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Après la publication des premiers comptes des banques

participatives, ce marché fraîchement créé dévoile ses premières


facettes.

Un marché dans lequel la position de leader, aussi bien sur les dépôts
que sur les financements, n’a pas tardé à se préciser. A noter tout de
même que les banques participatives n’ont pas démarré en
même temps, ni avec la même vitesse.

En se basant sur les comptes publiés par les cinq banques


participatives indépendantes (les fenêtres participatives n’ayant pas
encore fait connaître leur situation à présent), le comparatif entre
lesdites banques fait ressortir le tableau suivant :

Source: LeBoursier. Chiffres en MDH

A fin juin 2018 donc, les financements octroyés par les banques
participatives à leur clientèle s’approchent des 2 MMDH, sachant
qu’à l’heure actuelle l’encours global dépasse ce montant.
Sur la même période, l’encours des dépôts collectés s'approche de 1,1
MMDH. Le ratio financements/dépôts se situe aux alentours de
180%, ce qui implique que les financements octroyés
correspondent à près de deux fois les dépôts collectés.

La banque leader du marché est indéniablement Bank Assafa, aussi


bien sur les dépôts que sur les créances. Elle est la seule banque à
dépasser la barre de 1 MMDH en termes de financements, avec un 1,2
MMDH, soit 61% des financements octroyés à fin juin 2018.

De même pour les dépôts, où la filiale d’Attijariwafa bank affiche une


part de marché de 59%, avec près de 640 MDH collectés. Elle a
également une longueur d’avance en termes d’agences, avec 32
agences ouvertes à travers le Royaume.

Rappel des faits : Bank Assafa a démarré en juillet 2017, peu de temps
après l’obtention de la convention d’ouverture de comptes de Bank
Al-Maghrib. La banque avait déjà cumulé une notoriété alors qu’elle
exerçait en tant qu’unique société de financement « islamique » sous
le nom de Dar Assafa, avant l’avènement de la loi bancaire de 2015
autorisant les banques participatives.

Juillet 2017 a également marqué le démarrage d’Umnia Bank, la


filiale participative de CIH Bank. Dans le périple des banques
participatives au Maroc, celle-ci s’est démarquée par l’ouverture de
ses agences au public dès l’obtention de son agrément, en mai 2017,
et ce sans disposer de l’outillage réglementaire nécessaire pour ouvrir
des comptes ou octroyer des financements.

Il est clair que l’objectif de cette ouverture précoce a été de se


positionner avant les autres sur ce marché qui s'annonçait déjà
compétitif. Une démarche qui a rapporté ses fruits à la banque, qui
occupe la seconde place en termes de parts de marché (27% pour les
dépôts et 26% pour les financements) et d’agences, derrière Bank
Assafa et loin devant les autres banques participatives de la place.

Celles-ci, ayant démarré après Bank Assafa et Umnia Bank, affichent


de moindres performances. BTI Bank, la filiale de BMCE Bank, se
positionne en queue de peloton. Elle est d’ailleurs la seule à afficher
un PNB encore négatif de 4.000 Dhs à fin juin 2018.

Cela étant, et bien que certaines banques participatives aient pris une
longueur d’avance sur d’autres, le marché demeure encore assez
jeune et porteur pour permettre un chamboulement de cet ordre, et
le gain de nouvelles parts de marché. Une chose est sûre, la
compétition est rude et risque de le devenir plus, au profit du
consommateur final qui aura de plus amples choix et options.

Bank Assafa, la banque participative du Groupe Attijariwafa Bank, vient de


publier ses résultats financiers à fin 2017

La nouvelle banque enregistre un résultat net négatif qui s’établit à -58,84


MDH. Un chiffre plutôt normal pour une banque en démarrage avec un
périmètre d’activité assez limité.

Après 5 mois d’exercice, la banque enregistre un total bilan de 901,25 MDH.


Le produit net bancaire s’est, pour sa part, établi à 704 000 DH.
Par ailleurs, les dépôts de la clientèle sont importants et atteignent 452,7
MDH. Pour leur part, les créances sur la clientèle atteignent 14,10 MDH.

A la demande de ses clients, Bank Assafa a acquis l’équivalent de 332


millions de dirhams de biens immobiliers à fin 2017 alors qu’elle n’enregistre
que 13,5 MDH de Financements participatifs immobiliers.

Ceci s’explique selon Youssef Baghdadi, Président du directoire de la


banque, par le lent processus de la Mourabaha qui se fait en deux phases.
« Il faut que la banque achète le bien, l’enregistre à son nom et appelle
ensuite le client pour signer le deuxième contrat de Mourabaha » explique-t-
il

Ainsi, compte tenu des délais relatifs aux formalités administratives


d’acquisition dans un premier temps et de cession dans un deuxième temps,
l’encours cession de Bank Assafa a atteint 13,5 MDH.

A la fin 2017, Bank Assafa affiche un total de fonds propres de 291 MDH.

Afin d’être plus proche de ses clients, la banque participative ambitionne


d’élargir davantage son réseau d’agences, pour atteindre 45 agences à fin
2018 contre une trentaine d’agences aujourd’hui.

https://lnt.ma/finance-participative-4527-mdh-de-depots-2017-bank-assafa

Dans la même optique, Bank Assafa veut également augmenter le nombre


de ses collaborateurs à 300 et atteindre plus de 100 partenaires.