tonne de ciment produit est de limiter la quantité de clinker dans le
ciment en le remplaçant par des produits de substitution ayant les propriétés d’un
liant
hydraulique mais qui ne nécessitent pas de préparation émettrice de grandes
quantités de CO2 .

Ainsi, en partant du ciment Portland composé à plus de 95 % de clinker, les


cimentiers sont arrivés aujourd’hui à produire des ciments avec 75% de clinker
seulement et ils espèrent pouvoir diminuer encore la part de ce composant. Selon une
étude menée par le groupe Lafarge, produire un ciment avec 30 % d’ajouts
permettraient de faire chuter de 27 % les émissions de CO 2par tonne de ciment
produit. Les produits de substitution, appelés ajouts cimentaires, peuvent être :
• soit parfois naturels : roche pouzzolane (roche siliceuse légère produite par
des projections volcaniques basaltiques. Elle comporte de la silice, de
l'alumine, de l'oxyde ferrique (qui lui donne sa couleur rouge), ainsi que de la
chaux et de la magnésie.)
• soit très souvent d’origine artificielle : ce sont dans ce cas des déchets
d'autres
industries, comme les laitiers des hauts-fourneaux de l'industrie sidérurgique ou les
cendres volantes issues du filtrage des fumées de centrales électriques à charbon.

Ce procédé est cependant limité par la disponibilité des déchets pouvant être utilisés
comme substituant au clinker.

Enfin, même si des alternatives existent pour les constructions individuelles


(béton de chanvre, brique alvéolées, bois...), leur utilisation pour la construction
d’ouvrages majeures ne semble pas réaliste à l’heure actuelle à cause notamment de
leur difficulté de mise en œuvre.

En effet les caractéristiques intrinsèques du béton en font un matériau indispensable


dans la réalisation d’ouvrages de plus en plus complexes et exigeants d’un point de
vue technique de part sa « mouillabilité » qui autorise la conception d’ouvrages aux
formes audacieuses et novatrices, ces performances élevées, notamment avec
l’apparition des bétons hautes performances, qui permettent la réalisation de
structures très complexes constituant de réels défis technologiques et architecturaux.
Il est clair que le béton reste à ce jour inégalé de part les possibilités quasi illimitées
qu’il offre aux architectes.

cout

23
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON
5 ETUDE ECONOMIQUE COMPAREE DES VARIANTES STRUCTURE (en
béton arme)
Le coût de construction dépend essentiellement du coût des matériaux Élémentaires.
On peut remarquer notamment que plus la quantité de ciment et de l'acier est élevée
pour une solution donnée, et plus le coût de cette dernière est élevé

24
CHAPITRE 1 : L’ARCHITECTURE EN BETON

6.Conclusion
Blanc gris ou coloré le béton est partout autour de nous sans que nous en ayons
toujours conscience, il fait partie de notre univers dans nos logements nos bâtiments
nos ouvrages d’art grâce à ces caractéristiques intrinsèques du béton en font un
matériau indispensable dans la réalisation d’ouvrages de plus en plus complexes et
exigeants d’un point de vue technique de par sa « moulabilité » qui autorise la
conception d’ouvrages aux formes audacieuses et novatrices, ces performances
élevées, notamment avec l’apparition des bétons hautes performances, qui permettent
la réalisation de structures très complexes constituant de réels défis technologiques et
architecturaux.

Cependant, de nos jours, où la question de l’environnement et du développement


durable est au cœur de tous les débats architecturaux, le béton semble montrer se
limites puisqu’il s’avère, essentiellement dans son mode de production, très
énergivore et donc sensiblement polluant. Aussi il parait tout à fait légitime de se
poser la question de l’avenir du béton dans la construction.

25
CONSTRUCTION B
total linteau fondation poteaux poutres dallage maconneerie toiture element
4118.8 112 123 227 2196 727 82.8 651 ciment ( kg )
4.0474 0.0414 0.045 0.084 0.812 1.42 0.625 1.02 sable (M3 )
4.221 0.124 0.136 0.252 2.436 1 0 0.273 gros granulat(M3 )
5222 0 0 0 0 0 2656 2566 brique LTEROC
2.408 0.06 0.063 0.117 1.134 0.458 0.156 0.42 EAU (M3 )
50 3 3 12 32 0 0 0 barre de10
32 0 0 12 20 0 0 0 barre de 8

CONSRUCTION A
total linteau fondation poteaux poutres dallage maconneerie toiture element
4699.1 112 139 255 2014 1160 89.1 930 ciment
5.577 0.414 0.051 0.094 0.745 2.153 0.68 1.44 sable
4.708 0.124 0.154 0.283 2.236 1.53 0 0.381 gros granulat
6504 0 0 0 0 0 2882 3622 brique LTEROC
2.82 0.06 0.071 0.132 1.04 0.748 0.169 0.6 EAU
56 3 3 12 38 0 0 0 barre de10
36 0 0 14 22 0 0 0 barre de 8

[Date] 26
PRIX UNITAIRE CONSTRUCTION B CONSTRUCTION A
70019.6 79884.7 850 82.376 93.982 ciment sac de 50 kg
8904.28 12269.4 2200 4.0474 5.577 sable
11818.8 13182.4 2800 4.221 4.708 gros granulat
30000 33600 600 50 56 barre de 10
13120 14760 410 32 36 barre de 8
133862.68 153696.5

POURCENTAGE % 87.09546411 12.90453589


[Date]
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
1. INTRODUCTION

« Depuis onze millénaires, l’humanité fait preuve d’une étonnante capacité à bâtir en
terre crue, depuis les simples habitations jusqu’aux palais et aux villes entières. »1

La terre est un des premiers matériaux utilisés par l’Homme dans le domaine de la
construction. Ainsi la technique de construction en Terre remonte à plus de dix mille ans
avant l’édification de la ville de Jéricho en Turquie.
Depuis, les civilisations les plus brillantes ont construit avec ce matériau. En effet les
Perses, les Assyriens, les Egyptiens et les Babyloniens l’ont utilisé avec abondance. Cette
technique s’est ensuite perpétuellement transmise à travers les siècles jusqu’à nos jours.

L’utilisation de la terre dans le secteur de la construction, dans une optique de


développement durable, implique l’analyse de la situation qui motive ce choix ; en prenant
en considération les aspects écologiques, les aspects légaux et moraux, la
viabilité culturelle et la durée temporelle des impacts positifs et négatifs résultant de ce
choix.
Le matériau terre s’est développé de plus en plus et a connu un regain d’intérêt dans le
contexte international actuel. Ce développement est accompagné par un perfectionnement
et une modernisation du procédé.

2. L'architecture en terre :

2.1 Historique et processus d'évolution de l'architecture en terre

Qu’est ce que la terre ? :

«Habiter la terre : manifeste pour le droit de construire en terre crue », nous faisons le
pari de l’innovation afin de relever le défi majeur d’une architecture éco-responsable
dans les pays du Sud comme dans ceux du Nord. »1

elle représente la couche superficielle , meuble , de la croute terrestre résultant de la


transformation de la roche mère , enrichie par des apports organiques.

1
HABITER LA TERRE - Manifeste pour le droit de construire en terre crueLe laboratoire CRAterre, l’École
nationale supérieure d’architecture de Grenoble (ENSAG)

29
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE

L'altération de la roche mère peut être d'ordre mécanique et/ou chimique sous l'action des
phénomènes climatiques et organismes vivants.2

La terre est composée de matériaux de granulométrie différente en proportion plus ou


moins variable:

 Les argiles : particules inférieurs à 2 micromètres (servent de liant entres les


éléments stable en présence de l'eau)
 Les limons: particules comprises entre 2 et 50 mm ;
 Les sables: particules comprises entre 0,5 et 2 mm ;
 Les graviers: particules comprises entre 2 et 10 mm ;
(squelette du sol)

Figure I.1: Classement des sols d'après leur composition granulométrique,


(Source : C. Delbecque )

L'histoire de la construction en terre est mal connue, l'intérêt pour matériau jugé antique et
médiocre était éclipsé par celui accordé à la pierre ou au bois matériaux dit plus noble.

2
C.Delbecque . Approche contemporaine de la construction en terre (histoire de la construction en terre ) 21
octobre 2011

30
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
Pourtant les trouvailles archéologiques témoignent de l'importance du matériau terre dans
l'histoire, presque toutes les civilisations l'avaient adoptée à un moment ou un autre : (la
terre fut associée aux époques décisives de la révolution urbaine et servait la quotidienneté
autant que le prestige des plus glorieuses civilisations de l'antiquité) 3. Des âges les plus
lointains à nos jours , elle s'affiche comme étant le matériau privilégié de l'homme
bâtisseur , et le temps passant n'a pas pus effacé les preuves accumulées de cet usage de la
terre.

2.1.1 Quelques repères chronologiques de la


construction en terre

 11000 ans : premières traces de la


construction en terre en Amérique du
sud ;
 10000 ans : en Syrie construction en
terre par empilement de pains de terre
façonnés à la main
 8500 ans : apparition de la brique de terre en Turquie
 8000 ans : apparition de l'utilisation de la terre dans l'habitat en Europe occidentale
(recouvrement de clayonnage);
 5000 ans : apparition des premières villes
Figure I.2: Tchoga zambil en Iran, (source :
d'architecturede terre crue en Mésopotamie. Encyclopédieinteractive wikipédia).

Figure I.3: Mari en Syrie, (source : Encyclopédie Figure I.4: Shibam au Yémen, (source : Encyclopédie
interactive wikipédia). interactive wikipédia)

3
CRAT TERRE . traité de construction en terre . Ed . PARENTHESE . 1995 .P.16-17

31
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE

ses premières cités découvertes dans l'ancienne Mésopotamie date d'avant même
l'invention de l'écriture . la terre crue étant matériau qui se dégrade plus rapidement que
la pierre on à moins de vestiges aussi marquants que les pyramides d'Egypte, ils
existent pourtant , mais sont moins connus : (Tchoga Zambil) en Iran , Mari en Syrie ,
shibam au Yémen).

Dans les vallées fertiles de la Mésopotamie, de l'Egypte , de l'Inde et da la Chine , les


terres alluviales et la paille des céréales ont permis la mise au point de la technologies
multiformes et leur diffusion a partir de ces principaux foyers de civilisation pour
ensuite se généralise au grés des migration et des conquetes 4.

Dans le continent africain une très grande partie du parc immobilier des zones rurales
et meme urbaine est en terre utilisé sous une diversité linguistique qui exprime aussi
une diversité des techniques de construction ainsi qu'une connaissance très affiné des
possibilités qu'offre la terre.5

Les premières
utilisations de la terre
crue en Afrique
remontent à 8000 ans ,
(des cabanes de bois
enduites de terre). Les
civilisations antiques
maitrisaient
l'utilisation de ce
matériau , on peut
citer par exemple la pyramide de Saqqarah , par la suite , son utilisation s'étend sur tout
le continent , produisant une diversité et une richesse architecturale exceptionnelles .
(l'exemple des mosquées maliennes de Tombouctou XIIIe siècle , et de Djenné , le

Figure I.5: La grande mosquée de Djenné, (Source : C. Delbecque).

4
Bruno Pignal . terre crue . : techniques de construction et de restauration . Ed EYROLLES .2005 .P. 9
5
CRAT TERRE . traité de construction en terre . Ed . PARENTHESE . 1995 .P.16-17

32
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
tombeau des Askia de l'empire Songhaï du XIVe siècle ainsi que les palais d'Abomey
au Benin XVIIe siècle ).

C'est le plus grand édifice au Monde construit en adobes et recouvertes d'un enduit . le
bâtiment mesure 75m x 75m et 20m de haut. Les murs font de 40 à 60 cm d'épaisseur.
Des branches de palmiers ont été incluses dans la maçonnerie pour réduire les risques
de fissures sur pareil édifice et servent d'échafaudage pour les opération d'entretien.

D'après les statistiques de l'UNHCR (United Nation High Commission for Refuges)
. près de 30 % de la population mondiale habites actuellement dans des construction
en terre , c'est un matériau stable , écologique et bon marché . (il a été ainsi constaté
que 60% des habitation du Pérou sont bâties en Adobe ou en pisé , à Kigali , 38% des
logements sont en terre et le recensement de 1971 en Inde attestait que près de 72% du
parc immobilier est construit en terre ). Il est également important de remarquer que
près de 17% des bâtiments inscrits au patrimoine mondial de l'humanité sont en terre 6,
c'est-à-dire la longévité qu'offre ce matériau de construction.

Le matériau terre a été extrêmement employé jusqu'au le lendemain de la guerre


mondiale , le caractère d'urgence des reconstructions qui ont suivi les deux guerres
s'adaptait ma la l'aspect saisonnier et la lenteur de sa construction, la désertification des
compagnes , la généralisation du travail salarié et l'abandon en milieu rural des
systèmes d'entraide familiale ont ensuite participé à la disparition de cette architecture.

Au même moment le recourt systématique a la production industrielle induit une


mutation des pratiques et des techniques , des matériaux performants et attractifs sont
proposés à des prix très concurrentiels . la standardisation des mises en œuvre et le fait
que ce matériau soit associé a un contexte de pauvreté (à fuir et à oublier) contribue à
déconsidérer les savoir-faire anciens qui tombe rapidement dans l'oubli.

Les crises énergétiques qui ont suivi les trente glorieuses ont fait resurgir l'intérêt
porté au matériau terre, ainsi que pour ses qualités thermiques et sa bonne compatibilité
avec l'environnement.

Les problématiques contemporaines font que l'on soit dans un contexte ou la


valorisation du patrimoine rural construit en terre s'inscrit dans une dynamique

6
C.Delbecque . Approche contemporaine de la construction en terre (histoire de la construction en terre ) 21
octobre 2011

33
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
prometteuse7. Parallèlement à un ralentissement de la croissance démographique, on
assiste à une critique de la production industrielle ainsi qu'a un marché de la
construction qui s'oriente vers la réhabilitation de l'existant alors qu'autrefois il était axé
sur la construction neuve. Cela fait que l'on est passé d'une production quantitative pure
et simple à une préoccupation qualitative visant à purger le parc bâti de l'habitat
insalubre.

En Algérie après l'indépendance et face àa la situation du logement qui a pris une


proportion préoccupante et qui a provoqué une dégradation menaçante du cadre de vie
de la population, plusieurs plans de développement du secteur ont été lancés.
Cependant leur politique a accordé peu d'interet au développement de constructions
spécifiques et caractéristiques des différentes localités du pays, et touts les opérations
lancées jusqu'à présent se sont apparentées aux produits de la modernité et l'usage de
matériaux importés et donc couteux.

Plusieurs ville n'ont malheureusement pas été épargnées de tous ces plans d'action
qui ont dégradé la situation du logement, et ont fait apparaitre des ensembles
d'habitations incohérents , hétérogènes aux tissus développés auparavant par la
population , inadéquats au mode de vie de ces dernières qui se sont vue imposées une
architecture étrangères8.

De ce fait la population a fini par s'imposer ce nouveau cadre bati au nom du


"modernisme" au détriment d'une architecture appropriée à ses besoins et à ses moyens
économiques et aux spécificités climatiques de la région.

Cette situation est le résultat de différents facteurs:

 Le manque de culture scientifique et sociale ches le décideurs et les


différents acteurs de ce secteurs;
 Leur insensibilité à toute question liée au patrimoine et à l'environnement;
 Leur insouciance à l'égard de la qualité architecturale et celle du cadre de
vie du citoyen;
 La volonté de répondre rapidement àa la demande multipliée en logements.

7
Bruno Pignal, Terre crue : Techniques de construction et de restauration, Ed. EYROLLES, 2005, P. 10.
8
Saliha Benmessaoud, Prospection pour l’introduction de la construction en matériaux locaux dans le secteur du
logement à Tamanrasset,Mémoire du diplôme de spécialisation et d’approfondissement- Architecture de Terre ; DSA
Terre 2004-2006

34
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
Ces politiques n'ont fait qu'accentuer le destruction du patrimoine bâti remarquable que
recèle ces villes , puisque plusieurs constructions en terre ont été démolies pour etre
remplacées par des batiments dits "modernes"

2.2 Situation de l'architecture en terre à travers le monde


Ce paragraphe traite de la situation institutionnelle de l'architecture de terre , il s'agit
notamment des indicateurs de sa situation , la règlementation et la formation. A travers le
monde , on va voir les pays qui possède des règlementations spécifiques et offrent des
formations sur l'architecture de terre.

2.2.1 Codes, normes , directives et orientations

Actuellement, les seuls codes complets qui traitent spécifiquement de la


construction en bloc de terre comprimé (BTC) se trouvent en Allemagne et en nouvelle
Zélande9. d'autres pays possèdent des codes qui sont, selon le CRATerre, aujourd’hui,
largement dépassés comme c'est le cas en Afrique du sud ou en Australie. La Nouvelle
Zélande a publié son code pour les bâtiments en terre crue en 1998. Ce code spécifique est
annexé aux réglementations en vigueur dans le secteur du bâtiment. Il comporteentre autres
les critères de performances des bâtimentsen terre pour ce qui est de la résistance au
tremblement de terre.

D'autre pays ont développé des recommandations ou des prescriptions, tel que le
Maroc , et la Cote d'Ivoire qui sont continuellement mis à jour. Le Pérou a intégré des
normes parasismiques pour les bâtiments en terre dans le règlement national de la
construction et l'Inde a publié en 1994 les directives pour l'amélioration de la résistance
aux tremblements de terre des bâtiments en maçonnerie non renforcée dont la terre crue10.

Aux États-Unis la construction en adobe est intégrée aux codes nationaux de


construction. Le (National Bureau of Standards) a publié plusieurs documents durant les
années 1940. Pendant les années 1970 le "Uniform Building Code (UBC)" était publié au
niveau national. Il a subi des modifications pour être adopté dans les différents états, ses
règles concernent les briques de terre "adobe" fait à la main. Actuellement,au USA , il n'ya

9
Site web http://www.terra-ram.com/.
10
Ibid.

35
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
pas de code spécifique pour le BTC et les projets réalisés appliquent l'UBC conçu à
l'origine pour l'adobe11.

En France trois anciens textes officiels se rapportent à la construction en terre . En


1982, à l'occasion du projet du "Domaine de la terre de la ville nouvelle de l'Isle d'Abeau"
en France , un cahier de charges a été élaboré. Il constituait une référence pour les
différents intervenants. Le centre de CRATerre à Grenoble développe un code du BTC our
le gouvernement Français, il est élaboré sur la base d'une concentration entre 22 pays où il
sera appliqué

Su le plan international, des codes de bon emploi ont été élaborés par l'ONU entre
1958 et 1964 concernant la construction en béton de terre stabilisée. En 1973 le
Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a établi un texte normatif à
l'occasion du projet "Cissin" à Ouagadougou Burkina Faso12. La réunion International des
Laboratoires d'Essais et de recherche sur les matériaux et les constructions (RILEM) et le
conseil international du bâtiment pour la recherche l'étude et la documentation (CIB)
possèdent depuis 1987 un comité technique sur la construction en terre qui élabore des
recommandations et spécifications qui peuvent être adoptées comme normes.

Beaucoup de pays dans le monde ont déjà légitimé la pratique de la construction en


terre sur leur territoires ce qui procure plus de garanties aux opérateurs et aux utilisateurs à
la fois. Cela implique la reprise d'intérêt de cette architecture. Les actions des organismes
internationaux encouragent les pays à se lancer dans les voies de la revalorisation de
l'architecture de terre .

2-2-2 L'architecture en terre en Algérie

Au moments où l'architecture de terre reprend de l'interet dans le monde, la


situation en Algérie semble au point mort. En effet, notre pays a manifesté très tot son
interet pour la revalorisation de l'architecture de terre mais l'échec des premières opérations
qui n'ont pas réussi à surmonter l'obstacle psychologique a limité ou même réduit à néant
leurs effets. Dans ce paragraphe on va voir la première expérience algérienne connue et on

11
Ces règles sont disponibles sur les sites internet :
http://www.earthbuilding.com/nm-adobe-code.html. Pour le Nouveau Mexique.
http://www.earthbuilding.com/san-diego-adobe-code. Pour la Californie.
12
H. Houben et H. Guillaut, traité de construction en terre, Ed. Parenthèse, Marseille, 1989. V1, P. 159.

36
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
étudiera la situation de la reglementation et de la formation en architecture de terre en
Algérie.

2-2-2-1 Actualité de l'architecture de terre en Algérie.

Aujourd'hui les attitudes ont changé, malgré l'échec de l'opération de Mustafa Ben
Brahim13. En effet le BTS est un matériau reconnu officiellement et le centre national
d'étude et de recherche de batiment (CNERIB) mène des recherche sur ce sujet depuis plus
de vingt ans. Plusieurss projets ont pu voir le jour tel que le montre le tableau qui suit :

Tableau I.1: Les opérations de construction en terre en Algérie (source : CNERIB)

Années Réalisations
1969 La réalisation de 136 logements en pisé au village agricole de Bouhlilet à
Batna
1971 Une équipe franco-belge réalise à Zéralda un groupe expérimental
d'habitation rurales14
1973 30 des 300 logements du villae de Moustafa Ben Brahim , sont réalisé en
pisé.
1975 Le village d'Abadla a été construit selon le procédé de la terre remplissante
1976 100 logements du village agricole de Felliach à Biskra sont réalisé en
Thoub.
1980 120 logements du village agricole de Madher à Boussaada sont réalisés en
BTS
1981 40 logements sont réalisés à Chéraga près de Alger en BTC
1984 Un prototype bioclimatique fut réalisé à Tamanrasset en BTC
1984 Un prototype fut réalisé au CNERIB en BTC
1986 10 logements sont réalisés à Adrar en BTC
1986 10 logements sont réalisés à Reggane en BTC
1994 24 logements sont réalisés à Tamanrasset par l'office de promotion et de
gestion immobilière en BTC
1994 44 logements sont réalisés par l'ETR de Tamanrasset en BTC

13
Ibid. P 52.
14
J. Dethier, Des architectures de terre ou l’avenir d’une tradition millénaire, Ed. CGP, paris, 1982, P. 52.

37
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
1998 Un prototype en pisé fut réalisé au CNERIB
2006 Un projet intitulé "réalisation d'un logement rural avec efficacité
énergétique " est lancé au CNERIB et financé par l'union européenne.
Sur le plan des pratiques traditionnelles, la construction en terre est pratiquée dans
nombreuses régions du pays. Selon le rapport du CNERIB. L'Algérie compte plusieurs
techniques se distinguent par leur procédés de production. Jusque-là on n'a pas encore
rencontré d'étude spécifique sur les techniques pratiques en Algérie. L'ouvrage de P. Odul
15
ne présente que quelques exemples et ne s'étale pas sur l'ensemble des procédés
traditionnels algériens.

2-3 Les procédés constructifs

L'architecture de terre est chargée de solution techniques toutes aussi impressionnantes et


ingénieuse les unes que les autres . nous avons utilisé principalement l'ouvrage de
H.Houben et H.Guillaut "traité de construction en terre " . édité en 1989 par les éditions
Parenthèse de Marseille. On essayerai de présenter les procédés les plus connus de façon
succincte afin de montrer la richesse formelle et technique de cette architecture .

Jusqu'à présent , une douzaine de procédés constructifs fondamentalement différents , sont


connus à travers le monde, à partir desquels dérivent près d'une centaine de variantes qui
peuvent etre traditionnelles ou modernes.

2-3-1La terre creusée:

Cette technique est répondue sous les climats chauds et secs ou le sol présente une croute
tendre, en l'occurrence du tuf, du lœss ou de la lave poreuse. Ce procédé permet une
proctection contre la chaleur diurne et amortit la différence de température entre le jour et
la nuit grace à l'effet de volant thermique et de masse de la terre. Ce procédé présente deux
variantes; le troglodyte horizontal ou les cavités sont creusées sur des parois verticales et
troglodyte vertical creusé dans des sites plats de plateaux ou de plaines.

15
. Odul, Des architectures de terre en Algérie, projet earth construction technologies appropriate to developing countries,
Belgique, 1983.

38
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
Le site de Matmata en Tunisie et les gorges du Roufi en Algérie sont des exemples dans
les pays du Maghreb16. En Chine , il ne s'agit pas seulement d'habitations creusées autour
d'un pation mais aussi d'écoles , de bureaux , d'hotels et d'ateliers pour les petits industries.

Les maisons sont à la fois, abritées des vents dominants , aérées et remarquablement
tempérées.

2-3-2 La terre couvrante:

Cette technique permet de profiter de l'isolation de la couche de terre et est autant utilisée
sous les climats chauds que froids. Elle compte deux variantes:

 La maison enterrée : la terre ne rentre pas dans la structure de la construction mais


elle couvre la batisse.
 La maison cecouverte de terre : cette technique améliore aussi l'isolation
acoustique propose une nouvelle relation avec l'environnement (toits jardin). Le
probleme qui se pose dans cette technique c'est celui de l'humidité et des charges
supplémentaires qu'elle occasionne sur la structure.

2-3-3 La terre remplissante:

A l'était sec, la terre remplit toutes sortes de matériaux creux. C'est avec ce procédé que la
muraille de Chine fut construite ainsi que des nombreux ouvrages romains. Le village de
Guir Lotfi à Béchar était réalisé grace à cette technique. Les blocs de parpaings creux
étaient remplis de terre avant leur pose dans les murs.

2-3-4 La terre découpée:

La terre est découpée à la surface d'un sol de bonne


cohésion naturelle. Les blocs ou les mottes de terre sont
extraites avec un outillage très simple (beche, pioche, outils
de carrières) et peuvent etre utilisés aussitôt découpés.
Cette technique pose les problemes de tassement de murs.

2.3.5La terre comprimée: Figure I.6: Presse Hydraulique


(Source : auteur)

16
Noureddine KEBAILI, l’architecture de terre contemporaine en Algérie ; évaluation post-occupation d’habitations
ruralesdans la région centre des hauts plateaux ; mémoire de magistère 2006, P. 17.

39
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
C'est la technique la plus appréciée, qui a capté très vite
l'attention des techniciens et des scientifiques. Elle
comporte deux variante:

 la brique compréssée: elle consiste à comprimer la


terre dans un moule de la taille d'une brique, en bois
ou en acier , par un martelage continue . le bloc de
terre comprimée est une forme modernisée de cette
technique. La compression à la machine a remplacé

les dames manuelles. La première machine à


Figure I.7: Presse manuelle(Source :
damer fut inventée par l'architecte et auteur)

entrepreneur français François Cointeraux "la


CRECISE" au VIIIe siecle.
c'est l'invention de la presse manuellee
"CINVA-RAM" en 1952 par l'ingénieur Raul
Ramirez au centre CINVA de Begota en
Colombie qui marque el regain d'intérêt pour
la construction en blocs de terre comprimée
qui peut etre stabilisée ou non17.
 Les blocs monolithiques ou le pisé : il est
réalisé grace à une banche dans laquelle la
terre est remplie et damée. C'est la technique Figure I.8: Construction d'un mur en pisé au
Maroc (Source : N. Baloul)
la plus connue. le développement des
pressoirs à vibreur permet une meilleure qualité des
ouvrages.

2.3.6 La terre façonnée: elle consiste à modeler la terre


à l'état humide sans l'aide d'un coffrage ou d'un moule. Son
utilisation est connue dans les pays du Sahel, en Afrique et
des les régions
équatoriales. Figure I.9: Séchage de brique en
adobe(Source : Encyclopédie
interactive Wikipédia)

17
H. Guillaud T.Joffroy P. Odul, CRATerre, Compressed earth blocks manual of design and construction, Ed. Eschborn,
1995, P. 7.

40
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE

2.3.7La terre empilée:la terre est utilisé à l'état de pate à laquelle on ajoute un
dégraissant (paille ou balle de grains). Elle est pétrie à l'avance pour former de grosses
boules qui sont empilées ou jetées avec force. Des murs épais sont ainsi batis en plusieurs
couches. Elle compte plusieurs variantes, entre autres:

 Les boules empilées


 Les boules de terre jetées.

2.3.8 La terre moulée:ou encore ADOBE, de


l'arabe "THOUB" c'est une brique de terre formée à
l'aide de moules ou façonnée et séchée au soleil.

Plusieurs variantes existent:

 La brique piriforme: c'est la forme la plus


Figure I.10: Montage d'un mur en
ancienne de brique , elle est utilisée au Togo et adobe
(Source : Encyclopédie interactive
Wikipédia)
au nord du Nigéria où elle est appelée "Tubali".
Les Tubali sont réalisé de terre et de paille et
sont montés tete-beche dans des murs épais
avec une grande quantité de mortier de meme
composition. Le Niger comporte des exemples
d'habitats urbains de plusieurs étages.
 La brique cylindrique : le cylindre moulé de
terre fraiche est utilisé comme remplissage pour Figure I.11: Mur en adobe déjà monté
(Source : Encyclopédie interactive
une ossature en bois. Wikipédia)

 La forme prismatique: c'est la plus connue, elle est produite selon deux techniques,
la goutte d'eau et le coup de sabre. Depuis les années 1970, des milliers de
logements ont été construits selon cette technique au sud-ouest des USA. Partout
dans le monde , l'adobe est en rivalité avec le bloc de terre comprimée.

2.3.9 La terre extrudée: la terre est extrudée par une puissante machine

2.3.10 La terre coulée:la terre est coulée dans des couffrages ou dans des moules
comme béton .

41
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
2.3.11 La terre paille:la terre débarrassée de ses gros grains, est dispersée dans des fut
pleins d'eau et remuée jusqu'à l'obtention d'une barbotine, la paille (blé, orge, seigle,
froment…) est ajoutée (le dosage étant de 70 kg de paille pour 600kg de terre pour une
masse volumique de 700kg/m3 ) et malaxée jusqu'à l'obtention d'un mélange paillé qui sera
utilisé , à l'aide d'un coffrage, comme remplissage à une ossature en bois. Cette technique
présente plusieurs avantages dont la résistance au feu, aux intempéries et une bonne
durabilité.

2.3.12 La terre garnissage:une partie du château de Versailles est batie selon ce


procédé qui a l'avantage de résister au séisme. Il consiste à appliquer de la terre sur un
support, le plus souvent en bois cloué ou entrelacé, de façon à le recouvrir. La terre est très
argileuse et melée à de la paille ou d'autres fibres végétales. Construite ainsi selon certaines
précautions, la durabilité des maisons sera garantie, les exemples européens témoignent de
plus de cent ans d'existance. Les variantes sont:

 Le bauge: entre claies: l'ossature est entièrement en matière végétale, le


recouvrement en terre fait entre 10 et 15 cm d'épaisseur. Cette technique reste
utilisée dans les pays tropicaux.
 Les boules de paille: c'est une technique localisée en Allemagne, une corbeille en
paille est remplie de boules de terre. La mise en œuvre se fait sur une charpente en
bois
 Le torchis: l'une des plus anciennes et des plus utilisées dans le monde. C'est une
technique de hourdage qui consiste en l'application d'une terre mélangée à de la
paille sur un clayonnage maintenu dans une ossature porteuse en bois18.

Figure I.13: Torchis sur clayonnage Figure I.12: Torchis sur


(Source : N. Baloul) barreau(Source : N. Baloul)

18
Bruno Pignal, Terre crue : Techniques de construction et de restauration, édition EYROLLES, 2005, P. 77.

42
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE

2.4 Les forme architecturales:

L'architecture de terre offre une grande diversité de formes. En effet, ces formes varient
selon les régions et les cultures des populations qui pratiquent la construction en terre 19. Et
cela est possible grasse a la diversité de plans, de couvertures , d'ouvertures et de système
constructifs existants.

2.4.1Les ressources du plan:

Les travaux réalisés au centre de CRATerre montrent que la construction en terre n'est pas
réductrice de la créativité des architctes. En effet, elle permet un large choix de formes
tout autant que celles utilisent d'autre matériaux. Les plans peuvent etre crées sou différents
styles de conception; traditionnels ou modernes20. Dans tous les cas de figure, l'architecture
de terre est parfaitement adaptable. La variété de couvertures offre d'innombrables
possibilités de compositions formelles, en plus des choix disponible en pisé, la brique de
terre offre la possibilité de couvertures en coupole.

2.4.2 Le système constructif:

Plusieurs systèmes constructifs peuvent etre envisagés selon le type de plan recherché. La
structure monolithique offre un espace contenu, la structure auto stable est plus favorable à
un espace cerné ou tramé et la structure en trumeau convient plus pour un espace fluide.

La brique de terre permet le systyme poteau et arc grace à la taille relativement réduite de
son module de base

19
J. Dethier, Des architectures de terre ou l’avenir d’une tradition millénaire, CGP, Paris, 1982.
20
CRATerre, Marrakech 87, habitat en terre, Grenoble, 1987, P. 26 et 34.

43
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE

Figure I.14: Les systèmes constructifs possibles avec la brique de terre crue, (source CRATerre)

Figure I.15: Les systèmes constructifs possibles avec le pisé, (source CRATerre).

2.4.3Les modules de base :

Nous pouvons voir dans les figures qui suivent les modules de base qui peuvent permettre
la diversité des formes architecturales. Comparé à la brique de terre où le plus petit
assemblage peut constituer un élément de structures, le plus petit assemblage en pisé est
unespace.

44
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE

Figure I.18: Le module de base pour le pisé, (source CRATerre)

Figure I.19: Le module de base pour la brique de terre crue, (source CRATerre)

2.5Les avantages et les inconvénients de l'architecture en terre.

Le génie de la terre a permis d'édifier des architectures solides à travers le monde , qui
existent encore aujourd'hui (en Afrique , depuis le XIIe siècle et au sud-ouest des Etats-
Unis d'Amérique depuis le XVIe siècle). Comme il a permis la réalisation de constructions
d'une extraordinaire diversité de formes et de fonctions (case africaine, palais; temples;
mosquées; églises, greniers, moulins, porte monumentale etc.).

Les architectures en terre se sont intégrées aussi bien dans les sites ruraux (en Afrique,
Asie, Moyen orient, Amérique latine, en Europe et aux Etats-Unis), sous forme de
groupement , compacts, parfois défensifs ou dispersé, que dans les sites urbains (Lyon en
France, Santa Fe au nouveau Mexique, Bogota en Colombie, les villes en terre de l'Afrique
et du moyen Orient). Le génie de la terre a permis aussi de réaliser des constructions en
terre très hautes telles que les immeubles de la ville de Shibām au Yémen entièrement
construits en terre et qui atteignent une hauteur de 30 m et des constructions vastes telles

45
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
que la mosquée de Mopti au Mali , et l'église San Xavier au nouveau Mexique. Enfin le
génie de la terre a permis de doter les architectures en terre d'un confort tout aussi
thermique que spirituel émanant sans doute de l'aspect naturel du matériau et dont la
plasticité permet toutes es expressions artistiques et tous les décors.

En plus de ses qualités de régulateur hygrométrique et d'isolant phonique, la terre crue


présente de gros avantages aussi bien sur le plan environnemental qu'économique. On peut
situer principalement les qualités de la terre crue avant et après la phase de construction:

 En amont, grâce à la diminution considérable des dégâts causés à la nature par


simple et pure action de séchage des briques de terre au soleil.
 En aval grâce au confort thermique que le matériau terre cous offre et aux
économies d'énergie pour le chauffage et la climatisation générés par les propriétés
thermique de la terre .

2.5.1 Les avantages du matériau terre :

le matériau terre, partout largement disponible, présente beaucoup d'avantages parmi eux
on peut citer:

_ INTEGRATION DANS LE TERRITOIRE


Le matériau terre est un élément remarquable de l’identité du territoire. Le garder présent
en réhabilitation ou en construction neuve permet de maintenir cet enracinement de
l’architecture dans son paysage.
_ ROLE CULTUREL
Les constructions en pisé traduisent la subtilité d’un savoir-faire longuement mûri qui
mérite d’être
préservé. Des techniques de rénovation permettent de maintenir viable et vivant ce
patrimoinesouvent délaissé.
_ ARCHITECTURE
L’architecture en pisé, ancienne ou contemporaine, est remarquable. Elle témoigne du bon
sens, del’audace et des capacités d’innovation de sesconcepteurs.

_ MATERIAU ET MISE EN ŒUVRE


Ressource disponible en abondance localement, la terre demande peu de transformation et
peu d’équipements pour sa mise en oeuvre.

46
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
_ COUTS / FINANCE
Les techniques de construction en terre sont propices à l'autoconstruction ou l'autofinition
permettant une réduction des coûts.
_ ECONOMIE LOCALE
conomique et local, il ne demande pas de transformation
coûteuse. Pour une maison individuelle, la terre des fondations
et du terrassement peuvent suffire pour construire le bâtiment.
Il est un prolongement du sol et, à ce titre, participe à l’identité
paysagère et architecturale du territoire dont il est issu.
Il est mis en œuvre par des savoir-faire et emplois locaux,21
_ ROLE SOCIAL
Le matériau terre est propice a des actions sociales. Il s’adapte bien à des chantiers de
formation, d'insertion et à des entraides conviviales.
_ BIEN-ETRE
Les murs en terre apportent un confort hygrothermique aux habitants, tant dans
lesbâtiments anciens que dans les constructions neuves et contribuent à un intérieur sain.
_ ENERGIE
La forte inertie du matériau et ses propriétés hygrothermiques permettent de réguler la
température et évitent les gaspillages d’énergie été comme hiver. La filière de construction
en pisé consomme très peu d’énergie grise.
_ CYCLE DE VIE ET GAZ A EFFET DE SERRE
L’analyse du cycle de vie montre que la terre est le matériau le moins émetteur de gaz à
effet deserre. La construction en terre ne contient pas de matières dangereuses, et ne
dégage pas de gaz toxiques, même en cas
d’incendie.

Figure I.20 : cycle de vie des construction en terre


(source : construire et renover en pisé « pdf »

21
LA TERRE CRUE EN ARCHITECTURE
MIEUX CONNAITRE LE MATERIAU POUR MIEUX L'ADAPTER ET L'UTILISER 2013 - GLOBAL ARCHICONSULT

47
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE

2.5.2 Les inconvénients du matériau terre:

Malgré tous les avantages que peut présenter le matériau terre cependant , il présente aussi
des inconvénients majeurs:

 Grande dispersité: En fonction de l'emplacement géographique, la composition de


la terre peut varier très fortement. Ceci empêche une "standardisation" de la
préparation de la terre crue, et nécessite une certaine connaissance du terrain.
Connaissance qui existait à l'époque, mais qui, apparemment, n'a pas été transmise
aux générations suivantes, dans beaucoup de régions. Heureusement, les études
récentes permettent de combler cette lacune, et les méthodes d'analyse moderne
permettent de déterminer avec exactitude, au cas par cas, ce qu'il faut rajouter au
mélange, afin d'obtenir avec précision les caractéristiques souhaitées.

 En fonction de sa composition, la terre crue est plus ou moins sensible aux


intempéries.

Les remèdes couramment misses en œuvre sont:

 Soubassements en pierre.

 Murs plus épais à la base pour compenser l'érosion.

 Ouvrages plus fin au sommet.

 Ouvrages en forme d'obus.

 Un toit présentant un dépassement suffisant pour protéger le bâtiment.

 Recouvrement des surfaces exposées par un enduit protecteur extérieur.

 Dans certains cas, un petit entretien annuel est nécessaire. (Encore que, certaines
constructions en terre crue, comme par exemple la Grande Kiz-Kala qui date du
VIème siècle avant Jésus-Christ, ont survécus sans protection aux intempéries,
pendant plusieurs milliers d'années!)
ces inconvénients sont principalement liés à la solubilité à l'eau de la terre crue, qui
cause des désordres dans les constructions qu'on désigne par pathologies de

48
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
vieillissement qui varient selon les climats et dont la maitrise peut etre assurée
grace à des mesures préventives

Tableau I.2 : Mesures préventives pour la maîtrise des pathologies des constructions en terre (source :
Aguarwal.A, bâtir en terre, p.51)

Climat/précipitations inconvénients courants Mesures préventives


- Erosion des murs par le - Enduit anti-érosion en
Désertique (aride) et sable béton maigre.
semi-aride moins de - Tassement et fissures de - Bon choix de la terre
250 mm retrait peu graves - Agencement
- Dégats mécaniques soigneusement pensé
- Meilleure réalisation
- Erosion des murs et des - Bon agencement, bon
fondations écoulement
- Erosion par les eaux de - Dallage en béton autour
Humide ruissellement de la construction
- Tassement et fissures de - Gouttières des tuyaux
700 à 1270 mm retrait très importants - Bonne couverture, toit en
- Dégat mécaniques surplomb
- Enduit anti-érosion,
imperméable
- Bon choix de terre
- Meilleure réalisation

2.5.3 Quelques pathologies des constructions en terre:

Afin de mieux profiter des avantages des constructions en terre , il est nécessaire de se
prémunir contre certaines pathologies. Les construction en terre sont en effet très sensibles
à l'eau. Ses dégradations peuvent être localisées:

 A la base du mur à cause de remontées capillaires;


 Au haut du mur à cause de rejaillissement ou du ruissellement des eaux pluviales;

49
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
 A des endroits précis tels que les ouvertures, acrotères de nature du terrain terrasses
saillies, gorge ou saignée ect.(uniquement dans les pathologies humides)

2.5.3.1 Les principes causes de désordre:

Les désordres sont principalement causés par la sollicitation du matériau ou du système à


l'encontre des propretés mécaniques. Le matériau terre ne doit pas etre soumis aux efforts
de traction ou de flexion car il ne résiste qu'à la compressions. On peut dénombrer
plusieurs causes de désordre22:

 La forte pathologie humide;


 Les mauvais terrains sur lesquels sont bâties les constructions : sol instable, de
résistance trop faible, sol gonflant etc.;
 La mauvaise conception du bâtiment: des fondations sous dimensionnées ou
excentrées, mur non chainés, trop élancés, trop percés d'ouvertures , des tableaux de
baies trop lourds, des charges de toitures non reprises par le chainage etc.;
 La mauvaise mise en œuvre : le choix d'une mauvaise terre, des systèmes
constructifs mal exécutés (mauvais appareillage des blocs, mauvais ancrage des
poutres de planchers , des évacuation des eaux pluviales mal soignées, etc.;
 L'action du vent: on signale que le vent altère aussi très fortement les constructions
en terre. il cause des dégradations au sommet et à la base du mur , plus ou
aggravées par l'impact d'objets transportés, ainsi que par l'impact du sable
(caractéristique du sud algérien).
 Les autres cause annexes : les influences climatiques et actions des etres vivants
tels que les insectes et les rongeurs.

CRATerre a défini deux types de pathologies, les pathologies humides et structurelles.

2.5.3.2 Les pathologies humides:

Les pathologies liées à l'eau sont relativement bien connues, elles sont dues à23 :

 Présence de l'eau à la surface du bâtiment;


 Présence d'ouvertures dans cette surface (fenêtre ou fissures) qui permettraient à
l'eau de s'infiltrer;

22
Encyclopédie du bâtiment, V3, P. 3-21-35
23
Encyclopédie du bâtiment, V3. P. 245.

50
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
 Présence d'une force qui ferait pénétrer l'eau à l'intérieur (pression, gravité,
capillarité).

On révèle les effets de ruissellement,rejaillissement, stagnation, absorption, impact et


infiltration, qu'on désigne généralement par le système de la goutte d'eau. Ce sont les
principales actions, accentuées très souvent par des actions tels que l'absence d(entretien, la
non protection des gargouilles, les tableaux d'ouverture, l'arrosage etc. les pathologies
humides entrainent aussi des pathologies structurelles par l'effet des remontées capillaires
et rejaillissement de l'eau sur les murs, ce qui accentue le risque de creusement et affiblie la
structure porteuse.

2.5.3.3 Les pathologies structurelles:

CRATerre identifie cinq types de pathologies 24, elles sont typiquement identifiées par
l'apparition de fissures ou de décomposition du matériau, elles peuvent aller à partir de
l'apparition de simples fissurations, puis des bombements (ventres), des écartements, de
faux aplombs, jusqu'à engendrer à long terme, un déséquilibre causant l'effondrement des
constructions25.

Les fissures sont les manifestations principales des désordres causés par les contraintes
localisées (poinçonnement, flambement, effondrement) ou encore la décomposition du
matériau sous l'action de l'eau et de l'humidité.

 Les fissures: Elles sont souvent le résultat des erreurs constructivfes ou des
modifications ultérieurs. La forte compression, due aux surcharges propre ou à
l'exploitation, peut mettre le matériau en situation de dépassement de contrainte
mécanique. Cette forte sollicitation qui est soit localisée (ouvertures, planchers) ou
exercée sur la masse , (mauvaise fondation et tassement différentiel) crée des
fissures qui peuvent favoriser l'infiltration de l'eau voir déstabiliser le batiment.
 Les fissures de retrait: Elles sont dues au mauvais contrôle de qualité de la terre
employée et de la teneur en eau lors de la mise en œuvre.
 Le flambements: un mur élancé non chiné ou une charge important, peuvent
induire des déformations structurelles, les flambements ou ventres extérieurs
provoquent alors des fissurations.

24
CRATerre, Construire en terre Op. Cit, P. 244-245.
25
N. Baloul, Conservation et valorisation du patrimoine architectural en terre de la région du Twat-Gourara : cas du ksar
deTmassekht, mémoire de magister 2007.

51
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
 Les effondrements: ils peuvent etre partiels ou totaux et sont induits par
l'application de contraintes occasionnelles ou accidentelles ou bien le résultat d'une
pathologie humide.
 La décomposition du matériau: la structure minéralogique et physico-chimique du
matériau peut évoluer et se désagréger sous l'action de l'eau , du gel et dégel
cyclique et de la forte chaleur. Cette pathologie est accélérée par la fixation des sels
et des parasites organiques.

La métrise des performances du matériau erre et de des techniques constructives permet


aussi de surmonter certains de ses inconvénients structuraux, il faut signaler que l'entretien
des enduits extérieurs est essentiel, car lorsqu'ils se désagrègent, la maçonnerie de terre
crue subit directement l'attaque des eaux pluviales, qui altèrent les joints puis les briques
elles-memes.

2.5.4 Les principes de bonne conception d'une architecture de terre:

L'art de construire en terre obéit à des règles très strictes qui demandent un savoir-
faire propre. Mal conçues, les constructions peuvent etre l'objet de grave désordres, les
principes constructifs indiqués plus bas exploitent les performances et les caractéristiques
du matériau terre pour réduire ou meme éliminer les risques de pathologie, elles
garantissent la durabilité des œuvres en terre26

2.5.4.1Protection des terrasses et toiture:

 Toiture débordante;
 Bande d'enduit haute, protection par le décor et la modénature;
 Gargouille débordante, protection du mur à la sortie de la gargouille.

2.5.4.2 Protection des parois:

 Calepinage des banchées du pisé ou des blocs d'adobe ou blocs comprimée;


 Angles chanfreinés.

2.5.4.3Protection des ouvertures:

 Tableaux enduits;
 Solin haut débordent avec goutte d'eau.

26
CRATerre, Marrakech 87, Habitat en terre, P. 18-19.

52
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
2.5.4.4Protection de la base du batiment:

 Soubassement enduit;
 Soubassement en pierres;
 Renfort des angles en leur base;
 Forme de pente, évacuation de l'eau loin du mur.

2.6 Estimations des cout et délais des travaux en terre crue :

Les durées et les couts des travaux en terre sont planifiés et calculés, comme toute autre
prestation de construction, en se basant sur des spécifications techniques et des estimations.
Ces informations sont publiées par des fabricants de matériaux et d'autres entreprises. 27

2.6.2Durées de référence:

La liste suivante couvre une sélection de travaux de construction terre les plus importants.
Chaque tache est détaillée. Si aucune unité n'est précisée , la valeur est exprimée en
minutes par mètre carré (min/m²)

Tableau 1.3 : estimation des durée des travaux en terre crue (source : livre ;
construire en terre / Christof Ziegert et autre / edition le moniteur

Type d’opération La durée Méthode d’application


La phase
(cm )
Pose d'une latte à la base du mur
.empilement des briques de terre
appareillé. Les briques sont
fixées fermement ace des lattes
empilement de placées tous les 3 à 4 rangs de

construction briques en 25 à 30 briques. Fixation des lattes sur la


habillage de mur construction existante avec des
vis adaptées. Pose d'une latte sur
le haut de l'empilement. Le
travail comprend les coupes de
briques nécessaires su les cotés et

27
http:// www.ausschriben.de .

53
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
sur le dessus ou le remplissage
des fentes avec du mortier terre.
Finition prête à recevoir des
panneaux terre ou un enduit.
Epaisseur : DF 52 mm.

Fabrication d'une ossature murale


en lattes de bois tendre ou en
fabrication d'une
profilés métalliques, prête à
ossature pour
revoir des panneaux terre.
panneaux terre 20
Ossature suffisamment stable.
(mur)
Jonctions avec la structure
existante comprises.

Habillage des murs avec des


panneaux terre. Pose des
panneaux appareillée. Fixation
habillage des murs
avec des vis appropriées. Finition
avec des panneaux
construction 20 prête à recevoir du ruban de
terre sur ossature
renfort et une fine couche
d'enduit sur les panneaux.
Épaisseur des panneaux : 20 à 25

54
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
Pose de joints de renfort entre les
panneaux terre sur les
murs/plafonds, avec du ruban de
renfort. Joints noyés dans le
joints de renfort
mortier ou collés avec un
entre les panneaux 6
barbotine de mortier terre. Prêt à
terre
recevoir la couche d’enduit
suivante de 3 à 5 mm
d’épaisseur.

Habillage des murs/ plafonds /


pentes de toiture avec des
panneaux terre comme enduit
sec. Collage su l’ensemble de la
surface avec de la terre colle.
panneaux terre Pour les murs irréguliers, les
comme enduit sec plafonds ou les pentes de
sur support 16 toitures, fixation supplémentaire
minéral des panneaux comprise, avec de
fiches pour panneaux légers ou
des chevilles. Finition prête à
recevoir une toile de renfort et un
enduit. Épaisseur des panneaux :
16 mm.

Construction d’un mur en brique


d’une demi-épaisseur (11,5 cm).
Maçonnerie en briques de terre et
maçonnerie en
mortier de terre. Exécution
maçonneries briques de terre 48 à 92
soignée de la maçonnerie en
2DF , non porteuse
briques , avec des joints pleins.
Construction du mur jusqu’à 2 m
de hauteur par jour,

55
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
exceptionnellement sur un étage
complet par jour. Mur maçonné
stable, avec si besoin de liaison
avec la structure existante
protection contre les intempéries
en période de chantier. Finition
prête à enduire.

supplément pour Supplément pour exécuter


maçonnerie soigneusement la finition prévue
15
apparente de la maçonnerie apparent.

Construction d’un remplissage en


briques d’une demi-épaisseur
(11,5 cm ).maçonnerie en briques
de terre et mortier de terre.
Exécution soignée de la
maçonnerie en maçonnerie en briques, avec des
briques de terre en joints pleins. Liaison de la
remplissage d’une maçonnerie avec l’ossature bois ,
maçonneries 58 à 102
ossature bois , non par insertion de lattes
porteuse triangulaires . Ajout d’éléments
raidisseurs , si besoins , pour
stabiliser les grandes pans
muraux, sous forme de lattes ou
de planches horizontales .
finition prête à enduire.

56
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
Dimensionnement et création de
la maçonnerie à la jonction des
linteaux et des encadrements
création et
latéraux des portes et fenêtres en
habillage des
20 à 25 bois. Dimensionnement et
ouvertures
création des linteaux en bois.
Largeur d’ouverture : environ 1
m.

Construction d’un coffrage


ferme, plan et rigide (résistant à
une charge de 60 kN/m²).
Contrôle de la consistance et de
l’homogénéité de la terre à pisé.
Remplissage du mélange à pisé
en couches de 10 à 15 cm
d’épaisseur. Compactage
soigneux, uniforme , réalisé en
plusieurs passes manuellement
ou avec une machine. Réalisation
en pisé avec surface structurellement stable, avec les
350 à
maçonneries
apparente 1250 liaisons nécessaires entre le mur
et le gros œuvre existant.
Exécution soigneuse du mur
selon les plans de conception, de
manière à obtenir une qualité de
surface suffisante pour les
surfaces de pisé apparentes,
décoffrage. Si besoin, mise à nu
délicatement des agrégats avec
une brosse métallique , à la main
ou à la machine. Planning et type
de travaux de finition selon les

57
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
prescriptions. Protection contre
les intempéries et le gel si
nécessaire, sans interruption
pendant et hors temps de travail
jusqu’à la réception des travaux.
Épaisseur du mur : 30 cm.

Vérification de la stabilité et de
l’adéquation du support .
contrôle de la consistance et de
l’homogénéité de la terre à pisé.
Application en plusieurs couches
d’épaisseur appropriée du
sol en pisé
maçonneries 200 à 350 mélange à pisé. Compactage
soigneux, uniforme , réalisé en
plusieurs passes manuellement
ou avec une machine.
Incorporation d’un géotextile à
grandes mailles dans la partie
haute de la couche inférieure du

58
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
sol en pisé. Si besoin , pose de
baguettes de bordure le long des
murs pour éviter les fissures en
surfaces . exécution de la finition
du sol selon les prescriptions,
permettant une exposition
durable de la surface apparente
qui restera sans revêtement.

Inspection de tous les anciens


panneaux de remplissage.
Élimination des anciennes
Remplissage des réparation réalisées avec des
panneaux de mur à matériaux inadaptés et des zones
colombage : qui ne tiennent plus. Rendre la
préparation des surface rugueuse à l’aide d’une
anciens panneaux brosse métallique. Après un
de remplissage de 15 à 22 humidification soigneuse du
mu extérieur pour support terre, application d’un
recevoir une fine mortier terre grossier,
couche d’enduit à remplissage des cavités compris.
la chaux Finition prête à recevoir l’enduit
extérieur à la chaux de 4 à 6 mm
d’épaisseru, qui affleure la
surface des poutres .

59
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
Calage des palançons dans les
rainures existantes des poutres.
Tissage autour des palançons
avec des tiges souples.
Application d’une seconde
Remplissage des
couche de terre paille par
panneaux de mur à
l’extérieur en retrait de 15 à 18
colombage :
mm par rapport à la surface
remplissage des
extérieure des poutres , recevoir
maçonneries panneaux de mur 120 à 135
deux couches ultérierues d’enduit
extérieur avec
extérieur à la chaux. Préparation
torchis su
du support pour l’enduit àa la
clayonnage
chaux : rendre la surface de terre
paille fraiche rugueuse à l’aide
d’une brosse métallique. Sur la
face intérieure, finition du torchis
simplement lissée.

60
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE

Juste avant l’application de


l’enduit, humidification
(vaporisation) du support,
panneau par panneau, en
Remplissage des
plusieurs fois si nécessaire.
panneaux de mur à
Application et travail de la sous
colombage : sous
20 à 25 couche, d’enduit ç la chaux avec
maçonnerie couche d’enduit
une taloche bois, ou bien
grossier à bas de
projection énergique à la truelle
chaux aérienne
de maçon. Finition rugueuse,
avec ajout de poils
accrochante , prête à enduit.
Épaisseur de l’enduit : 8 à 10
mm.

Juste avant l’application de


l’enduit, humidification
(vaporisation) du support,
Remplissage des panneau par panneau, en
panneaux de mur à plusieurs fois si nécessaire.
colombage : enduit Applicationl’enduit de finition à
maçonnerie de finition fin à 20 à 25 base de chaux. Surface plane, les
base de chaux bords affleurant la surface des
aérienne poutres. Finition finement feutrée
ou lissée, prête é recevoir un
badigeon à la chaux. Épaisseur
de l’enduit : 4 à 6 mm.

61
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
2.6.3Cout des éléments de construction :

ce tableau offre une comparaison des estimations de couts des éléments de construction
terre avec celles d’autres solutions constructives.
Tableau 1.4 : estimation des cout des travaux en terre crue (source : livre ; construire
en terre / Christof Ziegert et autre / edition le moniteur

construction terre solution 1 solution 2 simple


construction sèche
01 cloison séparative en cloison séparative
panneaux terre (comme ligne 6 :
lattes de fixation / remplissage avec un
ossature et isolant matériau isolant )
cellulose + des 2 cotés
: panneaux terre 20
mm + des 2 cotés :
enduit de finition terre
renforcée + des 2
cotés : primaire + des
2 cotés : 2 * badigeon
argile
49,50 à 56,00 €/m²
02 panneaux d'enduit panneaux d'enduit
terre panneaux plaques de platre 12,5 mm
d'enduit terre sec 16 fixées sur rail , remplissage
mm (collés) + enduit des joints et renfort + papier
de finition terre peint ingrain + 2 * peinture
renforcée + primaire + en dispersion
2* badigeon argile 27,00 à 34,00 €/m²
49,50 à 56,00 €/m²
remplissage en maçonnerie des ossatures bois apparentes
03 maçonnerie en brique maçonnerie en briques blocs béton creux 11,5 cm +
terre 11,5 cm 11,5 cm des 2 cotés : couches
+ des 2 cotés : enduit + 2 couches d'enduit d'enduit + des 2 cotés : 2*
terre + des 2 cotés terre + 2 badigeon peinture en dispersion
:primaire + des 2 cotés argile 92,50 à 109,00 57,50 à 63,00 €/m²
: 2*badigeon argile €/m²
49,50 à 56,00 €/m²
remplissage maçonnés de mur à colombage apparent ancien
04 remplissage maçonné remplissage maçonné en
en brique de terre 11.5 briques poreuse 11.5 cm +
cm + 2 * enduit terre + 2 * couche enduit chaux + 2
2* badigeon argile * badigeon argile 98.00 à
98.00 à 120.00 €/m² 120.00 €/m²

pisé

62
CHAPITRE 2: ARCHITECTURE EN TERRE CRUE
05 mur en pisé apparent mur en pierres mur en béton apparent 30
30 cm 300.00 à 900.00 naturelles apparentes cm qualité simple
€/m² 30 cm 300.00 €/m² 130.00 à 155.00 €/m²
maçonnerie en briques
de terre apparentes
36.5 cm
135.00 àà 155.00 €/m²
06 sol en pisé 10 à 15 cm chape de ciment 6 à 8 cm
surface cirée + pose surface cirée
d'un géotextile 45.00 €/m²
150.00 €/m²

3. Conclusion

Dans le monde, plus d’un milliard d’individus, surtout dans les pays en voie de
développement, sont concernés par la crise mondiale de l’habitat.
La terre est un matériau qui apporte des réponses intéressantes à cette crise ; ainsi qu’aux
préoccupations liées à la recherche de l’équilibre écologique de l’environnement et au
développement durable.
Outre ses aspects esthétiques d’une matière brute et pure, la terre présente en effet des
avantages évidents de faible consommation d’énergie grise (énergie de production). Elle
contribue aussi à la construction de maisons à faible consommation d’énergie et même
passives par leur apport de masse thermique, de régulation de l’hygrométrie et d’utilisation
de murs chauffants (et refroidissants !) avec des briques et des enduits en terre pour
transfert d’énergie solaire et d’autres énergies renouvelables plus efficaces à basse
température. Pour ces raisons, le centre international de recherches et d’applications pour
la construction en terre plaide en faveur de pratiques de construction compatiblesle
développement durable, grâce à un usage modernisé de matériaux de constructions
naturels: bois, pierre et terre crue. Une coopération entre les pays Nord-Sud peut donner
aux populations, aux collectivités et à l’État les moyens de maitriser les stratégies d’habitat
et les installer dans une dynamique de développement durable.

63
CHAPITRE 4: CAS D’ÉTUDE “CENTRE D’AFFAIRE EL QODS”

Centre d’affaire El Qods à Chéraga

1. Présentation du projet :

De tout temps, les grands équipements publics ont, lors de leur création ,modifié le paysage
urbain ;la ville même s’est organisée autour d’eux .Cet effet d’entraînement nécessite que
la fonction qu’ils abritent corresponde aux besoins et motivations des populations
environnantes .

Implanté au cœur de Cheraga, zone périphérique d’Alger, et d’une superficie de 130000


m2 ,le centre AL QODS en est un exemple tout à fait probant , ce derniers se veut un lieu
de rencontre et d’échange ,d’où la notion de repère au niveau urbain et de symbole, qui doit
lui être attachée.

Le centre d’affaires et de commerces AL QODS jouera le rôle de carrefour commercial et


financier de la capitale, il sera le premier en son genre en Algérie, du fait de son
architecture impressionnante et sa technologie :

65
CHAPITRE 4: CAS D’ÉTUDE “CENTRE D’AFFAIRE EL QODS”

2. Fiche technique du projet

Intitulé du Projet : réalisation de centre d’affaire El Qods à Chéraga

Maitre d’ouvrage : SIDAR (société internationale EDDAR)

BET: coopérative EL-YASMINE N°&&13 –ROUIBA-

ETP: CSCEC (société nationale des travaux de construction de chine)

Montant du marché: 867233369.92 de DA

Délai d’exécution : 57 mois

ODS : le 01/05/2002

Achèvement des travaux au : janvier 2007

66
CHAPITRE 4: CAS D’ÉTUDE “CENTRE D’AFFAIRE EL QODS”
3. Analyse de site de projet

3.1.Situation géographique du site :


Alger: la capitale est située dans l'Algérois
au Nord de l'Algérie. Limitée de nord par la
mer méditerranée , de sud par Blida , de
l’est par Boumerdes et bouira , de l’ouest
par Tipaza et Blida , s’étends à une
superficie de 1190 km²
Figure III.1 :Situation de Alger par rapport à
l’Algérie /source : Wikipedia

commune de Chéraga : située au


nord ouest d’Alger limité d’ouest par
Staouali et la mer méditerranée , de nord
par la mer et Ain Beniane , de l’est par
Dely Brahim et Beni Messous, de sud
par Ouled fayet
Figure III.2 :Situation de Chéraga par rapport à
Alger /source : Wikipedia

le site : le site de projet analysé est situé


au sud est de la commune de cheraga
dans l’agglomération principale (centre
ville) de cette commune

Figure III.3 :le site de projet par rapport à


Chéraga /source : google maps

Le projet est abordée par des


équipement publique tel que :
La mairie de Cheraga.
GAM : générale assurance
méditerranéenne.
société générale. Banque générale
agricole.
Et des habitats
collectif et Figure III.4 :les limite de site de projet /source :
individuelle google maps

67
CHAPITRE 4: CAS D’ÉTUDE “CENTRE D’AFFAIRE EL QODS”

3.2.L’accessibilité du site :

Le site est peut etre accéder par le


boulevard Mohamed Boudiaf qui est
indiqué par le trait rouge , et qui
représente aussi une forte accessibilité
mécanique et piétonne et deux axes
secondaires représentés par des trait
jaune qui représente une moyenne
accessibilité mécanique et piétonne.

Figure III.5 :l’accessibilité au site /source :


google maps

3.3.données climatiques

 L’ensoleillement :
le terrain est bien
ensoleillé tous les
moments de journée
et il n’y a aucun
problème
d’ensoleillement qui
gêne le site et il est
dominé par deux type
de vents. Ce sont
bien indiqué dans le
schéma
Figure III.6 :l’ensoleillement et les vents
dominants /source : google maps

 Climatologie : l’année de 2011

La

Figure III.7:données climatiques à Alger /source : www.scribd.com

température(minimale, moyenne et maximale) atteint son maximum aux mois de juin,


juillet et aout et son minimum aux mois de janvier, février et décembre , et la même chose
pour les précipitations où elles atteignent son maximum au mois de décembre.

68
CHAPITRE 4: CAS D’ÉTUDE “CENTRE D’AFFAIRE EL QODS”
4. Incidence financière

E
n
Montant initial du marché (01) 795903475.06
T
A sommer T
C
E
n
Montant des travaux supplémentaires (02) 31528136.54
T
E
T
n
C
Montant des travaux complémentaires (03) 39801758.32
T
Total (04)= (1)+(2)+(3) TEn
867233369.92 CTTC
A déduire

Montant de l’avenant 71329894.86

Arrêté le montant à engager du présent avenant n1 à la somme de ( en ttc) :

Huit-cent soixante sept million, deux cent trente trois mille, trois cent soixante neuf Dinard
algériens et quatre-vingt douze centimes

N Désignation des travaux U Quantité Prix Montant total


unitaire

1-voirie

Transport des terres excédentaire a la M3 2688.522 200,00 537704.40


d décharge publique

69
CHAPITRE 4: CAS D’ÉTUDE “CENTRE D’AFFAIRE EL QODS”
4.1.Les travaux supplémentaires

N Désignation des travaux U Quantité Prix Montant total


unitaire

1-terrassement

-Fouille en puits et en rigoles ou en M3 11398536 150,00 1709780.40


tranchées

-remblais en terre d’apport y compris


compactage
M3 10688.424 1603263.60
150,00

2-gros œuvres

Infrastructure

-Gros béton dosé 250kg/m3 M3 244.016 6000,00 1464096

-béton armé semelles filantes et isolée M3 71.964 30 000,00 2158920


350kg/m3

-béton armé amorces voile dosé à


350kg/m3
M3 63.842 28 000,00 1787576
- béton armé amorces poteaux dosé à
M3 20.754 28 000,00 581112
350kg/m3

-béton armé pour longrines dosé à


350kg/m3
M3 132.056 28 000,00 3697568
-hérissonnage en pierre sèche de 20cm
d’épaisseur M2 1385.58 1 000,00 1385580

-dalle solidaire en béton armé de 12 cm


d’épaisseur

M3 166.27 25 000,00 4156750

70
CHAPITRE 4: CAS D’ÉTUDE “CENTRE D’AFFAIRE EL QODS”
N Désignation des travaux U Quantité Prix unitaire Montant total

1- Terrassement

-déblais en grande masse, en terrain M3 3896 .40 200,00 779280.00


ordinaire

-Fouille en puits et en rigoles ou en


tranchées 943,229
M3 200,00 377291.60
-remblais en terre d’apport y compris
compactage M3 1707.052 200,00 341410.40

Lot : partie VRD

2-gros œuvres

Infrastructure

-Béton de propreté 250kg/m3 M3 80,000 5 000,00 40 000,00

-béton armé semelles filantes et M3 78.657 30 000,00 2359710,00


isolée 350 kg/m3

4.2.

71
CHAPITRE 4: CAS D’ÉTUDE “CENTRE D’AFFAIRE EL QODS”
4.2. Comparaison des couts

Partie A Depassement

Terrassement :

1973850.85 DA 5 985 963.63 DA 130%

Grosœuvres:

Infrastructure

206345.43 DA 31293283.30 DA 60%

Total enttc :

193825934.62 DA 184614592.4 DA 11%

Partie B :

Terrassement :

1246734.47 DA 2239457.65 DA 115%

Grosœuvres :

Infrastructure

19321813.87 DA 22897324.65 DA 20%

Total enttc :

249285895.95 DA 193475680.73 DA 10%

Partie C :

Voirie :

20956181.14 DA 18494594.46 DA 5%

Total enttc :

158656740.00 DA 177659738.1 DA 10%

72
CHAPITRE 4: CAS D’ÉTUDE “CENTRE D’AFFAIRE EL QODS”

Le délai de projet et les phases de réalisation :

Diagramme de GANTT : Le diagramme de Gantt (Harmonogram Adamieckiego1) est un


outil utilisé (souvent en complément d'un réseau PERT) en ordonnancement et en gestion de
projet et permettant de visualiser dans le temps les diverses tâches composant un projet. Il
s'agit d'une représentation d'un graphe connexe, valué et orienté, qui permet de représenter
graphiquement l'avancement du projet.

73
CHAPITRE 4: CAS D’ÉTUDE “CENTRE D’AFFAIRE EL QODS”

Synthèse :

D’une façon générale jusqu’ au 15/2/2006 on note un dépassement des couts de 15% et
des délais de 18% avec que 85% de travaux réalisés

Les dépassements et augmentations des couts et délais prévisionnels sont dus a la mal
gestion qui se résume premièrement dans la négligence des études préalables, principalement
l’étude du sol deuxièmement le manque de contact et coordination entre les différents acteurs
du projets et l’absence de planification préalable à l’exécution du projet concernant
spécialement la main d’œuvre jugée peu qualifiée qui est devenu un fardeau pour la
construction en Algérie

Et enfin ils sont aussi dus a la règlementation qui est excessivement indulgente et ne
comporte pas assez de lois dissuasives envers les responsables négligents et corrupteurs

74
5. Analyse de centre d’affaire el qods :

5.2.Analyse des plans :

 Le sous sol : abrite le parking .

Nb : défauts architecturaux : Les personnes dont la taille dépasse les 185


centimètres sont priées de se pencher pour pouvoir marcher à l’intérieur du parking. A
défaut, ils risquent de se blesser gravement en se frottant le crane au plafond.
Certain type de 4X4 sont tout simplement interdits d’accès. Jouxtant le parking, les
espaces réservés à l’approvisionnement et à la livraison des marchandises sont
inondés à la moindre chute de pluie et deviennent inaccessible

 Niveau RDC :

Ce niveau est identique à celui


du rez-de-chaussée. Il abrite les
affaires « les bureaux ».

Figure III.8: plan de rez de chaussée

 niveau R+1 à R+18

magasins et boutiques

boutiques et bureaux

Figure III.9: plan de R+1

75
 Niveau R+19 à R+21 : il abrite un
espace de détente: restaurant
panoramique

Figure III.10: plan de R+19 : restaurant


panoramique

Figure III.12: plan de R+20


Figure III.11: plan de R+21 : geode restaurant familiale

5.2. Analyse des façades: La


signification de la façade est liée
au contexte urbain de la ville, elle
exprime une architecture moderne
tout en intégrant des éléments
architecturaux post modernes. Figure III.13: façade sud
-Transparence.
-Traitement mono fonctionnel.
-Dégradation.
-L’utilisation des éléments
architecturaux connus dans la ville
arabo-musulmane « la coupole ».
Figure III.14: façade nord

76
6. Analyse de terrain d’intervention :

6.2.Présentation de site d’intervention :

 Situation géographique :

1. Ain Defla : est une wilaya (division


administrative) algérienne située au nord
du pays. La wilaya de Ain Defla se situe
au centre de l'Algérie à 145 km au sud
ouest d'Alger dans une zone relais entre
l’Est et l’Ouest du pays, elle est délimitée
: au nord, par la wilaya de Tipaza ; à l'est,
par la wilaya de Blida ; au sud, par la
wilaya de Médéa ; au sud-ouest, par la
wilaya de Tissemsilt ; à l'ouest, par la
wilaya de Chlef ;
Figure III.14: carte de situatin géographique de la wilaya de Ain
Defla /source : http://decoupageadministratifalgerie.blogspot.com

2. la commune de Ain Defla : est située au nord de l’Algérie, dans la vallée du


Chéliff, sur le flanc du djebel Doui entre les monts du dahra et de l’Ouarsenis.
Au sein de la wilaya, elle occupe une place centrale. elle est à 153 km au sud-
ouest d’Alger, 60 km à l’est de Chlef et 280 km à l’est d’Oran.
La commune de Ain Defla est limitée au nord par les communes d’es Amra ,
Mekhatria et Arib au sud par Bourached et Djelida , à l’est par Arib et à l’ouest
par Rouina

Figure III.15: carte de situatin géographique de la commune de Ain


Defla /source : http://www.babalweb.net

77
6.3.Situation de site d’intervention par rapport à la ville :

Pos 16

notre site d’intervention

Figure III.16: carte de situatin du site d’intervention par rapport au


pos 16 et la ville

6.4.les limites du sites :

Le terrain est abordée par des


habitation collectives et individuelles
et des équipement publique comme il
est montré dans l’image .

6.5.L’accessibilité au site :

Le site peut s’accéder par le RN4 qui


est indiqué par le trait rouge , et qui
représente aussi une forte accessibilité
mécanique et piétonne et un axe
secondaire représenté par un trait
jaune qui représente une moyenne accessibilité mécanique et piétonne.
Figure III.17: limites et accessibilité de site / source : google
maps

78
6.6.données
climatiques

 Le climat :

Un climat semi-aride pour


une commune ou
l’agriculture est à valoriser
que par l’irrigation :, la
commune d’Ain Defla est
située à 50 km de la mer.
Mais elle est privée de son
influence de cette derrière en
raison de l’obstacle que
forme la chaine du DAHRA.
Figure III.18: données climatologique moyenne de la wilaya
d’Ain Defla entre 1999-2010

 Précipitations :

La Pluviométrie assez importante


est comprise entre76- 89 mm/an

Figure III.19: pluviométrie moyenne de Ain Defla de l’année


de 2011

 La température :

Du point de vue thermique,


Présente des minimums
moyens de Janvier allant de
5,6 à 12,3˚C et des
températures moyennes
maximums de Juillet de 34˚C.
Figure III.20: température moyenne de Ain Defla de l’année
de 2011

79
 L’ensoleillement et les vents dominants :

Figure III.22: carte de l’ensoleillement et le vent Figure III.21: vent moyen de Ain Defla de l’année
dominant la wilaya d’ Ain Defla de 2011

80
7. Conclusion générale :

Les briques de terre crue sont utilisées pour la construction de l’enveloppe des
bâtiments, des tests au laboratoire sont plus que nécessaire pour déterminer un
ensemble de propriétés thermophysique (conductivité thermique, chaleur spécifique,
effusivité et diffusivité thermique) relative à leurs utilisations dans le bâtiment.
L’architecture bioclimatique recherche une synthèse harmonieuse entre la destination
du bâtiment, le confort de l'occupant et le respect de l'environnement, en faisant
largement appel aux principes de l'architecture (compacité du bâti, orientation,
protection solaire…) pour permettre la réduction des besoins énergétiques et crée un
climat de bien être. On trouve dans l’architecture vernaculaire des pays d’Afrique du
Nord et du MoyenOrient des techniques de construction ancestrales basées sur les
énergies naturelles qui permettent aux bâtiments de répondre aux conditions
climatiques. Les populations vivant sous climat aride ont appris à maîtriser ces
conditions et à bâtir en fonction du climat, ils jouissent de
Conditions de vie confortable, grâce à la compréhension de leur milieu et à leur
adaptation aux conditions de leur environnement. Bien que le climat soit le même, les
formes architecturales sont diverses, selon les pays, au sud tunisien, c’est l’habitat
troglodyte, à Ispahan, à Ghardaïa, la maison à patio représente la forme architecturale
typique, au Sahara et Yémen, les "ksour" constituent le type d’habitat le plus répondu.
L’architecture de terre se propose comme l’une des solutions les plus prometteuses
du fait qu’elle ne génère pas d’émission de CO lors de sa production, de plus, le
matériau est biodégradable et réutilisable à l’infini.
Mais le béton connaît aujourd'hui un regain d'intérêt dans le domaine de
l'architecture. Ce matériau de construction est plutôt facile à utiliser, disponible en
tout lieu et peu onéreux. Cependant, construire en béton implique de connaître ses
qualités et défauts pour s’en servir au mieux.
La résistance supérieure du béton, sa durabilité, sa résilience, sa masse thermique, sa
rentabilité ainsi que l'abondance des matières premières pour sa production en font le
matériau de construction de choix pour la plupart des projets.
Le béton dure plusieurs décennies de plus que les autres matériaux de construction.
Cela réduit le coût total de possession ainsi que les impacts environnementaux reliés
aux réhabilitations ou reconstructions plus fréquentes.

81
Bibliographie :
1. HABITER LA TERRE - Manifeste pour le droit de construire en terre crueLe
laboratoire CRAterre, l’École nationale supérieure d’architecture de Grenoble
(ENSAG)
2. C.Delbecque . Approche contemporaine de la construction en terre (histoire de la
construction en terre ) 21 octobre 2011
3. CRAT TERRE . traité de construction en terre . Ed . PARENTHESE .
4. Bruno Pignal . terre crue . : techniques de construction et de restauration
5. Saliha Benmessaoud, Prospection pour l’introduction de la construction en matériaux
locaux dans le secteur du logement à Tamanrasset,Mémoire du diplôme de
spécialisation et d’approfondissement- Architecture de Terre ; DSA Terre 2004-2006
6. Site web http://www.terra-ram.com/.
7. Ibid.
8. http://www.earthbuilding.com/nm-adobe-code.html. Pour le Nouveau Mexique
9. http://www.earthbuilding.com/san-diego-adobe-code. Pour la Californie.
10. H. Houben et H. Guillaut, traité de construction en terre, Ed. Parenthèse, Marseille,
11. J. Dethier, Des architectures de terre ou l’avenir d’une tradition millénaire, Ed. CGP,
paris, 1982
12. Odul, Des architectures de terre en Algérie, projet earth construction technologies
appropriate to developing countries,Belgique, 1983.
13. Noureddine KEBAILI, l’architecture de terre contemporaine en Algérie ; évaluation
post-occupation d’habitations ruralesdans la région centre des hauts plateaux ;
mémoire de magistère 2006
14. H. Guillaud T.Joffroy P. Odul, CRATerre, Compressed earth blocks manual of design
and construction, Ed. Eschborn, 1995
15. CRATerre, Marrakech 87, habitat en terre, Grenoble, 1987
LA TERRE CRUE EN ARCHITECTURE
16. MIEUX CONNAITRE LE MATERIAU POUR MIEUX L'ADAPTER ET
L'UTILISER 2013 - GLOBAL ARCHICONSULT
17. Aguarwal.A, bâtir en terre
18. Encyclopédie du bâtiment
19. CRATerre, Construire en terre Op. Cit
20. N. Baloul, Conservation et valorisation du patrimoine architectural en terre de la
région du Twat-Gourara : cas du ksar deTmassekht, mémoire de magister 2007
21. http:// www.ausschriben.de
22. livre ; construire en terre/ edition le moniteur
23. Lucien Pliskin “le beton “ m hanker edition GAUB
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25. ARCHITECTURE (Matériaux et techniques) - Béton », Encyclopædia
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26. Construire en beton .FRIEDBERT KIND-BARKAUSKA . Holcim

82
27. BETON ARME (theorie et application ) selon l’eurocode 2 .jean-louis Granju .edition
EYROLLES
28. Industrialisation du béton armé » Encyclopédie Universalis [en ligne], consulté le 31
janvier 2016
29. Cour de Mme AIT BELKACEM 2eme année École Polytechnique d’Architecture et
d’Urbanisme
30. Cim info (centre d’information sur le ciment et ses application)
31. Fichier pdf de groupe Lafarge
32. Conférence :« L’utilisation du béton dans l’architecture », intervenants de CimBéton

83
liste des figures :
Figure 1.1 : François Hennebique. Réservoir a
charbon à Saint-Vaast .1898-1899………………………………………………..2
Figure 1.4: exemple d’une structure en béton arme a portique………………..….11
Figure 1.5 : Les fondations des Trois Tours de Grenoble en béton précontraint...13
Figure II.1: Classement des sols d'après leur composition
granulométrique,………………………………………………………………….30
Figure II.2: Tchoga zambil en Iran………………………………………..……..31
Figure II.3: Mari en Syrie……………………………………………………….31
Figure II.4: Shibam au Yémen…………………………………………………. 31
Figure II.5: La grande mosquée de Djenné,……………………………………..32
Figure II.6: Presse Hydraulique…………………………………………….……39
Figure II.7: Presse manuelle…………………………………………………….40
Figure II.8: Construction d'un mur en pisé au Maroc……………………………40
Figure II.9: Séchage de brique en adobe………………………………….……..40
Figure II.10: Montage d'un mur en adobe……………………………………….41
Figure II.11: Mur en adobe déjà monté………………………………………….41
Figure II.12: Torchis sur barreau……………………………………………..…42.
Figure II.13: Torchis sur clayonnage………………………………………..….42
Figure II.14: Les systèmes constructifs possibles avec la brique de terre
crue………………………………………………………………………………..44
Figure II.15: Les systèmes constructifs possibles avec le pisé, (source
CRATerre)………………………………………………………………….……..44
Figure II.18: Le module de base pour le pisé……………………………………45
Figure II.19: Le module de base pour la brique de terre crue,……...……………45
Figure II.20 : cycle de vie des construction en terre………………………………47
Tableau 1I.4 : estimation des cout des travaux en terre crue…………………..62
Figure III.1 :Situation de Alger par rapport à l’Algérie………………………....…67
Figure III.2 :Situation de Chéraga par rapport à Alger ………………………….67
Figure III.3 :le site de projet par rapport à Chéraga…………………………….…67
Figure III.4 :les limite de site de projet ……………………………………….…..67
Figure III.5 :l’accessibilité au site …………………………………………….…68
Figure III.6 :l’ensoleillement et les vents dominants………………………………68
Figure III.7:données climatiques à Alger……………………………………….…68
Figure III.8: plan de rez de chaussée……………………………………….…….72
Figure III.9: plan de R+1………………………………………………………….72
Figure III.10: plan de R+19 : restaurant panoramique ……………………….…..73
Figure III.11: plan de R+21 : geode…………………………………………..…..73.
Figure III.12: plan de R+20 restaurant familiale………………………………….73
Figure III.13: façade sud……………………………………………………….….73
carte de situatin géographique de la wilaya de Ain Defla………………………...74
Figure III.15: carte de situatin géographique de la commune de Ain Defla…….74
Figure III.16: carte de situatin du site d’intervention
par rapport au pos 16 et la ville………………………………………………….….75
Figure III.17: limites et accessibilité de site………………………………..…….75
Figure III.18: données climatologique moyenne de la
wilaya d’Ain Defla entre 1999-2010 ………………………………..…………….76
Figure III.19: pluviométrie moyenne de Ain Defla de l’année de 2011 ……….76
Figure III.20: température moyenne de Ain Defla de l’année de 2011 ……....76
Figure III.21: vent moyen de Ain Defla de l’année de 2011 …………………...77

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Figure III.22: carte de l’ensoleillement et le vent
dominant la wilaya d’ Ain Defla …………………………………………………...77

Listes des tableaux :


Tableau II.1: Les opérations de construction en t.erre en Algérie ……….……..….37
Tableau II.2 : Mesures préventives pour la maîtrise des pathologies des
constructions en terre………………………………………………………………..49
Tableau I1.3 : estimation des durée des travaux en terre crue…………………..53

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