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COURS :

LES INSTITUTIONS ADMINISTRATIVES ET POLITIQUES DU NIGER


DESTINE AUX ELEVES COMMISSAIRES ET OFFICIERS DE POLICE
NATIONALE

Conçu et préparé par Monsieur SOULEY Alfari


Diplômé d’Université 3ème Cycle Droit des
Affaires et Fiscalité.
Directeur de la Législation au Ministère de
L’Intérieur et de la Décentralisation
INTRODUCTION GENERALE

Le concept institution désigne un ensemble ou un complexe de normes (règles)


qui se rapportent à un même thème ou à un même objet et qui, présentant une
certaine unité et une certaine permanence peuvent être à l’intérieur d’une branche
du droit positif, considérées et étudiées de manière autonome comme une discipline.
Par exemple, on peut parler en ce sens de l’institution du mariage, de l’institution des
procédures collectives. Il arrive souvent que cet ensemble soit organisé, c’est - à -
dire lié à l’existence d’un ou plusieurs organes qui en concrétisent l’unité et la
permanence. C’est ainsi qu’on peut faire état des institutions étatiques, des
institutions régionales.
Dans ces conditions, les institutions politiques et administratives devraient
s’entendre, toujours en sens strict d’une part, des organes chargés d’exercer le
pouvoir politique et/ou les activités administratives ; d’autre part, des normes
relatives à cet exercice. Mais on observera qu’il s’agit là d’une acception bien étroite
et que comprises de cette manière les institutions politiques ou administratives ne se
différencieraient guère du droit constitutionnel ou du droit administratif, même si
l’accent est mis davantage, pour les premières, sur les organes du pouvoir ou de
l’administration et, pour les seconds, sur les mécanismes juridiques.
On peut se demander pourquoi les expressions « institutions politiques et droit
constitutionnel », ou de fois « institutions administratives et droit administratif » sont
associés dans les programmes pour désigner la matière étudiée. Elles pourraient
paraître faire double emploi au lieu d’être complémentaire les unes des autres. En
vérité, les institutions politiques et administratives sont prises dans un sens
beaucoup plus large, qui couvre non seulement les organes et les normes mais aussi
la vie même de ces organes et l’application des normes.
Les institutions politiques et administratives ; c’est à dire les organes chargés
d’exercer l’autorité politique et/ou administrative, sont établies dans tout Etat par le
pouvoir politique qui est à l’origine de toutes les institutions. C’est le pouvoir politique
qui crée la plus importante de ces institutions ; que ce pouvoir soit incarné dans les
gouvernants de fait ou dans le peuple démocratique. Au Niger, le pouvoir politique
appartient au peuple souverain et est exprimé dans la constitution du 9 août 1999
(article 4 et 5).
L’enseignement de ce module dans la formation des Commissaires et Officiers
de Police Nationale présente un intérêt pratique. En effet, la complexité et
l’interdépendance des disciplines est elle qu’aucune d’entre elles ne peut être
étudiée et comprise sans faire appel aux autres en guise de complémentarité ; voire
même de comparaison. De même aucune formation aussi spécialisée soit- elle ne
saurait être complète sans faire appel aux autres disciplines.
C’est donc ces impératifs de complémentarité d’une part, et la spécificité même des
populations ciblées d’autre part, qui sous-tendent l’enseignement du présent module.
Indépendamment de leur formation d’Officier de Police Judiciaire, les Commissaires
et Officiers de Police Nationale doivent être imprégnés, un temps soit peu, aux
notions des institutions politiques et administratives qui constituent par excellence le
substitut de toute société. Aucun groupe social n’est envisageable sans une
organisation institutionnelle.
L’étude des institutions politiques et administratives du Niger sera limitée aux
institutions de la 5ème République. Nous verrons dans un premier temps les
institutions politiques (I) et dans un second temps les institutions administratives (II).

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PREMIERE PARTIE I/ LES INSTITUTIONS POLITIQUES DU NIGER

Comme nous l’avons énoncé en introduction, nous allons nous limiter aux
institutions de la 5ème République. Même là aussi, quelques institutions seulement
feront l’objet de cet enseignement à travers quelques chapitres.

Chapitre 1 : L’Etat
L’Etat est représenté au plan politique comme étant le cadre d’exercice du
pouvoir. Il constitue le support de toutes les institutions existant sur le plan national. Il
est une donnée fondamentale du droit constitutionnel.
C’est une réalité de la vie nationale et internationale. L’Etat est un phénomène
historique, politique et juridique qui tient à la fois de la construction de l’esprit et de la
réalité sociologique nationale et internationale.
Dans le monde contemporain, il existe différentes formes d’Etats qui se partagent
les surfaces du globe. Ce sont : les Etats Unitaires, les Etats Fédéraux et les
Confédérations d’Etats.
Avant d’examiner l’organisation de l’Etat nigérien (Section 2), nous verrons d’abord
la forme et les éléments constitutifs de l’Etat nigérien (Section 1).

Section 1 : Forme et éléments constitutifs de l’Etat nigérien


Paragraphe 1 : Forme
Aux termes des articles 1 et 4 de la constitution du 9 Août 1999, l’Etat du Niger
est une République indépendante et souveraine ; il est une et indivisible,
démocratique et social. Au regard de ces dispositions constitutionnelles, l’Etat du
Niger est un Etat Unitaire. A l’intérieur du territoire et pour les populations qui y
vivent, il n’y a qu’une seule organisation politique et juridique, un seul appareil d’Etat.
Cette organisation politique et juridique est dotée, et elle seule, de la plénitude de la
souveraineté de l’Etat et de son indépendance. En d’autres termes, cette
organisation politique et juridique dispose exclusivement de la totalité des
compétences étatiques, sans aucun partage possible puisqu’il n’existe pas, à
quelque niveau que ce soit, une autre organisation de même type qui puisse entrer
en concurrence avec elle sur le même territoire et pour la même population. Il
s’ensuit que le Gouvernement nigérien est libre de déterminer et de conduire la
politique de l’Etat conformément à l’article 61 de la Constitution du 9 Août 1999. Il ne
rencontre aucune restriction résultant de la présence d’une institution à un niveau
supérieur ou à un niveau inférieur. Les Gouvernants traitent directement avec les
Etats étrangers et la société internationale et avec tous les citoyens et les différentes
collectivités habilitées à exercer leur activité sur le territoire.

Paragraphe 2 : Les éléments constitutifs de l’Etat


L’existence d’un Etat est subordonnée à la réunion de trois éléments sans lesquels
on ne peut pas parler d’Etat. Ces trois éléments permettent à l’Etat d’acquérir la
personnalité juridique. L’Etat sera vu comme une personne morale, une institution
distincte, détachée de la personne physique des gouvernants.
Il s’agit de :

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- le territoire ;
- la population ;
- l’autorité ou pouvoir politique.

A) Le territoire :
Le territoire est le lieu de fixation de la population. Il permet de situer l’Etat dans
l’espace et de le localiser géographiquement. Il délimite la sphère d’exercice des
compétences de l’Etat. Il permet également d’identifier l’Etat par rapport aux autres
Etats. Au Niger, le territoire couvre une superficie de 1.26700 Km2 et est composé du
territoire terrestre et du territoire aérien. Il est limité au nord par l’Algérie et la Libye, à
l’ouest par le Mali et le Burkina-Faso, à l’est par le Tchad, au sud par le Nigeria et le
Bénin. Pays enclavé, le Niger ne dispose pas d’un territoire maritime (étendue d’eau
qui borde les côtes de l’Etat appelée mer).

B) La population :
Il s’agit du groupement humain habitant le territoire de telle manière qu’elle
forment une nation, que ce soit par des caractères comme (race, langue, religion,
etc.) ou, ce qui est beaucoup plus important, par les mêmes traditions, les mêmes
usages, le même mode de vie et, surtout la volonté de vivre en commun.
L’identité et la continuité de l’Etat ne sont pas affectées par les phénomènes
d’émigration, d’immigration ou de transfert de population. La population vivant sur le
territoire nigérien est estimée à 11.060.291 habitants (3ème Recensement Général
de la Population et de l’Habitat). Elle est composée de neuf ethnies qui sont :
haoussa, zarma, peulh, kanouri, touareg, gourmantché, arabe, Toubou et boudouma.
Ces différentes ethnies se partagent trois religions sur le territoire : l’islam, le
christianisme et l’animisme. La population est majoritairement agriculteur et éleveur
et est affichée d’une volonté commune de vivre ensemble sur le même territoire et
poursuivre le même objectif qui est le développement du pays. Cette volonté
commune de partager le même territoire est l’élément constructeur de la nation
nigérienne. Elle est renforcée par le brassage entre les différentes ethnies.

C) L’Autorité ou Pouvoir Politique:


Cette autorité s’exerce à travers une organisation politique et juridique.
Il s’agit de ce que l’on appelle « appareil d’Etat ». L’organisation politique et
juridique est destinée à assurer le maintien et la perpétuation de l’intégrité de l’Etat.
Elle doit exercer les compétences exclusives sans lesquelles il n’y a ni indépendance
ni souveraineté de l’Etat. La souveraineté est selon J. La Ferrière, un pouvoir de droit
(il ne s’agit pas d’une situation de force mais d’un pouvoir s’inscrivant dans l’ordre
juridique qu’il fonde), initial (parce qu’il est à la source de cet ordre juridique), ni
conditionné (parce qu’il ne procède d’aucune norme extérieure ou intérieure) et
suprême (parce qu’il n’existe aucune norme supérieure). Elle doit en plus s’imposer
et exercer un contrôle effectif, ce qui revient à dire qu’elle doit être véritablement en
mesure d’être obéie sur un territoire. Elle implique donc des gouvernants investis
des compétences les autorisant à commander et dont les gouvernés acceptent les
ordres. Il en va de soi que les modifications affectant l’organisation politique et
juridique c’est à dire les changements de gouvernement et même de régime
n’entament à rien l’identité et la continuité de l’Etat. Les différents coups d’Etat qui se

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sont succédés au Niger de 1974 à 1999 n’ont fait que changer l’ordre juridique
existant. L’Etat nigérien a toujours demeuré le même.

Section 2 : L’organisation de l’Etat nigérien


Le caractère unitaire de la forme de l’Etat nigérien hérité de la colonisation n’a
pas empêché au gouvernement nigérien de procéder à son organisation pour une
déconcentration du pouvoir, voir même une décentralisation du territoire nationale.
L’ancien système d’organisation n’est pas compatible avec le système démocratique
né dans les années 1990. En effet, le pouvoir du peuple par le peuple et pour le
peuple issu de la démocratie naissante suppose une large association des
populations dans les prises de décisions les affectant. C’est justement pour cette
raison que les jeunes démocraties africaines nées des revendications des syndicats
et des autres associations civiles ont rompu avec l’ancien mode d’organisation du
pouvoir dans l’Etat : c’est à dire l’Etat unitaire centralisé.
Certes, cette forme d’organisation canalisée sur des structures fortement
centralisées qui a prévalu dans la plus part des Etats africains se justifie d’abord par
le souci de la réalisation d’une nation nigérienne. Le régime post-indépendance à
pour objectif principal la construction de la nation. Pour ce faire, il doit faire
abstraction de toute considération ethnique et régionaliste dans son œuvre de
construction nationale. Ensuite, les gouvernants doivent disposer de tout le pouvoir
pour bien dominer et faire promouvoir une seule et même politique pour l’ensemble
du territoire.
Cette forte concentration du pouvoir dans les organes centraux entraîne une lenteur
dans l’action administrative. Pour pallier à cet inconvénient, il a été mis en place un
système d’organisation mettant l’accent sur la déconcentration.

1) La déconcentration du pouvoir :
L’idée qui sous-tend ce mode d’organisation est qu’il n’est pas possible ni
souhaitable de tout gouverner et de tout décider à partir des organes centraux et de
la capitale. En effet un tel système implique l’existence, auprès des gouvernants
d’une administration tentaculaire et inévitablement coupée des réalités locales et
régionales. Il est donc préférable, tout en laissant aux organes centraux la
responsabilité de toutes les décisions importantes, de confier à leurs agents
régionaux et locaux, beaucoup plus proches des réalités politiques, économiques et
sociales de la base et par conséquent mieux informés, le soin de prendre des
décisions qui ne mettent pas en cause les intérêts supérieurs et permanents de la
nation et en tout cas les décisions qui intéressent le plus directement les administrés
des circonscriptions territoriales de l’Etat. Cette politique de déconcentration est, en
principe, sans inconvénients puisse que de toute manière les agents de l’Etat c’est à
dire les gouverneurs des régions, les préfets des départements, les sous-préfets des
arrondissements de même que les directeurs régionaux et départementaux auxquels
est délégué un pouvoir de décision demeurent sous l’autorité des gouvernants et se
trouvent même soumis à un contrôle hiérarchique particulièrement de la part de ces
derniers. En d’autres terme, la déconcentration est le mode d’organisation du
pouvoir dans l’Etat et qui consiste à rétrocéder aux autorités déconcentrées (plus
proches des populations) une partielle d’autonomie quant aux prises des décisions
affectant les populations des circonscriptions déconcentrées. Elle implique le
découpage du territoire national en entités administratives. Cette forme
d’organisation a conduit les autorités nigériennes à subdiviser le territoire en 7
Départements, 36 arrondissements. Aujourd’hui on constate la création de 8 Régions

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et 36 Départements. La création des Arrondissements qui seront chargés de
l’encadrement des Communes est en cours.
Malgré cet effort de facilitation de prise de décisions au moment opportun par les
collectivités locales, la déconcentration en terre nigérienne a montré ses limites car
elle suppose un contrôle strict de la part du pouvoir central. C’est à ce titre qu’un
auteur affirmait « c’est le même marteau qui frappe, seulement on a raccourci la
manche ».
L’insuffisance ou l’inefficacité de ce mode d’organisation est à la base des
velléités scissionnistes dans le nord du pays. En effet, la rébellion dans le nord du
pays avec sa revendication scissionniste a accéléré le processus de la
décentralisation.

2) la décentralisation :
La décentralisation territoriale, au contraire de la déconcentration, ne se situe pas
dans le cadre général de l’Etat personne morale. Elle n’a pas non plus pour objet
d’assurer techniquement un meilleur exercice du pouvoir d’Etat en rapprochant des
administrés et de la base les organes et les agents, qui demeurent de toute manière
étatiques, chargés de prendre les décisions.
La décentralisation sort de ce cadre en créant à côté de l’Etat personne morale, des
collectivités territoriales (régions, départements, organisme) dotées elles aussi de la
personnalité morale, habilités à s’administrer elles-mêmes dans des conditions d’une
relative autonomie par rapport aux gouvernants et aux organes centraux. Elle invite
les habitants des collectivités décentralisées à prendre en main leurs propres affaires
et plus précisément à en confier la gestion à leurs représentants élus : la
décentralisation territoriale est à cet égard une des formes les plus efficaces et les
plus séduisantes de l’autogestion administrative. Elle vise à assurer une plus grande
démocratie là où sans doute elle est particulièrement nécessaire, c’est à dire à la
base, et c’est pourquoi on peut considérer les collectivités décentralisées comme de
véritables contre pouvoirs. Sa véritable nature est donc politique et non pas
seulement technique.
L’utilité de la décentralisation est incontestable. Elle permet de satisfaire les
aspirations des populations qui d’une part, s’estiment mieux informées et mieux
qualifiées que quiconque pour administrer leurs communes ou leurs régions et de
décider de leur avenir et, d’autre part, entendent garder leur originalité et leurs traits
propres.
La décentralisation est certes le mode d’organisation qui permet aux collectivités
décentralisées de l’Etat unitaire de s’autogérer elles-mêmes et de prendre toutes les
décisions entrant dans leur propre développement. Cependant, la décentralisation
territoriale a des limites.
Les entités décentralisées relèvent de la tutelle directe des autorités des collectivités
décentralisées. Aux termes de l’article 2 du décret n° 99-033/PRN/MI/AT du 05 mars
1999 fixant les modalités d’exercice du contrôle sur les actes des autorités
décentralisées, les gouverneurs de régions, les Préfets et les Sous-préfets assurent
le contrôle de légalité des acteurs qui leur sont transmis par les Présidents des
Conseils de leurs entités respectives.
Le Gouverneur de la Communauté Urbaine de Niamey assure le contrôle de légalité
des actes qui lui sont transmis par le Président du Conseil de la Communauté et les
Maires des Communes composant ladite Communauté.
L‘article 3 du même décret dispose que : « le contrôle porte sur la conformité de
l’acte aux lois et règlements en vigueur.

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Il s’applique aux aspects et éléments de légalité interne et de légalité externe de
l’acte.
Il ne doit en aucun cas porter sur une appréciation d’opportunité ».
Dans son contrôle de légalité interne de l’acte, le Représentant de l’Etat vérifie s’il
n’y a pas eu de violation de la Loi ou détournement de pouvoir et si la règle sur
laquelle la décision a été fondée est bien applicable.
Pour la légalité externe de l’acte, le Représentant de l’Etat vérifie si l’acte n’est
pas entaché d’incompétence ou de vice de forme.
L’acte estimé contraire à la légalité peut être déféré devant la juridiction compétente.
La saisine du juge doit se faire dans un délai de :
deux (2) mois à compter de la date de réception du courrier retour de l’Autorité
décentralisée exprimant son refus de faire droit à la demande ;
quatre (4) mois à compter de la date de transmission de la demande de retrait ou de
modification de l’acte litigieux et restée sans suite.
Ces limites à la décentralisation territoriale trouvent leur fondement dans la cohésion
que les Gouvernants veulent instaurer dans l’Etat unitaire.

CHAPITRE II/ LE REGIME POLIQUE NIGERIEN (5ème République)

Avant d’aborder l’étude de la 5ème République, il serait souhaitable d’examiner


très sommairement les différents régimes politiques pratiqués dans le monde
contemporain et de faire une rétrospective de l’ensemble des régimes politiques qui
se sont succédés au Niger de 1960 à ce jour.
S’agissant des régimes politiques qui se pratiquent dans le monde contemporain,
nous allons nous limiter à quatre régimes à savoir : le régime parlementaire, le
régime présidentiel, le régime mixte et le régime de concentration des pouvoirs au
profit d’un seul organe.

1) Le régime parlementaire :
Né au milieu du 18è siècle en Grande-Bretagne, le régime parlementaire est
apparu à un moment où le pouvoir royal encore fort mais déclinant doit composer
avec des organes représentatifs en pleine expansion. Le régime parlementaire
apparaît dès l’origine à la fois comme un régime libéral parce qu’il met fin à
l’absolutisme monarchique, et comme un régime de notables parce qu’il est lié au
suffrage censitaire. Le régime parlementaire a permis la différenciation des organes
exécutifs et législatifs. C’est un régime dans lequel le Gouvernement doit disposer à
tout moment de la confiance de la majorité parlementaire. C’est là l’élément de base
à partir duquel s’expliquent tous les mécanismes du régime. En régime
parlementaire, il y a, d’une part, dissociation entre les fonctions de Chef de l’Etat et
celles de Chef de Gouvernement, qui sont confiées à des organes distincts et,
d’autre part, transfert au second de la substance des compétences extrêmement
importantes qui étaient l’apanage traditionnel du premier.
Le Chef de l’Etat a pour vocation d’incarner la continuité de l’Etat mais, en principe,
il ne participe pas ou très peu à l’exercice du pouvoir, exception faite du choix du
Chef du Gouvernement et encore doit-il le choisir dans la majorité parlementaire. Il

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est politiquement irresponsable et par conséquent assuré de demeurer en fonction,
pour la durée de son règne ou celle de son mandat ; il est aussi sans autorité réelle.
Celle-ci est exercée par le chef du gouvernement et par ses ministres. Ce sont eux
qui assument devant les assemblées la responsabilité de la politique nationale, il est
donc normal que ce soit eux qui élaborent et conduisent cette politique. Le
Gouvernement constitue un organe collégial et solidaire sous l’autorité du chef du
gouvernement.
La responsabilité politique du Gouvernement, pièce maîtresse du régime
parlementaire, permet, associée au droit de dissolution, d’apporter une solution aux
conflits susceptibles de survenir entre le gouvernement et la majorité parlementaire,
dont pourtant il est issu .En effet si un tel conflit surgit et s’il ne peut être surmonté,
la mise en cause de la responsabilité politique du gouvernement peut conduire à la
constitution d’un nouveau gouvernement qui aura la confiance de la majorité,
cependant que la dissolution peut dégager une nouvelle majorité.
Deux façons de mettre en oeuvre la responsabilité du Gouvernement. La première
est une initiative du gouvernement même. Il s’agit là d’un moyen de pression du
gouvernement qui pose la question de confiance ou engage sa responsabilité sur sa
majorité : c’est à dire sur ceux qui doivent normalement lui apporter leur soutien
parce qu’ils appartiennent au même parti ou à la même coalition. En effet s’il
constate chez ces derniers des réserves à l’égard de sa politique générale ou d’un
projet de loi important, il peut engager son existence devant l’assemblée afin de les
mettre devant leurs propres responsabilités. Quant au second cas, il s’agit d’un
moyen d’action de l’Assemblée sur le gouvernement. Les parlementaires peuvent
vouloir obliger celui –ci à démissionner parce qu’ils désapprouvent sa politique.
Logiquement, l’initiative doit alors venir des membres de l’opposition, qui déposent
une motion de censure en espérant y rallier une partie de la majorité.
Dans les rapports entre gouvernement et assemblées, le gouvernement
collabore avec les assemblées et il a l’initiative législative et participe très activement
à l’élaboration de la loi.

2) Le régime Présidentiel :
Le régime présidentiel est apparu à l’extrême fin du 18è siècle, avec la constitution
des Etats-Unis de 1787, c’est à dire un peu plus d’un demi-siècle après
l’établissement du régime parlementaire en Grande-Bretagne. C’est un régime plus
simple que le régime parlementaire, même si son fonctionnement s’avère difficile. Il
s’analyse pour l’essentiel comme un régime dans lequel l’équilibre recherché des
pouvoirs exécutif et législatif résulte de leur indépendance réciproque et de leur
certitude de demeurer en fonction jusqu’à l’expiration de leur mandat.
En régime présidentiel, le pouvoir exécutif est concentré entre les mains du
Président, qui dispose donc d’une autorité considérable que doit justifier son
caractère largement représentatif. L’exécutif est monocéphale. Le Président exerce
pleinement l’exécutif, soit directement, soit par l’intermédiaire de ses ministres. Le
Président fait fonction à la fois de Chef de l’Etat et de Chef du Gouvernement, ce qui
revient à dire que les différents ministres relèvent directement de lui qui les choisit,
les nomme, peut les révoquer. En d’autres termes, le Président est le titulaire exclusif
du pouvoir exécutif, aussi bien du pouvoir réel, effectif, que du pouvoir nominal. Il n’y
a pas de Chef de Gouvernement venant concurrencer, en quelque mesure que ce
soit, l’autorité du Chef de l’Etat. Le vice-président, élu en même temps que le
président est d’ailleurs choisi par lui, ne peut jouer un rôle politique que pour autant
que le Président le veut. Les ministres ne forment pas un gouvernement, c’est à dire

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un organe collégial et solidaire, ayant des tâches et une responsabilité propre.
Chacun d’eux est chargé de mettre en œuvre la politique du Président, qui peut
toujours mettre fin aux fonctions d’un ministre s’il l’estime nécessaire.
Le Président est normalement élu au suffrage universel direct ou quasi-direct
(dans cette deuxième condition, les grands électeurs reçoivent un mandat impératif
de voter pour tel candidat). L’élection du Président au suffrage universel lui permet
de disposer d’une large majorité électorale et par conséquent d’une bonne assise qui
lui est indispensable.
En régime présidentiel, le Président et les assemblées sont réciproquement
indépendants. Le propre du régime présidentiel, c’est que les organes exécutifs
c’est-à-dire le Président et ses ministres disposent pleinement du pouvoir exécutif et
que les organes législatifs, c’est-à-dire les assemblées, disposent pleinement du
pouvoir législatif, les uns et les autres pour toute la durée de leurs mandats
respectifs.
Il s ‘ensuit deux conséquences importantes. La première est qu’aucun organe ne
doit interférer dans l’exercice des fonctions dévolues à l’autre : le Président ne peut
participer à la fonction législative, les assemblées ne peuvent intervenir dans la
fonction de l’exécutif. La deuxième est qu’un organe ne doit jamais pouvoir exercer
des pressions sur l’autre et encore moins agir à son encontre : le Président ne
dispose donc pas du pouvoir de prononcer la dissolution de l’assemblée mais celle-ci
ne peut, de son côté, mettre en cause la responsabilité du Président. Une fois élu,
chaque organe est donc assuré de demeurer au pouvoir pour la durée prévue.

3) Les régimes mixtes :


Les régimes mixtes combinent éléments empruntés au régime parlementaire et
éléments empruntés au régime présidentiel, ce qui pose parfois, quant à leur
fonctionnement, le problème de cohérence.
Au régime parlementaire, les régimes mixtes empruntent l’existence d’un
gouvernement, collégial et solidaire, responsable devant l’assemblée élue au
suffrage universel direct, au régime présidentiel, ils empruntent l’institution d’un
Président élu, lui aussi, au suffrage universel direct et disposant non seulement de
l’autorité que confère ce mode de désignation mais aussi de pouvoirs souvent
considérables. Parmi les régimes mixtes, on peut citer à titre d’exemples : la France
sous la 5ème République, le Portugal, l’Autriche, l’Islande, le Niger sous la 3ème et
la 5ème République…
Dans leur fonctionnement les régimes mixtes manquent de cohérence et cela est
souvent dû par le refus du Président de tenir le rôle moteur qui pourrait être le sien.
Contrairement au régime parlementaire et au régime présidentiel qui comportent
chacun, en fonction de leur logique propre, des solutions aux crises possibles entre
l’exécutif et le législatif, les régimes mixtes, en établissant un gouvernement de type
parlementaire et un président de type présidentiel, n’en prévoient pas, mais aussi,
par manque de cohérence, ils accroissent les risques de conflits, si au moins chaque
organe entend utiliser pleinement ses pouvoirs. C’est à peu près ce qui est arrivé
dans le régime semi-présidentiel de la 3ème République lors de la cohabitation. La
crise institutionnelle qui a opposé le Président au Premier Ministre issu de la majorité
parlementaire non concordante à la majorité présidentielle, a entraîné la fin du
régime.

4) Les régimes de concentration des pouvoirs au profit d’un seul organe :


Le propre de ces régimes est d’assurer l’hégémonie d’un seul organe sur tous

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les autres. C’est ce qu’on rencontre dans les régimes dits présidentialistes (Amérique
Latine et Afrique). Dans ces régimes, l’hégémonie est exercée par le président élu
au suffrage universel. Sur un autre plan, l’hégémonie peut aussi résulter d’un coup
de force ou plus fréquemment, d’une intervention de l’armée. Elle peut être assurée
par un militaire (c’est le cas le plus courant) ou confiée par l’armée à un homme
politique qu’elle contrôle plus ou moins étroitement (c’est l’hypothèse des
pronunciamientos : coup d’Etat militaire ; putsch) Cette concentration des pouvoirs
dans une seule main provoque une dictature. Les dictatures s’accompagnent d’une
réduction et, presque toujours, de la suppression des libertés publiques.
Quant au régimes qui se sont succédés au Niger, l’on peut dire que depuis son
accession à la souveraineté internationale le 3 août 1960, le Niger est aujourd’hui à
son 5ème régime constitutionnel et son 3ème régime militaire. Le pays a presque
expérimenté toutes les formes de régimes politiques et militaires que l’on rencontre
dans le monde contemporain.
Le premier régime constitutionnel du Niger indépendant date de 1960. Il est
caractérisé par la prédominance du chef de l’exécutif malgré la séparation organique
des pouvoirs. Le régime est de type présidentiel, mais le président de la République
apparaît comme le pivot des institutions. Il est élu pour un mandat de 5 ans et est
indéfiniment rééligible. Il détient la réalité du pouvoir (article 12 de la constitution). Ce
régime a prévalu jusqu’au 15 avril 1974 où un coup d’état militaire met fin à sa
survie.
Le régime issu de ce coup d’état de 1974 est un régime d’exception, caractérisé
par une confiscation de l’ensemble des pouvoirs au profit de la junte militaire. C’est le
régime de la « militarocratie ». Ce régime perdure jusqu’en 1987 où l’adoption d’une
charte nationale marque le processus d’une normalisation de la vie politique
nigérienne.
Avec le référendum du 24 septembre 1989, une nouvelle constitution est adoptée
donnant naissance à la deuxième République. L’une des particularités de la 2ème
République, c’est le caractère présidentialiste du régime mis en place et le
monopartisme politique. Ces deux facteurs ont poussé la société civile à revendiquer
davantage une démocratisation complète du paysage politique. Cela a conduit à la
tenue d’une conférence nationale dont l’avènement consacre la chute de la 2ème
République. Après un lapse de temps de régime transitoire, la 3ème République voit
le jour avec la constitution du 26 décembre 1992. Les constituants nigériens de
l’époque font de nouveau du Président de la République le point d’ancrage de la
politique nationale. Celui-ci à l’image du Président de la 5ème République en France,
retrouve l’essentiel de ses attributions dans un régime semi-présidentiel. Mais la
cohabitation devenue chaotique entre le Président Mamane Ousmane et le Premier
Ministre Hama Amadou justifie le coup d’état militaire du 27 janvier 1996.
Après une transition de régime militaire de courte duré, la constitution du 12 mai
1996 fut adoptée à la suite d’une consultation référendaire donnant d’un coup
naissance à la 4ème République. Le régime mis en place est de type présidentiel,
mais l’article 48 de la constitution confère au président de la République un pouvoir
sans précédent de l’initiative des lois. Ces pouvoirs présidentiels dans le domaine
législatif dénaturent le régime nigérien au point de le rendre présidentialiste. Le
Président de la République qui est le chef de l’Etat est chef du Gouvernement.
(Article 47). Il est le détenteur exclusif du pouvoir exécutif. Présidant le Conseil des
Ministres, c’est lui qui détermine et conduit la politique de la nation (article 56). Le fait
que ce régime consacre d’énormes pouvoirs au Président de la république sans un
véritable contrôle a provoqué au sein de la classe politique opposante et même de la

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société civile une vibrante tension ayant conduit à un trouble social. L’armée revient
à nouveau une troisième fois pour faire régner la paix en renversant le régime en
place. Après 12 mois de régime militaire, une nouvelle vie constitutionnelle reprend
son souffle depuis l’adoption de la constitution du 9 août 1999 (Section 1). Cette
constitution instaure un régime semi-présidentiel pour la 5ème République dont les
institutions représentants les organes du pouvoir sont nettement définis dans leur
composante (Section 2) et dans leurs rapports (Section 3).

Section 1: La constitution du 09 Août 1999


Composée de 143 articles, la constitution du 09 Août fut adoptée par référendum
le 18 Juillet 1999 et promulguée le 09 Août 1999. Avant d’aborder l’étude de son
établissement (Paragraphe II) et la procédure de sa révision (Paragraphe III), nous
verrons tout d’abord quelle est sa nature juridique
(Paragraphe I).

Paragraphe 1 : La nature de la constitution


Le régime politique de la 5ème République Nigérienne, à l’instar de tous les
régimes politiques libéraux, a opté pour la mise en place d’un document écrit servant
de Loi fondamentale pour le pays et dans lequel les modes de désignation des
gouvernants, la dévolution et l’exercice du pouvoir politique sont fixés une fois pour
toutes. Ce document est la constitution. Elle représente la Loi suprême de l’Etat à
laquelle toutes les autres lois internes doivent respect. Elle est une constitution écrite
et rigide. Elle est rigide car toute modification éventuelle exige une procédure
particulière et la création d’un organe spécial et un vote à une majorité qualifiée.

Paragraphe 2 : Etablissement de la constitution.


L’élaboration de la constitution de la 5ème République a été confiée à un comité
technique constitué de toutes les couches de la société (représentants des partis
politiques, des associations de défense des Droits de l’Homme, des associations
islamiques, des Chefs traditionnels, etc.) auquel est conféré le pouvoir de rédiger la
constitution. Le texte rédigé a été soumis à l’approbation du peuple souverain
détenteur du pouvoir constituant originaire.
Si dans le passé l’établissement des constitutions se faisaient à travers des
procédés non démocratique (l’octroi par lequel le roi, seul détenteur du pouvoir
constituant décide unilatéralement de limiter ses pouvoirs) et le pacte ou constitution
négocié dans lequel le pouvoir constituant originaire est partagé entre le peuple et le
souverain ; aujourd’hui, la quasi-totalité des constitutions sont élaborées à travers
des procédés démocratiques. Ici, le pouvoir constituant originaire appartient au
peuple qui peut l’exercer directement à travers un référendum constituant ou
indirectement par l’intermédiaire de ses représentants (assemblée constituante).
Néanmoins, il existe le procédé de la constitution octroyée, procédé non
démocratique ; exemple : les Royaumes (Swaziland, le Losoto en Afrique du Sud),
les monarchies du Golfe (en Arabie Saoudite : Katar, Koweït…).

Paragraphe III : La révision de la constitution


La révision d’une constitution fait appel à un pouvoir constituant dérivé ou
institué ; c'est-à-dire au sens formel le pouvoir de révision de la constitution. Certes,
la charte de l’Etat a fait l’objet d’une mûre réflexion lorsqu’elle a été élaborée et
qu’elle est faite pour durer.
Cependant, cette loi fondamentale de l’Eta n’est ni immuable, ni intangible. Elle doit

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pouvoir être révisée, c'est-à-dire corrigée et modifiée quand cela est nécessaire pour
l’adapter à l’évolution de la vie politique. Mais d’un autre coté, permettre de réviser à
tout moment la constitution serait une source d’instabilité politique et institutionnelle.
Voilà pourquoi certaines dispositions de la constitution ne peuvent être révisées sous
aucun prétexte et d’autres qui ne peuvent être révisées que dans des conditions
particulières.
La constitution de la 5ème République consacre un titre entier pour la révision de
la constitution, en l’occurrence le titre XII de la constitution. La révision est soumise à
une procédure particulière notamment l’initiative qui appartient concurremment au
Président de la République et aux membres de l’Assemblée Nationale. En dehors
des ces personnalités, aucune autre personne ne peut initier la révision. Pour être
prise en considération, le projet de révision qui émane du Président ou la proposition
de révision qui émane de l’Assemblée doit être voté à la majorité des trois quarts
(3/4) des membres composant l’Assemblée Nationale. Si le projet ou la proposition
en cause a été approuvé à la majorité des quatre cinquième (4/5) des membres
composant l’Assemblée Nationale, la révision est acquise. A défaut le projet ou la
proposition est soumis à référendum. Quelques interdictions absolues de révision de
la constitution figurent dans la constitution. Il s’agit entre autre de tout ce qui peut
porter atteinte à l’intégrité du territoire national, à la forme républicaine de l’Etat, au
multipartisme, au principe de la séparation de l’Etat et de la religion, à l’amnistie
accordée aux auteurs des coups d’Etat de 1996 et 1999 (article 141) et aux
dispositions de l’article 36.
La constitution du 09 août 1999 a fait l’objet d’une première révision qui a permis
la création de deux institutions à savoir : le Conseil d’Etat Etat et la Cour des
Comptes. Notons que dans certains pays (Suisse) l’initiative de la révision de la
constitution appartient au peuple.

Section 2 : Les institutions de la 5è République


Deux catégories d’institutions font leur présence dans la constitution de la 5ème
République. Il s’agit des institutions constitutionnelles principales et des institutions
constitutionnelles secondaires. A cela, il faut ajouter les autres institutions.

I. LES INSTITUTIONS CONSTITUTIONNELLES PRINCIPALES :


Conformément au principe de la séparation des pouvoirs nous avons un pouvoir
exécutif (Paragraphe), un pouvoir législatif (Paragraphe II), et un pouvoir judiciaire
(Paragraphe III). A chacun de ces pouvoirs correspond une fonction et chaque
fonction est affectée à un organe.

Paragraphe I : Le pouvoir exécutif (articles 35 à 65)

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De type semi-présidentiel, l’exécutif de la 5ème République du Niger est
bicéphale ; c’est à dire qu’il est composé de deux têtes. On a d’une part le président
de la république (A) et d’autre part le gouvernement (B).

A/ Le président de la république :
Elu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, renouvelable une
seule fois, le président de la république est doté d’importantes prérogatives dont
certaines lui sont propres alors que d’autres sont exercées concurremment avec le
gouvernement.
S’agissant des prérogatives propres. Le président de la république, entant que
premier magistrat incarne l’unité nationale ; il est le garant de l’indépendance, de
l’intégrité du territoire et du respect de la constitution. Il veille au fonctionnement
régulier de l’administration. Il peut dissoudre l’assemblée nationale après avis
consultatif du premier ministre, recourir au référendum après avis consultatif de
l’assemble nationale ; il proclame l’état d’urgence ; il nomme le Premier Ministre sur
une liste de trois (3) personnes proposées par la majorité; il met fin à ses fonctions
sur la présentation par celui-ci de la démission du gouvernement ; il convoque et
préside le Conseil des ministres ; il promulgue les lois dans les quinze (15) jours qui
suivent leur transmission par le Président de l’Assemblée Nationale. En cas
d’urgence déclarée par l’Assemblée Nationale, ce délai est réduit à cinq (5) jours. Il
est le Chef de l’Administration et Chef Suprême des Armées. A cet effet, il nomme
aux emplois supérieurs dans l’administration et dans l’armée. Il peut prendre des
mesures exceptionnelles lorsque les institutions de la république, l’indépendance de
la nation, l’intégrité du territoire national ou l’exécution des engagements
internationaux sont menacés d’une manière grave et immédiate et que le
fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu. (article
53), équivalent de l’article 16 de la constitution Française de 1958.
S’agissant des pouvoirs partagés avec le premier ministre on a la nomination
des ministres (article 46-1), la nomination des ambassadeurs (article 50), la
négociation et la ratification des traités, et : le droit de grâce, la signature des actes
autres que ceux prévus à l’alinéa 1er de l’art. 45, aux articles 49, 50,53, et 74.

B/ Le gouvernement (articles 59 à 65 et 77 à 97) :


Le gouvernement est composé du premier ministre et des ministres. Les
fonctions de membre du gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout
mandat parlementaire et de tout autre emploi public. Le Premier Ministre est le Chef
du gouvernement. Il dirige et coordonne l’action gouvernementale. Il assure
l’exécution des lois. Le gouvernement dispose de l’Administration et de la Force
Publique. Il peut disposer de la Force Armée dans les conditions déterminées par la
loi. Le gouvernement de la deuxième mandature comprend, outre le Premier
Ministre, vingt et six (26) Ministres. C’est le gouvernement qui détermine est conduit
la politique de la nation. A cet effet, le gouvernement est politiquement responsable
devant l’assemblée nationale et est comptable de sa gestion devant le parlement.
La responsabilité du gouvernement peut être mise en jeu par le vote d’une
motion de censure à l’initiative des parlementaires ou par la procédure de la question
de confiance, une initiative du Premier Ministre.

Paragraphe 2 : Le pouvoir législatif (articles 66 à 76)


Monocamérale, l’assemblée nationale est composée de 83 députés pendant la
première législature de la 5è république et 113 membres depuis la deuxième

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mandature. Les députés son élus au suffrage universel, direct pour un mandat de
cinq (5) ans. Ils sont rééligibles indéfiniment. L’assemblée nationale vote la loi et
consent l’impôt. Elle contrôle l’action gouvernementale, lequel gouvernement est
politiquement responsable devant elle.

Paragraphe 3 : Le pouvoir judiciaire (articles 98 à 120)


Le pouvoir judiciaire est exercé par la cour constitutionnelle, les hautes
juridictions et les cours et tribunaux. De façon exceptionnelle il peut être exercé par
la haute cour de justice en cas de mise en cause de personnalités politiques.
La cour constitutionnelle interprète la constitution, veille à la constitutionnalité
des lois, ordonnances et traités, contrôle la régularité des élections et référendums
(article 103). Elle est le régulateur du fonctionnement des institutions.
Les hautes juridictions sont la cour de cassation, le conseil d’Etat et la cour des
comptes.

Section 3 : Les rapports entre les institutions


Conformément au principe sacro saint de la démocratie qui exige un tripartisme
du pouvoir, au Niger nous avons un pouvoir exécutif, un pouvoir législatif et un
pouvoir judiciaire. Mais au delà de cette séparation institutionnelle, les trois pouvoirs
de la 5è république entretiennent entre eux une collaboration fonctionnelle. En effet,
les institutions de la 5è république entretiennent des relations entre elles avec une
relative prééminence du pouvoir exécutif. Nous verrons successivement les rapports
entre l’exécutif et le législatif (paragraphe I) et les rapports exécutif et judiciaire
(paragraphe II).

Paragraphe I : Rapports exécutif- législatif


Il faut dire qu’aux termes de l’article 90 de la constitution du 09 Août 1999
l’initiative des lois appartiennent concurremment au gouvernement et aux membres
de l’assemblée nationale. Néanmoins, force est de constater que la quasi totalité des
lois votées proviennent du gouvernement (projet de lois). La raison est toute simple
ce qu’à la différence de l’assemblée, le gouvernement dispose beaucoup plus de
techniciens.
Il faut aussi souligner que les rapports entre exécutif et législatif se manifestent à
travers le pouvoir de contrôle que l’assemblée nationale exerce sur l’action
gouvernementale (article 72) ; la possibilité pour l’assemblée de démettre le
gouvernement par le biais de la motion de censure ; le pouvoir du président de la
république de dissoudre l’assemblée nationale après avis du premier ministre (article
48). Ces deux dernières prérogatives constituent des moyens de pressions
réciproques pour les deux institutions. Ces rapports entre les deux institutions
permettent un relatif équilibre entre elles et une stabilité institutionnelle même si dans
la réalité l’exécutif exerce une influence apparente sur le législatif qui n’est qu’une
caisse de résonance.

Paragraphe II : Rapports exécutif- judiciaire


En principe, le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir exécutif (article 98)
et leurs missions bien qu’elles se distinguent, contribuent toutes à l’instauration et au
maintien de l’ordre, de la paix et de la sécurité dans la cité. A cette fin, les deux
organes sont condamnés à collaborer. Cependant, le pouvoir exécutif exerce une
influence sur le judiciaire. Cela s’explique par le fait que c’est l’exécutif qui fournit aux
juridictions les moyens de fonctionnement ; le Président de la République est le

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Président du Haut Conseil de la magistrature, il a le droit de grâce.

II. LES INSTITUTIONS CONSTITUTIONNELLES SECONDAIRES :


Deux institutions constitutionnelles secondaires en marge des institutions
constitutionnelles principales retiendront notre attention ; l’une est politique, l’autre
est une autorité administrative. Il s’agit du Conseil Economique, Social et Culturel
(CESOC) (chapitre 1) et du Conseil Supérieur de la Communication (CSC) (chapitre
2).

Chapitre 1 : Le Conseil Economique, Social et Culturel (CESOC)


Le Conseil Economique, Social et Culturel est une institution politique prévue par la
Constitution dans le titre VII. C’est un organe consultatif qui assiste le Président de la
République et l’Assemblée Nationale. Ses attributions (S1), sa composition (S2), son
organisation et son fonctionnement (S3) feront l’objet des points qui seront étudiés
dans ce chapitre.

Section 1 : Les attributions du CESOC


Le rôle principal du CESOC est consultatif. A cet effet, il donne son avis sur les
questions qui lui sont soumises par le Président de la République et l’Assemblée
Nationale. Il est aussi compétent pour examiner les projets et propositions de loi à
caractère économique, social et culturel à l’exclusion des lois de Finances. C’est
dans ce cadre qu’il est obligatoirement saisi pour avis des projets de lois de
programme à caractère économique et social.
Il peut aussi être saisi de tout problème intéressant la vie économique et social de la
nation. Le CESOC peut de sa propre initiative entreprendre toutes études ou
enquêtes se rapportant aux questions économiques, sociales et culturelles. Ses
rapports sont transmis au Président de la République à toutes fins utiles.

Section 2 : La composition du CESOC


Composé de quatre vingt quinze (95) membres élus (loi n°2006-20 du 21 juin
2006, modifiant et complétant la loi n° 2005-24 du 12 juillet 2005 déterminant la
composition, l’organisation et le fonctionnement du Conseil Economique, Social et
Culturel). Le CESOC reflète une représentation adéquate des régions du pays, de la
chefferie traditionnelle, des associations religieuses et syndicales, des coopératives
ainsi que la société civile.
Cette représentation est la suivante :
Les régions (départements (36), communautés
Urbaines (03) et communes composant la Communauté Urbaine (05); soit : 44
membres;
La chefferie traditionnelle: 2 membres
Les associations religieuses (musulmans (02), chrétien (01); soit: 3 membres
La chambre de commerce, d’agriculture, d’industrie,
et d’artisanat: 2 membres.
Les organismes à caractère coopératif :
8 membres
(6) Associations des Droits de l’Homme : 01 membres;
Associations culturelles : 01 membres;
Associations sportives) : 01 membres ;
Associations féminines : 02 membres ;
10) Les syndicats des travailleurs : 5 membres

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11) La fédération des artisans du Niger : 01 membre
12) Les universités : 01 membre
13) Les organismes patronales : 04 membres
14) Personnalités reconnues pour leur compétence en matière économique, sociale
ou culturelle (06 désignées par le Président de la République, 03 désignées par le
Président de l’Assemblée Nationale, 02 désignées par le Premier Ministre) ; soit : 11
membres.
15) Représentant des Nigériens à l’étranger : 01 membre

La qualité de membre du Conseil Economique, Social et Culturel est incompatible


avec :
le mandat de député à l’Assemblée Nationale ;
la qualité de membre du Gouvernement ;
la qualité de membre de la Cour Suprême ;
la qualité de membre de la Haute Cour de Justice ;
la qualité de membre de la Cour Constitutionnelle ;
la qualité de membre du Conseil Supérieur de la Communication ;
les fonctions de Gouverneurs, de Préfets, de Sous-préfets et de Maires ;
les fonctions de membres de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des
Libertés Fondamentales (CNDHLF).

Section 3 : Organisation et fonctionnement du CESOC


Paragraphe 1 : Organisation
L’organisation du CESOC telle que définie par l’article 9 de la loi n° 2005-24 du 12
juillet 2005 déterminant la composition, l’organisation et le fonctionnement du
CESOC, se présente de la façon suivante :
un Président ;
quatre (4) Vice-présidents ;
des présidents des Commissions permanentes dont le nombre, la composition et le
fonctionnement sont précisés par le Règlement Intérieur ;
deux (2) Secrétaires.
Le bureau est assisté d’un secrétariat permanent dirigé par un Secrétaire Général
nommé dans les conditions fixées par le Règlement Intérieur.
Le Conseil peut créer en son sein des commissions ad-hoc pour l’étude des
problèmes particuliers.

Paragraphe 2 : Fonctionnement
Le Conseil Economique, Social et Culturel tient deux (2) sessions ordinaires par an.
Il peut se réunir en session extraordinaire à la demande du Président de la
République ou de l’Assemblée nationale. La durée de chaque session ne peut
excéder quinze (15) jours pour les sessions extraordinaires. Les séances du Conseil
et celles des commissions ne sont pas publics. Les délibérations du conseil font
l’objet de procès-verbaux dressés par le Secrétaire Général. Ces procès-verbaux
sont transmis dans un délai de quinze (15) jours au gouvernement et à l’Assemblée
Nationale.
Le droit de vote est personnel tant au niveau du Conseil qu’au sein des
Commissions. Cependant en cas d’absence d’un conseiller, il peut donner mandat à
un des membres conformément au Règlement Intérieur. Les questions d’intérêt
général dont le CESOC est saisi sont étudiées soit en plénière, soit au sein des
Commissions. Les avis et rapports du CESOC sont transmis au gouvernement qui en

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assure la publication au J.O. Les crédits nécessaires au fonctionnement du CESOC
sont inscrits au budget de l’Etat.

CHAP. 2 : LE CONSEIL SUPERIEUR DE LA COMMUNICATION


Le CSC est une institution prévue par la constitution dans le titre VIII. Il n’a pas
un caractère politique, mais c’est une autorité administrative, indépendante du
pouvoir politique. C’est un organe de régulation en matière de communication.
L’autorité du CSC s’exerce dans les domaines de la communication
audiovisuelle ; la presse écrite et la publicité par la voie de presse.
Il dispose d’une importante attribution (S1) et sa composition reflète toutes les
institutions et associations professionnelles (S2). Son fonctionnement se fonde sur la
base des délibérations (S3).

Section 1 : Les attributions du CSC


Le Conseil Supérieur de la Communication a pour missions de :
garantir la liberté de l’information et de la communication conformément à la loi ;
garantir l’indépendance des médias publics et privés en matière d’information ;
garantir et assurer la liberté et la protection de la presse ainsi que de tous les
moyens de communication de masse dans le respect de la loi ;
assurer la promotion de l’information documentaire ;
garantir l’accès équitable des partis politique, des syndicats, des associations et des
citoyens au média ;
garantir l’utilisation rationnelle et équitable des organismes publics de la presse et de
la communication par les institutions de la République, chacune en fonction de ses
missions constitutionnelles, et assurer le cas échéant, les arbitrages nécessaires ;
veiller au respect de l’éthique et de la déontologie conformément à la Charte des
journalistes professionnels du Niger ;
veiller au respect des conventions internationales sur la communication, ratifiées par
le Niger ;
veiller au respect de l’expression pluraliste des courants de pensées et d’opinion
dans la presse et la communication audio-visuelle, notamment pour émission
d’information politique ;
veiller, au niveau des médias, au respect des normes réglementaires en matière de
propagande politique, de publicité et en contrôler l’objet ;
fixer les règles concernant les conditions de production, de programme et de
diffusion des émissions officielles des organes de communication lors des
campagnes électorales ;
superviser la création et la mise en place du conseil de presse ;
saisir les autorités administratives et/ou judiciaires des pratiques restrictives de la
concurrence ;
contribuer à la promotion des nouvelles technologies de l’information et de la
communication ;
contribuer à la protection des identités culturelles, notamment la promotion des
langues nationales dans les médias ;

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veiller, dans les programmes des médias nationaux au respect de la morale et des
bonnes mœurs,
contribuer à la promotion de la culture et de la création littéraire et artistique
nationale.
Outre ces multiples attributions, le CSC réglemente la publicité par voie de presse,
conformément à la loi.
Il peut formuler, à l’attention du pouvoir exécutif et législatif des propositions,
donner des avis et faire des recommandations sur les questions relevant de son
champ d’action. Il délibère sur toutes les questions intéressant la communication,
notamment la qualité des activités du secteur public comme du secteur privé de la
communication. Il veille, en particulier, à la protection de l’enfance et de
l’adolescence dans la programmation des émissions diffusées par un service de
communication audio-visuelle. Il doit être consulté par les pouvoirs publics avant
toute prise de décision dans les matières relevant de sa compétence en particulier
les textes relatifs au secteur de la communication. Il donne son avis motivé et
préalable à la nomination des directeurs généraux des médias publics. Il gère le
fonds d’aide à la presse. Ce fonds est destiné aux entreprises de presse d’intérêt
général. Il est alimenté annuellement par les contributions de l’Etat, de ses
démembrements et de toute société de communication, publicité et distribution de
presse, des legs et dons.
Agissant au nom de l’Etat, le CSC délivre les attestations d’exploiter un service de
radiodiffusion, de télévision ou tout autre service de communication audiovisuelle
privé. Il délivre et retire la carte de presse de journaliste professionnel. Il reçoit et
statue sur les plaintes qui lui sont soumises. Il prend les sanctions appropriées aux
manquements à la déontologie par les journalistes professionnels.

Section 2 : Composition et Organisation du CSC


Paragraphe 1 : Composition
La composition du CSC est déterminée par l’article 2 de la loi n° 2001 2006 du 19
juin 2001, portant composition, organisation, attributions et fonctionnement du
conseil supérieur de la communication. Aux termes, de cet article, le CSC est
composé ainsi qu’i suit :
- Un représentant du Président de la République ;
- Un représentant du Président de l’Assemblée
- Un représentant du Ministère de la Communication ;
- Un représentant du Ministère chargé de l’Intérieur ;
- Un représentant du Ministère de la Justice ;
- Trois (3) représentants des Organisations
Professionnelles représentatives des médias publics dont un représentant du secteur
des
Télécommunications ;
- Trois (3) représentants de la société civile dont un représentant des associations de
défenses des droits de l’homme et de promotion de la démocratie, un représentant
du bureau et une représentante des associations des femmes ;
- Deux représentants du secteur privé des médias dont un représentant des
employés et un représentant des employeurs.

Paragraphe 2 : Organisation du CSC


Les membres du CSC élisent en leur sein un Président et un Secrétaire Général au
scrutin secret qui sont les seuls membres permanents du conseil.

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Le Président et le Secrétaire Général sont élus au cours de la première réunion du
Conseil au Scrutin secret majoritaire à deux tours.

Section 3 : Le fonctionnement CSC


Pour l’exécution de sa mission, le Conseil Supérieur de la Communication peut
mettre en place des commissions permanentes ou temporaires. Il peut aussi en cas
de besoin, faire appel à des compétences extérieures. Le CSC délibère sur les
questions relatives aux redevances pour l’exploitation d’un service radiodiffusion ou
de télévision nationale ou internationale. Il détermine par la même procédure les
avantages qui lui sont alloués. Il établit son budget annuel qu’il gère de façon
autonome. Dans le respect des règles de la comptabilité publique, il dispose d’un
compte logé au Trésor national. Le Président du CSC en est l’Ordonnateur.

Il rend compte annuellement de ses activités au Président de la République et au


Président de l’Assemblée nationale. Son rapport est rendu public.

III. LES AUTRES INSTITUTIONS POLITIQUES :

L’examen de cette troisième partie des institutions politiques, nous conduira à


la découverte du Conseil de la République (chap. 1), du Conseil national de la
Défense (chap. 2), de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des
Libertés Fondamentales (chap3), et enfin du Comité national de Sécurité (chap. 4).

CHAPITRE 1 : LE CONSEIL DE LA REPUBLIQUE

Prévu dans la constitution du 09 Août 1999 en son article 56, le Conseil de la


République est un organe de concertation et de médiation politique au service du
Président de la République. Il se réunit dans les circonstances exceptionnelles.
D’abord lorsque le fonctionnement régulier des pouvoirs publics est gravement
menacé, ensuite lorsque la continuité de l’Etat est aussi gravement menacée.
L’étude du Conseil de la République nous conduira à examiner successivement :
ses attributions (section 1), sa composition (section 2) et son fonctionnement
(section 3).

Section1 : Les attributions du Conseil de la République


Les attributions du Conseil de la République sont définies dans deux articles de
la loi n° 2002-08 du 08 février2002, déterminant les attributions et le fonctionnement
du conseil de la République .Il s’agit des articles 3 et 4. Aux termes de ces articles ;
le conseil de la république est chargé de promouvoir le dialogue politique et l’esprit
démocratique. Il délibère sur les mesures à prendre lorsque le fonctionnement
régulier des pouvoirs publics et la continuité de l’Etat sont gravement menacés dans
tous les cas outres que ceux prévus par l’article 53 de la constitution.

Ces mesures ne doivent être inspirées que par la nécessité de préserver les
intérêts supérieurs de la Nation, de promouvoir le dialogue politique et l’esprit
démocratique quelle que soit l’appartenance politique ou institutionnelle des
membres du conseil de la République.

Section 2 : La composition du Conseil de la République

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Aux termes de l’article 56 de la constitution, le Conseil de la République est
constitué par :
le Président de la République ;
le Président de l’Assemblée Nationale ;
le Premier Ministre ;
le Président de la Cour Constitutionnelle ;
le Président de la Cour de Cassation ;
le Président du Conseil d’Etat ;
le Président de la Cour des Comptes ;
le Président de la Haute Cour de Justice ;
le Président du Conseil Economique, Social et Culturel ;
le Président du Conseil Supérieur de la Communication ;
le Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés
Fondamentales ;
le Président de l’Association des Chefs Traditionnels ;
le Chef de l’opposition.
Il s’agit là d’une réunion des grands dignitaires du pays. Cette même composition du
Conseil de la République ressort dans l’article 2 de la loi n° 2002-08 du 08 février
2002, déterminant les attributions et le fonctionnement du Conseil de la République.
Cependant, cette loi fait abstraction des organes ci-après dans la composition du
Conseil de la République. Il s’agit :
du Président de la Cour de cassation ;
du Président du conseil d’Etat ;
du Président de la cour des comptes ;
du chef de l’opposition.
La question qui se pose ici est de savoir si c’est une omission ou tout simplement
une recomposition du conseil de la République. Dans ce dernier cas, l’on parlera de
violation de la constitution car les dispositions constitutionnelles priment sur les
dispositions législatives (lois ordinaires).

Section 3 : Le Fonctionnement du Conseil de la République :


Le Conseil de la République est convoqué par son Président qui est le
président de la République. Il peut être convoqué par le président de l’assemblée
nationale ou des deux tiers (2/3) des membres du conseil.
Le Président du Conseil de la République assure le suivi et l’exécution des
mesures prises par le conseil de la République. Lorsque le conseil de la République
le juge utile et opportun, les mesures prises conformément à l’article 4 de la loi 2002-
08 peuvent faire l’objet d’une communication par voie de presse.
Le conseil de la République établit son règlement. Il associe a ses libérations le
chef de l’opposition parlementaire. Il peut faire appel à toute personnes ou
personnalité dont il juge la contribution utile.
Les membres ne peuvent prétendre, dans l’exercice de leur fonction à aucune
rémunération ou indemnité. Les dépenses du fonctionnement du budget sont à la
charge du budget Nationale.

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CHAPITRE 2 : LE CONSEIL SUPERIEUR DE LA DEFENSE NATIONALE :
La constitution du 9 Août 1999, dans son article 52 dispose « le Président de la
République est le Chef Suprême des Armées. Il est assisté du Conseil Supérieur de
la Défense National, dont il assure la présidence ». Pour l’application de cette
disposition constitutionnelle une loi ordinaire est votée par l’assemblée nationale qui
fixe la composition, les attributions et le fonctionnement du conseil supérieur de la
défense nationale. Ces différents points seront étudiés dans une section unique.

Section unique : Composition, attributions et fonctionnement du Conseil


Supérieur de la Défense Nationale :
Aux termes de l’article premier de la loi n°2000-002 du 2 mai 2000, les
attributions, la composition et les règles de fonctionnement du Conseil Supérieur de
la défense nationale sont déterminés ainsi qu’il suit :

A : Les attributions du Conseil


Le Conseil Supérieur de la Défense Nationale à pour mission d’assister le
Président de la République dans l’exercice de ses fonctions de Chef Suprême des
Armées. A ce titre, il est particulièrement chargé de :
1. Donner son avis :
sur les propositions du ministre de la défense nationale aux emplois militaires ;
sur les propositions au grade de général ;
sur toute autre question relative au domaine militaire.
2. A la demande du Président de la République, assister aux travaux du comité de
défense prévu par la loi n° 61-35 du 24 novembre 1961.

B : Composition du Conseil
Le Conseil Supérieur de la Défense Nationale comprend :
un Président : Président de la République ;
un Vice –Président : Le Premier Ministre ;
des Membres :

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le Ministre de la Défense nationale ;
le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation ;
deux officiers supérieurs ou Généraux choisis par le Président de la République
parmi les anciens chefs d’Etat Major Général et Haut Commandants de la
gendarmerie nationale.
Le Secrétariat du Conseil Supérieur de la Défense est assuré par le Ministre de la
Défense Nationale.
Le conseil peut faire appel à toute personne reconnue par sa compétence en
matière de défense nationale.

C : Les Règles de fonctionnement


Le Président de la République convoque le Conseil Supérieur de la Défense
Nationale sur sa propre initiative ou à la demande du gouvernement.
L’avis donné par le Conseil Supérieur de la Défense Nationale est laissé à
l’appréciation du Président de la République qui statue en dernier ressort.
Les membres du Conseil Supérieur de la Défense Nationale sont tenus au
secret des délibérations des travaux. Toutes les séances du conseil font l’objet d’un
procès-verbal.

Chapitre 3: LA COMMISSION DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES


FONDAMENTALES (CNDHLF)
La constitution nigérienne du 9 Août 1999 énumère dans son titre II toute une
liste de droits et de devoirs de la personne humaine. En outre, elle prévoit la création
d’une commission nationale qui veillera à la promotion et à l’effectivité des droits et
des libertés. C’est cette commission qui fera l’objet d’étude dans ce chapitre. Nous
verrons successivement : les attributions (S1), la composition (S2) et le
fonctionnement (S3) de cette commission des droits de l’homme et des libertés
fondamentales (CNDHLF).

Section 1 : Les attributions de la CNDHLF


La commission nationale des droits de l’homme et des libertés fondamentales
prévue à l’article 33 de la constitution est une autorité administrative indépendante.
Elle a son siège fixé à Niamey. Aux termes des dispositions de la loi n° 98-55 du 29
décembre 1998, portant attributions, composition et fonctionnement de la
commission nationale des droits de l’homme et des libertés fondamentales, la
CNDHLF a pour missions :
d’assurer la promotion et la protection des droits de l’Homme sur le territoire de la
République du Niger ;
de promouvoir les droits de l’Homme par tous les moyens appropriés notamment
d’examiner et de recommander aux pouvoirs publics toutes dispositions de textes
ayant trait aux droits de l’Homme en vue de leur adoption ;
d’émettre des avis dans le domaine des droits de l’homme ;
d’organiser des séminaires et colloques en matière des droits de l’Homme ;
de procéder à la vérification des cas de violation des droits de l’Homme et des
libertés fondamentales sur le territoire de la République du Niger.

Section 2 : La composition de la CNDHLF


La Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés
Fondamentales comprend :
un magistrat désigné par le Conseil Supérieur de la magistrature ;

22
trois représentants désignés par les associations de défense des droits de l’Homme ;
une représentante par confédération d’associations des femmes du Niger ;
un professeur de droit désigné par ses pairs ;
un médecin désigné par l’Ordre des médecins, pharmaciens et dentistes ;
un représentant par centrale syndicale ;
deux représentants de confessions religieuses différentes ;
un représentant désigné par les syndicats non affiliés ;
deux représentants des chefs traditionnels désignés par l’association des chefs
traditionnels ;
un avocat désigné par l’ordre des avocats ;
un représentant de la Croix Rouge Nigérienne ;
un représentant de la presse publique désigné par ses pairs ;
un représentant de la presse privé désigné par ses pairs.
L’identité de chaque représentant doit être adressé au ministre de la justice, garde
des sceaux. Les membres de la commission sont nommés par décret du président
de la République pour un mandat de quatre (4) ans renouvelable.
Avant d’entrer en fonction, les membres de la commission prêtent devant la cour
suprême, le serment dont la teneur suit : ‘’ je jure de remplir mes fonctions avec
exactitude et probité’’.
Les fonctions de Président de la commission sont incompatibles avec l’exercice de
tout mandat politique, de tout emploi privé ou public, civil ou militaire, de toute activité
professionnelle ainsi que de toute fonction de représentation nationale.
Les fonctions des autres membres de la commission sont incompatibles avec
l’exercice de tout mandat électif politique.
Aucun membre de la commission ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu
ou jugé à l’occasion des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses
fonctions et même après la cessation de celles-ci.
Pendant la durée de leurs fonctions et même après la cessation de celles-ci, les
membres de la commission sont tenus de s’abstenir de toute prise de position
publique sur les questions dont la commission a eu à connaître ou qui sont
susceptibles de lui être soumises.
La commission est dotée d’un secrétariat permanent dirigé par un secrétaire
permanent recruté par le président, après avis du bureau exécutif. Le secrétaire
permanent est responsable des tâches administratives nécessaires à la réalisation
des objectifs de la commission.
Il veille à la préparation des rapports du bureau exécutif et de la commission, ainsi
qu’à l’élaboration du budget annuel.
Il assiste sans droit de vote aux réunions du bureau exécutif et à celles de la
commission.
Un comptable de l’Etat est nommé pour assister le trésorier.

Section 3 : Fonctionnement de la CNDHLF


Dans l’exercice de leurs attributions les membres de la commission nationale des
droits de l’Homme et des libertés fondamentales ne reçoivent d’instruction d’aucune
autorité. Ils peuvent requérir tout organe public, parapublic ou privé aux fins de leurs
investigations. Cet organe est tenu de leur donner suite.
Dans le cadre de ses activités, la commission nationale des droits de l’homme et
des libertés fondamentales doit entretenir des rapports de partenariat avec ses
autres interlocuteurs publics ou privés, nationaux ou internationaux.
La commission se réunit sur convocation de son président ou à la demande du

23
tiers (1/3) de ses membres. Elle peut constituer des sous-commissions de travail.
Elle détermine son programme d’action dans le cadre des attributions qui lui sont
assignées à l’article 2 de la loi n° 98-55 du 29 décembre 1998.
Le bureau exécutif assure l’administration de la commission. Il établit notamment
l’ordre du jour des réunions de la commission et le projet du budget annuel.
Il exécute les décisions de la commission.
Il peut déléguer une partie de ses fonctions à son président.
Le président du bureau préside la commission et la représente vis à vis de
l’administration et des tiers. Il veille à l’exécution des décisions prises par la
commission.
Le président de la commission adresse au Président de la République, au
Président de l’assemblée Nationale, au Président de la Cour Suprême, un rapport
annuel sur les activités de la commission et un rapport sur l’état des droits de
l’Homme et des libertés fondamentales.
Ce dernier rapport doit faire l’objet d’une large diffusion.
Au cas où par suite d’un manquement grave à ses obligations, le président du
bureau exécutif viendrait à paralyser le fonctionnement normal de la commission ou
à compromettre sa crédibilité, il peut être révoqué sur décision des deux tiers (2/3)
des autres membres de la commission à la requête de la moitié d’entre eux. La
réunion est convoquée et présidée par le vice-président.
Il doit être pourvu au plus tard dans un délai de 15 jours au remplacement du
président révoqué.
Il en est de même pour les autres membres du bureau exécutif.
Toute personne qui s’estime victime de la violation des droits de l’homme, peut
adresser une requête à la commission.
La requête peut émaner également d’une tierce personne ou d’une association.
La Commission, à la demande de son Président ou de l’un de ses membres, peut
se saisir d’office des cas de violation des droits de l’Homme.
La requête doit sous peine d’irrecevabilité :
préciser l’identité et l’adresse du requérant ;
préciser l’identité et l’adresse de l’auteur éventuellement ou de la violation des droits
de l’Homme ;
spécifier le cas de violation commise ;
ne pas contenir des termes outrageants ou injurieux à l’égard de l’agent ou de
l’administration mis en cause.
Il ne serait y avoir requête pour des faits dont la justice est déjà saisie sauf en cas
de déni manifeste de justice.
La Commission peut s’informer de la suite donnée par la justice pour des faits
dont cette dernière est saisie.

24
CHAPITRE 4 : LE COMITE NATIONAL DE SECURITE
La création de ce Comité auprès du Ministre de
L’Intérieur n’est pas le fait d’un hasard. La situation sécuritaire qui prévalait dans les
années 1992 sur l’ensemble du territoire national, ne laissait aucun nigérien
indifférent. En effet, du Nord au Sud, d’Est en Ouest et dans le centre du pays, il ne
passe une journée sans que les médias n’annoncent des attaques sporadiques avec
armes de guerres. Ces attaques trouvent leur fondement dans des revendications de
groupes ethniques scissionnistes qui réclament une autonomie de la partie nord du
pays. A cela, il faut ajouter une recrudescence inquiétante de la criminalité sur
l’ensemble du territoire. On se demandait même si « le système pénal est à mesure
de sécuriser la population et d’assurer une meilleur réinsertion des délinquants » (cf.
S. Alfari, le Système Pénal nigérien face à l’évolution du phénomène criminel : cas
de la Communauté Urbaine de Niamey, mémoire pour l’obtention de la maîtrise es-
sciences juridiques : option Droit privé, p. 1, année universitaire 1997-1998) ;
Université Abdou Moumouni de Niamey.
Suite à tous ces évènements et dans le souci d’assurer une sécurité à la
population, le Gouvernement de l’époque a décidé de mettre en place un organe
chargé de l’étude et de la gestion de tous les problèmes de sécurité, de défense
civile et de protection civile sur toute l’étendue du territoire.

25
Mais quelle est la composition (section 1) et les attributions de cet organe (section
2) et comment fonctionne-t-il (section 3) ?

Section 1 : Les attributions du CNS


Le Comité Nationale de Sécurité est chargé de particulièrement de l’étude et
de la gestion de tous les problèmes de sécurité, de défense civile et de protection
civile sur toute l’étendue du territoire.
Il est consulté pour toutes questions touchant la sécurité, ainsi que pour
l’élaboration des directives définissant la politique générale de défense et de
protection civile.
Il assiste enfin, le ministre de l’intérieur pour assurer la coordination des
mesures de défense et protection civile et la liaison entre les autorités chargées de
leur mise en œuvre.
Les comités régionaux ont les mêmes attributions que le comité national.

Section 2 : La composition du CNS


Créé par Arrêté n° 29/PM du 23 août 1992, le Comité Nationale de Sécurité est
ainsi composé :
Président :
le ministre de l’intérieur.
Membres :
le secrétaire général du ministère de l’intérieur ;
le secrétaire général du ministère de la défense nationale ;
le secrétaire général du ministère de la justice, garde des sceaux ;
le chef d’état-major général des forces armées nationales ou son représentant ;
le haut commandant de la gendarmerie nationale ;
le chef de corps de la garde républicaine ;
le directeur général de la sûreté nationale ;
le directeur du centre de la documentation de l’Etat ;
le directeur général des douanes ;
le directeur de l’environnement au ministère de l’hydraulique et de l’environnement ;
le directeur de la protection civile au ministère de l’intérieur.
Cette composition peut être étendue par le ministre de l’intérieur à toute personne
qu’il juge utile aux travaux du comité.
Il importe de noter que ce même comité a été créé dans toutes les régions du
Niger. Leur composition est ainsi fixée :
Président :
Préfet du département.
Membres :
Commandant de zone de défense ou son représentant ;
Commandant de la légion de gendarmerie ou son représentant ;
Commandant de peloton de la garde républicaine ;
Commandant du centre de secours départemental ;
Directeur départemental de la police ;
Directeur régional des douanes ou son représentant ;
Directeur départemental de l’environnement ;
Le procureur de la République.

Section 3 : Le fonctionnement du CNS


Le comité national de sécurité se réunit sur convocation de son président. Il en

26
est de même du comité régional. Le directeur général de la sûreté assure le
secrétariat du comité national de sécurité. En temps de crise, le Comité Nationale de
Sécurité est présidé par le ministre de la défense nationale et le secrétariat est
assuré par le haut commandant de la gendarmerie.

DEUXIEME PARTIE : LES INSTITUTIONS ADMINISTRATIVES DU NIGER


Les institutions administratives, comme nous l’avons déjà souligné en
introduction, vont s’entendre dans le cadre de ce cours des organes chargés
d’exercer les activités administratives. Ces organes se situent à deux niveaux de
l’organisation administrative. D’abord au niveau central où nous avons d’une part, les
autorités investies, dans l’ordre administratif, de compétences générales : le
Président de la République et le Premier ministre, placés à la tête du système
administratif ; d’autre part, au dessous d’eux, des organes spécialisés dans la
direction d’un groupe de services, les ministres et leurs collaborateurs. Ensuite, au
niveau local où nous avons les gouverneurs, les préfets et les maires. L’ensemble de
ces organes fera l’objet de notre étude dans cette deuxième partie du cours. Nous
verront successivement les organes centraux de l’administration d’Etat (chapitre 1) et
les organes des services déconcentrés de l’administration d’Etat, auxquels nous
ajouterons ceux de l’administration des collectivités décentralisées (chapitre 2) et
enfin, le Haut Conseil des Collectivités Territoriales (chapitre 3).

27
CHAPITRE 1 : LES ORGANES CENTRAUX DE L’ADMINISTRATION D’ETAT
Nous verrons d’abord les organes suprêmes de l’administration d’Etat ; c’est à
dire le Président de la République et le Premier ministre (section 1), ensuite les
organes spécialisés c’est à dire les ministres (section 2).

Section 1 : Les organes Suprêmes de l’administration d’Etat


Dans cette section, nous allons tout d’abord étudier les compétences respectives
du président de la République et du Premier ministre (A), ensuite les services
rattachés au Premier ministre
(B).

A- Les compétences respectives du Président de la République et du Premier


ministre :
La constitution du 18 juillet 1999, fait du Président de la République le chef de
l’administration. Il veille à la neutralité de l’administration dans les conditions définies
par la loi. Le gouvernement quant à lui peut disposer de l’administration. Placés donc

28
au dessus des divers départements ministériels, ces organes suprêmes sont chargés
d’harmoniser les politiques souvent contradictoires de ces ministères, d’arbitrer leurs
conflits, bref, d’imprimer à l’action administrative une véritable unité.
En tant que chef de l’administration et chef Suprême des armées, le Président de
la République nomme aux emplois civils et militaires. Il signe les ordonnances et les
décrets pris en conseil des ministres ; ce qui lui confère un pouvoir règlementaire.
Ces actes sont contresignés par le Premier ministre. Le Président de la République
promulgue les lois. Le Premier ministre dirige et coordonne l’action
gouvernementale. Il assure l’exécution des lois. A cet effet, il dispose d’un important
pouvoir règlementaire. Le Président de la République et le Premier ministre sont
entourés d’importants collaborateurs qui les assistent dans leurs tâches
quotidiennes. L’organisation de ces deux structures suprêmes fait ressortir presque
les mêmes organes. On trouve entre autres : le cabinet composé de plusieurs
techniciens chargés de différents secteurs, le secrétariat général et bien d’autres
organes.

B- Les Services rattachés au Premier ministre :


Le décret n° 2002-095/PM du 28 mars 2002, portant organisation des services
du Premier ministre et fixant leurs attributions fait ressortir plusieurs services
rattachés au Premier ministre parmi lesquels on peut citer le cabinet particulier, le
Secrétariat Général du Gouvernement, les Administrations de missions, les
Administrations rattachées et les autres services rattachés.

1- Le Cabinet du Premier ministre :


Le Cabinet particulier du Premier ministre comprend :
des conseillers spéciaux ;
des chargés de missions ;
un assistant administratif ;
un secrétaire particulier ;
un chef de cabinet ;
un aide de camp ;
un médecin particulier ;
un attaché de presse ;
un service de protocole ;
un service de sécurité rapproché.
Les conseillers spéciaux sont chargés des questions
spécifiques dans les domaines politique, économique et social. Les chargés de
missions traitent des questions qui leur sont confiées par le Premier ministre. Les
conseillers spéciaux et les chargés de missions sont nommés par arrêté du Premier
ministre.
Pour l’accompagnement de certaines tâches administratives, il est mit à
disposition du cabinet particulier, un assistant administratif dont les domaines de
compétences spécifiques sont fixés par arrêté du Premier ministre. L’assistant
administratif est nommé par arrêté du Premier ministre. Le médecin particulier, l’aide
de camp, le chef de cabinet, le secrétaire particulier, l’attaché de presse et le chef de
la sécurité rapprochée sont nommés par arrêté du Premier ministre. Leur domaine
de compétences spécifiques sont précisés par arrêté du Premier ministre.
Le service du protocole est dirigé par un chef du protocole nommé par arrêté du
Premier ministre. Il est assisté dans ses fonctions d’un ou de deux collaborateurs.
Les attributions et l’organisation du service du protocole sont fixées par arrêté du

29
Premier ministre. Le chef de protocole a rang de conseiller principal du Premier
ministre.

2- La Direction du Cabinet :
La direction de cabinet du Premier ministre est
placée sous l’autorité d’un directeur de cabinet assisté d’un directeur adjoint de
cabinet.
La direction du cabinet comprend :
des cellules de travail animées par des conseillers principaux et des conseillers
techniques ;
une direction des affaires administratives et financières ;
un service des archives, de l’information et de la documentation ;
un bureau d’ordre ;
un secrétariat de direction.
Le directeur de cabinet et le directeur adjoint de cabinet sont nommés par décret
du Premier ministre. Le directeur de cabinet et le directeur adjoint de cabinet peuvent
recevoir délégation de signature du Premier ministre pour certains actes dont la
nature est déterminée par arrêté. Ils ont les mêmes avantages que les ministres. Le
directeur de cabinet du Premier ministre dirige, anime et supervise les activités du
cabinet et des services rattachés. Il veille à la mise en œuvre des directives et
instructions du Premier ministre par le secrétaire général du gouvernement et les
autres administrations rattachées. Le directeur de cabinet du Premier ministre
représente le cabinet du Premier ministre au niveau des institutions de l’Etat Il est
chargé de la gestion des relations entre le cabinet du Premier ministre et les autres
institutions de l’Etat. Il participe aux réunions du conseil de cabinet et veille en
conséquence, au respect des délibérations du conseil en collaboration avec le
secrétariat général du gouvernement. Il informe les services du cabinet de la teneur
des discussions sur les grands dossiers du conseil. Le directeur du cabinet est
l’administrateur des crédits budgétaires du cabinet du Premier ministre. Il a autorité
sur l’ensemble du personnel des services du Premier ministre. Le directeur adjoint de
cabinet du Premier ministre le supplée dans ses fonctions en cas d’absence,
d’empêchement ou de délégation. Sous l’autorité du directeur de cabinet, il organise
et contrôle le fonctionnement technique régulier des services du Premier ministre. A
ce titre, il veille :
à la préparation des décisions du Premier ministre par la mise à la disposition
d’informations complètes et régulières ;
à la mise en œuvre et au suivi des directives et instructions du Premier ministre ;
à la régularité des actes soumis a la signature du Premier ministre ;
à la circulation de l’information et des documents de travail ;
à l’harmonisation des interventions des cellules de travail et des services rattachés ;
au suivi et à l’évaluation des activités des services du Premier ministre.
Le directeur adjoint de cabinet est l’administrateur suppléant des crédits budgétaires
du cabinet du Premier ministre.
Les cellules de travail comprennent des conseillers principaux et des conseillers
techniques. Le conseiller principal coordonne les activités de la cellule placée sous
sa responsabilité. Les attributions des cellules de travail sont fixées par arrêté du
Premier ministre. Les conseillers principaux et les conseillers techniques sont
nommés par arrêté du Premier ministre.
Le directeur des affaires administratives et financières est nommé par décret pris
en conseil des ministres, sur proposition du Premier ministre. Les attributions et

30
l’organisation de la direction des affaires administratives et financières sont fixées par
décret pris en conseil des ministres.
Le service des archives, de l’information et de la documentation et le bureau
d’ordre sont dirigés par des chefs de service nommés par arrêté du Premier ministre.
Le chef du service des archives, de l’information et de la documentation à rang de
conseiller technique du Premier ministre. Le chef du service du bureau d’ordre à rang
de directeur national. Les attributions et l’organisation du service des archives, de
l’information et de la documentation et du bureau d’ordre sont fixées par arrêté du
Premier ministre.

3- Le Secrétariat Général du Gouvernement :


Le Secrétariat Général du Gouvernement est dirigé par un Secrétaire Général du
Gouvernement assisté d’un adjoint, tous deux nommés par décret pris en conseil des
ministres, sur proposition du Premier ministre. L’organisation et les attributions du
Secrétaire Général du Gouvernement sont fixées par décret pris en conseil des
ministres.

4- Les Administrations de mission :


Les administrations de mission comprennent :
le Haut commissariat à la réforme administrative et à la décentralisation, aujourd’hui
Haut commissariat de la modernisation de l’Etat (HCME) ;le Haut commissariat au
barrage de Kandadji ;le Bureau de coordination du Programme de réhabilitation des
infrastructures.
Les administrations de mission ci-dessus citées sont placées sous l’autorité directe
du Premier ministre.
Le Haut commissariat de la modernisation de l’Etat, et le Haut commissariat au
barrage de Kandadji sont dirigés par des Hauts commissaires nommés par décret
pris en conseil des ministres. Les attributions et l’organisation de ces deux
institutions sont fixées par décret pris en conseil des ministres.
Le Bureau de coordination du programme de réhabilitation des infrastructures est
dirigé par un coordonnateur nommé par arrêté du Premier ministre. Il a rang de
conseiller technique du Premier ministre. Les attributions et l’organisation du Bureau
de coordination du programme de réhabilitation des infrastructures sont fixées par
arrêté du Premier ministre.

5- Les Administrations rattachées :


Les Administrations rattachées sont :
le Haut Commissariat à l’informatique et aux Nouvelles technologies de l’information
et de la communication ;le Bureau organisation et méthodes ;
la commission centrale des marchés (aujourd’hui Agence de Régulation des
marchés) ;
Le Haut Commissariat à l’informatique et aux Nouvelles technologies de
l’information et de la communication est dirigé par un Haut commissaire nommé par
décret pris en conseil des ministres. Le directeur du Bureau organisation et
méthodes et le directeur de l’Agence de Régulation des marchés sont nommés par
décret pris en conseil des ministres. Ils ont rang de conseiller principal du Premier
ministre. Les attributions et l’organisation du Haut Commissariat à l’informatique et
aux Nouvelles technologies de l’information et de la communication, du Bureau
organisation et méthodes et de l’Agence de Régulation des marchés sont fixées par

31
décret pris en conseil des ministres.

6- Les Services rattachés :


Les Services rattachés sont :
le Secrétariat permanent du Système d’alerte précoce ; le Secrétariat exécutif du
Conseil national de l’environnement pour un développement durable ;la Cellule
crises alimentaires ;
le Centre de coordination de la communication gouvernementale.
Le secrétaire permanent du système d’alerte précoce, le secrétaire exécutif du
conseil national de l’environnement pour un développement durable, le
coordonnateur de la cellule crises alimentaires et le coordonnateur du centre de
coordination de la communication gouvernementale sont nommés par arrêté du
Premier ministre. Ils bénéficient des mêmes avantages que les conseillers principaux
du Premier ministre. Les attributions et l’organisation du système d’alerte précoce, du
conseil national de l’environnement pour un développement durable, de la cellule
crises alimentaires et du centre de coordination de la communication
gouvernementale sont fixées par arrêté du Premier ministre.

Section 2 : Les organes spécialisées dans la direction d’un groupe de


services : les ministres et leurs collaborateurs
Le nombre de départements ministériels n’est pas fixé par la loi. Ce nombre varie
en fonction des services pouvant être regroupés pour constituer un département
ministériel. Un décret est nécessaire pour la création d’un ministère, sa suppression
et le transfert des services d’un ministère à l’autre. En principe, les nécessités
politiques jouent un rôle essentiel dans la détermination du nombre des ministères,
en fonction des personnes que le chef du gouvernement juge utile de s’associer. En
outre, certains services, dans le cadre du ministère, peuvent être regroupés sous
l’autorité d’un Secrétaire d’Etat membre du gouvernement. Enfin des Secrétaires
d’Etat peuvent être à la tête d’un groupe de services placés sous leur direction
exclusive, sans rattachement à un ministère. De toutes ces pratiques, il résulte une
certaine instabilité dans le nombre et le dessein des départements ministériels.
Néanmoins, un trait reste constant ; la tendance à l’accroissement du nombre des
ministères, le chiffre qui était à 26 dans le premier gouvernement de la cinquième
République est aujourd’hui à 31 dans le deuxième gouvernement de la cinquième
République. Il n’y a pas lieu à être surpris compte tenu du développement des
attributions et des services de l’Etat. Si chaque ministère possède son organisation
particulière, adaptée à ses attributions souvent remaniées dans le détail, les grandes
lignes sont partout identiques. Ces grandes lignes ressortent du titre deux du décret
numéro 99-466/PCRN/MFP/T du 22 novembre1999 fixant des modalités
d’application de l’ordonnance n° 99-56 du 22 novembre 1999 déterminant
l’organisation principale de l’administration civile de l’Etat et fixant ses missions. Il
s’agit entre autres : d’une autorité investie du pouvoir de décision : le ministre (p1),
d’un secrétariat général (p2) , des directions générales (p3), des directions
nationales(p 4), des organes d’inspection, de contrôle et d’évaluation (p5), des
organes consultatifs et des administrations de missions (p 6).

Paragraphe 1 : Le Ministre
A – Statut :
Il relève du droit constitutionnel ; on en retiendra seulement :

32
1) Le caractère politique de la désignation du Ministre, lié à la nature de ses
fonctions, qui est d’infléchir l’activité des services à lui confié dans le sens de la
politique déterminée par le gouvernement, sous le contrôle de l’assemblée nationale.
2) L’égalité des ministres, absolue en théorie malgré certaines différences dans leurs
titres, (ministre d’Etat ministre délégués), mais qui en pratique, se trouve rompue au
profit du Ministre de l’Economie et des Finances : la préparation du budget, le
contrôle des dépenses, lui confèrent, sur la gestion des autres ministres, une
autorité très efficace.
3) L’existence de Secrétaire d’Etat, membres du gouvernement, chargé de la
direction d’un groupe de services soit autonomes (ils ont alors, au titre près, les
mêmes attributions administratives qu’un ministre) soit rattachés au Premier Ministre
ou au ministre auprès du quel ils sont nommés.

B- Attributions :
En tant que membres du gouvernement, les ministres participent à l’exercice
collégial, en conseil des ministres, des compétences que la constitution attribue au
gouvernement dans son entier. Mais leur mission essentielle est la direction du
département ministériel qui leur est confié ; ils ont, à son égard, la qualité de chefs
de service, avec tous les pouvoirs qui en découlent, les uns inhérents à la fonction,
les autres prévus par les textes.
En tant que chef de son département ministériel, le ministre exerce le pouvoir
hiérarchique sur tous les agents de son département. Il fixe l’emploi de ses
subordonnés, en les affectant ou les mutant selon les besoins du service, et leur
grade dans la hiérarchie, en réglant l’avancement, aux conditions prévues par la loi
et notamment par le statut de la fonction publique. Dans les mêmes conditions, il
exerce le pouvoir disciplinaire. Il dispose enfin du pouvoir d’instruction à travers les
circulaires ou instructions de service. Il peut dicter à ses subordonnés, de façon plus
ou moins impérative, les décisions que ceux-ci doivent prendre, et exercer sur elles
après coup, leur contrôle. Il prend les décisions qu’exige la marche du service
conformément à sa qualité de chef de service. Il représente, l’Etat personne morale,
pour tout ce qui concerne son département : gestion des biens du domaine public
affecté au service, passation des contrats, représentation en justice. En matière
financière, notamment, il est chargé de la gestion des crédits budgétaires du
département : il passe les actes engageant les dépenses ; ordonnateur, il signe les
ordres de paiement auxquels les créanciers de l’Etat pourront se faire payer par les
comptables publics. Il exerce, sur les personnes décentralisées qui leur sont
rattachées, les pouvoirs de tutelle prévus par les textes. Il statue normalement par
voie d’arrêté ministériel. La décision doit porter la signature du ministre. La décision
est soit publiée au journal officiel de la République du Niger, soit notifiée à l’intéressé.
Le ministre dispose d’un cabinet où en principe il fait venir ses collaborateurs
personnels, choisis librement par lui, à raison de la confiance qu’ils lui inspirent.
Leurs fonctions prennent fin lorsque lui-même abandonne le ministère.

Paragraphe 2 : Le Secrétariat Général


Placé sous l’autorité du Ministre, le Secrétariat Général constitue l’organe
administratif chargé de la mise en application de la politique gouvernementale dans
le secteur ministériel. Le Secrétariat Général est dirigé par un Secrétaire Général
chargé de :
- suivre l’exécution des décisions prises dans le domaine des attributions du
ministère par le Président de la République et le Gouvernement ;

33
- programmer, impulser, coordonner, suivre et évaluer les activités des différentes
structures du ministère ;
- viser et de soumettre à la signature du ministre tous les actes préparés ou
élaborés par les structures du ministère.
- superviser la gestion financière et administrative du département ;
- assurer sur le plan technique les liaisons avec les autres ministères et les
institutions partenaires ;
- prendre les actes pour lesquels il reçoit la délégation de signature du ministre.
Le Secrétaire Général est garant de la continuité de l’administration au niveau de
son ministère. Il peut être assisté d’un Secrétaire Général adjoint dont les attributions
sont spécifiées par arrêté ministériel et qui le supplée en cas d’absence ou
d’empêchement. Le Secrétaire Général exerce le pouvoir hiérarchique direct sur les
structures du ministère. Il participe, sous la supervision du ministre, à l’organisation
de rapports fonctionnels harmonieux entre les responsables des structures et des
organes du ministère et à la complémentarité des actions entreprises ou à mener par
ces organes et structures.
Le Secrétaire Général et Le Secrétaire Général adjoint sont nommés par décret pris
en conseil des Ministres parmi les fonctionnaires de la catégorie A1. Il doivent en
outre justifier d’une ancienneté de 10 ans au minimum dans le secteur d’intervention
du ministère dont au moins 5 ans dans un poste de responsabilité du niveau d’un
directeur national.

Paragraphe 3 : Les Directions Générales


Une direction générale comporte au moins trois (3) directions nationales. La
direction générale est chargée de :
- assurer la coordination des activités de plusieurs directions ;
- entreprendre toute action, étude ou recherche tendant à développer et à rationaliser
les activités dont elle a la charge ;
- veiller à l’unité et à la complémentarité des actions entreprises ou à mener par les
Directions Nationales en dépendant ;
- procéder à l’évaluation régulière des activités et établir des bilans et synthèses.

Le directeur général est nommé par décret pris en conseil des ministres parmi les
fonctionnaires de la catégorie A. Il doit en outre justifier d’une ancienneté d’au moins
sept (7) ans dans le secteur public ou parapublic dont au moins cinq (5) ans dans un
poste de responsabilité du niveau de directeur national.

Paragraphe 4 : Les Directions Nationales


Une direction nationale doit comporter au moins deux (2) divisions, une division au
moins deux (2) services, un service au moins deux (2) bureaux. Dans tous les cas,
l’opportunité de la création de chaque niveau structurel est fonction du volume, de la
complexité des tâches et de la spécificité de la mission du service.
La direction nationale est chargé de :
- l’élaboration des politiques, stratégies et programmes nationaux ;
- la coordination et l’évaluation des activités des services qui la composent ;
- la contribution à l’élaboration de projets de textes législatifs et réglementaires
relatifs à son secteur.
Elle propose dans le cadre des attributions des secteurs toute mesure tendant à
concrétiser les programmes d’actions du gouvernement. Elle entreprend toute
action, étude ou recherche tendant à développer ou à rationaliser les activités dont

34
elle a la charge. Elle assure l’unité et la complémentarité des actions entreprises ou
à mener par les divisions et autres structures en dépendant dans le respect de la
hiérarchie. Elle procède régulièrement à l’évaluation de leurs activités et établit
périodiquement des bilans et synthèses. Elle assure la coordination, le contrôle
technique et l’évaluation des services, régionaux, sous régionaux et locaux, des
services déconcentrés de l’Etat.
Le directeur national est nommé par décret pris en conseil des ministres parmi les
fonctionnaires de la catégorie A1. Il doit en outre justifier d’une ancienneté d’au
moins cinq (5) ans dans le secteur public ou parapublic dont au moins trois (3 ans
dans un poste de responsabilité du niveau de Chef de Division.

Paragraphe 5 : Les Organes d’Inspection, de Contrôle et d’Evaluation


Pour assurer l’application de la législation et de la réglementation en vigueur,
spécifiques au secteur et assurer le fonctionnement normal et régulier des structures,
organismes et établissements relevant de son autorité, le ministre est habilité à
proposer au conseil des ministres la mise en place d’un organe d’inspection, de
contrôle et d’évaluation adapté à la nature des objectifs qui lui sont assignés dans le
cadre du programme d’actions du gouvernement.
Les organes d’inspection, de contrôle et d’évaluation doivent à travers leurs
actions, concourir notamment à :
- prévenir les défaillances dans la gestion et la marche des services publics ;
- orienter et conseiller les gestionnaires, pour leur permettre de mieux assurer leurs
prérogatives dans le respect des lois et règlements en vigueur ;
- veiller à l’utilisation rationnelle et optimale des moyens et des ressources mis à la
disposition du ministère et des organes qui en dépendent ;
- s’assurer de la concrétisation de l’impératif de rigueur dans l’organisation du
travail ;
- veiller à l’observation par les hauts fonctionnaires de l’obligation de réserve et de
neutralité dans l’exercice de leurs fonctions.
L’inspection générale intervient sur la base d’un programme d’inspection soumis à
l’approbation du ministre. Elle peut en outre intervenir de manière inopinée à la
demande du ministre pour effectuer une mission d’enquête rendue nécessaire par
une situation particulière. Toute mission d’inspection, de contrôle, d’évaluation ou
d’enquête doit être sanctionnée par un rapport déposé auprès du ministre. Il est fait
ampliation à l’inspection générale d’Etat.
L’inspection générale est tenue d’établir un bilan annuel de ses activités. Elle anime,
coordonne et assure le suivi des activités des inspecteurs. La répartition des tâches
entre les membres de l’inspection générale est fixée par le ministre sur proposition
de l’inspecteur général. Les inspecteurs sont nommés par décret pris en conseil des
ministres. Il est mis fin à leurs fonctions dans les mêmes formes. Ils doivent
appartenir à la catégorie A1 du statut général de la fonction publique ou être titulaire
d’une qualification équivalente du secteur parapublic. Ils doivent en outre justifier
d’une ancienneté de dix (10) ans.
L’inspecteur général a rang de Secrétaire Général de ministère et les inspecteurs
ont rang de directeur national.

Paragraphe 6 : les Organes Consultatifs et des Administrations de Missions


Dans le cadre de la concertation avec les partenaires socio-économiques et

35
usagers des services publics et en vue de promouvoir et améliorer les activités et
prestations du secteur, le ministre est habilité à mettre en place toute instance de
consultation et ou de concertation. La création, la composition ainsi que les
modalités d’organisation et de fonctionnement de ces instances sont fixées par
arrêté du ministre concerné.
Pour l’étude des dossiers et la réalisation de projets particuliers, le ministre peut
proposer au Conseil des Ministres pour une période déterminée et sur la base d’un
programme préétabli, la création d’une administration de mission. La décision de
création doit préciser les contours de la mission ou du projet à réaliser et en fixer
l’échéance. Elle doit également déterminer les moyens à mettre en œuvre pour
réaliser la mission ou le projet. Le responsable de l’étude ou du projet est tenu de
rendre compte périodiquement au ministre de l’évolution de la mission ou du projet.
Au terme de la mission ou du projet, il est établi un rapport définitif soumis à
l’appréciation du ministre qui en fait communication au conseil des ministres

CHAPITRE 2-1 : LES ORGANES DES SERVICES DECONCENTRES

Section 1 : Les Services Extérieurs

Paragraphe 1 : Les Services de l’Administration territoriale


Pour exercer leurs misions, les services de l’administration territoriale de l’Etat
sont, sauf dispositions législatives contraires, organisés dans le cadre des
circonscriptions administratives territoriales suivantes :
- Région ;
- Département ;
- Arrondissement ;
- Commune.
Un décret pris en conseil de ministres précisera pour chaque ministère les
modalités de transfert d’attributions des administrations centrales aux services des
administrations territoriales de l’Etat. Ce décret précisera en outre les principes
d’organisation de ces services.

Les services de l’administration territoriale de l’Etat peuvent concourir par leur


appui technique aux projets de développement économique, social et culturel des
collectivités territoriales qui en font la demande. Dans ce cas, cet appui est fourni
dans des conditions définies par convention passée entre le représentant de l’Etat et
le Président de l’organe exécutif de la collectivité.
Les services de l’administration territoriale de l’Etat sont créés par décret pris en
conseil des ministres. Ils sont placés sous l’autorité hiérarchique des responsables
des circonscriptions administratives dont ils relèvent.
Pour exercer leurs missions, les services de l’administration territoriale de l’Etat
sont organisés dans le cadre des circonscriptions administratives en :
- Direction régionale ;
- Service départemental ;
- Service d’arrondissement ;
- Service communal.
L’organisation ainsi que les modalités de fonctionnement des services de
l’administration territoriale sont déterminées par arrêté ministériel. Cet arrêté
mentionne la liste des services ou ensemble de services rattachés et placés sous

36
leur autorité. Les responsables des services de l’administration territoriale sont
nommés par arrêté ministériel.

Paragraphe 2- Les services de l’Etat situés à l’Extérieur du Territoire National :


Les services de l’Etat situés à l’Extérieur du Territoire National sont créés par
décret pris en conseil des ministres qui en détermine les zones de juridictions. Il se
composent notamment d’Ambassade, de
Représentations permanentes auprès d’Organisations Internationales, de Consulats
Généraux, de Consulats de plein exercice et de Consulats Honoraires.
Les Ambassadeurs, les Représentants permanents, et les Consuls Généraux
sont nommés parmi les fonctionnaires de la catégorie A1 justifiant d’une ancienneté
d’au moins dix (10) ans dans le secteur public ou parapublic dont au moins cinq (5)
ans dans un poste de responsabilité du niveau de Directeur National.
Les Consuls sont nommés parmi les fonctionnaires de la catégorie A2 justifiant
d’une ancienneté d’au moins cinq (5) ans dans le secteur public ou parapublic dont
au moins trois (3) ans dans un poste de responsabilité de niveau de Chef de
Division.
Les Consuls Honoraires sont nommés par arrêté du Ministre chargé des Affaires
Etrangères conformément aux intérêts bien compris de l’Etat.

Paragraphe 3 : Les Services Rattachés


Les Services rattachés sont créés par décret pris en conseil des ministres.
L’organisation et le fonctionnement de ces services sont fixés décret pris en conseil
des ministres lorsqu’ils sont rattachés au Cabinet du ministre ou à une direction
nationale. Ils sont fixés par arrêté ministériel lorsqu’ils sont rattachés à un service de
l’administration territoriale de l’Etat.

37
CHAPITRE 2-2: LES ORGANES DES SERVICES DECENTRALISES
Il importe tout d’abord de donner une définition sommaire de la décentralisation
avant d’examiner les organes des collectivités décentralisées.
La décentralisation, d’une part, implique une distinction
parmi la masse des besoins auxquels l’administration doit pourvoir, entre ceux qui
intéressent l’ensemble de la population, par exemple : tous les nigériens ont besoin
d’être protégés, et ceux qui demeurent particuliers à une collectivité, par exemple :
l’adduction d’eau du village de Bendio. La reconnaissance d’une catégorie des
affaires locales, distinctes des affaires nationales, est la donnée première de toute
décentralisation. D’autre part, elle suppose l’octroi aux collectivités décentralisées, la
personnalité juridique qui entraîne l’autonomie financière, sans lesquelles, faute de
ressources propres et de toute possibilité d’action, il n’est pas question qu’elles
puissent gérer leurs affaires. A ces critères, il faut ajouter l’élection par la collectivité
des organes locaux chargés des affaires locales.

Section 1 : Les Collectivités Territoriales décentralisées


La décentralisation amorcée au Niger depuis les années 2000, fait ressortir trois
(3) niveaux de territoires décentralisés, à savoir : la région, le département et la
commune. Pour l’instant, seul le niveau communal s’est bien affirmé et est
opérationnel car depuis les élections municipales du 24 juillet 2004, les organes
communaux à savoir l’organe délibérant et l’exécutif de la commune sont mis en
place. Nous étudierons successivement le Conseil Municipal, c’est à dire l’organe
délibérant (P1) et le Maire, c’est à dire l’organe exécutif (P 2)

Paragraphe 1 : Le Conseil Municipal


Le territoire nigérien comprend deux cent soixante cinq (265) communes. Au
termes de l ‘article 83 de la loi n° 2002-12 du 11 juin 2002, déterminant les principes
fondamental de la libre administration des régions, des départements et des
communes ainsi que leurs compétences et leurs ressources « l’organe délibérant de
la commune est le conseil municipal ». Dans chaque commune, il existe un conseil

38
municipal.
Nous verrons successivement la composition (A), les attributions (B) et le
fonctionnement de ces conseils municipaux (C).

A- La composition des conseils municipaux:


Les conseils municipaux sont composés de membres élus au suffrage universel
direct, libre, égal, secret et au scrutin de liste avec représentation proportionnelle
selon la règle de la plus forte moyenne. Ses membres portent le titre de conseillers
municipaux. Ils élisent en leur sein un président qui a le titre de Maire et un (1) ou
deux (2) adjoints.
Le nombre des membres varie d’un conseil municipal à un autre en fonction du
nombre de la population communale. Ainsi dans les communes dont la population
est inférieure ou égale à vingt quatre mille (24.000) habitants, le nombre de
conseillers est de onze (11) ; dans les communes où la population est supérieure à
vingt quatre mille (24.000) habitants, le nombre de conseillers est de onze (11) pour
la tranche de vingt quatre mille (24.000) habitants et un conseiller supplémentaire
suivante de six mille (6.000) habitants ou fraction restante égale ou supérieure à trois
mille (3.000) habitants sans que le nombre de conseillers ne dépasse vingt cinq (25).
Toutefois, dans les zones pastorales, quand ces communes ont une superficie
de plus de quarante cinq mille (45.000) kilomètres carrés, onze (11) membres pour la
première tranche de quarante cinq mille (45.000) kilomètres carrés et un (1) membre
supplémentaire par tranche suivante de quinze mille (15.000) kilomètres carrés sans
que le nombre de conseillers ne dépasse vingt cinq (25).
Les députés non élus membres du conseil municipal ainsi que les sultans, les
chefs de province, de canton, de groupement, de village, de tribu et de quartier sont
membres de droit avec voix consultative. La représentation de ces personnages non
élus est hors quota.

B- Les attributions du Conseil Municipal :


« Le Conseil Municipal règle par ses délibérations les affaires de la Commune ».
Cette disposition de l’article 97 de la loi 2002-12 du 11 juin 2002 reconnaît au Conseil
Municipal « la clause générale de compétence ». Tout ce qui est communal relève du
Conseil ; il constitue, en quelque sorte, l’autorité communale de droit commun.
Toutefois, la loi peut apporter des exceptions.
L’article 98 de la loi 2002-12 a limitativement défini les attributions du Conseil
Municipal.
Aux termes de cette disposition, le Conseil Municipal a notamment pouvoir de
décision dans les domaines ci-après :
- Collecte, évacuation et traitement des eaux pluviales ;
- Construction, aménagement, entretien des voiries ;
- Construction, aménagement, entretien des collecteurs de drainage, d’égouts et de
stations de traitement des eaux usées et d’usines de traitement des ordures
ménagères ;
- Construction, aménagement, entretien des fontaines et puits publics ;
- Police de voirie : toutes mesures relatives à la sécurité et à la commodité du
passage sur les voies situées dans les limites de la commune ;
- Délivrances des autorisations, approbation des tarifs, perception des redevances
relatives à l’exploitation d’un service de taxi et fixation des tarifs ;
- Autorisation de stationnement sur la voirie située dans les limites de la commune et

39
perception des redevances y afférentes ;
- Organisation et gestion des transports urbains ;
- Conception d’outils d’urbanisme et d’aménagement : instruments de planification
urbaine ;
- Domaine : acte de disposition du domaine privé de la commune ;
- Réalisation des parcs publics, complexes sportifs et culturels, terrains de jeux de la
commune ;
- Construction et entretien courant des bâtiments et soins de santé primaire ;
- Secours et assistances sociales ;
- Construction et entretien des écoles primaires et maternelles et gestion du
personnel auxiliaire ;
- Construction et entretien et gestion des abattoirs et séchoirs ;
- Construction et entretien des cimetières ;
- Construction et entretien et gestion des marchés et gares routières ;
- Installation et entretien de l’éclairage public ;
- Construction et entretien de pompe funèbres ;
- Soutien aux actions de développement : agriculture, élevage, pêche, pisciculture,
artisanat ;
- Préservation et protection de l’environnement ;
- Collecte et évacuation des eaux usées et des ordures ménagères.
Outre ces attributions, le conseil municipal participe à l’élaboration et à la mise en
œuvre du plan départemental de développement ; il vote le budget et examine les
comptes de la commune avant leur transmission au sous-préfet pour le contrôle de
légalité ; il peut créer des impôts et taxes fiscales rémunératoires conformément aux
dispositions de la loi des finances ; il autorise les actes d’acquisition ou de disposition
du domaine privé de la commune conformément aux lois et règlement en vigueur ; il
peut contracter des emprunts dans les limites et conditions déterminées par décret
pris en conseil des ministres; il crée les services ou établissements municipaux et en
précise les attributions conformément aux lois et règlements en vigueur ; il donne
son avis toutes les fois qu’il est requis par les lois et règlements ou qu’il est demandé
par le Sous-préfet ; il peut adresser des requêtes de financement au Sous-préfet
dans les limites des affaires relevant de la compétence de la Commune ; il peut aussi
adresser des requêtes de soutien aux actions de développement à des organismes
nationaux ou étrangers conformément aux lois et règlement en vigueur. Enfin, il
statue sur toute affaire que la loi lui confie sous réserve des transferts concomitants
de moyens.

C- Fonctionnement :
Comme toute Assemblée délibérante, le Conseil Municipal élabore son règlement
intérieur ; il peut désigner dans son sein des commissions spécialisées dans l’étude
de certains problèmes (commission des finances, de l’enseignement). Les fonctions
de conseillers sont gratuites. Toutefois, les frais de mission que peuvent entraîner
leurs fonctions sont leur sont remboursés. Au cours de ses réunions le conseil
prend des délibérations qui sont votées à la majorité des suffrages exprimés. Ces
délibérations constituent soit des décisions possédant tous les caractères juridiques
de l’acte administratif unilatéral, soit des avis, que le conseil est fréquemment appelé
à donner en application des textes ou sur demande des autorités de l’Etat, soit des
vœux, qu’il émet de sa propre initiative.

Paragraphe 1 : Le Maire

40
Nous nous intéresserons ici uniquement dans l’étude de ce paragraphe au statut
du maire (A) et à ses attributions (B).

A-le statut de Maire :


Le Maire est l’organe exécutif de la Commune. Il est assisté d’adjoint dont le
nombre varie de un (1) à plusieurs malgré que les textes ne définissent pas les
critères sur lesquels sont fondés la pluralité des adjoints.
Le statut de maire est défini dans la Loi 2002- 12 du 11 juin 2002, déterminant les
principes fondamentaux de la libre administration des régions, des départements et
des communes ainsi que leurs compétences et leurs ressources, et les textes
subséquents.
Aux termes des dispositions de la loi n° 2006-25 du 24 juillet 2006, portant
modification de la loi 2002-012 du 11 juin 2002 précité, le Maire ainsi que le ou les
adjoints sont élus parmi les conseillers ayant au moins le Brevet d’Etudes du Premier
Cycle (BEPC) ou un diplôme équivalent lors de la première réunion, convoquée par
le Sous-préfet dans les quinze (15) jours qui suivent la proclamation officielle des
résultats des élections par la cours Constitutionnelle, au scrutin majoritaire à deux
tours et au bulletin secret. Cette disposition qui vient bouleverser l’article 98 ancien
de la loi 2002-12, écarte tous les conseillers non nantis du BEPC ou d’un diplôme
équivalent de la course à la conquête du poste de Maire. Cela est juste car pour
valablement administrer une Commune, il faut disposer d’un minimum de bagage
intellectuel et d’un niveau d’instruction assez élevé.
Le Maire peut être suspendu ou révoqué dans les conditions définies dans la loi
2002-12 et les textes subséquents.

B- Les attributions du Maire :


Le Maire est à la fois, dans la Commune, autorité communale et représentant du
pouvoir exécutif. Il préside le conseil municipal et a la charge de l’exécution des
délibérations de celui-ci.
En sa qualité d’autorité communale, le maire est chargé de :
préparer et exécuter le budget de la commune dont il est ordonnateur ;
établir les comptes de la commune ;
passer les marchés publics conformément à la réglementation en vigueur ;
procéder aux actes de location, vente, transaction et acquisition ;
faire des transactions et partages autorisés par la réglementation ;
recevoir les dons et legs acceptés par le conseil ;
veiller à la bonne exécution des marchés communaux de travaux et de services ;
établir les rôles des impôts, taxes et redevances communaux ;
gérer le personnel de la commune ;
conserver et administrer les biens du domaine public et du domaine privé de la
commune ;
publier les décisions du conseil municipal et des règlements de police ;
appliquer les outils d’urbanisme ;
négocier et signer les accords de jumelage.
Il représente la commune en justice et dans les actes de la vie civile et
administrative. Le maire est le chef hiérarchique du personnel municipal. Il nomme
aux différents emplois de la commune conformément aux lois et règlement en
vigueur.
Pour la réalisation des programmes municipaux de développement, le Président
du conseil municipal dispose des services techniques de l’Etat implantés dan,s la

41
commune ou l’arrondissement selon les modalités qui seront fixées par décret pris
en conseil des ministres.
En cas d’urgence, le maire peut prendre de règlements de police municipale. Il les
communique immédiatement en indiquant les raisons de l’urgence au conseil
municipal réuni en session extraordinaire et au sous-préfet. Ces règlements cessent
d’avoir effets s’ils ne sont pas confirmés par le conseil municipal. Ils peuvent entre
temps être suspendus par le sous-préfet s’ils sont contraires aux lois et règlement en
vigueur.
En sa qualité de représentant du pouvoir exécutif, le maire assure, sous le
contrôle du sous-préfet, l’exécution des lois et règlements de la République. Il est
chargé notamment de la publication des textes législatifs et règlementaires ; de la
notification des actes administratifs et de la légalisation des signatures.
Le maire et ses adjoints ont la qualité d’officier de police judiciaire. Ils sont aussi
officier d’état civil. Le maire est responsable du service de l’état civil de la commune.
Il dispose d’un pouvoir de police municipale, il assure l’ordre public, la salubrité et la
préservation des mœurs sur le territoire communal.

CHAPITRE 3 : LE HAUT CONSEIL DES COLLECTIVITES TERRITORIALES


Le Haut Conseil des Collectivités Territoriales est une institution administrative
créé par la loi n° 2002-012 du 11 juin 2002 déterminant les principes fondamentaux
de la libre administration des régions, des départements et des communes ainsi que
leurs compétences et leurs ressources. Cette loi fait du Chef de l’Etat le Président de
cette institution. Mais en 2005, une loi modificative, en l’occurrence la loi n° 2005-25
du 12 juillet 2005 pose le principe selon lequel la personnalité qui doit présider cette
institution est désignée par le président de la République, sur proposition du Premier
Ministre.
L’examen de cette institution portera sur trois points : d’abord ses attributions
(section 1), ensuite sa composition et son organisation (section 2), et enfin son
fonctionnement (section 3).

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Section 1 : Les attributions du Haut Conseil des Collectivités Territoriales
Aux termes l’article 176 (nouveaux) de la loi n° 2002-012 du 11 juin 2002 modifiée
par la loi n° 2005-25 du 12 juillet 2005, le Haut Conseil des Collectivités Territoriales
a pour mission d’étudier et de donner des avis sur les orientations, sur toutes
questions portant sur la politique de la décentralisation. Son avis peut être requis par
le Gouvernement pour tout projet de textes se rapportant aux collectivités territoriales
et à la politique de développement régionale et locale. Il reçoit et apprécie le bilan
annuel de l’application des règles de la décentralisation et de l’évolution des régions,
des départements et des communes et l’état de la coopération décentralisée.

Section 2 : la composition et l’organisation du Haut Conseil des Collectivités


Territoriales
Paragraphe 1 : Composition
Le Haut Conseil des Collectivités Territoriales comprend deux catégories de
membres : des membres permanents et des membres non permanents.
La lecture de l’article 2 du décret n° 2005-269/PRN/MI/D du 14 octobre 2005
portant composition, organisation et fonctionnement du Haut Conseil des
Collectivités Territoriales fait ressortir la composition de cette institution de la manière
suivante :
Au niveau des membres permanents, nous avons :
le Président ;
le Vice-président ;
le Secrétaire Général ;
le Secrétaire Général Adjoint.
Au niveau des membres non permanents, nous avons :
Trente six (36) représentants de conseils municipaux désignés par leurs pairs à
raison d’un (1) par département,
les présidents de conseils des Communautés Urbain es ;
un (1) Chef Traditionnel par région ;
un (1) représentant de la Présidence ;
un (1) représentant de la Primature ;
le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation ou son représentant ;
le Ministre chargé de l’Economie et des Finances ou son représentant ;
un (1) représentant du Ministère chargé de la Santé Publique :
un (1) représentant du Ministère chargé de l’Education ;
un (1) représentant du Ministère chargé de l’Agriculture ;
un (1) représentant du Ministère chargé de l’Equipement ;
un (1) représentant du Ministère chargé de la Coopération ;
un (1) représentant du Ministère chargé de l’Urbanisme ;
un (1) représentant du Ministère chargé de l’Aménagement du Territoire ;
un (1) représentant du Ministère chargé de l’Hydraulique et de l’Environnement ;
un (1) représentant du Ministère chargé des Affaires Sociales ;
Deux (2) Députés Nationaux (une femme et un homme) ;
Deux (2) représentants des ONG et Associations de Développement ;
les Gouverneurs des régions ;
le Directeur Général des Collectivités Territoriales au Ministère de l’Intérieur et de la
Décentralisation.
Il faut noter que le Président et le Vice-président du Haut Conseil des Collectivités
Territoriales sont nommés par décret pris en Conseil des Ministres sur proposition du
Premier Ministre. Le Président, le Vice-président et les membres non permanents du

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Haut Conseil des Collectivités Territoriales sont nommés par décret pris en Conseil
des Ministres pour une durée de quatre (4) ans.
Le Secrétaire Général du Haut Conseil des Collectivités Territoriales et son Adjoint
sont nommés sur proposition du Président du Haut Conseil des Collectivités
Territoriales par décret pris en Conseil des Ministres parmi les Administrateurs Civils
ayant une grande expérience de la gestion des collectivités territoriales.
Les membres du Haut Conseil des Collectivités Territoriales, autres que ceux qui
sont nommés en raison de leur compétence personnelle, sont désignés par élection
au scrutin majoritaire à un tour.

Paragraphe 2: Organisation
Le Haut Conseil des Collectivités Territoriales dispose des instances et des
organes.
A) Les instances:
A ce niveau on peut noter :
1- la Plénière :
La Plénière est la plus haute instance du Haut Conseil des Collectivités
Territoriales. Elle regroupe l’ensemble des membres du Haut Conseil des
Collectivités Territoriales. Elle délibère sur ordre de jour préalablement défini.

2- le Bureau :
Le Bureau est constitué des membres permanents du Haut Conseil des
Collectivités Territoriales. Il est l’organe exécutif du Haut Conseil des Collectivités
Territoriales.

3- les Commissions permanentes :


Pour l ‘accomplissement de sa mission, le Haut Conseil des Collectivités
Territoriales est constitué de cinq commissions permanentes qui sont :
la commission des affaires juridiques, administratives et institutionnelles ;
la commission des finances et de budget des collectivités territoriales ;
la commission des affaires sociales et culturelles ;
la commission des affaires économiques ;
la commission des du développement de l’aménagement du territoire et de la
coopération décentralisée.
Chaque commission élit en son sein un président.
Le Haut Conseil des Collectivités Territoriales peut créer des commissions ad-
hoc en tant que de besoin.

4-- la Conférence des Présidents :


La Conférence des Présidents comprend :
le Président du Haut Conseil des Collectivités Territoriales, Président ;
le Vice-président ;
les Présidents des commissions permanentes.
Le Ministre en charge de l’Administration Territoriale ou son représentant participe
aux travaux de la Conférence des Présidents.

B) Les organes:
1- le Cabinet du Président du Haut Conseil :
Le Cabinet du Président du Haut Conseil des Collectivités Territoriales comprend
outre le Directeur de Cabinet :

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Trois (3) conseillers techniques en matière juridique et institutionnel, en matière des
finances locales et en matière de développement local et de coopération
décentralisé ;
un (1) chef de cabinet ;
un (1) secrétaire particulier ;
un (1) attaché de protocole ;
un (1) attaché de presse ;
un (1) attaché de sécurité.
Il est chargé d’appuyer le Président du Haut Conseil des Collectivités Territoriales.

2- le Secrétariat Général :
Le Secrétariat Général comprend outre le Secrétaire Général et le Secrétaire
Général Adjoint :
un bureau d’ordre ;
un pool de secrétaires :
le Directions techniques : la Direction des Etudes et de la Législation (DEL) ; la
Direction du Suivi et de l’Evaluation (DES) ; la Direction des Affaires Administratives
et Financières (DAAF) et la Direction de la Documentation et de l’Informatique (DDI) ;
un personnel d’appui.

3- les Directions techniques :


L’organisation et les attributions des Directions techniques sont précisées par un
règlement administratif.

Section 3 : le fonctionnement du Haut Conseil des Collectivités Territoriales


Le Haut Conseil des Collectivités Territoriales tient deux (2) sessions ordinaires
par an sur convocation de son Président. Il peut tenir des sessions extraordinaires en
tant que de besoin ou sur la demande du Gouvernement. La durée des sessions
ordinaires ne peut excéder quinze (15) jours et celle des sessions extraordinaires
cinq (5) jours.
Le Haut Conseil des Collectivités Territoriales dispose d’un budget propre et jouit de
l’autonomie de gestion selon les règles de la comptabilité publique.

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