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L’interaction entre la musique et l’architecture hospitalière ; vers une

« architecture guérissante »1
Donia MAALEJ
Doctorante et chercheuse
Assistante contractuelle à l’ISAMS

Dans cet article, nous nous intéresserons aux les effets de l’interaction entre la musique et de l’architecture
hospitalière vu que notre objectif est de créer un espace hospitalier apaisant, satisfaisant et guérissant surtout
pour les patients hospitalisés pour une longue durée. Pour atteindre notre objectif nous focaliserons sur la
musique la musique étant un outil de conception dans l’architecture « guérissante »2. Toutefois, Avicenne a
initié le traitement de la douleur par la musique. En effet, il indique dans son livre « qanun fil tibb1 » l’aspect
thérapeutique de la Musique. Ce qui nous mène à se poser sur les différentes formes que prend la musique dans
l’architecture hospitalière.

Mots clés ; musique, architecture hospitalière, musicothérapie, patient,

Introduction
L’interaction entre l’architecture et la musique est une problématique, évoquée depuis des
décennies, par différentes disciplines comme la littérature, la philosophie, l’art, …. Cet
article ne s’intéresse pas à la construction d’une œuvre musicale à partir de principes
architecturaux. Mais il tentera de prouver qu’il existe une interaction analogique plus
profonde entre ces deux concepts.

C’est dans cette perspective que nous abordons « l’architecture guérissante » ; telle une
interaction entre l’architecture hospitalière et la musique. Dans ce contexte, Socrate explique
dans son dialogue avec Phèdre que « la Musique et l’Architecture nous font penser à tout
autre chose à qu’elles-mêmes ; elles sont au milieu de ce monde, comme les monuments d’un
autre monde ; ou bien comme les exemples, çà et là disséminés, d’une structure et d’une
durée qui ne sont pas celles des êtres, mais celles des formes et des lois. Elles semblent
vouées à nous rappeler directement, - l’une, la formation de l’univers, l’autre, son ordre et
sa stabilité »3. Par analogie à notre article, la musique et l’architecture hospitalière se
présentent comme deux notions à la fois contradictoires et complémentaires. L’une reflète
une forme immatérielle de l’univers et l’autre reflète une forme matérielle. En effet, nous
remarquons que l’interaction entre la musique et l’architecture hospitalière ne se montre pas
au niveau de la matérialité de l’espace, mais plutôt dans son immatérialité. Certes, il existe
une relation bidimensionnelle entre la musique et l’hôpital, la confrontation de deux
dimensions opposées. Dès lors, nous pouvons affirmer que cette confrontation provoque un
choc occasionnellement brutal pour l’usager, qui va être marqué autant que l’espace
hospitalier.
Autour de ce thème, plusieurs questions se poseront concernant le lien entre la musique et
l’architecture hospitalière, sans pour autant, nier l’importance d’un discours autour de
l’architecture guérissante au sein de l’hôpital.

1
Marc Grignon et Martin Bressani, Le décor et l’architecture Le rôle fondamental des apparences, The Society
for the Study of Architecture, Canada, 2012, 37 pages, p3
2
Ibid
3
Socrate in « Paul Valéry, Eupalinos ou l’architecture : quand les édifices chantent ; une préface de
"Architectures" Gallimard, 1970, réédité en 2012, France.

1
Comme l’indique le titre « L’interaction entre la musique et l’architecture hospitalière ; vers
une « architecture guérissante », il s’agit dans cet article de traiter un va-et-vient entre deux
concepts. Un premier dans lequel nous essayons d’analyser les différentes formes que
peuvent prendre la musique au sein d’un espace hospitalier, et un deuxième dans lequel nous
abordons la mutation culturelle qu’apporte la musique dans une architecture hospitalière, par
la suite nous dévoilerons l’analogie qui peut se présenter entre ces deux concepts
fondamentaux.
Au sein de cette problématique traitée notre attention s’est focalisée sur la préoccupation
architecturale et thérapeutique de la musique dans l’hôpital. Cela nous mène à nous inciter
d’une manière critique sur la question de la présence de la musique au sein d’un espace
hospitalier.

De la préoccupation architecturale vers la préoccupation thérapeutique


I. Les dynamiques de la musique
Plusieurs perspectives ont été abordées pour étudier l’interaction musique/ architecture
hospitalière. La représentation de la musique dans l’espace hospitalier peut prendre plusieurs
formes. Il est possible que le patient puisse y être un spectateur, mais aussi un acteur face à
cette interaction. Faire pour/faire avec. Cette interaction est la confrontation de deux notions
contradictoires. Cela peut refléter une forme de vie. Dans ce contexte, la présence de la
musique peut agir soit comme un événement ponctuel au sein de l’hôpital soit comme une
présence régulière. Dès lors, elle se présente comme une distraction, une découverte, une
émotion, un jeu, une thérapie et etc…. En effet, cette interaction peut se faire dans plusieurs
espaces multiples ; l’escalier, le couloir, les chambres des patients, le hall d’accueil4…. Dr
Costanza Preti exprime dans sa conférence qu’aucun espace n’interdit cette interaction
musique/ architecture hospitalière. Autrement dit, ajouter certaines caractéristiques à
l’existant. Une salle d’attente devient par exemple un espace qui ressemble à une salle de
musique ou encore un espace apaisant avec une ambiance paisible et affective.
Grâce à la musique, l’hôpital devient un lieu d’échange, de partage et de soin, Donc elle
offre un espace de découverte d’expression et d’émotion. En effet, c’est un art que nous
manipulons avec les sons, la sonorisation et la vibration de l’air. Nous l’explorons sans
aucune contrainte de forme ou de fonction. C’est plutôt une matière de communication sans
le vocabulaire à travers notre motricité et le mouvement corporel, que ce soit en jouant avec
un instrument, en dansant (acteur) ou en consommant de la musique ; mieux entendre c’est
mieux comprendre et se faire comprendre (spectateur). Ce qui permet à l’usager une
interaction avec soi, avec l’autre et avec son environnement. « L'enfant (et l'adulte) vit de
manière créatrice, utilisant des matériaux disponibles, que ce soit un morceau de bois ou un
quatuor de Beethoven »5 En outre, elle symbolise le mouvement et le rythme. D’ailleurs,
écouter de la musique dans un espace hospitalier attise la créativité et l’affectivité de l’esprit
et du corps du patient. Cette notion musico-architecturale permet à l’usager d’établir un lien
entre le dedans (l’hôpital) et le dehors.
Etant une forme créativité, la musique affecte les capacités sensorielles de l’usager, tout en
explorant son désir. Elle lui permet de prendre du recul, et la conscience des limites de son
corps, dans le but de les dépasser. En d’autres termes, l’interaction musique/ architecture
4
Costanza Preti : « Music in hospitals : Defining an emerging activity », The Second International Conference
on Music Communication Science, 3-4 December 2009, Sydney, Australia, p. 79-82
5
Winnicott, D. W. Le concept d’individu sain. Conversations ordinaires. 1988, Paris : Gallimard page 41

2
hospitalière reflète une notion du temps et de l’espace. Selon la réflexion du musicien et
docteur en lettre Guy Maneveau, la musique devient objet plus qu’un mode d’expression.
C’est dans ce contexte qu’il montre qu’ « Aujourd'hui, alors que le corps, longtemps
culpabilisé, reprend peu à peu ses droits dans l'unité retrouvée du complexe humain global,
nous voyons mieux que l'émotion esthétique concerne tout notre être et que l'art nous apporte
une dialectique entre des satisfactions que nous vivons comme plus spirituelles, et d'autres
comme plus physiques. C'est la permanente dialectique...que nous ne devrions jamais
oublier dans l'acte pédagogique.»6 Nous pouvons constater donc que l’interaction entre la
musique et l’usager se dévoile est un outil de communication à la fois intellectuelle et
sensible. Elle permettra aux patients de prendre du recul.
De plus, cette interaction est singulière dans le domaine musical, puisque elle agit sur trois
axes ;
 L’imagination (une représentation mentale de l’espace à travers la musique)
 L’action (l’action à travers le corps qui exprime l’imagination)
 L’écoute (de ce que nous faisons et ce que l’autre fais)
Nous ne pouvons pas évoquer l’interaction musique/ usager sans mentionner ces trois axes.
En effet, Carasso exprime que, nous avons l’obligation de solliciter « l'affirmation de soi
autant que l'acceptation de l'autre7 » par le biais de cette expérience vécue. Dans ce
contexte, le théoricien met le point sur les enjeux de cette interaction qui se fait à travers
l’écoute de la musique, à la fois par rapport à soi et par rapport à l’autre. C’est ainsi que
l’imagination mentale et l’action du corps s’imposent à la même musique. Dès lors, le patient
apprendra à écouter son corps, ses émotions et son espace, durant le processus de guérison.
La sociologue Bautier et le psychologue Rochex illustrent les recherches du psychologue
Henri Wallon, dans leur ouvrage « Henri Wallon ; «L’enfant et ses milieux» ». L’importance
des émotions dans la construction de la personnalité des enfants est mise en évidence dans
cet ouvrage. De plus, le psychologue Henri Wallon exprime qu’ « Un des pas les plus raides
à franchir pour la psychologie est celui qui doit unir l'organique et le social, l'âme et le
corps »8.
D’ailleurs selon Wallon, la vulnérabilité du patient durant son séjour à l’hôpital reflète sa
psychologie. Autrement dit, le vécu dans un hôpital, (les cris, les pleurs, les émotions
d’angoisse et de vulnérabilité) n’est pas seulement une simple manifestation d’un état
d’esprit (un malaise ou un bien être) mais aussi c’est une pensée signifiante (une
représentation cognitive et une conscience de soi et d’autrui). Selon ce psychologue, le corps
répond à des émotions. L’interaction musique/ usager n’est pas seulement un acte artistique
mais un acte guérison.

II.Une préoccupation thérapeutique


Pour certains, la musique est un élément inutile dans un espace aussi rationnel et efficace
que l’hôpital. En effet, le changement des tempos et des sons dans un hôpital semble une
perte de temps, en apparence, mais en réalité, cet art a le pouvoir de modifie la notion du
temps. Dans ce cadre, le psychanalyste Daniel Stern, considère cet art comme un fait

6
M Guy Maneveau, Musique et Education, ed. EDISUD, 2000, p.146
7
J.G. Carasso, Nos enfants ont-ils droit à l’art et à la culture ?, éditions de l’attribut, 2005, p.42
8
Henri Wallon, Fondements métaphysiques et fondements dialectiques de la psychologie. In: Enfance, tome
16, n°1-2, 1963. Buts et méthodes de la psychologie. pp. 99-107, page 105

3
temporel réel, et qu’il se montre étant une dimension parallèle au temps9. Autrement dit, la
musique étant un temps vécu ou ressenti. Par analogie à la spatialisation, le son est conforme
à un espace dynamique, en mouvement, antagoniste donc au silence et au vide, ou encore un
espace angoissant pour un patient. La musique attribue une valeur différente au temps de sa
valeur habituelle. Elle permet à l’usager d’habiter et de s’approprier l’hôpital, tout en
s’intégrant dans l’espace. Une séquence musicale conçoit la temporalité et la spatialité au
sein de l’hôpital, en s’appropriant et en délimitant l’espace par le son. C’est dans ce sens que
l’interaction musique/architecture hospitalière offre aux patients une ambiance apaisante et
affective étant une forme de vie. Par la suite, l’hôpital évolue d’une architecture hospitalière
vers une architecture guérissante. Le patient serait, donc, dans du thérapeutique.
Afin de clarifier l’ambiguïté qui tourne autour de l’architecture guérissante à laquelle nous
sommes intéressés dans cet article, il faudrait clarifier la notion de la musicothérapie de la
musique. Cette dernière a été évoquée par plusieurs philosophes et médecins. Parmi eux,
nous citons Avicenne qui a exprimé, dans son ouvrage « Al Qanun fil at Tibb », l’aspect
thérapeutique. Dès lors, l’usager doit faire face à plusieurs agressions extérieures et à des
problèmes dans la vie quotidienne (travail, santé, sentimentaux…). Dans sa théorie,
Avicenne propose la musique étant une thérapie douce pour les usagers souffrant des
troubles psychologiques comme l’angoisse, la dépression, le stress, les stress post-
traumatiques. L’idée de traiter les patients par le biais de la musique, aussi bien
problématique qu’intéressant.
De nos jours, l’usager fait face au manque de l’humanisation dans les différents espaces
hospitaliers et même les plus innovantes. De ce fait, introduire la musique dans une
architecture hospitalière serait une thérapie aussi artistique que guérissante ; douce,
naturelle, qui a le pouvoir d’affecter le patient sans lui faire de mal, tout en reflétant une
image déshéritée de toute hostilité. Il est évident que la musique n’a pas un pouvoir médical
rationnel. Toutes les recherches établies dans cette perspective, présentent plusieurs notions
opposées. Cela met le point sur la complexité de cette forme de « la musicothérapie » qui
reflète aussi bien le corps de l’usager que sa psychologie. Pour un patient hospitalisé, cette
dimension artistique apporte une nouvelle perception de l’architecture hospitalière, étant une
médiation au sein de l’hôpital. Dans la dimension artistique, la musique est un art de
participation qui facilite la communication entre les différents langages. Elle permet
l’acceptation de l’autre, quels que soient, son origine sa langue et sa culture.

III.De la musique vers l’architecture guérissante


L’architecture hospitalière a été généralement définie comme un espace relevant d’une
dimension plutôt médicale que « guérissante » et humaine. En effet, l’expérience
particulière des espaces sanitaires passe constamment par leur fonctionnalité et leur
organisation. Et cela reflète l’impact de l’architecture hospitalière sur l’usager. En ce sens,
l’architecture guérissante peut être définie comme tout ce qui compose l’objet architectural
qui présente un souci thérapeutique pour le couple concepteur/ médecin. C’est donc
l’ensemble des aspects sensoriels, qui forment l’architecture hospitalière ; visuels, tactiles,
sonores et olfactifs de l’hôpital, qui nous intéressent. Toutefois, si nous abordons
l’architecture guérissante nous évoquerons la réflexion de l’architecte Henri Labrouste qui

9
Daniel N. Stern, Le Monde interpersonnel du nourrisson, Presses Universitaires de France, 1989, page 205

4
mène une réflexion qui porte sur «l’influence des arts sur la santé»10 qui la concrétisée dans
ses conceptions. A partir de cette réflexion, l’hôpital évolue vers une architecture
hospitalière, susceptible d’exercer une influence bénéfique sur les individus.

Dans le domaine médical les deux psychiatres, Jean Etienne Esquirol et Philippe Pinel,
précisent que l’espace hospitalier peut influer la psychologie du patient. Leur pensée se
croise avec la conception de Labrouste de la bibliothèque sainte Geneviève, que le
concepteur considère comme une « architecture guérissante ». Ceci dit, les éléments
composants de l’espace sont disposés, dans le but de créer une ambiance paisible qui
influence l’affectivité et le processus guérissant du patient. Ce type d’architecture servira
comme moyen pour créer et exposer un espace de plaisir et de loisir et non seulement un
établissement sanitaire, pour les patients et le corps médical.

Nous pouvons d’ailleurs constater à quel point l’interaction entre l’architecture hospitalière
et la musique est restée au cœur des débats les plus fondamentaux de la théorie architecturale
au sein des hôpitaux jusqu’à aujourd’hui. Loin d’être une composante sonore n’intéressant
que les spectateurs, cette interaction constitue le thème fondamental de la plupart des grands
débats théoriques sur la musicothérapie depuis qu’Avicenne en a parlé dans son livre
« kanoun Al toubib ». Des notions la musique et l’architecture hospitalière constituent, en
effet aussi de théories dans l’architecture guérissante, autrement dit autant de propositions
sur la manière d’articuler l’interaction entre l’architecture guérissante et ses usagers. Pour
réaliser notre étude tout d’abord, nous devrons étudier la relation entre la musique et
l’architecture. Toutefois, l’architecture est un élément fondamental sensible pour effectuer
une œuvre musicale inscrite dans un hôpital. Afin de mieux intégrer cet art au sein d’une
architecture hospitalière, l’espace doit être doté de certaines caractéristiques affectant le
sens. Nous savons que l’effet d’une même construction diffère selon la manière conduisant
à sa réalisation comme l’exemple d’une note musicale qui peut changer la forme d’une œuvre
musicale. Toutefois, la musique ne peut guère nier les spécificités des hôpitaux qu'elle
occupe. Dans ce contexte, l’hôpital devient une abstraction, sans pour autant négliger ces
caractéristiques sensibles et fonctionnelles, qu’uniquement l'interaction entre la musique et
l’architecture hospitalière peut proposer. En conséquence, l’architecture guérissante devient
une réalité conçue. Par la suite, cette architecture subit un changement rationnel à travers la
musique pour désigner, à l’instar du processus guérison au sein de l’hôpital qui touche la
psychologie de l’usager.

Cependant, la définition d’une spatialisation varie selon le contexte proposé. Dans notre cas,
nous évoquons l’hôpital dans sa forme abstraite et non concrète11. En effet, si nous parlons
d’un espace humanisé et une musique effective, étant enjeu esthétique, c’est que nous nous
sommes éloignés de cette perspective. D’une part, la spatialité de l’hôpital est la
représentation abstraite d’une architecture hospitalière muette/ figée vers un espace
indéfiniment prolongeable et constituant un lieu isotrope délimité. Ce qui permet au patient
de se libérer des limites imposées par l’architecture hospitalière (mur, sol, plafond) et définir
sa propre spatialisation par l’intermédiaire de la musique. D’autre part, ce sont les limites de
la construction effective qui offre aux usagers de l’hôpital une réalité humanisée12. Dans la
première perspective, l’interaction musique/ architecture hospitalière reflète la

10
Henri Labrouste Corinne Bélier, Barry Bergdoll, Marc Le Cœur, Martin Bressani, Neil Levine : Structure
Brought to Light, The Museum of Modern Art, New York, 2012, 270 pages, page 96,
11
NICOLAS François, « Comment la musique prend-elle acte d'un espace architectural ? », Communication
au colloque Espace [re][dé]composé, IRCAM, Paris, 9-10 juin 2000.
12
Ibid

5
représentation cognitive pour l’usager ou encore elle apporte l’extériorité à l’intérieur de
l’hôpital. Autrement dit une projection mentale qui met en évidence l’existant inaperçu de
la construction hospitalière plutôt qu’une spatialisation virtuelle. Dans la deuxième
perspective, l’interaction du couple musique/ architecture hospitalière résulte d’une
représentation cognitive de la spatialisation. Cette dernière possède toutes les particularités
d’un espace existant, à la seule exception qu’il reste une projection mentale pour l’usager.
Plus précisément, cette spatialisation cognitive aurait les qualités sensibles au sein de
l’hôpital. Dans ce contexte, la musique projette les sensations et les caractéristiques
figurantes de l’hôpital humanisé et non seulement sa notion.

CONCLUSION
Partons de cet article, la musique est considérée comme un art dynamique et de
consommation. Sa présence au sein de l’architecture hospitalière se manifeste à travers les
différentes formes d’interaction entre cet art et l’espace ; une forme de vie, une forme
d’échange et de communication, une forme de créativité et une forme pédagogique. En effet,
cette interaction ajoute certaines caractéristiques artistiques à l’hôpital, tout en créent une
ambiance paisible et affective pour les usagers. En outre, elle renvoie au patient une
sensation d’appartenance à l’espace vécu. De plus, elle permet le développement de la
personnalité du patient au sein de l’hôpital. A partir de cette réflexion, la musique n’est plus
une préoccupation artistique mais plutôt psychologique et thérapeutique. Ce développement
dépend de la relation entre le corps et l’esprit qu’établie cette interaction. Ceci nous permet
de se questionner sur la négligence de cet axe thérapeutique au sein des hôpitaux tunisiens ?
Et quelles expériences peuvent ajouter l’interaction musique/architecture hospitalière aux
usagers au sein de ces hôpitaux ?
Références bibliographiques
BRESSANI Martin et GRIGNON Marc, Le décor et l’architecture Le rôle fondamental des
apparences, The Society for the Study of Architecture, Canada, 2012, 37 pages,
CARASSO,J.G. Nos enfants ont-ils droit à l’art et à la culture ?, éditions de l’attribut, 2005,
p.42SOCRATE in « Paul Valéry, Eupalinos ou l’architecture : quand les édifices chantent ; une
préface de "Architectures" Gallimard, 1970, réédité en 2012, France.
COSTANZA Preti : « Music in hospitals : Defining an emerging activity », The Second
International Conference on Music Communication Science, 3-4 December 2009, Sydney,
Australia, p. 79-82
LOMBARD J., VANDEWALLE B., Philosophie de l’hôpital, Paris, Le Harmattan, 2007,
MANEVEAU M Guy, Musique et Education, ed. EDISUD, 2000,
NICOLAS François, « Comment la musique prend-elle acte d'un espace architectural ? »,
Communication au colloque Espace [re][dé]composé, IRCAM, Paris, 9-10 juin 2000.
STERN Daniel N., Le Monde interpersonnel du nourrisson, Presses Universitaires de France, 1989,
Henri Labrouste Corinne Bélier, Barry Bergdoll, Marc Le Cœur, Martin Bressani, Neil Levine :
Structure Brought to Light, The Museum of Modern Art, New York, 2012, 270 pages,
WALLON Henri Fondements métaphysiques et fondements dialectiques de la psychologie. In :
Enfance, tome 16, n°1-2, 1963. Buts et méthodes de la psychologie. pp. 99-107,
WINNICOTT, D. W. Le concept d’individu sain. Conversations ordinaires. 1988, Paris : Gallimard

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